Bilan du confinement et fin d’une aventure

Si vous nous avez suivis sur les différents réseaux sociaux, vous n’êtes pas sans savoir que nous sommes, malheureusement, de retour en Suisse. Nous avons pris la décision du retour la mort dans l’âme après plus de deux mois et demi de confinement en Malaisie. Nous allons vous raconter les détails de notre retour mais avant, voici un petit bilan de notre lockdown.

En chiffres

Durée du confinement

79 jours dont 51 jours de confinement total avec autorisation de sortie seulement pour faire les courses.

Lieu du confinement

Batu Ferringhi sur l’île de Penang, au nord-ouest de la Malaisie, à onze kilomètres au nord de la ville de Georgetown.

Budget

7635 Ringgit (1714,30 CHF / 1578€) soit une moyenne journalière de 21,70 CHF (20€). Le confinement a fait du bien au porte-monnaie!

Distance parcourue

414 km de Batu Ferringhi à l’aéroport de Kuala Lumpur pour prendre notre vol. Sinon, 300 mètres pour aller faire les courses.

Extrêmes d’altitude

Le niveau de la mer à la plage de Batu Ferringhi, 66 mètres en ville de Kuala Lumpur

Extrêmes de température

36 degrés au soleil et 28 degrés sous l’orage. A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous sommes en train de nous les geler en Suisse avec dix petits degrés et nous nous demandons qu’est-ce que nous foutons là!

Pourquoi avoir pris la décision de rentrer en Suisse?

Vous vous en doutez sûrement, ce n’est pas de gaieté de cœur que nous avons pris la décision de rentrer. Mais voilà, notre visa arrivait à terme trois jours après la fin du confinement, prévu pour le 9 juin et nous n’avions aucune garantie de possibilité de prolongement. L’immigration malaisienne a communiqué plusieurs informations contradictoires sur le sujet. La Malaisie a un gros problème avec les travailleurs illégaux, généralement en provenance d’Indonésie, d’Inde, du Sri Lanka ou de Birmanie, qui y viennent gagner de l’argent au noir avec un visa de touriste. Ce sont ces travailleurs qui sont à l’origine de la plupart des clusters de Covid 19 du pays, d’où la très grande réticence des autorités à prolonger les visas des étrangers.

Quitter le pays pour se rendre chez ses voisins n’était pas possible, les frontières étant toujours fermées, au moins jusqu’en juillet. En revanche, l’Europe commençait à annoncer des prochaines ouvertures de frontières.

Quand KLM a ouvert des vols pour l’Europe à prix abordables, nous n’avons pas hésité longtemps. Surtout que la compagnie dessert l’aéroport de Genève. Nous ne voulions absolument pas atterrir à Zurich : c’est presque à trois-cents kilomètres d’où nous logeons, l’aéroport est vraiment glauque et c’est plein de Suisses-Allemands!

Mais il faut déjà se rendre à Kuala Lumpur….

Une fois les billets d’avion achetés, nous ne sommes pas au bout de nos peines. Outre le fait que nous sommes en profonde dépression, nous devons obtenir un permis pour nous rendre à Kuala Lumpur. Les voyages inter-états sont toujours interdits. Heureusement, l’ambassade de Suisse est au taquet (merci à elle!) et nous pond une jolie lettre bien diplomatique qui justifie notre déplacement. Il faut juste la faire tamponner par la police locale, exercice finalement assez marrant vu la nonchalance et la sympathie des policiers malaisiens. Nous nous sommes également rendus à Butterworth, la ville en face de Georgetown sur le continent, pour acheter les billets de train après avoir dû nous enregistrer à plusieurs endroits et après avoir passé tous les contrôles sanitaires dont la prise de température, Covid 19 oblige.

Et c’est parti!

Voyager en Malaisie en temps de Covid, ce n’est vraiment pas marrant. Le pays, connu pour l’accueil et le sourire de sa population, sa street-food et son ambiance chaleureuse semble bien tristounet avec ses échoppes fermées et la distanciation sociale. Mais l’épidémie est vraiment prise au sérieux : il n’y a qu’une place sur deux attribuée dans le train, notre température est contrôlée partout, nous avons dû prendre notre petit-déjeuner à deux extrémités d’une grande table et l’aéroport de Kuala Lumpur est vide! Nous étions d’ailleurs une petite quinzaine à embarquer dans un énorme B787. Mais, lors de notre escale à Bangkok, ça se gâte : l’avion est presque plein. Quant à notre arrivée en Europe, à Amsterdam puis à Genève, c’est encore pire! A croire que la pandémie n’a jamais existé, tout le monde se fiche des gestes barrières.

Welcome to Switzerland!

Rentrer en temps d’épidémie, c’est vraiment bizarre. Nous nous sommes mis en quarantaine volontaire pour ne pas contaminer nos proches, donc pas encore de grandes retrouvailles. Par chance, nous pouvons bénéficier de l’appartement des parents à Fab (un grand merci à eux!) à Haute-Nendaz, au cœur des Alpes valaisannes et des sentiers de randonnées tout proches encore déserts en cette saison. Nous avons juste revu nos amis téméraires, Seb, Delphine, Eloane et Petit Fabien car ils nous ont très gentiment mis à disposition un voiture. (Un grand merci à eux également!) Mais devoir refuser un câlin aux enfants pour ne pas risquer de les contaminer est juste inhumain.

Nous avons eu de la chance d’arriver avec le soleil qui nous a permis d’effectuer une première petite randonnée mais ça n’a pas duré! La météo est actuellement bien automnale avec de la pluie et des températures glaciales, surtout à 1400 mètres d’altitudes où nous sommes. Le climat tropical nous manque énormément. Nous retrouvons la joie de nous emmitoufler sous le duvet pour regarder la télé, ce qui n’aide pas notre moral.

Alors, cette fois c’est la fin?

Nous avons géographiquement bouclé notre tour du monde mais nous planchons déjà sur de prochaines aventures! Les deux prochains mois devraient se passer en Suisse afin de profiter de nos proches et, espérons-le, d’un vrai été. Nos amis vont d’ailleurs tenter de traverser le Rhône pour passer quelques jours en Valais avec nous. C’est un acte très courageux pour des Vaudois, le Vietnam à côté, ce n’est rien!

Ensuite, c’est la situation sanitaire qui va décider. Nous ne pensons pas qu’il sera possible de voyager comme avant en 2020. Nous planchons, dans un premier temps, sur l’Europe du Sud où les hivers sont moins rigoureux. Nous avons déjà une idée qui n’attend qu’à être concrétisée. Restez attentifs, des annonces vont suivre très prochainement! Et le blog continuera à vivre!

Nous nous réjouissons de repartir sur un projet tout neuf tout en étant les « nouveaux nous » après deux ans et demi de voyage!

Van et Fab en total lockdown

Dans l’épisode précédent, Van et Fab, après mûres réflexions,  ont réussi à passer, sans trop d’encombres, la frontière malaisienne pour aller se confiner sur l’île de Penang.  Comment va se passer le quotidien des globe-trotters qui ont dû arrêter de bouger? Réponse dans quelques lignes.

A notre arrivée en Malaisie, rien ne semble avoir vraiment changé si ce n’est que plus de gens portent des masques. Mais le port du masque est assez courant en Asie donc ça ne nous choque pas. Mais, 24 heures après notre entrée dans le pays, on annonce que le premier ministre va faire une allocution télévisée concernant le Covid 19.

L’annonce du lockdown

16 mars : le discours du premier ministre, Muhyiddin Yassin, prend une heure et demie. Nous ne le suivons pas car notre malais devient inexistant quand il ne s’agit pas de bouffe. Mais les médias malaisiens anglophones sont au taquet et transmettent les informations en direct. Sans surprise, un lockdown est décrété jusqu’au 31 mars et sera, quelques jours plus tard, prolongé jusqu’au 14 avril.

C’est un moment décisif pour le premier ministre, qui doit faire ses preuves puisqu’il n’est en fonction que depuis le 1er mars. La crise du Covid 19 tombe assez mal puisque la Malaisie se relève à peine d’une énième crise politique. L’ancien premier ministre, un jeune homme fringant de 94 ans, a dû démissionner avec effet immédiat suite à une tentative avortée de coup d’état de la part de son propre parti. Ben quoi? Si à son âge on ne peut même plus s’amuser un peu! Et dire qu’il avait poursuivi son prédécesseur en justice pour corruption! En Malaisie, pas besoin d’humoristes, il y a le gouvernement! (Mais il y a quand même de très bons humoristes)

En résumé : 15 mars arrivée en Malaisie, 16 mars annonce du premier ministre, 18 mars début du lockdown. Soit nous avons des dons de voyance qu’il nous faudra développer, soit nous avons une chance inouïe et il nous faudra sérieusement songer à jouer à la loterie.

Mais concrètement, en quoi consiste ce lockdown?

Au début, c’était encore la fête du slip! Certes, tous les commerces non essentiels et les restaurants ont fermé mais il était permis de sortir à condition de ne pas se rassembler. Cette situation n’a pas duré 48 heures! Le peuple malaisien n’étant pas très discipliné, des mesures plus restrictives ont vite été mises en place. Maintenant, tout le monde doit rester confiné à la maison avec permission de sortir, une personne à la fois, que pour les courses ou pour aller chez le médecin. Et ne comptez pas jouer les rebelles, la police, renforcée par l’armée, veille et n’hésite pas à coffrer les récalcitrants! Ne comptez pas non plus changer d’état ou même de localité, sauf pour des motifs en béton car des checkpoint fleurissent un peu partout et vous êtes bon pour un interrogatoire en règle. On ne rigole pas avec le lockdown en Malaisie! Depuis l’extérieur, ça peut paraître tyrannique, liberticide et dictatorial (et ça l’est!) mais quand nous regardons la situation dans les pays d’Europe (surtout le nôtre où les sept guignols qui nous servent de ministres préfèrent courir au chevet des banques et de l’économie que des malades), nous trouvons, pour l’instant, que la crise est gérée de manière exemplaire.

Van et Fab en lockdown, ça donne quoi?

Sûrement la même chose que n’importe qui en confinement, n’importe où dans le monde…

Avant l’annonce officielle du lockdown, nous avions déjà comme but de nous poser et d’attendre que la situation se tasse un peu. De ce côté-là, ça n’a pas beaucoup changé nos plans. Nous avons eu de la chance de trouver une maison avec terrasse, cuisine, un lit confortable, un lave-linge et un wifi au top dans notre budget. Il nous a juste fallu apprendre à occuper nos journées de sédentaires mais nous nous adaptons pas trop mal. Nous avions déjà commencé à travailler un peu en ligne pour ne pas puiser dans toutes nos économies pour financer notre périple. Avec les confinements, les demandes de télétravail explosent et nous avons du temps pour continuer le développement de nos diverses activités en ligne.

Nous nous dégageons quand même des plages de temps libre pour redécouvrir le bonheur de mater un film ou de glander sur la terrasse avec une bonne tasse de thé et un bon livre (nos liseuses sont devenues notre meilleur investissement, merci Emilie!). D’ailleurs, nous nous trouvons à moins de cinq kilomètres du parc national et certains de ses habitants, comme des magnifiques oiseaux, des papillons multicolores ou encore des écureuils, viennent nous dire bonjour pendant nos séances de bronzage et c’est vraiment un gros kif! Nous ne pouvons pas aller dans la nature donc c’est la nature qui vient à nous.

Ce qui nous manque le plus, c’est la rando, et de marcher en général. Nous avons l’habitude de parcourir des dizaines de kilomètres à pied par jour. Mais rassurez-vous, nous ne sommes pas devenus des larves pour autant! Grâce à la technologie moderne, il est possible de suivre un cours de gym ou de fitness sur internet. Nous nous sommes également mis au yoga, une discipline pour laquelle nous avons eu un gros coup de cœur et qui nous suivra très certainement dans nos prochaines aventures.

La cuisine

Pour notre plus grand plaisir, nous avons dû nous remettre à la cuisine. Si en Amérique du Sud nous cuisinions souvent, ce n’était quasiment jamais le cas en Asie. Avec la Stret Food et les prix dérisoires, ce n’est pas rentable de faire la cuisine soi-même et pas vraiment dans la culture. Les différentes échoppes du villages sont bien achalandées et nous permettent de varier un peu les plats avec des légumes, des légumineuses, du curry et du tofu. Nous nous mettons aux spécialités locales, surtout indo-malaisiennes, et les résultats se font de plus en plus concluants, même si nos chappattis ne ressemblent que rarement à des chappattis. Bon, il faut avouer que nous en avons profité pour nous faire une petite orgie de pâtes (mais nous n’avons pas été dévaliser les rayons du supermarché non plus!)

Et puis nettoyer le désastre que nous laissons derrière nous après avoir joué aux apprentis sorciers est aussi un bon moyen de passer le temps!

Et l’après Covid 19?

C’est une très bonne question et nous n’avons pas la réponse. Nous ne savons même pas s’il y aura vraiment un après Covid 19. Peut-être que le monde du voyage ne sera plus le même. Nous nous contentons, pour l’instant, de vivre au jour le jour au gré des annonces du gouvernement. La tendance actuelle est de ne pas prolonger le lockdown au delà du 14 avril mais nous savons que la situation peut évoluer très vite. Quoi qu’il en soit, notre visa court jusqu’à mi-juin et les autorités malaisiennes ont annoncé faire preuve d’indulgence à ce sujet. Nous sommes donc assez sereins.

Nous profitons de cette pause pour nous remettre en question et pour éventuellement donner un nouveau souffle à notre aventure. Mais, nous sommes sûrs de ne toujours pas vouloir d’une « vie normale »! Pour l’instant, rien de concret à l’horizon mais nos discussions sont intéressantes et donnent un peu de piquant à cette vie sédentaire forcée.

Bon courage à ceux qui doivent bosser au front, prenez soin de vous où que vous soyez et surtout, RESTEZ CHEZ VOUS!!!

Comment avons-nous fini par nous confiner en Malaisie?

Si vous nous suivez sur les différents réseaux sociaux, vous n’êtes pas sans savoir que nous sommes actuellement confinés en Malaisie à cause de l’épidémie du Covid 19. Nous vous proposons un article sur notre réflexion qui a conduit à cette décision.

Quand tout a commencé à vraiment partir en sucette, nous étions en Thaïlande, à peu près à la moitié des trente jours d’exemption de visa auxquels nous avons droit. C’était vraiment bizarre car l’Italie venait de se mettre en quarantaine, la France et l’Espagne commençaient à exploser leurs nombres de cas et une partie des pays d’Asie se fermait aux Européens. Mais en même temps, en Thaïlande, c’était encore le pays des Bisounours où le coronavirus semblait bien loin. Redoutant de ne plus pouvoir sortir du pays, nous avons dû nous résoudre à retourner le problème sous tous les angles et prendre une décision.

Rentrer ou ne pas rentrer, that’s THE question

Oui, ça nous a effleuré l’esprit… une dizaine de secondes. C’est une idée que nous avons vite rejetée pour diverses raisons. A ce moment là, c’était déjà la galère pour trouver un billet d’avion, une quantité de vols ayant déjà été annulée. Nous ne voulions pas non plus prendre deux places sur un vol alors que d’autres personnes en avaient bien plus besoin que nous. Nous n’avions pas vraiment envie de passer par les aéroports, sources potentielles de propagation du virus. Comme nous avons absolument tout vendu en Suisse avant de partir, nous aurions dû, en cas de retour, loger chez nos proches. Nous ne sommes pas sûrs qu’ils auraient apprécié une contamination comme souvenir de notre voyage. Il était en tout cas exclu de prendre le moindre risque de ce côté là. La solution qui s’est vite imposée à nous était de nous auto-confiner quelque part et attendre des jours meilleurs. C’était une décision qui nous semblait vraiment évidente. Avec le recul, nous sommes toujours persuadés d’avoir fait le bon choix. L’avenir nous dira si nous avons eu raison ou pas…

Direction la Malaisie (oui, encore!)

Le choix de la Malaisie s’est fait très rapidement. C’est un pays que nous commenç0ns à bien connaître et nous savons que c’est un endroit où nous saurons parfaitement nous débrouiller en cas de difficultés. Dans ce cas précis, nous avons pris en compte deux critères qui nous paraissaient importants : une autorisation de séjour de trois mois et un bon système de santé au cas où ça aurait dû mal tourner. A ce moment-là, deux autres alternatives similaires s’offraient à nous : Brunei et Taïwan, Singapour ayant déjà fermé ses frontières. Mais nous aurions dû prendre l’avion alors que nous voulions l’éviter à tout prix et ça aurait été difficilement supportable au niveau du budget. Nous avons donc mis tous nos espoirs sur le passage de frontière Thaïlande – Malaisie.

Oui, mais où en Malaisie?

Nous avons d’emblée exclu Bornéo car il aurait fallu y aller par voie aérienne. Nous avions dans nos plans, avant l’arrivée du virus, de passer par la côte est pour y découvrir les îles et retourner à Cherating voir nos amis. Mais les îles sont isolées, loin des hôpitaux et, en cas de total lockdown, rien ne garantissait les liaisons maritimes. Nous avons rejeté Langkawi pour les mêmes raisons. Nous ne voulions évidemment pas aller contaminer nos amis à Cherating et , de toute façon, le lieu n’est pas idéal pour un confinement. Rester sur le continent dans le nord-est ne nous emballait pas car ce sont des états très conservateurs. Il nous restait donc la côte ouest. Malacca a également été abandonnée car il nous aurait fallu une journée de transports en plus et ce n’était pas le but. Nous confiner dans un condo à Kuala Lumpur aurait été une bonne altenrnative mais nous aurait coûté une blinde. Nous avions donc restreint nos choix à Ipoh et Penang et cette dernière a remporté la course juste parce qu’elle se trouve en bord de mer. Oui, nous sommes irrécupérables!

Cap sur Penang

Mais Penang, nous direz-vous avec raison, c’est une île! Oui c’est vrai. Mais elle n’est située qu’à trois kilomètres du continent auquel elle est reliée par deux ponts routiers. Et puis, sur Penang, il y a Georgetown, une grande ville de plus de 700’000 habitants avec toutes les infrastructures nécessaires, notamment des hôpitaux. Nous avons trouvé une maison sur AirBnB dans notre budget avec terrasse, petit jardin,  cuisine et un wifi qui déchire à Batu Ferringhi. En plus le propriétaire est super cool, il nous a fait un prix pour le confinement. Nous ne sommes qu’à onze kilomètres au nord de Georgetown qui est facilement accessible avec les bus urbains. Mais il y a tous les commerces de première nécessité dans le village, ce qui s’avèrera très utile lorsque le total lockdown sera décrété.

Mais avant ça, il faut passer la frontière

Une fois nous être mis d’accord, nous avons sauté dans le premier train de nuit pour Hat Yai, puis la correspondance pour Padang Besar, le point frontière. Côté malaisien, nous sommes accueillis par un service médical pour contrôle. Fab ne s’est même pas fait arrêter! Avec une barbe, il passe facilement pour un Arabe et comme, à l’époque, le Moyen-Orient n’était pas perçu comme un danger, Fab ne s’est pas fait inquiéter. Van, avec sa tête d’italienne, n’y a pas coupé! La Malaisie restreignait déjà l’entrée aux ressortissants de la botte. Heureusement, le passeport suisse a aidé sur ce coup là. La visite médicale n’était pas contraignante et s’est déroulée à la malaisienne avec sympathie, le sourire et l’empathie propre au personnel soignant. Elle s’est conclue par un chaleureux « Welcome to Malaysia »! Ne restait plus qu’à passer l’immigration. Nous ne sommes jamais totalement sereins avant de rentrer en Malaisie car, avec toutes nos précédentes visites, nous redoutons qu’un jour on nous dise stop et qu’on ne nous laisse pas passer. Mais nous avons passé encore une fois sans encombre et nous avons ressenti une impression de retour à la maison qui, pour une fois, était rassurante.

Dans le prochain épisode, l’annonce du total lockdown et notre quotidien en confinement. Attention, ça sera très culinaire!

En attendant, prenez soin de vous où que vous soyez! Bon courage et MERCI à ceux qui doivent travailler, qui nous soignent ou qui nous permettent de nous nourrir. Et si vous n’avez pas un travail indispensable, RESTEZ CHEZ VOUS!

La face cachée de l’île Penang

Lors de notre retour en Malaisie depuis le Vietnam, nous avons profité d’aller à Georgetown afin de passer du temps avec des amis couchsurfers et d’aller randonner dans le parc national. Mais comme l’île de Penang est grande de presque trois cents kilomètres carré, il serait dommage de ne pas découvrir une partie des trésors qu’elle recèle, loin des grands centres plus touristiques.

Kek Lok Si Temple

Ce serait le plus grand temple bouddhiste d’Asie du Sud-Est. En effet, il s’aperçoit de loin! Il se trouve dans la localité d’Air Itam facilement accessible avec les bus urbains de Georgetown. Il a été construit entre 1891 et 1930 mais ces dernières années, il s’offre une cure de jouvence, plutôt bien réussie, pour retrouver son lustre d’antan. Architecturalement, il mélange les styles chinois, birmans et thaïs. On y pratique le bouddhisme Mahayana, le bouddhisme Theravada et divers rituels chinois.

Malgré le gigantisme du temple, aucun détail n’a été laissé au hasard que ce soit dans les statues, la décoration ou les jardins des cours intérieures.  Les Chinois sont adeptes du Yin et du Yang et utilisent ce courant de pensée dans la construction de leurs lieux sacrés et c’est plutôt réussi.

Nous profitons du fait que le temple soit construit à flanc de colline pour admirer la vue sur la ville de Georgetown.

Comme nous avons déjà grimpé une partie de la colline pour visiter le temple, nous ne voulons pas nous arrêter en si bon chemin. La route grimpe et ce n’est pas très ombragé mais il en faut plus pour nous démotiver, surtout que nous avons prévu des réserves d’eau. Après vingt minutes de grimpette, nous recevons notre première récompense : une superbe vue sur Georgetown et le temple Kek Lok Si.

Air Itam Dam

Il nous faut encore grimper six cents mètres pour arriver à notre but du jour : le barrage d’Air Itam. La structure du barrage en elle-même n’est pas très intéressante surtout qu’elle est camouflée sous du gazon, mais le lac de retenue vaut le détour. Un sentier y fait le tour. Le niveau de l’eau est relativement bas car nous ne sommes actuellement pas en saison pluvieuse. Ces eaux turquoises dans un écrin de végétation tropicale vaut largement l’effort de la montée!

Il suffit de traverser le sommet du  barrage pour trouver un chemin de traverse pour la descente. C’est un petit sentier en pleine forêt dont la faune n’a pas beaucoup à envier à celle du parc national.

Jardin botanique

Georgetown n’aurait pas été une colonie anglaise digne de ce nom si elle n’avait pas de jardin botanique, même s’il ne se situe pas en ville mais dans les collines intérieures de l’île. Une légende urbaine dit qu’il y aurait un bus portant le numéro 10 pour nous emmener à l’entrée du parc mais, malgré nos recherches, pas de traces de ce moyen de transport. Y aller à dos de licorne nous paraît plus plausible. Pas de bus, pas de licorne, il nous faudra y aller en Grab (Uber pour l’Asie).

Le jardin actuel a été fondé en 1903 par l’intendant du jardin botanique de Singapour, rien que ça! Pour rappel : le jardin botanique de Singapour est tellement ouf que même l’UNESCO s’y est intéressé et l’a mis sur sa liste du patrimoine mondial! Il est situé dans une vallée verdoyante entourée de collines recouvertes de forêt tropicale et couvre 29 hectares. Aujourd’hui, il fait plus office de parc que de vrai jardin botanique mais il vaut tout de même la peine d’aller y faire un tour à l’ombre des arbres.

Vu l’environnement naturel du site, une bonne partie de la forêt tropicale a été conservée. La balade à l’ombre des arbres est plus que bienvenue car le soleil cogne vraiment fort.

Les cactus

Des cactus entourés de végétation luxuriante, ce n’est pas très courant. Mais le but d’un jardin botanique, c’est de faire découvrir des plantes venant d’autres régions climatiques. De toute façon, en cette saison, l’air est à peine plus humide qu’un maquis méditerranéen. Les cactus ne souffrent donc pas trop du choc thermique.

Oh les belles fleurs!

Ce qui nous motive de traverser la ville pour un jardin botanique, ce sont les fleurs, leurs couleurs et leurs odeurs. Nous sommes au bon endroit puisqu’elles se plaisent particulièrement sous ces latitudes. Hibiscus, fleurs de lotus, fleurs de frangipaniers et des dizaines d’autres espèces déploient leur beauté sous nos yeux ébahis. Un papillon est venu s’incruster dans notre séance photo. Saurez-vous le retrouver?

Avec la forêt toute proche, la faune est très présente dans le parc, à l’instar de ces macaques à longue queue qui, trouvant le parc national trop sauvage, sont venus s’installer dans  le quartier chic du jardin botanique. (Oui, nous parlons macaque couramment!)

Aralmigu balathandayuthapani Temple

Situé un peu plus bas de l’entrée du jardin botanique, ce temple est le deuxième site hindou le plus important de Malaisie après Batu Caves. Il y a un escalier de 513 marches dans la forêt qui conduit à un temple important sur la colline mais, comme nous ne pensions pas tomber sur un lieu sacré, nous n’avions pas prévu le dress code adéquat. Nous nous sommes contentés, à regret, du petit temple en bas.

Nous n’avons pas exploré l’île de Penang en entier, d’ailleurs nous avons zappé le funiculaire pour Penang Hill trop touristique à notre goût, mais nous en avons déjà pris plein les yeux. Ville coloniale très sympa, trails dans la jungle, parcs, temples de divers religions, plages sauvages, bref tout y est pour un séjour bien rempli.

Vous avez sûrement remarqué que nous avons déjà la bougeotte et qu’il nous tarde de découvrir des nouvelles choses. Nos aventures  devraient prendre la direction du nord mais nous nous tâtons encore un peu. Quoi qu’il en soit, nous les partagerons avec vous, comme d’habitude!

Enfin, pour bien finir cet article, sachez que le fameux bus numéro 10 existe bel et bien! Nous l’avons vu de nos propres yeux… une fois que nous n’en avions plus besoin!

Volontariat à Cherating, un village tranquille sur la côte est de la Malaisie

Dans le cadre de notre volontariat dans un bar, nous avons atterri à Cherating, un petit village vraiment tranquille sur la côte est de la Malaisie au bord de la Mer de Chine Méridionale. Il n’y a pas énormément de choses à faire à part profiter de la superbe plage, mais les habitants sont tellement adorables que nous avons vite tissé des liens sociaux. Le travail au bar nous a aussi pris pas mal de temps donc finalement, nous ne nous sommes pas trop ennuyés même si nous nous réjouissons fortement de repartir à l’aventure!

Alors Cherating, c’était comment?

  • Une communauté adorable où l’entraide et la bonne humeur sont de rigueur
  • Un super staff au bar
  • Un patron complètement allumé mais un très bon chef
  • Une plage superbe qui change d’aspect tous les jours selon les courants et les marées
  • Des orages de ouf!
  • Diego, Oreo et Nancy, trois chiens un peu fous mais adorables qui ont parfaitement joué leur rôle de chiens de garde devant notre bungalow
  • Lilo, six ans et Jaja, quatre ans, les rayons de soleil du bar
  • Des milliards de grains de sable qui s’infiltrent absolument partout
  • Des kilos de vaisselle portés ainsi que des centaines de bouteilles de bières
  • Des milliers de pas sur le sable à servir des clients
  • Une invasion de Français et autres francophones (ce n’est pas un reproche mais ça nous a hallucinés comme ils sont tous arrivés en même temps!)
  • Des rencontres extraordinaires avec des personnes de toutes nationalités
  • quatre kilos de maté inséparables de notre collègue argentin, Francisco
  • Un crabe sauvé des griffes de Diego. Nous avons d’ailleurs été hallucinés du flair du chien capable de sentir un crabe à plus d’un mètre de profondeur dans le sable
  • Un énorme varan sauvé des assauts de nos trois amis à amis pattes
  • Deux bébés tortues relâchées dans la mer
  • Des dizaines de kilos de plastique ramassés sur la plage avec l’association Trash Hero
  • Une communauté de singes faisant office de réveil matin et de vide poubelles
  • Un toucan aperçu dans un arbre
  • Quelques verres cassés
  • Plusieurs « Birthday Party ». Normal, neuf mois avant c’est la mousson, il faut bien que les gens s’occupent!
  • Une tourelle en brique construite de nos propres mains. Aux dernières nouvelles, elle tient toujours debout!
  • Devoir manger du durian comme cadeau de départ!
  • Des fous rires à la pelle

Les perles du bar

A force de côtoyer des clients, il y a forcément quelques petites perles qui ressortent, ce qui nous a valu de grand moments de franches rigolades. En voici un petit aperçu:

  • Sur la plage, nous avions une petite place pour faire un feu dans le but de s’y réunir en buvant quelques bières et en chantant quelques chansons jouées à la guitare. En voyant cela, une cliente nous a demandé si nous nous adonnions à des cultes sataniques!
  • Plusieurs personnes nous ont commandé de la bière tempérée! (WTF?)
  • En discutant avec des compatriotes : « Surtout ne rentrez pas en Suisse, c’est toujours aussi nul! »
  • Van, à la caisse avec des francophones, se concentre pour dire 95 à la française (quatre-vingt-quinze donc) et le client qui ne comprend pas « parce-que chez nous on dit nonante-cinq! »
  • « Vous avez de la chance d’être Suisses car, au moins, il n’y a pas la mer! » (Mais vas-y, nous te laissons la place!)
  • Le client que nous ne retrouvons pas pour lui servir le repas qu’il a commandé. Après une recherche minutieuse, nous le retrouvons dans le bar d’à côté! Pourtant, c’est difficile de confondre, il y a un vide d’au moins cent mètres qui sépare les deux bars!
  • Ceux qui commandent, qui paient et qui partent avant de recevoir leur assiette! (Et une pizza gratuite pour le staff!)
  • « Il est frais votre saumon? » (Oui, avec le réchauffement climatique, les saumons ont décidé de s’adapter et de venir se prélasser sous les tropiques!)
  • « Risque-t-on de tomber malade en mangeant chez vous? (Oui, notre mission secrète est de vous empoisonner!)
  • Alors que nous nous activons derrière le bar : « Vous bossez ici? » (Non, nous tournons un film!)
  • Celle qui se prend un simple plat de pâtes mais qui commande un super steak pour son chien (Après l’enfant-roi, le chien-roi!)
  • Devoir fermer le bar plus tôt pour pouvoir aller fêter l’anniversaire du propriétaire du bar voisin!
  • Quand des Québécois traduisent littéralement ce qu’il y a sur la carte et que nous sommes incapables de les comprendre! (Euh, finalement, tu ne veux pas parler anglais?)
  • Celui qui demande une réduction car il prend ses bières à l’emporter! (Dans un bar, tu prends de toute façon tes bières à l’emporter!)
  • Celle qui demande des glaçons dans sa bière (WTF??)
  • Notre collègue Bot tout fier de sortir quelques mots de coréen à une cliente coréenne en voulant lui dire « Bonjour, comment vas-tu? » Mais en réalité, il lui a dit « je t’aime »! La cliente a superbement réagi en lui répondant du tac au tac : « Me too, I love you! » Gros malaise pour lui, le pauvre, mais gros fou rire pour nous!
  • « Les numéros à côté du menu, ce sont les prix? » (Non, c’est le prochain tirage du loto!)
  • Une table avec un gros panneau réservé au milieu. « C’est réservé? » (Non c’est juste pour la déco!) et quand nous répondons par l’affirmative « Mais pouvons-nous nous asseoir quand même? » (A ton avis?)
  • « Peut-on payer en euros? » (Non, seulement en anciens francs!)

Nous avons vraiment passé de bons moments à Cherating. D’ailleurs, notre volontariat devait initialement se terminer le 31 juillet. Nous avons accepté de rempiler pour trois semaines de plus, tellement l’expérience était géniale! Comme quoi, nous arrivons à ne pas nous faire virer des volontariats! (Cf Malacca!)

Malgré cette expérience extraordinaire que nous ne sommes pas prêts d’oublier, nous sommes tout de même impatients de reprendre nos sacs et de crapahuter à travers l’Asie du Sud-Est. Nous allons mettre le cap au nord (mais pas trop hein!) dans le but de rejoindre le Vietnam avant les fêtes de Noël. Pour le faire, nous avons quatre mois et un seul impératif : ne pas prendre l’avion!

Kuantan et ses trésors naturels cachés

Il y a longtemps que nous l’attendions cette côte est malaisienne! Déjà, en septembre dernier, nous voulions nous rendre sur Tioman en attendant notre vol pour Bornéo et nous avons dû y renoncer à cause des bus complets. Ensuite, d’octobre à mai, c’est la saison des pluies, nous avons donc dû laisser notre projet en stand-by en attendant des jours meilleurs.

Comme nous étions, lors de nos dernières aventures, tout au sud de la péninsule malaise, nous avons décidé de faire un petit détour par Singapour. Mais pendant notre séjour, notre appareil photo a rendu l’âme après des années de bons et loyaux services! Il est vrai que nous lui avons fait subir des chocs, la chaleur, du sable, des embruns, de l’humidité, etc… Bref, nous sommes étonnés qu’il ait tenu si longtemps, surtout qu’il n’était pas de première jeunesse! Comme l’électronique est hors de prix à Singapour, il nous fallait attendre notre retour en Malaisie pour remplacer notre matériel photo. Mais rassurez-vous, lors de notre premier passage, nous avions déjà écrit un article sur cette ville fascinante, ici

Nous pensions trouver notre bonheur à Johor Bahru, la ville frontière remplie de centre commerciaux pour Singapouriens à fort pouvoir d’achat, mais après avoir poireauté plus de trois heures à la douane à cause de la forte affluence de Singapouriens venant en Malaisie gagner quelques dollars sur leurs achats, il faut nous rendre à l’évidence, nous devrons passer par Kuala Lumpur si nous voulons autre chose que des photos prises avec nos smartphones pourris. Nous repassons donc par Kuala Lumpur. Finalement, c’est plus facile en matière de transports de repasser par la capitale et ça ne constitue pas un si grand détour.

Enfin, après toutes ces petites aventures, nous avons quand même fini par rejoindre la côte est. Nous avons choisi Kuantan car c’est la ville la plus accessible depuis Kuala Lumpur et que ce n’est pas trop loin de l’endroit où nous allons prendre nos fonctions de barmen le 1er juillet.

Kuantan est la capitale de l’état de Pahang et la plus grande ville de l’est de la péninsule malaise. Ici, rien à voir avec la côte occidentale beaucoup plus dynamique. Nous avons l’impression d’être perdus dans un monde parallèle et un peu oubliés de la part des grandes villes. L’ambiance est beaucoup plus tranquille mais les locaux sont toujours aussi affables, souriants et contents d’accueillir des étrangers.

Mosquée du Sultan Ahmad Shah

Le centre-ville de Kuantan n’est vraiment pas pittoresque mais la mosquée du Sultan Ahmad Shah vaut tout de même le détour. Elle a été construite entre 1991 et 1993 sur l’emplacement d’une ancienne qui commençait à tomber en lambeaux. Elle est superbe avec sa couleur bleu ciel et ses minarets blancs. Elle ressemble un peu à celle d’Ipoh en un peu plus grand.

Teluk Cempedak

Mais si nous sommes venus jusqu’à la côte est, ce n’est pas pour rester dans une ville moche! Notre but, c’est de découvrir la playa! Celle de Kuantan, appelée Teluk Cempedak, se mérite, elle est située à cinq kilomètres du centre-ville. Mais nous sommes en Malaisie, un pays relativement bien organisé en transport publics, et il y a un bus urbain qui nous y emmène pour quelques ringgits. Nous ne sommes pas du tout déçus d’avoir fait le déplacement! Le sable blanc, l’eau turquoise, la végétation luxuriante, tout y est! Il y a juste de forts courants mais ça amène une brise bienvenue sur la plage. Pour une plage urbaine, elle est particulièrement belle!

La passerelle

A flanc de rocher, il y a une petite passerelle de quelques centaines de mètres qui longe la mer et qui nous attire fortement. Nous sommes tout de suite accueillis par une colonie de macaques pas du tout farouches qui essaient de savoir s’ils peuvent grappiller un peu de nourriture. Mais comme nous n’en avons pas, ils retournent vite vaquer à leurs occupations.

Vous pouvez cliquer les photos de la galerie ci-dessous pour les agrandir et voir nos amis les macaques d’un peu plus près!

Teluk Tongkang

Après la passerelle, se trouve la petite plage de Teluk Tongkang. C’est une petite crique entourée de collines recouvertes de forêt tropicale. L’ambiance est vraiment tranquille. La plupart des gens restent sur Teluk Cempedak et ne s’aventurent pas sur la passerelle. Nous avons donc cette petite plage presque que pour nous, si on ne compte pas les singes, les différentes espèces d’oiseaux et les coquillages qui marchent.

Welcome to the jungle!

Notre balade ne serait pas complète sans une petite incursion dans la jungle! Ça tombe bien, il y a un petit chemin dans la forêt que nous nous empressons d’aller découvrir! Au menu, des dizaines de papillons vraiment superbes, les inévitables macaques, des insectes un peu chelous et des grands singes gris chevelus avec un masque blanc autour des yeux mais dont nous n’avons pas réussi à retrouver l’espèce sur Google. Nous vous rappelons qu’officiellement, nous sommes toujours en ville! Nous ne pensions pas y trouver autant de végétation ainsi qu’une faune aussi variée!

 

Et… Cerise sur le gâteau!

Le chemin de la jungle débouche sur une immense et superbe plage complètement déserte! Enfin pas complètement… Des énormes crabes peuplent les lieux. Il faut faire attention où on met nos pieds car un crabe, ça n’aime pas être dérangé et ça utilise sa pince pour le faire savoir. Expérience vécue par Van! Bon, elle s’en est sortie avec une grosse griffure au pied qui, une fois bien désinfectée, a fini par bien cicatriser. Mais elle a appris la leçon et sera vigilante à l’avenir.

Encore une fois, la Malaisie prouve qu’elle n’a rien à envier à sa voisine thaïlandaise, même si, égoïstement, ça nous arrange que tous les touristes se rendent en Thaïlande et nous laissent ces petits paradis.

Encore une belle surprise que nous offre la Malaisie! Nous sommes contents d’avoir persévéré dans notre quête de la côte est et nous en avons pas encore découvert les incontournables.

Pour la suite, nous allons nous rendre dans la petite localité de Cherating, un peu plus au nord, où nous passerons le mois de juillet à essayer de jouer les barmen dans un petit resto de plage.

Bilan de la Malaisie

Ce bilan concerne nos visites en Malaisie en tant que voyageurs. Il ne parle pas de notre confinement près de Georgetown où nous avons passé trois mois en total lockdown dans un premier temps, puis dans l’impossibilité de sortir de l’état de Penang à cause de la crise du Covid-19.

Ça fait presque une année que nous avons, pour la première fois, posé le pied en Malaisie et depuis nous vous avons bombardé d’articles, il était donc temps de changer d’horizon mais pas avant d’avoir dressé notre traditionnel bilan!

En chiffres

Durée du séjour

208 jours, effectués en sept fois, ce qui fait environ sept mois en tout!

Budget

27’461 Ringgits (6450 CHF / 5926€) soit une moyenne de 31 CHF (28,40€) par jour. Nous sommes amplement dans notre budget grâce à un super rapport qualité/prix en Malaisie car nous ne nous sommes privés de rien. Dans le budget, en plus des éternels bouffe/transports/logement,  il y a les vols internes pour Bornéo, plusieurs entrées à des parcs nationaux, des loisirs comme le cinéma, le coiffeur et le concert des Guns and Roses ainsi qu’une visite chez le médecin pour nous faire vacciner contre l’encéphalite japonaise et un détartrage chez le dentiste. Ce low budget s’explique principalement par nos semaines de volontariat où nous avons drastiquement réduit les dépenses et gagné quelques pourboires.

Distance parcourue

11’703 km de Kuala-Lumpur à Singapour, puis Kuala Lumpur  – KuchingBintuluMiri – frontière du Brunei – retour à Kuching – frontière indonésienne. Kuala Lumpur – Malacca – Kuala Lumpur – Cameron Highlands – Kuala Lumpur. Kuala Lumpur – Langkawi et retour. Kuala Lumpur – IpohPenang – Taiping – Kuala Lumpur. Kuala Lumpur – Kota KinabaluSandakan – Kuala Lumpur. Et enfin Kuala Lumpur – Seremban – Cabo Rachado – Seremban – Kuala Lumpur – Putrajaya. Kuala Lumpur – Johor Bahru – Kuala Lumpur – KuantanCherating – Sungai Kolok (frontière thaï)

Tout ça en vols internes (pour Bornéo et Langkawi), trains, bus, ferry, et Grab (l’Uber local).

Etats traversés

12 :  Sélangor, Negeri Sembilan, Malacca, Johor, Sarawak, Sabah, Perak, Penang, Kedah, Pahang, Terrenganu et Kelantan ainsi que deux territoires fédéraux : Kuala Lumpur et Putrajaya.

Extrêmes d’altitude

1900 mètres dans les Cameron Highlands et le niveau de la mer sur les côtes et les îles.

Extrêmes de températures

18 degrés sous la pluie dans les Cameron Highlands, 36 degrés sur toute la Malaisie péninsulaire entre janvier et février sous un soleil de plomb.

Nos plats préférés

Le laksa (soupe du Sarawak au lait de coco, piment, crevettes, poulet, nouilles de riz, carottes, pak choi, etc). Le roti telur pour le petit déjeuner (crêpe à base de farine de lentilles aux oeufs qu’on trempe dans des sauces plus ou moins épicées).

Mots en malais appris

Les incontournables bonjour (Selamat Pagi!) et merci.(Terimah Kasih) Sinon tous les mots concernant la nourriture! Mais sûrement avec un accent pourri vu les éclats de rire que nous avons généré en essayant de parler malais!

Volontariats

Deux. Un dans une guesthouse à Malacca duquel nous nous sommes faits virer et un deuxième dans un resto-bar à Cherating où on nous a demandé de rester un peu plus longtemps.

Coups de cœur / Coups de gueule

Voici, nos coups de cœur et nos coups de gueule pour la Malaisie.  Comme d’habitude, nous commençons par le pire pour finir par le meilleur!

Coups de gueule!

Les plantations de palmiers à huile

C’est un véritable fléau en Malaisie. Des kilomètres carrés de forêts tropicales ont été rasées pour ces plantations! Tout ça pour avoir du Nutella sur nos tartines et des cosmétiques sur nos visages! Nous avons vu quelques campagnes qui prônaient le « sans huile de palme » mais ça reste vraiment anecdotique et ça n’empêche pas les bulldozers d’écraser tout sur leur passage pour laisser la place aux palmiers à huile.

Coups de cœur!

Le multiculturalisme

La Malaisie à trois communautés principales : les Malais, les Chinois (appelés ici Hokkien) et les Hindous, plus quelques autres minorités. Tout ceci crée un melting pot de cultures, d’ethnies, de couleurs, de religion, de nourriture, etc. Nous avons eu plusieurs fois l’impression de voyager dans plusieurs pays en même temps!

La tolérance

Grâce au multiculturalisme évoqué plus haut, les Malaisiens ont l’habitude de croiser des gens d’autres cultures ou d’autres ethnies et tout le monde est accepté tel qu’il est. L’homme blanc est très bien reçu peu importe son habillement et ses croyances et, fait assez rare en Asie, il n’est pas pris pour un porte-monnaie sur pattes! Nous avons été plusieurs fois invités dans des mosquées malgré une tenue inappropriée, on nous a simplement prêté des habits.

La population locale

Les Malaisiens, bien qu’un peu timides au premier abord, sont très accueillants et surtout, très souriants! La Malaisie est le vrai pays du sourire! Pour preuve : même les Chinois ont le sourire en Malaisie et n’ont pas leur traditionnelle poker face! La population locale maîtrise l’anglais et aime beaucoup échanger avec les visiteurs étrangers.

Les parcs nationaux

Autant à Bornéo qu’en Malaisie péninsulaire, nous avons été bluffés par les parcs nationaux. Souvent crées sur le modèle américain avec enregistrement à l’entrée et rangers qui s’assurent du bon fonctionnement du parc. Les sentiers sont très bien indiqués et bien entretenus et les animaux sont assez facilement observables car correctement protégés.

La faune

Bornéo a une faune endémique extraordinaire et même dans les parcs nationaux du continent, nous avons pu observer des animaux incroyables! Mais pas seulement! Même en milieu urbain, il n’est pas rare de croiser des singes, des papillons, des varans et des oiseaux multicolores!

Villes vertes

On doit les parcs urbains et les jardins botaniques à la colonisation anglaise et les Malaisiens ont gardé cette tradition après l’indépendance. Et c’est tant mieux! Les villes respirent et il y a toujours un petit havre de paix  dans la nature, loin du trafic et à l’ombre des arbres, tout en ne sortant pas du centre-ville!

La gastronomie

Là aussi, les différentes cultures se retrouvent dans l’assiette! C’est savoureux, coloré, varié et parfois très épicé!

Les plages

La Malaisie n’est pas très connue pour ces plages et pourtant, elles n’ont pas beaucoup à envier à celles du sud de la Thaïlande. Mais nous ça nous arrange bien que les touristes restent en Thaïlande! Et encore, nous parlons des plages que nous avons vues. Nous n’avons pas été sur les îles de l’est de la péninsule malaise. Il paraît que ce sont les plus ouf du pays!

Bizarreries malaisiennes

Les rishaws de Malacca

Les rishaws sont des tuk-tuk mais à vélo. Ceux de Malacca sont décorés de manière super kitsch et diffusent de la musique tout aussi kitsch. Les touristes singapouriens et coréens en raffolent. Au début, nous avions trouvé ça assez amusant mais, à la longue, c’est vite devenu insupportable!

L’hymne national

Avant de pouvoir profiter d’un concert, il faut d’abord écouter l’hymne national. D’ailleurs, afin de s’assurer que tout le monde se tait et écoute, il est annoncé trois fois! Par contre, nous avons pu constater que les Malaisiens n’était pas plus doués que nous, Suisses, pour connaître les paroles l’hymne national! Heureusement, en Espagne, nous n’avons pas ce problème. Notre hymne ne comporte aucune parole!

Les toilettes labyrinthes

A chaque fois qu’il y a des toilettes publiques, il faut toujours traverser un dédale de couloir avant de pouvoir y accéder. Nous n’avons pas vraiment compris la pertinence du truc. Mais bon, à la fin, il y a en général des toilettes propres. C’est tout ce que nous demandons.

Le durian

C’est un fruit qui pousse dans toute l’Asie du Sud-Est et qui a la particularité de dégager une odeur vraiment nauséabonde : un mélange entre de la pourriture et les égouts. A manger ce n’est pas beaucoup mieux, on dirait de l’oignon pas frais! Mais en Malaisie, ils ont poussé le vice à le nommer fruit national! Il existe même des concours du plus beau durian et certains spécimens se vendent jusqu’à 100o$ pièce!  Heureusement que la fleur nationale c’est l’hibiscus, c’est beaucoup plus glamour!

Les jours fériés

Grâce à ses différentes cultures, la Malaisie observe une quantité invraisemblable de jours fériés. En plus, si le jour en question tombe un dimanche (ou un vendredi dans les états conservateurs du nord-est), il est reporté au jour ouvrable suivant. Durant notre séjour nous avons assisté aux deux fêtes nationales (pourquoi s’en contenter d’une seule?), au Nouvel An musulman, à Deepawali (Nouvel An hindou), à Noël, au Nouvel An occidental ainsi qu’au Nouvel An Chinois. Et à chaque fête, les villes se parent de superbes décorations!

La Malaisie à été bien plus qu’un coup de cœur pour nous! La vie y est bon marché mais les infrastructures sont au top. C’est super safe, les gens sont super accueillants, c’est encore épargné par le tourisme de masse et c’est très facile de sortir des sentiers battus. Nous y avons trouvé notre compte dans la nature, dans la culture ainsi que dans les activités citadines. Pays à recommander sans modération!

Autour de Kuala Lumpur : Batu Caves & Putrajaya

Notre séjour en Malaisie touchant à sa fin, nous en avons profité pour visiter quelques sites à proximité de Kuala Lumpur. Nous en avons également profité pour y passer le Nouvel An Chinois au son de la danse du Lion et des pétards. Nous avons surtout constaté que la communauté chinoise a déserté la ville pour profiter de ses vacances et célébrer l’entrée dans l’année du cochon en famille. Nous avons trouvé une capitale presque vide et plus calme que d’habitude mais avec quand même une petite ambiance festive pour ceux qui sont restés en ville.

Nous en avons profité également pour sortir du centre de la capitale pour aller découvrir des alentours qui , à nos yeux, valent le temps d’une petite visite.

Batu Caves

Dans la banlieue nord de Kuala Lumpur, à une dizaine de kilomètres du centre ville, se dresse le plus grand sanctuaire hindou en dehors de l’Inde : Batu Caves.  Vu que c’est facile d’accès avec le train de banlieue et gratuit, nous en avons profité pour y aller faire un tour. Malheureusement, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu la même idée et la gare d’arrivée est déjà saturée tellement il y a de monde.

A la base, dans les années 1860, ce sont des paysans chinois qui exploitaient la grotte afin d’en extraire le guano, un mélange d’excréments d’oiseaux et de chauves-souris utilisé comme fertilisant. Certes, ce n’est pas très appétissant mais ce n’est sûrement pas pire que les produits chimiques qu’on utilise aujourd’hui. Ensuite, ce sont des commerçants tamouls qui sont arrivés et fondèrent un lieu de culte dédié à Murugan, le dieu de l’armée divine. C’est lui qui est représentée par l’immense statue dorée haute de 43 mètres et qui garde l’entrée des escaliers qui permettent l’accès aux grottes.

A peine sortis de la gare, nous sommes tout de suite mis dans l’ambiance avec ces immenses falaises karstiques vieilles de plus de 200 millions d’années super impressionnantes et les différentes statues de divinités hindoues.

La grotte

Il faut grimper 271 marches pour accéder à la grotte. Outre les temples et diverses statues, on y trouve également des chauve-souris et des macaques crabiers. Ces derniers étant habitués aux touristes sont très peu farouches, donc dangereux, toujours à quémander de la nourriture. Nous avons beau être vaccinés contre la rage, nous ne tenons pas à tester la morsure de singe! Mais une fois arrivés à l’intérieur de la grotte, nous oublions ces petits désagréments simiesques. Nous sommes fascinés, impressionnés et un peu déroutés aussi. Avec ses cent mètres de hauteur, ces cent mètres de longueurs, ces trente mètres de largeur et ses deux cents mètres de profondeur, la grotte est superbe et surtout énorme! C’est un véritable trésor géologique mais nous avons encore un peu de peine avec tout ce kitch indien. Nous savons que chaque statue a une signification particulière pour les Hindous et nous ne voulons pas blasphémer mais, dans ce trésor naturel, nous aurions apprécié un peu de sobriété.

Nous avons été impressionnés plus par la roche karstique que par les temples en eux-mêmes, c’est juste une question de goût. Il faut quand même reconnaître que c’est assez fou d’avoir construit tout ce sanctuaire avec tous ces petits détails architecturaux dans un endroit pareil! Et ça nous permet également d’approcher d’un peu plus près la culture de l’Inde, pays que nous ne connaissons pas encore.

Putrajaya

Nous changeons radicalement de décor par rapport à Batu Caves. Putrajaya est la capitale administrative de la Malaisie, c’est-à-dire que le gouvernement et tous les ministères se trouvent dans cette ville. Cette ville nouvelle, inaugurée en 2003, est sortie tout droit de l’imagination de l’ancien premier ministre afin de désengorger Kuala Lumpur. Elle est idéalement située dans une vallée verdoyante au climat agréable, à mi-chemin entre Kuala Lumpur et l’aéroport international et est desservie justement par le train de l’aéroport.

Persiaran Perdana

Persiaran Perdara est le boulevard principal de Putrajaya. C’est ici que se trouvent tous les ministères de la Malaisie. Le boulevard commence sur le magnifique pont Putra Bridge, d’architecture islamique, et court jusqu’à la résidence du Premier Ministre dans une symétrie toute stalinienne. A noter que le choix architectural n’est pas dû au hasard ou juste à l’esthétique. Malgré un multiculturalisme important, la Malaisie reste un pays musulman et seuls les citoyens de cette confession, en général issus de l’ethnie malaise, ont le droit d’exercer des métiers en rapport avec les fonctions gouvernementales. Toutes ces détails arabisants dans les monuments sont là pour souligner l’importance de l’islam dans le pays.

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Perdana Putra

Ce bâtiment, également d’architecture islamique, qui domine la ville sur sa colline est la résidence ainsi que les bureaux du Premier Ministre, c’est donc ici que se trouve le gouvernement de la Malaisie. A noter que le pays est une monarchie constitutionnelle, comme le Royaume-Uni par exemple. C’est donc le Premier Ministre qui gouverne le pays.

Taman Botani

Même après son indépendance, la Malaisie a gardé le concept très britannique de jardin botanique dans ses villes. Putrajaya n’échappe donc pas à la règle malgré son statut de ville nouvelle. Et c’est tant mieux! Malgré le côté bien rangé et bien propret du parc, la faune locale est venue y établir ses quartiers : oiseaux, papillons, tortues, macaques, libellules, etc. Ça reste tout de même quelque-chose entièrement façonné par la main de l’homme mais, sachant qu’auparavant, à cette même place, il y avait des kilomètres carrés de plantations de palmiers à huile, ce jardin botanique contribue à un petit retour à la nature.

Pavillon marocain

Lors de notre balade dans le jardin botanique, nous sommes tombé sur cette petite Alhambra miniature. C’est en fait un pavillon marocain érigé en l’honneur des excellentes relations diplomatiques entre le Maroc et la Malaisie. Son architecture est typiquement mudéjar et ne dénoterait pas dans une médina comme Fès ou Marrakech. Même des palmiers dattiers y ont été plantés pour faire plus vrai!

Putra Mosque

La mosquée de Putrajaya est le premier édifice de la ville a avoir été achevé, c’était en 1999. Son minaret mesure 116 mètres de haut et elle peut accueillir jusqu’à 10’000 fidèles. Malheureusement, nous sommes arrivés en pleine prière du vendredi et nous n’avons pas pu approcher. Mais nous avons quand même pu constater qu’elle est magnifique! Nous adorons sa couleur rose qui contraste joliment avec le vert profond de la végétation.

Cyberjaya

Cyberjaya est la Silicon Valley malaisienne avec ses institutions universitaires, informatiques, technologiques et de médecine de pointe. Le but était de rivaliser avec la vraie Silicon Valley américaine mais, entre temps, la crise économique asiatique est passés par là. Néanmoins, le secteur reprend peu à peu des forces et si, à terme, la Malaisie pourrait dépendre économiquement de Cyberjaya plutôt que du pétrole et de l’huile de palme ça pourrait être bénéfique.

Bien sûr, pour une productivité maximale, il faut que les employés de toutes ces entreprises se sentent bien! C’est pourquoi qu’un immense parc urbain a été emménagé. Plus sauvage que le jardin botanique de Putrajaya, il est essentiellement composé de marécages. Environnement qui nous rappelle fortement les Everglades, les alligators en moins, les varans en plus.

C’était très sympa de voir une fois une ville construite de toutes pièces à l’aube du XXIe siècle. Même si l’ambiance rappelle un peu Disneyland ou un autre parc d’attractions, l’âme de la ville reste toute malaisienne avec ses parcs, ses appels à la prière et ses food courts.

Voilà, c’était notre ultime étape en Malaisie, cette fois nous quittons le pays pour de bon, en tout cas pour ce périple. Nous allons traverser la mer d’Andaman pour de nouvelles aventures au Sri Lanka!

Seremban et Cabo Rachado

Écourter notre séjour à Sabah pour cause de météo c’est une chose, mais trouver de quoi nous occuper jusqu’au 10 février en Malaisie péninsulaire c’en est une autre! Nous ne voulions pas trop nous éloigner de Kuala Lumpur car les trajets prennent vite du temps et nous voulions revoir la mer. Nous venons d’un canton montagnard et pourtant, nous sommes toujours irrésistiblement attirés par la mer! Port Dickson, station balnéaire pour les habitants de la capitale, aurait fait un bon compromis mais les hébergements sont hors de prix, c’est pourquoi nous nous sommes rabattus sur Seremban.

Seremban est la capitale de l’état de Negeri Sembilan, elle est située à 54 kilomètres de Kuala Lumpur et à environ trente kilomètres de la côte, le compromis idéal pour nous! En plus, la ville est accessible et super bien desservie avec les trains de banlieue depuis la gare « Sentral » de KL. Nous ne nous attendions pas à grand chose, notre but était juste de pouvoir dormir pas cher! Pourtant, Seremban s’avère être une petite ville, certes sans grand intérêt, mais agréable, à taille humaine avec quelques vestiges coloniaux et, multiculturalisme oblige, divers temples, mosquées et églises, et surtout, des stands de bouffe!

Taman Tasik

Comme toutes les villes de Malaisie ayant connu la colonisation britannique, Seremban possède son jardin municipal avec ses plantes tropicales, ses étangs et ses promenades agréables au calme et, pourtant, en plein centre-ville. Taman Tasik signifie en malais, le jardin des lacs, même s’il n’y en a pas beaucoup comparé à Taiping. On peut y observer des écureuils, des tortues, des libellules et une variété incroyable d’oiseaux multicolores. Les étangs étaient à la base dédiés à la pêche mais les autorités ont finalement décidé d’y interdire cette activité afin de préserver les espèces qui y vivent.

Cabo Rachado

C’est la raison pour laquelle nous avons atterri dans cette région méconnue! Dès que nous voyons une étendue verte sur une carte, nous fonçons! Bon, là nous avons dû nous débrouiller et faire sans les transports publics mais en Malaisie, l’application Grab, l’Uber local, fonctionne très bien.

Cabo Rachado ça sonne drôlement latin comme nom, ne trouvez-vous pas? En effet, c’est du portugais! C’est une petite péninsule terminée par un cap où les Portugais, lors de la colonisation de Malacca, y construisirent un phare afin d’avoir le contrôle sur tout le détroit. D’ailleurs, aujourd’hui encore, le territoire de la péninsule est une exclave de l’état de Malacca. Il y a une dense forêt tropicale de plus de 157 hectares servant d’aire de repos aux oiseaux migrateurs qui passent l’hiver sur l’île de Sumatra et qui viennent y reprendre des forces avant, respectivement après la traversée du détroit de Malacca. Mais même hors période de migrations, nous pouvons observer une multitude d’oiseaux multicolores, des papillons, des écureuils et un grand nombre de macaques.

Le phare

A l’extrémité du cap se trouve évidemment un phare. Celui d’origine datait du XVIe siècle et avait été érigé par les Portugais afin de surveiller tout le détroit de Malacca. C’était le premier phare construit en Malaisie. Le phare actuel date de 1863, en pleine ère britannique et mesure vingt-quatre mètres de hauteur. Depuis 1990, il est accompagné d’un radar à avion car la péninsule se trouve en pleine zone d’approche de l’aéroport international de Kuala Lumpur. D’ailleurs, le cap et la forêt se voient très bien depuis le hublot de l’avion lors de la phase d’atterrissage. Le promontoire où se trouve le phare offre une superbe vue sur le détroit et nous avons juste pu deviner le relief de l’île de Sumatra, située en face à trente-huit kilomètres de là.

Pantai Cremin

Depuis le phare, nous descendons droit en direction de la mer au milieu de la forêt et nous débouchons sur une superbe plage de sable blanc. Si ce n’est pas le paradis, ça y ressemble fortement! Surtout qu’il n’y a absolument personne! Vu la clarté de l’eau, nous n’avons pas pu nous empêcher d’improviser une baignade, surtout que l’eau est aussi chaude que des bains thermaux et que nous n’avons pas vu de bébêtes chelous genre méduses ou crocodiles. Il est sûr que cet endroit fera son entrée dans notre top cinq des plus belles plages de notre tour du monde!

Retour par la côte

Nous rentrons par un petit chemin dans une forêt côtière qui débouche de temps en temps sur de superbes plages et petites criques.

La mangrove

Pour terminer le trail, il faut traverser une magnifique mangrove. Là, ça se corse! Le chemin n’est plus vraiment tracé, il faut faire attention de ne pas s’enfoncer dans la vase et ça grouille de crabes. Et nous ne voulons pas abîmer cet écosystème fragile et tellement indispensable pour protéger le littoral et pour en empêcher son érosion. Nous avons été peut-être un peu trop têtus en voulant à tout prix traverser la mangrove. Honnêtement, il aurait sûrement mieux valu retourner en arrière par la forêt. Mais bon, nous sommes toujours plus intelligents après. Quoi qu’il en soit, la mangrove est magnifique et il vaut la peine d’y jeter un coup d’œil même si vous êtes assez raisonnables pour ne pas la traverser.

Pour cette étape, rien n’était prévu, ça a été décidé à l’arrache à la dernière minute après avoir juste jeté un coup d’œil sur une carte. Finalement, nous sommes tombés sur un petit bijou, comme ça nous est souvent arrivé dans ces cas là! Nous ne regrettons pas une seconde d’avoir laissé tomber Sabah pour revenir en Malaisie péninsulaire car le soleil est vraiment au rendez-vous et, même s’il fait très chaud, c’est bien agréable de ne pas se retrouver sous des trombes d’eau! Et sans ces mésaventures météorologiques, nous n’aurions jamais découvert ce sanctuaire à oiseaux loin des gros circuits touristiques.

Pour la suite, nous remettrons notre casquette de citadins pendant quelques jours car c’est le Nouvel An Chinois et nous aimerions profiter de Kuala Lumpur pour assister aux festivités et effectuer quelques achats avant de nous envoler vers de nouvelles aventures.

Bornéo : Sandakan et la réserve de Sepilok

Malgré un trajet de 330 kilomètres en direction du sud-est, la météo n’est pas disposée à se montrer plus clémente. D’ailleurs, notre périple en bus s’est passé sous une pluie torrentielle qui n’a pas arrêté de la journée, ça ne nous était plus arrivé depuis Rio, il y a presque quinze mois! Ajoutez à cela une route complètement défoncée et un chauffeur qui se prend pour un pilote de rallye et nous avons le trio gagnant! Heureusement, nous finissons quand même par arriver à Sandakan sains et saufs, c’est le plus important même si nous sommes un peu sonnés par le mal des transports.

Sandakan est la deuxième ville de l’état de Sabah mais elle a un caractère bien plus provincial que Kota Kinabalu. Elle se situe sur la mer de Sulu, sur la côte est de Bornéo et les Philippines ne sont qu’à quelques encablures au large. Par contre, prendre la mer de ce côté est un peu dangereux à cause des pirates qui sévissent dans le coin. La ville en elle-même n’est pas extraordinaire, c’est plutôt un point de départ pour les réserves et les spots de snorkeling alentours. Il y a tout de même un front de mer assez sympa qui s’anime à la nuit tombée avec des terrasses où il fait bon s’installer pour manger ainsi que les fameux bars à karaoké typiques de l’Asie du Sud-Est.

Sandakan était, à l’instar du reste de Bornéo et d’une bonne partie de l’Asie du Sud-Est, occupée par les Japonais pendant la Seconde Guerre Mondiale. C’était un camp où étaient emprisonnés des soldats britanniques et australiens qui vivaient dans des conditions pas trop déplorables vu le contexte, sachant que les Nippons n’étaient pas des enfants de chœur à cet époque! Cependant, le lieu devint vite trop exposé à un éventuel débarquement des Alliés et les Japonais décidèrent de transférer les prisonniers à Ranau, à 220 kilomètres dans les terres, en les faisant marcher jour et nuit dans la jungle hostile. Seul six soldats australiens qui s’étaient enfuis survécurent à cette marche de la mort. Aujourd’hui, un escalier de mille marches, au milieu d’une petite forêt urbaine,  suit les premiers mètres de ce fameux périple et commémore ce sombre épisode de l’histoire.

Sepilok Rainforest Discovery Center

A Sepilok, un petit village à ving-cinq kilomètres de Sandakan, se trouve un centre de réhabilitation des orangs-outans du même genre de celui que nous avions été voir dans le Sarawak. Les heures de visites y sont très restrictives afin de ne pas trop déranger les singes. Nous saluons le geste mais nous, dans la nature, nous aimons prendre notre temps pour tout observer. C’est pourquoi nous avons choisi de visiter la réserve située juste à côté.

Le centre a une vocation éducative afin de sensibiliser la population, surtout les jeunes, à la richesse de la forêt primaire et à l’importance de la protéger. Une démarche vraiment nécessaire à nos yeux surtout quand on sait que l’état de Sabah est le premier exportateur d’huile de palme en Malaisie et que la déforestation pour la culture des palmiers à huile a déjà pris des proportions énormes. La Malaisie commence à comprendre tout gentiment la richesse de son patrimoine naturel. Elle commence à prendre quelques mesures pour la sauvegarde des forêts et de la planète, même si ça reste anecdotique. Nous avons particulièrement apprécié les panneaux explicatifs car ça nous a permis de mettre des noms sur certains animaux que nous avons pu observer.

Evidemment, la pluie est venue jouer les trouble-fêtes mais ce n’est pas très grave, nous sommes bien équipés. Et puis, la forêt sous la pluie c’est très beau, ça déploie toutes ses couleurs et ça sent super bon! Et comme il n’y a pas beaucoup de tarés prêts à marcher sous les averses, nous sommes pratiquement les seuls humains dans la réserve! Il faut juste faire attention de ne pas se casser la figure sur le sol très glissant et aux sangsues qui sont de sortie avec ce temps comme Van l’a appris à ses dépends! Mais quand ça s’arrête, les oiseaux et les papillons se réveillent et c’est une explosion de couleurs qui volette entre les arbres, magnifique!

Le lac

La réserve entoure un petit lac qui est traversé par un pont suspendu. Vu le temps tristounet, il n’est pas vraiment possible de voir à travers l’eau mais grâce aux bulles, nous savons qu’il y a des poissons ou autres bébêtes qui nagent dedans. Nous avons cependant aperçu des belles libellules rouges ou vertes ainsi que des superbes échassiers noirs dont nous n’avons aucune idée de quelle espèce il s’agit.

Le Ruddy

C’est un petit cours d’eau qui nous accompagne sur une partie du chemin qui nous permet d’apercevoir des petits batraciens, des libellules ainsi qu’un gros trucs brun qui a fait « plouf », vraisemblablement une loutre. A cause de la pluie, l’eau est bien brune, bien boueuse mais ça n’a pas l’air de déranger toute la faune qui y vit, et c’est tant mieux!

Les géants

Dans la jungle, il y a une catégorie d’arbres qui sont plus grands et plus gros que les autres. On les appelle les géants, tout simplement. Ils grimpent au dessus de la canopée afin de capter plus facilement les rayons du soleil. Certains mesurent jusqu’à 94 mètres de haut! Ils ont aussi au sol d’énormes troncs et d’impressionnantes racines. Si les racines restent hors sol, c’est parce-que la terre est tellement humide et tellement dense qu’elle ne contient pratiquement pas d’oxygène, donc il faut aller la chercher en surface.

Canopy Walkway

Le clou du spectacle c’est la promenade d’environ 360 mètres sur la canopée grâce à diverses passerelles culminant à 10 mètres au dessus du sol permettant d’observer la forêt d’en haut, de voir le sommet de certains grands arbres et d’apercevoir  d’autres espèces animales qui restent en hauteur, notamment des grands oiseaux et des singes. Il y a également trois tours d’observations perchées à 30 mètres de hauteur.

Bonus : les bébêtes

Ce ne sont pas des photos de bonne qualité car les animaux ne posent pas pour l’objectif! Ce sont juste quelques images prises sur le vif et peu représentatives de tout ce que nous avons observé, tellement c’était varié. Si vous cliquez dessus, vous pouvez les agrandir et apercevoir quelques bébêtes.

Nous avons eu vraiment de la chance de pouvoir observer une quantité d’animaux dont :

  • une multitude d’insectes, inconnus pour la plupart
  • des papillons aux couleurs somptueuses
  • des oiseaux de toutes tailles et aux couleurs chatoyantes parmi lesquels nous avons pu reconnaître un serpentaire bacha, des calaos charbonniers, des calaos à corne rouge, des tricholestes crinigers, un trogon de diard et des martins-pêcheurs.
  • un macaque à queue de cochon qui se baladait sur les barrières des passerelles.
  • deux nasiques, les fameux singes endémiques au nez proéminent, mais de loin
  • deux phacochères comme Pumba dans Le Roi Lion
  • un écureuil à oreilles, endémique de Bornéo et, paraît-il, difficile à observer
  • un python malais mais ne vous inquiétez pas! Il dormait profondément dans une racine d’un géant et nous avons bien pris soin de ne pas le réveiller et puis les pythons ne sont pas venimeux.

Van s’est prise une petite sangsue sur le mollet. Ça paraît affreux dit comme ça mais en vérité elle ne l’a même pas sentie. Elle a juste vu comme une sorte de petit ver enroulé sur sa peau. C’est quand elle a essayé de l’enlever alors que la petite bébête s’accrochait fermement qu’elle a compris que c’était une sangsue. Au niveau de la plaie, c’était juste un petit point rouge de rien du tout, indolore, qui a cicatrisé très vite. Il paraît que ces bestioles nous injectent un produit pour fluidifier le sang et qui est encore parfois utilisé en médecine pour stimuler la circulation sanguine. Donc voilé, nous avons testé pour vous la sangsue et ce n’est de loin pas le pire truc qui nous est arrivé lors de ce voyage!

Nous sommes revenus de ces trails trempés, fatigués et bien crades mais vraiment heureux! C’est clairement la plus belle forêt que nous n’ayons jamais vu! Nous en revenons avec des étoiles plein les yeux tellement nous avons découvert une faune et une flore incroyables!

Malheureusement, l’aventure à Sabah s’arrête déjà ici pour cause de mauvaise météo.  Il resterait encore pas mal de trésors à découvrir, notamment les fonds marins mais avec la grisaille et la pluie, c’est inenvisageable. Nous allons retourner sur le continent plus tôt que prévu, la mort dans l’âme car cette partie de Bornéo vaut vraiment le détour. Ce sont des choses qui arrivent et ça fait partie du jeu et, en presque quinze mois de voyage, ce n’est que la deuxième fois que nous changeons nos plans pour des raisons météorologiques. La première fois c’était en Bolivie en février 2018, il y a presque une année. Et sous des latitudes aussi proches que l’Equateur, il y a de fortes chances que ce soit bien arrosé même si officiellement, c’est la « saison sèche ».