Bilan de la Birmanie

Avant d’entamer notre traditionnel bilan, nous allons poser la question existentielle du jour : Doit-on dire Birmanie ou Myanmar?

En 1989, le pouvoir dictatorial en place a choisi de changer le nom Birmanie en Myanmar. Le nom complet est République de l’Union du Myanmar. Donc le vrai nom officiel, c’est Myanmar. Mais… De nombreux pays, dont l’Union Européenne, ne reconnaissent pas l’emploi du nom Myanmar par désaccord avec la dictature au pouvoir et utilisent encore le nom Birmanie. Voilà pour le côté politique.

Pour le côté linguistique, la langue française utilise le nom Birmanie et l’adjectif birman. Nous avons toujours utilisé le mot Birmanie par esthétisme et par amour de la langue de Molière mais aussi en rebellion à la junte au pouvoir.

Donc, en gros, appelez ce pays comme vous voulez, selon vos convictions…

Le bilan en chiffres

  • Durée du séjour : 24 jours. Le visa birman est valable 28 jours donc nous l’avons bien amorti.
  • Budget : 1’443’647 kyats (941,75 CHF/855,60€) ce qui fait une moyenne de 39,25 CHF (35,65€) par jour. Nous sommes amplement dans notre budget malgré de nombreuses visites et 50$ par personne de visa. Nous étions hors saison, ceci explique sûrement cela car nous avons eu des échos que la Birmanie était chère.
  • Distance parcourue : 2437 kilomètres. Une boucle de Myawaddy (frontière thaïe) – KalawMandalay et environs – BaganYangon – Mawlamyine – Hpa An et retour sur Myawaddy.
  • Régions / Etats traversés : 3 régions : Mandalay, Bago et Yangon, 3 états : Kayin, Mon et Shan. La différence entre un état et une région? Une région est principalement peuplée de Birmans et un état est principalement peuplés d’ethnies minoritaires.
  • Extrêmes d’altitude : 1320 mètres à Kalaw et 5 mètres à Yangon. Rien de bien impressionnant.
  • Extrêmes de températures : 24 degrés dans la fraicheur montagnarde de Kalaw et 36 degrés sous la pollution de Mandalay. Des températures tout à fait normales de climat tropical.
  • Heures passées dans les transports : presque 20% de notre séjour tant les transports sont lents.

J’aime / J’aime pas

Nous n’allons pas déroger à la règle de commencer par le négatif afin de finir en beauté!

Bof, bof

  • La bouffe : La Birmanie est un vrai cauchemar gastronomique. C’est souvent fade et très gras. Parfois ils rajoutent du piment pour donner un peu de goût mais c’est encore pire. Tu manges un plat de nouilles et tu ressors aussi lourd que si tu avais mangé une fondue au fromage!
  • Les grandes villes : Par grande ville, nous entendons Yangon et Mandalay. Elles sont infernales et polluées, mais ce n’est pas rare en Asie du Sud-Est. Ce qui nous a profondément déplu c’est qu’elles sont sans âme et que leurs habitants ont le visage fermé et triste.
  • L’état des routes : Nous n’avons jamais vu autant de trous sur une route! C’est dommage car les bus sont plutôt confortable mais, malgré cela, nous nous faisons secouer comme des pruniers à chaque trajet.
  • La noix de bethel : C’est la caféine des Birmans. Ils en fabriquent une pâte  qu’ils chiquent à longueur de journée pour ses propriétés stimulantes et qui leur donne une dentition sanguinolente. Déjà ça, ce n’est pas très avenant alors imaginez les crachats bien rouges que ça donne.

On a kiffé!

  • Les gens : Bien que timides, ils sont d’une gentillesse et d’une serviabilité incroyables! Presque trop parfois! Le pays a été complètement fermé aux étrangers jusqu’en 2011 mais ça ne se ressent pas du tout sur le comportement de la population. La communication est par contre plus compliquée vu leur très faible niveau d’anglais et notre birman inexistant.
  • L’alcool : C’est un lot de consolation vu la gastronomie désastreuse. La Birmanie fait de la bonne bière et un très bon whisky, et tout ça pour un prix dérisoire!
  • Les paysages : C’est différent du reste de l’Asie du Sud-Est. Il y a moins de jungle et plus de savanes. Le sud est assez plat et principalement composé de rizières, de marais et de villages flottants. Les montagnes karstiques sont également magnifiques. Un  vrai régal pour les yeux!
  • Les voyages en train : C’est d’une lenteur énervante mais c’est une expérience incroyable. C’est digne d’un documentaire pour la télévision! Voir une gare s’animer et se transformer en marché lors de l’arrivée d’un train est assez surréaliste!

Bizzareries birmanes

  • On roule à droite… avec le volant à droite! Lors de l’avènement de l’automobile, la Birmanie était sous domination britannique et observait le code de la route anglais, c’est-à-dire, la conduite à gauche. Lors de l’indépendance, la junte militaire au pouvoir décida d’effacer le plus possible les traces de la colonisation, notamment en instaurant la conduite à droite. Mais les sources principales d’importation automobile sont le Japon et la Thaïlande, deux pays où on roule à gauche, donc avec le volant à droite! Seuls les bus des grandes compagnies et les voitures de riches particuliers ont le volant à gauche.

Nous avons globalement assez apprécié notre séjour en Birmanie. C’est un pays magnifique qui mérite d’être découvert mais il a nous manqué quelque-chose. Nous ne pouvons pas définir quoi exactement mais il manque, à nos yeux, un petit grain de folie. Toutefois, nous ne regrettons pas une seconde d’avoir visité ce nouveau pays.

Hpa An

Prendre le train en Birmanie se mérite, il faut se lever aux aurores! Mais cette fois, nous ne nous sommes pas réveillés à des heures indécentes pour rien : le train a quitté la gare de Yangon à 6h30, pile à l’heure. A la fenêtre, défilent de magnifiques paysages de rizières, de marécages, de villages flottant et sur la fin, de montagnes. Mais ça n’avance pas vite et il aura fallu 11h de trajet pour couvrir 300 kilomètres!

Mawlamyine

Après ce long périple, nous descendons à Mawlamyine. Ce n’est pas très intéressant mais c’est parfait pour une journée de pause entre 2 trajets. La ville doit son essor à son port maritime mais le centre-ville se trouve un peu à l’intérieur des terres sur le fleuve Salouen qui est traversé par le plus long pont de Birmanie (6,2 kilomètres). Ici la vie est vraiment tranquille et les gens sont encore plus ouverts et plus gentils qu’ailleurs. Difficile à croire que nous sommes dans la troisième ville du pays!

Hpa An

Heureusement que Hpa An n’est qu’à deux heures de route de Mawlamyine car nous avons eu droit, en plus des traditionnelles routes défoncées, à un bus vraiment pourri avec un chauffeur un peu kamikaze.

Hpa An est la capitale de l’état de Kayin (ou Karen), à l’est du pays. C’est une petite bourgade tranquille mais sans grand intérêt hormis son lac, le Kan Thar Yar, qui donne déjà un aperçu des merveilles naturelles que nous pouvons trouver aux alentours.

On the road

Contrairement au reste de la Birmanie, il est facile de louer un scooter à Hpa An. Nous en profitons donc pour aller explorer les alentours. Nous découvrons un superbe paysage de rizières, de marécages et de montagnes karstiques. Malheureusement, notre balade tourne court. Nous nous sommes lamentablement vautrés à scooter! Rassurez-vous, il y a plus de peur que de mal! Des belles égratignures, des ecchymoses et Van, qui est tombée sur les fesses, aura du mal à s’asseoir quelques temps, rien de bien méchant. Le bas de caisse du scooter a plus morflé que nous mais vu dans l’état dans lequel on nous loue ces engins et l’absence de contrôle, c’est passé totalement inaperçu. Nous avons quand même préféré rentrer pour nettoyer et désinfecter nos plaies et nous remettre de nos émotions. Nous n’étions plus très motivés à continuer la balade.

Kyaut Ka Latt Pagoda

Avant nos mésaventures, nous avons eu le temps d’aller admirer la pagode Kyaut Ka Latt. Ce n’est pas la pagode en elle-même qui nous intéresse, nous en avons vu tellement, mais la formation rocheuse sur laquelle elle est en partie construite. C’est un piton rocheux qui se dresse au milieu d’un petit lac et qui semble résister à l’érosion. Il y a également tout un complexe monastique autour du rocher dont la construction est encore en cours.

Il est possible de grimper au sommet mais, à part pour la vue, c’est bien plus impressionnant vu d’en-bas.

Nous avons hésité à zapper cette dernière étape pour rejoindre la Thaïlande directement depuis Yangon car nos estomacs commencent sérieusement à demander grâce, la gastronomie birmane étant vraiment mauvaise. Nous serions moins cabossés si nous avions suivi cette idée mais nous aurions vraiment loupé quelque-chose. Les paysages de Hpa-An sont, à nos yeux, les plus beaux de Birmanie.

Voilà, notre séjour en Birmanie est terminé. Nous allons rejoindre la Thaïlande pour profiter de nous goinfrer de Pad Thai et gentiment continuer notre route en direction du Vietnam.

Yangon

Nous retrouvons les joies du bus de nuit et surtout des routes défoncées afin de nous rendre dans la capitale économique et la plus grande ville du pays, Yangon.

Nous avons hésité sur l’orthographe à adopter pour le nom de la ville et nous avons choisi celle qui se rapproche le plus de la prononciation locale. Rangoon est l’orthographe officielle anglophone et le nom est parfois francisé en Rangoun.

Yangon était a capitale de la Birmanie pendant la colonisation anglaise puis après l’indépendance jusqu’en 2007, date à laquelle la junte militaire a décidé de déplacer la capitale 300 kilomètres plus au nord à Naypyidaw. Cependant, elle en reste la capitale économique et la plupart des ambassades sont restées à Yangon.

Ville coloniale

la gare de Yangon

Yangon est la ville qui possède le plus de bâtiments coloniaux de toute l’Asie du Sud-Est mais ça ne se remarque pas au premier coup d’œil tant nombre d’édifices sont complètement délabrés. Le gouvernement a d’autres priorités que de rénover les vieux quartiers et, après l’indépendance, il y a eu une vraie volonté dans le pays d’effacer toute trace des Anglais.

Lac Kandawgyi

C’est un lac artificiel en plein centre-ville. Il a été aménagé par les Anglais pour alimenter la ville en eau. Il est bordé par un parc et c’est une vraie oasis de calme loin de l’enfer de la ville. L’emblème du lac est le Karaweik, une réplique d’une barge royale posée sur l’eau. Malheureusement, le site est en travaux donc il est impossible de flâner dans le parc. Pour la petite anecdote, le Karaweik est également l’emblème de la bière Myanmar.

Bogyoke Market

C’était le marché central durant la période coloniale. Aujourd’hui, c’est surtout un attrape-touristes! Il a été construit en 1926 par les Britanniques et fait partie du patrimoine colonial de Yangon. A l’intérieur et dans les ruelles adjacentes se suivent des boutiques de souvenirs, d’antiquités et de joaillerie « government registered ». Nous ne savons pas ce que sous-entend exactement cette appellation mais, en général, si ça implique le gouvernement, ce n’est jamais bon.

Shwedagon Pagoda

Même si nous avons vu des centaines de pagodes, nous décidons tout de même d’aller visiter la fameuse Shwedagon Pagoda qui est le plus grand centre religieux de Birmanie. Mais on n’y rentre pas aussi facilement : il faut une tenue correcte (facile!), se délester de 10’000 kyats par personne (6,50 CHF / 5,95€, mais ça les vaut!) et passer au détecteur de métaux. Le site est blindé de monde mais 90% des visiteurs sont des Birmans qui viennent prier et honorer Bouddha. C’est sûrement important pour eux car ils ont revêtus leurs plus beaux habits et sont tous très élégants. La visite nous a pris trois plombes car nous avons été souvent sollicités pour des selfies, exercice auquel nous nous soumettons toujours avec plaisir.

La pagode repose sur une plate-forme de marbre de 5,6 hectares et compte 72 stupas. Nous pensions en avoir soupé des pagodes mais là, nous sommes subjugués par la beauté du lieu. Impossible d’être blasé par un monument pareil!

Bouddha

Il y aurait plus de 2000 statues de Bouddha sur le site mesurant de quelques centimètres à plusieurs mètres de hauteur. Nous ne les avons pas comptées mais nous confirmons qu’il y en a vraiment partout!

Le stupa central

C’est un énorme stupa haut de 98 mètres recouvert de milliers de feuilles d’or. Il y a 64 petites pagodes, également en feuilles d’or, qui l’entourent. Sur la flèche ou se situe le hti (la petite ombrelle) sont accrochées plus de 1480 clochettes en or ou en argent qui tintent dès qu’il y a un peu de vent.

Hormis la pagode et sa vie nocturne, Yangon ne nous aura pas vraiment marqués. Nous ne sommes définitivement pas fans des grandes villes birmanes. Ce n’est même pas à cause de la pollution, de l’enfer d’être piéton ou du trafic infernal, c’est courant en Asie, mais plutôt parce-que nous n’avons pas réussi à leur trouver une âme…

Bagan

Nous quittons Mandalay et sa pollution sans regrets pour nous retrouver, cinq heures de bus plus tard, à Bagan. En réalité, nous sommes à la station de bus au milieu de nulle part en train de nous faire harceler par des chauffeurs de taxi à peine sortis du bus. Mais nous ne cèderons pas! Nous prenons nos sacs et partons à la recherche d’un tuk-tuk au bord de la route qui nous coûte pratiquement la moitié du prix d’un taxi.

Les pass d’entrée à Bagan

Nous avons trouvé des informations contradictoires à propos de ces fameux pass d’entrée. Si tout le monde s’accorde pour le prix : 25’000 kyats (c’est effectivement le prix que nous avons payé), chacun a un son de cloche différent concernant la durée de validité. Certains parlent de cinq jours, d’autres affirment que depuis 2018 ce n’est valable plus que trois jours. D’autres encore ont réussi à avoir cinq jours après la nouvelle mise en vigueur. Bref, nous n’étions pas beaucoup avancés lors de notre arrivée au checkpoint pour acheter nos billets. Nous avons obtenu, sans rien demander, un pass valable cinq jours (5x 24 heures pour être précis.)

Bagan

Ces petits soucis de pass réglés, nous pouvons enfin profiter du site en question. Comme les étrangers n’ont pas le droit de conduire un véhicule motorisé en Birmanie, nous louons un e-bike, un scooter électrique. Bagan est un site archéologique grand de 50 kilomètres carrés et comptant environ 2830 temples plus ou moins bien conservés. Nous ne les avons, évidemment, pas tous visités! En 1975, un fort tremblement de terre a fait pas mal de dégâts mais le gouvernement birman, avec l’aide de de donateurs, a entrepris une vaste campagne de restauration dans les années 1990. Bagan était la capitale du royaume de Pagan le premier empire birman et les temples datent du IXe au XVe siècles.

Nous n’avons pas d’itinéraire précis pour nos visites. Nous aimons nous perdre dans la campagne et nous arrêter où bon nous semble.

Gubyauk Nge Temple

C’est un petit temple construit en 1198 sous le règne du roi Nadaungmyar. Les murs d’enceinte ont complètement disparus mais  il reste quelques stupas dont certains bas-reliefs son conservés. Chaque stupa possède à l’intérieur sa statue de Bouddha dans un état relativement bon.

Iza Gawna Pagoda

Ici, c’est un temple encore en activité donc il faut se déchausser et s’habiller en long! Pas de souci, nous avons prévu les sarongs! Le bâtiment principal est magnifique avec ses sculptures et ses pointes dorées. Vu que c’est un temple fréquenté, nous sommes déçus de constater que des marchands de souvenirs ont envahi l’enceinte du temple alors que c’est censé être un lieu de recueillement.

Winido Temple

C’est un groupe de temples construits vers 1243 et qui sont aujourd’hui en partie enfouis sous la végétation. Certains stupas sont mieux conservés que d’autres. C’est un des temples les plus sympas à visiter car il faut traverser la savane et ça rebute pas mal de monde. Du coup, nous sommes complètement seuls.

Phai Thone Zu Temple

Ce temple est reconnaissable grâce à l’alignement de ses trois stupas identiques sur son bâtiment principal. En réalité, ce sont trois temples différents qui sont reliés entre eux par un couloir. Il date des années 1200 mais n’a jamais été achevé, il n’a jamais été peint et n’a jamais possédé de stucs extérieurs.

Thisa Wadi Temple

Datant de 1334, c’est un des derniers temples construits à Bagan avant l’invasion mongole venue du nord. Le bâtiment principal a été en partie rénové car il avait bien souffert des différents tremblements de terre, Bagan se trouvant sur une énorme faille sismique.

Temple 1122-E

Certains temples n’ont pas encore dévoilé leur histoire et n’ont, par conséquent, pas de nom. Afin de les répertorier, les archéologues leur ont attribué un numéro. Ce petit temple se trouve non loin du village de New Bagan et est d’une conservation exemplaire pour un pauvre petit temple anonyme.

Tamani Monastery

C’est un complexe monastique encore en activité malgré la dégradation des bâtiments. Les moines y vivent et y pratiquent l’agriculture.

Temple 1226

Encore un pauvre temple anonyme! La cour et le mur d’enceinte sont d’une conservation irréprochable! Le bâtiment principal, bien qu’il ait conservé pratiquement tous ses bas-reliefs, s’est complètement affaissé suite aux divers séismes survenus dans la région. Les Bouddhas à l’intérieur, eux, n’ont pas bougé. Il est donc impossible de les voir à cause de la différence de niveau.

Guni Temple

Une fois n’est pas coutume, ce temple n’a pas été érigé pour un roi mais pour une reine! (Vive le Girl Power!) Elle s’appelait Pwasaw et vivait au XIIIe siècle. C’est un complexe séparé en deux parties, une au nord et une au sud.  A l’intérieur, quelques peintures murales sont encore visibles.

Dhammayangyi Temple

C’est le plus grand temple de Bagan et c’est aussi le seul à arborer une forme pyramidale. Il a été construit entre 1167 et 1170. A cette époque, le roi Narathu a accédé au trône en assassinant son père et il aurait fait construire cet immense temple pour se faire pardonner. Le bâtiment est superbement conservé et il est encore possible d’apercevoir les peintures d’époque à l’intérieur.

Kyauk Myat Maw Pagoda

Cet ensemble de temples du XIIe siècle est en pleine cure de jouvence. Le stupa principal esst d’ailleurs protégé par un échafaudage en bambou. Les dépendances ont, quant à elles, déjà bénéficié des rénovations.

Law Ka Ou Shaung Temple

Ce temple datant du milieu du XIIe siècle, conserve encore des gravures et des peintures d’époque. Il est idéalement situé au milieu de la plaine de Bagan et offre une vue panoramique des alentours

Mye bon tha

Pour voir ce temple, il faut bien s’enfoncer dans la campagne. On en sait très peu sur cet ensemble si ce n’est qu’il est de style Brahma et probablement construit entre les XIe et XIIIe siècles.  La cure de jouvence a passé par là et certains endroits ont même eu droit à une reconstruction totale. Un choix que nous ne trouvons pas vraiment judicieux car, à notre avis, ça enlève tout le charme des vieux temples et donne une impression de fake.

Ta Wet temple

Il faut vraiment prendre des chemins de traverse pour trouver ce temple! Mais au moins, nous avons une paix royale! Les bâtiments sont un peu affaissés mais c’est un des seuls endroits à Bagan où nous pouvons observer des Bouddhas dorés.

Temple 820

Encore un temple anonyme! Nous sommes toujours en rase campagne et ce temple nous a tapé dans l’œil à cause de ses différents stupas qui forment un magnifique jeu de coupoles tel une basilique.

Hsin Phyu Shin Monastic Complex

Comme son nom l’indique, ce complexe était un monastère. Construit au XIVe siècle, son architecture est d’inspiration indienne. La conservation du site est moyenne mais nous pouvons encore observer les bassins qui servaient à la pisciculture.

Temple 843

Encore un temple anonyme et c’est bien dommage car l’ensemble est vraiment magnifique et nous aurions aimé en savoir plus.  Mention spéciale pour les « Triplés », trois stupas construits à l’identique où les Bouddhas à l’intérieur portent exactement la même tenue de fête.

Temple 761

Plus nous nous enfonçons dans la campagne, plus les temples ne sont que de simples numéros et moins nous en apprenons.  Celui-là est magnifique malgré sa façade avant complètement affaissée. De loin, le bâtiment ressemble à une basilique.

Temple 1689

Ce temple se situe tout près du village d’Old Bagan et pourtant, il n’a toujours pas dévoilé ses secrets. Il a comme particularité de toujours conserver du stuc blanc sur certaines de ses façades. 

Tha Gya Pone Temple

C’est un temple du XIIIe siècle. La conservation du bâtiment principal n’est pas terrible mais les stupas aux alentours valent le détour.

Bulethee Stupa

C’est un des ensembles de stupas les plus importants de Bagan. Il y a deux stupas principaux, un en parfait état de conservation, et le deuxième auquel il manque la pointe.

Khe Minga Temple

C’est un des ensemble les plus sympas de Bagan.  C’est un immense complexe datant du XIIe siècle. Certains stupas sont d’origine, d’autres ont été restaurés ou carrément reconstruits. Il reste quand même quelques dégâts causés par les différents tremblements de terre.

Shwe Nan Yin Taw Monastic Complex

Ce monastère du XIIe siècle n’est pas dans un état de conservation irréprochable mais nous pouvns déjà nous faire une idée de l’immensité de ce complexe. Il y a une dizaine de bâitments où logeaient les moines, des temples et bien sûr, les indispensables stupas.

Thatbyinnyu Temple

Avec ses 65 mètres de haut, c’est le plus haut temple de Bagan Construit en 1144, il servit de modèle pour de nombreux temples birmans.  Les murs sont encore recouverts de stuc et blanchis à la chaux.  Un long couloir permet de faire le tour à l’intérieur

Yin Ma Na Phaya

C’est un petit temple du XIIe siècle entouré de ses stupas au milieu des champs de maïs. A l’intérieur, il ne reste plus qu’un seul Bouddha mais nous pouvons observer des peintures assez bien conservées.

Dhamma Ya Zika Pagoda

Il est reconnaissable de loin ce temple avec son immense stupa doré!  Il fut construit en 1196 et était dédié à la justice et au devoir.  La base du stupa repose sur cinq grandes terrasses pentagonales en briques. L’ensemble est bien conservé et possède un charme fou!

Min O Chan Tha Temple

C’est un monastère encore en activité qui a été construit en 1112. Ce sont surtout les stupas blancs recouverts de chaux qui ont attiré notre attention.

Ananda Temple

Et nous gardons le meilleur pour la fin! Ce temple construit en 1091 et était dédié à la sagesse infinie de Bouddha. Selon la légende, l’architecture du temple aurait été inspirée par le récit de moines venus d’Inde décrivant les édifices de chez eux. Une restauration complète a eu lieu en 2016 et c’est plutôt réussi. Tout est encore étincelant!

Waw! Bagan est vraiment incroyable! Nous en avons pris plein les yeux durant nos quatre jours de visite! Nous sommes juste un peu déçus de ne pas trouver beaucoup d’infos sur l’histoire des temples. Il n’y a pas grand-chose écrit en anglais, la langue de l’ancienne puissance coloniale étant tout juste tolérée, et même sur internet l’info se fait rare. Nous aurions bien aimé voir les levers/couchers de soleil mais en cette saison humide les nuages sont trop présents, donc c’est râpé. Mais en basse saison, il n’y a pratiquement personne et c’est très agréable. Malgré cela, Bagan reste un incontournable de la Birmanie

Lac Taungthaman et U Bein Bridge

Il paraît que ça vaut la peine de prendre du temps pour découvrir les alentours de Mandalay. Tant mieux car nous avons une journée à tuer! Notre première idée était de visiter les anciennes villes royales de Sagaing et d’Inwa mais nous n’avions pas envie de puiser dans le budget pour une énième visite de pagodes et, après avoir subi le smog, nous avions désespéramment besoin de nature!

Nous négocions un taxi collectif qui nous dépose à Amarapura. Le village est sans intérêt même s’il y a plus de stupas que d’habitants!

Quand nous interprétons maps.me d’une manière très personnelle!

Nous sommes arrivés dans ce quartier de pêcheurs complètement par erreur! Nous nous sommes perdus mais c’est sûrement une des plus belles bourdes de notre vie! Ici, nous sommes dans la Birmanie profonde où le temps s’est arrêté. Que ça paraît loin Mandalay et le XXIe siècle! Pourtant, nous avons parcouru à peine plus de 10 kilomètres depuis le centre-ville.

U Bein Bridge

Nous finissons tout de même par retrouver notre chemin (nous ne nous sommes pas trompés de beaucoup!) pour rejoindre notre principal but de la journée : le pont U Bein. C’est un pont construit en teck, un bois courant des forêts tropicales. Avec ses 1200 mètres, c’est le plus long pont de ce genre au monde! Les colonnes avaient été abandonnées lors du transfert de capitale à Mandalay et elles ont été recyclées afin de construire ce pont. C’était en 1849.

Une fois le pont traversé, nous retrouvons un petit village dédié aux touristes avec des cafés et des échoppes. Mais un village birman ne serait rien sans sa pagode!

Après un aller-retour sur le pont, nous continuons notre balade sur les rives du lac afin de profiter encore un peu de cet endroit naturel et pas trop pollué.

Monastère Maha Ganayon Kyaung

C’est un des monastères les plus importants du pays, sûrement l’un des plus kitsch également. Déjà, il est peint presque intégralement en doré, la couleur du bonheur et de la bonne santé dans le bouddhisme. Ensuite, il y a plein de statues géantes dont un énorme Bouddha couché. La superficie du temple doit équivaloir à celle du lac! Nous sommes fascinés par cette architecture mais, en même temps, nous trouvons cela affligeant. Nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à tout cet argent investi dans les différents temples alors que la population locale vit très modestement…

Pahtodawgyi Pagoda

C’est un temple érigé en 1819 dont la caractéristique principale est son immense stupa d’un blanc étincelant visible depuis toutes les rives du lac.

Finalement, nous avons quand même pu visiter quelques pagodes, gratuitement. Nous avons trouvé le lac Taungthaman vraiment magnifique et avons apprécié le calme qui règne en ces lieux. Nous sommes persuadés d’avoir fait un bon choix!

Mandalay

Arrivés à Thazi,  nous ne sommes pas au bout de nos peines. Nous devons trouver un endroit pour passer la nuit avant de continuer notre route tôt le lendemain matin. A 4 heures, c’est diane debout! Notre train part à 5 heures et c’est le dernier de la journée, nous ne voudrions pas le louper! Mais en pratique, nous nous sommes levés à des heures indécentes juste pour attendre à la gare jusqu’à 7 heures et demies que notre convoi veuille bien arriver! Heureusement, le trajet n’est pas très long et nous n’arrivons pas trop tard à destination.

Au premier abord, Mandalay n’est vraiment pas très glamour! C’est très pollué, la circulation est infernale, c’est moche et il est impossible de marcher sur les trottoirs tellement ils sont encombrés! Difficile à croire que c’était l’ancienne capitale royale de Birmanie jusqu’en 1885! C’est la deuxième ville de Birmanie et la capitale du centre du pays. C’est ici que sont fabriquées les fameuses feuilles d’or que les bouddhistes collent sur les statues de Bouddha. Les hommes tapent à la masse pendant plus de 6 heures pour aplatir les lingots d’or afin d’en faire une feuille la plus fine possible. Vu la ferveur religieuse des Birmans, c’est un secteur qui ne connaît pas la crise!

Le marché

La plaine de l’Irrawaddy, le fleuve qui coule à Mandalay et qui traverse la Birmanie du nord au sud, est très fertile. Il est donc normal de retrouver de magnifiques fruits et légumes sur les étals de la ville. Nous avons beau être dans la deuxième agglomération du pays, le marché se construit à l’arrache avec les moyens du bord dans les différentes ruelles de la ville.

Ein Daw Yar Pagoda

Nous ne rentrerons pas à l’intérieur de ce temple car nous n’avons pas la tenue appropriée, mais aussi parce-que nous n’avons ni le budget ni l’envie de visiter toutes les pagodes du pays. De toute façon, les différents stupas dorés se voient très bien de l’extérieur. L’ensemble a été construit en 1847 pour le roi Pagan Min.

Cathédrale du Sacré-Coeur

L’architecture fait très anglican mais les drapeaux du Vatican flottent à l’entrée, nous sommes donc bien dans une église catholique. Elle a été construite en 1890 par les Missions étrangères de Paris. Encore aujourd’hui, la messe est célébrée tous les jours, en birman, et même en anglais le week-end!

Nous avons été étonnés de voir un catholicisme très présent à Mandalay. Il y aurait plus de 20’000 catholiques dans la région.  La faute aux Portugais (encore eux!) dont leurs descendants les Bayingyis ont gardé la religion de leurs ancêtres. Il y a également quelques catholiques dans la communauté chinoise venue du Yunnan au début du XXe siècle.

Le fort

Si vous observez un plan de Mandalay, vous remarquerez un immense carré qui fait pratiquement la moitié de la ville! C’est le fort qui abritait l’ancien palais royal jusqu’en 1860. Les murs d’enceinte, hauts de 9 mètres et épais de 3 mètres, sont très bien conservés. Il n’y a qu’une toute petite partie qui se visite, une sorte de réplique de l’ancien palais. Tout le reste est réservé pour l’armée. Nous nous sommes contentés de longer la muraille sur quelques kilomètres et de profiter du point d’eau pour s’éloigner un peu de la pollution de la ville.

Parenthèse culturelle : il y a du vin en Birmanie!

Aythaya est un petit village non loin du lac Inle où un couple d’allemand a fait le pari un peu fou de planter un vignoble. Ce n’était pas gagné d’avance car le climat est vraiment humide par ici et beaucoup de cépages, notamment méditerranéens, ne se sont pas du tout adaptés. Mais il y a quand même eu des survivants comme le Sauvignon, la Sirah, le Muscat ou le Dornfelder, des cépages qui se plaisent dans les climats improbables du nord des Alpes. Si l’assemblage Sirah-Dornfelder nous a laissé dubitatifs (trop acide!),le Sirah-Muscat en rosé nous a déjà plus convaincus. Il ne nous reste plus qu’à goûter le vin blanc!

Mandalay Hill

Comme son nom l’indique, Mandalay Hill est une colline culminant à 224 mètres au dessus de la ville. C’est un lieu de pèlerinage important pour les bouddhistes depuis presque deux siècles. Elle se mérite car il faut gravir une volée de marches pour accéder au sommet. La montée s’effectue pieds nus même si le sol est vraiment crade car pour Bouddha, il faut impérativement se déchausser! Il faut bien compter 45 minutes pour arriver en haut mais en chemin, il y a plusieurs autels dédiés à Bouddhas pour nous encourager.

Au sommet, nous pouvons observer la vue sur Mandalay, l’Irrawaddy et la plaine aux alentours. C’est sûrement magnifique par temps clair mais avec les nuages et surtout le smog, c’est pas terrible. Nous pouvons quand même constater l’immensité du fort qui couvre la moitié de la surface de la ville!

Pagode Sutaungpyei

C’est la récompense ultime pour avoir grimpé jusqu’au sommet! C’est un superbe temple, bien qu’un peu trop clinquant. Les arcades lui donnent un air des Mille et Une Nuits mais la comparaison s’arrête là, les stupas et les différentes statues nous rappellent que nous sommes bien au pays de Bouddha. Entre la vue et la visite du temple, il vaut vraiment la peine de prendre le temps de venir sur la colline.

Mandalay est une ville qui ne s’apprécie pas du premier coup. Il faut creuser un peu pour en découvrir quelques trésors. Et peu à peu, la ville dévoile ses charmes. Seul gros bémol : la pollution! C’est tellement extrême que l’air est difficilement respirable! Mis à part ça, il vaut la peine d’y passer quelques jours.

Kalaw

Nous avons traîné un peu pour continuer notre périple à cause d’une crève carabinée, mais sans gravité, qui nous a fait différer notre départ de Thaïlande. Depuis Sukhothai, le trajet se fait dans un minibus totalement inconfortable mais ça ne dure que trois heures et les paysages sont superbes. Nous arrivons à Mae Sot, ville frontière sans intérêt mais nous rencontrons déjà les premiers Birmans au marché.

Depuis le centre-ville de Mae Sot, il faut prendre un taxi collectif pour se rendre à la frontière mais c’est facile et bon marché. Une fois notre tampon de sortie sur notre passeport, il faut traverser le Pont de l’Amitié à pieds. C’est un pont à deux voies et un trottoir enjambant une rivière, tout ce qui a de plus banal si ce n’est qu’il faut changer de piste au milieu! En Thaïlande on roule à gauche, en Birmanie on roule à droite. Pour cela, il a été mis en place un système de feux archaïques aidé par un agent de circulation mais tout ce que ça provoque, ce sont des monstres embouteillages!

Passer la frontière birmane est une simple formalité, on ne nous pose aucune question! C’est surtout parce-que les douaniers ne parlent pas un seul mot d’anglais! Nous restons un peu sur Myawaddy histoire de bien récupérer de notre crève et de tâter le pouls de ce nouveau pays. C’est sans grand intérêt mais il y a une vraie ambiance de bout du monde. Il n’y a absolument rien qui n’est écrit en anglais ou au moins en caractères latins et c’est la galère pour nous faire comprendre! Nous commençons déjà à regretter les bons petits plats thaïs. Bref, l’aventure commence…

Kalaw

Ce n’était pas forcément notre première idée de destination mais nous avons vite compris qu’en Birmanie, il fallait saisir les opportunités de transports quand il y en avait. Nous voilà donc partis pour 20 heures de route! Heureusement, les bus sont neufs et confortables même si nous nous serions bien passé de l’air conditionné! Par contre, pour l’état des routes, il faudra repasser! Mais au moins, nous ne risquons pas grand chose niveau accident car il est impossible de rouler à plus de 20 km/h sur des nids de poule pareils!

Kalaw est un petit village vraiment tranquille au milieu des montagnes à 1300 mètres d’altitude non loin du lac Inle.

Si le village n’est pas exceptionnel en soi, nous avons été ravis de retrouver de la végétation de montagne, notamment des pins, lors de nos promenades dans les alentours.

Temples bouddhistes

En Birmanie, le bouddhisme est vraiment présent partout. Il est donc normal de croiser des temples à chaque coin de rue. Les stupas (ou pagodes) peintes en doré sont typiques du pays.

Thein Thaug Pagoda

Il se mérite ce temple! Comme il se situe sur une colline surplombant la ville, il faut grimper une bonne volée de marche pour y accéder. Mais nous ne sommes pas déçus et trouvons la pagode en forme de pyramide originale.

Nous avons également profité pour nous balader sur les divers sentiers de la colline afin de profiter de la vue et de la « fraîcheur » montagnarde. Par fraîcheur, nous entendons 24-25 degrés mais pour les Tropiques c’est frais!

Nous avons eu la chance d’être présent un jour de marché car celui-ci ne se déroule que tous les cinq jours, calculés sur la base du calendrier bouddhiste. Les étals sont faits avec les moyens du bord et des tentes de fortune protègent les marchandises de la pluie. Il y a un petit côté andin avec ce marché montagnard!

L’idée d’effectuer le trek jusqu’au lac Inle nous avait titillés mais de voir des hordes de touristes embarquer en troupeau dans des camionnettes les menant au départ du chemin nous a calmés. Pour nous, la randonnée c’est d’être calme à observer la nature, ceci n’est pas vraiment compatible avec des grands groupes. Tout ça nous a valu une grande remise en question et des heures de discussions mais finalement nous sommes arrivés à prendre une décision importante : NOUS N’IRONS PAS AU LAC INLE!

MAIS POURQUOI? Après de longues recherches et après avoir pris d’autres avis, le lac Inle nous paraît vraiment trop touristique. Pour profiter des villages flottants, il faut impérativement contracter un bateau à prix touriste non négociable qui te fait faire le tour de toutes les boutiques d’artisanat existantes. En plus, les pêcheurs sur le trajet touristique sont juste là pour faire joli. Comme ce ne sont pas les villages flottants qui manquent en Asie du Sud-Est, nous renonçons à ce highlight. Mais rassurez-vous, à la place, nous avons vécu une expérience beaucoup plus funky…

En train de Kalaw à Thazi

Voilà un endroit vraiment pas touristique! Nous étions les deux seuls étrangers! Nous avons décidé de tester les chemins de fer birmans en empruntant la jolie ligne de montagne entre Kalaw et Thazi. C’est une ligne qui traverse la jungle et descend en zigzag jusqu’en plaine. Il y a, aux extrémités, des gares en cul-de-sac afin de faire changer de direction au train et de modérer la déclivité. C’est sûrement une des plus belles lignes que nous ayons jamais empruntées!

Lors du passage des trains, les gares deviennent le centre névralgique du village et les quais se transforment en véritables marchés. Nous avons vraiment eu l’impression d’être transposés dans un documentaire d’ARTE!

Cette première étape birmane nous a beaucoup plu! Il faudra juste apprendre à être encore moins pressé qu’ailleurs avec les transports! Pour preuve : notre joli trajet en train a duré 7 heures… pour parcourir 190 kilomètres!