Medellín, la fascinante et dynamique deuxième ville de Colombie

Si nous avions suivi l’itinéraire que nous avions plus ou moins prévu depuis Salento, nous ne serions pas arrivés « si tôt » à Medellín. Mais voilà, la pluie, le froid et l’altitude nous ont un peu gavés des montagnes. Le coup de grâce nous a été donné à Manizales, la capitale du département du Caldas perchée à 2100 mètres d’altitude. Le temps a été tellement mauvais que nous n’avons pas pu profiter de cette ville qui, sans être un incontournable, a l’air vraiment sympa. Nous avons donc décidé de perdre de l’altitude et de prendre quelques degrés pour recharger un peu nos batteries et laver nos affaires d’hiver qui commençaient vraiment à demander grâce.

Arriver à Medellín en bus

Il y a deux terminaux de bus à Medellín, un situé au nord de la ville et l’autre au sud. Pour le premier, il n’y a pas de problème, il y a une station de métro située directement dans le terminal. (Ligne A, station Caribe) Par contre, si vous arrivez par le sud, c’est un peu plus compliqué, il faut prendre un taxi ou un Uber. Certains bus venant du sud s’arrêtent à la station de métro de Sabaneta (Ligne A également) ou à celle d’Estrella (terminus de la ligne A). C’est une bonne alternative pour éviter les bouchons et se rendre au centre-ville avec les transports publics.

Medellín

Medellín est la deuxième ville de la Colombie. Elle se situe dans une vallée au milieu de la cordillère centrale des Andes à 1500 mètres d’altitude. Donc, techniquement, nous sommes encore en montagne et ne sommes pas si descendus que ça. Pourtant, la différence climatique est notable. Medellín est surnommée la ville du printemps éternel. En vrai, ça veut dire que le temps change toutes les vingt minutes, comme au printemps! Plus sérieusement, c’est vrai que le temps est changeant mais la température reste agréable, autour des 25-26 degrés toute l’année, et ce malgré quelques gros orages le soir.

Medellín a été tristement célèbre dans les années 1970-1980 à cause de la violence qui y régnait. C’est la ville natale de Pablo Escobar, narcotrafiquant super connu, chef du tout aussi connu cartel de Medellín et qui, avec de nombreux compères, a fait régner la terreur sur la ville et sa région durant des décennies. Aujourd’hui, et depuis les années 2000, la ville essaie de renaître de ses cendres et de se réinventer grâce notamment à la technologie, à l’innovation, à la culture et à un urbanisme un peu plus vert. Est-elle en train de réussir son pari? C’est ce que nous allons voir dans cet article.

Medellín possède un super réseau de transports publics (métro, tram ou métrocable) très facile d’utilisation. Pour le paiement, le moyen le plus simple est de se procurer une carte « Civita » qui peut être utilisée par plusieurs personnes et de la charger aux machines présentes dans chaque station de métro. Un trajet coûte 3650 pesos (0,80€ ou 0,75 CHF) même s’il y a un transbordement sur une autre ligne ou sur le metrocable (télécabine).

Pour marcher dans la ville, il y a des trottoirs, des zones piétonnes ou des passerelles. C’est super piéton friendly! Les stations de métro ainsi que les sites d’intérêts sont super bien indiqués partout en ville.

Centro

Non, Medellín ne possède pas de joli centre colonial espagnol comme on pourrait s’y attendre. Elle s’est surtout développée à la fin du XIXe et au début du XXe siècle grâce à la culture du café, à l’extraction de l’or et à l’industrie textile. Quelques jolis bâtiments de cette époque subsiste entre des barres d’immeubles horribles des années 1950-1960.

L’accès au centre se fait par les stations de métro Alpujarra (Plaza de Cisneros), San Antonio ou Parque Berrio (Plaza de Botero) par la ligne A ou Cisneros par la ligne B

NB : A noter qu’il est super déconseillé de se promener dans le centre une fois la nuit tombée.

Parque de las Luces

Son vrai nom est la Plaza de Cisneros mais elle est plus connue par son surnom : el parque de las Luces (le parc des lumières). Ceci à cause des trois cents tubes de vingt-quatre mètres de haut qui occupent le centre de la place et qui s’illuminent la nuit. A la base, cette place date de la fin du XIXe siècle et était le fief de la bourgeoisie locale. Elle a été totalement remaniée en 2002, lors du vaste programme de réurbanisation de la ville. Elle porte le nom de Francisco Javier Cisneros, un ingénieur cubain à l’origine du chemin de fer de Antioquia en 1874. Malheureusement, l’exploitation ferroviaire fut complètement démantelée en 1961. Des discussions sont en cours pour la réhabilitation de la ligne. Affaire à suivre donc mais on croise les doigts pour que ça se concrétise!

La logique voudrait, évidemment, que nous aillions voir ces tubes illuminés la nuit. Mais Medellín restant une grande ville colombienne qui n’a pas encore réglé tous ces problèmes, il est vivement déconseillé de se rendre sur la place de nuit. Nous n’allons donc pas tenter le diable et juste profiter de déambuler sur la place de jour.

Centro commercial Palacio Nacional

En suivant la rue piétonne Carabobo depuis la Plaza de Cisneros, nous tombons sur ce bâtiment de 1933 un peu austère de l’extérieur. A son inauguration, il comptait des bureaux de poste et de télégraphe, des tribunaux, des cabinets d’avocats ou encore des brigades de l’armée. Il fut laissé à l’abandon durant les années sombres des cartels avant de subir une cure de jouvence en 1993. Il abrite dorénavant un centre commercial dans lequel il faut absolument rentrer, non pas pour les boutiques qui n’ont rien d’extraordinaire, mais pour l’architecture intérieure. Dans les étages supérieurs, se trouvent des galeries d’art. Nous sommes totalement incultes en art donc nous ne pouvons pas vous dire si elles en valent la peine ou pas. Nous avons été plus fascinés par les lustres qui ornent le hall central. Même Dubaï n’a pas des malls aussi stylés!

Plaza Botero

La rue Carabobo nous emmène sur cette énorme place ornée de sculptures un peu improbables. Ce sont les œuvres de l’enfant du pays Fernando Botero (1932-2023) qui était connu pour peindre ou sculpter des formes tout en volumes et en rondeurs. Le reste de ses travaux est exposé dans le musée d’Antioquia qui jouxte la place et que nous n’avons pas été visiter par manque d’envie. Un autre bâtiment d’envergure de la place est la casa de la cultura Rafael Uribe Uribe (Non, nous ne sommes pas bourrés, il y a bien deux fois le nom Uribe!). Ce monstre néogothique est l’œuvre de l’architecte belge Augustin Goovaerts à qui on doit également le Palacio Nacional cité plus haut. Il a toujours été dédié à la culture et à des exposition. Il porte le nom d’un militaire et diplomate colombien qui fonda l’université en Colombie.

Nous avons eu un petit coup de cœur pour la statue du chien (dernière photo ci-dessous). Et vous, qu’en pensez-vous des œuvres de Botero?

Parque del Rio

Voilà un bel exemple de réaménagement du paysage urbain! A cette même place, il y a encore une bonne dizaine d’années, la rivière était canalisée et il y avait une énorme autoroute qui traversait la ville. Depuis, la rivière a été remise à l’air libre, l’autoroute a été enterrée et, le plus important, plus de cent mille arbres ont été plantés. Aujourd’hui, c’est une belle coulée verte en plein centre de Medellín avec des parcs, des terrains de sports, des places de jeu et même un sentier pieds nus!

On y accède par la station de métro Alpujarra. Le parc se trouve à quelques centaines de mètres de la Plaza de Cisneros.

Pueblito Paisa

Medellín nous a même offert notre petite grimpette traditionnelle du jour! Pour accéder au Pueblito Paisa il faut, en effet, grimper au Cerro Nutibara. Ça grimpe mais les chemins ou les escaliers sont très faciles à monter. Ce qui est top, c’est que la colline est couverte de végétation luxuriante où habitent plein d’espèces de la faune locale. On ne se croirait vraiment pas en pleine ville!

Quand au Pueblito Paisa en lui même, situé au sommet de la colline, c’est une reconstitution d’un village typique de Antioquia. Anti quoi? Antioquia, c’est le département dont Medellín est la capitale et qui est culturellement très riche puisqu’il fait presque la superficie de la Lettonie. Ça peut être intéressant d’y monter si vous êtes juste de passage dans le coin et que vous n’avez pas le temps d’aller dans les vrais villages de la région. Sinon, ça reste très touristique et très fake avec des restaurants surfaits et des boutiques de souvenirs. Seule l’église paraît authentique!

L’accès au cerro Nutibara et au Pueblito Paisa se fait par la station de métro Industriales (Ligne A) qui se trouve au pied de la colline. Nous, nous sommes montés sur l’autre versant via le Parque del Rio. Il y a une route d’accès (mais pas de parking!) jusqu’au sommet. Donc si vous ne voulez ou ne pouvez pas marcher, il y a la possibilité d’emprunter un Uber ou un taxi.

Avec un sommet qui culmine 80 mètres plus haut que le centre ville, nous avons pensé avoir une belle vue sur Medellín. Que nenni! La vue est obstruée par les arbres. Mais nous ne nous plaignons pas. C’est tellement agréable toute cette verdure! Et puis, pour être francs, Medellín n’est de loin pas l’endroit le plus photogénique de Colombie!

C’est la seule vue qu’on peut espérer avoir depuis le cerro Nutibara

Pour avoir une vue assurée sur Medellín, il faut emprunter le metrocable, le télécabine. Il part de la station de métro Acevedo (ligne A) ou de San Javier (ligne B). C’est ce que nous avons fait mais les vitres étaient trop sales pour avoir des photos potables. Nous avons toutefois quelques vidéos dans nos stories Instagram.

Malgré l’horrible reflet, vous pourrez voir sur notre dernière photo en bas à droite qu’il y a même une station qui s’appelle Andalucía!

Jardín botánico

C’est un véritable oasis de verdure et de paix de treize hectares que nous offre le jardin botanique. Il n’est pas super grand mais il offre déjà une grande variété d’habitats comme la forêt andine ou les zones désertiques. Notre coup de cœur a été la promenade au bord de l’étang où s’ébattent des oies des iguanes et des tortues.

L’accès au jardin est gratuit, il faut juste s’enregistrer à l’entrée. Dans les alentours, il y a également le planétarium et le Parque Explora, un musée des sciences qui a l’air vraiment ouf! Nous n’avons pas été les visiter car nous étions tellement content d’avoir un temps sec et en partie ensoleillé que nous voulions rester dehors le plus possible!

L’accès se fait par la station de métro Universidad (ligne A)

Nous y avons rencontré pas mal d’espèces de la faune locale. Evidemment, ces petites bébêtes ne posent pas facilement pour notre objectif. Nous avons quand même réussi à en immortaliser quelques-unes. Nous ne sommes pas équipés de téléobjectif pour la photographie animale donc la qualité de certaines de nos images laissent à désirer. (Sorry!)

Comuna 13

A Medellín, une comuna correspond à un district ou à un arrondissement de la ville. La 13 est connue pour avoir été l’antre de Pablo Escobar et de ses acolytes. C’était le quartier le plus craignos d’une ville déjà dangereuse et violente à la base! Sympa le tableau! Les petites maisons construites les unes sur les autres, à l’arrache ainsi que les labyrinthes de petites ruelles étaient propices à la discrétion que demande le trafic de drogue.

Après la mort de Pablo Escobar, les jeunes du quartier avec l’appui du gouvernement local œuvrèrent pour redynamiser le quartier notamment grâce à de superbes peintures murales. Nous déplorons juste que ces superbes fresques ne soient pas mieux mises en valeurs. Elles servent souvent de parking à scooters ou d’appui pour des stands de vente de souvenirs.

Nous sommes un peu dubitatifs sur cette comuna 13. Nous sommes totalement conscients que la transformation du quartier en highlight touristique permet à la communauté locale de vivre et elle le mérite amplement après les décennies d’horreurs qu’elle a vécues. Mais nous aurions pensé voir un endroit un peu plus dédié à la mémoire ou à l’histoire du quartier et moins un Disneyland pour touristes avec des boutiques, des miradors trop kitchs et des bars. D’ailleurs ce dernier point nous a bien surpris. Ayant visité le quartier de bon matin, nous aurions bien voulu nous arrêter sur une terrasse prendre un café. Mais non, il n’y a que des bars qui n’ouvrent que le soir ou certains éventuellement pour le repas de midi. Nous sommes donc redescendus bredouilles.

La Comuna 13 se trouve à l’ouest de la ville. On y accède par la station de métro San Javier (terminus de la ligne B). De là, il faut prendre un petit bus jusqu’au Parque de la Paz. Ensuite, il y a une bonne grimpette qui vous emmène au pied des fameux escalators qui montent jusqu’au sommet du quartier. Si vous avez contracté un tour, le guide viendra vous chercher directement la station de métro de San Javier.

Pour un vrai lieu de mémoire sur le passé de Medellín, il y a le bien nommé Museo Casa de la Memoria. Il traite sans aucune censure du passé violent de Medellín. A l’instar de la prison S21 de Phnom Penh ou du musée de la guerre à Saïgon, c’est vraiment glauque et on n’y ressort pas très bien mais c’est important de faire un véritable travail de mémoire pour, si possible, ne pas réitérer les mêmes erreurs.

Le musée se trouve vers l’arrêt du tram Bicentenario. C’est un gros bloc de béton gris, il est impossible de le louper.

Quand tout ne se passe pas comme prévu

A la base, nous étions censés repasser par Medellín après avoir vadrouillé un peu dans le département de Antioquia, notamment pour voir les décorations de Noël qui sont les plus importantes du pays. Nous les avons vues en train de se faire installer et c’est vrai que ça a l’air vraiment énorme! Nous avions également déjà un billet de bus depuis le Terminal Norte pour changer radicalement de région. Mais voilà, le pont du 8 décembre couplé avec un important concert ont fait qu’il nous a été impossible d’y trouver un logement! Ce n’est même pas qu’il n’y avait rien qui nous convenait ou rien dans notre budget. Il n’y avait absolument rien du tout! Nous n’avons jamais vu un truc pareil auparavant!

Par chance, nous étions déjà à Santa Fe de Antioquia à un peu plus d’une heure de route de là et notre bus ne partait « qu’à » 9 heures 45 du Terminal Norte. Nous y avons donc prolongé notre séjour, ce qui ne nous a pas trop dérangés puisque la ville est trop belle et que nous l’avons trop kiffée! Nous avons juste dû nous lever aux aurores le dernier jour pour être sûr de choper notre bus.

A défaut de belles lumières de Noël, nous vous mettons une jolie photo de Santa Fe de Antioquia comme un avant-goût de ce qui vous attend dans notre prochain article!

Malgré la petite déception de la Comuna 13 et la frustration de ne pas avoir pu voir les décorations de Noël, Medellín nous aura quand même bien plu. Non, ce n’est pas une jolie ville en tant que telle mais elle offre tout de même plein de choses à faire. Il y a une quantité de musées, que nous n’avons pas visités, mais qui montrent la richesse culturelle de la ville. Nous avons été impressionnés par le nombre d’arbres et d’espaces verts! Nous nous attendions à quelque-chose de bien plus infernal, pollué et étouffant! L’urbanisme est certes perfectible mais les efforts consentis ces vingt dernières années à rendre la ville plus agréable ont porté leurs fruits. Bien sûr, les inégalités sociales sont criantes et tous les quartiers, surtout ceux situés en hauteur, ne bénéficient pas de la qualité de vie du bas de la ville. Malgré les quelques mises en garde, nous n’avons pas ressenti d’insécurité. Bien entendu, nous avons respecté toutes les règles élémentaires de prudence!

Ça fait depuis notre arrivée à Cali qu’on nous rabâche qu’il faut absolument aller à Medellín et que c’est l’endroit le plus cool de Colombie. C’est vrai que pour ceux qui aiment les villes et leurs vibes, Medellín est un endroit idéal. Elle montre une autre facette de la Colombie, plus citadine plus moderne, plus jeune et plus dynamique et ça nous parle autant que le petit village perdu dans l’Eje Cafetero! La vie nocturne est assez intéressante surtout sur la Calle 70 et, pour les plus gourmands d’entre vous, il y a un choix presque infini de restaurants avec une gastronomie très variée, notamment dans le quartier de Poblado.

Bref, encore un endroit en Colombie qui nous aura conquis et que nous vous recommandons chaudement lors d’un voyage dans ce fabuleux pays même s’il ne fait pas partie des « lieux carte postale ».

Guatapé, son lac et son emblématique rocher

Un des grands avantages de Medellín, c’est qu’en plus d’être une ville trop cool, c’est un excellent point de départ pour aller découvrir quelques merveilles de la Colombie. Nous en avons déjà eu la preuve avec Jardín que nous avons adoré!

Cette fois-ci, c’est vers le nord que nous nous dirigeons. Nous partons du Terminal Norte de Medellín qui est très pratique car accessible avec le métro. C’est la station Caribe sur la ligne A. Notre première destination est Guatapé à environ deux heures et demi de route de là. Le trajet nous a coûté 20’000 pesos (4,30€ ou 4 CHF) par personne. La route n’est pas super entretenue car ce n’est pas un axe super important. Nous avons donc bien été secoués et notre oreille interne n’a pas trop apprécié.

Guatapé

Guatapé est un petit village de montagne perché à 1925 mètres d’altitude situé à 76 kilomètres au nord-est de Medellín. Il a été fondé en 1811 par des colons de Medellín, les mêmes que pour Jardín ou l’Eje Cafetero. Les maisons colorées y sont d’ailleurs très similaires. Etant super accessible depuis la grande ville, le village a un peu cédé aux sirènes du tourisme et est principalement composé de restaurants et de boutiques de souvenirs.

Les Zócalos

La particularité du village, ce sont ses zócalos. En Colombie, un zócalo est un bas-relief. A Guatapé, ils ornent le bas des façades des maisons. Ça va du simple dessin décoratif à la véritable œuvre d’art! Ils racontent tous une histoire que ce soit par rapport au quartier, à la maison en question, à ses habitants ou encore à leurs ancêtres. Les boutiques en ont aussi, généralement ils représentent la marchandise qu’elles vendent. La station de bus a aussi les siens représentant des bus, évidemment! Même le bâtiment de la police est ornée de ces zócalos avec leur écusson officiel. Bon là, nous n’avons pas osé aller les photographier de peur de paraître un peu chelous.

Durant son histoire, Guatapé vivait essentiellement de l’élevage, de l’agriculture et des activités minières. Mais en 1970, on y construisit un énorme barrage qui changea complètement la topographie du lieu et les habitants ont dû s’adapter notamment en développant l’industrie touristique. Aujourd’hui, Guatape se trouve donc au bord du lac de retenue formé par le barrage et possède un joli malécon. Des barges ont été construites pour des restaurants ou d’autres lieux de loisirs mais nous ne les trouvons pas du tout esthétiques. C’est dommage car le paysage du lac est vraiment joli!

Plazoleta de los Zócalos

On l’appelle ainsi car on y trouve un escalier rempli de ces zócalos. C’est aussi la place la plus connue de Guatapé donc c’est toujours blindé de monde. La petite rue d’accès est trop mignonne avec ses parapluies mais elle est tout aussi bondée de gens qui s’empressent dans les restaurants ou dans les boutiques de souvenirs qui la bordent.

A l’instar de beaucoup d’endroits montagnards en Colombie, il est très facile de sortir du village pour aller marcher en nature. Mais le chemin que nous avons pris est très raide et très exigeant. Il faut quand même être un bon marcheur pour l’emprunter. Nous sommes impressionnés par la couleur de la roche, c’est un espèce de rouge tirant sur le rose et c’est super joli!

Evidemment, nous avons été récompensés de nos efforts avec la vue sur Guatapé et la Piedra del Peñol derrière.

El Viejo Peñol

La construction du barrage de Guatapé nous a donné un super lac mais a aussi inondé une bonne partie des villages de la vallée. C’était le cas d’El Peñol. Pour maintenir vivante l’histoire de cette région d’avant le barrage, on a reconstitué la place centrale d’El Peñol telle qu’elle était avant d’être engloutie par les eaux. Quoique nous ne sommes pas sûrs qu’il y avait autant de boutiques de souvenirs à l’époque! A l’instar du Pueblito Paisa à Medellín, tout est fake et monté de toutes pièces pour les touristes mais ça reste joli. Mention spéciale pour l’église, qui elle est vraie avec la messe et tout ça, qui est super stylée même si son intérieur est plutôt sobre.

En chemin pour El Viejo Peñol, nous sommes tombés sur cette curiosité architecturale. Au début, nous pensions avoir abusé du rhum local, très bon soit dit en passant, mais non, cette maison a bien été construite à l’envers! Si vous regardez bien en bas à gauche de l’image ci-dessous, vous remarquerez que le sapin de Noël, lui, a bien été monté à l’endroit!

La Piedra del Peñol

Le clou du spectacle reste quand même cet énorme bloc de granite haut de 220 mètres qui surplombe Guatapé et son lac! Evidemment que nous sommes montés au sommet! Mais ça se mérite! Il y a 708 marches à flanc de côteau à grimper! Et si la montée vous effraie, dites-vous que la descente est encore pire! L’escalier pour descendre se trouve à l’intérieur du rocher, c’est super étroit par endroits et rempli d’humidité ce qui rend les marches glissantes. C’est un peu scabreux et limite dangereux!

Bien entendu, après une montée pareille, nous sommes en droit de nous attendre à une magnifique vue! Et bien, nous n’avons pas été déçus! En plus, la météo nous a gâtés ce jour là! Etant motivés par le beau temps, nous y sommes montés très tôt le matin, avant les excursionnistes venus à la journée depuis Medellín. Nous nous sommes retrouvés presque tous seuls au sommet et c’était le pied!

La forme du lac est assez incroyable! Difficile à croire qu’on le doit à l’intervention humaine et à la construction d’un barrage. Il ressemble un peu à Bunyonyi en Ouganda, sauf que là-bas, c’est uniquement la nature qui a façonné le paysage.

L’entrée à la Piedra de Peñol coûte 25’000 pesos soit 5,30€ ou 4.95 CHF.

Pour se déplacer entre les différents lieux à Guatapé, il y a les jeep Willis qui passent fréquemment un peu partout. Les prix varient entre 3000 pesos (0,65€ ou 0,60 CHF) et 5500 pesos (1,20€ ou 1,10 CHF) selon le trajet. Il est également possible de prendre une moto-chiva (un tuk-tuk) mais comme nous n’avons pas utilisé ce moyen de transport, nous n’avons aucune idée du prix. De toute façon, les prix sont toujours affichés en Colombie.

Il est possible d’aller à Guatapé en une journée depuis Medellín mais nous vous recommandons de passer au moins une nuit sur place pour bien profiter de tout ce qu’il y a à faire.

Malgré son côté touristique, nous avons bien aimé Guatapé. Nous avons adoré nous retrouver au bord d’un point d’eau, ça nous avait manqué! Nous avons également eu du bol avec la météo et le timing pour monter sur la Piedra del Peñol. A notre avis, le coin est un incontournable de la Colombie et nous vous le recommandons sans modération!

Jardín et ses cascades, la perle de l’Eje cafetero de Antioquia

Après notre petite pause citadine, culturelle et surtout printanière à Medellín, nous sommes rechargés à bloc pour repartir à l’assaut des hauteurs de la cordillère occidentale des Andes. Depuis Medellín, les bus partent depuis le terminal Sur, situé au sud de la ville. Il n’y a pas de transports publics qui y vont, il faut prendre un taxi ou un Uber. Les deux compagnies de bus qui desservent Jardín sont Rapido Ochoa ou Suroeste Antioqueño. C’est du kif et dans les deux cas un trajet coûte 40’000 pesos (8,65€ ou 8,10CHF) par personne.

Officiellement, le trajet dure trois heures, en pratique, il faut bien en compter une de plus. Ce sont de petites routes de montagnes et ça n’avance pas. Ça nous a laissé le temps d’observer le superbe paysage qui s’offre à nous même si notre oreille interne n’a que moyennement apprécié le voyage.

Jardín

Jardín est un village perché à 1750 mètres d’altitude dans la cordillère occidentale des Andes. Il fait partie de l’Eje Cafetero de Antioquia du nom du département auquel il appartient. Il a été fondé en 1860 par des colons de Medellín, les mêmes qui partirent plus tard fonder les villages du Quindio autour de Salento. D’ailleurs, les petites maisons colorées toutes mignonnes avec leurs magnifiques balcons en bois sont quasiment identiques. Nous avons eu une chance inouïe car nous sommes arrivés avec le soleil, ce qui fait ressortir encore plus les façades colorées. La météo n’avait, jusqu’ici, pas été aussi clémente avec nous, surtout en montagne!

Jardín s’appelle ainsi car, selon la légende, les fondateurs du village se seraient extasiés devant la végétation luxuriante de la région riche en fleurs de toutes sortes et se seraient exclamés : « Eso es un jardín! »(Ceci est un jardin!)

Basilica Menor de la Inmaculada Concepción

Impossible de la louper cette basilique vu qu’elle doit faire à peu près la moitié de la superficie du village! Elle domine le Parque Principal tout aussi joli mais en partie inaccessible à cause de travaux. Dommage, parce que c’est vraiment le cœur névralgique de Jardín. Ce monstre néogothique date de 1932 et est l’œuvre d’un architecte italien Giovanni Buscaglione. Ses briques grisâtres, sa hauteur et ses toits en flèche sur les clochers contrastent joliment avec les petites maisons colorées aux alentours. Fait assez rare en Colombie, la basilique est ouverte et il est possible d’y découvrir l’intérieur qui est encore plus impressionnant que l’extérieur.

Rando Escalera – Café Jardín – Cristo Rei

Nous avons un peu triché avec cette rando puisque nous nous sommes fait amener en tuk-tuk, qu’on appelle ici moto-chiva, jusqu’à notre point de départ. Nous pensions que la marche était plus longue et plus pénible de ce qu’elle est en réalité. Mais c’est toujours fun de prendre ce mode de transports même si c’est un peu chaotique sur les routes non asphaltées.

A noter que nous ne sommes pas en Thaïlande, les voyages en tuk-tuk ne se négocient pas en Colombie! Les prix sont même affichés! Ils dépendent du trajet que vous voulez faire.

Cascada la Escalera

La moto-chiva nous dépose au chemin d’accès de la cascade. Ça grimpe un peu mais ça n’a rien de difficile et nous atteignons notre but en une petite dizaine de minutes. La cascade, haute de soixante mètres environ, s’appelle ainsi (escalier en français) car l’eau a formé avec l’érosion de petits paliers sur la roche faisant penser à un escalier.

C’est une jolie petite cascade libre d’accès qu’on n’a pas disneylandisé pour les touristes et c’est plutôt cool. Il n’y a pas de passerelle d’accès donc pour prendre une photo, c’est les pieds dans l’eau! Mais c’est comme ça que nous concevons une balade en nature et la Colombie nous a, jusqu’à présent, bien gâtés de ce côté-là!

Café Jardín

Depuis la cascade nous revenons sur nos pas puis continuons sur la route où le tuk-tuk nous a déposés. C’est facile, c’est une route carrossable juste non asphaltée et c’est presque tout plat! Le Café Jardín, comme son nom l’indique, est un café. Il surplombe le village de Jardín, au milieu des caféiers. Il propose d’ailleurs son propre café et, comme c’est une petite structure qui n’exporte pas sa production, il garde les meilleurs grains pour le servir aux clients de passage, comme nous. Du coup, le café est bien meilleur que le tinto de base qu’on peut trouver partout ailleurs. Il vaut la peine de s’y asseoir pour y admirer la vue, surtout que, vu la situation, les prix des consommations n’est pas trop surfait. Nous avons payé un espresso 3500 pesos (0,75€ ou 0,70 CHF) juste quelques centimes de plus qu’en ville.

Cristo Rei

Depuis le café Jardín, nous entamons gentiment notre descente sur le village. Nous nous arrêtons vers la statue du Cristo Rei mais l’accès y était fermé durant notre passage. De toute façon, c’est la vue qui est la plus impressionnante. De là, il y a un petit chemin qui descend à travers les bananiers. C’est super joli mais il y a un peu de boue et comme c’est assez raide, ça devient assez glissant.

Il faut faire super attention car la vue sur Jardín est tellement belle qu’on en oublie de se concentrer sur le chemin!

Si c’était à refaire : nous partirions directement de Jardín en commençant par la montée sur le Cristo Rei, c’est moins scabreux en montant. Puis nous ferions l’itinéraire Café Jardín – Cascada la Escalera à l’envers. Enfin, nous finirions en descendant tranquillement sur le village par la route. Sur le papier, ça nous paraissait plus long et plus pénible. Mais bon, on est toujours plus intelligent après. Puis la balade en tuk-tuk était quand même assez sympa finalement.

NB : Malgré la végétation luxuriante, les chemins sont assez à découvert et le soleil tape vite fort en cas de beau temps. N’oubliez pas votre crème solaire, vos lunettes et votre casquette!

La Herradura

Cette fois, nous avons tiré des leçons de nos erreurs et nous avons commencé notre petite rando directement depuis le village en montant à pied. La Herradura est un chemin muletier construit à la fin du XIXe siècle lors de la fondation des villages de l’Eje Cafetero. C’était la toute première voie d’accès entre les départements de Antioquia et de Caldas. Le chemin est super facile, en partie sur la route, et pas très raide. Il n’y a pas la superbe vue comme celle depuis le Café Jardín ou le Cristo Rei mais nous avons quand même préféré cette balade à celle de la veille. La flore et la faune sont plus intéressantes et il y a de nombreux points d’eau comme des petites cascades ou encore le Charco Corazón, une belle rivière tumultueuse, que nous suivons un pendant une partie de la marche.

Cascada del Amor

En chemin, nous tombons sur cette jolie cascade. Nous n’avons aucune idée pourquoi elle porte ce nom (cascade de l’amour en français) mais nous le trouvons tellement mignon! Nous sommes super contents car les alentours de Jardín regorgent de ce type de cascades super accessibles, sans tour, sans payer d’entrée, ou sans infrastructures digne de Disneyland (ou du Costa Rica, ce qui revient au même!). Il faut chausser de bonnes baskets et marcher un peu et on se retrouve vite juste nous et la nature et c’est un vrai bonheur!

Après une petite heure de montée, assez douce, nous avons quand même droit à une petite vue sur le village de Jardín.

La Garrucha

Après cette petite marche bien sympa, il faut songer à redescendre au village. Nous pourrions aisément rentrer à pied mais nous voulons quand même expérimenter le transport local : la garrucha. C’est une petite cabine un peu branlante tenue par deux câbles qui traverse la vallée. A la base, la garrucha était un moyen très pratique pour transporter les marchandises comme les bananes ou le café des fincas dans les montagnes jusqu’au centre du village. Aujourd’hui, on y accepte les passagers dans un but purement touristique même si les marchandises y sont toujours transportées.

Le trajet n’est pas très long mais ce n’est pas très stable, ça secoue pas mal et il faut bien penser à répartir le poids latéralement pour ne pas pencher dangereusement sur un seul côté. (Oui, c’est du vécu!) Finalement, nous sommes arrivés en bas sains et saufs mais ça peut être impressionnant pour les gens souffrant de vertige. Nous avons d’ailleurs des vidéos dans nos stories Instagram si vous voulez vous faire une idée.

Le trajet simple coûte 6000 pesos (1,30€ ou 1,20 CHF) par personne

C’est sur ces sensations fortes que nous achevons notre séjour à Jardín. Nous avons eu un véritable coup de cœur (encore un!) pour ce lieu! Encore plus qu’à Salento! Oui, c’est vrai, la météo nous a un peu plus gâtés cette fois, ça change sûrement un peu notre perception.

Nous aurions voulu, à la base, faire un petit tour du côté de Jericó mais les transports sont bof pour y aller et l’offre hôtelière est super chère. Nous y avons vu un signe et avons décidé d’y renoncer. En plus, nous nous sommes rendus compte que nous n’avancions pas trop dans notre périple. C’est super pour le slow travel, pour la rencontre avec les gens et pour l’équilibre entre le job et les découvertes. Mais la Colombie c’est énorme et il reste encore énormément de choses à découvrir. Nous devrons malheureusement en zapper quelques-unes si nous voulons atteindre d’autres régions avant notre date de retour.