Mérida (Espagne) et ses nombreux vestiges historiques

A ne pas confondre avec son homonyme au Mexique!

La première fois que nous sommes passés par Mérida, c’était au retour de notre voyage en Amérique Centrale en 2023 après avoir atterri à Lisbonne. Comme c’était le mois de juin, il faisait déjà méga chaud et nous avons renoncé à y visiter tous les sites historiques pour préserver un minimum notre intégrité physique. Nous avions plutôt été découvrir la province de Cáceres, plus au nord avec un climat légèrement plus modéré.

Cette année (2026), nous avons profité des vacances de la Feria de Sevilla (oui, nous avons des jours fériés pour la Feria!), en avril pour aller y faire un petit tour.

Mérida c’est la capitale de la région Estrémadure qui se situe au nord de l’Andalousie un peu coincée entre les deux Castille et le Portugal. Ce n’est que la troisième ville de la région et pourtant elle a le statut de capitale pour des raisons historiques que vous allez comprendre plus loin, mais aussi géographiques puisqu’elle se trouve sur l’antique Via de la Plata qui reliait (et relie toujours par l’autoroute) Séville á Astorga dans la province de León. Encore aujourd’hui, c’est la ville la mieux située pour rejoindre d’autres lieux en Espagne. Mérida n’est même pas le chef-lieu de sa propre province puisque c’est Badajoz qui est également la plus grande ville de la région, mais comme elle se trouve aux confins du pays à la frontière portugaise, elle a du laisser ses privilèges à Mérida.

Mérida se situe à environ 190 kilomètres au nord de Séville ou à 340 kilomètres au sud-ouest de Madrid. On peut y accéder en train « Media Distancia » depuis les deux villes ou en bus. Ce n’est pas encore desservi par les lignes de train à grande vitesse (c’est en cours de réalisation). En règle générale, l’Estrémadure est un peu le parent pauvre du pays en matière de transports publics mais en s’organisant un peu, on trouve quand même le moyen d’y arriver.

Le centre historique

A première vue, Mérida ne possède pas un centre historique super pittoresque mais nous mettons quand même la barre beaucoup trop haut en habitant à Séville. La ville possède un patrimoine historique et archéologique extraordinaires mais c’est disséminé un peu partout. Ça reste une petite ville très agréable avec ses rues piétonnes, ses boutiques et ses terrasses sympas bordant les différentes places du centre.

Les sites romains

Nous rentrons enfin dans le vif du sujet! C’est une des raisons principales de notre venue à Mérida. L’autre raison c’est pour manger des migas extremeñas! Pour les visites, ça se passe ainsi : il y a un billet conjoint pour tous les sites archéologiques qui coûte 17 euros, c’est valable pour une visite par site mais il n’y a pas de date d’échéance. Donc, si pendant votre séjour vous n’avez pas le temps de tout visiter, vous pourrez revenir quelques temps plus tard pour pallier à ce manque. Chaque entrée pour un site individuel coûte 6 euros sauf celle du théâtre qui coûte 13 euros. Le calcul est donc vite fait, il vaut la peine de prendre le ticket global. En plus des sites archéologiques, le ticket comprend également le musée national romain, mais il était fermé lors de notre visite.

Les billets peuvent s’acheter directement aux guichets des sites concernés ou en ligne sur le site du Consorcio de Mérida. A prendre en compte que la majorité des sites sont très exposés, prenez vos précautions contre le soleil, même en hiver! Nous vous déconseillons fortement de vous y rendre en été et même au printemps et en automne, il peut parfois faire très chaud. Nous y avons été mi-avril et c’était déjà limite avec les températures.

Mérida n’est pas très grande et les sites se rejoignent assez facilement à pied. Sinon, il y a des bus urbains qui vous emmènent aux différents endroits hors du centre-ville.

Augusta Emerita, la capitale de la provice romaine de Lusitanie

Le site où se trouve actuellement Mérida était déjà habité depuis le Paléolithique mais la fondation même de la ville remonte à l’an 25 avant notre ère. C’est l’empereur Auguste himself qui ordonna de construire une ville ici pour loger ses valeureux soldats à la retraite, d’où son nom : Augusta Emerita (littéralement : les vétérans d’Auguste). Très vite, elle devint la capitale de la province hispanique de la Lusitanie qui correspond à peu près aux territoires actuels du Portugal au sud du Douro, de l’Estrémadure espagnole et de la province de Salamanca. Jolie reconversion pour les papys soldats!

Aujourd’hui, il reste une multitude de vestiges romains un peu partout sur le territoire de la ville, certains mieux conservés que d’autres, mais franchement, il y a du lourd! Toute la zone archéologique de Mérida est inscrite sur la liste du patrimoine mondiale de l’UNESCO. Voilà pourquoi aujourd’hui, Mérida a le statut de capitale régionale malgré sa petite taille.

Le cirque romain

NB : Le cirque est le site le plus éloigné du centre-ville et aussi le plus exposé, organisez vos visites en conséquence!

Vous connaissez la devise romaine : du pain et des jeux! Cet énorme cirque de 440 mètres de long pour 115 mètres de large en est la preuve vivante! Il était dédié aux courses de chars qui étaient, pour la plupart, financées par la classe dirigeante de la ville à des fins propagandistes et électoralistes. Il ne reste plus grand chose des gradins mais on peut quand même se faire une idée de la grandeur du truc. Comme la douceur printanière du mois d’avril s’est vite transformée en fournaise estivale, nous ne y sommes pas restés très longtemps.

Casa del Mitreo

Ce site aussi se trouve en dehors du centre. Par contre, il est ombragé. Il y a une horrible structure rouge qui protège le site des intempéries et autres agressions extérieures. C’est moche mais au moins on ne risque pas une insolation. C’est une villa romaine formée de deux péristyles (galeries de colonnes qui entourent un édifice) et d’un atrium (l’ancêtre de nos patios). Les pièces les plus impressionnantes de la villa sont les mosaïques superbement conservées, encore plus belles que celles d’Italica.

Aqueducto de los Milagros

NB : les aqueducs ne font pas partie de l’ensemble des sites compris dans le billet d’entrée, leur visite est gratuite.

Il faut aller du côté du Rio Albarregas, au nord du centre-ville, pour admirer ce chef-d’oeuvre architectural. On l’aperçoit d’ailleurs quand on arrive à Mérida avec le train. Cet aqueduc de trois niveau approvisionnait la ville en eau depuis Proserpina, un lac de retenue situé à cinq kilomètres de là. Des onze kilomètres que mesurait cet aqueduc au temps de sa splendeur, il ne reste « plus que  » 827 mètres. Mais c’est déjà impressionnant. Aujourd’hui, il fait partie de la petite réserve naturelle du Rio Albarregas et les cigognes l’apprécient particulièrement pour y faire leur nid.

Un magnifique ibis falcinelle s’est glissé dans notre galerie ci-dessous. Si vous cliquez sur les images, vous pourrez les agrandir.

Acueducto de San Lázaro

Pour approvisionner une ville comme Augusta Emerita, il en fallait plusieurs des aqueducs! Selon les archéologues, il y en avait au moins cinq mais seul deux subsistent de nos jours. Celui de San Lazáro est un peu plus modeste que le précédent avec « seulement » deux étages mais il est mieux conservé et s’étend encore sur plus d’un kilomètre. Ce n’est pas un hasard, cet aqueduc a été reconstruit au XVIe siècle. Il n’a pas mieux résisté au temps qui passe, il a juste bénéficié d’une belle cure de jouvence. Il fait également partie de la réserve du rio Albarregas.

Le temple de Diane

Il est impossible de louper ce magnifique temple de Diane, il se trouve dans une rue piétonne du centre ville! C’est vrai qu’on peut l’admirer presque entièrement depuis l’extérieur mais la visite comprend également le palais Conde del Corbos situé juste derrière qui est très intéressant surtout pour la vieille carte accrochée sur le mur qui surplombe les escaliers. Ce temple, qui date du Ier siècle avant notre ère, se situe à l’emplacement du forum romain, c’est-à-dire au coeur d’Augusta Emerita. Son modèle est la Maison Carrée de Nìmes, qui est, bien entendu, sur notre longue liste de choses à visiter. Comme son nom l’indique, ce temple est dédié à Diane, déesse des forêts et de la chasse. Le péristyle est encore super bien conservé!

L’amphithéâtre

Le site où se trouvent l’amphithéâtre et le théâtre se situe juste à l’est du centre ville. C’est le coin le plus touristique de Mérida avec parkings pour bus, restaurants de (fausses!) paellas et affiches en anglais. C’est donc impossible de le louper. Les environs ressemblent plus à la Rambla de Barcelone qu’à une petite ville de province espagnole.

L’amphithéâtre est notre seule petite déception de Mérida. La faute à Italica, le site archéologique juste à côté de chez nous et dont l’amphithéâtre est beaucoup plus spectaculaire à nos yeux. En vrai, du temps de sa splendeur, l’amphithéâtre d’Augusta Emerita était un des plus grandioses de toute la péninsule ibérique. Il a été construit en l’an 8 avant notre ère et ses spectacles attiraient du monde de toute l’Hispanie. Mention spéciale pour l’entrée principale (deuxième photo ci-dessous) dont les arcades sont encore debout même si nous soupçonnons fortement de beaux travaux de restauration.

Le théâtre

C’est le clou du spectacle et la raison pour laquelle Mérida est, à juste titre, connue internationalement. Il se trouve juste à côté de l’amphithéâtre. Cette merveille a été inaugurée en l’an 15 avant notre ère mais a été remodelé plusieurs fois, notamment aux Ier et au IIIe siècles. Malheureusement, il fut abandonné à son triste sort au IVe siècle avec l’arrivée du christianisme qui considérait les oeuvres de théâtre immorales. Ce n’est qu’en 1910 qu’il retrouva de l’intérêt avec les premières fouilles archéologiques. De nos jours, pendant les mois de juillet et août, s’y tient le festival international du théâtre classique. Ça doit juste être incroyable!

Pour la petite acecdote, la première fois que nous avons vu ce théâtre, c’était dans une émission de Masterchef dont certaines épreuves se font en extérieur dans des sites de ouf! En voyant ça, nous avons tout de suite mis Mérida sur notre longue wishlist. Nous n’avons pas été déçus : c’est bien mieux en vrai qu’à la télé! Le seul théâtre de ce genre que nous avons vu, c’était à Side en Turquie mais il est moins bien conservé!

La statue ci-dessous (deuxième photo) représente Ceres, la déesse de la terre et de l’agriculture. Vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir.

Mârida, la conquête des Omeyyades

Mème si Augusta Emerita a été une des villes importantes de l’empire romain, elle n’échappa pas aux invasions barbares comme ce fut le cas dans toute l’Europe à la fin du Ve siècle. Dans la péninsule ibérique, ce sont les Visigoths qui ont contribué à la chute de l’empire. Mérida connut un long déclin d’environ deux siècles avant l’arrivée des Omeyyades dans la région. Ces derniers ne rendirent pas sa splendeur à la ville mais en firent un petit centre indispensable grâce aux carrières alentours dont le marbre était envoyé à Córdoba, la capitale du califat.

L’Alcazaba

NB : Même si elle ne fait pas partie des vestiges romains d’Augusta Emerita, la visite de l’Alcazaba est comprise dans le ticket combiné.

L’Alcazaba, c’est-à dire la forteresse musulmane, se situe sur les rives du Rio Guadiana. Elle est assez massive, c’est difficile de la manquer. On y accède par le magnifique pont romain datant du Ier siècle de notre ère. Attention si vous voulez « juste » faire un petit aller-retour sur le pont, il mesure 790 mètres de long. Ça peut ne pas paraître exceptionnel dit comme ça mais sur une journée de visite, ça compte de faire un détour de plus d’un kilomètre et demi!

L’Alcazaba fut construite autour des années 805 à 835 comme bastion pour contrôler la ville et réprimer la rébellion locale. En effet, les habitants de Mérida ne voyaient pas d’un très bon oeil l’arrivée des Arabes et se sont soulevés à plusieurs reprises et souvent avec succès. C’est la plus ancienne fortification arabe de toute la péninsule ibérique. Elle conserve encore son enceinte d’environ 550 mètres carrés avec des remparts hauts d’une bonne dizaine de mètres. C’est plutôt l’emplacement qui en fait un site exceptionnel avec la vue sur le fleuve et le pont romain. Sinon, nous trouvons l’alcazaba de Badajoz plus impressionnante et celle de Málaga mieux décorée et mieux conservée.

L’aljibe

Le point super intéressant de l’alcazaba, c’est l’aljibe. C’est une citerne souterraine destinée à alimenter toute la forteresse en eau en filtrant celle du Rio Guadiana juste à côté. Elle est encore en état de fonctionnement et on peut descendre la visiter. Il y a une petite ouverture, ce n’est pas trop un cauchemar pour claustrophobes. L’eau y est cristalline et parait-il potable! Mais nous n’avons quand même pas osé tester!

Saviez-vous que Mérida et l’Estrémadure en général ont une histoire coloniale assez importante? Une bonne partie des conquistadors espagnols étaient extremeños. Mérida a d’ailleurs donné son nom à plusieurs villes d’Amérique Latine. Au Honduras, près des ruines de Copán, dans les Andes colombiennes, en Bolivie, dans l’archipel des Visayas aux Philippines, au Venezuela avec un des téléphériques les plus hauts du monde, et enfin, pour la plus connue, la capitale du Yucatán au Mexique. Un rond-point devant l’Alcazaba rend hommage à toutes ces villes.

Ainsi s’achève notre visite historique de Mérida et c’était juste incroyable. Ce sont sûrement les sites romains les plus impressionnants de toute l’Espagne, peut-être avec Tarragona mais il nous faudra retourner vérifier ça. En plus de ses sites archéologiques de ouf, Mérida est une ville agréable, à taille humaine, avec une gastronomie qui vaut le détour et des habitants vraiment sympas et affables. Elle vient confirmer ce que nous pensions déjà de l’Estrémadure, que c’est une région bien trop sous-cotée.

Zafra, la plus andalouse des villes d’Estrémadure.

Lors de notre retour d‘Amérique Centrale, nous nous sommes arrêtés quelques jours en Estrémadure, petite région un peu oubliée d’Espagne, pour laquelle nous avons eu un véritable coup de cœur! Le printemps arrivant apportant avec lui l’envie de sortir de notre hibernation pour aller découvrir le monde, nous nous sommes dit que nous pourrions y retourner faire un tour surtout que depuis Séville, le sud de la région n’est pas si loin.

Zafra

N’ayant pas beaucoup de temps à disposition, nous avons choisi Zafra pour sa proximité avec Séville et sa facilité d’accès. En effet, la petite ville se situe à 135 kilomètres au nord de la capitale andalouse et se rejoint facilement avec le bus de Mérida. Il faut compter une heure et demie de trajet environ. Zafra est communément surnommée la « Pequeña Sevilla » (petite Séville) parce que son centre historique rappellerait notre belle andalouse. Mérite-t-elle-vraiment ce surnom? C’est ce que nous allons découvrir dans cet article.

Centre historique

L’histoire de Zafra ne diffère pas beaucoup du reste du sud-ouest de la péninsule ibérique. La ville a été fondée par les Romains et faisait partie de la Bética, province romaine correspondant grosso modo à l’actuelle Andalousie. Pendant la période arabe, elle était pile sur la frontière qui séparait les taïfas de Séville à celle de Badajoz. Voilà pourquoi elle est encore tiraillée entre les deux cultures aujourd’hui! Elle a été reconquise par les rois catholiques en 1241 avec le reste de l’Estrémadure à laquelle elle a été rattachée. Zafra a été très active dans la conquête du Nouveau Monde et y a envoyé plusieurs de ses habitants notamment à la conquête de l’Amazonie et du Yucatán.

Aujourd’hui Zafra est une petite ville tranquille qui profite toute de même de sa situation privilégiée entre les deux capitales régionales. Le centre historique est plutôt assez pittoresque pour sa taille très modeste. Les petites ruelles sont super mignonnes bordées de maisons blanchies à la chaux que ne renierait pas n’importe quelle village blanc andalou.

Arco de Jerez

C’est la seule porte d’entrée qui nous reste de l’ancienne muraille de la ville. Les fortifications datent de 1030 en pleine période almohade mais cette porte a totalement été remaniée en 1426 par les rois catholiques. Ils y ont notamment ajouté un clocher de style Renaissance et à l’intérieur, ils y ont construit une petite chapelle dédiée à Notre Dame de la Charité. Le nom Jerez n’a rien à voir avec la belle andalouse Jerez de la Frontera mais avec une autre ville, Jerez de los Caballeros située à l’ouest de Zafra, point cardinal où se situe cette porte.

Plaza Chica

Son nom signifie « petite place » et c’est vrai qu’elle n’est pas bien grande. Pourtant, elle ne manque pas de charme avec ses colonnes en marbre et ses arcades. C’est la plus ancienne place de Zafra et date de l’époque romaine. Elle était utilisée par les commerçants, locaux et itinérants, comme place du marché. En plus de cafés et bars à tapas super cool, la place est bordée aujourd’hui de la mairie et du palais de justice.

Plaza Grande

On l’appelle Plaza Grande par analogie à la Plaza Chica. Elle a été construite au XVIe siècle à la place de l’ancienne cathédrale et de l’ancien cimetière de la ville. Certains portiques bordant la place dateraient d’un siècle plus tôt. La place est séparée en deux : une partie très épurée où peuvent se garer quelques voitures et une deuxième partie, un peu surélevée, où on y a mis des palmiers, des fontaines, des bancs ainsi que des terrasses où il fait bon traîner pendant les chaudes soirées d’été.

Les deux places sont contigües et reliées entre elles par l’Arquillo del Pan (arche du pain) appelé ainsi parce que c’est là que les boulangers installaient leur étal les jours de marché.

Iglesia de la Candelaria

Impossible de louper ce mastodonte gothique qui domine Zafra surtout avec son clocher de couleur rouge sang! L’édifice a été construit dans les années 1540 et remplace une plus ancienne qui a été détruite lors de la construction de la Plaza Grande. La cathédrale est dédiée à la Candelaria (oui, la chandeleur, comme pour les crêpes!) connue pour être la patronne des Canaries. Malheureusement, comme c’est souvent le cas dans les centres historiques espagnols, l’église est coincée entre les petites ruelles médiévales et nous avons de la peine à nous faire une idée de sa grandeur, respectivement d’avoir un cadrage correct pour les photos. Sorry!

Palacio de los Duques de Feria

La construction de ce palais date d’après la Reconquista (1437 environ) et a été ordonnée par les ducs de Feria, une famille seigneuriale locale. Non, là le nom Feria n’a rien a voir avec les fêtes traditionnelles du sud de l’Espagne mais avec la ville de Feria située non loin de Zafra. C’est un château assez typique de l’époque médiévale, d’architecture gothique avec quelques touches Renaissance. Aujourd’hui, il abrite un parador, c’est à dire un hôtel de charme située dans un bâtiment historique.

Vous avez peut-être remarqué sur nos photos que certains balcons étaient ornés de tapisseries brodées. Ce sont tout simplement les décorations de la Semana Santa (semaine sainte, avant Pâques) qui est très importante pour la ville de Zafra même si elle n’atteint pas des sommets comme celle de Séville!

NB : Si vous voulez voir à quoi ressemble les processions de la Semana Santa, rendez-vous sur notre page Instagram @vanfab_in_sevilla. Il y a des stories à la une de quelques-unes d’entre elles à Séville. Malheureusement, toutes n’ont pas pu avoir lieu à cause des fortes pluies qui nous ont arrosés cette semaine là.

Pierres sacrées

A première vue, ce ne sont que quelques pierres perdues dans la végétation printanière de ce mois de mars. Pourtant, elles étaient le lieu de rites sacrés dans la Préhistoire notamment pour des fêtes de la fécondité. Ces quelques pierres sont juste une petite part de tous les sites sacrés et autres dolmens qu’on peut rencontrer en Estrémadure. Voilà encore de quoi rallonger notre liste à idée déjà bien longue! Aujourd’hui on y célèbre encore les solstices d’été.

Les pierres se trouvent à un petit kilomètre à l’ouest du centre historique. Le chemin est facile mais le site n’est pas indiqué, sûrement pour limiter l’afflux touristique. Les pierres sont encore aujourd’hui considérées comme sacrées. Mais n’importe quelle application Maps vous aidera à les trouver.

Embalse de Zafra

Puisque nous étions déjà en route pour aller voir les pierres sacrées, autant pousser le vice plus loin! Nous nous promenons dans les superbes paysages de la Sierra de Castellar qui est en fait le prolongement de la Sierra de Aracena au nord de Huelva. Le printemps est vraiment la meilleure saison pour les balades car la végétation est verdoyante et les montagnes sont couvertes de magnifiques tapis de fleurs multicolores. Malheureusement, le ciel est un peu voilé car nous avons droit à un épisode de calima, le sable du Sahara en suspension dans l’air, qui est un phénomène assez courant en cette saison.

L’embalse de Zafra est un lac de retenue de trente-huit kilomètres carré construit en 1975 sur la rivière Alconera afin d’alimenter la ville de Zafra en eau douce. L’Estrémadure, qui subit plus les influences de l’océan Atlantique que l’Andalousie, est plus pluvieuse que sa voisine du sud et les niveaux d’eau ne sont pas encore trop bas même si ce n’est pas encore optimal pour ne pas se soucier de la sècheresse qui guette. Nous avons juste trouvé les paysages incroyables et avons trouvé le coin idéal pour un pique-nique avec vue sur le lac.

Nous avons bien aimé cette petite excursion à Zafra. Ça nous a sorti un peu de notre grande ville tout en nous permettant quand même de faire quelques découvertes culturelles.

Alors, Zafra mérite-t-elle son surnom de Pequeña Sevilla?

En tant que Sévillans, nous aurions tendance à dire non. Nous voyons plus les différences que les similitudes. Mais objectivement, il y a quelques points communs : la Semana Santa, les façades blanches et jaunes, la douceur de vivre et l’histoire. Par contre, la gastronomie, les places bordées d’arcades, le château totalement médiéval chrétien et la cathédrale gothique sont plutôt tournés vers l’Estrémadure. En gros, Zafra a pris des influences d’un peu partout et tient très bien son rôle de trait d’union entre l’Andalousie et sa voisine du nord.

L’Estrémadure reste notre deuxième région préférée d’Espagne. Elle ne détrône pas notre Andalousie chérie mais possède un charme unique auquel nous avons succombé encore une fois. Les beaux jours arrivant, nous allons sûrement en profiter pour venir y découvrir encore d’autres trésors.