Puçol et ses réserves naturelles

Lors de notre étude très sérieuse de la carte de la Communauté Valencienne, nous sommes tombés sur plusieurs étendues vertes tout près de chez nous. Evidemment, il n’en a pas fallu plus pour éveiller notre curiosité et nous avons, de ce pas, chaussé nos baskets pour aller voir de quoi il en retournait exactement.

Puçol

La plage à Puçol

Puçol, c’est notre voisine du sud, à un arrêt de Cercanias de la gare de Sagunto. Si l’orthographe du nom vous interpelle avec le « ç », c’est parce-que ce n’est pas de l’espagnol mais du valencien. C’est comme du catalan mais avec plein de « x »! Certains petits villages, notamment dans l’arrière pays côtier, pratiquent encore beaucoup le valencien même si dans les grandes villes, sur le littoral et près de la frontière aragonaise, c’est le castillan qui prime. Puçol n’a pas vraiment d’intérêt mais c’est un point de départ intéressant pour nos balades dans la nature environnante.

La Huerta

plantation d’oranges

Puçol, comme les villages alentours, fait partie de ce qu’on appelle la Huerta. C’est une grande plaine côtière très fertile et un des greniers de l’Espagne. On y cultive du riz (le fameux riz pour la paella vient d’ici!), des citrons, des figues, des grenades, des olives, etc… et surtout des oranges. Une bonne partie des récoltes part pour l’exportation via le port de Valence.

Marjal del Moro

C’est une réserve naturelle de zone humide méditerranéenne, grande de 300 hectares, située entre Puçol et Puerto de Sagunto. Elle est composée essentiellement de marais et de lagunes d’eau douce. A la base, cette zone couvrait toute la surface littorale entre Valence et Sagunto mais une bonne partie de ce territoire a été utilisée pour la culture du riz, pour l’horrible zone industrielle de Puerto de Sagunto et pour l’urbanisation. L’Espagne est connue pour être vraiment un très mauvais élève dans l’aménagement et la protection de ses côtes. Mais concentrons-nous sur ce qui reste, car ça vaut vraiment le coup d’œil! Le site est fameux pour être un sanctuaire d’oiseaux, migrateurs ou non. Et c’est vrai, des oiseaux, nous en avons aperçu des centaines! Mais trop loin et pas assez statiques pour notre zoom malheureusement. Parmi ceux que nous avons pu reconnaître, il y avait des hérons, des cigognes, des grues, des hirondelles, des flamands roses et, en bord de mer, des mouettes. Il paraîtrait qu’au printemps, il y a foule, tous les oiseaux migrateurs s’y donnent rendez-vous. Si la Covid nous coince encore en Europe, il faudra que nous aillons vérifier! L’environnement et la végétation valent également le détour. Le climat méditerranéen étant plutôt sec, il n’est pas très habituel de croiser des étangs bordés de roseaux.

Une partie du sentier longe une plage avec de superbes galets où seuls quelques naturistes viennent s’y aventurer. Mais la mer est un des dangers que court la réserve naturelle. Avec le réchauffement climatique et la montée des eaux, l’eau salée risque d’inonder les lagunes d’eau douce et y abîmer cet écosystème si spécifique.

Grau Vell

donjon de Grau Vell datant du XVe siècle

Notre promenade se termine dans la minuscule localité de Grau Vell caché derrière la zone industrielle de Puerto de Sagunto dont c’était le port au Moyen-Age. (Grau signifie d’ailleurs vieux port en valencien) De cette époque, ne subsiste que le donjon qui date du XVe siècle. Aujourd’hui, c’est un petit village endormi dont l’ambiance nous rappelle l’Afrique du Nord. De là, il nous reste une petite heure de marche pour rentrer mais le paysage est beaucoup moins idyllique.

Réserve du Mont Picayo

Le mont Picayo surplombant la Huerta à Puçol

Le Marjal del Morro était magnifique et incontournable mais un peu trop plat à notre goût, surtout que les premiers reliefs de la Sierra Calderona sont bien visibles depuis Puçol. Il nous faut juste patienter car les températures du mois d’août (près de 40 degrés!) sont vraiment trop élevées pour des grimpettes de ce genre. Mais septembre a fini par arriver entraînant avec lui une petite baisse des températures (28-30 degrés environ). Pour nous, c’était idéal, mais si vous souffrez du chaud, attendez encore un mois de plus avant d’entamer la montée car il n’y a que très peu d’ombre fournie par quelques pins parasols.

Le GR10

Un GR est un chemin de grande randonnée, exactement comme en France. Le GR10 espagnol part justement de Puçol et parcourt la péninsule ibérique sur près de 1600 km pour terminer à Lisbonne, au Portugal. Nous l’empruntons seulement sur son premier kilomètres afin de nous rendre au Mont Picayo.

Notre première idée était de rejoindre la Reserva Costera mais ça nous paraissait un peu court. Nous étions vraiment motivé a une grimpette un peu plus compliquée. Mais nous gardons le lieu sur notre longue liste à idée pour une balade ultérieure.

Montée au mont Picayo

Nous abandonnons le GR10 pour entamer la montée à proprement parler. Le chemin est bien pierreux et le soleil cogne malgré l’heure matinale mais nous sommes bien équipés, avons de bonnes réserves d’eau et surtout, nous sommes motivés d’en venir à bout de cette petite montagne. Nous traversons une réserve naturelle, celle du Mont Picayo, où diverses espèces d’oiseaux viennent nous honorer de leur présence dans ce magnifique sanctuaire où peu d’humains ont le courage de venir s’y aventurer.

Le sommet

Comme chaque sommet en pays catholique qui se respecte, celui du Mont Picayo est doté d’une croix chrétienne qui domine toute la Huerta à ses pieds à une altitude honorable de… 373 mètres! (Oui, c’est l’altitude de Genève!) Mais ne vous y trompez pas! L’altitude peut sembler ridicule, surtout pour ceux qui vivent dans les Alpes, mais le sentier d’accès n’a rien à envier aux chemins de haute montagne de nos régions. Nous on s’en fiche de l’altitude! Nous avons effectué une jolie randonnée et trouvé un coin idyllique sur les rochers que nous élirons sûrement « Place de pique-nique de l’année »!

La vue
Vue sur la Huerta Norte et la mer Méditerranée depuis le sommet du Mont Picayo

Comme vous devez sûrement vous en douter, la vue depuis le sommet est vraiment à couper le souffle. Elle s’étend sur la Huerta Norte et la mer Méditerranée à l’est, jusqu’à Almenara au nord et le port de Valence au sud. A l’ouest, ce sont les magnifiques reliefs de la Sierra de Calderona et la vallée de la Palancia qui s’offrent à nous.

Le GR10, encore lui!

Comme nous n’aimons pas vraiment prendre le même chemin au retour qu’à aller, nous empruntons le versant ouest du Mont Picayo pour rejoindre, encore une fois, une petite portion du GR10. Nous aurions pu continuer et emprunter le col de Borregos, mais nous n’étions pas sûrs de nos réserves d’eau et nous avions déjà pas mal de kilomètres efforts dans les jambes.

Pico de Aguila

Nous préférons donc contourner le Pico del Aguila qui nous domine durant presque toute la marche de retour en plaine du haut des 466 mètres d’altitude. La descente se fait plus douce mais le paysage reste enchanteur. La roche rouge, le climat semi-aride et les montagnes escarpées, façonnées par l’érosion ne sont pas sans nous rappeler les paysage du sud-ouest américain. Nous vous disions déjà dans notre précédent article que la Communauté Valencienne était un peu l’Arizona espagnol, ça se confirme encore une fois ici!

Gilet

Gilet est le but de notre descente depuis le Mont Picayo. Comme son nom ne l’indique pas, on n’y fabrique ni des gilets, ni des rasoirs. (oui, le jeu de mots est pourri mais après une randonnée pareille, on a le droit à des blagues douteuses! Non?) Le village est encore moins intéressant que Puçol, c’est plutôt le Beverly Hills local avec ses villas huppées possédant chacune une grande piscine. Ici, nous sommes dans le commencement de la vallée de la Palancia, la fameuse qui relie Valence à l’Aragon.

Nous rentrons en train jusqu’à Sagunto, bien fatigués mais heureux de notre journée avec plein d’idées supplémentaires à rajouter sur notre liste, déjà très longue!

Vue du château de Sagunto depuis la gare de Gilet

Si le beau temps reste au rendez-vous, nous aurons de quoi user nos baskets ces prochaines semaines, ce n’est pas les sentiers qui manquent! Nous avons également un petit projet pour changer de région quelques jours et découvrir d’autres trésors hispaniques. Bref, plein de petites aventures en perspectives que nous ne manquerons pas de partager avec vous!

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