Bilan de l’Uruguay

Voici un petit résumé de notre petite parenthèse, pas du tout prévue à la base, en Uruguay mais qui mérite tout de même un désormais traditionnel bilan.

En chiffres

Durée du séjour

Neuf jours. Ce n’est pas énorme mais ça n’aurait pas mérité beaucoup plus.

Distance parcourue

492 kilomètres de Colonia de SacramentoMontevideo – Fray Bentos (frontière avec l’Argentine) le tout en bus. Pour arriver à Colonia depuis Buenos Aires, nous avons traversé le Rio de la Plata en buquebus, le petit nom donné au ferry qui relie les deux villes.

Départements traversés

Cinq : Colonia, San José, Montevideo, Soriano et Rio Negro

Extrêmes d’altitude

23 mètres à Fray Bentos et 43 mètres à Montevideo. Ce n’est pas vraiment des altitudes auxquelles on peut s’y attendre quand on pense à l’Amérique du Sud mais même ce continent à ses Pays-Bas puisque le point culminant du pays ne s’élève qu’à 513 petits mètres d’altitude. Depuis les fenêtres des bus, nous avons d’ailleurs trouvé le paysage très plat et très monotone.

Extrêmes de températures

19 petits degrés sous le vent à Montevideo et 27 degrés lors d’une belle journée printanière à Colonia del Sacramento. De vraies températures de printemps!

Budget

15’500 pesos uruguayens soit 450€ ou 526 CHF ce qui fait une moyenne journalière de 50€ ou 58CHF. Nous sommes un poil au dessus de notre budget mais nous nous sommes offert des places de concert à Montevideo. Quoi qu’il en soit, l’Uruguay reste tout de même un pays relativement cher.

Coups de geule / coups de cœur

Voici maintenant la partie la plus intéressante du bilan. Comme d’habitude, nous commençons par les points négatifs afin de finir sur une note plus positive!

Les moins

Le coût de la vie

Il atteint bien le niveau européen pour certaines choses. C’est très compliqué à tenir un budget de backpacker. On appelle l’Uruguay la Suisse de l’Amérique du Sud. Nous pensions que c’était surtout pour son calme, sa démocratie et sa stabilité politique. Et ce sont des faits qui sont véridique. Mais ce petit surnom peut également faire référence au coût de la vie qui nous a fait pas mal galérer!

Les plus

La population locale

Les Uruguayens sont chaleureux, affables et super zens! D’ailleurs ils n’ont pas vraiment le tempérament latin tellement ils sont calmes mais ça n’enlève en rien leur gentillesse et leur sens de l’entraide.  Bien sûr, parler la langue du lieu aide beaucoup pour la communication avec les locaux même si leur accent, similaire à l’argentin, est parfois un peu déroutant. Nous avons vraiment été très touchés par la population locale vraiment extraordinaire.

La façon de parler espagnol

C’est très similaire à l’accent argentin avec les fameuses prononciations en « ch » très particulières, les « vos », les « b » qui se prennent pour des « v » et l’accent tonique un peu à l’italienne. On appelle d’ailleurs cette façon de parler très officiellement le « Rioplatense », du Rio de la Plata, l’énorme fleuve / bras de mer qui sépare l’Argentine de l’Uruguay. Ce n’est pas toujours évident à comprendre surtout pour une débutante comme Van mais c’est un vrai plaisir pour les oreilles!

La viande

Il paraît qu’en Uruguay il y a neuf millions de vaches pour seulement trois millions d’habitants, de quoi se nourrir de steaks quelques années! La viande est vraiment savoureuse et relativement bon marché vu le coût de la vie du lieu. Nous sommes bien conscients que de manger beaucoup de viande rouge fait exploser notre emprunte carbone et consomme énormément d’eau. Même si nous ne sommes pas (encore) végétariens, nous essayons quand même de baisser drastiquement notre consommation de produits animaux.

Le vin

 L’Uruguay n’a rien à envier à son grand voisin argentin en matière de vin. On y trouve surtout le Tannat, cépage originaire à la base du sud-ouest de la France mais cultivé aujourd’hui principalement en Amérique du sud. C’est un vin rouge bien tannique mais assez doux qui se marie à merveille avec les plats de viande rouge incontournables en Uruguay. En ce qui nous concerne, nous le préférons au Malbec argentin que nous trouvons un peu trop acide.

Le café

Le premier bon café depuis notre arrivée sur le continent. Il n’égalera jamais un bon espresso italien mais, comparé au café trop amer brésilien et celui carrément imbuvable de l’Argentine, il se laisse déguster facilement.

Bizarreries à l’Uruguayenne

Tout le monde s’appelle « mi amor »

Même quand on se fâche avec quelqu’un! Après tout, pourquoi pas, c’est toujours mieux qu’une insulte bien vulgaire. A noter que le « mi amor » espagnol est un peu moins profond que le « mon amour » français.

Les heures de repas, c’est sacré!

C’est très mal vu et même impossible de manger en dehors des heures de repas officielles. Le repas de midi se prend entre midi et 13 heures. A 13h10, personne ne va vous servir à manger, c’est trop tard! Il ne vous restera plus qu’à attendre sagement l’heure du prochain repas. Et dire que nous avons quitté la Suisse car nous la trouvions beaucoup trop rigide, elle a beaucoup à apprendre de l’Uruguay sur ce coup-là!

L’accessoire mode incontournable

C’est un thermos avec tout le matériel pour se préparer un maté, la boisson traditionnelle d’Argentine et d’Uruguay, qui s’apparente à une espèce de thé super amer. Certains ont tout leur attirail dans un panier prévu à cet effet tandis que d’autres se promènent fièrement le thermos sous le bras! Le maté est né en Argentine où il est très populaire mais c’est en Uruguay qu’on le met encore plus à l’honneur et où la tradition du partage de cette boisson emblématique est la plus forte.

Franchement, l’Uruguay fut une belle surprise! Et dire qu’à la base ce petit pays n’était pas du tout sur notre itinéraire et nous arrivions à peine à le situer sur une carte. Bien sûr, avec son style de vie à l’européenne, l’Uruguay n’est pas un pays très dépaysant mais nous avons eu du plaisir à en découvrir une petite partie et de partager un peu de quotidien avec ses habitants qui sont vraiment adorables.

Colonia del Sacramento et Montevideo. Petit détour par l’Uruguay

C’est un peu par hasard que nous avons atterri en Uruguay, ce n’était absolument pas sur notre itinéraire, ni prévu au programme. C’était d’ailleurs un pays dont nous avions à peine entendu parler auparavant! Vu que nous avons un peu d’avance sur notre timing avant notre rendez-vous à Puerto Madryn à la mi-décembre, nous avons trouvé un volontariat via la plateforme HelpX dans une chacra (le petit nom donné à la maison de campagne en Argentine et en Uruguay) pour nous passer un peu le temps. Mais voilà, l’expérience ne s’est pas du tout montrée concluante et s’est terminée bien plus tôt que prévu. Nous ne nous en sommes pas plus formalisés que ça et avons profité de notre temps libre pour découvrir un peu de ce petit pays un peu méconnu.

Colonia del Sacramento

Pour situer un peu, Colonia del Sacramento se trouve en face de Buenos Aires sur l’autre rive du Rio de la Plata, le fleuve le plus large du monde. Entre les deux rives, il y a plus de trente kilomètres! Cette particularité fait que nous ne voyons pas l’autre rive et nous fait croire que nous sommes en bord de mer, alors que ce n’est pas du tout le cas. Il y a même des plages de sable, certes pas paradisiaques mais elles renforcent le caractère maritime du lieu.

Le moyen le plus facile de se rendre à Colonia de Sacramento depuis l’Argentine, c’est de prendre le ferry, qu’ici on appelle joliment Buquebus, depuis Buenos Aires afin de traverser le Rio de la Plata. Mais attention, il vaut mieux prendre ses billets à l’avance sur internet car les billets sont soumis aux prix de marché. Nous avons fait l’erreur de débarquer au port la fleur au fusil et d’acheter nos billets à la dernière au comptoir! Ça nous a couté un rein! Une bonne soixantaine d’euros pour un petite heure et quart de traversée ça fait un peu mal, surtout que nous sommes censés tenir un budget de backpacker!

Le centre historique colonial mélange les influences portugaises et espagnoles. En effet ce sont les Portugais qui sont arrivés en premier pour y établir un comptoir et une forteresse militaire afin de protéger le Rio de la Plata. Mais les Espagnols avaient eux aussi ce territoire à l’œil et voulaient l’incorporer à leur déjà immense vice-royauté du Pérou qui à son apogée comprenait tout l’actuel territoire hispanophone d’Amérique du Sud. Le problème fut réglé pacifiquement en 1494 grâce au traité de Tordesillas qui partagea équitablement tous les territoires conquis entre les deux puissances coloniales.

Petit fun fact : l’original de ce fameux traité de Tordesillas se trouve dans notre belle Séville, dans le bâtiment de « Archivio de Indias » juste à côté de la cathédrale. Les visites y sont gratuites.

Aujourd’hui, l’ambiance du centre historique est restée toute méditerranéenne avec son climat subtropical, son espagnol chantant, ses petites ruelles et ses terrasses en bord de fleuve. La vielle-ville a été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Nous déplorons juste qu’elle n’ait pas été rendue aux piétons.

Colonia del Sacramento est vraiment bucolique est beaucoup plus calme que sa voisine de l’autre rive, Buenos Aires. Par contre, nous ne savons pas si le jeu vaut la chandelle de traverser à la journée depuis la capitale argentine. La traversée reste quand même assez chère et il y a déjà bien assez à faire à Buenos Aires.

Montevideo

Nous n’allions quand même pas rester en Uruguay sans visiter sa capitale Montevideo. Elle ne se trouve qu’à trois petites heures de route de Colonia de Sacramento. Par contre, c’est assez monotone, le paysage étant tout plat. Eh non, l’Amérique du Sud ce n’est pas que les hauts sommets des Andes!

Ce qui nous frappe en arrivant c’est le calme de la ville. C’est pourtant la plus grande ville du pays et son principal port. Nous n’avons pas l’impression d’être dans une capitale d’un million et demi d’habitants tant l’ambiance est zen. Le fait que la ville soit pas mal boisée renforce encore cette impression. Elle ferait partie des trente villes les plus sûres du monde! Nous ne savons pas si c’est vraiment vrai mais nous devons reconnaître que ça ne paraît pas craindre beaucoup par ici!

Les habitants aussi sont super accueillants, ils sont reconnaissables à leur panier qu’ils transportent afin d’avoir toujours sur eux le matériel nécessaire pour préparer un maté, une sorte de thé un peu amer et la boisson nationale d’Argentine et d’Uruguay.

Ce sont les Espagnols qui construisirent ce que nous voyons encore de la vieille ville aujourd’hui. Ils voulaient empêcher une éventuelle avancée des Portugais qui s’étaient déjà installés à Colonia del Sacramento. Après l’Indépendance, Montevideo devint la capitale de la toute jeune Uruguay et devint ainsi la capitale la plus méridionale du continent américain! Oui, Buenos Aires est un poil plus au nord!

Aujourd’hui, les ruelles suivent toujours le plan en damier cher aux conquistadors du XVIIe siècle. La douceur méditerranéenne, les céramiques, l’architecture baroque ainsi que la blancheur des façades nous rappelle un peu notre belle Andalousie. Le maté remplace juste notre tinto de verano mais nous devons avouer que cette boissons emblématique sud-américaine, n’a pas du tout trouvé grâce à nos yeux! Nous la trouvons beaucoup trop amère!

Petit bonus : Grâce à la situation de Montevideo sur l’embouchure du Rio de la Plata, nous avons eu droit à un magnifique coucher de soleil!

Nous avons longuement hésité à pousser jusqu’à Cabo Polonia, sur la côte est du pays mais nous avons fini par y renoncer! Il nous faut quand même penser à rentrer en Argentine et l’Uruguay reste un pays très cher. Nous avons un peu de peine à tenir le budget.

Nous sommes quand même contents d’avoir effectué ce petit détour uruguayen. Certes, ce n’est pas le coin le plus pittoresque du monde mais nous avons vraiment été touchés par la chaleur et la gentillesse des locaux. Nous avons été quand même frappé par le côté très européen. Nous nous attendions à quelque-chose d’un peu plus « exotique ». Mais la découverte de ce continent ne s’arrête pas ici et nous avons espoir de voir quelque-chose qui nous sort plus de notre zone de confort ces prochaines semaines ou ces prochains mois!