Le long du lac Atitlan

L’altitude et la pollution à Xela commençant sérieusement à nous peser, nous prenons nos sacs à dos pour les poser dans un endroit moins élevé et plus naturel. Le lac Atitlan nous paraît une bonne option. Il ne se situe « qu’à » 1600 mètres d’altitude et comme nous sommes attirés par les plans d’eau, un lac nous paraît totalement approprié.

Le lac Atitlan est, évidemment, d’origine volcanique et s’est formé il y a environ quatorze millions d’années. La forme actuelle du lac n’a « que » 84’000 ans et est due à l’éruption du volcan Los Chocoyos, une éruption tellement importante que les cendres ont couvert la superficie allant de la Floride jusqu’à l’Equateur. Tiens, ça rappelle une histoire de volcan islandais tout ça, mais à l’époque, il n’y avait pas de trafic aérien à bloquer. A la place d’un gros bordel aéroportuaire, nous avons une superbe caldera lacustre entourée de volcans culminant tous à plus de 3000 mètres.

Autour du lac, on y parle, en plus du castillan, le Tz’utujil qui est de la même famille que le kiché et qui, pour des oreilles novices comme les nôtres, contient les mêmes sonorités. Il y a environ 100’000 locuteurs de cette langue, l’équivalent de la ville de Lausanne, mais chaque village a son propre dialecte. Et dire que nous nous sommes toujours moqués des Suisses Allemands qui sont incapables de se comprendre d’une vallée à une autre!

San Pedro

Nous choisissons le village de San Pedro pour notre lieu de villégiature juste parce-que l’offre hôtelière nous convient. C’est le village le plus connu du lac Atitlan pour son côté chill et ses classes d’espagnol. Ben nous sommes toujours en train de chercher le côté chill. Le tourisme de masse est passé par là et les petites ruelles du centre se sont converties en boutiques de souvenirs, faux restaurants branchés et agences touristiques drainant une foule compacte cherchant à rentabiliser leur voyage en essayant d’escalader tous les volcans et de faire toutes les balades en bateau, sans compter le trafic infernal de moto-taxi dont les chauffeurs sont à l’affut des potentiels clients. Nous avons trouvé cette ambiance particulièrement stressante et pas du tout représentative du Guatemala. C’est le genre d’ambiance que nous nous attendions à trouver à Flores qui s’avère finalement beaucoup plus tranquille et moins portée sur le tourisme de masse.

Pour les classes d’espagnol, nous ne les avons pas testées mais il y a effectivement l’embarras du choix. Fab, qui est bilingue, peut se targuer de ne pas en avoir besoin. A Van, ça ne lui aurait pas fait de mal de prendre quelques cours mais nous commençons à être un peu limite avec le timing, nous vous expliquerons pourquoi plus tard… Elle continuera à apprendre le castillan à l’arrache en discutant de tout et de rien avec les gens. (#pipelette)

Il y a quand même une chose qu’il faut reconnaître. Malgré que le coin ait vendu son âme au tourisme de masse, la population locale est toujours autant souriante, affable et prête à nous aider. C’est ce dernier point qui est important pour nous et c’est ce dont nous allons nous rappeler plus tard.

Le village de San Pedro ne nous plaît pas mais le paysage de volcans entourant le lac Atitlan nous enchante. Nous prenons de la hauteur afin de mieux observer le panorama et puis, il ne faudrait pas que nous dérogeons à notre traditionnelle grimpette! Nous suivons la route qui va à Santiago où, à la sortie de San Pedro, il y a un mirador. Mais nous avons trouvé quelque-chose de plus fou. Il faut monter encore quelques mètres sur un chemin entre les caféiers. Il y a un petit café, judicieusement appelé « Café Panorama » qui offre une terrasse incroyable sur le lac et les volcans et qui sert un excellent café local sans gonfler les prix. La vue est à couper le souffle! Ces volcans qui se jettent à pic dans le lac ne sont pas sans nous rappeler le lac Majeur.

San Juan

Oui, il y a tous les saints de la Bible autour du lac Atitlan, le Guatemala étant un pays où le catholicisme est hyper présent. San Juan est la voisine directe de San Pedro et les deux villages sont facilement accessibles à pied même s’il est possible de s’offrir les service d’un moto-taxi pour 10 quetzales (1,20€ / 1,20 CHF) par personne. San Juan se veut plus artistique que sa voisine et c’est le cas. Il y a pléthore de galeries d’art et le street art décore les ruelles du centre-ville. Malheureusement, les sirènes du tourisme de masse sont également venues troubler la quiétude de ce joli village et c’est une multitude de boutiques de souvenirs « made in China » qui dénature l’âme de San Juan.

La promenade au bord du lac est assez tranquille mais le chemin est inondé juste à cause du vent! Il souffle tellement fort que le lac forme des vagues géantes qui viennent mourir sur la rive. Ce vent sec, violent et désagréable s’appelle le phénomène Xocomil. On dirait le nom d’un médicament mais en réalité c’est une légende locale qui raconte la jolie histoire d’amour entre les masses d’air froides venant du lac et les masses chaudes venant du sud. Leur rencontre est tellement explosive qu’elle forme une belle tempête qui peut durer de quelques heures à plusieurs semaines. C’est l’équivalent d’une tempête de foehn dans la vallée du Rhône ou de mistral en Méditerranée. C’est à dire que ça nous refile une belle gueule de bois sans que nous ayons consommé une seule goutte d’alcool!

Panajachel

Pour pouvoir continuer notre route à la découverte du Guatemala, il nous faut partir depuis l’autre rive du lac Atitlan. Il y a des lanchas qui effectuent la traversée pour 25 quetzales (3€/2,95CHF) et ça dure environ trente minutes. Nous avons eu de la chance car le vent a fini par tomber et le lac est super calme. Les dieux de la navigation sont avec nous sur ce coup-là, surtout que les capitaines ont tendance à prendre la surface du lac pour un circuit de formule 1. Avec les vagues de ces derniers jours, ça aurait été un enfer et, avec nos oreilles internes défaillantes, nos estomacs n’auraient pas tenu le coup!

La ville de Panajachel, affectueusement appelée Pana par les locaux, est super moche et ne présente que peu d’intérêt. Elle a été fondée par des moines franciscains, la ville s’appelle d’ailleurs officiellement San Francisco de Panajachel, encore une référence biblique, mais il ne reste de cette époque uniquement l’église catholique. Par contre, nous la trouvons bien plus agréable à vivre que San Pedro ou San Juan. Les ruelles à boutiques de souvenirs sont plus larges et sans tuk-tuk, on s’y sent moins agressés et le reste de la ville n’est pas du tout touristique. Il y a une petite promenade au bord du lac assez sympa et surtout entièrement piétonne! On y voit les volcans San Pedro et Atitlan qui sont reconnaissables par leur forme en triangle, comme sur les dessins des enfants.

Nous pensions, à la base, rester un peu plus longtemps dans la région mais contrairement à beaucoup de voyageurs qui sont venus au Guatemala, nous n’avons pas eu le coup de cœur pour le lac Atitlan. Certes nous avons été subjugués par les paysages, surtout par les volcans mais nous trouvons qu’il manque un supplément d’âme à l’endroit. Nous en avions peut-être trop attendu ou alors nous sommes un peu blasés, nous qui avons grandi à proximité des lacs alpins dont certains, comme les lacs nord-italiens ou le lac d’Annecy ressemblent fortement au lac Atitlan.

Nous avons largement préféré la région de Flores qui nous paraît sûrement plus exotique avec son environnement de jungle et ses pyramides mayas.

Rassurez-vous, cette petite déception ne va pas nous faire changer d’avis sur le Guatemala en général qui reste un pays vraiment génial et dont nous avons de très bons contacts avec la population locale, même si Van a zappé ses cours d’espagnol!

Parc national du Teide, le point culminant de l’Espagne

Un séjour à Tenerife n’en est pas vraiment un si on ne va pas découvrir son emblème et son point culminant : sa majesté le Teide! Mais les tempêtes hivernales sont arrivées et ont paré la montagne d’un joli manteau neigeux. Le but n’étant pas de voir la neige, ce n’est pas trop notre kiff. Nous avons donc sagement attendu le printemps avant d’y monter. De toute façon, nous ne sommes pas équipés pour les frimas de l’hiver!

Le service de guagua étant temporairement suspendu pour aller au parc national à cause du Covid, il faut louer une voiture pour y accéder. Nos colocs Heidi et David nous ont gentiment proposé de nous y accompagner avec leur véhicule. En plus, David a grandi dans la région et connaît le coin comme sa poche, ce qui en fait un super guide! Nous sommes donc partis tous ensemble, accompagnés de Fleki, leur compagnon à quatre pattes, à la découverte de ce monstre volcanique.

Le problème à Tenerife est, comme toujours, la météo mais la webcam du parc national nous montrait un temps potable, nous avons tout de même décidé de tenter le coup malgré le temps bien nuageux à Puerto de la Cruz. Mais dans la forêt de pins qui surplombe la Orotava, nous avons bien douté de notre choix car le temps a tourné au brouillard et à la pluie. Nous nous sommes arrêtés en chemin juste pour observer une particularité géologique dans la forêt. L’érosion a façonné une pierre jusqu’à lui donner une magnifique forme de fleur. Après cette première découverte un peu humide, nous avons décidé quand même de tenter notre chance plus haut.

Centre des visiteurs

Nous avons vraiment bien fait de suivre notre instinct (encore une fois!) car en dessus du brouillard, il y a un magnifique ciel bleu sans un nuage! Nous effectuons un premier arrêt au centre des visiteurs. C’est un endroit que nous vous recommandons chaudement car l’exposition et le film explicatif sur la formation du Teide et de l’île de Tenerife sont très bien faits et très intéressants même pour des incultes comme nous. Le parc national couvre une superficie de presque 190 kilomètres carrés et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. La géologie du site est tellement ouf qu’elle est similaire à la planète Mars. D’ailleurs, les instruments d’exploration de la planète rouge ont été testés sur ce site. A côté du bâtiment du centre de visiteurs, se trouve un petit jardin botanique expliquant les espèces endémique du lieu. A cette saison, presque tout est en fleurs, une preuve de plus que nous avons bien fait d’attendre le printemps!

Alcance de tu mano

Bienvenue sur Mars! C’est vrai qu’il y a un petit air de famille et nous comprenons aisément pourquoi les essais sur les instruments d’exploration de la planète rouge se font ici. On peut aisément observer les différences géologiques entre les coulées de lave, les différents cratères et les pierres jaunes teintes par le souffre. Le paysage est vraiment à couper le souffle! Nous avons jeté notre dévolu dans cet endroit idyllique pour notre repas de midi. L’Espagne nous avait habitués à des places de pique-nique de ouf mais celle-ci a mis la barre beaucoup plus haut! Et on ne parle pas que d’altitude bien qu’ici on se situe déjà à 2250 mètres au dessus du niveau de la mer.

Roque Cinchado

C’est sûrement le rocher le plus photographié de Tenerife, voire d’Espagne! Même la banque centrale a utilisé son image pour les billets de 1000 pesetas! (l’ancienne monnaie espagnole avant l’Euro qui ne valait pas grand chose). On l’appelle également « Arbol de Piedra » (arbre de pierre) ou encore « Dedo de Dios » (doigt de Dieu) tellement il est emblématique. Mais s’il tient bien la vedette, il n’est pas le seul sur le site. Ses voisines, les Roques de Garcia, sont tout aussi impressionnantes. Le tout a été formé sur des milliards d’années selon les éruptions volcaniques et le travail de l’érosion. Depuis los Roques, il y a une superbe vue sur un haut plateau recouvert à moitié d’une grosse coulée de lave. L’ensemble nous rappelle étrangement l’altiplano bolivien.

Parlons quand même un peu du Teide!

Nous allons déjà commencer par répondre à la question qui vous brûle les lèvres. Oui, il est possible de se rendre au sommet du Teide! Mais……

Il y a un téléphérique qui monte au sommet mais ça coûte une blinde et c’est méga touristique. Tout ce qu’on aime!! Sinon, il y a la possibilité de monter à pied avec une nuit en refuge mais il faut réserver méga à l’avance et en temps de Covid, c’est compliqué. En plus, à Tenerife, la météo n’est jamais garantie. De toute façon, avec le brouillard que nous avons traversé plus bas, nous n’aurions vu qu’une étendue de nuages si nous y étions monté. Mais il paraît qu’en cas de très beau temps, il est possible d’apercevoir les sept autres îles de l’archipel. Nous le ferons peut-être une prochaine fois… Ou pas…

Il a de quoi se la péter ce volcan! Déjà à l’époque des Guanches (les autochtones avant l’arrivée des conquistadors espagnols), il était vénéré tel une montagne sacrée. Mais il était également craint à cause de ses éruptions explosives assez courantes à l’époque. On le surnommait d’ailleurs « l’enfer ». Aujourd’hui, sa majesté est en phase d’endormissement et ne présente que peu de risques que ce soit pour une éruption ou pour un séisme. Avec ses 3715 mètres d’altitude, c’est le point culminant de Tenerife, bien sûr mais également de toutes les Canaries et carrément de toute l’Espagne! Et comme si toute cette domination ne suffisait pas, c’est également le point culminant de toutes les îles de l’Atlantique. Et non, ce n’est pas tout! C’est le troisième plus grand volcan du MONDE depuis sa base sous-marine! Sur ce coup-là, il n’y a que les îles hawaïennes qui font mieux! Pas étonnant que Monsieur se fasse appeler « sa Majesté »! C’est vrai, il faut reconnaître que tous ces superlatifs sont assez impressionnants, surtout sur une petite île comme Tenerife dont la superficie couvre à peine une moitié de Corse. Et évidemment, les paysages volcaniques sont à couper le souffle!

Le parc national du Teide est vraiment un incontournable de Tenerife et nous n’allions évidemment pas quitter l’île avant d’y faire un petit tour! Nous avons été impressionnés par les paysages et avons passé une superbe journée grâce à Heidi, David et bien sûr Fleki (un grand MERCI à vous!)

En parlant de quitter l’île, ce ne sera pas pour tout de suite à cause, toujours, de ce fichu virus! Nous espérons quand même pouvoir rejoindre la péninsule avant l’été pour diverses raisons notamment administratives. Nous croisons les doigts pour début juin. En attendant, nous allons profiter pour aller découvrir quelques coins moins connus de l’île et effectuer quelques randonnées dans ces paysages incroyables.

Sentier côtier El Medano – Los Abrigos – Golf del Sur

Nous qui étions venus aux Canaries pour avoir un hiver pas trop froid nous avons été servi ces jours! Une belle vague de chaleur, avec des températures dépassant allègrement les trente degrés, s’est invitée sur l’archipel pour notre plus grand bonheur! Petit revers de la médaille, l’absence de vent et, par conséquent, de nuages ainsi que de l’air qui nous vient tout droit du Sahara nous laisse une sècheresse de l’air à la limite du supportable. Nous sommes donc redescendu côté mer pour aller chercher un petit peu d’humidité avec cette petite balade côtière au bord de l’Atlantique.

El Medano

C’est le point de départ de notre promenade du jour. A la base, c’était un petit village de pêcheurs qui s’est transformé en station balnéaire avec l’arrivée du tourisme. Mais El Medano est restée modeste, il n’y a pas de grands blocs de béton qui font office d’hôtels ni de grands centres commerciaux. Elle a gardé son ambiance village où les habitants et les visiteurs vivent au rythme des différents vents afin de pratiquer le wind-surf ou le kite-surf. Il y a également une plage de sable, un luxe à Tenerife, assez abritée ou l’océan est un peu moins froid qu’ailleurs. L’Atlantique est froid pour nous qui nous sommes parfaitement habitués aux mers chaudes du sud mais les Européens du Nord s’en donnent à cœur joie pour la baignade!

Reserva natural de la Montaña Roja

Depuis El Medano, nous suivons la plage en direction du sud. C’est facile car nous avons la Montaña Roja comme point de repère. Nous arrivons vite dans une zone plus sauvage de dunes où se trouvent plus de 136 espèces végétales dont certaines endémiques. Elles ont quand même du mérite de pousser et de vivre dans cet endroit semi-aride soumis aux forts vents de l’Atlantique!

La Montaña Roja

Ce promontoire rocheux qui domine l’océan du haut de ses 171 mètres est en fait un cône volcanique qui s’est formé assez récemment. Il a quand même plusieurs milliers d’années mais pour un volcan, c’est encore jeune! C’est grâce à lui s’il y a des plages de sable à proximité. Son nom, qui signifie « montagne rouge » en français provient évidemment de la couleur de sa roche. Nous ne sommes pas montés au sommet pour des raisons de timing, nous ne voulions pas louper notre guagua de retour mais sachez qu’il y a un chemin pour y aller. Il faut compter un peu plus d’une heure pour l’aller-retour. Nous, nous sommes juste contentés de la contourner, mais ce n’est que partie remise.

Playa la Tejita

Au pied de la Montaña Roja se trouve une des plus longues plages de sable de Tenerife et une des plus belles! Ne vous emballez pas! Elle ne fait qu’un petit kilomètre mais pour une île volcanique, c’est tout à fait respectable. Le relief est plutôt escarpé avec des rochers se jetant dans la mer, donc les plages de sable ne sont pas légion sur l’île. Elle est assez éloignée des urbanisations, ce qui lui donne un côté un peu sauvage. Elle est prisée pour le kite-surf, le wind-surf ou encore le naturisme. Nous, nous la trouvons juste très belle!

Bunker Allemand de la Seconde Guerre Mondiale

Peu après la Playa Tejita, nous sommes tombés sur ce bâtiment visiblement d’utilité militaire. Nous en avons basiquement déduit qu’il datait de la Guerre Civile Espagnole. Perdu! Cette guerre n’a pas atteint les Canaries, elles en ont juste beaucoup souffert économiquement. Ce bunker est un blockhaus construit par les Allemands pendant la Deuxième Guerre Mondiale. L’Espagne n’a pas participé au conflit mondial et est restée officiellement neutre mais le Général Franco a plus ou moins donné son soutien à l’Allemagne nazie qui en échange a construit plusieurs bunkers dans l’archipel afin de défendre les côtes d’attaques éventuelles, qui n’eurent jamais lieu.

Très vite, nous retrouvons un paysage un peu plus commun de Tenerife, c’est-à-dire de la caillasse et des rochers. Mais nous ne nous plaignons pas, c’est ce qui donne à l’île un caractère unique.

Les falaises de Los Abrigos

Le chemin continue ensuite sur les falaises de Los Abrigos qui surplombent de magnifiques piscines naturelles. Le sentier est large et le sommet des falaises est plat, il n’y a aucun souci pour les personnes souffrant de vertige.

Los Abrigos

Après la superbe balade sur les falaises, nous arrivons dans la petite localité de Los Abrigos. Pour ceux qui parlent espagnol, vous aurez remarqué que le nom du village signifie « Les Manteaux », pourtant il y a rarement besoin d’en porter ici! L’ambiance change complètement de El Medano et le coin a gardé son âme de village de pêcheurs. C’est un lieu de villégiature pour des vacanciers un peu plus âgés loin de la vie nocturne trépidante de Los Cristianos.

Los Abrigos est connu pour ses magnifiques piscines naturelles. La roche volcanique et les anciennes coulées de lave rencontrent une eau cristalline et c’est superbe! La baignade y est possible mais non surveillée. Avec les courants forts de l’Atlantique et les cailloux, nous vous conseillons fortement d’être des excellents nageurs avant de tenter d’y faire trempette.

Et voici un petit aperçu depuis le bas des falaises sur lesquelles nous sommes venus depuis El Medano.

La marche peut parfaitement se terminer à Los Abrigos mais nous avons poussé le vice un peu plus loin pour des raisons de transports publics. Nous empruntons donc un chemin bien aménagé pour longer une magnifique plage de galets.

Golf del Sur

C’est notre terminus du jour. Là, nous changeons encore une fois complètement d’ambiance et pourtant, nous ne sommes qu’à une petite demi-heure de marche de Los Abrigos. Ici, c’est une station balnéaire cinq étoiles pour vacanciers fortunés. Si le lieu s’appelle ainsi c’est parce qu’il y a un golfe et qu’il est situé tout au sud de l’île de Tenerife. Quelle originalité! A part des grands hôtels avec piscine et, bien sûr, un golf, il n’y a vraiment rien d’intéressant. Il y a juste une jolie vue sur Los Abrigos et la Montagne Rouge derrière.

En pratique

  • Trajet : El Medano – Los Abrigos – Golf del Sur. Tout à fait faisable en sens inverse. Depuis El Medano suivre la plage en direction de la Montaña Roja. Ensuite, le chemin est bien délimité avec des pierres, le but étant d’empêcher les marcheurs de piétiner la réserve naturelle. Après la Playa Tejita, il suffit de suivre la côte
  • Distance : 12,5 kilomètres
  • Temps de parcours : deux heures et quarante-cinq minutes
  • Dénivelé : quasiment nul, c’est presque tout plat
  • Difficulté : facile, c’est plat et les sentiers sont bien marqués

Avec un temps aussi splendide et un ciel sans nuage, nous avons eu un compagnon de route qui nous a suivi tout le long du parcours du haut de ses 3718 mètres d’altitude. Nous parlons évidemment du Teide, le point culminant de Tenerife, et de toute l’Espagne. (C’est le pic sous la flèche sur la photo) Il est, comme souvent, surmonté d’un nuage qu’ici on surnomme affectueusement « El sombrero ».

En plus gros… (C’est la même photo recadrée, d’où la qualité douteuse)

Nous ne nous lassons pas des paysages extraordinaires de Tenerife même si nous devons nous adapter à la météo. Mais le soleil est, en principe, généreux, les températures sont agréables et nous pouvons profiter de belles sorties dans la nature. Que demander de plus?

Randonnée côtière à Tenerife : Montaña Guaza et Mesas de Guaza

Ce qui nous a attiré à Tenerife, ce sont les paysages de ouf ainsi que les volcans et toutes les possibilités de randonnées qu’ils offrent. Mais l’île a un atout encore plus irrésistible : l’océan Atlantique, même s’il est souvent déchaîné dans le coin. Et, cerise sur le gâteau, il y a la possibilité de profiter de ses trois facettes en même temps grâce à de superbes sentiers côtiers. En voilà déjà un premier que nous allons essayer de vous faire découvrir dans cet article.

Los Cristianos

Ce n’est clairement pas notre endroit préféré de Tenerife mais c’est très bien desservi par les guaguas et c’est un bon point de départ pour randonner au sud de l’île. C’est une station balnéaire créée de toutes pièces lors du boom touristique des années 1960-1970 avec de gros immeubles en béton, des alignées d’hôtels, des bars, des fast-foods américains et tout y est écrit en allemand. Et encore, nous sommes en pleine période de Covid, il n’y a pas beaucoup de touristes. Nous n’osons pas imaginer comment c’est blindé de monde en temps normal! C’est dommage car l’environnement entre océan Atlantique et pics volcaniques est vraiment sympa.

Evidemment, nous ne nous attardons pas à Los Cristianos et sortons vite de la ville en direction de l’est pour entamer notre balade côtière. Mais ce ne sera pas si simple car le littoral ressemble à ça :

La Montaña Guaza

Vous l’aurez compris, si nous voulons profiter de rester près du bord de mer, il va falloir grimper. Cette falaise, la Montaña Guaza, est un dôme volcanique exogène, c’est-à-dire que les roches ont été formées en surface après une éruption. Elle fait partie d’une zone protégée de 725 hectares et contraste bien avec l’urbanisation galopante de Los Cristianos. C’est un sanctuaire à oiseaux et il est vrai que nous en avons aperçus beaucoup mais la seule espèce que nous avons réussi à reconnaître est la mouette.

La montée n’est pas très difficile car le sentier est bien sinueux à flanc de côteau et la pente est très douce.

Dans notre précédent article, nous vous faisions découvrir les barrancos, ces fameuses failles formées par les mouvements des plaques tectoniques. La Montaña Guaza en possède également quelques-uns (cinq ou six, nous ne les avons pas comptés) qu’il faut évidemment traverser. Mais ils ne sont pas très profonds et les sentiers sont très faciles.

Notre chemin passe à proximité de cratères de trachytes. Mais qu’est-ce le trachyte? C’est un type de roche volcanique un peu grise et très visqueuse. En général, on trouve ce type de roche vers un volcan dit explosif, c’est à dire que, pendant l’éruption, le volcan explose littéralement projetant des cendres, des scories et beaucoup de gaz. Grâce à notre séjour à Tenerife, (et surtout grâce à Wikipédia!) nous allons bientôt être experts en vulcanologie!

Evidemment, durant notre petite grimpette, nous ne sommes pas restés constamment la tête dans les cailloux! Nous en avons également profité pour admirer la vue sur Los Cristianos qui est bien plus sympa vu d’en haut.

Mesas de Guaza

Une fois notre grimpette terminée, nous arrivons sur un vaste plateau nommé Mesas de Guaza, littéralement « tables de Guaza ». C’est l’éruption du volcan situé un peu plus au nord qui a formé ce plateau, ainsi que les falaises en contrebas, en crachant une lave visqueuse en direction de l’océan. Avec la terre très fertile et l’humidité venant directement de la mer, la végétation est un peu plus fournie qu’ailleurs dans la région. Mais elle est tout de même constituée principalement de cactus car les précipitations sont rares et ne dépassent pas cent millimètres par an.

De l’autre côté de la falaise se trouve le petit village de Palm-Mar mais y descendre est un peu plus scabreux que le reste du chemin. La descente est à pic, sur de la caillasse et vraiment à flanc de falaise. Pas idéal si vous avez le vertige.

La balade pourrait s’arrêter là mais nous utilisons les transports publics et notre guagua de retour part depuis l’entrée de la petite localité voisine d’El Fraile. Pour nous y rendre, nous passons par une partie de la réserve naturelle de la Montaña Grande. C’est vraiment tranquille pour une fin de randonnée et, une fois n’est pas coutume à Tenerife, c’est tout plat!

En pratique

  • Trajet : Los Cristianos – Palm-Mar – El Fraile. Nous vous conseillons de le faire dans l’autre sens, la descente sur Los Cristianos est beaucoup plus douce. Nous ne le savions pas et nous nous sommes fait avoir. Depuis Los Cristianos, le sentier part juste après la Playa de los Tarajales, depuis Palm-Mar, il part à l’extrémité de la plage de la Arenita. Le chemin n’est pas balisé mais il est bien marqué et bien reconnaissable et il n’y en a qu’un, impossible de se tromper!
  • Distance : 8,5 kilomètres
  • Dénivelé : du niveau de la mer à 140 mètres d’altitude, plus quelques barrancos à traverser. Environ 250 mètres et, en général, en pente douce.
  • Temps de parcours : environ deux heures et quarante-cinq minutes
  • Niveau : moyen, c’est un sentier de caillasse. Difficile si vous faites la descente Mesas de Guaza à Palm-Mar. Vraiment facile de Palm-Mar à El Fraile. Si vous avez le vertige, faites la rando dans le sens Palm-Mar – Los Cristianos pour éviter la grande descente sinon le sentier est assez loin du bord des falaises, ça ne devrait pas poser de problème.

Ce n’était pas vraiment une grande randonnée mais c’était une petite balade bien sympa qui nous a permis de rester près de l’océan, un rêve pour nous qui sommes de grands amoureux de la mer!

Nous allons évidemment poursuivre nos aventures au gré des restrictions Covid et surtout de la météo car, bien qu’il y ait un climat généralement doux et clément, Tenerife connaît une multitude de microclimats et le temps change à peu près toutes les heures!