San Miguel de Abona

Jamais nous n’avons été autant soulagés d’arriver à quelque-part! Avec la situation due à la Covid, ce n’était pas gagné. Nous espérions déjà passer l’hiver sous des climats chauds et l’Afrique nous faisait de l’œil depuis un moment déjà. La région de Valence où nous sommes est vraiment cool mais l’hiver y est tout de même frais (surtout pour Van!) et notre appartement, agréablement rafraîchi en été, n’est pas du tout adapté à la saison hivernale même tempérée, encore moins si nous devons y être confinés.

Mais voilà, peu de pays africains sont ouverts aux Européens où alors avec des conditions très strictes et beaucoup d’entre eux ne proposent un visa que pour un mois. Heureusement pour nous, l’Espagne possède un territoire en terre africaine au large des côtes du Maroc : les îles Canaries avec des températures clémentes toute l’année!

Nous pensions partir fin novembre afin de profiter de la douceur automnale valencienne avant de passer l’hiver au soleil. Mais la menace de la deuxième vague de Covid et notre instinct nous a fait anticiper notre départ pour le 28 octobre. Nous aurions également dû jouer à la loterie le jour où nous avons pris cette décision….

Dimanche 25 octobre, soit trois jours avant notre départ, le gouvernement espagnol a décrété l’état d’urgence sur tout le territoire, sauf les Canaries. Les médias se sont un peu enflammés en annonçant tout de suite la fermeture des frontières intérieures. (Non, les médias espagnols ne sont pas mieux qu’ailleurs) Nous avons commencé à nous résigner à ne pas partir… Heureusement, la conférence de presse qui a suivi l’annonce à été très claire : l’état d’urgence ne signifie pas la fermeture des frontières mais permet aux Communautés Autonomes (les régions espagnoles) de le faire si elles le souhaitent. Un couvre-feu de 23h00 à 6h00 a également été mis en place. Mince, nous devons partir à 5h00 du matin! Un petit passage par la police, qui est très compétente et très affable soit-dit en passant, nous a confirmé qu’avec nos billets, nous ne serons pas embêtés. Ouf, c’est un soulagement! Mais qui ne dure pas! Les deux jours suivants, plusieurs Communautés Autonomes annoncent leur fermeture, ce qui signifie qu’il est interdit de sortir et de rentrer dans lesdites communautés. Ce n’est pas gagné…

Finalement, tout se passe bien! Mercredi 28 octobre, nous décollons de Valence sans avoir été embêtés d’être sortis avant la fin du couvre-feu et nous arrivons sans encombre à Tenerife. Jeudi 29 octobre, la Communauté Valencienne annonce la fermeture de ses frontières. Nous avons sûrement dû être des saints dans un vie antérieure pour avoir un karma pareil! En tout cas, nous sommes bien contents d’avoir, encore une fois écouté notre instinct!

Vue sur Golfo Amarillo

Nous n’avons tellement pas osé nous réjouir de notre venue dans l’archipel à cause des circonstances particulières que notre arrivée a été un peu bizarre. Nous avions l’impression d’avoir débarqué du néant et avons mis plus de temps à nous adapter à notre nouvel environnement. Rassurez-vous, ça n’a pas duré! Nous avons vite trouvé notre lieu de villégiature à Las Chafiras, petit village un petit peu en hauteur non loin de la station balnéaire de Los Cristianos. Nous avons trouvé une colocation avec un couple de surfeurs germano-vénézuélien vraiment cool dans un appart avec balcon, terrasse sur le toit, accès à la piscine et commerces à proximité. En cas de nouveau confinement, nous ne serons pas à plaindre. Nous ne pensions pas trouver quelque-chose dans notre budget dans le sud de l’île où le climat est plus chaud et pourtant… Encore une fois, nous avons eu de la chance.

Nous pensons d’ailleurs bien fort à tous ceux qui nous lisent alors qu’ils sont en confinement! Nous leur envoyons un peu de soleil et plein d’ondes positives!

San Miguel de Abona

Bon assez parlé de nos petits tracas qui n’en sont pas vraiment et entrons dans le vif du sujet, une première découverte de Tenerife. Nous commençons notre première balade dans le petit village de San Miguel de Abona, perché à 580 mètres d’altitude. Certaines maisons nous rappellent quelques constructions coloniales d’Amérique du Sud même si l’ambiance, plus vraiment espagnole, est complètement différente.

Casa del Capitàn

C’est totalement par hasard que nous sommes passés par cette maison bourgeoise typique canarienne du XIXe siècle. Son nom vient d’un de ses habitants qui était capitaine à l’armée. Aujourd’hui, c’est le musée, très intéressant, d’histoire de la commune. L’entrée y est gratuite. Il y a également un petit atelier de poterie où deux gentilles dames, dont sûrement la doyenne du village, ont pris le temps de papoter avec nous et nous ont proposé, avec une insistance toute latine, de boire un café accompagné de biscuits faits maison. Elles étaient même motivées à nous offrir un verre de vin mais vu l’heure encore matinale et le fait que nous avions encore une petite rando de prévue, nous avons gentiment décliné.

Un balcon sur l’Atlantique

Grâce à sa situation à flanc de côteau et grâce à son altitude, le village jouit d’une vue incroyable sur une bonne partie du sud de l’île, sur quelques volcans et sur l’océan Atlantique.

De San Miguel de Abona à Aldea Blanca

En général, nous préférons les randonnées en montée mais nous sommes tributaires des bus et, au vu des horaires, il était plus judicieux de monter en guagua (le petit nom des bus aux Canaries) et de redescendre à pied. Nous suivons le « chemin royal du sud » un ancien chemin muletier au milieu des roches noires d’origine volcanique et d’une végétation endémique. C’est un environnement totalement nouveau pour nous. Malgré notre tour du monde, nous n’avions encore jamais vu quelque-chose de ressemblant à Tenerife.

L’érosion et les diverses éruptions volcaniques au cours des siècles ont façonné le paysage comme seule la nature sait le faire.

S’il y a un chemin dans le coin ce n’est pas pour faire plaisir aux randonneurs (mais ça nous fait plaisir quand même!) mais parce qu’il fallait arroser les cultures de la plaine côtière. Le sud de Tenerife est presque aride (nos bronches le confirment!), il faut donc amener de l’eau depuis les versants nord, plus humides. On y mit en place des systèmes d’irrigations exactement comme nos bisses valaisans ou on y construisit des puits bien profonds pour aller pomper de l’eau dans la roche. Aujourd’hui, il n’en reste que très peu de vestiges et certains « bisses » ont malheureusement été remplacés par des tuyaux en plastique.

L’aridité couplée à la terre volcanique très fertile nous donne une végétation particulière comme des cactus, des figuiers de barbaries, des joubarbes (merci à notre amie Delphine grande connaisseuse des plantes pour nous avoir soufflé ce dernier nom!) et d’autres espèces qui nous sont totalement inconnues.

En chemin, nous traversons le petit hameau tout mignon de Caserio de la Hoya avec ses maisons typiques canariennes. Ici, le temps s’est vraiment arrêté il y a quelques siècles.

Notre balade se déroulant principalement à flanc de côté, nous avons donc bénéficié d’une vue incroyable sur pratiquement tout le parcours.

Notre petite balade se termine dans le petit village d’Aldea Blanca. Le coin n’a rien de particulier à part un château-fort reconstitué pour des banquets et des fêtes médiévales. Mais il y a quand même une petite terrasse pour une « cerveza » bien méritée! Il nous reste ensuite un petit quart d’heure de marche jusqu’à notre appartement.

En pratique
Les sentiers espagnols sont en général bien balisés
  • Se rendre à San Miguel de Abona ou à Aldea Blanca selon que vous préférez la montée ou la descente avec le bus (Tous les horaires sous www.titsa.com)
  • Suivre le sentier TF-231 ainsi que les marques blanches et vertes le long du chemin. Le sentier est répertorié sur Wikiloc.
  • Distance : 8 kilomètres une petite promenade de santé, 16 si vous faites l’aller-retour
  • Temps de parcours : Nous avons mis 2h30 mais nous avons traîné à admirer le paysage et à prendre des photos.
  • Dénivelé : 455 mètres, la descente (ou la montée) est vraiment très douce. C’était un sentier muletier donc rien de très raide.
  • Niveau : facile à moyen. Si vous faites le détour par la Fuente de Tamaide, il y a quelques cailloux à escalader mais rien de bien méchant.
  • Risques encourus : ne pas pouvoir détacher ses yeux du paysage grandiose et buter sur un caillou.
Le passage le plus difficile de la rando

Pour notre première rando sur Tenerife nous avons déjà mis la barre assez haut niveau paysage (pas pour la facilité, on vous l’accorde!) Nous aurions pu faire l’aller-retour mais nous avions déjà fait une partie de la montée en reconnaissance, nous ne voulions pas faire de doublons.

Las Americas

Afin de ne pas mourir idiots, nous sommes allés faire une fois un petit tour à Los Cristianos. Conformément à notre attente, c’est moche et hyper touristique. Tout ce que nous détestons. Nous avons quand même poussé la balade jusqu’à las Americas. Le coin n’est pas beaucoup plus idyllique mais la plage de surf et les vagues sont quand même incroyables et valent la peine d’être partagées.

Cette première petite découverte de Tenerife nous a enchanté. Les premiers contacts avec la population locale également. Les îliens sont beaucoup plus relax et moins stressés que sur le continent et leur accent est vraiment adorable. Cette fois, nous nous réjouissons vraiment de la suite de nos aventures.

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