Hurghada et la mer Rouge

Un voyage en Egypte ne serait pas complet sans un petit tour au bord de la mer Rouge! Nous sommes même motivés à parcourir ses côtes de long en large jusque dans la péninsule du Sinaï mais nous sommes un peu short avec la durée de validité de notre visa. Qu’à cela ne tienne! Nous allons essayer de le prolonger! Mais ce n’est pas aussi simple car, même pour un mois ou deux, il ne s’agit pas d’une simple extension de visa de tourisme mais d’un permis de résidence. Il faut donc fournir un contrat de bail ainsi qu’une lettre d’invitation, ce que nous n’avons pas puisque notre but n’est pas de rester au même endroit. Nous aurions sûrement pu soudoyer quelques personnes à l’aide de bakchichs pour qu’elles nous fournissent ces précieux documents mais nous ne sommes quand même pas motivés à ce point à rester en Egypte. Nous avons quand même tenté notre chance, à l’arrache, aux services des passeports de Louxor et d’Hurghada mais sans succès. Nous nous contenterons donc du sud de la mer Rouge et quitterons le pays vers mi-février à la fin de notre visa.

La mer Rouge à Al Quseir

Hurghada

Depuis la Haute-Egypte, le point d’entrée le plus logique pour accéder au littoral est Hurghada qui est située à trois petites heures de route de Louxor. Nous avons mis plus de temps car c’est la saison de la récolte de la canne à sucre dans la vallée du Nil et nous avons été bloqués par les « Sugar trucks ». Mais avec tous les délicieux jus de canne que nous avons dégustés, nous voulons bien leur pardonner.

La ville d’Hurghada n’a pas grand chose à offrir. Elle a été construite de toutes pièces au début du XXe siècle de façon complètement anarchique et moche. Par contre, l’ambiance est vraiment sympa surtout dans le quartier d’El Dahhar qui regorge de cafés, de petits restos et de marchés aux épices. C’est également la ville où nous ressentons le moins le conservatisme religieux.

Côté mer, c’est la grosse déception! Il n’y a pas un centimètre du littoral qui est libre de béton! Les promoteurs immobiliers ont eu les yeux plus gros que le ventre et se sont fait rattraper par les différentes crises économiques et sociales qu’a connues le pays. Résultat : une jungle de béton inachevée et laissée à l’abandon. Du coup, l’accès à la mer ne peut se faire que via des resorts hors de prix et les locaux ne peuvent même pas profiter du bord de mer. Nous avons réussi à y accéder grâce à une clôture cassée sur un terrain en friche et nous avons découvert le mensonge du siècle! La mer Rouge n’est même pas rouge! Et en plus elle est froide! Mais il faut reconnaître que ses eaux cristallines font rêver et nous comprenons aisément que ce soit une destination de choix pour la plongée.

Al Quseir

Comme notre plan de remonter jusqu’à la péninsule du Sinaï est tombé à l’eau, nous décidons de descendre vers le sud. Nous nous arrêtons dans la petite bourgade d’Al Quseir à 150 kilomètres d’Hurghada. Et là, c’est la grosse surprise! Nous avons certainement trouvé la perle de l’Egypte! Depuis l’Antiquité, Al Quseir était un port important de la mer Rouge, c’est de là qu’embarquaient les pèlerins à destination de la Mecque. C’était également une étape importante pour le transport d’épices. Au XIXe siècle, la ville connut un essor industriel grâce aux mines de phosphate. Aujourd’hui c’est un petit village tranquille dont le temps s’est un peu arrêté où les gens vous lancent des « Hello » quand vous vous promenez dans les ruelles de la vieille-ville bordées de magnifiques maisons arabes ornées de balcons en bois.

Le front de mer

Autre belle surprise d’Al Quseir, c’est le front de mer qui est accessible et pas du tout bordé d’hôtels en tout genre! Certes la plage urbaine est toute petite mais c’est déjà agréable de se promener librement en bord de mer et de profiter d’un air bien iodé, la teneur en sel de la mer Rouge étant assez élevée.

Al Quseir Fort

Nous avons même eu droit à une belle visite culturelle à Al Quseir! On doit ce fort aux Ottomans qui construisirent le château en 1571 pour contrôler le port et donc le passage vers la Mecque. L’édifice a été modifié plusieurs fois dans son histoire notamment par les Français et les Britanniques. Au début du XXe siècle, il fut utilisé par les garde-côtes égyptiens comme dépôt. Les petits wagonnets exposés étaient utilisés dans les mines de phosphates pour le transport des minerais.

Il est possible de grimper sur la tour et sur les quelques remparts restants. Nous n’allions évidemment pas manquer l’occasion de voir le monde d’en haut! Nous avons été particulièrement séduits par la carte de l’Egypte antique, même si elle se lit depuis le nord, superbement restaurée qui tapisse une partie du sol de la cour intérieure. Au sous-sol, sous la carte, se trouve une ancienne citerne d’eau utilisée pour ravitailler les voyageurs, mais seul Fab a osé s’aventurer dans les couloirs étroits.

Dolphin Beach

Il suffit de marcher quelques kilomètres en direction du nord depuis le centre ville pour trouver cette petite merveille! Mis à part la température de l’eau en cette saison, cette plage n’a pas beaucoup à envier à Zanzibar ou à la mer des Caraïbes. Même si nous avons dû affronter le mistral local, nous avons été émerveillé par cette eau si cristalline . Même si son nom pourrait le laisser supposer, nous n’avons pas aperçu de dauphins car, contrairement à nous, ils ne sont pas assez tarés pour venir se les geler en février dans la mer Rouge. Ils resteront encore quelques semaines dans les eaux chaudes de l’Océan Indien plus au sud.

Marsa Alam

Puisqu’il nous reste encore quelques jours, nous descendons encore 100 kilomètres en direction du sud jusqu’à Marsa Alam. Au village, circulez il n’y a rien à voir! Comme à Hurghada, c’est un véritable chantier abandonné. Heureusement, ici les promoteurs immobiliers ne se sont pas attaqués au littoral qui reste bien préservé.

S’il n’y a rien à faire au village, il y a des jolies balades à faire dans le désert arabique. Si Fab trouve fascinant ces paysages désertiques, Van trouve quand même qu’il manque de la végétation. Mais il faut reconnaître que cette petite Monument Valley locale en jette, surtout que nous sommes seuls au monde!

Côté mer

Nous en avons vu des mers incroyables mais la mer Rouge se place incontestablement dans notre top 3! Le sable du désert fait ressortir les différentes nuances de bleu de la mer et c’est juste magnifique! Comme il y a peu de profondeur à cause du récif. la température de l’eau est assez tempérée pour y tremper ses gambettes, même pour Van la frileuse!

Regardez-nous ces eaux cristallines! Promis, nous n’utilisons pas Photoshop!

Samadai Beach

Comme nous ne sommes pas sûrs d’en avoir assez pris plein les yeux, nous nous rendons, à pieds, cinq kilomètres plus au sud jusqu’à l’incroyable Samadai Beach. Rien que la couleur de l’eau nous laisse bouche bée! Et nous n’avons encore rien vu, il y vit une faune marine extraordinaire! Rien que depuis le bord nous avons aperçu une quantité de bernard-l’hermite et autres coquillages qui marchent dont certains sont plus gros que notre main, un énorme crabe plus grand que les pieds à Fab et une magnifique raie pastenague.

Notre voyage en Egypte était vraiment extraordinaire et nous le finissons vraiment en beauté! La Mer Rouge mérite amplement sa réputation et nous n’en avons encore rien vu! Nous avons eu de la chance de venir hors saison car nous avons eu les plages rien que pour nous!

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