Torrevieja & Murcia

Notre but premier était de continuer le long de la côte afin de rejoindre la ville de Cartagena. Mais l’offre des logements en a décidé autrement. Impossible de trouver un lieu où dormir à Cartagena sans exploser le budget. Il nous a donc fallu trouver un plan B et changer notre itinéraire. Mais nous sommes habitués à ce genre de changements de dernière minute et nous trouverons sûrement d’autres coins sympas à découvrir. Cartagena ne sera pas pour cette fois, à moins que nous trouvons une solution de repli.

Playa de los Locos, Torrevieja

Torrevieja

Torrevieja fait encore partie de notre plan A. C’est notre dernière étape dans la Communauté Valencienne car la ville s’y situe à l’extrême sud. Après il y a … (ceux qui ont répondu Andalousie ont perdu!) la région de Murcia qu’on a tendance, c’est vrai, à oublier tant c’est une toute petite communauté autonome peu connue coincée entre la Communauté Valencienne, la Castille-la-Manche et l’Andalousie.

Les calanques du bords de mer à Torrevieja

Nous n’attendions absolument rien de Torrevieja, c’est juste une station balnéaire et une étape idéale avant de continuer en direction du sud. Pourtant, l’ambiance est plutôt sympa. C’est très cosmopolite; beaucoup de ressortissants d’Europe du Nord ou de l’Est y vivent à l’année, mais ça a gardé un caractère très espagnol. Ce n’est ni Majorque, ni Benidorm. Il paraîtrait même que Torrevieja serait la ville de moins de 100’000 habitants la plus cosmopolite d’Europe! D’ailleurs, si nous devions vous recommander qu’une seule station balnéaire en Espagne, ce serait Torrevieja.

Le bord de mer

Le truc de ouf à Torrevieja, c’est le bord de mer! A part une plage de sable, très belle soit dit en passant, il n’y a que des rochers formant des piscines naturelles. L’environnement y est assez grandiose! Et comme le tout forme de petites baies protégées, on peut s’y baigner très tôt au printemps et jusqu’à très tard en automne. Début octobre, la température atteignait les 30 degrés et les plages étaient encore bien fréquentées. Et pas seulement par des Suédois pas du tout frileux! A noter que la qualité de l’eau de la Méditerranée est assez exceptionnelle et, à part la température, elle n’a pas grand chose à envier au Golfe de Thaïlande ou autres mers du sud.

Les salines

A l’instar de Santa Pola, Torrevieja possède ses propres salines. Ce sont d’ailleurs les mêmes! C’est la plus grande saline d’Europe. L’extraction du sel pèse presque autant que l’industrie touristique dans l’économie de la ville. La particularité du lac salé est sa couleur rose qui est due à une bactérie qui y vit et qui libère un pigment rosé qui se propage grâce à la très haute teneur au sel de l’étendue d’eau.

Malgré notre changement d’itinéraire, nous ne regrettons pas d’avoir par passé par Torrevieja, surtout pour sa douceur de vivre.

Murcia

Le Rio Segura qui traverse Murcia

Comme nous n’avons pas pu aller à Cartagena pour les raisons citées plus haut, nous nous sommes rabattus sur Murcia. Nous n’en attendions vraiment rien et même notre hôte nous a averti qu’il n’y avait pas grand chose à voir. Mais vous nous connaissez, il fallait que nous aillons voir ça de nos propres yeux pour nous faire une opinion. Il nous a fallu une bonne heure et demie de bus depuis Torrevieja à travers la Cordillera Sur, une chaîne de montagne aride qui n’a pas beaucoup à envier au paysage d’Oman.

Le centre historique
Le théâtre Romea

Effectivement, le centre historique est assez petit, la faute à diverses crues de la rivière Segura. La ville a même été presque entièrement détruite à cause d’une grande inondation au XVIIe siècle. Mais le peu de bâtiments que nous pouvons observer sont vraiment beaux, dans un style mi andalou, mi Renaissance italienne.

Convento San Domingo y Capilla del Rosario

La construction de ce complexe religieux a été entamée dès le XIIIe mais des modifications, ainsi que des destructions durant les diverses guerres qui ont sévi dans la région, ont été apportées au fil du temps jusqu’au XVIIIe siècle. Au XIX le bâtiment a été donné aux Jésuites qui l’occupent encore aujourd’hui.

Real Casino

Comme son nom ne l’indique pas, ce n’est PAS un casino. Cet édifice complètement ouf à été construit au XIXe siècle et servait de club privé pour les habitants fortunés de Murcia. Son architecture mixe les différents courants artistiques existants en Espagne à cette époque.

Côté arabe

Le patio d’entrée nous emmène tout droit dans un conte des Mille et Une Nuits. Vous aurez reconnu l’architecture islamique. C’est de l’art appelé néonazari (attention ne lisez pas ce mot trop vite pour ne pas faire un amalgame avec un courant de pensée d’extrême droite!) ou tout simplement « art de Grenade« . Ces termes désignent la dernière époque de l’art hispano-musulman en Espagne.

Côté Angleterre

On retrouve un côté so british avec la bibliothèque et la salle de chasse, bien que cette dernière soit décorée avec des tableaux de peintres espagnols du XIXe siècle. Dans ces deux salles, se rencontraient les personnes influentes pour l’économie de la ville de Murcia. Les dames, elles, avaient le droit de se détendre dans le salon de thé.

Côté Versailles
La salle de bal

L’époque n’est pas du tout la même mais toutes ces moulures, le mobilier et les lustres ne sont pas sans rappeler Louis XIV et son château de Versailles. Dans ce style, on trouve la salle de bal, son antichambre et le vestiaire des dames.

Côté Renaissance italienne

Dans toutes les sociétés aisées, il était de bon ton d’étaler sa richesse avec des statues, des tableaux et des décoration venues tout droit des ateliers des plus grands artistes italiens. Le Real Casino ne déroge pas à la règle avec sa galerie de statue appelée judicieusement « Pompéi ».

Le Real Casino était une petite visite vraiment sympa et un vrai petit voyage architectural. Il vaut la peine de s’y arrêter et de dépenser 5€ d’entrée. Nous y avons croisé une vieille connaissance : la Dame d’Elche.

Cathédrale Santa Maria

Nous en avons vu des cathédrales mais celle-ci peut sûrement prétendre au titre d’une des plus belles cathédrales d’Espagne! Et peut-être une des plus grandes! Nous pouvons aisément deviner les différents courants architecturaux qui ont orné l’édifice à travers les siècles. L’histoire est la même que dans pratiquement toutes les villes du sud du pays. Il y avait à cet emplacement une mosquée et quand le fameux Jaime I (oui, encore lui!) est venu conquérir Murcia, il a ordonné de la transformer en temple chrétien. C’était au XIIIe siècle. La première construction fut de style gothique comme c’était de coutume à l’époque puis se sont ajoutés des détails Renaissance et baroques. Le bâtiment principal est déjà balèze en soi mais le campanile, c’est carrément un truc de malade! C’est une haute tour haute de 98 mètres, la deuxième plus grande d’Espagne après la Giralda de Séville! En 1519, on profita de la présence à Murcia de l’architecte italien Francisco Florentino pour lancer ce projet un peu fou de campanile. Les travaux débutèrent deux ans plus tard pour ne se terminer que deux siècles plus tard! Mais le résultat est à la hauteur des espérances, dans tous les sens du terme!

Heureusement que l’alphabet comporte 26 lettres, ça nous permet de changer quand le plan A ne fonctionne pas, surtout que le plan B (Murcia donc!) était une bonne surprise.

Cartagena ne se fera pas cette fois-ci, nous n’arrivons pas à trouver quelque-chose qui nous convienne. Ce sera pour une prochaine fois… ou pas! Par contre, nous avons déniché quelque-chose qui promet d’être vraiment très cool!

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