La cité impériale de Marrakech et les cascades d’Ouzoud

Nous avons une histoire un peu particulière avec Marrakech. La première fois que nous y avons été, c’était en 2017, juste avant notre tour du monde. Nous avions gagné des billets d’avion et le Maroc nous paraissait une destination adéquate pour une répétition générale et ça s’est avéré être le cas.

Cette fois, c’est un peu différent puisque nous y descendons en voisins depuis l’Espagne par voie terrestre et en traversant le détroit de Gibraltar en ferry puis en continuant en train. Le réseau ferré au Maroc est assez bon, surtout entre Tanger et Casablanca où il y a la ligne à grande vitesse super efficace. Lors de ce séjour marocain, nous avions un but de descendre aussi au sud puisque nous allions retrouver Stéphanie, la sœur à Van et son chéri Samuel. Nous profitons de cet article pour les remercier chaleureusement des moments partagés sur place.

La médina

La médina correspond à la vieille ville entourée des remparts qui, pour les plus anciens, datent du XIe siècle, à l’époque des Almoravides, une dynastie berbère qui se sont arabisés avec l’arrivée des Ommeyyades, un tribu de Damas qui a conquis le nord de l’Afrique et une partie de la péninsule ibérique. Elle est caractérisée par ses petites ruelles occupées par le souk et par ses façades caractéristiques de couleur ocre. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.

La première fois que nous sommes venus, nous avons trouvé le souk très étroit, super bordélique et congestionné par le trafic de scooters. Huit ans plus tard, nous l’avons trouvé très calme et plutôt aseptisé. Il y a des patios intérieurs, super jolis, qui ont été ouverts pour donner de l’espace à l’ensemble. Nous avons quand même posé la question aux locaux si ça avait vraiment changé ou si c’était notre mémoire qui nous jouait des tours. Bonne nouvelle! Nous ne sommes pas encore atteints d’Alzheimer! Le souk a bien été restauré et agrandi par la volonté du roi himself! Pour rappel, l’Atlas et la région de Marrakech ont été durement touchés par un grave tremblement de terre en 2023 qui a fait passablement de dégâts. Il a donc fallu restaurer le centre historique. En plus, le Maroc a accueilli la CAN (la coupe d’Afrique des Nations, c’est comme l’Euro de football, mais pour l’Afrique) en ce début 2026 et accueillera également une partie de la coupe du monde en 2030. Il fallait donc donner une image reluisante du pays!

Vous nous connaissez, nous ne sommes en général pas trop pour l’aseptisation des centres historiques et sommes plutôt partisans d’un certain bordel organisé mais, sur ce coup-là, il faut reconnaître que l’ouverture des patios donne un plus à la médina surtout, qu’en général, ils sont superbes.

La place Jemaa el-Fna

C’est la place la plus connue de Marrakech et même du Maroc! C’est aussi le coin le plus touristique de la ville! La journée, c’est juste une grande place pleine de vide entourée de restaurants pour occidentaux. La nuit, l’ambiance change un peu. C’est totalement monté de toutes pièces pour le tourisme mais ça reste un must de s’arrêter à un des stands de grillades pour déguster quelques merguez. Là aussi, ça a bien changé en huit ans. Au risque de passer pour de vieux aigris, c’était mieux avant! Oui, c’était le bordel, les stands étaient montés n’importe comment mais c’était ce qui faisait le charme. C’était déjà super touristique et il y avait déjà des rabatteurs mais il nous semble, qu’ils avaient plus le sens de l’humour et qu’on pouvait mieux discuter avec. Maintenant, les stands sont super alignés, numérotés et ils se ressemblent tous. Les rabatteurs sont passés à l’anglais et nous sortent tous exactement le même discours sans âme. Nous n’avons rien contre l’usage de l’anglais, bien au contraire, mais il y a une certaine connexion francophone très sympa avec les Marocains qui s’est complètement perdue sur la place Jemaa el-Fna.

La mosquée Koutoubia

Elle se situe juste en dehors de la médina mais son minaret est visible depuis une bonne partie de la ville, ce qui en fait un excellent point de repère. Elle a été construite au XIIe siècle par les Almohades, la dynastie qui a succédé aux Omeyyades dans la domination arabe du Maghreb et du sud de l’Europe. Depuis 2023, elle est interdite aux visites pour des raisons de sécurité. En effet, la pauvre a bien morflé lors du tremblement de terre et toute une partie de sa façade est complètement affaissée. Elle est, bien entendu, en cours de restauration mais les travaux sont loin d’être terminés. Elle sera sûrement super belle quand elle aura retrouvé toute sa splendeur.

Si vous trouvez que le minaret de la mosquée Koutoubia, culminant à 77 mètres, a de la gueule, c’est normal! Il a été construit sur le modèle de la Giralda. Oui, notre Giralda, à Séville! Nous posons cette info là juste pour flatter un peu notre fierté sévillane!

A gauche, le minaret de la mosquée Koutoubia à Marrakech, à droite, la Giralda, ancien minaret et actuel clocher de la cathédrale de Séville. La Girala a certes été « christianisée » mais le style architectural reste le même.

Le jardin Majorelle

Nous n’avions pas un super souvenir du jardin Majorelle, ça nous paraissait surfait et un peu petit mais nous voulions le faire découvrir à la sœur à Van et à son chéri. Contre toute attente, nous avons préféré la visite cette fois-ci. Nous avons eu l’impression que plus d’espace avait été ouvert au public. Par contre, à la place du no-man’s land qui jouxtait l’entrée du jardin, il y a toute une alignée de boutique de luxe à la marchandise douteuse et aux prix surfaits.

Le jardin se trouve a environ quatre kilomètres de la place Jamaa el-Fna au nord de la médina. Nous y sommes allés en taxi (prix fixe de 50 dirhams, soit 4,65€ ou 4,20 CHF) et sommes revenus à pied en traversant la vieille ville du nord au sud. Pour visiter le jardin, il faut absolument réserver son entrée sur internet au préalable, (www.jardinmajorelle.com) puis choisir une heure d’entrée et surtout, s’y tenir! L’entrée pour le jardin nous a coûté 170 dirhams (15,80€ ou 14,30 CHF) par personne.

Le jardin Majorelle est un jardin botanique qui comprend plus de trois cents espèces de plantes sur une superficie d’environ un hectare. Climat désertique oblige, ce sont surtout des cactus qui sont représentés. L’architecture est super belle, notamment les différents plans d’eau qui viennent apporter un peu d’humidité bienvenue au lieu. Marrakech ayant un air super sec et super pollué, ce jardin est une vraie oasis de paix et de verdure pour nos pauvres petites bronches.

Le jardin a été fondé en 1931, en plein protectorat français, par l’artiste Jacques Majorelle, d’où son nom. Dans les années 1980, il a appartenu au grand couturier Yves Saint-Laurent et à son ami Pierre Bergé. Aujourd’hui, il appartient à une fondation qui gère l’entretien et l’ouverture au public.

Le bleu Majorelle

Une des particularité du lieu c’est la couleur bleue qui orne les façades et les différents éléments décoratifs du jardin. Ça tombe bien, c’est notre couleur préférée! Mais ce n’est pas n’importe quelle bleu, c’est le bleu Majorelle inventée par Jacques Majorelle himself spécialement pour son jardin. En même temps c’était un peu son job d’inventer des couleurs puisqu’il était peintre. Mais il faut reconnaître que le résultat est très réussi. Si vous êtes amoureux de ce bleu et que vous avez enregistré vos bagages en soute pour votre retour, vous pouvez vous procurer des bidons de peinture de ce bleu à la boutique de souvenirs.

NB : les bidons sur la photo du milieu, en haut, contiennent la fameuse peinture bleu Majorelle et ils sont en vente dans la boutique de souvenirs du jardin.

Les cascades d’Ouzoud

Marrakech étant un peu étouffante, nous décidons d’en sortir un peu pour aller découvrir les alentours. En plus, la ville se trouve dans le désert et au pied de la chaîne de montagnes du Haut-Atlas, ce serait dommage de ne pas y aller faire un tour. Au niveau des tours, il y a l’embarras du choix dans la médina mais finalement tout le monde propose à peu près la même chose au même prix. Nous sommes passés par internet par Get Your Guide et avons chosi les cascades juste parce que ça paraissait joli.

Les cascades d’Ouzoud se trouve à environ 150 kilomètres au nord-est de Marrakech. Nous nous y rendons en minibus et traversons des paysages désertiques et montagneux. Mais la météo fait grise mine et le désert sans le ciel bleu et le soleil, ça fait un peu bizarre. En plus, on remarque beaucoup plus les dégâts du tremblement de terre qu’en ville et l’ambiance est un peu tristounette. Mais ça reste très joli quand même.

A l’arrivée, nous avons droit à une petite visite des ateliers de fabrication de l’huile d’argan et des traditionnels arrêts dans les boutiques de souvenirs et d’artisanat qui bordent le chemin mais nous n’avons pas trouvé les vendeurs trop insistants. Pour les cascades en elles-mêmes, la visite commence au sommet et il faut descendre à pied à flanc de falaise. Ce n’est pas dangereux mais ça reste un chemin de montagne, il faut quand même prévoir des bonnes chaussures.

Nous sommes accueillis par une colonie de macaques berbères qui, trop habitués à la fréquentation touristique, essaient de quémander de la nourriture. Il est évidemment interdit de les nourrir mais malheureusement tout le monde n’a pas les mêmes scrupules à laisser la faune sauvage en paix.

Avec leur 110 mètres de haut, les cascades d’Ouzoud sont les cascades les plus hautes du Maroc et, paraît-il, les deuxièmes plus hautes d’Afrique après les mythiques chutes Victoria, qui sont bien évidemment sur notre longue liste de lieux à découvrir! Le contraste entre l’eau, le vert de la végétation et le rouge de la roche est magnifique.

Quelques jours avant, nous avions débarqué à Marrakech sous une pluie battante! Nous vous laissons imaginer débarquer dans une ville du désert pas du tout adaptée aux précipitations sous la pluie! Déjà que Sevilla, ce n’est pas génial quand il pleut, imaginez un peu à Marrakech! C’était épique! Mais, une fois à Ouzoud, nous avons pu profiter d’un joli débit d’eau et finalement, ça a valu la peine de se faire mouiller un peu.

Le site d’Ouzoud est vraiment magnifique mais il est complètement dénaturé par l’industrie touristique et c’est vraiment dommage. Nous en avons vu des cascades à travers le monde et celles-ci sont celles qui sont le moins protégées de l’activité humaine. Malgré ce gros bémol, nous avons aimé notre excursion à Ouzoud.

Quant à Marrakech, ce n’est clairement pas notre ville préférée du Maroc. Nous étions évidemment au courant que c’est super touristique, mais nous avons vraiment trouvé exagéré pour pas grand chose finalement. Nous avons la même impression un peu « bof » qu’à Fès. Nous ne sommes définitivement pas fans des villes de l’intérieur. Ça doit être la culture du désert qui ne nous plaît pas trop car nous avons eu plusieurs coups de cœur pour tous les coins de la côte Atlantique.

Ce séjour à Marrakech a été super sympa car nous avons pu en profiter avec une partie de notre famille et ça c’est le plus important. A l’avenir, évidemment que nous retournerons au Maroc mais nous resterons plutôt dans les régions côtières que nous trouvons plus intéressantes, plus open et plus sympas.

Villavieja et le désert de Tatacoa

Nous vous avons laissés au milieu de montagnes à la végétation luxuriante et nous vous retrouvons maintenant dans le désert. Pourtant, nous avons parcouru à peine deux cents kilomètres et nous n’avons même pas changé de département!

Par contre, notre ressenti dans les transports à plutôt été de deux mille kilomètres! A San Agustín, il faut déjà rejoindre la petite ville de Pitalito qui se trouve plus bas dans la vallée, presque en plaine. Ça, c’est assez facile, il y a un système de taxi partagé qui part du centre-ville dès que le véhicule est plein. C’est le même principe que les grands taxis au Maroc, en beaucoup moins épique. Le trajet dure environ quarante-cinq minutes et le chauffeur a eu la gentillesse de nous poser au terminal des bus qui est un peu en dehors de la ville.

Depuis Pitalito, c’est un bus flambant neuf et super méga confortable qui nous attend. Mais malgré le confort, nous passons notre temps à monter et descendre des petites routes de montagnes saturées par le trafic à cause des nombreux travaux. Heureusement, le paysage est encore assez sympa (voir nos stories instagram). Après cinq heures de trajet à rythme d’escargot, nous voici enfin dans la ville de Neiva! Nous avons parcouru 187 kilomètres!

Comme nous en avons un peu marre d’être dans des bus, nous décidons de passer la nuit dans la ville de Neiva. Nous ne sommes pas sûrs que ce soit l’idée du siècle. La ville est super moche, polluée, bruyante et nous avons galéré pour trouver quelque-chose de correct à manger.

Le lendemain, nous sommes super motivés à quitter cet enfer et à terminer ce trajet. Il ne nous reste plus qu’une quarantaine de kilomètres mais ce ne sont pas les plus confortables. Nous sommes à l’arrière d’un pick-up qui roule à tombeau ouvert sur une route défoncée. Heureusement, nos compagnons de voyage sont vraiment super et nous passons le temps à discuter, ce qui nous fait un peu oublier notre oreille interne qui n’est vraiment pas contente et qui nous le fait savoir en nous rendant un peu nauséeux. Par chance, le trajet ne dure qu’une petite heure et nous arrivons assez vite à notre destination finale même si nous sommes poussiéreux et pas très frais.

Villavieja

Nous posons nos sacs à Villavieja. C’est un petit village dans la plaine au bord du Rio Magdalena et qui est un bon point de départ pour le désert de Tatacoa. Ce qui nous choque en arrivant, c’est le climat semi-aride du lieu. Après le temps très humide et plus frais de San Agustín, nous avons l’impression de débarquer à Séville en plein été! Malgré le fait que Villavieja vive principalement du tourisme et possède plein d’hôtels et de restaurants, nous trouvons que ce n’est encore pas trop surfait. Nous sommes même étonnés de la tranquillité qui y règne. Bien sûr, il y a les éternels rabatteurs qui veulent vous refourguer des tours pour un peu tout et n’importe quoi mais ils ne sont pas trop insistants.

Rio Magdalena

Villavieja se trouve au bord du Rio Magdalena. Oui, c’est le même fleuve que nous avons vu dans le canyon à San Agustín! On ne dirait pas! Là haut, ce n’était qu’un petit torrent de montagne tandis qu’ici, en plaine, il s’est bien élargi et à la carrure d’un gros fleuve tropical comme le Congo ou le Mékong!

A gauche : le Rio Magdalena creusant un magnifique canyon à San Agustín, à droite, le même fleuve à Villavieja. Moins de deux cents kilomètres séparent ces deux photos!

Nous nous sommes laissés tenter par une petite balade en bateau sur le Rio Magdalena. Ce n’est pas le tour du siècle mais c’est assez sympa, c’est un bon moyen de fuir la chaleur et il y a quand même quelques animaux à voir comme des aigles pêcheurs, des canards, des tortues, des grues ou encore des iguanes.

Il paraît qu’on peut nager dans le fleuve, qu’il n’est pas contaminé et qu’il n’y a pas de bébêtes dangereuses comme des crocodiles ou des piranhas. Nous avons tout de même décliné l’offre : l’eau n’est pas très claire, il nous semble que les courants soient forts et nous avons vu un canard gober un poisson plus gros que lui! Nous sommes restés bien sagement dans notre embarcation, c’est plus sûr!

Les tours se font sur une petite lancha pouvant accueillir une dizaine de personnes mais on n’attend pas forcément qu’elle soit remplie avant de partir. Nous étions juste trois! C’était parfait et ça nous a permis de sympathiser avec notre compagne de voyage. Il y a trois type de tours :

  • un quart d’heure pour deux kilomètres : 15’000 COP par personne soit 3,20€ ou 3 CHF
  • une demi-heure pour quatre kilomètres : 25’000 COP par personne soit 5,35€ ou 5 CHF
  • une heure pour sept kilomètres : 40’000 COP par personne soit 8,55 ou 8 CHF

Nous avons choisi la variante intermédiaire et nous avons trouvé ça bien suffisant. Les lanchas se trouvent sur le malécon juste après le méandre du Rio Magdalena.

Désert de la Tatacoa

Malgré le climat un peu plus sec, nous avons quand même un peu cru à l’arnaque en arrivant à Villavieja. Oui, il y a des cactus mais la végétation est encore bien présente et le Rio Magdalena reste bien tropical. Nous sommes plus dans une savane comme en Tanzanie qu’en plein désert comme au Sahara!

Le désert en lui-même se trouve à six kilomètres de Villavieja. Pour s’y rendre, il faut prendre un tuk-tuk, comme en Thaïlande, sauf qu’ici les prix sont affichés et on ne négocie pas! Il y a la possibilité de contracter plusieurs tours directement depuis le village. Nous avons choisi l’option de dormir une nuit dans le désert rouge pour être mieux immergés. Le trajet nous a coûté 25’000 pesos soit 5,20€ ou 4,90 CHF.

Nous avions lu qu’il est très spartiate de dormir dans le désert. Franchement, nous avons eu dormi dans des endroits bien plus spartiates en ville! Certes, il n’y a pas d’air conditionné, pas de wifi, la 4G fonctionne très mal voire pas du tout et il y a de l’électricité qu’entre dix-huit et vingt-deux heures! Mais il y a une douche et nous avons vraiment apprécié cette parenthèse de déconnexion totale.

Finalement, ce n’était pas une arnaque! Il y a bel et bien un désert dans le coin! En vrai, le lieu est classé comme une « forêt sèche tropicale ». C’est vrai qu’il y a plus de végétation que dans le Sahara ou même qu’à Tabernas! Il y a même une saison des pluies! C’est grâce à ces dernières et à l’érosion que se sont formés les magnifiques petits canyons que nous avons pu observer.

Los Hoyos

Le coin est plus communément appelé désert gris à cause de la couleur grise de sa roche. Il se situe à neuf kilomètres du désert rouge. Comme nous étions tôt le matin et que le temps était couvert, nous avons choisi l’option bicyclette! (30’000 pesos par personne la location pour la journée soit 6,25€ ou 5,90 CHF) Si c’était à refaire, nous prendrions l’option tuk-tuk! La route n’est pas terrible, les vélos ne sont pas en super bon état et le temps s’est découvert d’un coup nous laissant en plein cagnard! Nous étions pourtant équipés de casquettes, de lunettes, de crème solaire et d’une quantité suffisante d’eau et nous avons quand même souffert! Van a même fini par déclarer forfait laissant Fab aller jusqu’au bout tout seul en l’attendant sagement à l’ombre.

Il y a un petit sentier qui parcourt Los Hoyos. L’entrée coûte 2000 pesos (0,45€ ou 0,40 CHF) auxquels il faut rajouter encore 2000 pesos pour qu’on vous garde le vélo le temps de la visite. Le sentier est facile mais il faut quand même prévoir de bonnes chaussures, c’est de la rocaille. Avec leur couleur grise, les roches érodées par le temps et les pluies paraissent un peu fantasmagoriques. C’est assez sympa.

Le désert rouge

C’est quand même le clou du spectacle! Il n’est pas très grand mais il est super impressionnant avec sa roche rouge et tous ces canyons formés par l’érosion. Les plus hautes formations rocheuses atteignent vingt mètres de haut! C’est exactement comme ça que nous imaginons l’Arizona ou le nord du Mexique.

Laberinto del Cusco

Après notre trip à bicyclette, nous avons directement enchaîné avec cette « petite » marche car il était seize heures et il y avait une magnifique lumière qui se reflétait sur la roche rouge. En plus, comme le soleil est plus bas, certaines formations rocheuses nous ont fourni de l’ombre plus que bienvenue. Ce sentier porte très bien son nom, c’est un véritable labyrinthe au fond des canyons et c’est super impressionnant de voir toutes ces pyramides depuis en bas.

L’accès au sentier est gratuit et la marche commence un peu en amont des quelques hostals qui sont dans le désert rouge.

Selon l’application « All Trails », le labyrinthe est une petite balade modérée de 1,4 kilomètres qui devrait nous prendre environ vingt-trois minutes. Foutaises! Déjà, le sentier n’est pas très bien indiqué et, même en nous aidant avec Maps.Me (bien meilleur que Google Maps pour les sentiers), nous nous sommes perdus plusieurs fois. Ensuite, la marche prend bien plus que vingt-trois minutes! Certes, nous prenons notre temps pour faire des photos et observer tout ce qui nous entoure comme la faune locale mais à 17 heures 30, nous y étions toujours! Enfin, la nuit tombe très vite sous ces latitudes et voyant le ciel s’assombrir dangereusement, nous avons un peu commencé à flipper, surtout que nous avions toujours de la peine à retrouver notre chemin. En plus, il y avait deux vautours qui nous observaient attentivement. Nous sommes sûrs qu’ils attendaient que nous soyons définitivement perdus pour venir manger notre vieille carcasse! Finalement, nous avons retrouvé notre chemin et avons réussi à remonter juste avant la tombée de la nuit. Ouf! Et les vautours ont dû se trouver un autre casse-croûte!

Le petit tour

Il y a un deuxième sentier dans le désert rouge qui s’appelle « Petit Tour » tout simplement parce qu’il est plus petit que le labyrinthe mais il n’en est pas moins intéressant. Nous sommes partis de bonne heure mais le soleil tapait déjà fort et nous avons souffert de la chaleur. Pourtant, en tant que Sévillans, nous sommes habitués au climat extrême en été mais ce n’est pas la même chose de respecter les heures de sieste ou de boire un tinto de verano sur une terrasse bien ombragée que de randonner dans le désert!

Le clou du spectacle du petit tour est la partie qui surplombe les formations rocheuses du désert rouge. Le sentier n’est pas dangereux en soi mais il est parfois à pic et il n’y a pas de barrières de sécurité. Ça peut être très flippant pour les personnes souffrant de vertige. Nous avons juste été subjugués par la vue qui s’offre à nous!

L’observatoire astronomique

Nous avons profité d’être une nuit sur place pour nous rendre dans un observatoire astronomique. Il y en a trois dans le désert rouge mais, à notre hostal, on nous a conseillé Astrosur. N’ayant testé que celui-ci, nous n’avons pas de point de comparaison. La particularité du désert de Tatacoa, c’est qu’il se trouve à une latitude très basse (environ trois degrés au nord de la ligne équatoriale) et qu’il est possible d’y observer les constellations des deux hémisphères.

Dans « forêt sèche tropicale », il y a le mot « tropical ». Et qui dit tropical dit humidité et l’humidité, ça apporte des nuages! Et ceux-ci sont arrivés justement le soir où nous voulions observer les étoiles! C’est en journée que nous en avions le plus besoin! Bref, nous avons quand même tenté le coup et à l’observatoire on nous a averti que ça n’allait peut-être pas se dégager. Nous y sommes donc allés en connaissance de cause au moins pour écouter les explications de l’astronome qui étaient très intéressantes mais uniquement en espagnol. C’est bon à savoir si vous ne comprenez pas la langue de Cervantés. L’entrée coûte 10’000 COP par personne soit 2,10€ ou 1,95 CHF. Pensez juste à prendre une lampe de poche ou d’avoir l’application lampe sur votre smartphone pour vous y rendre car il n’y a pas d’éclairage et la nuit est très sombre!

Finalement, après une heure d’explications, le temps ne s’est pas dégagé mais nous avons eu quelques petits trous dans les nuages. Nous avons tout de même pu observer les Pléiades qui sont un amas de jeunes étoiles dans la constellation du Taureau, Argol, une étoile de la constellation de Persée que les Grecs assimilaient à Medusa, ainsi que la planète Saturne entourée de son anneau. Nous qui sommes incultes en la matière avons déjà été contents de ce que nous avons pu voir mais un vrai amateur d’astronomie serait sûrement resté sur sa faim. Mais bon, on ne choisit pas la météo.

Malgré la chaleur écrasante, nous avons trop kiffé notre séjour dans le désert de Tatacoa. Nous avons également bien aimé le village de Villavieja. Certes il n’a rien de pittoresque mais il est sympa, assez tranquille et nous y avons pris le temps de nous poser pour bosser mais aussi pour préparer nos excursions ainsi que la suite de notre voyage.

Bonne nouvelle!

Pour partir de Villavieja, il n’y a pas besoin de passer par l’infernale Neiva! Il suffit de traverser le Rio Magdalena! Pour ce faire, il faut emprunter le bac qui part à l’extrémité nord du malécon. Il n’accepte que les piétons et les motos. Quand nous sommes arrivés sur l’autre rive, à Aipe, nous avons compris pourquoi! Nous arrivons sur un sentier qui traverse la forêt et des pâturage avant d’atteindre la civilisation vingt minutes de marche plus tard. Il y a un service de mototaxi qui fait la navette entre le village et l’embarcadère mais avec nos sacs, nous avons préférer y aller à pied.

A Aipe, l’arrêt de bus est au bord de la grande route au croisement de la « Calle 5 ». Il y a des bancs à l’ombre sous les arbres, un petit kiosque et même des toilettes. Il faut juste prévoir le coup et acheter ses billets de bus sur internet à l’avance. Nous avons passé par le site RedBus et tout a fonctionné à merveille. Nous voici donc partis pour de nouvelles aventures!

Oasis de Huacachina et Réserve de Paracas : Beautés désertiques

Descendre plus de 3000 mètres depuis Cuzco ne fut pas une sinécure tant les virages de la route nous ont fait passer une nuit épouvantable dans notre bus toutefois doté d’un très bon confort. Et pourtant, nous ne sommes pas les plus à plaindre : d’autres passagers ont été bien plus malades que nous! Nous avons été bercés par les bruits de vomi d’autres voyageurs qui ont bien morflé, les pauvres. Mais le lever de soleil sur les montagnes du désert de Nazca valait le coup d’œil et les petits désagréments du voyage surtout que, généralement, nous ne sommes jamais réveillés à des heures aussi indues! Par contre, devoir enjamber les sacs à vomi transparents pour sortir du bus ce n’est pas très appétissant comme début de journée.

Huacachina

Nous débarquons à Ica, qui avec ses motos taxi klaxonnant sans répit et sa chaleur écrasante nous rappelle un peu Bangkok. Mais la comparaison s’arrête là! La ville n’a rien d’intéressant à part quelques bars sympas où déguster un bon pisco sour, un cocktail à base d’eau de vie de vin et de citron vert qui vient de la ville de Pisco, pas très loin d’Ica.

Si nous nous sommes arrêtés à Ica, ce n’est pas pour abuser des cocktails locaux aussi bons soient-ils mais pour aller à l’oasis de Huacachina située à quelques kilomètres du centre-ville. Pour y aller, il suffit de négocier un tuk-tuk qui vous y emmènera pour quelques soles. Ce petit lac au milieu des dunes du désert de Nazca est la deuxième oasis du continent américain après San Pedro de Atacama dans le désert du même nom au Chili. Fabien s’y est même essayé au sandboard, c’est comme du snowboard mais sur le sable. Le coin pourrait être idyllique s’il n’y avait pas des dizaines de quads super polluants en train d’arpenter les dunes transportant des touristes américains en mal de sensations fortes.

L’eau du lac aurait des propriétés thermales mais nous étions tellement cassés de notre trajet en bus que nous n’avons pas pensé à prendre les maillots de bain avec nous pour faire trempette. Nous nous sommes contentés de chiller sur le sable en contemplant la ceinture de végétation qui survit grâce à la pointe d’humidité qui provient du lac.

Paracas

Notre but étant de rejoindre l’océan Pacifique, nous continuons notre route jusqu’à Paracas, petite station balnéaire très touristique dans le désert de Nazca, connue pour sa réserve du même nom. En plus du tourisme, Paracas vit de la pêche et d’une petite activité portuaire. Malgré le côté touristique, nous avons trouvé Paracas encore assez agréable! A moins que ce soit le bonheur d’avoir retrouvé la mer qui a faussé notre jugement!

Réserve de Paracas

Nous délaissons les îles Ballestas, visiblement trop touristiques vu le nombre impressionnant de bateaux remplis de touristes qui y vont chaque matin, pour nous rendre dans la réserve de Paracas en elle-même. Pour bien profiter du paysage et par souci d’écologie, nous décidons de louer des vélos. Il y a plein de petites échoppes de location dans la ville et c’est vraiment bon marché. De mémoire, deux vélos pour une journée nous ont coûté environ cinq euros. Utiliser lesdits vélos s’avère un peu plus ardu : le terrain est mal plat,  l’air du désert est vraiment très sec, il y a un vent à décorner des bœufs, de face bien sûr, et, évidemment, il n’y a pas un seul coin d’ombre. Nous avons de la peine. Van surtout! Fab, lui, inverse les rôles par rapport aux Andes et prend un peu sa revanche sur le mal des montagnes. Heureusement, en récompense de nos efforts, les paysages sont vraiment à couper le souffle!

La réserve est située dans un des coins les plus désertiques du Pérou! Pas étonnant que nous peinons un peu avec nos vélos! Elle a été créée dans le but de protéger les espèces marines ainsi que les oiseaux qui peuplent le coin. Grâce à ses courants, dont le fameux méchant de Humboldt qui nous apporte du froid, l’eau est riche en plancton est attire une faune marine très diversifiée.

Les courants du Pacifique n’apportent pas qu’une faune magnifique, ils façonnent le continent formant de magnifiques falaises se jetant dans l’océan. Grâce à la géologie très variée de la région (volcans, déserts, etc), chaque plage possède du sable de couleur différente dont une vraiment rouge qu’on dirait presque du sang!

Bonus

Comme à chaque fois que nous nous trouvons sur la côte Pacifique, donc à l’ouest sur ce continent, nous profitons des magnifiques couchers de soleil! Celui de Paracas ne vaut pas le superbe sunset que nous avons vu à Arica mais se poser sur la playa après une longue journée de vélo avec un pisco sour à la main en observant les couleurs du crépuscule, ça vaut quand même son pesant de cacahuètes!

Cette petite étape nous aura fait nous rendre compte combien la côte péruvienne est désertique et le climat super sec! Nous connaissions, bien entendu, l’existence du désert de Nazca. Nous ne nous rendions juste pas compte de son immensité et nous ne pensions pas qu’il bordait également l’océan Pacifique. Ce sont juste nos pauvres petites bronches qui ont un peu de mal à s’adapter. Fab, qui adore les déserts, est aux anges! Van, elle, préfère les forêts mais elle doit bien reconnaître que le paysage de dunes et de roches façonnées par l’érosion est à couper le souffle!

Même si le Pérou est plus connu côté montagne avec ses sites dans les Andes que pour sa côte Pacifique, cette dernière n’en est pas moins impressionnante. C’est également une très bonne solution de repli quand il pleut trop dans les Andes. C’est d’ailleurs le problème de ce pays, les climats sont tellement différents qu’on tombe à coup sûr sur une mauvaise saison quelque part! Mais nous sommes assez fatalistes à ce sujet et nous nous adaptons assez facilement, quitte à, parfois, devoir faire des choix et renoncer à certaines choses, pour mieux en découvrir d’autres!

Le fait d’être arrivé sur la côte nous a également mis sur la Panaméricaine, la fameuse route qui traverse toute l’Amérique de la Patagonie à l’Alaska. Nous allons la suivre un petit bout en direction du nord afin de poursuivre nos aventures.