Alicante

Il y a fort longtemps, Fab fit une promesse à Van : « Un jour, je t’emmènerai à Alicante. » C’était même bien avant que nous sortions ensemble. Et c’est le genre de promesse que Van n’oublie pas! Il était donc temps que Fab honore sa parole et emmène Van à la découverte de ce nouveau coin.

Vue du château sur la Costa Blanca en direction du nord

Nous profitons donc des billets dégriffés de la RENFE (les chemins de fer espagnols) afin de nous rendre à Alicante et en moins de deux heures de train, nous y sommes. C’est la deuxième ville de la Communauté Valencienne, après Valence mais l’atmosphère y est totalement différente. Alicante est beaucoup plus tranquille, plus provinciale, plus italienne aussi.

Le centre historique est assez petit et il faut bien chercher pour admirer quelques bâtiments intéressants car les années 1960-1970 et leur massacre architectural ont malheureusement passé par là.

Basilique Santa Maria

Située au pied du château, c’est l’église la plus ancienne d’Alicante. Elle a été construite entre les XIVe et XVIe siècles sur les restes de l’ancienne mosquée principale de la ville. Elle est de style gothique mais on remarque bien que les fioritures baroques de la façade ont été rajoutées par après (sûrement au XVIIIe siècle). Durant la Guerre Civile Espagnole, elle a été utilisée comme arsenal militaire, ce qui ne l’a pourtant pas mise à l’abri des déprédations.

Cathédrale St-Nicolas de Bari

Ici, il est plus facile d’apercevoir les traces de l’ancienne mosquée sur laquelle la cathédrale a été construite. Il reste un carré central avec une coupole. Elle a été construite au XVIIe siècle dans un style Renaissance tardif et on peut également voir quelques vestiges du baroque balbutiant de l’époque. Son nom proviendrait des fresques à l’intérieur sur lesquels apparaît Nicolas de Bari. Pour une église de cette importance, nous la trouvons particulièrement sobre.

L’intérieur paraît, au premier abord, tout aussi sobre que l’extérieur. Mais ce n’est qu’une impression. Très vite, apparaissent des détails richement décorés.

Quartier de Santa Cruz

Adossé à la colline Benancatil, au pied du château de Santa Barbara, Santa Cruz est le quartier médiéval d’Alicante. L’ambiance en ville est déjà relativement tranquille mais ici, le temps s’est carrément arrêté. Pas de bruit, pas de voitures, juste quelques habitants qui vaquent à leurs occupations dans leurs superbes petites maisons blanchies à la chaux. C’est une balade incontournable lors d’un passage à Alicante!

Ermitage de Santa Cruz

Au dessus du quartier du même nom, se trouve le petit mais mignon ermitage de Santa Cruz qui date de la fin du XVIIIe siècle. On y accède par quelques escaliers mais la montée n’a rien de bien méchant.

Même si nous ne sommes pas montés bien haut, nous pouvons déjà jouir d’une jolie vue sur Alicante et son château.

Château Santa Barbara

Là, c’est déjà du promontoire rocheux de ouf! Ils ont bien dû s’amuser à construire le château dessus à l’époque. Mais c’était une bonne stratégie de défense car le mont Benacantil (c’est le nom du promontoire rocheux) est vraiment escarpé, difficile d’accès et culmine à 169 mètres au dessus de la mer. D’ailleurs le nom est dérivé de l’arabe et signifie plus ou moins « la pointe d’Alicante ».

Evidemment que monter au château se mérite, surtout qu’un panneau au début du chemin nous annonce une déclivité de 20%! Mais nos mollets adorent ce genre de petite grimpette! Il existe des ascenseurs à l’intérieur de la roche pour les personnes à mobilité réduite (aux dernières nouvelles, il ne serait pas en service pour cause de Covid-19) mais pour nous, l’intérêt est de marcher. Assez vite, nous nous trouvons à longer les murailles qui descendent presque jusqu’à la mer et nous pouvons avoir un petit aperçu de la vue qui nous attend au sommet.

Nous en avons vu des châteaux en Espagne mais celui-là, c’est du niveau de compétition et mérite amplement l’effort fourni pour monter jusqu’à lui! Le château de Santa Barbara (rien à voir avec une série pourrie des années 1980) doit son nom à Sainte-Barbe, une martyre qui aurait vécu au IIIe siècle en Anatolie et qui a choisi la voie du Christ plutôt qu’un mariage arrangé par son père et qui a été torturée, puis tuée pour cela. La prise du château par les Castillans date du 4 décembre 1248, jour de la Sainte-Barbe pour les catholiques, d’où son nom.

La colline a été occupée dès l’Age de Bronze, ce qui n’est guère étonnant vu l’emplacement du promontoire rocheux. Quant à l’histoire du château, elle remonte au IXe siècle, en pleine période musulmane. Les Castillans sont arrivés en 1248 sous les ordres du futur roi Alphonse X avant de laisser la place aux Aragonais de Jacques II d’Aragon ( le fils de notre fameux Jaime Ier!) en 1296. C’est à cette période qu’il fut agrandi. Il a même été anglais durant 3 ans, puis bombardé par les Français pendant la guerre de Succession d’Espagne dont l’enjeu était le trône d’Espagne après la mort, sans héritier, du roi Charles II. Evidemment que plusieurs puissances européennes de l’époque étaient intéressées à gouverner le territoire espagnol! Il a servi de prison pendant la Guerre Civile Espagnole avant d’être définitivement abandonné. Il a rouvert ses portes en 1963 dans un but purement touristique et culturel.

L’intérieur

Le château étant relativement bien conservé, il est possible de visiter les quelques salles qui restent. C’est une petite oasis de fraîcheur bienvenue car, même si nous sommes en automne, le matin, les températures atteignent allègrement les 30 degrés, ce qui n’est, évidemment, pas pour nous déplaire! A l’intérieur, se trouvent les armoiries des différentes familles influentes du château, des drapeaux ainsi que quelques toiles.

Il vaut vraiment la peine de monter au château, il est vraiment superbe, bien conservé et en plus, l’entrée est gratuite!

La vue

Déjà, lors de la montée la vue promettait d’être belle et la promesse a bel et bien été tenue! Depuis le château, nous avons une magnifique vue sur Alicante au sud, la cathédrale, la marina, la plage, la mer Méditerranée à l’est, et la cordillère bétique à l’ouest. Le coin nous rappelle un peu la montée à la Kasbah d’Agadir.

Château San Fernando

Il en jette moins que son grand frère le château de Santa Barbara! Il est bien plus récent également. Pourtant, son histoire est quand même très intéressante. Il a été construit en 1813 sur le mont Tossal durant la Guerre d’Indépendance contre les Français afin de renforcer la défense du château de Santa Barbara. En 1939, lors de la prise de la ville par les Franquistes, la forteresse a été utilisée comme camp de concentration pour loger la grande quantité de Républicains faits prisonniers. Pour rappel, la Communauté Valencienne est restée républicaine jusqu’au bout! Nous n’avons malheureusement pas pu accéder à l’intérieur des murailles car le site est fermé pour cause de travaux mais nous avons tout de même pu observer la vue sur le nord d’Alicante et Santa Barbara.

Côté mer

Alicante se trouve directement sur les rives de la Méditerranée et est partiellement tournée vers elle. L’ambiance se fait beaucoup plus chic, la présence de la marina n’y est pas pour rien. C’est ici que se pressent le peu de touristes que compte la ville.

La plage El Postiguet

Nous sommes loin des plages de rêve mais Alicante peut se targuer d’avoir une plage en plein centre-ville pas trop pourrie. Le coin vaut plus le détour pour la vue sur le mont Benacantil et le château que pour la baignade même si les températures encore très estivales incitent à faire trempette.

L’Esplanade d’Espagne

C’est sûrement le coin le plus connu d’Alicante. C’est une promenade en bord de mer longue de 500 mètres bordée de palmiers. Elle date de la première moitié du XXe siècle et son sol a été recouvert avec plus de six millions et demi de mosaïques de couleurs rouge, bleue et blanche formant un dessin de vagues géantes. Avec la crise de la Covid-19, la promenade est presque vide. C’est cool pour nos photos mais c’est catastrophique pour le tourisme en Espagne qui, en temps normal, compte, en septembre, pas mal de ressortissants d’Europe du Nord venus chercher un peu de douceur d’arrière-été méditerranéen.

En continuant notre balade en direction du nord, nous arrivons dans un coin un peu moins urbanisé. C’est notre endroit préféré d’Alicante avec sa plage sauvage de galets surplombée par la colline de la Serra Grossa.

En général, les vacanciers passent par Alicante juste pour se rendre dans les stations balnéaires de la Costa Blanca sans s’y arrêter. C’est bien dommage car la ville a plus à offrir qu’un aéroport. Donc n’hésitez pas à vous y arrêter si vous passez dans le coin surtout qu’une grosse journée de visite suffit amplement si vous n’êtes pas des escargots qui aiment prendre leur temps comme nous.

Maintenant, Fab sait qu’il ne doit pas lancer des promesses en l’air, surtout celles qui concernent les voyages! Mais puisque nous sommes dans le coin, nous allons profiter pour aller explorer les alentours au gré de nos envies et des opportunités.

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