San Agustín, ses trésors précolombiens et sa nature luxuriante

Pour partir de Popayán, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne c’est qu’il y a la possibilité de changer de vallée, ce qui nous dispense de repasser par Cali. La mauvaise, c’est que c’est une petite route de montagne, en partie non asphaltée, qui passe par un col à plus de 3200 mètres d’altitude et qui n’est desservie que par des minibus. Là, notre oreille interne se réveille et se met en mode « Même pas en rêve! » Mais nous décidons de ne pas l’écouter, de n’en faire qu’à notre tête et nous tentons quand même le coup.

Au terminal des bus, c’est un minibus flambant neuf et super confortable qui nous attend. De quoi nous rassurer jusqu’à ce que nous lisions la notice nous priant de demander des sacs à vomi en cas de mal des transports. Là, notre oreille interne se fâche en mode « Je vous l’avais bien dit bande d’inconscients! » puis se met à bouder nous laissant finalement tranquilles pendant tout le trajet. Il faut dire que nous avons tellement été subjugués par le paysage défilant sous nos yeux que nous n’avons pas eu le temps de nous sentir mal.

NB : Si vous voulez voir à quoi ressemble le paysage le long de la route, nous avons monté un petit réel sur notre page Instagram qui vous en donne un petit aperçu.

La destination finale de notre minibus est Pitalito. La nôtre, c’est San Agustín, un petit village perché plus haut dans la vallée. Mais pas de problème, à la bifurcation des deux routes, un système de taxi est organisé pour les passagers se rendant à San Agustín et c’est compris dans le billet de bus qui coûte 55’000 COP par personne (11,80€ ou 11,05 CHF) Du coup, nous avons été déposés directement devant notre logement et c’est super appréciable!

San Agustín

San Agustín est une petite ville de montagne perchée à 1730 mètres d’altitude entre les sommets verdoyants de la cordillère centrale des Andes. Malgré l’attrait un peu touristique, elle a gardé son âme montagnarde et paysanne. Elle vit principalement des cultures du café et de la canne à sucre. Touristiquement, elle est connue pour ses sites archéologiques datant de 3300 avant notre ère appartenant à la civilisation dite de San Agustín. Avec un nom pareil, très chrétien et hispanique, vous vous doutez bien que ce sont les conquistadors espagnols qui l’ont affublée de ce sobriquet. Mais comme les archéologues n’ont encore aucune idée de son « vrai nom », on continue à l’appeler civilisation de San Agustín.

Après une très blanche Popayán, nous sommes conquis par toutes les couleurs qu’on peut trouver sur les façades des maisons au centre-ville.

Comme toute ville latino-américaine qui se respecte, San Agustín possède son « Parque Central » et sa cathédrale. Mention spéciale pour la maison du curé qui jouxte l’église et qui, avec ses balcons en bois, est juste superbe! Il y a, évidemment, les fameuses lettres où les touristes viennent se prendre en photo. En plus, le nom est trop long! Toutes les lettres ne rentrent pas sur une seule photo! Par contre, elle ont été dessinées sur le modèle précolombien de la région et c’est plutôt original et joli.

Mais San Agustín est surtout très intéressante pour tout ce qui se trouve en dehors de la ville. Elle possède des trésors naturels et archéologiques assez exceptionnels.

NB : Toutes les activités que nous avons effectuées, nous les avons faites en autonomie en partant à pied depuis le centre ville. Si vous ne voulez ou ne pouvez pas marcher, il y a la possibilité de prendre un taxi, une moto-taxi, d’effectuer des balades à cheval ou carrément de contracter des tours. L’office du tourisme ou même votre logement peuvent vous organiser tout ça.

Sentier Masaya

Pour y accéder, il faut prendre la route qui grimpe au nord de San Agustín et après un bon kilomètre, il y a la bifurcation pour le sentier. Tout est super bien indiqué! Attention, ça descend à pic et c’est à flanc de côteau! Mieux vaut s’abstenir si vous avez le vertige! Le sentier descend jusqu’aux rives du Rio Magdalena tout en bas dans la vallée. Nous n’avons pas été jusqu’au bout à cause d’une météo incertaine mais nous avons quand même profité d’une petite balade en forêt et de la superbe vue sur les montagnes verdoyantes des Andes.

Nous avons quand même eu droit à une vue époustouflante sur le canyon du Rio Magdalena qui, avec ses 1540 kilomètres, est le fleuve le plus long du pays. Ici, à San Agustín, nous sommes presque à sa source et il va se jeter dans la mer des Caraïbes. Nous aurons donc sûrement l’occasion de le recroiser durant notre périple colombien.

La Chaquira

Pour y accéder, c’est la même route que pour Masaya sauf que le sentier commence quelques centaines de mètres plus loin. Tout y est également super bien indiqué et, en cas de doute, la population locale vous indiquera le chemin même si vous n’avez rien demandé! Mais c’est fait avec tellement de gentillesse et de bienveillance qu’on veut bien se faire guider même si nous savons parfaitement où nous diriger. Le chemin est assez facile mais il alterne de grosses montées avec des descentes bien raides, de quoi bien nous casser les jambes.

Après quatre kilomètres, nous arrivons enfin au site de la Chaquira. Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines, il faut encore descendre 162 marches pour arriver à notre but final. Ce qui nous attend c’est un amas de pierres gravées avec de magnifiques pétroglyphes datant de l’ère précolombienne. Le lieu servait probablement d’observatoire astronomique dans le but d’observer le soleil afin d’établir un calendrier agricole.

Par contre, nous avons dû, par inadvertance, faire un geste ou dire quelque-chose qu’il ne fallait pas car, pile au moment ou nous posions le pied sur la dernière marche, il a commencé à pleuvoir. Nous avons sûrement dû invoquer la colère des dieux qui se sont vengés en nous arrosant copieusement! Heureusement, nous étions équipés et n’avons pas trop été trempés, la pluie ne durant jamais trop longtemps sous ces latitudes.

En bas des marches, il y a une petite plateforme avec une superbe vue sur le canyon du Rio Madgalena et sur les différentes cascades qui découpent les flancs des montagnes au milieu de la végétation tropicale bien verte et luxuriante.

NB : l’entrée au site est gratuite. Si vous voulez quand même laisser quelque-chose à la communauté indigène qui s’occupe du lieu, vous pouvez acheter des boissons ou de l’artisanat à l’entrée. Les prix ne sont pas surfaits.

Cascade El Cinco

A la base, nous étions partis pour une petite promenade de santé pour nous « reposer » de nos deux marches du jour précédent. Au départ, c’était le cas! Nous sommes partis, cette fois-ci, dans le bas du village en direction du sud-ouest sur une route non asphaltée mais carrossable. Facile, n’est-ce pas? Oui mais ça c’était avant de voir les panneaux qui nous ont indiqué la direction d’une cascade que notre curiosité naturelle nous a poussé à aller voir! Après cinq kilomètres de balade tranquille, nous sommes arrivés à l’entrée du site de la cascade. Nous nous enfonçons donc dans la forêt et, là, ça se corse! Le chemin est un peu scabreux, un peu glissant à cause des pluies de la veille et il faut traverser les cours d’eau sur des ponts de fortune! De bonnes chaussures de marches sont indispensables pour accéder à la cascade!

L’entrée du site coûte 5000 COP par personne (1,05€ ou 1 CHF). Cet argent va directement à la petite communauté indigène qui s’occupe du site. Ils sont plutôt sympas les gars, ils vous encaissent le prix d’entrée au pied de la cascade, une fois que vous avez passé la partie la plus difficile du chemin. Comme ça, si vous changez d’avis pour cause de vertige ou autre, vous n’avez pas payé d’entrée pour rien! Malgré sa difficulté, le sentier vaut la peine pour toute la faune et la flore qu’on peut y découvrir.

La rencontre trop mignonne du jour

Depuis que nous sommes arrivée en Colombie (et même au Panama!), nous croisons une faune exceptionnelle, principalement des papillons et des oiseaux. La Colombie peut se targuer d’avoir la plus grande biodiversité au monde en ce qui concerne les oiseaux! C’est vrai que nous en avons déjà aperçus des centaines de plusieurs espèces différentes, tous plus beaux les uns que les autres. Malheureusement, ce sont des animaux qui ont la bougeotte et qui se ne se laissent pas trop prendre dans notre objectif.

Mais parfois, il arrive que certains spécimens se laissent quand même prendre en photo, même si c’est de loin. C’est le cas de ce magnifique « gallo de roca » (coq de roche en français) mâle qui est un oiseau assez courant dans toutes les Andes tropicales.

NB : la photo ci-dessous a été recadrée d’où une qualité un peu douteuse. Sorry!

Après toutes ces (belles!) péripéties, nous arrivons enfin au pied de la cascade El Cinco. Certes, ce n’est pas Iguazu, Chiflon ou encore le Rio Celeste mais nous étions seuls au monde dans cet environnement extraordinaire et ça, ça n’a pas de prix. Par seuls au monde nous sous-entendons bien évidemment sans humains, car nous étions loin d’être les seuls êtres vivants dans cette forêt. Il est possible de se baigner au pied de la cascade mais nous n’avions pas nos affaires de bain puisque, rappelez-vous, nous étions censés juste nous balader un peu à la base.

La cascade se dresse sur trois niveaux et il est possible de l’observer sous toutes les coutures grâce à un sentier latéral qui la longe de bas en haut.

Nous continuons notre balade qui n’en est plus trop une par le haut, en passant par les cultures où nous avons une vue sur un autre versant de la cordillère centrale des Andes. Attention, la grimpette est assez conséquente est ça peut être en plein cagnard en cas de beau temps! Une casquette n’est pas de trop! Nous terminons à l’entrée du parque arqueológico où nous avons l’espoir d’attraper le collectivo (sorte de minibus) qui nous ramènera au centre. Manque de bol, nous l’avons loupé pour quelques petites minutes! Nous avons donc dû finir les trois derniers kilomètres à pied. Une petite promenade de santé qu’on disait!

Et devinez ce qu’on y cultive?

Parque arqueológico San Agustín

C’est le gros highlight de San Agustín! Le parc archéologique est en fait une énorme nécropole, une des plus grande de l’Amérique précolombienne, datant de l’époque archaïque (3000 à 1000 avant notre ère) jusqu’à l’époque dite récente (du IXe siècle à la conquête espagnole). Il se trouve à trois kilomètres à l’ouest du centre de San Agustín. Il est possible d’y aller à pied, c’est facile, au bord de la route et ça ne grimpe pas trop. Si vous avez de la chance, comme ce fut notre cas, vous pouvez choper le collectivo qui vous mènera à l’entrée du site pour la modique somme de 2000 COP (0,45€ ou 0,40 CHF).

Mode super timing on : Une fois n’est pas coutume, nous étions dans un timing pratiquement parfait puisque nous étions sur place le dernier vendredi du mois, jour où l’entrée au parc est gratuite! En vrai, nous avons un peu forcé la chance et prolongé notre séjour d’un jour pour que ça marche mais c’est sûrement quelque-chose que nous aurions de toute façon fait en temps normal tellement le coin est incroyable. Sinon, l’entrée du parc coûte 65’000 COP pour les étrangers soit 13, 90 euros ou 13 francs suisses. Nous ne savons pas si ça les vaut mais ça reste le prix moyen d’un site archéologique. Enfin, sachez que le site est fermé le mardi, ce qui signifie que beaucoup de restaurants, de cafés ou de boutiques en villes sont également fermés.

Bosque de las Estatuas

Il y a un petit musée à l’entrée qui expose quelques pièces trouvées sur le site comme des amphores ressemblant fortement à celles que fabriquaient les Romains en Europe à la même époque. Mais les photos étaient interdites à l’intérieur. Commençons donc par le vif du sujet en empruntant le chemin de la forêt des statues. Comme son nom l’indique, c’est une forêt! Mais pas de panique le chemin est super facile. Il est bordé de trente-cinq statues funéraires datant des différentes époques de la culture de San Agustín. Toutes ne sont pas dans le même état de conservation : certains stèles sont bien érodées par le temps tandis que d’autres conservent superbement leurs gravures. Nous trouvons leur design assez rigolo, on dirait des dessins d’enfants.

Les mesitas

Une mesita c’est une clairière. Il y en a trois dans le parc. Seuls les puissants et les nobles avaient le droit d’être enterrés dans ces mesitas. Là, on se rend bien plus compte du caractère funéraire du lieu avec des dizaines de tombes qui ont été excavées. Certaines possèdent encore leurs statues qui sont beaucoup plus grandes que dans le bosque. On voit qu’on avait affaire à de gens importants par ici!

Fuente de Lavapatas

Cette fontaine est un système de canaux sur des pierres gravées avec des figures humaines ou animales. On ne voit plus trop les gravures à cause de l’érosion de la pierre par l’eau. Elle date de l’époque classique (Ier au IXe siècle) et servait de lieu de rituel pour les funérailles. Ce que nous voyons aujourd’hui n’est qu’environ un tiers de toute la fontaine, le reste est resté enfoui sous la végétation.

Alto de Lavapatas

Littéralement, ça signifie le « haut de Lavapatas » et ce n’est pas un mensonge. Depuis la fontaine, il y a une bonne grimpette pour y arriver, et c’est à découvert, donc il n’y a pas beaucoup d’ombre! C’est la nécropole la plus importante du site puisque c’est ici que reposaient les rois et autres figures importantes de la région. Les statues sont y sont également les plus grandes et sont même plutôt de forme phallique.

La récompense de notre grimpette reste quand même la vue sur la cordillère centrale des Andes. Et nous avons eu du bol avec la météo avec une splendide journée ensoleillée!

Nous avons eu un véritable coup de cœur (encore un!) pour San Agustín. Nous avons particulièrement apprécié l’accès facile à la nature pour y faire quelques randonnées. Les Andes nous impressionnent toujours par leur végétation qui recouvrent les montagnes jusqu’à leur sommet même à très haute altitude. Comme nos Alpes nous paraissent grises à côté!

Nous avons quitté la ville avec pas mal de courbatures dans les jambes mais nous avons été ravis et impressionnés par tout ce que nous avons vu, que ce soit au niveau culturel, naturel et surtout aviaire. Le sud de la Colombie nous aura enchantés avec ses paysages, sa culture et sa douceur de vivre. Espérons que la suite sera aussi prometteuse!

Popayán, le bijou colonial des Andes colombiennes

La ville de Cali a été un bon point de départ pour recevoir nos premières vibes colombiennes mais le trafic infernal et surtout la pollution nous a vite gavés. Nous ne nous y sommes donc pas attardés et avons vite cherché à sortir de la ville.

Le terminal de bus à Cali se trouve au nord du centre ville. Il y a le Métrobus qui s’y arrête à proximité sinon il est possible de s’y rendre à pied en suivant le Rio Cauca. C’est un terminal super organisé comme nous en avons connu en Argentine ou au Mexique où chaque compagnie de bus est représentée par un guichet. Les bus ne sont pas de première jeunesse mais ils sont confortables et l’air conditionné n’est généralement pas mis à fond, quand il y en a. Le seul bémol est que les trajets sont interminables. Comme nous nous dirigions en direction du sud, il a fallu traverser toute la ville et ça nous a pris plus d’une heure à cause des bouchons. Ensuite, une fois sur la route Panaméricaine, ce sont des travaux qui nous ont bien ralentis. La fin du trajet s’est fait sur une jolie route de montagne et ça n’avançait pas très vite non plus. Résultat des courses : nous avons mis près de quatre heures et demi pour parcourir 137 kilomètres!

Le prix du billet de bus nous a coûté 30’000 COP (pesos colombiens) par personne soit 6,50€ ou 6,10 CHF.

Popayán

Popayán est une des plus anciennes villes d’Amérique. Elle a été fondée en 1537, même avant Cali, toujours par l’andalou Sebastián de Belalcázar qui est également à l’origine de Quito. La ville s’est développée notamment grâce à l’exploitation fructueuse des mines d’or de la région par les conquistadors espagnols. C’était d’ailleurs une des villes les plus importantes du Vice-Royaume de la Nueva Granada, une partie de l’empire colonial qui comprenait en gros les actuels Equateur, Colombie, Venezuela et Panamá. Après l’indépendance, Popayán est plutôt connue pour avoir donné naissance à une dizaine de présidents de la République.

Aujourd’hui Popayán reste un des centres coloniaux les mieux conservés du continent même si elle reste à l’écart des grands centres touristiques. Elle est surnommée la « ciudad blanca » (ville blanche) à cause de ses façades blanchies à la chaux que ne renierait pas n’importe quel village blanc andalou! Elle se situe à 1760 mètres d’altitude et se montre tel un bijou dans un écrin formé par les cordillères occidentale et centrale des Andes. Nous sommes tombés amoureux de ces petites maisonnettes blanches qui, à l’instar d’Antigua, regorgent de cafés ou de bars à jus super sympas souvent situés dans de magnifiques patios.

Mode mauvais timing (ou pas) : nous sommes tombés un jour où il y avait une course en faveur de la lutte contre le cancer du sein. Ça nous a restreint l’accès à la place centrale qui était le lieu d’arrivée de la course mais quelques rues du centre historique ont été fermées à la circulation, ce qui nous a permis de profiter du lieu sans trafic et c’était un vrai bonheur! Et puis de voir tous ces coureurs vêtus de t-shirts roses transpirer pour la bonne cause était vraiment touchant.

Parque Caldas

C’est la place centrale de la ville. A l’époque coloniale, seuls les gens de pouvoir (religieux ou politiques) avaient le droit d’habiter à proximité de la place. Elle est bordée de superbes bâtiments coloniaux, tout aussi blancs que le reste de la ville. Il y a notamment le gouvernent du département de Cauca, la mairie de Popayán ainsi que différents sièges de banques nationales importantes. Sur son côté sud, se dresse la jolie cathédrale « Nuestra Señora de la Asunción » de style néoclassique qui date du XVIe siècle et qui possède une magnifique coupole florentine qui se voit de loin. Elle est flanquée d’une tour de l’horloge, un peu massive à notre goût, qui date de 1673. Certains bâtiment donnent l’impression de pencher en avant. Non, ce n’est pas une illusion d’optique! Ils sont légèrement affaissés à cause des différents tremblements de terre qu’a connu la région.

Au centre de la place, il y a un petit jardin avec des arbres et de magnifiques fleurs comme des hibiscus et des lys rouges. Enfin ça c’est quand ils ne se font pas bouffer par les lamas! Nous en avons d’ailleurs pris un en flag! Nous avons même trouvé des petits bassins ornés d’azulejos exactement comme ceux qu’on trouve dans nos parcs andalous!

La statue qui trône au centre de la place est celle de Francisco José de Caldas, d’où le nom de la place. Ce natif de Popayán était un savant local mais aussi un des acteurs principaux de l’indépendance de la Colombie qui eut lieu, après des années de combats acharnés, en 1825.

Cerise sur le gâteau : toute la place a été rendue aux piétons et c’est super agréable! Non, nous n’avons pas lâché notre obsession pour les zones piétonnes!

Teatro Guillermo Valencia

Tiens, il y a quand même un bâtiment qui n’est pas blanc dans cette ville! Ce superbe édifice néoclassique date des années 1920 et fut construit en hommage à Guillermo Valencia un poète natif de Popayán. Le théâtre reste encore très actif aujourd’hui avec des pièces, des concerts et divers évènements culturels.

Puente del Humilladero

Ce joli pont en arches du XIXe siècle permet de rejoindre le quartier Bolivar depuis le centre-ville. Il est constitué de douze arches et franchit le Rio Molino. Au début du XXe siècle c’était le seul moyen de se rendre au nord de la ville. Aujourd’hui, il est rendu aux piétons et c’est tant mieux! Nous déplorons juste les graffitis dont il est affublé. Nous aimons bien l’art du graff en général mais là, nous les trouvons moches et dans un endroit pas du tout approprié.

Rincón Payanés

A l’est du centre historique, au pieds des premières montagnes, se trouve le Rincón Payanés. C’est une réplique de quelques édifices de Popayán en miniature. C’est un peu fake mais c’est malgré tout super chou. On y trouve quelques magasins de souvenirs et de quoi se restaurer après une bonne randonnée puisque le quartier se trouve judicieusement au départ respectivement à l’arrivée des sentiers pédestres.

Notre grimpette du jour

En fait il y a même eu deux grimpettes puisque nous sommes montés sur le Cerro de la Tres Cruces puis sur le Morro del Tulcán.

Pour la première, c’était une agréable balade dans la forêt équatoriale de montagne surveillée par des dizaines de rapaces nous survolant en quête de nourriture. Quant au Morro del Tulcán, c’est une petite colline en forme de pyramide qui surplombe la ville et où ont été trouvés des vestiges archéologiques datant de l’époque précolombienne.

Il y a un chemin pavé qui monte au Morro. Pour le reste, c’est un sentier de forêt qui grimpe pas mal. Mieux vaut se munir de bonnes chaussures.

Dans les deux cas, nous avons eu droit à une superbe vue sur les montagnes de la cordillère orientale des Andes, sur le centre historique et son plan en damier typique des villes coloniales espagnoles ainsi que sur le superbe Sanctuario de Belén qui, bien que d’architecture coloniale, ne date que des années 1970.

Popayán pourrait être comparée à Séville tellement il y a quelques ressemblances qui sont troublantes. Il y a entre autres :

  • un centre historique de ouf
  • des gens super sympas et chaleureux avec une tendance à l’exagération
  • des archives super importantes datant de la période coloniale et qui sont classées à l’UNESCO sauf qu’à Popayán elles ne sont pas accessibles au public.
  • La Semana Santa est LA fête la plus importante de l’année avec des processions de ouf! Elle a même été inscrite au patrimoine mondial immatériel de l’UNESCO, ce que même à Séville on n’a pas osé faire!
  • Les gens ne pensent qu’à bouffer! Popayán est même une ville UNESCO de la gastronomie. Bon là, franchement, nous avons un peu de peine à comprendre pourquoi. A part quelques exceptions, la bouffe, ce n’est pas fou.

Finalement, en rédigeant ces lignes, nous nous sommes rendus compte que nous vous devons une rectification. Popayán ce n’est pas un mini Séville, c’est Séville mais puissance mille! Et nous avons l’impression que toute la Colombie est une Andalousie un peu exagérée. Nous sentons que nous allons adorer ce pays!

Popayán est déjà notre premier coup de cœur colombien. C’est une petite ville agréable, très jolie, entourée de montagnes verdoyantes et à la population locale très chaleureuse. Nous avons d’ailleurs hésité à garder jalousement ce petit bijou pour nous sans le partager car la ville est encore très préservée du tourisme de masse et de ses méfaits et nous voudrions que ça reste en l’état.

Popayán sera également notre étape la plus méridionale du pays. Enfin, normalement! Nous ne descendrons pas vers l’Equateur qui est un pays que nous avons déjà bien découvert il y a quelques années et que nous avons adoré mais qui, malheureusement, est devenu peu recommandable en ce moment. Nous n’irons pas non plus au sanctuaire de Lajas à Ipales, à l’extrême sud du pays, par manque de motivation de monter à 2900 mètres d’altitude. Par contre, nous avons plein d’autres endroits qui ont l’air top sur notre bucket list, qui commence déjà à s’allonger, et que nous avons hâte d’aller découvrir!

Cali, ses couleurs et sa salsa, nos premiers pas en Colombie

Nous ne vous l’avons pas annoncé en grande pompe pour cause de vie sévillane trop cool et, mine de rien, très prenante mais nous sommes enfin de retour avec nos backpacks à la découverte de notre belle planète!

Ceux qui nous connaissent ou qui nous suivent sur les réseaux sociaux savent que nous avons atterri à Panamá. A vrai dire, nous pensions, cette année, nous orienter plus à l’est en direction de l’Asie qui commence un peu à nous manquer, surtout culinairement! (#irrécupérables!) Mais voilà, la vie nous joue parfois des tours et il s’est avéré que nous avions des bons à utiliser sur Iberia, la compagnie aérienne nationale espagnole et c’est une compagnie qui dessert principalement des destinations latino-américaines. Il faut croire que c’est le destin. Après une étude minutieuse des dates, des horaires et de nos envies aussi, nous sommes arrivés à la conclusion que la destination de Panamá City était celle qui nous convenait le mieux

Le Panama a été notre but de notre trip en Amérique Centrale de 2023 et ça a été une très belle surprise. Nous savions donc à quoi nous attendre en débarquant ici. Nous avons profité des cafés de la city, de la nature verdoyante en randonnant dans les montagnes de Valle de Anton, ainsi que de la mer des Caraïbes à Portobelo. De quoi récupérer du jet-lag et recharger les batteries pour notre « vrai » voyage. Oui, c’est vrai, la pluie est venue un peu jouer les trouble-fêtes mais sachant que la région a souffert d’une sécheresse sans précédant l’année précédente, nous sommes plutôt soulagés de voir que l’eau est revenue en quantité suffisante cette année. Il faut juste nous réhabituer à ces climats humides car, en vingt-quatre heures, nous avons vu tomber plus d’eau qu’en quinze mois à Séville!

Ci dessous, la nature verdoyante grâce à la pluie à El Valle de Anton

Si nous avons atterri à Panamá, c’est parce qu’il nous manque un pays à découvrir en Amérique du Sud! En vrai, il nous en manque plusieurs mais dans les grands pays incontournables et, surtout, fréquentables en ce moment, il nous en manque principalement un : la Colombie! Nous avions zappé ce pays lors de notre premier tour du monde pour des raisons que nous expliquons à la fin de cet article et nous le regrettons un peu car il a un peu la réputation d’être la cerise sur le gâteau de ce magnifique continent. Nous ne pouvions décemment pas laisser passer une telle légende sans aller vérifier sur place de nos propres yeux si elle est avérée ou non!

Notre voyage se concentrera principalement donc sur la Colombie. C’est vrai, nous avons un peu tout misé sur le même cheval sur ce coup-là! Nous avons même misé sur une possible prolongation de visa car notre retour en Europe n’est prévu que pour mars. Oui, nous avons même un billet de retour! Même nos familles respectives ne nous ont pas crus quand nous le leur avons annoncé! (On se fait vieux!) Mais vous nous connaissez, si tout ne devrait pas se passer comme prévu, nous avons déjà en tête quelques plans B, C ou D!

Cali

Entre le Panama et la Colombie il y a le fameux « tapón de Darién », une jungle impénétrable et sans route qui sépare les deux pays. Donc nous n’avons pas eu trop le choix de prendre un avion. Le gros avantage que nous avons eu en faisant notre petite escale panaméenne, c’est de ne pas avoir été obligés d’atterrir à Bogota comme c’est le cas pour tous les vols en provenance d’Europe. Nous n’avons absolument rien contre Bogota et allons d’ailleurs sûrement y passer plus tard. C’est juste que la ville se situe à 2600 mètres d’altitude et atterrir si haut lorsqu’on habite presque au niveau de la mer, ce n’est pas optimal! Surtout que Fab a une fâcheuse tendance à souffrir du mal des montagnes. En comparaison, Cali ne se situe « qu’à » 1080 mètres et nous fait donc un bon palier avant d’affronter les hauteurs andines. L’autre raison qui nous a fait choisir Cali, c’est sa position géographique. La ville se situe au sud-ouest du pays et constitue un bon point de départ pour effectuer un itinéraire assez logique qui nous conduira, si tout va bien, jusqu’à la mer des Caraïbes plutôt située au nord-est.

Mauvais timing

Vous commencez à le savoir, nous avons une fâcheuse tendance à être les rois du mauvais timing! Notre arrivée en Colombie ne déroge pas à la règle! En effet, la ville de Cali est un gigantesque chantier car elle se prépare à accueillir la COP16 de la Biodiversité. Apparemment, il y aura plein d’expos qui ont l’air super cool sur la biodiversité justement et la ville à l’air de prendre cette conférence très au sérieux et c’est tant mieux mais ce n’est pas le moment idéal pour y faire du tourisme. Beaucoup d’endroits sont inaccessibles et la présence policière est renforcée. Sur ce dernier point, ce n’est pas trop grave, les policiers nous accueillent avec le sourire et avec un « Holá! Benvenidos » très joyeux.

Bref, en vrai, nous sommes très contents de l’existence de ces conférences en espérant qu’elles débouchent sur quelque-chose de concret. Nous avons juste trouvé très drôle qu’encore une fois, nous avons une anecdote à vous raconter sur le fait d’être à un endroit pas forcément au bon moment!

La Ermita

C’est le premier bâtiment que nous apercevons qui sort du lot. Nous devons avouer, au niveau beauté du patrimoine, Cali ce n’est pas fou! En plus avec sa situation en cuvette dans les Andes et son trafic infernal, la pollution se fait vite sentir. Ce qui ne rend pas la ville agréable au premier abord. Heureusement, la salsa ainsi que l’accueil et la joie de vivre des habitants compensent amplement ces petits désagréments!

Cette église en elle-même est un joli monument néo-gothique construit en 1942 sur un ancien ermitage espagnol du XVIIe siècle. Elle a une position privilégiée sur le Rio Cauca qui traverse la ville et qui est le deuxième fleuve du pays. Elle se situe dans le Parque Simon Bolivar, une jolie place tranquille avec beaucoup d’arbres et c’est très agréable pour fuir le trafic et la pollution. Mais avec la préparation des stands pour la Cop16 Biodiversité, le parc était inaccessible.

Centre historique

Nous avons quand même fini par trouvé un petit bijou, même s’il est modeste! Il faut juste le trouver car, le centre historique ne se trouve pas au centre, mais plutôt au nord-ouest de celui-ci!

Cali peut se targuer d’être une des villes coloniales les plus anciennes d’Amérique. Elle a été fondée en 1538 par le conquistador espagnol Sebastián de Belalcázar qui, comme son nom l’indique, vient d’un bled nommé Belalcázar qui est situé dans la province de Córdoba! Un Andalou, encore un! Il la nomma Santiago de Cali qui est toujours le nom officiel de la ville aujourd’hui. La ville n’a jamais été un grand centre prospère et vivotait juste de la culture de la canne à sucre et un peu du commerce. C’était plutôt une petite ville de villégiature au climat agréable pour la bourgeoisie coloniale qui tirait ses revenus des différentes mines d’or situées plus loin dans la vallée de la Cauca.

Aujourd’hui Cali est la troisième ville de Colombie et la plus importante sur le versant Pacifique des Andes. Elle a gardé son climat agréable. Nous avons l’impression de revivre le super printemps que nous avons déjà vécu en Andalousie cette année! Le centre historique est certes modeste mais super chou! Nous étions tellement persuadés qu’il n’y avait rien à voir à Cali que nous ne nous attendions pas à trouver ce joli petit centre colonial.

Si les couleurs nous rappellent le Mexique, les petits cafés nichés dans les patios des maisons coloniales nous ramènent à Antigua, un autre de nos coups de cœur latino-américains. Quant à la musique, c’est typiquement caleño (le petit nom des habitants de Cali) avec de la salsa qui s’écoute, et se danse, absolument partout!

Street Art

Là nous avons vraiment l’impression d’être arrivés en Colombie avec ces superbes peintures murales pleines de couleur! Elles n’ont rien à envier à d’autres villes réputée pour leur art de rue comme Georgetown ou Malacca! Les thèmes sont plutôt portés sur la faune et la flore locales ou sur les danseurs de salsa. Dans les deux cas, c’est juste magnifique!

Cali n’est pas le gros highlight de la Colombie et nous l’avons choisie surtout pour des raisons pratiques. Pourtant, nous sommes déjà tombé follement amoureux de ce pays, de ses habitants, de ses couleurs et de sa joie de vivre! C’est une impression qui nous a été donnée dès le passage de l’immigration tant le douanier qui nous a tamponné notre passeport était sympa et jovial! Nous espérons que le reste du pays nous apportera autant de joie que ces deux premiers jours à Cali! Nous sommes en tout cas motivés et gonflés à bloc pour découvrir ce pays qui a déjà l’air merveilleux!

Notre petite exploration du nord de la Castille : Medina del Campo et Zamora

Puisque nous avions déjà subi sept longues heures de bus jusqu’à Salamanca, nous nous sommes dit que nous allions en profiter d’être dans la région pour aller explorer ce qu’il y a pas trop loin dans les alentours.

Medina del Campo

Depuis Salamanca, le moyen de transport le plus rapide est le plus pratique est le train. Il faut prendre celui qui va en direction de Valladolid et en un peu plus de trente minutes, il vous emmène à Medina del Campo. La gare est un peu excentrée et donne l’impression d’être au milieu de nulle part mais il suffit juste d’un bon quart d’heure à pied pour rejoindre le centre ville.

Castillo de la Mota

Une fois n’est pas coutume, nous commençons notre visite par le château! C’est parce que, contrairement à la plupart des villes d’Espagne, le château de la Mota ne se trouve pas sur un promontoire qui domine la ville. Il se trouve de l’autre côté du Rio Zapardiel par rapport au centre-ville, donc du même côté de la gare. Si vous arrivez à Medina del Campo par le rail, il suffit de prendre à droite à la sortie de la gare et, ensuite, de marcher une dizaine de minutes tout droit. Vous n’allez pas le louper, il va tout d’un coup, se dresser devant vous!

Ce château, construit aux XIVe et XVe siècles sur une ancienne forteresse du XIe siècle, a un style architectural typique de la région qu’on appelle communément « école de Valladolid » du nom de la province à laquelle appartient Medina del Campo. Il a toujours appartenu à la royauté espagnole jusqu’à l’avènement de la Première République Espagnole à la fin du XIXe siècle. Ce qui explique sûrement son très bel état de conservation Lors de son arrivée au pouvoir, le dictateur Franco en fit le quartier général de la section féminine de la Phalange, le parti unique de l’Espagne franquiste. Aujourd’hui, l’édifice appartient à la communauté de Castille-et-León et ses salles sont utilisées pour des cours ou des séminaires.

Il est possible d’accéder à quelques parties du château comme la cour extérieure, la cour intérieure et la petite chapelle que nous trouvons trop mignonne avec ses murs en brique. L’entrée est gratuite.

Le centre historique

Pour accéder au centre historique depuis le château, il vous faut revenir sur vos pas quelques centaines de mètres en direction de la gare et emprunter le passage sous voies. Tout est super bien indiqué!

Ne vous attendez pas à Versailles! C’est assez petit et il n’y a pas de grands monuments de ouf! Tout est fait de briques rouges comme c’est souvent le cas dans les alentours de Madrid. Même son histoire est un peu décevante par rapport à d’autres villes d’Espagne et malgré les sonorités méridionales du nom Medina, les Arabes ont, eux aussi, boudé le lieu. Les premiers à s’être vraiment intéressés au coin sont les Wisigoths et leur roi Leovigildo. Au Moyen-Age, on consentit à y construire un château, celui de la Mota, car la reine Leonor de Albuquerque, femme de Fernando Ier d’Aragon était de Medina del Campo. C’est à partir du XVIIe siècle que la ville se développa un peu grâce au commerce de la laine qu’on envoyait directement aux manufactures d’Anvers qui étaient super réputées à l’époque.

Plaza Mayor de la Hispanidad

Mais que sommes-nous venus faire dans ce coin perdu du nord de la Castille si c’est si décevant? Nous sommes juste venu voir la Plaza Mayor! Mais ce n’est pas n’importe quelle place puisque, avec ses 14’000 mètres carré, c’est la plus grande d’Espagne voire une des plus grandes d’Europe! A l’origine, elle n’était pas plus grande que les autres mais il y eut plusieurs incendies au XVe siècle, ce qui a fait de l’espace! Comme le commerce de la laine était florissant à l’époque, on laissa la place telle quelle pour en faire un des plus gros marché de la région. Avec toute cette place à disposition, on commença également a y organiser des ferias qui ont encore cours aujourd’hui!

Les abords de la place sont très bigarrés avec des bâtiments datant de toutes les époques : du Moyen-Age à la décennie hideuse des années 1970. On y trouve quand même l’Ayuntamiento, la collégiale San Antolín et la maison où la reine Isabel la Catholique a écrit son testament. C’est le principal endroit pour se restaurer dans le centre ville et il y a plein de bistrots avec des terrasses sympas pour combler notre estomac! Mais attention! Nous avons appris à nos dépends que la cuisine locale est bien plus roborative que dans le sud et que les portions sont deux fois plus grandes! Mais c’est compréhensible, les hivers y sont bien plus rigoureux que dans notre douce Andalousie!

En se promenant sur la place, nous avons aperçus au sol de petites plaques métalliques sculptées. Elles marquaient l’endroit où les différents corps de métier avaient le droit d’installer leur étal pendant les marchés.

Très franchement, Medina del Campo ne mérite pas franchement un détour lors d’un voyage en Espagne. Nous sommes contents d’avoir vu la Plaza Mayor la plus grande du pays mais ça s’arrête là. Il y a tellement d’autres lieux bien plus pittoresques à y découvrir!

Zamora

Puisque nous étions déjà dans le nord, autant pousser le vice encore plus loin! Zamora se trouve à une soixantaine de kilomètres au nord de Salamanca, à la hauteur de la frontière nord du Portugal. Entre les deux villes, il n’y a pas trente-six solutions en termes de transports publics, c’est le bus. C’est la compagnie Zasa qui a le monopole avec un prix fixe de 6,25€ par trajet et puis c’est tout! Nous avons essayé par BlaBlaCar mais il n’y avait rien de disponible ce jour-là.

Avec notre tendance aux timings vraiment pourris, nous sommes arrivés à Zamora en pleine fête du fromage! Il y avait des stands avec d’horribles tentes blanches dans toute la ville. Et quand on dit toute la ville, c’est TOUTE la ville! Donc nous nous excusons pour le cadrage pourri de nos photos et ces horribles tentes blanches qui enlaidissent le coin.

Mis à part ça, la fête du fromage est un évènement vraiment sympa et toutes les régions d’Espagne, et parfois d’ailleurs, y étaient représentées. La province de Zamora peut se targuer d’avoir pas moins de huit sortes de fromages différents estampillés DOP (l’équivalent espagnol de l’AOP). La part belle de la manifestation était dédiée à la dégustation de fromage mais aussi de jambon et autres charcuteries car nous sommes en Castille et ici, tout est bon dans le cochon!

Le centre historique

On pourrait qualifier le centre historique de bipolaire. C’est un mélange assez surprenant d’architecture romane du X au XIIe siècle et d’architecture art-déco du XIXe siècle qui sont les deux périodes les plus florissantes de Zamora. La ville fut peuplée dès l’Age de Fer, non pas par les Ibères, mais par les Celtes. On sent que la Galice, terre celtique par excellence, n’est plus très loin! Les Romains en firent une petite étape sur la fameuse Via de la Plata. Quant aux Arabes, ils réussirent à prendre la ville mais y furent vite chassés par le roi Alfonso II de Asturias au IXe siècle déjà! Zamora connut son apogée entre les Xe et XIIIe siècles en devenant une ville très importante du royaume de León. Son emplacement stratégique sur une colline dominant le Rio Duero n’y était pas pour rien! C’est de cette période que nous vient toute l’architecture romane qu’on peut trouver un peu partout en ville. D’ailleurs Zamora tient officiellement le titre de capitale romane d’Espagne!

Plus les frontières du Royaume d’Espagne se déplaçait vers le sud avec la Reconquista, plus Zamora perdit de l’importance. La ville fut peu à peu abandonnée pour des villes plus stratégiques, plus méridionales. Elle ne bénéficia d’aucune retombée de la découverte de l’Amérique et du commerce du Nouveau Monde. Il faut attendre la fin du XIXe siècle, l’arrivée du chemin de fer en 1864 et une certaine industrialisation pour que Zamora renaisse un peu de ses cendres et connaisse un essor économique. Les maisons art-déco du centre historique témoignent de cette deuxième époque faste.

Street Art

En déambulant entre les stands de fromage dans le centre ville, nous sommes tombés sur plusieurs façades et murs décorés de jolies peintures murales style street art comme à Georgetown ou à Malacca. Nous avons découvert que ce genre d’art est super courant, non seulement en ville de Zamora, mais aussi dans les quartiers périphériques et même dans toute la province. Il y a même une « Ruta de las Murales », un itinéraire touristique qui permet d’aller admirer toutes ces œuvres d’art lors d’un road trip dans la région. Nous nous sommes contentés d’admirer celles du centre qui sont très jolies! Mention spéciale pour le quetzal (deuxième image ci-dessous), cet oiseau mythique, emblème du Guatemala, très difficilement observable mais que nous mourrons quand même d’envie de croiser une fois dans notre vie.

Le château

A l’instar de Medina del Campo, le château ne se trouve pas sur un promontoire rocheux qui domine la ville. Il se trouve à l’extrémité occidentale du centre historique et il domine le Rio Duero. Il fut construit au XIe siècle et servit de base de départ pour la Reconquista catholique contre les musulmans d’Al-Andalus. La forteresse extérieure ainsi que quelques tours sont plutôt bien conservées, ce qui n’est pas le cas de tout le reste.

Catedral del Salvador

Nous avons vraiment été maudits avec cette cathédrale. La façade sud est en pleine restauration et est couverte d’échafaudages recouverts d’une horrible bâche verte. Quant à la façade sud, elle est obstruée par tous les stands de fromage. Quand nous vous disions que la fête du fromage squattait TOUTE la ville! C’est dommage car elle a l’air vraiment superbe et c’est un des meilleurs témoignages d’architecture romane du XIIe siècle de cette ampleur en Espagne. En plus, sa situation sur l’esplanade qu’elle partage avec le château aurait dû nous donner un excellent angle de vue! Tant pis, vous reprendrez bien un morceau de Zamorano (fromage local) à la place?

Nous exagérons peut-être un peu avec la fête du fromage mais quelle n’a pas été notre surprise de voir quel stand se payait la meilleure place de la ville! Celle où nous aurions dû nous trouver pour prendre des belles photos de la cathédrale!

Rio Duero

Une fois n’est pas coutume, nous n’effectuons pas notre traditionnelle grimpette du jour mais une descente, qu’il faudra regrimper après quand même! Zamora surplombe le Rio Duero, plus connu en français sous le nom portugais Douro. C’est le fleuve qui traverse également la ville de Porto et dont ses rives, des deux côtés de la frontière, sont réputées pour ses vignobles. Nous nous sommes évidemment sacrifiés pour vérifier cette dernière information et nous devons reconnaître que les pinards locaux sont excellents!

Le joli pont de pierre qui traverse le fleuve date du XIIe siècle et faisait également partie de la fameuse Via de la Plata qui reliait Augusta Emerita (Mérida) à Austurica Augusta (Astorga). Avec notre sens du timing légendaire, nous avons trouvé le pont en travaux et n’avons pas pu y accéder pour observer le centre historique de Zamora dans ses remparts.

Aceñas de Olivares

Nous avons quand même fini par trouver quelque-chose qui ne soit pas en chantier, où la fête du fromage n’a pas installé ses quartiers et qui, en plus, est gratuit! Ces trois jolis petits moulins d’époque médiévale utilisaient la force de l’eau pour moudre le blé en farine. Ils ont été utilisés jusqu’au début du XXe siècle. Ils abritent aujourd’hui un petit musée qui explique leur fonctionnement et qui documente toute l’industrie de l’eau du Douro à travers l’histoire.

Nous avons mentionné plus haut le fait que nous prenons notre job d’explorateurs très au sérieux au point d’aller tester les produits locaux, principalement ceux qui sont fabriqués avec du raisin! En voici la preuve ci-dessous! Mais à Zamora, un verre de vin s’accompagne toujours d’un « pincho moruno »! En fait, c’est juste une brochette de porc. Mais il y a quand même une petite subtilité. A la commande, il faut savoir si vous voulez « uno que si » ou « uno que no », c’est-à-dire piquant ou pas. Si vous êtes amateurs de curry thai, ne vous emballez pas! La « que si » est juste saupoudrée d’un peu de pimiento de la vera, le paprika local. Donc ça n’arrache pas mais ça se laisse facilement déguster!

C’est sur cette petite note gastronomique que s’achève notre petite découverte de Castille-et-León. Nos estomacs commencent à réclamer des plats plus légers avec plein de légumes!

Sur les trois villes que nous avons visitées, c’est indubitablement Salamanca la plus belle mais notre coup de cœur aura été pour Zamora. Certes, l’ambiance de la fête du fromage y a sûrement contribué mais nous y trouvons quand même une petite douceur de vivre assez sympa à laquelle nous avons été particulièrement sensibles.

Salamanca, la plus vieille ville étudiante d’Espagne

Après un superbe été passé dans notre belle andalouse et sur les plages de Cádiz, il est temps pour nous d’effectuer notre rentrée et de partir à la découverte d’autres coins de notre beau pays.

Notre curiosité nous a poussés, une fois n’est pas coutume, tout droit en direction du nord dans la communauté autonome de Castille-et-León, une région qui était totalement méconnue pour Van. Le choix de Salamanca ne s’est pas fait au hasard, la ville est reconnue pour son université et son patrimoine architectural médiéval intéressant.

Nous avons choisi le bus pour nous y rendre. Ça nous paraissait logique vu que depuis Séville, l’autoroute va tout droit en direction du nord en empruntant le tracé de l’ancienne voie romaine « Via de la Plata ». Ce que nous n’avions pas prévu, c’est que le bus en question dessert tous les petits bleds d’Estrémadure! Nous n’avons rien contre l’Estrémadure, au contraire, c’est notre deuxième région d’Espagne préférée après l’Andalousie, mais là, nous aurions quand même préféré avancer un peu plus vite! Bref, la prochaine fois nous prendrons le train même s’il faut passer par Madrid et y changer de gare.

Mais nous n’allons pas nous décourager à cause d’un trop long trajet de bus et nous sommes toujours motivés à aller découvrir cette nouvelle ville.

Le centre historique

Salamanca possède une histoire très riche et a été habitée par les Ibères dès le premier millénaire avant notre ère. Elle a été conquise par le carthaginois Hanibal avant d’être prise par les Romains qui l’ont intégrée à leur province de Lusitania avec le Portugal et la Galice. D’ailleurs, la frontière portugaise est à une petite centaine de kilomètres de là à la hauteur de Porto à peu près et les habitants ont déjà, dans leur accent, une façon de bien appuyer les « S » presque comme des « ch » qui nous rappelle les sonorités lusophones de nos voisins.

Ensuite Salamanca fut prise par les Alains, un peuple barbare venu de Perse qui conquit toute la Lusitanie après la chute de l’empire romain. Mais l’endroit ne les intéressa pas, pas plus qu’aux Wisigoths venus après eux. Salamanca fut peu à peu abandonnée à son triste sort. Les Arabes sont passés par là également mais ne montrèrent pas plus d’enthousiasme que leurs prédécesseurs. De toute façon, ces derniers ne restèrent pas longtemps dans le coin puisque la Reconquista eut lieu en 939 déjà. Là, les choses commencèrent à changer et la ville se repeupla gentiment et Salamanca devint rapidement une des villes les plus importantes du royaume de León.

Le centre historique date en partie de cette époque avec ses petites ruelles et ses maisonnettes datant du Haut-Moyen-Age. Le tout est bien concentré dans ce qui reste des remparts, bien conservé et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est un peu la Córdoba du Nord. C’est une architecture qui n’existe pas dans le sud puisqu’à cette période, la région était conquise par les musulmans qui nous ont laissé leur superbe architecture mudéjar. C’était d’ailleurs le but de notre virée de voir une architecture et une histoire différente de celle que nous voyons tous les jours.

Plaza Mayor

Nous devons avouer qu’elle nous a un peu laissés sur notre faim cette Plaza Mayor. C’est vrai, qu’à notre passage la feria locale était en train de se préparer et une énorme scène était en train d’être montée au centre de la place. Oui, malgré la pause estivale, nous sommes toujours les rois des timings chelous! Ça ne nous a pas aidés à apprécier la place à sa juste valeur. Mais ce n’est pas la principale raison de notre petite déception. Certes, la place est objectivement vraiment jolie avec son style baroque du XVIIIe siècle et ses arcades mais nous la trouvons trop carrée, trop uniforme. Elle a été commandée telle quelle à un architecte local et n’a pas été bordée de bâtiments bâtis à l’arrache au fil des siècles. Ceci explique sûrement cela. Nous préférons les places un peu plus biscornues et WTF comme à Cáceres.

Nous ne pouvons pas mettre non plus cette petite déception sur le compte de notre chauvinisme andalou puisque le concept de Plaza Mayor est typiquement castillan et n’existe pas en Andalousie. Même si en vrai notre Plaza de España reste la plus belle, on est d’accord!

La Casa de las Conchas

En français, elle s’appelle la maison des coquillages et on peut aisément comprendre pourquoi! Ses façades sont recouvertes de plus de trois cents coquilles Saint-Jacques. A part cette fantaisie décorative, le bâtiment est un édifice médiéval typique de style gothique tardif qui a été construit entre 1493 et 1517 pour une noble famille locale. On ne sait pas vraiment pourquoi ces coquillages ont été choisis pour orner la façade mais il y a deux légendes, plus ou moins plausibles, qui circulent en ville à ce sujet. La première est que la famille qui fit construire la maison appartenait à l’ordre de Santiago (Saint-Jacques), un ordre religieux et militaire du royaume de León qui avait pour mission de protéger les pèlerins des chemins de Compostelle mais aussi d’expulser les non-catholiques de la péninsule ibérique et dont l’emblème était la coquille Saint-Jacques. L’autre légende, plus romantique, raconte que le fils du propriétaire de la maison fit poser ces décos par amour pour sa femme dont les armoiries de sa famille contenaient des coquillages. Aujourd’hui, l’édifice appartient à la municipalité de Salamanca et abrite une bibliothèque. Il y a pire comme endroit pour s’adonner au plaisir de la lecture!

La Clerencia

Juste en face de la Casa de las Conchas, se dresse la Clerencia et sa magnifique façade baroque! Construite au XVIIe siècle, elle abritait le collège de la Compagnie de Jésus (les Jésuites). Aujourd’hui, elle abrite l’université pontificale de Salamanca, une université catholique privée. Malheureusement, la Clerencia et la Casa de las Conchas se font face dans une ruelle très étroite et il est difficile d’observer les deux édifices à leur juste valeur. (voir notre première photo de la galerie ci-dessus pour vous faire idée de la proximité des bâtiments)

Les cathédrales

Salamanca possède deux cathédrales une vieille (vieja) et une nouvelle (nueva). Bon, il est très difficile de les différencier parce que la nouvelle à été, en partie, construite sur l’ancienne après que cette dernière ait été bien endommagée par le tremblement de terre de Lisbonne en 1755. En gros, la partie arrière de style roman est la « catedral vieja » qui date du XIe siècle, et le reste, plus grand de style gothico-Renaissance qui date des XVIIe et XVIIIe siècles, est la « catedral nueva ». L’ensemble est vraiment joli avec ses différents styles architecturaux et comme tout a été bâti sur une petite esplanade, on le voit de loin. Ce qui fait un très bon repère quand on se perd dans le dédale de ruelles du centre historique.

L’université

Non, nous ne sommes pas venus à Salamanca reprendre nos études car nous avons un projet encore plus fou que celui d’apprendre de nouvelles choses pour le mois d’octobre! Si nous vous en parlons c’est parce que, déjà, les différentes facultés de la ville se trouvent dans des édifices historiques vraiment remarquables. Ensuite, Salamanca peut se targuer d’avoir la plus vieille université d’Espagne et la deuxième d’Europe après Bologne, en Italie. Elle a été fondée en 1218. Oui, ils sont studieux les gens du sud! Enfin, l’université a reçu de prestigieux élèves comme le navigateur Hernan Cortés ou l’écrivain Miguel de Cervantes, le Molière espagnol. Christophe Colomb y est même venu préparer une partie de son expédition qui le mena à la découverte de l’Amérique. Paradoxalement, c’est également à l’intérieur de ces murs qu’ont été discutés la mise en place de droits pour les indigènes du Nouveau Monde. On y a également accueilli la première femme étudiante du monde, Beatriz Galindo qui était une dame de compagnie de la reine Isabel et on y a crée la première grammaire du castillan en 1492. Rien que ça!

Aujourd’hui, l’université de Salamanca reste très prisée des étudiants locaux et internationaux et la municipalité en tire la plupart de ses revenus. L’ambiance en ville est d’ailleurs très cool, très jeune et très dynamique. Nous avions un peu peur, avant de venir dans le nord, de retrouver l’ambiance de Zaragoza très froide. Heureusement, ça n’a pas du tout été le cas. Certes, les gens n’ont pas l’exagération des Andalous mais ils restent ouverts et très sympas!

Les archives de la Guerre Civile

Nous y sommes rentrés pour nous protéger du froid. Oui, vous avez bien lu, du froid! Le matin de notre départ, il y avait un vent glacial à décorner des bœufs et c’était beaucoup trop tôt pour aller boire l’apéro. Donc nous avons été nous abreuver d’histoire plutôt que de pinard local, très bon soit dit en passant! Nous n’y avons pas pris de photo à l’intérieur, même si c’est autorisé, car les documents de propagande de l’époque que nous y avons trouvés sont super nauséabonds et nous savons que la population espagnole est encore très mal à l’aise avec cette partie de son histoire. Mais ça reste très intéressant même si nous avons été hallucinés par certains écrits de l’époque, de la part des deux camps.

Il y a une partie dédiée à la loge maçonnique de Salamanca qui, comme toutes les sociétés de francs-maçons, a été persécutée par le régime de Franco.

L’entrée est gratuite et il y a des visites guidées à certaines heures. Malheureusement pour nous, elle étaient complètes ce jour-là. Mieux vaut s’y inscrire à l’avance.

Le pont romain

Il faut sortir de l’enceinte de la vieille ville pour observer le seul vestige romain encore visible à Salamanca. Ce magnifique pont date du Ier siècle mais a dû subir plusieurs campagnes de restauration au cours des siècles à cause des crues du Rio Tormes, la rivière qui traverse Salamanca. C’était un important passage de la Via de la Plata, une voie romaine d’Hispanie occidentale reliant Augusta Emerita (Mérida) à Austurica Augusta (Astorga) et qui est aujourd’hui un des itinéraires des chemins de Compostelle. La plus-value de ce pont c’est qu’il donne une vue incroyable sur les cathédrales qui dominent la ville.

Nous avons bien fait de nous bouger à 460 kilomètres au nord de notre belle Séville et de subir un interminable trajet en bus ainsi qu’un vent glacial du nord! Salamanca est vraiment une très belle ville avec un patrimoine historique incroyable. Nous vous recommandons plutôt d’y accéder par Madrid à environ deux heures de bus ou de train. L’Espagne n’a pas que des plages et des bars à tapas à offrir mais aussi ce genre de petites villes où il fait bon d’y passer quelques jours.

Visite de la cathédrale Santa Maria de la Sede de Sevilla et de sa Giralda

Ça fait des mois, voire plus, que nous vous promettons un article sur notre belle ville Séville. Désolés si nous vous avons donné de faux espoirs, mais c’est encore « Work in progress » et ça ne sera pas pour cette fois encore. Rassurez-vous, l’article est en cours d’écriture et il avance, à la sévillane certes, mais il avance quand même. Nous nous sommes juste rendus compte que nous avons tellement de choses à dire sur notre ville que nous n’allons pas pouvoir le faire en une seule fois, ce serait beaucoup trop long et indigeste. Alors nous allons scinder et vous proposer plusieurs articles sur des sujets précis de Séville. Aujourd’hui, nous allons vous emmener en visite dans notre belle cathédrale.

NB : n’hésitez pas à nous dire si vous aimez cette façon de faire ou si vous préférez n’avoir qu’un seul gros article à lire en une fois!

La cathédrale

La cathédrale se trouve en plein cœur du centre historique de Séville juste à côté de l’alcazar. Sa Giralda se voit de loin et le bâtiment est tellement énorme qu’il est impossible de le louper même en ayant abusé de la manzanilla! Non, à Séville une manzanilla (camomille en français) n’est pas une infusion mais un vin blanc local sec mais quand même un peu licoreux très prisé des locaux même si en vrai il vient de Sanlúcar de Barrameda, 90 kilomètres plus au sud, à l’embouchure du Guadalquivir, le fleuve qui traverse notre ville.

Mais revenons à nos moutons ou plutôt à notre cathédrale! De toute façon, il ne faut pas abuser de la manzanilla surtout par les chaleurs estivales sous peine de se retrouver avec un mal de tête carabiné! (C’est du vécu!) Et l’abus d’alcool est dangereux pour la santé!

Ce monstre gothique qui s’étend sur plus de 11’500 mètres carré est la plus grande cathédrale d’Espagne, la deuxième plus grande cathédrale gothique du monde après Milan mais juste à quelques mètres carrés près ainsi qu’une des plus grandes du monde chrétien en général. Oui, on se la pète un peu avec notre cathédrale, mais elle en jette vraiment, n’est-ce pas? Sa construction commença à la fin du XIVe siècle et dura plus d’un siècle. On remarque d’ailleurs bien les évolutions architecturales entre le gothique, le style Renaissance et le baroque. A cet emplacement, il y avait la mosquée principale d’ Ishbiliya, le petit nom de Séville durant le califat almohade, c’est-à-dire, l’époque musulmane. Il en subsiste aujourd’hui la Giralda, le campanile de style mudéjar qui en était le minaret. C’est une tour de 104 mètres de haut, le plus haut clocher du pays, qui a été construite sur le modèle de la mosquée Koutoubia de Marrakech. Ayant été à Marrakech, nous confirmons la ressemblance troublante! Un clocher de style Renaissance a été rajouté au XVIe siècle lors de la conversion de la mosquée en cathédrale.

Notre cathédrale est tellement ouf qu’elle a été inscrite, avec l’alcazar et les archives des Indes, au patrimoine mondial de l’UNESCO!

Notre Giralda a également servi de modèle à la tour Hassan de Rabat. Bon, cette dernière n’a jamais été achevée mais il faut reconnaître qu’il y a un air de ressemblance, ne trouvez-vous pas?

A gauche, notre Giralda sévillane, à droite, la tour Hassan de Rabat.

L’intérieur

Nous avons usé plusieurs fois de nos passe-droits de résidents pour visiter l’intérieur de la cathédrale gratuitement. L’entrée pour les touristes coûte douze euros et nous vous conseillons de prendre vos billets à l’avance sur internet afin de ne pas devoir faire la queue, souvent en plein cagnard, pour accéder à l’intérieur du monument.

Si vous pensez trouver des traces de l’ancienne mosquée, passez votre chemin et allez plutôt visiter la mezquita de Córdoba, qui elle a gardé son architecture mudéjare magnifique. Ici à Séville, c’est du gothique, puis du baroque sur chaque centimètre carré de la cathédrale. Dans la nef principale, il n’y a plus aucun vestige architectural de l’époque musulmane.

La nef centrale est énorme. Elle n’a pas la forme d’abside comme une cathédrale gothique traditionnelle mais plutôt d’un énorme carré. Rappelons-nous, nous sommes dans un ancienne mosquée même si ça ne se voit plus trop, d’où cette forme un peu particulière. La hauteur est impressionnante et le plafond possède les voutes typiques de l’architecture gothique.

Capilla Mayor

La grande chapelle se trouve au centre de la nef centrale et est reconnaissable grâce à son énorme retable doré. Cette magnifique œuvre d’art commencée en 1481 mesure vingt-six mètres de haut, dix-huit mètres de large et cinq mètres de profondeur et serait le plus grand retable de toute la chrétienté. Sa superficie atteindrait les quatre cents mètres carrés et il a fallu plus de 80 ans pour terminer les travaux. Oui, elle se la pète vraiment cette cathédrale! L’accès à la chapelle en elle-même n’est pas possible mais il vaut quand même la peine de s’en approcher le plus possible afin d’admirer tous les détails architecturaux incroyables.

Le choeur

En face de la grande chapelle, se trouve le choeur qui est tout aussi impressionnant. La structure en bois date de 1523 et possède un style déjà plus Renaissance. Quant à l’orgue, il date de 1901 en remplacement de l’ancien qui s’était effondré quelques années auparavant mais le meuble en bois dans lequel il est encastré date de 1724.

Les chapelles latérales

Comme toute cathédrale digne de ce nom, celle de Séville possède une multitude de chapelles latérales toutes plus belles les unes que les autres. Certaines possèdent même des tombeaux de certains monarques espagnols ou de célèbres hommes d’églises. Il y a de nombreux tableaux magnifiques de la Renaissance, parfois de la part de parfaits inconnus, mais plus généralement d’illustres peintres flamands, espagnols comme Francisco de Goya de Zaragoza ou encore plus locaux comme Murillo, notre Michel-Ange local. Pour des vrais amateurs d’art, les tableaux des chapelles doivent être exceptionnels mais nous devons reconnaître que n’avons pas (encore) été sensibilisés à la peinture et que nous sommes très incultes en la matière. Nous sommes juste capables de dire si nous trouvons un tableau joli ou non.

Les sacristies et le trésor

Après avoir traversé un patio qui pourrait nous rappeler la mosquée, on délaisse complètement le gothique pour nous retrouver dans des salles cent pour cent baroques. C’est là qu’est exposé le trésor composé d’innombrables pièces en or et en argent finement sculptées. Ces objets sont magnifiques mais il ne faut pas oublier qu’on les doit quand même au pillage d’or dans les colonies. Séville était la première à se servir puisque c’était le port d’arrivée des navires arrivant depuis le Nouveau-Monde. A ce titre, elle possède donc un des plus beau et plus riche trésor d’Espagne.

Le tombeau de Christophe Colomb

Certes, Christophe Colomb était génois mais il a surtout travaillé pour le Royaume d’Espagne tout au long de sa vie. L’explorateur est mort en 1502 mais ce tombeau ne date que de 1899. Il a d’abord été enterré à Valladolid, une petite ville au nord-ouest de Madrid, qui est le lieu de son décès. Puis, son corps a été transféré une première fois à Séville, puis à Santo Domingo, puis à La Havane. Après l’indépendance de Cuba, les Cubains consentirent à restituer les restes de Christophe Colomb à l’Espagne. Le choix de la cathédrale de Séville se fit assez facilement : la ville étant un avant poste important du Nouveau Monde du temps de l’empire espagnol, il était logique que celui qui l’a découvert soit enterré ici.

Patio de los naranjos

Ce patio est le plus grand espace qui nous reste de l’ancienne mosquée. Nous devons avouer qu’il nous a un peu déçus. C’est vrai que l’intérieur de la cathédrale est tellement grandiose que ce patio fait un peu pâle figure avec sa petite fontaine et son alignée d’orangers. C’est un peu dommage car c’est de là qu’on sort de l’édifice, du coup on laisse le plus décevant pour la fin.

La Giralda

Bon, nous, nous avons un peu triché dans l’ordre de la visite et avons gardé le meilleur de la cathédrale pour la fin : la grimpette sur la Giralda! Nous sommes ici sur le minaret de l’ancienne mosquée qui date du XIIe siècle et qui possède encore quelques vestiges d’architecture mudejar. Par contre, au sommet, c’est un vrai clocher catholique qui nous attend et qui a été rajouté au XVIe siècle. La montée en rampe et en pente douce qui existe encore aujourd’hui est d’époque musulmane et a été conçue pour pouvoir accéder au sommet avec des chevaux.

La vue

Le clou du spectacle reste la vue que nous avons sur la ville et sur le toit de la cathédrale depuis le sommet! Les détails gothiques du sommet du bâtiment sont juste incroyables! Avec le soleil écrasant de l’été et les façades blanchies à la chaux, nous nous imaginons sans peine dans une ville nord-africaine. Seules les coupoles et les clochers des églises nous rappellent que nous sommes en terres catholiques. Voir notre ville d’en haut nous a donné une belle piqûre de rappel sur la chance que nous avons de vivre dans magnifique endroit comme celui-ci.

Malgré son gigantisme, la cathédrale n’est qu’une toute petite partie de tout ce qu’il y a à voir à Séville. Même si nous y passons devant plusieurs fois par semaine, nous sommes toujours impressionnés par ce monstre qui trône fièrement en plein centre historique et encore plus chaque fois que nous pénétrons à l’intérieur et que nous découvrons les œuvres d’art incroyables. A chaque visite, nous découvrons des nouveaux détails.

Nous espérons que cette première petite mise en bouche vous aura donné envie d’en découvrir un peu plus sur notre magnifique ville. Nous allons essayer de ne pas trop tarder avant de publier d’autres articles sur la ville. Mais ce n’est pas évident. Déjà, nous sommes conscients de manquer cruellement d’objectivité. Ensuite, nous avons trop de choses à dire pour que ça reste cohérent et facile à lire. Enfin, à force de connaître la ville, nous commençons à devenir un peu perfectionnistes sur ce que nous voulons vous raconter. Mais promis, nous allons essayer de faire un travail sur nous et vous livrer très bientôt d’autres aventures sévillanes!

Almería et le Cabo de Gata

Malgré tous ces mois passés en Andalousie, il nous restait une province dans laquelle nous n’avions encore jamais mis les pieds. Cette province, c’est Almería, située à l’extrême sud-est de la région. Nous avons profité de prendre quelques jours dans la douceur du mois de juin pour aller réparer cet « oubli » et découvrir ce nouvel endroit.

Si nous n’y avons pas été plus tôt, c’est parce-que le coin est un peu isolé et assez loin. Entre Séville et Almería, il y a 415 kilomètres! C’est presque l’équivalent d’un Paris-Lyon! Autant vous dire qu’on n’y fait pas un petit aller-retour vite fait! On ne s’en rend pas forcément compte du premier coup mais l’Andalousie est énorme, très montagneuse et les distances très longues. Ce n’est qu’une région espagnole mais elle est plus étendue que certains pays comme l’Autriche ou la Tchéquie!

Le point faible de la province d’Almería, c’est son isolement. C’est un peu un cul de sac et elle ne se trouve pas du tout sur les voies de communication principales de l’Espagne. Les deux villes qui desservent le mieux Almería avec le bus sont Málaga par la côte ou Granada par l’autoroute qui traverse le désert de Tabernas. Depuis Séville, c’est la deuxième option la plus directe. Nous avons donc traversé Tabernas qui peut se targuer d’être le seul désert d’Europe. Les paysages sont superbes et ont été le lieu de nombreux tournages, notamment de westerns spaghettis, dans les années 1960-1970. Parmi les grands films qui y ont été tournés, on peut citer Lawrence d’Arabie, Cléopâtre ou encore Indiana Jones. Aujourd’hui, l’âge d’or de Tabernas a un peu passé mais quelques films récents y ont quand même été tournés comme Assassin’s Creed ou encore le dernier Terminator. Les studios de cinéma se visitent évidemment mais ce sera pour une autre fois en ce qui nous concerne. Le climat de l’Andalousie étant presque infernal à la belle saison, nous gardons cette virée pour un prochain hiver.

Après avoir traversé le désert de Tabernas, nous avons pris la résolution de ne plus jamais nous plaindre que Séville est un désert! Oui, ça nous arrive les mauvais jours! Certes, avec son air sec, ses étés torrides et ses nuits d’hivers glaciales, la plaine du Guadalquivir est officiellement classée en climat semi-désertique. Pourtant, nous avons quand même quelques précipitations en hiver, même si pas assez, de la végétation, des prairies verdoyantes au printemps et parfois un air atlantique plus humide! Rien à voir avec les paysages désolés et les cactus des environs d’Almería.

Almería

Nous allons être francs, Almería n’est pas vraiment ce qu’on pourrait qualifier de jolie ville. Bon, il faut reconnaître qu’en Andalousie on place la barre très haut sur ce sujet. D’ailleurs, nous n’avons pas trouvé Almería très andalouse, elle ressemble plutôt à Alicante avec ses alentours arides, sa forteresse dominant la ville et son ouverture sur la Méditerranée. Elle a juste, à notre avis, un petit air nord-africain en plus.

Almería a été fondée par les Arabes à la fin du Xe siècle et devint même le port le plus important de tout le califat de Cordoue. Elle connut bien entendu la Reconquista et fut incorporée à la couronne de Castille en 1489. Et là, tout est parti en vrille! Entre les tremblements de terre, la peste et les attaques incessantes des pirates, Almería connut une vraie descente aux enfers. Cette disgrâce prit fin à la toute fin du XIXe siècle avec l’essor de l’industrie de l’extraction minière ainsi qu’avec les exportation du raisin de Ohanes, une variété locale. Aujourd’hui, Almería est tristement connue pour ses « océans de plastique », des kilomètres carrés de serres où sont cultivés intensivement fruits et légumes pour être exportés, hors saison, en Europe du Nord.

Ce qui reste du centre historique ce sont plutôt les constructions dues au regain économique du XIXe siècle avec de grands bâtiments d’architecture néoclassique.

Plaza Vieja

Cette place ne se trouve pas facilement. Comme à Guadix, on y accède par un petit passage un peu dérobé entre deux bâtiments. Cette place date du XIXe siècle et a été fondée sur l’emplacement de l’ancien souk de la période musulmane. Malgré sa construction tardive, la place possède de jolis cabildos, ces fameux bâtiments à arcades typiquement andalous qu’on retrouve beaucoup dans les villes coloniales d’Amérique Latine. On y trouve notamment l’Ayuntamiento (la mairie) ou encore le monument aux martyrs de la liberté. Ce dernier est une superbe colonne de marbre de dix-sept mètres de haut. Elle a été érigée en 1868 en l’honneur de quelques combattants qui ont lutté contre le pouvoir despotique du roi Fernando VII avant d’être fusillés. Ce monument a été détruit par le dictateur Franco avant d’être reconstruit en 1988 sous la pression populaire.

Catedral de la Encarnación

Ce n’est pas une cathédrale mais plutôt un gros bloc de pierre posé au milieu de la ville! C’était une d’ailleurs une cathédrale-forteresse, la seule d’Espagne, construite au XVIe siècle dans un style gothique tardif très épuré. A part quelques fioritures baroques rajoutées par après, le tout est très sobre et surtout très massif. Nous ne la trouvons pas très jolie en fait mais depuis que nous habitons dans une ville qui possède une des plus belles cathédrales du monde, nous sommes devenus très pénibles en la matière. Ce que nous trouvons sympa par contre, ce sont les palmiers sur la place qui donnent un côté très « sud profond » au lieu.

Cable Inglés

Encore un héritage de l’âge d’or de l’industrie minière d’Almería! C’est un ancien pont ferroviaire datant de 1904 qui reliait la gare d’Almería au port afin de transporter le fer extrait des mines des montagnes alentours pour le charger facilement sur des bateaux afin de l’exporter dans toute l’Europe. Mais pourquoi l’appeler Ingles (anglais)? Tout simplement parce que les concessions minières de la région appartenaient aux Britanniques. C’est presque le même qu’à Huelva sauf qu’ici on ne peut pas s’y promener dessus et encore moins l’utiliser comme plongeoir!

L’Alcazaba

Ah il nous reste quand même quelque-chose de la période arabe! Cette superbe alcazaba surplombe la ville d’Almería juste de quelques mètres, la grimpette n’est pas trop pénible. Malheureusement pour nous, Madame s’offre une grosse cure de jouvence et est à moitié couverte d’échafaudages. Le chantier bat son plein, beaucoup d’ouvriers s’activent et de grosses grues travaillent à la restauration de cette gigantesque forteresse. Rassurez-vous, on peut quand même accéder à l’intérieur des murailles. C’est même gratuit si vous êtes ressortissants de l’Union Européenne.

Cette alcazaba est une des plus importantes de la péninsule ibérique et comptabilise plus de 1430 mètres de remparts. Elle n’est surpassée que par Badajoz qui, elle, possède la plus grande alcazaba d’Europe. Elle a été construite au IXe siècle avant la fondation de la ville afin de défendre le califat de Cordoue contre les attaques normandes.

La première cour intérieure

Aucun doute, l’ambiance arabe transpire par tous les pores de cette première cour. On y trouve des aljibes (un système de citernes typiquement arabe afin d’assurer l’alimentation du complexe en eau), une reconstitution d’une maison arabe, des portes en forme de serrures, des bains ainsi que des jardins, sortes de mini Generalife, en moins pittoresques bien sûr! Il y a des parcelles de jardins qui paraissent plus proprettes, plus modernes un peu à la française. C’est normal, ça a été aménagé récemment afin de camoufler le bordel engendré par les différentes fouilles archéologiques. C’est plutôt bien fait et ça ne dénature encore pas trop l’endroit.

La cour supérieure

Là, pas de doute, nous sommes passé du côté catholique de la force! Après la prise d’Almería, les rois catholiques commencèrent la construction du château sur l’alcazaba déjà existante afin de répondre au mieux aux besoins de l’époque en matière d’artillerie. Adieu les jolis jardins, ici, tout est fonctionnel : tour de garde, salle des canons, meurtrières, etc. On est dans un vrai château-fort médiéval comme on en trouve beaucoup en Europe Occidentale et dans les films de capes et d’épées. C’est la première partie de la forteresse à avoir été restaurée, nous ne sommes donc pas « dérangés » par le chantier.

Evidemment, la cour supérieure de l’alcazaba nous offre une superbe vue sur Almería. Les montagnes en arrière plan dans la brume appartiennent au Cabo de Gata. Les alentours arides nous rappellent le Maroc et renforcent l’ambiance africaine de la ville.

D’ailleurs en parlant d’Afrique, vous voulez une anecdote? Saviez-vous qu’officiellement Almería est à cheval sur deux continents? Certes, ce n’est pas aussi évident et fou qu’à Istanbul mais ça n’en reste pas moins vrai. Il y a, au large des côtes marocaines près de la ville de Nador, un petit îlot volcanique appelé « Isla de Alborán » qui appartient à la ville d’Almería. Quand nous pensions avoir déjà débarqué en Afrique, nous n’avions pas si tort finalement.

Cerro San Cristóbal

C’est un petit promontoire rocheux en face de celui de l’alcazaba ou on peut encore observer les remparts entourant la ville à l’époque musulmane. La grimpette n’est pas très difficile mais tout est également en chantier par ici, il y a beaucoup de caillasse et de poussière. De là, il y a une superbe vue sur l’alcazaba.

Sur notre première photo ci-dessus, il y a, à droite de la muraille, un monument du « Sacré-Cœur de Jésus » construite en marbre en 1928. Ce qui nous a hallucinés, c’est la ressemblance troublante avec l’ancienne chapelle copte sur la colline de West Bank à Assouan, sans la statue de Jésus dessus.

A gauche, le monument d’Almería, à droite celui d’Assouan.Troublant n’est-ce pas? Nous n’avons juste pas pu nous approcher plus près du monument à Almería pour cause de travaux.

Cabo de Gata

C’était le principal but de notre virée en Andalousie Orientale. Le cap se situe à une trentaine de kilomètres à l’est d’Almería. Depuis la station de bus de la ville, il suffit de prendre le bus pour le Cabo de Gata. Il faut juste bien faire attention aux horaires, surtout pour le retour car il n’y en a pas souvent. Le trajet dure une petite heure et longe la mer, c’est assez joli. Le terminus se trouve à l’entrée du petit hameau de la Fabriquilla où se trouve une jolie petite plage au sable un peu grossier mais aux eaux cristallines. Le paysage désertique, les eaux turquoises et les petites maisons aux couleurs pastels nous ont rappelé la mer Rouge en Egypte. Par contre, avec les courants venant du détroit de Gibraltar tout proche, l’eau reste très froide!

De là, il reste trois kilomètres pour arriver à la pointe du Cabo de Gata. Si vous êtes véhiculés, c’est facile, la route va jusqu’au bout. Sinon, il vous faudra faire travailler vos mollets! Il y a un petit chemin de l’autre côté de la glissière qui suit la route. Si vous ne voulez pas marcher dans la caillasse ou si vous avez peur du vide, vous pouvez aisément marcher sur la route, c’est assez large et il n’y a pas beaucoup de trafic.

Plus nous avançons, plus nous avons l’impression d’être de retour à Tenerife! Il y a d’impressionnantes montagnes arides d’origine volcanique qui se jettent directement dans la mer avec une pointe au bout sur lequel se dresse un phare. C’est un peu la Punta de Teno n’est-ce-pas? La seule différence c’est la mer! A Tenerife c’est un Atlantique généralement déchaîné qui vient s’éclater contre les falaises, tandis qu’ici, c’est une Méditerranée toute calme, mais presque aussi froide, que nous pouvons observer.

A gauche, le Cabo de Gata, à droite la Punta de Teno, là aussi la ressemblance est troublante!

Toute la zone fait partie du parc naturel du Cabo de Gata – Níjar qui couvre, sur presque 50’000 hectares, l’extrémité est de la côte méditerranéenne andalouse. Le parc compte le massif volcanique, quelques salines et une importante réserve marine. Sachant qu’une bonne partie de la province est couverte de ce qu’on appelle « l’océan de plastique », des hectares de serres où on y exploite des personnes précarisées pour envoyer toutes sortes de fruits et légumes au reste de l’Europe et hors saison en plus, ça fait du bien de trouver cet espace naturel protégé et encore sauvage.

Le phare du Cabo de Gata

A l’époque romaine, le Cabo de Gata était appelé Cap de Vénus en hommage à leur déesse de l’amour. C’est mignon n’est-ce-pas? Le nom actuel provient de l’arabe « Al-Qabta » qui signifie tout simplement « le cap ». Il est dominé par le Cerro de la Testa culminant à 343 mètres d’altitude. Venant des Alpes, c’est une hauteur dérisoire, ça correspond grosso modo à l’altitude de Genève, mais quand ça se jette directement dans la mer, c’est déjà beaucoup plus impressionnant! La pointe du cap culmine, elle, déjà à cinquante mètres d’altitude et est surmontée d’un phare haut de dix-huit mètres qui a été mis en service en 1863.

Petit fun fact géographique : le Cabo de Gata est le point le plus au sud-est de toute la péninsule ibérique et sépare la mer d’Alborán (le petit nom donné à la mer entre le Cabo de Gata, le cap Fegalo près de la ville d’Oran, en Algérie et le détroit de Gibraltar) du reste de la Méditerranée. Nous qui sommes des férus de points géographiques nous étions évidemment aux anges

Nous avons beaucoup aimé notre petit séjour à Almería malgré une tempête de vent qui nous a un peu tapé sur le système. Nous avons été impressionnés par l’aridité des environs. Certes, nous connaissions l’existence du désert de Tabernas mais nous pensions que l’office du tourisme exagérait un peu pour se la péter et pour attirer les touristes. Mais non, c’est bien un vrai désert de roches sans aucune végétation! Du coup, il semblerait que le seul environnement naturel qui manque en Andalousie, c’est la jungle!

Même si la ville d’Almería en elle-même n’a rien de vraiment pittoresque les alentours sont assez intéressants, pas trop touristiques et les plages sont mille fois plus belles que sur la Costa del Sol!

Nos 10 incontournables en Amérique Centrale

Il y a bientôt une année que nous sommes rentrés de notre inoubliable périple en Amérique Centrale! C’est le moment de livrer notre liste très subjective des dix endroits qui y sont, de notre point de vue, incontournables. Certes, nous avons vraiment traîné avant de sortir cet article. La faute à une vie bien remplie. Mais pas seulement! Il a été difficile de nous mettre d’accord sur le choix de la liste parce qu’à nos yeux, toute l’Amérique Centrale est incontournable et qu’il nous a été très difficile de ne choisir que dix points. Le point positif c’est que ça nous a replongés dans nos souvenirs et que ça nous a fait (re)prendre conscience que nous avons vraiment effectué un voyage de ouf avec cette épopée!

Dans cette liste, nous avons délibérément omis le Mexique. Déjà, le pays se trouve, pour la majeure partie de son territoire, en Amérique du Nord. Ensuite, même si, géographiquement, le Chiapas et la péninsule du Yucatan se trouvent bien en Amérique Centrale, nous avons préféré nous concentrer sur les autres pays. Le Mexique est un pays tellement ouf et varié que nous pourrions faire un top 10 rien qu’avec la toute petite partie que nous avons visitée.

Cette liste n’est pas une vérité absolue, elle reflète juste nos ressentis et nos goûts personnels. L’ordre des points n’est pas vraiment à prendre en compte. Nous sommes incapables de dire quel endroit nous avons préféré à un autre.

Voilà, maintenant qu’une petite mise au point est faite, allons dans le vif du sujet : la liste!

#10 Tamarindo, péninsule de Nicoya, Costa Rica.

Il est vrai que c’est rarement Tamarindo qui ressort dans les meilleures destinations incontournables du Costa Rica. Et à raison! C’est une station balnéaire très touristique qui n’a pas volé son surnom de « Tamagringo » car c’est envahi de Nord-Américains. Pourtant, nous avons apprécié sa longue plage restée un peu sauvage, ses mangroves assez bien préservées et ses pierres volcaniques. Cerise sur le gâteau : comme Tamarindo se trouve sur la côte Pacifique, donc à l’ouest, nous avons eu droit à de magnifiques couchers de soleil

Pour découvrir la côte Pacifique du Costa Rica, c’est par ici

#9 Granada, Nicaragua

Nous avons aimé Granada pour plusieurs raisons. Déjà, c’est une superbe ville coloniale avec de jolies petites maisons colorées, une superbe cathédrale dont la façade jaune se voit de loin et une zone piétonne. Ensuite, elle se situe au bord du lac Cocibolca accessible à pied en un petit quart d’heure depuis le centre historique. Ce qui fait un petit coin de nature en ville. Enfin, à une petite vingtaine de kilomètres de là, il y a la petite ville de Masaya avec sa lagune, son parc naturel et ses volcans et c’est super joli!

Pour faire un petit tour vers ces merveilles du Nicaragua, c’est par ici!

#8 Ometepe, Nicaragua

Nous restons au Nicaragua et même vers le lac Cocibolca puisque nous vous emmenons sur l’île d’Ometepe sur ce fameux lac. Le temps s’y est arrêté et les activités consistent à chiller, boire des cafés, randonner dans la forêt ou grimper sur les deux volcans de l’île. Pour y accéder, il y a des ferries depuis la ville de Rivas. Nous avons pris l’option du ferry directement depuis Granada mais il faut viser juste car il ne navigue qu’une fois par semaine!

Pour découvrir le havre de paix qu’est Ometepe, c’est ici!

#7 Boquete, Panama

Nous n’avons pas eu de chance avec la météo lors de notre séjour à Boquete. Pourtant, ce petit village de montagne au nord-ouest du Panama nous a enchantés notamment pour l’environnement de forêt tropicale humide. Boquete est le point de départ pour des excursions dans les divers parcs nationaux de la région. C’est également le point de départ pour l’ascension du volcan Barú (3475 mètres d’altitude), le point culminant du Panama. Volcan que nous n’avons aperçu juste dix minutes avant notre départ, Monsieur passant son temps à se cacher derrière les nuages. Boquete est également la capitale panaméenne du café. Certes, c’est un peu surfait pour les touristes mais le café est très bon et il y a plein de petits troquets tout mignons où aller le déguster.

Nous n’avions pas publié d’article sur Boquete à cause de la météo trop pourrie, nous n’y avions pas fait grand chose à part travailler.

#6 Rio Celeste, Costa Rica

Il y a l’embarras du choix pour les parcs nationaux au Costa Rica et nous ne les avons de loin pas tous visités surtout par manque de budget. Parmi ceux que nous avons eu la chance de découvrir, le parc national du volcan Tenorio a notre préférence. Nous avons été fascinés par la végétation abondante de la superbe forêt tropicale humide et encore plus par le clou du spectacle : le rio Celeste. Une jolie légende raconte que quand il a peint le ciel, Dieu a lavé ses pinceaux dans le rio Celeste lui donnant ainsi cette superbe couleur bleu clair. C’était pourtant loin d’être gagné à la base! Vu la pluie qui est tombée pendant notre séjour, nous nous attendions à voir juste une couleur brune pas très jolie comme ça a été le cas pour de nombreux voyageurs qui nous ont précédés. Mais nous avons eu une bonne étoile ce jour là et, grâce à une petite éclaircie survenue au bon moment, nous avons pu apprécier la rivière avec son incroyable couleur!

Pour en prendre plein les yeux avec le Rio Celeste et autres merveilles de la nature, c’est ici!

#5 Panama City, Panama

En général, les capitales des pays d’Amérique Centrale sont plutôt à fuir. Elles sont moches et n’ont pas la réputation d’être très sûres. Panama City fait exception à la règle et malgré son côté grande ville, nous l’avons bien kiffée. Ses grands buildings, son climat tropical et sa proximité de l’océan lui donne un petit air de Miami. Il y a de quoi s’occuper pendant plusieurs jours à Panama City. Entre une promenade sur la Cinta Costera, la découverte du Casco Viejo, la vieille ville coloniale, se promener au bord du fameux Canal de Panama, aller boire un café dans des troquets trop sympas ou encore visiter le Biomuseo, il est impossible de s’y ennuyer!

Pour faire un petit tour en ville, c’est par ici!

#4 Antigua, Guatemala

Nous avons eu un véritable coup de cœur pour la ville d’Antigua! C’est un joyau de l’architecture coloniale entouré de volcans. Les façades colorées des maisons contrastent joliment avec les pavés des rues construites avec du basalte, cette fameuse pierre volcanique noire. Comme le Guatemala est un grand producteur de café, il y a plein d’endroits trop sympas pour aller le boire notamment dans les magnifiques patios des vieilles maisons construites par les Espagnols.

Une petite balade à Antigua? C’est par ici.

#3 Le café

Nous ne pouvions décemment pas ne pas le mettre celui-là! Nous en avons parlé dans presque tous nos articles d’Amérique Centrale! La région est un grand producteur de café. Nous avons bien été obligés de tester les produits locaux! Surtout qu’à part ça, et le rhum nicaraguayen, nos papilles gustatives n’ont pas vraiment été comblées durant ce voyage. Nous ne sommes pas vraiment dans un paradis gastronomique.

Chaque pays produit son propre café et franchement, il est bon partout. Les endroits les plus sympas pour le boire sont au Guatemala ou au Panama.

#2 Flores et les pyramides de Tikal, Petén, Guatemala

C’est la première région que nous avons visitée lors de notre arrivée au Guatemala et nous en sommes tout de suite tombés amoureux. La ville de Flores, bien que petite, est toute mignonne avec ses petites maisons colorées. Nous avons adoré l’ambiance plus chill de El Remate au bord du lac Petén Itza. Enfin, le clou du spectacle reste le site de Tikal! De magnifiques pyramides mayas dans une jungle luxuriante nous ont émerveillés! C’est tellement énorme et la forêt est tellement belle que nous n’avons pas eu le temps d’en faire le tour! Tikal reste un des plus beaux sites mayas que nous ayons visités!

Un petit tour à Flores? C’est par là. Pour les pyramides, c’est par ici!

#1 Bocas del Toro, Panama

Nous terminons ce classement avec un véritable paradis caribéen : l’archipel de Bocas del Toro, au nord-ouest du Panama. C’est un bon moyen de profiter d’une île paradisiaque des Caraïbes sans exploser le budget! L’ambiance y est déjà beaucoup plus créole que latino-américaine et même la cuisine a de nouvelles saveurs. Nous avons évidemment profité de la plage, surtout celle de Bocas del Drago qui est superbe! Nous avons également adoré les petites maisons sur pilotis de Bocas Town qui ont un charme fou!

Pour une petite évasion sur une île paradisiaque, c’est par ici!

Cette petite liste n’est évidemment pas exhaustive! Nous avons d’ailleurs eu beaucoup de peine à ne choisir que dix éléments! Nous espérons que vous aurez autant de plaisir que nous à vous replonger dans ces souvenirs et promis, nous essaierons de ne moins trainer pour publier notre prochain top 10!

Guadix, la petite Cappadoce andalouse

Quand nous avons décidé de nous installer en Andalousie, nous avons dû, à plusieurs reprises, effectuer le trajet en bus depuis Valence. A chaque fois, nous avons été subjugué par le paysage de formations rocheuses digne de l’Arizona que nous apercevions à une cinquantaine de kilomètres avant d’arriver à Granada. Nous nous sommes promis de nous y arrêter à une fois pour aller voir ça de plus près. L’occasion s’est finalement présentée par une belle journée printanière. Est-ce-que ça en a valu la peine? C’est ce que nous allons vous dévoiler dans cet article.

Depuis Granada, il y a deux façons de se rendre à Guadix, en train ou en bus. Nous vous conseillons fortement la deuxième option car c’est meilleur marché, il y en a beaucoup plus souvent et le bus s’arrête au centre-ville contrairement au train dont la gare se situe à une bonne vingtaine de minutes à pieds. A Granada, autant la gare ferroviaire que la station de bus sont excentrées mais elles sont toutes les deux bien desservies par le tram. Dans les deux cas, le trajet dure environ une heure mais le bus reste, à nos yeux, une bien meilleure option.

Centre historique

Le bus nous arrête en plein centre de la ville juste à côté de ruines archéologiques. Il s’agit du théâtre romain d’Acci (nom latin de Guadix) qui a été découvert fortuitement en 2007 lors de travaux de construction d’un parking qui, suite à ces découvertes, ne vit jamais le jour. Le théâtre daterait de l’an 25 de notre ère et aurait été construit sur le site d’un ancien oppidum ibère. Le site n’est pas dans un état de conservation terrible, ce n’est pas Italica, mais une partie du site aurait déjà été détruit dès le IIIe siècle et des matériaux auraient été utilisés pour la constructions d’édifices postérieurs. En plus, il resterait des mètres carrés d’excavations à faire pour en découvrir un peu plus mais avec l’imposante cathédrale qui trône juste en-dessus site, ça ne va pas trop le faire.

Après la chute de l’empire romain, la ville fut abandonnée à son triste sort jusqu’à l’arrivée des Omeyyades. Durant l’époque musulmane Guadix connut des moments de splendeur mais aussi de décadence à cause de diverses épidémies, des guerres civiles ainsi que de la sècheresse. Les premiers conquistadors catholiques arrivèrent en 1362 mais les Arabes résistèrent jusqu’en 1490 faisant de Guadix, et du royaume nazari de Granada, le tout dernier bastion musulman sur la péninsule ibérique. Malgré la Reconquista catholique, les populations de différentes confessions (juive et musulmane notamment) purent rester sur place malgré le décret de l’Alhambra signé en 1492 qui ne tolérait que le catholicisme comme religion. Mais, suite aux divers conflits religieux qui durèrent près d’un siècle, les non catholiques furent soit expulsés, soit convertis de force en 1570 par le roi Felipe II. Guadix souffrit ensuite des différents conflits qui eurent lieu sur la péninsule dont la Guerre de Succession d’Espagne et l’occupation napoléonienne. Elle connut un regain économique à la deuxième moitié du XIXe siècle grâce à l’industrie sucrière ainsi qu’à l’arrivée du chemin de fer.

Aujourd’hui, Guadix est une petite ville endormie au pied de la Sierra Nevada qui a un peu de peine à sortir de l’ombre de sa grande voisine Granada. Le centre historique est très bigarré et montre bien les différents styles architecturaux qui ont évolué à travers les siècles.

L’alcazaba

La ville de Guadix est dominée par une superbe alcazaba (forteresse arabe) datant du XIe siècle. Elle a été construite sur les restes d’une ancienne muraille romaine et servait à défendre la ville des différentes invasions notamment chrétiennes. Et ça a plutôt bien fonctionné puisque les Rois Catholiques ne réussirent à conquérir la ville qu’à la fin du XVe siècle! Elle a été légèrement modifiée par les troupes napoléoniennes au XIXe siècle mais conserve tout de même son style très arabisant. Nous n’avons pas pu y accéder car elle est en cours de restauration. C’est dommage car elle est superbe!

Catedral de la Encarnación

Malgré la riche et longue histoire musulmane de Guadix, la cathédrale ne fut pas érigée sur une ancienne mosquée car l’histoire catholique y est encore plus emblématique. En effet, Acci, la cité romaine de Guadix, serait la première ville d’Hispanie (la péninsule ibérique) à avoir été convertie au christianisme. Les rois catholiques avaient donc une bonne excuse tout trouvée pour construire un édifice digne de ce nom pour marquer le coup! Les travaux débutèrent en 1489 en pleine Renaissance espagnole et ça se voit au style architectural. Il fallut plus de deux siècles pour terminer les travaux mais les efforts n’ont pas été vains, cette cathédrale est magnifique et domine presque toute la ville.

La façade orientale de la cathédrale qui est également la façade principale est une magnifique œuvre d’art baroque datant du XVIIIe siècle et contraste avec le reste de l’édifice sans pour autant le dénaturer. Elle bénéficia d’une superbe restauration en 1992 car elle a souffert de dommages durant la Guerre Civile.

Plaza de la Constitución

C’est la place principale de Guadix et malgré son immensité, elle ne se trouve pas facilement. On y accède par un petit portique juste en face de la superbe façade baroque de la cathédrale d’où il est difficile d’imaginer la grandeur de la place qui s’y cache. A l’époque médiévale, les musulmans s’en servaient comme place du marché mais les bâtiments à arcades que nous voyons aujourd’hui datent du XVIe siècle en pleine Renaissance espagnole. On y trouve aujourd’hui l’ancienne prison, le palais de justice, l’office du tourisme ainsi que quelques petits bistrots avec des terrasses bien sympas.

Barrio de las cuevas

Il faut grimper en dessus du centre historique pour accéder à ce « quartier des grottes » mais pas de panique c’est super bien indiqué, c’est sur le trottoir ou des petites routes asphaltées et ça ne grimpe pas tant que ça! Il y a plus de deux mille maisons troglodytiques construites dans la roche constituée en partie d’argile qui fait office d’isolant naturel et qui maintient une température intérieure d’environ vingt degrés toute l’année. Avec le prix de l’électricité qui atteint des sommets en Espagne, c’est le bon plan! Pas besoin de chauffage pendant les froids mordants de l’hiver et pas besoin d’air conditionné pendant les grosses vagues de chaleurs estivales! Par contre, il ne faut pas aimer les grandes baies vitrées, c’est plutôt claustrophobique comme ambiance à l’intérieur!

Ces maisons sont habitées depuis l’époque mauresque même si la plupart d’entre elles datent des XVe et XVIe siècles. Elles sont encore habitées aujourd’hui même si elles servent souvent d’appartements touristiques via la plateforme Airbnb. Nous en avons même trouvé en vente sur « Idealista », le site espagnol d’annonces immobilières. Il vous faudra débourser entre 12’000 et 13’000€ pour en acquérir une.

Les miradors

Le clou du spectacle reste les trois miradors du Barrio de las Cuevas. Il sont super accessibles, il n’y a pas trop de grimpette et ils sont également bien indiqués! De là, nous pouvons profiter de la superbe vue sur les maisons troglodytiques, le centre historique ainsi que de toutes les formations rocheuses qui donnent à la région un paysage incroyable!

Nous avons même pu apercevoir de la neige! En effet, Guadix se situe juste au pied de la Sierra Nevada, le deuxième plus haut massif montagneux d’Europe Occidentale après les Alpes. Grâce aux précipitations qui nous ont bien arrosés durant la Semana Santa, les sommets se sont parés d’un magnifique manteau blanc.

Si vous regardez bien nos photos ci-dessus, il y a un pic qui dépasse un peu tous les autres. C’est le Mulhacén qui, avec ses 3479 mètres d’altitude, est le plus haut sommet de la péninsule ibérique et le deuxième de toute l’Espagne. Le premier n’est autre que sa majesté le Teide, le volcan qui trône fièrement sur l’île de Tenerife.

Nous aurions vu un peu de neige cette année, même si, paradoxalement, nous avons dû attendre le printemps à cause d’un hiver bien trop sec. De toute façon, nous sommes plutôt tournés vers l’été et avons déjà subi les hivers rigoureux des Alpes suisses qui ne nous manquent absolument pas. Donc apercevoir une couche neigeuse de loin nous suffit amplement!

Si vous êtes du côté de Granada pour quelques jours, nous vous recommandons chaudement une petite excursion à Guadix. Ça vaut vraiment le détour et une journée de visite suffit amplement! Si vous avez votre propre véhicule, sachez qu’il y a des maisons troglodytiques et des formations rocheuses dans toute la région, pas seulement dans le village.

Nous avons adoré Guadix même si nous devons mettre un petit bémol. Nous n’avons pas du tout trouvé la chaleur andalouse dans les gens. Ils sont aussi froids et fermés que leurs grottes. Mais l’Andalousie est grande et des gens chaleureux, il y en a partout ailleurs. Il faudra juste se contenter du paysage et des monuments pour Guadix.

Jaén, un avant-goût d’Amérique du Sud

Quand on parle d’Andalousie, ce n’est pas Jaén qui nous vient en premier à l’esprit. Et à raison! Ce n’est pas dans les habituels circuits touristiques, c’est loin de la mer, l’offre hôtelière n’est pas ouf et ça ne se trouve pas en bonne position sur les différentes voies de communication de la région. Ce sont justement tous ces petits défauts qui nous ont donné envie d’en découvrir un peu plus.

Afin de mener à bien notre projet, nous avons posé nos sacs à Granada, une ville que nous adorons et qui ne se trouve qu’à une petite heure de bus au sud de Jaén. Nous aurions pu prendre un train « media distancia » directement depuis Séville mais c’est long, c’est cher et nous avons trouvé de meilleures offres hôtelières à Granada.

Grâce au cerro Santa Catalina qui domine la ville, Jaén fut habitée très tôt dans la préhistoire. Les Ibères en firent un important oppidum qui fut, plus tard, largement disputé entre les Carthaginois et les Romains. A la chute de l’empire romain, la ville fut complètement boudée par les Visigoths. Ce sont les Arabes qui firent de Jaén une ville renommée grâce à la fabrication de tapisseries qui furent exportées dans tout le royaume d’Al-Andalus et même jusqu’au Maghreb! En 1225, la ville fut attaquée par les troupes du roi Fernando III mais les musulmans se défendirent férocement jusqu’en 1246 où Jaén fut finalement reconquise par les rois catholiques. La cour royale espagnole s’y installa même pendant la conquête du Nouveau Monde. Mais les différentes guerres qu’à connu la péninsule ibérique les siècles suivants laissèrent la ville exsangue et sans aucune ressource.

Aujourd’hui, Jaén est une petite capitale provinciale qui vit principalement de la production de l’huile d’olive, véritable or vert pour la région. Le centre historique a souffert des différentes mises à sac de la ville notamment par les troupes napoléoniennes mais il reste quelques petites ruelles toutes mignonnes qui correspondent grosso modo à l’ancienne Juderia (quartier juif). L’architecture est plutôt du style de la Mancha (centre-sud de l’Espagne) C’est normal car nous sommes ici tout au nord de l’Andalousie et la frontière avec la région Castilla-la-Mancha se trouve à quelques encablures dans la Sierra de Andújar.

Catedral de la Asunción

C’est le clou du spectacle du centre historique de Jaén! Il y avait, comme souvent en Espagne du sud, une mosquée à cet emplacement mais elle fut totalement détruite par les rois catholiques. La construction de la cathédrale commença en 1249 et dura plus de cinq siècles. L’édifice mélange d’ailleurs les styles architecturaux des différentes époques. Ce que nous voyons aujourd’hui date des XVe et XVIe siècles et est un pur exemple du baroque espagnol. Nous la trouvons juste majestueuse, magnifique et très « latino-américaine ». Elle nous rappelle d’ailleurs un peu Cuzco.

En parlant d’Amérique Latine, la cathédrale est candidate pour être inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO sous prétexte qu’elle servit de modèle à plusieurs cathédrales du Nouveau Monde dont celles de Mérida (au Mexique pas en Estrémadure!), Lima, Cuzco et Antigua Guatemala que nous avons eu l’occasion de voir.

Ci-dessous, voici des images de la cathédrale de la Virgen de la Asunción de Cuzco, de la cathédrale San Idelfonso de Mérida (Mexique) ainsi que de la cathédrale métropolitaine de Lima que nous avons prises lors de nos différents voyages. Il faut reconnaître qu’il y a effectivement un air de famille avec la cathédrale de Jaén!

La grimpette du jour

Jaén se situe au cœur de la cordillère Subbétique, celle qui se situe au milieu des trois cordillères bétiques qui traversent toute l’Andalousie. Ce qui renforce la ressemblance avec des villes andines comme Cuzco. Le relief est donc tout indiqué pour nous permettre d’effectuer notre traditionnelle grimpette. Nous montons donc sur le cerro Santa Catalina qui domine la ville de Jaén du haut de ses 820 mètres d’altitude. Il y a une route qui rejoint le sommet et nous avons même vu un minibus à la station de bus qui dessert le château. Mais nous avons choisi de faire travailler nos gambettes. Le chemin est un peu scabreux dans la caillasse, c’est raide, un peu vertigineux et il y a plein d’herbes piquantes qui nous ont offert une séance d’acupuncture gratuite. Mais le jeu en vaut la chandelle : la paroi est impressionnante et nous avons eu la chance d’apercevoir deux chamois se promenant dans le coin et que nous avons même pu immortaliser en vidéo sur nos stories instagram.

Castillo de Santa Catarina

Au sommet du cerro Santa Catalina se dresse le château du même nom. Ce que nous voyons aujourd’hui date de l’époque castillane donc après 1246 même si ce sont les Arabes qui ont, en premier, érigé une forteresse à cet endroit. Ce qui restait de l’époque musulmane a été complètement détruit au XIXe siècle par les troupes napoléoniennes. Aujourd’hui, l’édifice abrite un parador, c’est-à-dire un hôtel de charme dans un bâtiment historique.

Le 25 novembre, jour de Santa Catalina (ou Sainte-Catherine en français), la tradition est de monter à pied jusqu’au château et d’y griller des sardines. Nous ne comprenons pas trop le pourquoi des sardines car Jaén n’a pas d’accès à la mer mais nous trouvons la tradition des grillades plutôt sympa.

Après une grimpette pareille, nous pouvons nous attendre à une jolie vue n’est-ce-pas? En effet, nous n’avons pas été déçus. La cordillère nous offre un paysage incroyable et avec les pluies de la Semana Santa, tout est bien vert et c’est magnifique! Il y a également une belle vue sur la ville de Jaén dans la cuvette avec la cathédrale qui se détache tellement elle est énorme! Le climat frais du printemps vient renforcer l’ambiance très andine du lieu. Il y a juste les champs d’oliviers qui nous rappellent que nous sommes bien en Andalousie.

Pour redescendre en ville, nous empruntons le chemin qui longe la muraille nord. C’est tout aussi raide mais c’est beaucoup moins scabreux et vertigineux qu’à l’aller. Ces remparts, en cours de restauration, sont les derniers vestiges de l’époque califale de toute la forteresse de Jaén.

On nous avait conseillé d’aller visiter les bains arabes et effectivement ils ont vraiment l’air de valoir le coup mais nous n’avons malheureusement pas eu le temps d’aller les voir.

Jaén n’est effectivement pas la ville la plus pittoresque d’Andalousie mais nous avons adoré sa douceur de vivre, son ambiance un peu montagnarde, ses champs d’oliviers à perte de vue et sa cathédrale de ouf qui nous a rappelé de très bon souvenirs d’Amérique latine.