Passer la frontière cambodgienne depuis la Thaïlande, ça se prépare car les douaniers ne sont pas réputés très intègres. Bien au contraire! Nous nous sommes donc préparés psychologiquement à ne lâcher aucun bakchich et à ne pas céder à la corruption. Nous avons tout prévu jusqu’au moindre détail :
- Nous avons fait le détour par Poipet plutôt que de rester sur le Golfe de Thaïlande car la frontière ne se trouve pas au milieu de nulle part. Nous pouvons donc la traverser à pied et nous n’avons pas à verser une commission à un chauffeur de bus que nous serions obligés de prendre.
- Nous avons préparé chacun trente dollars, le prix exact du visa, une photo ainsi que notre passeport.
- Sur le formulaire d’entrée, nous avons indiqué une adresse bidon à Poipet pour bien montrer que nous avons tout le temps et aucun bus à prendre.
- Nous avons prévu à boire et à manger au cas où il aurait fallu tenir un siège
- Nous étions gonflés à bloc prêts à tenir tête au premier douanier corrompu qui croiserait notre route, et aux suivants.
Tout ça… pour rien! Personne n’a essayé de nous soutirer le moindre dollar! Nous ne savons par contre pas pourquoi nous avons passé entre les gouttes car nous avons été les seuls à ne pas devoir filer un petit billet en plus. Comme nous étions les seuls Occidentaux, nous supposons qu’ils ont préféré arnaquer les touristes asiatiques, plus dociles. Surtout que Fab, avec son mètre quatre-vingt-six, fait office de géant en Asie et peut être très impressionnant quand il s’y met. Bref, en à peine dix minutes, nous avons obtenu notre visa et notre tampon d’entrée. Nous avons ensuite traversé une horrible zone franche remplie de casinos. Les jeux d’argent sont interdits autant en Thaïlande qu’au Cambodge, c’est pourquoi il y a ce mini Las Vegas dans cet endroit qui, officiellement , n’appartient à aucun des deux pays. Vu la facilité que nous avons eu pour passer la douane, nous avons eu tout le temps à Poipet pour comparer les compagnies de bus pour continuer notre route ainsi que de prendre notre premier repas cambodgien qui fut un vrai régal!
Nous ne sommes pas à notre premier voyage au Cambodge. Nous y avons fait un court séjour afin de visiter le site d’Angkor lors d’un voyage au Vietnam il y a presque trois ans. Nous ne retournerons pas visiter les temples, nous préférons nous consacrer au reste du pays mais c’est un lieu que nous vous recommandons chaudement, c’est vraiment splendide! Nous avions été assez mitigé sur le Cambodge à l’époque, surtout sur les Cambodgiens. Mais nous étions restés sur la zone méga touristique de Siem Reap où les rabatteurs sont vraiment insupportables. Nous allons donc donner une deuxième chance à ce pays et essayer d’en découvrir les trésors cachés.
Vu que la frontière est passée en un clin d’œil, que nous avons pu remplir nos estomacs et que nous avons trouvé des bus qui n’ont pas trop essayé de nous arnaquer, nous avons pu avancer d’une bonne centaine de kilomètres et déjà rejoindre une première étape : la ville de Battambang.
Battambang

Battambang est la deuxième ville du Cambodge. C’est difficile à croire tellement elle est d’une tranquillité toute provinciale. Pourtant, grâce à sa proximité avec la Thaïlande avec qui elle commerce ainsi qu’à ses cultures de riz, les plus importantes du pays, c’est une ville dynamique et économiquement autonome. C’est une ville bien agréable qui a gardé quelques beaux vestiges de l’époque coloniale française. La vie s’écoule tranquillement dans les petites ruelles bordées de cafés ou de boulangeries à la française.



Ville coloniale

La ville de Battambang a été fondée par les Khmers au XIe siècle déjà. Mais c’est sous le protectorat français (1863 – 1953) qu’elle a été développée. Nous pouvons observer les vestiges de cette époque dans le centre-ville de Battambang grâce à certaines maisons coloniales encore debout. Elles sont dans un état de conservation inégal et souvent dissimulées derrière des kilomètres de fils électriques tirés anarchiquement mais elles donnent au centre-ville un certain cachet. Il y a également des petits cafés, des bars à vin et des boulangeries qui viennent renforcer la french touch de Battambang.





Bouddha

Comme ses voisins, le Cambodge est majoritairement bouddhiste. La ferveur religieuse est très grande. Battambang, malgré sa taille modeste, possède de nombreux temples et statues dédiées à Bouddha. Nous ne nous y sommes pas trop attardés car nous n’avons pas enfilé de tenue ad hoc et qu’après la Thailande et la Birmanie, nous sommes un peu lassés de tous ces temples bouddhistes même si l’architecture khmère est spécifique, très belle, et ne ressemble pas aux deux autres pays cités plus hauts.





Sangker River

La rivière Sangker traverse la ville de Battambang avant de se jeter dans le Tonlé Sap qui lui, se jette dans le Mékong à Phnom Penh. Jusque là, rien d’extraordinaire même si le mot Mékong titille notre imaginaire. Ce qui est sympa, en revanche, ce sont ses deux rives entièrement dédiées aux piétons grâce à une grande promenade et des petits parcs interdits à tout véhicule à moteur. Déjà que le centre-ville est relativement calme et peu engorgé de trafic, l’impression de tranquillité est renforcée le long de ce cours d’eau. Nous qui sommes habitués aux grandes villes asiatiques anarchiques et au trafic infernal, nous sommes contents de pouvoir enfin marcher un peu sans craindre pour notre intégrité physique à chaque pas.





Nous ne nous attendions vraiment à rien mais nous avons adoré Battambang. Certes, c’est une petite ville tranquille et les vrais aventuriers auraient tendance à vite s’ennuyer ici. Mais nous, nous avons profité pendant quelques jours de la dolce vita, de la gentillesse des gens, des vraies pâtisseries (Enfin!) et de boire des pastis dans des jolis petits troquets so frenchy installés dans de superbes édifices coloniaux.
Cette première étape nous aura démontré qu’il ne faut pas rester sur une mauvaise impression et qu’effectivement, le Cambodge mérite une seconde chance. Espérons que la suite soit aussi prometteuse…
