Tajao et les villages côtiers de l’est de Tenerife

Nous n’avons pas été très productifs en découvertes ces derniers temps. Les mesures anti-Covid nous recommandent, entre autres, de ne pas quitter notre commune. C’est une recommandation pas une obligation mais nous préférons tout de même nous y conformer le plus possible et jouer le jeu si nous voulons que cette situation cesse enfin! Et comme il y a pas mal de petites balades à faire dans les volcans à côté de chez nous, ce n’est pas vraiment une contrainte.

La météo est également venue jouer les trouble-fêtes. Nous n’avons pas vu les sommets des montagnes depuis un bon mois et le temps est très instable. Pas facile dans ces conditions d’organiser une randonnée. Le coup de grâce nous a été donné par Filomena, une tempête venue tout droit de l’Atlantique qui nous a apporté des fortes rafales de vent ainsi que des pluies torrentielles et qui nous a contraints de rester à l’intérieur pendant trois jours consécutifs! Ça ne nous était jamais arrivé, même en Suisse en plein hiver! Evidemment, dès la première accalmie, nous avons chaussé nos baskets et sommes partis à l’aventure même si nous avons dû composer avec une météo très changeante et capricieuse.

San Miguel de Tajao

Depuis notre déménagement à San Isidro, en dessus de la station balnéaire d’El Medano, nous sommes bien situés pour aller découvrir la côte est de Tenerife. Nous nous arrêtons à la localité de San Miguel de Tajao, appelée tout simplement Tajao pour ne pas être confondue avec l’autre San Miguel, celui de Abona. C’est un petit village de moins de deux cents âmes qui vit exclusivement de la pêche. Il y a d’ailleurs plus de restaurants de poissons que d’habitants! Mais ils sont tellement réputés que les gens viennent exprès des quatre coins de l’île, et même d’ailleurs, pour déguster des fruits de mer fraîchement pêchés. En journée, l’ambiance est vraiment calme, loin de l’agitation touristique des stations balnéaires du sud et de l’ouest. Il n’y a pas un hôtel ni aucune infrastructure touristique et ça nous plait énormément!

Les falaises

Au nord du village, sur la côte, se dressent de magnifiques et impressionnantes falaises qui appartiennent déjà au parc national du Teide. Pour rappel, le Teide est, avec ses 3718 mètres d’altitude le point culminant de Tenerife, et de toute l’Espagne. Mais il ne se laisse pas vraiment observer ces derniers temps, il se cache en permanence sous une épaisse couche de nuages. Aux dernières nouvelles, la tempête Filomena lui aurait apporté un joli manteau neigeux.

Barranco de Vijagua et Arco de Tajao

Nous devons ce coin extraordinaire, juste en dessus de San Miguel de Tajao, à Dame Nature et à des années d’érosion. A l’origine, ce n’était qu’une grosse masse de lave que nous devons au Teide himself. Et voilà ce que ça donne plus de deux mille ans plus tard! Après le passage de Filomena, c’est la première fois que nous pouvons observer un barranco avec de l’eau!

Nous aurions pu nous contenter de cette petite boucle, déjà très intéressante, autour de San Miguel de Tajao mais nous étions motivé à continuer un peu notre randonnée en longeant la côte en direction du sud même si l’arrivée de la pluie a failli nous faire changer d’avis.

Las Arenas

Appeler un village « Las Arenas » (les sables en français) dans un endroit où il n’y a que de la roche et des galets, il fallait oser! C’est tout aussi calme et endormi que le voisin San Miguel. Le village à la particularité d’être construit en cercle autour d’un éperon rocheux. Le relief a Tenerife est très accidenté, il faut une bonne dose d’ingéniosité pour y construire les urbanisations.

Nous continuons notre chemin en direction du sud dans un paysage de falaises et d’éperons rocheux vraiment incroyable. Nous devons tout cela aux diverses éruptions du Teide.

La Caleta

Ce petit hameau porte bien son nom (caleta signifie crique en français) car il est construit sur un éperon rocheux encerclé par deux petites criques. Ici aussi il a fallu faire preuve d’ingéniosité pour construire le village sur ce relief très particulier.

Las Maretas

C’est le plus grand village que nous avons traversé et aussi le plus animé. Mais nous sommes encore loin de la frénésie de Los Cristianos ou d’El Medano. Le village est construit sur divers éperons rocheux et longe une superbe plage de galets. C’est le dernier village de notre petite randonnée car ensuite, il y a un grand parc éolien et ce n’est pas très intéressant.

Barranco del Rio

Comme il nous faut remonter sur l’autoroute pour prendre notre guagua de retour, nous empruntons une partie du barranco del rio qui longe le village de las Maretas dans sa partie sud. Suite aux pluies diluviennes de la veille, nous avons de la chance d’y apercevoir un peu d’eau.

En pratique

  • Itinéraire : Nous avons pris la guagua 111 depuis l’intercambiador de San Isidro, celui qui fait le tour de Santa Cruz à Adeje par l’autoroute en s’arrêtant partout. Nous sommes descendus à l’arrêt Tajao. Nous avons emprunté le barranco de Vijagua pour aller observer l’arco de Tajao avant de descendre en direction de l’océan et rejoindre San Miguel de Tajao. Le sentier n’étant pas balisé, il faut prévoir une application maps sur votre smartphone. Une fois à San Miguel, c’est facile, il suffit de longer la côte et les villages se succèdent en étant très proches. Depuis, Las Maretas, nous avons emprunté le barranco del Rio pour rejoindre l’autoroute. Là aussi une application maps peut être utile.
  • Distance : environ 6,5 kilomètres
  • Temps de parcours : environ deux heures et demies
  • Dénivelé : 60 mètres en descente, 80 mètres en montée
  • Difficulté : moyen. Le chemin n’est pas toujours évident à trouver dans les barrancos mais il n’y a rien de très difficile.

Nous sommes contents d’avoir enfin pu découvrir quelque-chose de nouveau même si la météo a changé au moins quatorze fois durant les deux heures et demi de marche! (Et notre humeur aussi du coup). Nous avons arrêté de compter combien de fois nous avons dû enlever et remettre notre veste! Si les restrictions Covid restent en vigueur au moins jusqu’à la fin du mois, la météo s’annonce, quant à elle, plus clémente. Nous espérons qu’elle nous permettra de prendre un peu d’altitude afin de marcher un peu du côté de Granadilla qui fait encore partie de notre commune. Mais les prévisions climatiques aux Canaries sont aussi fiables que l’horoscope dans le journal!

La réserve naturelle de Malpais de la Rasca et son phare

Encore une fois, nous nous sommes dirigés vers l’océan pour la balade du jour. La faute, encore, à la météo. Les Canaries n’ont pas été directement touchées par la tempête Ernest mais cette dernière nous a quand même apporté de forts vents et des nuages qui s’accrochent désespérément aux sommets des volcans. Mais, il faut avouer, qu’en grands amoureux de la mer, nous n’avons pas vraiment été gênés de devoir nous contenter du littoral. Nous voulions également profiter de nous rendre encore une fois du côté du sud, sud-ouest de Tenerife car, la semaine prochaine, nous déménageons. La famille de la fille qui nous loue l’appartement débarque d’Allemagne pour les fêtes de fin d’année et nous avons dû leur laisser la place. Mais pas de panique, nous avons rapidement trouvé quelque-chose d’autre pour nous loger. Nous serons à San Isidro, juste en dessus de El Medano. Finalement, nous nous en sortirons gagnants car le village, beaucoup plus grand que Las Chafiras où nous logeons actuellement, est beaucoup mieux desservi par les guaguas. Nous serons également mieux placés pour visiter l’est de l’île que nous ne connaissons pas encore.

Las Galletas

Nous commençons notre petite balade au port de Las Galletas, au sud de l’île. Si le nom du lieu signifie littéralement « les biscuits », le village n’a rien de très alléchant. C’est une petite station balnéaire datant des années 1970 et qui a très mal vieilli. Il y a juste un petit port de pêche et une marina qui sont sympas. Depuis là, nous mettons le cap sur l’ouest.

Playa de los Enojados

A la sortie de las Galletas, nous longeons la petite plage de los Enojados. C’est une petite plage de sable longue de 80 mètres. Elle est située dans une petite anse qui l’abrite un peu des forts vents qui soufflent souvent sur la région. Elle est fréquentée principalement par des naturistes.

Punta Negra

Nous faisons un petit détour de quelques centaines de mètres par la Punta Negra. Elle porte bien son nom de « Pointe Noire » puisqu’elle est composée principalement de basalte, la fameuse roche noire volcanique. Cette pointe a été formée par une éruption volcanique sous-marine et possède des fossiles de mollusques tropicaux qui datent d’il y a plus de 100’000 ans. Oui, à cet époque là, le climat des Canaries était beaucoup plus chaud et humide qu’actuellement. Nous ça nous arrangerait bien le retour du climat tropical sur l’archipel!

El Banco

Toujours en direction de l’ouest, nous longeons le littoral dit d’El Banco. Nous y trouvons de superbes piscines naturelles mais nous trouvons le courant vraiment trop fort pour la baignade. Et Van trouve l’eau beaucoup trop froide!

L’avantage des courants de l’Atlantique, c’est qu’ils apportent un peu d’humidité. Pas beaucoup, on reste dans un climat semi-aride, mais assez pour faire pousser de la végétation. Nous avons d’ailleurs été assez étonné de trouver autant de vert dans le sud, même si on le doit surtout à des cactus!

Réserve naturelle Malpais de la Rasca

Après toutes ces merveilles, nous arrivons enfin à notre but du jour : la réserve naturelle de Malpais de la Rasca. Nous en avions déjà pris plein les yeux dans la première partie de notre balade. Eh bien, nous n’avions encore rien vu! Malpais est un nom qui ne se traduit pas en français (Ceux qui ont traduit « mauvais pays », sortez tout de suite!) et qui signifie un accident de relief caractérisé par la présence de roches volcaniques peu érodées dans un milieu aride. Ce sont pratiquement les seuls endroits volcaniques où la terre n’est pas fertile. Cette particularité géographique n’existe qu’à Tenerife et au Nouveau-Mexique.

Le Malpais de la Rasca est une réserve naturelle de 315 hectares et contient une partie côtière avec le basalte se jetant dans l’océan et une partie terrestre avec une végétation typique de cap aride. C’était un territoire occupé par les Guanches, proches cousins des Berbères qui habitaient l’archipel canarien avant l’arrivée des Espagnols. Avec une pluviométrie moyenne annuelle d’à peine 62 millimètres, la réserve est le coin de plus sec de toutes les Canaries, et ça se voit!

Faro Punta de Rasca

Sur la côte de la réserve se dresse un phare haut de 32 mètres et contrôlant la navigation au large de toute la côte sud de Tenerife. Il date de 1978 mais il existait déjà un ancien phare depuis le milieu du XIXe siècle. S’il n’y avait pas les cactus aux alentours, nous nous serions vraiment cru sur les côtes bretonnes.

Montaña Grande

Non ce n’est pas Uluru, la fameuse montagne rouge au milieu de l’outback australien même si nous devons reconnaître qu’il y a un petit air de famille. Ce volcan qui domine la réserve naturelle s’appelle simplement Montaña Grande et culmine à 278 mètres. Il y aurait un superbe point de vue au sommet. En tout cas, ce volcan a éveillé notre curiosité et nous allons l’ajouter à notre liste à idées déjà très longue!

La balade se termine à Palm-Mar, à l’autre extrémité de la réserve. C’est un coin qui a déjà été une arrivée d’une de nos randonnées depuis Los Cristianos, la Montaña Guaza.

En pratique

  • Itinéraire : Las Galletas – Palm-Mar par la côte. Si vous utilisez les transports publics, sachez que le dernier guagua part de Palm-Mar vers 16h30, prévoyez donc d’y arriver avant! Le sentier suit l’océan tout le long. Il n’est pas indiqué mais bien tracé.
  • Distance : environ dix kilomètres
  • Temps de parcours : nous avons mis trois bonnes heures mais nous avons pris le temps de faire quelques détours vers les piscines naturelles
  • Dénivelé : quasi nul
  • Difficulté : facile, c’est presque tout plat. Il faut juste avoir de bonnes chaussures car le sentier est fait de caillasse.

C’est clairement une de nos plus jolies balades sur Tenerife, et pourtant, nous avions déjà mis la barre très haut! Nous espérons, après Clément et Ernest, que les tempêtes hivernales atlantiques nous laissent un peu tranquilles et nous permettent de profiter des activités outdoor dont des randonnées en montagne qui commencent quand même à nous manquer. Nous allons également découvrir ce qu’il sera possible de découvrir depuis San Isidro, notre nouveau lieu d’habitation depuis la semaine prochaine.

El Medano et la Montaña Pelada

La météo ne nous a pas gâtés ces derniers jours. Tempêtes et pluies se sont succédé dans l’archipel compromettant nos activités à l’extérieur. C’est le revers de la médaille de vivre au milieu de l’océan Atlantique Nord connu pour ses bourrasques hivernales. Heureusement, les températures sont tout de même restées assez clémentes même si le Teide, du haut de ses 3718 mètres, s’est paré d’un magnifique manteau neigeux.

Evidemment, dès que le soleil est revenu, nous avons vite rechaussé nos baskets et sommes partis à la découverte d’un nouveau coin de Tenerife. Seul bémol, il y a un vent à décorner des bœufs formant des mini tempêtes de sable. Nous avons littéralement « bouffé du sable ». Mais tout ce qui ne tue pas rend plus fort et ça ne nous a pas empêché de profiter d’une jolie petite balade dans un superbe paysage, une fois de plus.

Playa de la Jaquita

Comme la météo en montagne est encore mitigée, nous nous sommes, encore une fois, rabattus sur le littoral. Mince alors! Comme pour la Montaña Roja, notre point de départ est la station balnéaire d’El Medano. Mais cette fois, nous partons en direction du nord en longeant la superbe plage de la Jaquita qui possède quelques dunes. Elle ressemble à une plage de rêve, surtout à Tenerife ou les longues plages de sables sont assez peu nombreuses, mais attention, les courants marins peuvent être très forts et la baignade est plutôt dangereuse. Par contre, c’est un véritable paradis pour pratiquer le kite-surf!

Montaña Pelada

Notre but du jour est la boucle de la Montaña Pelada. Elle se situe juste après la playa de la Jaquita. On doit la formation de ce volcan à une éruption volcanique il y a plusieurs millions d’années. Le phénomène d’hydromagmatisme, c’est-à-dire l’interaction violente entre la lave brûlante et l’océan plutôt froid, a créé ce cône volcanique d’un kilomètre et demi de diamètre. Nous ignorons l’origine du nom « Montaña Pelada » (montagne pelée en français) mais nous imaginons que c’est dû à ses flancs complètement « pelés », dépourvus de végétation car constamment balayés par les forts vents de l’océan Atlantique.

Nous entamons l’ascension du volcan par le côté océan ce qui, par fort vent, n’est pas l’idée du siècle. Nous sommes près du bord et les rafales jouent dangereusement avec notre équilibre, surtout celui de Van qui, avec sa petite taille, ne pèse pas bien lourd. Mais qui dit vent dit également érosion et cette dernière a façonné un paysage extraordinaire, presque lunaire, depuis des millénaires.

Playa de la Montaña Pelada

Si nous avons pris le chemin côtier pour monter, c’est pour pouvoir observer d’en haut, entre deux bourrasques, la magnifique plage de la Montaña Pelada qui, comme son nom l’indique, est située juste au pied du volcan. Cette plage est superbe coincée dans sa petite baie. Mais ne vous y trompez pas! Elle est vraiment déconseillée pour la baignade, les courants sont forts et les rochers dangereux!

C’est après cette magnifique grimpette que nous arrivons, finalement assez facilement au sommet qui culmine à l’altitude très honorable de 67 mètres! La vue sur El Medano et la Montaña Roja est magnifique. De l’autre côté, c’est moins glamour, il y a l’institut technologique des énergies renouvelables avec ses éoliennes et ses panneaux solaires. Ce n’est pas très joli pour le paysage mais c’est important. Les Canaries veulent à tout prix cesser de dépendre des énergies fossiles qui sont très polluantes et qui doivent être importées. Et comme, il y a du vent et du soleil à volonté dans l’archipel, autant en profiter! Nous saluons en tout cas l’effort fourni par la région pour essayer de créer une énergie propre!

Barranco de la Rajita

Comme la plupart des reliefs à Tenerife, la Montaña Pelada possède aussi son barranco, cette grande faille façonnée par l’érosion. Il est assez impressionnant et descend directement sur l’océan où il débouche sur une petite plage naturiste.

La caldera

Nous avons grimpé au sommet de la Montaña Pelada… pour mieux nous plonger dans la caldera (ou cratère si vous préférez). On y distingue plusieurs sortes de roches, résultat des diverses phases de l’hydromagmatisme. Nous arrivons mieux à apercevoir les différentes couleurs de roches que sur la Montaña Colorada pourtant réputée pour ses différentes couches géologiques colorées. Il y a juste quelques buissons, qu’on appelle ici « tabaidal dulce » qui résistent à l’acidité du sol et au fort vent, même s’il est un peu plus modéré à l’intérieur de la caldera.

Nous redescendons par le chemin à l’intérieur des terres, plus abrité. C’est moins pittoresque qu’à l’aller mais la végétation s’y plait beaucoup mieux.

Antena de Central

A la fin de notre promenade, nous sommes tombés sur cette énorme antenne parabolique abandonnée, semble-t-il, depuis des années. Pourtant, elle ne date que de 2008! Elle faisait partie d’un grand projet de centrale thermique fonctionnant à l’énergie solaire. Mais voilà, la centrale n’avait pas reçu l’autorisation de construire dans la zone protégée de la Montaña Pelada et le proche voisinage s’est empressé d’aller dénoncer ce vice de forme aux autorités compétentes. Les Espagnols sont sympas et chaleureux mais ce sont également les rois de la délation, ce qui les rend insupportables! Donc la centrale a dû être laissée à son triste sort créant ainsi un site abandonné complètement surréaliste.

En pratique

  • Trajet : Boucle depuis El Medano pour la Montaña Pelada. A la sortie du village, côté nord, longer la plage de la Jaquita. Ensuite, le chemin n’est pas indiqué mais il est bien tracé.
  • Distance : Environ douze kilomètres (boucle depuis le centre du village de El Medano)
  • Temps de parcours : deux heures et demies
  • Difficulté : facile, le chemin est bien tracé. Il faut juste éviter le versant côté océan en cas de vertige.
  • Dénivelé : Environ 80 mètres

Finalement, devoir composer avec la météo nous a fait découvrir encore un coin sympa. Bonne nouvelle, les basses pressions venues de l’océan Atlantique devraient être derrière nous et laisser la place à un temps beaucoup plus clément! Nous allons donc pouvoir repartir à la découverte de coins sympas!

Montaña Colorada, où la roche se pare de couleurs

Bonne nouvelle pour nos gambettes! La météo est toujours aussi belle mais l’air semble un peu moins sec. Nous avons en tout cas l’impression de moins vivre dans un feu de cheminée. Nous ne sommes plus obligés d’aller nous « réfugier » au bord de l’Atlantique. Nous en profitons donc pour prendre un peu de hauteur pour notre nouvelle balade du jour.

Santa Catalina

C’est notre point de départ du jour. C’est un tout petit village qu’on pourrait qualifier de quartier de la localité de Vilaflor de Chasna située juste un peu plus haut. Il est perché à 1300 mètres d’altitude et vit principalement de l’agriculture.

Des arbres, enfin!!!

Passer l’hiver dans un endroit influencé par le désert du Sahara alors que nous sommes des amoureux de forêts luxuriantes, c’est un comble! Le sud de Tenerife a un climat semi-aride et ça se voit dans la végétation qui dépasse rarement le mètre de haut, quand il y en a! Pouvoir nous promener dans une forêt de pin des Canaries, c’est un peu Noël en avance pour nous! Bon d’accord, ça reste très sec et les arbres sont assez clairsemés mais pour la région située au sud du Teide, c’est presque la jungle. Du coup, le paysage ressemble plus à une pinède du bassin méditerranéen qu’à un archipel volcanique perdu au milieu de l’océan Atlantique.

Montaña Colorada

Même si vous n’êtes pas titulaire d’un master en langue espagnole, vous devez sûrement vous douter que Montaña Colorada signifie en français « Montagne Colorée ». Et vous avez raison! Sauf que ça ne se voit pas au premier abord. Oui, l’environnement est plus vert qu’ailleurs dans la région grâce aux pins des Canaries mais ce ne sont pas eux qui lui ont donné ce nom. Ce sont les roches. C’est vrai qu’en regardant de plus près, nous pouvons apercevoir divers types de roches allant du blanc au violet foncé en passant par du gris, du jaune et du rouge. Ceci est dû aux diverses éruptions qui ont eu lieu sur environ cinq millions d’années, à différentes périodes géologiques. Nous ne nous connaissons pas grand chose en la matière mais nous nous doutons fortement qu’ici, c’est le paradis des géologues et de tout autre amoureux des pierres.

Le sommet

Nous sommes presque étonnés de voir un joli petit sommet arrondi comme une colline au lieu d’un cratère. Pourtant, nous sommes bien sur un volcan qui culmine à 1414 mètres d’altitude. Un volcan qui a un âge respectable quand même : cinq millions d’années! Après avoir bien bossé en répandant sa lave un peu partout pendant des milliers d’années, il se repose d’un sommeil du juste. Mais qu’on ne s’y trompe pas! Les volcans des Canaries sont actifs et peuvent se réveiller quand bon leur semble! Il suffit d’un simple petit tremblement de terre et c’est reparti pour un tour!

Depuis le sommet, nous avons une superbe vue à 360 degrés sur la Montaña Arena, Vilaflor de Chasna et le littoral du sud de l’île avec l’océan Atlantique. Ces jours, nous avons un petit vent de sud-est qui vient du continent et qui nous apporte de la chaleur et du beau temps mais aussi un peu de sable du Sahara qui reste en suspension dans l’atmosphère d’où l’aspect un peu brumeux du paysage côté mer. Ce phénomène météorologique a un nom bien particulier aux Canaries : la calima.

La spécialité du jour

Nous avons trouvé cette petite douceur sous le label « Compro Canario » (littéralement « j’achète canarien ») lors de notre départ de rando à Santa Catalina. C’est une « rosquete », littéralement « petite roue », un biscuit de Noël typiquement canarien élaboré avec de la pâte feuilletée et parfumé à l’anis. C’est un dessert idéal après notre pique-nique idyllique au sommet de la Montaña Colorada. Nous n’avions plus parlé de bouffe depuis au moins quatre articles! Avouez que vous commenciez un peu à vous en inquiéter!

Le versant Est

Une fois au sommet et avec le ventre plein, il va bien falloir penser à redescendre! Comme nous n’aimons pas emprunter le même chemin au retour qu’à aller, nous empruntons le versant est puisque nous sommes montés du côté ouest. Il y a toujours la forêt de pin des Canaries mais le côté « colorada » est moins marqué. Par contre, le relief est plus accidenté et nous devons longer quelques barrancos.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin et l’aridité reprend vite le dessus. Nous nous retrouvons assez vite à flanc de côteau, à découvert et en plein cagnard dans une orientation sud-est en pleine aire d’influence climatique africaine. Heureusement que le vent tempère un peu les ardeurs du soleil! Mais nous n’allons quand même pas nous plaindre d’une météo pareille en plein mois de novembre! Surtout quand la vue qui nous est offerte n’est pas mal du tout!

De Cruz de Tea à Granadilla de Abona

La fin de la balade est un peu moins sauvage mais tout aussi belle. Nous traversons le petit hameau de Cruz de Tea avant de descendre à travers les cultures sur Granadilla de Abona qui sera notre point d’arrivée.

En pratique

  • Trajet : Santa Catalina (Vilaflor) – Sommet de la Montaña Colorada – Granadilla de Abona. Nous vous conseillons d’avoir Google Maps ou Maps.me pour cet itinéraire car le chemin n’est pas indiqué.
  • Distance : environ 14 kilomètres
  • Temps de parcours : trois heures et demies
  • Dénivelé : 143 mètres en positif et 768 mètres en négatif.
  • Difficulté : moyen, c’est de la caillasse comme souvent à Tenerife. La première descente depuis le sommet de la Montaña Colorada est vraiment raide mais ne dure qu’une petite centaine de mètres. Une partie du chemin est masquée par un tapis d’aiguilles de pin, il faut juste être prudent à proximité des barrancos.

Nous avons, une fois de plus, été impressionnés par les paysages que nous offre cette petite île. La météo était vraiment superbe et la rando vraiment sympa. Il ne nous reste plus qu’à espérer pouvoir continuer sur cette lancée ces prochaines semaines.

Sentier côtier El Medano – Los Abrigos – Golf del Sur

Nous qui étions venus aux Canaries pour avoir un hiver pas trop froid nous avons été servi ces jours! Une belle vague de chaleur, avec des températures dépassant allègrement les trente degrés, s’est invitée sur l’archipel pour notre plus grand bonheur! Petit revers de la médaille, l’absence de vent et, par conséquent, de nuages ainsi que de l’air qui nous vient tout droit du Sahara nous laisse une sècheresse de l’air à la limite du supportable. Nous sommes donc redescendu côté mer pour aller chercher un petit peu d’humidité avec cette petite balade côtière au bord de l’Atlantique.

El Medano

C’est le point de départ de notre promenade du jour. A la base, c’était un petit village de pêcheurs qui s’est transformé en station balnéaire avec l’arrivée du tourisme. Mais El Medano est restée modeste, il n’y a pas de grands blocs de béton qui font office d’hôtels ni de grands centres commerciaux. Elle a gardé son ambiance village où les habitants et les visiteurs vivent au rythme des différents vents afin de pratiquer le wind-surf ou le kite-surf. Il y a également une plage de sable, un luxe à Tenerife, assez abritée ou l’océan est un peu moins froid qu’ailleurs. L’Atlantique est froid pour nous qui nous sommes parfaitement habitués aux mers chaudes du sud mais les Européens du Nord s’en donnent à cœur joie pour la baignade!

Reserva natural de la Montaña Roja

Depuis El Medano, nous suivons la plage en direction du sud. C’est facile car nous avons la Montaña Roja comme point de repère. Nous arrivons vite dans une zone plus sauvage de dunes où se trouvent plus de 136 espèces végétales dont certaines endémiques. Elles ont quand même du mérite de pousser et de vivre dans cet endroit semi-aride soumis aux forts vents de l’Atlantique!

La Montaña Roja

Ce promontoire rocheux qui domine l’océan du haut de ses 171 mètres est en fait un cône volcanique qui s’est formé assez récemment. Il a quand même plusieurs milliers d’années mais pour un volcan, c’est encore jeune! C’est grâce à lui s’il y a des plages de sable à proximité. Son nom, qui signifie « montagne rouge » en français provient évidemment de la couleur de sa roche. Nous ne sommes pas montés au sommet pour des raisons de timing, nous ne voulions pas louper notre guagua de retour mais sachez qu’il y a un chemin pour y aller. Il faut compter un peu plus d’une heure pour l’aller-retour. Nous, nous sommes juste contentés de la contourner, mais ce n’est que partie remise.

Playa la Tejita

Au pied de la Montaña Roja se trouve une des plus longues plages de sable de Tenerife et une des plus belles! Ne vous emballez pas! Elle ne fait qu’un petit kilomètre mais pour une île volcanique, c’est tout à fait respectable. Le relief est plutôt escarpé avec des rochers se jetant dans la mer, donc les plages de sable ne sont pas légion sur l’île. Elle est assez éloignée des urbanisations, ce qui lui donne un côté un peu sauvage. Elle est prisée pour le kite-surf, le wind-surf ou encore le naturisme. Nous, nous la trouvons juste très belle!

Bunker Allemand de la Seconde Guerre Mondiale

Peu après la Playa Tejita, nous sommes tombés sur ce bâtiment visiblement d’utilité militaire. Nous en avons basiquement déduit qu’il datait de la Guerre Civile Espagnole. Perdu! Cette guerre n’a pas atteint les Canaries, elles en ont juste beaucoup souffert économiquement. Ce bunker est un blockhaus construit par les Allemands pendant la Deuxième Guerre Mondiale. L’Espagne n’a pas participé au conflit mondial et est restée officiellement neutre mais le Général Franco a plus ou moins donné son soutien à l’Allemagne nazie qui en échange a construit plusieurs bunkers dans l’archipel afin de défendre les côtes d’attaques éventuelles, qui n’eurent jamais lieu.

Très vite, nous retrouvons un paysage un peu plus commun de Tenerife, c’est-à-dire de la caillasse et des rochers. Mais nous ne nous plaignons pas, c’est ce qui donne à l’île un caractère unique.

Les falaises de Los Abrigos

Le chemin continue ensuite sur les falaises de Los Abrigos qui surplombent de magnifiques piscines naturelles. Le sentier est large et le sommet des falaises est plat, il n’y a aucun souci pour les personnes souffrant de vertige.

Los Abrigos

Après la superbe balade sur les falaises, nous arrivons dans la petite localité de Los Abrigos. Pour ceux qui parlent espagnol, vous aurez remarqué que le nom du village signifie « Les Manteaux », pourtant il y a rarement besoin d’en porter ici! L’ambiance change complètement de El Medano et le coin a gardé son âme de village de pêcheurs. C’est un lieu de villégiature pour des vacanciers un peu plus âgés loin de la vie nocturne trépidante de Los Cristianos.

Los Abrigos est connu pour ses magnifiques piscines naturelles. La roche volcanique et les anciennes coulées de lave rencontrent une eau cristalline et c’est superbe! La baignade y est possible mais non surveillée. Avec les courants forts de l’Atlantique et les cailloux, nous vous conseillons fortement d’être des excellents nageurs avant de tenter d’y faire trempette.

Et voici un petit aperçu depuis le bas des falaises sur lesquelles nous sommes venus depuis El Medano.

La marche peut parfaitement se terminer à Los Abrigos mais nous avons poussé le vice un peu plus loin pour des raisons de transports publics. Nous empruntons donc un chemin bien aménagé pour longer une magnifique plage de galets.

Golf del Sur

C’est notre terminus du jour. Là, nous changeons encore une fois complètement d’ambiance et pourtant, nous ne sommes qu’à une petite demi-heure de marche de Los Abrigos. Ici, c’est une station balnéaire cinq étoiles pour vacanciers fortunés. Si le lieu s’appelle ainsi c’est parce qu’il y a un golfe et qu’il est situé tout au sud de l’île de Tenerife. Quelle originalité! A part des grands hôtels avec piscine et, bien sûr, un golf, il n’y a vraiment rien d’intéressant. Il y a juste une jolie vue sur Los Abrigos et la Montagne Rouge derrière.

En pratique

  • Trajet : El Medano – Los Abrigos – Golf del Sur. Tout à fait faisable en sens inverse. Depuis El Medano suivre la plage en direction de la Montaña Roja. Ensuite, le chemin est bien délimité avec des pierres, le but étant d’empêcher les marcheurs de piétiner la réserve naturelle. Après la Playa Tejita, il suffit de suivre la côte
  • Distance : 12,5 kilomètres
  • Temps de parcours : deux heures et quarante-cinq minutes
  • Dénivelé : quasiment nul, c’est presque tout plat
  • Difficulté : facile, c’est plat et les sentiers sont bien marqués

Avec un temps aussi splendide et un ciel sans nuage, nous avons eu un compagnon de route qui nous a suivi tout le long du parcours du haut de ses 3718 mètres d’altitude. Nous parlons évidemment du Teide, le point culminant de Tenerife, et de toute l’Espagne. (C’est le pic sous la flèche sur la photo) Il est, comme souvent, surmonté d’un nuage qu’ici on surnomme affectueusement « El sombrero ».

En plus gros… (C’est la même photo recadrée, d’où la qualité douteuse)

Nous ne nous lassons pas des paysages extraordinaires de Tenerife même si nous devons nous adapter à la météo. Mais le soleil est, en principe, généreux, les températures sont agréables et nous pouvons profiter de belles sorties dans la nature. Que demander de plus?

Randonnée côtière à Tenerife : Montaña Guaza et Mesas de Guaza

Ce qui nous a attiré à Tenerife, ce sont les paysages de ouf ainsi que les volcans et toutes les possibilités de randonnées qu’ils offrent. Mais l’île a un atout encore plus irrésistible : l’océan Atlantique, même s’il est souvent déchaîné dans le coin. Et, cerise sur le gâteau, il y a la possibilité de profiter de ses trois facettes en même temps grâce à de superbes sentiers côtiers. En voilà déjà un premier que nous allons essayer de vous faire découvrir dans cet article.

Los Cristianos

Ce n’est clairement pas notre endroit préféré de Tenerife mais c’est très bien desservi par les guaguas et c’est un bon point de départ pour randonner au sud de l’île. C’est une station balnéaire créée de toutes pièces lors du boom touristique des années 1960-1970 avec de gros immeubles en béton, des alignées d’hôtels, des bars, des fast-foods américains et tout y est écrit en allemand. Et encore, nous sommes en pleine période de Covid, il n’y a pas beaucoup de touristes. Nous n’osons pas imaginer comment c’est blindé de monde en temps normal! C’est dommage car l’environnement entre océan Atlantique et pics volcaniques est vraiment sympa.

Evidemment, nous ne nous attardons pas à Los Cristianos et sortons vite de la ville en direction de l’est pour entamer notre balade côtière. Mais ce ne sera pas si simple car le littoral ressemble à ça :

La Montaña Guaza

Vous l’aurez compris, si nous voulons profiter de rester près du bord de mer, il va falloir grimper. Cette falaise, la Montaña Guaza, est un dôme volcanique exogène, c’est-à-dire que les roches ont été formées en surface après une éruption. Elle fait partie d’une zone protégée de 725 hectares et contraste bien avec l’urbanisation galopante de Los Cristianos. C’est un sanctuaire à oiseaux et il est vrai que nous en avons aperçus beaucoup mais la seule espèce que nous avons réussi à reconnaître est la mouette.

La montée n’est pas très difficile car le sentier est bien sinueux à flanc de côteau et la pente est très douce.

Dans notre précédent article, nous vous faisions découvrir les barrancos, ces fameuses failles formées par les mouvements des plaques tectoniques. La Montaña Guaza en possède également quelques-uns (cinq ou six, nous ne les avons pas comptés) qu’il faut évidemment traverser. Mais ils ne sont pas très profonds et les sentiers sont très faciles.

Notre chemin passe à proximité de cratères de trachytes. Mais qu’est-ce le trachyte? C’est un type de roche volcanique un peu grise et très visqueuse. En général, on trouve ce type de roche vers un volcan dit explosif, c’est à dire que, pendant l’éruption, le volcan explose littéralement projetant des cendres, des scories et beaucoup de gaz. Grâce à notre séjour à Tenerife, (et surtout grâce à Wikipédia!) nous allons bientôt être experts en vulcanologie!

Evidemment, durant notre petite grimpette, nous ne sommes pas restés constamment la tête dans les cailloux! Nous en avons également profité pour admirer la vue sur Los Cristianos qui est bien plus sympa vu d’en haut.

Mesas de Guaza

Une fois notre grimpette terminée, nous arrivons sur un vaste plateau nommé Mesas de Guaza, littéralement « tables de Guaza ». C’est l’éruption du volcan situé un peu plus au nord qui a formé ce plateau, ainsi que les falaises en contrebas, en crachant une lave visqueuse en direction de l’océan. Avec la terre très fertile et l’humidité venant directement de la mer, la végétation est un peu plus fournie qu’ailleurs dans la région. Mais elle est tout de même constituée principalement de cactus car les précipitations sont rares et ne dépassent pas cent millimètres par an.

De l’autre côté de la falaise se trouve le petit village de Palm-Mar mais y descendre est un peu plus scabreux que le reste du chemin. La descente est à pic, sur de la caillasse et vraiment à flanc de falaise. Pas idéal si vous avez le vertige.

La balade pourrait s’arrêter là mais nous utilisons les transports publics et notre guagua de retour part depuis l’entrée de la petite localité voisine d’El Fraile. Pour nous y rendre, nous passons par une partie de la réserve naturelle de la Montaña Grande. C’est vraiment tranquille pour une fin de randonnée et, une fois n’est pas coutume à Tenerife, c’est tout plat!

En pratique

  • Trajet : Los Cristianos – Palm-Mar – El Fraile. Nous vous conseillons de le faire dans l’autre sens, la descente sur Los Cristianos est beaucoup plus douce. Nous ne le savions pas et nous nous sommes fait avoir. Depuis Los Cristianos, le sentier part juste après la Playa de los Tarajales, depuis Palm-Mar, il part à l’extrémité de la plage de la Arenita. Le chemin n’est pas balisé mais il est bien marqué et bien reconnaissable et il n’y en a qu’un, impossible de se tromper!
  • Distance : 8,5 kilomètres
  • Dénivelé : du niveau de la mer à 140 mètres d’altitude, plus quelques barrancos à traverser. Environ 250 mètres et, en général, en pente douce.
  • Temps de parcours : environ deux heures et quarante-cinq minutes
  • Niveau : moyen, c’est un sentier de caillasse. Difficile si vous faites la descente Mesas de Guaza à Palm-Mar. Vraiment facile de Palm-Mar à El Fraile. Si vous avez le vertige, faites la rando dans le sens Palm-Mar – Los Cristianos pour éviter la grande descente sinon le sentier est assez loin du bord des falaises, ça ne devrait pas poser de problème.

Ce n’était pas vraiment une grande randonnée mais c’était une petite balade bien sympa qui nous a permis de rester près de l’océan, un rêve pour nous qui sommes de grands amoureux de la mer!

Nous allons évidemment poursuivre nos aventures au gré des restrictions Covid et surtout de la météo car, bien qu’il y ait un climat généralement doux et clément, Tenerife connaît une multitude de microclimats et le temps change à peu près toutes les heures!

Granadilla de Abona et l’impressionnant barranco de la Orchilla

Notre dernière petite balade dans la région de San Miguel de Abona nous a bien motivé à continuer d’aller découvrir cette belle région. Cette fois, nous avons pris la même guagua que la dernière fois mais nous avons poussé jusqu’au terminus de la ligne : Granadilla de Abona.

Granadilla de Abona

Nous ne sommes pas vraiment enchantés de notre arrivée à Granadilla, les alentours de l’arrêt de guagua sont vraiment sans charme. Mais il suffit de faire quelques pas pour découvrir un magnifique petit centre historique. Si les maisons vous rappellent le Portugal, c’est normal. Comme l’archipel des Canaries était une étape maritime importante pour l’Afrique australe puis, plus tard, l’Amérique, les Portugais et les Espagnols se sont disputés le territoire pendant des dizaines d’années. Finalement, c’est l’Espagne qui l’emporte en 1479 grâce au traité d’Alcaçovas. Le Portugal se consolera avec Madère et les Açores.

Notre but de notre visite, c’est la rando, plus précisément rentrer à pied jusqu’à notre appartement. Pour accéder au sentier, il faut se rendre au sommet du village et ça côte pas mal. De quoi se faire un bon échauffement pour la suite.

Une fois arrivés au sentier, c’est une petite promenade de santé qui nous attend à flanc de côteau au milieu des cultures.

Charco del Pino

Après environ deux kilomètres, nous arrivons au petit village de Charco del Pino. Il est moins pittoresque que Granadilla de Abona mais l’ambiance est vraiment tranquille et la vie se déroule au rythme des récoltes de pommes de terre et de patates douces.

Chiñama

Nous avons fait un petit détour (une petite centaine de mètres l’aller-retour le détour, vraiment rien) pour grimper sur le point culminant du village, la Chiñama. Comme dans tout pays catholique qui se respecte, le sommet est orné d’une croix. Mais, comme vous vous en doutez sûrement, c’est surtout pour la vue que nous avons fait ce détour.

Et si vous regardez attentivement l’image suivante, vous pourrez apercevoir l’île voisine de Gran Canaria. Ce n’est pas totalement net à cause d’une légère calima, un phénomène de scirocco venant directement du Sahara et qui nous laisse des grains de sable en suspension dans l’atmosphère.

Le mirador de Chiñama est vraiment magnifique mais si nous passons notre temps à faire des pauses nous n’allons pas beaucoup avancer dans notre rando! Nous reprenons donc notre chemin, toujours à flanc de côteau sauf que le paysage se fait plus sauvage. Nous avons laissé les cultures bien organisées pour une végétation diffuse qui essaie de se faire une place dans cet environnement un peu plus hostile.

Barranco de la Orchilla

Attention! Si vous êtes sujets au vertige, passez directement au chapitre suivant! Mais qu’est-ce un barranco? C’est un brusque dénivelé de terrain comme une entaille causé par l’érosion ou par le mouvement de plaques tectoniques. En français, on utilise parfois le mot ravine pour définir ce genre d’accident géologique. Tenerife, comme toutes ses voisines des Canaries, est une île volcanique située sur la plaque africaine et dans une zone sismique active. Les barrancos sont donc légion dans la région. Le phénomène est accentué par le climat sec car, peu habituée à recevoir de l’eau, la roche s’érode plus facilement lors des rares pluies.

Pour traverser le barranco, il n’y a pas trente-six solutions : il faut y descendre au fond avant de remonter sur l’autre versant. Tant mieux, nous en avions marre de notre petite promenade de santé. Nous sommes donc contents de trouver quelque-chose d’un peu plus technique surtout que certaines pierres du sentier ne sont pas stables. Avant de s’adonner à la contemplation de ce paysage incroyable, il faut d’abord regarder où nous mettons les pieds sous peine de dérocher. Le barranco fait office de limite entre les communes de Granadilla de Abona et de San Miguel de Abona. Ici, il n’y aucun risque de revendications territoriales, la frontière est assez claire!

Après la montée, nous avons eu droit au comité d’accueil! Ces petites bébêtes travaillent activement pour nous donner du bon fromage! Le fromage de chèvre étant très répandu dans les Canaries.

San Miguel de Abona (encore!)

Notre chemin repasse par San Miguel de Abona, ce qui nous permet de découvrir le quartier de l’église, également d’influence portugaise, que nous avons zappé la dernière fois car nous avions trop traîné à la Casa del Capitan en prenant le café avec les deux adorables potières.

Camino las Lajas

Nous avons trouvé un itinéraire bis pour rejoindre Aldea Blanca depuis San Miguel, c’est le Camino las Lajas. Il est plus direct mais bien plus raide que le chemin royal du sud que nous avons emprunté la dernière fois. Le sentier servait pour les transhumances et pour l’entretien des anciens systèmes d’irrigations qui ressemblent fortement à nos bisses valaisans. Seule une toute petite partie des canaux est encore en service aujourd’hui.

Barranco las Lajas

Juste en dessus d’Aldea Blanca, le sentier longe un barranco qui porte le même nom que lui. Il n’est pas aussi impressionnant et pittoresque que le barranco de la Orchilla mais il nous permet quand même de terminer notre rando en beauté.

En pratique

  • Trajet : Granadilla de Abona – Charco del Pino – San Miguel de Abona – Aldea Blanca. Les guaguas desservent tous les villages donc il est possible d’adapter le trajet à votre convenance. Depuis Granadilla, il faut monter jusqu’au sommet du village puis suivre le balisage vert et blanc. Depuis San Miguel le sentier s’appelle « Camino las Lajas » ou TF-231.1
  • Distance : 9.5 kilomètres
  • Dénivelé : 191 mètres en positif dont les trois quarts au tout début de la marche. 687 mètres en négatif.
  • Temps de parcours : environ trois heures en descente, il faut compter un peu plus en sens inverse.
  • Niveau : facile de Granadilla à Charco del Pino, c’est plat avec peu de cailloux. Moyen sur le reste du parcours. La descente par le camino las Lajas est assez raide et technique. Empruntez le chemin royal du sud si vous préférez quelque-chose de plus doux.
  • Autre recommandation : Le barranco de la Orchilla est un peu limite pour les personnes souffrant de vertige.

Voilà encore une marche bien sympa sur une île qui nous émerveille de plus en plus chaque jour. Si vous êtes en confinement, nous espérons vous avoir un peu changé les idées et nous pensons fort à vous! Mais confinés ou pas, prenez tous bien soin de vous! Quant à nous, nous allons profiter de cette liberté de mouvement qui nous est encore accordée (pour l’instant!) pour continuer nos découvertes.

San Miguel de Abona, le balcon sur l’Atlantique

Jamais nous n’avons été autant soulagés d’arriver à quelque-part! Avec la situation due à la Covid, ce n’était pas gagné. Nous espérions déjà passer l’hiver sous des climats chauds et l’Afrique nous faisait de l’œil depuis un moment déjà. La région de Valence où nous sommes est vraiment cool mais l’hiver y est tout de même frais (surtout pour Van!) et notre appartement, agréablement rafraîchi en été, n’est pas du tout adapté à la saison hivernale même tempérée, encore moins si nous devons y être confinés.

Mais voilà, peu de pays africains sont ouverts aux Européens où alors avec des conditions très strictes et beaucoup d’entre eux ne proposent un visa que pour un mois. Heureusement pour nous, l’Espagne possède un territoire en terre africaine au large des côtes du Maroc : les îles Canaries avec des températures clémentes toute l’année!

Nous pensions partir fin novembre afin de profiter de la douceur automnale valencienne avant de passer l’hiver au soleil. Mais la menace de la deuxième vague de Covid et notre instinct nous a fait anticiper notre départ pour le 28 octobre. Nous aurions également dû jouer à la loterie le jour où nous avons pris cette décision….

Dimanche 25 octobre, soit trois jours avant notre départ, le gouvernement espagnol a décrété l’état d’urgence sur tout le territoire, sauf les Canaries. Les médias se sont un peu enflammés en annonçant tout de suite la fermeture des frontières intérieures. (Non, les médias espagnols ne sont pas mieux qu’ailleurs) Nous avons commencé à nous résigner à ne pas partir… Heureusement, la conférence de presse qui a suivi l’annonce à été très claire : l’état d’urgence ne signifie pas la fermeture des frontières mais permet aux Communautés Autonomes (les régions espagnoles) de le faire si elles le souhaitent. Un couvre-feu pendant la nuit de 23 heures à six heures du matin a également été mis en place. Mince, nous devons partir à cinq heures du matin! Un petit passage par la police, qui est très compétente et très affable soit-dit en passant, nous a confirmé qu’avec nos billets, nous ne serons pas embêtés. Ouf, c’est un soulagement! Mais qui ne dure pas! Les deux jours suivants, plusieurs Communautés Autonomes annoncent leur fermeture, ce qui signifie qu’il est interdit de sortir et de rentrer dans lesdites communautés. Ce n’est pas gagné…

Finalement, tout se passe bien! Mercredi 28 octobre, nous décollons de Valence sans avoir été embêtés d’être sortis avant la fin du couvre-feu et nous arrivons sans encombre à Tenerife. Jeudi 29 octobre, la Communauté Valencienne annonce la fermeture de ses frontières. Nous avons sûrement dû être des saints dans un vie antérieure pour avoir un karma pareil! En tout cas, nous sommes bien contents d’avoir, encore une fois écouté notre instinct!

Nous n’avons tellement pas osé nous réjouir de notre venue dans l’archipel à cause des circonstances particulières que notre arrivée a été un peu bizarre. Nous avions l’impression d’avoir débarqué du néant et avons mis plus de temps à nous adapter à notre nouvel environnement. Rassurez-vous, ça n’a pas duré! Nous avons vite trouvé notre lieu de villégiature à Las Chafiras, petit village un petit peu en hauteur non loin de la station balnéaire de Los Cristianos. Nous avons trouvé une colocation avec un couple de surfeurs germano-vénézuélien vraiment cool dans un appart avec balcon, terrasse sur le toit, accès à la piscine et commerces à proximité. En cas de nouveau confinement, nous ne serons pas à plaindre. Nous ne pensions pas trouver quelque-chose dans notre budget dans le sud de l’île où le climat est plus chaud et pourtant… Encore une fois, nous avons eu de la chance.

Nous pensons d’ailleurs bien fort à tous ceux qui nous lisent alors qu’ils sont en confinement! Nous leur envoyons un peu de soleil et plein d’ondes positives!

San Miguel de Abona

Bon assez parlé de nos petits tracas qui n’en sont pas vraiment et entrons dans le vif du sujet, une première découverte de Tenerife. Nous commençons notre première balade dans le petit village de San Miguel de Abona, perché à 580 mètres d’altitude. Certaines maisons nous rappellent quelques constructions coloniales d’Amérique du Sud même si l’ambiance, plus vraiment espagnole, est complètement différente.

Casa del Capitàn

C’est totalement par hasard que nous sommes passés par cette maison bourgeoise typique canarienne du XIXe siècle. Son nom vient d’un de ses habitants qui était capitaine à l’armée. Aujourd’hui, c’est le musée, très intéressant, d’histoire de la commune. L’entrée y est gratuite. Il y a également un petit atelier de poterie où deux gentilles dames, dont sûrement la doyenne du village, ont pris le temps de papoter avec nous et nous ont proposé, avec une insistance toute latine, de boire un café accompagné de biscuits faits maison. Elles étaient même motivées à nous offrir un verre de vin mais vu l’heure encore matinale et le fait que nous avions encore une petite rando de prévue, nous avons gentiment décliné et nous nous sommes juste contentés du café avec des douceurs.

Un balcon sur l’Atlantique

Grâce à sa situation à flanc de côteau et grâce à son altitude, le village jouit d’une vue incroyable sur une bonne partie du sud de l’île, sur quelques volcans et sur l’océan Atlantique.

De San Miguel de Abona à Aldea Blanca

En général, nous préférons les randonnées en montée mais nous sommes tributaires des bus et, au vu des horaires, il était plus judicieux de monter en guagua (le petit nom des bus aux Canaries) et de redescendre à pied. Nous suivons le « chemin royal du sud » un ancien chemin muletier au milieu des roches noires d’origine volcanique et d’une végétation endémique. C’est un environnement totalement nouveau pour nous. Malgré notre tour du monde, nous n’avions encore jamais vu quelque-chose de ressemblant à Tenerife.

L’érosion et les diverses éruptions volcaniques au cours des siècles ont façonné le paysage comme seule la nature sait le faire.

S’il y a un chemin dans le coin ce n’est pas pour faire plaisir aux randonneurs (mais ça nous fait plaisir quand même!) mais parce qu’il fallait arroser les cultures de la plaine côtière. Le sud de Tenerife est presque aride (nos bronches le confirment!), il faut donc amener de l’eau depuis les versants nord, plus humides. On y mit en place des systèmes d’irrigation exactement comme nos bisses valaisans ou on y construisit des puits bien profonds pour aller pomper de l’eau dans la roche. Aujourd’hui, il n’en reste que très peu de vestiges et certains « bisses » ont malheureusement été remplacés par des tuyaux en plastique.

L’aridité couplée à la terre volcanique très fertile nous donne une végétation particulière comme des cactus, des figuiers de barbaries, des joubarbes (merci à notre amie Delphine grande connaisseuse des plantes pour nous avoir soufflé ce dernier nom!) et d’autres espèces qui nous sont totalement inconnues.

En chemin, nous traversons le petit hameau tout mignon de Caserio de la Hoya avec ses maisons typiques canariennes. Ici, le temps s’est vraiment arrêté il y a quelques siècles.

Notre balade se déroulant principalement à flanc de côté, nous avons donc bénéficié d’une vue incroyable sur pratiquement tout le parcours.

Notre petite balade se termine dans le petit village d’Aldea Blanca. Le nom signifie « hameau blanc », pourtant les maisons sont plutôt colorées. Rien à voir avec les « Pueblos Blancos » d’Andalousie! Le coin n’a d’ailleurs rien de particulier à part un château-fort reconstitué pour des banquets et des fêtes médiévales. Mais il y a quand même une petite terrasse pour une « cerveza » bien méritée! Il nous reste ensuite un petit quart d’heure de marche jusqu’à notre appartement.

En pratique
  • Se rendre à San Miguel de Abona ou à Aldea Blanca selon que vous préférez la montée ou la descente avec le bus (Tous les horaires sous www.titsa.com)
  • Suivre le sentier TF-231 ainsi que les marques blanches et vertes le long du chemin. Le sentier est répertorié sur Wikiloc.
  • Distance : huit kilomètres une petite promenade de santé, seize kilomètres si vous faites l’aller-retour
  • Temps de parcours : Nous avons mis environ deux heures et demi mais nous avons traîné à admirer le paysage et à prendre des photos.
  • Dénivelé : 455 mètres, la descente (ou la montée) est vraiment très douce. C’était un sentier muletier donc rien de très raide.
  • Niveau : facile à moyen. Si vous faites le détour par la Fuente de Tamaide, il y a quelques cailloux à escalader mais rien de bien méchant.
  • Risques encourus : ne pas pouvoir détacher ses yeux du paysage grandiose et buter sur un caillou.

Pour notre première rando sur Tenerife nous avons déjà mis la barre assez haut niveau paysage (pas pour la facilité, on vous l’accorde!) Nous aurions pu faire l’aller-retour mais nous avions déjà fait une partie de la montée en reconnaissance, nous ne voulions pas faire de doublons.

Las Americas

Afin de ne pas mourir idiots, nous sommes allés faire une fois un petit tour à Los Cristianos. Conformément à notre attente, c’est moche et hyper touristique. Tout ce que nous détestons. Nous avons quand même poussé la balade jusqu’à las Americas. Le coin n’est pas beaucoup plus idyllique mais la plage de surf et les vagues sont quand même incroyables et valent la peine d’être partagées.

Cette première petite découverte de Tenerife nous a enchanté. Les premiers contacts avec la population locale également. Les îliens sont beaucoup plus relax et moins stressés que sur le continent et leur accent est vraiment adorable. Cette fois, nous nous réjouissons vraiment de la suite de nos aventures.

Almenara et les vestiges de la Guerre Civile Espagnole

Lors de notre visite au Vall d’Uixo, nous étions partis sur les traces de la Guerre Civile Espagnole via la ligne de défense XYZ. Nous avons découvert que cette fameuse ligne partait de la localité d’Almenara, à mi-chemin entre Sagunto et Vall d’Uixo, donc tout près de chez nous. La motivation fut vite trouvée pour nous rendre dans ce nouveau coin à découvrir.

Notre visite s’est faite en deux fois : la première fois, début septembre, dans la plaine car nous avons bénéficié d’une visite guidée de la ligne XYZ. Mais avec la chaleur écrasante de l’époque et la longueur de la visite, nous avions renoncé à grimper jusqu’au château le même jour. C’est par une belle journée d’octobre avec des températures plus agréables bien qu’encore estivales que nous sommes partis à la découverte du village d’Almenara.

Le village d’Almenara n’est pas le plus pittoresque de la région mais il subsiste un petit patrimoine historique comme l’église paroissiale du XVIIIe siècle, un reste de muraille du XVIe siècle ainsi que l’ancien lavoir.

Le nom Almenara est directement tiré de l’arabe Al-manara et signifie tour de garde, en référence aux deux tours de garde, encore bien conservée, qui entouraient le château.

Le château

Vous commencez à avoir l’habitude de notre petite grimpette du jour. Almenara ne déroge pas à la règle puisqu’elle aussi possède sa colline avec son château. La montée est facile et accessible à tous, il faut toutefois se munir de bonnes chaussures! Le sentier traverse un superbe maquis méditerranéen. La veille de notre balade, il a plu toute la journée, la végétation était donc bien verte.

En chemin, nous croisons une petite grotte de chauves-souris mais comme nous sommes en journée, elles dorment et nous ne nous attardons pas afin de ne pas les déranger.

Le château date du Xe siècle et a été construit sur d’anciens restes romains. Après la conquête de Jaime Ier (le fameux!), il fut rattaché au royaume d’Aragon puis peu à peu laissé à l’abandon d’où un état de conservation déplorable. Les deux tours de gardes sont, quant à elles, bien conservées.

La vue de ouf!

Si nous avons pris la peine de grimper jusqu’au château, c’est quand même pour la vue sur la Huerta et la Sierra de Espadan. Mais nous ne nous attendions pas à quelque-chose d’aussi grandiose! Il faut dire que le temps est splendide, la végétation bien verte et la mer Méditerranée a une couleur incroyable qui n’a rien à envier à la mer des Caraïbes!

En chemin, nous avons découvert quelques vestiges dont nous soupçonnons fortement qu’ils nous viennent tout droit de la guerre civile, la ligne XYZ passant dans le coin.

Estanys

Estany en Valencien signifie étang. Effectivement, il y a trois lagunes d’eau douce classées parc naturel, vestiges d’une ancienne grande zone humide qui couvrait toute la plaine côtière avant l’arrivée des cultures. Elles se situent entre le village d’Almenara et la mer Méditerranée. Le coin ressemble plus aux plaines cambodgiennes qu’à la côte méditerranéenne espagnole. Une fois n’est pas coutume, nous avons une bonne nouvelle concernant cette petite réserve : le niveau de l’eau n’a jamais été aussi élevé en été depuis 25 ans! Ceci grâce à des militants écolos de la région qui ont convaincu les agriculteurs de diminuer les cultures intensives dans la plaine et de ne pas pomper l’eau des lagunes pour l’arrosage des champs. Le pari est réussi et nous en sommes évidemment ravis! Le mouvement écologique prend de plus en plus d’ampleur en Espagne et ses membres commencent vraiment à être pris au sérieux. Une petite victoire qu’il vaut la peine de souligner.

Marjal de los Ullals

C’est une grande zone humide couvrant 1486 hectares dont font partie les Estanys. C’est exactement le même environnement que la Marjal del Morro près de Puçol. Ici aussi les écologistes ont réussi leur pari de garder un niveau d’eau assez élevé pour l’été. En hiver, pendant les jours pluvieux, il n’est pas rare que la plaine soit inondée.

Ligne XYZ

Si nous avons fait tout ce chemin depuis le village jusqu’à la Marjal, ce n’est pas uniquement pour la beauté du paysage. Quoique, il vaudrait la peine de ne venir que pour ça. On y trouve également quelques vestiges de la fameuse ligne XYZ. Lors de notre précédent article mentionnant cette ligne, certains d’entre vous vous êtes étonnés de son nom. Donc, oui, XYZ c’est bien son vrai nom! Mais pourquoi ce nom? Car ce sont les trois dernières lettres de l’alphabet et après, il n’y a plus rien. Et c’est vrai, c’était la dernière ligne où les Républicains défendaient la ville de Valence, devenue capitale d’Espagne depuis la chute de Madrid au mains des Franquistes. La Communauté Valencienne étant la dernière région a avoir résisté à l’assaut des Nationalistes. Pour y accéder, il faut se rendre au centre d’interprétation de la ligne XYZ située près des Estanys et demander une visite guidée. N’essayez pas de vous y rendre tout seul, vous ne trouverez pas les vestiges cachés au milieu de la végétation de la réserve! Surtout que la balade est gratuite et très intéressante. Il faut juste comprendre le castillan ou le valencien. Le seul petit hic, c’est que les historiens galèrent à trouver des archives fiables sur le sujet dans la région car tout ce qui avait trait aux Républicains a été détruit ou brûlé sur ordre du Général Franco après la guerre. Ils se basent donc sur les récits des anciens combattants ou de leurs descendants et, bien sûr, toutes les histoires ne sont pas vérifiables.

La construction de la ligne a été commencée durant l’été 1938 et a été terminée en trois semaines. Une vraie prouesse car les travaux s’effectuaient principalement de nuit afin de ne pas attirer l’attention de l’ennemi. Les conditions de travail étaient difficiles. C’est une zone humide, inondable, les températures grimpent facilement jusqu’à quarante degrés et les moustiques prolifèrent. Beaucoup d’ouvriers moururent du paludisme, ce qui peut paraître fou aujourd’hui mais pas à l’époque. La maladie n’a été éradiquée d’Espagne qu’en 1964. Mais une ligne de défense dans les marécages n’a pas que des inconvénients. Les bâtiments se fondent dans la végétation et sont pratiquement indétectables vus d’avion. C’est grâce à ce flou géographique que les Républicains réussirent à maintenir le front de guerre quelques kilomètres plus au nord laissant la localité d’Almenara relativement paisible pendant les périodes de combats.

Après trois heures de visite, il commence à faire chaud, la fatigue se fait sentir et le cerveau de Van commence à saturer à force de se concentrer sur les explications en castillan. Mais la balade s’achève en beauté sur la Belle Bleue!

Voilà encore un petit trésor valencien que nous venons de découvrir. Almenara a le mérite de mixer culture et nature, c’est exactement ce que nous aimons!

Petite spoiler alert!

Souvenez-vous, dans notre article sur Séville, nous avons glissé un indice sur notre retraite hivernale! Vous avez été plusieurs à jouer le jeu de la devinette, certains d’entre vous ont même essayé de lire entre les lignes ou d’interpréter nos propos afin d’essayer de trouver notre destination. Nous nous sommes bien amusés à lire vos réponses. En fait, il fallait juste observer les photos. L’indice qu’il fallait trouver est celui-là :

Bravo à notre ami Seb qui a été le premier à trouver la réponse! Si la situation sanitaire le permet, nous devrions partir pour Tenerife le 28 octobre. La tendance actuelle est plutôt d’instaurer un couvre-feu nocturne donc nous avons bon espoir de pouvoir nous y rendre. Nous avons avancé notre programme d’un mois car avec la Covid qui joue les trouble-fêtes nous avons préféré anticiper un éventuel reconfinement. Vu l’actualité, nous avons renoncé à quitter l’Espagne pour ne pas nous retrouver avec des problèmes de visa comme ça a fini par être le cas en Malaisie. De toute façon, Tenerife est une île que nous ne connaissons pas du tout et c’est un coin où nous n’aurions pas forcément pensé à y aller en d’autres circonstances.

Sevilla, un concentré d’Andalousie dans un musée à ciel ouvert

WORK IN PROGRESS

Si vous êtes arrivés sur cette page, c’est parce-que vous voulez en savoir plus sur notre magnifique ville de Séville!

Rassurez-vous, l’article n’a pas disparu mais nous sommes en train de le remanier complètement puisque nous avons posé nos valises en juillet 2023 à Sevilla et continuons d’y faire des découvertes que nous allons, bien entendu, partager sur ce blog!

Pour vous faire patienter un peu et vous donner une petite mis en bouche, nous avons publié un premier article parlant de notre magnifique cathédrale. Le lien pour y accéder se trouve ici.

En attendant, n’hésitez pas à faire un tour vers nos autres articles et , promis, nous revenons très vite!