Arusha & Moshi

Partir de Mwanza n’a pas été une sinécure. Déjà, la station de bus se trouve à 11 kilomètres à l’ouest de la ville. Mais ça, ce n’est rien, il y a des dalla-dallas qui s’y rendent, toujours à prix fixes pas spécial « muzungus ». C’est sur place que ça se corse. Déjà, c’est un peu le bordel car il y a un nouveau terminal de bus en travaux et que tout est disséminé n’importe comment dans le village. Ensuite, nous nous sommes littéralement fait harcelés par les gens du coin, particulièrement agressifs, qui ont essayé de nous refiler tout et n’importe quoi. Il y en a même un qui a brandi un plan en essayant de nous vendre un appartement! Bref, après presque deux heures à galérer dans cet enfer, nous trouvons enfin un bus qui va en direction du sud et qui part « maintenant », c’est-à-dire dans 45 minutes.

Singida

Si on regarde sur une carte, Mwanza et Arusha sont à peu près à la même hauteur. Mais, il y a le parc national du Serengeti au milieu qu’il faut contourner. Ce qui nous fait faire un détour par le sud d’environ 400 kilomètres. Nous saluons quand même le fait que les autorités aient refusé de construire une route dans une réserve protégée. Nous voilà donc partis pour 8 heures de route dans un bus au confort relatif avec du hip-hop à plein volume. Jamais nous n’avons autant apprécié nos écouteurs et notre abonnement Spotify. Le paysage est d’une monotonie déprimante, il n’y a pas le moindre relief à l’horizon sauf sur les 80 derniers kilomètres mais nous sommes trop cuits par le voyage pour en profiter. Mais le pire de tout, c’est l’absence de pauses pour se dégourdir les jambes. Nous nous sommes même fait engueulés car nous avons profité d’un arrêt pour vite courir aux toilettes. Le chauffeur, lui n’a pris aucune pause sur tout le trajet, pas très rassurant pour la sécurité routière tout ça!

Après cette journée de bus qui nous a semblé interminable, nous arrivons enfin dans la petite ville de Singida, au centre du pays. Comme nous ne sommes pas motivés à enchaîner sur une deuxième journée de bus, nous y restons une nuit de plus. La ville en elle-même n’a absolument rien d’intéressant à offrir si ce n’est du calme mais elle possède une magnifique lagune d’eau salée, une sorte d’Albufera locale, autour de laquelle il est agréable de s’y promener et d’y observer les différentes espèces d’oiseaux qui y nichent.

Partir de Singida est bien plus aisé qu’à Mwanza! Le terminal de bus ressemble vraiment à un terminal de bus, les rabatteurs sont beaucoup moins insistants et nous trouvons tout de suite un bus pour Arusha qui n’attend pas trois plombes avant de partir. Ce trajet-ci est un peu plus court, nous n’en avons « que » pour 6 heures avec un paysage un peu plus intéressant et une vraie pause au milieu du trajet! Nous nous préparons psychologiquement à affronter la horde de vendeurs en tout genre qui ne risqueront pas de nous louper à notre arrivée à Arusha, la ville ayant un grand potentiel touristique. Tout ça, pour rien! La station de bus est calme et nous réussissons, nous ne savons pas trop comment, à passer inaperçus. Nous avons juste entendu un « Hello my friend! » mais qui n’a pas insisté.

Arusha

Arusha est super connue pour être la porte d’entrée des parcs nationaux comme le Serengeti ou le Ngorongoro que nous n’irons pas visiter pour des questions de budget et d’allergie aux tours organisés car il est interdit de s’y rendre en autonomie. En plus, toutes ces alignées de gros 4×4 polluants remplis de touristes nous font douter de la protection de la nature même si nous comprenons parfaitement l’envie de voir les animaux de la savane.

La ville en elle-même n’est pas folle mais l’ambiance est vraiment sympa avec ses petits cafés branchés. Les gens sont assez calmes et nous nous faisons finalement très peu harceler pour des taxis, des safaris ou autres tours et si c’est le cas, ce n’est pas du tout insistant. Nous avons eu des échos comme quoi c’était bien pire. Peut-être que nous recommençons à nous habituer au rabattage et que notre seuil de tolérance augmente. En tout cas, nous trouvons qu’à Arusha, ce n’est pas du tout dérangeant, nous pouvons marcher des kilomètres sans nous faire arrêter.

Themi River

L’autre bonne surprise d’Arusha, ce sont ses espaces verts! Nous avons trouvé une jolie forêt tropicale au bord de la Themi River sans sortir des limites de la ville. C’est une vraie oasis de nature loin du tumulte de la ville et de son trafic. Nous y étions seuls au monde, enfin les seuls humains car sinon, ça grouille de vie. Il y a de magnifiques rapaces que nous n’avons pas pu identifier qui y vivent. Si vous observez bien notre galerie photos (que vous pouvez agrandir en cliquant dessus), vous y trouverez un magnifique singe colobe noir caché dans les arbres.

Duluti Lake

Comme les alentours d’Arusha ont l’air sympas, nous prenons un dalla-dalla pour parcourir les 14 kilomètres qui la séparent de la localité de Tengeru. De là, un sentier dans la forêt nous mène au lac Duluti. Nous sommes d’ailleurs assez étonnés de la végétation luxuriante dans le coin. Après avoir traversé des kilomètres de savanes semi-arides, nous ne pensions pas nous retrouver pratiquement dans la jungle mais nous sommes ravis que ce soit le cas. Le lac Duluti est un lac de cratère typique de la vallée du Rift et un véritable sanctuaire à oiseaux. Il a le mérite d’être totalement hors des sentiers touristiques. Comme quoi en Tanzanie, il est possible de sortir des sentiers battus en autonomie et en transports publics.

A la base, nous sommes venus à Tengeru pour observer le mont Méru, le Teide local. Ce volcan culminant à 4565 mètres d’altitude est le deuxième sommet le plus haut de Tanzanie et le quatrième plus haut du continent africain. Il est encore considéré comme actif même si sa dernière éruption remonte à plus d’un siècle. Mais voilà, Monsieur a décidé de bouder derrière les nuages et nous avons juste pu deviner sa base.

Moshi

Le Kilimandjaro au coucher du soleil

Nous effectuons encore une étape dans la petite ville de Moshi située seulement à 80 kilomètres à l’est d’Arusha. Le transport en bus n’est qu’une simple formalité. A l’instar d’Arusha, on nous laisse sortir du terminal des bus sans problème mais c’est en ville que ça se corse. Les rabatteurs sont beaucoup plus agressifs qu’ailleurs et commencent vite à nous taper sur le système! Dommage, car la ville de Moshi pourrait être agréable avec ses petits cafés et ses multitudes d’espaces verts.

Nous avons fait le déplacement juste pour LUI!

Nous avons failli le louper pour cause de couche nuageuse persistante. Nous sommes actuellement dans la « petite saison des pluies » et même si nous ne sommes pas trop embêtés par les précipitations, les nuages sont bien présents. Heureusement, le soleil finit par se montrer chassant les nuages et nous pouvons enfin l’observer dans toute sa splendeur!

Mesdames et Messieurs, voici sa majesté le Kilimandjaro!

Ce stratovolcan est tout simplement le point culminant de la Tanzanie, mais aussi de tout le continent africain! Nous n’allions quand même pas passer dans le coin sans tenter d’apercevoir ce sommet emblématique culminant à l’altitude honorable de 5895 mètres! Par contre, nous n’effectuerons pas son ascension, nous ne sommes pas du tout équipés pour ce genre de balade et ne sommes toujours pas motivés à contracter des tours organisés.

Une autre raison d’avoir fait le détour par le nord-est du pays, c’était de prendre le train jusqu’à Dar-es-Salaam mais voilà, les couchettes à six sont non mixtes et nous n’avions pas le courage d’effectuer les 40 heures de trajets dans ces conditions. Nous verrons si nous privatiserons un compartiment entier pour le Tazara dans le sud du pays. Mais ceci est encore de la musique d’avenir, il nous reste plein de choses à découvrir encore en Tanzanie et du temps sur notre visa.

Même sans les safaris, il valait le coup de passer dans la région. La nature y est omniprésente et il y a quelques balades à faire en autonomie. Si nous n’avons pas été voir les parcs nationaux, c’est parce-qu’il fallait faire des choix, notamment pour des questions de budget, et les nôtres se sont portés sur d’autres projets plus au sud. Il restera juste à voir ce que la situation sanitaire nous permettra de faire.

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