Bodrum

Nous avons souvent entendu dire que Bodrum c’est un peu l’Ibiza ou le Mykonos turc, c’est à dire le paradis de la nightlife avec ses bars, clubs et discothèques en tout genre. Nous n’allons pas faire durer le suspense plus longtemps, Bodrum est bien la reine de la fête! Ce n’est pas vraiment notre kif mais heureusement, nous sommes vraiment hors saison et l’ambiance clubbing ne se fait pas trop sentir. Actuellement, ce sont plutôt les locaux qui profitent de l’absence des touristes et de la douceur de la baie de Cos pour flâner dans la ville et boire un verre en terrasse surtout que le printemps a enfin décider à s’installer durablement quand il n’y a pas trop de vent.

la marina de Bodrum

Bodrum a été fondée par les Grecs et ça se remarque tout de suite à ses petites maisons blanches et bleues. La Grèce n’est d’ailleurs pas très loin : l’île de Cos se trouve juste à l’entrée de la baie! Aujourd’hui, c’est une station balnéaire et, au centre-ville, on n’y trouve pratiquement que des hôtels, des bars, des restaurants ou des discothèques. Mais vous commencez à nous connaître et vous vous doutez bien que nous ne nous sommes pas contenté de ce que nous avons vu au premier abord et que nous sommes aller gratter le vernis pour voir ce qui se cache vraiment sous l’apparence bling-bling.

Le front de mer

Pour une station balnéaire, la plage est vraiment pourrie! Elle est jonchée de galets et n’est pas du tout agréable pour y rester faire bronzette. C’est vrai que si les touristes passent leurs nuits en discothèque et leur journée à récupérer leurs folles nuits, ils s’en foutent un peu de la beauté de la plage! Ce sont les restaurants qui sont contents, ils peuvent utiliser les lieux pour installer leur terrasse! Par contre, le paysage de la baie avec ses petites montagnes est vraiment chou!

Le truc le plus intéressant du front de mer est le château Saint-Pierre, situé sur un petit promontoire rocheux s’avançant dans la mer Egée. Il a été construit au XVe siècle par les Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jerusalem, un ordre catholique militaire. Aujourd’hui, il abrite le musée archéologique marin.

Mausolée d’Halicarnasse

Nous avons quand même trouvé un peu de culture au milieu des lieux de débauche! En plein centre de Bodrum se trouve le mausolée d’Halicarnasse ou plutôt ce qu’il en reste. Halicarnasse est en fait le nom de la ville de Bodrum dans l’Antiquité. C’est un peu difficile à imaginer aujourd’hui mais l’édifice, achevé en 350 avant J-C faisait 45 mètres de haut! Il possédait également un système de drainage super sophistiqué pour l’époque! Sa mauvaise conservation est due aux différents tremblements de terre dont a été victime la région à travers les siècles. La Turquie étant au milieu des plaques tectoniques eurasiennes et africaines. Nous avons d’ailleurs senti plusieurs fois la terre légèrement trembler lors de nos deux séjours turcs.

Le mausolée fait partie des sept merveilles du monde antique. C’est assez fou car c’est la troisième merveille que nous voyons depuis le début de l’année après la pyramide de Khéops à Gizeh et le temple d’Artémis à Ephèse. Et ce n’était même pas calculé! Nous avons bien envie d’aller découvrir les endroits où se trouvent les quatre autres du coup!

Voilà à quoi ressemblait le mausolée au temps de sa splendeur!

Les moulins de Bodrum

Cette fois, notre grimpette du jour ne nous a pas emmenés voir un énième château, ni des tombes dans la roche comme à Fethiye mais des moulins, ou plutôt ce qu’il en reste! Ils étaient utilisés dès le XVIIIe siècle pour moudre le grain afin de fabriquer de la farine. Vu l’énorme consommation de pain en Turquie, nous pensons bien que ces moulins devaient tourner à plein régime! Ils sont situés sur une petite péninsule et sont orientés nord-est afin de bénéficier du vent de la côte. Nous confirmons, ça souffle pas mal sur ce petit promontoire rocheux.

Le clou du spectacle reste quand même la vue à 360 degrés sur Bodrum, Gumbet qui apparemment possède une plage digne de ce nom, la baie de Cos et les premières îles grecques. Avec le ciel un peu voilé, les côtes découpées et les moutons qui paissent tranquillement sur le cap, l’ambiance est digne d’un paysage écossais!

Un peu de nature!
Vue de Bodrum depuis les hauteurs

Notre grimpette aux moulins ne nous ayant pas suffi, nous avons chaussé nos baskets pour découvrir les hauts de Bodrum. Normalement, nous aurions dû voir quelques ruines au sommet mais les derniers mètres du chemin ont été obstrués par une chute de pierres et est donc devenu impraticable. Ce n’est pas très grave, notre but premier était de marcher un peu en nature et d’observer les fleurs qui s’épanouissent dans la douceur du printemps méditerranéen.

Nous sommes quand même montés assez haut pour profiter de la vue sur la baie de Kos. Il manquait juste le soleil mais avec la brume, la vue sur cette baie très découpée et ses îles nous fait penser à celle d’Hong Kong, même si les bâtiments sont beaucoup plus bas et la température beaucoup moins étouffante.

Heureusement que nous sommes venus à Bodrum hors saison car c’est sûrement infernal en été avec les hordes de touristes! Nous n’avons pas trop aimé la ville, très jolie mais trop dédiée au tourisme de masse. Par contre l’environnement de la baie et les paysages aux alentours sont juste incroyables.

Nous sommes venus à Bodrum dans un but bien précis, celui d’essayer de prendre un ferry pour l’île de Cos puis de rejoindre la Grèce continentale car nous n’avions pas trouvé des infos fiables sur internet. Si apparemment les frontières maritimes ont rouvert, malgré un contentieux territorial entre les deux pays, les liaisons par ferry restent, quant à elles, toujours suspendues pour le moment. On nous a laissé entendre que ce serait pour la première semaine de mai mais sans pouvoir nous donner une date précise. C’est un peu frustrant car nous pouvons parfaitement voir l’île de Cos depuis Bodrum et la traversée se fait en à peine vingt minutes! L’idée de soudoyer un bateau de pêcheur nous a effleurée mais comme nous voulons retourner en Turquie une prochaine fois, nous avons meilleur temps de passer la douane et faire tamponner notre passeport comme il se doit.

Comme nous ne pouvons pas attendre jusqu’en mai pour des raisons de visa et d’autres obligations qui nous attendent en Espagne, nous allons gentiment remonter vers le nord. Mais tout n’est pas perdu pour tout le monde! Ce contretemps fait le beurre de la famille de Van qui a décidé de nous rejoindre pour quelques jours à Istanbul en avril. Nous nous réjouissons de passer un peu de temps en famille avant notre retour! En attendant, nous avons déjà trouvé quelques étapes qui ont l’air sympa et que nous avons hâte de découvrir.

Şirince et Kuşadası

Lors de nos recherches sur internet pour rédiger notre précédent article, nous sommes tombés sur des liens concernant des lieux à visiter dans le coin qui nous semblaient particulièrement intéressants, comme presque partout en Turquie. Comme nos trouvailles étaient faciles d’accès depuis Selçuk où nous séjournions, nous avons décidé de prolonger un peu le plaisir et de partir à la découverte des alentours.

Paysage en dessus de Şirince, un petit air des Appenins.

Şirince

Şirince ne se situe qu’à 8 kilomètres de Selçuk, mais est déjà perché à flanc de montagne. Nous ne sommes qu’à 350 mètres d’altitude, à peine l’altitude de Genève, mais en Turquie le relief est tellement abrupt depuis le littoral qu’on a tout de suite l’impression d’être en pleine montagne. D’ailleurs, la mer Egée ne se trouve qu’à une petite quinzaine de kilomètres en contrebas, pourtant l’ambiance est tout sauf maritime! Şirince est facilement accessible en dolmus depuis Selçuk sur une route de montagne bien en lacets qui nous refile vite la gerbe, exactement comme les guaguas de Tenerife!

Pas très maritime comme ambiance!

Şirince était un village grec orthodoxe durant la période ottomane. Les Grecs peuplaient une bonne partie des côtes turques égéennes à l’époque tout comme les Turcs peuplaient une partie des îles grecques. Toute la région faisait partie de l’empire ottoman. A la chute de celui-ci à la fin de la Première Guerre Mondiale et à la signature du traité de Lausanne de 1923 définissant les frontières de la nouvelle république de Turquie ainsi que de la Grèce indépendante, chaque population a dû « rentrer chez elle » provoquant un exode massif et un véritable échange de populations.

Aujourd’hui, il ne subsiste qu’une seule église orthodoxe de cette époque. L’ambiance est véritablement turque mais le village a gardé tout son cachet d’antan avec ses vieilles maisons, joliment restaurées, accrochées au flanc de la montagne. Les deux premières ruelles en bas du village à l’arrivée du dolmus sont remplies de magasins de souvenirs mais il vaut la peine de les traverser et de monter sur les hauts où le coin est un peu plus authentique.

Il vaut la peine de grimper un petit peu et de sortir du village pour admirer la vue depuis en haut. Outre, la vue sur le village qui est incroyable, le paysage de montagne aux alentours n’est pas mal non plus et nous fait un peu penser aux Appenins dans le centre de l’Italie.

Santé!

Une des raisons, et pas des moindres, qui nous a poussé à subir le mal des transports pour grimper jusqu’à Sirince est le pinard! Non, ça ne combat pas le mal mais ça fait plaisir! La région est réputée pour sa culture du vin,. Il fallait absolument que nous allions tester ça! Le principal cépage est l’Öküzgüzü (à vos souhaits!). Ce serait un des plus anciens cépages existant sur Terre et il est exclusivement cultivé en Anatolie où il se plait particulièrement en altitude sur les coteaux méditerranéens. Heureusement, parce-que la Turquie c’est vraiment mal plat en Méditérannée! C’est un bon rouge comme on en connaît dans le sud de l’Europe du même acabit que le Merlot ou le Cabernet, deux cépages avec lequel il est souvent assemblé. Même si ce n’est pas toujours mis en avant pour des raisons religieuses, sachez que la Turquie est un grand pays viticole et qu’on y trouve du vin qui n’a pas beaucoup à envier à ceux des autres pays méditerranéens.

Une des nombreuses caves de Şirince

Kuşadası

Le caravansérail

Cette petite incursion dans les montagnes d’Ephèse c’était bien joli mais la mer commence à nous manquer! Ben oui, ça fait quand même 4 jours que nous ne l’avons pas vue! Et encore, à Izmir ça ne ressemble pas vraiment à la mer! Nous nous arrêtons dans la petite bourgade de Kuşadası à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Selçuk. A première vue, ce n’est pas le top car c’est ici que débarquent tous les croisiéristes pour la visite du site d’Ephèse. Mais nous ne sommes pas en saison des croisières et la ville à quand même quelques petites choses à offrir autres que des boutiques de souvenirs, des restos à touristes, des centre commerciaux ou des agences à tours.

Le caravansérail

Un caravansérail était un lieu d’étape pour les caravanes de chameaux au Moyen-Orient. On y ravitaillait les voyageurs et les bêtes et on y faisait du commerce. La forteresse extérieure semble de style vénitien avec ses créneaux en « V » pourtant elle a été construite en pleine période ottomane en 1618 et servait à protéger les biens qu’on y vendait ou qu’on s’y échangeait à l’intérieur. Kuşadası était un port de commerce important où s’y retrouvaient des marchands ottomans, arabes et même génois.

Aujourd’hui, ce caravansérail très oriental paraît presque incongru dans un Kuşadası très occidentalisé, presque grec. Il a été transformé en hôtel de charme.

Güvercinada

Güvercinada signifie littéralement « île aux pigeons » car le coin est envahi d’oiseaux dont des pigeons pendant la période de migration. Ce petit îlot est facilement accessible à pied grâce à une petite jetée qui le relie au continent. Il y trône, en son centre, un petit château datant du XVe siècle entouré d’une forteresse ajoutée au XVIIIe siècle afin de se protéger des révoltes grecques sévissant à l’époque. C’est super sympa de s’y promener, l’endroit est très boisé avec des essences typiquement méditerranéenne comme des pins ou des oliviers.

Attention : nous avons rencontrés un rabatteur peu scrupuleux qui essayait de faire croire aux touristes que l’accès à l’île est payant. C’est FAUX! L’entrée est gratuite! Sachez également que ce genre de pratique n’est PAS courante en Turquie. Les gens sont en général serviables et honnêtes, même dans les coins touristiques. Donc, c’est exemple n’est en AUCUN CAS représentatif du pays.

Nous avons également été impressionnés par la clarté de l’eau! Promis, juré (mais pas craché, la pandémie n’est pas encore totalement finie!), ce sont bien des photos de la mer Egée. Nous n’avons pas recyclé nos photos de Zanzibar ou de la mer Rouge!

Le problème en Turquie, c’est qu’il y a des coins intéressants absolument partout et Şirince et Kuşadası n’ont pas échappé à la règle. C’est un peu frustrant car nous ne pourrons pas nous arrêter partout et nous devrons faire des choix et ceux-ci s’annoncent vraiment cornéliens!

Ephèse

Nous n’allions pas quitter la Turquie sans visiter au moins un des sites archéologiques de la côte égéenne! Nous avons choisi Ephèse, juste au feeling et aussi parce-que le site est super accessible depuis Izmir avec le Izban, le train de banlieue. En temps normal, c’est assez rapide mais notre train est tombé en panne et nous avons loupé notre correspondance. Nous avons dû attendre presque une heure sur le quai d’une gare d’un bled perdu. Heureusement, l’endroit était bien exposé au soleil et nous n’avons pas eu froid!

temple d’Artemis à Selçuk, enfin ce qu’il en reste!

Il est tout à fait possible de visiter Ephèse en une journée depuis Izmir. Comme nous avons trouvé un logement qui nous convenait, nous avons décidé de rester à Selçuk, la petite ville à côté du site archéologique, et ça s’est avéré être un bon plan! Nous vous expliquons pourquoi plus bas dans cet article.

La voie Arcadiane

Selçuk

Dormir à Selçuk était un bon plan car l’ambiance est mille fois plus cool qu’à Izmir! C’est une toute petite ville à une cinquantaine de kilomètres au sud d’Izmir et l’ambiance est assez tranquille entre les petites rues piétonnes et leurs cafés sympas. Quoique, nous ne sommes pas sûrs qu’en été l’ambiance soit aussi paisible. On y trouve déjà quelques ruines antiques dont les restes d’un aqueduc romain qui sert aujourd’hui de support pour les nids des cigognes.

Basilique St-Jean

Notre but du jour est de grimper à la citadelle sur la colline Ayasoluk. En chemin, nous tombons sur les ruines de la basilique St-Jean. Vu ce que nous voyons encore aujourd’hui, l’édifice devait être grandiose! Elle date du VIe siècle sous le règne de l’empereur Justinien et a été bâtie sur les restes d’une église antérieure de la fin VIe siècle. Elle a été édifiée sur l’emplacement de la tombe de Saint Jean, un des apôtres de Jésus qui a écrit un des évangiles de la bible. Le site est bien en ruines mais nous pouvons quand même deviner la nef, longue de 130 mètres pour 65 mètres de large ainsi que le baptistère sur le côté.

La mégalomanie dans les églises ne datant pas d’aujourd’hui, nous avons pu observer de superbes sculptures et mosaïques en marbre ainsi que des bas-reliefs magnifiquement ouvragés.

Nous aimons bien jouer aux apprentis archéologues et parfois ça paie! Il semblerait que nous avons fait la découverte du siècle! Nous avons vraisemblablement trouvé la cachette du vin de messe!

Trêve de plaisanterie. Il y a de vrais archéologues qui ont fait un sacré boulot d’investigation et qui ont tenté de reconstituer la basilique telle qu’elle devait être au temps de sa splendeur.

Nous ne sommes pas du tout religieux, bien au contraire, mais nous devons avouer que nous avons été pris par la spiritualité dégagée par le lieu, même si ce n’est plus qu’un champ de ruines.

La citadelle

La citadelle se situe au sommet de la colline d’Ayasoluk à l’endroit même où l’apôtre Jean aurait écrit son évangile. La forteresse date de l’empire byzantin (XIe siècle) puis a été agrandie et renforcée par les Seldjoukides à l’époque ottomane (XVe siècle). Les remparts extérieurs sont en très bon état grâce à leur restauration datant de 2011. A l’intérieur, il n’y a plus qu’une mosquée et une église en ruines.

Grimper sur la colline nous aura permis d’admirer la vue sur Selçuk et les montagnes aux alentours. Côté ouest, nous pouvoir voir la plaine qui ressemble à s’y méprendre à la plaine du Chablais! Mais ce que nous apercevons au loin n’est pas le lac Léman mais bien la mer Egée.

Ephèse

Ephèse se situe à trois petits kilomètres de Selçuk. Nous y avons été à pieds par une voie piétonne super facile, toute plate et c’est super bien indiqué. Il est également possible de louer un vélo et de s’y rendre par la piste cyclable, c’est tout aussi facile, plat et bien indiqué. Un autre moyen de s’y rendre est le dolmus (le minibus urbain) qui vous dépose directement à l’entrée du site.

Dormir à Selçuk était également un bon plan pour visiter Ephèse car nous sommes arrivés sur le site assez tôt le matin, avant la cohue des touristes et à un moment où la lumière était magnifique!

bas-relief de Niké, déesse de la Victoire

Ephèse est une des cités grecques les plus anciennes et les plus importantes d’Asie Mineure. Son temple d’Artemis, dont il ne reste à peine quelques ruines aujourd’hui, faisait partie des sept merveilles du monde! C’était la capitale de l’Ionie, une province de la Grèce antique qui correspond grosso modo à l’actuelle province d’Izmir. C’était un port important de la mer Egée, ce qui est un peu difficile à imaginer aujourd’hui car, au fil des siècles, des sédiments se sont accumulés et le rivage se trouve maintenant 8 kilomètres en contrebas.

L’emplacement du site d’Ephèse a toujours été connu puisqu’il a fait d’objet d’importantes documentations à travers les siècles. Cependant, des « vraies » fouilles archéologiques ont été entreprises en 1858 avec la construction de la ligne de chemin de fer et continuent encore aujourd’hui. Vu tous les tertres que nous avons pu apercevoir dans les alentours, nous soupçonnons fortement qu’une bonne partie de la cité reste à découvrir.

Dès notre entrée dans le site, nous sommes déjà subjugués par les paysages alentours composés des magnifiques montagnes Bülbüdagi (au nom un peu moins magnifique, on vous l’accorde!) ornées d’oliviers et de pins parasols.

Le théâtre

Peu après l’entrée du site nous commençons déjà très fort avec ce gigantesque théâtre construit entièrement en marbre à l’époque hellénistique! (vers le IIIe siècle avant JC) Ses dimensions sont impressionnantes : 145 mètres de large et 30 mètres de haut et une scène de 25 mètres sur 40! L’édifice pouvait accueillir jusqu’à 24’000 personnes! Un truc de ouf pour l’époque! Le monument est assez bien conservé et l’acoustique reste irréprochable.

L’Odéon

Ce théâtre semi-circulaire est bien plus modeste que le grand théâtre mais c’était voulu. Sa fonction principale était d’accueillir les séances du sénat. Il a été construit au IIe siècle grâce au financement d’une famille influente de la ville. L’édifice servait également à l’organisation de concerts privés destinés aux grands pontes d’Ephèse. Il pouvait tout de même accueillir jusqu’à 1500 personnes. Comme pour son grand frère, la conservation du bâtiment est encore assez bonne et l’acoustique toujours aussi parfaite.

Le souci du détail
Sarcophage sculpté de têtes de taureaux

Ce que nous aimons particulièrement faire lorsque nous visitons des sites antiques, c’est de partir à la recherche de petits détails ornementaux. Ephèse nous a gâtés à ce sujet! Il y a une quantité de sculptures, gravures, bas-reliefs, statues, textes écrits, etc, superbement conservés. Même si nous arrivons à déchiffrer l’alphabet grec, nous n’avons pas du tout étudié le grec ancien et nous n’avons absolument aucune idée de quoi les textes peuvent bien parler! Nous avons moins de peine en Europe de l’Ouest avec les inscriptions en latin… Mais ça ne nous a pas empêché d’être impressionnés par la qualité et la finesse du travail qu’effectuaient les sculpteurs à l’époque sachant que le tout date d’à peu près 2000 ans!

La bibliothèque de Celsus

Nous avons gardé le meilleur pour la fin! Cette merveille était la troisième bibliothèque la plus importante du monde antique après Alexandrie et Pergame. Pour nous, en tant que « book addicts » une bibliothèque est un lieu sacré et quand en plus, elle possède une superbe façade incroyable datant du IIe siècle, c’est carrément Noël! Bon l’histoire fait un peu moins rêver. En l’an 263, elle a été incendiée par les Goths, un peuple de barbares moitié germaniques, moitié scandinaves. Tous les livres, ou plutôt rouleaux à l’époque, sont partis en fumée, une vraie tragédie. La façade que nous voyons aujourd’hui est le résultat d’une anastylose, c’est-à-dire une reconstruction faite à l’aide des fragments trouvés sur place, datant des années 1970. Malgré tout, ça reste un édifice splendide qui vaut la peine qu’on s’y attarde.

Rencontre insolite

Comme vous le savez déjà, nous voyageons pour un tas de raisons mais surtout pour les rencontres avec les gens. Pour être honnêtes, ce n’est pas dans ce genre de site touristique que nous en faisons le plus. Mais il ne faut jamais dire jamais… Lors de notre arrivée dans le théâtre, nous avons eu la surprise d’entendre un petit groupe parler malais ou indonésien (les deux langues sont très similaires). C’est d’ailleurs grâce à ça que nous pouvons vous confirmer que l’acoustique du théâtre est top! Ayant eu de très bon contacts avec les Malaisiens et les Indonésiens lors de notre séjour en Asie du Sud-Est, nous n’avons pas pu nous empêcher d’aller les aborder. Et nous avons bien fait! Ces gens viennent d’Indonésie et ils sont plus que ravis d’échanger avec des Occidentaux. Nous avons passé un très bon moment. Evidemment, nous n’avons pas échappé au traditionnel selfie mais c’est un exercice auquel nous nous plions toujours avec plaisir.

Selçuk et Ephèse auront été un énorme coup de cœur en Turquie. (Encore un!) Nous qui sommes passionnés d’histoire, nous n’avons pas été déçus. Ephèse mérite amplement sa réputation et Selçuk ne devrait pas être qu’un simple lieu de passage pour se rendre au site archéologique.

Et ce n’est pas fini! D’après ce que nous avons pu étudier, la région regorge de petits trésors de ce genre! Nous n’aurons malheureusement pas le temps de tout voir cette fois-ci, mais nous allons quand même nous y attarder pour en découvrir un peu plus.

Izmir

Nous avons finalement renoncé à parcourir toute la côte turque et avons privilégié le train qui passe par Konya. L’itinéraire n’est pas aussi illogique qu’il en a l’air. La Turquie est un pays vraiment mal plat surtout sur la côte qui est bordée par la chaîne des Monts Taurus. La ligne de chemin de fer passe à l’intérieur du pays sur des plateaux aux reliefs plus ou moins plats et il est plus commode et rapide de rejoindre la côte ouest par ce moyen. Le début du trajet était magnifique longeant des gorges de calcaire vraiment impressionnantes mais ça s’est assez vite gâté! Les plateaux centraux ne sont pas extraordinaires et nous avons essuyé une tempête de neige monstrueuse alors que n’étions qu’à 800 mètres d’altitude. La Turquie connaît cette année un hiver tardif et inhabituellement froid. Il fait même meilleur en Europe centrale ces jours-ci!

NB : Toutes les vidéos des paysages prises depuis le train se trouvent encore dans nos stories instagram

Nous devons changer de train à Konya au centre-sud du pays. Là, un froid glacial nous attend, il fait moins un degré! Heureusement, nous trouvons de quoi nous réchauffer et nous restaurer. On nous laisse même squatter la salle d’attente chauffée de la gare normalement réservée aux voyageurs du train à grande vitesse pour Istanbul ou Ankara. Les trains sont également très bien chauffés, voire presque trop et ils sont modernes et confortables. Après 24 heures de voyage, finalement pas trop désagréables, nous voilà arrivés à Izmir, située sur la mer Egée.

Ancienne agora de Smyrne, datant du IIIe siècle

Izmir est la troisième ville du pays et ça se ressent assez vite. Nous passons la dernière heure de notre trajet à traverser des faubourgs interminables et très moches. La douceur de vivre est moins présente qu’au sud, nous sommes plus proches de la frénésie d’Istanbul que de la dolce vita d’Antalya ou Adana. Par contre, l’anglais est beaucoup plus parlé par la population locale et il est beaucoup plus facile de communiquer avec les gens, pour notre plus grand bonheur! Il y a quelques détails qui nous rappellent fortement la Grèce qui n’est plus très loin, l’île grecque de Chios se trouve juste au large du Golfe d’Izmir.

Une partie d’Izmir au pied des monts Yamanlar
Centre historique

Durant la période ottomane, Izmir était un important port d’escale. Il reste de cette époque un petit centre historique avec quelques maisons typiques de cette époque. Les ruelles correspondent à l’ancien bazar reconverti en boutiques de souvenirs et en petits cafés. C’est d’ailleurs la toute première fois en Turquie que nous avons affaire à des rabatteurs! Certes, ils ne sont vraiment pas insistants mais c’est un pays qui ne nous avait pas du tout habitué à ça! Même dans le Grand Bazar d’Istanbul, pourtant fréquenté presque uniquement que par des touristes, on nous a foutu une paix royale!

Alsancak

S’il y a un endroit cool à Izmir pour manger, boire un café, une bière ou un verre de vin, c’est bien Alsancak! Il est difficile de faire un choix entre tous les restos, bars ou cafés qui nous sont proposés! En été, il doit être bien agréable de flâner dans les rues piétonnes bordées par quelques maisons ottomanes et leur balcon-galerie avant de se poser sur une des nombreuses terrasses du quartier, toutes plus sympas les unes que les autres. Il y en a pour tous les goûts : cuisine locale, resto de poissons, végan, pub irlandais, cuisine étrangère, bar à cocktails, œnothèque, etc… C’est le quartier que nous avons préféré à Izmir!

Le front de mer

La ville d’Izmir se trouve au bord de la mer Egée, même si elle donne l’impression d’être au bord d’un lac qu’on pourrait trouver dans nos Alpes. D’ailleurs, l’environnement nous rappelle fortement la ville de Montreux au bord du lac Léman! En fait, la ville se trouve au fond du golfe qui porte son nom. C’est un vrai fjord de 75 kilomètres de long bordé par différentes chaînes de montagnes. Donc ça ne sert à rien d’essayer d’apercevoir la ligne d’horizon, vous ne la verrez pas depuis Izmir. Votre regard se posera forcément sur le relief, qui est magnifique soit-dit en passant! Dommage que le coin connaisse une urbanisation galopante et que les coteaux soient littéralement étouffés par une jungle de béton.

Il y a une jolie promenade pour piétons et cyclistes qui longe le rivage. Nous y avons été accueillis par un fort vent du nord bien glacial mais nous sommes sûr qu’en été, il y est bien plus agréable de s’y balader!

Izmir n’est pas un incontournable en Turquie et nous aura laissé un peu sur notre faim. Une première dans ce pays que nous adorons! Nous avons bien aimé son côté cosmopolite mais moins son côté grosse ville étouffante. Pourtant, malgré notre statut de backpackers, nous avons un côté citadin très développé et avons apprécié des villes qui paraissent bien plus horribles comme Saigon. Même Istanbul avec ses 17 millions d’habitants nous a paru beaucoup moins oppressante!

Malgré cette découverte d’Izmir en demi-teinte, nous n’allons pas nous laisser abattre et allons tout de même partir explorer la région de la mer Egée qui semble avoir quelques petits trésors à nous proposer!

Kizkalesi

Comme nous vous l’avons expliqué dans notre précédent article, notre périple par l’ouest se fera par la côte méditerranéenne. En effet, la Turquie connaît ces temps de fortes chutes de neige totalement inhabituelles pour un mois de mars. Il y a juste le sud qui est plus ou moins épargné par ce retour inattendu de l’hiver. Plus ou moins car la neige n’est pas tombée sur le littoral (mais on la voit bien sur les Monts Taurus pas loin!) mais la région connaît une vague de froid tout aussi inhabituelle avec des températures qui flirtent dangereusement avec zéro degré la nuit et qui ne dépassent pas 10 degrés la journée. Le tout accompagné d’un vent du nord glacial à décorner des bœufs. (Ceux qui connaissent la bise noire savent parfaitement de quoi nous parlons!) Enorme manque de bol : pendant le jour le plus froid, il y a eu une grosse panne d’électricité d’une bonne demi-journée et nous avons été privés de chauffage!Le réveil a été un peu rude ce jour-là, surtout pour Van la frileuse, mais, heureusement, tout a fini par rentrer dans l’ordre. Cette anecdote nous a quand même donné une bonne piqûre de rappel sur le fait qu’en Occident, nous avons quand même beaucoup de chance d’avoir accès à l’électricité et surtout au chauffage pendant l’hiver!

Malgré le temps maussade, nous reprenons quand même la route car notre temps n’est pas illimité et, selon les prévisions météo, nous avons bon espoir que la situation s’améliore les prochains jours. Depuis Adana, nous avons repris le train jusqu’à Mersin et ensuite un dolmus (un minibus local) jusqu’à la petite localité de Kizkalezi. Ce n’est qu’une petite station balnéaire un peu endormie à cette saison mais nous ne nous sommes pas arrêtés pour la baignade même si ces jours avec l’inertie, l’eau est probablement moins froide que l’air. Ce qui nous intéresse ce sont les quelques sites culturels qui se trouvent dans le coin et que nous sommes impatients d’aller découvrir.

Korykos beach et son château.

La ville a été fondée par des Romains au VIIIe siècle. Elle a connu ensuite, comme toute la région, différentes civilisations comme les Arméniens, les Chypriotes, les Mamelouks, les Karamanides, les Ottomans et finalement les Turcs d’aujourd’hui. La forteresse témoigne de toutes ces époques avec des nécropoles romaines, un arc de triomphe, des églises chrétiennes et des fortifications médiévales. Malheureusement, le site est fermé aux visites en hiver. Il se trouve sur une superbe petite plage aux eaux cristallines et, à voir les dépôts blancs sur le sable, bien salées. Côté terre, la végétation a été laissée à l’état sauvage et constitue un petit sanctuaire pour les oiseaux. D’ailleurs, à notre grande surprise, nous avons pu observer des espèces aux couleurs chatoyantes.

Kiz Kalesi

En turc, Kiz Kalesi signifie château de la jeune fille ou de la sirène selon les traductions. Le château en question se situe sur un petit îlot à environ 300 mètres au large de la plage et a donné son nom au village. On y accède en bateau mais seulement pendant la saison touristique. Apparemment, il existait une jetée qui reliait le continent à l’île mais, vu ce qu’il en reste, elle a dû essuyer pas mal de tempêtes. L’îlot a d’abord été habité par des pirates qui ont été chassés par les Byzantins qui y construisirent un premier fort. La forteresse que nous voyons aujourd’hui date du Royaume Arménien de Cilicie et date du XIIIe siècle. La Cilicie était la province romaine qui constitue aujourd’hui la plaine d’Adana et qui est voisine de la Lycie beaucoup plus connue. Vu depuis le continent, la forteresse paraît de taille modeste. Pourtant l’ensemble s’étend sur 15’000 mètres carrés et est entouré par 192 mètres de remparts.

Prenons un peu de hauteur!
Le canyon de Kizkalesi

Nous avons enfin une journée à la météo assez clémente pour nous permettre d’effectuer notre petite grimpette traditionnelle. Depuis le village de Kizkalesi, nous montons sur les collines environnantes, qui sont en fait les premiers contreforts de la chaîne des Monts Taurus, sur sept kilomètres entre les oliviers, les citronniers et des garrigues typiquement méditerranéennes. Malgré le vent du nord qui pique un peu, nous sommes ravis de pouvoir enfin crapahuter en nature!

Adamkayalar

Le but de notre balade se situe sur un petit promontoire rocheux haut de 140 mètres d’altitude. Oui, c’était une grimpette de santé! On y retrouve la ville antique d’Adamkayalar datant du IIe siècle, donc de l’Epoque Romaine. Les ruines sont un peu laissées à l’abandon entre les ronces et les pierres. Mieux vaut s’équiper de bonnes chaussures et d’avoir les chevilles bien accrochées pour se rendre sur le site!

Sur les parois de calcaire en face du site, il y a des trous creusés dans la roche. Ce sont des tombes qui datent de la même époque que la cité. Vu où elles se trouvent, les gens de l’époque étaient bien balèzes de creuser une nécropole dans des endroits aussi inaccessibles! De loin, on peut même apercevoir quelques gravures en bas-relief!

Nous savons pertinemment que dans l’Antiquité, si les villes étaient construites sur des éperons rocheux, c’était uniquement dans un but stratégique de défense. Mais nous pensons quand même que les Romains ont bien du kiffer la vue qui s’étend sur la côte, sur Kizkalesi (ok le village n’existait pas encore à l’époque!) et sur le magnifique canyon de Kizkalesi au fond duquel coule la rivière Karyagdi. Nous l’avons bien appréciée en tout cas et le paysage, bien que très calcaire méditerranéen, nous a rappelé les nombreux barrancos de Tenerife.

Nous avons bien aimé notre petit arrêt à Kizkalesi. Nous avons pu allier nature et culture et avons enfin retrouvé un peu de soleil, même si les températures ont encore de la peine à grimper. Mais si les prévisions météo sont correctes (spoiler : elles le sont rarement!), le printemps devrait s’installer durablement dans le courant de la semaine.

Qui dit printemps dit temps qui passe et si nous voulons respecter notre timing et rentrer en Espagne comme prévu en avril, il nous faut reprendre la route, toujours en direction de l’ouest où nous sommes sûrs de trouver encore quelques petites pépites qui feront notre bonheur!

Adana et sa région

Nous continuons toujours notre ruée vers l’est toujours sur une superbe route à flanc de coteau. Mais une nouvelle route toute droite et toute en tunnels est en train d’être construite. Certes, c’est beaucoup mieux pour les oreilles internes qui n’en font qu’à leur tête comme les nôtres mais c’est un énorme gâchis pour le paysage. Depuis Silifke, le terrain se fait beaucoup moins escarpé et un peu plus monotone. C’est la plaine de Çukurova, réputée pour ses plantations de bananes, d’oranges et de coton, une vraie petite Huerta turque. Comme quoi, il est possible de trouver un vrai endroit plat en Turquie!

Adana sous l’orage

Nous faisons une petite étape à Mersin. La ville n’a pas beaucoup d’intérêt mais possède une superbe et longue promenade le long de la mer Méditerranée bordée de petits cafés tous plus sympas les uns des autres. Il y a également un petit quartier syrien où l’ambiance change totalement et où nous avons mangé un des meilleurs houmous de notre vie. Voyager en Syrie ne se fera pas de sitôt pour des raisons évidentes et c’est bien dommage mais nous avons été ravis qu’un peu de Syrie soit venu à nous.

Adana

Oui, c’est bien une gondole sur la photo!

L’avantage d’une plaine, c’est qu’on peut y construire une ligne de chemin de fer. C’est donc par le train que nous parcourons les 60 kilomètres qui séparent Mersin d’Adana. La météo n’est vraiment pas clémente et nous avons beaucoup de pluie. C’est bien pour le climat et les cultures mais ce n’est vraiment pas idéal pour voyager. Nous décidons donc de poser nos sacs quelques temps et attendre que ça se calme un peu. Pour être vraiment honnêtes, notre choix s’est porté sur Adana car la ville est réputée comme étant la capitale gastronomique de la Turquie. Oui, nous sommes vraiment irrécupérables! Nous devons donc aller tester la cuisine locale pour déterminer si Adana est vraiment à la hauteur de sa réputation.

Centre historique

Le centre historique n’est pas très grand mais il vaut la peine qu’on s’y attarde. Nous voyons clairement que nous avons fait un bond en direction de l’est. L’architecture est de type syrienne. La frontière se trouve d’ailleurs à moins de 200 kilomètres d’Adana. Le temps s’est un peu arrêté entre les vieilles bâtisses, les bazars à épices, les stands de jus d’orange et les vieux qui refont le monde sur les bancs de la place de la mosquée. Quel contraste avec le reste de la ville qui est plus méditerranéen, dynamique, laïc, jeune et ouvert sur le monde.

Taşköprü

Taşköprü signifie pont de pierre. Il date du IIe siècle, sous le règne d’Hadrien, et est le plus vieux pont au monde encore en activité. Il enjambe le fleuve Seyhan qui prend sa source dans les monts Taurus un peu plus au nord et se jette dans la mer Méditerranée 30 kilomètres plus au sud.

Merkez Park

Adana possède une magnifique oasis de verdure avec le Merkez Park, qui signifie Central Park, sur les rives du fleuve Seyhan. Son ouverture date de 2004 après des années de tergiversation des autorités afin de donner un nouveau souffle à l’urbanisme de la ville. Il couvre une superficie de 33 hectares. Plus de 400’000 arbres de 107 espèces y ont été plantés. C’est vraiment super agréable de s’y promener et d’observer les plantes qui commence à revêtir leurs superbes couleurs printanières.

Mosquée Sabancı

A l’entrée du Merkez Park, se dresse cette imposante mosquée de style néo-ottoman datant de 1988. C’est un certain Monsieur Sabancı qui a financé une partie des travaux, d’où son nom. Elle ressemble fortement à la mosquée bleue d’Istanbul que nous n’avons qu’aperçue à travers des échafaudages. Elle est entourée de six minarets mesurant chacun 99 mètres de haut. C’est une des plus grande mosquée de Turquie.

Tarsus

Porte de Cléopâtre appelée ainsi car Tarsus est le lieu où se sont rencontrés Cléopâtre et Marc-Antoine

Lors d’une petite trêve météorologique, nous nous sommes rendus à Tarsus. La ville est située à mi-chemin entre Adana et Mersin et elle est desservie par la ligne de chemin de fer. C’est super facile d’y aller pour une excursion à la journée et c’est amplement suffisant, c’est tout petit! L’ambiance est beaucoup plus provinciale que dans les deux grandes villes voisines, un peu plus conservatrice aussi, mais pas autant qu’à Konya. Le temps s’est un peu arrêté dans les ruelles du centre historique en partie restauré, en partie en travaux et en partie encore délabré.

Tarsus a une histoire qui date de plus de 6000 ans! C’était la capitale de la province romaine de Cilicie, la voisine de la fameuse Lycie. Elle a été également assyrienne, perse, grecque, byzantine, arabe, arménienne, ottomane et finalement turque. Il reste quelques vestiges des époques romaine et chrétienne mais la plupart du centre historique est typiquement ottoman avec ses maisons à galeries, ses mosquées à coupole et son vieux bazar.

Petite minute ferro

Fab est un petit peu passionné de train au point de se lever aux aurores pour aller observer un pont et quelques convois qui circulent dessus. (dont nous avons quelques vidéos sur nos stories instagram) Le pont en question est le viaduc de Varda situé à Hacıkırı à une soixantaine de kilomètres d’Adana. C’est une prouesse architecturale de 98 mètres de haut pour 172 mètres de long qui a été construite en 1905. Ce qui fait le plus rêver, c’est que le pont se trouve sur la ligne qui relie Istanbul à Bagdad. Nous gardons espoir que la situation se calme un jour au Moyen-Orient afin de pouvoir emprunter cette fameuse ligne dans son entier.

Et maintenant la question que vous vous posez tous depuis le début de cet article :

Adana est-elle vraiment la capitale gastronomique de la Turquie?

A nos yeux, oui! La Turquie est déjà un paradis gastronomique en soi mais Adana profite en plus d’une situation privilégiée dans un plaine au climat méditerranéen et a accès à beaucoup de produits grâce à ses cultures. Le centre-ville regorge de restaurants de tous types et certains mettent même l’accent sur de la cuisine étrangère, ce qui n’est pas très courant en Turquie. Adana possède son propre kebab. Chaque ville revendique une variété de kebab qui lui est propre mais celui d’Adana est le plus populaire et on le trouve dans tout le pays. Une autre spécialité typique d’Adana est le jus de navet mais il faut avouer que nous n’avons pas osé le goûter préférant profiter de la saison des oranges pour boire des litres de jus et faire le plein de vitamine C.

Parmi les spécialités que nous avons goûtées il y a le houmous chaud. Oui vous avez bien lu chaud! C’est excellent mais c’est vraiment un plat d’hiver car il y a une couche de fromage dessus et le tout est gratiné au four. C’est bien roboratif. Il y a les incontournables falafels qui, étonnamment, ne sont pas si faciles à trouver en Turquie. Nous avons trouvés des köftes et des mantis (une sorte de raviolis) végans faits à base de lentilles. Non, nous ne sommes pas végans mais nous nous intéressons beaucoup à des façons alternatives de cuisiner et le véganisme en fait partie. Pour le petit déjeuner les böreks (une sorte de chausson en pâte feuilletée farci de fromage, de pommes de terre, d’épinards ou de viande) ont la part belle. Côté fruits, outre les oranges, c’est la saison des bananes, des olives et des fraises! Nous sommes trop contents d’avoir pu remanger ces petits fruits rouges que nous adorons et que nous ne trouvons pas sous des climats tropicaux! Et enfin, il y a les baklavas! Difficile de résister à ces petites pâtisseries faites de pâte filo, de pistaches et de sirop! Bref, si nous avons manqué de soleil à Adana, nous n’avons pas manqué de nourriture!

Adana fut une chouette étape malgré la météo pas top! Mais c’est en partie de notre faute. Quelle idée d’aller sous des latitudes si hautes en cette saison! Et encore, dans le sud, nous avons eu de la chance! Istanbul a détrôné la guerre en Ukraine sur les chaînes d’informations car la ville est complètement paralysée après d’exceptionnelles chutes de neige!

Adana est un mix entre la méditerranée, l’est et le sud-est. La culture syrienne commence à se faire plus présente. Nous avons adoré l’ambiance et les gens sont toujours adorables comme partout en Turquie.

Voilà, notre conquête de l’est s’arrêtera là pour cette fois. Il est temps de retourner vers l’ouest. En regardant sur la carte, nous avons vu qu’Adana ferait un excellent point de départ pour la Cappadoce. Ça fait rêver n’est-ce-pas? Mais les prévisions météo nous ont bien refroidis, la région se trouve actuellement sous la neige et nous ne sommes pas du tout équipés pour ça, et en plus, ce n’est pas du tout notre kiff. Nous mourrons également d’envie de nous rendre dans le sud-est de la Turquie vers la partie kurde et les plaines de Mésopotamie mais là non plus, c’est pas génial au niveau météorologique et nous n’avons pas un timing illimité. Nous allons donc devoir y prévoir un autre périple pour la belle saison mais ce ne sera pas pour cette année, nous arrivons au bout des 90 jours permis sur une période de 180 jours puisque nous sommes déjà venus en Turquie l’automne passé. Il nous faudra attendre six mois pour pouvoir retourner dans le pays et avoir de nouveau droit à 90 jours de séjour.

Nous allons donc rester sur la côte Méditerranéenne ce qui n’est pas non plus pour nous déplaire et commencer notre trajet de retour. Evidemment, nous ferons encore quelques petits arrêts en route que nous ne manquerons pas de vous partager.

Anamur

Comme nous vous l’avions annoncé dans notre précédent article, notre retour en Europe commence par un crochet par la Turquie car c’était un énorme coup de cœur et parce que nous avions envie d’y repasser encore un peu de temps. Retourner au sud à été motivé par les conditions météorologiques et par la logique de l’itinéraire pour rentrer en Espagne par voie terrestre. C’est pour ça que nous avons atterri à Antalya. Mais notre curiosité maladive nous a motivés à aller voir d’abord un peu plus à l’est avant de prendre la route du retour en Occident.

Gazipaşa

Un petit air de Martigny, n’est-ce pas?

Nous faisons un premier petit arrêt à Gazipaşa située à environ 50 kilomètres à l’est d’Alanya. La ville en elle-même n’a pas grand chose à offrir et elle n’est même pas tournée vers la mer! Elle est entourée d’un horrible océan de plastique constitué de serres en tout genre. Construite sur une étroite bande côtière au pied des Monts Taurus, elle ressemble à une ville de la plaine du Rhône, impression renforcée en cette saison avec la neige qui recouvre le sommet des montagnes.

Selinus

Si nous nous sommes arrêtés à Gazipaşa, c’est pour une première mise en jambe sur le site de l’ancienne Selinus. C’était une cité grecque fondée par les Phéniciens au VIe siècle avant Jésus-Christ dont il reste quelques ruines aujourd’hui dont la forteresse sur une colline dominant la ville. Certes, les remparts ne sont pas aussi impressionnants qu’à Alanya, qui est vraiment un site de ouf, mais la petite montée est assez sympa. Selinus est connu pour être le lieu où est mort l’empereur romain Trajan.

Evidemment, au sommet il y a une superbe vue sur la plage, car oui, il y en a une et sur la mer Méditerranée qui ressemble toujours autant à un lac paisible.

Anamur

Mamure Kalesi

Nous continuons toujours notre périple vers l’est via une route vraiment pittoresque à flanc de coteau surplombant la mer Méditerranée et les plantations de bananes. (Ces paysages sont sur nos stories instagram) Malheureusement, la région a connu un épisode de gel il y a quelques semaines et les bananiers ont bien morflé et ont perdu leurs superbes feuilles vertes. Malgré cela, le paysage nous laisse bouche-bée même si notre oreille interne n’apprécie que moyennement tous ces virages. Nous comprenons mieux maintenant pourquoi la route principale Adana – Antalya passe par Konya.

Anamur se situe dans une cuvette au pied des monts Taurus. C’est le seul endroit plus ou moins plat à cent kilomètres à la ronde! La ville en elle-même n’est pas terrible mais elle possède quand même une petite plage, un peu tristounette en hiver, mais sûrement sympa en saison. Il y a un petit parc qui longe la plage en l’honneur de l’amitié entre la Turquie et la République Turque de Chypre du Nord. Non, ne cherchez pas, ce pays n’existe pas! Il n’est reconnu que par la Turquie. C’est la partie nord de l’île de Chypre, distante de seulement 64 kilomètres d’Anamur, qui a été envahie par la Turquie en 1974 et qui l’occupe encore actuellement militairement et qui crée un monstre bordel politique autant à Chypre que dans l’Union Européenne.

Anemurium

L’Eglise des Saints Apôtres

Ce site archéologique se situe à 12 kilomètres à l’ouest d’Anamur dans la petite localité d’Ören. Il y a un dolmuş (un minibus qui assure le transport urbain) qui s’arrête à un petit kilomètre du site mais quand le chauffeur a su que nous allions à Anemurium, il a fait le détour pour nous déposer à l’entrée du site. Encore une fois, la gentillesse turque n’est plus à démontrer.

Anemurium était une ville fondée par les Grecs au Ier siècle avant Jésus-Christ pour devenir ensuite une ville importante de la province romaine de Cilicie située au sud-est de l’Anatolie. Le site archéologique est énorme, ce qui démontre bien la grandeur de la ville à l’époque. Nous sommes assez étonnés par le nombre de murs qui sont restés debout. Toutes ces ruines ne sont pas sans nous rappeler Kayaköy, le village fantôme de la voie lycienne en dessus d’Öludeniz même si ça ne date pas du tout de la même époque!

Il y a tout ce dont avait besoin d’une ville de cette envergure : un aqueduc, des églises, un théâtre, les petits bains, les grands bains, les bains centraux et les bains publics. Il n’y avait vraisemblablement pas de problème d’hygiène à Anemurium!

Le site est surplombé par une acropole qui signifie ville haute en grec (acro = haut et polis = ville) entourée de remparts. La forteresse est inaccessible sinon nous aurions évidemment effectué la petite grimpette!

Fun fact : le promontoire sur lequel se situe l’acropole est le point le plus au sud de l’Anatolie, appelée Asie Mineure du temps des Romains. Pas de Turquie, car la province d’Hatay est plus méridionale mais d’Anatolie qui est la péninsule entre le Bosphore, la mer Méditerranée, la mer Egée, la mer de Marmara et la mer Noire. Pour nous, qui sommes passionnés de géographie, cette info a toute son importance et nous sommes contents d’avoir pu voir encore un point géographique intéressant.

La nécropole

Le truc impressionnant d’Amenurium, c’est que la nécropole s’étend sur presque la moitié de la superficie du site! Elle possède sa propre église dont les arcades sont superbement conservées. On peut y deviner différentes époques et différentes cultures car on y trouve des tombes directement creusées dans la roche ou des tombeaux dont certains sont très similaires à ceux que nous avons vu le long de la voie lycienne.

Côté mer

Anemurum était également un port important et la ville était donc tournée sur la mer. Malgré une météo un peu capricieuse et une mer complètement déchaînée, l’eau a une couleur incroyable et fait du site un vrai Tulum sur Méditerranée!

Mamure Kalesi

La forteresse se situe à six petits kilomètres à l’est du centre d’Anamur, elle est donc facilement accessible à pied. On y accède tout simplement par une superbe plage sauvage qui, en cette saison, s’apparente plus à la mer du Nord qu’à la Méditerranée.

L’emplacement idéal sur un petit promontoire rocheux avait déjà séduit les Romains puisqu’ils y construisirent un petit château au IVe siècle afin de se protéger des pirates. La forteresse actuelle a été construite au IXe siècle par les souverains du Royaume Arménien de Cilicie appelé ainsi car composé de réfugiés arméniens. Il a été agrandi au XIIIe siècle par les Seldjoukides puis par les Karamanides (en gros, des montagnards turkmènes). En 1469, les Ottomans annexèrent la région à leur vaste empire et modifièrent plusieurs fois le château pendant leur règne. Durant toute son histoire, le site avait un usage, bien sûr, défensif mais servait également de caravansérail.

Aujourd’hui, le château occupe un espace de 23500 mètres carrés et possède encore 39 tours et bastions reliés entre eux par d’immenses remparts. Nous en avons vu des châteaux mais celui-là restera un des plus impressionnants. Même notre magnifique château de Chillon sur le lac Léman n’est pas aussi pittoresque que celui-là!

Manque de bol, l’intérieur de la forteresse était fermée lors de notre passage. C’est vrai, rien que l’extérieur justifie amplement une visite. Nous avons quand même réussi à jeter un petit coup d’œil à la cour intérieure depuis les grillages.

La météo n’a pas été vraiment de la partie pour notre visite à Anamur, et encore, nous avons eu du bol, nous étions bien à l’abri quand un violent orage de grêle s’est abattu sur nous, mais nous avons quand même bien kiffé notre passage dans ce coin somme toute assez méconnu du sud de la Turquie.

Bilan de la Turquie

Nos séjours en Turquie sont déjà derrière nous, voici donc venu le temps du traditionnel bilan. Comme nous y avons été à deux reprises, en automne 2021 et au début 2022 dans le cadre du même long voyage, nous n’avons fait qu’un seul bilan mais nous avons séparé les données chiffrées pour une meilleure visibilité et également pour voir notre évolution.

En temps de Covid, on y voyage comment?
En 2021

Nous avons reçus nos deux doses de vaccins donc nous avons pu entrer en Turquie sans test PCR. Nous avons dû remplir un formulaire de santé sur internet (https://register.health.gov.tr/) au terme duquel nous avons reçu un code HES qui est couplé avec notre numéro de passeport. Ce code nous est demandé à chaque fois que nous achetons un billet de transport, pour entrer dans un centre commercial et lors de prise de logement. Pour les transports urbains qui disposent d’une carte magnétique, il faut activer cette carte sur internet avec le code HES avant de pouvoir l’utiliser. Pas de panique, si vous n’avez pas internet, vous trouverez facilement quelqu’un qui aura la gentillesse de le faire pour vous.

Comme un peu partout, le port du masque est obligatoire à l’intérieur mais pas à l’extérieur. Pas de pass sanitaire pour les bars, cafés ou restaurants.

Pour les logements, c’est un peu plus strict même via Airbnb. On nous a à chaque fois demandé le code HES ou le pass sanitaire ou les deux. On nous prend en général la température (Bonne nouvelle, nous n’avons pas eu de fièvre jusqu’à présent!) et une fois, on nous a même littéralement aspergé de gel hydroalcoolique!

La population locale respecte bien les règles et les gestes barrières, les touristes, un peu moins, mais il y a des remises à l’ordre. En règle générale, ça se passe plutôt bien.

Pour effectuer un test PCR : dans les zones touristiques d’Istanbul ou Antalya, on en propose presque partout. Sinon, il faut se rendre dans un hôpital. Nous avons effectué le nôtre à l’hôpital de Haydarpaşa derrière la gare du même nom dans le district de Kadiköy à Istanbul. Nous avons juste un peu galéré pour nous faire comprendre car l’anglais y est pratiquement inexistant surtout quand on nous a envoyé à la morgue payer nos tests.(En fait la caisse se trouve juste à côté de l’entrée de la morgue!) Sinon, tout s’est bien passé, nous avons eu les résultats le soir même et avons payé 170 TL par personne (16,20 CHF / 15,30€) ce qui est dans la moyenne puisque nous avions lu qu’il fallait compter entre 150 et 200 livres. Et bonne nouvelle! Nos résultats sont négatifs, l’aventure va continuer!

En 2022

Le pass vaccinal est toujours obligatoire pour rentrer en Turquie. En février, nous avons dû remplir de nouveau le formulaire afin d’obtenir le HES Code mais en avril, il n’était plus en vigueur.

Le port du masque reste obligatoire dans les transports et les centre commerciaux. Dans les cafés et restaurants, il n’est obligatoire que pour le personnel.

Pour les logements, les contrôles se sont bien relâchés. Contrairement à l’automne passé, pour les logements, personne ne nous a rien demandé.

Bon assez parlé de cette satanée pandémie, passons aux choses sérieuses!

En chiffres

Durée du séjour

En 2021 : 38 jours soit environ 5 semaines.

En 2022 : 55 jours soit presque 2 mois

Au total : 93 jours, un peu plus de trois mois. Avec ce long séjour, nous devons attendre au moins 6 mois avant de pouvoir bénéficier à nouveau d’un séjour de 90 jours, donc vous ne nous verrez pas en Turquie de sitôt. Mais plus tard…. qui sait?

Budget

En 2021: 13700 livres turques ou « lira » (1307CHF / 1234,95€) soit 360 TL par jour (34,35CHF / 32,45€). Nous devons une partie de ce budget de warrior à la dépréciation de la livre turque et à des taux de change hyper avantageux. Mais, en règle générale, la Turquie nous offre de très bons rapports qualité/prix dans tous les domaines.

En 2022 : 33220 TL soit 2109CHF ou 2080€ ce qui fait une moyenne journalière de 604TL (38,35CHF ou 37,80€) Si vous êtes fort en maths, vous aurez remarqué que le taux de change n’est pas du tout le même! Ceci est dû à la forte dévaluation de la livre turque.

Il est difficile de faire une moyenne de budget qui tienne la route pour la Turquie car la situation économique a fortement changé. La livre turque n’arrête pas de dégringoler mais les prix ont bien entendu grimpé. En tant que touriste venant d’un pays à la monnaie stable, nous ne voyons pas trop la différence mais les locaux doivent vivre avec une inflation de près de 60%.

Distance parcourue

En 2021 : 2546 kilomètres. De Kapitan Adreevo (frontière bulgare) – Edirne – Istanbul Konya Alanya – Sidé – Manavgat – Antalya Fethiye – Ölüdeniz – Kaş – Demre – Antalya et retour sur Istanbul. Tout ça en bus, en train, en dolmuz et même en ferry pour traverser le Bosphore. Bon, ce dernier était pour le fun car il est tout à fait possible de le traverser en train avec le Marmaray.

En 2022 : 2766 kilomètres d’Antalya Anamur Adana Konya Izmir Ephèse Bodrum Pamukkale – Afyon – Eskisehir – Istanbul. En bus, train, dolmus et ferry. A notre grande surprise, notre moyenne kilométrique est plus basse cette fois-ci. Peut-être à cause de la météo qui nous a parfois forcés à rester plus longtemps que prévu au même endroit.

Au total : 5312 kilomètres, une bagatelle à l’échelle du pays!

Extrêmes d’altitude

En 2021 : le niveau de la mer sur la côte quand ce n’était pas trop mal plat. 1800 mètres au col de Çatmakaya sur la route entre Konya et Alanya. C’est assez modeste pour la Turquie.

En 2022 : toujours le niveau de la mer sur les côtes. 1240 mètres au sommet du promontoire rocheux sur lequel se trouve le château d’Afyon.

Extrêmes de températures

En 2021 : 17 petits degrés à Konya lors de belles mais fraîches journées d’automne (et même 7 degrés pendant la nuit, heureusement, nous avions de bonnes couettes bien chaudes). 29 degrés lors d’un bel arrière-été méditerranéen à Alanya.

En 2022 : -1 degré (oui, il y a le signe moins devant le 1!) à Konya. Heureusement, ce n’était que pour quelques heures entre deux trains. 27 degrés à Pamukkale, le soleil tapant bien sur le blanc étincelant du travertin.

Evidemment, la saison n’étant pas la même, on ne peut décemment pas comparer les températures d’une fois à l’autre. En 2021, les températures étaient parfaitement normales pour la saison. En ce début 2022, c’est une autre histoire. En février, il faisait bon ( plus de 20 degrés en journée sur la côte méditerranéenne) mais une vague inhabituelle de froid est venue nous embêter en mars et même jusqu’à début avril avec vents du nord glaciaux et tempêtes de neige y compris à basse altitude.

Bref, nous avons compris la leçon, nous ne compterons plus sur une éventuelle douceur méditerranéenne avant le mois de mai. L’hiver prochain, nous serons sous les Tropiques, même si nous n’avons encore aucune idée du lieu!

Distance parcourue sur la voie lycienne

En 2021: environ 28 kilomètres, à pied évidemment.

En 2022 : zéro kilomètre. Nous n’avons pas été dans la région de la voie lycienne et de toute façon, la météo ne nous aurait pas permis de randonner.

Nombre de baklavas engloutis

En 2021 : Chuuuuuttttt!!

En 2022 : pas mieux!

Vue du mont Babadag depuis la voie lycienne en dessus d’Ölüdeniz

Coups de cœur / Coups de gueule

Voici, comme toujours, nos impressions sur notre séjour en Turquie. Nous ne dérogeons pas à la règle de commencer par le négatif afin de finir en beauté.

Pas top

Des laveries inexistantes : Oui, nous avons quand même quelques problèmes existentiels comme trouver où laver nos habits. En Turquie, c’est la galère pour trouver une laverie, même dans les grandes villes. Apparemment, tout le monde possède sa propre machine à laver. Heureusement, nous avons deux mains et assez d’huile de coude pour nettoyer nos fringues à la main, surtout que l’eau chaude n’est pas un problème.

Trop bien!

Les gens : C’est de notoriété publique que les Turcs sont foncièrement gentils. Nous confirmons! Ils sont juste adorables! (parfois trop!) Ils sont ouverts, curieux, toujours prêts à donner un coup de main, chaleureux et souriants. La mentalité ne change pas beaucoup des pays du sud de l’Europe au bord de la Méditerranée mais avec une petite touche d’exotisme en plus. C’est sûrement le peuple le plus honnête que nous connaissons : on nous a parfois rendu de l’argent que nous ne savions même pas avoir payé en trop et nous n’avions jamais eu peur pour nos affaires dans le bus ou ailleurs. Nous avons juste été un peu étonné par le peu de pratique de l’anglais mais finalement, ce n’est pas un problème, nous réussissons toujours à communiquer. Et essayer de sortir quelques mots de turc, même mal prononcés, suffit à désamorcer une éventuelle petite timidité de départ.

La gastronomie : La cuisine turque c’est un mélange, très réussi, entre Méditerranée et Moyen-Orient. Les produits méditerranéens sont apprêtés à merveille avec des épices un peu plus orientales, notamment le poivre rose qui nous a réconcilié avec le poivre après notre traumatisme du Sri-Lanka. Beaucoup de plats sont préparés au four à bois, même les œufs du matin, et ont de ce fait une saveur particulière. Côté dessert, nous avons littéralement fondus pour les baklavas, ces petites douceurs composées de pâte filo, de pistaches, de noix, de sirop et de miel. Le café turc est également excellent à condition d’aimer le café bien fort. Bref, nous nous sommes vraiment régalés durant notre séjour.

Les paysages : Il nous semble que les quelques photos que nous avons publiées parlent d’elles-mêmes…

Les transports : Voyager en Turquie, c’est super facile! Tout est desservi par les transports publics. C’est fiable, confortable, relativement bon marché et à bonne fréquence. Il faut juste s’y prendre en avance pour le train car il est souvent victime de son succès et très vite complet. Les grandes villes comme Istanbul , Antalya ou Izmir sont super bien dotées en transports urbains.

La voie lycienne : Elle est super bien balisée, il y a des points d’eau pour les randonneurs et elle traverse un paysage sublime. Un vrai bonheur de faire un trek dans ces conditions!

Bizarreries turques

Les arrivées d’eau sont parfois montées à l’envers : Partout dans le monde, dans un robinet, l’eau froide est à droite et l’eau chaude est à gauche. Ben en Turquie, c’est en général le contraire! Parfois, il y a les couleurs, bleu ou rouge, qui indiquent la température de l’eau qui sont « du bon côté » mais l’eau arrive quand même à l’envers! Imaginez Van la frileuse voulant profiter d’une bonne douche chaude après une journée fraîche à Konya et qui se retrouve sous un jet d’eau glacée!

Nécropole lycienne à Demre

Nous ne nous attendions pas à être déçus de la Turquie, Van avait déjà adoré Istanbul il y a huit ans et tous les retours de voyageurs que nous avons sur ce pays sont super positifs. Mais nous ne nous attendions pas à avoir un tel coup de cœur! Nous commençons notre périple vraiment très fort. La Turquie a placé la barre très haut! Et nous n’en avons vu qu’une infime partie. Nos proches et amis ont également été conquis par ce que nous avons publié, jamais auparavant un pays n’avait autant fait l’unanimité parmi notre entourage! Certains y ont même déjà réservé leurs prochaines vacances!

Il paraît que l’est du pays est encore mille fois plus ouf! Si nous n’y sommes pas allés cette fois, c’est tout simplement à cause de la saison trop tardive. Évidemment, nous l’avons placé en très bonne place sur notre loooooongue wishlist et il est plus que probable qu’une fois à une meilleure saison, nous vous redonnerons des nouvelles d’ailleurs en Turquie…

Fethiye et la côte lycienne

Pour une raison qui nous échappe, parcourir la côte lycienne en transports publics se fait plus facilement dans le sens ouest-est. Pas de bol, nous sommes du côté est. Depuis Antalya, nous prenons donc un bus qui nous emmène directement à Fethiye, du côté ouest donc. Par directement, nous entendons un bus qui passe « tout droit » dans les terres au lieu de suivre la côte qui s’avance sur plusieurs kilomètres en mer Méditerranée. Mais ce n’est pas si direct que ça, l’arrière-pays est très montagneux, nous roulons sur de petites routes de montagne et il nous faut franchir un col à plus de 1500 mètres d’altitude. Mais le paysage est pittoresque et nous ne voyons presque pas passer les 4 heures de trajet que nous avons mis pour parcourir les 192 kilomètres qui séparent les deux villes.

chemin de randonnée de la voie lycienne
La côte lycienne, c’est quoi au juste?

C’est une côte de près de 500 km située en mer Méditerranée et en mer Egée. On doit son nom à la Lycie, une région antique de l’Anatolie. Les Lyciens étaient des pirates originaires de Crète qui se sont installés dans la région et se sont rarement assimilés aux grands empires qui dominaient le bassin méditerranéen dans l’Antiquité. Elle a ensuite été une province romaine de la Grèce Antique, puis byzantine avant de passer sous domination ottomane. Malgré les différentes dominations de l’histoire, les villages côtiers sont restés grecs orthodoxes jusqu’en 1923, date du Traité de Lausanne qui définit les frontières de la Turquie actuelle après la chute de l’empire ottoman suite à la Première Guerre Mondiale. Aujourd’hui, il reste pas mal de sites archéologiques de la Lycie et surtout, la voie lycienne, qui est un chemin de grande randonnée de plus de 400 kilomètres entre Antalya et Fethiye. Nous n’allons pas parcourir toute la voie à pied, nous ne sommes pas équipés pour de si grandes randonnées, mais nous allons quand même en découvrir quelques tronçons.

Le mont Babadag en dessus d’Ölüdeniz

Fethiye

Fethiye sera donc notre point de départ de la côte lycienne. Elle se situe au bord de la mer Egée mais dans une baie bien profonde et montagneuse fermée par une île, nous avons plus l’impression d’être au bord d’un lac car nous n’apercevons pas du tout la ligne d’horizon typique des bords de mer. Le paysage nous rappelle d’ailleurs le Bouveret à l’extrémité est du lac Léman. La ville en elle-même n’est pas ouf, le bord de mer est rempli de yachts comme à St-Tropez. C’est la première fois depuis notre arrivée en Turquie qu’un lieu nous laisse un peu sur notre faim. Mais nous avons tellement vu des choses extraordinaires que quand c’est un peu moins bien, ça se remarque tout de suite.

Les tombeaux

Une fois n’est pas coutume, notre grimpette du jour ne nous emmène pas à un château mais à des tombeaux. Ces tombes lyciennes creusées dans la roche datent du IVe siècle et il y a même quelques lieutenants d’Alexandre le Grand qui y reposent.

Au sommet, il y a quand même une forteresse ou ce qu’il en reste. Elle date de l’époque des croisades et appartenait à l’Ordre des Chevaliers de St-Jean. Le site n’est pas sécurisé et il est strictement interdit de grimper sur le promontoire rocheux pour aller voir ça de plus près.

Ölüdeniz

Blue Lagoon

Ölüdeniz se divise en deux parties : mer et montagne. Côté montagne, c’est un petit village perché à 300 mètres d’altitude. Venant des Alpes, perché et 300 mètres ça ne veut absolument rien dire mais dans le sud de la Turquie, ces 300 petits mètres font la différence par rapport au littoral surtout que le relief est très escarpé. Le village en lui-même n’est pas fou et il est complètement dédié aux touristes anglais. Les prix sont affichés en pounds, les pubs anglais sont disséminés un peu partout dans la localité et, le pire du pire, la plupart des restaurants proposent de la gastronomie anglaise! WTF? C’est un énorme gâchis surtout que la cuisine turque est vraiment excellente! Malgré tout ses défauts, Ölüdeniz village est un point de départ idéal pour randonner sur la voie lycienne.

Côté mer, c’est tout autant touristique mais il y a le lagon bleu, appelé ainsi pour ses eaux calmes et cristallines, qui vaut le coup d’œil.

Nous avons préféré chausser nos baskets et parcourir une partie de la voie lycienne en dessus d’Ölüdeniz. Nous traversons une superbe forêt de pins dans une réserve naturelle à laquelle appartient également le lagon bleu. Nous avons vu une quantité incroyable d’oiseaux dont la plupart des espèces nous est inconnue. Ce sont sûrement des espèces endémiques de l’est méditerranéen. Le clou du spectacle est la vue incroyable depuis le chemin sur la mer Egée et ses côtes très découpées.

Kayaköy

La voie lycienne est plus qu’un chemin de grande randonnée. C’est une région chargée d’histoire de l’Antiquité à nos jours. Kayaköy en est un bel exemple. C’était un village grec appelé Livissi jusqu’à la chute de l’empire ottoman quand tous les grecs chrétiens furent expulsés d’Anatolie dans les années 1920. Le village a été ensuite partiellement repeuplé par les Turcs jusqu’en 1957 quand un séisme en détruisit une bonne partie impliquant l’abandon complet du village. Nous pensions juste trouver quelques ruines disséminées mais c’est un grand village qui s’offre à nous occupant deux flancs de montagnes. Il possédait même un petit château et une jolie église orthodoxe datant du XIXe siècle mais dont l’accès est interdit pour des raisons de sécurité. C’est un peu surréaliste de déambuler dans les anciennes ruelles de cette ville fantôme, nous avons un peu l’impression de débarquer après l’apocalypse.

Kaş

Nous continuons notre exploration de la côte par une superbe route surplombant la Méditerranée et ses îles pour enfin arriver à la petite ville de Kaş (à prononcer comme Cash). Le coin est dédié au tourisme mais à petite échelle, ce n’est pas trop gênant. A cause du relief très escarpé, il n’y a pas de longue plage de sable, ça élimine déjà le tourisme de masse balnéaire. Ici, les visiteurs viennent principalement pour la plongée et pour la randonnée. Il faut dire que le paysage de cette côte très montagneuse et très découpée est juste superbe. Cerise sur le gâteau, toute la zone autour de Kaş est classée réserve marine : la pêche y est interdite, les gros bateaux y sont interdits et la plongée y est autorisée mais à des conditions très strictes.

Théâtre Antiphellos

Il est même possible de trouver un peu de culture à Kaş, à juste 500 mètres en dehors de la ville. Cet amphithéâtre daterait du Ier siècle avant Jésus-Christ en pleine période grecque. Il a été restauré afin de pouvoir accueillir diverses représentations théâtrales. Le plus impressionnant est sa situation entre forêt de pins et une des baies de Kaş.