Voyage et écologie. Où en sommes-nous ?

C’est un sujet qui nous tient vraiment à cœur dans notre voyage car nous avons été témoin, plus souvent qu’à notre tour, de l’impact désastreux que l’être humain (nous y compris) a sur notre pauvre petite planète.

Notre pause forcée en Malaisie due aux circonstances actuelles nous a fait encore plus réfléchir à notre emprunte carbone dans ce voyage et dans notre vie en général. Nous avons conscience d’avoir été très mauvais écologiquement même si depuis plusieurs mois, nous essayons d’inverser la tendance. Sachant que le tourisme produit près de 8% des gaz à effet de serre, il est temps de se remettre en question.

Nous allons commencer par faire notre mea culpa, de reprendre les points où nous avons été très mauvais et de trouver des solutions pour être plus éco-responsables.

L’avion

C’est sûrement le point sur lequel nous avons été le plus mauvais. Nous avons souvent cédé à la facilité que procure ce moyen de transport et à son faible coût, surtout en Asie. Nous avons également été victimes de nos erreurs d’appréciation comme au Moyen-Orien où ils ne délivrent pas de visa iranien aux non-résidents et où il nous a fallu quitter Oman en avion ou au Vietnam où laisser nos amis à Hô Chi Minh Ville pour rejoindre juste après les parents de Fab à Hanoi, à 1700 kilomètres plus au nord, n’était pas l’idée du siècle. Bref, nous ne sommes vraiment pas fiers de nous sur ce coup là.

Mais nous essayons de nous améliorer. Nous avons parcouru l’Amérique du Sud, du Brésil à l’Equateur via la Patagonie argentine uniquement par voie terrestre ainsi que de la Malaisie au Vietnam via la Thaïlande, la Birmanie et le Cambodge. Nous sommes conscients que nous pouvons faire beaucoup mieux.

Notre but est bien sûr de ne plus prendre l’avion. Nous sommes même prêts à subir notre mal de mer carabiné pour cela! Mais voilà, l’épidémie de Covid 19 est arrivée avec ses fermetures des frontières et, si nous n’arrivons pas à prolonger notre visa malaisien en juin, il nous faudra changer d’horizon et quitter le pays, sûrement par voie aérienne. A moins qu’un pays voisin ouvre ses frontières d’ici là…

Le véhicule individuel, le tuk-tuk ou Grab

En général, nous privilégions les transports en commun. Mais quand ceux-ci font défaut, il faut bien trouver des solutions alternatives. Si les distances ne dépassent pas quelques kilomètres, nous nous y rendons à pied. Même si ça ne nous est pas arrivé souvent, nous avons parfois eu recours à la location de voiture (Argentine, Floride, Oman) ou de scooter (Thaïlande, Birmanie, Mexique) car nous n’avions pas d’autre option. En Malaisie et en Indonésie Grab est très pratique où il n’y a pas de transports publics mais ça reste un trajet en voiture. Bref, là aussi nous pouvons mieux faire.

Le logement

Le budget ne nous permet pas de faire la fine bouche au niveau du logement et nous ne sommes pas dans les coulisses pour voir comment se passe la gestion des déchets ou la consommation d’électricité. Et comme nous utilisons le wifi, nous sommes encore une fois très mauvais écologiquement. La seule chose que nous utilisons très parcimonieusement, mais pas seulement pour des raisons écologiques, c’est l’air conditionné.

L’huile de palme

C’est un véritable fléau en Malaisie et en Indonésie et les plantations de palmiers à huile sont responsables d’une déforestation de masse dans la région et de la disparition de l’habitat de l’orang-outan. Le problème c’est qu’il y en a partout! Même si nous ne consommons pas de pâte à tartiner et de biscuits industriels, nous n’échappons pas à l’huile de palme qu’on trouve dans pratiquement tous les plats.

Point positif : cuisiner nous-même pendant le confinement nous a permis d’éviter cette m**** d’huile de palme.

Point positif bis : Aussi paradoxal que ça puisse paraître, la Malaisie commence, tout gentiment, à lancer des campagnes anti huile de palme.

Evidemment, notre emprunte carbone s’alourdit avec des choses dont nous avons à peine conscience. Par exemple, nous ne savons pas comment sont fabriqués nos habits ni d’ou provient la nourriture qu’on nous sert dans les petites gargotes. A 2€ le plat, ça ne vient sûrement pas de l’agriculture bio éco-responsable du coin.

Si vous nous avez lu jusqu’ici, vous avez remarqué que notre bilan carbone n’est pas joli-joli… Rassurez-vous, nous en sommes conscients! C’est pourquoi nous essayons, par quelques petites mesures, d’améliorer les choses à notre niveau.

Le slow travel

C’est facile pour nous qui avons du temps et que maintenant nous avons freiné nos ardeurs du début de voyage. Ce n’est pas applicable si vous avez juste deux semaines de vacances. Nous avons remarqué avec la visite des parents de Fab qui voulaient découvrir le Vietnam en trois semaines que nous avons émis plus de CO2 à ce moment-là que pendant les six mois précédents. Le fait de se poser quelques jours à un endroit et d’utiliser des transports publics, lents et terrestres peut réduire considérablement l’emprunte carbone. Ce n’est pas le seul avantage : le slow travel est propice aux belles rencontres. Evidemment, avec le lockdown, nous sommes en arrêt depuis deux mois et jusqu’au 9 juin au minimum, nous baissons encore nos émissions de CO2

La marche

Tout ce que nous pouvons effectuer à pied, nous le faisons. Ça nous permet parfois de ne pas utiliser un trajet en grab ou en tuk-tuk. En plus, c’est bon pour la santé! Bien sûr, dans le respect de la nature! Nous ne sortons pas des sentiers dans les parcs nationaux et nous efforçons de ne laisser aucune trace de notre passage si ce n’est quelques litres de transpiration.

Fab serait bien partant pour un trip à vélo, ce qui serait une bonne alternative écologique au voyage.

Le plastique, ce n’est pas fantastique

Le plastique est sûrement l’ennemi contre lequel nous nous battons le plus assidûment. C’est aussi l’impact qui est le plus visible pour l’environnement puisque nous en voyons traîner à peu près partout. Nous sommes équipés de gourdes, de boites et de petits sac à dos pour faire nos courses ou prendre de la nourriture à emporter dans les stands de rue. Par contre, nous sommes souvent confrontés à une incompréhension totale. Nous devons parfois insister et hausser le ton pour refuser un contenant en plastique.

Point positif : la Thaïlande compte interdire tout plastique à usage unique sur son territoire et la décision a fait mouche dans l’esprit des Thaïs. Avant, quand nous refusions un sachet en plastique, nous nous heurtions à l’incompréhension des gens, maintenant, on nous remercie chaleureusement. Preuve que les mentalités changent.

Réduire drastiquement notre consommation de viande et de poisson

On ne devient pas végétarien du jour au lendemain mais l’idée fait gentiment son chemin sachant comment se passe la surpêche, l’élevage intensif ainsi que la déforestation et la consommation d’eau que cela engendre. Notre premier déclic se passa en Inde. Les Hindous considèrent les animaux comme sacrés et ne les mangent pas. Nous avons donc passé cinq semaines à nous régaler de nourriture végétarienne et nous avons très bien survécu. Il est vrai que la cuisine indienne est particulièrement savoureuse et que l’absence de viande ne saute pas aux yeux. Mais ça nous a permis de remettre en question notre mode de consommation. Au Vietnam, nous avons découvert des petits restaurants végans à petit prix où nous nous sommes régalés. A présent que nous sommes confinés, nous cuisinons des plats végétariens qui nous font découvrir de nouvelles recettes. Nous ne ressentons pas de manque et nous portons à merveille! Par contre, nous ne voulons pas tomber dans l’extrême. Nous sommes parfois invités à partager des repas avec des locaux ayant le cœur sur la main, nous n’allons pas refuser notre assiette sous prétexte qu’il y a de la viande, question de respect.

Notre trousse de toilette

Elle a encore besoin d’être optimisée mais elle s’est déjà bien améliorée. Déjà, en mode backpack, nous (Van surtout!) utilisons beaucoup moins de cosmétiques qu’avant. Nous préférons le savon solide au gel douche et ça prend beaucoup moins de place. Un oeuf et des huiles essentielles remplacent aisément un shampoing. C’est sans paraben, nos cheveux nous disent merci et les lavages sont moins fréquents, donc moins de consommation d’eau. Un vrai cercle vertueux. La citronnelle fait un très bon anti-moustique et, comme la nature fait très bien les choses, notre corps s’est habitué au climat tropical et les piqûres se font de plus en plus rares. La seule chose dont nous ne pouvons faire l’impasse avec nos peaux de caucasiens, c’est la crème solaire. Même les crèmes éco-friendly sont vendues dans des bouteilles en plastique. Mais nous n’en mettons pas avant de nous baigner pour ne pas abîmer les coraux et nous essayons de nous protéger avec un t-shirt et une casquette.

Montrer l’exemple

En Asie, pour une raison qui nous échappe, l’homme blanc occidental est considéré comme un demi-dieu qu’il faut imiter. Autant mettre cette idolâtrie à profit. Et parfois, ça marche. A Cherating, nous avons été ramasser les déchets sur la plage avec l’association Trash Hero dont nous portions le t-shirt jaune bien voyant pour nous faire reconnaître. Nous avons été étonnés par le nombre de félicitations et de remerciements que nous avons reçus de la part des locaux dont certains qui sont venus nous rejoindre par la suite. Nous essayons également d’expliquer aux locaux nos petites mesures écologiques comme refuser un sachet en plastique sans pour autant les juger où vouloir à tout prix les rallier à notre cause.

Point positif : depuis que nous avons découvert Trash Hero l’année passée à Cherating, une dizaine d’antennes régionales se sont créées en Malaisie.

Restons positifs!

Nous savons parfaitement que notre planète est dans un sale état et que nous courrons à la catastrophe avec le réchauffement climatique mais plutôt que de nous plaindre, nous préférons relever les mesures prises à différents niveau pour protéger l’environnement.

  • L’électricité des îles Galapagos provient exclusivement d’énergies renouvelables
  • Le metromover de Miami, sorte de petit métro aérien, totalement gratuit afin d’encourager les gens à ne pas engorger le centre-ville de voitures.
  • La régénération du corail dans le nord de Bali
  • Les dimanches sans voitures à Jakarta
  • Kochi en Inde, la ville la plus écolo (à part Singapour) que nous avons visitée (énergie solaire, tri des déchets, campagnes de sensibilisation, etc)
  • L’absence de trafic et des transports publics au top à Singapour
  • La plage de Maya Bay en Thaïlande fermée aux touristes pour laisser la faune marine en paix.
  • Un quart du territoire du Cambodge est classé parc national
  • La gestion des parcs nationaux en Malaisie
  • Toutes les forêts du Brunei classées réserves naturelles et l’absence de plantation de palmiers à huile

Ce sont des petites mesures que nous prenons à notre échelle selon notre conscience et nos valeurs et ça n’engage que nous. Nous ne voulons juger personne et n’avons pas le but de convertir l’humanité à notre cause. Nous prônons la liberté individuelle, la tolérance et le respect. A nous d’en faire part également. Nous pourrions éventuellement être intéressés à nous engager dans un organisme écologique si c’est compatible avec notre addiction au voyage.

Nous sommes conscients de ne pas être parfaits et que nous avons encore du boulot pour nous améliorer. D’ailleurs, si vous avez d’autres idées ou des astuces à nous proposer à ce sujet, faites-le nous savoir, ça nous intéresse!

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