Nous avons une histoire un peu particulière avec Marrakech. La première fois que nous y avons été, c’était en 2017, juste avant notre tour du monde. Nous avions gagné des billets d’avion et le Maroc nous paraissait une destination adéquate pour une répétition générale et ça s’est avéré être le cas.
Cette fois, c’est un peu différent puisque nous y descendons en voisins depuis l’Espagne par voie terrestre et en traversant le détroit de Gibraltar en ferry puis en continuant en train. Le réseau ferré au Maroc est assez bon, surtout entre Tanger et Casablanca où il y a la ligne à grande vitesse super efficace. Lors de ce séjour marocain, nous avions un but de descendre aussi au sud puisque nous allions retrouver Stéphanie, la sœur à Van et son chéri Samuel. Nous profitons de cet article pour les remercier chaleureusement des moments partagés sur place.

La médina

La médina correspond à la vieille ville entourée des remparts qui, pour les plus anciens, datent du XIe siècle, à l’époque des Almoravides, une dynastie berbère qui se sont arabisés avec l’arrivée des Ommeyyades, un tribu de Damas qui a conquis le nord de l’Afrique et une partie de la péninsule ibérique. Elle est caractérisée par ses petites ruelles occupées par le souk et par ses façades caractéristiques de couleur ocre. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.




La première fois que nous sommes venus, nous avons trouvé le souk très étroit, super bordélique et congestionné par le trafic de scooters. Huit ans plus tard, nous l’avons trouvé très calme et plutôt aseptisé. Il y a des patios intérieurs, super jolis, qui ont été ouverts pour donner de l’espace à l’ensemble. Nous avons quand même posé la question aux locaux si ça avait vraiment changé ou si c’était notre mémoire qui nous jouait des tours. Bonne nouvelle! Nous ne sommes pas encore atteints d’Alzheimer! Le souk a bien été restauré et agrandi par la volonté du roi himself! Pour rappel, l’Atlas et la région de Marrakech ont été durement touchés par un grave tremblement de terre en 2023 qui a fait passablement de dégâts. Il a donc fallu restaurer le centre historique. En plus, le Maroc a accueilli la CAN (la coupe d’Afrique des Nations, c’est comme l’Euro de football, mais pour l’Afrique) en ce début 2026 et accueillera également une partie de la coupe du monde en 2030. Il fallait donc donner une image reluisante du pays!
Vous nous connaissez, nous ne sommes en général pas trop pour l’aseptisation des centres historiques et sommes plutôt partisans d’un certain bordel organisé mais, sur ce coup-là, il faut reconnaître que l’ouverture des patios donne un plus à la médina surtout, qu’en général, ils sont superbes.






La place Jemaa el-Fna

C’est la place la plus connue de Marrakech et même du Maroc! C’est aussi le coin le plus touristique de la ville! La journée, c’est juste une grande place pleine de vide entourée de restaurants pour occidentaux. La nuit, l’ambiance change un peu. C’est totalement monté de toutes pièces pour le tourisme mais ça reste un must de s’arrêter à un des stands de grillades pour déguster quelques merguez. Là aussi, ça a bien changé en huit ans. Au risque de passer pour de vieux aigris, c’était mieux avant! Oui, c’était le bordel, les stands étaient montés n’importe comment mais c’était ce qui faisait le charme. C’était déjà super touristique et il y avait déjà des rabatteurs mais il nous semble, qu’ils avaient plus le sens de l’humour et qu’on pouvait mieux discuter avec. Maintenant, les stands sont super alignés, numérotés et ils se ressemblent tous. Les rabatteurs sont passés à l’anglais et nous sortent tous exactement le même discours sans âme. Nous n’avons rien contre l’usage de l’anglais, bien au contraire, mais il y a une certaine connexion francophone très sympa avec les Marocains qui s’est complètement perdue sur la place Jemaa el-Fna.


La mosquée Koutoubia

Elle se situe juste en dehors de la médina mais son minaret est visible depuis une bonne partie de la ville, ce qui en fait un excellent point de repère. Elle a été construite au XIIe siècle par les Almohades, la dynastie qui a succédé aux Omeyyades dans la domination arabe du Maghreb et du sud de l’Europe. Depuis 2023, elle est interdite aux visites pour des raisons de sécurité. En effet, la pauvre a bien morflé lors du tremblement de terre et toute une partie de sa façade est complètement affaissée. Elle est, bien entendu, en cours de restauration mais les travaux sont loin d’être terminés. Elle sera sûrement super belle quand elle aura retrouvé toute sa splendeur.




Si vous trouvez que le minaret de la mosquée Koutoubia, culminant à 77 mètres, a de la gueule, c’est normal! Il a été construit sur le modèle de la Giralda. Oui, notre Giralda, à Séville! Nous posons cette info là juste pour flatter un peu notre fierté sévillane!
A gauche, le minaret de la mosquée Koutoubia à Marrakech, à droite, la Giralda, ancien minaret et actuel clocher de la cathédrale de Séville. La Girala a certes été « christianisée » mais le style architectural reste le même.


Le jardin Majorelle

Nous n’avions pas un super souvenir du jardin Majorelle, ça nous paraissait surfait et un peu petit mais nous voulions le faire découvrir à la sœur à Van et à son chéri. Contre toute attente, nous avons préféré la visite cette fois-ci. Nous avons eu l’impression que plus d’espace avait été ouvert au public. Par contre, à la place du no-man’s land qui jouxtait l’entrée du jardin, il y a toute une alignée de boutique de luxe à la marchandise douteuse et aux prix surfaits.
Le jardin se trouve a environ quatre kilomètres de la place Jamaa el-Fna au nord de la médina. Nous y sommes allés en taxi (prix fixe de 50 dirhams, soit 4,65€ ou 4,20 CHF) et sommes revenus à pied en traversant la vieille ville du nord au sud. Pour visiter le jardin, il faut absolument réserver son entrée sur internet au préalable, (www.jardinmajorelle.com) puis choisir une heure d’entrée et surtout, s’y tenir! L’entrée pour le jardin nous a coûté 170 dirhams (15,80€ ou 14,30 CHF) par personne.





Le jardin Majorelle est un jardin botanique qui comprend plus de trois cents espèces de plantes sur une superficie d’environ un hectare. Climat désertique oblige, ce sont surtout des cactus qui sont représentés. L’architecture est super belle, notamment les différents plans d’eau qui viennent apporter un peu d’humidité bienvenue au lieu. Marrakech ayant un air super sec et super pollué, ce jardin est une vraie oasis de paix et de verdure pour nos pauvres petites bronches.
Le jardin a été fondé en 1931, en plein protectorat français, par l’artiste Jacques Majorelle, d’où son nom. Dans les années 1980, il a appartenu au grand couturier Yves Saint-Laurent et à son ami Pierre Bergé. Aujourd’hui, il appartient à une fondation qui gère l’entretien et l’ouverture au public.





Le bleu Majorelle

Une des particularité du lieu c’est la couleur bleue qui orne les façades et les différents éléments décoratifs du jardin. Ça tombe bien, c’est notre couleur préférée! Mais ce n’est pas n’importe quelle bleu, c’est le bleu Majorelle inventée par Jacques Majorelle himself spécialement pour son jardin. En même temps c’était un peu son job d’inventer des couleurs puisqu’il était peintre. Mais il faut reconnaître que le résultat est très réussi. Si vous êtes amoureux de ce bleu et que vous avez enregistré vos bagages en soute pour votre retour, vous pouvez vous procurer des bidons de peinture de ce bleu à la boutique de souvenirs.
NB : les bidons sur la photo du milieu, en haut, contiennent la fameuse peinture bleu Majorelle et ils sont en vente dans la boutique de souvenirs du jardin.





Les cascades d’Ouzoud

Marrakech étant un peu étouffante, nous décidons d’en sortir un peu pour aller découvrir les alentours. En plus, la ville se trouve dans le désert et au pied de la chaîne de montagnes du Haut-Atlas, ce serait dommage de ne pas y aller faire un tour. Au niveau des tours, il y a l’embarras du choix dans la médina mais finalement tout le monde propose à peu près la même chose au même prix. Nous sommes passés par internet par Get Your Guide et avons chosi les cascades juste parce que ça paraissait joli.

Les cascades d’Ouzoud se trouve à environ 150 kilomètres au nord-est de Marrakech. Nous nous y rendons en minibus et traversons des paysages désertiques et montagneux. Mais la météo fait grise mine et le désert sans le ciel bleu et le soleil, ça fait un peu bizarre. En plus, on remarque beaucoup plus les dégâts du tremblement de terre qu’en ville et l’ambiance est un peu tristounette. Mais ça reste très joli quand même.

A l’arrivée, nous avons droit à une petite visite des ateliers de fabrication de l’huile d’argan et des traditionnels arrêts dans les boutiques de souvenirs et d’artisanat qui bordent le chemin mais nous n’avons pas trouvé les vendeurs trop insistants. Pour les cascades en elles-mêmes, la visite commence au sommet et il faut descendre à pied à flanc de falaise. Ce n’est pas dangereux mais ça reste un chemin de montagne, il faut quand même prévoir des bonnes chaussures.
Nous sommes accueillis par une colonie de macaques berbères qui, trop habitués à la fréquentation touristique, essaient de quémander de la nourriture. Il est évidemment interdit de les nourrir mais malheureusement tout le monde n’a pas les mêmes scrupules à laisser la faune sauvage en paix.





Avec leur 110 mètres de haut, les cascades d’Ouzoud sont les cascades les plus hautes du Maroc et, paraît-il, les deuxièmes plus hautes d’Afrique après les mythiques chutes Victoria, qui sont bien évidemment sur notre longue liste de lieux à découvrir! Le contraste entre l’eau, le vert de la végétation et le rouge de la roche est magnifique.
Quelques jours avant, nous avions débarqué à Marrakech sous une pluie battante! Nous vous laissons imaginer débarquer dans une ville du désert pas du tout adaptée aux précipitations sous la pluie! Déjà que Sevilla, ce n’est pas génial quand il pleut, imaginez un peu à Marrakech! C’était épique! Mais, une fois à Ouzoud, nous avons pu profiter d’un joli débit d’eau et finalement, ça a valu la peine de se faire mouiller un peu.






Le site d’Ouzoud est vraiment magnifique mais il est complètement dénaturé par l’industrie touristique et c’est vraiment dommage. Nous en avons vu des cascades à travers le monde et celles-ci sont celles qui sont le moins protégées de l’activité humaine. Malgré ce gros bémol, nous avons aimé notre excursion à Ouzoud.

Quant à Marrakech, ce n’est clairement pas notre ville préférée du Maroc. Nous étions évidemment au courant que c’est super touristique, mais nous avons vraiment trouvé exagéré pour pas grand chose finalement. Nous avons la même impression un peu « bof » qu’à Fès. Nous ne sommes définitivement pas fans des villes de l’intérieur. Ça doit être la culture du désert qui ne nous plaît pas trop car nous avons eu plusieurs coups de cœur pour tous les coins de la côte Atlantique.
Ce séjour à Marrakech a été super sympa car nous avons pu en profiter avec une partie de notre famille et ça c’est le plus important. A l’avenir, évidemment que nous retournerons au Maroc mais nous resterons plutôt dans les régions côtières que nous trouvons plus intéressantes, plus open et plus sympas.
