Garachico désigné un des plus beaux villages d’Espagne

Encore une fois, nous nous sommes fait avoir par le climat à la con particulier de Tenerife. Nous sommes partis de Puerto de la Cruz sous un soleil bien estival pour nous retrouver au froid sous les nuages. Après un trajet très vomito express en guagua, (vive le mal des transports sur les routes de montagnes, accentué par le port du masque!) nous retrouver avec un temps bien automnal nous a un peu coupé notre motivation. Heureusement, en Espagne, chaque problème à sa solution! Nous l’avons trouvée dans un café en sirotant un barraquito (café typique canarien) bien chaud et en papotant avec le patron du bistrot super sympa qui trouve aussi le climat de Tenerife bien pourri! Après nous être réchauffés le corps, le cœur et l’esprit, nous étions prêts à braver les éléments et à aller découvrir ce nouvel endroit.

Garachico se situe sur la côte nord-ouest de Tenerife et est littéralement coincée entre océan et montagnes où les nuages ont une fâcheuse tendance à s’accrocher sur ces dernières. Ce qui explique le climat un peu rude du lieu. Garachico est sur la liste des plus beaux villages d’Espagne. Nous avons donc dû aller vérifier par nous-même s’il mérite d’y figurer!

Centre historique

Garachico fut fondée en 1496 juste après la conquête de Tenerife par un banquier gênois du nom de Cristobal del Ponte et devint le port le plus important de l’île. Cette période faste dura jusqu’en 1706, date de l’éruption du Pico Viejo (le cratère secondaire du Teide). Heureusement, il n’y a pas eu de morts mais la ville a été recouverte de lave et le port complètement détruit. Suite à cet incident, les marchands se déplacèrent à Puerto de la Cruz provoquant le déclin de la ville. Aujourd’hui, il reste les jolies ruelles du centre historique aux façades colorées superbement rénovées qui nous rappellent quelques villes coloniales latino-américaines comme Quito, Arequipa, Antigua ou encore Campeche qui ont toutes été fondées à la même époque et dont certaines possèdent exactement le même climat. Ceci explique cela…

Plaza Juan Gonzalez de la Torre

Cette petite place date du début du XXe siècle mais a été conçue sur le modèle du centre historique avec ses maisons typiques canariennes. Elle porte le nom du maire de la ville qui était en fonction lors de sa construction.

Parque Puerto de la Tierra

Ce parc, attenant à la Plaza Juan Gonzalez de la Torre, contient le seul vestige restant du port détruit par l’éruption volcanique de 1706 : la « porte de terre » qui était le point d’accès à l’espace portuaire. C’est également un petit havre de verdure au milieu du village avec ses plantes subtropicales comme des hibiscus ou des oiseaux de paradis.

Iglesia Santa Ana

C’est la cathédrale de la ville. Elle a été construite en 1520 toujours par Cristobal del Ponte et possède le style baroque typique de cette époque. Elle a bien souffert de l’éruption volcanique de 1706 mais a été reconstruite à l’identique dès le XVIIIe siècle. La forme du bâtiment peut paraître bizarre au premier abord mais c’est parce-que la construction a dû s’adapter aux courbes du relief mal plat et irrégulier du lieu.

L’intérieur paraît sombre et épuré mais ce n’est qu’une première impression trompeuse! Les différentes chapelles sont richement décorées dans le style baroque de la Renaissance. Une d’entre elle (la dernière photo de la galerie ci-dessous) a même été réalisée par des indigènes mexicains au XVIe siècle.

Plaza de la Libertad

C’est le cœur du centre historique mais ça n’a pas toujours été le cas. Jusqu’au XVIIIe siècle, c’était un entrelacs de ruelles comme les autres. Mais le Pico Viejo détruisit cette partie de la ville lors de son éruption en 1706 et avec tout l’espace dégagé, on y édifia une grande place digne de ce nom. Elle connut plusieurs transformations au cours des siècles et elle est, aujourd’hui, bordée de magnifiques bâtiments comme la cathédrale Santa Ana où l’ayuntamiento (la mairie).

Castello San Miguel

Au XVIe siècle, Garachico était la ville avec la plus grande activité commerciale de toute l’île de Tenerife. Forcément, elle attirait les convoitises! Il fallait donc construire un fort défensif digne de ce nom surtout, qu’à cette même période, l’île de la Palma (extrême nord-ouest de l’archipel canarien) était la cible perpétuelle de pirates. A part quelques petits travaux, le fort présente encore aujourd’hui son aspect d’origine et est judicieusement situé face à l’océan Atlantique. La forme du fort nous rappelle ceux de Portobelo, au Panama même si là-bas, ils sont beaucoup plus grands.

Le front de mer

Amoureux des belles plages de sable, passez votre chemin, ça n’existe pas à Garachico. De toute façon, le climat n’est pas propice à la baignade. Néanmoins, il y a, pour les plus téméraires (ou les Suédois pas frileux!) de magnifiques piscines naturelles formées par la roche volcanique. Mais nous avons trouvé le centre historique tellement ouf que le bord de mer nous a paru moins pittoresque, surtout quand il est balayé par un p*** de vent du nord à décorner des bœufs!

Roque de Garachico

Cet éperon rocheux solitaire que nous apercevons depuis le front de mer de Garachico est une réserve naturelle pour les oiseaux. Ce rocher, haut de 65 mètres, est formé de basalte comme pratiquement tout Tenerife, et était rattaché à elle. Avec les années et l’érosion, la côte a reculé laissant juste ce rocher isolé de l’île. Comme c’est un espace protégé, nous ne pouvons pas y accéder afin de laisser la faune tranquille. Et c’est tant mieux! Nous pouvons tout de même apercevoir que, comme dans tout pays catholique qui se respecte, qu’une croix a été plantée au sommet. Mais c’est bien la seule intervention humaine qui n’ait jamais existé sur ce caillou.

Verdict : oui, Garachico mérite amplement sa place sur la liste des plus beaux villages d’Espagne et vaut amplement le détour malgré son climat pourri! Depuis Puerto de la Cruz, nous avons pris le bus direct mais il passe par les petites routes de montagnes pour desservir tous les bleds. En plus d’être très long, c’est très vomito express si vous avez, comme nous, le mal des transports et le port du masque n’arrange rien! Privilégiez plutôt la ligne 108 (Santa Cruz – Icod) qui passe par la route plus rapide du bas. Il faudra juste changer à Icod de los Vinos mais la correspondance est, en général, assurée.

Puerto de la Cruz, la perle du nord de Tenerife

Nous vous l’avions annoncé en grande pompe dans notre dernier article et sur les réseaux sociaux et, voilà, c’est fait, nous nous sommes enfin installés au nord de Tenerife. Ce déménagement était un souhait de notre part car nous voulions découvrir quelque-chose de nouveau et surtout de moins désertique que le sud. Après quatre mois au même endroit, nous avions envie de changement et le fait de savoir qu’il nous reste beaucoup de choses à découvrir dans ce nouveau coin nous motive à fond et nous fait un peu oublier notre sédentarisme forcé.

Puerto de la Cruz est située au nord-ouest de Tenerife et, de ce fait, reçoit beaucoup plus les influences de l’océan Atlantique que du Sahara! C’est beaucoup plus verdoyant que le sud et surtout, il y a un taux d’humidité acceptable! Quel bonheur! Nous avons appris par hasard grâce à un jeu télévisé de la télé locale canarienne que c’est la plus petite commune de tout l’archipel, ce qui risque d’être bien embêtant en cas de confinement périmétral. A la base, c’était juste le port de la ville d’Orotava, située plus haut dans les montagnes. Le port le plus important de la côte nord-ouest se trouvait à Garachico. Mais ce dernier a été enseveli sous une coulée de lave en 1706 et Puerto de la Cruz dut prendre le relais des activités portuaires et, par conséquent, prit de l’importance. Le tourisme se développa à partir du XIXe siècle avec l’arrivée des Anglais. Aujourd’hui, c’est une petite ville qui mixe joliment histoire, culture, playa, nature et, malheureusement, usines à touristes.

Casco historico

Nous n’avions plus déambulé dans les rues d’un vrai centre historique depuis bien longtemps et ça nous avait manqué. Celui de Puerto de la Cruz n’est pas très grand mais vaut le détour. Si les couleurs et quelques détails architecturaux vous rappellent les villes coloniales d’Amérique latine, c’est normal car tout date de la même époque. (XVIe – XVIIe siècles) Les iles Canaries étaient une étape importante sur la route maritime atlantique qu’empruntaient les conquistadors espagnols pour se rendre au Nouveau Monde, donc ils y construisirent des villes et des ports. Par contre, les persiennes en bois, les balcons-galeries en bois également et les angles en briques de basalte (la pierre noire d’origine volcanique) sont typiquement canariens. Mais il y a, ici, un grand avantage par rapport à l’autre côté de l’océan, les rues du centre sont presque toutes entièrement piétonnes!

Parroquia Matriz de Nuestra Señora de la Peña de Francia

Quel nom grandiloquent pour une cathédrale qui ne l’est pas! Surtout que c’est un nom qui nous vient tout droit de la région de Salamanca (nord-ouest de l’Espagne) et nous ne savons pas trop pourquoi il a atterri à Tenerife. L’église a été construite en 1697 avec du basalte, d’où sa couleur sombre. Elle a subi une rénovation au XIXe siècle où une bonne partie des détails architecturaux comme des balcons ont été enlevés et c’est bien dommage car ça lui aurait donné un certain charme qui lui manque actuellement. Après avoir vu des dizaines d’édifices religieux en Espagne, nous trouvons cette église bien quelconque. Par contre, nous trouvons le petit parc avec les palmiers et les dragons à l’entrée bien sympa mais, comme nous avons été cruellement en manque d’arbres dans le sud, nous ne sommes sûrement pas objectif.

Ermita de San Telmo

Cette petite chapelle, qui date de 1870, fait office d’OVNI dans le quartier de San Telmo car le coin s’est converti en véritable usine touristique avec des grands hôtels, des bars et des restaurants internationaux avec des menus écrits en allemand et… en finnois! Oui, Puerto de la Cruz est un vrai fief pour les Finlandais mais nous ne pouvons pas les blâmer de préférer le climat tempéré de Tenerife à celui, moins agréable, de leur pays. Heureusement, l’Ermita de San Telmo a résisté aux promoteurs immobiliers et se dresse fièrement, entouré de bananiers (oui, nous faisons une petite fixette sur les arbres tellement nous sommes ravis d’en revoir!) sur un promontoire rocheux dominant l’océan Atlantique.

Castillo de San Felipe

Vivre sur un archipel qui appartient au royaume européen le plus puissant du moment et qui a conquis une bonne partie de l’Amérique c’est super cool! Mais il y a un revers de médaille : ça attire les convoitises et les attaques de pirates! Les Espagnols étant doués pour la construction de châteaux et autres fortifications y bâtirent ce fort au XVIIe siècle dans un style, cette fois, purement colonial afin de défendre la ville. Outre son usage défensif, le fort fit également office d’infirmerie, de lieu de quarantaine, de dépôt, et de bureau pour différentes sociétés locales. Aujourd’hui, c’est un centre culturel avec une petite salle de concert. Evidemment, avec la situation sanitaire actuelle, tout est fermé. Si l’édifice a été rénové de fond en comble durant le XXe siècle, le canon qui se trouve devant l’entrée est d’origine.

Le front de mer

Si les touristes accourent à Puerto de la Cruz c’est en partie grâce à son front de mer incroyable! Il y en a pour tous les goûts. Il y a une belle plage, Playa Jardin, de sable volcanique bien noir qui nous provient directement du Teide himself! Elle est abritée des courants et propice à la baignade à condition de bien aimer l’eau froide. Les surfeurs peuvent s’en donner à cœur joie à la Playa de Martianez, au nord-ouest de la ville, où les vagues sont au rendez-vous. Quant aux plus téméraires, ils peuvent se baigner dans les piscines naturelles entre les rochers du côté de la Punta Brava. C’est magnifique et l’eau y est super claire mais il faut tout de même être un nageur aguerri et ne pas avoir peur des énormes crabes qui peuplent les lieux. Sinon, pour une baignade tranquille, il y a les piscines de Manrique sur le front de mer du centre mais tout est actuellement fermé pour cause de crise sanitaire.

Punta Brava

C’est l’ancien quartier de pêcheurs de Puerto de la Cruz et le temps s’y est presque arrêté. Il est situé sur un promontoire rocheux qui forme une petite péninsule s’avançant dangereusement dans l’océan Atlantique. On y trouve enfin une petite ambiance africaine avec des petites maisons colorées un peu défraîchies et une vrai douceur de vivre. Car, même si administrativement les Canaries appartiennent à l’Espagne, donc à l’Europe, elle sont situées en Afrique au large des côtes marocaines et du Sahara Occidental. C’est dans ce quartier que nous avons posé nos sacs à dos pour quelques temps et il faut bien reconnaître que nous ne sommes absolument pas à plaindre.

Los Roques

Cet endroit, situé juste au sud de la Punta Brava, porte bien son nom puisqu’il signifie « les rochers ». Les pics rocheux qui émergent de l’océan faisaient auparavant partie intégrante de l’île de Tenerife mais l’érosion a tellement bien fait son travail qu’elle a tout grignoté sur son passage. On peut accéder à la plage par un joli sentier à flanc de côteau mais il est actuellement fermé pour cause de chute de pierres.

Bon puisque le sentier n’est pas praticable, il faut bien en trouver un autre au prix d’une bonne grimpette. Mais la vue une fois en haut vaut amplement l’effort.

Rambla de Castro

C’est un sentier qui traverse une réserve naturelle de 46 hectares. A certains endroits, il surplombe l’océan et à d’autres, il traverse une magnifique végétation luxuriante composée notamment d’espèces endémiques comme le dragon ou le palmier des Canaries. Le chemin est souvent bordé par de la lavande sauvage et ça sent super bon! Après des mois passés dans le sud désertique, nous sommes super contents de revoir du vert et des arbres!

Elevador de Aguas de Gordejuela

En chemin, nous pouvons apercevoir ce bâtiment en ruines qui surplombe l’océan. C’est une ancienne station de pompage qui a été construite en 1903. Elle abritait la toute première machine à vapeur de Tenerife. Mais l’usine a été assez vite abandonnée car impossible à entretenir à cause de la difficulté d’accès dû au terrain escarpé.

La Casona

C’est le but de la promenade par la Rambla de Castro. C’est la maison de la famille à qui appartenait une grande plantation de bananes et de canne à sucre au XVI siècle. Aujourd’hui, les champs ont été rendu à la nature, et il reste juste la maison, superbement restaurée, se dressant fièrement au milieu des palmiers.

Madre de Agua

Il fallait bien arroser toutes les plantations de la Casona! Pour cela, on utilisait l’eau qui provenait des sommets et qui ressortait par la roche poreuse. L’eau était ensuite amenée dans les champs grâce à un système d’irrigation qui ressemble fortement à nos bisses valaisans.

La balade est vraiment sympa et très belle mais le clou du spectacle reste la vue incroyable sur les falaises qui se jettent dans l’océan Atlantique.

Ce n’est qu’une première impression mais il nous semble que nous avons touché le gros lot en choisissant Puerto de la Cruz comme lieu de villégiature. Surtout que toute la région à l’air de regorger de coins idylliques à découvrir! Nous avons hâte d’aller explorer tout ça!

La Candelaria, chez la patronne de toutes les Canaries

Nous sommes partis depuis notre fief de San Isidro pour la Candelaria lors d’une très belle matinée ensoleillée… pour nous retrouver sous une pluie battante à l’arrivée! Pourtant, nous avons tout juste parcourus une vingtaine de kilomètres en direction du nord. Ah Tenerife et ses microclimats qui vont finir par nous rendre dingues! Mais ce n’est pas quelques gouttes d’eau qui vont nous arrêter même si nous ne sommes pas assez équipés! Encore une leçon que nous venons d’apprendre : ne jamais être trop optimiste avec la météo dans les Canaries! Mais nous devons quand même reconnaitre qu’après un épisode de calima particulièrement éprouvant pour notre système respiratoire, nous ne sommes pas mécontents de retrouver un taux d’humidité de l’air suffisant.

La Candelaria se trouve sur la côte orientale à une petite vingtaine de kilomètres au sud de Santa Cruz de Tenerife, la capitale de l’île, dont elle fait office de banlieue chic avec ses clubs nautiques et ses restos branchés.

Centre historique

Le centre historique est composé de petites maisons typiques canariennes avec leur balcon en bois, coincées entre mer et montagnes. Avec le temps maussade, l’océan déchaîné et les habitations à flanc de coteau, nous nous serions vraiment cru dans un petit village des Asturies ou de Cantabrie, deux régions situées au nord de l’Espagne, sur la côte atlantique, où le climat est encore plus chelou qu’aux Canaries! (oui, ça existe!) Le premier village date du XIV siècle et fut construit par les Guanches, le peuple autochtone de la famille des Berbères qui peuplaient l’archipel avant l’arrivée des conquistadors espagnols.

Cueva de San Blas

Cette grotte creusée dans la roche volcanique a plus une importance symbolique que géologique même si elle est impressionnante. C’est ici que serait apparue la Vierge Marie au peuple guanche mais l’endroit était déjà un lieu de culte païen bien avant la christianisation. Il y a une statue en bronze de la Vierge à l’intérieur mais nous n’avons pas pu y accéder pour cause de travaux. De toute façon, avec les vagues qu’il y a, nous nous serions faits trempés. C’était un grand lieu de pèlerinage catholique avant la construction de la basilique quelques mètres en amont. Le petit ermitage à l’entrée de la grotte date de 1790 et est le tout premier édifice de culte chrétien érigé dans l’archipel des Canaries.

Basilique de la Candelaria

Voilà pourquoi nous avons bravé le vent, le froid et la pluie! Candelaria signifie en français « Chandeleur ». Oui, celle que nous fêtons dans les pays francophones le 2 février en mangeant des crêpes! Et nous l’avons d’ailleurs fêtée dignement cette année, on ne dit jamais non aux crêpes! Mais aux Canaries, c’est beaucoup plus important que quelques galettes puisque la « Virgen de la Candelaria » (Vierge de la Chandeleur ») est la patronne de tout l’archipel! Rien que ça! La grande place sur laquelle se trouve la basilique s’appelle d’ailleurs la « Place de la Patronne des Canaries » et a été conçue pour accueillir une foule de pèlerins lors de la procession de la Chandeleur. (hors Covid bien sûr!) La basilique actuelle ne date que de 1959. Nous avons été très surpris par la date de construction assez récente car son style architectural nous a bien fait penser aux églises Renaissance espagnoles que nous avons vues en Amérique du Sud et qui datent, pour la plupart, du XVe ou XVIe siècle. Cette énorme place, cette église néoclassique ainsi que le temps plutôt à la pluie nous a rappelé Quito que nous avons visité dans les mêmes conditions. Ici, il y a juste l’océan Atlantique en plus qui vient frapper la place de ses vagues déchaînées.

L’intérieur paraît sobre au premier abord mais les fresques sont vraiment admirables. La Candelaria est le plus grand sanctuaire catholique des Canaries et même un des plus grand d’Espagne. Elle accueille, hors période Covid bien sûr, plus de deux millions et demi de pèlerins par an, plus les touristes de passage comme nous. Avec la situation sanitaire et la météo maussade du jour, nous avons trouvé un lieu presque vide. Nous avons vraiment de la peine à imaginer cet endroit rempli de fidèles.

Le front de mer

Difficile de le remarquer avec la marée haute, les grosses vagues et le temps tout gris mais la Candelaria possède une jolie plage de sable noir provenant de la roche volcanique et du Teide himself. La promenade qui longe l’océan est vraiment sympa et offre, quand il fait beau, une jolie vue sur la côte mais, lors de notre passage, le courant était tellement fort que nous nous sommes fait rincés par les vagues et l’eau était vraiment très froide! Les statues qui bordent la place de la Patronne des Canaries représentent les différents chefs guanches que connut Tenerife durant son histoire. Il y a également un petit port de pêche avec une confrérie locale de pêcheurs qui approvisionnent les restaurants locaux très prisés par les habitants de la capitale.

Nous n’avions pas prévu une météo aussi pourrie mais elle a donné un charme un peu breton ou galicien au lieu et ça nous a finalement bien plu. Plus à Fab qu’à Van pour être vraiment honnêtes! Nous étions un peu en manque de culture ces derniers temps donc nous avons été bien contents de trouver un petit coin avec une petite histoire à raconter.

Petite spoiler alert!!

Ceux qui nous suivent sur les réseaux sociaux sont déjà au courant de notre futur déménagement. Pour les autres, nous avons le plaisir de vous annoncer que nous allons changer de coin pour aller nous installer au nord. Quand nous disons « nord » nous parlons de la partie septentrionale de l’île de Tenerife pas du Grand Nord! Nous ne sommes pas téméraires à ce point! Nous avons trouvé une coloc qui a l’air sympa dans la petite ville de Puerto de la Cruz, au nord-ouest de Tenerife et le coin à vraiment l’air idyllique. Nous y emménagerons le 5 mars. En attendant, nous vous donnons un petit aperçu de notre futur lieu de vie avec ces quelques photos que nous avons prises lors de la visite de notre appartement. Vous remarquerez qu’il y a l’air d’avoir un meilleur climat qu’à La Candelaria!

Tajao et les villages côtiers de l’est de Tenerife

Nous n’avons pas été très productifs en découvertes ces derniers temps. Les mesures anti-Covid nous recommandent, entre autres, de ne pas quitter notre commune. C’est une recommandation pas une obligation mais nous préférons tout de même nous y conformer le plus possible et jouer le jeu si nous voulons que cette situation cesse enfin! Et comme il y a pas mal de petites balades à faire dans les volcans à côté de chez nous, ce n’est pas vraiment une contrainte.

La météo est également venue jouer les trouble-fêtes. Nous n’avons pas vu les sommets des montagnes depuis un bon mois et le temps est très instable. Pas facile dans ces conditions d’organiser une randonnée. Le coup de grâce nous a été donné par Filomena, une tempête venue tout droit de l’Atlantique qui nous a apporté des fortes rafales de vent ainsi que des pluies torrentielles et qui nous a contraints de rester à l’intérieur pendant trois jours consécutifs! Ça ne nous était jamais arrivé, même en Suisse en plein hiver! Evidemment, dès la première accalmie, nous avons chaussé nos baskets et sommes partis à l’aventure même si nous avons dû composer avec une météo très changeante et capricieuse.

San Miguel de Tajao

Depuis notre déménagement à San Isidro, en dessus de la station balnéaire d’El Medano, nous sommes bien situés pour aller découvrir la côte est de Tenerife. Nous nous arrêtons à la localité de San Miguel de Tajao, appelée tout simplement Tajao pour ne pas être confondue avec l’autre San Miguel, celui de Abona. C’est un petit village de moins de deux cents âmes qui vit exclusivement de la pêche. Il y a d’ailleurs plus de restaurants de poissons que d’habitants! Mais ils sont tellement réputés que les gens viennent exprès des quatre coins de l’île, et même d’ailleurs, pour déguster des fruits de mer fraîchement pêchés. En journée, l’ambiance est vraiment calme, loin de l’agitation touristique des stations balnéaires du sud et de l’ouest. Il n’y a pas un hôtel ni aucune infrastructure touristique et ça nous plait énormément!

Les falaises

Au nord du village, sur la côte, se dressent de magnifiques et impressionnantes falaises qui appartiennent déjà au parc national du Teide. Pour rappel, le Teide est, avec ses 3718 mètres d’altitude le point culminant de Tenerife, et de toute l’Espagne. Mais il ne se laisse pas vraiment observer ces derniers temps, il se cache en permanence sous une épaisse couche de nuages. Aux dernières nouvelles, la tempête Filomena lui aurait apporté un joli manteau neigeux.

Barranco de Vijagua et Arco de Tajao

Nous devons ce coin extraordinaire, juste en dessus de San Miguel de Tajao, à Dame Nature et à des années d’érosion. A l’origine, ce n’était qu’une grosse masse de lave que nous devons au Teide himself. Et voilà ce que ça donne plus de deux mille ans plus tard! Après le passage de Filomena, c’est la première fois que nous pouvons observer un barranco avec de l’eau!

Nous aurions pu nous contenter de cette petite boucle, déjà très intéressante, autour de San Miguel de Tajao mais nous étions motivé à continuer un peu notre randonnée en longeant la côte en direction du sud même si l’arrivée de la pluie a failli nous faire changer d’avis.

Las Arenas

Appeler un village « Las Arenas » (les sables en français) dans un endroit où il n’y a que de la roche et des galets, il fallait oser! C’est tout aussi calme et endormi que le voisin San Miguel. Le village à la particularité d’être construit en cercle autour d’un éperon rocheux. Le relief a Tenerife est très accidenté, il faut une bonne dose d’ingéniosité pour y construire les urbanisations.

Nous continuons notre chemin en direction du sud dans un paysage de falaises et d’éperons rocheux vraiment incroyable. Nous devons tout cela aux diverses éruptions du Teide.

La Caleta

Ce petit hameau porte bien son nom (caleta signifie crique en français) car il est construit sur un éperon rocheux encerclé par deux petites criques. Ici aussi il a fallu faire preuve d’ingéniosité pour construire le village sur ce relief très particulier.

Las Maretas

C’est le plus grand village que nous avons traversé et aussi le plus animé. Mais nous sommes encore loin de la frénésie de Los Cristianos ou d’El Medano. Le village est construit sur divers éperons rocheux et longe une superbe plage de galets. C’est le dernier village de notre petite randonnée car ensuite, il y a un grand parc éolien et ce n’est pas très intéressant.

Barranco del Rio

Comme il nous faut remonter sur l’autoroute pour prendre notre guagua de retour, nous empruntons une partie du barranco del rio qui longe le village de las Maretas dans sa partie sud. Suite aux pluies diluviennes de la veille, nous avons de la chance d’y apercevoir un peu d’eau.

En pratique

  • Itinéraire : Nous avons pris la guagua 111 depuis l’intercambiador de San Isidro, celui qui fait le tour de Santa Cruz à Adeje par l’autoroute en s’arrêtant partout. Nous sommes descendus à l’arrêt Tajao. Nous avons emprunté le barranco de Vijagua pour aller observer l’arco de Tajao avant de descendre en direction de l’océan et rejoindre San Miguel de Tajao. Le sentier n’étant pas balisé, il faut prévoir une application maps sur votre smartphone. Une fois à San Miguel, c’est facile, il suffit de longer la côte et les villages se succèdent en étant très proches. Depuis, Las Maretas, nous avons emprunté le barranco del Rio pour rejoindre l’autoroute. Là aussi une application maps peut être utile.
  • Distance : environ 6,5 kilomètres
  • Temps de parcours : environ deux heures et demies
  • Dénivelé : 60 mètres en descente, 80 mètres en montée
  • Difficulté : moyen. Le chemin n’est pas toujours évident à trouver dans les barrancos mais il n’y a rien de très difficile.

Nous sommes contents d’avoir enfin pu découvrir quelque-chose de nouveau même si la météo a changé au moins quatorze fois durant les deux heures et demi de marche! (Et notre humeur aussi du coup). Nous avons arrêté de compter combien de fois nous avons dû enlever et remettre notre veste! Si les restrictions Covid restent en vigueur au moins jusqu’à la fin du mois, la météo s’annonce, quant à elle, plus clémente. Nous espérons qu’elle nous permettra de prendre un peu d’altitude afin de marcher un peu du côté de Granadilla qui fait encore partie de notre commune. Mais les prévisions climatiques aux Canaries sont aussi fiables que l’horoscope dans le journal!

La réserve naturelle de Malpais de la Rasca et son phare

Encore une fois, nous nous sommes dirigés vers l’océan pour la balade du jour. La faute, encore, à la météo. Les Canaries n’ont pas été directement touchées par la tempête Ernest mais cette dernière nous a quand même apporté de forts vents et des nuages qui s’accrochent désespérément aux sommets des volcans. Mais, il faut avouer, qu’en grands amoureux de la mer, nous n’avons pas vraiment été gênés de devoir nous contenter du littoral. Nous voulions également profiter de nous rendre encore une fois du côté du sud, sud-ouest de Tenerife car, la semaine prochaine, nous déménageons. La famille de la fille qui nous loue l’appartement débarque d’Allemagne pour les fêtes de fin d’année et nous avons dû leur laisser la place. Mais pas de panique, nous avons rapidement trouvé quelque-chose d’autre pour nous loger. Nous serons à San Isidro, juste en dessus de El Medano. Finalement, nous nous en sortirons gagnants car le village, beaucoup plus grand que Las Chafiras où nous logeons actuellement, est beaucoup mieux desservi par les guaguas. Nous serons également mieux placés pour visiter l’est de l’île que nous ne connaissons pas encore.

Las Galletas

Nous commençons notre petite balade au port de Las Galletas, au sud de l’île. Si le nom du lieu signifie littéralement « les biscuits », le village n’a rien de très alléchant. C’est une petite station balnéaire datant des années 1970 et qui a très mal vieilli. Il y a juste un petit port de pêche et une marina qui sont sympas. Depuis là, nous mettons le cap sur l’ouest.

Playa de los Enojados

A la sortie de las Galletas, nous longeons la petite plage de los Enojados. C’est une petite plage de sable longue de 80 mètres. Elle est située dans une petite anse qui l’abrite un peu des forts vents qui soufflent souvent sur la région. Elle est fréquentée principalement par des naturistes.

Punta Negra

Nous faisons un petit détour de quelques centaines de mètres par la Punta Negra. Elle porte bien son nom de « Pointe Noire » puisqu’elle est composée principalement de basalte, la fameuse roche noire volcanique. Cette pointe a été formée par une éruption volcanique sous-marine et possède des fossiles de mollusques tropicaux qui datent d’il y a plus de 100’000 ans. Oui, à cet époque là, le climat des Canaries était beaucoup plus chaud et humide qu’actuellement. Nous ça nous arrangerait bien le retour du climat tropical sur l’archipel!

El Banco

Toujours en direction de l’ouest, nous longeons le littoral dit d’El Banco. Nous y trouvons de superbes piscines naturelles mais nous trouvons le courant vraiment trop fort pour la baignade. Et Van trouve l’eau beaucoup trop froide!

L’avantage des courants de l’Atlantique, c’est qu’ils apportent un peu d’humidité. Pas beaucoup, on reste dans un climat semi-aride, mais assez pour faire pousser de la végétation. Nous avons d’ailleurs été assez étonné de trouver autant de vert dans le sud, même si on le doit surtout à des cactus!

Réserve naturelle Malpais de la Rasca

Après toutes ces merveilles, nous arrivons enfin à notre but du jour : la réserve naturelle de Malpais de la Rasca. Nous en avions déjà pris plein les yeux dans la première partie de notre balade. Eh bien, nous n’avions encore rien vu! Malpais est un nom qui ne se traduit pas en français (Ceux qui ont traduit « mauvais pays », sortez tout de suite!) et qui signifie un accident de relief caractérisé par la présence de roches volcaniques peu érodées dans un milieu aride. Ce sont pratiquement les seuls endroits volcaniques où la terre n’est pas fertile. Cette particularité géographique n’existe qu’à Tenerife et au Nouveau-Mexique.

Le Malpais de la Rasca est une réserve naturelle de 315 hectares et contient une partie côtière avec le basalte se jetant dans l’océan et une partie terrestre avec une végétation typique de cap aride. C’était un territoire occupé par les Guanches, proches cousins des Berbères qui habitaient l’archipel canarien avant l’arrivée des Espagnols. Avec une pluviométrie moyenne annuelle d’à peine 62 millimètres, la réserve est le coin de plus sec de toutes les Canaries, et ça se voit!

Faro Punta de Rasca

Sur la côte de la réserve se dresse un phare haut de 32 mètres et contrôlant la navigation au large de toute la côte sud de Tenerife. Il date de 1978 mais il existait déjà un ancien phare depuis le milieu du XIXe siècle. S’il n’y avait pas les cactus aux alentours, nous nous serions vraiment cru sur les côtes bretonnes.

Montaña Grande

Non ce n’est pas Uluru, la fameuse montagne rouge au milieu de l’outback australien même si nous devons reconnaître qu’il y a un petit air de famille. Ce volcan qui domine la réserve naturelle s’appelle simplement Montaña Grande et culmine à 278 mètres. Il y aurait un superbe point de vue au sommet. En tout cas, ce volcan a éveillé notre curiosité et nous allons l’ajouter à notre liste à idées déjà très longue!

La balade se termine à Palm-Mar, à l’autre extrémité de la réserve. C’est un coin qui a déjà été une arrivée d’une de nos randonnées depuis Los Cristianos, la Montaña Guaza.

En pratique

  • Itinéraire : Las Galletas – Palm-Mar par la côte. Si vous utilisez les transports publics, sachez que le dernier guagua part de Palm-Mar vers 16h30, prévoyez donc d’y arriver avant! Le sentier suit l’océan tout le long. Il n’est pas indiqué mais bien tracé.
  • Distance : environ dix kilomètres
  • Temps de parcours : nous avons mis trois bonnes heures mais nous avons pris le temps de faire quelques détours vers les piscines naturelles
  • Dénivelé : quasi nul
  • Difficulté : facile, c’est presque tout plat. Il faut juste avoir de bonnes chaussures car le sentier est fait de caillasse.

C’est clairement une de nos plus jolies balades sur Tenerife, et pourtant, nous avions déjà mis la barre très haut! Nous espérons, après Clément et Ernest, que les tempêtes hivernales atlantiques nous laissent un peu tranquilles et nous permettent de profiter des activités outdoor dont des randonnées en montagne qui commencent quand même à nous manquer. Nous allons également découvrir ce qu’il sera possible de découvrir depuis San Isidro, notre nouveau lieu d’habitation depuis la semaine prochaine.

El Medano et la Montaña Pelada

La météo ne nous a pas gâtés ces derniers jours. Tempêtes et pluies se sont succédé dans l’archipel compromettant nos activités à l’extérieur. C’est le revers de la médaille de vivre au milieu de l’océan Atlantique Nord connu pour ses bourrasques hivernales. Heureusement, les températures sont tout de même restées assez clémentes même si le Teide, du haut de ses 3718 mètres, s’est paré d’un magnifique manteau neigeux.

Evidemment, dès que le soleil est revenu, nous avons vite rechaussé nos baskets et sommes partis à la découverte d’un nouveau coin de Tenerife. Seul bémol, il y a un vent à décorner des bœufs formant des mini tempêtes de sable. Nous avons littéralement « bouffé du sable ». Mais tout ce qui ne tue pas rend plus fort et ça ne nous a pas empêché de profiter d’une jolie petite balade dans un superbe paysage, une fois de plus.

Playa de la Jaquita

Comme la météo en montagne est encore mitigée, nous nous sommes, encore une fois, rabattus sur le littoral. Mince alors! Comme pour la Montaña Roja, notre point de départ est la station balnéaire d’El Medano. Mais cette fois, nous partons en direction du nord en longeant la superbe plage de la Jaquita qui possède quelques dunes. Elle ressemble à une plage de rêve, surtout à Tenerife ou les longues plages de sables sont assez peu nombreuses, mais attention, les courants marins peuvent être très forts et la baignade est plutôt dangereuse. Par contre, c’est un véritable paradis pour pratiquer le kite-surf!

Montaña Pelada

Notre but du jour est la boucle de la Montaña Pelada. Elle se situe juste après la playa de la Jaquita. On doit la formation de ce volcan à une éruption volcanique il y a plusieurs millions d’années. Le phénomène d’hydromagmatisme, c’est-à-dire l’interaction violente entre la lave brûlante et l’océan plutôt froid, a créé ce cône volcanique d’un kilomètre et demi de diamètre. Nous ignorons l’origine du nom « Montaña Pelada » (montagne pelée en français) mais nous imaginons que c’est dû à ses flancs complètement « pelés », dépourvus de végétation car constamment balayés par les forts vents de l’océan Atlantique.

Nous entamons l’ascension du volcan par le côté océan ce qui, par fort vent, n’est pas l’idée du siècle. Nous sommes près du bord et les rafales jouent dangereusement avec notre équilibre, surtout celui de Van qui, avec sa petite taille, ne pèse pas bien lourd. Mais qui dit vent dit également érosion et cette dernière a façonné un paysage extraordinaire, presque lunaire, depuis des millénaires.

Playa de la Montaña Pelada

Si nous avons pris le chemin côtier pour monter, c’est pour pouvoir observer d’en haut, entre deux bourrasques, la magnifique plage de la Montaña Pelada qui, comme son nom l’indique, est située juste au pied du volcan. Cette plage est superbe coincée dans sa petite baie. Mais ne vous y trompez pas! Elle est vraiment déconseillée pour la baignade, les courants sont forts et les rochers dangereux!

C’est après cette magnifique grimpette que nous arrivons, finalement assez facilement au sommet qui culmine à l’altitude très honorable de 67 mètres! La vue sur El Medano et la Montaña Roja est magnifique. De l’autre côté, c’est moins glamour, il y a l’institut technologique des énergies renouvelables avec ses éoliennes et ses panneaux solaires. Ce n’est pas très joli pour le paysage mais c’est important. Les Canaries veulent à tout prix cesser de dépendre des énergies fossiles qui sont très polluantes et qui doivent être importées. Et comme, il y a du vent et du soleil à volonté dans l’archipel, autant en profiter! Nous saluons en tout cas l’effort fourni par la région pour essayer de créer une énergie propre!

Barranco de la Rajita

Comme la plupart des reliefs à Tenerife, la Montaña Pelada possède aussi son barranco, cette grande faille façonnée par l’érosion. Il est assez impressionnant et descend directement sur l’océan où il débouche sur une petite plage naturiste.

La caldera

Nous avons grimpé au sommet de la Montaña Pelada… pour mieux nous plonger dans la caldera (ou cratère si vous préférez). On y distingue plusieurs sortes de roches, résultat des diverses phases de l’hydromagmatisme. Nous arrivons mieux à apercevoir les différentes couleurs de roches que sur la Montaña Colorada pourtant réputée pour ses différentes couches géologiques colorées. Il y a juste quelques buissons, qu’on appelle ici « tabaidal dulce » qui résistent à l’acidité du sol et au fort vent, même s’il est un peu plus modéré à l’intérieur de la caldera.

Nous redescendons par le chemin à l’intérieur des terres, plus abrité. C’est moins pittoresque qu’à l’aller mais la végétation s’y plait beaucoup mieux.

Antena de Central

A la fin de notre promenade, nous sommes tombés sur cette énorme antenne parabolique abandonnée, semble-t-il, depuis des années. Pourtant, elle ne date que de 2008! Elle faisait partie d’un grand projet de centrale thermique fonctionnant à l’énergie solaire. Mais voilà, la centrale n’avait pas reçu l’autorisation de construire dans la zone protégée de la Montaña Pelada et le proche voisinage s’est empressé d’aller dénoncer ce vice de forme aux autorités compétentes. Les Espagnols sont sympas et chaleureux mais ce sont également les rois de la délation, ce qui les rend insupportables! Donc la centrale a dû être laissée à son triste sort créant ainsi un site abandonné complètement surréaliste.

En pratique

  • Trajet : Boucle depuis El Medano pour la Montaña Pelada. A la sortie du village, côté nord, longer la plage de la Jaquita. Ensuite, le chemin n’est pas indiqué mais il est bien tracé.
  • Distance : Environ douze kilomètres (boucle depuis le centre du village de El Medano)
  • Temps de parcours : deux heures et demies
  • Difficulté : facile, le chemin est bien tracé. Il faut juste éviter le versant côté océan en cas de vertige.
  • Dénivelé : Environ 80 mètres

Finalement, devoir composer avec la météo nous a fait découvrir encore un coin sympa. Bonne nouvelle, les basses pressions venues de l’océan Atlantique devraient être derrière nous et laisser la place à un temps beaucoup plus clément! Nous allons donc pouvoir repartir à la découverte de coins sympas!

Montaña Colorada, où la roche se pare de couleurs

Bonne nouvelle pour nos gambettes! La météo est toujours aussi belle mais l’air semble un peu moins sec. Nous avons en tout cas l’impression de moins vivre dans un feu de cheminée. Nous ne sommes plus obligés d’aller nous « réfugier » au bord de l’Atlantique. Nous en profitons donc pour prendre un peu de hauteur pour notre nouvelle balade du jour.

Santa Catalina

C’est notre point de départ du jour. C’est un tout petit village qu’on pourrait qualifier de quartier de la localité de Vilaflor de Chasna située juste un peu plus haut. Il est perché à 1300 mètres d’altitude et vit principalement de l’agriculture.

Des arbres, enfin!!!

Passer l’hiver dans un endroit influencé par le désert du Sahara alors que nous sommes des amoureux de forêts luxuriantes, c’est un comble! Le sud de Tenerife a un climat semi-aride et ça se voit dans la végétation qui dépasse rarement le mètre de haut, quand il y en a! Pouvoir nous promener dans une forêt de pin des Canaries, c’est un peu Noël en avance pour nous! Bon d’accord, ça reste très sec et les arbres sont assez clairsemés mais pour la région située au sud du Teide, c’est presque la jungle. Du coup, le paysage ressemble plus à une pinède du bassin méditerranéen qu’à un archipel volcanique perdu au milieu de l’océan Atlantique.

Montaña Colorada

Même si vous n’êtes pas titulaire d’un master en langue espagnole, vous devez sûrement vous douter que Montaña Colorada signifie en français « Montagne Colorée ». Et vous avez raison! Sauf que ça ne se voit pas au premier abord. Oui, l’environnement est plus vert qu’ailleurs dans la région grâce aux pins des Canaries mais ce ne sont pas eux qui lui ont donné ce nom. Ce sont les roches. C’est vrai qu’en regardant de plus près, nous pouvons apercevoir divers types de roches allant du blanc au violet foncé en passant par du gris, du jaune et du rouge. Ceci est dû aux diverses éruptions qui ont eu lieu sur environ cinq millions d’années, à différentes périodes géologiques. Nous ne nous connaissons pas grand chose en la matière mais nous nous doutons fortement qu’ici, c’est le paradis des géologues et de tout autre amoureux des pierres.

Le sommet

Nous sommes presque étonnés de voir un joli petit sommet arrondi comme une colline au lieu d’un cratère. Pourtant, nous sommes bien sur un volcan qui culmine à 1414 mètres d’altitude. Un volcan qui a un âge respectable quand même : cinq millions d’années! Après avoir bien bossé en répandant sa lave un peu partout pendant des milliers d’années, il se repose d’un sommeil du juste. Mais qu’on ne s’y trompe pas! Les volcans des Canaries sont actifs et peuvent se réveiller quand bon leur semble! Il suffit d’un simple petit tremblement de terre et c’est reparti pour un tour!

Depuis le sommet, nous avons une superbe vue à 360 degrés sur la Montaña Arena, Vilaflor de Chasna et le littoral du sud de l’île avec l’océan Atlantique. Ces jours, nous avons un petit vent de sud-est qui vient du continent et qui nous apporte de la chaleur et du beau temps mais aussi un peu de sable du Sahara qui reste en suspension dans l’atmosphère d’où l’aspect un peu brumeux du paysage côté mer. Ce phénomène météorologique a un nom bien particulier aux Canaries : la calima.

La spécialité du jour

Nous avons trouvé cette petite douceur sous le label « Compro Canario » (littéralement « j’achète canarien ») lors de notre départ de rando à Santa Catalina. C’est une « rosquete », littéralement « petite roue », un biscuit de Noël typiquement canarien élaboré avec de la pâte feuilletée et parfumé à l’anis. C’est un dessert idéal après notre pique-nique idyllique au sommet de la Montaña Colorada. Nous n’avions plus parlé de bouffe depuis au moins quatre articles! Avouez que vous commenciez un peu à vous en inquiéter!

Le versant Est

Une fois au sommet et avec le ventre plein, il va bien falloir penser à redescendre! Comme nous n’aimons pas emprunter le même chemin au retour qu’à aller, nous empruntons le versant est puisque nous sommes montés du côté ouest. Il y a toujours la forêt de pin des Canaries mais le côté « colorada » est moins marqué. Par contre, le relief est plus accidenté et nous devons longer quelques barrancos.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin et l’aridité reprend vite le dessus. Nous nous retrouvons assez vite à flanc de côteau, à découvert et en plein cagnard dans une orientation sud-est en pleine aire d’influence climatique africaine. Heureusement que le vent tempère un peu les ardeurs du soleil! Mais nous n’allons quand même pas nous plaindre d’une météo pareille en plein mois de novembre! Surtout quand la vue qui nous est offerte n’est pas mal du tout!

De Cruz de Tea à Granadilla de Abona

La fin de la balade est un peu moins sauvage mais tout aussi belle. Nous traversons le petit hameau de Cruz de Tea avant de descendre à travers les cultures sur Granadilla de Abona qui sera notre point d’arrivée.

En pratique

  • Trajet : Santa Catalina (Vilaflor) – Sommet de la Montaña Colorada – Granadilla de Abona. Nous vous conseillons d’avoir Google Maps ou Maps.me pour cet itinéraire car le chemin n’est pas indiqué.
  • Distance : environ 14 kilomètres
  • Temps de parcours : trois heures et demies
  • Dénivelé : 143 mètres en positif et 768 mètres en négatif.
  • Difficulté : moyen, c’est de la caillasse comme souvent à Tenerife. La première descente depuis le sommet de la Montaña Colorada est vraiment raide mais ne dure qu’une petite centaine de mètres. Une partie du chemin est masquée par un tapis d’aiguilles de pin, il faut juste être prudent à proximité des barrancos.

Nous avons, une fois de plus, été impressionnés par les paysages que nous offre cette petite île. La météo était vraiment superbe et la rando vraiment sympa. Il ne nous reste plus qu’à espérer pouvoir continuer sur cette lancée ces prochaines semaines.

Sentier côtier El Medano – Los Abrigos – Golf del Sur

Nous qui étions venus aux Canaries pour avoir un hiver pas trop froid nous avons été servi ces jours! Une belle vague de chaleur, avec des températures dépassant allègrement les trente degrés, s’est invitée sur l’archipel pour notre plus grand bonheur! Petit revers de la médaille, l’absence de vent et, par conséquent, de nuages ainsi que de l’air qui nous vient tout droit du Sahara nous laisse une sècheresse de l’air à la limite du supportable. Nous sommes donc redescendu côté mer pour aller chercher un petit peu d’humidité avec cette petite balade côtière au bord de l’Atlantique.

El Medano

C’est le point de départ de notre promenade du jour. A la base, c’était un petit village de pêcheurs qui s’est transformé en station balnéaire avec l’arrivée du tourisme. Mais El Medano est restée modeste, il n’y a pas de grands blocs de béton qui font office d’hôtels ni de grands centres commerciaux. Elle a gardé son ambiance village où les habitants et les visiteurs vivent au rythme des différents vents afin de pratiquer le wind-surf ou le kite-surf. Il y a également une plage de sable, un luxe à Tenerife, assez abritée ou l’océan est un peu moins froid qu’ailleurs. L’Atlantique est froid pour nous qui nous sommes parfaitement habitués aux mers chaudes du sud mais les Européens du Nord s’en donnent à cœur joie pour la baignade!

Reserva natural de la Montaña Roja

Depuis El Medano, nous suivons la plage en direction du sud. C’est facile car nous avons la Montaña Roja comme point de repère. Nous arrivons vite dans une zone plus sauvage de dunes où se trouvent plus de 136 espèces végétales dont certaines endémiques. Elles ont quand même du mérite de pousser et de vivre dans cet endroit semi-aride soumis aux forts vents de l’Atlantique!

La Montaña Roja

Ce promontoire rocheux qui domine l’océan du haut de ses 171 mètres est en fait un cône volcanique qui s’est formé assez récemment. Il a quand même plusieurs milliers d’années mais pour un volcan, c’est encore jeune! C’est grâce à lui s’il y a des plages de sable à proximité. Son nom, qui signifie « montagne rouge » en français provient évidemment de la couleur de sa roche. Nous ne sommes pas montés au sommet pour des raisons de timing, nous ne voulions pas louper notre guagua de retour mais sachez qu’il y a un chemin pour y aller. Il faut compter un peu plus d’une heure pour l’aller-retour. Nous, nous sommes juste contentés de la contourner, mais ce n’est que partie remise.

Playa la Tejita

Au pied de la Montaña Roja se trouve une des plus longues plages de sable de Tenerife et une des plus belles! Ne vous emballez pas! Elle ne fait qu’un petit kilomètre mais pour une île volcanique, c’est tout à fait respectable. Le relief est plutôt escarpé avec des rochers se jetant dans la mer, donc les plages de sable ne sont pas légion sur l’île. Elle est assez éloignée des urbanisations, ce qui lui donne un côté un peu sauvage. Elle est prisée pour le kite-surf, le wind-surf ou encore le naturisme. Nous, nous la trouvons juste très belle!

Bunker Allemand de la Seconde Guerre Mondiale

Peu après la Playa Tejita, nous sommes tombés sur ce bâtiment visiblement d’utilité militaire. Nous en avons basiquement déduit qu’il datait de la Guerre Civile Espagnole. Perdu! Cette guerre n’a pas atteint les Canaries, elles en ont juste beaucoup souffert économiquement. Ce bunker est un blockhaus construit par les Allemands pendant la Deuxième Guerre Mondiale. L’Espagne n’a pas participé au conflit mondial et est restée officiellement neutre mais le Général Franco a plus ou moins donné son soutien à l’Allemagne nazie qui en échange a construit plusieurs bunkers dans l’archipel afin de défendre les côtes d’attaques éventuelles, qui n’eurent jamais lieu.

Très vite, nous retrouvons un paysage un peu plus commun de Tenerife, c’est-à-dire de la caillasse et des rochers. Mais nous ne nous plaignons pas, c’est ce qui donne à l’île un caractère unique.

Les falaises de Los Abrigos

Le chemin continue ensuite sur les falaises de Los Abrigos qui surplombent de magnifiques piscines naturelles. Le sentier est large et le sommet des falaises est plat, il n’y a aucun souci pour les personnes souffrant de vertige.

Los Abrigos

Après la superbe balade sur les falaises, nous arrivons dans la petite localité de Los Abrigos. Pour ceux qui parlent espagnol, vous aurez remarqué que le nom du village signifie « Les Manteaux », pourtant il y a rarement besoin d’en porter ici! L’ambiance change complètement de El Medano et le coin a gardé son âme de village de pêcheurs. C’est un lieu de villégiature pour des vacanciers un peu plus âgés loin de la vie nocturne trépidante de Los Cristianos.

Los Abrigos est connu pour ses magnifiques piscines naturelles. La roche volcanique et les anciennes coulées de lave rencontrent une eau cristalline et c’est superbe! La baignade y est possible mais non surveillée. Avec les courants forts de l’Atlantique et les cailloux, nous vous conseillons fortement d’être des excellents nageurs avant de tenter d’y faire trempette.

Et voici un petit aperçu depuis le bas des falaises sur lesquelles nous sommes venus depuis El Medano.

La marche peut parfaitement se terminer à Los Abrigos mais nous avons poussé le vice un peu plus loin pour des raisons de transports publics. Nous empruntons donc un chemin bien aménagé pour longer une magnifique plage de galets.

Golf del Sur

C’est notre terminus du jour. Là, nous changeons encore une fois complètement d’ambiance et pourtant, nous ne sommes qu’à une petite demi-heure de marche de Los Abrigos. Ici, c’est une station balnéaire cinq étoiles pour vacanciers fortunés. Si le lieu s’appelle ainsi c’est parce qu’il y a un golfe et qu’il est situé tout au sud de l’île de Tenerife. Quelle originalité! A part des grands hôtels avec piscine et, bien sûr, un golf, il n’y a vraiment rien d’intéressant. Il y a juste une jolie vue sur Los Abrigos et la Montagne Rouge derrière.

En pratique

  • Trajet : El Medano – Los Abrigos – Golf del Sur. Tout à fait faisable en sens inverse. Depuis El Medano suivre la plage en direction de la Montaña Roja. Ensuite, le chemin est bien délimité avec des pierres, le but étant d’empêcher les marcheurs de piétiner la réserve naturelle. Après la Playa Tejita, il suffit de suivre la côte
  • Distance : 12,5 kilomètres
  • Temps de parcours : deux heures et quarante-cinq minutes
  • Dénivelé : quasiment nul, c’est presque tout plat
  • Difficulté : facile, c’est plat et les sentiers sont bien marqués

Avec un temps aussi splendide et un ciel sans nuage, nous avons eu un compagnon de route qui nous a suivi tout le long du parcours du haut de ses 3718 mètres d’altitude. Nous parlons évidemment du Teide, le point culminant de Tenerife, et de toute l’Espagne. (C’est le pic sous la flèche sur la photo) Il est, comme souvent, surmonté d’un nuage qu’ici on surnomme affectueusement « El sombrero ».

En plus gros… (C’est la même photo recadrée, d’où la qualité douteuse)

Nous ne nous lassons pas des paysages extraordinaires de Tenerife même si nous devons nous adapter à la météo. Mais le soleil est, en principe, généreux, les températures sont agréables et nous pouvons profiter de belles sorties dans la nature. Que demander de plus?

Randonnée côtière à Tenerife : Montaña Guaza et Mesas de Guaza

Ce qui nous a attiré à Tenerife, ce sont les paysages de ouf ainsi que les volcans et toutes les possibilités de randonnées qu’ils offrent. Mais l’île a un atout encore plus irrésistible : l’océan Atlantique, même s’il est souvent déchaîné dans le coin. Et, cerise sur le gâteau, il y a la possibilité de profiter de ses trois facettes en même temps grâce à de superbes sentiers côtiers. En voilà déjà un premier que nous allons essayer de vous faire découvrir dans cet article.

Los Cristianos

Ce n’est clairement pas notre endroit préféré de Tenerife mais c’est très bien desservi par les guaguas et c’est un bon point de départ pour randonner au sud de l’île. C’est une station balnéaire créée de toutes pièces lors du boom touristique des années 1960-1970 avec de gros immeubles en béton, des alignées d’hôtels, des bars, des fast-foods américains et tout y est écrit en allemand. Et encore, nous sommes en pleine période de Covid, il n’y a pas beaucoup de touristes. Nous n’osons pas imaginer comment c’est blindé de monde en temps normal! C’est dommage car l’environnement entre océan Atlantique et pics volcaniques est vraiment sympa.

Evidemment, nous ne nous attardons pas à Los Cristianos et sortons vite de la ville en direction de l’est pour entamer notre balade côtière. Mais ce ne sera pas si simple car le littoral ressemble à ça :

La Montaña Guaza

Vous l’aurez compris, si nous voulons profiter de rester près du bord de mer, il va falloir grimper. Cette falaise, la Montaña Guaza, est un dôme volcanique exogène, c’est-à-dire que les roches ont été formées en surface après une éruption. Elle fait partie d’une zone protégée de 725 hectares et contraste bien avec l’urbanisation galopante de Los Cristianos. C’est un sanctuaire à oiseaux et il est vrai que nous en avons aperçus beaucoup mais la seule espèce que nous avons réussi à reconnaître est la mouette.

La montée n’est pas très difficile car le sentier est bien sinueux à flanc de côteau et la pente est très douce.

Dans notre précédent article, nous vous faisions découvrir les barrancos, ces fameuses failles formées par les mouvements des plaques tectoniques. La Montaña Guaza en possède également quelques-uns (cinq ou six, nous ne les avons pas comptés) qu’il faut évidemment traverser. Mais ils ne sont pas très profonds et les sentiers sont très faciles.

Notre chemin passe à proximité de cratères de trachytes. Mais qu’est-ce le trachyte? C’est un type de roche volcanique un peu grise et très visqueuse. En général, on trouve ce type de roche vers un volcan dit explosif, c’est à dire que, pendant l’éruption, le volcan explose littéralement projetant des cendres, des scories et beaucoup de gaz. Grâce à notre séjour à Tenerife, (et surtout grâce à Wikipédia!) nous allons bientôt être experts en vulcanologie!

Evidemment, durant notre petite grimpette, nous ne sommes pas restés constamment la tête dans les cailloux! Nous en avons également profité pour admirer la vue sur Los Cristianos qui est bien plus sympa vu d’en haut.

Mesas de Guaza

Une fois notre grimpette terminée, nous arrivons sur un vaste plateau nommé Mesas de Guaza, littéralement « tables de Guaza ». C’est l’éruption du volcan situé un peu plus au nord qui a formé ce plateau, ainsi que les falaises en contrebas, en crachant une lave visqueuse en direction de l’océan. Avec la terre très fertile et l’humidité venant directement de la mer, la végétation est un peu plus fournie qu’ailleurs dans la région. Mais elle est tout de même constituée principalement de cactus car les précipitations sont rares et ne dépassent pas cent millimètres par an.

De l’autre côté de la falaise se trouve le petit village de Palm-Mar mais y descendre est un peu plus scabreux que le reste du chemin. La descente est à pic, sur de la caillasse et vraiment à flanc de falaise. Pas idéal si vous avez le vertige.

La balade pourrait s’arrêter là mais nous utilisons les transports publics et notre guagua de retour part depuis l’entrée de la petite localité voisine d’El Fraile. Pour nous y rendre, nous passons par une partie de la réserve naturelle de la Montaña Grande. C’est vraiment tranquille pour une fin de randonnée et, une fois n’est pas coutume à Tenerife, c’est tout plat!

En pratique

  • Trajet : Los Cristianos – Palm-Mar – El Fraile. Nous vous conseillons de le faire dans l’autre sens, la descente sur Los Cristianos est beaucoup plus douce. Nous ne le savions pas et nous nous sommes fait avoir. Depuis Los Cristianos, le sentier part juste après la Playa de los Tarajales, depuis Palm-Mar, il part à l’extrémité de la plage de la Arenita. Le chemin n’est pas balisé mais il est bien marqué et bien reconnaissable et il n’y en a qu’un, impossible de se tromper!
  • Distance : 8,5 kilomètres
  • Dénivelé : du niveau de la mer à 140 mètres d’altitude, plus quelques barrancos à traverser. Environ 250 mètres et, en général, en pente douce.
  • Temps de parcours : environ deux heures et quarante-cinq minutes
  • Niveau : moyen, c’est un sentier de caillasse. Difficile si vous faites la descente Mesas de Guaza à Palm-Mar. Vraiment facile de Palm-Mar à El Fraile. Si vous avez le vertige, faites la rando dans le sens Palm-Mar – Los Cristianos pour éviter la grande descente sinon le sentier est assez loin du bord des falaises, ça ne devrait pas poser de problème.

Ce n’était pas vraiment une grande randonnée mais c’était une petite balade bien sympa qui nous a permis de rester près de l’océan, un rêve pour nous qui sommes de grands amoureux de la mer!

Nous allons évidemment poursuivre nos aventures au gré des restrictions Covid et surtout de la météo car, bien qu’il y ait un climat généralement doux et clément, Tenerife connaît une multitude de microclimats et le temps change à peu près toutes les heures!

Granadilla de Abona et l’impressionnant barranco de la Orchilla

Notre dernière petite balade dans la région de San Miguel de Abona nous a bien motivé à continuer d’aller découvrir cette belle région. Cette fois, nous avons pris la même guagua que la dernière fois mais nous avons poussé jusqu’au terminus de la ligne : Granadilla de Abona.

Granadilla de Abona

Nous ne sommes pas vraiment enchantés de notre arrivée à Granadilla, les alentours de l’arrêt de guagua sont vraiment sans charme. Mais il suffit de faire quelques pas pour découvrir un magnifique petit centre historique. Si les maisons vous rappellent le Portugal, c’est normal. Comme l’archipel des Canaries était une étape maritime importante pour l’Afrique australe puis, plus tard, l’Amérique, les Portugais et les Espagnols se sont disputés le territoire pendant des dizaines d’années. Finalement, c’est l’Espagne qui l’emporte en 1479 grâce au traité d’Alcaçovas. Le Portugal se consolera avec Madère et les Açores.

Notre but de notre visite, c’est la rando, plus précisément rentrer à pied jusqu’à notre appartement. Pour accéder au sentier, il faut se rendre au sommet du village et ça côte pas mal. De quoi se faire un bon échauffement pour la suite.

Une fois arrivés au sentier, c’est une petite promenade de santé qui nous attend à flanc de côteau au milieu des cultures.

Charco del Pino

Après environ deux kilomètres, nous arrivons au petit village de Charco del Pino. Il est moins pittoresque que Granadilla de Abona mais l’ambiance est vraiment tranquille et la vie se déroule au rythme des récoltes de pommes de terre et de patates douces.

Chiñama

Nous avons fait un petit détour (une petite centaine de mètres l’aller-retour le détour, vraiment rien) pour grimper sur le point culminant du village, la Chiñama. Comme dans tout pays catholique qui se respecte, le sommet est orné d’une croix. Mais, comme vous vous en doutez sûrement, c’est surtout pour la vue que nous avons fait ce détour.

Et si vous regardez attentivement l’image suivante, vous pourrez apercevoir l’île voisine de Gran Canaria. Ce n’est pas totalement net à cause d’une légère calima, un phénomène de scirocco venant directement du Sahara et qui nous laisse des grains de sable en suspension dans l’atmosphère.

Le mirador de Chiñama est vraiment magnifique mais si nous passons notre temps à faire des pauses nous n’allons pas beaucoup avancer dans notre rando! Nous reprenons donc notre chemin, toujours à flanc de côteau sauf que le paysage se fait plus sauvage. Nous avons laissé les cultures bien organisées pour une végétation diffuse qui essaie de se faire une place dans cet environnement un peu plus hostile.

Barranco de la Orchilla

Attention! Si vous êtes sujets au vertige, passez directement au chapitre suivant! Mais qu’est-ce un barranco? C’est un brusque dénivelé de terrain comme une entaille causé par l’érosion ou par le mouvement de plaques tectoniques. En français, on utilise parfois le mot ravine pour définir ce genre d’accident géologique. Tenerife, comme toutes ses voisines des Canaries, est une île volcanique située sur la plaque africaine et dans une zone sismique active. Les barrancos sont donc légion dans la région. Le phénomène est accentué par le climat sec car, peu habituée à recevoir de l’eau, la roche s’érode plus facilement lors des rares pluies.

Pour traverser le barranco, il n’y a pas trente-six solutions : il faut y descendre au fond avant de remonter sur l’autre versant. Tant mieux, nous en avions marre de notre petite promenade de santé. Nous sommes donc contents de trouver quelque-chose d’un peu plus technique surtout que certaines pierres du sentier ne sont pas stables. Avant de s’adonner à la contemplation de ce paysage incroyable, il faut d’abord regarder où nous mettons les pieds sous peine de dérocher. Le barranco fait office de limite entre les communes de Granadilla de Abona et de San Miguel de Abona. Ici, il n’y aucun risque de revendications territoriales, la frontière est assez claire!

Après la montée, nous avons eu droit au comité d’accueil! Ces petites bébêtes travaillent activement pour nous donner du bon fromage! Le fromage de chèvre étant très répandu dans les Canaries.

San Miguel de Abona (encore!)

Notre chemin repasse par San Miguel de Abona, ce qui nous permet de découvrir le quartier de l’église, également d’influence portugaise, que nous avons zappé la dernière fois car nous avions trop traîné à la Casa del Capitan en prenant le café avec les deux adorables potières.

Camino las Lajas

Nous avons trouvé un itinéraire bis pour rejoindre Aldea Blanca depuis San Miguel, c’est le Camino las Lajas. Il est plus direct mais bien plus raide que le chemin royal du sud que nous avons emprunté la dernière fois. Le sentier servait pour les transhumances et pour l’entretien des anciens systèmes d’irrigations qui ressemblent fortement à nos bisses valaisans. Seule une toute petite partie des canaux est encore en service aujourd’hui.

Barranco las Lajas

Juste en dessus d’Aldea Blanca, le sentier longe un barranco qui porte le même nom que lui. Il n’est pas aussi impressionnant et pittoresque que le barranco de la Orchilla mais il nous permet quand même de terminer notre rando en beauté.

En pratique

  • Trajet : Granadilla de Abona – Charco del Pino – San Miguel de Abona – Aldea Blanca. Les guaguas desservent tous les villages donc il est possible d’adapter le trajet à votre convenance. Depuis Granadilla, il faut monter jusqu’au sommet du village puis suivre le balisage vert et blanc. Depuis San Miguel le sentier s’appelle « Camino las Lajas » ou TF-231.1
  • Distance : 9.5 kilomètres
  • Dénivelé : 191 mètres en positif dont les trois quarts au tout début de la marche. 687 mètres en négatif.
  • Temps de parcours : environ trois heures en descente, il faut compter un peu plus en sens inverse.
  • Niveau : facile de Granadilla à Charco del Pino, c’est plat avec peu de cailloux. Moyen sur le reste du parcours. La descente par le camino las Lajas est assez raide et technique. Empruntez le chemin royal du sud si vous préférez quelque-chose de plus doux.
  • Autre recommandation : Le barranco de la Orchilla est un peu limite pour les personnes souffrant de vertige.

Voilà encore une marche bien sympa sur une île qui nous émerveille de plus en plus chaque jour. Si vous êtes en confinement, nous espérons vous avoir un peu changé les idées et nous pensons fort à vous! Mais confinés ou pas, prenez tous bien soin de vous! Quant à nous, nous allons profiter de cette liberté de mouvement qui nous est encore accordée (pour l’instant!) pour continuer nos découvertes.