Adana et sa région

Nous continuons toujours notre ruée vers l’est toujours sur une superbe route à flanc de coteau. Mais une nouvelle route toute droite et toute en tunnels est en train d’être construite. Certes, c’est beaucoup mieux pour les oreilles internes qui n’en font qu’à leur tête comme les nôtres mais c’est un énorme gâchis pour le paysage. Depuis Silifke, le terrain se fait beaucoup moins escarpé et un peu plus monotone. C’est la plaine de Çukurova, réputée pour ses plantations de bananes, d’oranges et de coton, une vraie petite Huerta turque. Comme quoi, il est possible de trouver un vrai endroit plat en Turquie!

Adana sous l’orage

Nous faisons une petite étape à Mersin. La ville n’a pas beaucoup d’intérêt mais possède une superbe et longue promenade le long de la mer Méditerranée bordée de petits cafés tous plus sympas les uns des autres. Il y a également un petit quartier syrien où l’ambiance change totalement et où nous avons mangé un des meilleurs houmous de notre vie. Voyager en Syrie ne se fera pas de sitôt pour des raisons évidentes et c’est bien dommage mais nous avons été ravis qu’un peu de Syrie soit venu à nous.

Adana

Oui, c’est bien une gondole sur la photo!

L’avantage d’une plaine, c’est qu’on peut y construire une ligne de chemin de fer. C’est donc par le train que nous parcourons les 60 kilomètres qui séparent Mersin d’Adana. La météo n’est vraiment pas clémente et nous avons beaucoup de pluie. C’est bien pour le climat et les cultures mais ce n’est vraiment pas idéal pour voyager. Nous décidons donc de poser nos sacs quelques temps et attendre que ça se calme un peu. Pour être vraiment honnêtes, notre choix s’est porté sur Adana car la ville est réputée comme étant la capitale gastronomique de la Turquie. Oui, nous sommes vraiment irrécupérables! Nous devons donc aller tester la cuisine locale pour déterminer si Adana est vraiment à la hauteur de sa réputation.

Centre historique

Le centre historique n’est pas très grand mais il vaut la peine qu’on s’y attarde. Nous voyons clairement que nous avons fait un bond en direction de l’est. L’architecture est de type syrienne. La frontière se trouve d’ailleurs à moins de 200 kilomètres d’Adana. Le temps s’est un peu arrêté entre les vieilles bâtisses, les bazars à épices, les stands de jus d’orange et les vieux qui refont le monde sur les bancs de la place de la mosquée. Quel contraste avec le reste de la ville qui est plus méditerranéen, dynamique, laïc, jeune et ouvert sur le monde.

Taşköprü

Taşköprü signifie pont de pierre. Il date du IIe siècle, sous le règne d’Hadrien, et est le plus vieux pont au monde encore en activité. Il enjambe le fleuve Seyhan qui prend sa source dans les monts Taurus un peu plus au nord et se jette dans la mer Méditerranée 30 kilomètres plus au sud.

Merkez Park

Adana possède une magnifique oasis de verdure avec le Merkez Park, qui signifie Central Park, sur les rives du fleuve Seyhan. Son ouverture date de 2004 après des années de tergiversation des autorités afin de donner un nouveau souffle à l’urbanisme de la ville. Il couvre une superficie de 33 hectares. Plus de 400’000 arbres de 107 espèces y ont été plantés. C’est vraiment super agréable de s’y promener et d’observer les plantes qui commence à revêtir leurs superbes couleurs printanières.

Mosquée Sabancı

A l’entrée du Merkez Park, se dresse cette imposante mosquée de style néo-ottoman datant de 1988. C’est un certain Monsieur Sabancı qui a financé une partie des travaux, d’où son nom. Elle ressemble fortement à la mosquée bleue d’Istanbul que nous n’avons qu’aperçue à travers des échafaudages. Elle est entourée de six minarets mesurant chacun 99 mètres de haut. C’est une des plus grande mosquée de Turquie.

Tarsus

Porte de Cléopâtre appelée ainsi car Tarsus est le lieu où se sont rencontrés Cléopâtre et Marc-Antoine

Lors d’une petite trêve météorologique, nous nous sommes rendus à Tarsus. La ville est située à mi-chemin entre Adana et Mersin et elle est desservie par la ligne de chemin de fer. C’est super facile d’y aller pour une excursion à la journée et c’est amplement suffisant, c’est tout petit! L’ambiance est beaucoup plus provinciale que dans les deux grandes villes voisines, un peu plus conservatrice aussi, mais pas autant qu’à Konya. Le temps s’est un peu arrêté dans les ruelles du centre historique en partie restauré, en partie en travaux et en partie encore délabré.

Tarsus a une histoire qui date de plus de 6000 ans! C’était la capitale de la province romaine de Cilicie, la voisine de la fameuse Lycie. Elle a été également assyrienne, perse, grecque, byzantine, arabe, arménienne, ottomane et finalement turque. Il reste quelques vestiges des époques romaine et chrétienne mais la plupart du centre historique est typiquement ottoman avec ses maisons à galeries, ses mosquées à coupole et son vieux bazar.

Petite minute ferro

Fab est un petit peu passionné de train au point de se lever aux aurores pour aller observer un pont et quelques convois qui circulent dessus. (dont nous avons quelques vidéos sur nos stories instagram) Le pont en question est le viaduc de Varda situé à Hacıkırı à une soixantaine de kilomètres d’Adana. C’est une prouesse architecturale de 98 mètres de haut pour 172 mètres de long qui a été construite en 1905. Ce qui fait le plus rêver, c’est que le pont se trouve sur la ligne qui relie Istanbul à Bagdad. Nous gardons espoir que la situation se calme un jour au Moyen-Orient afin de pouvoir emprunter cette fameuse ligne dans son entier.

Et maintenant la question que vous vous posez tous depuis le début de cet article :

Adana est-elle vraiment la capitale gastronomique de la Turquie?

A nos yeux, oui! La Turquie est déjà un paradis gastronomique en soi mais Adana profite en plus d’une situation privilégiée dans un plaine au climat méditerranéen et a accès à beaucoup de produits grâce à ses cultures. Le centre-ville regorge de restaurants de tous types et certains mettent même l’accent sur de la cuisine étrangère, ce qui n’est pas très courant en Turquie. Adana possède son propre kebab. Chaque ville revendique une variété de kebab qui lui est propre mais celui d’Adana est le plus populaire et on le trouve dans tout le pays. Une autre spécialité typique d’Adana est le jus de navet mais il faut avouer que nous n’avons pas osé le goûter préférant profiter de la saison des oranges pour boire des litres de jus et faire le plein de vitamine C.

Parmi les spécialités que nous avons goûtées il y a le houmous chaud. Oui vous avez bien lu chaud! C’est excellent mais c’est vraiment un plat d’hiver car il y a une couche de fromage dessus et le tout est gratiné au four. C’est bien roboratif. Il y a les incontournables falafels qui, étonnamment, ne sont pas si faciles à trouver en Turquie. Nous avons trouvés des köftes et des mantis (une sorte de raviolis) végans faits à base de lentilles. Non, nous ne sommes pas végans mais nous nous intéressons beaucoup à des façons alternatives de cuisiner et le véganisme en fait partie. Pour le petit déjeuner les böreks (une sorte de chausson en pâte feuilletée farci de fromage, de pommes de terre, d’épinards ou de viande) ont la part belle. Côté fruits, outre les oranges, c’est la saison des bananes, des olives et des fraises! Nous sommes trop contents d’avoir pu remanger ces petits fruits rouges que nous adorons et que nous ne trouvons pas sous des climats tropicaux! Et enfin, il y a les baklavas! Difficile de résister à ces petites pâtisseries faites de pâte filo, de pistaches et de sirop! Bref, si nous avons manqué de soleil à Adana, nous n’avons pas manqué de nourriture!

Adana fut une chouette étape malgré la météo pas top! Mais c’est en partie de notre faute. Quelle idée d’aller sous des latitudes si hautes en cette saison! Et encore, dans le sud, nous avons eu de la chance! Istanbul a détrôné la guerre en Ukraine sur les chaînes d’informations car la ville est complètement paralysée après d’exceptionnelles chutes de neige!

Adana est un mix entre la méditerranée, l’est et le sud-est. La culture syrienne commence à se faire plus présente. Nous avons adoré l’ambiance et les gens sont toujours adorables comme partout en Turquie.

Voilà, notre conquête de l’est s’arrêtera là pour cette fois. Il est temps de retourner vers l’ouest. En regardant sur la carte, nous avons vu qu’Adana ferait un excellent point de départ pour la Cappadoce. Ça fait rêver n’est-ce-pas? Mais les prévisions météo nous ont bien refroidis, la région se trouve actuellement sous la neige et nous ne sommes pas du tout équipés pour ça, et en plus, ce n’est pas du tout notre kiff. Nous mourrons également d’envie de nous rendre dans le sud-est de la Turquie vers la partie kurde et les plaines de Mésopotamie mais là non plus, c’est pas génial au niveau météorologique et nous n’avons pas un timing illimité. Nous allons donc devoir y prévoir un autre périple pour la belle saison mais ce ne sera pas pour cette année, nous arrivons au bout des 90 jours permis sur une période de 180 jours puisque nous sommes déjà venus en Turquie l’automne passé. Il nous faudra attendre six mois pour pouvoir retourner dans le pays et avoir de nouveau droit à 90 jours de séjour.

Nous allons donc rester sur la côte Méditerranéenne ce qui n’est pas non plus pour nous déplaire et commencer notre trajet de retour. Evidemment, nous ferons encore quelques petits arrêts en route que nous ne manquerons pas de vous partager.

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