Santa Cruz de Mompox, la belle endormie au bord du Rio Magdalena

Après nos petits déboires de logements à Medellín, nous avons dû nous lever aux aurores à Santa Fe de Antioquia pour être sûrs de ne pas louper notre bus qui partait depuis le Terminal Norte. Heureusement, notre timing était bon et nous avons pu continuer notre route sans encombres.

Une bonne journée de bus plus tard, nous nous sommes arrêtés pour la nuit dans la petite ville d’Aguachica où il n’y a rien à voir à part des décorations de Noël trop chargées digne de Las Vegas. Nous sommes tombés sur une fête de nous savons pas trop quoi où la ville a été bruyante et animée toute la nuit! Les festivités ont quand même dû s’arrêter à six heures du matin pour laisser les gens aller à la messe. C’est donc pas très frais que nous entamons notre deuxième journée de voyage dans un minibus au confort très relatif. A la mi-journée, nous arrivons à la localité de El Banco où nous avons loupé notre correspondance et où le prochain bus part trois heures plus tard. Le coin est un peu chelou et nous ne sommes pas très enchantés de devoir y poireauter des heures. Heureusement, nous trouvons un service de taxi qui accepte de nous emmener tout de suite à destination, 70 kilomètres plus loin, pour 30’000 pesos (6,50€ ou 6 CHF) par personne.

Le trajet a été un peu long et épique sous une chaleur écrasante mais nous avons fait une belle avancée de près de sept cents kilomètres dans notre périple. Nous sommes fin prêts pour découvrir une toute nouvelle région.

Santa Cruz de Mompox

Nous arrivons enfin dans la petite ville de Santa Cruz de Mompox! Elle se situe sur une île du Rio Magdalena au milieu d’une savane tropicale. Autant le dire, au milieu de nulle part! La ville digne de ce nom la plus proche est Cartagena de Indias à près de six heures de route de là! Si les Espagnols fondèrent une ville à cet endroit, c’est qu’il y avait de l’or, évidemment! Aujourd’hui encore, on travaille ce métal précieux pour en faire de magnifiques bijoux en filigranes. Mais ces objets ne sont pas à la portée de toutes les bourses, malheureusement.

NB : Pour en savoir un peu plus sur l’histoire de l’or à Mompox et dans le Bolivar en général, il y a le musée e l’or dans le centre historique de Cartagena. Il n’est pas très grand mais il est gratuit, assez intéressant et surtout, il y fait frais!

Casco historico

Santa Cruz de Mompox a été fondée en 1540 par Juan de Santa Cruz qui donna son nom à la ville. Le nom Mompox vient du cacique (un chef amérindien local) Mompoj. Ça s’écrit aussi Mompós mais dans tous les cas, ça se prononce Mompoo, à l’andalouse! D’ailleurs l’accent local est assez similaire à celui de notre belle région notamment dans la tendance à aspirer les « s ».

La ville fut très prospère durant l’époque coloniale, grâce à l’or, évidemment, mais aussi au limon déposé par le Rio Magdalena qui permit de fabriquer des ustensiles, des outils, de la vaisselle, de la poterie, etc… Mompox était également un grand centre de l’Inquisition, cette pratique de cathos intégristes qui condamnaient ceux « qui ne pensaient pas comme il faut » en les accusant de chiromancie, de blasphème, de sorcellerie ou encore d’hérésie.

Le 6 août 1810 eut lieu une première insurrection pour l’indépendance mais elle fut vite réprimée par les colons. Mais trois ans plus tard, Simón Bolivar himself, le grand seigneur de l’indépendance colombienne vint prêter main forte à la population locale avec succès.

Aujourd’hui, Mompox conserve un centre historique fabuleux classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ses ateliers d’orfèvrerie et une véritable douceur de vivre.

Plaza de la Concepción

C’est la place principale de Santa Cruz de Mompox et le premier endroit à avoir l’aspect d’une ville en 1541 juste après la fondation de la cité. Elle est bordée par la cathédrale de l’Immaculée Conception, par l’ancien marché et par de magnifiques maisons à arcades. Le jaune et le blanc des façades nous rappellent notre belle Andalousie. Il y a plein de terrasses sympas mais mieux vaut y aller une fois la nuit tombée car le climat est très chaud et le soleil cogne très fort.

Le Malécon

Les plus belles maisons de Mompox se trouvent sur le Malécon. La restauration des façades est irréprochable, il y a des cafés sympas et des terrasses avec vue sur le fleuve. Le meilleur moment pour y flâner est vers dix-sept heures quand le soleil commence à descendre. La température devient agréable et il y a une superbe lumière du soir. La promenade a été aménagée pour les piétons. Mais en Colombie, un scooter est apparemment considéré comme un piéton.

Rio Magdalena

Si on vous parle de Malécon, c’est qu’il y a un plan d’eau à proximité! Vous l’avez reconnu? C’est le Rio Magdalena! Rassurez-vous, nous aussi nous avons eu du mal à le reconnaître! Il était tellement étroit à San Agustín et ressemblait à un torrent de montagne! Ça grandit trop vite ces petits! Ici, c’est le vrai fleuve tropical, assez profond pour être navigable et qui possède plusieurs bras faisant de la région de superbes paysages de marais avec la faune qui va avec. Un truc qui nous a halluciné, et fait super plaisir aussi, c’est que l’autre rive du rio est complètement sauvage et la faune s’en donne à cœur joie! Elle prend même la peine d’effectuer la traversée pour venir nous dire bonjour! Ce qui nous permet d’observer des spécimens absolument incroyables!

Iglesia Santa Bárbara

En continuant notre balade sur le malécon, nous tombons sur la place de Santa Bárbara. Impossible de la louper avec son église du même nom flanquée d’une magnifique tour baroque digne d’une façade viennoise. Elle date de 1613 et rend hommage à la légende de Santa Bárbara, une jeune turque convertie au christianisme par amour et qui se fit décapiter pour ça. Le château d’Alicante a été construit selon la même légende.

Fun fact : sur la place, nous avons trouvé une capsule temporelle, une boîte avec des objets contemporains destinés au futur. Elle a été scellée en 2014 et doit être ouverte le 6 août 2110 date du tricentenaire de la déclaration d’indépendance. Nous étions parfaitement au courant de ce concept mais c’est la première fois que nous en voyons une en vrai!

Cementero de Mompox

Non, nous ne nous sommes pas mis au tourisme funéraire mais on nous a dit de passer au cimetière. Il se trouve un peu en retrait du centre historique mais fait encore partie du patrimoine historique inscrit à l’UNESCO. Il est d’une blancheur immaculée à en faire mal aux yeux! Ce qui est frappant, c’est que les inégalités sociales sont présentes jusque dans la mort. On voit tout de suite ceux qui ont les moyens de se payer des tombes ostentatoires ou pas!

Mompox est une superbe ville mais un peu difficile d’accès. Il faut vraiment vouloir y aller, on n’atterrit pas là par hasard. Et c’est tant mieux! Ça trie un peu les touristes. Du coup, ça reste super calme! Il faut juste faire super attention à la chaleur. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le Rio Magdalena n’apporte aucun air et le climat tropical peut être bien étouffant.

Nous sommes trop contents d’avoir payé de notre personne en transports pour venir jusqu’ici car Santa Cruz de Mompox sera encore un coup de cœur de notre voyage colombien!

Santa Fe de Antioquia, la dolce vita colombienne dans un décor colonial

Après avoir passé pas mal de temps dans les magnifiques villages de montagnes aux maisons colorées et aux paysages incroyables, nous changeons complètement de décor, d’ambiance et de climat pour cette nouvelle aventure.

Pour venir depuis Guatapé, il faut obligatoirement passer par le terminal Norte de Medellín mais il est tout a fait possible d’effectuer la totalité du trajet en un jour. Santa Fe de Antioquia ne se trouve qu’à 57 kilomètres de la ville et il suffit d’un peu plus d’une heure de trajet pour y arriver. Pourtant, à l’arrivée, nous avons l’impression d’avoir changé complètement de région! Nous sommes presque en plaine (500 mètres d’altitude environ) et dans un vrai climat tropical humide comme on les aime!

Santa Fe de Antioquia est l’ancienne capitale du département de Antioquia qui, durant l’époque coloniale, bénéficiait d’une quasi indépendance à l’intérieur du vice-royaume de Nueva Granada, c’est-à dire les actuels territoires de la Colombie, d’Equateur, du Venezuela et du Panama. Elle fut fondée en 1541 par l’andalou Jorge Robledo et c’est le roi d’Espagne Felipe II himself qui lui offrit le statut de capitale de région. En 1826, juste après l’indépendance, on transféra la capitale à Medellín, plus haut dans la vallée. Cette dernière s’était mieux développée économiquement et se trouvait dans un endroit plus stratégique.

Casco historico

Avec la perte de son statut de capitale régionale, Santa Fe de Antioquia ne s’est pas beaucoup développée depuis le XIXe siècle et a gardé intact son centre colonial, à l’instar d’Antigua au Guatemala qui a une histoire un peu similaire. Le centre historique n’est pas très grand et possède ce fameux plan en damier cher aux Espagnols. Mais pour s’y promener, ce sont les pavés de Granada avec les trottoirs inégaux de Campeche. Rien d’insurmontable avec une bonne paire de baskets mais il faut quand même faire attention à ne pas se fouler la cheville. Et puis, c’est ce qui fait le charme des villes historiques! Les magnifiques maisons coloniales datent du XVIIe siècle et sont, pour la plupart, blanchies à la chaux. Il vaut la peine de jeter un coup d’œil discret par les portes et les fenêtres ouvertes pour admirer les superbes patios à l’intérieur. D’ailleurs, certains cafés ou restaurants valent la peine qu’on s’y attarde plus pour leur intérieur que pour leur gastronomie!

Petit tipp : Evitez de visiter Santa Fe de Antioquia le week-end. Les logements sont le double du prix habituel et toute la population de Medellín s’y retrouve. En semaine, la ville peut sembler endormie voire un peu ennuyeuse mais on y est presque seuls au monde et cette torpeur correspond beaucoup plus au climat très chaud de la région.

Pour admirer l’intérieur d’une de ces magnifiques maisons coloniales de plus près, nous sommes rentrés dans le musée Juan de Corral du nom d’un fervent défenseur de l’indépendance et premier président-dictateur de « L’état libre de Antioquia ». Bon, on ne nous a pas laissés entrer avec notre appareil photo. C’est dommage car la maison est vraiment belle et l’exposition, somme toute, assez intéressante. On y parle de la fondation de la ville et de son fondateur Jorge Robledo, de la colonisation espagnole, du catholicisme apporté par les colons, de Juan de Corral, de l’indépendance et de la guerre civile qui en a découlé.

L’entrée au musée est gratuite et nous en avons quand même profiter pour « voler » deux photos avec nos smartphones…

Plaza Mayor Simón Bolivar

C’est le cœur névralgique de la ville. Elle est bordée par de magnifiques bâtisses coloniales superbement restaurées et par quelques terrasses assez sympas. En son centre, il y a un petit jardin de palmiers, de manguiers, de flamboyants et d’autres espèces tropicales qui nous apportent une ombre bienvenue. La Plaza Mayor porte évidemment le nom du grand seigneur de l’indépendance colombienne : Simón Bolivar.

Dès 17 heures, toutes les rues débouchant sur la place sont fermées au trafic et les habitants se réapproprient leur ville déambulant dans le centre historique en profitant de la « fraicheur » relative du soir. Les restaurants, eux, en profitent pour y installer leurs terrasses. Nous avons même eu droit à une séance de cinéma sur la place! Période de vacances scolaires oblige, les œuvres présentées sont tout public et proviennent principalement des studios Disney ou Pixar. Mais mater un film les fesses posées sur les marches encore chaudes de la journée du parvis de la cathédrale est une expérience vraiment sympa!

Catedral basilica de la Inmaculada Concepción

Cette magnifique cathédrale baroque et sa façade d’une blancheur immaculée dominent toute la Plaza Mayor Simón Bolivar sur son côté nord-ouest. On doit sa construction à l’architecte valencien Domingo de Petrés qui a également élaboré les plans de la cathédrale de Bogota, la plus importante du pays. Rien que ça! Nous trouvons par contre que l’intérieur est très sobre mais il y fait bon frais. Nous avons vaguement songé à nous mettre à la prière pour profiter de la fraîcheur puis finalement, nous en avons conclu qu’une belle terrasse ombragée ferait beaucoup mieux l’affaire pour des mécréants de notre espèce!

Plaza de Santa Barbara

C’est une petite place sans prétention dont l’attrait principal est la magnifique façade le l’église de Santa Bárbara. Elle date de 1726 et est l’église la plus ancienne de la ville. On la surnomme d’ailleurs « la Abuela » (la grand-mère). En ce mois de décembre, la place est squattée par les rennes du Père Noël!

Puente de Occidente

Pour une fois, notre traditionnelle marche du jour ne nous emmène pas sur un sommet mais au bord de la rivière. Plus précisément, SUR la rivière! Depuis le centre de Santa Fe de Antioquia, il faut marcher cinq kilomètres. C’est assez facile, c’est sur une route secondaire sans trop de trafic et c’est bien ombragé dans la forêt avec plein d’oiseaux à observer. Pour ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas marcher, il y a la variante moto-chiva (ou tuk-tuk). Le chauffeur vous y emmène, vous attend une vingtaine de minutes et vous ramène en ville. Nous avons entendu dire que ce service coûtait 20’000 pesos (4,25€ ou 3,95CHF).

Ce magnifique pont suspendu long de 291 mètres traverse le Rio Cauca, le deuxième fleuve du pays que nous avons déjà croisé à Cali. Il a été construit en 1887 par l’ingénieur José Maria Villa, un enfant du pays qui a également travaillé à la construction du pont de Brooklyn à New York, rien que ça! Son nom « Occidente » a été choisi tout simplement parce qu’il se situe à l’ouest du département d’Antioquia.

Aujourd’hui seuls les piétons et les véhicules légers comme des vélos, des scooters et des motos-chivas peuvent l’emprunter. Nous avons été super impressionnés par la stabilité du pont. Lors du passage des tuks-tuks, ça ne bouge pratiquement pas! Nous avons également adoré les tours en brique qui soutiennent les câbles. Elles sont super belles et contrastent joliment avec le vert de la végétation des alentours.

Le paysage depuis le pont sur le Rio Cauca et sa vallée dans la cordillère occidentale des Andes vaut également le détour. Nous aimons ces ambiances tropicales de grands fleuves traversant la forêt. Par contre, il faut faire attention! Il paraît qu’il y a des caïmans dans le coin…

Avec nos déboires de logements à Medellín que nous vous expliquons dans notre dernier article, nous avons fini par passer quatre jours à Santa Fe de Antioquia! C’est beaucoup pour une si petite ville mais nous avons tellement adoré l’endroit que ce n’est pas si grave finalement. Nous avons pris notre mal en patience et trouvé une piscine pour nous rafraîchir pendant les heures chaudes de la journée. Il y a juste notre réveil aux aurores pour prendre notre bus qui a été un peu hard! Mais tout s’est bien passé, nous avons réussi à attraper notre correspondance au terminal Norte de Medellín et nous avons pu continuer nos aventures presque comme prévu!

Santa Fe de Antioqui aura encore été un coup de cœur colombien pour changer! Même le fait d’avoir dû prolonger notre séjour n’a pas tari l’amour que nous portons pour cette ville, son centre historique de ouf, sa chaleur et sa douceur de vivre.

Une visite de Santa Fe de Antioquia à la journée depuis Medellin pourrait suffire amplement mais nous vous conseillons tout de même d’y dormir une nuit pour profiter de l’ambiance du soir, même en semaine quand c’est un peu plus calme.

Medellín, la fascinante et dynamique deuxième ville de Colombie

Si nous avions suivi l’itinéraire que nous avions plus ou moins prévu depuis Salento, nous ne serions pas arrivés « si tôt » à Medellín. Mais voilà, la pluie, le froid et l’altitude nous ont un peu gavés des montagnes. Le coup de grâce nous a été donné à Manizales, la capitale du département du Caldas perchée à 2100 mètres d’altitude. Le temps a été tellement mauvais que nous n’avons pas pu profiter de cette ville qui, sans être un incontournable, a l’air vraiment sympa. Nous avons donc décidé de perdre de l’altitude et de prendre quelques degrés pour recharger un peu nos batteries et laver nos affaires d’hiver qui commençaient vraiment à demander grâce.

Arriver à Medellín en bus

Il y a deux terminaux de bus à Medellín, un situé au nord de la ville et l’autre au sud. Pour le premier, il n’y a pas de problème, il y a une station de métro située directement dans le terminal. (Ligne A, station Caribe) Par contre, si vous arrivez par le sud, c’est un peu plus compliqué, il faut prendre un taxi ou un Uber. Certains bus venant du sud s’arrêtent à la station de métro de Sabaneta (Ligne A également) ou à celle d’Estrella (terminus de la ligne A). C’est une bonne alternative pour éviter les bouchons et se rendre au centre-ville avec les transports publics.

Medellín

Medellín est la deuxième ville de la Colombie. Elle se situe dans une vallée au milieu de la cordillère centrale des Andes à 1500 mètres d’altitude. Donc, techniquement, nous sommes encore en montagne et ne sommes pas si descendus que ça. Pourtant, la différence climatique est notable. Medellín est surnommée la ville du printemps éternel. En vrai, ça veut dire que le temps change toutes les vingt minutes, comme au printemps! Plus sérieusement, c’est vrai que le temps est changeant mais la température reste agréable, autour des 25-26 degrés toute l’année, et ce malgré quelques gros orages le soir.

Medellín a été tristement célèbre dans les années 1970-1980 à cause de la violence qui y régnait. C’est la ville natale de Pablo Escobar, narcotrafiquant super connu, chef du tout aussi connu cartel de Medellín et qui, avec de nombreux compères, a fait régner la terreur sur la ville et sa région durant des décennies. Aujourd’hui, et depuis les années 2000, la ville essaie de renaître de ses cendres et de se réinventer grâce notamment à la technologie, à l’innovation, à la culture et à un urbanisme un peu plus vert. Est-elle en train de réussir son pari? C’est ce que nous allons voir dans cet article.

Medellín possède un super réseau de transports publics (métro, tram ou métrocable) très facile d’utilisation. Pour le paiement, le moyen le plus simple est de se procurer une carte « Civita » qui peut être utilisée par plusieurs personnes et de la charger aux machines présentes dans chaque station de métro. Un trajet coûte 3650 pesos (0,80€ ou 0,75 CHF) même s’il y a un transbordement sur une autre ligne ou sur le metrocable (télécabine).

Pour marcher dans la ville, il y a des trottoirs, des zones piétonnes ou des passerelles. C’est super piéton friendly! Les stations de métro ainsi que les sites d’intérêts sont super bien indiqués partout en ville.

Centro

Non, Medellín ne possède pas de joli centre colonial espagnol comme on pourrait s’y attendre. Elle s’est surtout développée à la fin du XIXe et au début du XXe siècle grâce à la culture du café, à l’extraction de l’or et à l’industrie textile. Quelques jolis bâtiments de cette époque subsiste entre des barres d’immeubles horribles des années 1950-1960.

L’accès au centre se fait par les stations de métro Alpujarra (Plaza de Cisneros), San Antonio ou Parque Berrio (Plaza de Botero) par la ligne A ou Cisneros par la ligne B

NB : A noter qu’il est super déconseillé de se promener dans le centre une fois la nuit tombée.

Parque de las Luces

Son vrai nom est la Plaza de Cisneros mais elle est plus connue par son surnom : el parque de las Luces (le parc des lumières). Ceci à cause des trois cents tubes de vingt-quatre mètres de haut qui occupent le centre de la place et qui s’illuminent la nuit. A la base, cette place date de la fin du XIXe siècle et était le fief de la bourgeoisie locale. Elle a été totalement remaniée en 2002, lors du vaste programme de réurbanisation de la ville. Elle porte le nom de Francisco Javier Cisneros, un ingénieur cubain à l’origine du chemin de fer de Antioquia en 1874. Malheureusement, l’exploitation ferroviaire fut complètement démantelée en 1961. Des discussions sont en cours pour la réhabilitation de la ligne. Affaire à suivre donc mais on croise les doigts pour que ça se concrétise!

La logique voudrait, évidemment, que nous aillions voir ces tubes illuminés la nuit. Mais Medellín restant une grande ville colombienne qui n’a pas encore réglé tous ces problèmes, il est vivement déconseillé de se rendre sur la place de nuit. Nous n’allons donc pas tenter le diable et juste profiter de déambuler sur la place de jour.

Centro commercial Palacio Nacional

En suivant la rue piétonne Carabobo depuis la Plaza de Cisneros, nous tombons sur ce bâtiment de 1933 un peu austère de l’extérieur. A son inauguration, il comptait des bureaux de poste et de télégraphe, des tribunaux, des cabinets d’avocats ou encore des brigades de l’armée. Il fut laissé à l’abandon durant les années sombres des cartels avant de subir une cure de jouvence en 1993. Il abrite dorénavant un centre commercial dans lequel il faut absolument rentrer, non pas pour les boutiques qui n’ont rien d’extraordinaire, mais pour l’architecture intérieure. Dans les étages supérieurs, se trouvent des galeries d’art. Nous sommes totalement incultes en art donc nous ne pouvons pas vous dire si elles en valent la peine ou pas. Nous avons été plus fascinés par les lustres qui ornent le hall central. Même Dubaï n’a pas des malls aussi stylés!

Plaza Botero

La rue Carabobo nous emmène sur cette énorme place ornée de sculptures un peu improbables. Ce sont les œuvres de l’enfant du pays Fernando Botero (1932-2023) qui était connu pour peindre ou sculpter des formes tout en volumes et en rondeurs. Le reste de ses travaux est exposé dans le musée d’Antioquia qui jouxte la place et que nous n’avons pas été visiter par manque d’envie. Un autre bâtiment d’envergure de la place est la casa de la cultura Rafael Uribe Uribe (Non, nous ne sommes pas bourrés, il y a bien deux fois le nom Uribe!). Ce monstre néogothique est l’œuvre de l’architecte belge Augustin Goovaerts à qui on doit également le Palacio Nacional cité plus haut. Il a toujours été dédié à la culture et à des exposition. Il porte le nom d’un militaire et diplomate colombien qui fonda l’université en Colombie.

Nous avons eu un petit coup de cœur pour la statue du chien (dernière photo ci-dessous). Et vous, qu’en pensez-vous des œuvres de Botero?

Parque del Rio

Voilà un bel exemple de réaménagement du paysage urbain! A cette même place, il y a encore une bonne dizaine d’années, la rivière était canalisée et il y avait une énorme autoroute qui traversait la ville. Depuis, la rivière a été remise à l’air libre, l’autoroute a été enterrée et, le plus important, plus de cent mille arbres ont été plantés. Aujourd’hui, c’est une belle coulée verte en plein centre de Medellín avec des parcs, des terrains de sports, des places de jeu et même un sentier pieds nus!

On y accède par la station de métro Alpujarra. Le parc se trouve à quelques centaines de mètres de la Plaza de Cisneros.

Pueblito Paisa

Medellín nous a même offert notre petite grimpette traditionnelle du jour! Pour accéder au Pueblito Paisa il faut, en effet, grimper au Cerro Nutibara. Ça grimpe mais les chemins ou les escaliers sont très faciles à monter. Ce qui est top, c’est que la colline est couverte de végétation luxuriante où habitent plein d’espèces de la faune locale. On ne se croirait vraiment pas en pleine ville!

Quand au Pueblito Paisa en lui même, situé au sommet de la colline, c’est une reconstitution d’un village typique de Antioquia. Anti quoi? Antioquia, c’est le département dont Medellín est la capitale et qui est culturellement très riche puisqu’il fait presque la superficie de la Lettonie. Ça peut être intéressant d’y monter si vous êtes juste de passage dans le coin et que vous n’avez pas le temps d’aller dans les vrais villages de la région. Sinon, ça reste très touristique et très fake avec des restaurants surfaits et des boutiques de souvenirs. Seule l’église paraît authentique!

L’accès au cerro Nutibara et au Pueblito Paisa se fait par la station de métro Industriales (Ligne A) qui se trouve au pied de la colline. Nous, nous sommes montés sur l’autre versant via le Parque del Rio. Il y a une route d’accès (mais pas de parking!) jusqu’au sommet. Donc si vous ne voulez ou ne pouvez pas marcher, il y a la possibilité d’emprunter un Uber ou un taxi.

Avec un sommet qui culmine 80 mètres plus haut que le centre ville, nous avons pensé avoir une belle vue sur Medellín. Que nenni! La vue est obstruée par les arbres. Mais nous ne nous plaignons pas. C’est tellement agréable toute cette verdure! Et puis, pour être francs, Medellín n’est de loin pas l’endroit le plus photogénique de Colombie!

C’est la seule vue qu’on peut espérer avoir depuis le cerro Nutibara

Pour avoir une vue assurée sur Medellín, il faut emprunter le metrocable, le télécabine. Il part de la station de métro Acevedo (ligne A) ou de San Javier (ligne B). C’est ce que nous avons fait mais les vitres étaient trop sales pour avoir des photos potables. Nous avons toutefois quelques vidéos dans nos stories Instagram.

Malgré l’horrible reflet, vous pourrez voir sur notre dernière photo en bas à droite qu’il y a même une station qui s’appelle Andalucía!

Jardín botánico

C’est un véritable oasis de verdure et de paix de treize hectares que nous offre le jardin botanique. Il n’est pas super grand mais il offre déjà une grande variété d’habitats comme la forêt andine ou les zones désertiques. Notre coup de cœur a été la promenade au bord de l’étang où s’ébattent des oies des iguanes et des tortues.

L’accès au jardin est gratuit, il faut juste s’enregistrer à l’entrée. Dans les alentours, il y a également le planétarium et le Parque Explora, un musée des sciences qui a l’air vraiment ouf! Nous n’avons pas été les visiter car nous étions tellement content d’avoir un temps sec et en partie ensoleillé que nous voulions rester dehors le plus possible!

L’accès se fait par la station de métro Universidad (ligne A)

Nous y avons rencontré pas mal d’espèces de la faune locale. Evidemment, ces petites bébêtes ne posent pas facilement pour notre objectif. Nous avons quand même réussi à en immortaliser quelques-unes. Nous ne sommes pas équipés de téléobjectif pour la photographie animale donc la qualité de certaines de nos images laissent à désirer. (Sorry!)

Comuna 13

A Medellín, une comuna correspond à un district ou à un arrondissement de la ville. La 13 est connue pour avoir été l’antre de Pablo Escobar et de ses acolytes. C’était le quartier le plus craignos d’une ville déjà dangereuse et violente à la base! Sympa le tableau! Les petites maisons construites les unes sur les autres, à l’arrache ainsi que les labyrinthes de petites ruelles étaient propices à la discrétion que demande le trafic de drogue.

Après la mort de Pablo Escobar, les jeunes du quartier avec l’appui du gouvernement local œuvrèrent pour redynamiser le quartier notamment grâce à de superbes peintures murales. Nous déplorons juste que ces superbes fresques ne soient pas mieux mises en valeurs. Elles servent souvent de parking à scooters ou d’appui pour des stands de vente de souvenirs.

Nous sommes un peu dubitatifs sur cette comuna 13. Nous sommes totalement conscients que la transformation du quartier en highlight touristique permet à la communauté locale de vivre et elle le mérite amplement après les décennies d’horreurs qu’elle a vécues. Mais nous aurions pensé voir un endroit un peu plus dédié à la mémoire ou à l’histoire du quartier et moins un Disneyland pour touristes avec des boutiques, des miradors trop kitchs et des bars. D’ailleurs ce dernier point nous a bien surpris. Ayant visité le quartier de bon matin, nous aurions bien voulu nous arrêter sur une terrasse prendre un café. Mais non, il n’y a que des bars qui n’ouvrent que le soir ou certains éventuellement pour le repas de midi. Nous sommes donc redescendus bredouilles.

La Comuna 13 se trouve à l’ouest de la ville. On y accède par la station de métro San Javier (terminus de la ligne B). De là, il faut prendre un petit bus jusqu’au Parque de la Paz. Ensuite, il y a une bonne grimpette qui vous emmène au pied des fameux escalators qui montent jusqu’au sommet du quartier. Si vous avez contracté un tour, le guide viendra vous chercher directement la station de métro de San Javier.

Pour un vrai lieu de mémoire sur le passé de Medellín, il y a le bien nommé Museo Casa de la Memoria. Il traite sans aucune censure du passé violent de Medellín. A l’instar de la prison S21 de Phnom Penh ou du musée de la guerre à Saïgon, c’est vraiment glauque et on n’y ressort pas très bien mais c’est important de faire un véritable travail de mémoire pour, si possible, ne pas réitérer les mêmes erreurs.

Le musée se trouve vers l’arrêt du tram Bicentenario. C’est un gros bloc de béton gris, il est impossible de le louper.

Quand tout ne se passe pas comme prévu

A la base, nous étions censés repasser par Medellín après avoir vadrouillé un peu dans le département de Antioquia, notamment pour voir les décorations de Noël qui sont les plus importantes du pays. Nous les avons vues en train de se faire installer et c’est vrai que ça a l’air vraiment énorme! Nous avions également déjà un billet de bus depuis le Terminal Norte pour changer radicalement de région. Mais voilà, le pont du 8 décembre couplé avec un important concert ont fait qu’il nous a été impossible d’y trouver un logement! Ce n’est même pas qu’il n’y avait rien qui nous convenait ou rien dans notre budget. Il n’y avait absolument rien du tout! Nous n’avons jamais vu un truc pareil auparavant!

Par chance, nous étions déjà à Santa Fe de Antioquia à un peu plus d’une heure de route de là et notre bus ne partait « qu’à » 9 heures 45 du Terminal Norte. Nous y avons donc prolongé notre séjour, ce qui ne nous a pas trop dérangés puisque la ville est trop belle et que nous l’avons trop kiffée! Nous avons juste dû nous lever aux aurores le dernier jour pour être sûr de choper notre bus.

A défaut de belles lumières de Noël, nous vous mettons une jolie photo de Santa Fe de Antioquia comme un avant-goût de ce qui vous attend dans notre prochain article!

Malgré la petite déception de la Comuna 13 et la frustration de ne pas avoir pu voir les décorations de Noël, Medellín nous aura quand même bien plu. Non, ce n’est pas une jolie ville en tant que telle mais elle offre tout de même plein de choses à faire. Il y a une quantité de musées, que nous n’avons pas visités, mais qui montrent la richesse culturelle de la ville. Nous avons été impressionnés par le nombre d’arbres et d’espaces verts! Nous nous attendions à quelque-chose de bien plus infernal, pollué et étouffant! L’urbanisme est certes perfectible mais les efforts consentis ces vingt dernières années à rendre la ville plus agréable ont porté leurs fruits. Bien sûr, les inégalités sociales sont criantes et tous les quartiers, surtout ceux situés en hauteur, ne bénéficient pas de la qualité de vie du bas de la ville. Malgré les quelques mises en garde, nous n’avons pas ressenti d’insécurité. Bien entendu, nous avons respecté toutes les règles élémentaires de prudence!

Ça fait depuis notre arrivée à Cali qu’on nous rabâche qu’il faut absolument aller à Medellín et que c’est l’endroit le plus cool de Colombie. C’est vrai que pour ceux qui aiment les villes et leurs vibes, Medellín est un endroit idéal. Elle montre une autre facette de la Colombie, plus citadine plus moderne, plus jeune et plus dynamique et ça nous parle autant que le petit village perdu dans l’Eje Cafetero! La vie nocturne est assez intéressante surtout sur la Calle 70 et, pour les plus gourmands d’entre vous, il y a un choix presque infini de restaurants avec une gastronomie très variée, notamment dans le quartier de Poblado.

Bref, encore un endroit en Colombie qui nous aura conquis et que nous vous recommandons chaudement lors d’un voyage dans ce fabuleux pays même s’il ne fait pas partie des « lieux carte postale ».

Guatapé, son lac et son emblématique rocher

Un des grands avantages de Medellín, c’est qu’en plus d’être une ville trop cool, c’est un excellent point de départ pour aller découvrir quelques merveilles de la Colombie. Nous en avons déjà eu la preuve avec Jardín que nous avons adoré!

Cette fois-ci, c’est vers le nord que nous nous dirigeons. Nous partons du Terminal Norte de Medellín qui est très pratique car accessible avec le métro. C’est la station Caribe sur la ligne A. Notre première destination est Guatapé à environ deux heures et demi de route de là. Le trajet nous a coûté 20’000 pesos (4,30€ ou 4 CHF) par personne. La route n’est pas super entretenue car ce n’est pas un axe super important. Nous avons donc bien été secoués et notre oreille interne n’a pas trop apprécié.

Guatapé

Guatapé est un petit village de montagne perché à 1925 mètres d’altitude situé à 76 kilomètres au nord-est de Medellín. Il a été fondé en 1811 par des colons de Medellín, les mêmes que pour Jardín ou l’Eje Cafetero. Les maisons colorées y sont d’ailleurs très similaires. Etant super accessible depuis la grande ville, le village a un peu cédé aux sirènes du tourisme et est principalement composé de restaurants et de boutiques de souvenirs.

Les Zócalos

La particularité du village, ce sont ses zócalos. En Colombie, un zócalo est un bas-relief. A Guatapé, ils ornent le bas des façades des maisons. Ça va du simple dessin décoratif à la véritable œuvre d’art! Ils racontent tous une histoire que ce soit par rapport au quartier, à la maison en question, à ses habitants ou encore à leurs ancêtres. Les boutiques en ont aussi, généralement ils représentent la marchandise qu’elles vendent. La station de bus a aussi les siens représentant des bus, évidemment! Même le bâtiment de la police est ornée de ces zócalos avec leur écusson officiel. Bon là, nous n’avons pas osé aller les photographier de peur de paraître un peu chelous.

Durant son histoire, Guatapé vivait essentiellement de l’élevage, de l’agriculture et des activités minières. Mais en 1970, on y construisit un énorme barrage qui changea complètement la topographie du lieu et les habitants ont dû s’adapter notamment en développant l’industrie touristique. Aujourd’hui, Guatape se trouve donc au bord du lac de retenue formé par le barrage et possède un joli malécon. Des barges ont été construites pour des restaurants ou d’autres lieux de loisirs mais nous ne les trouvons pas du tout esthétiques. C’est dommage car le paysage du lac est vraiment joli!

Plazoleta de los Zócalos

On l’appelle ainsi car on y trouve un escalier rempli de ces zócalos. C’est aussi la place la plus connue de Guatapé donc c’est toujours blindé de monde. La petite rue d’accès est trop mignonne avec ses parapluies mais elle est tout aussi bondée de gens qui s’empressent dans les restaurants ou dans les boutiques de souvenirs qui la bordent.

A l’instar de beaucoup d’endroits montagnards en Colombie, il est très facile de sortir du village pour aller marcher en nature. Mais le chemin que nous avons pris est très raide et très exigeant. Il faut quand même être un bon marcheur pour l’emprunter. Nous sommes impressionnés par la couleur de la roche, c’est un espèce de rouge tirant sur le rose et c’est super joli!

Evidemment, nous avons été récompensés de nos efforts avec la vue sur Guatapé et la Piedra del Peñol derrière.

El Viejo Peñol

La construction du barrage de Guatapé nous a donné un super lac mais a aussi inondé une bonne partie des villages de la vallée. C’était le cas d’El Peñol. Pour maintenir vivante l’histoire de cette région d’avant le barrage, on a reconstitué la place centrale d’El Peñol telle qu’elle était avant d’être engloutie par les eaux. Quoique nous ne sommes pas sûrs qu’il y avait autant de boutiques de souvenirs à l’époque! A l’instar du Pueblito Paisa à Medellín, tout est fake et monté de toutes pièces pour les touristes mais ça reste joli. Mention spéciale pour l’église, qui elle est vraie avec la messe et tout ça, qui est super stylée même si son intérieur est plutôt sobre.

En chemin pour El Viejo Peñol, nous sommes tombés sur cette curiosité architecturale. Au début, nous pensions avoir abusé du rhum local, très bon soit dit en passant, mais non, cette maison a bien été construite à l’envers! Si vous regardez bien en bas à gauche de l’image ci-dessous, vous remarquerez que le sapin de Noël, lui, a bien été monté à l’endroit!

La Piedra del Peñol

Le clou du spectacle reste quand même cet énorme bloc de granite haut de 220 mètres qui surplombe Guatapé et son lac! Evidemment que nous sommes montés au sommet! Mais ça se mérite! Il y a 708 marches à flanc de côteau à grimper! Et si la montée vous effraie, dites-vous que la descente est encore pire! L’escalier pour descendre se trouve à l’intérieur du rocher, c’est super étroit par endroits et rempli d’humidité ce qui rend les marches glissantes. C’est un peu scabreux et limite dangereux!

Bien entendu, après une montée pareille, nous sommes en droit de nous attendre à une magnifique vue! Et bien, nous n’avons pas été déçus! En plus, la météo nous a gâtés ce jour là! Etant motivés par le beau temps, nous y sommes montés très tôt le matin, avant les excursionnistes venus à la journée depuis Medellín. Nous nous sommes retrouvés presque tous seuls au sommet et c’était le pied!

La forme du lac est assez incroyable! Difficile à croire qu’on le doit à l’intervention humaine et à la construction d’un barrage. Il ressemble un peu à Bunyonyi en Ouganda, sauf que là-bas, c’est uniquement la nature qui a façonné le paysage.

L’entrée à la Piedra de Peñol coûte 25’000 pesos soit 5,30€ ou 4.95 CHF.

Pour se déplacer entre les différents lieux à Guatapé, il y a les jeep Willis qui passent fréquemment un peu partout. Les prix varient entre 3000 pesos (0,65€ ou 0,60 CHF) et 5500 pesos (1,20€ ou 1,10 CHF) selon le trajet. Il est également possible de prendre une moto-chiva (un tuk-tuk) mais comme nous n’avons pas utilisé ce moyen de transport, nous n’avons aucune idée du prix. De toute façon, les prix sont toujours affichés en Colombie.

Il est possible d’aller à Guatapé en une journée depuis Medellín mais nous vous recommandons de passer au moins une nuit sur place pour bien profiter de tout ce qu’il y a à faire.

Malgré son côté touristique, nous avons bien aimé Guatapé. Nous avons adoré nous retrouver au bord d’un point d’eau, ça nous avait manqué! Nous avons également eu du bol avec la météo et le timing pour monter sur la Piedra del Peñol. A notre avis, le coin est un incontournable de la Colombie et nous vous le recommandons sans modération!

Jardín et ses cascades, la perle de l’Eje cafetero de Antioquia

Après notre petite pause citadine, culturelle et surtout printanière à Medellín, nous sommes rechargés à bloc pour repartir à l’assaut des hauteurs de la cordillère occidentale des Andes. Depuis Medellín, les bus partent depuis le terminal Sur, situé au sud de la ville. Il n’y a pas de transports publics qui y vont, il faut prendre un taxi ou un Uber. Les deux compagnies de bus qui desservent Jardín sont Rapido Ochoa ou Suroeste Antioqueño. C’est du kif et dans les deux cas un trajet coûte 40’000 pesos (8,65€ ou 8,10CHF) par personne.

Officiellement, le trajet dure trois heures, en pratique, il faut bien en compter une de plus. Ce sont de petites routes de montagnes et ça n’avance pas. Ça nous a laissé le temps d’observer le superbe paysage qui s’offre à nous même si notre oreille interne n’a que moyennement apprécié le voyage.

Jardín

Jardín est un village perché à 1750 mètres d’altitude dans la cordillère occidentale des Andes. Il fait partie de l’Eje Cafetero de Antioquia du nom du département auquel il appartient. Il a été fondé en 1860 par des colons de Medellín, les mêmes qui partirent plus tard fonder les villages du Quindio autour de Salento. D’ailleurs, les petites maisons colorées toutes mignonnes avec leurs magnifiques balcons en bois sont quasiment identiques. Nous avons eu une chance inouïe car nous sommes arrivés avec le soleil, ce qui fait ressortir encore plus les façades colorées. La météo n’avait, jusqu’ici, pas été aussi clémente avec nous, surtout en montagne!

Jardín s’appelle ainsi car, selon la légende, les fondateurs du village se seraient extasiés devant la végétation luxuriante de la région riche en fleurs de toutes sortes et se seraient exclamés : « Eso es un jardín! »(Ceci est un jardin!)

Basilica Menor de la Inmaculada Concepción

Impossible de la louper cette basilique vu qu’elle doit faire à peu près la moitié de la superficie du village! Elle domine le Parque Principal tout aussi joli mais en partie inaccessible à cause de travaux. Dommage, parce que c’est vraiment le cœur névralgique de Jardín. Ce monstre néogothique date de 1932 et est l’œuvre d’un architecte italien Giovanni Buscaglione. Ses briques grisâtres, sa hauteur et ses toits en flèche sur les clochers contrastent joliment avec les petites maisons colorées aux alentours. Fait assez rare en Colombie, la basilique est ouverte et il est possible d’y découvrir l’intérieur qui est encore plus impressionnant que l’extérieur.

Rando Escalera – Café Jardín – Cristo Rei

Nous avons un peu triché avec cette rando puisque nous nous sommes fait amener en tuk-tuk, qu’on appelle ici moto-chiva, jusqu’à notre point de départ. Nous pensions que la marche était plus longue et plus pénible de ce qu’elle est en réalité. Mais c’est toujours fun de prendre ce mode de transports même si c’est un peu chaotique sur les routes non asphaltées.

A noter que nous ne sommes pas en Thaïlande, les voyages en tuk-tuk ne se négocient pas en Colombie! Les prix sont même affichés! Ils dépendent du trajet que vous voulez faire.

Cascada la Escalera

La moto-chiva nous dépose au chemin d’accès de la cascade. Ça grimpe un peu mais ça n’a rien de difficile et nous atteignons notre but en une petite dizaine de minutes. La cascade, haute de soixante mètres environ, s’appelle ainsi (escalier en français) car l’eau a formé avec l’érosion de petits paliers sur la roche faisant penser à un escalier.

C’est une jolie petite cascade libre d’accès qu’on n’a pas disneylandisé pour les touristes et c’est plutôt cool. Il n’y a pas de passerelle d’accès donc pour prendre une photo, c’est les pieds dans l’eau! Mais c’est comme ça que nous concevons une balade en nature et la Colombie nous a, jusqu’à présent, bien gâtés de ce côté-là!

Café Jardín

Depuis la cascade nous revenons sur nos pas puis continuons sur la route où le tuk-tuk nous a déposés. C’est facile, c’est une route carrossable juste non asphaltée et c’est presque tout plat! Le Café Jardín, comme son nom l’indique, est un café. Il surplombe le village de Jardín, au milieu des caféiers. Il propose d’ailleurs son propre café et, comme c’est une petite structure qui n’exporte pas sa production, il garde les meilleurs grains pour le servir aux clients de passage, comme nous. Du coup, le café est bien meilleur que le tinto de base qu’on peut trouver partout ailleurs. Il vaut la peine de s’y asseoir pour y admirer la vue, surtout que, vu la situation, les prix des consommations n’est pas trop surfait. Nous avons payé un espresso 3500 pesos (0,75€ ou 0,70 CHF) juste quelques centimes de plus qu’en ville.

Cristo Rei

Depuis le café Jardín, nous entamons gentiment notre descente sur le village. Nous nous arrêtons vers la statue du Cristo Rei mais l’accès y était fermé durant notre passage. De toute façon, c’est la vue qui est la plus impressionnante. De là, il y a un petit chemin qui descend à travers les bananiers. C’est super joli mais il y a un peu de boue et comme c’est assez raide, ça devient assez glissant.

Il faut faire super attention car la vue sur Jardín est tellement belle qu’on en oublie de se concentrer sur le chemin!

Si c’était à refaire : nous partirions directement de Jardín en commençant par la montée sur le Cristo Rei, c’est moins scabreux en montant. Puis nous ferions l’itinéraire Café Jardín – Cascada la Escalera à l’envers. Enfin, nous finirions en descendant tranquillement sur le village par la route. Sur le papier, ça nous paraissait plus long et plus pénible. Mais bon, on est toujours plus intelligent après. Puis la balade en tuk-tuk était quand même assez sympa finalement.

NB : Malgré la végétation luxuriante, les chemins sont assez à découvert et le soleil tape vite fort en cas de beau temps. N’oubliez pas votre crème solaire, vos lunettes et votre casquette!

La Herradura

Cette fois, nous avons tiré des leçons de nos erreurs et nous avons commencé notre petite rando directement depuis le village en montant à pied. La Herradura est un chemin muletier construit à la fin du XIXe siècle lors de la fondation des villages de l’Eje Cafetero. C’était la toute première voie d’accès entre les départements de Antioquia et de Caldas. Le chemin est super facile, en partie sur la route, et pas très raide. Il n’y a pas la superbe vue comme celle depuis le Café Jardín ou le Cristo Rei mais nous avons quand même préféré cette balade à celle de la veille. La flore et la faune sont plus intéressantes et il y a de nombreux points d’eau comme des petites cascades ou encore le Charco Corazón, une belle rivière tumultueuse, que nous suivons un pendant une partie de la marche.

Cascada del Amor

En chemin, nous tombons sur cette jolie cascade. Nous n’avons aucune idée pourquoi elle porte ce nom (cascade de l’amour en français) mais nous le trouvons tellement mignon! Nous sommes super contents car les alentours de Jardín regorgent de ce type de cascades super accessibles, sans tour, sans payer d’entrée, ou sans infrastructures digne de Disneyland (ou du Costa Rica, ce qui revient au même!). Il faut chausser de bonnes baskets et marcher un peu et on se retrouve vite juste nous et la nature et c’est un vrai bonheur!

Après une petite heure de montée, assez douce, nous avons quand même droit à une petite vue sur le village de Jardín.

La Garrucha

Après cette petite marche bien sympa, il faut songer à redescendre au village. Nous pourrions aisément rentrer à pied mais nous voulons quand même expérimenter le transport local : la garrucha. C’est une petite cabine un peu branlante tenue par deux câbles qui traverse la vallée. A la base, la garrucha était un moyen très pratique pour transporter les marchandises comme les bananes ou le café des fincas dans les montagnes jusqu’au centre du village. Aujourd’hui, on y accepte les passagers dans un but purement touristique même si les marchandises y sont toujours transportées.

Le trajet n’est pas très long mais ce n’est pas très stable, ça secoue pas mal et il faut bien penser à répartir le poids latéralement pour ne pas pencher dangereusement sur un seul côté. (Oui, c’est du vécu!) Finalement, nous sommes arrivés en bas sains et saufs mais ça peut être impressionnant pour les gens souffrant de vertige. Nous avons d’ailleurs des vidéos dans nos stories Instagram si vous voulez vous faire une idée.

Le trajet simple coûte 6000 pesos (1,30€ ou 1,20 CHF) par personne

C’est sur ces sensations fortes que nous achevons notre séjour à Jardín. Nous avons eu un véritable coup de cœur (encore un!) pour ce lieu! Encore plus qu’à Salento! Oui, c’est vrai, la météo nous a un peu plus gâtés cette fois, ça change sûrement un peu notre perception.

Nous aurions voulu, à la base, faire un petit tour du côté de Jericó mais les transports sont bof pour y aller et l’offre hôtelière est super chère. Nous y avons vu un signe et avons décidé d’y renoncer. En plus, nous nous sommes rendus compte que nous n’avancions pas trop dans notre périple. C’est super pour le slow travel, pour la rencontre avec les gens et pour l’équilibre entre le job et les découvertes. Mais la Colombie c’est énorme et il reste encore énormément de choses à découvrir. Nous devrons malheureusement en zapper quelques-unes si nous voulons atteindre d’autres régions avant notre date de retour.

Salento et les superbes paysages de l’Eje Cafetero

Chiller pendant une semaine entre désert et village paisible au bord de rivière c’est bien mais il faut bien rejoindre la civilisation un jour notamment pour retirer de l’argent à un distributeur automatique.

En plus, notre départ de Villavieja tombait en plein pendant le pont de la Toussaint qui s’est fêtée le 4 novembre cette année. Non, les Colombiens n’ont pas leur propre fête de la Toussaint, c’est le 1er novembre comme dans tout pays catholique qui se respecte. Mais ici, ils reportent systématiquement le jour férié au lundi suivant pour que ça fasse un pont. Pourtant, le 1er novembre est tombé un vendredi mais ils n’ont quand même pas dérogé à la règle. Bref, tout ça pour vous dire que nous avons attendu sagement que le week-end prolongé se termine avant de commencer notre aventure dans le fameux « Eje Cafetero »

Ibagué

Nous nous sommes posés à Ibagué, la capitale du département de Tolima. Circulez, il n’y a rien à voir! Ce n’est pas l’enfer sur terre comme à Neiva mais ça n’a aucun intérêt sauf quelques restos sympas avec une cuisine un peu plus créative que le traditionnel riz-poulet-arepas-patacones.

Jardin bótanico San Jorge

Nous avons quand même trouvé un coin super sympa à Ibagué! C’est le jardin botanique. Il se trouve sur les hauteurs de la ville, sur les pentes des premières montagnes de la cordillère centrale. Nous avons utilisé les bus urbains pour nous y rendre. Ils sont reconnaissables à leur couleur orange. Nous ne savons pas trop comment ils fonctionnent, nous les avons utilisés à l’arrache en nous aidant de maps.me. Tout ce que nous pouvons vous affirmer, c’est qu’un trajet coûte 2700 pesos (0,55€ ou 0,50 CHF).

C’est un parc de soixante hectares qui possède une partie jardin botanique traditionnel avec des plantes du monde entier, des arbres fruitiers et des plantes médicinales. C’est également, dans sa partie haute, une réserve naturelle dans une forêt dite sub-andine, une forêt tropicale des Andes d’altitude moyenne (1200 mètres environ). Au sommet, après une belle grimpette d’une bonne demi-heure, il y a un mirador sur la ville d’Ibagué.

L’entrée coûte 15’000 pesos (3,10€ ou 2,90 CHF) et franchement, ça les vaut! Le parc est superbe! Nous n’avons pas l’impression d’être en ville. C’est un des plus beaux jardins botaniques que nous ayons vu après celui de Singapour. Donc on est sur du très haut niveau!

Pour accéder à l’Eje Cafetero depuis le sud-est où nous sommes, il faut obligatoirement passer par la ville d’Armenia, la capitale du département de Quindio. Depuis Ibagué, c’est un minibus qui nous y emmène via une superbe route de montagne franchissant un col à 3200 mètres d’altitude. La route est en bon état mais il y a plein de virages et des énormes camions qui confondent l’endroit avec une piste de rallye. Notre oreille interne n’a pas trop apprécié le voyage. Heureusement, ce n’était pas trop long et deux heures et demi plus tard, nous étions arrivés sains et saufs à Armenia. De là, des bus desservent toutes les localités de l’Eje Cafetero.

Pijao

Nous commençons notre découverte de l’Eje Cafetero, la fameuse zone du café de Colombie, par le village de Pijao situé à une heure de route au sud d’Armenia. C’est une toute petite localité de quelques rues, une place centrale, quelques cafés et des petites maisons colorées toutes mignonnes. C’est le seul endroit de tout le continent américain à avoir reçu le label « cittaslow » de l’italien « città » (ville) et de l’anglais « slow » (lent). C’est une association dont les villes membres s’engagent au ralentissement du rythme de vie des citoyens dans le but de leur offrir une meilleure qualité de vie. Nous confirmons! Le rythme de vie est vraiment tranquille et Pijao mérite amplement son label!

Nous avons choisi Pijao surtout pour son environnement et la facilité d’accès aux sentiers de randonnée. Evidemment, la pluie est venue jouer les trouble-fête mais nous avons quand même bénéficié d’un temps sec assez longtemps pour aller faire quelques petites marches dans la forêt alentour. Tous les sentiers ne se valent pas : ça va de la petite route en gravier super accessible au chemin de forêt un peu scabreux avec les mêmes ponts de fortune qu’à San Agustín. Bien sûr, nous avons une préférence pour ces derniers même si parfois, ça fait du bien de faire une petite promenade de santé pas trop difficile. Dans tous les cas, les paysages sont à couper le souffle, la forêt est trop belle, surtout après la pluie et nous n’en revenons toujours pas de toute la faune locale que nous pouvons observer!

Filandia

Quelle idée de passer par un village dont le nom ressemble à un « n » près à un pays du nord! Le climat ne nous semble d’ailleurs pas très différent! Pour y accéder depuis Pijao nous avons dû repasser par Armenia pour des raisons géographiques. Nous nous y sommes arrêtés pour faire une lessive mais si c’était à refaire, nous y renoncerions. Mieux vaut avoir des habits crades que d’aller à Armenia! C’est super moche et nous ne nous y sommes pas sentis super en sécurité.

A la base, nous voulions directement aller à Salento, juste en face dans la vallée, puis juste faire un day trip à Filandia. Mais week-end prolongé oblige (oui, encore un!), nous avons trouvé de meilleures offres hôtelières dans cette dernière. Par contre, nous avons débarqué un dimanche, c’était blindé de monde et nous avons tout de suite senti que nous sommes arrivés dans un coin beaucoup plus touristique même si le tourisme reste avant tout local.

Filandia se trouve en plein dans la cordillère centrale à 1923 mètres d’altitude en plein « Eje Cafetero », la zone du café. Elle a été fondée au XIXe siècle, non pas par les Espagnols qui avaient déjà perdu leurs colonies en Amérique latine, mais par des colons d’Antioquia, le département où se trouve Medellín, la deuxième ville de Colombie. C’est à ces derniers qu’on doit ces jolies petites maisons aux façades et aux balcons colorés dont nous sommes super fans! Filandia regorge de jolis petits cafés où il fait bon déguster, bien sûr, le café local mais aussi de bons chocolats chauds, des pâtisseries ou encore un café arrosé d’aguardiente, une liqueur d’anis locale.

Avec sa position à flanc de côteau dans la cordillère centrale, FIlandia offre de nombreux miradors avec une vue époustouflante sur les paysages alentours et même jusqu’à la ville de Pereira tout en bas dans la vallée. Nous n’avons pas vraiment eu de bol avec le temps, du coup nos photos sont un peu tristounettes et nous avons loupé le coucher de soleil qui, selon les dires des locaux, est incontournable.

Salento

Salento se trouve sur l’autre versant de la vallée par rapport à Filandia. Il y a des jeeps Willis qui font la navette et qui partent toutes les heures de la place centrale. Le gars qui vend les billets est surement le type le plus antipathique et de mauvaise foi de Colombie. Il nous dit très froidement que la route est fermée, que la première jeep part à midi et que, non, nous ne pouvons pas acheter les billets en avance. (C’était environ dix heures du matin). Nous revenons donc plus tard avec nos sacs prêts au départ mais là il nous dit que la jeep est complète et qu’il fallait acheter les billets avant et que la prochaine part dans une heure! Ah il s’est bien foutu de nous!

De frustration, nous prenons nos sacs et allons prendre le minibus pour Armenia qui nous dépose au croisement des deux routes puis nous chopons un autre bus pour Salento. Là, nous avons eu des chauffeurs super sympas et des passagers qui se sont proposés de nous aider avec nos sacs. Ça c’est la Colombie que nous connaissons avec des gens vraiment adorables et serviables. L’épisode du vieux bougon de Filandia est un cas isolé et nous n’allons pas nous attarder dessus mais il mérite cette mauvaise pub!

Nous redoutions un peu d’aller à Salento. Le village est réputé super touristique. C’est vrai qu’il l’est. C’est d’ailleurs l’endroit où nous avons croisé le plus d’Européens. Certes, il y a plein de boutiques de souvenirs et les restaurants sont un peu plus internationaux. Mais ce dernier point n’est pas si négatif pour nous. Si vous saviez quel plaisir nous avons eu de manger un plat avec des légumes et autre chose que du riz blanc sec, des patacones et du poulet! C’est vrai que certains puristes pourraient crier au « manque d’authenticité » mais ce n’est pas notre cas. Malgré tout, nous trouvons qu’il y a de meilleures vibes à Salento qu’à Filandia. Nous ne pouvons pas expliquer pourquoi, c’est juste un ressenti. Nous avons tellement adoré l’endroit que nous avons même prolongé notre séjour de quelques jours!

Salento a été fondée au XIXe siècle par les même colons d’Antioquia que Filandia sur ordre de Simon Bolivar himself, le leader de l’indépendance de la Grande Colombie, c’est à dire, les territoires actuels de la Colombie, du Venezuela, de l’Equateur et du Panama. Ici aussi ce sont de petites ruelles, malheureusement pas piétonnes, bordées des typiques maisons aux façades et aux balcons colorés. La rue la plus connue est la « Calle Real » et c’est un vrai attrape-touristes avec une alignée de restos et de boutiques de souvenirs. Mais, elle était en travaux, ce qui en a un peu gêné l’accès. Du coup, nous nous sommes contentés du reste du village qui nous paraît bien moins surfait. Ça a sûrement contribué au fait que nous ayons bien apprécié Salento.

A l’instar de Filandia, Salento possède plusieurs miradors. Ils se méritent : soit il y a une flopée de marches à grimper, soit il faut emprunter la route très boueuse qui va en direction de Toche ou soit il faut suivre la petite route de Palestina. Ça reste tout de même de jolies marches accessibles directement depuis le village de Salento dans un nature luxuriante. A chaque fois, la vue sur la cordillère centrale des Andes est assez spectaculaire!

La rencontre du jour

C’est un momoto diademado (merci Google!) appelé ainsi à cause du ‘diadème » turquoise qu’il arbore sur sa tête. C’est un oiseau assez commun du Mexique à la Colombie en passant par l’Amérique centrale et il se plaît particulièrement dans les plantations de café. Nous avons eu la chance de l’apercevoir plusieurs fois lors de nos différentes grimpettes aux miradors! Quelle belle récompense de nos efforts!

Ce ne sont pas les espèces d’oiseaux qui manquent dans l’Eje Cafetero et ils sont tous plus beaux les uns que les autres mais ces petites bébêtes se laissent rarement photographier.

Valle de Cocora

La Valle de Cocora est sûrement un des paysages les plus connus de Colombie. C’est même devenu tellement connu que tous les voyageurs, instagrammeurs, youtubeurs, influenceurs etc conseillent de se rendre plutôt à la Carbonera un peu plus loin. Ce serait plus sauvage, plus « authentique » et moins touristique. Du coup, maintenant tout le monde veut s’y rendre! A Salento, il y avait tellement de monde pour prendre une jeep pour la Carbonera que nous avons finalement opté pour la Valle de Cocora.

Depuis Salento, les jeeps Willis partent toutes les heures à la demie du Parque Principal. On vous y vendra directement des billets aller-retour pour 10’000 pesos (2,10€ ou 2 CHF).

Un fois arrivés sur place, nous nous demandons quand même si nous n’aurions pas mieux fait d’aller à la Carbonera finalement. C’est quand même un peu Disneyland avec les boutiques de souvenirs, les balades à cheval, les chemins super aménagés et les coins à selfies. Surtout que nous avons choisi le chemin des miradors, celui de tout au fond de la vallée, pour ne pas à avoir à se farcir la grande montée du premier sentier qui grimpe jusqu’à plus de 3000 mètres d’altitude.

Mais plus nous avançons, plus notre scepticisme disparaît! Le sentier commence à ressembler à un vrai sentier et la plupart des touristes restent sur la petite boucle super aménagée et sur les plateformes à selfies. Le sentier reste tout de même très facile et la montée est assez douce même si nous atteignons finalement les 2800 mètres d’altitude. Il faut juste faire attention à la boue qui rend le sol très glissant.

La Valle de Cocora est connue pour ses immenses palmiers de cire. Les plus grands d’entre eux peuvent atteindre 70 mètres de haut. Comme leur nom l’indique, leur tronc fabrique de la cire qui est notamment utilisée pour la fabrication de bougies. Contrairement aux autres palmiers qui préfèrent le chaud et la plaine, les palmiers de cire se plaisent dans les montagnes à une altitude comprise entre 2000 et 3000 mètres. Malheureusement, à cause de leur surexploitation, de la déforestation et de leur durée de croissance très longue (presque cinquante ans!), cette espèce est en danger d’extinction. Mais plusieurs organismes de protections se démènent pour les protéger et entament de lourds programmes de reforestation.

Vous avez sûrement déjà vu passer des photos de ces fameux palmiers mais plutôt sous un beau ciel bleu. Cette année, nous devons compter avec l’arrivée de « la Niña », le phénomène de refroidissement des eaux de l’océan Pacifique qui nous amène beaucoup d’humidité et des températures bien fraîches. Donc nous avons droit à un temps bien brumeux. Mais les palmiers qui se découpent dans la brume donnent un air mystique au lieu et nous, on adore!

Nous avons tellement adoré l’ambiance avec la brume que nous nous sommes même amusés à prendre des photos en noir et blanc! On se croirait presque dans un film de Hitchcock, vous ne trouvez pas?

Nous ne saurons pas si, effectivement, la Carbonera est mieux mais nous avons adoré notre petit trek dans la Valle de Cocora. Une fois les gros spots à selfies passés, il n’y a plus trop de monde et avons profité de cette belle balade en nature. La faune observée y est d’ailleurs assez incroyable!

Et le café colombien alors?

Il y a plein de fincas dans l’Eje cafetero principalement aux alentours de Salento qui proposent des « coffee tours » qui vous expliquent tous le processus de fabrication du café. Nous n’y avons pas été car nous avons déjà vu quelque chose de très similaire en Equateur et au Guatemala. Mais sachez que ça existe, il y a l’embarras du choix!

Nous n’allons pas nous faire des amis mais nous ne trouvons pas le café colombien très bon! En fait, les meilleurs grains des meilleures variétés de café sont réservés exclusivement à l’exportation! En Colombie, il reste juste le café de base qui n’est franchement pas bon. D’ailleurs, pourquoi croyez-vous qu’il est courant de l’arroser de rhum, de bourbon ou d’aguardiente?

Petit fun fact : en Colombie, le petit café noir de base s’appelle « tinto ». C’est un mot qu’en Espagne on utilise pour désigner le vin rouge. Imaginez donc un peu notre tête notre premier matin dans le pays, à peine sortis du lit, quand on nous propose gentiment un « tinto »!

On nous avait prévenu que l’Eje Cafetero était fou! Ce n’était pas un mensonge et pourtant, nous n’en avons vu qu’une petite partie. Nous n’avons pas été super gâtés par la météo qui nous a apporté de l’humidité et du froid mais nous avons réussi à échapper à la pluie la plupart du temps pour quand même profiter des activités en plein air.

Contrairement à la plupart des voyageurs, c’est le village de Salento qui nous a le plus plu mais il paraît que nous y étions en basse saison, nous n’avons donc pas trop été dérangés par les activités touristiques. Nous avons été fascinés par la Valle de Cocora, ses hauts palmiers de cire et ses paysages de ouf! D’une manière plus générale, l’Eje Cafetero nous aura enchantés par sa douceur de vivre, ses façades colorées, son accès facile à la nature, sa faune, sa flore et par la gentillesse de ses habitants.

Villavieja et le désert de Tatacoa

Nous vous avons laissés au milieu de montagnes à la végétation luxuriante et nous vous retrouvons maintenant dans le désert. Pourtant, nous avons parcouru à peine deux cents kilomètres et nous n’avons même pas changé de département!

Par contre, notre ressenti dans les transports à plutôt été de deux mille kilomètres! A San Agustín, il faut déjà rejoindre la petite ville de Pitalito qui se trouve plus bas dans la vallée, presque en plaine. Ça, c’est assez facile, il y a un système de taxi partagé qui part du centre-ville dès que le véhicule est plein. C’est le même principe que les grands taxis au Maroc, en beaucoup moins épique. Le trajet dure environ quarante-cinq minutes et le chauffeur a eu la gentillesse de nous poser au terminal des bus qui est un peu en dehors de la ville.

Depuis Pitalito, c’est un bus flambant neuf et super méga confortable qui nous attend. Mais malgré le confort, nous passons notre temps à monter et descendre des petites routes de montagnes saturées par le trafic à cause des nombreux travaux. Heureusement, le paysage est encore assez sympa (voir nos stories instagram). Après cinq heures de trajet à rythme d’escargot, nous voici enfin dans la ville de Neiva! Nous avons parcouru 187 kilomètres!

Comme nous en avons un peu marre d’être dans des bus, nous décidons de passer la nuit dans la ville de Neiva. Nous ne sommes pas sûrs que ce soit l’idée du siècle. La ville est super moche, polluée, bruyante et nous avons galéré pour trouver quelque-chose de correct à manger.

Le lendemain, nous sommes super motivés à quitter cet enfer et à terminer ce trajet. Il ne nous reste plus qu’une quarantaine de kilomètres mais ce ne sont pas les plus confortables. Nous sommes à l’arrière d’un pick-up qui roule à tombeau ouvert sur une route défoncée. Heureusement, nos compagnons de voyage sont vraiment super et nous passons le temps à discuter, ce qui nous fait un peu oublier notre oreille interne qui n’est vraiment pas contente et qui nous le fait savoir en nous rendant un peu nauséeux. Par chance, le trajet ne dure qu’une petite heure et nous arrivons assez vite à notre destination finale même si nous sommes poussiéreux et pas très frais.

Villavieja

Nous posons nos sacs à Villavieja. C’est un petit village dans la plaine au bord du Rio Magdalena et qui est un bon point de départ pour le désert de Tatacoa. Ce qui nous choque en arrivant, c’est le climat semi-aride du lieu. Après le temps très humide et plus frais de San Agustín, nous avons l’impression de débarquer à Séville en plein été! Malgré le fait que Villavieja vive principalement du tourisme et possède plein d’hôtels et de restaurants, nous trouvons que ce n’est encore pas trop surfait. Nous sommes même étonnés de la tranquillité qui y règne. Bien sûr, il y a les éternels rabatteurs qui veulent vous refourguer des tours pour un peu tout et n’importe quoi mais ils ne sont pas trop insistants.

Rio Magdalena

Villavieja se trouve au bord du Rio Magdalena. Oui, c’est le même fleuve que nous avons vu dans le canyon à San Agustín! On ne dirait pas! Là haut, ce n’était qu’un petit torrent de montagne tandis qu’ici, en plaine, il s’est bien élargi et à la carrure d’un gros fleuve tropical comme le Congo ou le Mékong!

A gauche : le Rio Magdalena creusant un magnifique canyon à San Agustín, à droite, le même fleuve à Villavieja. Moins de deux cents kilomètres séparent ces deux photos!

Nous nous sommes laissés tenter par une petite balade en bateau sur le Rio Magdalena. Ce n’est pas le tour du siècle mais c’est assez sympa, c’est un bon moyen de fuir la chaleur et il y a quand même quelques animaux à voir comme des aigles pêcheurs, des canards, des tortues, des grues ou encore des iguanes.

Il paraît qu’on peut nager dans le fleuve, qu’il n’est pas contaminé et qu’il n’y a pas de bébêtes dangereuses comme des crocodiles ou des piranhas. Nous avons tout de même décliné l’offre : l’eau n’est pas très claire, il nous semble que les courants soient forts et nous avons vu un canard gober un poisson plus gros que lui! Nous sommes restés bien sagement dans notre embarcation, c’est plus sûr!

Les tours se font sur une petite lancha pouvant accueillir une dizaine de personnes mais on n’attend pas forcément qu’elle soit remplie avant de partir. Nous étions juste trois! C’était parfait et ça nous a permis de sympathiser avec notre compagne de voyage. Il y a trois type de tours :

  • un quart d’heure pour deux kilomètres : 15’000 COP par personne soit 3,20€ ou 3 CHF
  • une demi-heure pour quatre kilomètres : 25’000 COP par personne soit 5,35€ ou 5 CHF
  • une heure pour sept kilomètres : 40’000 COP par personne soit 8,55 ou 8 CHF

Nous avons choisi la variante intermédiaire et nous avons trouvé ça bien suffisant. Les lanchas se trouvent sur le malécon juste après le méandre du Rio Magdalena.

Désert de la Tatacoa

Malgré le climat un peu plus sec, nous avons quand même un peu cru à l’arnaque en arrivant à Villavieja. Oui, il y a des cactus mais la végétation est encore bien présente et le Rio Magdalena reste bien tropical. Nous sommes plus dans une savane comme en Tanzanie qu’en plein désert comme au Sahara!

Le désert en lui-même se trouve à six kilomètres de Villavieja. Pour s’y rendre, il faut prendre un tuk-tuk, comme en Thaïlande, sauf qu’ici les prix sont affichés et on ne négocie pas! Il y a la possibilité de contracter plusieurs tours directement depuis le village. Nous avons choisi l’option de dormir une nuit dans le désert rouge pour être mieux immergés. Le trajet nous a coûté 25’000 pesos soit 5,20€ ou 4,90 CHF.

Nous avions lu qu’il est très spartiate de dormir dans le désert. Franchement, nous avons eu dormi dans des endroits bien plus spartiates en ville! Certes, il n’y a pas d’air conditionné, pas de wifi, la 4G fonctionne très mal voire pas du tout et il y a de l’électricité qu’entre dix-huit et vingt-deux heures! Mais il y a une douche et nous avons vraiment apprécié cette parenthèse de déconnexion totale.

Finalement, ce n’était pas une arnaque! Il y a bel et bien un désert dans le coin! En vrai, le lieu est classé comme une « forêt sèche tropicale ». C’est vrai qu’il y a plus de végétation que dans le Sahara ou même qu’à Tabernas! Il y a même une saison des pluies! C’est grâce à ces dernières et à l’érosion que se sont formés les magnifiques petits canyons que nous avons pu observer.

Los Hoyos

Le coin est plus communément appelé désert gris à cause de la couleur grise de sa roche. Il se situe à neuf kilomètres du désert rouge. Comme nous étions tôt le matin et que le temps était couvert, nous avons choisi l’option bicyclette! (30’000 pesos par personne la location pour la journée soit 6,25€ ou 5,90 CHF) Si c’était à refaire, nous prendrions l’option tuk-tuk! La route n’est pas terrible, les vélos ne sont pas en super bon état et le temps s’est découvert d’un coup nous laissant en plein cagnard! Nous étions pourtant équipés de casquettes, de lunettes, de crème solaire et d’une quantité suffisante d’eau et nous avons quand même souffert! Van a même fini par déclarer forfait laissant Fab aller jusqu’au bout tout seul en l’attendant sagement à l’ombre.

Il y a un petit sentier qui parcourt Los Hoyos. L’entrée coûte 2000 pesos (0,45€ ou 0,40 CHF) auxquels il faut rajouter encore 2000 pesos pour qu’on vous garde le vélo le temps de la visite. Le sentier est facile mais il faut quand même prévoir de bonnes chaussures, c’est de la rocaille. Avec leur couleur grise, les roches érodées par le temps et les pluies paraissent un peu fantasmagoriques. C’est assez sympa.

Le désert rouge

C’est quand même le clou du spectacle! Il n’est pas très grand mais il est super impressionnant avec sa roche rouge et tous ces canyons formés par l’érosion. Les plus hautes formations rocheuses atteignent vingt mètres de haut! C’est exactement comme ça que nous imaginons l’Arizona ou le nord du Mexique.

Laberinto del Cusco

Après notre trip à bicyclette, nous avons directement enchaîné avec cette « petite » marche car il était seize heures et il y avait une magnifique lumière qui se reflétait sur la roche rouge. En plus, comme le soleil est plus bas, certaines formations rocheuses nous ont fourni de l’ombre plus que bienvenue. Ce sentier porte très bien son nom, c’est un véritable labyrinthe au fond des canyons et c’est super impressionnant de voir toutes ces pyramides depuis en bas.

L’accès au sentier est gratuit et la marche commence un peu en amont des quelques hostals qui sont dans le désert rouge.

Selon l’application « All Trails », le labyrinthe est une petite balade modérée de 1,4 kilomètres qui devrait nous prendre environ vingt-trois minutes. Foutaises! Déjà, le sentier n’est pas très bien indiqué et, même en nous aidant avec Maps.Me (bien meilleur que Google Maps pour les sentiers), nous nous sommes perdus plusieurs fois. Ensuite, la marche prend bien plus que vingt-trois minutes! Certes, nous prenons notre temps pour faire des photos et observer tout ce qui nous entoure comme la faune locale mais à 17 heures 30, nous y étions toujours! Enfin, la nuit tombe très vite sous ces latitudes et voyant le ciel s’assombrir dangereusement, nous avons un peu commencé à flipper, surtout que nous avions toujours de la peine à retrouver notre chemin. En plus, il y avait deux vautours qui nous observaient attentivement. Nous sommes sûrs qu’ils attendaient que nous soyons définitivement perdus pour venir manger notre vieille carcasse! Finalement, nous avons retrouvé notre chemin et avons réussi à remonter juste avant la tombée de la nuit. Ouf! Et les vautours ont dû se trouver un autre casse-croûte!

Le petit tour

Il y a un deuxième sentier dans le désert rouge qui s’appelle « Petit Tour » tout simplement parce qu’il est plus petit que le labyrinthe mais il n’en est pas moins intéressant. Nous sommes partis de bonne heure mais le soleil tapait déjà fort et nous avons souffert de la chaleur. Pourtant, en tant que Sévillans, nous sommes habitués au climat extrême en été mais ce n’est pas la même chose de respecter les heures de sieste ou de boire un tinto de verano sur une terrasse bien ombragée que de randonner dans le désert!

Le clou du spectacle du petit tour est la partie qui surplombe les formations rocheuses du désert rouge. Le sentier n’est pas dangereux en soi mais il est parfois à pic et il n’y a pas de barrières de sécurité. Ça peut être très flippant pour les personnes souffrant de vertige. Nous avons juste été subjugués par la vue qui s’offre à nous!

L’observatoire astronomique

Nous avons profité d’être une nuit sur place pour nous rendre dans un observatoire astronomique. Il y en a trois dans le désert rouge mais, à notre hostal, on nous a conseillé Astrosur. N’ayant testé que celui-ci, nous n’avons pas de point de comparaison. La particularité du désert de Tatacoa, c’est qu’il se trouve à une latitude très basse (environ trois degrés au nord de la ligne équatoriale) et qu’il est possible d’y observer les constellations des deux hémisphères.

Dans « forêt sèche tropicale », il y a le mot « tropical ». Et qui dit tropical dit humidité et l’humidité, ça apporte des nuages! Et ceux-ci sont arrivés justement le soir où nous voulions observer les étoiles! C’est en journée que nous en avions le plus besoin! Bref, nous avons quand même tenté le coup et à l’observatoire on nous a averti que ça n’allait peut-être pas se dégager. Nous y sommes donc allés en connaissance de cause au moins pour écouter les explications de l’astronome qui étaient très intéressantes mais uniquement en espagnol. C’est bon à savoir si vous ne comprenez pas la langue de Cervantés. L’entrée coûte 10’000 COP par personne soit 2,10€ ou 1,95 CHF. Pensez juste à prendre une lampe de poche ou d’avoir l’application lampe sur votre smartphone pour vous y rendre car il n’y a pas d’éclairage et la nuit est très sombre!

Finalement, après une heure d’explications, le temps ne s’est pas dégagé mais nous avons eu quelques petits trous dans les nuages. Nous avons tout de même pu observer les Pléiades qui sont un amas de jeunes étoiles dans la constellation du Taureau, Argol, une étoile de la constellation de Persée que les Grecs assimilaient à Medusa, ainsi que la planète Saturne entourée de son anneau. Nous qui sommes incultes en la matière avons déjà été contents de ce que nous avons pu voir mais un vrai amateur d’astronomie serait sûrement resté sur sa faim. Mais bon, on ne choisit pas la météo.

Malgré la chaleur écrasante, nous avons trop kiffé notre séjour dans le désert de Tatacoa. Nous avons également bien aimé le village de Villavieja. Certes il n’a rien de pittoresque mais il est sympa, assez tranquille et nous y avons pris le temps de nous poser pour bosser mais aussi pour préparer nos excursions ainsi que la suite de notre voyage.

Bonne nouvelle!

Pour partir de Villavieja, il n’y a pas besoin de passer par l’infernale Neiva! Il suffit de traverser le Rio Magdalena! Pour ce faire, il faut emprunter le bac qui part à l’extrémité nord du malécon. Il n’accepte que les piétons et les motos. Quand nous sommes arrivés sur l’autre rive, à Aipe, nous avons compris pourquoi! Nous arrivons sur un sentier qui traverse la forêt et des pâturage avant d’atteindre la civilisation vingt minutes de marche plus tard. Il y a un service de mototaxi qui fait la navette entre le village et l’embarcadère mais avec nos sacs, nous avons préférer y aller à pied.

A Aipe, l’arrêt de bus est au bord de la grande route au croisement de la « Calle 5 ». Il y a des bancs à l’ombre sous les arbres, un petit kiosque et même des toilettes. Il faut juste prévoir le coup et acheter ses billets de bus sur internet à l’avance. Nous avons passé par le site RedBus et tout a fonctionné à merveille. Nous voici donc partis pour de nouvelles aventures!

San Agustín, ses trésors précolombiens et sa nature luxuriante

Pour partir de Popayán, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne c’est qu’il y a la possibilité de changer de vallée, ce qui nous dispense de repasser par Cali. La mauvaise, c’est que c’est une petite route de montagne, en partie non asphaltée, qui passe par un col à plus de 3200 mètres d’altitude et qui n’est desservie que par des minibus. Là, notre oreille interne se réveille et se met en mode « Même pas en rêve! » Mais nous décidons de ne pas l’écouter, de n’en faire qu’à notre tête et nous tentons quand même le coup.

Au terminal des bus, c’est un minibus flambant neuf et super confortable qui nous attend. De quoi nous rassurer jusqu’à ce que nous lisions la notice nous priant de demander des sacs à vomi en cas de mal des transports. Là, notre oreille interne se fâche en mode « Je vous l’avais bien dit bande d’inconscients! » puis se met à bouder nous laissant finalement tranquilles pendant tout le trajet. Il faut dire que nous avons tellement été subjugués par le paysage défilant sous nos yeux que nous n’avons pas eu le temps de nous sentir mal.

NB : Si vous voulez voir à quoi ressemble le paysage le long de la route, nous avons monté un petit réel sur notre page Instagram qui vous en donne un petit aperçu.

La destination finale de notre minibus est Pitalito. La nôtre, c’est San Agustín, un petit village perché plus haut dans la vallée. Mais pas de problème, à la bifurcation des deux routes, un système de taxi est organisé pour les passagers se rendant à San Agustín et c’est compris dans le billet de bus qui coûte 55’000 COP par personne (11,80€ ou 11,05 CHF) Du coup, nous avons été déposés directement devant notre logement et c’est super appréciable!

San Agustín

San Agustín est une petite ville de montagne perchée à 1730 mètres d’altitude entre les sommets verdoyants de la cordillère centrale des Andes. Malgré l’attrait un peu touristique, elle a gardé son âme montagnarde et paysanne. Elle vit principalement des cultures du café et de la canne à sucre. Touristiquement, elle est connue pour ses sites archéologiques datant de 3300 avant notre ère appartenant à la civilisation dite de San Agustín. Avec un nom pareil, très chrétien et hispanique, vous vous doutez bien que ce sont les conquistadors espagnols qui l’ont affublée de ce sobriquet. Mais comme les archéologues n’ont encore aucune idée de son « vrai nom », on continue à l’appeler civilisation de San Agustín.

Après une très blanche Popayán, nous sommes conquis par toutes les couleurs qu’on peut trouver sur les façades des maisons au centre-ville.

Comme toute ville latino-américaine qui se respecte, San Agustín possède son « Parque Central » et sa cathédrale. Mention spéciale pour la maison du curé qui jouxte l’église et qui, avec ses balcons en bois, est juste superbe! Il y a, évidemment, les fameuses lettres où les touristes viennent se prendre en photo. En plus, le nom est trop long! Toutes les lettres ne rentrent pas sur une seule photo! Par contre, elle ont été dessinées sur le modèle précolombien de la région et c’est plutôt original et joli.

Mais San Agustín est surtout très intéressante pour tout ce qui se trouve en dehors de la ville. Elle possède des trésors naturels et archéologiques assez exceptionnels.

NB : Toutes les activités que nous avons effectuées, nous les avons faites en autonomie en partant à pied depuis le centre ville. Si vous ne voulez ou ne pouvez pas marcher, il y a la possibilité de prendre un taxi, une moto-taxi, d’effectuer des balades à cheval ou carrément de contracter des tours. L’office du tourisme ou même votre logement peuvent vous organiser tout ça.

Sentier Masaya

Pour y accéder, il faut prendre la route qui grimpe au nord de San Agustín et après un bon kilomètre, il y a la bifurcation pour le sentier. Tout est super bien indiqué! Attention, ça descend à pic et c’est à flanc de côteau! Mieux vaut s’abstenir si vous avez le vertige! Le sentier descend jusqu’aux rives du Rio Magdalena tout en bas dans la vallée. Nous n’avons pas été jusqu’au bout à cause d’une météo incertaine mais nous avons quand même profité d’une petite balade en forêt et de la superbe vue sur les montagnes verdoyantes des Andes.

Nous avons quand même eu droit à une vue époustouflante sur le canyon du Rio Magdalena qui, avec ses 1540 kilomètres, est le fleuve le plus long du pays. Ici, à San Agustín, nous sommes presque à sa source et il va se jeter dans la mer des Caraïbes. Nous aurons donc sûrement l’occasion de le recroiser durant notre périple colombien.

La Chaquira

Pour y accéder, c’est la même route que pour Masaya sauf que le sentier commence quelques centaines de mètres plus loin. Tout y est également super bien indiqué et, en cas de doute, la population locale vous indiquera le chemin même si vous n’avez rien demandé! Mais c’est fait avec tellement de gentillesse et de bienveillance qu’on veut bien se faire guider même si nous savons parfaitement où nous diriger. Le chemin est assez facile mais il alterne de grosses montées avec des descentes bien raides, de quoi bien nous casser les jambes.

Après quatre kilomètres, nous arrivons enfin au site de la Chaquira. Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines, il faut encore descendre 162 marches pour arriver à notre but final. Ce qui nous attend c’est un amas de pierres gravées avec de magnifiques pétroglyphes datant de l’ère précolombienne. Le lieu servait probablement d’observatoire astronomique dans le but d’observer le soleil afin d’établir un calendrier agricole.

Par contre, nous avons dû, par inadvertance, faire un geste ou dire quelque-chose qu’il ne fallait pas car, pile au moment ou nous posions le pied sur la dernière marche, il a commencé à pleuvoir. Nous avons sûrement dû invoquer la colère des dieux qui se sont vengés en nous arrosant copieusement! Heureusement, nous étions équipés et n’avons pas trop été trempés, la pluie ne durant jamais trop longtemps sous ces latitudes.

En bas des marches, il y a une petite plateforme avec une superbe vue sur le canyon du Rio Madgalena et sur les différentes cascades qui découpent les flancs des montagnes au milieu de la végétation tropicale bien verte et luxuriante.

NB : l’entrée au site est gratuite. Si vous voulez quand même laisser quelque-chose à la communauté indigène qui s’occupe du lieu, vous pouvez acheter des boissons ou de l’artisanat à l’entrée. Les prix ne sont pas surfaits.

Cascade El Cinco

A la base, nous étions partis pour une petite promenade de santé pour nous « reposer » de nos deux marches du jour précédent. Au départ, c’était le cas! Nous sommes partis, cette fois-ci, dans le bas du village en direction du sud-ouest sur une route non asphaltée mais carrossable. Facile, n’est-ce pas? Oui mais ça c’était avant de voir les panneaux qui nous ont indiqué la direction d’une cascade que notre curiosité naturelle nous a poussé à aller voir! Après cinq kilomètres de balade tranquille, nous sommes arrivés à l’entrée du site de la cascade. Nous nous enfonçons donc dans la forêt et, là, ça se corse! Le chemin est un peu scabreux, un peu glissant à cause des pluies de la veille et il faut traverser les cours d’eau sur des ponts de fortune! De bonnes chaussures de marches sont indispensables pour accéder à la cascade!

L’entrée du site coûte 5000 COP par personne (1,05€ ou 1 CHF). Cet argent va directement à la petite communauté indigène qui s’occupe du site. Ils sont plutôt sympas les gars, ils vous encaissent le prix d’entrée au pied de la cascade, une fois que vous avez passé la partie la plus difficile du chemin. Comme ça, si vous changez d’avis pour cause de vertige ou autre, vous n’avez pas payé d’entrée pour rien! Malgré sa difficulté, le sentier vaut la peine pour toute la faune et la flore qu’on peut y découvrir.

La rencontre trop mignonne du jour

Depuis que nous sommes arrivée en Colombie (et même au Panama!), nous croisons une faune exceptionnelle, principalement des papillons et des oiseaux. La Colombie peut se targuer d’avoir la plus grande biodiversité au monde en ce qui concerne les oiseaux! C’est vrai que nous en avons déjà aperçus des centaines de plusieurs espèces différentes, tous plus beaux les uns que les autres. Malheureusement, ce sont des animaux qui ont la bougeotte et qui se ne se laissent pas trop prendre dans notre objectif.

Mais parfois, il arrive que certains spécimens se laissent quand même prendre en photo, même si c’est de loin. C’est le cas de ce magnifique « gallo de roca » (coq de roche en français) mâle qui est un oiseau assez courant dans toutes les Andes tropicales.

NB : la photo ci-dessous a été recadrée d’où une qualité un peu douteuse. Sorry!

Après toutes ces (belles!) péripéties, nous arrivons enfin au pied de la cascade El Cinco. Certes, ce n’est pas Iguazu, Chiflon ou encore le Rio Celeste mais nous étions seuls au monde dans cet environnement extraordinaire et ça, ça n’a pas de prix. Par seuls au monde nous sous-entendons bien évidemment sans humains, car nous étions loin d’être les seuls êtres vivants dans cette forêt. Il est possible de se baigner au pied de la cascade mais nous n’avions pas nos affaires de bain puisque, rappelez-vous, nous étions censés juste nous balader un peu à la base.

La cascade se dresse sur trois niveaux et il est possible de l’observer sous toutes les coutures grâce à un sentier latéral qui la longe de bas en haut.

Nous continuons notre balade qui n’en est plus trop une par le haut, en passant par les cultures où nous avons une vue sur un autre versant de la cordillère centrale des Andes. Attention, la grimpette est assez conséquente est ça peut être en plein cagnard en cas de beau temps! Une casquette n’est pas de trop! Nous terminons à l’entrée du parque arqueológico où nous avons l’espoir d’attraper le collectivo (sorte de minibus) qui nous ramènera au centre. Manque de bol, nous l’avons loupé pour quelques petites minutes! Nous avons donc dû finir les trois derniers kilomètres à pied. Une petite promenade de santé qu’on disait!

Et devinez ce qu’on y cultive?

Parque arqueológico San Agustín

C’est le gros highlight de San Agustín! Le parc archéologique est en fait une énorme nécropole, une des plus grande de l’Amérique précolombienne, datant de l’époque archaïque (3000 à 1000 avant notre ère) jusqu’à l’époque dite récente (du IXe siècle à la conquête espagnole). Il se trouve à trois kilomètres à l’ouest du centre de San Agustín. Il est possible d’y aller à pied, c’est facile, au bord de la route et ça ne grimpe pas trop. Si vous avez de la chance, comme ce fut notre cas, vous pouvez choper le collectivo qui vous mènera à l’entrée du site pour la modique somme de 2000 COP (0,45€ ou 0,40 CHF).

Mode super timing on : Une fois n’est pas coutume, nous étions dans un timing pratiquement parfait puisque nous étions sur place le dernier vendredi du mois, jour où l’entrée au parc est gratuite! En vrai, nous avons un peu forcé la chance et prolongé notre séjour d’un jour pour que ça marche mais c’est sûrement quelque-chose que nous aurions de toute façon fait en temps normal tellement le coin est incroyable. Sinon, l’entrée du parc coûte 65’000 COP pour les étrangers soit 13, 90 euros ou 13 francs suisses. Nous ne savons pas si ça les vaut mais ça reste le prix moyen d’un site archéologique. Enfin, sachez que le site est fermé le mardi, ce qui signifie que beaucoup de restaurants, de cafés ou de boutiques en villes sont également fermés.

Bosque de las Estatuas

Il y a un petit musée à l’entrée qui expose quelques pièces trouvées sur le site comme des amphores ressemblant fortement à celles que fabriquaient les Romains en Europe à la même époque. Mais les photos étaient interdites à l’intérieur. Commençons donc par le vif du sujet en empruntant le chemin de la forêt des statues. Comme son nom l’indique, c’est une forêt! Mais pas de panique le chemin est super facile. Il est bordé de trente-cinq statues funéraires datant des différentes époques de la culture de San Agustín. Toutes ne sont pas dans le même état de conservation : certains stèles sont bien érodées par le temps tandis que d’autres conservent superbement leurs gravures. Nous trouvons leur design assez rigolo, on dirait des dessins d’enfants.

Les mesitas

Une mesita c’est une clairière. Il y en a trois dans le parc. Seuls les puissants et les nobles avaient le droit d’être enterrés dans ces mesitas. Là, on se rend bien plus compte du caractère funéraire du lieu avec des dizaines de tombes qui ont été excavées. Certaines possèdent encore leurs statues qui sont beaucoup plus grandes que dans le bosque. On voit qu’on avait affaire à de gens importants par ici!

Fuente de Lavapatas

Cette fontaine est un système de canaux sur des pierres gravées avec des figures humaines ou animales. On ne voit plus trop les gravures à cause de l’érosion de la pierre par l’eau. Elle date de l’époque classique (Ier au IXe siècle) et servait de lieu de rituel pour les funérailles. Ce que nous voyons aujourd’hui n’est qu’environ un tiers de toute la fontaine, le reste est resté enfoui sous la végétation.

Alto de Lavapatas

Littéralement, ça signifie le « haut de Lavapatas » et ce n’est pas un mensonge. Depuis la fontaine, il y a une bonne grimpette pour y arriver, et c’est à découvert, donc il n’y a pas beaucoup d’ombre! C’est la nécropole la plus importante du site puisque c’est ici que reposaient les rois et autres figures importantes de la région. Les statues sont y sont également les plus grandes et sont même plutôt de forme phallique.

La récompense de notre grimpette reste quand même la vue sur la cordillère centrale des Andes. Et nous avons eu du bol avec la météo avec une splendide journée ensoleillée!

Nous avons eu un véritable coup de cœur (encore un!) pour San Agustín. Nous avons particulièrement apprécié l’accès facile à la nature pour y faire quelques randonnées. Les Andes nous impressionnent toujours par leur végétation qui recouvrent les montagnes jusqu’à leur sommet même à très haute altitude. Comme nos Alpes nous paraissent grises à côté!

Nous avons quitté la ville avec pas mal de courbatures dans les jambes mais nous avons été ravis et impressionnés par tout ce que nous avons vu, que ce soit au niveau culturel, naturel et surtout aviaire. Le sud de la Colombie nous aura enchantés avec ses paysages, sa culture et sa douceur de vivre. Espérons que la suite sera aussi prometteuse!

Popayán, le bijou colonial des Andes colombiennes

La ville de Cali a été un bon point de départ pour recevoir nos premières vibes colombiennes mais le trafic infernal et surtout la pollution nous a vite gavés. Nous ne nous y sommes donc pas attardés et avons vite cherché à sortir de la ville.

Le terminal de bus à Cali se trouve au nord du centre ville. Il y a le Métrobus qui s’y arrête à proximité sinon il est possible de s’y rendre à pied en suivant le Rio Cauca. C’est un terminal super organisé comme nous en avons connu en Argentine ou au Mexique où chaque compagnie de bus est représentée par un guichet. Les bus ne sont pas de première jeunesse mais ils sont confortables et l’air conditionné n’est généralement pas mis à fond, quand il y en a. Le seul bémol est que les trajets sont interminables. Comme nous nous dirigions en direction du sud, il a fallu traverser toute la ville et ça nous a pris plus d’une heure à cause des bouchons. Ensuite, une fois sur la route Panaméricaine, ce sont des travaux qui nous ont bien ralentis. La fin du trajet s’est fait sur une jolie route de montagne et ça n’avançait pas très vite non plus. Résultat des courses : nous avons mis près de quatre heures et demi pour parcourir 137 kilomètres!

Le prix du billet de bus nous a coûté 30’000 COP (pesos colombiens) par personne soit 6,50€ ou 6,10 CHF.

Popayán

Popayán est une des plus anciennes villes d’Amérique. Elle a été fondée en 1537, même avant Cali, toujours par l’andalou Sebastián de Belalcázar qui est également à l’origine de Quito. La ville s’est développée notamment grâce à l’exploitation fructueuse des mines d’or de la région par les conquistadors espagnols. C’était d’ailleurs une des villes les plus importantes du Vice-Royaume de la Nueva Granada, une partie de l’empire colonial qui comprenait en gros les actuels Equateur, Colombie, Venezuela et Panamá. Après l’indépendance, Popayán est plutôt connue pour avoir donné naissance à une dizaine de présidents de la République.

Aujourd’hui Popayán reste un des centres coloniaux les mieux conservés du continent même si elle reste à l’écart des grands centres touristiques. Elle est surnommée la « ciudad blanca » (ville blanche) à cause de ses façades blanchies à la chaux que ne renierait pas n’importe quel village blanc andalou! Elle se situe à 1760 mètres d’altitude et se montre tel un bijou dans un écrin formé par les cordillères occidentale et centrale des Andes. Nous sommes tombés amoureux de ces petites maisonnettes blanches qui, à l’instar d’Antigua, regorgent de cafés ou de bars à jus super sympas souvent situés dans de magnifiques patios.

Mode mauvais timing (ou pas) : nous sommes tombés un jour où il y avait une course en faveur de la lutte contre le cancer du sein. Ça nous a restreint l’accès à la place centrale qui était le lieu d’arrivée de la course mais quelques rues du centre historique ont été fermées à la circulation, ce qui nous a permis de profiter du lieu sans trafic et c’était un vrai bonheur! Et puis de voir tous ces coureurs vêtus de t-shirts roses transpirer pour la bonne cause était vraiment touchant.

Parque Caldas

C’est la place centrale de la ville. A l’époque coloniale, seuls les gens de pouvoir (religieux ou politiques) avaient le droit d’habiter à proximité de la place. Elle est bordée de superbes bâtiments coloniaux, tout aussi blancs que le reste de la ville. Il y a notamment le gouvernent du département de Cauca, la mairie de Popayán ainsi que différents sièges de banques nationales importantes. Sur son côté sud, se dresse la jolie cathédrale « Nuestra Señora de la Asunción » de style néoclassique qui date du XVIe siècle et qui possède une magnifique coupole florentine qui se voit de loin. Elle est flanquée d’une tour de l’horloge, un peu massive à notre goût, qui date de 1673. Certains bâtiment donnent l’impression de pencher en avant. Non, ce n’est pas une illusion d’optique! Ils sont légèrement affaissés à cause des différents tremblements de terre qu’a connu la région.

Au centre de la place, il y a un petit jardin avec des arbres et de magnifiques fleurs comme des hibiscus et des lys rouges. Enfin ça c’est quand ils ne se font pas bouffer par les lamas! Nous en avons d’ailleurs pris un en flag! Nous avons même trouvé des petits bassins ornés d’azulejos exactement comme ceux qu’on trouve dans nos parcs andalous!

La statue qui trône au centre de la place est celle de Francisco José de Caldas, d’où le nom de la place. Ce natif de Popayán était un savant local mais aussi un des acteurs principaux de l’indépendance de la Colombie qui eut lieu, après des années de combats acharnés, en 1825.

Cerise sur le gâteau : toute la place a été rendue aux piétons et c’est super agréable! Non, nous n’avons pas lâché notre obsession pour les zones piétonnes!

Teatro Guillermo Valencia

Tiens, il y a quand même un bâtiment qui n’est pas blanc dans cette ville! Ce superbe édifice néoclassique date des années 1920 et fut construit en hommage à Guillermo Valencia un poète natif de Popayán. Le théâtre reste encore très actif aujourd’hui avec des pièces, des concerts et divers évènements culturels.

Puente del Humilladero

Ce joli pont en arches du XIXe siècle permet de rejoindre le quartier Bolivar depuis le centre-ville. Il est constitué de douze arches et franchit le Rio Molino. Au début du XXe siècle c’était le seul moyen de se rendre au nord de la ville. Aujourd’hui, il est rendu aux piétons et c’est tant mieux! Nous déplorons juste les graffitis dont il est affublé. Nous aimons bien l’art du graff en général mais là, nous les trouvons moches et dans un endroit pas du tout approprié.

Rincón Payanés

A l’est du centre historique, au pieds des premières montagnes, se trouve le Rincón Payanés. C’est une réplique de quelques édifices de Popayán en miniature. C’est un peu fake mais c’est malgré tout super chou. On y trouve quelques magasins de souvenirs et de quoi se restaurer après une bonne randonnée puisque le quartier se trouve judicieusement au départ respectivement à l’arrivée des sentiers pédestres.

Notre grimpette du jour

En fait il y a même eu deux grimpettes puisque nous sommes montés sur le Cerro de la Tres Cruces puis sur le Morro del Tulcán.

Pour la première, c’était une agréable balade dans la forêt équatoriale de montagne surveillée par des dizaines de rapaces nous survolant en quête de nourriture. Quant au Morro del Tulcán, c’est une petite colline en forme de pyramide qui surplombe la ville et où ont été trouvés des vestiges archéologiques datant de l’époque précolombienne.

Il y a un chemin pavé qui monte au Morro. Pour le reste, c’est un sentier de forêt qui grimpe pas mal. Mieux vaut se munir de bonnes chaussures.

Dans les deux cas, nous avons eu droit à une superbe vue sur les montagnes de la cordillère orientale des Andes, sur le centre historique et son plan en damier typique des villes coloniales espagnoles ainsi que sur le superbe Sanctuario de Belén qui, bien que d’architecture coloniale, ne date que des années 1970.

Popayán pourrait être comparée à Séville tellement il y a quelques ressemblances qui sont troublantes. Il y a entre autres :

  • un centre historique de ouf
  • des gens super sympas et chaleureux avec une tendance à l’exagération
  • des archives super importantes datant de la période coloniale et qui sont classées à l’UNESCO sauf qu’à Popayán elles ne sont pas accessibles au public.
  • La Semana Santa est LA fête la plus importante de l’année avec des processions de ouf! Elle a même été inscrite au patrimoine mondial immatériel de l’UNESCO, ce que même à Séville on n’a pas osé faire!
  • Les gens ne pensent qu’à bouffer! Popayán est même une ville UNESCO de la gastronomie. Bon là, franchement, nous avons un peu de peine à comprendre pourquoi. A part quelques exceptions, la bouffe, ce n’est pas fou.

Finalement, en rédigeant ces lignes, nous nous sommes rendus compte que nous vous devons une rectification. Popayán ce n’est pas un mini Séville, c’est Séville mais puissance mille! Et nous avons l’impression que toute la Colombie est une Andalousie un peu exagérée. Nous sentons que nous allons adorer ce pays!

Popayán est déjà notre premier coup de cœur colombien. C’est une petite ville agréable, très jolie, entourée de montagnes verdoyantes et à la population locale très chaleureuse. Nous avons d’ailleurs hésité à garder jalousement ce petit bijou pour nous sans le partager car la ville est encore très préservée du tourisme de masse et de ses méfaits et nous voudrions que ça reste en l’état.

Popayán sera également notre étape la plus méridionale du pays. Enfin, normalement! Nous ne descendrons pas vers l’Equateur qui est un pays que nous avons déjà bien découvert il y a quelques années et que nous avons adoré mais qui, malheureusement, est devenu peu recommandable en ce moment. Nous n’irons pas non plus au sanctuaire de Lajas à Ipales, à l’extrême sud du pays, par manque de motivation de monter à 2900 mètres d’altitude. Par contre, nous avons plein d’autres endroits qui ont l’air top sur notre bucket list, qui commence déjà à s’allonger, et que nous avons hâte d’aller découvrir!

Cali, ses couleurs et sa salsa, nos premiers pas en Colombie

Nous ne vous l’avons pas annoncé en grande pompe pour cause de vie sévillane trop cool et, mine de rien, très prenante mais nous sommes enfin de retour avec nos backpacks à la découverte de notre belle planète!

Ceux qui nous connaissent ou qui nous suivent sur les réseaux sociaux savent que nous avons atterri à Panamá. A vrai dire, nous pensions, cette année, nous orienter plus à l’est en direction de l’Asie qui commence un peu à nous manquer, surtout culinairement! (#irrécupérables!) Mais voilà, la vie nous joue parfois des tours et il s’est avéré que nous avions des bons à utiliser sur Iberia, la compagnie aérienne nationale espagnole et c’est une compagnie qui dessert principalement des destinations latino-américaines. Il faut croire que c’est le destin. Après une étude minutieuse des dates, des horaires et de nos envies aussi, nous sommes arrivés à la conclusion que la destination de Panamá City était celle qui nous convenait le mieux

Le Panama a été notre but de notre trip en Amérique Centrale de 2023 et ça a été une très belle surprise. Nous savions donc à quoi nous attendre en débarquant ici. Nous avons profité des cafés de la city, de la nature verdoyante en randonnant dans les montagnes de Valle de Anton, ainsi que de la mer des Caraïbes à Portobelo. De quoi récupérer du jet-lag et recharger les batteries pour notre « vrai » voyage. Oui, c’est vrai, la pluie est venue un peu jouer les trouble-fêtes mais sachant que la région a souffert d’une sécheresse sans précédant l’année précédente, nous sommes plutôt soulagés de voir que l’eau est revenue en quantité suffisante cette année. Il faut juste nous réhabituer à ces climats humides car, en vingt-quatre heures, nous avons vu tomber plus d’eau qu’en quinze mois à Séville!

Ci dessous, la nature verdoyante grâce à la pluie à El Valle de Anton

Si nous avons atterri à Panamá, c’est parce qu’il nous manque un pays à découvrir en Amérique du Sud! En vrai, il nous en manque plusieurs mais dans les grands pays incontournables et, surtout, fréquentables en ce moment, il nous en manque principalement un : la Colombie! Nous avions zappé ce pays lors de notre premier tour du monde pour des raisons que nous expliquons à la fin de cet article et nous le regrettons un peu car il a un peu la réputation d’être la cerise sur le gâteau de ce magnifique continent. Nous ne pouvions décemment pas laisser passer une telle légende sans aller vérifier sur place de nos propres yeux si elle est avérée ou non!

Notre voyage se concentrera principalement donc sur la Colombie. C’est vrai, nous avons un peu tout misé sur le même cheval sur ce coup-là! Nous avons même misé sur une possible prolongation de visa car notre retour en Europe n’est prévu que pour mars. Oui, nous avons même un billet de retour! Même nos familles respectives ne nous ont pas crus quand nous le leur avons annoncé! (On se fait vieux!) Mais vous nous connaissez, si tout ne devrait pas se passer comme prévu, nous avons déjà en tête quelques plans B, C ou D!

Cali

Entre le Panama et la Colombie il y a le fameux « tapón de Darién », une jungle impénétrable et sans route qui sépare les deux pays. Donc nous n’avons pas eu trop le choix de prendre un avion. Le gros avantage que nous avons eu en faisant notre petite escale panaméenne, c’est de ne pas avoir été obligés d’atterrir à Bogota comme c’est le cas pour tous les vols en provenance d’Europe. Nous n’avons absolument rien contre Bogota et allons d’ailleurs sûrement y passer plus tard. C’est juste que la ville se situe à 2600 mètres d’altitude et atterrir si haut lorsqu’on habite presque au niveau de la mer, ce n’est pas optimal! Surtout que Fab a une fâcheuse tendance à souffrir du mal des montagnes. En comparaison, Cali ne se situe « qu’à » 1080 mètres et nous fait donc un bon palier avant d’affronter les hauteurs andines. L’autre raison qui nous a fait choisir Cali, c’est sa position géographique. La ville se situe au sud-ouest du pays et constitue un bon point de départ pour effectuer un itinéraire assez logique qui nous conduira, si tout va bien, jusqu’à la mer des Caraïbes plutôt située au nord-est.

Mauvais timing

Vous commencez à le savoir, nous avons une fâcheuse tendance à être les rois du mauvais timing! Notre arrivée en Colombie ne déroge pas à la règle! En effet, la ville de Cali est un gigantesque chantier car elle se prépare à accueillir la COP16 de la Biodiversité. Apparemment, il y aura plein d’expos qui ont l’air super cool sur la biodiversité justement et la ville à l’air de prendre cette conférence très au sérieux et c’est tant mieux mais ce n’est pas le moment idéal pour y faire du tourisme. Beaucoup d’endroits sont inaccessibles et la présence policière est renforcée. Sur ce dernier point, ce n’est pas trop grave, les policiers nous accueillent avec le sourire et avec un « Holá! Benvenidos » très joyeux.

Bref, en vrai, nous sommes très contents de l’existence de ces conférences en espérant qu’elles débouchent sur quelque-chose de concret. Nous avons juste trouvé très drôle qu’encore une fois, nous avons une anecdote à vous raconter sur le fait d’être à un endroit pas forcément au bon moment!

La Ermita

C’est le premier bâtiment que nous apercevons qui sort du lot. Nous devons avouer, au niveau beauté du patrimoine, Cali ce n’est pas fou! En plus avec sa situation en cuvette dans les Andes et son trafic infernal, la pollution se fait vite sentir. Ce qui ne rend pas la ville agréable au premier abord. Heureusement, la salsa ainsi que l’accueil et la joie de vivre des habitants compensent amplement ces petits désagréments!

Cette église en elle-même est un joli monument néo-gothique construit en 1942 sur un ancien ermitage espagnol du XVIIe siècle. Elle a une position privilégiée sur le Rio Cauca qui traverse la ville et qui est le deuxième fleuve du pays. Elle se situe dans le Parque Simon Bolivar, une jolie place tranquille avec beaucoup d’arbres et c’est très agréable pour fuir le trafic et la pollution. Mais avec la préparation des stands pour la Cop16 Biodiversité, le parc était inaccessible.

Centre historique

Nous avons quand même fini par trouvé un petit bijou, même s’il est modeste! Il faut juste le trouver car, le centre historique ne se trouve pas au centre, mais plutôt au nord-ouest de celui-ci!

Cali peut se targuer d’être une des villes coloniales les plus anciennes d’Amérique. Elle a été fondée en 1538 par le conquistador espagnol Sebastián de Belalcázar qui, comme son nom l’indique, vient d’un bled nommé Belalcázar qui est situé dans la province de Córdoba! Un Andalou, encore un! Il la nomma Santiago de Cali qui est toujours le nom officiel de la ville aujourd’hui. La ville n’a jamais été un grand centre prospère et vivotait juste de la culture de la canne à sucre et un peu du commerce. C’était plutôt une petite ville de villégiature au climat agréable pour la bourgeoisie coloniale qui tirait ses revenus des différentes mines d’or situées plus loin dans la vallée de la Cauca.

Aujourd’hui Cali est la troisième ville de Colombie et la plus importante sur le versant Pacifique des Andes. Elle a gardé son climat agréable. Nous avons l’impression de revivre le super printemps que nous avons déjà vécu en Andalousie cette année! Le centre historique est certes modeste mais super chou! Nous étions tellement persuadés qu’il n’y avait rien à voir à Cali que nous ne nous attendions pas à trouver ce joli petit centre colonial.

Si les couleurs nous rappellent le Mexique, les petits cafés nichés dans les patios des maisons coloniales nous ramènent à Antigua, un autre de nos coups de cœur latino-américains. Quant à la musique, c’est typiquement caleño (le petit nom des habitants de Cali) avec de la salsa qui s’écoute, et se danse, absolument partout!

Street Art

Là nous avons vraiment l’impression d’être arrivés en Colombie avec ces superbes peintures murales pleines de couleur! Elles n’ont rien à envier à d’autres villes réputée pour leur art de rue comme Georgetown ou Malacca! Les thèmes sont plutôt portés sur la faune et la flore locales ou sur les danseurs de salsa. Dans les deux cas, c’est juste magnifique!

Cali n’est pas le gros highlight de la Colombie et nous l’avons choisie surtout pour des raisons pratiques. Pourtant, nous sommes déjà tombé follement amoureux de ce pays, de ses habitants, de ses couleurs et de sa joie de vivre! C’est une impression qui nous a été donnée dès le passage de l’immigration tant le douanier qui nous a tamponné notre passeport était sympa et jovial! Nous espérons que le reste du pays nous apportera autant de joie que ces deux premiers jours à Cali! Nous sommes en tout cas motivés et gonflés à bloc pour découvrir ce pays qui a déjà l’air merveilleux!