Santa Fe de Antioquia, la dolce vita colombienne dans un décor colonial

Après avoir passé pas mal de temps dans les magnifiques villages de montagnes aux maisons colorées et aux paysages incroyables, nous changeons complètement de décor, d’ambiance et de climat pour cette nouvelle aventure.

Pour venir depuis Guatapé, il faut obligatoirement passer par le terminal Norte de Medellín mais il est tout a fait possible d’effectuer la totalité du trajet en un jour. Santa Fe de Antioquia ne se trouve qu’à 57 kilomètres de la ville et il suffit d’un peu plus d’une heure de trajet pour y arriver. Pourtant, à l’arrivée, nous avons l’impression d’avoir changé complètement de région! Nous sommes presque en plaine (500 mètres d’altitude environ) et dans un vrai climat tropical humide comme on les aime!

Santa Fe de Antioquia est l’ancienne capitale du département de Antioquia qui, durant l’époque coloniale, bénéficiait d’une quasi indépendance à l’intérieur du vice-royaume de Nueva Granada, c’est-à dire les actuels territoires de la Colombie, d’Equateur, du Venezuela et du Panama. Elle fut fondée en 1541 par l’andalou Jorge Robledo et c’est le roi d’Espagne Felipe II himself qui lui offrit le statut de capitale de région. En 1826, juste après l’indépendance, on transféra la capitale à Medellín, plus haut dans la vallée. Cette dernière s’était mieux développée économiquement et se trouvait dans un endroit plus stratégique.

Casco historico

Avec la perte de son statut de capitale régionale, Santa Fe de Antioquia ne s’est pas beaucoup développée depuis le XIXe siècle et a gardé intact son centre colonial, à l’instar d’Antigua au Guatemala qui a une histoire un peu similaire. Le centre historique n’est pas très grand et possède ce fameux plan en damier cher aux Espagnols. Mais pour s’y promener, ce sont les pavés de Granada avec les trottoirs inégaux de Campeche. Rien d’insurmontable avec une bonne paire de baskets mais il faut quand même faire attention à ne pas se fouler la cheville. Et puis, c’est ce qui fait le charme des villes historiques! Les magnifiques maisons coloniales datent du XVIIe siècle et sont, pour la plupart, blanchies à la chaux. Il vaut la peine de jeter un coup d’œil discret par les portes et les fenêtres ouvertes pour admirer les superbes patios à l’intérieur. D’ailleurs, certains cafés ou restaurants valent la peine qu’on s’y attarde plus pour leur intérieur que pour leur gastronomie!

Petit tipp : Evitez de visiter Santa Fe de Antioquia le week-end. Les logements sont le double du prix habituel et toute la population de Medellín s’y retrouve. En semaine, la ville peut sembler endormie voire un peu ennuyeuse mais on y est presque seuls au monde et cette torpeur correspond beaucoup plus au climat très chaud de la région.

Pour admirer l’intérieur d’une de ces magnifiques maisons coloniales de plus près, nous sommes rentrés dans le musée Juan de Corral du nom d’un fervent défenseur de l’indépendance et premier président-dictateur de « L’état libre de Antioquia ». Bon, on ne nous a pas laissés entrer avec notre appareil photo. C’est dommage car la maison est vraiment belle et l’exposition, somme toute, assez intéressante. On y parle de la fondation de la ville et de son fondateur Jorge Robledo, de la colonisation espagnole, du catholicisme apporté par les colons, de Juan de Corral, de l’indépendance et de la guerre civile qui en a découlé.

L’entrée au musée est gratuite et nous en avons quand même profiter pour « voler » deux photos avec nos smartphones…

Plaza Mayor Simón Bolivar

C’est le cœur névralgique de la ville. Elle est bordée par de magnifiques bâtisses coloniales superbement restaurées et par quelques terrasses assez sympas. En son centre, il y a un petit jardin de palmiers, de manguiers, de flamboyants et d’autres espèces tropicales qui nous apportent une ombre bienvenue. La Plaza Mayor porte évidemment le nom du grand seigneur de l’indépendance colombienne : Simón Bolivar.

Dès 17 heures, toutes les rues débouchant sur la place sont fermées au trafic et les habitants se réapproprient leur ville déambulant dans le centre historique en profitant de la « fraicheur » relative du soir. Les restaurants, eux, en profitent pour y installer leurs terrasses. Nous avons même eu droit à une séance de cinéma sur la place! Période de vacances scolaires oblige, les œuvres présentées sont tout public et proviennent principalement des studios Disney ou Pixar. Mais mater un film les fesses posées sur les marches encore chaudes de la journée du parvis de la cathédrale est une expérience vraiment sympa!

Catedral basilica de la Inmaculada Concepción

Cette magnifique cathédrale baroque et sa façade d’une blancheur immaculée dominent toute la Plaza Mayor Simón Bolivar sur son côté nord-ouest. On doit sa construction à l’architecte valencien Domingo de Petrés qui a également élaboré les plans de la cathédrale de Bogota, la plus importante du pays. Rien que ça! Nous trouvons par contre que l’intérieur est très sobre mais il y fait bon frais. Nous avons vaguement songé à nous mettre à la prière pour profiter de la fraîcheur puis finalement, nous en avons conclu qu’une belle terrasse ombragée ferait beaucoup mieux l’affaire pour des mécréants de notre espèce!

Plaza de Santa Barbara

C’est une petite place sans prétention dont l’attrait principal est la magnifique façade le l’église de Santa Bárbara. Elle date de 1726 et est l’église la plus ancienne de la ville. On la surnomme d’ailleurs « la Abuela » (la grand-mère). En ce mois de décembre, la place est squattée par les rennes du Père Noël!

Puente de Occidente

Pour une fois, notre traditionnelle marche du jour ne nous emmène pas sur un sommet mais au bord de la rivière. Plus précisément, SUR la rivière! Depuis le centre de Santa Fe de Antioquia, il faut marcher cinq kilomètres. C’est assez facile, c’est sur une route secondaire sans trop de trafic et c’est bien ombragé dans la forêt avec plein d’oiseaux à observer. Pour ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas marcher, il y a la variante moto-chiva (ou tuk-tuk). Le chauffeur vous y emmène, vous attend une vingtaine de minutes et vous ramène en ville. Nous avons entendu dire que ce service coûtait 20’000 pesos (4,25€ ou 3,95CHF).

Ce magnifique pont suspendu long de 291 mètres traverse le Rio Cauca, le deuxième fleuve du pays que nous avons déjà croisé à Cali. Il a été construit en 1887 par l’ingénieur José Maria Villa, un enfant du pays qui a également travaillé à la construction du pont de Brooklyn à New York, rien que ça! Son nom « Occidente » a été choisi tout simplement parce qu’il se situe à l’ouest du département d’Antioquia.

Aujourd’hui seuls les piétons et les véhicules légers comme des vélos, des scooters et des motos-chivas peuvent l’emprunter. Nous avons été super impressionnés par la stabilité du pont. Lors du passage des tuks-tuks, ça ne bouge pratiquement pas! Nous avons également adoré les tours en brique qui soutiennent les câbles. Elles sont super belles et contrastent joliment avec le vert de la végétation des alentours.

Le paysage depuis le pont sur le Rio Cauca et sa vallée dans la cordillère occidentale des Andes vaut également le détour. Nous aimons ces ambiances tropicales de grands fleuves traversant la forêt. Par contre, il faut faire attention! Il paraît qu’il y a des caïmans dans le coin…

Avec nos déboires de logements à Medellín que nous vous expliquons dans notre dernier article, nous avons fini par passer quatre jours à Santa Fe de Antioquia! C’est beaucoup pour une si petite ville mais nous avons tellement adoré l’endroit que ce n’est pas si grave finalement. Nous avons pris notre mal en patience et trouvé une piscine pour nous rafraîchir pendant les heures chaudes de la journée. Il y a juste notre réveil aux aurores pour prendre notre bus qui a été un peu hard! Mais tout s’est bien passé, nous avons réussi à attraper notre correspondance au terminal Norte de Medellín et nous avons pu continuer nos aventures presque comme prévu!

Santa Fe de Antioqui aura encore été un coup de cœur colombien pour changer! Même le fait d’avoir dû prolonger notre séjour n’a pas tari l’amour que nous portons pour cette ville, son centre historique de ouf, sa chaleur et sa douceur de vivre.

Une visite de Santa Fe de Antioquia à la journée depuis Medellin pourrait suffire amplement mais nous vous conseillons tout de même d’y dormir une nuit pour profiter de l’ambiance du soir, même en semaine quand c’est un peu plus calme.

Lima, la capitale du Pérou entre trésors historiques et ambiance cosmopolite

Grâce à notre étape dans la réserve de Paracas, nous nous étions déjà bien rapprochés de Lima donc, une fois n’est pas coutume, nous n’avons pas eu besoin de prendre un bus de nuit au parcours interminable sur des routes de montagne bien trop sinueuses à notre goût. Quel bonheur! Le trajet se passe à plat, sur la Panaméricaine et nous avons mis un peu plus de trois heures pour parcourir les 260 kilomètres qui séparent les deux endroits.

La station de bus est assez excentrée au sud de Lima mais il est assez facile d’y commander un Uber pour se rendre au centre-ville. Il y a également des taxis qui se négocient si vous n’avez pas l’application ou juste pas envie de vous prendre la tête avec ça. Le temps de trajet dépend des heures, le trafic étant très congestionné aux heures de pointe!

Lima, la capitale et plus grande ville du Pérou, est sûrement la ville péruvienne dont nous en avons le plus entendu parler, surtout en mal! De toute façon, nous n’allions pas y couper puisqu’elle se situe en plein sur notre itinéraire en direction du nord. Et puis, par pur esprit de contradiction, nous voulions quand même voir ça de plus près afin de juger si elle mérite sa mauvaise réputation.

Casco historico

L’emplacement où se trouve Lima actuellement était occupé par les civilisations précolombiennes Wari et Ichma. Les Incas vinrent conquérir le lieu au XVe siècle mais ne restèrent pas longtemps puisque les Espagnols, sous l’égide de l’extremeño Francisco Pizzaro, débarquèrent en 1532 et fondèrent la ville en 1535. De cette époque, nous reste un superbe centre historique inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO (encore un!) Nous avions lu que la ville coloniale était dans un véritable état de délabrement et qu’elle faisait peine à voir. Nous ne savons pas de quand datent ces infos car nous avons vu des magnifiques bâtiments superbement restaurés. Cerise sur le gâteau : une bonne partie du centre a été transformée en zone piétonne! Fait rare en Amérique Latine. C’est très agréable car avec ses treize millions d’habitants, Lima peut être étouffante et le trafic peut être vraiment infernal.

Plaza San Martin

Ce qui frappe quand on y arrive, c’est la blancheur des bâtiments alentours, sûrement restaurés récemment car vu le trafic, ils ne vont pas rester si blancs bien longtemps! La place a été construite en l’honneur de José de San Martin qui a été un personnage clé dans l’indépendance péruvienne. Elle a été inaugurée en 1921, pile pour le centenaire de l’Indépendance du Pérou vis à vis de la couronne espagnole. Malgré sa construction relativement récente, elle fait partie du centre historique protégé par l’UNESCO. Aujourd’hui, c’est un lieu hautement symbolique pour le peuple péruvien car c’est cette sur place qu’ont lieu toutes les manifestations et autres revendications populaires.

Plaza de Armas

Comme à Arequipa, la place centrale se nomme Plaza de Armas même si on l’appelle communément Plaza Mayor (grand place en français) et c’est vrai qu’elle est très grande cette place. Ici, on est dans du cent pour cent colonial espagnol du XVIe siècle! Les façades sont plutôt jaunes à l’instar d’autres villes coloniales comme Izamal ou Hoi An. Elle est bordée de plusieurs bâtiments administratifs comme le magnifique palais du gouvernement du Pérou, superbe bâtiment néo-baroque. La superbe cathédrale Renaissance espagnole qui borde également la place date de 1535 et a été construite sur le modèle de la cathédrale de Jaén. Ayant été dans cette belle petite ville andalouse, nous confirmons qu’il y ait bien un petit air de famille entre les deux édifices religieux.

District de Rimac

A Rome, on traverse le Tibre (Tevere en italien) et on se retrouve à Trastevere,. En ce qui concerne Lima, il suffit de traverser la rivière Rimac pour se retrouver dans le district de Rimac qui est juste un prolongement du centre historique. Pendant la période coloniale, c’était le premier faubourg de la ville de Lima. La construction du quartier a été inspirée par Triana, le quartier de Séville qu’on rejoint depuis le centre également en traversant un fleuve! Coïncidence? Je ne crois pas! Mis à part les balcons sculptés en bois qui sont typiques du Pérou, nous devons reconnaître que l’architecture ressemble à s’y méprendre à notre belle capitale andalouse!

Miraflores

Nous changeons drastiquement d’ambiance avec le district de Miraflores. Situé directement en surplomb du Pacifique sur d’impressionnantes falaises, Miraflores fait office de quartier chic et branché de Lima. C’est ici qu’on trouve les loyers les plus chers du pays où vivent les Péruviens de classe sociale plus élevée! Il y a également de jolis espaces verts loin du trafic infernal et avec vue sur l’océan. Un vrai bonheur!

Il y a un phénomène météorologique assez particulier ici qui nous suit le long de la côte depuis notre arrivée à Arica : le courant de Humboldt. C’est un courant très froid venu tout droit de l’Antarctique. Avec la chaleur désertique du littoral, ça donne un brouillard assez épais. Dans nos contrées tempérées, on associe plutôt le brouillard à l’automne ou à l’hiver et surtout au froid. A Lima, au contraire, il y a une hausse des températures assez marquée lors des montées de brume. C’est assez déstabilisant! Mais nous finissons par nous y habituer et si nous sommes vraiment dérangés par la météo, il y a assez de bars sympas dans le coin pour se réfugier et boire un bon pisco sur, la liqueur locale.

Finalement Lima a plutôt été un coup de cœur pour nous. Certes, c’est une mégapole de treize millions d’habitants avec tous les désavantages inhérents mais dans l’ensemble ça reste une ville agréable, sûre (à part certains quartiers moins favorisés que nous avons pris soin d’éviter), avec des transports publics (même si peut mieux faire) et de la culture. Paradoxalement, c’est le coin du Pérou où nous avons trouvé les gens les plus accueillants et chaleureux. Nous, qui avons été plutôt déçus sur l’accueil péruvien jusqu’ici, avons apprécié les échanges avec les locaux qui sont plus difficiles ailleurs.

Contrairement à la plupart des voyageurs, nous ne vous déconseillons pas d’aller à Lima, bien au contraire! Bien sûr, c’est une grande ville sud-américaine et il faut y observer les règles élémentaires de prudence, comme partout ailleurs, mais c’est une ville qui vaut la peine au moins pour son centre historique.