Konya

Pour sortir d’Istanbul, nous avons encore une fois choisi le train pour ne pas avoir à nous farcir les bouchons qui sont fréquents dans cette mégapole. C’est du moins l’argument que Fab a avancé pour convaincre Van d’utiliser ce moyen de transport. Depuis la gare de Sogütlüçesme (à vos souhaits!), la gare du côté asiatique pour les destinations en direction de l’est, deux choix s’offrent à nous : Ankara et Konya. Nous trouvons Ankara trop au nord, trop dans les montagnes et trop fraîche et Konya… aussi! Nous choisissons quand même cette dernière car elle se situe un peu plus près de la côte méditerranéenne pour la suite de notre voyage.

Même avec le train, il faut près de deux heures pour sortir d’Istanbul tellement la ville est tentaculaire! Nous longeons ensuite la mer de Marmara qui ressemble plus à un grand lac, voire à un fjord à son extrémité vers Izmit. Le trajet se déroule ensuite pas mal dans des tunnels, c’est une ligne à grande vitesse et la Turquie est aussi mal plate que Tenerife, il faut bien franchir toutes ces montagnes! Mais entre les tunnels, les paysages que nous traversons sont splendides! Ils ressemblent parfois à la Toscane, parfois à l’Ardèche et parfois à l’Andalousie. Et, vers la fin, quand ça commence à devenir monotone, nous avons droit à un magnifique coucher de soleil! Nous ne voyons pas passer les cinq heures de train! Que demander de plus? Juste quelques degrés à notre arrivée à Konya peut-être…

Mais notre belle aventure en transports ne s’arrête pas là! A notre arrivée, juste devant la gare, nous trouvons tout de suite le bus qui nous emmène au quartier où se situe notre logement. Mais pour acheter le billet, ça se corse, il faut une carte spécial de transport urbain, que nous n’avons évidemment pas! Le chauffeur de bus nous embarque quand même et refuse catégoriquement que nous lui payons le moindre centime! Encore une fois, nous sommes hallucinés et touchés par la bienveillance de la population locale.

Comme Konya nous paraît digne d’intérêt, nous en profitons pour y faire une petite étape. Elle se situe au centre-sud de la Turquie sur un plateau culminant à 1020 mètres d’altitude. C’est une ville étudiante, jeune et dynamique mais elle est bien plus conservatrice qu’Istanbul! Mais ce n’est pas l’Arabie Saoudite non plus, il faut juste éviter de sortir en shorts! Mais au mois d’octobre, il fait bien assez frais pour porter des vêtements longs! L’ambiance est vraiment chill avec ses nombreux parcs et ses nombreuses zones piétonnes. Nous n’avons pas du tout l’impression de nous trouver dans une grande ville de 2,2 millions d’habitants.

Centre historique

Konya a une histoire très riche qui remonte à l’âge de Cuivre (vers 3000 avant Jésus-Christ). Elle a même été une capitale d’un sultanat qui couvrait une bonne partie de l’Anatolie de l’ouest. En 1392, elle a été annexée à l’empire ottoman et c’est cette époque qui prédomine dans le centre historique avec ses petites maisons en bois typiques. Le quartier est animé par des boutiques où on y vend de tout et surtout n’importe quoi, par les salons de thé et par les mosquées dont les minarets effectuent l’appel à la prière cinq fois par jour.

Konya Kent Meydani

Elle fait un peu surréaliste cette énorme place avec son immense statue et son futur musée de la céramique. Ce qui est encore plus étonnant est que sur la partie ouest de la place, se trouvent les divers bâtiments municipaux de Konya dans de jolies petites maisons ottomanes. On dirait presque du faux, mais pourtant tout est bien réel.

Mosquée Haciveyszade

Cette grande mosquée est de la plus pure architecture classique ottomane pourtant, elle n’a été construite qu’entre 1986 et 1996. Elle possède deux minarets qui sont les plus hauts de la région, ils mesurent 78 mètres de haut et se voient depuis pratiquement toute la ville. Le bâtiment principal n’est pas en reste puisqu’il peut accueillir jusqu’à 4500 personnes. En ce qui nous concerne, nous l’avons juste trouvée magnifique!

Mevlana

A l’instar d’Istanbul, Konya possède également son esplanade à mosquées même si elle est de taille bien plus modeste. A droite, c’est la mosquée du sultan Selim construite en 1570 dans le plus pur style ottoman. A gauche, c’est le mausolée de Jalal ad-Din Muhammad Rumi, le fondateur de l’ordre des derviches tourneurs. Les derviches sont des danseurs de sama, danse traditionnelle d’Anatolie, habillés d’une longue robe blanche et qui tournent comme des toupies. La construction de l’édifice date de 1231 quand Konya était la capitale du sultanat seldjoukide d’Iconium, mais des agrandissements eurent lieu jusqu’en 1854. Au centre, il y a normalement un grand dôme conique tapissé de faïence turquoise mais il est actuellement couvert d’échafaudages.

Mosquée d’Ala’ad-Dîn

Cette mosquée se situe sur une colline, véritable oasis de verdure au centre de Konya, qui était la citadelle de la ville lors de la période seldjoukide. Elle porte d’ailleurs le nom d’un éminent sultan de l’époque. Ici, c’est la même histoire qu’en Espagne mais à l’envers. Le site était occupé par une basilique chrétienne jusqu’en 1080 date où l’édifice a été transformé en mosquée. Le complexe abrite les mausolées de huit sultans, tous de la même dynastie.

Konya vaut la peine qu’on s’y arrête un peu même s’il n’y a pas besoin d’y passer trop de temps. Le centre-ville est assez petit et tout est bien aménagé pour les piétons, c’est super facile de se déplacer à pied. Nous sommes les seuls touristes occidentaux en ville et pourtant, avec nos physiques méditerranéens, nous passons relativement inaperçus. Ce n’est que quand ils comprennent que nous ne parlons pas un mot de turc que les locaux se rendent compte que nous ne sommes pas du coin. Jamais nous n’aurions pensé nous fondre si facilement dans la masse en Turquie.

Pour la suite, notre première idée était de descendre sur Adana et de poursuivre vers le sud-est à Gaziantep et dans la province de Hatay mais en découvrant sur la carte que la frontière syrienne est assez proche, nous avons quand même jeté un coup d’œil sur les différents sites des affaires étrangères. En effet, le coin est fortement déconseillé pas forcément pour cause d’insécurité mais parce-que deux étrangers qui se baladent par voie terrestre à proximité de la Syrie peuvent être soupçonnés de tenter de passer la frontière pour y faire le Djihad. C’est le genre d’ennuis que nous préférons éviter!

Nous allons tout de même descendre vers le sud afin de retrouver la mer et des températures un peu plus estivales!

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