Huesca et Canfranc, au cœur des Pyrénées espagnoles

Zaragoza est une superbe ville mais la région Aragon a beaucoup d’autres choses à offrir. Nous n’aurons pas le temps de tous les découvrir car nous planchons déjà sur nos projets estivaux qui sont, pour l’instant, assez prometteurs mais il y a déjà quelques pépites facilement accessibles que nous avons été explorer.

Huesca

Rejoindre la petite ville de Huesca depuis Zaragoza, c’est facile. C’est accessible en une petite heure de train depuis la capitale régionale. Par contre, ce n’est pas le trajet le plus bucolique qui soit : c’est affreusement plat et il y a une énorme zone industrielle qui semble ne jamais vouloir prendre fin. Peu à peu, l’urbanisation laisse place à d’immenses champs de blé à perte de vue. Apparemment, la province de Huesca est le grenier à blé de l’Espagne. On se croirait plus dans les plaines du Midwest qu’à quelques encablures des Pyrénées.

Huesca est une petite ville encore située dans la plaine de Zaragoza mais d’où on peut déjà apercevoir les premiers versants des Pyrénées. La population locale n’est pas plus chaleureuse que dans la capitale. Ma foi, c’est le nord. Voilà, passer pour des touristes en Espagne pour cause de « trop du sud » ça c’est fait. Mais ce n’est de loin pas le pire : il fait plus de 35 degrés, il y a une vrai torpeur estivale et l’heure de la sieste n’est même pas respectée! WTF??

Centre historique

Malgré sa mentalité un peu bizarre, Huesca possède un magnifique centre historique. On y retrouve toujours ces hautes maisons aux fenêtres rectangulaires mais le cœur de la ville est resté très médiéval. Contrairement à Zaragoza ou d’autres villes d’Aragon comme Teruel, il n’y a pas d’art mudéjar à Huesca car la période arabe a duré moins d’un siècle. La ville est assiégée par Louis le Pieux, roi d’Aquitaine et fils de Charlemagne dès l’an 797 déjà avant d’être conquise, en 1096, par Pierre Ier d’Aragon qui en fit la capitale du premier royaume d’Aragon élargi.

Nous avons été frappé par le nombre d’églises alors que la ville n’est vraiment pas énorme! Il nous semble quand même que dans la région le catholicisme a l’air d’être super respecté, plus que sur la côte méditerranéenne. Nous n’avons pas de preuve formelle pour étayer notre théorie, c’est juste une forte impression, mais ça pourrait expliquer la mentalité un peu plus fermée et guindée des Aragonais. Tout ce que nous avons trouvé à ce sujet est le fait que les rois d’Aragon sont surnommés « Rois Catholiques ». Ceci est dû au fait que ce sont eux qui ont initié la Reconquista qui a chassé les Arabes de la péninsule ibérique ou qui les a forcés à se convertir au christianisme et qui a permis à l’Espagne de redevenir catholique.

Cathédrale Seo de Santa Maria

Le clou du spectacle d’une visite à Huesca est indubitablement la cathédrale. Elle se situe au sommet d’une petite colline sur la Plaza de la Catédral (sans blague!) et a été construite entre les XIIIe et XIVe siècles dans le plus pur style gothique. Architecturalement, les deux plus grandes villes d’Aragon se complètent bien : Zaragoza la baroque mudéjar et Huesca la gothique!

Huesca est une jolie petite étape en Aragon et nous avons adoré son caractère encore très médiéval. Une petite journée de visite suffit amplement surtout que la ville est bien desservie depuis Zaragoza.

Canfranc

Vu que nous avons déjà effectué un sacré trajet en direction du nord et que nous nous sommes approchés des Pyrénées, autant pousser le vice encore plus loin! Surtout qu’il y a une superbe ligne de chemin de fer depuis Huesca qui traverse des paysages somptueux dont les Mallos de Riglos, d’impressionnantes formations géologiques qui dateraient d’il y a 23 millions d’années et dont nous avons essayé d’en faire une vidéo potable sur nos stories Instagram. Bon c’est raté pour le potable à cause du reflet des vitres mais elle sont quand même visibles sur notre profil vanfab_in_sevilla sous l’onglet « Trip to Aragon ».

Le trajet dure deux heures et demi depuis Huesca, respectivement trois heures et demi depuis Zaragoza mais le temps passe vite à regarder par la fenêtre. Nous en avons fait des voyages en train dans notre vie mais celui-là mérite une jolie place dans notre top cinq des trajets les plus bucoliques!

Canfranc est située au cœur des Pyrénées, tout au nord de l’Aragon à quelques encablures de la frontière française située sept kilomètres plus haut sur le col de Somport, ou au milieu du tunnel routier qui passe sous la montagne. C’est une station de montagne typique avec ses maisons en pierre et ses bâtiments pour colonies de vacances mais qui dégage tout de même une ambiance de bout du monde. Perché à 1200 mètres d’altitude, le village bénéficie d’un climat assez doux malgré sa situation en fond de vallée. Ceci est dû à sa situation sur le versant sud de la chaîne de montagne.

Gare internationale de Canfranc

Ce superbe bâtiment néoclassique aux dimensions hors norme est l’ancienne gare internationale de Canfranc. C’était le point frontière sur la ligne ferroviaire Pau – Zaragoza. Le bâtiment de la gare est aussi grand que la gare Saint-Lazare de Paris mais se trouve dans un bled perdu au fin fond des Pyrénées. La ligne a été inaugurée en 1928 mais a atteint son apogée au début des années 1940 à la réouverture de la frontière franco-espagnole car les gares frontières d’Irun (côté Atlantique) et de Port Bou (côté Méditerranée) ont été détruites durant la Guerre Civile Espagnole. Une intense activité du trafic de marchandises a eu lieu pendant la Deuxième Guerre Mondiale pour le transport de minerai de fer et de tungstène depuis une Espagne « neutre » pour l’Allemagne nazie. En échange, les Allemands envoient de l’or aux Espagnols. La ligne est aussi utilisée par des Juifs et des Résistants fuyant la France.

Le trafic des voyageurs n’a jamais vraiment connu de grand succès. Le trajet était long et il fallait obligatoirement changer de train à Canfranc à cause des formalités douanières et la différence d’écartement des rails entre la France et l’Espagne. Ce dernier à son propre écartement qui pose encore parfois quelques problèmes aujourd’hui malgré les travaux de mise aux normes européennes pour les lignes à grande vitesse.

La ligne transfrontalière a définitivement été fermée côté français en 1970 après un accident de train provoquant la destruction d’un pont près du village de Lescun. Aujourd’hui, divers riverains excédés par le trafic de camions et associations réclament une remise en service de la ligne. Mais s’il y a bien un gros défaut de la France au niveau ferroviaire, c’est de s’en foutre complètement des petites lignes régionales. C’est vraiment dommage car il y aurait un vrai potentiel touristique.

Côté espagnol, la ligne est toujours en service même si ce n’est que pour deux trains par jour. Le bâtiment de la gare est, quant à lui, en plein chantier de rénovation, d’où nos photos bien pourries, sorry… A terme, il devrait accueillir un hôtel de luxe ainsi qu’un petit musée retraçant l’histoire de la ligne. Les Espagnols ont, eux, toujours espoir de voir le trafic transfrontalier reprendre un jour.

Tunnel ferroviaire de Somport

C’est dans ce tunnel que les trains franchissaient la frontière franco-espagnole lors de l’exploitation de la ligne ferroviaire Pau – Zaragoza. Il a été achevé en 1915 soit treize ans avant l’inauguration de la ligne et est encore en état de fonctionnement aujourd’hui. En attendant une hypothétique réouverture de la ligne ferroviaire, il constitue le tunnel d’évacuation et de secours pour le tunnel routier de Somport.

Si vous regardez attentivement le bas relief situé en dessus de l’entrée du tunnel, vous pouvez remarquer qu’il a l’air de manquer quelque-chose entre les deux lions. Ce n’est pas qu’une impression! Il y avait, à cet emplacement, un bouclier orné de l’aigle de Saint-Jean symbole de l’Espagne franquiste. Même si Franco est mort en 1975 et son régime fasciste avec, son emblème n’a été enlevé qu’en 2019!

Côté nature

Nous ne nous sommes quand même pas farci sept heures de train aller-retour juste pour une gare! Quoique pour Fab l’argument ferroviaire aurait suffi. Nous sommes dans les Pyrénées et sur le chemin de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle autant aller voir ce que la nature nous réserve. Nous qui avons grandi dans les Alpes, il nous semble logique de voir des pins et des sapins à cette altitude. Oui, il y en a mais plus haut et pas en majorité. Nous traversons plutôt une superbe forêt de feuillus qui déploie les jolies couleurs vert tendre du printemps.

Les bunkers de Franco

Lors de notre petite rando, nous sommes tombés sur plusieurs bunkers qui ne datent pas, comme on pourrait le supposer, de la Guerre Civile Espagnole (1936-1939) mais de juste après, dans les années 1940! Les bunkers de Canfranc font partie d’une large ligne de défense de près de deux milles édifices qui court tout le long des Pyrénées. Officiellement, le général Franco, le dictateur sanguinaire et complètement taré qui a malheureusement gagné la guerre civile, craignait une invasion des Allemands. En réalité, il craignait surtout les troupes anti-franquistes exilées qui se serait formées et organisées de l’autre côté de la frontière. Finalement, la menace s’est avérée inexistante et ces bunkers n’ont jamais été utilisés. Ils ont néanmoins été scrupuleusement entretenus jusque dans les années 1960 puis laissés à l’abandon à la merci de la végétation. C’est un incendie de forêt dans les Pyrénées catalanes en 2012 qui a permis de redécouvrir certains bâtiments. D’autres ont ensuite été mis à jour dans un but purement touristique et historique.

Nous savons que l’Espagne regorge d’histoire dans n’importe laquelle de ses régions mais nous ne nous attendions pas à en trouver une aussi fascinante dans une vallée presque perdue des Pyrénées. Et nous n’avons fait que de la survoler! Canfranc est un endroit vraiment idéal pour ceux, comme nous, qui aiment mixer la nature avec des visites culturelles.

Zaragoza et ses vestiges mudéjars

Nous avons osé!! Nous nous sommes éloignés de plus de quinze kilomètres de notre chère Méditerranée! Certes, nous nous languissons déjà de notre belle bleue mais nous sommes super contents de reprendre nos sacs quelques jours et de partir à la découverte de quelque-chose de nouveau!

Souvenez-vous, il y a presque deux ans, quand nous avons débarqué en Espagne en pleine épidémie de Covid, nous avons emprunté la ligne de train qui parcourt la vallée de la Palancia pour aller découvrir les régions de Segorbe et de Jerica. Le train en question traverse ensuite la communauté autonome d’Aragon jusqu’à Zaragoza, sa capitale. Mais à l’époque, l’Aragon était en rouge au niveau épidémique et nous avons dû nous contenter de notre belle Communauté Valencienne. Nous nous étions alors fait la promesse de nous rendre une fois jusqu’au terminus. Et comme les promesses sont faites pour être tenues, nous avons pris nos sacs à dos et des billets de trains et sommes partis à l’aventure. Voilà comment nous est venue l’idée d’aller traîner nos baskets à Zaragoza.

NB : Si vous voulez voir à quoi ressemble le paysage depuis le train, rendez vous sur notre page Instagram sous l’onglet « Trip to Aragon » afin de visionner nos petites vidéos.

Zaragoza est la cinquième ville d’Espagne et sûrement la mieux située du pays. Elle se trouve exactement à mi-chemin entre Madrid et Barcelone, les deux grandes métropoles espagnoles et profite économiquement de sa situation privilégiée. Elle est traversée par l’Ebre, le deuxième plus long fleuve du pays après le Tage.

Centre historique

Zaragoza a une histoire très riche qui remonte à la période des Ibères, les hommes de l’âge de Bronze de la péninsule ibérique. Puis, comme à peu près partout en Espagne, les Romains sont arrivés puis les Wisigoths avant de céder la place aux Arabes. Zaragoza a même eu droit à son propre taïfa (royaume musulman) créé lors du délitement du califat de Cordoba. Il en reste aujourd’hui de superbes vestiges de l’architecture mudéjar qui sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Pour rappel, mudéjar est le style architectural des Arabes de la péninsule ibérique.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là! Le royaume d’Aragon, qui occupe à l’époque le territoire des Pyrénées un peu plus au nord, songe sérieusement à s’étendre vers le sud et chasse progressivement les Arabes de la région. C’est le début de la Reconquista, c’est à dire la reconquête catholique de la péninsule ibérique. C’est une période faste pour Zaragoza qui devient capitale du royaume. Le sang noble des rois d’Aragon est d’ailleurs très recherché. Le roi Ferdinand II d’Aragon a, en épousant Isabelle de Castille, scellé une alliance posant les bases de l’actuel royaume d’Espagne. Mais ce n’est pas tout, on retrouve la lignée des Aragon dans la monarchie du Portugal (quand c’en était une) et même chez les Tudor, la maison royale anglaise du XV au XVIIe siècle. Voilà, en très résumé la fastueuse histoire de Zaragoza.

De toute cette histoire, il en reste quelques vestiges. On les trouve dans le centre historique que nous trouvons un peu modeste pour une ville de cette importance. Surtout qu’en dehors des vieux quartiers, Zaragoza est assez moche. L’affreuse décennie architecturale des années 1970 n’a pas défiguré uniquement le littoral méditerranéen, toute la péninsule y a eu droit! On y trouve des maisons colorées aux hautes fenêtres rectangulaires typiques du centre-nord de l’Espagne. Il est vraiment agréable de s’y perdre à l’ombre de ses ruelles pendant la torpeur estivale. Gros point positif : tout est presque entièrement piéton!

Plaza del Pilar

Nous en avons vu des places mais celle-ci est vraiment impressionnante! C’est une des plus grandes places piétonnes d’Europe et sûrement du monde car le concept de zone piétonne reste très européen. Elle n’est pas très large mais impressionne plutôt par sa longueur. Elle est entourée de la cathédrale du même nom, de la mairie, de la cathédrale de la Seo ainsi que du musée consacrée au peintre Francisco Goya, un enfant du pays.

Cathédrale Notre-Dame du Pilar

Cette superbe basilique baroque a été construite entre le XVIIe et le XVIIIe siècle et est consacrée à la Vierge du Pilar qui est la patronne de la Guarda Civil (le corps national de gendarmerie) et de l’hispanité. (tout ce qui se rapporte à la langue et à la culture espagnoles) Elle est super impressionnante même si elle ne fait pas partie des plus grandes cathédrales d’Espagne. (la plus grande se trouve à Séville , juste pour la petite info). Elle paraît énorme car elle se situe sur une grande place bien dégagée, ce qui n’est pas très courant en Espagne. Nous, on adore les coupoles garnies de tuiles colorées.

Pour bien observer la cathédrale, il est sympa de se rendre sur le pont de pierre ainsi que sur la rive gauche de l’Ebre. De l’autre côté de la rivière, le quartier est super moche mais la promenade est sympa sous l’ombre bienvenue des arbres et donne un point de vue vraiment joli sur la basilique.

Cathédrale de la Seo

Son nom complet est la cathédrale du Saint-Sauveur mais on la surnomme affectueusement la Seo. Contrairement à la basilique du Pilar qui a été construite entièrement par les rois catholiques, la Seo a été érigée sur l’ancienne mosquée du XIIe siècle, comme c’est souvent le cas en Espagne. A première vue, elle a tout de l’église classique avec sa superbe façade baroque et son clocher typiquement aragonais. Mais en se rendant du côté de la façade orientale, nous découvrons de magnifiques décorations de style mudéjar. Le contraste entre les deux styles architecturaux est stupéfiant mais d’un charme incroyable. Elle est située à l’extrémité de la place du Pilar et fait office de « frontière » entre le centre historique et le quartier de la Magdalena.

Euh Van et Fab, vous avez fumé la moquette ou quoi? Vous venez de nous parler de deux cathédrale, sur la même place en plus!

Non, nous n’avons pas fumé la moquette, ni autre substance illicite d’ailleurs et nous ne sommes pas encore complètement séniles. Pourtant, c’est vrai, une cathédrale est l’édifice catholique qui est le siège d’un évêché ou d’un diocèse. Donc, par définition, il ne devrait y en avoir qu’une par ville. Sauf à Zaragoza qui est bien la seule ville au monde à posséder deux cathédrales! En gros, ça date de l’époque de la Reconquista. La basilique du Pilar a été construite par les catholiques comme lieu de culte et a été consacrée cathédrale de la ville. Pour la Seo, c’est lors de sa transformation de mosquée en église catholique qu’elle a été consacrée comme cathédrale. Et comme il n’y avait qu’un administrateur pour gérer les deux églises, personne n’y a rien trouvé à redire. La situation est restée telle quelle jusqu’à aujourd’hui et rien n’est prévu à l’avenir pour changer le statut d’un des deux édifices.

La Magdalena

Le barrio de la Magdalena est le vieux quartier populaire de Zaragoza. Il n’est pas aussi propret que le centre historique mais il est plein de charme et, contrairement au reste de la ville, il possède une âme. C’est également dans ce quartier que se trouvent les tavernes servant des tapas typiques d’Aragon. En son centre, trône la jolie petite église de Santa Maria Magdalena avec son superbe clocher de style mudéjar mais, comme dans beaucoup de vieux quartiers, les ruelles sont trop étroites pour qu’on puisse observer l’édifice à sa juste valeur.

Palais de l’Aljaferia

On dirait presque un château de dessin animé avec ces petites tourelles toutes mignonnes. Pourtant, ce palais du XIe siècle est le témoignage de la splendeur du taïfa de Zaragoza. Nous pouvons bien deviner l’architecture arabe qui nous rappellent certains forts du sultanat d’Oman. Tout n’est pas d’origine, l’édifice ayant été l’objet d’une énorme restauration durant le XXe siècle, mais la visite vaut le détour pour les vestiges architecturaux arabes puis aragonais que nous pouvons observer à l’intérieur.

Aujourd’hui, le palais abrite le parlement d’Aragon donc il n’est pas possible de le visiter durant les sessions parlementaires ou lors de visites de personnalités politiques. La meilleure façon d’assurer votre visite est de la réserver sur internet sous ce lien. Le ticket (5€) se paiera quand même au guichet d’entrée mais au moins vous serez sûrs de pouvoir accéder au palais.

Le patio mudéjar

Dès l’entrée, nous entrons dans le monde magique des Mille et Une Nuits grâce à ce superbe patio aux colonnes d’architecture typiquement mudéjare qui n’est pas sans rappeler quelques salles de l’Alhambra. En son centre, il y a quelques orangers qui subissent bravement le climat parfois rude de l’hiver aragonais. Le coin sud-est possède une petite mosquée orientée en direction de la Mecque.

Palais des Rois Catholiques

Au XVe siècle, les rois catholiques agrandirent le palais déjà existant dans un pur style médiéval tardif. Les pièces sont beaucoup plus épurées que le patio mudéjar. C’est ce que nous disions avant de lever la tête et de découvrir les plafonds les plus fous que nous ayons jamais vu! Aujourd’hui, cette partie de l’édifice est dédié au parlement.

Comme nous l’avons déjà mentionné, le palais de l’Aljaferia est le siège du parlement d’Aragon. Mais quelle ne fut pas notre surprise en découvrant que l’hémicycle était ouvert et que les visites y étaient autorisées. Certes, ce n’est pas la Moncloa (le palais présidentiel à Madrid) mais c’est quand même la salle où se prennent les décisions pour toute la communauté autonome d’Aragon! Ce n’est pas rien! C’est la première fois que nous avons la possibilité de visiter un hémicycle de ce genre et ça ne doit pas être très courant car les autres visiteurs dans la salle étaient tout autant hallucinés que nous d’avoir pu y accéder!

La superbe tapisserie sur la paroi de l’hémicycle représente les armoiries d’Aragon.

Rio Ebro

Zaragoza est traversée par le Rio Ebro, ou Ebre en français. La ville était d’ailleurs un important port fluvial durant l’Epoque Romaine quand les embarcations étaient encore assez petites pour pouvoir naviguer sur le fleuve. Aujourd’hui, la navigation est impossible sauf en canoé. L’Ebre est le deuxième plus long fleuve du pays après le Tage mais vient en première position pour un fleuve se situant entièrement sur sol espagnol, le Tage traversant une partie du Portugal. Il prend sa source dans les montagnes de Cantabrie et traverse le nord de la péninsule ibérique d’ouest en est avant de se jeter dans la Méditerranée au sud de la ville de Tarragone dans une magnifique zone naturelle du delta de l’Ebre que nous avons évidemment mis sur notre looooooooongue liste de choses à voir.

Dans le centre-ville, une partie des rives de l’Ebre sont laissées plus ou moins à l’état naturel et sont un endroit privilégié pour la nidification de plusieurs espèces d’oiseaux.

Zaragoza est une très belle ville riche en culture, en architecture et en histoire. Nous vous recommandons chaudement une visite culturelle dans le coin. Par contre, si vous cherchez la chaleur espagnole des gens, passez votre chemin et privilégiez les villes méditerranéennes. Ici c’est le nord! La population locale n’est pas souriante, avenante, bienveillante et chaleureuse comme c’est le cas plus au sud. Nous avons débarqué avec notre exubérance et notre joie de vivre à la Valencienne et avons vite été refroidis. Nous avons vraiment l’impression d’arriver comme un cheveu dans la soupe et d’être pris pour des extra-terrestres. Ce qui nous a un peu rassuré, c’est de remarquer que les autres touristes du « sud » ont exactement le même problème que nous!

Malgré ce bémol, nous sommes quand même contents d’avoir découvert un autre coin d’Espagne et d’avoir appris un autre pan de son histoire.

Villena, ses couleurs chatoyantes et son château arabe dans l’arrière-pays d’Alicante

Pour cette nouvelle découverte, nous voulions nous éloigner un peu de la côte. Rassurez-vous, nous n’en avons pas marre de la mer, loin de là mais la saison touristique bat son plein et les plages bondées, ça commence à nous gaver un peu. Quoiqu’il en soit, l’arrière pays de la province d’Alicante a l’air assez sympa et nous avions de toute façon prévu d’aller l’explorer un petit peu. Lors de nos recherches, nous sommes tombés sur la petite ville de Villena facilement accessible en trois quarts d’heure depuis Alicante avec le train.

Villena est une petite bourgade bien tranquille dans la vallée du Vinalopo culminant à 500 mètres d’altitude. Oui, c’est vrai, pour nous qui avons vécu dans les Alpes suisses, 500 mètres c’est la plaine! Mais, depuis le littoral et sa chaleur étouffante de juillet, nous pouvons déjà apprécier les quelques petits degrés de perdus. Bien que la ville se situe encore dans la Communauté Valencienne, nous sentons bien l’influence de la Mancha. D’ailleurs, la « frontière » avec la communauté autonome de Castilla-la-Mancha ne se situe qu’à une petite dizaine de kilomètres. La langue valencienne a aussi disparu des radars, on ne parle que le castillan dans la région.

Mais le plus important à retenir est que la vallée de Vinalopo est le principal vignoble de la province d’Alicante. Le terroir aride et minéral de la région, ainsi que le climat chaud et ensoleillé, donnent des vins bien charpentés que nous apprécions particulièrement.

Théâtre Chapi

Dès la sortie de la gare, nous tombons sur ce superbe bâtiment de style néoclassique qui surplombe la place. C’est le théâtre Chapi, baptisé ainsi en l’honneur du compositeur Ruperto Chapi, un enfant du pays. Il a été construit sur le site de l’ancien théâtre détruit par un incendie et a été inauguré en 1925. Malgré son style mudéjar, la façade arrière ne date pas de la période arabe mais bien des années 1920. Aujourd’hui, c’est un des théâtres les plus importants de la Communauté Valencienne (hors période de Covid-19 bien sûr!)

Centre historique

Nous ne sommes plus du tout dans le style valencien ou méditerranéen mais plutôt dans les couleurs des villes coloniales du Mexique, notamment Valladolid ou Campeche, même si la torpeur estivale reste très espagnole. Le centre historique encore visible aujourd’hui date des XVI et XVII siècles en pleine période de conquête des Amériques, d’où la ressemblance avec les villes coloniales latino-américaines. Bien que la vieille ville date d’après la « Reconquista » catholique, Villena a été habitée en premier par les Wisigoths puis par les Arabes. Ces derniers ont fortifié la ville en l’entourant de remparts, mais il n’en reste plus rien aujourd’hui. C’est un réel plaisir de déambuler dans ces petites ruelles, surtout que tous les touristes sont restés bien sagement en bord de mer!

Iglesia de Santiago

Si les ruelles très colorées du centre historique nous ont subjugués, les églises, elles, nous ont plus laissés sur notre faim. L’église de Santiago, la plus importante d’entre elles, est vraiment très sobre. Elle date du XVe siècle et a été construite dans le style gothique valencien. Une fois, n’est pas coutume, elle ne se situe pas sur le site d’une ancienne mosquée. Ici aussi on s’éloigne de Valence, l’édifice ne possède pas une de ses fameuse coupoles de tuiles bleues typique de la région et il n’y en a pas une seule dans toute la ville.

Plaza Mayor

Même si Plaza Mayor signifie littéralement « Grand-Place », celle de Villena est de taille très modeste mais elle suit le modèle très castillan des Plazas Mayores espagnoles. Là aussi on est plus sur une influence de la Mancha que de Valence. Elle date du XIVe siècle et servait pour les réunions du conseil municipal à l’époque. La petite fontaine semi-circulaire a été rajoutée au XIXe siècle. Nous lui trouvons un charme fou et c’est très sympa d’y trainer durant l’heure de la sieste quand tout est vide est un peu endormi.

Château de la Atalaya

Si le centre historique date de l’époque chrétienne, le château, lui, est typiquement de l’époque arabe. Certains forts que nous avons vu à Oman avaient exactement le même style architectural. Il a effectivement été construit au XIIe siècle en pleine époque musulmane. L’édifice est superbement conservé et a bénéficié d’une restauration irréprochable, un vrai château de contes de féés! Malheureusement, il n’est ouvert que certains jours à certaines heures pour des visites guidées. Evidemment, nous n’y étions ni le bon jour ni à la bonne heure! Encore une fois, nous sommes maudits avec nos timings. Mais, même depuis l’extérieur, c’est vraiment un château qui en jette!

Même si nous avons dû nous contenter de l’extérieur, l’esplanade du château offre déjà une superbe vue sur le centre historique! Mêmes si les façades nous ont rappelés les couleurs des superbes villes mexicaines, les toits, eux, possèdent des tuiles typiquement méditerranéennes.

Serra de la Vila

Comme il ne fait pas assez chaud, (ben oui, en « altitude » il ne fait que 32 petits degrés!) nous décidons de grimper dans la petite garrigue typiquement méditerranéenne qui surplombe la ville afin de nous mettre un peu dans le dur. Bon, nous avons quand même profité de l’ombre bienvenue des pins. Mais ce petit effort en vaut la peine car la vue sur Villena et sur le paysage de la Mancha est vraiment sympa!

Nous avons vraiment eu fin nez de nous éloigner des sentiers battus pour nous retrouver dans l’arrière-pays! Villena a vraiment été une méga bonne surprise! Un centre historique digne des villes coloniales latino-américaines surplombé d’un château tout droit sorti d’un conte des Mille et Une Nuits! C’est fou! Même à l’échelle espagnole d’aujourd’hui, la ville est à un carrefour d’influences : ce n’est plus vraiment Valence mais il en reste quelques traces et la Mancha n’est vraiment plus très loin! Un gros coup de cœur que nous vous recommandons chaudement si vous passez dans le coin!

Quant à nous, nous allons quand même retourner au bord de la Grande Bleue, il ne faudrait pas que nous nous habituions trop à l’arrière-pays!

Réserve naturelle de Cabo de la Huerta et les sites archéologiques du nord d’Alicante

Nous nous sommes faits relativement discrets ces dernières semaines mais les raisons sont toutes simples. Déjà, nous sommes passés par Sagunto faire un échange d’affaires. Ensuite, nous avons eu de la visite et nous voulions en profiter pleinement. La famille de Van est venue passer ses vacances d’été en Espagne et nous nous sommes tous retrouvés pour quelques jours à Alicante. Nous profitons de cet article pour les remercier chaleureusement de leur présence et des super moments partagés.

Quant à nous, nous avons pris nos quartiers à Alicante pour quelques semaines. C’est une ville que nous avons adorée quand nous y sommes passés en septembre dernier et ça nous titillait un peu de découvrir ce qui s’y trouve aux alentours. En plus, le Covid est un peu moins présent, ça nous permettra de découvrir comment on y vit dans cette « nouvelle normalité ».

Par un chaud après-midi d’été, nous avons été nous cacher dans la fraîcheur du musée archéologique, un must pour les férus d’histoire comme nous, afin de nous abriter du soleil et, accessoirement, nous cultiver un peu. Là, nous avons découvert que la région limitrophe regorgeait de sites historiques. Il ne nous en a pas fallu plus pour nous motiver à chausser nos baskets afin d’aller découvrir ces petits trésors.

Cabo de la Huerta

Les sites en questions se trouvent, en partie, sur le Cabo de la Huerta, une pointe de calcaire qui s’avance dans la Méditerranée au nord du centre-ville d’Alicante. Il suffit juste de prendre le tram pour quelques stations pour y accéder. Nous avons profité de faire quelques pas dans cette petite réserve naturelle aux eaux cristallines. C’est un paysage typiquement méditerranéen mais le relief accidenté et les rochers façonnés par l’érosion nous rappellent quelques coins de Tenerife même si ici, la roche est beaucoup moins volcanique. Au pied du cap se trouvent quelques petites criques où la baignade est vraiment agréable.

Lucentum

Lucentum, c’est le petit nom latin que portait Alicante pendant l’Epoque Romaine avant d’être rebaptisée par les Arabes. (Petit aparté linguistique, en Espagne, les noms de lieux commençant par « Al » ou « Beni » ont, en général, été rebaptisés pendant l’époque arabe). Aujourd’hui, l’ancienne cité se trouve dans l’Albufereta, un petit quartier populaire mais tranquille à trois kilomètres au nord du centre-ville et qui possède tout de même une jolie plage de sable.

Le site archéologique se trouve sur une petite colline recouverte de maquis typiquement méditerranéen qui est située derrière la barre d’immeuble du front de mer. Les Ibères ont été les premiers à peupler le coin à l’âge de Bronze pour y fabriquer de l’huile d’olive. Les Romains, quant à eux, en ont fait une ville typique de l’époque avec son forum, ses temples, ses thermes, ses tavernes, etc. Puis les Arabes en ont fait une nécropole, préférant déplacer la ville au pied du mont Benacantil (le promontoire rocheux où se trouve le château de Santa Barbara) car la vue y était bien meilleure de là-haut. (Non, ce n’était sûrement pas pour cette raison mais nous sommes des bloggeurs, pas des historiens, nous avons le droit de rendre la vérité historique un peu plus glamour, non?) L’état de conservation des ruines n’est pas top mais il y a de quoi de se faire une idée de comment on y vivait. L’ensemble n’est pas énorme mais, vu la topographie de la colline, nous soupçonnons fortement que tout n’ait pas été fouillé et que tous les vestiges n’aient pas encore été mis à jour.

El Campello

Nous continuons notre petit périple encore plus au nord pour arriver dans la localité de El Campello. La ville en elle-même n’est pas terrible, c’est la première station balnéaire à l’extrémité sud de la Costa Blanca avec tout ce que ça implique de négatif comme une côte bien bétonnée, des bars et restaurants surfaits ainsi que des hordes de touristes même s’ils viennent, pour la plupart, de la péninsule ibérique. Evidemment, nous sommes contents pour les locaux que l’activité touristique reprenne un peu après de longs mois de vaches maigres mais la côte méditerranéenne espagnole rime souvent avec tourisme de masse et ce n’est vraiment pas notre tasse de thé. Il faut tout de même reconnaître que la plage, appelée ici playa de Muchavista, ou Mutxamiel en valencien, en jette, même bondée. Une longue bande de sable blanc (d’où le nom Costa Blanca!) de 23 kilomètres et une eau turquoise que ne renieraient pas les Caraïbes. Nous pouvons comprendre que ça attire les foules. Mais vous nous connaissez et vous vous doutez bien que nous ne sommes pas venus jusqu’ici pour voir des vacanciers bronzer sur le sable.

Illeta dels Banyets

Voilà la vraie raison de notre incursion dans un Disneyland pour touristes! Un peu de culture! Illeta signifie « ilot » en valencien pourtant le rocher de calcaire est relié au continent par un isthme. C’était pourtant bien une petite île! La bande de terre a été construite par la main de l’homme en 1944. Mais on suppose tout de même qu’à l’époque des premiers habitants, un isthme naturel existait déjà mais qu’il a fini par être détruit par différentes tempêtes au cours du Moyen-Age. Oui, la Méditerranée à l’air d’un lac mais ne vous y trompez pas! En hiver, il y a des tempêtes et la mer peut parfois être aussi déchaînée que l’Atlantique dans ses plus mauvais jours!

Ce promontoire rocheux était déjà habité au IIIe millénaire avant Jésuis-Christ et servait principalement de nécropole. A l’Age de Bronze, sont arrivés les Ibères qui ont développé l’élaboration du vin et de l’huile d’olive et en firent un petit village prospère. Les Romains continuèrent ces activités et y construisirent des bassins servant à la pisciculture. Le site archéologique en lui même n’est pas fou mais la situation est exceptionnelle. Les eaux cristallines entourant le rocher sont un spot très prisé pour le snorkelling! Malgré sa taille très modeste, le site n’a pas encore dévoilé tous ces secrets. Un groupe d’archéologues y travaille d’arrache-pied afin de découvrir d’autres vestiges historiques.

Attention! L’heure de la sieste est sacrée en Espagne!

Donc si vous vous rendez sur les différents sites entre 13 et 18 heures, en été, vous y trouverez porte close. Vu qu’ils se trouvent en plein cagnard, c’est plutôt une bonne idée. L’entrée aux différents sites ainsi qu’au musée archéologique (MARQ) d’Alicante est gratuite mais il semblerait que ce soit une mesure provisoire due au Covid-19. Tout est accessible en tram depuis le centre ville avec les lignes 1,3,4 ou 5 pour Lucentum (l’arrêt s’appelle également Lucentum) et avec les lignes 1 ou 3 pour Illeta dels Banyets. Pour cette dernière, il faut descendre aux arrêts El Campello ou Poble Espanyol. C’est pile au milieu! Quant au musée archéologique, il se trouve derrière la colline du château Santa Barbara. L’arrêt du tram, desservi par toutes les lignes, s’appelle MARQ-Castillo mais c’est aisément accessible à pied depuis le centre. Voilà, vous savez tout.

Bien sûr, ce ne sont pas les seuls sites historiques de la région. Il y en a d’autres dans les montagnes de l’arrière-pays mais ils nous semblent moins accessibles en transports publics. Nous allons tout de même étudier la chose et, qui sait, trouver de nouveaux endroits à découvrir…

En attendant, nous continuons de profiter de la torpeur estivale méditerranéenne et vous souhaitons, à tous, un bel été où que vous soyez!

Bilan de 7 mois à Tenerife

Notre dernier mois à Tenerife n’aura pas été riche en découvertes mais c’était voulu. Comme nous avons un été bien rempli qui nous attend, nous avons profité de rester sur notre ordi à travailler plus afin de pouvoir lever un peu le pied dès la fin juin. La météo très changeante ne nous a pas vraiment fait regretter notre choix. En plus, la vie dans notre colocation à Puerto de la Cruz était vraiment sympa et nous avons vraiment partagé de supers moments avec nos compagnons de logement. Ils vont d’ailleurs beaucoup nous manquer.

Après plus de sept mois passés à Tenerife, nous avions envie de « rentrer » sur la péninsule afin de profiter d’un été méditerranéen avant de rêver à d’autres horizons un peu plus lointains. Mais le Covid s’en est emmêlé et a failli faire capoter nos projets. Quelques jours avant notre départ, nous avons appris que nous étions cas contact Covid! Il fallait vraiment que ça tombe à ce moment là! Mais bon, vous nous connaissez, nous ne nous sommes pas laissé abattre et, depuis notre auto-isolement, nous avions déjà prévu des plans B, voire C au cas où nous aurions dû repousser notre voyage. Heureusement, notre test s’est avéré négatif et nous pourrons prendre notre vol comme prévu!

Mais assez parlé de nos petites péripéties, nous allons passer aux choses sérieuses, c’est à dire le bilan de notre long séjour à Tenerife.

En chiffres

Durée du séjour

220 jours, soit un peu plus de sept mois. Nous ne sommes jamais restés aussi longtemps au même endroit depuis notre départ de Suisse en novembre 2017! Mais nous avons quand même logé à trois endroits différents.

Budget

5581€ (6120,70CHF) soit une moyenne journalière de 25,35€ (27,80CHF). Dans ce budget, nous avons compté les billets d’avion de et pour Valence ainsi que les tests PCR. Si nous ne comptons que les dépenses courantes sur place, (donc sans test et sans avion) nous arrivons à un budget de 5196€ (5698,50CHF) soit une moyenne journalière de 23,60€ (25,90CHF). Honnêtement, jamais nous n’aurions pensé avoir des chiffres aussi bas. Nous avons même craint que passer un hiver aux Canaries soit un gouffre financier. Le secret est de vivre comme les locaux, en colocation, de manger local et de se fournir au marché. Nous nous sommes quand même octroyé des excursions et des sorties au resto, quand les mesures anti-Covid nous le permettaient.

Lieux de villégiature

Las Chafiras, au sud-ouest de Tenerife, au-dessus de la station balnéaire de Los Cristianos, San Isidro au sud-est de l’île en dessus du Medano et enfin Puerto de la Cruz sur la côte nord-ouest.

Température la plus basse

16 degrés en janvier à San Isidro pendant la tempête Filomena. Avec le vent et la pluie, ça nous paraissait extrêmement froid!

Température la plus haute

35 degrés pendant les divers épisodes de Calima mais l’air extrêmement sec et les particules de sable ne rendent pas ce climat très agréable.

Altitude la plus basse

Le niveau de la mer partout sur la côte sauf aux endroits où l’océan est surplombé par des falaises de plusieurs dizaines de mètres.

Altitude la plus haute

2300 mètres au pied du Teide . Eh non, nous n’avons pas été au sommet, sinon ça aurait été 3715 mètres.

Nombre de fois où la météo change par heure

Au moins cinq fois, et ça c’est quand le temps est stable!

Tenerife, en temps de Covid, c’était comment?

Nous avons eu de la chance car nous avons pu jouir d’une certaine liberté, bien plus que sur le continent européen. Nous avons juste dû renoncer à découvrir une autre île de l’archipel canarien car nous étions en « confinement périmétral », c’est à dire, que nous ne pouvions pas quitter Tenerife pour une autre île sans motif impérieux (et sans test PCR, of course!). Sinon, à part un couvre-feu à 22 heures, les intérieurs des restaurants fermés et des rassemblements limités à quatre personnes, la vie se déroulait presque normalement. Nous avons même pu profiter des terrasses!

Nous allons maintenant passer à nos coups de gueule, respectivement nos coups de cœur car rester sept mois au même endroit ne laisse jamais indifférent.

Coups de gueule

Les usines à touristes du sud

Nous savions que ça existait donc ce n’était pas vraiment une surprise, nous sommes juste sidérés par l’ampleur du truc. La côte sud-ouest est complètement défigurée par des hôtels et des barres d’immeubles. C’est vraiment dommage car l’environnement est magnifique. En temps de Covid, c’était plutôt calme à cause du manque de tourisme mais nous n’osons pas imaginer la cohue en saison touristique normale. Si nous pouvons souhaiter quelque-chose aux Canaries c’est de trouver un plan B pour qu’elles puissent se sortir de leur dépendance au tourisme de masse.

Une île très urbanisée et densément peuplée

Tenerife, en superficie, représente environ la moitié de la Corse mais elle est peuplée de presque un million d’habitants! (contre 335’000 sur l’île de Beauté). Il faut bien que tous ces gens vivent quelque part. Donc bonjour les grandes villes, les banlieues moches (particulièrement sur les hauteurs de Santa Cruz), les grandes zones commerciales, le trafic infernal, etc… Nous sommes loin du coin idyllique et naturel que les différents offices de tourisme essaient de nous vendre. Pour nous, ce point est la grosse mauvaise surprise de Tenerife.

Le climat

Nous avions déjà fait notre coming out climatique ici, mais nous persistons et nous signons : nous ne sommes vraiment pas fan du climat de Tenerife! Certes, l’hiver est bien plus doux et agréable qu’en Europe centrale mais non, le soleil n’est pas toujours au rendez-vous et non, il ne fait pas toujours chaud! Le temps change au moins trente fois par jour en passant du chaud au froid et inversement toutes les dix minutes. Au nord, nous avons réussi l’exploit de transpirer sous un climat humide tout en étant glacé par le vent froid du nord! Quant au sud, il est constamment balayé par de forts vents et ça devient pénible à la longue. Et quand enfin il daigne faire des températures estivales dignes de ce nom, c’est à cause de la Calima qui met nos bronches à rude épreuve. Bref, l’hiver prochain nous essaierons par tous les moyens de nous retrouver sous les Tropiques!

La gastronomie

La bouffe locale est assez cheloue, comme le Gofio qui nous donne l’impression d’avoir du ciment dans la bouche. Seul le mojo verde, une sauce à base d’ail et de coriandre, tire son épingle du jeu. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir des bons produits. Il y a presque tout qui pousse sur la terre fertile des volcans.

Coups de coeur

Les paysages

Ils sont juste à couper le souffle! Dame nature a vraiment gâté Tenerife en lui donnant une variété de paysages incroyables sur un si petit territoire! Il y a des volcans, des plages, des forêts humides, des cactus, des montagnes pelées par l’érosion et l’aridité, des piscines naturelles, l’océan, des calderas, etc… De quoi en prendre plein les yeux tous les jours!

Les volcans

Ils nous fascinent! Surtout le Teide! Quand on pense que sur une toute petite île culmine un volcan à plus de 3700 mètres, c’est assez fou, non?

La population locale

Les Canariens ne sont pas aussi expressifs que les Espagnols de la péninsule mais dans l’ensemble ils sont chaleureux, accueillants et ouverts. Ils ne présentent pas d’hostilité envers les « péninsulaires ». Bref ce ne sont pas des Corses qui ont ont la haine contre ceux du continent.

Les avocats

Nous parlons ici des fruits pas des personnes en toge qui connaissent les textes de loi par cœur et qui le crient dans un tribunal même si nous n’avons absolument rien contre ces derniers. En règle générale, manger des avocats ce n’est pas très cool car c’est souvent importé de loin et cultivé dans des conditions pas très éco-friendly. Mais ils poussent aux Canaries, nous pouvons donc en manger de production locale! Ce n’est pas très bon marché (rarement en dessous de 5€ le kilo) mais c’est un luxe qui vaut la peine!

Les eaux cristallines de l’océan Atlantique

Nous nous y sommes rarement baignés car le courant est souvent fort et l’eau est froide mais nous avons été fasciné par la clarté de l’eau quel que soit l’endroit de l’île où nous nous trouvions.

Le réseau de guaguas

Pour rappel : guagua est le petit nom qu’on donne aux bus aux Canaries. Oui, c’est vrai, ces véhicules nous ont refilé la gerbe pratiquement à chaque fois sur les routes de montagnes mais nous avons quand même été bien contents de les avoir. C’est pratique, fiable, facile à utiliser et relativement bon marché.

L’Anaga

Incontestablement notre endroit préféré à Tenerife!

Bizzarreries « tinerfeñas »

C’est très mal plat!

Nous venons d’un canton alpin, donc les montagnes et les pentes, nous sommes habitués. Mais, même dans nos Alpes, il y a des plaines et des hauts-plateaux! A Tenerife, nada! Juste La Laguna est construite sur un petit plateau sinon tout est en pente, absolument tout! La moindre petite sortie pour aller, par exemple, faire des courses se transforme en bonne grimpette.

Les routes

Là aussi, les routes de montagnes ça nous connaît! Mais dans les Alpes, elles sont construites en pente douce avec des virages. Certaines routes à Tenerife sont construites toutes droites de haut en bas! Certes, il n’y a pas de problème de gel et d’enneigement mais ça reste quand même scabreux! Et il y a même des gens qui y parquent leur voiture sur les côtés, ils doivent sacrément avoir confiance dans leur frein à main!

Tenerife ne sera pas notre coup de cœur absolu mais nous avons quand même apprécié d’y passer sept mois même si au niveau culturel, nous préférons la côte méditerranéenne et surtout, l’Andalousie.

Spoiler Alert!!

Comme vous le savez déjà, nous allons retourner dans notre fief valencien pour au moins une partie de l’été. Là-bas, pas mal de paperasse administrative nous y attend. Nous avons quelques rencontres prévues notamment avec nos familles respectives et d’autres qui sont encore en cours de concrétisation. Nous avons également quelques projets (perso et pro) qui se mettent en place mais nous n’avons rien de confirmé pour le moment. Tout ce que nous savons, c’est que nous allons avoir un été bien rempli! Et si tout va bien, en octobre, nous repartirons vers de nouvelles aventures un peu plus exotiques. Nous y travaillons d’arrache-pied!

Parc national du Teide, le point culminant de l’Espagne

Un séjour à Tenerife n’en est pas vraiment un si on ne va pas découvrir son emblème et son point culminant : sa majesté le Teide! Mais les tempêtes hivernales sont arrivées et ont paré la montagne d’un joli manteau neigeux. Le but n’étant pas de voir la neige, ce n’est pas trop notre kiff. Nous avons donc sagement attendu le printemps avant d’y monter. De toute façon, nous ne sommes pas équipés pour les frimas de l’hiver!

Le service de guagua étant temporairement suspendu pour aller au parc national à cause du Covid, il faut louer une voiture pour y accéder. Nos colocs Heidi et David nous ont gentiment proposé de nous y accompagner avec leur véhicule. En plus, David a grandi dans la région et connaît le coin comme sa poche, ce qui en fait un super guide! Nous sommes donc partis tous ensemble, accompagnés de Fleki, leur compagnon à quatre pattes, à la découverte de ce monstre volcanique.

Le problème à Tenerife est, comme toujours, la météo mais la webcam du parc national nous montrait un temps potable, nous avons tout de même décidé de tenter le coup malgré le temps bien nuageux à Puerto de la Cruz. Mais dans la forêt de pins qui surplombe la Orotava, nous avons bien douté de notre choix car le temps a tourné au brouillard et à la pluie. Nous nous sommes arrêtés en chemin juste pour observer une particularité géologique dans la forêt. L’érosion a façonné une pierre jusqu’à lui donner une magnifique forme de fleur. Après cette première découverte un peu humide, nous avons décidé quand même de tenter notre chance plus haut.

Centre des visiteurs

Nous avons vraiment bien fait de suivre notre instinct (encore une fois!) car en dessus du brouillard, il y a un magnifique ciel bleu sans un nuage! Nous effectuons un premier arrêt au centre des visiteurs. C’est un endroit que nous vous recommandons chaudement car l’exposition et le film explicatif sur la formation du Teide et de l’île de Tenerife sont très bien faits et très intéressants même pour des incultes comme nous. Le parc national couvre une superficie de presque 190 kilomètres carrés et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. La géologie du site est tellement ouf qu’elle est similaire à la planète Mars. D’ailleurs, les instruments d’exploration de la planète rouge ont été testés sur ce site. A côté du bâtiment du centre de visiteurs, se trouve un petit jardin botanique expliquant les espèces endémique du lieu. A cette saison, presque tout est en fleurs, une preuve de plus que nous avons bien fait d’attendre le printemps!

Alcance de tu mano

Bienvenue sur Mars! C’est vrai qu’il y a un petit air de famille et nous comprenons aisément pourquoi les essais sur les instruments d’exploration de la planète rouge se font ici. On peut aisément observer les différences géologiques entre les coulées de lave, les différents cratères et les pierres jaunes teintes par le souffre. Le paysage est vraiment à couper le souffle! Nous avons jeté notre dévolu dans cet endroit idyllique pour notre repas de midi. L’Espagne nous avait habitués à des places de pique-nique de ouf mais celle-ci a mis la barre beaucoup plus haut! Et on ne parle pas que d’altitude bien qu’ici on se situe déjà à 2250 mètres au dessus du niveau de la mer.

Roque Cinchado

C’est sûrement le rocher le plus photographié de Tenerife, voire d’Espagne! Même la banque centrale a utilisé son image pour les billets de 1000 pesetas! (l’ancienne monnaie espagnole avant l’Euro qui ne valait pas grand chose). On l’appelle également « Arbol de Piedra » (arbre de pierre) ou encore « Dedo de Dios » (doigt de Dieu) tellement il est emblématique. Mais s’il tient bien la vedette, il n’est pas le seul sur le site. Ses voisines, les Roques de Garcia, sont tout aussi impressionnantes. Le tout a été formé sur des milliards d’années selon les éruptions volcaniques et le travail de l’érosion. Depuis los Roques, il y a une superbe vue sur un haut plateau recouvert à moitié d’une grosse coulée de lave. L’ensemble nous rappelle étrangement l’altiplano bolivien.

Parlons quand même un peu du Teide!

Nous allons déjà commencer par répondre à la question qui vous brûle les lèvres. Oui, il est possible de se rendre au sommet du Teide! Mais……

Il y a un téléphérique qui monte au sommet mais ça coûte une blinde et c’est méga touristique. Tout ce qu’on aime!! Sinon, il y a la possibilité de monter à pied avec une nuit en refuge mais il faut réserver méga à l’avance et en temps de Covid, c’est compliqué. En plus, à Tenerife, la météo n’est jamais garantie. De toute façon, avec le brouillard que nous avons traversé plus bas, nous n’aurions vu qu’une étendue de nuages si nous y étions monté. Mais il paraît qu’en cas de très beau temps, il est possible d’apercevoir les sept autres îles de l’archipel. Nous le ferons peut-être une prochaine fois… Ou pas…

Il a de quoi se la péter ce volcan! Déjà à l’époque des Guanches (les autochtones avant l’arrivée des conquistadors espagnols), il était vénéré tel une montagne sacrée. Mais il était également craint à cause de ses éruptions explosives assez courantes à l’époque. On le surnommait d’ailleurs « l’enfer ». Aujourd’hui, sa majesté est en phase d’endormissement et ne présente que peu de risques que ce soit pour une éruption ou pour un séisme. Avec ses 3715 mètres d’altitude, c’est le point culminant de Tenerife, bien sûr mais également de toutes les Canaries et carrément de toute l’Espagne! Et comme si toute cette domination ne suffisait pas, c’est également le point culminant de toutes les îles de l’Atlantique. Et non, ce n’est pas tout! C’est le troisième plus grand volcan du MONDE depuis sa base sous-marine! Sur ce coup-là, il n’y a que les îles hawaïennes qui font mieux! Pas étonnant que Monsieur se fasse appeler « sa Majesté »! C’est vrai, il faut reconnaître que tous ces superlatifs sont assez impressionnants, surtout sur une petite île comme Tenerife dont la superficie couvre à peine une moitié de Corse. Et évidemment, les paysages volcaniques sont à couper le souffle!

Le parc national du Teide est vraiment un incontournable de Tenerife et nous n’allions évidemment pas quitter l’île avant d’y faire un petit tour! Nous avons été impressionnés par les paysages et avons passé une superbe journée grâce à Heidi, David et bien sûr Fleki (un grand MERCI à vous!)

En parlant de quitter l’île, ce ne sera pas pour tout de suite à cause, toujours, de ce fichu virus! Nous espérons quand même pouvoir rejoindre la péninsule avant l’été pour diverses raisons notamment administratives. Nous croisons les doigts pour début juin. En attendant, nous allons profiter pour aller découvrir quelques coins moins connus de l’île et effectuer quelques randonnées dans ces paysages incroyables.

Randonnée dans le parque rural et massif de l’Anaga

Lorsque nous étions en train d’étudier la carte de Tenerife avant notre arrivée sur l’île, une grosse tâche verte a tout de suite attiré notre attention sur la pointe nord-est. C’était le Parque Rural Anaga. Les renseignements que nous avions glanés à ce sujet laissaient présager un truc sympa. Mais voilà, le hasard a fait que nous avons passé la première partie de notre séjour canarien dans le sud de l’île et nous avons laissé notre projet en stand-by jusqu’à notre déménagement à Puerto de la Cruz.

L’Anaga est un massif et une réserve de biosphère grande de 14’500 hectares et recouvre toute la pointe nord-est de l’île de Tenerife dans un paysage de montagnes et de vallées très découpées. Elle contient des dizaines d’espèces endémiques, que ce soit pour la faune ou pour la flore, et est un refuge pour les oiseaux. Nous nous sommes d’ailleurs baladés dans une jolie cacophonie de chants d’oiseaux. Mais ces petites bêtes sont timides et nous avons juste pu les apercevoir furtivement. Vu l’immensité de la réserve et les possibilités presque infinies de randonnées, nous avons dû venir plusieurs fois afin d’en avoir un petit aperçu.

Comme toute réserve naturelle qui se respecte, il y a un centre de visiteurs. La salle d’exposition est actuellement fermée pour cause de Covid-19 mais il y a toujours des rangers à disposition. C’est bien desservi par les guaguas et c’est un bon point de départ pour de nombreuses randonnées. Pays catholique oblige, nous sommes accueillis par une petite église et par une statue de la Vierge Marie.

La laurisylve

La laurisylve est la forêt subtropicale humide typique de la Macaronésie. De la Macaron quoi? Non, la Macaronésie n’est pas une fabrique géante de macarons comme son nom pourrait le laisser penser (dommage!), mais un grand archipel de l’Atlantique auquel appartiennent les Canaries mais aussi les îles portugaises des Açores et Madère ainsi que l’archipel du Cap Vert. Voilà, vous aurez de quoi vous la péter au prochain quizz de géo! Ces forêts ont plus de quarante millions d’années et se situent plutôt sur les versants nord des îles car elles bénéficient de l’humidité apportée par les alizés qui est un vent humide du nord, CQFD. Aujourd’hui, il en subsiste encore à Madère, un petit peu aux Açores, à la Gomera, sur l’île de la Palma et bien sûr au nord de Tenerife, dans l’Anaga. Après quelques mois passés dans le sud presque désertique, nous sommes plus qu’heureux de retrouver nos forêts humides! C’est Bornéo mais en beaucoup plus froid! Dire qu’à environ quarante kilomètres à vol d’oiseau, c’est pratiquement le désert! On ne le voit pas du tout sur les photos mais il faisait un temps splendide, c’est juste que la brume s’accroche désespérément à la montagne. Mais c’est grâce à elle que nous pouvons profiter de cette superbe végétation luxuriante!

NB : Ceci n’est pas le « Bosque Encantado »! Si vous prévoyez de vous rendre à l’Anaga, vous avez peut-être entendu parler du fameux « Bosque Encantado » (forêt enchantée en français). Sachez qu’il faudra demander un permis pour y accéder. Le ranger du centre de visiteurs nous a déconseillé de nous y rendre. Selon lui, ce n’est qu’un attrape-touristes et n’importe quelle forêt de laurisylve du parc peut prétendre au titre de forêt enchantée. (Effectivement!) Et comme il y vit des espèces en danger d’extinction, il préfère dissuader les gens d’y aller. Nous avons décidé de suivre son conseil que nous trouvons très sensé. La forêt dans la galerie photo ci-dessous se situe entre la localité de Carboneras (à un arrêt de guagua du centre de visiteurs) et le Mirador de Pico del Ingles.

Mirador de Pico del Ingles

Nous sommes arrivés au mirador par la forêt depuis Carboneras mais il est également accessible en voiture pour ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas marcher. Le Pico del Ingles ne s’est pas toujours appelé comme ça. Il s’appelait Pico de las Aguilillas (pic des petits aigles) jusqu’au jour où un Anglais y fit une chute mortelle. Les locaux ont pris l’habitude en parlant de ce sommet de parler « du pic d’où l’Anglais est tombé » pour finalement officiellement s’appeler Pico del Ingles qui signifie tout simplement « pic de l’Anglais » Il culmine à 990 mètres d’altitude et, par beau temps, offre une vue imprenable sur le massif de l’Anaga, Santa Cruz de Tenerife, le plateau de la Laguna et même sur sa majesté le Teide! A notre arrivée, tout était bouché mais la brume circule très vite et nous avons pu tout de même profiter du paysage. Nous y sommes restés environ quinze minutes et la vue a changé une bonne douzaine de fois.

Nous sommes retournés au centre des visiteurs par une forêt à flanc de côteau. On y voit que l’humidité est déjà moins présente mais ça reste quand même une belle forêt comme on les aime!

Fin de balade

Si votre randonnée se termine au centre de visiteurs, il vaut la peine de faire quelques pas supplémentaires pour traverser le parking et se rendre au mirador. Une belle vue sur la Laguna et sur le Teide vous y attend.

Cruz del Carmen – Punta del Hidalgo

Ce n’était pas du tout ce que nous avons prévu comme balade quand nous sommes retournés au centre des visiteurs de l’Anaga. Nous voulions emprunter le chemin des crêtes jusqu’à Tegueste. Mais un samedi matin très ensoleillé, nous n’étions pas les seuls à avoir eu la même idée et le chemin était bondé. Nous avons, sur un coup de tête, bifurqué en direction de Punta del Hidalgo et entamé la descente dans une magnifique forêt de laurisylve.

Après environ deux kilomètres, la forêt cède la place à une végétation plus sèche, beaucoup moins dense et nous pouvons observer la magnifique vue sur le massif de l’Anaga.

Batan

Il paraît fou d’avoir construit un village aussi isolé sur un flanc de côteau très escarpé. A l’époque, c’était un endroit très important grâce à l’industrie textile locale assez florissante. Aujourd’hui, le temps s’y est arrêté. A mi-chemin entre Cruz del Carmen et la Punta del Hidalgo, c’est un endroit pratique pour le ravitaillement. Mais le petit bar a l’air d’avoir fermé ses portes définitivement. Nous avons néanmoins trouvé une fontaine pour remplir nos gourdes.

Barranco del Rio

Nous ne sommes pas au bout de nos peines avec ce barranco del Rio. Il a l’air idyllique au premier abord, et franchement, il l’est mais la descente est raide et assez scabreuse. Il ne faut pas trop se laisser subjuguer par le paysage et se concentrer un peu où on pose nos pieds sous peine de trébucher sur une des nombreuses pierres. On doit ce barranco à « El Morro », un ancien volcan vieux de plus de 100’000 ans et qui a fait un joli boulot de façonnage de relief à l’époque.

Punta del Hidalgo

Après plus de onze kilomètres et une descente de plus de mille mètres, nous voici enfin à la Punta del Hidalgo, plus précisément à la Playa de los Troches. Nous devons également ce cap rocheux à « El Morro ». Trop fatigués par notre descente, nous n’avons pas eu le courage de tirer jusqu’au village surtout que, grâce à un super timing, la guagua nous attendait à l’arrivée. Nous n’avons apparemment rien loupé car le coin s’apparente assez à un « Los Cristianos » local, c’est-à-dire un lieu super touristique que nous n’affectionnons pas vraiment.

Vallée d’Igueste

Nous changeons de versant pour nous retrouver du côté est du massif de l’Anaga, à une vingtaine de kilomètres au nord de Santa Cruz de Tenerife et ça se remarque! Les flancs des montagnes sont beaucoup plus « râpés » et la végétation beaucoup plus sèche. La guagua nous dépose dans le petit village d’Igueste, coincé entre le barranco du même nom et l’océan Atlantique. Il y règne une vraie ambiance de bout du monde. Il est difficile d’imaginer que la dynamique capitale régionale se trouve juste un peu plus au sud!

Nous avons quand même effectué une petite grimpette (environ 200 mètres la grimpette, une petite promenade de santé!) afin de profiter de la superbe vue sur la côte nord est de Tenerife où nous pouvons observer Santa Cruz, la côte jusqu’à la Candelaria, le massif de l’Anaga, l’île de Gran Canaria et même sa majesté le Teide quand il daigne sortir de sous les nuages. Le relief découpé du littoral, la roche volcanique et la route côtière ne sont pas sans rappeler la côte Amalfitaine au sud de Naples.

Las Teresitas

Nous nous sommes arrêtés à la fameuse plage de Las Teresitas située entre Santa Cruz de Tenerife et Igueste. C’est la plage la plus célèbre des Canaries et c’est sûrement celle qui nous a le plus déçus! Il faut savoir que c’est une plage construite artificiellement avec du sable importé du Sahara. Et ça se voit à des kilomètres à la ronde que c’est du fake! Tenerife est une île volcanique, sauvage, soumise aux courants de l’Atlantique avec une mer agitée, des falaises, des plages de cailloux ou de sable un peu grossier mais de couleur noir! Cette plage calme, super accessible, de sable blond et bordé d’un immense parking n’a, à notre avis, rien à faire là! Oui, la situation au pied de l’Anaga est idyllique mais ce n’est pas naturel. En plus, c’est le lieu de mouillage des bateaux de croisières qui desservent Tenerife, ce qui renforce la sensation de tourisme de masse que nous abhorrons! La seule chose vraiment sympa du coin ce sont les maisons du village accrochées à flanc de montagne.

Descente sur Las Mercedes

Décidément, nous sommes un peu maudits avec notre fameuse marche jusqu’à Tegueste! Cette fois-ci, c’est une pluie battante qui nous attend à notre arrivée à Cruz del Carmen. Oui c’est vrai, c’est sous la pluie que la forêt est la plus belle mais Tenerife n’est pas Bornéo et quand il y pleut, il fait vraiment froid. Nous décidons juste de descendre jusqu’à Las Mercedes, le premier village en dessous du centre des visiteurs afin de reprendre une guagua de retour. Finalement, nous continuerons jusqu’à la Laguna, histoire quand même de mériter notre zaperoco à l’arrivée. Notre plan A est tombé à l’eau mais nous avons quand même pu traverser une superbe forêt de laurisylve embellie par la pluie.

Nous avons tout de même eu un peu de chance. Nous sommes arrivés vers un mirador et le temps s’est juste dégagé pour nous laisser entrevoir la superbe vue sur le massif de l’Anaga.

Tegueste

Nous avons finalement réussi à atteindre Tegueste, mais par la guagua, c’est plus sûr!! De toute façon, la météo n’était pas compatible avec la randonnée. Nous avons quand même couplé ça avec un jour de marché, histoire de joindre l’utile à l’agréable et de faire le plein de fruits et légumes locaux. Tegueste est dominée par les montagnes du massif de l’Anaga. C’est un petit village de montagne sympa avec un mini centre historique. L’ambiance rappelle certains coins d’Italie du Nord.

Nous décrétons officiellement que l’Anaga est notre coin préféré de Tenerife! La forêt humide de laurisylve y est pour beaucoup dans cette nomination! Nous qui nous languissons des Tropiques et de leur végétation luxuriante, ce massif est un petit lot de consolation. Une vie ne suffirait pas pour découvrir tous les trésors de ce coin de paradis mais nous il n’est pas impossible que nous succomberons encore à l’appel de la forêt pour quelques petites randonnées sympas dans cet endroit magique!

Los Gigantes, Masca, le massif de Teno et leur relief vertigineux

Cet article a été rédigé en plusieurs fois car, même si tout fait partie du même massif, l’accès ne se fait pas forcément depuis le même endroit. La faute au relief très escarpé et aux routes d’accès très rares. Nous avons été voir les falaises de Los Gigantes une première fois depuis le sud de l’île. Ensuite, Masca est accessible depuis Santiago del Teide, c’est assez central. Quant à la Punta del Teno, l’accès se fait via Buenavista, donc depuis le nord. Les différentes tempêtes Atlantique qui ont balayé Tenerife ainsi que les différentes mesures anti-Covid ont également joué sur les dates de nos visites. Voilà pourquoi notre article peut paraître un peu décousu.

Nous n’avons pas été super productifs en activités extérieures ces derniers jours. La faute à Clément, une tempête hivernale qui est venue nous rendre une petite visite amenant avec elle des précipitations abondantes et des forts vents. Tenerife n’a pas eu trop de dégâts mais le temps était assez pourri pour nous faire rester à l’intérieur. Evidemment, dès que le soleil a refait son apparition, nous avons chaussé nos baskets et sommes vite repartis à l’aventure!

Alcala

Notre but du jour est d’aller découvrir les fameuses falaises de Los Gigantes sur la côte ouest de Tenerife. Mais nous avons décrété qu’un lieu pareil devait se mériter et être rejoint à pied. Nous nous sommes donc arrêtés à Alcala, sept kilomètres plus bas. C’est une petit bourgade sympa qui a encore gardé son âme de village de pêcheurs.

L’intérêt d’Alcala réside dans ses magnifiques piscines naturelles formées par les roches volcaniques qui s’étendent sur des kilomètres en direction du nord. Si vous agrandissez nos photos en cliquant dessus, vous pouvez distinctement apercevoir l’île de la Gomera. Elle ne se situe qu’à une petite vingtaine de minutes en ferry de Tenerife mais à cause des restrictions Covid, nous ne pouvons pas nous y rendre et c’est super frustrant!

Nous continuons notre chemin côtier, toujours en direction du nord. Ici, les côtes sont accidentées et le bord de mer est jonché de rochers volcaniques. En plus, le courant marin est très fort puisqu’il s’engouffre dans le chenal séparant Tenerife de l’île voisine de la Gomera. C’est magnifique mais pas idéal pour la baignade. Même les surfeurs n’osent pas trop s’y aventurer! Pour des plages un peu plus calmes avec du sable, mieux vaut privilégier la côte sud.

Los Gigantes

Nous arrivons assez vite dans la ville de Los Gigantes. Une ville? Mais n’avions-nous pas parlé de falaises juste avant? Oui mais les Canariens avaient la flemme de chercher un nouveau nom de localité alors ils ont baptisé la ville du même nom que les falaises. C’est beaucoup moins joli qu’Alcala, c’est une station balnéaire typique avec ses bars, ses hôtels et ses restaurants servant une « authentic british food »! C’est vrai, la gastronomie espagnole et surtout canarienne peut parfois être un peu douteuse mais elle ne mérite de loin pas qu’on lui préfère la cuisine anglaise! Malgré son côté touristique, Los Gigantes n’est pas aussi désespérante que Los Cristianos et, il nous semble qu’elle est moins blindée de touristes. Mais la saison touristique reste très calme vu les circonstances actuelles et peut fausser notre jugement.

Les falaises de los Gigantes

Les voilà ces fameuses falaises! Elles se trouvent au nord de Los Gigantes (la ville donc), il faut traverser toute la station balnéaire pour pouvoir les observer si, comme nous, vous venez depuis le sud. C’est vrai qu’elles sont impressionnantes ces falaises avec leur escarpement quasiment à la verticale! Leur hauteur se situe en moyenne à 600 mètres mais la plus haute d’entre elles culmine à 1300 mètres! Ce qui en fait la plus haute d’Europe, même si, géographiquement, les Canaries ne se situent pas en Europe. Mais comme elle ne peut pas prétendre au titre de plus haute falaise d’Afrique, elle a choisi le Vieux Continent pour pouvoir se la péter! On doit ces falaises, ainsi que tout le massif de Teno auquel elles appartiennent, à un accident géologique basaltique (le basalte est la fameuse roche noire typique des volcans) survenu après une éruption volcanique. Grâce au relief accidenté et à son inaccessibilité, l’océan au pied de la falaise possède une faune marine très riche.

En pratique

  • Trajet : Alcala – Los Gigantes. C’est facile, il suffit de suivre le chemin côtier
  • Distance : 8,5 kilomètres
  • Temps de parcours : environ deux heures
  • Dénivelé : quasiment aucun
  • Difficulté : facile. C’est un chemin côtier bien aménagé et c’est tout plat, chose rare à Tenerife! Idéal également pour les joggeurs.

Masca

Après avoir vu ces impressionnantes falaises de los Gigantes, la curiosité nous a poussé à aller découvrir ce qui se trouve au sommet de ces monstres de basalte. Mais l’hiver canarien a pointé le bout de son nez et notre déménagement à San Isidro nous en a rendu l’accès plus difficile. Nous avons attendu d’être installés au nord, à Puerto de la Cruz ainsi que l’arrivée du printemps pour enfin nous motiver à aller nous perdre dans le massif de Teno.

Pour nous rendre à Masca, il nous faut changer de guagua à Santiago del Teide, ce qui nous a laissé le temps de prendre un « zaperoco » (le nom du baraquito dans le nord de l’île) et de flâner quelques minutes dans le village. Il y a une vraie ambiance de village perdu de montagne tout en gardant une chaleur humaine très latine. Santiago del Teide a la particularité de se trouver au cœur de trois différentes réserves naturelles qui sont de vrais paradis de randonneurs.

Masca

Lors de notre voyage au Pérou, nous n’avons pas été au Macchu Picchu pour des raisons que nous évoquons ici. Pas grave, Tenerife possède son propre Macchu Picchu à Masca! Avant la conquête espagnole, c’était un petit village guanche mais une légende raconte que Masca a également été un repaire de pirates. Aujourd’hui, le coin est tellement idyllique qu’il attire nombre de touristes et le village s’est transformé en un restaurant géant. C’est dommage car l’environnement est vraiment extraordinaire.

Massif de Teno

Los Gigantes et la vallée de Masca appartiennent au massif de Teno qui couvre la partie occidentale de l’île de Tenerife. C’est ce qu’il reste du Teno qui était un des trois volcans bouclier de l’île il y a cinq ou six milliards d’années. Le paysage très marqué et vallonné est dû à l’effondrement d’une partie de ce volcan ainsi qu’à des années d’érosion. En tout cas, nous avons été fascinés par le travail de la nature sur le relief.

Il existe un barranco de Masca qui descend jusqu’à l’océan mais l’accès y est très réglementé. Il faut réserver à l’avance car la marche ne se fait qu’avec un accompagnement touristique. Très peu pour nous! Surtout que ce ne sont pas les barrancos, libres d’accès, qui manquent à Tenerife.

Buenavista del Norte

De l’autre côté du massif de Teno, au nord-ouest de Tenerife se trouve la petite localité de Buenavista del Norte. Elle doit son nom aux premiers arrivants espagnols qui ont trouvé le coin vraiment joli. Buenavista signifiant jolie vue en castillan. Les conquistadors étaient cruels et sans cœur mais ils avaient quand même du goût! Elle possède un petit centre historique typique avec quelques maisons canariennes et sa place de l’église.

Buenavista del Norte est dominé par le massif du Teno ainsi que par sa majesté le Teide himself!

Punta del Teno

Le coin le plus intéressant de Buenavista se trouve un peu plus à l’ouest, à la Punta de Teno. Elle n’est accessible qu’en guagua, les voitures ne peuvent y accéder qu’à partir de 19 heures. De toute façon, la route est vraiment scabreuse à conduire, comme presque partout à Tenerife! Nous venons d’un canton alpin mais nous sommes des petits rigolos avec nos autoroutes de montagne pour conducteurs débutants! Ce qui nous a attiré jusqu’ici, c’est sa particularité géographique. C’est le point le plus à l’ouest de l’île! On le surnomme même le « Finistère de Tenerife »! Mais comme nous ne connaissons absolument pas la Bretagne (du moins pas encore), nous ne pouvons pas confirmer si c’est un surnom mérité. Le point est évidemment gardé par un phare haut de vingt mètres, inaccessible aux promeneurs, qui émet une lumière visible jusqu’à 18 miles marins (environ 33 kilomètres). Nous nous attendions à un cap balayé par les vents mais les hauts rochers atténuent les courants et la roche volcanique brûlée par le soleil d’avril propage une douce chaleur depuis le sol qui nous chauffe les jambe. C’est assez bizarre comme sensation!

Nous en avons profité pour faire quelques pas aux alentours où nous avons retrouvé le relief, la végétation et la caillasse typique du sud de l’île.

On pourrait s’attendre à un certain isolement sur ce genre de cap. Que nenni! Notre petite voisine, La Gomera, ne se trouve qu’à quelques encablures et s’observe très bien depuis la Punta de Teno. Mais elle reste toujours inaccessible pour l’instant à cause des restrictions Covid. Plus loin au large, se trouve l’île de la Palma. (Mais elle ne se voit pas sur les photos!)

Los Gigantes (bis)

La boucle est bouclée! Voici les falaises de los Gigantes mais vues depuis le nord cette fois! Elle sont toujours aussi impressionnantes! Après presque six mois sur Tenerife, nous sommes toujours autant ébahis par le relief volcanique, les piscines naturelles et les falaises gigantesques typiques de l’île!

Le massif de Teno sera un de nos gros coups de cœur de Tenerife. Il a la particularité de mixer la végétation et le climat du sud et du nord de l’île. D’ailleurs, nous sommes déja en train de prospecter les possibilités de randonnées dans le coin.

La Orotava, la cité-jardin de Tenerife

La première fois que nous sommes montés à la Orotava c’était un jour de marché afin d’aller acheter nos fruits et légumes directement aux agriculteurs locaux. Ce qui se fait très fréquemment sur toute l’île de Tenerife avec ses « mercados del agricultor », littéralement marchés de l’agriculteur. Nous savions qu’il y avait un petit centre historique mais nous n’avions pas poussé nos recherches plus loin. Nous avons juste profité d’y jeter un coup d’œil au passage et nous avons découvert un véritable bijou! Mais comme la météo était maussade et que nous étions chargés de nos courses, nous ne nous y sommes pas attardés mais nous nous sommes fait la promesse d’y revenir. Nous avons donc profité d’une météo clémente, c’est-à-dire d’une journée où les nuages ne s’accrochent pas trop à la montagne pour y retourner et explorer la ville un peu plus sérieusement.

La Orotava se situe juste en-dessus de Puerto de la Cruz, c’est idéal pour contrôler la météo avant de partir et ça nous fait une petite journée de visite tranquille entre deux randonnées ou deux sessions de job. C’est la plus grande commune de Tenerife et elle contient tout le parc national du Teide, y compris donc le sommet du volcan. C’est le village le plus escarpé d’Espagne, nos genoux le confirment! Mais c’est ce qui donne un charme fou au lieu, nous rappelant les rues tout aussi pentues, et jolies, du centre historique de Quito.

Centre historique

Il y a actuellement pas mal de travaux de réaménagement dans le centre historique donc c’est parfois un peu le bordel surtout avec le trafic mais nous y avons quand même trouvé notre compte dans les superbes ruelles pentues de la vieille ville. En plus des Espagnols, il y a également des Portugais, des Anglais et des Italiens qui sont venus s’y installer dès le XVIIe siècle et ça se ressent dans l’architecture hétéroclite de la ville. La part belle est quand même laissée aux maisons canariennes avec leurs balcons et leurs persiennes en bois sculpté.

Casa de los Balcones

Comme son nom l’indique, cette maison est connue pour ses superbes balcons en bois sculpté. Elle fut construite en 1632 comme maison seigneuriale et abrite aujourd’hui, depuis 1932, la fondation des métiers artisanaux des Canaries. Hors Covid, il est possible de visiter les ateliers, les plus important de tout l’archipel et d’acheter les objets qui y sont fabriqués.

En parlant de balcon, La Orotava est un véritable balcon sur Puerto de la Cruz et l’océan Atlantique. Par beau temps, on y voit bien le Teide mais là, Monsieur boude au-dessus de sa mer de nuages comme c’est souvent le cas en cette saison. Mais rassurez-vous, vous le verrez dans notre big article sur l’Anaga que nous sommes en train de vous préparer.

Plaza de l’Ayuntamiento

En Espagne, l’Ayuntamiento correspond à la mairie ou à l’hôtel de ville. A la Orotava, il faut avouer que ça en jette avec cet ensemble néoclassique typique de la fin du XVIIIe siècle. La place, construite sur une petite esplanade, est le seul endroit plat de la ville et c’est plutôt pratique pour sortir d’une cérémonie de mariage avec des talons aiguilles. Mais pour la suite, il vous faudra enfiler une paire de baskets, voire une jaquette pour les changements de météo. Pour la petite anecdote, le maire de la ville fait partie de la Coalition Canarienne. C’est un parti politique qui contient des adhérents de tout bord (nationalistes, libéraux, monarchistes, insulaires, centristes, conservateurs, écologistes, progressistes, etc) mais qui se revendiquent entièrement canariens. Une sorte de parti indépendantiste en somme, mais qui n’est pas fou au point de vraiment proclamer l’indépendance. Economiquement, la région ne s’en sortirait pas sans l’aide financière de la péninsule. Ce parti a quand même gouverné toute la communauté autonome des Canaries durant vingt-six ans jusqu’en 1993 avant de subir une motion de censure. Aujourd’hui son influence reste anecdotique dans quelques petites commune de l’archipel dont la Orotava.

Iglesia de la Concepcion

Nous avons là sûrement une des plus belles cathédrales de Tenerife avec son architecture baroque. Elle a été construite en 1768 mais a subi plusieurs transformations à travers les siècles. Sa superbe coupole a été dessinée sur le modèle du dôme de Florence, ce qui explique pourquoi elle nous a tapé dans l’œil. Pour la jolie petite histoire, Florence a été notre première destination d’amoureux. Pour les bulbes recouvrant les clochers, nous penchons pour une influence de l’Europe de l’Est mais nous n’avons trouvé aucune info à leur sujet. Comme presque partout à Tenerife, la cathédrale possède une forme qui épouse le relief très mal plat et irrégulier du lieu.

Ancien couvent de Santo Domingo

Il faut descendre jusqu’à la partie basse du centre historique pour découvrir cet édifice. Attention aux genoux, c’est très pentu! Cet ancien couvent date du XVIIe siècle et mixe joliment le style baroque classique de Toscane avec des détails typiquement canariens. Aujourd’hui, il abrite le musée de l’artisanat latino-américain.

Cité jardin

Une chose nous a frappée à la Orotava, c’est que la ville est remplie de jardins, pour notre plus grand bonheur! En plus, nous sommes en plein printemps et les fleurs, dont beaucoup d’espèces tropicales, déploient leurs plus belles couleurs et ça sent hyper bon. Ici aussi on peut noter plusieurs influences notamment anglaises et andalouses.

Jardins de Victoria

Ce superbe jardin en terrasses a été construit en 1884. C’était un mausolée pour Diego Ponte del Castillo, un marquis local. Aujourd’hui, le lieu a juste la fonction de jardin, la dépouille ayant été transférée dans le cimetière municipal. Les sept terrasses donnent un aspect plat à la ville mais ne vous y trompez pas, il faut grimper pour y accéder! Mais l’effort en vaut la peine, surtout en pleine floraison!

La Orotava pourrait, à l’instar de Garachico, également figurer sur la liste des plus beaux villages d’Espagne. En tout cas, il nous a conquis! Et comme nous sommes tout près, nous risquons bien de revenir déambuler dans ses ruelles, même si elles sont mal plates!

Garachico désigné un des plus beaux villages d’Espagne

Encore une fois, nous nous sommes fait avoir par le climat à la con particulier de Tenerife. Nous sommes partis de Puerto de la Cruz sous un soleil bien estival pour nous retrouver au froid sous les nuages. Après un trajet très vomito express en guagua, (vive le mal des transports sur les routes de montagnes, accentué par le port du masque!) nous retrouver avec un temps bien automnal nous a un peu coupé notre motivation. Heureusement, en Espagne, chaque problème à sa solution! Nous l’avons trouvée dans un café en sirotant un barraquito (café typique canarien) bien chaud et en papotant avec le patron du bistrot super sympa qui trouve aussi le climat de Tenerife bien pourri! Après nous être réchauffés le corps, le cœur et l’esprit, nous étions prêts à braver les éléments et à aller découvrir ce nouvel endroit.

Garachico se situe sur la côte nord-ouest de Tenerife et est littéralement coincée entre océan et montagnes où les nuages ont une fâcheuse tendance à s’accrocher sur ces dernières. Ce qui explique le climat un peu rude du lieu. Garachico est sur la liste des plus beaux villages d’Espagne. Nous avons donc dû aller vérifier par nous-même s’il mérite d’y figurer!

Centre historique

Garachico fut fondée en 1496 juste après la conquête de Tenerife par un banquier gênois du nom de Cristobal del Ponte et devint le port le plus important de l’île. Cette période faste dura jusqu’en 1706, date de l’éruption du Pico Viejo (le cratère secondaire du Teide). Heureusement, il n’y a pas eu de morts mais la ville a été recouverte de lave et le port complètement détruit. Suite à cet incident, les marchands se déplacèrent à Puerto de la Cruz provoquant le déclin de la ville. Aujourd’hui, il reste les jolies ruelles du centre historique aux façades colorées superbement rénovées qui nous rappellent quelques villes coloniales latino-américaines comme Quito, Arequipa, Antigua ou encore Campeche qui ont toutes été fondées à la même époque et dont certaines possèdent exactement le même climat. Ceci explique cela…

Plaza Juan Gonzalez de la Torre

Cette petite place date du début du XXe siècle mais a été conçue sur le modèle du centre historique avec ses maisons typiques canariennes. Elle porte le nom du maire de la ville qui était en fonction lors de sa construction.

Parque Puerto de la Tierra

Ce parc, attenant à la Plaza Juan Gonzalez de la Torre, contient le seul vestige restant du port détruit par l’éruption volcanique de 1706 : la « porte de terre » qui était le point d’accès à l’espace portuaire. C’est également un petit havre de verdure au milieu du village avec ses plantes subtropicales comme des hibiscus ou des oiseaux de paradis.

Iglesia Santa Ana

C’est la cathédrale de la ville. Elle a été construite en 1520 toujours par Cristobal del Ponte et possède le style baroque typique de cette époque. Elle a bien souffert de l’éruption volcanique de 1706 mais a été reconstruite à l’identique dès le XVIIIe siècle. La forme du bâtiment peut paraître bizarre au premier abord mais c’est parce-que la construction a dû s’adapter aux courbes du relief mal plat et irrégulier du lieu.

L’intérieur paraît sombre et épuré mais ce n’est qu’une première impression trompeuse! Les différentes chapelles sont richement décorées dans le style baroque de la Renaissance. Une d’entre elle (la dernière photo de la galerie ci-dessous) a même été réalisée par des indigènes mexicains au XVIe siècle.

Plaza de la Libertad

C’est le cœur du centre historique mais ça n’a pas toujours été le cas. Jusqu’au XVIIIe siècle, c’était un entrelacs de ruelles comme les autres. Mais le Pico Viejo détruisit cette partie de la ville lors de son éruption en 1706 et avec tout l’espace dégagé, on y édifia une grande place digne de ce nom. Elle connut plusieurs transformations au cours des siècles et elle est, aujourd’hui, bordée de magnifiques bâtiments comme la cathédrale Santa Ana où l’ayuntamiento (la mairie).

Castello San Miguel

Au XVIe siècle, Garachico était la ville avec la plus grande activité commerciale de toute l’île de Tenerife. Forcément, elle attirait les convoitises! Il fallait donc construire un fort défensif digne de ce nom surtout, qu’à cette même période, l’île de la Palma (extrême nord-ouest de l’archipel canarien) était la cible perpétuelle de pirates. A part quelques petits travaux, le fort présente encore aujourd’hui son aspect d’origine et est judicieusement situé face à l’océan Atlantique. La forme du fort nous rappelle ceux de Portobelo, au Panama même si là-bas, ils sont beaucoup plus grands.

Le front de mer

Amoureux des belles plages de sable, passez votre chemin, ça n’existe pas à Garachico. De toute façon, le climat n’est pas propice à la baignade. Néanmoins, il y a, pour les plus téméraires (ou les Suédois pas frileux!) de magnifiques piscines naturelles formées par la roche volcanique. Mais nous avons trouvé le centre historique tellement ouf que le bord de mer nous a paru moins pittoresque, surtout quand il est balayé par un p*** de vent du nord à décorner des bœufs!

Roque de Garachico

Cet éperon rocheux solitaire que nous apercevons depuis le front de mer de Garachico est une réserve naturelle pour les oiseaux. Ce rocher, haut de 65 mètres, est formé de basalte comme pratiquement tout Tenerife, et était rattaché à elle. Avec les années et l’érosion, la côte a reculé laissant juste ce rocher isolé de l’île. Comme c’est un espace protégé, nous ne pouvons pas y accéder afin de laisser la faune tranquille. Et c’est tant mieux! Nous pouvons tout de même apercevoir que, comme dans tout pays catholique qui se respecte, qu’une croix a été plantée au sommet. Mais c’est bien la seule intervention humaine qui n’ait jamais existé sur ce caillou.

Verdict : oui, Garachico mérite amplement sa place sur la liste des plus beaux villages d’Espagne et vaut amplement le détour malgré son climat pourri! Depuis Puerto de la Cruz, nous avons pris le bus direct mais il passe par les petites routes de montagnes pour desservir tous les bleds. En plus d’être très long, c’est très vomito express si vous avez, comme nous, le mal des transports et le port du masque n’arrange rien! Privilégiez plutôt la ligne 108 (Santa Cruz – Icod) qui passe par la route plus rapide du bas. Il faudra juste changer à Icod de los Vinos mais la correspondance est, en général, assurée.