Pamukkale et l’arrière-pays égéen

Comme nous n’avons pas pu traverser vers la Grèce depuis Bodrum, nous avons droit à deux semaines de rab en Turquie. Quel dommage! Il nous faut donc nous creuser la tête pour trouver des idées afin d’occuper ces quinze jours supplémentaires. Non, on déconne! Des idées, nous en avons plein! Nous en avons tellement qu’il nous faut faire des choix cornéliens. Ce ne sont pas les activités qui manquent dans ce pays! Comme nous allons bien profiter de la mer une fois de retour en Espagne puisque nous avons la chance inouïe de vivre à côté de la Grande Bleue, nous avons décidé d’explorer une partie de l’arrière pays de la côte de la mer Egée. En plus, l’itinéraire est assez logique pour rejoindre Istanbul où nous sommes attendus de pied ferme.

Pamukkale

Notre première étape sera le site de Pamukkale. Pour des raisons pratiques et économiques, nous logeons dans la ville de Denizli, 17 kilomètres plus bas, qui peut prétendre au titre peu envié de ville la plus moche de Turquie. De là, des dolmus font la navette assez fréquemment entre l' »otogar » (la gare routière) située en plein centre-ville et le site de Pamukkale. Il y a un semblant de village à proximité du site avec restaurants et hôtels mais franchement, il est aussi déprimant que Denizli en beaucoup plus cher.

Promis, ce n’est pas de la neige!

Tout le blanc que nous voyons, ce n’est ni de la neige, ni du sel mais du travertin! C’est une pierre très calcaire assez commune dans le bassin méditerranéen. Par exemple, le Colisée de Rome est construit en travertin. A Pamukkale, ce sont plusieurs sources d’eau plus ou moins chaude (il y en aurait au moins 17!) qui forment cette belle tufière recouverte de calcaire d’un blanc étincelant. Voilà à quoi pourrait ressembler votre salle de bains si vous ne la lavez pas pendant des années!

Le site se visite à pieds nus afin de ne pas trop détériorer l’environnement. C’est assez étonnant car la pierre est froide alors que la température de l’air est bien chaude (27 degrés!). Comme le paysage ressemble à s’y méprendre à un glacier, nous avons le réflexe de marcher précautionneusement afin de ne pas nous casser la figure sur la glace, mais comme c’est de la roche, le terrain n’est pas du tout glissant!

Les bassins

Le chemin est, en partie, composé de bassins qu’il faut traverser. Tous ne sont pas remplis en cette saison mais ceux qui le sont contiennent une eau bien minérale et, paraît-il, thérapeutique. La température de l’eau n’est pas égale partout, c’est la surprise à chaque bassin. Ça passe du glacial au très chaud, jusqu’à 45 degrés et c’est un très bon moyen de donner un coup de fouet à notre circulation sanguine!

Il y a également des bains thermaux au pied de la colline mais ne sont ouverts que de mai à octobre. Franchement, ce ne sont que trois petites piscines en contrebas de la tufière qui, à notre avis, ne valent pas le coup.

Visiter Pamukkale en pleine saison doit être invivable car blindé de monde mais en hiver, ce ne doit pas être la panacée non plus à cause des bassins à traverser pieds nus. Nous sommes contents que notre passage coïncide avec une chaude journée de printemps. Il n’y a encore pas trop de monde et nous ne risquons pas de perdre un orteil pour cause d’eau glacée.

Au sommet de la colline se trouve le site archéologique d’Hiérapolis qui était, on vous le donne en mille, une station thermale de la Grèce antique. Nous n’avons pas été la visiter tout simplement par manque d’envie. Nous avons déjà vu des dizaines de sites archéologiques en Turquie et nous commençons à en être un peu lassés.

Une des raisons qui nous a poussé à loger à Denizli plutôt qu’à Pamukkale, c’est la gare! Non, la gare n’est pas intéressante c’est un vieux bâtiment des années 1950 tout moche mais ça nous permet de prendre le train assez tôt le matin pour la suite de nos aventures. Nous prenons un peu de hauteur et traversons des hauts plateaux entourés de grandes montagnes. C’est comme ça que nous imaginons les steppes de Mongolie. Après cinq longues heures à nous traîner dans ces steppes anatoliennes, nous voici arrivé dans la ville d’Afyon, située elle aussi sur un plateau culminant à 1021 mètres d’altitude au milieu des montagnes d’Emir.

Afyonkarahisar

Le centre historique vu depuis le château

Rassurez-vous, pas besoin de retenir le nom à rallonge d’Afyonkarahisar puisque le surnom officiel de la ville est tout simplement Afyon. Administrativement, elle se situe encore dans la région égéenne mais culturellement, nous sommes déjà bien en Anatolie avec des petites maisons ottomanes colorées, une ambiance vraiment tranquille, bien plus que sur la côte, des hautes chaînes de montagnes et un climat un peu plus rude.

Les montagnes d’Emir vu depuis le château
Le centre historique

Afyon est située à un carrefour stratégique, à mi-chemin entre Izmir et Ankara et également entre Istanbul et Antalya. En plus, elle est connue pour ses nombreuses sources thermales. Elle est donc depuis l’Antiquité un point de passage et d’escale incontournable pour les voyageurs. Afyon signifie opium en turc car la région en produit en grande quantité. Aujourd’hui, les cultures sont strictement encadrées par l’état mais à l’époque elles alimentaient le marché des stupéfiants. Encore une raison supplémentaire de faire escale dans le coin pour les caravanes. Afyon connut son âge d’or durant presque toute la période de l’empire ottoman. De cette époque, il nous reste un magnifique centre historique construit à partir du XIIIe siècle avec de magnifiques petites maisons ottomanes, en partie superbement restaurées, ainsi que des mosquées datant de la même époque.

Le château d’Afyon

Rien que le centre historique c’est déjà du lourd! Pourtant ce n’est rien comparé au château qui le surplombe! C’est surtout le promontoire rocheux qui est vraiment impressionnant. On pourrait croire à son aspect que c’est une roche karstique comme dans le sud de la Thaïlande. Que nenni! Cet éperon rocheux est le résultat d’une intense activité volcanique datant du pléistocène, c’est à dire, il y a plus de 12’000 ans! Il s’élève à 226 mètres en dessus de la plaine sur laquelle est construite la ville d’Afyon. C’est 57 mètres de plus que celui d’Alicante que nous avons déjà trouvé balèze quand nous y avons été.

Le seul moyen d’accéder au château c’est à pieds! La montée se fait au moyen d’un escalier en pierre. Ce n’est pas très compliqué mais nous vous déconseillons tout de même d’y monter en tongs! Nous n’avons pas eu le courage de compter les marches mais c’est une belle petite grimpette. Certains endroits peuvent quand même être scabreux pour les personnes souffrant de vertige mais le chemin n’est pas dangereux en soi.

Le sommet
La porte d’accès au château

Tout ce qu’il reste du château, ce sont les remparts qui entourent l’entier du sommet du promontoire rocheux. La forteresse, construite en 1350 avait un but purement défensif. Il n’y avait donc de toute façon pas de super palais à l’intérieur de celle-ci. Vu l’environnement un peu hostile du lieu (relief mal plat, prise au vent, etc), la construction de l’édifice n’a pas dû être une partie de plaisir, autant se contenter du strict minimum ce qui est déjà pas mal.

Il y a un drapeau turc qui se dresse fièrement au sommet bravant les éléments du climat un peu rigoureux. D’ailleurs, si vous regardez attentivement, vous verrez qu’il lui manque un morceau.

Le clou du spectacle!

Si nous avons fait l’effort de grimper jusqu’au sommet, c’est évidemment également pour la vue! Nous pouvons jouir d’un panorama à 360 degrés sur les montagnes d’Emir, le centre historique, la ville moderne et les fameux hauts plateaux qui nous emmènent déjà en Asie Centrale. Il souffle un fort vent du sud-ouest nous amenant un peu de calima, l’atmosphère n’est donc pas très nette mais ça n’enlève rien à la beauté du panorama!

Nous avons une confidence à vous faire! La région de la mer Egée est beaucoup plus sympa et intéressante du côté montagne que du côté mer! Et pourtant, nous sommes des drogués du bord de mer! Peut-être est-ce dû au fait que la côte méditerranéenne au sud est vraiment ouf et qu’en comparaison, la côte ouest fait un peu pâle figure. Nous ne sommes pas en train de dire que la côte égéenne est nulle, bien au contraire, c’est vraiment joli mais il manque ce petit supplément d’âme que nous avons trouvé au sud et dans l’arrière-pays.

Voilà, il est temps maintenant de nous mettre en route pour Istanbul où nous attend de pied ferme la famille de Van pour un petit séjour en famille dans la belle Constantinople.

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