Şirince et Kuşadası

Lors de nos recherches sur internet pour rédiger notre précédent article, nous sommes tombés sur des liens concernant des lieux à visiter dans le coin qui nous semblaient particulièrement intéressants, comme presque partout en Turquie. Comme nos trouvailles étaient faciles d’accès depuis Selçuk où nous séjournions, nous avons décidé de prolonger un peu le plaisir et de partir à la découverte des alentours.

Paysage en dessus de Şirince, un petit air des Appenins.

Şirince

Şirince ne se situe qu’à 8 kilomètres de Selçuk, mais est déjà perché à flanc de montagne. Nous ne sommes qu’à 350 mètres d’altitude, à peine l’altitude de Genève, mais en Turquie le relief est tellement abrupt depuis le littoral qu’on a tout de suite l’impression d’être en pleine montagne. D’ailleurs, la mer Egée ne se trouve qu’à une petite quinzaine de kilomètres en contrebas, pourtant l’ambiance est tout sauf maritime! Şirince est facilement accessible en dolmus depuis Selçuk sur une route de montagne bien en lacets qui nous refile vite la gerbe, exactement comme les guaguas de Tenerife!

Pas très maritime comme ambiance!

Şirince était un village grec orthodoxe durant la période ottomane. Les Grecs peuplaient une bonne partie des côtes turques égéennes à l’époque tout comme les Turcs peuplaient une partie des îles grecques. Toute la région faisait partie de l’empire ottoman. A la chute de celui-ci à la fin de la Première Guerre Mondiale et à la signature du traité de Lausanne de 1923 définissant les frontières de la nouvelle république de Turquie ainsi que de la Grèce indépendante, chaque population a dû « rentrer chez elle » provoquant un exode massif et un véritable échange de populations.

Aujourd’hui, il ne subsiste qu’une seule église orthodoxe de cette époque. L’ambiance est véritablement turque mais le village a gardé tout son cachet d’antan avec ses vieilles maisons, joliment restaurées, accrochées au flanc de la montagne. Les deux premières ruelles en bas du village à l’arrivée du dolmus sont remplies de magasins de souvenirs mais il vaut la peine de les traverser et de monter sur les hauts où le coin est un peu plus authentique.

Il vaut la peine de grimper un petit peu et de sortir du village pour admirer la vue depuis en haut. Outre, la vue sur le village qui est incroyable, le paysage de montagne aux alentours n’est pas mal non plus et nous fait un peu penser aux Appenins dans le centre de l’Italie.

Santé!

Une des raisons, et pas des moindres, qui nous a poussé à subir le mal des transports pour grimper jusqu’à Sirince est le pinard! Non, ça ne combat pas le mal mais ça fait plaisir! La région est réputée pour sa culture du vin,. Il fallait absolument que nous allions tester ça! Le principal cépage est l’Öküzgüzü (à vos souhaits!). Ce serait un des plus anciens cépages existant sur Terre et il est exclusivement cultivé en Anatolie où il se plait particulièrement en altitude sur les coteaux méditerranéens. Heureusement, parce-que la Turquie c’est vraiment mal plat en Méditérannée! C’est un bon rouge comme on en connaît dans le sud de l’Europe du même acabit que le Merlot ou le Cabernet, deux cépages avec lequel il est souvent assemblé. Même si ce n’est pas toujours mis en avant pour des raisons religieuses, sachez que la Turquie est un grand pays viticole et qu’on y trouve du vin qui n’a pas beaucoup à envier à ceux des autres pays méditerranéens.

Une des nombreuses caves de Şirince

Kuşadası

Le caravansérail

Cette petite incursion dans les montagnes d’Ephèse c’était bien joli mais la mer commence à nous manquer! Ben oui, ça fait quand même 4 jours que nous ne l’avons pas vue! Et encore, à Izmir ça ne ressemble pas vraiment à la mer! Nous nous arrêtons dans la petite bourgade de Kuşadası à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Selçuk. A première vue, ce n’est pas le top car c’est ici que débarquent tous les croisiéristes pour la visite du site d’Ephèse. Mais nous ne sommes pas en saison des croisières et la ville à quand même quelques petites choses à offrir autres que des boutiques de souvenirs, des restos à touristes, des centre commerciaux ou des agences à tours.

Le caravansérail

Un caravansérail était un lieu d’étape pour les caravanes de chameaux au Moyen-Orient. On y ravitaillait les voyageurs et les bêtes et on y faisait du commerce. La forteresse extérieure semble de style vénitien avec ses créneaux en « V » pourtant elle a été construite en pleine période ottomane en 1618 et servait à protéger les biens qu’on y vendait ou qu’on s’y échangeait à l’intérieur. Kuşadası était un port de commerce important où s’y retrouvaient des marchands ottomans, arabes et même génois.

Aujourd’hui, ce caravansérail très oriental paraît presque incongru dans un Kuşadası très occidentalisé, presque grec. Il a été transformé en hôtel de charme.

Güvercinada

Güvercinada signifie littéralement « île aux pigeons » car le coin est envahi d’oiseaux dont des pigeons pendant la période de migration. Ce petit îlot est facilement accessible à pied grâce à une petite jetée qui le relie au continent. Il y trône, en son centre, un petit château datant du XVe siècle entouré d’une forteresse ajoutée au XVIIIe siècle afin de se protéger des révoltes grecques sévissant à l’époque. C’est super sympa de s’y promener, l’endroit est très boisé avec des essences typiquement méditerranéenne comme des pins ou des oliviers.

Attention : nous avons rencontrés un rabatteur peu scrupuleux qui essayait de faire croire aux touristes que l’accès à l’île est payant. C’est FAUX! L’entrée est gratuite! Sachez également que ce genre de pratique n’est PAS courante en Turquie. Les gens sont en général serviables et honnêtes, même dans les coins touristiques. Donc, c’est exemple n’est en AUCUN CAS représentatif du pays.

Nous avons également été impressionnés par la clarté de l’eau! Promis, juré (mais pas craché, la pandémie n’est pas encore totalement finie!), ce sont bien des photos de la mer Egée. Nous n’avons pas recyclé nos photos de Zanzibar ou de la mer Rouge!

Le problème en Turquie, c’est qu’il y a des coins intéressants absolument partout et Şirince et Kuşadası n’ont pas échappé à la règle. C’est un peu frustrant car nous ne pourrons pas nous arrêter partout et nous devrons faire des choix et ceux-ci s’annoncent vraiment cornéliens!

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