Ronda et ses ponts

Ce ne sont pas les villages blancs qui manquent en Andalousie mais il y en un qui ressort souvent, c’est celui de Ronda. Comme il est bien desservi par les transports publics, nous décidons d’aller vérifier s’il mérite vraiment sa réputation.

Arco de San Felipe et Puente Viejo
Quelques petits conseils pour visiter Ronda
  • Venez si possible en transports publics. Ronda est très bien desservie par les bus, un peu moins par le train mais tout à fait faisable depuis Algeciras ou Malaga. En voiture, c’est la galère! Il n’y a pas de véritable parking digne de ce nom et circuler dans les ruelles de la ville est un véritable cauchemar.
  • Munissez-vous de bonnes chaussures. Ceci est valable pour toutes les villes d’Andalousie mais plus particulièrement pour Ronda. C’est très mal plat et les ruelles sont pavées de cailloux super mignons mais peu agréables pour la plante des pieds. Enfin, les sentiers pour aller admirer le Puente Nuevo depuis en bas sont en terre battue, raides et un peu glissants.
  • Essayer d’y dormir au moins une nuit. Il y a toute une gamme de logements pour tous les budgets et ça vous permettra de profiter de la ville hors des heures de grande fréquentation touristiques dues aux visites à la journée depuis la Costa del Sol.
  • Sortez de la vieille ville juste de quelques mètres pour vous restaurer. Les bistrots sont moins pittoresques mais les tapas sont à tomber et les prix beaucoup plus raisonnables. Nous avons d’ailleurs l’adresse d’une œnothèque vraiment sympa avec des vins du terroir et de super petits plats. N’hésitez pas à nous contacter, nous vous donnerons le contact avec plaisir.
Petite douceur marocaine pour rappeler l’histoire musulmane de Ronda

Une situation géographique particulière

Les gorges du Rio Guadalevin

Ronda est située sur les versants est des montagnes de la Sierra de Grazalema, une petite chaîne de montagnes appartenant aux cordillères bétiques, qui sépare les provinces de Cadiz et de Malaga. La ville est située sur une énorme faille appelée Tajo de Ronda. C’est un canyon impressionnant d’une centaine de mètres de profondeur au fond duquel s’écoule le Rio Guadalevin. Une partie des maisons de Ronda se trouvent au bord de cette faille et il faut avouer que c’est assez impressionnant. Les falaises sont quasi à la verticales et seuls quelques cactus ou quelques figuiers osent s’y accrocher. D’ailleurs, il est fort dommage qu’il soit impossible de vous transmettre les odeurs car un figuier réchauffé par le soleil sent super bon, à condition d’aimer les figues bien sûr!

Autre fun fact géographique, Ronda se situe aux antipodes exactes de la ville d’Auckland en Nouvelle-Zélande.

Une cité fortifiée

Puerta de Almocabar

Ce sont les Romains qui, les premiers, construisirent des fortifications après avoir chassé les Carthaginois du lieu. Les murailles qui nous restent aujourd’hui ont été édifiée par les Arabes entre le Xe et le XIe siècles et ont été modifiée par la suite notamment par le roi Charles V. Malgré une longue histoire musulmane, il n’y a pas beaucoup d’autres monuments que les remparts qui nous rappellent cette époque à Ronda.

Barrio San Francisco

San Francisco est le centre historique qui se trouve à l’intérieur des remparts. Il correspond à l’ancienne médina de l’époque musulmane. Ronda appartient à la province de Malaga pourtant beaucoup de choses ici nous rappellent Granada comme les ruelles mal plates pavées de cailloux inconfortables, les maisons blanchies à la chaux ainsi que les vendeurs de thé à la menthe marocain et de pâtisseries orientales. Ce qui est logique vu que la ville appartenait au royaume de Grenade, la dernière partie arabe de la péninsule ibérique ayant résisté à la Reconquista jusqu’à la fin du XVe siècle. Sachant cela, nous nous attendions à découvrir plus d’architecture mudéjare dans le quartier. A part les remparts, un minaret et quelques détails sur quelques bâtiments religieux, il ne reste plus grand chose de cette époque faste. Ceci s’explique sûrement par l’effondrement économique que connut Ronda après la Reconquista et l’intolérance religieuse qui en découla (les musulmans et les juifs durent fuir la ville ou se convertir au catholicisme) fit que beaucoup d’édifices rappelant la religion musulmane furent détruits. La ville ne connut un regain économique qu’au XVIIIe siècle et les maisons andalouses qui bordent les ruelles datent de cette époque.

Malgré cette histoire pas très jolie, le quartier de San Francisco est vraiment pittoresque et ça reste un régal pour les yeux de déambuler à travers ses petites ruelles.

El Mercadillo

Iglesia de la Merced

Le Mercadillo est le quartier qui se situe sur l’autre rive du Rio Guadalevin par rapport à la ville fortifiée du quartier de San Francisco. C’est la « ville nouvelle » construite au XVIIIe siècle (même si certains bâtiments sont plus anciens) lors du regain économique de la ville dû notamment à l’agriculture et aux richesses rapportées des colonies. Les rues sont plus droites et plus larges que dans la médina mais les maisons andalouses et les différents palais ou édifices religieux sont tout aussi pittoresques.

Plaza del Socorro

Cette magnifique place du Socorro bordée par l’église du même nom est le coeur névralgique du Mercadillo. Les bâtiments sont plutôt modernistes et datent du début du XXe siècle, après la guerre d’Indépendance contre les Français. La statue en son centre avec les deux lions et les couleurs vertes et blanches est tout simplement l’emblème de l’Andalousie.

El Puente Nuevo

Voici le clou du spectacle de Ronda! On l’appelle Puente Nuevo (pont neuf) par rapport aux autres ponts plus anciens qui traversent le Rio Guadalevin. Cette prouesse architecturale complètement ouf date du XVIIIe siècle (1793) et fut pendant plus d’un siècle, avec ses 98 mètres de haut, le pont le plus haut du monde! Il permet de relier les anciens quartiers de San Francisco avec la ville nouvelle en traversant le Tajo de Ronda. En son centre, on peut apercevoir une petite fenêtre. C’était une prison construite là parce-que, à cette hauteur, c’était très compliqué, voire impossible pour un prisonnier de s’échapper. Aujourd’hui, c’est un petit centre d’interprétation de l’histoire du pont.

Le plus fou est d’emprunter le sentier qui descend dans la gorge afin d’admirer le pont depuis dessous et d’en mesurer l’impressionnante prouesse architecturale, surtout pour l’époque. Attention, la descente n’est pas une sinécure : ce n’est pas un trail de haute montagne mais c’est quand même raide un peu glissant et surtout, il y a des hordes de touristes dont certains ont apparemment oublié de prendre les règles élémentaires de politesse dans leurs valises. Evidemment, nous ne faisons pas une généralité et avec beaucoup d’entre eux, ça se passe merveilleusement bien mais il y en a d’autres qui n’hésitent pas à pousser ou à courir juste pour un selfie et avec le vide, les cailloux et les branches d’arbres, ça peut vite provoquer quelques petites catastrophes.

Mais nous avons réussi à faire abstraction de ces petits désagrément pour profiter de la vue exceptionnelle sur le pont et sur la gorge et il faut avouer que nous avons été très impressionnés.

Au pied du pont, le Rio Guadalevin forme une petite cascade et, même si ce n’est pas Iguazu, c’est super joli.

Jardines de Cuenca

C’est plus une promenade qu’un véritable jardin même si on y trouve quelques palmiers ainsi que des rosiers. La particularité du lieu est d’être suspendu à flanc de falaise sur les gorges du Guadalevin. Si vous êtes sujets au vertige, abstenez vous de faire la balade, c’est vraiment au dessus du vide et très impressionnant! Malheureusement, ces jardins ont une réputation un peu macabre. Il y a, chaque année, des dizaines personnes qui s’y jettent dans le vide afin de mettre fin à leurs jours. Le nom Cuenca vient sûrement de la ville du même nom, en Castille-la-Manche, car elle possède également des maisons suspendues à flanc de falaises. Encore une idée à rajouter à notre interminable liste!

Puente Viejo

On l’appelle Puente Viejo (vieux pont) par analogie au Puente Nuevo (pont neuf). Il se situe au pied des jardins de Cuenca. Il a été construit par les arabes comme chemin d’accès à la médina mais certains éléments laissent à penser qu’il y avait déjà un pont romain bien avant. Il est certes moins pittoresque que son homologue plus récent et bien plus impressionnant mais il a l’avantage d’être beaucoup moins fréquenté!

L’autre clou du spectacle

L’avantage d’avoir une ville construite sur des falaises c’est qu’il y a plein de miradors pour observer la vue. Bien entendu, plus on s’éloigne du Puente Nuevo moins ils sont fréquentés! Malheureusement, l’Andalousie a vraiment souffert de la sècheresse cet été et ça se voit mais le paysage sur la Sierra de Grazalema reste époustouflant!

Vu d’en bas

Vu que nous avons pris la peine de descendre les jardins de Cuenca, autant en profiter pour faire une petite balade dans les champs d’oliviers! Plus andalou, tu meurs! Et nous avons bien fait! La vue de Ronda depuis le pied des remparts est tout aussi pittoresque que tout ce que nous avons vu jusqu’à présent dans cette ville incroyable!

Nous avons eu un véritable coup de coeur pour Ronda et c’est une chose à laquelle nous ne nous attendions pas du tout! Nous savions le grand potentiel touristique de la ville et pensions que ce serait infernal et que ça gâcherait une partie du plaisir. A part vers le Puente Nuevo, ce n’est pas le cas. Il y a beaucoup de cars remplis de touristes venant de la Costa del Sol qui s’arrêtent juste le temps de prendre une photo du pont et basta. Le reste de la ville a certes son lot de visiteurs étrangers mais n’est pas complètement étouffé par le tourisme de masse et a réussi à garder son âme typiquement andalouse et nous avons été particulièrement conquis par ce dernier point… et par les vins locaux aussi!

Tarifa

Il y a deux raisons principales pour lesquelles nous voulions nous rendre à Tarifa. La première est sa situation géographique particulière et vous commencez à le savoir que nous sommes férus de géographie. La deuxième, c’est son nom. Tarifa avec ses sonorités arabisantes nous évoque l’âge d’or du royaume d’Al-Andalus et promet une petite incursion dans l’Histoire. Mais est-ce que Tarifa tient-elle vraiment ses promesses? C’est ce que nous allons voir plus bas.

Tarifa côté Méditerranée

L’arrivée à Tarifa déçoit un peu. Sur la route principale s’alignent des dizaines de magasins de sports dédiés principalement au surf et à ses dérivés. C’est vrai qu’avec la situation privilégiée de la ville sur le détroit qui reçoit les courants de la Méditerranée et de l’Océan Atlantique, ça promet de belles vagues. Mais il ne faut pas s’arrêter sur le côté très station balnéaire de Tarifa car la localité a quelques autres choses à offrir comme le château de Guzman el Bueno, une forteresse almohade du Xe siècle qui ceinture encore aujourd’hui une partie de la vieille ville.

Centre de Tarifa

Tarifa n’est de loin pas la ville la plus pittoresque d’Andalousie mais les ruelles du centre historique possèdent quand même un certain charme! Par de sa position stratégique sur le détroit de Gibraltar, elle a attiré les convoitises de nombreux royaume même si son histoire reste très similaire aux autres régions du sud de la péninsule ibérique, c’est à dire les Ibères, les Romains / Carthaginois, les Wisigoths, les Arabes puis la Reconquista en 1292. Avec la prise de Gibraltar par les Anglais en 1704, Tarifa devint un poste stratégique pour l’armée et la marine espagnoles. Aujourd’hui, la ville est devenue très touristique mais comme elle attire une majorité de surfeurs et autres sportifs de la mer, l’ambiance est très chill et reste somme toute très bon enfant.

Plazuela del Viento

Cette jolie petite esplanade a été construite par les Arabes avec la forteresse mais les maisons typiques blanchies à la chaux qui la bordent datent d’après la Reconquista (XVIIe siècle environ) et, avec les bancs en azulejos, nous rappellent que nous sommes bien en Andalousie et qu’il faut encore traverser le détroit pour arriver enfin sur le continent africain.

Mais le clou du spectacle reste la vue côté mer, où par beau temps on peut nettement apercevoir les côtes marocaines de l’autre côté du détroit. Mais être aussi près de l’Afrique (14 petits kilomètres seulement) et du désert du Sahara nous soumet à un régime de calima (Ah les bons souvenirs de Tenerife!) et nous brouille un peu la vue. Nous avons quand même essayé de prendre quelques photos mais ce n’est pas très concluant. Nous devrons donc nous sacrifier pour traverser le détroit afin d’aller voir tout ça de plus près. C’est d’ailleurs dans nos projets mais pour un peu plus tard, nous n’en avons pas fini avec l’Andalousie qui est devenue ces derniers mois notre véritable terre de cœur.

La Pointe de Tarifa
Admirez cette couleur de flotte!

Comme nous l’avons mentionné en début d’article, notre principal intérêt pour Tarifa est son emplacement géographique et c’est plus particulièrement cette pointe qui nous intéresse! En réalité c’est une petite île, reliée au continent par un isthme, où se trouvent un fort et un phare mais ils ne sont pas accessibles au grand public. Par contre, il est possible de se promener sur la chaussée d’accès et c’est assez fou car à droite viennent se fracasser les vagues de l’Océan Atlantique tandis qu’à gauche on trouve les eaux plus calmes de la mer Méditerranée. Tarifa est baignée par deux mers bien distinctes! Déjà ça, ce n’est pas rien! Et ce n’est pas tout! L’extrémité du cap est le point le plus méridional de l’Europe continentale*! En tant que grand passionnés de cartes et de points géographiques particuliers nous ne pouvions décemment pas laisser passer ça!!

*Par Europe continentale nous entendons la partie « continent » européen sans les îles. Sinon le point le plus méridional se trouve à Gavdos, une petite île grecque située à 40 kilomètres au sud de la Crète. Tandis que pour l’Union Européenne, le sud extrême se trouve à la Restinga, sur El Hierro, dans les Canaries, toujours en Espagne donc. Avec tous ces points, notre liste à idées n’est pas prête de cesser de se rallonger!

Côté terre, la pointe de Tarifa est surplombée par le château de Santa Catalina sur la colline du même nom. Nous ne pouvons pas y accéder à cause de travaux et c’est bien dommage car c’est un beau témoignage de l’histoire de la Guerre Civile Espagnole. L’édifice a été construit comme bâtiment défensif en 1933 avant d’être bombardé par les Républicains en 1936. Il fut reconstruit dans les années 1940 en pleine Seconde Guerre Mondiale et a été affublé des fameux bunkers qu’on peut encore trouver un peu partout en Espagne. Bon, pour ces derniers, nous les avons juste aperçu entre les palissades de chantier, mais ils sont bien là!

La Playa

Pour la playa, c’est du côté Atlantique que ça se passe. Il y en a bien une du côté Méditerranée pour ceux qui n’aiment pas les courants mais c’est vraiment tout mini. Elle se nomme d’ailleurs « Playa Chica », la petite plage. Le côté mer est plutôt réservé aux départs de ferries pour Tanger et au port de pêche, le détroit regorgeant de poissons.

Donc la « vraie » plage borde l’océan et il faut avouer qu’elle en jette! Ce sont presque 8 kilomètres de sable fin, un peu malmené par le vent c’est vrai, qui s’étendent le long d’une eau turquoise presque digne de la Mer Rouge! Et pour ne rien gâcher, le paysage de montagnes surplombant la playa est juste magnifique. Le tout fait partie de la réserve naturelle du détroit de Gibraltar qui abrite quelques espèces de faune et de flore endémiques. En plus, il paraît que plus on se dirige vers l’ouest, plus les plages sont belles! Promis, nous ne manquerons pas d’aller vérifier tout ça de plus près!

Par contre, avec les forts courants du détroit, rester sur le sable peut être désagréable et même dangereux, l’air y est constamment rafraîchi et on ne sent pas forcément les forts rayons du soleil sur la peau. Pour la baignade, ce n’est pas beaucoup mieux, c’est beaucoup plus adapté pour le wind-surf ou d’autres sports avec une planche de surf. En plus, l’eau est glacée, et c’est Fab le même pas frileux qui le dit!

Si vous êtes dans le coin, il peut valoir la peine de s’arrêter une petite journée à Tarifa. Si vous êtes des adeptes de coins pittoresques, préférez plutôt la route des villages blancs. Par contre, si vous êtes des fans de surf, planche à voile, kite-surf, etc.. Foncez! Le coin y est idéal pour la pratique de ces sports et l’ambiance de la station balnéaire est vraiment sympa!

Gibraltar : british style sur Méditerranée

Nous avons beaucoup été du côté de l’Atlantique ces derniers temps pour des raisons purement pratiques puisque l’océan ne se situe qu’à 12 petits kilomètres de notre lieu d’habitation à Jerez. Cette fois, nous nous rendons un petit plus à l’est, du côté méditerranéen de la force.

Algeciras

La Plaza Alta, seul coin un peu joli d’Algeciras

Algeciras ne se situe qu’à une petite centaine de kilomètres au sud-est de Jerez mais les deux villes sont mal reliées entre elles par les transports publics. Nous avons d’ailleurs fait le trajet en BlaBlaCar. A propos de la ville d’Algeciras, circulez, il n’y a rien à voir! C’est super moche mais c’est une bonne base pour se déplacer ailleurs dans la baie. C’est le plus grand port d’Espagne et le quatrième d’Europe grâce à sa position stratégique sur le détroit de Gibraltar. Malgré le manque total d’intérêt touristique dans la ville, nous avons adoré le coin, surtout pour l’ambiance marquée par les voyages à travers le détroit. Nous ne sommes plus vraiment en Espagne, pas encore tout à fait au Maroc mais dans un espèce de melting pot où les habitants côtoient les gens de passage qui voyagent en ferry entre les deux continents. Ces différentes cultures, langues et histoires dotent Algeciras d’une âme unique que nous affectionnons tout particulièrement.

Gibraltar

Pour accéder à Gibraltar, il faut passer par la petite ville frontière de la Linea de la Concepcion. Il y a des bus toutes les 30 minutes depuis Algeciras qui nous déposent à la station de bus à proximité de la douane. Si vous êtes en voiture, garez-là également du côté espagnol, la ville de Gibraltar n’est pas du tout adaptée aux voitures et les parkings y sont rares. Si vous voulez tout de même y faire le plein d’essence, il y a un rond-point juste après la station service qui vous permettra de retourner à la Linea pour vous garer.

La ville de la Linea de la Concepcion est aussi inintéressante que sa voisine Algeciras sauf pour sa plage qui vaut vraiment le détour et qui offre une superbe vue sur le rocher de Gibraltar.

Gibraltar appartenant au Royaume-Uni, il faut donc traverser une frontière depuis l’Espagne. Rassurez-vous, depuis le Brexit, le passage en douane s’est bien adouci.

Euh Van et Fab là je crois que le vin de Jerez a bien dû vous monter à la tête car un des but du Brexit est justement de NE PAS adoucir le passage à la frontière!

Eh bien, pour Gibraltar le Brexit a justement eu l’effet inverse, après d’âpres négociations entre Londres et Madrid of course! En effet, Gibraltar aurait perdu l’accès au marché commun de l’UE duquel il dépend énormément vu sa situation géographique. En plus, plus de 15’000 frontaliers passent la frontière chaque jour pour travailler à Gibraltar, plus quelques touristes comme nous, des automobilistes profitant du bas prix de l’essence ainsi que de fins gastronomes voulant profiter de l’exquise cuisine anglaise. Nan, pour le dernier point on déconne!

Un accord a finalement été conclu entre l’Espagne et le Royaume-Uni permettant la libre circulation des personnes et des marchandises entre les deux entités. Du coup, le passage d’un pays à l’autre n’est qu’une simple formalité. Imaginez le bordel à la douane sans cet accord! Oui c’est vrai, ça arrive parfois lorsque les douaniers espagnols font preuve d’excès de zèle à cause des revendications territoriales de leur gouvernement. On nous contrôle quand même nos passeports mais c’est surtout pour s’assurer que nous avons le « bon faciès » et le bon passeport. C’est horrible de dire ça comme ça mais c’est la cruelle vérité!

Une fois passé la douane, il reste une petite formalité à accomplir. Traverser la piste de l’aéroport… à pied! Bon ce n’est pas un gros hub avec plein de trafic non plus, il y a juste quelques vols quotidiens pour Londres et des barrières qui bloquent le passage en cas de décollage ou d’atterrissage d’un avion. Quand on a un territoire grand comme un mouchoir de poche, il faut optimiser l’espace et c’est plutôt bien foutu, à condition d’avoir des pilotes chevronnés car entre le rocher, la baie et la mer Méditerranée, ce ne doit pas être la piste la plus facile à appréhender!

Evidemment, entre la douane et les installations aéroportuaires, nous n’avons pas été autorisés à prendre des photos…

L’entrée de la vieille ville
En fait, pourquoi Gibraltar est-il britannique?

A la base, l’histoire de Gibraltar ne diffère pas de celle de l’Andalousie. C’est à dire qu’elle a été sous domination musulmane avant la Reconquista espagnole. Mais, en 1704, pendant la guerre de succession d’Espagne, les Britanniques s’emparèrent de ce petit territoire. Le traité d’Utrecht qui signa la fin de la guerre en 1713 reconnut officiellement le Rocher comme propriété du Royaume-Uni. Bien évidemment, les Espagnols ont essayé à plusieurs reprises, et essaient toujours de reconquérir le territoire, sans succès. Les habitants, quant à eux, ont toujours souhaité rester britanniques. C’est assez logique : nous avons remarqué que les gens sont autant espagnols que le pudding.

Mais le Brexit pourrait changer la donne…. Gibraltar a souhaité, à une grande majorité, rester dans l’UE et n’exclut pas totalement une sortie du Royaume-Uni. De là à dire que la couronne espagnole va récupérer le rocher… Affaire à suivre…

Pour l’instant l’Union Jack flotte encore fièrement à Gibraltar

Manque de bol, nous avons complètement zappé que le jour de notre virée à Gibraltar coïncidait avec les funérailles de la Reine Elisabeth II. Du coup, nous avons trouvé porte close à peu près partout sauf dans quelques pubs et, sur la place centrale, un écran géant avec retransmission de la messe d’enterrement en direct depuis Westminster. Décidément, nous avons le don des mauvais timings! Ce n’est pas la première fois que ce genre de mésaventure nous arrive.

C’est également pour cette raison que nous avons renoncé à la montée en télécabine sur le rocher. (Et aussi pour les 18 £ soit 20,50€ ou 19,85 CHF) En effet, c’étaitt une des seules choses ouvertes en ville en ce jour de deuil national et c’était blindé de monde. En plus la météo était mitigée : couverture nuageuse le matin et calima l’après-midi, la vue n’aurait de toute façon pas été optimale.

Le centre-ville
Avez-vous reconnu le repère pour passage piétons sooo british?

La ville de Gibraltar se trouve au pied de son rocher sur la côte ouest, côté baie, donc à l’abri du vent qui peut parfois souffler violemment depuis le détroit. Pas de doute, nous sommes bien au Royaume-Uni avec ses pubs, son architecture victorienne et ses restos de « fish and chips ». Mais les parois abruptes du rocher, les constructions à flanc de coteau, le mini territoire, l’humidité de l’air et la végétation subtropicale nous rappellent Hong Kong qui était, rappelons-le, également une colonie anglaise jusqu’en 1997.

Et s’ils nous reste quelques doutes sur le fait que nous soyons bien au Royaume-Uni, nous avons des preuves ci-dessous! Bon d’accord le « Look left » (regardez à gauche) est un peu louche. Mais c’est parce-qu’à Gibraltar on roule à droite, comme dans le reste de l’Europe continentale.

Alameda Botanical Gardens

S’il y a bien quelque-chose qu’il faut laisser aux Britanniques, ce sont les jardins botaniques! Bon celui de Gibraltar n’est pas le plus pittoresque mais il a fallu composer avec le relief très mal plat du territoire. Et puis, après avoir vu celui de Kuala Lumpur et surtout celui de Singapour (tous deux fondés par les Anglais), il y a de quoi être blasé. Le climat étant très humide à cause des montagnes de la baie bloquant les nuages et également très doux, le jardin se dote d’une très belle végétation subtropicale (plus de 1900 espèces de plantes!) qui nous manque parfois. Nous retrouvons également les fameux dragons des Canaries. A Tenerife, on nous a bassiné avec ces dragons sur le fait qu’on en trouverait jamais ailleurs. Nous n’en avons jamais autant vus depuis que nous sommes en Andalousie!

Catalan Bay

Comme nous n’avons pas grimpé sur le rocher, nous l’avons contourné. Vu d’en bas, c’est un immense monolithe de calcaire haut de 426 mètres. Bien qu’il paraisse isolé, il fait partie des cordillères bétiques, trois chaînes de montagnes qui traversent la péninsule ibérique du sud-est au sud-ouest, en gros d’Alicante à Cadiz. Au sommet, on y trouve des grottes, les restes d’un fort et… des macaques! C’est la seule colonie de singes sauvages en Europe et une légende raconte que tant qu’ils y resteront, le rocher restera britannique.

Au pied de l’autre versant du rocher, se trouve Catalan Bay, surnommée affectueusement « la Caleta ». C’est le côté balnéaire de Gibraltar avec ses petites maisons colorées et sa petite plage plus adaptée à la pratique du surf qu’à la baignade. Malheureusement, ce côté idyllique ne va pas durer. Une marina et des buildings très moches sont déjà en cours de construction, alors qu’il y en a déjà côté baie, laissant les habitants légitimement très en colère!

Si vous avez de très bons yeux, vous pourrez deviner sur la première photo, une partie des côtes africaines. Ce ne sera pas facile car nous n’avons pas un zoom assez performant pour bien les faire ressortir et l’air est un peu flou à cause de la calima. Même nous qui les avons vues « en vrai » et qui savons où regarder, nous avons du mal à les retrouver sur la photo.

C’était sympa d’avoir fait une journée à Gibraltar et d’avoir, pour un temps, changé de pays. Mais nous ne sommes pas des fans du Royaume-Uni en général. Nos précédents séjour chez la Perfide Albion ne nous ont pas du tout enchantés et ce petit bout de territoire n’aura pas changé la donne. Nous n’avons même pas trouvé la douceur méditerranéenne à laquelle nous nous attendions un peu. Nous nous sommes bien marrés avec tous ces clichés « so british » mais ça s’arrête là. Nous ne sommes pas du tout à l’aise avec la froideur des gens et leur air très guindé. Et ils n’ont même pas une gastronomie digne de ce nom pour compenser un peu!

Vous ne verrez donc pas de sitôt d’autres articles sur le Royaume-Uni, à moins que nous ayons l’opportunité une fois de nous prélasser sur le sable fin des plages des Iles Vierges. C’est permis de rêver, non?

Les villages blancs de Cadiz

Un séjour en Andalousie ne serait pas complet sans un petit tour dans ses « pueblos blancos » ou villages blancs en français. On en trouve dans toute la région andalouse mais ils sont plus nombreux dans les provinces de Cadiz et de Malaga. On les appelle villages blancs à cause des façades peintes en blanc immaculé des maisons. Pourtant, à l’origine, l’histoire de ces villages pittoresques n’est pas très cool. Du XVIe au XIXe siècle, la région est frappée par diverses épidémies comme la peste, la fièvre jaune ou encore le typhus. Sympa, n’est-ce pas? On imposa donc de couvrir les murs avec de la chaux vive de couleur blanche à laquelle on prêtait des vertus antiseptiques et antibactériennes. D’après nos recherches sur le net, la chaux aurait effectivement ces vertus! La tradition de peindre les maisons en blanc est restée jusqu’à aujourd’hui et c’est devenu une des (nombreuses!) cartes de visite de l’Andalousie.

façade blanche typique d’une maison andalouse
Petits conseils avant de partir à l’assaut des villages blancs

L’Andalousie c’est immense! Elle a la superficie d’un pays comme le Portugal. Pour nos compatriotes, sa superficie fait plus du double de la Suisse! Les distances sont énormes donc ne partez pas trop à l’arrache! Si vous en avez la possibilité, louez une voiture, ce sera beaucoup plus pratique et, en général, le trajet entre les villages est tout aussi pittoresque.

En général, ces villages sont construits sur des collines ou des promontoires rocheux. C’est mal plat et en plus, les ruelles sont pavées avec des cailloux! Chaussez-vous avec des bonnes baskets sinon vos petits pieds vont souffrir!

Les façades blanches sont superbes mais elles reflètent le soleil déjà torride en été. Attendez-vous à avoir vraiment chaud! Chaque village possède au moins une terrasse à l’ombre où prendre une boisson fraiche, ce n’est pas un problème, mais pensez-y avant de littéralement mourir de chaud. En plus, si vous baragouinez quelques mots d’espagnol, vous y serez reçus comme des papes! Et n’oubliez pas, si les Andalous respectent scrupuleusement l’heure de la sieste, ce n’est pas par fainéantise mais bien pour se protéger de la chaleur pendant les heures les plus critiques de la journée. Si vous avez la possibilité, privilégiez le printemps ou l’automne pour une visite dans le coin. Ou faites la sieste l’après-midi!

Paysage typique du sud de l’Andalousie même si ça ressemble à la Toscane!

Arcos de la Frontera

Arcos et son lac

Arcos est le village blanc le plus accessible depuis Jerez ou Cadiz et un des plus grands, pourtant, ce n’est pas le plus connu. Il est affublé du suffixe « de la frontera » car, à l’époque de la Reconquista, il était sur la frontière entre le royaume chrétien et le royaume musulman.

Il est construit sur un promontoire rocheux dominant les collines environnantes ainsi que le lac d’Arcos, qui en vérité est un lac de retenue du Rio Guadalete. Il se mérite car il n’est accessible qu’au prix d’une grimpette à pieds, la station de bus et le parking se situant au bas du village. Mais les ruelles sont tellement belles qu’on en oublie l’effort à fournir pour arriver au sommet!

Au sommet du promontoire rocheux, se trouve la place centrale d’Arcos avec son château qui est, comme partout dans la région, un ancien alcazar musulman. On y trouve également la mairie ainsi que la basilique de Santa Maria de la Asuncion, superbe édifice du XVe siècle, mi-gothique, mi-Renaissance espagnole qui domine tout le village.

Benvenuti in Toscana!

Oui, on est bien en Andalousie!

Non, nous ne sautons pas du coq à l’âne ou, dans ce cas précis, de l’Andalousie à la Toscane mais avec ses petites collines arrondies et ses champs de tournesols, il faut avouer que la vue depuis le promontoire d’Arcos ressemble à s’y méprendre à la belle région italienne! Espagne ou Italie, peu importe finalement, le paysage est magnifique et nous en prenons plein les yeux!

Medina Sidonia

Vue de Medina Sidonia depuis le château

Jouons à un petit jeu : prononcez « Medina Sidonia » à voix haute! Vous entendez cette mélodie? Oui, celle qui nous vient directement d’Afrique du Nord! D’ailleurs, « medina » signifie « ville » en arabe et le terme est couramment utilisé au Maghreb et en Afrique de l’Ouest pour désigner un centre historique d’une ville. Vous vous doutez donc bien qu’avec un nom pareil, ce village blanc a connu la conquête musulmane. Et c’est bien le cas même si il a été fondé par les Phéniciens, comme la plupart des localités de la province de Cadiz avant de connaître les périodes wisigothe et romaine. Medina Sidonia a été reconquise en 1264 par le roi Alphonse X et elle se situait, pendant deux siècles à la frontière du royaume chrétien et du califat de Granada qui était musulman. Pourtant, contrairement à ses voisines, on ne lui affubla pas un nouveau nom avec le suffixe « de la frontera », elle garda tout simplement son nom arabe.

Une porte en forme de serrure typiquement musulmane

Medina Sidonia se situe à une petite vingtaine de kilomètre de la Costa de la Luz (la côte atlantique entre Cadiz et Tarifa) et est particulièrement bien desservie depuis la station balnéaire de Chiclana de la Frontera. (environ 25 minutes en bus) ou Cadiz. Depuis ailleurs, c’est un peu plus compliqué si vous n’êtes pas véhiculés. La proximité de l’océan se ressent grâce au vent du Poniente qui vient rafraîchir et humidifier un petit peu l’atmosphère étouffante de l’été. Le centre historique est tout petit et se visite facilement en quelques heures même si les ruelles ne sont pas plates. Le temps ici c’est arrêté et le seul bruit provient des enfants qui jouent au football sur la place de l’église. Il faut les comprendre, c’est le seul endroit plat de tout le village!

Iglesia Mayor de Santa Maria la Coronada
Sorry pour le gros contrejour, mais ça lui donne un certain charme…

Il vaut quand même la peine d’effectuer la grimpette dans les ruelles du village pour arriver jusqu’à ce superbe édifice qu’est la Iglesia Mayor. (littéralement, l’église principale). Dans le genre multiculturel, cette église fait fort. Elle a bien sûr été construite au XVIe siècle sur une ancienne mosquée mais pas n’importe laquelle, celle de l’alcazar dont on peut encore observer la tour sur la droite du bâtiment. Pour rappel, un alcazar était un palais royal durant la période musulmane. La façade principale ainsi que le clocher sont typiquement baroques, tandis que l’arrière est d’architecture gothique. Quant à la façade frontale, avec ses ornements latéraux en briques foncées, elle nous rappelle certaines églises de Tenerife. Et ce n’est pas tout, l’arrière paraît vide et dépouillé. Que nenni! Il y a les vestiges d’une nécropole hispano-wisigothe. Donc, l’ancienne mosquée avait déjà été construite sur un ancien site chrétien. Quand nous vous parlions de multiculturalisme…

L’Iglesia Mayor se trouve sur la jolie petite place du même nom qui est notamment bordée par la sacristie et l’ancien cabildo. Un cabildo est, en général, un bâtiment avec des arcades où se trouvait la mairie d’une ville. Le terme est assez peu usité en Espagne, sauf en Andalousie. C’est un mot qu’on utilise plus facilement en Amérique latine pour désigner exactement le même genre de bâtiment dans les villes coloniales.

On grimpe encore!
Un des restes du château et le paysage de la Janda

Pour ceux que la grimpette jusqu’à la Iglesia Mayor ne suffit pas, il est possible de monter encore plus haut! Bon pas de beaucoup on vous l’accorde. On y trouve les ruines de l’ancien château de Medina Sidonia dont certaines parties datent de l’époque romaine. Il n’en reste pas grand chose car une partie des pierres ont été utilisée pour la construction de Santa Maria la Coronada. Historiquement, ce n’est pas l’endroit le plus intéressant d’Andalousie vu le peu qui nous reste mais l’environnement au milieu de quelques oliviers centenaires et vraiment sympa! Il y a une partie du château en meilleur état ainsi qu’un site archéologique à visiter quelques mètres plus haut mais étant tributaires des transports publics, notre timing était un peu trop serré pour la visite. Oui, on avoue, c’est aussi parce-que nous avons voulu nous garder du temps pour l’apéro et les tapas!

Avant l’apéro, nous avons quand même pris le temps de profiter du superbe paysage typiquement andalou de la région de la Janda! Nous ne sommes qu’à quelques kilomètres d’Arcos et de Jerez et de leur paysages qui nous rappellent la Toscane, pourtant nous avons l’impression d’être dans un endroit totalement différent!

Bornos

Pour atteindre Bornos, il suffit de suivre la route des « Pueblos Blancos » depuis Arcos et c’est le village suivant. Bornos n’est pas aussi grand et important que son voisin mais tout aussi pittoresque. Il a été fondé en pleine époque musulmane pourtant les vestiges de cette ère se font rares. Aujourd’hui, Bornos est un village typique de la région avec ses maisons blanchies à la chaux, ses ruelles, sa torpeur estivale et sa douceur de vivre.

Plaza del Alcalde José Gonzales

C’est le cœur névralgique de Bornos et accessoirement une magnifique place andalouse où se trouvent la mairie et la cathédrale de la Résurrection. La place tient son nom de José Gonzalez Fernandez de la Bandera qui fut maire de Séville (alcalde signifiant maire en espagnol) et une des figures de la résistance républicaine d’Andalousie durant la Guerre Civile.

Palacio de los Enriquez de Ribera

Ce palais a été construit au XVIe siècle par les Ribera, une famille noble de Bornos sur les restes de l’alcazar musulman, mais ça ne se voit pas trop. Malheureusement, nous avons trouvé porte close lors de notre passage. C’est dommage car le jardin à la française et la loggia nous aurait bien plu. Et le reste aussi sûrement… Tant pis, nous nous sommes contentés de l’extérieur et du merveilleux parfum de rose émanant des magnifiques rosiers de la cour intérieure.

Plaza de las Monjas

Il faut grimper sur les hauts du village pour voir cette jolie petite place andalouse. Mais pas de panique, ce n’est pas très raide! L’édifice le plus intéressant de la place est le couvent de Corpus Christi. Ce mastodonte en brique a été construit entre 1572 et 1597 sur ordre d’Afan de Ribera, duc d’Alcala et marquis de Tarifa. Une partie du bâtiment était réservé pour les moines tandis que le reste était dédié aux enfants avec un collège et un hôpital. Aujourd’hui encore, le couvent abrite une école de degré secondaire.

Embalse de Bornos

On aperçoit vraiment le manque d’eau…

Il vaut la peine de descendre jusqu’à l’embalse de Bornos pour changer complètement de décor. Un petit quart d’heure de marche depuis le centre du village suffit pour y arriver. Malgré les apparences, ce site n’est pas totalement naturel. C’est un lac de retenue créé dans les années 1960 sur le Rio Guadalete dans le but d’en faire un réservoir d’eau dans une Andalousie déjà aride. Le paysage est superbe et il y a même une petite plage de sable pour aller faire trempette dans le lac où la température de l’eau n’est même pas trop froide, dixit Van la Frileuse! Malgré la quiétude et la beauté du coin, nous ne pouvons pas ignorer les signes évidents de la sècheresse et du manque d’eau. En moyenne, en cet été aride de 2022, les réservoirs ou lacs de retenues espagnols sont vides à presque 80% sur tout le territoire! C’est assez affolant! En Andalousie, nous avons encore de la « chance », la région est équipée d’usines de dessalement d’eau de mer et nous ne sommes pas soumis à des restrictions d’eau contrairement à d’autres régions normalement moins sèches comme la Galice. Mais ces usines tournent à plein régime et ont un impact non négligeable sur l’environnement.

Les montagnes que nous apercevons au loin appartiennent à la Sierra de Grazalema, une autre région de la province de Cadiz que nous allons vous faire découvrir très bientôt.

Bien entendu, il n’y a pas uniquement trois villages blancs dans notre belle province mais cet article commence déjà à devenir un peu longuet Nous allons vous en laisser pour une prochaine fois! Nous y travaillons déjà d’ailleurs!

Qui dit prochaine fois dit que nos aventures andalouses sont loin d’être terminées! Pour l’instant, c’est une région où nous nous sentons particulièrement bien et que nous n’avons pas du tout envie de quitter! Nous ne sommes pas du tout en train de vous annoncer que nous allons arrêter de voyager, loin de là! Nous avons d’ailleurs la tête pleine d’idées mais nous allons nous orienter vers de nouvelles choses. En attendant, nous profitons de cette magnifique région qui nous convient complètement et que nous allons encore découvrir pendant au moins quelques mois!

Baie de Cadiz : Puerto Real

Nous n’étions pas censés vous offrir encore un article sur la baie de Cadiz de sitôt. En effet, nous avions un autre but de balade plus au nord à un endroit que nous n’allons pas spoiler car nous allons tout de même vous le faire découvrir plus tard. Mais voilà, nous sommes en plein « puente de agosto », les vacances d’été espagnoles de la mi-août et quand nous sommes arrivés à la gare de Jerez pour prendre nos billets, nous avons découvert que le train que nous voulions prendre était complet. En soi, c’est plutôt une bonne nouvelle, ça signifie que beaucoup de monde utilise les transports publics plutôt que la voiture et peut-être que ça motivera la RENFE (les chemins de fer espagnols) à étoffer son offre. En tout cas, nous l’espérons très fort!

Bref, nous n’allions pas nous laisser abattre par ce petit contretemps et comme nous n’avions pas envie d’attendre deux heures le train suivant, nous l’avons pris dans l’autre sens, en direction de Cadiz. Nous avons déjà découvert plein d’endroits fabuleux de la baie de Cadiz mais il en manquait un que nous n’avons pas pris en compte plus tôt car il nous semblait moins intéressant. C’est Puerto Real, situé entre Puerto de Santa Maria et la ville de Cadiz. Voilà, nous avons donc trouvé notre plan B!

L’Ayuntamiento de Puerto Real

La ville de Puerto Real a été fondée par les rois catholiques à la fin du XVe siècle, d’où son nom. (Port Royal en français). Mais les alentours étaient déjà habités depuis le néolithique. C’est à l’époque romaine que la région connut son apogée grâce à la baie qui offrait un port naturel d’où partait l’or des mines de la Sierra Morena a destination de Rome, la capitale de l’empire. C’était également le départ de la Via Augusta qui reliait Rome à Cadiz via les Pyrénées et qui est encore utilisé aujourd’hui comme point de départ pour le chemin de pèlerinage de St-Jacques de Compostelle. De toute cette époque faste, il ne reste aujourd’hui que les vestiges d’un four datant du Ier siècle.

Le centre historique

A la chute de l’empire romain, les lieux ont été complètement désertés et abandonnés à leur triste sort jusqu’à la deuxième Reconquista au XVe siècle. Les Arabes ont complètement boudé le coin donc il n’y a aucun vestige mudéjar à Puerto Real. Quant aux Rois Catholiques, ils avaient besoin d’un endroit stratégique ouvert sur la mer pour aller reconquérir le Royaume de Grenade, le dernier bastion musulman encore en activité sur la péninsule ibérique. C’est pourquoi ils fondèrent la ville de Puerto Real qui devint vite une place de commerce importante avec le Nouveau Monde. Elle se développa encore au cours des XVIIIe et XIXe siècle grâce à la construction navale et le centre historique date de cette époque avec les maisons typiques de la baie de Cadiz blanchies à la chaux. Le chantier naval est encore en activité aujourd’hui et participe activement à la bonne santé économique de la ville.

Cathédrale de San Sebastian

Elle est vraiment pas ouf la cathédrale, il faut le reconnaître. C’est un simple bâtiment du XVIe siècle avec un clocher et une petite coupole, le tout blanchi à la chaux. Les villes andalouses nous ont habitués à bien mieux, d’où notre petite déception. Comme la porte était ouverte, nous avons quand même été guigner à l’intérieur. Ça paraît tout autant épuré et sobre qu’à l’extérieur au premier abord mais c’est sans compter sur les petites chapelles superbement décorées dont une dédiée à Notre Dame de Lourdes qui n’est autre que la Sainte Patronne de la ville! N’oubliez pas que ce sont les Rois Catholiques qui ont fondé la ville, il leur fallait une patronne digne de ce nom!

Playa de la Cachucha

Puerto Real possède sa propre plage mais pour la baignade, ce n’est vraiment pas le top! Elle est située dans la baie côté port, ce n’est pas très glamour et elle est très exposée aux marées. On est plutôt sur de la lagune vaseuse que sur de la plage de rêve! Pour cela, il faut aller à Valdelagrana juste plus au nord où la plage est bien plus belle mais le village bien plus moche, c’est un peu le Benidorm local. Par contre, la Cachucha est un lieu idéal, surtout à marée basse, pour observer la faune locale notamment les crabes et les oiseaux. D’ailleurs, nous avons l’impression que ces derniers ont fait un retour en force dans la région en ce mois d’août. Nous en avons vu beaucoup plus que ces derniers mois, pour notre plus grand bonheur!

Pinar las Canteras

En tant qu’amoureux des arbres, nous n’allons pas partir de Puerto Real sans faire un détour par la pinède. Certes, ce n’est pas une forêt tropicale comme on les aime mais c’est déjà un très joli lot de consolation. Les 25 hectares de cette pinède étaient occupés, du XVIe au XIXe siècle, par une carrière dont la pierre a servi à la construction de nombreux édifices de la région dont la majestueuse cathédrale de Séville. Ensuite le site a été abandonné et la nature a repris peu à peu ses droits. La municipalité de Puerto Real a racheté le terrain au début du XXe siècle et a participé à la reforestation du lieu. Ce ne sont pas les forêts de pins qui manquent en Andalousie et dans tout le bassin méditerranéen mais celle-ci est incontestablement une des plus belles!

Petit fun fact : en Andalousie, une clairière se dit « patio », exactement comme les cours intérieures typiques de la région et plus particulièrement de la ville de Cordoba. Ici on est 100% Andalou jusqu’au fin fond des forêts!

Pays catholique oblige, nous sommes accueillis au milieu de la forêt comme il se doit par la Patronne herself! En effet, une petite grotte a été construite pour abriter une statue de Notre Dame de Lourdes, la patronne de la ville.

Effectivement, Puerto Real n’est pas le point le plus pittoresque de la baie et ce n’est pas le coin que nous vous recommanderions en premier, sauf pour la pinède. Par contre, c’est le coin idéal pour fuir les touristes surtout pendant la saison estivale!

Nous avons beaucoup aimé son ambiance assez tranquille et son esprit très « Bahia de Cadiz ». Il y a une âme particulière dans la baie entre les lagunes, les activités portuaires, les salines et la grandeur de Cadiz que nous sommes incapable de décrire précisément mais qui est unique au monde et qui nous fait juste nous sentir bien.

Promis, la prochaine fois nous essaierons de vous emmener dans un autre coin que la baie. Nous sommes d’ailleurs déjà en train de travailler sur d’autres articles. Donc, restez attentifs, d’autres aventures vont suivre très bientôt….

Sanlucar de Barrameda

Pour être honnêtes, la première fois que nous nous sommes déplacés jusqu’à Sanlucar, c’était juste pour la playa. En effet, c’est l’endroit le plus pratique et le plus court depuis notre quartier à Jerez pour nous rendre sur le littoral. Mais après plusieurs journées passés là-bas à lézarder sur la plage, à parler avec les locaux et à nous rendre au centre-ville pour manger des tapas, il a bien fallu nous rendre à l’évidence que nous devions troquer nos tongs contre une paire de basket pour aller découvrir Sanlucar autrement que par ses chiringuitos. (le petit nom des bars de plages en Espagne)

On s’est quand même bougé de là pour vous faire découvrir Sanlucar!

Sanlucar de Barrameda est située sur la côte Atlantique à l’embouchure du Guadalquivir, le fleuve le plus important d’Andalousie. Son histoire est similaire au reste de l’Andalousie est elle connut également l’occupation musulmane jusqu’au XIIIe siècle. Mais ça devient vraiment intéressant depuis le XVe siècle avec les grands explorateurs et la découverte du Nouveau Monde. C’est d’ici qu’est parti Christophe Colomb en 1498 pour son troisième voyage à destination des Amériques, même s’il était toujours persuadé d’arriver aux Indes. Plus tard, en 1504, c’est au tour d’Hernan Cortés, conquistador du Mexique, d’embarquer à Sanlucar. En 1519, c’est au tour de Fernand de Magellan himself de hisser les voiles pour partir en tour du monde qu’il n’achèvera pas. Il fut malheureusement tué aux Philippines mais une partie de sa flotte reviendra trois ans plus tard en ayant bien effectué le tour de la Terre.

Oui c’est vrai, ces périples ont débouché sur la conquête du continent américain et ensuite sur la colonisation et c’est vraiment une histoire horrible dont l’Espagne n’a pas à être fière mais il faut avouer que ces voyages à la découverte de territoires totalement inconnus à l’époque ont de quoi fasciner notre âme de voyageurs!

La ville se développa donc au XVIe siècle en devenant une plateforme portuaire d’importance pour les traversées de l’Atlantique. Le centre historique est typique de cette époque avec ses ruelles bordées de maisons andalouses blanchies à la chaux.

Plaza del Cabildo

C’est le cœur névralgique de la ville. Elle date du XVe siècle mais a été plusieurs fois remaniée au cours des siècles. La preuve avec les bâtiments qui la bordent qui sont tous de style architectural différent! Aujourd’hui, ses belles terrasses attirent les touristes venant faire une pause de leurs activités de la plage. Pourtant, une fois n’est pas coutume, nous ne vous déconseillons pas de vous y rendre! Bien au contraire! Les restos sont vraiment sympas, pas surfaits du tout et il n’est, bien entendu, pas interdit d’y venir hors saison. C’est ici, avec Chipiona à quelques kilomètres de là, que vous dégusterez le meilleur choco (la seiche) d’Espagne. Ceux qui maitrisent la langue de Cervantes savent que « seiche » se dit « sepia » en castillan. C’est vrai, mais pas dans la province de Cadiz où on utilise le terme typiquement gaditano (de Cadiz) de « choco ».

Castillo de Santiago

Il est rare de voir des châteaux typiquement médiévaux en Espagne du Sud à cause de l’occupation musulmane qui a laissé de beaux vestiges de palais arabes dans la région. Sanlucar est donc une exception avec sa forteresse de style gothique tardif construit entre 1477 et 1478. Son emplacement correspond bien à l’ancienne citadelle mudéjare mais il n’en reste absolument rien aujourd’hui. C’est depuis ce château que la reine Isabelle la catholique, la reine d’Espagne au XVe siècle aussi connue et emblématique que la reine Victoria au Royaume-Uni, a vu la mer pour la première fois.

Palacio de Orleans y Borbon

Ah nous avons fini par le trouver notre palais mudéjar! Même si c’est un faux car construit au XIXe siècle! C’était courant à l’époque de reconstituer le style mudéjar en Andalousie. La région ayant perdu de sa superbe avec la décolonisation, il fallait bien mettre un peu de faste pour se rappeler des temps un peu meilleurs. Il appartenait à la famille Orleans y Borbon (logique!), une famille noble franco-espagnole dont la partie « Borbon » est la branche de la famille royale encore sur le trône d’Espagne actuellement. Aujourd’hui il appartient à la ville de Sanlucar et abrite la mairie ainsi qu’une cave. Ce palais est grandiose et vraiment superbe mais aurait bien besoin d’une bonne rénovation!

Il vaut la peine de faire le tour du palais car à l’arrière on y trouve un joli jardin tropical même s’il souffre lui aussi d’un manque de restauration. Le climat doux du sud de l’Andalousie et la proximité de l’océan offrent un climat propice pour y faire pousser des espèces de plantes tropicales. C’est un bon compromis pour nous car, parfois, la végétation luxuriante des Tropiques nous manque énormément. Il y a également les fameux dragons des Canaries qui ont l’air de bien s’y plaire dans la région. D’ailleurs, il nous semble en avoir vu plus dans la baie de Cadiz qu’à Tenerife!

Vous prendrez bien une camomille?

Mais non on rigole! Nous n’allons pas vous parler d’une infusion même si « manzanilla » signifie vraiment « camomille ». Dans les provinces de Séville et de Cadiz, la manzanilla est un vin et plus particulièrement à Sanlucar où il a droit à une appellation d’origine contrôlée. C’est un vin blanc assez sec et très oxydé qui se boit surtout pour l’apéritif et dont les caves font partie du paysage de la ville. Il y a d’ailleurs une bonne odeur de raisin fermenté dans l’air lors des fortes chaleurs estivales.

Si vous êtes dans le sud de l’Andalousie et que vous voulez vraiment un thé à la camomille, précisez bien que vous aimeriez une infusion sinon on vous servira un verre de vin! SAUF à Jerez, où la manzanilla se dit « Tio Pepe » du nom de la cave la plus importante de la ville et où on vous fera remarquer avec une mauvaise foi typiquement espagnole que la « manzanilla » c’est du thé!

La playa!!

Nous avons quand même découvert Sanlucar grâce à sa playa! Avec les vagues de chaleurs successives que nous avons connu en ce début d’été, nous avons été super contents de nous baigner dans l’océan Atlantique pour nous rafraîchir. Oui même Van la frileuse! Bon d’accord, nous sommes dans l’estuaire du Guadalquivir et pas en plein océan, l’eau y est un peu plus tempérée, c’est vrai.

Pour être honnêtes, ce n’est pas la plage la plus pittoresque de la côte Atlantique andalouse mais nous, nous l’aimons bien car elle est proche et elle est sujette à de fortes marées et ce phénomène nous fascine au plus haut point.

C’est quand même la classe d’avoir un coin comme Sanlucar à une vingtaine de minute de bus de notre maison! En plus, en pleine canicule, on y perd facilement 5 ou 6 degrés par rapport à Jerez.

Et ce n’est pas tout! Il y a encore un coin encore bien plus fou en face du Guadalquivir que nous n’allons découvrir qu’à l’automne à cause de la migration des oiseaux! On l’aperçoit bien depuis la plage de Sanlucar et nous donne chaque fois envie de traverser l’estuaire. C’est le parc national de la Doñana et nous n’allons bien sûr pas quitter la région avant d’aller visiter cette merveille de la nature!

Baie de Cadiz : Rota et El Puerto de Santa Maria

Lors de notre passage à Cadiz, nous n’avons pas caché notre émerveillement pour la baie du même nom. Puisque nous sommes basés en Andalousie du Sud-Ouest, à proximité de cette dite baie, nous en avons profiter pour aller la découvrir un peu plus.

C’est un peu brumeux mais en face c’est Cadiz!

Rota

Rota est située à l’extrémité occidentale de la baie de Cadiz, à mi-chemin entre Gibraltar et le Portugal. L’endroit y est d’ailleurs tellement stratégique que les Américains y occupent l’énorme base navale qui couvre la moitié de la superficie de la commune depuis 1955. Evidemment, nous ne nous y sommes pas approchés avec notre appareil photo! C’est un endroit sensible et les Américains sont assez chatouilleux sur le sujet!

La marine espagnole occupe également une partie de la base navale et le ministère espagnol de la défense reste le propriétaire du lieu. Mais la base est occupée par l’US Navy et l’US Marine Corps. C’est la plus grande communauté militaire américaine en Espagne.

Comme nous sommes tout de même un poil téméraires, nous avons « volé » une photo que nous avons prise de loin au smartphone. La qualité de l’image est vraiment pourrie, sorry, mais au moins ça ne vous donnera pas d’indices pour aller attaquer la marine Américaine.

Rota n’est pas que sa base navale! Nous avons d’ailleurs cru comprendre que la présence de l’armée américaine n’était pas bien perçue dans la population locale. Les deux peuples ne se mélangent pas! Les Américains vivent dans des pavillons à l’intérieur du périmètre sécurisé de la base tandis que les Espagnols s’approprient le village et la playa, en gros, les coins les plus sympas.

La playa de Rota. On aperçoit la base sur la droite, en arrière-plan

Le Centre historique

Le château de la Luna

A défaut de (non) culture américaine, plongeons-nous dans la culture andalouse! Tant mieux! Nous préférons de loin cette dernière! L’histoire de Rota est similaire de celle de sa voisine Cadiz. La ville fut également fondée par les Phéniciens. Puis l’histoire se répète : les Ibères, les Romains, les Wisigoths, les Arabes puis la Reconquista. A la fin du XIIe siècle, la ville devint prospère grâce au commerce avec l’Afrique du Nord, distante d’une petite vingtaine de kilomètres. Mais, en 1522, l’épidémie de peste toucha la ville de plein fouet et quand enfin ce cauchemar fut terminé, elle fut assiégée et mise à genoux par l’armée anglo-néerlandaise. Rota ne s’en relèvera jamais et c’est la ville de Cadiz, mieux située, qui lui ravit son attractivité.

Malgré son histoire en demi-teinte, le centre historique vaut la peine d’être visité pour la beauté et la blancheur immaculée de ses maisons andalouses.

Callejones medievales

Il ne reste presque plus rien de l’époque médiévale à Rota, la ville ayant très mal survécu à l’épidémie de peste. Mais, dans une partie du centre historique, le tracé des ruelles n’a pas changé depuis le Moyen-Age. C’est un véritable labyrinthe de rues très étroites qui ne sont pas droites et partent dans tout les sens. C’est un quartier à part dans le Rota historique où il est facile d’y perdre son sens de l’orientation et où l’heure de la sieste a l’air de durer toute la journée.

Iglesia de la O

Soyons francs, ce n’est de loin pas la cathédrale la plus ouf d’Espagne. C’est plutôt son nom qui nous a interpellé, mais là aussi, petite déception. Nous n’avons pas réussi à trouver pourquoi cette église s’appelle tout simplement O. L’édifice date du XVIe siècle et est de style gothique tardif qu’en Espagne on appelle « gotico isabelino » du nom d’Isabel, une des reines catholiques de l’époque.

Château de la Luna

Malgré un style un peu arabisant, ce château provient à 100% de la noblesse catholique, la Casa de Arcos. Il date du XVe siècle et était destiné à un usage purement militaire avant qu’un excentrique marquis le rachète au début du XXe siècle pour en faire sa résidence d’été. Aujourd’hui, il se situe au cœur du centre historique et abrite la mairie de Rota. Nous avons beau savoir que la forteresse date d’après la Reconquista, le style du château, les palmiers et les oliviers nous transportent directement en Afrique du Nord.

La Playa

Pour une localité située à proximité d’une base navale militaire, Rota possède une magnifique plage! L’ambiance est tout de suite plus balnéaire, pourtant, ce n’est pas blindé de touristes et, comme déjà dit plus haut, les Américains ne se mélangent pas tellement à la population locale. La position abritée dans la baie fait de l’Océan Atlantique un vrai lac calme où la baignade est agréable, mais sûrement bien dégueu vu la situation.

Rota nous a beaucoup surpris. Nous nous attendions pas à autant d’histoire et de culture et nous pensions trouver plus de présence américaine. Finalement, nous ne sommes pas du tout mécontents qu’il en soit ainsi.

El Puerto de Santa Maria

Plaza de España

Toujours dans la baie de Cadiz, du côté est de la base militaire de Rota, se trouve la ville d’El Puerto de Santa Maria. C’est la première localité atlantique quand on vient depuis la plaine du Gadalquivir et la dernière sur le continent avant l’île de San Fernando et celle de la ville de Cadiz. Son économie repose principalement sur les activités portuaires même si elle a autre chose à offrir que son gros port tout moche.

Centre historique

Selon la légende, la ville aurait été fondée par Ménesthée, un roi d’Athènes qui aurait pris la mer après la guerre de Troie et aurait débarqué par hasard en ce lieu. En vrai, l’histoire varie très peu des autres villes de la baie. Les Romains y bâtirent déjà un port mais la ville connut son apogée aux XVII et XVIIIe siècles pendant la colonisation de l’Amérique et le commerce avec celle-ci. Le centre historique date d’ailleurs de cette époque et on y retrouve les maisons à galerie que nous avons déjà pu voir à San Fernando.

Les bodegas

El Puerto de Santa Maria est un des lieu de production du vin de Jerez. Les deux villes ne sont distantes que d’une petite quinzaine de kilomètres et les vignes se situent sur les collines entre deux. Le centre historique est en partie constitué de bodegas, encore plus qu’à Jerez de la Frontera! Ceci s’explique sûrement par la proximité du port d’où partent les caisses de vins dédiées à l’exportation.

Si vous vous promenez dans le centre historique par une chaude journée d’été, vos narines vont être envahies par une odeur persistante de raisin fermenté!

Plaza de España

Quand on parle de Plaza de España, on pense tout de suite à Séville. Et c’est normal, c’est quand même une des places les plus ouf du pays! Mais El Puerto de Santa Maria possède sa propre Plaza de España, pas aussi pittoresque et monumentale que sa grande sœur sévillane mais fort jolie tout de même avec sa cathédrale, ses palais Renaissances et ses petites terrasses. Elle constitue le cœur névralgique de la vieille ville.

Iglesia Mayor Prioral

Cette jolie petite cathédrale date de la fin du XVe siècle est a été construite dans un style gothique typique de l’époque. Les éléments baroques y ont été ajoutés deux siècles plus tard. L’édifice est magnifique mais il ne peut être apprécié à sa juste valeur que depuis la Plaza de España. Les deux façades latérales sont coincées dans des petites ruelles tandis que l’arrière est caché par un mur qui la sépare d’un parking. Apparemment, des travaux sont prévus dans le coin et le mur ne serait que provisoire, affaire à suivre…

Castillo San Marcos

L’origine arabe de ce château est visible au premier coup d’œil! En effet, nous devons bien cette sublime forteresse aux musulmans qui la construisirent, en 1264, sur les restes d’une ancienne mosquée. Les rois catholiques en firent ensuite une église fortifiée tout en gardant les murailles d’origine. Lors de l’époque bénie des conquistadors, le palais a reçu d’illustres marins comme Juan de la Cosa où Christophe Colomb himself! Aujourd’hui le château abrite, on vous le donne en mille, une bodega! On ne rigole pas par ici avec le vin!

Sur une façade arrière du château, nous avons découvert un vrai trésor! Enfin, pour nous c’est un trésor! C’est une reproduction de la carte de Juan de la Cosa, un marin de Cantabrie du XVe siècle qui a participé aux sept premiers voyages en direction de l’Amérique. Cette carte est la toute première du Nouveau Monde et a été dessinée en 1500! La partie verte, à gauche sur la photo représente le Nouveau Monde tandis que la partie blanche, à droite représente l’Ancien Monde. Pour ceux que ça intéresse, la carte original se trouve au Musée naval de Madrid.

Monastère de la Victoria

Si, comme nous, vous arrivez à El Puerto de Santa Maria en train, le monastère de la Victoria est le premier bâtiment que vous apercevez car il se situe juste à côté de la gare. Cet ancien couvent gothique a été érigé au XVI par les ducs de Medinaceli, des nobles de la couronne de Castille. Durant son histoire, il a également servi de prison et d’arsenal militaire pendant la guerre civile et une partie de la dictature franquiste. Vu la taille de leurs troncs, les oliviers du jardin doivent être aussi vieux que le monastère!

La Playa de San Anton

El Puerto de Santa Maria possède plusieurs plages. Nous nous sommes contentée de San Anton proche du centre-ville à cause de la tempête de sirocco qui nous a apporté une forte calima rendant la promenade sur la playa assez désagréable. En règle générale, c’est à dire sans le vent, les plages sur la baie sont assez abritées et assez propices à la baignade même si la proximité du port rend la qualité de l’eau un peu douteuse.

Le gros atout de cette plage, c’est la pinède! Il y a une magnifique petite forêt de pins qui poussent directement sur les dunes et qui offrent une ombre plus que bienvenue pour les plagistes. Malheureusement, elle n’est pas assez dense pour nous protéger des assauts du vents et de la calima. Malgré tout, ça reste un endroit naturel assez exceptionnel.