Lagos et ses plages

Un séjour en Algarve ne serait pas un vrai séjour si nous ne restons pas un peu sur la côte, surtout qu’elle est réputée être une des plus belles de l’Europe Occidentale! Manque de bol, notre séjour a coincidé avec la tempête Regina. Heureusement, elle ne nous a apporté que très peu de pluie. Par contre, il soufflait un vent à décorner des boeufs et c’était vraiment désagréable! En plus, il ne faisait pas très chaud. Mais nous avons quand même été braver la tempête pour aller découvrir un peu le coin.

La côte de l’Algarve est tellement belle et diversifiée que nous avons l’embaras du choix pour poser nos sacs. Nous avons choisi Lagos car, dans nos souvenirs de voyage au Portugal, c’était la ville que nous avons préférée en Algarve. Sans dénigrer les autres, bien évidemment! Comme nous y avons été hors saison, nous avons trouvé une ambiance de retraités venu chercher un climat un peu plus clément qu’au nord, mais nous avons quand même profité des cafés, des terrasses (quand il ne soufflait pas trop) et d’une certaine douceur de vivre.

Centre historique

Lagos a été fondée il y a environ deux mille ans par les Carthaginois qui vinrent y établir un comptoir. Elle passa très vite aux mains des Romains avant de subir l’assaut des Visigoths. La ville se développa vraiment avec l’arrivée des Arabes dans la péninsule ibérique. Ces derniers fortifièrent la ville et développèrent des routes commerciales et maritimes. Il reste quelques traces de cette époque sur les remparts, ceux qui sont côté mer. La Reconquista portugaise se fit dès 1241. Lagos devint alors un port très prospère et surtout le point de départ des découvertes portugaises qui commencèrent en 1415 avec la conquête de Ceuta, aujourd’hui territoire espagnol au nord de l’Afrique sur le détroit de Gibraltar. On y ouvrit le premier marché aux esclaves d’Europe (photo ci-dessus) et de nombreux navigateurs et explorateurs vinrent s’installer à Lagos pour aller conquérir le Brésil, Goa, une partie de l’Afrique, Malacca, Galle, le Timor, etc et fonder l’immense empire colonial portugais. Lagos devint alors la capitale de l’Algarve.

Mais cet âge d’or s’arrêta subitement, en 1755, lors du tremblement de terre de Lisbonne qui ravagea presque totalement la ville. Seule une partie des remparts et de la vieille ville survécut au drame et la capitale régionale dut être transférée à Faro. Le centre historique date donc plutôt du XIXe siècle mais il reste très joli avec ses façades colorées et blanches, ses azulejos et ses mosaïques noires et blanches au sol. Gros point positif, le centre historique à l’intérieur des remparts est complètement piéton!

Les remparts

Lagos est une ville fortifiée depuis le Xe siècle, à l’époque musulmane. Les remparts que nous voyons aujourd’hui sont une extension de la forteresse construite entre le XIVe et le XVIe siècle par les rois portugais. Ils ont pas mal morflé lors du tremblement de terre de 1755 mais ont été parfaitement restaurés dans les siècles qui ont suivi. Côté mer, c’est plus fin et on distingue parfaitement quelques restes de l’architecture arabe. Pour le reste, ce sont les bonnes grosses murailles portugaises bien robustes qui resistent presque à tout et qu’on retrouve à travers le monde dans les anciens comptoirs comme Galle ou El Jadida.

Il y a une petite promenade qui fait le tour des remparts sur environ un kilomètres et demi. C’est facile, presque plat, dans un parc au nord et au bord de la mer au sud.

Sur les photos ci-dessous : à droite, les remparts portugais de Lagos, à gauche : la forteresse du comptoir portugais de Mazagão, aujourd’hui El Jadida au Maroc. On ne peut pas nier la ressemblance!

Côté Playa

Venons-en au pourquoi de notre séjour en Algarve! La Playa! Et les pasteis de nata aussi, avouons-le! Nous y avons été en mars et pendant une tempête. Nous y avons trouvé un océan un peu agitée et une eau bien trop froide. Quoique, il y avait quelques téméraires qui ont été faire trempette et qui ont l’air d’avoir apprécié. Par contre, malgré le manque de soleil, nous avons quand même vu une couleur de l’eau incroyable!

Forte da Ponta da Bandeira

Quand on sort de la vieille ville côté mer, juste à côté du port, se dresse le fort de Ponta da Bandeira. Construit vers 1690 et d’une remarquable architecture militaire, c’est le fort le mieux conservé d’Algarve. Son but était de protéger la ville des corsaires et des pirates qui sévissaient dans la région. Même Francis Drake himself, le célèbre corsaire anglais, s’y cassa les dents. Ce qui nous a frappé, c’est la ressemblance avec les forts espagnols de la côte, comme ceux de Cádiz ou ceux des anciennes colonies comme Portobelo ou Cartagena.

En saison, il ouvre ses portes au public et il paraît qu’on peut y admirer des astrolabes, des maquettes de caravelles ainsi qu’un expo sur les grandes explorations portugaises.

Si vous continuez vers l’ouest, en direction de la gare, il y a une jolie petite marina avec des terrasses qui ont l’air sympa. Mais le vent soufflait tellement fort qu’il commençait sérieusement à nous taper sur le système. Nous avons préféré aller nous réfugier à l’abri dans un café avec un bica (espresso portugais) et une pastel de nata.

La playa (enfin!)

Lagos compte en fait une dizaine de plages, toutes plus belles les unes des autres. Elles sont surplombées par de magnifiques falaises de calcaires façonnée par l’érosion qui nous donnent un paysage spectaculaire. Certaines de ces plages forment presque une baie fermée par les rochers ce qui les protège bien du vent, qui peut souffler très fort même hors tempêtes. Lagos ne se trouve qu’à une petite trentaine de kilomètres du cap de São Vicente, la pointe la plus au sud-est de l’Europe continental donc elle subit de plein fouet les courants venus tout droit de l’Atlantique.

La première de ces plages se trouve juste à l’est du fort du Ponta da Bandeira. A marée basse, il est possible de passer d’une à l’autre en se faufilant dans les ouvertures s’ouvrant dans les rochers.

Si la marée est haute, pas de panique! Il y a un chemin sur les rochers accessible depuis chaque plage par un escalier. Il s’appelle Ponta da Piedade, du nom de la dernière plage qu’il dessert et on nous a dit que ça venait d’ouvrir. C’est vrai que les passerelles en bois sentent encore le neuf! C’est super facile d’accès et c’est bien indiqué. Evidemment, le paysage vu depuis en haut est à couper le souffle!

Ponta da Piedade

Au bout de ce fameux sentier côtier, se trouve la Ponta da Piedade, un amphithéâtre naturel formé par de magnifiques roches calcaires façonnées par des années érosion. Grâce à sa géologie particulière, le coin abrite une des plus belles réserves marines du Portugal.

A cause du mauvais temps et du décalage horaire entre l’Espagne et le Portugal qui nous a un peu surpris avec la nuit qui tombe une heure plus vite, nos photos ci-dessous sont un peu sombres (Sorry!). Mais nous pouvons vous assurer que c’est une promenade qui vaut largement le coup!

Notre mémoire ne nous a pas joué des tours, Lagos est vraiment un endroit super cool en Algarve! Mais nous sommes persuadés que toute la région regorge de trésors à découvrir. Honte sur nous d’avoir tant traîné avant de venir y faire un petit tour alors que nous vivons pratiquement à côté! Promis, cette fois, nous n’attendrons pas trois ans de plus avant d’aller faire une petite visite à nos chers voisins portugais!

L’Algarve côté arrière-pays : la citadelle de Silves

Ça peut paraître fou mais à Séville, nous sommes plus proches de la frontière portugaise que de la plupart des grandes villes espagnoles! Pourtant, en trois ans, nous n’avons jamais été rendre visite à nos voisins! C’est un peu une honte, surtout qu’il ne nous faut qu’une petite centaine de kilomètres pour changer de pays et que le Portugal fait partie des pays que nous adorons! Finalement, le hasard a voulu que nous ayons une petite semaine de libre, en mars, juste avant la haute saison et nous avons décidé d’enfin retourner au pays des pasteis de nata!

Depuis la station de bus de Plaza de Armas de Séville, il y a plusieurs bus directs qui desservent l’Algarve comme Alsa ou Flixbus. Les prix varient en fonction de la saison et de la demande. Nous nous sommes arrêtés à Lagos, pratiquement tout à l’ouest, car lors de nos précédents séjours dans la région, c’est la ville que nous avons préférée. Il faut compter normalement quatre heures de route entre Séville et Lagos mais, à l’aller, nous avons perdu une heure à la frontière pour un contrôle douanier inopiné de la part des agents portugais. Normalement, Schengen oblige, nous aurions dû passer tout droit mais sachez que ce genre de contrôle peut arriver à tout moment.

Silves

Notre séjour à Lagos a coïncidé avec celui de Regina, une tempête atlantique très vigoureuse qui, heureusement, ne nous a pas apporté trop de pluie, mais de fortes rafales de vent rendant toute promenade au bord de l’océan très désagréable. Rassurez vous, nous avons quand même profité de petites accalmies pour aller découvrir le coin mais nous vous raconterons tout ça dans notre prochain article. En attendant, nous avons préféré nous abriter du vent en venant découvrir une petite perle de l’arrière-pays. Si le temps est un peu plus calme que sur la côte, de gros nuages sont quand même bien présents et rendent, malheureusement, le paysage un peu tristounet. (Sorry!) Mais ça ne nous a pas empêché de bien profiter de notre petite virée, des apéros et, bien évidemment, des pasteis de nata, les pâtisseries typiques portugaises dont nous raffolons.

C’est Fab qui a eu l’idée de venir dans le coin. Il avait déjà fait un petit séjour en Algarve il y a fort longtemps et avait déjà été charmé par ce petit village de l’arrière pays que Van, elle, avait zappé, pour une raison inconnue, durant ses précédents voyages dans la région.

Silves se trouve juste en dessus de la station balnéaire de Portimão. Depuis Lagos, nous avons pris le train régional. Il faut compter une bonne demi-heure de trajet et le billet coûte 3,30€ l’aller simple par personne. Le centre se trouve à une petite vingtaine de minutes de marche de la gare. Il faut marcher au bord de la route et ce n’est pas très Feng shui mais il n’y a pas trop de trafic non plus.

Il y a également des bus depuis Portimão qui s’arrêtent dans le grand parking juste en dessous de la citadelle mais c’est une option que nous n’avons pas choisie pour cause d’horaires.

Silves, comme l’Algarve en général, a, jusqu’au XIIIe siècle, une histoire assez similaire à celle de sa voisine l’Andalousie. Elle fait partie de ces villes du pourtour méditerranéen élargi, comme Huelva ou Cádiz, qui ont été peuplées, il y a plus de 3000 ans déjà, par les Phéniciens. Vinrent ensuite, sans surprise, les Romains, les Visigoths et les Arabes. Ces derniers en firent la capitale du royaume musulman d’Algarve. C’était également un port important avant l’ensablement du fleuve Arade qui a éloigné Silves de l’océan. En 1189, Sancho Ier, roi catholique du Portugal conquiert la ville avec l’aide de quelques croisés anglais. Mais, l’année suivante, les Almohades reprirent leur ville. Finalement, Silves passe définitivement en mains portugaises en 1242.

Malheureusement, de toute cette riche histoire, il n’en reste plus grand chose puisque le tremblement de terre de Lisbonne de 1755 a quasiment tout rasé. La plupart des bâtiments du centre historique datent donc du XVIIIe siècle mais ils sont jolis quand même avec leur architecture typique portugaise et leurs ornements colorés.

Castelo de Silves

Cette magnifique forteresse de grès rouge surplombe tout le village de Silves sur près de douze hectares. Les premiers à avoir érigé un fort à cet endroit étaient les Romains. Bien entendu, le complexe a été agrandi et amélioré au fil des siècles et au grés des occupants. Le grand tremblement de terre de 1755 n’a pas épargné la citadelle et ce que nous voyons aujourd’hui est le fruit d’une restauration datant de 1835.

Avec les pluies abondantes de cet hiver, la végétation est luxuriante et le vert profond contraste magnifiquement avec la pierre de grès rouge de la forteresse.

Comme nous n’avons pas assez de châteaux en Espagne, (#ironie), nous devons aller voir ceux du Portugal!

Il est possible de visiter l’intérieur de la forteresse. (2,80€, pour 1€ de plus, il y a également l’entrée au musée archéologique situé un peu plus bas) Nous avons pris l’option avec le musée et nous avons trouvé que c’était un bon plan. Le musée est très intéressant et couvre l’histoire de toutes les époques qu’a vécues Silves à travers les siècles.

Petite anecdote : en général, pour communiquer, nous utilisons notre espagnol en y mettant les quelques mots de portugais que nous connaissons et on nous répond en portugais avec quelques mots d’espagnol et ça fonctionne très bien autant linguistiquement que culturellement. On nous prend pour des touristes espagnols et ça passe nickel. Au château, l’agent du guichet fort sympathique, a quand même dû nous préciser que les horaires à Silves étaient « a la hora portuguesa » qu’on ne faisait pas la sieste et qu’on fermait tôt! Apparemment, même pour nos plus proches voisins, nos horaires à l’espagnole sont complètement éclatés!

L’intérieur de la forteresse

L’intérieur de la forteresse est assez épuré. Il s’agit surtout d’une promenade sur les remparts pour avoir une vue sur les alentours. Mais vu la météo, c’est un peu tristounet. Au centre, il y a une cafétéria super moderne qui contraste un peu. Nous ne savons pas trop quoi en penser…. La citerne, qui date de la période musulmane, a été utilisée jusqu’en 1990 et, lors de notre passage, abritait une expo assez sympa sur le lynx ibérique, espèce en voie de disparition mais présent dans la région. Il fait partie de notre liste d’animaux emblématiques que nous espérons apercevoir un jour. Ce n’est pas le château le plus ouf que nous avons visité mais nous avons quand même trouvé l’ensemble intéressant.

Le palais almohade

Adossé à une partie de la muraille, toujours à l’intérieur de la forteresse, se trouvent les vestiges archéologiques d’un palais almohade du XIe siècle qui, du temps de sa splendeur, couvrait une superficie de 320 mètres carré. Il ne reste plus grand chose aujourd’hui, toujours à cause du tremblement de terre de 1755, mais il y a une petite maquette dans la tour qui surplombe les ruines pour se faire une idée de comment c’était à l’époque. Les ruines du palais ressemblent à s’y méprendre à celles de Madinat Azahara près de Cordoue, preuve que l’histoire était vraiment la même!

Juste avant l’entrée du château, il y a la Sé, la cathédrale. Construite au XIIIe siècle sur le site de l’ancienne mosquée, elle a été reconstruite dans le plus pur style baroque portugais au XVIIIe siècle après le tremblement de terre. Malheureusement, elle est recouverte d’échafaudages car Madame s’offre une grande cure de jouvence. Vu l’état de la façade, ça s’avère grandement nécessaire! Nous serons donc obligés de revenir pour l’admirer quand elle aura retrouvé toute sa splendeur. Quel dommage!

Silves est assez petit et est idéal pour une petite virée depuis les stations balnéaires de Portimão ou de Lagos. Il y a une vraie douceur de vivre qui contraste un peu avec l’ambiance un peu plus frénétique du littoral. Nous vous recommandons chaudement un petit détour si vous êtes de passage dans la région.

La cité impériale de Marrakech et les cascades d’Ouzoud

Nous avons une histoire un peu particulière avec Marrakech. La première fois que nous y avons été, c’était en 2017, juste avant notre tour du monde. Nous avions gagné des billets d’avion et le Maroc nous paraissait une destination adéquate pour une répétition générale et ça s’est avéré être le cas.

Cette fois, c’est un peu différent puisque nous y descendons en voisins depuis l’Espagne par voie terrestre et en traversant le détroit de Gibraltar en ferry puis en continuant en train. Le réseau ferré au Maroc est assez bon, surtout entre Tanger et Casablanca où il y a la ligne à grande vitesse super efficace. Lors de ce séjour marocain, nous avions un but de descendre aussi au sud puisque nous allions retrouver Stéphanie, la sœur à Van et son chéri Samuel. Nous profitons de cet article pour les remercier chaleureusement des moments partagés sur place.

La médina

La médina correspond à la vieille ville entourée des remparts qui, pour les plus anciens, datent du XIe siècle, à l’époque des Almoravides, une dynastie berbère qui se sont arabisés avec l’arrivée des Ommeyyades, un tribu de Damas qui a conquis le nord de l’Afrique et une partie de la péninsule ibérique. Elle est caractérisée par ses petites ruelles occupées par le souk et par ses façades caractéristiques de couleur ocre. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.

La première fois que nous sommes venus, nous avons trouvé le souk très étroit, super bordélique et congestionné par le trafic de scooters. Huit ans plus tard, nous l’avons trouvé très calme et plutôt aseptisé. Il y a des patios intérieurs, super jolis, qui ont été ouverts pour donner de l’espace à l’ensemble. Nous avons quand même posé la question aux locaux si ça avait vraiment changé ou si c’était notre mémoire qui nous jouait des tours. Bonne nouvelle! Nous ne sommes pas encore atteints d’Alzheimer! Le souk a bien été restauré et agrandi par la volonté du roi himself! Pour rappel, l’Atlas et la région de Marrakech ont été durement touchés par un grave tremblement de terre en 2023 qui a fait passablement de dégâts. Il a donc fallu restaurer le centre historique. En plus, le Maroc a accueilli la CAN (la coupe d’Afrique des Nations, c’est comme l’Euro de football, mais pour l’Afrique) en ce début 2026 et accueillera également une partie de la coupe du monde en 2030. Il fallait donc donner une image reluisante du pays!

Vous nous connaissez, nous ne sommes en général pas trop pour l’aseptisation des centres historiques et sommes plutôt partisans d’un certain bordel organisé mais, sur ce coup-là, il faut reconnaître que l’ouverture des patios donne un plus à la médina surtout, qu’en général, ils sont superbes.

La place Jemaa el-Fna

C’est la place la plus connue de Marrakech et même du Maroc! C’est aussi le coin le plus touristique de la ville! La journée, c’est juste une grande place pleine de vide entourée de restaurants pour occidentaux. La nuit, l’ambiance change un peu. C’est totalement monté de toutes pièces pour le tourisme mais ça reste un must de s’arrêter à un des stands de grillades pour déguster quelques merguez. Là aussi, ça a bien changé en huit ans. Au risque de passer pour de vieux aigris, c’était mieux avant! Oui, c’était le bordel, les stands étaient montés n’importe comment mais c’était ce qui faisait le charme. C’était déjà super touristique et il y avait déjà des rabatteurs mais il nous semble, qu’ils avaient plus le sens de l’humour et qu’on pouvait mieux discuter avec. Maintenant, les stands sont super alignés, numérotés et ils se ressemblent tous. Les rabatteurs sont passés à l’anglais et nous sortent tous exactement le même discours sans âme. Nous n’avons rien contre l’usage de l’anglais, bien au contraire, mais il y a une certaine connexion francophone très sympa avec les Marocains qui s’est complètement perdue sur la place Jemaa el-Fna.

La mosquée Koutoubia

Elle se situe juste en dehors de la médina mais son minaret est visible depuis une bonne partie de la ville, ce qui en fait un excellent point de repère. Elle a été construite au XIIe siècle par les Almohades, la dynastie qui a succédé aux Omeyyades dans la domination arabe du Maghreb et du sud de l’Europe. Depuis 2023, elle est interdite aux visites pour des raisons de sécurité. En effet, la pauvre a bien morflé lors du tremblement de terre et toute une partie de sa façade est complètement affaissée. Elle est, bien entendu, en cours de restauration mais les travaux sont loin d’être terminés. Elle sera sûrement super belle quand elle aura retrouvé toute sa splendeur.

Si vous trouvez que le minaret de la mosquée Koutoubia, culminant à 77 mètres, a de la gueule, c’est normal! Il a été construit sur le modèle de la Giralda. Oui, notre Giralda, à Séville! Nous posons cette info là juste pour flatter un peu notre fierté sévillane!

A gauche, le minaret de la mosquée Koutoubia à Marrakech, à droite, la Giralda, ancien minaret et actuel clocher de la cathédrale de Séville. La Girala a certes été « christianisée » mais le style architectural reste le même.

Le jardin Majorelle

Nous n’avions pas un super souvenir du jardin Majorelle, ça nous paraissait surfait et un peu petit mais nous voulions le faire découvrir à la sœur à Van et à son chéri. Contre toute attente, nous avons préféré la visite cette fois-ci. Nous avons eu l’impression que plus d’espace avait été ouvert au public. Par contre, à la place du no-man’s land qui jouxtait l’entrée du jardin, il y a toute une alignée de boutique de luxe à la marchandise douteuse et aux prix surfaits.

Le jardin se trouve a environ quatre kilomètres de la place Jamaa el-Fna au nord de la médina. Nous y sommes allés en taxi (prix fixe de 50 dirhams, soit 4,65€ ou 4,20 CHF) et sommes revenus à pied en traversant la vieille ville du nord au sud. Pour visiter le jardin, il faut absolument réserver son entrée sur internet au préalable, (www.jardinmajorelle.com) puis choisir une heure d’entrée et surtout, s’y tenir! L’entrée pour le jardin nous a coûté 170 dirhams (15,80€ ou 14,30 CHF) par personne.

Le jardin Majorelle est un jardin botanique qui comprend plus de trois cents espèces de plantes sur une superficie d’environ un hectare. Climat désertique oblige, ce sont surtout des cactus qui sont représentés. L’architecture est super belle, notamment les différents plans d’eau qui viennent apporter un peu d’humidité bienvenue au lieu. Marrakech ayant un air super sec et super pollué, ce jardin est une vraie oasis de paix et de verdure pour nos pauvres petites bronches.

Le jardin a été fondé en 1931, en plein protectorat français, par l’artiste Jacques Majorelle, d’où son nom. Dans les années 1980, il a appartenu au grand couturier Yves Saint-Laurent et à son ami Pierre Bergé. Aujourd’hui, il appartient à une fondation qui gère l’entretien et l’ouverture au public.

Le bleu Majorelle

Une des particularité du lieu c’est la couleur bleue qui orne les façades et les différents éléments décoratifs du jardin. Ça tombe bien, c’est notre couleur préférée! Mais ce n’est pas n’importe quelle bleu, c’est le bleu Majorelle inventée par Jacques Majorelle himself spécialement pour son jardin. En même temps c’était un peu son job d’inventer des couleurs puisqu’il était peintre. Mais il faut reconnaître que le résultat est très réussi. Si vous êtes amoureux de ce bleu et que vous avez enregistré vos bagages en soute pour votre retour, vous pouvez vous procurer des bidons de peinture de ce bleu à la boutique de souvenirs.

NB : les bidons sur la photo du milieu, en haut, contiennent la fameuse peinture bleu Majorelle et ils sont en vente dans la boutique de souvenirs du jardin.

Les cascades d’Ouzoud

Marrakech étant un peu étouffante, nous décidons d’en sortir un peu pour aller découvrir les alentours. En plus, la ville se trouve dans le désert et au pied de la chaîne de montagnes du Haut-Atlas, ce serait dommage de ne pas y aller faire un tour. Au niveau des tours, il y a l’embarras du choix dans la médina mais finalement tout le monde propose à peu près la même chose au même prix. Nous sommes passés par internet par Get Your Guide et avons chosi les cascades juste parce que ça paraissait joli.

Les cascades d’Ouzoud se trouve à environ 150 kilomètres au nord-est de Marrakech. Nous nous y rendons en minibus et traversons des paysages désertiques et montagneux. Mais la météo fait grise mine et le désert sans le ciel bleu et le soleil, ça fait un peu bizarre. En plus, on remarque beaucoup plus les dégâts du tremblement de terre qu’en ville et l’ambiance est un peu tristounette. Mais ça reste très joli quand même.

A l’arrivée, nous avons droit à une petite visite des ateliers de fabrication de l’huile d’argan et des traditionnels arrêts dans les boutiques de souvenirs et d’artisanat qui bordent le chemin mais nous n’avons pas trouvé les vendeurs trop insistants. Pour les cascades en elles-mêmes, la visite commence au sommet et il faut descendre à pied à flanc de falaise. Ce n’est pas dangereux mais ça reste un chemin de montagne, il faut quand même prévoir des bonnes chaussures.

Nous sommes accueillis par une colonie de macaques berbères qui, trop habitués à la fréquentation touristique, essaient de quémander de la nourriture. Il est évidemment interdit de les nourrir mais malheureusement tout le monde n’a pas les mêmes scrupules à laisser la faune sauvage en paix.

Avec leur 110 mètres de haut, les cascades d’Ouzoud sont les cascades les plus hautes du Maroc et, paraît-il, les deuxièmes plus hautes d’Afrique après les mythiques chutes Victoria, qui sont bien évidemment sur notre longue liste de lieux à découvrir! Le contraste entre l’eau, le vert de la végétation et le rouge de la roche est magnifique.

Quelques jours avant, nous avions débarqué à Marrakech sous une pluie battante! Nous vous laissons imaginer débarquer dans une ville du désert pas du tout adaptée aux précipitations sous la pluie! Déjà que Sevilla, ce n’est pas génial quand il pleut, imaginez un peu à Marrakech! C’était épique! Mais, une fois à Ouzoud, nous avons pu profiter d’un joli débit d’eau et finalement, ça a valu la peine de se faire mouiller un peu.

Le site d’Ouzoud est vraiment magnifique mais il est complètement dénaturé par l’industrie touristique et c’est vraiment dommage. Nous en avons vu des cascades à travers le monde et celles-ci sont celles qui sont le moins protégées de l’activité humaine. Malgré ce gros bémol, nous avons aimé notre excursion à Ouzoud.

Quant à Marrakech, ce n’est clairement pas notre ville préférée du Maroc. Nous étions évidemment au courant que c’est super touristique, mais nous avons vraiment trouvé exagéré pour pas grand chose finalement. Nous avons la même impression un peu « bof » qu’à Fès. Nous ne sommes définitivement pas fans des villes de l’intérieur. Ça doit être la culture du désert qui ne nous plaît pas trop car nous avons eu plusieurs coups de cœur pour tous les coins de la côte Atlantique.

Ce séjour à Marrakech a été super sympa car nous avons pu en profiter avec une partie de notre famille et ça c’est le plus important. A l’avenir, évidemment que nous retournerons au Maroc mais nous resterons plutôt dans les régions côtières que nous trouvons plus intéressantes, plus open et plus sympas.

Rétrospective et grand bilan de 2025

Les années se suivent et ne se ressemblent pas, sauf quand il s’agit de vous livrer notre traditionnel bilan annuel chaque début d’année. Nous avions commencé en 2021, à Tenerife, juste après l’année du COVID où nous avions passé, comme vous tous, une année 2020 vraiment bizarre. Nous fêtons donc les cinq ans de nos rétrospectives! Nous qui pensions juste faire un « one shot » à cause de la pandémie de coronavirus, nous sommes toujours là après toutes ces années d’aventures!

Depuis, nous nous sommes pris au jeu de la rétrospective et vous êtes chaque année de plus en plus nombreux à nous lire. Ça nous fait, évidemment, énormément plaisir et nous vous en remercions chaleureusement.

Ça fait aussi quelques années que nous trouvons que le monde ne tourne pas vraiment rond mais nous n’allons pas vous rabâcher chaque année les mêmes histoires, vous avez accès aux mêmes news anxiogènes que nous. Même si nous ne sommes pas du tout confiants en l’avenir, nous préférons rester le plus positif possible, même s’il y a des jours où nous avons de la peine à y croire. En ce qui nous concerne à titre personnel, nous n’avons pas à nous plaindre de notre vie et c’est déjà énorme par les temps qui courent. Nous préférons chérir la chance que nous avons et allons essayer d’améliorer les petites choses que nous pouvons à notre échelle et continuer de croquer la vie à pleines dents!

Espérons tout de même que 2026 nous amène une lueur d’espoir…

Nous profitons donc de cet article pour vous souhaiter, à toutes et à tous, une excellente année 2026 remplie de joie, de bonheur, de santé, d’aventures, de découvertes, de bonnes bouffes, d’apéros, de rencontres et de tout ce que vous souhaitez!

Janvier

Une fois n’est pas coutume, notre Nouvel An ne s’est pas célébré avec champagne, cotillons et paillettes mais plutôt avec la jungle, des singes hurleurs et nos chaussures de randonnée. Nous avons passé le cap de la nouvelle année en plein milieu du parc national de Tayrona, en Colombie. Nous avons choisi ces dates pour y aller parce que nous pensions que la fréquentation serait moindre et, à ce que nous avons compris, nous avons eu totalement raison. Malgré que ce soit devenu un incontournable de la côte caribéenne colombienne et qu’il ait un peu cédé aux sirènes du tourisme, le parc reste quand même incroyable et un super endroit pour commencer une nouvelle année sur un bon pied. Le mois de janvier sera dédié à la découverte de la région caribéenne de Colombie dans la région de Santa Marta même si elle nous déçoit un peu. Ce n’est pas que ce ne soit pas bien, c’est juste que le reste du pays est juste tellement ouf que la région fait un peu pâle figure à côté.

A gauche, une des plages sauvages du parc national de Tayrona, à droite, un des premiers couchers de soleil de 2025 sur la mer des Caraïbes à Santa Marta

Février

Comme nous avons renoncé à nous prendre la tête pour une éventuelle extension de visa colombien, nous avons décidé de nous rendre au Panama où notre vol de retour en Espagne nous attend en mars. Nous passons un mois assez chill entre randonnées dans la jungle et pauses sur les plages de l’archipel de Bocas del Toro. Il est vrai que nous n’avons pas tous les jours la chance d’avoir notre bureau sur un ponton baigné par la mer des Caraïbes et nous en profitons à fond car nous ne savons pas quand sera la prochaine fois que nous pourrons vivre dans un environnement pareil.

Les plages de rêve de la mer des Caraïbes à Bocas del Toro

Mars

Voilà, l’heure du retour à sonné. Pas de bol, nous débarquons en Andalousie lors des pires tempêtes de l’année! Si nous sommes contents de retrouver nos amis, nos affaires et nos repères, une partie de notre cœur est restée en Amérique Latine et elle y est toujours neuf mois plus tard! En plus, le marché de l’immobilier étant ce qu’il est en Espagne (et ailleurs!), nous ne trouvons pas à nous loger à Séville même. Nous avons dû nous rabattre en urgence sur Córdoba à trois quarts d’heure de train à grande vitesse de là. L’avantage c’est que nous avons un appartement de ouf, l’inconvénient, ben ce n’est pas Séville… Mais notre moral remonte quand même puisque nous avons déjà les premières visites familiales qui débarquent avec Cova, une cousine madrilène de Fab avec toute sa petite famille ainsi que Ludo et Johanne, le frère et la belle-sœur à Van.

A gauche : le pont romain et la Mezquita à Córdoba, à droite la Plaza de la Corredera également à Córdoba où nous avons finalement vécu cinq mois

Avril

Le printemps arrive enfin! Et le rhume des foins aussi! Nous nous ruinons en antihistaminiques mais nous profitons quand même du beau temps. Avec les fortes précipitations du mois de mars, la Sierra Nevada est bien enneigée et nous profitons d’aller faire un petit tour à Granada, une de nos villes espagnoles préférées, pour voir ça. (mais de loin, hein!) Avril c’est surtout le mois de la Semana Santa, la fête la plus importante en Andalousie et aussi dans le reste du pays. Celle de Séville est la plus grande et la plus connue mais, cette année, nous avons assisté aux processions de Córdoba et de Málaga et c’est presque tout aussi fou! Nous ne sommes pas du tout religieux, bien au contraire, mais nous sommes quand même toujours impressionnés par la ferveur et tout le travail qu’il y a derrière les festivités de la Semana Santa.

Le 28 avril, nous faisons la une de toute la presse internationale avec notre « apagón », un black out généralisé qui a touché tout le pays durant de longues heures. Par chance, c’était une belle journée de printemps et il ne faisait ni trop chaud, ni trop froid mais nous avons quand même été hallucinés comme les gens l’ont vraiment pris du bon côté. Nous avons aussi été touchés par la solidarité qu’il y a eu entre voisins. Nous ne sommes pas sûrs que ça se serait aussi bien passé dans d’autres coins du globe.

A gauche : la Sierra Nevada enneigée derrière l’Alhambra de Granada, à droite : procession de Semana Santa à la Mezquita de Córdoba

Mai

Cette fois, c’est à notre tour de partir en visite. Nous avons passé deux semaines en Suisse où nous avons été accueillis comme des rois autant par la famille à Fab que par celle à Van. Tout le monde a évidemment pensé à nous servir l’apéro comme il se doit! Nous profitons de ce paragraphe pour remercier nos familles respectives ainsi que tous nos amis et proches de Suisse que nous avons vus pour leur accueil et leur générosité!

Au retour, nous faisons un petit détour par notre pays préféré au monde : l’Italie! Nous passons quelques jours dans la région du lac de Garde ainsi que dans la ville de Verona. Comme tout en Italie, la région a été un véritable coup de cœur que ce soit pour les paysages, la culture et, surtout, pour la gastronomie locale.

A gauche : le château de Sirmione sur le lac de Garde, à droite : la Piazza Bra à Verona vue depuis le sommet des arènes

Juin

Nous sommes de retour dans nos terres andalouses et une nouvelle opportunité professionnelle s’ouvre pour Fab. Petit bémol : c’est en présentiel à Séville et nous sommes tojours à Córdoba, 130 kilomètres plus loin. Nous commençons donc sérieusement à chercher des logements, ce qui nous prend beaucoup de temps et d’énergie. Nous sommes devenus des experts dans l’art de trouver les meilleurs billets de train entre les deux villes.

Juillet

Nous signons enfin un bail à Séville pour la fin du mois! Van se rend de nouveau en Suisse pendant quelques jours afin d’assister au baptême de sa nièce Ivy. Fab reste au bercail pour des raisons professionnelles. Depuis notre départ en tour du monde, nous n’avons jamais été séparés aussi longtemps! Avec cette petite visite en Valais, Van pensait échapper aux vagues de chaleurs qui s’écrasent sur l’Andalousie depuis début juin et profiter d’un été tempéré. Ça a été bien au delà de ses attentes avec un climat digne d’un mois de mars! Bonjour le choc thermique! Promis! Plus jamais elle ne se plaindra de la chaleur andalouse!

Août

Nous nous sommes enfin réinstallés à Séville pour notre plus grand bonheur! Ce n’est pas que nous n’étions pas bien à Córdoba mais nous sommes beaucoup plus attachés à la capitale andalouse. En plus, Fab n’aura plus besoin de faire les trajets pour son travail ce qui améliore grandement notre qualité de vie. Nous profitons de notre temps libre pour aller chercher un peu de « fraîcheur » sur les plages de l’Atlantique de la province de Huelva qui se situent à une petite heure de route de chez nous.

A gauche : coucher de soleil estival sur la Torre de Oro à Séville, à droite, plage de Matalascañas, la plus proche de chez nous

Septembre

Nous commençons enfin à avoir un climat supportable et ça nous fait du bien même si Van a promis deux paragraphes plus haut de ne plus jamais se plaindre de la chaleur! Nous en profitons pour aller faire un petit trip à Antequera dans l’arrière-pays de Málaga, ville super connue pour ses dolmens. Nous allons également faire un petit trip à Toulouse que nous découvrons pour la toute première fois. Gros coup de cœur également et, pour l’instant, la ville que nous trouvons la plus sympa de France!

A gauche : un des dolmens d’Antequera, à droite : la cathédrale Saint-Sernin de Toulouse

Octobre

Octobre sera de nouveau un mois familial pour nous. Au début du mois, nous avons la visite des cousines de Madrid de Fab qui viennent dans notre belle ville pour un mariage. Oui, même les madrilènes viennent se marier à Séville tellement c’est cool! Plus tard, c’est Van qui va retrouver sa famille à Majorque. Non, elle n’a pas de famille majorquine cachée, pas à sa connaissance en tout cas, c’est juste que les Baléares sont à mi-chemin entre la Suisse et Séville et qu’il est super facile de s’y retrouver. Elle profite de nouveau de ces quelques lignes pour remercier sa famille pour ces bons moments passés ensemble! Nous passons également quelques jours à Palma en amoureux. Nous trouvons l’île de Majorque très jolie, surtout du côté de la Serra de Tramuntana mais nous avons, contre toute attente, préféré Ibiza avec ses « calas » et son ambiance plus chill.

A gauche : la cathédrale de Palma de Mallorca, à droite : le village de Valdemossa dans la Serra de Tramuntana

Novembre

Fab a enfin de vraies vacances et nous en profitons pour traverser le détroit de Gibraltar et de passer un moment au Maroc. Nos aventures nous mènent jusqu’à Marrakech où nous rejoignent Stéphanie et Samuel, la sœur et le beau-frère de Van. Nous les remercions chaleureusement des bons moments passés ensemble là-bas! Si Marrakech nous a un peu déçus, nous sommes enchantés de la côte Atlantique. C’est notre troisième trip au Maroc et, comme à chaque fois, nous nous rendons compte que nous préférons de loin la côte qu’au désert ou qu’à l’arrière-pays en général. Certes, ce ne sont pas les villes impériales super connues et magnifiques comme Fès ou Marrakech, ni les paysages spectaculaires du désert ou de l’Atlas, mais nous trouvons l’ambiance plus cool, les gens plus détendus et ouverts et puis, vous commencez à nous connaître, nous sommes des amoureux des bords de mer.

A gauche : les remparts d’Assilah au bord de l’Atlantique, à droite : petit selfie dans le jardin Majorelle à Marrakech

Décembre

Décembre est toujours un mois un peu compliqué pour nous. Nous sommes submergés de boulot, nous sommes toujours un peu dubitatifs par rapport à la frénésie de Noël et en plus, nous trouvons que cette année il fait froid! Bon, ça c’était avant de passer deux jours à Madrid et de nous les geler pour de vrai. Du coup, nous avons promis de ne plus jamais nous plaindre du froid à Séville. Oui, ça fait beaucoup de promesses climatiques, on vous l’accorde! Bon, nous avons quand même monté notre petite crèche, été voir les décos de Noël en ville, souhaité de bonnes fêtes à tout le monde et mangé nos douze raisins aux douze coups de minuit à Nouvel An sans nous étouffer. Mais nous nous réjouissons que tout ça soit derrière nous et de commencer un nouveau chapitre en 2026!

Les décorations de Noël dans le centre de Séville

Conclusion

Nous pensions avoir vécu une année 2025 plutôt calme, surtout si on compare aux huit dernières années, mais en préparant cette rétrospective, elle n’était pas si calme que ça, juste un peu moins intense et un peu plus routinière à ce que nous avions l’habitude. Nous avons surtout profité de moments en famille à différents endroits du monde et ça, c’était super sympa!

Et en 2026?

En deux mots : aucune idée! Ce n’est pas terrible comme spoiler alert mais, pour l’instant, nous sommes dans le flou total. Professionnellement, ça risque de pas mal bouger pour nous mais nous ne savons pas encore concrètement dans quelle direction. Nous sommes également très partagés entre le fait de partir ou de rester. Découvrir le monde et passer des mois en terres inconnues nous démange toujours autant mais, en même temps, nous avons tellement investi, et pas seulement financièrement, pour notre installation à Séville que ça nous embête un peu de presque tout reprendre à zéro à notre retour. Et puis nous nous y plaisons vraiment bien! En bon gémeaux que nous sommes, nous devons manager entre les envies et les besoins de toutes nos personnalités! Ce qui est plus ou moins sûr, c’est que si nous décidons de quitter l’Europe, ce ne sera pas avant l’automne. Nous n’allons pas supporter un hiver ici si c’est pour partir dès les premiers signes du printemps!

En attendant des news plus croustillantes, nous réitérons tous nos vœux pour la nouvelle année à venir! Prenez soin de vous!

Assilah entre histoire millénaire et Street Art contemporain

En vivant en Andalousie, nous avons déjà un pied en Afrique. Ça tombe bien, c’est un continent qui nous fascine et dont le peu que nous avons découvert nous donne envie d’en voir encore plus! Evidemment, c’est énorme, pas toujours facile d’accès et plutôt calibré pour les voyages au long cours. Mais, il y a aussi des endroits idéaux pour des mini-trips et juste à côté de chez nous! Nous parlons bien évidemment de notre voisin le Maroc!

Nous avons déjà effectué un petit trip il y a deux ans, dans les mêmes conditions et nous avons découvert Tanger, les régions de Fès et de Rabat. Cette année, nous allons descendre plus au sud car nous allons rejoindre Stéphanie, la sœur de Van et son chéri Samuel pour une petite aventure en famille à Marrakech.

Comme à chaque fois que nous venons dans la région, nous privilégions les transports terrestres et dominons notre mal de mer en traversant le détroit de Gibraltar avec le ferry depuis Tarifa.

Une fois n’est pas coutume, nous traversons le détroit une fois la nuit tombée, ce qui risque d’augmenter les perceptions foireuses de notre oreille interne. Heureusement, nous avons pu faire tamponner notre passeport par l’immigration marocaine dont les bureaux se trouvent directement à bord, avant le départ du ferry, donc tranquillement, à l’arrêt sans les vagues. En plus, la mer était relativement calme. La traversée s’est donc bien passée et notre mal de mer est resté en sourdine. Nous passons notre première nuit à Tanger afin de déjà nous mettre dans l’ambiance marocaine.

Assilah

Quand nous avons parlé autour de nous à Séville de notre trip au Maroc à venir, on nous a dit à l’unanimité et avec une « alegria » toute andalouse qu’il fallait absolument faire un détour par la petite ville d’Assilah. Même si notre but cette fois-ci se trouvait beaucoup plus au sud, nous avons quand même décidé d’y faire un petit détour. Nous ne pouvions pas ignorer toute l’énergie qui a été mise dans tous ces conseils bienveillants. A voir si nous avons bien fait de les suivre…

La ville d’Assilah se trouve à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Tanger au bord de l’océan Atlantique. Il y a une ligne de train qui relie les deux villes mais la gare de Tanger-Ville est assez excentrée. Nous avons donc décidé de prendre les bus urbains. Ils partent de la place Castilla, ils sont bleus, c’est la ligne I2 et ça coûte 8 dirhams (0,74€ ou 0,69 CHF). En vrai, c’est un peu le bordel et ce n’est pas très bien indiqué mais il ne faut pas hésiter à demander les infos aux locaux, ils vous aideront avec plaisir et gentillesse. Le trajet dure environ une heure et longe l’océan Atlantique. D’ailleurs, nous nous sommes pris à imaginer que si nous continuons à suivre la route de la côte jusqu’au bout, nous finirons par arriver au Cap de Bonne Espérance. (Oui, ce genre de trip est un de nos nombreux rêves de voyage!)

La médina

La médina d’Assilah est ceinte d’une superbe muraille admirablement conservée. Il est vrai qu’avec sa situation privilégiée au bord de l’océan Atlantique, elle a attiré les convoitises au fil des siècles. Comme sa voisine Tanger et beaucoup d’autres villes du pourtour méditerranéen, elle a été fondée par les Phéniciens au IIe millénaire avant notre ère. Durant l’Antiquité, elle fut une colonie carthaginoise avant d’être conquise par les Arabes en 712. En 1471, elle fut conquise par les Portugais qui en firent un de leurs nombreux comptoirs sur la route de l’or saharien. C’est de cette époque que datent les fortifications qui entourent la médina. L’architecture n’est d’ailleurs pas sans rappeler les villes d’Essaouira et d’El Jadida, plus au sud mais toujours sur la côte Atlantique et qui ont aussi subi les conquêtes portugaises.

Les siècles suivants virent passer toutes sortes de conflits et Assilah fut dans les mains des différents califats ou sultanats locaux, des Espagnols, des pirates, des Autrichiens, de nouveau des Portugais, etc…

Entre 1912 et 1956, Assilah faisait partie du protectorat espagnol sur le Maroc, comme tout le nord du pays. Mais cette époque n’a quasiment pas laissé de traces visibles dans la ville et nous en sommes un peu surpris. Malgré cette histoire récente et de nombreux touristes espagnols qui viennent en villégiature, Assilah est plutôt restée architecturalement portugaise et linguistiquement francophone.

L’intérieur de la médina possède une ambiance plus arabisante avec ses maisons blanches et bleues et ses portes en forme de serrure qu’on retrouve dans beaucoup de villes côtières marocaines. Après la dynamique Tanger, Assilah paraît presque endormie en comparaison et l’heure de la sieste semble encore plus sacrée qu’au sud de l’Espagne! Même les nombreux chats somnolent paresseusement sous le soleil d’automne en attendant le retour des pêcheurs afin d’aller essayer de choper un ou deux poissons pour leur festin du soir. Ceci s’explique en partie parce que nous sommes en novembre et que c’est la basse saison. Il paraît qu’en été, Assilah se transforme en station balnéaire assez animée.

En parlant de chat, il y en a un qui s’est glissé sans vergogne dans notre séance photo de la médina! (première image ci-dessous)

Street Art

Nous ne le savions pas avant de venir, mais Assilah est la capitale artistique du Maroc. La médina regorge de galeries d’art et surtout, pour notre plus grand bonheur, de Street Art. Il est vrai que les façades blanches sont un support idéal pour ce genre d’exercice. Il y a même un festival de Street Art qui a lieu chaque année depuis 1978! Les peintures sont renouvelées assez régulièrement donc, on peut revenir plusieurs fois à Assilah et découvrir à chaque fois quelque chose de nouveau. Nous avons passé des heures à nous arrêter devant chaque œuvre d’art et nous les avons toutes adorées!

Côté playa

C’est un peu moins le cas en novembre mais un des gros atouts d’Assilah, ce sont ses longues plages de sable au bord de l’océan de l’Atlantique. Elles s’étendent sur des kilomètres au nord et au sud de la ville. Le temps nous a un peu manqué pour les longues balades côtières, nous nous sommes contentés de ce qu’il y avait en ville et c’est déjà pas mal pour les grands amoureux de la mer que nous sommes!

Nous avons bien fait de suivre les conseils de nos amis sévillans! Assilah n’est pas dans les grands circuits touristiques marocains comme Fès ou Marrakech et n’a pas le pittoresque d’Essaouira ou de Rabat (quoique!) mais elle vaut largement le détour depuis Tanger. Nous avons adoré sa douceur de vivre et son côté contemplatif et artistique.

Ça pourrait être un coin idéal pour se ressourcer quelques jours mais pas cette fois, nous sommes attendus de pied ferme beaucoup plus au sud et il faudrait penser à se mettre en route pour d’autres aventures!

Palma, une première découverte de Majorque

Bien que ce soit un des coins les plus connus et les plus visités d’Espagne, l’île de Majorque nous est totalement inconnue. Mais comme nous avions eu une belle surprise avec Ibiza l’année précédente lors d’un week-end avec la sœur à Van et son chéri, nous avons décidé de réitérer l’expérience des Baléares. Nous y sommes allés en octobre, en fin de grosse saison touristique, même si en vrai il y a des touristes toutes l’année qui viennent profiter du climat doux de la Méditerranée. Nous avons eu du bol inouï avec le temps car, pendant que nous profitions d’une météo relativement clémente, la tempête faisait rage chez nous à Sevilla inondant une bonne partie du centre ville. Rassurez vous, nous n’avons pas eu de dégâts et en général, il y eut plus de peur que de mal. Nous voulons juste profiter de ces quelques lignes pour remercier tous ceux qui se sont inquiétés pour nous.

En vrai, Van a un peu triché en y allant quelques jours avant en « repérage » profitant de l’occasion pour aller dire bonjour à sa famille. Non, elle n’a pas de famille majorquine cachée. Nous avons juste décrété que les Baléares était un lieu de rencontre idéal! C’est à mi-chemin entre la Suisse et Séville, l’aéroport de Palma est super bien desservi depuis à peu près partout en Europe, la bouffe est bonne et il y a la mer. (Oui, ça compte!)

Elle profite donc de cet article pour remercier tout le monde pour ces quelques jours passés ensemble!

Palma de Mallorca

Palma est la capitale de Majorque et de toutes les Baléares, c’est également la porte d’entrée de l’île. Elle a été fondée par les Romains puis elle connut à peu près la même histoire et le même sort que beaucoup d’autres villes de la péninsule ibérique. A la chute de l’empire romain, ce sont les Vandales qui prirent possession des lieux avant de laisser la place aux Arabes en l’an 903. Puis en 1229 c’est l’heure de la Reconquista avec comme protagoniste principal Jaime Ier! Vous vous souvenez de lui? Nous en avons longuement parlé lorsque nous étions dans la Communauté Valencienne! Après avoir repris aux musulmans la Catalogne et Valence, notre bon vieux Jaime traversa la Méditerranée pour récupérer les Baléares. C’est pourquoi aujourd’hui la vieille ville de Palma ressemble beaucoup au Barri Gòtic de Barcelone et qu’on y parle le « mallorqui », une variante du catalan.

Plaça Major

Comme (presque) toute ville espagnole qui se respecte, Palma possède sa Plaza Mayor bordée d’arcades. Elle n’est pas très grande (40 mètres sur 90 mètres environ) mais nous trouvons ses façades jaunes trop stylées. C’est une place assez récente (1838) puisque avant se trouvait un couvent ainsi que le siège de l’Inquisition. Nous ne savions pas que l’église catholique poursuivait encore les hérétiques jusqu’à une époque si tardive. Naïfs que nous sommes!

Quand nous sommes passés, c’était rempli de grues et de machines puisque la mairie installait (déjà!) les lumières de Noël, d’où des cadrages photos un peu bizarres. (Sorry!)

Palacio Real de la Almudaina

On l’appelle également Alcazar puisque ce sont les Arabes qui ont édifié ce palais avec vue sur la mer et sur la baie de Palma. Ce que nous voyons aujourd’hui est une refonte complète du palais qui date du XIVe siècle sous l’impulsion du roi de Majorque Jaime II qui n’est autre que le fils de Jaime Ier, encore lui! Il a été réformé selon le modèle du Palais des Rois de Majorque de Perpignan, qui faisait également partie du Royaume de Majorque à l’époque et qui était le lieu de naissance d’Esclarmonde de Foix, épouse de Jaime II et reine consort.

Aujourd’hui, c’est la résidence d’été officielle de la famille royale espagnole même si en vrai, elle séjourne plutôt au palais du Marivent un peu plus en retrait dans la vieille ville.

Cathédrale Santa Maria de Palma

En mallorqui, on l’appelle sobrement la Seu (la cathédrale). Ce monstre gothique surplombe la baie de Palma sur les anciennes murailles romaines de la ville. Elle se trouve bien sur l’emplacement de l’ancienne mosquée mais il n’en reste absolument plus rien aujourd’hui. Jaime Ier (encore lui!) a décidé de la détruire complètement afin de construire une belle cathédrale toute neuve en partant de zéro. C’était en 1229. Mais elle n’a été consacrée que près de 120 ans plus tard en la présence du roi Jaime III, petit-fils de notre Jaime Ier national, les travaux ayant duré tout ce temps.

Une des particularité de cette cathédrale est qu’elle bénéficie d’un super dégagement côté mer, chose très rare en Espagne ou les édifices religieux sont plutôt coincés dans des ruelles d’un centre historique. Elle est super impressionnante, elle surpasse même en taille le palais de la Almudaina situé juste à côté! Pas de bol, ces temps-ci, elle se pare de quelques échafaudages afin de se faire une belle cure de jouvence.

La promenade sur le quai pour apercevoir le palais et la cathédrale est super sympa mais en cette fin octobre l’humidité est palpable et le temps un peu instable nous apportant pas mal de nuages. Mais le soleil méditerranéen n’a pas dit son dernier mot non plus! Cette bataille météorologique nous a apporté un superbe arc-en-ciel que nous avons assez bien réussi à immortaliser.

La Lonja

En continuant notre chemin depuis la cathédrale sur l’esplanade qui longe le bord de mer, nous tombons sur ce superbe bâtiment de style gothique, à nos yeux, encore plus beau que la cathédrale! C’est Sa Llotja ou la Lonja. C’était le lieu où les pêcheurs venaient vendre leurs prises du jour au gros. Elle date du XVe siècle et ressemble à comme deux gouttes d’eau à sa sœur valencienne, de la même époque. On peut pénétrer à l’intérieur pour admirer les impressionnantes colonnes qui soutiennent l’édifice. Lors de notre passage, il y avait une exposition de quelques œuvres de Joan Miró. Bien qu’il soit né à Barcelone, l’artiste à passé une bonne partie de sa vie à Majorque et, à Palma, on le considère un peu comme un enfant du pays. Il y a d’ailleurs une fondation Pilar et Joan Miró en ville que nous n’avons pas visitée par manque de temps.

Es Jonquet

En continuant notre promenade, nous tombons sur un petit quartier plus tranquille, moins touristique, moins propret mais avec beaucoup de charme. C’est Es Jonquet, le plus ancien quartier de la ville et celui des pêcheurs. Le must, ce sont les deux moulins à vent datant du XVe siècle. Ils sont un peu défraîchis mais super jolis. Un coin sympa pour déambuler lors d’une visite de Palma.

Il y a également une superbe vue sur la marina depuis les moulins mais, Palma étant beaucoup plus à l’est que Séville, nous nous sommes fait avoir par la tombée de la nuit qui est arrivée bien trop tôt à notre goût, d’où une lumière pourrie pour la photo. (Sorry!)

Soller

Il y aurait eu encore plein de choses à découvrir à Palma mais nous avons préféré passer notre deuxième jour ailleurs pour voir quelque-chose de nouveau. Nous avons choisi Soller car Fab voulait voir le train historique.

Il y a le train touristique qui part de la Plaça d’Espanya de Palma, à côté de la station intermodale et qui va directement à Soller. (40€ aller-retour par personne). Nous avons choisi la version plus locale, le bus, qui part de la station souterraine de cette même Plaça d’Espanya (départ toutes les trente minutes, 2,70€ par trajet payable directement dans le bus par carte de crédit). A Soller, il y a le village dans la Sierra, et il y a le port. Vous nous connaissez, nous avons été jusqu’au bord de mer!

Le port de Soller se trouve dans une baie quasi fermée au pied des magnifiques montagnes de la Serra de Tramuntana. Le village se développa à partir du XVIe siècle car, avec la baie, c’était plus facile de se défendre des pirates. Aujourd’hui, le port de pêche s’est plutôt transformé en marina de luxe pour yachts et l’industrie touristique y bat son plein mais il faut quand même reconnaître que l’environnement est incroyable!

Nous avons quand même voulu voir à quoi ressemblait le village plus haut dans la Sierra. Pour parcourir les trois kilomètres qui séparent Soller du port, nous avons joué les touristes et avons emprunté le tram historique. (10€ par personne, par trajet) La ligne a été inaugurée en 1913. Le but était de prolonger la ligne de train Palma-Soller jusqu’au port mais il y avait le problème de la traversée du village dont les rues sont super étroites. Voilà pourquoi on a opté pour le tram à l’époque. Aujourd’hui, la vocation est purement touristique mais le matériel roulant est d’époque avec sa lenteur et ses banquettes en bois. Il y a juste les réviseurs qui viennent nous encaisser le prix du billet avec des appareils à cartes de crédit super modernes qui cassent quand même un peu l’ambiance! Par contre, passer au milieu des terrasses des restaurants de la place du village est un peu surréaliste!

Il vaut la peine de déambuler dans les petites ruelles du village de Soller. C’est super chou! C’est fou comme l’ambiance change totalement du bord de mer! Le climat et le caractère des gens sont beaucoup plus montagnards alors que nous aurions pu parcourir la distance depuis le port à pieds!

Les destinations ci-dessous ont été visitées pendant le séjour de Van et de sa famille. Elle a profité de la voiture de location et d’avoir son papa comme chauffeur privé!

Alcúdia

Alcúdia se trouve exactement à l’opposé de Palma, au nord-est de l’île de Majorque. Elle fait partie de l’association des « plus beaux villages d’Espagne » comme Garachico à Tenerife, et franchement, ce n’est pas démérité. Certes, c’est super touristique avec boutiques de souvenirs et restaurants à gogo mais les petites ruelles à l’intérieur des remparts sont superbes. Si la photo du palmier devant la muraille vous rappelle un peu le Maroc, c’est normal! Ce sont les Arabes qui ont édifié la forteresse. D’ailleurs, Alcudia dérive directement du nom arabe « Al Kudia » qui signifie la colline, la localité se trouvant effectivement sur une petite colline. Bien évidemment, Jaime Ier à passé par la et a reconquis le territoire au nom des Rois Catholiques. Il a même changé le nom du village en San Jaime de Guiñent, plus chrétien et plus catalan. Mais tout le monde a continué à utiliser le nom arabe, plus simple. On l’a juste un peu « hispanisé » en Alcúdia.

Il y a également la partie portuaire de Alcúdia, plus balnéaire, en bord de mer. Mais ça ne vaut pas le port de Soller!

Valldemossa

Voilà le coup de cœur de ces découvertes majorquines! Valldemossa se situe en pleine Serra de Tramuntana et constitue un bijou dans un écrin de montagnes pittoresques. Malgré les boutiques de souvenirs, Valldemossa a gardé son âme médiévale et le temps semble s’être bien ralenti. Mention spéciale pour « la cartuja », le monastère du XVIIe siècle avec le toit de son clocher orné d’azulejos verts. Au fil de son histoire, la Cartuja a hébergé des artistes en quête d’inspiration comme Frédéric Chopin ou encore Georges Sand. Rien que ça!

Ce n’était qu’un petit aperçu de Majorque mais de quoi nous en faire une première idée. La légende est vraie : l’île s’est vraiment « germanisée »! Ça se ressent dès l’arrivée à l’aéroport où tout est écrit en allemand et où Germanwings monopolise les portes d’embarquement! Et encore, nous n’avons pas fréquenté les stations balnéaires comme Magaluf et consort ni les Biergarten! En ce sens, nous avons préféré Ibiza où dès que nous quittons la zone des discothèques, l’île est plus sauvage et moins prise d’assaut par les touristes. Malgré ce (gros!) bémol, tout n’est pas à jeter à Majorque, principalement dans les petits villages de la Sierra.

Antequera et ses dolmens du Néolithique

Ça faisait longtemps que nous n’avions plus été faire un petit tour dans notre belle Andalousie et que nous ne vous avons plus relaté nos aventures. Depuis notre retour de Colombie, nous avons été un peu trop happés par notre vie quotidienne et par les vagues de chaleur successives de cet été, donc nous avons laissé un peu de côté nos petits trips de découverte. Mais heureusement, nous avons un peu rectifié le tir en allant faire un petit tour du côté de la ville d’Antequera,

Antequera se situe dans l’arrière-pays de Málaga, au cœur des cordillères subbétiques sur un plateau culminant à 575 mètres d’altitude. Elle est considérée comme le centre de l’Andalousie et possède même le kilomètre zéro de toutes les voies de communication conduisant aux principales villes de la région. En vrai, l’appellation est un peu usurpée. Dans le sens est – ouest, ça se tient plus ou moins, la cité étant à équidistance d’Almería (à l’est) et de Huelva (à l’ouest). Par contre, dans l’autre sens, Antequera se trouve beaucoup trop au sud pour prétendre au titre de centre du monde puisqu’elle ne se situe qu’à une petite cinquantaine de kilomètres des côtes méditerranéennes.

Sur la Plaza de San Sebastián, devant l’Arco de Nazareno, il y a une borne romaine et une plaque commémorative (un peu usée par le temps) représentant le fameux kilomètre zéro.

La ville des églises

Antequera s’est autoproclamée « ciudad de las iglesias », la ville des églises pour son grand nombre d’édifices religieux dans le centre historique. C’est vrai qu’il y en a beaucoup des églises, des couvents, des collégiales, des chapelles, etc… Que ce soit des anciennes mosquées reconverties en églises, des édifices gothiques, des façades baroques, il y en a pour tout les goûts. Mais pour être honnêtes, n’importe quel bled d’Andalousie, même d’Espagne peut prétendre à ce titre. Il y en a partout des églises!

Mais il est vrai qu’Antequera ne possède pas le centre historique le plus ouf de la région et heureusement qu’il y a toutes ces églises pour l’embellir un peu.

Cozo Viejo

C’est le cœur de la vieille ville. C’est une place typique andalouse avec ses maisons blanches et ses palmiers dattiers. En son centre, trône une statue de Fernando Ier d’Aragon qui était le roi au pouvoir lors de la reconquête d’Antequera par les catholiques. Sur la place, il y a également le musée de la ville dont l’entrée est gratuite. Nous y avons été faire un tour et avons bien aimé la partie dédiée à l’archéologie mais un peu moins celle dédiée à la peinture religieuse, un art auquel nous ne sommes pas très sensibles. Mais ce sont des goûts et des couleurs et chacun y trouvera son compte et surtout un endroit frais pour passer les chaudes après-midi d’arrière été.

L’Alcazaba

Elle se mérite cette alcazaba puisqu’elle se situe sur un promontoire rocheux qui domine la ville de quelques centaines de mètres. Pour y accéder, il faut emprunter des ruelles bien raides appelées cuestas (littéralement « côtes » en français) et qui correspondent à l’ancienne médina de l’époque musulmane. Ces ruelles pentues bordées de maisons blanches ainsi que les montagnes aux alentours nous rappellent un peu la ville de Popayán, en beaucoup moins humide.

L’Alcazaba date de l’époque romaine mais ce que nous voyons aujourd’hui date principalement du XIe siècle, de la période arabe. Elle ressemble comme deux gouttes d’eaux aux autres alcazabas de la région, notamment celles de Málaga et d’Almería, mais c’est logique puisqu’elles ont été érigées à la même époque par les même personnes. La forteresse a été renforcée dans le courant du XVIe siècle, toujours par les Arabes qui voyaient la menace catholique approcher dangereusement. Finalement, en 1410, après cinq mois de siège, la ville d’Antequera tomba en mains des rois catholiques. Ce qui est relativement tard dans l’histoire de la Reconquista.

Aujourd’hui la forteresse sert aux visites culturelles ainsi qu’à quelques tournages de films et de séries historiques.

Au pied de l’alcazaba, il y a les vestiges des thermes romains de la ville de Antikaria. La ville était déjà importante à l’époque romaine puisque c’était une étape importante de la Via Augusta qui reliait Gades (Cádiz) à Narbo Martius (Narbonne).

Evidemment, qui dit grimpette dit jolie vue. Nous pouvons donc observer Antequera depuis l’alcazaba avec ses nombreux clochers, les champs d’oliviers et la Peña de los Enamorados. Cette dernière est un éperon de calcaire culminant à 874 mètres d’altitude. Sa forme particulière rappelle le visage d’un indien couché avec sa coiffe de plume. Le rocher est d’ailleurs surnommé « El Indio », c’est-à-dire, l’indien. C’était une montagne sacrée durant la préhistoire, mais aussi pour les Romains et même pour les musulmans qui étaient persuadés de lui devoir leurs quelques victoires sur les rois catholiques. On y a d’ailleurs trouvés quelques vestiges archéologiques datant de diverses époques.

Les dolmens d’Antequera

Voilà quelque chose qui sort du lot pour l’Andalousie! C’est vrai quand on parle de dolmens, on pense plutôt à la Bretagne ou aux autres cultures celtiques, ce qui pour l’Espagne, correspond plutôt à la Galice. (extrême nord-ouest du pays) Pourtant Antequera possède quelques dolmens qui ont été découverts par hasard par des employés de la municipalité en 1903. Ils se situent à environ sept cents mètres en contrebas du centre ville. L’entrée est gratuite mais il faut juste passer par le centre de visiteurs flambant neuf (ça sent encore la peinture!) pour prendre un ticket et s’enregistrer dans un but purement statistique.

Les dolmens datent du Néolithique (3500-3000 avant Jésus-Christ) et ont été orientés de sorte à recevoir la lumière des équinoxes d’automne et de printemps. C’est super impressionnant de voir ces immenses blocs de pierre assemblés les uns aux autres naturellement, sans ciment sans rien, un peu comme les constructions incas au Pérou. Les dolmens étaient utilisés pour des rites funéraires et comme nécropoles. Au fond de l’un d’eux, il y a un puits dont la profondeur est égale au centimètre près à la longueur du dolmen! Sachant que le système métrique n’existait pas à l’époque, la précision est époustouflante. Il paraît même que l’eau au fond du puits est potable et qu’elle remplit toutes les normes sanitaires de l’union européenne.

Il est vrai que Hollywood et la culture populaire nous ont dépeint les hommes (et femmes!) préhistoriques comme des abrutis notoires juste bons à chasser le mammouth. En vrai, ils étaient super conscients du monde qui les entourait et avaient déjà de grandes connaissances astronomiques, géographiques et météorologiques pour l’époque.

Antequera est l’endroit idéal pour une journée de visite depuis Málaga ou la Costa del Sol qui ne se situent qu’à une petite cinquantaine de kilomètres de là. La ville est très bien desservie par les différents transports publics. Nous vous déconseillons tout de même de prendre le train à grande vitesse, la gare AVE se trouvant au milieu de nulle part et assez loin du centre-ville.

Même si ce n’est pas le coin le plus pittoresque d’Andalousie, nous avons bien aimé notre petit trip à Antequera. La ville est sympa, assez petite et les gens sont très accueillants, tant qu’ils ne savent pas que nous venons de Séville. (oui, c’est du vécu! Mais ce n’est pas une généralité non plus) Nous avons trouvé super intéressant la visite des dolmens qui était quelque chose de totalement nouveau pour nous! L’arrière-pays de Málaga réserve bien des surprises assez faciles d’accès mais loin du tourisme de masse des plages méditerranéennes.

Nos 20 incontournables en Amérique du Sud

L’année passée, nous avons publié nos 10 incontournables en Amérique Centrale après notre retour depuis ce coin-là du monde et l’article a eu son petit succès. Cette année, avec notre voyage en Colombie, un des derniers gros pays qui nous manquait d’Amérique du Sud, nous nous sommes dit que nous pouvions réitérer l’expérience. Mais voilà, en replongeant dans nos souvenirs, dont certains commencent quand même à dater un peu, nous nous sommes rendus compte que de choisir seulement dix endroits n’allait pas suffire. Pourtant, nous n’avons pas parcouru l’entier du sous-continent et nous avons, pour diverses raisons, zappé quelques lieux qui peuvent paraître incontournables comme le sud de la Patagonie ou encore le Macchu Picchu.

Voilà donc les vingt lieux qui nous paraissent incontournables lors d’un voyage en Amérique du Sud. Cette liste est évidemment très personnelle, incomplète, pas du tout exhaustive et n’est pas à prendre comme parole d’évangile! L’ordre du classement, à part peut-être le numéro un, n’est pas non plus à prendre en compte. Nous sommes totalement incapables de mettre un baromètre sur les choses que nous avons aimées.

#20 Colonia del Sacramento, Uruguay

L’Uruguay n’était pas prévue au programme à la base. Nous savions à peine que ce pays existait! C’est le hasard qui nous a fait traverser le Rio de la Plata depuis l’Argentine pour atterrir dans cette petite ville de Colonia del Sacramento. La particularité du lieu est que ça a été colonisé par les Portugais puis par les Espagnols et il y a les deux influences qui se retrouvent dans l’architecture du centre historique qui est d’ailleurs inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est tranquille, petit, ça se visite facilement en une journée mais il vaut la peine de venir y faire un tour pour la douceur de vivre et la gentillesse des Uruguayens.

Colonia est accessible depuis Buenos Aires par le Buquebus (ferry) et la traversée se fait en une heure et quart environ. Les prix varient selon la demande (comme pour les avions). Plus d’infos sur www.buquebus.com.

Un petit tour en Uruguay? C’est par ici!

A gauche : les bords du Rio de la Plata, à droite : une ruelle du centre historique

#19 Buenos Aires, Argentine

Restons un peu sur les bords du Rio de la Plata mais dans une ambiance totalement différente. Buenos Aires, la trépidante capitale de l’Argentine, est une mégapole de plus de quinze millions d’habitants mais comme nous y avions été durant la période du Nouvel An, nous y avions trouvé une ville presque vide! Malgré son côté très européen, donc peu exotique, nous avons adoré partir à la découverte de cette immense ville et de ses différents quartiers tous différents les uns des autres.

Pour partir à la découverte de la fascinante capitale argentine, c’est par ici!

A gauche : les maisons colorées du quartier de la Boca, à droite : la Casa Rosada, siège du pouvoir exécutif argentin

#18 Amazonie, Equateur

En tant qu’amoureux des forêts, nous ne pouvions pas faire l’impasse sur l’Amazonie! Nous y avons été en Equateur car c’est facile d’accès par la route depuis Quito ou Cuenca. Lors de notre voyage en Colombie, nous avons fortement hésité d’aller à Leticia mais ça aurait impliqué de prendre un avion et nous essayons de limiter nos trajets par voie aérienne. En plus, notre timing était un peu serré. Mais nous avons déjà été enchantés de ce que nous avons vu en Equateur! La végétation est luxuriante, c’est encore assez facile de faire quelques petites randonnées et il y a plein d’animaux à observer!

Un petit tour en forêt? C’est par ici!

A gauche, une cabane amazonienne à Misahuali, à droite, un magnifique singe écureuil près de Tena

#17 Cascade El Cinco, San Agustín, Colombie

En vrai, toute la région de San Agustín est un incontournable mais la cascade c’est un peu la cerise sur le gâteau. Elle se trouve au cœur d’une végétation luxuriante de montagne habitée par une faune aviaire incroyable et n’est pas prise d’assaut par les touristes.

On accède à la cascade par la route de graviers qui part au sud-ouest du village de San Agustín. L’entrée est de 5000 COP (1,05€ ou 1CHF) et l’argent va à la communauté indigène qui entretient le sentier. De bonnes chaussures de marche sont indispensables!

Pour découvrir San Agustín et ses trésors, c’est par ici!

A gauche : une gravure rupestre le long du sentier d’accès à la cascade, à droite, un magnifique « gallo de roca » qui a bien voulu « poser » pour notre objectif

#16 Quebrada de las Conchas, Cafayate, Argentine

Lors de notre trip en Argentine, nous nous sommes arrêtés un mois dans la ville de Salta afin de bosser dans un hostal. Grâce à nos contacts sur place, nous avons pu profité d’un tour gratuit sur la fameuse route 40 dans le nord-ouest andin. Nous avons traversé une magnifique Quebrada, sorte de gorge creusée par des années d’érosion, au milieu d’imposantes montagnes de roches rouges. L’altitude, la latitude subtropicale et le climat semi-aride donnent une végétation endémique particulière qui forme un espèce de tapis vert au fond des gorges et c’est juste magnifique.

Les tours pour le nord-ouest andin partent généralement de Salta et chaque hostel a ses propres contacts . Nous n’avons aucune idée des prix puisque nous avions eu la chance d’y aller gratuitement. De toute façon, avec l’inflation que subit l’Argentine en ce moment, plus rien n’aurait été à jour. Comme pour tout dans le pays, il faut compter un bon budget.

Pour parcourir les beautés du nord-ouest andin, c’est par ici!

A gauche, el Anfiteatro (l’amphithéâtre), à droite, la Garganta del Diablo (la gorge du Diable)

#15 Medellín, Colombie

C’est un peu surprenant d’avoir Medellín dans ce classement. La ville était plutôt connue par le passé pour ses cartels, ses meurtres et son insécurité. Mais même si quelques problèmes subsistent, la ville a bien changé et est déterminée à aller de l’avant et à montrer un nouveau visage. En soi, la ville n’est pas très jolie. C’est une construction anarchique d’immeubles brun-ocre moches qui mangent les flancs des montagnes de la vallée de Aburrá. Mais culturellement, elle est très intéressante et nous avons kiffé son ambiance, son dynamisme et sa vision vers le futur. Medellín est également un bon point de départ pour un bon nombre de lieux à visiter dans la région.

Pour passer quelques jours dans la deuxième ville de Colombie, c’est par ici!

A gauche : le pueblito paisa, à droite le palais de la culture sur la Plaza Botero

#14 Parque Nacional Tayrona, Colombie

Nous restons toujours en Colombie mais du côté des Caraïbes cette fois. Nous avons fortement hésité à y aller car, jusqu’ici, la côte caribéenne nous avait un peu déçu par rapport au reste du pays qui est super ouf. Finalement, nous avons quand même tenté le coup et avons même passé la nuit du Nouvel An à l’intérieur du parc! Et c’était le plan parfait! Il n’y avait presque personne (d’humains car ça grouille d’animaux sinon!) et avons profité à fond des sentiers de randonnées dans la forêt. Côté plage, c’est tout aussi sublime sauf qu’il faut faire attention à certains endroits pour les courants. Malgré le prix un peu élevé, nous recommandons le Tayrona à cent pour cent!

On accède au parc Tayrona en colectivo depuis Santa Marta ou Palomino par les entrées de Calabazo (grande rando) ou d’El Zaino (petite rando) ou directement au Cabo San Juan en lancha depuis Santa Marta. Le prix d’entrée est de 87’000 COP (19,15€ ou 17,90 CHF) auxquels il faut ajouter 7000 COP (1,55€ ou 1,45CHF) d’assurance par jour. Mais franchement, ça les vaut! Nous regrettons pas un seul centime investi dans l’entrée du parc.

Pour une immersion dans le parc Tayrona, c’est par ici.

A gauche : un des sentiers de randonnées dans la forêt, à droite : un singe titi qui a bien voulu poser pour notre objectif

#13 Rio de Janeiro, Brésil

Rio de Janeiro gardera toujours une place à part dans nos cœurs car c’est la toute première étape de notre tour du monde! C’était également la toute première fois que nous posions un pied en Amérique du Sud. L’environnement de la ville est juste incroyable dans sa baie avec ses plages et ses pains de sucre. Certes, il y a un vrai problème d’insécurité mais si vous écoutez les locaux, si vous ne montrez pas de signes extérieurs de richesse et si vous suivez les règles élémentaires de prudence comme partout ailleurs, vous ne devriez pas rencontrer trop de problèmes.

Une petite virée à Rio de Janeiro? C’est par ici.

A gauche : architecture coloniale portugaise dans le centre historique, à droite : l’escalier Selaron et ses mosaïques

#12 Salar d’Uyuni, Bolivie

Nous prenons un peu de hauteur puisque nous sommes sur un plateau perché à plus de 3700 mètres d’altitude dans le plus grand désert de sel du monde : Uyuni. C’est vrai que notre séjour en Bolivie a été très court à cause des grèves et des inondations qui nous ont fait quitter le pays précipitamment mais nous avons eu la chance d’avoir une journée pas trop moche et avec les routes ouvertes pour aller visiter cet highlight. Avec la pluie, le sol s’est couvert d’une couche d’eau d’une dizaine de centimètres donnant un aspect miroir particulièrement photogénique, surtout au coucher du soleil.

Pour se perdre dans cet immensité blanche, c’est par ici!

Les effets incroyables du coucher de soleil sur le salar inondé

#11 Trujillo, Pérou

Le Pérou détient sûrement la palme des villes coloniales les plus belles et les mieux conservées d’Amérique du Sud. Trujillo, située au nord du pays sur la côte Pacifique en est la preuve vivante avec son centre historique coloré d’architecture espagnole. Trujillo possède également le superbe site archéologique précolombien de Chan Chan ainsi qu’une station balnéaire Huanchaco, mondialement connue pour ses caballitos, sorte de pirogue fabriquée avec des feuilles de totora, le roseau local. Sa proximité avec l’océan lui donne un climat printanier et agréable toute l’année.

Pour flâner dans la ville du printemps éternel, c’est par ici!

A gauche : la cathédrale de Trujillo (XVIIe siècle) reconnaissable à sa façade jaune, à droite : les caballitos à Huanchaco

#10 Réserve de Paracas, Pérou

Nous restons au Pérou, toujours sur la côte Pacifique mais beaucoup plus au sud, dans la réserve naturelle de Paracas. C’est ici que le désert de Nazca rencontre l’océan Atlantique dans une explosion de couleurs. Nous avons découvert le coin à vélo mais ce n’est pas super facile, c’est aride, mal plat et c’est battu par les vents. Nous avons trouvé l’expérience très belle mais un peu pénible.

Pour voir les paysages de ouf de la réserve de Paracas, c’est par ici!

#9 Santa Fe de Antioquia, Colombie

Santa Fe de Antioquia ne se trouve qu’à une heure et demie de route depuis Medellín. Pourtant, il est impossible de faire plus différents que ces deux villes. Medellín est moderne, vibrante, dynamique voire un peu étouffante parfois. Santa Fe, elle, est restée dans son jus, dans sa torpeur tropicale, dans sa douceur de vivre et elle n’a pratiquement pas changé depuis le début du XIXe siècle. Elle vaut le détour pour son architecture coloniale super préservée et pour le Puente de Occidente, plus bas, sur le Rio Cauca. Nous y avons été « coincés » quatre jours pour cause de Medellín saturée par un concert, un match de foot et par les illuminations de Noël. Nous avons eu donc le temps de savourer la dolce vita du lieu.

Pour découvrir la douceur de Santa Fe de Antioquia, c’est par ici!

A droite : la cathédrale de Santa Fe de Antioquia (XVIIe siècle) de style baroque espagnol, à gauche : Puente de Occidente, pont suspendu datant de 1887

#8 Péninsule Valdés, Patagonie, Argentine

Comme nous avons un peu zappé la Patagonie pour cause de budget et de « les montagnes ressemblent trop à la Suisse! », la péninsule Valdés sera, pour nous, le point d’orgue de cette région. Nous n’avons plus tous les tarifs en tête mais nous nous rappelons que ça nous avait coûté un rein! Rien que la location de voiture pour une journée depuis Puerto Madryn nous aura valu plus de cent euros! Et ça, c’était avant l’inflation! Mais ça vaut amplement le coup, c’est magnifique, sauvage et peuplé d’animaux comme les otaries à crinières, les loups de mer ou encore les pingouins de Magellan! En saison, pendant l’hiver austral, il n’est pas rare d’y apercevoir des baleines.

Sur les pistes de cette péninsule sauvage, c’est par ici!

A gauche : des loups de mer (de loin!) se reposant sur les falaises chauffées par le soleil, à droite : des pingouins de Magellan

#7 Désert de Tatacoa, Colombie

Bon, en vrai, ce n’est pas totalement un désert mais plutôt une forêt tropicale sèche car il y a une certaine végétation. Mais il est vrai que les formations rocheuses pourrait nous faire penser au désert de Sonora dans l’Arizona. Comme à Paracas, nous avons opté pour le vélo mais, malgré un départ aux aurores sous les nuages, nous avons souffert de la chaleur.

Le désert se trouve à six kilomètres de la localité de Villavieja et se rejoint en tuk-tuk pour 25’000 COP (5,20€ ou 4,90CHF). Le sentier de Los Hoyos (désert gris) coûte 2000 COP (0,45€ ou 0,40CHF) tandis que celui du désert rouge est gratuit.

Pour une petite traversée du désert, c’est par ici!

#6 Cuzco, Pérou

Nous en avons vu des villes coloniales mais Cuzco restera une des plus belles et une des plus ouf. Elle se trouve dans un magnifique écrin de verdure formé par les impressionnants sommets verdoyants des Andes. L’architecture y est particulière puisque les Espagnols utilisèrent une partie des constructions incas déjà existantes pour y construire leur ville. Juste en dessus de la ville, il existe quatre site archéologiques incas super cool qui donnent une vue incroyable sur la ville. Nous avons débarqué complètement par hasard en plein carnaval et c’était une expérience vraiment sympa.

Un petit tour chez les Incas, c’est par ici!

A gauche : le site archéologique de Tambomachay, à droite : Plaza de Armas

#5 Les chutes d’Iguazu, Brésil et Argentine

C’était le premier grand site naturel d’envergure de notre tour du monde et ça nous a laissé un souvenir impérissable! Ces chutes sont super impressionnantes que ce soit de loin, du côté brésilien ou de plus près, du côté argentin. Si les cascades sont les gros highlights du coin, il ne faut pas oublier de jeter un coup d’œil à la nature environnante. La végétation y est luxuriantes et il y a pas mal de petites bébêtes, mignonnes ou pas, qui peuplent les lieux. En plus, géographiquement, c’est super intéressant puisqu’il y a le point trifrontières entre le Brésil, l’Argentine et le Paraguay.

Pour venir découvrir ces impressionnantes cascades, c’est par ici!

A droite : au plus près des chutes, côté argentin, à gauche : Garganta del Diablo (gorge du diable, oui comme au nord-ouest andin!)

# 3 Eje Cafetero et la vallée de Cocora, Colombie

Nous avons tellement aimé l’Eje Cafetero que nous y avons un peu trop traîné! Il est vrai que cette région est incroyable! Les paysages sont magnifique, il y a plein de possibilité de randonnées et les petits villages avec leurs maisons colorées sont trop chou! Petit bémol : le café! Comme ils exportent leurs meilleurs grains, celui qu’on boit sur place n’est pas top pour le coup.

Mention spéciale pour la Vallée de Cocora, accessible en jeep Willis depuis le village de Salento, avec ses palmiers de cire, espèce endémique de la région.

Pour un détour dans la région du café, c’est ici ou encore par ici pour la région de Jardín.

A gauche, les maisons colorées du village de Salento, à droite les palmiers de cire dans la brume de la vallée de Cocora

#3 Santa Cruz de Mompox, Colombie

Santa Cruz de Mompox se trouvant un peu au milieu de nulle part, c’est un peu la galère pour y accéder. Mais elle se situe, du coup, en dehors des circuits touristiques. Il y a un superbe centre historique le long du Rio Magdalena, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, où il y fait bon se perdre, au coucher du soleil, une fois que les grosses chaleurs de la journée sont passées. Mompox est aussi connue pour ses ateliers d’orfèvrerie où on y fabrique de magnifiques bijoux.

Une petite escapade là où le temps semble s’être arrêté, c’est par ici!

A gauche : l’église de Santa Barbara (1613), à droite, les maisons du Malécón, le long du Rio Magdalena

#2 Guatapé, Colombie

Nous pensions que nous allions être déçus de Guatapé. C’est super accessible depuis Medellín en deux heures de bus et c’est un des coins les plus connus de Colombie. Ça n’augure rien de bon, n’est-ce-pas. Mais comme nous avons dormi sur place et nous sommes partis de bon matin escalader les 700 marches du peñol, nous n’avons pas trop senti l’affluence touristique. Mais Guatapé, ce n’est pas que le rocher même si c’est son attraction principale, c’est également le village aux maisons colorées ornées de zocalos (sorte de bas-relief), les rives du lac de retenue ainsi que la reconstitution du village historique d’El Viejo Peñol. Nous avons vraiment adoré cet endroit!

Un petit tour à Guatapé, c’est par ici!

A gauche : la plazoleta de los Zocalos dans le village de Guatapé, à droite : la vue depuis le sommet du Peñol

#1 Iles Galapagos, Equateur

Ce n’est pas vraiment une surprise de retrouver les Galapagos au sommet de ce classement. Ça reste et ça restera sûrement encore longtemps, l’endroit le plus fou que nous n’ayons jamais vus de toute notre vie! Nous avons pu observer une abondance d’animaux comme nulle part ailleurs, principalement des espèces endémique dans un environnement volcanique assez particulier. Malgré l’explosion du budget et quelques déboires pour y arriver, nous en gardons le meilleur souvenir de notre vie!

Un petit tour au paradis? C’est par ici!

A gauche : un fou à pattes bleu, à droite : un iguane marin se prélassant au soleil. Tous deux sont des espèces endémiques de l’archipel.

Voilà, c’est déjà la fin de notre petit classement en Amérique du Sud. Replonger dans nos souvenirs nous ont fait (re)prendre conscience de toutes les choses que nous avons vues, ressenties et vécues sur cet immense sous-continent. Nous espérons que vous avez pris autant de plaisir à lire cet article que nous à le préparer et à le rédiger.

Quant à nous, nous sommes de retour sur nos terres andalouses où, pour le moment, nous subissons de plein fouet les assauts de pollens un peu trop agressifs qui nous font déjà regretter l’humidité des tropiques. Malgré tout, nous sommes au taquet pour de futures nouvelles aventures!

Bilan de la Colombie

Lors de notre tour du monde, nous avions zappé la Colombie et passé directement de l’Equateur au Mexique pour des raisons que nous expliquons à la fin du bilan des six mois. Mais à chaque fois que nous rencontrions d’autres voyageurs, nous avions droit à des réflexions du genre : « Mais non, vous n’avez pas été en Colombie? C’est pourtant le pays le plus fou de toute l’Amérique latine! » Il a donc bien fallu que nous aillions vérifier si ces affirmations étaient vraies et comme l’occasion s’est présentée, nous avons été découvrir un peu de ce magnifique pays durant trois mois.

La Colombie est-elle vraiment le pays le plus fou de l’Amérique latine? C’est ce que nous allons voir dans notre traditionnel bilan ci-dessous!

Question sécurité

Quand nous avons annoncé à nos proches que nous partions en Colombie, ils nous ont tout de suite posé la question sur la sécurité du pays. Ce n’est pas du tout une question injustifiée puisque la Colombie a une histoire récente assez chaotique entre les guerrillas, les FARC, le narcotrafic, les règlements de compte, les cartels de Medellín, etc, etc…

Même si tous les problèmes n’ont pas encore été tous réglés, le pays a bien changé et il est tout à fait envisageable d’y faire un séjour touristique. Evidemment, les règles élémentaires de prudence doivent absolument s’appliquer (comme partout!). Il faut éviter de sortir la nuit à certains endroits, rester au courant des actualités et écouter la population locale qui est souvent de très bon conseil. Il y a une expression colombienne « No dar papaya » (littéralement : ne pas donner de papaye) qui signifie qu’il ne faut pas montrer des signes ostentatoires de richesse au risque de se faire détrousser. Mais tous ces conseils sont applicables n’importe où dans le monde!

A titre personnel, nous n’avons pas ressenti d’insécurité mais avons suivi scrupuleusement tous les conseils des locaux et sommes restés très prudents. La seule « agression » que nous avons subie a été une mangue qui nous a été délibérément lancée à la figure par un écureuil. En plus, il ne savait même pas viser!

Au fur et à mesure de notre voyage et de nos publications, les préoccupations de nos proches sont passés de « Mais, c’est dangereux la Colombie! » à « Oh, mais c’est comme ça beau la Colombie? » Nous sommes ravis d’avoir réussi à dédiaboliser un peu ce pays qui ne mérite plus vraiment sa mauvaise réputation.

Bon, maintenant que les préoccupations majeures sont apaisées, nous allons enfin pouvoir passer à la partie bilan :

En chiffres

Durée du séjour

88 jours, presque trois mois, sur une autorisation de séjour de 90 jours.

Notre but était de prolonger notre visa. C’est tout à fait possible via le site internet de l’immigration colombienne mais pour une raison qui nous échappe, nous n’avons jamais réussi à envoyer les pdf de nos passeports. Apparemment, c’est un peu une loterie ce site. Pour certains voyageurs, ça a fonctionné du premier coup et ont pu prolonger leur séjour de 90 jours, pour d’autres, ça a été, comme nous la galère. En gros, il y a cinquante pour cent de réussite avec cette méthode.

Il y a également la possibilité d’effectuer un visa run, c’est à dire de sortir puis de re-rentrer dans le pays afin d’obtenir encore une fois 90 jours d’autorisation de séjour. Mais ce n’est pas si simple en fait. Nous étions trop loin de l’Equateur et puis le pays est devenu plutôt infréquentable ces derniers temps. Ce que nous déplorons car c’est un pays que nous avions adoré. Au Venezuela, il ne faut même pas penser y poser un orteil! En Amazonie, il y a le Pérou et le Brésil à proximité mais il y a une zone franche libre de frontière de 80 kilomètres, donc on ne peut pas y faire tamponner nos passeports. Enfin, il y a le Panama, mais il n’y a pas de frontière terrestre à cause du tapon du Darién. Bref, c’est moins facile qu’il n’y paraît surtout que nous voulions limiter un peu les trajets en avion.

Finalement, nous avons décidé de profiter à fond de ces trois mois et de ne pas perdre du temps à insister pour cette prolongation du visa. Nous avons dû zapper certains endroits comme Bogota, Santander et l’Amazonie mais ça nous laissera de la matière pour une prochaine fois.

Budget

19’304’157 COP (pesos colombiens) soit 4362,75€ ou 4111,80 CHF, ce qui fait une moyenne journalière de 219’351 COP (49,57€ ou 46,70 CHF). Ce budget comprend la nourriture, le logement, les transports, certaines entrées, une carte SIM et quelques dépenses courantes.

C’est un bon budget même s’il y a la possibilité de raboter un peu plus car nous nous sommes fait particulièrement plaisir sur la bouffe, les cafés et quelques activités. La côte de la mer des Caraïbes est bien plus chère que le reste du pays et, en plus, nous y étions en haute saison, ce qui a fait peser un peu sur le budget. Mais, en règle générale, la Colombie est un très bon pays pour les petits budgets.

Distance parcourue

3288 kilomètres de CaliPopayánSan Agustín – Neiva – désert de Tatacoa – Ibagué – Armenia – Eje Cafetero – Manizales – MedellínJardín – Medellín – Guatapé – Medellín – Santa Fe de AntioquiaSanta Cruz de MompoxCartagena de Indias – Santa Marta – Minca – Palomino – Parque Tayrona puis retour à Santa Marta. Principalement en bus ou en minibus. Les transports sont vraiment top en Colombie, confortables et super fiables.

Extrêmes d’altitude

3265 mètres à Alto de la Linea, le col qui sépare les départements de Tolima et de Quindio sur la route entre Ibagué et Armenia, le niveau de la mer sur la côte de la mer des Caraïbes. Il y a, évidemment, la possibilité de monter bien plus haut en Colombie mais avec une saison des pluies qui a trainé et le mal des montagnes de Fab, nous n’étions pas trop motivés à faire des folies des hauteurs.

Extrêmes de températures

12 petits degrés sous la brume de la vallée de Cocora, 36 degrés dans la fournaise à Santa Cruz de Mompox. Si on prend en compte l’altitude, la saison et l’humidité, nous avons eu des températures tout à fait normales, quoique un peu trop fraîches dans les Andes aux dires de la population locale.

Litres de café ingurgités

Pas tant que ça finalement. Les boissons étant super diversifiées en Colombie, nous avions trop de trucs à tester!

Kilomètres de randonnée effectués

Bien plus qu’espéré!

Nombre d’animaux sauvages observés

Là aussi, bien plus qu’espéré! Nous savions que la Colombie était un paradis de biodiversité mais nous ne pensions pas à ce point!

Les flops et les tops

Comme d’habitude, nous allons vous livrer ce que nous avons aimé, ou pas, de la Colombie et nous allons, comme toujours, commencer par le négatif histoire de terminer sur une note positive.

Les flops

Une cacophonie constante

Certes, la Colombie c’est un pays festif, berceau du carnaval et de la salsa. Mais là, nous ne parlons pas de musique d’ambiance qui anime les plages ou les bars. Nous parlons de la musique mise à un volume super fort, partout, tout le temps. Chaque personne essaie de mettre le son plus haut que celui de son voisin et la cacophonie que ça engendre devient vite insupportable. A l’instar du Nicaragua, nous soupçonnons fortement que la musique est faite pour masquer certaines discussions. La Colombie n’a pas un passé récent très glorieux, tout le monde ne faisait pas partie du même camp et proférer certains discours pouvait aller jusqu’à la mort pour une certaine tranche de la population.

Les tops

Les paysages

Nous avons eu un gros coup de cœur pour les paysages colombiens. C’est très varié il y en a pour tous les goûts. Ça va des hauts sommets des Andes aux plages caribéennes en passant par la forêt tropicale, la forêt andine, la savane, les marais et même le désert. Nous nous sommes jamais ennuyés lors des trajets de bus tant le paysage qui défilait sous nos yeux était incroyable!

Les gens

Avec une petite nuance pour les caribéens qui sont plus corrompus et blasés par le tourisme. Mais dans l’ensemble, les Colombiens sont adorables, ouverts et serviables. Ils voyagent beaucoup à l’intérieur du pays, du coup, ils connaissent beaucoup d’endroits et sont souvent de bon conseil.

Les fruits et les jus de fruits

En général, la nourriture colombienne ne nous a pas laissé un souvenir impérissable. Bon, elle ne nous a pas fait faire de cauchemars non plus comme ce fut le cas en Birmanie ou au Sri Lanka. Mais les doubles féculents (riz et patates en général), la viande grillée sans rien et les frijoles (les gros haricots rouges dégueu), ça va un moment et ça manque surtout de légumes, alors qu’il y en a plein les marchés! Alors, nous nous sommes rattrapés sur les fruits. Avec les différentes altitudes et les différents climats, il y a absolument tous les fruits qui poussent en Colombie et ils sont délicieux. Il y a également plein de bar à jus où on vous presse des fruits frais et locaux pour trois fois rien! Nous avons donc fait le plein de vitamines durant notre séjour colombien!

L’accès à la nature

C’est THE grosse surprise de ce voyage! Il y a une multitude de sentiers de randonnée dans toutes les régions qui sont balisés, faciles d’accès et gratuits! C’est le paradis pour nous! Nous ne nous attendions pas du tout à ça, surtout sur un continent très porté sur la voiture et très peu sur la marche! Pour ne rien gâcher, la nature est luxuriante, les paysages sont à couper le souffle et nous avons aperçu des dizaines d’animaux! Ce sera un de nos meilleurs souvenirs de Colombie!

La région Antioquia

C’est notre région coup de cœur en Colombie. La région Antioquia est la région de Medellín située au nord-ouest du pays. Nous n’en avons vu qu’une toute petite partie mais nous avons été enchantés par tout ce que nous avons vu. La région est assez grande (l’équivalent de la Lettonie plus ou moins) et très variée. Il y a les Andes comme à Jardín, la moderne et vibrante Medellín, la coloniale Santa Fe de Antioquia ou encore Guatapé et son peñol. La région possède même une ouverture sur la mer des Caraïbes mais nous n’avons pas du tout passé par là. Nous avons trouvé les gens encore plus sympas qu’ailleurs et la nourriture un peu meilleure. Si vous n’avez pas beaucoup de temps mais quand même envie de découvrir une partie de la Colombie, atterrir à Medellín et visiter les alentours pourrait déjà vous donner un bel aperçu de ce magnifique pays.

Le café de la Sierra Nevada de Santa Marta

Dans notre article sur l’Eje Cafetero, nous n’avons pas été tendres avec le café local. Le problème, c’est que les meilleurs grains sont réservés exclusivement à l’exportation et les Colombiens doivent boire ce qui reste, et ce n’est franchement pas terrible. Nous en avons pris notre parti et nous sommes rabattus sur les jus de fruits. Puis un jour, à Santa Cruz de Mompox, nous nous posons dans une superbe bâtisse coloniale pour boire notre café, et, oh surprise, il est super bon! Ce à quoi le serveur nous répond : « Normal, il vient de la Sierra Nevada de Santa Marta ». En effet, dans la Sierra, la culture du café est plus confidentielle et n’est pas vouée à l’exportation. Du coup, les meilleurs crus restent sur place et on peut les déguster partout dans la région.

Le parc Tayrona

Nous avons presque failli ne pas y aller! Nous étions assez dubitatifs sachant que l’endroit est super connu, pas bon marché (87’000 COP quand même l’entrée plus les assurances soit 19,40€ ou 18,30CHF) et que, jusqu’ici, la côte Caraïbes ne nous a pas aussi plu que le reste du pays. Finalement, nous décidons d’y passer deux nuits dont celle du Nouvel An. Bingo, il n’y avait presque personne! En plus, nous y avons trouvé une faune et une flore incroyables ainsi que les plus belles plages de Colombie! Pour en profiter à fond, il faut quand même être de bons marcheurs, mais nous ne regrettons pas une seconde d’y avoir été!

Bizarreries colombiennes

La conduite à la Colombienne

Certains de nos trajets ont été assez épiques et il y a certains comportements de chauffeurs que nous aurions préféré ne jamais voir. Non seulement ils prennent la route pour une piste de rallye mais en même temps, ils téléphonent, parfois même en face time, ils mangent, mais pas un sandwich vite fait, un vrai repas dans un tup posé sur le volant avec des couverts, ils gesticulent et certains se prennent pour une popstar en chantant à tue-tête! Et vu la topographie de la Colombie, les routes ne sont ni plates, ni droites! En plus, ils ont super confiance en leurs freins puisqu’ils n’anticipent jamais rien et ralentissent toujours à la dernière seconde.

Malgré cela, nous sommes toujours arrivés sains et saufs, n’avons jamais été témoins d’accidents de la route et n’avons non plus jamais lu un truc du genre dans les faits divers locaux. Soit nous avons eu beaucoup de chance, soit les Colombiens ont raison d’être super croyants et qu’il existe vraiment un dieu de la route.

Sonnent les cloches

En Colombie, pays catholique, il y a des églises avec des clochers où les cloches sonnent toutes les heures. Jusque là, tout va bien! Mais un son de cloche en Colombie s’apparente plus à un enfant de cinq ans qui s’acharne sur un piano désaccordé qu’à un joli carillon. En plus, ça ne sonne jamais à l’heure pleine! Ça dépend des villes mais ça va de la minute 47 à la minute 08. Nous ne savons pas si c’est volontaire ou si les colombiens sont plus relax des cloches que les Européens.

Un tinto dès le matin

En Espagne, un tinto c’est un verre de vin rouge. Imaginez donc notre tête quand, notre premier matin à Cali, on nous en propose un pour le petit-déjeuner! En fait, en Colombie, un tinto c’est juste un café noir et effectivement, nous en avions bien besoin à ce moment-là!

Conclusion

Tous les voyageurs que nous avons croisés avaient raison! La Colombie est vraiment le pays le plus fou de toutes les Amériques! Il a même détrôné le Mexique, même si ce dernier reste en très bonne place dans le classement de nos pays préférés!

La Colombie nous a surpris à bien des égards et nous ne réalisons pas encore tout ce que nous avons vu et vécu! Nous ne regrettons pas d’y avoir consacré autant de temps et nous ne sommes pas du tout fermés à l’idée d’y retourner une fois dans le futur.

Palomino et le parque nacional Tayrona, où la mer, la montagne et la forêt se rencontrent

Après avoir découvert les alentours de Santa Marta, nous continuons notre route, toujours sur la côte des Caraïbes. Nous entrons dans le département de la Guajira, le dernier avant le Venezuela, le plus pauvre et celui qui est un peu oublié de Bogota et du reste de la Colombie. Nous sommes ici en territoire du peuple Wayuu (oui ça se prononce voyou!), une population indigène qui vit dans les forêts de la Sierra Nevada où dans le désert de la Guajira tout au nord du pays. Ils vivent surtout de l’élevage et un peu de l’artisanat qu’ils vendent aux touristes de passage. Nous sommes super impressionnés comme ils se déplacent habilement sur les chemins défoncés de la forêt.

Palomino

Depuis Santa Marta, les bus pour Palomino partent du marché, juste à côte de ceux pour Minca, et un trajet coûte 13’000 pesos (2,80 € ou 2,65 CHF)

Le village de Palomino n’a rien de traditionnel et a été monté de toutes pièces pour les touristes. Ce sont surtout les surfeurs qui sont attirés par les belles vagues de la mer des Caraïbes. Nous ne pratiquons pas le surf mais nous aimons beaucoup la mentalité des adeptes de ce sport. Ici, pas de grands hôtels, juste quelques bâtisses composées de toits de chaume sur des poutres en bambou et des routes non asphaltées. Avec les vagues, la mer n’est pas du tout propice à la baignade mais la plage reste belle avec sa végétation luxuriante et les premiers sommets de la Sierra Nevada.

Rio Palomino

Le Rio Palomino se trouve à l’ouest du village et fait office de frontière entre le département de Magdalena, sur l’autre rive, et celui de la Guajira où nous nous trouvons. En face, c’est le parc national de Tayrona. La rivière est moins calme qu’elle paraît et le courant est assez fort pour pouvoir la descendre en bouée. Mais le plus impressionnant, ça reste les mangroves, les arbres et tout la faune qui habite les lieux. Nous avons aperçu deux énormes perroquets rouges juste magnifiques!

Parque Nacional de la Sierra Nevada

Palomino se trouve également au pied de la Sierra Nevada de Santa Marta. Il y a un sentier qui part directement au sud du village et qui pénètre dans le parc national. C’est une forêt sacrée pour les Wayuus donc il nous est demandé de la respecter notamment en n’y laissant pas de déchets et en suivant les sentiers balisés. Ça nous semble, évidemment, la moindre des choses mais apparemment, on ne le rappelle pas assez souvent.

La forêt est juste exceptionnelle mais la marche n’est pas de tout repos. Il y a déjà trois kilomètres de bonne grimpette pour nous mettre en jambe. Jusque là, c’est assez facile, mais ça monte bien! Ensuite, le sentier devient assez scabreux avec des pierres glissantes, des grosses racines et des grosses montées et descentes qui se succèdent sur près de sept kilomètres. Il faut en plus traverser la rivière à gué une bonne dizaine de fois. C’est rigolo les deux premières fois mais après, ça devient vite barbant. Cette balade n’est clairement pas à la portée de tout le monde même si c’est une des plus belles que nous n’ayons jamais faites! C’était également notre première marche post convalescence de gastro et pour une remise en route, c’était vraiment beaucoup trop ambitieux!

Attention, ce paragraphe n’est pas pour les arachnophobes!

Malgré la difficulté de la marche, nous avons quand même profité d’une faune et d’une flore exceptionnelles! Nous avons pu observer des oiseaux, des libellules et des papillons de toutes les couleurs, des écureuils, des fourmis géantes et quelques insectes chelous.

Nous n’avons réussi qu’à immortaliser deux de ces petites bébêtes :

  • un magnifique caligo qu’on appelle également un « papillon hibou » à cause de ses ocelles sur le bas de ses ailes qui rappellent effectivement les yeux d’un hibou.
  • une trichonephila clavipes, une araignée venimeuse mais pas agressive. Vu ses couleurs, nous nous sommes doutés qu’elle n’avait pas l’air très sympa et nous nous sommes abstenus de nous en approcher. Il paraît que sa soie est tellement solide qu’on l’a utilisée pour fabriquer des gilets pare-balles.

Parque nacional Tayrona

Il y a plusieurs façon d’appréhender le parc national du Tayrona, en coup de vent à la journée ou en y passant au moins une nuit. On y accède soit en bus depuis Santa Marta ou Palomino par les entrées de Calabazo ou d’El Zaino, soit en lancha depuis Santa Marta par l’entrée du Cabo San Juan. Si vous choisissez cette dernière option, sachez que les embarcations sont assez petites et que la mer est bien agitée. Il faut avoir l’estomac bien accroché!

Nous avons choisi l’option d’entrer par Calabazo car nous voulions tenter l’expérience de dormir dans la forêt et de faire la grande randonnée jusqu’aux plages. Nous avons également misé de passer le Nouvel An dans le afin d’y trouver moins de monde, les touristes allant plutôt faire la fête à Palomino. Bingo! Vu tout le monde que nous avons vu rentrer dans le parc quand nous y sommes sortis le 2 janvier, c’était vraiment le bon plan!

Quelle que soit l’option choisie, l’entrée du parc coûte 87’000 pesos (19,15€ ou 17,90) que vous y restez une heure ou trois semaines. C’est le prix de la haute saison. Il n’y a pas de dates précisées mais la basse saison correspond généralement à celle des pluies et des ouragans. Nous ne savons pas si ça vaut vraiment le coup d’économiser 20’000 pesos pour ça. Sachez également que le parc ferme durant quelques semaines, généralement en février puis en octobre-novembre, pour laisser la nature et la communauté indigène un peu en paix.

Au prix d’entrée, il faut ajouter 7000 pesos ( 1,55€ ou 1,45CHF) par jour passé dans le parc et par personne. C’est une assurance médicale obligatoire. A Calabazo, la communauté indigène demande également 5000 pesos (1,10€ ou 1 CHF) pour l’entretien de la route jusqu’à l’entrée du parc.

Bref, un passage par le parc Tayrona n’est pas vraiment bon marché! C’était notre cadeau de Noël. Espérons juste que ça vaille le coup! Réponse en images ci-dessous.

Le parc national Tayrona possède 15’000 hectares de forêts protégées et 3000 hectares d’aires marines protégées. Son altitude varie du niveau de la mer jusqu’à 900 mètres d’altitudes sur les flancs de la Sierra Nevada de Santa Marta. Ça en fait des écosystèmes différents! Le plus ouf ce sont les variations de climat et de températures sur des toutes petites distances!

Comme nous dormions à dix minutes de l’entrée de Calabazo, nous commençons par le chemin le plus long pour atteindre les plages. Le chemin est assez facile même s’il y a du dénivelé et il est bien indiqué. Lors de notre randonnée, il avait été un peu défoncé par le monstre orage de la veille. Mais comparé à la grosse marche de ouf que nous avions fait quelques jours avant à Palomino, ça reste presque une promenade de santé!

Nous avons bien entendu vu des dizaines d’animaux mais ce qui nous a le plus impressionnés, ce sont les cris des singes hurleurs qui portent d’ailleurs très bien leur nom! Nous les avons aperçus et c’est dingue comme un animal assez petit finalement (un mâle adulte fait entre quinze et vingt kilos) peut émettre un son pareil! Pour vous faire une idée, nous avons enregistré quelques sons sur nos stories Instagram sous l’onglet « Colombia ». On dirait plus le cri d’un jaguar que d’un petit singe!

Mirador Cima Tayrona

Après environ quarante-cinq minutes de marche, nous arrivons au mirador de Cima Tayrona qui est une montagne sacrée pour les populations indigènes et qui culmine à environ 450 mètres d’altitude. Ce n’est pas très haut mais il y a une grande prise au vent et un climat frais qui nous fait presque croire que nous sommes en haute montagne. Au sommet, on y trouve d’énormes pierres sacrées, une jolie place pour chiller dans des hamacs et une superbe vue sur la Sierra Nevada de Santa Marta même si, lors de notre passage, elle était bien cachée derrière de gros nuages.

La Playa

Il nous a fallu deux heures et demi de marche pour enfin arriver à la plage! L’endroit s’appelle Boca de Saco et est constituée de deux superbes plages sauvages. L’endroit est dédié au naturisme, pratique si vous avez oublié votre maillot de bain! La baignade y est toutefois déconseillée à cause des forts courants.

Cabo San Juan

C’est le highlight du parc national et c’est ici que débarquent les lanchas qui partent de Santa Marta. Donc c’est un coin assez couru, même à Nouvel An! Mais il faut reconnaître que ça en jette! En plus, la mer y est plus calme et il est possible de s’y baigner. Il est également possible d’y dormir en tente ou dans des hamacs. C’est très spartiate, comme dans tout le parc, il n’y a pas de réseau téléphonique ou 4G, pas de wifi et l’électricité ne fonctionne que de 18 heures à 22 heures. Mais l’expérience peut en valoir le coup.

Pour le retour, nous avons quand même choisi de prendre le chemin le plus court qui va à El Zaino. C’est mieux aménagé, un peu plus facile mais plus emprunté également. Mais il faut quand même compter plus d’une heure et demie de marche pour atteindre notre but! C’est assez complet de faire les deux chemins car, si le premier est de la pure forêt, le deuxième longe quelques plages et traverse de magnifiques mangroves.

Le seul qui a bien voulu poser pour notre objectif!

Le Tayrona possède une faune incroyable et nous avons eu la chance d’apercevoir une quantité de spécimens même si nous n’avons pas réussi à tous les identifier. Mais ces petite bébêtes sont farouches, rapides et ne se laissent pas capturer en photo. C’est la nature et c’est très bien ainsi finalement. Nous avons quand même réussi à avoir ce magnifique singe Titi, une espèce endémique du nord de la Colombie.

Alors, vaut-il la peine de casser sa tirelire pour une excursion au parc national Tayrona? La réponse est un grand OUI! Nous avons vraiment kiffé l’expérience! Le fait d’y avoir été à Nouvel An a sûrement décuplé le plaisir. A part à Cabo San Juan, nous étions quasi seuls au monde! Quand nous disons « seuls au monde », nous parlons évidemment d’êtres humains, car en vrai, nous étions loin d’être seuls! La forêt grouille de vie!

Nous avons également apprécié Palomino, son ambiance de surfeurs et sa nature environnante.

Nous avons hésité à continuer encore plus loin sur la côte vers le désert de la Guajira et la Punta de la Vela mais nous avons eu un peu de peine à nous remettre de notre gastro que nous avons préféré y renoncer. L’endroit est super sauvage, super roots sans eau courante et sans électricité. Nous avons préféré jouer la carte de la sécurité et revenir un peu plus tôt sur Santa Marta. Et puis, nous avons traversé l’Atlantique plus pour les forêts que pour les déserts!

Ce séjour entre Palomino et Tayrona nous aura finalement réconcilié avec la côte de la mer des Caraïbes qui, jusque là, nous avait laissés un peu perplexes et assez mitigés. Tant mieux, car nous ne voulions pas finir notre séjour colombien sur une note négative après être tombés amoureux du reste du pays.