Jardín et ses cascades, la perle de l’Eje cafetero de Antioquia

Après notre petite pause citadine, culturelle et surtout printanière à Medellín, nous sommes rechargés à bloc pour repartir à l’assaut des hauteurs de la cordillère occidentale des Andes. Depuis Medellín, les bus partent depuis le terminal Sur, situé au sud de la ville. Il n’y a pas de transports publics qui y vont, il faut prendre un taxi ou un Uber. Les deux compagnies de bus qui desservent Jardín sont Rapido Ochoa ou Suroeste Antioqueño. C’est du kif et dans les deux cas un trajet coûte 40’000 pesos (8,65€ ou 8,10CHF) par personne.

Officiellement, le trajet dure trois heures, en pratique, il faut bien en compter une de plus. Ce sont de petites routes de montagnes et ça n’avance pas. Ça nous a laissé le temps d’observer le superbe paysage qui s’offre à nous même si notre oreille interne n’a que moyennement apprécié le voyage.

Jardín

Jardín est un village perché à 1750 mètres d’altitude dans la cordillère occidentale des Andes. Il fait partie de l’Eje Cafetero de Antioquia du nom du département auquel il appartient. Il a été fondé en 1860 par des colons de Medellín, les mêmes qui partirent plus tard fonder les villages du Quindio autour de Salento. D’ailleurs, les petites maisons colorées toutes mignonnes avec leurs magnifiques balcons en bois sont quasiment identiques. Nous avons eu une chance inouïe car nous sommes arrivés avec le soleil, ce qui fait ressortir encore plus les façades colorées. La météo n’avait, jusqu’ici, pas été aussi clémente avec nous, surtout en montagne!

Jardín s’appelle ainsi car, selon la légende, les fondateurs du village se seraient extasiés devant la végétation luxuriante de la région riche en fleurs de toutes sortes et se seraient exclamés : « Eso es un jardín! »(Ceci est un jardin!)

Basilica Menor de la Inmaculada Concepción

Impossible de la louper cette basilique vu qu’elle doit faire à peu près la moitié de la superficie du village! Elle domine le Parque Principal tout aussi joli mais en partie inaccessible à cause de travaux. Dommage, parce que c’est vraiment le cœur névralgique de Jardín. Ce monstre néogothique date de 1932 et est l’œuvre d’un architecte italien Giovanni Buscaglione. Ses briques grisâtres, sa hauteur et ses toits en flèche sur les clochers contrastent joliment avec les petites maisons colorées aux alentours. Fait assez rare en Colombie, la basilique est ouverte et il est possible d’y découvrir l’intérieur qui est encore plus impressionnant que l’extérieur.

Rando Escalera – Café Jardín – Cristo Rei

Nous avons un peu triché avec cette rando puisque nous nous sommes fait amener en tuk-tuk, qu’on appelle ici moto-chiva, jusqu’à notre point de départ. Nous pensions que la marche était plus longue et plus pénible de ce qu’elle est en réalité. Mais c’est toujours fun de prendre ce mode de transports même si c’est un peu chaotique sur les routes non asphaltées.

A noter que nous ne sommes pas en Thaïlande, les voyages en tuk-tuk ne se négocient pas en Colombie! Les prix sont même affichés! Ils dépendent du trajet que vous voulez faire.

Cascada la Escalera

La moto-chiva nous dépose au chemin d’accès de la cascade. Ça grimpe un peu mais ça n’a rien de difficile et nous atteignons notre but en une petite dizaine de minutes. La cascade, haute de soixante mètres environ, s’appelle ainsi (escalier en français) car l’eau a formé avec l’érosion de petits paliers sur la roche faisant penser à un escalier.

C’est une jolie petite cascade libre d’accès qu’on n’a pas disneylandisé pour les touristes et c’est plutôt cool. Il n’y a pas de passerelle d’accès donc pour prendre une photo, c’est les pieds dans l’eau! Mais c’est comme ça que nous concevons une balade en nature et la Colombie nous a, jusqu’à présent, bien gâtés de ce côté-là!

Café Jardín

Depuis la cascade nous revenons sur nos pas puis continuons sur la route où le tuk-tuk nous a déposés. C’est facile, c’est une route carrossable juste non asphaltée et c’est presque tout plat! Le Café Jardín, comme son nom l’indique, est un café. Il surplombe le village de Jardín, au milieu des caféiers. Il propose d’ailleurs son propre café et, comme c’est une petite structure qui n’exporte pas sa production, il garde les meilleurs grains pour le servir aux clients de passage, comme nous. Du coup, le café est bien meilleur que le tinto de base qu’on peut trouver partout ailleurs. Il vaut la peine de s’y asseoir pour y admirer la vue, surtout que, vu la situation, les prix des consommations n’est pas trop surfait. Nous avons payé un espresso 3500 pesos (0,75€ ou 0,70 CHF) juste quelques centimes de plus qu’en ville.

Cristo Rei

Depuis le café Jardín, nous entamons gentiment notre descente sur le village. Nous nous arrêtons vers la statue du Cristo Rei mais l’accès y était fermé durant notre passage. De toute façon, c’est la vue qui est la plus impressionnante. De là, il y a un petit chemin qui descend à travers les bananiers. C’est super joli mais il y a un peu de boue et comme c’est assez raide, ça devient assez glissant.

Il faut faire super attention car la vue sur Jardín est tellement belle qu’on en oublie de se concentrer sur le chemin!

Si c’était à refaire : nous partirions directement de Jardín en commençant par la montée sur le Cristo Rei, c’est moins scabreux en montant. Puis nous ferions l’itinéraire Café Jardín – Cascada la Escalera à l’envers. Enfin, nous finirions en descendant tranquillement sur le village par la route. Sur le papier, ça nous paraissait plus long et plus pénible. Mais bon, on est toujours plus intelligent après. Puis la balade en tuk-tuk était quand même assez sympa finalement.

NB : Malgré la végétation luxuriante, les chemins sont assez à découvert et le soleil tape vite fort en cas de beau temps. N’oubliez pas votre crème solaire, vos lunettes et votre casquette!

La Herradura

Cette fois, nous avons tiré des leçons de nos erreurs et nous avons commencé notre petite rando directement depuis le village en montant à pied. La Herradura est un chemin muletier construit à la fin du XIXe siècle lors de la fondation des villages de l’Eje Cafetero. C’était la toute première voie d’accès entre les départements de Antioquia et de Caldas. Le chemin est super facile, en partie sur la route, et pas très raide. Il n’y a pas la superbe vue comme celle depuis le Café Jardín ou le Cristo Rei mais nous avons quand même préféré cette balade à celle de la veille. La flore et la faune sont plus intéressantes et il y a de nombreux points d’eau comme des petites cascades ou encore le Charco Corazón, une belle rivière tumultueuse, que nous suivons un pendant une partie de la marche.

Cascada del Amor

En chemin, nous tombons sur cette jolie cascade. Nous n’avons aucune idée pourquoi elle porte ce nom (cascade de l’amour en français) mais nous le trouvons tellement mignon! Nous sommes super contents car les alentours de Jardín regorgent de ce type de cascades super accessibles, sans tour, sans payer d’entrée, ou sans infrastructures digne de Disneyland (ou du Costa Rica, ce qui revient au même!). Il faut chausser de bonnes baskets et marcher un peu et on se retrouve vite juste nous et la nature et c’est un vrai bonheur!

Après une petite heure de montée, assez douce, nous avons quand même droit à une petite vue sur le village de Jardín.

La Garrucha

Après cette petite marche bien sympa, il faut songer à redescendre au village. Nous pourrions aisément rentrer à pied mais nous voulons quand même expérimenter le transport local : la garrucha. C’est une petite cabine un peu branlante tenue par deux câbles qui traverse la vallée. A la base, la garrucha était un moyen très pratique pour transporter les marchandises comme les bananes ou le café des fincas dans les montagnes jusqu’au centre du village. Aujourd’hui, on y accepte les passagers dans un but purement touristique même si les marchandises y sont toujours transportées.

Le trajet n’est pas très long mais ce n’est pas très stable, ça secoue pas mal et il faut bien penser à répartir le poids latéralement pour ne pas pencher dangereusement sur un seul côté. (Oui, c’est du vécu!) Finalement, nous sommes arrivés en bas sains et saufs mais ça peut être impressionnant pour les gens souffrant de vertige. Nous avons d’ailleurs des vidéos dans nos stories Instagram si vous voulez vous faire une idée.

Le trajet simple coûte 6000 pesos (1,30€ ou 1,20 CHF) par personne

C’est sur ces sensations fortes que nous achevons notre séjour à Jardín. Nous avons eu un véritable coup de cœur (encore un!) pour ce lieu! Encore plus qu’à Salento! Oui, c’est vrai, la météo nous a un peu plus gâtés cette fois, ça change sûrement un peu notre perception.

Nous aurions voulu, à la base, faire un petit tour du côté de Jericó mais les transports sont bof pour y aller et l’offre hôtelière est super chère. Nous y avons vu un signe et avons décidé d’y renoncer. En plus, nous nous sommes rendus compte que nous n’avancions pas trop dans notre périple. C’est super pour le slow travel, pour la rencontre avec les gens et pour l’équilibre entre le job et les découvertes. Mais la Colombie c’est énorme et il reste encore énormément de choses à découvrir. Nous devrons malheureusement en zapper quelques-unes si nous voulons atteindre d’autres régions avant notre date de retour.

Salento et les superbes paysages de l’Eje Cafetero

Chiller pendant une semaine entre désert et village paisible au bord de rivière c’est bien mais il faut bien rejoindre la civilisation un jour notamment pour retirer de l’argent à un distributeur automatique.

En plus, notre départ de Villavieja tombait en plein pendant le pont de la Toussaint qui s’est fêtée le 4 novembre cette année. Non, les Colombiens n’ont pas leur propre fête de la Toussaint, c’est le 1er novembre comme dans tout pays catholique qui se respecte. Mais ici, ils reportent systématiquement le jour férié au lundi suivant pour que ça fasse un pont. Pourtant, le 1er novembre est tombé un vendredi mais ils n’ont quand même pas dérogé à la règle. Bref, tout ça pour vous dire que nous avons attendu sagement que le week-end prolongé se termine avant de commencer notre aventure dans le fameux « Eje Cafetero »

Ibagué

Nous nous sommes posés à Ibagué, la capitale du département de Tolima. Circulez, il n’y a rien à voir! Ce n’est pas l’enfer sur terre comme à Neiva mais ça n’a aucun intérêt sauf quelques restos sympas avec une cuisine un peu plus créative que le traditionnel riz-poulet-arepas-patacones.

Jardin bótanico San Jorge

Nous avons quand même trouvé un coin super sympa à Ibagué! C’est le jardin botanique. Il se trouve sur les hauteurs de la ville, sur les pentes des premières montagnes de la cordillère centrale. Nous avons utilisé les bus urbains pour nous y rendre. Ils sont reconnaissables à leur couleur orange. Nous ne savons pas trop comment ils fonctionnent, nous les avons utilisés à l’arrache en nous aidant de maps.me. Tout ce que nous pouvons vous affirmer, c’est qu’un trajet coûte 2700 pesos (0,55€ ou 0,50 CHF).

C’est un parc de soixante hectares qui possède une partie jardin botanique traditionnel avec des plantes du monde entier, des arbres fruitiers et des plantes médicinales. C’est également, dans sa partie haute, une réserve naturelle dans une forêt dite sub-andine, une forêt tropicale des Andes d’altitude moyenne (1200 mètres environ). Au sommet, après une belle grimpette d’une bonne demi-heure, il y a un mirador sur la ville d’Ibagué.

L’entrée coûte 15’000 pesos (3,10€ ou 2,90 CHF) et franchement, ça les vaut! Le parc est superbe! Nous n’avons pas l’impression d’être en ville. C’est un des plus beaux jardins botaniques que nous ayons vu après celui de Singapour. Donc on est sur du très haut niveau!

Pour accéder à l’Eje Cafetero depuis le sud-est où nous sommes, il faut obligatoirement passer par la ville d’Armenia, la capitale du département de Quindio. Depuis Ibagué, c’est un minibus qui nous y emmène via une superbe route de montagne franchissant un col à 3200 mètres d’altitude. La route est en bon état mais il y a plein de virages et des énormes camions qui confondent l’endroit avec une piste de rallye. Notre oreille interne n’a pas trop apprécié le voyage. Heureusement, ce n’était pas trop long et deux heures et demi plus tard, nous étions arrivés sains et saufs à Armenia. De là, des bus desservent toutes les localités de l’Eje Cafetero.

Pijao

Nous commençons notre découverte de l’Eje Cafetero, la fameuse zone du café de Colombie, par le village de Pijao situé à une heure de route au sud d’Armenia. C’est une toute petite localité de quelques rues, une place centrale, quelques cafés et des petites maisons colorées toutes mignonnes. C’est le seul endroit de tout le continent américain à avoir reçu le label « cittaslow » de l’italien « città » (ville) et de l’anglais « slow » (lent). C’est une association dont les villes membres s’engagent au ralentissement du rythme de vie des citoyens dans le but de leur offrir une meilleure qualité de vie. Nous confirmons! Le rythme de vie est vraiment tranquille et Pijao mérite amplement son label!

Nous avons choisi Pijao surtout pour son environnement et la facilité d’accès aux sentiers de randonnée. Evidemment, la pluie est venue jouer les trouble-fête mais nous avons quand même bénéficié d’un temps sec assez longtemps pour aller faire quelques petites marches dans la forêt alentour. Tous les sentiers ne se valent pas : ça va de la petite route en gravier super accessible au chemin de forêt un peu scabreux avec les mêmes ponts de fortune qu’à San Agustín. Bien sûr, nous avons une préférence pour ces derniers même si parfois, ça fait du bien de faire une petite promenade de santé pas trop difficile. Dans tous les cas, les paysages sont à couper le souffle, la forêt est trop belle, surtout après la pluie et nous n’en revenons toujours pas de toute la faune locale que nous pouvons observer!

Filandia

Quelle idée de passer par un village dont le nom ressemble à un « n » près à un pays du nord! Le climat ne nous semble d’ailleurs pas très différent! Pour y accéder depuis Pijao nous avons dû repasser par Armenia pour des raisons géographiques. Nous nous y sommes arrêtés pour faire une lessive mais si c’était à refaire, nous y renoncerions. Mieux vaut avoir des habits crades que d’aller à Armenia! C’est super moche et nous ne nous y sommes pas sentis super en sécurité.

A la base, nous voulions directement aller à Salento, juste en face dans la vallée, puis juste faire un day trip à Filandia. Mais week-end prolongé oblige (oui, encore un!), nous avons trouvé de meilleures offres hôtelières dans cette dernière. Par contre, nous avons débarqué un dimanche, c’était blindé de monde et nous avons tout de suite senti que nous sommes arrivés dans un coin beaucoup plus touristique même si le tourisme reste avant tout local.

Filandia se trouve en plein dans la cordillère centrale à 1923 mètres d’altitude en plein « Eje Cafetero », la zone du café. Elle a été fondée au XIXe siècle, non pas par les Espagnols qui avaient déjà perdu leurs colonies en Amérique latine, mais par des colons d’Antioquia, le département où se trouve Medellín, la deuxième ville de Colombie. C’est à ces derniers qu’on doit ces jolies petites maisons aux façades et aux balcons colorés dont nous sommes super fans! Filandia regorge de jolis petits cafés où il fait bon déguster, bien sûr, le café local mais aussi de bons chocolats chauds, des pâtisseries ou encore un café arrosé d’aguardiente, une liqueur d’anis locale.

Avec sa position à flanc de côteau dans la cordillère centrale, FIlandia offre de nombreux miradors avec une vue époustouflante sur les paysages alentours et même jusqu’à la ville de Pereira tout en bas dans la vallée. Nous n’avons pas vraiment eu de bol avec le temps, du coup nos photos sont un peu tristounettes et nous avons loupé le coucher de soleil qui, selon les dires des locaux, est incontournable.

Salento

Salento se trouve sur l’autre versant de la vallée par rapport à Filandia. Il y a des jeeps Willis qui font la navette et qui partent toutes les heures de la place centrale. Le gars qui vend les billets est surement le type le plus antipathique et de mauvaise foi de Colombie. Il nous dit très froidement que la route est fermée, que la première jeep part à midi et que, non, nous ne pouvons pas acheter les billets en avance. (C’était environ dix heures du matin). Nous revenons donc plus tard avec nos sacs prêts au départ mais là il nous dit que la jeep est complète et qu’il fallait acheter les billets avant et que la prochaine part dans une heure! Ah il s’est bien foutu de nous!

De frustration, nous prenons nos sacs et allons prendre le minibus pour Armenia qui nous dépose au croisement des deux routes puis nous chopons un autre bus pour Salento. Là, nous avons eu des chauffeurs super sympas et des passagers qui se sont proposés de nous aider avec nos sacs. Ça c’est la Colombie que nous connaissons avec des gens vraiment adorables et serviables. L’épisode du vieux bougon de Filandia est un cas isolé et nous n’allons pas nous attarder dessus mais il mérite cette mauvaise pub!

Nous redoutions un peu d’aller à Salento. Le village est réputé super touristique. C’est vrai qu’il l’est. C’est d’ailleurs l’endroit où nous avons croisé le plus d’Européens. Certes, il y a plein de boutiques de souvenirs et les restaurants sont un peu plus internationaux. Mais ce dernier point n’est pas si négatif pour nous. Si vous saviez quel plaisir nous avons eu de manger un plat avec des légumes et autre chose que du riz blanc sec, des patacones et du poulet! C’est vrai que certains puristes pourraient crier au « manque d’authenticité » mais ce n’est pas notre cas. Malgré tout, nous trouvons qu’il y a de meilleures vibes à Salento qu’à Filandia. Nous ne pouvons pas expliquer pourquoi, c’est juste un ressenti. Nous avons tellement adoré l’endroit que nous avons même prolongé notre séjour de quelques jours!

Salento a été fondée au XIXe siècle par les même colons d’Antioquia que Filandia sur ordre de Simon Bolivar himself, le leader de l’indépendance de la Grande Colombie, c’est à dire, les territoires actuels de la Colombie, du Venezuela, de l’Equateur et du Panama. Ici aussi ce sont de petites ruelles, malheureusement pas piétonnes, bordées des typiques maisons aux façades et aux balcons colorés. La rue la plus connue est la « Calle Real » et c’est un vrai attrape-touristes avec une alignée de restos et de boutiques de souvenirs. Mais, elle était en travaux, ce qui en a un peu gêné l’accès. Du coup, nous nous sommes contentés du reste du village qui nous paraît bien moins surfait. Ça a sûrement contribué au fait que nous ayons bien apprécié Salento.

A l’instar de Filandia, Salento possède plusieurs miradors. Ils se méritent : soit il y a une flopée de marches à grimper, soit il faut emprunter la route très boueuse qui va en direction de Toche ou soit il faut suivre la petite route de Palestina. Ça reste tout de même de jolies marches accessibles directement depuis le village de Salento dans un nature luxuriante. A chaque fois, la vue sur la cordillère centrale des Andes est assez spectaculaire!

La rencontre du jour

C’est un momoto diademado (merci Google!) appelé ainsi à cause du ‘diadème » turquoise qu’il arbore sur sa tête. C’est un oiseau assez commun du Mexique à la Colombie en passant par l’Amérique centrale et il se plaît particulièrement dans les plantations de café. Nous avons eu la chance de l’apercevoir plusieurs fois lors de nos différentes grimpettes aux miradors! Quelle belle récompense de nos efforts!

Ce ne sont pas les espèces d’oiseaux qui manquent dans l’Eje Cafetero et ils sont tous plus beaux les uns que les autres mais ces petites bébêtes se laissent rarement photographier.

Valle de Cocora

La Valle de Cocora est sûrement un des paysages les plus connus de Colombie. C’est même devenu tellement connu que tous les voyageurs, instagrammeurs, youtubeurs, influenceurs etc conseillent de se rendre plutôt à la Carbonera un peu plus loin. Ce serait plus sauvage, plus « authentique » et moins touristique. Du coup, maintenant tout le monde veut s’y rendre! A Salento, il y avait tellement de monde pour prendre une jeep pour la Carbonera que nous avons finalement opté pour la Valle de Cocora.

Depuis Salento, les jeeps Willis partent toutes les heures à la demie du Parque Principal. On vous y vendra directement des billets aller-retour pour 10’000 pesos (2,10€ ou 2 CHF).

Un fois arrivés sur place, nous nous demandons quand même si nous n’aurions pas mieux fait d’aller à la Carbonera finalement. C’est quand même un peu Disneyland avec les boutiques de souvenirs, les balades à cheval, les chemins super aménagés et les coins à selfies. Surtout que nous avons choisi le chemin des miradors, celui de tout au fond de la vallée, pour ne pas à avoir à se farcir la grande montée du premier sentier qui grimpe jusqu’à plus de 3000 mètres d’altitude.

Mais plus nous avançons, plus notre scepticisme disparaît! Le sentier commence à ressembler à un vrai sentier et la plupart des touristes restent sur la petite boucle super aménagée et sur les plateformes à selfies. Le sentier reste tout de même très facile et la montée est assez douce même si nous atteignons finalement les 2800 mètres d’altitude. Il faut juste faire attention à la boue qui rend le sol très glissant.

La Valle de Cocora est connue pour ses immenses palmiers de cire. Les plus grands d’entre eux peuvent atteindre 70 mètres de haut. Comme leur nom l’indique, leur tronc fabrique de la cire qui est notamment utilisée pour la fabrication de bougies. Contrairement aux autres palmiers qui préfèrent le chaud et la plaine, les palmiers de cire se plaisent dans les montagnes à une altitude comprise entre 2000 et 3000 mètres. Malheureusement, à cause de leur surexploitation, de la déforestation et de leur durée de croissance très longue (presque cinquante ans!), cette espèce est en danger d’extinction. Mais plusieurs organismes de protections se démènent pour les protéger et entament de lourds programmes de reforestation.

Vous avez sûrement déjà vu passer des photos de ces fameux palmiers mais plutôt sous un beau ciel bleu. Cette année, nous devons compter avec l’arrivée de « la Niña », le phénomène de refroidissement des eaux de l’océan Pacifique qui nous amène beaucoup d’humidité et des températures bien fraîches. Donc nous avons droit à un temps bien brumeux. Mais les palmiers qui se découpent dans la brume donnent un air mystique au lieu et nous, on adore!

Nous avons tellement adoré l’ambiance avec la brume que nous nous sommes même amusés à prendre des photos en noir et blanc! On se croirait presque dans un film de Hitchcock, vous ne trouvez pas?

Nous ne saurons pas si, effectivement, la Carbonera est mieux mais nous avons adoré notre petit trek dans la Valle de Cocora. Une fois les gros spots à selfies passés, il n’y a plus trop de monde et avons profité de cette belle balade en nature. La faune observée y est d’ailleurs assez incroyable!

Et le café colombien alors?

Il y a plein de fincas dans l’Eje cafetero principalement aux alentours de Salento qui proposent des « coffee tours » qui vous expliquent tous le processus de fabrication du café. Nous n’y avons pas été car nous avons déjà vu quelque chose de très similaire en Equateur et au Guatemala. Mais sachez que ça existe, il y a l’embarras du choix!

Nous n’allons pas nous faire des amis mais nous ne trouvons pas le café colombien très bon! En fait, les meilleurs grains des meilleures variétés de café sont réservés exclusivement à l’exportation! En Colombie, il reste juste le café de base qui n’est franchement pas bon. D’ailleurs, pourquoi croyez-vous qu’il est courant de l’arroser de rhum, de bourbon ou d’aguardiente?

Petit fun fact : en Colombie, le petit café noir de base s’appelle « tinto ». C’est un mot qu’en Espagne on utilise pour désigner le vin rouge. Imaginez donc un peu notre tête notre premier matin dans le pays, à peine sortis du lit, quand on nous propose gentiment un « tinto »!

On nous avait prévenu que l’Eje Cafetero était fou! Ce n’était pas un mensonge et pourtant, nous n’en avons vu qu’une petite partie. Nous n’avons pas été super gâtés par la météo qui nous a apporté de l’humidité et du froid mais nous avons réussi à échapper à la pluie la plupart du temps pour quand même profiter des activités en plein air.

Contrairement à la plupart des voyageurs, c’est le village de Salento qui nous a le plus plu mais il paraît que nous y étions en basse saison, nous n’avons donc pas trop été dérangés par les activités touristiques. Nous avons été fascinés par la Valle de Cocora, ses hauts palmiers de cire et ses paysages de ouf! D’une manière plus générale, l’Eje Cafetero nous aura enchantés par sa douceur de vivre, ses façades colorées, son accès facile à la nature, sa faune, sa flore et par la gentillesse de ses habitants.

Villavieja et le désert de Tatacoa

Nous vous avons laissés au milieu de montagnes à la végétation luxuriante et nous vous retrouvons maintenant dans le désert. Pourtant, nous avons parcouru à peine deux cents kilomètres et nous n’avons même pas changé de département!

Par contre, notre ressenti dans les transports à plutôt été de deux mille kilomètres! A San Agustín, il faut déjà rejoindre la petite ville de Pitalito qui se trouve plus bas dans la vallée, presque en plaine. Ça, c’est assez facile, il y a un système de taxi partagé qui part du centre-ville dès que le véhicule est plein. C’est le même principe que les grands taxis au Maroc, en beaucoup moins épique. Le trajet dure environ quarante-cinq minutes et le chauffeur a eu la gentillesse de nous poser au terminal des bus qui est un peu en dehors de la ville.

Depuis Pitalito, c’est un bus flambant neuf et super méga confortable qui nous attend. Mais malgré le confort, nous passons notre temps à monter et descendre des petites routes de montagnes saturées par le trafic à cause des nombreux travaux. Heureusement, le paysage est encore assez sympa (voir nos stories instagram). Après cinq heures de trajet à rythme d’escargot, nous voici enfin dans la ville de Neiva! Nous avons parcouru 187 kilomètres!

Comme nous en avons un peu marre d’être dans des bus, nous décidons de passer la nuit dans la ville de Neiva. Nous ne sommes pas sûrs que ce soit l’idée du siècle. La ville est super moche, polluée, bruyante et nous avons galéré pour trouver quelque-chose de correct à manger.

Le lendemain, nous sommes super motivés à quitter cet enfer et à terminer ce trajet. Il ne nous reste plus qu’une quarantaine de kilomètres mais ce ne sont pas les plus confortables. Nous sommes à l’arrière d’un pick-up qui roule à tombeau ouvert sur une route défoncée. Heureusement, nos compagnons de voyage sont vraiment super et nous passons le temps à discuter, ce qui nous fait un peu oublier notre oreille interne qui n’est vraiment pas contente et qui nous le fait savoir en nous rendant un peu nauséeux. Par chance, le trajet ne dure qu’une petite heure et nous arrivons assez vite à notre destination finale même si nous sommes poussiéreux et pas très frais.

Villavieja

Nous posons nos sacs à Villavieja. C’est un petit village dans la plaine au bord du Rio Magdalena et qui est un bon point de départ pour le désert de Tatacoa. Ce qui nous choque en arrivant, c’est le climat semi-aride du lieu. Après le temps très humide et plus frais de San Agustín, nous avons l’impression de débarquer à Séville en plein été! Malgré le fait que Villavieja vive principalement du tourisme et possède plein d’hôtels et de restaurants, nous trouvons que ce n’est encore pas trop surfait. Nous sommes même étonnés de la tranquillité qui y règne. Bien sûr, il y a les éternels rabatteurs qui veulent vous refourguer des tours pour un peu tout et n’importe quoi mais ils ne sont pas trop insistants.

Rio Magdalena

Villavieja se trouve au bord du Rio Magdalena. Oui, c’est le même fleuve que nous avons vu dans le canyon à San Agustín! On ne dirait pas! Là haut, ce n’était qu’un petit torrent de montagne tandis qu’ici, en plaine, il s’est bien élargi et à la carrure d’un gros fleuve tropical comme le Congo ou le Mékong!

A gauche : le Rio Magdalena creusant un magnifique canyon à San Agustín, à droite, le même fleuve à Villavieja. Moins de deux cents kilomètres séparent ces deux photos!

Nous nous sommes laissés tenter par une petite balade en bateau sur le Rio Magdalena. Ce n’est pas le tour du siècle mais c’est assez sympa, c’est un bon moyen de fuir la chaleur et il y a quand même quelques animaux à voir comme des aigles pêcheurs, des canards, des tortues, des grues ou encore des iguanes.

Il paraît qu’on peut nager dans le fleuve, qu’il n’est pas contaminé et qu’il n’y a pas de bébêtes dangereuses comme des crocodiles ou des piranhas. Nous avons tout de même décliné l’offre : l’eau n’est pas très claire, il nous semble que les courants soient forts et nous avons vu un canard gober un poisson plus gros que lui! Nous sommes restés bien sagement dans notre embarcation, c’est plus sûr!

Les tours se font sur une petite lancha pouvant accueillir une dizaine de personnes mais on n’attend pas forcément qu’elle soit remplie avant de partir. Nous étions juste trois! C’était parfait et ça nous a permis de sympathiser avec notre compagne de voyage. Il y a trois type de tours :

  • un quart d’heure pour deux kilomètres : 15’000 COP par personne soit 3,20€ ou 3 CHF
  • une demi-heure pour quatre kilomètres : 25’000 COP par personne soit 5,35€ ou 5 CHF
  • une heure pour sept kilomètres : 40’000 COP par personne soit 8,55 ou 8 CHF

Nous avons choisi la variante intermédiaire et nous avons trouvé ça bien suffisant. Les lanchas se trouvent sur le malécon juste après le méandre du Rio Magdalena.

Désert de la Tatacoa

Malgré le climat un peu plus sec, nous avons quand même un peu cru à l’arnaque en arrivant à Villavieja. Oui, il y a des cactus mais la végétation est encore bien présente et le Rio Magdalena reste bien tropical. Nous sommes plus dans une savane comme en Tanzanie qu’en plein désert comme au Sahara!

Le désert en lui-même se trouve à six kilomètres de Villavieja. Pour s’y rendre, il faut prendre un tuk-tuk, comme en Thaïlande, sauf qu’ici les prix sont affichés et on ne négocie pas! Il y a la possibilité de contracter plusieurs tours directement depuis le village. Nous avons choisi l’option de dormir une nuit dans le désert rouge pour être mieux immergés. Le trajet nous a coûté 25’000 pesos soit 5,20€ ou 4,90 CHF.

Nous avions lu qu’il est très spartiate de dormir dans le désert. Franchement, nous avons eu dormi dans des endroits bien plus spartiates en ville! Certes, il n’y a pas d’air conditionné, pas de wifi, la 4G fonctionne très mal voire pas du tout et il y a de l’électricité qu’entre dix-huit et vingt-deux heures! Mais il y a une douche et nous avons vraiment apprécié cette parenthèse de déconnexion totale.

Finalement, ce n’était pas une arnaque! Il y a bel et bien un désert dans le coin! En vrai, le lieu est classé comme une « forêt sèche tropicale ». C’est vrai qu’il y a plus de végétation que dans le Sahara ou même qu’à Tabernas! Il y a même une saison des pluies! C’est grâce à ces dernières et à l’érosion que se sont formés les magnifiques petits canyons que nous avons pu observer.

Los Hoyos

Le coin est plus communément appelé désert gris à cause de la couleur grise de sa roche. Il se situe à neuf kilomètres du désert rouge. Comme nous étions tôt le matin et que le temps était couvert, nous avons choisi l’option bicyclette! (30’000 pesos par personne la location pour la journée soit 6,25€ ou 5,90 CHF) Si c’était à refaire, nous prendrions l’option tuk-tuk! La route n’est pas terrible, les vélos ne sont pas en super bon état et le temps s’est découvert d’un coup nous laissant en plein cagnard! Nous étions pourtant équipés de casquettes, de lunettes, de crème solaire et d’une quantité suffisante d’eau et nous avons quand même souffert! Van a même fini par déclarer forfait laissant Fab aller jusqu’au bout tout seul en l’attendant sagement à l’ombre.

Il y a un petit sentier qui parcourt Los Hoyos. L’entrée coûte 2000 pesos (0,45€ ou 0,40 CHF) auxquels il faut rajouter encore 2000 pesos pour qu’on vous garde le vélo le temps de la visite. Le sentier est facile mais il faut quand même prévoir de bonnes chaussures, c’est de la rocaille. Avec leur couleur grise, les roches érodées par le temps et les pluies paraissent un peu fantasmagoriques. C’est assez sympa.

Le désert rouge

C’est quand même le clou du spectacle! Il n’est pas très grand mais il est super impressionnant avec sa roche rouge et tous ces canyons formés par l’érosion. Les plus hautes formations rocheuses atteignent vingt mètres de haut! C’est exactement comme ça que nous imaginons l’Arizona ou le nord du Mexique.

Laberinto del Cusco

Après notre trip à bicyclette, nous avons directement enchaîné avec cette « petite » marche car il était seize heures et il y avait une magnifique lumière qui se reflétait sur la roche rouge. En plus, comme le soleil est plus bas, certaines formations rocheuses nous ont fourni de l’ombre plus que bienvenue. Ce sentier porte très bien son nom, c’est un véritable labyrinthe au fond des canyons et c’est super impressionnant de voir toutes ces pyramides depuis en bas.

L’accès au sentier est gratuit et la marche commence un peu en amont des quelques hostals qui sont dans le désert rouge.

Selon l’application « All Trails », le labyrinthe est une petite balade modérée de 1,4 kilomètres qui devrait nous prendre environ vingt-trois minutes. Foutaises! Déjà, le sentier n’est pas très bien indiqué et, même en nous aidant avec Maps.Me (bien meilleur que Google Maps pour les sentiers), nous nous sommes perdus plusieurs fois. Ensuite, la marche prend bien plus que vingt-trois minutes! Certes, nous prenons notre temps pour faire des photos et observer tout ce qui nous entoure comme la faune locale mais à 17 heures 30, nous y étions toujours! Enfin, la nuit tombe très vite sous ces latitudes et voyant le ciel s’assombrir dangereusement, nous avons un peu commencé à flipper, surtout que nous avions toujours de la peine à retrouver notre chemin. En plus, il y avait deux vautours qui nous observaient attentivement. Nous sommes sûrs qu’ils attendaient que nous soyons définitivement perdus pour venir manger notre vieille carcasse! Finalement, nous avons retrouvé notre chemin et avons réussi à remonter juste avant la tombée de la nuit. Ouf! Et les vautours ont dû se trouver un autre casse-croûte!

Le petit tour

Il y a un deuxième sentier dans le désert rouge qui s’appelle « Petit Tour » tout simplement parce qu’il est plus petit que le labyrinthe mais il n’en est pas moins intéressant. Nous sommes partis de bonne heure mais le soleil tapait déjà fort et nous avons souffert de la chaleur. Pourtant, en tant que Sévillans, nous sommes habitués au climat extrême en été mais ce n’est pas la même chose de respecter les heures de sieste ou de boire un tinto de verano sur une terrasse bien ombragée que de randonner dans le désert!

Le clou du spectacle du petit tour est la partie qui surplombe les formations rocheuses du désert rouge. Le sentier n’est pas dangereux en soi mais il est parfois à pic et il n’y a pas de barrières de sécurité. Ça peut être très flippant pour les personnes souffrant de vertige. Nous avons juste été subjugués par la vue qui s’offre à nous!

L’observatoire astronomique

Nous avons profité d’être une nuit sur place pour nous rendre dans un observatoire astronomique. Il y en a trois dans le désert rouge mais, à notre hostal, on nous a conseillé Astrosur. N’ayant testé que celui-ci, nous n’avons pas de point de comparaison. La particularité du désert de Tatacoa, c’est qu’il se trouve à une latitude très basse (environ trois degrés au nord de la ligne équatoriale) et qu’il est possible d’y observer les constellations des deux hémisphères.

Dans « forêt sèche tropicale », il y a le mot « tropical ». Et qui dit tropical dit humidité et l’humidité, ça apporte des nuages! Et ceux-ci sont arrivés justement le soir où nous voulions observer les étoiles! C’est en journée que nous en avions le plus besoin! Bref, nous avons quand même tenté le coup et à l’observatoire on nous a averti que ça n’allait peut-être pas se dégager. Nous y sommes donc allés en connaissance de cause au moins pour écouter les explications de l’astronome qui étaient très intéressantes mais uniquement en espagnol. C’est bon à savoir si vous ne comprenez pas la langue de Cervantés. L’entrée coûte 10’000 COP par personne soit 2,10€ ou 1,95 CHF. Pensez juste à prendre une lampe de poche ou d’avoir l’application lampe sur votre smartphone pour vous y rendre car il n’y a pas d’éclairage et la nuit est très sombre!

Finalement, après une heure d’explications, le temps ne s’est pas dégagé mais nous avons eu quelques petits trous dans les nuages. Nous avons tout de même pu observer les Pléiades qui sont un amas de jeunes étoiles dans la constellation du Taureau, Argol, une étoile de la constellation de Persée que les Grecs assimilaient à Medusa, ainsi que la planète Saturne entourée de son anneau. Nous qui sommes incultes en la matière avons déjà été contents de ce que nous avons pu voir mais un vrai amateur d’astronomie serait sûrement resté sur sa faim. Mais bon, on ne choisit pas la météo.

Malgré la chaleur écrasante, nous avons trop kiffé notre séjour dans le désert de Tatacoa. Nous avons également bien aimé le village de Villavieja. Certes il n’a rien de pittoresque mais il est sympa, assez tranquille et nous y avons pris le temps de nous poser pour bosser mais aussi pour préparer nos excursions ainsi que la suite de notre voyage.

Bonne nouvelle!

Pour partir de Villavieja, il n’y a pas besoin de passer par l’infernale Neiva! Il suffit de traverser le Rio Magdalena! Pour ce faire, il faut emprunter le bac qui part à l’extrémité nord du malécon. Il n’accepte que les piétons et les motos. Quand nous sommes arrivés sur l’autre rive, à Aipe, nous avons compris pourquoi! Nous arrivons sur un sentier qui traverse la forêt et des pâturage avant d’atteindre la civilisation vingt minutes de marche plus tard. Il y a un service de mototaxi qui fait la navette entre le village et l’embarcadère mais avec nos sacs, nous avons préférer y aller à pied.

A Aipe, l’arrêt de bus est au bord de la grande route au croisement de la « Calle 5 ». Il y a des bancs à l’ombre sous les arbres, un petit kiosque et même des toilettes. Il faut juste prévoir le coup et acheter ses billets de bus sur internet à l’avance. Nous avons passé par le site RedBus et tout a fonctionné à merveille. Nous voici donc partis pour de nouvelles aventures!

San Agustín, ses trésors précolombiens et sa nature luxuriante

Pour partir de Popayán, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne c’est qu’il y a la possibilité de changer de vallée, ce qui nous dispense de repasser par Cali. La mauvaise, c’est que c’est une petite route de montagne, en partie non asphaltée, qui passe par un col à plus de 3200 mètres d’altitude et qui n’est desservie que par des minibus. Là, notre oreille interne se réveille et se met en mode « Même pas en rêve! » Mais nous décidons de ne pas l’écouter, de n’en faire qu’à notre tête et nous tentons quand même le coup.

Au terminal des bus, c’est un minibus flambant neuf et super confortable qui nous attend. De quoi nous rassurer jusqu’à ce que nous lisions la notice nous priant de demander des sacs à vomi en cas de mal des transports. Là, notre oreille interne se fâche en mode « Je vous l’avais bien dit bande d’inconscients! » puis se met à bouder nous laissant finalement tranquilles pendant tout le trajet. Il faut dire que nous avons tellement été subjugués par le paysage défilant sous nos yeux que nous n’avons pas eu le temps de nous sentir mal.

NB : Si vous voulez voir à quoi ressemble le paysage le long de la route, nous avons monté un petit réel sur notre page Instagram qui vous en donne un petit aperçu.

La destination finale de notre minibus est Pitalito. La nôtre, c’est San Agustín, un petit village perché plus haut dans la vallée. Mais pas de problème, à la bifurcation des deux routes, un système de taxi est organisé pour les passagers se rendant à San Agustín et c’est compris dans le billet de bus qui coûte 55’000 COP par personne (11,80€ ou 11,05 CHF) Du coup, nous avons été déposés directement devant notre logement et c’est super appréciable!

San Agustín

San Agustín est une petite ville de montagne perchée à 1730 mètres d’altitude entre les sommets verdoyants de la cordillère centrale des Andes. Malgré l’attrait un peu touristique, elle a gardé son âme montagnarde et paysanne. Elle vit principalement des cultures du café et de la canne à sucre. Touristiquement, elle est connue pour ses sites archéologiques datant de 3300 avant notre ère appartenant à la civilisation dite de San Agustín. Avec un nom pareil, très chrétien et hispanique, vous vous doutez bien que ce sont les conquistadors espagnols qui l’ont affublée de ce sobriquet. Mais comme les archéologues n’ont encore aucune idée de son « vrai nom », on continue à l’appeler civilisation de San Agustín.

Après une très blanche Popayán, nous sommes conquis par toutes les couleurs qu’on peut trouver sur les façades des maisons au centre-ville.

Comme toute ville latino-américaine qui se respecte, San Agustín possède son « Parque Central » et sa cathédrale. Mention spéciale pour la maison du curé qui jouxte l’église et qui, avec ses balcons en bois, est juste superbe! Il y a, évidemment, les fameuses lettres où les touristes viennent se prendre en photo. En plus, le nom est trop long! Toutes les lettres ne rentrent pas sur une seule photo! Par contre, elle ont été dessinées sur le modèle précolombien de la région et c’est plutôt original et joli.

Mais San Agustín est surtout très intéressante pour tout ce qui se trouve en dehors de la ville. Elle possède des trésors naturels et archéologiques assez exceptionnels.

NB : Toutes les activités que nous avons effectuées, nous les avons faites en autonomie en partant à pied depuis le centre ville. Si vous ne voulez ou ne pouvez pas marcher, il y a la possibilité de prendre un taxi, une moto-taxi, d’effectuer des balades à cheval ou carrément de contracter des tours. L’office du tourisme ou même votre logement peuvent vous organiser tout ça.

Sentier Masaya

Pour y accéder, il faut prendre la route qui grimpe au nord de San Agustín et après un bon kilomètre, il y a la bifurcation pour le sentier. Tout est super bien indiqué! Attention, ça descend à pic et c’est à flanc de côteau! Mieux vaut s’abstenir si vous avez le vertige! Le sentier descend jusqu’aux rives du Rio Magdalena tout en bas dans la vallée. Nous n’avons pas été jusqu’au bout à cause d’une météo incertaine mais nous avons quand même profité d’une petite balade en forêt et de la superbe vue sur les montagnes verdoyantes des Andes.

Nous avons quand même eu droit à une vue époustouflante sur le canyon du Rio Magdalena qui, avec ses 1540 kilomètres, est le fleuve le plus long du pays. Ici, à San Agustín, nous sommes presque à sa source et il va se jeter dans la mer des Caraïbes. Nous aurons donc sûrement l’occasion de le recroiser durant notre périple colombien.

La Chaquira

Pour y accéder, c’est la même route que pour Masaya sauf que le sentier commence quelques centaines de mètres plus loin. Tout y est également super bien indiqué et, en cas de doute, la population locale vous indiquera le chemin même si vous n’avez rien demandé! Mais c’est fait avec tellement de gentillesse et de bienveillance qu’on veut bien se faire guider même si nous savons parfaitement où nous diriger. Le chemin est assez facile mais il alterne de grosses montées avec des descentes bien raides, de quoi bien nous casser les jambes.

Après quatre kilomètres, nous arrivons enfin au site de la Chaquira. Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines, il faut encore descendre 162 marches pour arriver à notre but final. Ce qui nous attend c’est un amas de pierres gravées avec de magnifiques pétroglyphes datant de l’ère précolombienne. Le lieu servait probablement d’observatoire astronomique dans le but d’observer le soleil afin d’établir un calendrier agricole.

Par contre, nous avons dû, par inadvertance, faire un geste ou dire quelque-chose qu’il ne fallait pas car, pile au moment ou nous posions le pied sur la dernière marche, il a commencé à pleuvoir. Nous avons sûrement dû invoquer la colère des dieux qui se sont vengés en nous arrosant copieusement! Heureusement, nous étions équipés et n’avons pas trop été trempés, la pluie ne durant jamais trop longtemps sous ces latitudes.

En bas des marches, il y a une petite plateforme avec une superbe vue sur le canyon du Rio Madgalena et sur les différentes cascades qui découpent les flancs des montagnes au milieu de la végétation tropicale bien verte et luxuriante.

NB : l’entrée au site est gratuite. Si vous voulez quand même laisser quelque-chose à la communauté indigène qui s’occupe du lieu, vous pouvez acheter des boissons ou de l’artisanat à l’entrée. Les prix ne sont pas surfaits.

Cascade El Cinco

A la base, nous étions partis pour une petite promenade de santé pour nous « reposer » de nos deux marches du jour précédent. Au départ, c’était le cas! Nous sommes partis, cette fois-ci, dans le bas du village en direction du sud-ouest sur une route non asphaltée mais carrossable. Facile, n’est-ce pas? Oui mais ça c’était avant de voir les panneaux qui nous ont indiqué la direction d’une cascade que notre curiosité naturelle nous a poussé à aller voir! Après cinq kilomètres de balade tranquille, nous sommes arrivés à l’entrée du site de la cascade. Nous nous enfonçons donc dans la forêt et, là, ça se corse! Le chemin est un peu scabreux, un peu glissant à cause des pluies de la veille et il faut traverser les cours d’eau sur des ponts de fortune! De bonnes chaussures de marches sont indispensables pour accéder à la cascade!

L’entrée du site coûte 5000 COP par personne (1,05€ ou 1 CHF). Cet argent va directement à la petite communauté indigène qui s’occupe du site. Ils sont plutôt sympas les gars, ils vous encaissent le prix d’entrée au pied de la cascade, une fois que vous avez passé la partie la plus difficile du chemin. Comme ça, si vous changez d’avis pour cause de vertige ou autre, vous n’avez pas payé d’entrée pour rien! Malgré sa difficulté, le sentier vaut la peine pour toute la faune et la flore qu’on peut y découvrir.

La rencontre trop mignonne du jour

Depuis que nous sommes arrivée en Colombie (et même au Panama!), nous croisons une faune exceptionnelle, principalement des papillons et des oiseaux. La Colombie peut se targuer d’avoir la plus grande biodiversité au monde en ce qui concerne les oiseaux! C’est vrai que nous en avons déjà aperçus des centaines de plusieurs espèces différentes, tous plus beaux les uns que les autres. Malheureusement, ce sont des animaux qui ont la bougeotte et qui se ne se laissent pas trop prendre dans notre objectif.

Mais parfois, il arrive que certains spécimens se laissent quand même prendre en photo, même si c’est de loin. C’est le cas de ce magnifique « gallo de roca » (coq de roche en français) mâle qui est un oiseau assez courant dans toutes les Andes tropicales.

NB : la photo ci-dessous a été recadrée d’où une qualité un peu douteuse. Sorry!

Après toutes ces (belles!) péripéties, nous arrivons enfin au pied de la cascade El Cinco. Certes, ce n’est pas Iguazu, Chiflon ou encore le Rio Celeste mais nous étions seuls au monde dans cet environnement extraordinaire et ça, ça n’a pas de prix. Par seuls au monde nous sous-entendons bien évidemment sans humains, car nous étions loin d’être les seuls êtres vivants dans cette forêt. Il est possible de se baigner au pied de la cascade mais nous n’avions pas nos affaires de bain puisque, rappelez-vous, nous étions censés juste nous balader un peu à la base.

La cascade se dresse sur trois niveaux et il est possible de l’observer sous toutes les coutures grâce à un sentier latéral qui la longe de bas en haut.

Nous continuons notre balade qui n’en est plus trop une par le haut, en passant par les cultures où nous avons une vue sur un autre versant de la cordillère centrale des Andes. Attention, la grimpette est assez conséquente est ça peut être en plein cagnard en cas de beau temps! Une casquette n’est pas de trop! Nous terminons à l’entrée du parque arqueológico où nous avons l’espoir d’attraper le collectivo (sorte de minibus) qui nous ramènera au centre. Manque de bol, nous l’avons loupé pour quelques petites minutes! Nous avons donc dû finir les trois derniers kilomètres à pied. Une petite promenade de santé qu’on disait!

Et devinez ce qu’on y cultive?

Parque arqueológico San Agustín

C’est le gros highlight de San Agustín! Le parc archéologique est en fait une énorme nécropole, une des plus grande de l’Amérique précolombienne, datant de l’époque archaïque (3000 à 1000 avant notre ère) jusqu’à l’époque dite récente (du IXe siècle à la conquête espagnole). Il se trouve à trois kilomètres à l’ouest du centre de San Agustín. Il est possible d’y aller à pied, c’est facile, au bord de la route et ça ne grimpe pas trop. Si vous avez de la chance, comme ce fut notre cas, vous pouvez choper le collectivo qui vous mènera à l’entrée du site pour la modique somme de 2000 COP (0,45€ ou 0,40 CHF).

Mode super timing on : Une fois n’est pas coutume, nous étions dans un timing pratiquement parfait puisque nous étions sur place le dernier vendredi du mois, jour où l’entrée au parc est gratuite! En vrai, nous avons un peu forcé la chance et prolongé notre séjour d’un jour pour que ça marche mais c’est sûrement quelque-chose que nous aurions de toute façon fait en temps normal tellement le coin est incroyable. Sinon, l’entrée du parc coûte 65’000 COP pour les étrangers soit 13, 90 euros ou 13 francs suisses. Nous ne savons pas si ça les vaut mais ça reste le prix moyen d’un site archéologique. Enfin, sachez que le site est fermé le mardi, ce qui signifie que beaucoup de restaurants, de cafés ou de boutiques en villes sont également fermés.

Bosque de las Estatuas

Il y a un petit musée à l’entrée qui expose quelques pièces trouvées sur le site comme des amphores ressemblant fortement à celles que fabriquaient les Romains en Europe à la même époque. Mais les photos étaient interdites à l’intérieur. Commençons donc par le vif du sujet en empruntant le chemin de la forêt des statues. Comme son nom l’indique, c’est une forêt! Mais pas de panique le chemin est super facile. Il est bordé de trente-cinq statues funéraires datant des différentes époques de la culture de San Agustín. Toutes ne sont pas dans le même état de conservation : certains stèles sont bien érodées par le temps tandis que d’autres conservent superbement leurs gravures. Nous trouvons leur design assez rigolo, on dirait des dessins d’enfants.

Les mesitas

Une mesita c’est une clairière. Il y en a trois dans le parc. Seuls les puissants et les nobles avaient le droit d’être enterrés dans ces mesitas. Là, on se rend bien plus compte du caractère funéraire du lieu avec des dizaines de tombes qui ont été excavées. Certaines possèdent encore leurs statues qui sont beaucoup plus grandes que dans le bosque. On voit qu’on avait affaire à de gens importants par ici!

Fuente de Lavapatas

Cette fontaine est un système de canaux sur des pierres gravées avec des figures humaines ou animales. On ne voit plus trop les gravures à cause de l’érosion de la pierre par l’eau. Elle date de l’époque classique (Ier au IXe siècle) et servait de lieu de rituel pour les funérailles. Ce que nous voyons aujourd’hui n’est qu’environ un tiers de toute la fontaine, le reste est resté enfoui sous la végétation.

Alto de Lavapatas

Littéralement, ça signifie le « haut de Lavapatas » et ce n’est pas un mensonge. Depuis la fontaine, il y a une bonne grimpette pour y arriver, et c’est à découvert, donc il n’y a pas beaucoup d’ombre! C’est la nécropole la plus importante du site puisque c’est ici que reposaient les rois et autres figures importantes de la région. Les statues sont y sont également les plus grandes et sont même plutôt de forme phallique.

La récompense de notre grimpette reste quand même la vue sur la cordillère centrale des Andes. Et nous avons eu du bol avec la météo avec une splendide journée ensoleillée!

Nous avons eu un véritable coup de cœur (encore un!) pour San Agustín. Nous avons particulièrement apprécié l’accès facile à la nature pour y faire quelques randonnées. Les Andes nous impressionnent toujours par leur végétation qui recouvrent les montagnes jusqu’à leur sommet même à très haute altitude. Comme nos Alpes nous paraissent grises à côté!

Nous avons quitté la ville avec pas mal de courbatures dans les jambes mais nous avons été ravis et impressionnés par tout ce que nous avons vu, que ce soit au niveau culturel, naturel et surtout aviaire. Le sud de la Colombie nous aura enchantés avec ses paysages, sa culture et sa douceur de vivre. Espérons que la suite sera aussi prometteuse!

Popayán, le bijou colonial des Andes colombiennes

La ville de Cali a été un bon point de départ pour recevoir nos premières vibes colombiennes mais le trafic infernal et surtout la pollution nous a vite gavés. Nous ne nous y sommes donc pas attardés et avons vite cherché à sortir de la ville.

Le terminal de bus à Cali se trouve au nord du centre ville. Il y a le Métrobus qui s’y arrête à proximité sinon il est possible de s’y rendre à pied en suivant le Rio Cauca. C’est un terminal super organisé comme nous en avons connu en Argentine ou au Mexique où chaque compagnie de bus est représentée par un guichet. Les bus ne sont pas de première jeunesse mais ils sont confortables et l’air conditionné n’est généralement pas mis à fond, quand il y en a. Le seul bémol est que les trajets sont interminables. Comme nous nous dirigions en direction du sud, il a fallu traverser toute la ville et ça nous a pris plus d’une heure à cause des bouchons. Ensuite, une fois sur la route Panaméricaine, ce sont des travaux qui nous ont bien ralentis. La fin du trajet s’est fait sur une jolie route de montagne et ça n’avançait pas très vite non plus. Résultat des courses : nous avons mis près de quatre heures et demi pour parcourir 137 kilomètres!

Le prix du billet de bus nous a coûté 30’000 COP (pesos colombiens) par personne soit 6,50€ ou 6,10 CHF.

Popayán

Popayán est une des plus anciennes villes d’Amérique. Elle a été fondée en 1537, même avant Cali, toujours par l’andalou Sebastián de Belalcázar qui est également à l’origine de Quito. La ville s’est développée notamment grâce à l’exploitation fructueuse des mines d’or de la région par les conquistadors espagnols. C’était d’ailleurs une des villes les plus importantes du Vice-Royaume de la Nueva Granada, une partie de l’empire colonial qui comprenait en gros les actuels Equateur, Colombie, Venezuela et Panamá. Après l’indépendance, Popayán est plutôt connue pour avoir donné naissance à une dizaine de présidents de la République.

Aujourd’hui Popayán reste un des centres coloniaux les mieux conservés du continent même si elle reste à l’écart des grands centres touristiques. Elle est surnommée la « ciudad blanca » (ville blanche) à cause de ses façades blanchies à la chaux que ne renierait pas n’importe quel village blanc andalou! Elle se situe à 1760 mètres d’altitude et se montre tel un bijou dans un écrin formé par les cordillères occidentale et centrale des Andes. Nous sommes tombés amoureux de ces petites maisonnettes blanches qui, à l’instar d’Antigua, regorgent de cafés ou de bars à jus super sympas souvent situés dans de magnifiques patios.

Mode mauvais timing (ou pas) : nous sommes tombés un jour où il y avait une course en faveur de la lutte contre le cancer du sein. Ça nous a restreint l’accès à la place centrale qui était le lieu d’arrivée de la course mais quelques rues du centre historique ont été fermées à la circulation, ce qui nous a permis de profiter du lieu sans trafic et c’était un vrai bonheur! Et puis de voir tous ces coureurs vêtus de t-shirts roses transpirer pour la bonne cause était vraiment touchant.

Parque Caldas

C’est la place centrale de la ville. A l’époque coloniale, seuls les gens de pouvoir (religieux ou politiques) avaient le droit d’habiter à proximité de la place. Elle est bordée de superbes bâtiments coloniaux, tout aussi blancs que le reste de la ville. Il y a notamment le gouvernent du département de Cauca, la mairie de Popayán ainsi que différents sièges de banques nationales importantes. Sur son côté sud, se dresse la jolie cathédrale « Nuestra Señora de la Asunción » de style néoclassique qui date du XVIe siècle et qui possède une magnifique coupole florentine qui se voit de loin. Elle est flanquée d’une tour de l’horloge, un peu massive à notre goût, qui date de 1673. Certains bâtiment donnent l’impression de pencher en avant. Non, ce n’est pas une illusion d’optique! Ils sont légèrement affaissés à cause des différents tremblements de terre qu’a connu la région.

Au centre de la place, il y a un petit jardin avec des arbres et de magnifiques fleurs comme des hibiscus et des lys rouges. Enfin ça c’est quand ils ne se font pas bouffer par les lamas! Nous en avons d’ailleurs pris un en flag! Nous avons même trouvé des petits bassins ornés d’azulejos exactement comme ceux qu’on trouve dans nos parcs andalous!

La statue qui trône au centre de la place est celle de Francisco José de Caldas, d’où le nom de la place. Ce natif de Popayán était un savant local mais aussi un des acteurs principaux de l’indépendance de la Colombie qui eut lieu, après des années de combats acharnés, en 1825.

Cerise sur le gâteau : toute la place a été rendue aux piétons et c’est super agréable! Non, nous n’avons pas lâché notre obsession pour les zones piétonnes!

Teatro Guillermo Valencia

Tiens, il y a quand même un bâtiment qui n’est pas blanc dans cette ville! Ce superbe édifice néoclassique date des années 1920 et fut construit en hommage à Guillermo Valencia un poète natif de Popayán. Le théâtre reste encore très actif aujourd’hui avec des pièces, des concerts et divers évènements culturels.

Puente del Humilladero

Ce joli pont en arches du XIXe siècle permet de rejoindre le quartier Bolivar depuis le centre-ville. Il est constitué de douze arches et franchit le Rio Molino. Au début du XXe siècle c’était le seul moyen de se rendre au nord de la ville. Aujourd’hui, il est rendu aux piétons et c’est tant mieux! Nous déplorons juste les graffitis dont il est affublé. Nous aimons bien l’art du graff en général mais là, nous les trouvons moches et dans un endroit pas du tout approprié.

Rincón Payanés

A l’est du centre historique, au pieds des premières montagnes, se trouve le Rincón Payanés. C’est une réplique de quelques édifices de Popayán en miniature. C’est un peu fake mais c’est malgré tout super chou. On y trouve quelques magasins de souvenirs et de quoi se restaurer après une bonne randonnée puisque le quartier se trouve judicieusement au départ respectivement à l’arrivée des sentiers pédestres.

Notre grimpette du jour

En fait il y a même eu deux grimpettes puisque nous sommes montés sur le Cerro de la Tres Cruces puis sur le Morro del Tulcán.

Pour la première, c’était une agréable balade dans la forêt équatoriale de montagne surveillée par des dizaines de rapaces nous survolant en quête de nourriture. Quant au Morro del Tulcán, c’est une petite colline en forme de pyramide qui surplombe la ville et où ont été trouvés des vestiges archéologiques datant de l’époque précolombienne.

Il y a un chemin pavé qui monte au Morro. Pour le reste, c’est un sentier de forêt qui grimpe pas mal. Mieux vaut se munir de bonnes chaussures.

Dans les deux cas, nous avons eu droit à une superbe vue sur les montagnes de la cordillère orientale des Andes, sur le centre historique et son plan en damier typique des villes coloniales espagnoles ainsi que sur le superbe Sanctuario de Belén qui, bien que d’architecture coloniale, ne date que des années 1970.

Popayán pourrait être comparée à Séville tellement il y a quelques ressemblances qui sont troublantes. Il y a entre autres :

  • un centre historique de ouf
  • des gens super sympas et chaleureux avec une tendance à l’exagération
  • des archives super importantes datant de la période coloniale et qui sont classées à l’UNESCO sauf qu’à Popayán elles ne sont pas accessibles au public.
  • La Semana Santa est LA fête la plus importante de l’année avec des processions de ouf! Elle a même été inscrite au patrimoine mondial immatériel de l’UNESCO, ce que même à Séville on n’a pas osé faire!
  • Les gens ne pensent qu’à bouffer! Popayán est même une ville UNESCO de la gastronomie. Bon là, franchement, nous avons un peu de peine à comprendre pourquoi. A part quelques exceptions, la bouffe, ce n’est pas fou.

Finalement, en rédigeant ces lignes, nous nous sommes rendus compte que nous vous devons une rectification. Popayán ce n’est pas un mini Séville, c’est Séville mais puissance mille! Et nous avons l’impression que toute la Colombie est une Andalousie un peu exagérée. Nous sentons que nous allons adorer ce pays!

Popayán est déjà notre premier coup de cœur colombien. C’est une petite ville agréable, très jolie, entourée de montagnes verdoyantes et à la population locale très chaleureuse. Nous avons d’ailleurs hésité à garder jalousement ce petit bijou pour nous sans le partager car la ville est encore très préservée du tourisme de masse et de ses méfaits et nous voudrions que ça reste en l’état.

Popayán sera également notre étape la plus méridionale du pays. Enfin, normalement! Nous ne descendrons pas vers l’Equateur qui est un pays que nous avons déjà bien découvert il y a quelques années et que nous avons adoré mais qui, malheureusement, est devenu peu recommandable en ce moment. Nous n’irons pas non plus au sanctuaire de Lajas à Ipales, à l’extrême sud du pays, par manque de motivation de monter à 2900 mètres d’altitude. Par contre, nous avons plein d’autres endroits qui ont l’air top sur notre bucket list, qui commence déjà à s’allonger, et que nous avons hâte d’aller découvrir!

Cali, ses couleurs et sa salsa, nos premiers pas en Colombie

Nous ne vous l’avons pas annoncé en grande pompe pour cause de vie sévillane trop cool et, mine de rien, très prenante mais nous sommes enfin de retour avec nos backpacks à la découverte de notre belle planète!

Ceux qui nous connaissent ou qui nous suivent sur les réseaux sociaux savent que nous avons atterri à Panamá. A vrai dire, nous pensions, cette année, nous orienter plus à l’est en direction de l’Asie qui commence un peu à nous manquer, surtout culinairement! (#irrécupérables!) Mais voilà, la vie nous joue parfois des tours et il s’est avéré que nous avions des bons à utiliser sur Iberia, la compagnie aérienne nationale espagnole et c’est une compagnie qui dessert principalement des destinations latino-américaines. Il faut croire que c’est le destin. Après une étude minutieuse des dates, des horaires et de nos envies aussi, nous sommes arrivés à la conclusion que la destination de Panamá City était celle qui nous convenait le mieux

Le Panama a été notre but de notre trip en Amérique Centrale de 2023 et ça a été une très belle surprise. Nous savions donc à quoi nous attendre en débarquant ici. Nous avons profité des cafés de la city, de la nature verdoyante en randonnant dans les montagnes de Valle de Anton, ainsi que de la mer des Caraïbes à Portobelo. De quoi récupérer du jet-lag et recharger les batteries pour notre « vrai » voyage. Oui, c’est vrai, la pluie est venue un peu jouer les trouble-fêtes mais sachant que la région a souffert d’une sécheresse sans précédant l’année précédente, nous sommes plutôt soulagés de voir que l’eau est revenue en quantité suffisante cette année. Il faut juste nous réhabituer à ces climats humides car, en vingt-quatre heures, nous avons vu tomber plus d’eau qu’en quinze mois à Séville!

Ci dessous, la nature verdoyante grâce à la pluie à El Valle de Anton

Si nous avons atterri à Panamá, c’est parce qu’il nous manque un pays à découvrir en Amérique du Sud! En vrai, il nous en manque plusieurs mais dans les grands pays incontournables et, surtout, fréquentables en ce moment, il nous en manque principalement un : la Colombie! Nous avions zappé ce pays lors de notre premier tour du monde pour des raisons que nous expliquons à la fin de cet article et nous le regrettons un peu car il a un peu la réputation d’être la cerise sur le gâteau de ce magnifique continent. Nous ne pouvions décemment pas laisser passer une telle légende sans aller vérifier sur place de nos propres yeux si elle est avérée ou non!

Notre voyage se concentrera principalement donc sur la Colombie. C’est vrai, nous avons un peu tout misé sur le même cheval sur ce coup-là! Nous avons même misé sur une possible prolongation de visa car notre retour en Europe n’est prévu que pour mars. Oui, nous avons même un billet de retour! Même nos familles respectives ne nous ont pas crus quand nous le leur avons annoncé! (On se fait vieux!) Mais vous nous connaissez, si tout ne devrait pas se passer comme prévu, nous avons déjà en tête quelques plans B, C ou D!

Cali

Entre le Panama et la Colombie il y a le fameux « tapón de Darién », une jungle impénétrable et sans route qui sépare les deux pays. Donc nous n’avons pas eu trop le choix de prendre un avion. Le gros avantage que nous avons eu en faisant notre petite escale panaméenne, c’est de ne pas avoir été obligés d’atterrir à Bogota comme c’est le cas pour tous les vols en provenance d’Europe. Nous n’avons absolument rien contre Bogota et allons d’ailleurs sûrement y passer plus tard. C’est juste que la ville se situe à 2600 mètres d’altitude et atterrir si haut lorsqu’on habite presque au niveau de la mer, ce n’est pas optimal! Surtout que Fab a une fâcheuse tendance à souffrir du mal des montagnes. En comparaison, Cali ne se situe « qu’à » 1080 mètres et nous fait donc un bon palier avant d’affronter les hauteurs andines. L’autre raison qui nous a fait choisir Cali, c’est sa position géographique. La ville se situe au sud-ouest du pays et constitue un bon point de départ pour effectuer un itinéraire assez logique qui nous conduira, si tout va bien, jusqu’à la mer des Caraïbes plutôt située au nord-est.

Mauvais timing

Vous commencez à le savoir, nous avons une fâcheuse tendance à être les rois du mauvais timing! Notre arrivée en Colombie ne déroge pas à la règle! En effet, la ville de Cali est un gigantesque chantier car elle se prépare à accueillir la COP16 de la Biodiversité. Apparemment, il y aura plein d’expos qui ont l’air super cool sur la biodiversité justement et la ville à l’air de prendre cette conférence très au sérieux et c’est tant mieux mais ce n’est pas le moment idéal pour y faire du tourisme. Beaucoup d’endroits sont inaccessibles et la présence policière est renforcée. Sur ce dernier point, ce n’est pas trop grave, les policiers nous accueillent avec le sourire et avec un « Holá! Benvenidos » très joyeux.

Bref, en vrai, nous sommes très contents de l’existence de ces conférences en espérant qu’elles débouchent sur quelque-chose de concret. Nous avons juste trouvé très drôle qu’encore une fois, nous avons une anecdote à vous raconter sur le fait d’être à un endroit pas forcément au bon moment!

La Ermita

C’est le premier bâtiment que nous apercevons qui sort du lot. Nous devons avouer, au niveau beauté du patrimoine, Cali ce n’est pas fou! En plus avec sa situation en cuvette dans les Andes et son trafic infernal, la pollution se fait vite sentir. Ce qui ne rend pas la ville agréable au premier abord. Heureusement, la salsa ainsi que l’accueil et la joie de vivre des habitants compensent amplement ces petits désagréments!

Cette église en elle-même est un joli monument néo-gothique construit en 1942 sur un ancien ermitage espagnol du XVIIe siècle. Elle a une position privilégiée sur le Rio Cauca qui traverse la ville et qui est le deuxième fleuve du pays. Elle se situe dans le Parque Simon Bolivar, une jolie place tranquille avec beaucoup d’arbres et c’est très agréable pour fuir le trafic et la pollution. Mais avec la préparation des stands pour la Cop16 Biodiversité, le parc était inaccessible.

Centre historique

Nous avons quand même fini par trouvé un petit bijou, même s’il est modeste! Il faut juste le trouver car, le centre historique ne se trouve pas au centre, mais plutôt au nord-ouest de celui-ci!

Cali peut se targuer d’être une des villes coloniales les plus anciennes d’Amérique. Elle a été fondée en 1538 par le conquistador espagnol Sebastián de Belalcázar qui, comme son nom l’indique, vient d’un bled nommé Belalcázar qui est situé dans la province de Córdoba! Un Andalou, encore un! Il la nomma Santiago de Cali qui est toujours le nom officiel de la ville aujourd’hui. La ville n’a jamais été un grand centre prospère et vivotait juste de la culture de la canne à sucre et un peu du commerce. C’était plutôt une petite ville de villégiature au climat agréable pour la bourgeoisie coloniale qui tirait ses revenus des différentes mines d’or situées plus loin dans la vallée de la Cauca.

Aujourd’hui Cali est la troisième ville de Colombie et la plus importante sur le versant Pacifique des Andes. Elle a gardé son climat agréable. Nous avons l’impression de revivre le super printemps que nous avons déjà vécu en Andalousie cette année! Le centre historique est certes modeste mais super chou! Nous étions tellement persuadés qu’il n’y avait rien à voir à Cali que nous ne nous attendions pas à trouver ce joli petit centre colonial.

Si les couleurs nous rappellent le Mexique, les petits cafés nichés dans les patios des maisons coloniales nous ramènent à Antigua, un autre de nos coups de cœur latino-américains. Quant à la musique, c’est typiquement caleño (le petit nom des habitants de Cali) avec de la salsa qui s’écoute, et se danse, absolument partout!

Street Art

Là nous avons vraiment l’impression d’être arrivés en Colombie avec ces superbes peintures murales pleines de couleur! Elles n’ont rien à envier à d’autres villes réputée pour leur art de rue comme Georgetown ou Malacca! Les thèmes sont plutôt portés sur la faune et la flore locales ou sur les danseurs de salsa. Dans les deux cas, c’est juste magnifique!

Cali n’est pas le gros highlight de la Colombie et nous l’avons choisie surtout pour des raisons pratiques. Pourtant, nous sommes déjà tombé follement amoureux de ce pays, de ses habitants, de ses couleurs et de sa joie de vivre! C’est une impression qui nous a été donnée dès le passage de l’immigration tant le douanier qui nous a tamponné notre passeport était sympa et jovial! Nous espérons que le reste du pays nous apportera autant de joie que ces deux premiers jours à Cali! Nous sommes en tout cas motivés et gonflés à bloc pour découvrir ce pays qui a déjà l’air merveilleux!

Notre petite exploration du nord de la Castille : Medina del Campo et Zamora

Puisque nous avions déjà subi sept longues heures de bus jusqu’à Salamanca, nous nous sommes dit que nous allions en profiter d’être dans la région pour aller explorer ce qu’il y a pas trop loin dans les alentours.

Medina del Campo

Depuis Salamanca, le moyen de transport le plus rapide est le plus pratique est le train. Il faut prendre celui qui va en direction de Valladolid et en un peu plus de trente minutes, il vous emmène à Medina del Campo. La gare est un peu excentrée et donne l’impression d’être au milieu de nulle part mais il suffit juste d’un bon quart d’heure à pied pour rejoindre le centre ville.

Castillo de la Mota

Une fois n’est pas coutume, nous commençons notre visite par le château! C’est parce que, contrairement à la plupart des villes d’Espagne, le château de la Mota ne se trouve pas sur un promontoire qui domine la ville. Il se trouve de l’autre côté du Rio Zapardiel par rapport au centre-ville, donc du même côté de la gare. Si vous arrivez à Medina del Campo par le rail, il suffit de prendre à droite à la sortie de la gare et, ensuite, de marcher une dizaine de minutes tout droit. Vous n’allez pas le louper, il va tout d’un coup, se dresser devant vous!

Ce château, construit aux XIVe et XVe siècles sur une ancienne forteresse du XIe siècle, a un style architectural typique de la région qu’on appelle communément « école de Valladolid » du nom de la province à laquelle appartient Medina del Campo. Il a toujours appartenu à la royauté espagnole jusqu’à l’avènement de la Première République Espagnole à la fin du XIXe siècle. Ce qui explique sûrement son très bel état de conservation Lors de son arrivée au pouvoir, le dictateur Franco en fit le quartier général de la section féminine de la Phalange, le parti unique de l’Espagne franquiste. Aujourd’hui, l’édifice appartient à la communauté de Castille-et-León et ses salles sont utilisées pour des cours ou des séminaires.

Il est possible d’accéder à quelques parties du château comme la cour extérieure, la cour intérieure et la petite chapelle que nous trouvons trop mignonne avec ses murs en brique. L’entrée est gratuite.

Le centre historique

Pour accéder au centre historique depuis le château, il vous faut revenir sur vos pas quelques centaines de mètres en direction de la gare et emprunter le passage sous voies. Tout est super bien indiqué!

Ne vous attendez pas à Versailles! C’est assez petit et il n’y a pas de grands monuments de ouf! Tout est fait de briques rouges comme c’est souvent le cas dans les alentours de Madrid. Même son histoire est un peu décevante par rapport à d’autres villes d’Espagne et malgré les sonorités méridionales du nom Medina, les Arabes ont, eux aussi, boudé le lieu. Les premiers à s’être vraiment intéressés au coin sont les Wisigoths et leur roi Leovigildo. Au Moyen-Age, on consentit à y construire un château, celui de la Mota, car la reine Leonor de Albuquerque, femme de Fernando Ier d’Aragon était de Medina del Campo. C’est à partir du XVIIe siècle que la ville se développa un peu grâce au commerce de la laine qu’on envoyait directement aux manufactures d’Anvers qui étaient super réputées à l’époque.

Plaza Mayor de la Hispanidad

Mais que sommes-nous venus faire dans ce coin perdu du nord de la Castille si c’est si décevant? Nous sommes juste venu voir la Plaza Mayor! Mais ce n’est pas n’importe quelle place puisque, avec ses 14’000 mètres carré, c’est la plus grande d’Espagne voire une des plus grandes d’Europe! A l’origine, elle n’était pas plus grande que les autres mais il y eut plusieurs incendies au XVe siècle, ce qui a fait de l’espace! Comme le commerce de la laine était florissant à l’époque, on laissa la place telle quelle pour en faire un des plus gros marché de la région. Avec toute cette place à disposition, on commença également a y organiser des ferias qui ont encore cours aujourd’hui!

Les abords de la place sont très bigarrés avec des bâtiments datant de toutes les époques : du Moyen-Age à la décennie hideuse des années 1970. On y trouve quand même l’Ayuntamiento (l’hôtel de ville), la collégiale San Antolín et la maison où la reine Isabel la Catholique a écrit son testament. C’est le principal endroit pour se restaurer dans le centre ville et il y a plein de bistrots avec des terrasses sympas pour combler notre estomac! Mais attention! Nous avons appris à nos dépends que la cuisine locale est bien plus roborative que dans le sud et que les portions sont deux fois plus grandes! Mais c’est compréhensible, les hivers y sont bien plus rigoureux que dans notre douce Andalousie!

En se promenant sur la place, nous avons aperçus au sol de petites plaques métalliques sculptées. Elles marquaient l’endroit où les différents corps de métier avaient le droit d’installer leur étal pendant les marchés.

Très franchement, Medina del Campo ne mérite pas franchement un détour lors d’un voyage en Espagne. Nous sommes contents d’avoir vu la Plaza Mayor la plus grande du pays mais ça s’arrête là. Il y a tellement d’autres lieux bien plus pittoresques à y découvrir!

Zamora

Puisque nous étions déjà dans le nord, autant pousser le vice encore plus loin! Zamora se trouve à une soixantaine de kilomètres au nord de Salamanca, à la hauteur de la frontière nord du Portugal. Entre les deux villes, il n’y a pas trente-six solutions en termes de transports publics, c’est le bus. C’est la compagnie Zasa qui a le monopole avec un prix fixe de 6,25€ par trajet et puis c’est tout! Nous avons essayé par BlaBlaCar mais il n’y avait rien de disponible ce jour-là.

Avec notre tendance aux timings vraiment pourris, nous sommes arrivés à Zamora en pleine fête du fromage! Il y avait des stands avec d’horribles tentes blanches dans toute la ville. Et quand on dit toute la ville, c’est TOUTE la ville! Donc nous nous excusons pour le cadrage pourri de nos photos et ces horribles tentes blanches qui enlaidissent le coin.

Mis à part ça, la fête du fromage est un évènement vraiment sympa et toutes les régions d’Espagne, et parfois d’ailleurs, y étaient représentées. La province de Zamora peut se targuer d’avoir pas moins de huit sortes de fromages différents estampillés DOP (l’équivalent espagnol de l’AOP). La part belle de la manifestation était dédiée à la dégustation de fromage mais aussi de jambon et autres charcuteries car nous sommes en Castille et ici, tout est bon dans le cochon!

Le centre historique

On pourrait qualifier le centre historique de bipolaire. C’est un mélange assez surprenant d’architecture romane du X au XIIe siècle et d’architecture art-déco du XIXe siècle qui sont les deux périodes les plus florissantes de Zamora. La ville fut peuplée dès l’Age de Fer, non pas par les Ibères, mais par les Celtes. On sent que la Galice, terre celtique par excellence, n’est plus très loin! Les Romains en firent une petite étape sur la fameuse Via de la Plata. Quant aux Arabes, ils réussirent à prendre la ville mais y furent vite chassés par le roi Alfonso II de Asturias au IXe siècle déjà! Zamora connut son apogée entre les Xe et XIIIe siècles en devenant une ville très importante du royaume de León. Son emplacement stratégique sur une colline dominant le Rio Duero n’y était pas pour rien! C’est de cette période que nous vient toute l’architecture romane qu’on peut trouver un peu partout en ville. D’ailleurs Zamora tient officiellement le titre de capitale romane d’Espagne!

Plus les frontières du Royaume d’Espagne se déplaçait vers le sud avec la Reconquista, plus Zamora perdit de l’importance. La ville fut peu à peu abandonnée pour des villes plus stratégiques, plus méridionales. Elle ne bénéficia d’aucune retombée de la découverte de l’Amérique et du commerce du Nouveau Monde. Il faut attendre la fin du XIXe siècle, l’arrivée du chemin de fer en 1864 et une certaine industrialisation pour que Zamora renaisse un peu de ses cendres et connaisse un essor économique. Les maisons art-déco du centre historique témoignent de cette deuxième époque faste.

Street Art

En déambulant entre les stands de fromage dans le centre ville, nous sommes tombés sur plusieurs façades et murs décorés de jolies peintures murales style street art comme à Georgetown ou à Malacca. Nous avons découvert que ce genre d’art est super courant, non seulement en ville de Zamora, mais aussi dans les quartiers périphériques et même dans toute la province. Il y a même une « Ruta de las Murales », un itinéraire touristique qui permet d’aller admirer toutes ces œuvres d’art lors d’un road trip dans la région. Nous nous sommes contentés d’admirer celles du centre qui sont très jolies! Mention spéciale pour le quetzal (deuxième image ci-dessous), cet oiseau mythique, emblème du Guatemala, très difficilement observable mais que nous mourrons quand même d’envie de croiser une fois dans notre vie.

Le château

A l’instar de Medina del Campo, le château ne se trouve pas sur un promontoire rocheux qui domine la ville. Il se trouve à l’extrémité occidentale du centre historique et il domine le Rio Duero. Il fut construit au XIe siècle et servit de base de départ pour la Reconquista catholique contre les musulmans d’Al-Andalus. La forteresse extérieure ainsi que quelques tours sont plutôt bien conservées, ce qui n’est pas le cas de tout le reste.

Catedral del Salvador

Nous avons vraiment été maudits avec cette cathédrale. La façade sud est en pleine restauration et est couverte d’échafaudages recouverts d’une horrible bâche verte. Quant à la façade nord, elle est obstruée par tous les stands de fromage. Quand nous vous disions que la fête du fromage squattait TOUTE la ville! C’est dommage car elle a l’air vraiment superbe et c’est un des meilleurs témoignages d’architecture romane du XIIe siècle de cette ampleur en Espagne. En plus, sa situation sur l’esplanade qu’elle partage avec le château aurait dû nous donner un excellent angle de vue! Tant pis, vous reprendrez bien un morceau de Zamorano (fromage local) à la place?

Nous exagérons peut-être un peu avec la fête du fromage mais quelle n’a pas été notre surprise de voir quel stand se payait la meilleure place de la ville! Celle où nous aurions dû nous trouver pour prendre des belles photos de la cathédrale!

Rio Duero

Une fois n’est pas coutume, nous n’effectuons pas notre traditionnelle grimpette du jour mais une descente, qu’il faudra regrimper après quand même! Zamora surplombe le Rio Duero, plus connu en français sous le nom portugais Douro. C’est le fleuve qui traverse également la ville de Porto et dont ses rives, des deux côtés de la frontière, sont réputées pour ses vignobles. Nous nous sommes évidemment sacrifiés pour vérifier cette dernière information et nous devons reconnaître que les pinards locaux sont excellents!

Le joli pont de pierre qui traverse le fleuve date du XIIe siècle et faisait également partie de la fameuse Via de la Plata qui reliait Augusta Emerita (Mérida) à Austurica Augusta (Astorga). Avec notre sens du timing légendaire, nous avons trouvé le pont en travaux et n’avons pas pu y accéder pour observer le centre historique de Zamora dans ses remparts.

Aceñas de Olivares

Nous avons quand même fini par trouver quelque-chose qui ne soit pas en chantier, où la fête du fromage n’a pas installé ses quartiers et qui, en plus, est gratuit! Ces trois jolis petits moulins d’époque médiévale utilisaient la force de l’eau pour moudre le blé en farine. Ils ont été utilisés jusqu’au début du XXe siècle. Ils abritent aujourd’hui un petit musée qui explique leur fonctionnement et qui documente toute l’industrie de l’eau du Douro à travers l’histoire.

Nous avons mentionné plus haut le fait que nous prenons notre job d’explorateurs très au sérieux au point d’aller tester les produits locaux, principalement ceux qui sont fabriqués avec du raisin! En voici la preuve ci-dessous! Mais à Zamora, un verre de vin s’accompagne toujours d’un « pincho moruno »! En fait, c’est juste une brochette de porc. Mais il y a quand même une petite subtilité. A la commande, il faut savoir si vous voulez « uno que si » ou « uno que no », c’est-à-dire piquant ou pas. Si vous êtes amateurs de curry thai, ne vous emballez pas! La « que si » est juste saupoudrée d’un peu de pimiento de la vera, le paprika local. Donc ça n’arrache pas mais ça se laisse facilement déguster!

C’est sur cette petite note gastronomique que s’achève notre petite découverte de Castille-et-León. Nos estomacs commencent à réclamer des plats plus légers avec plein de légumes!

Sur les trois villes que nous avons visitées, c’est indubitablement Salamanca la plus belle mais notre coup de cœur aura été pour Zamora. Certes, l’ambiance de la fête du fromage y a sûrement contribué mais nous y trouvons quand même une petite douceur de vivre assez sympa à laquelle nous avons été particulièrement sensibles.

Salamanca, la plus vieille ville étudiante d’Espagne

Après un superbe été passé dans notre belle andalouse et sur les plages de Cádiz, il est temps pour nous d’effectuer notre rentrée et de partir à la découverte d’autres coins de notre beau pays.

Notre curiosité nous a poussés, une fois n’est pas coutume, tout droit en direction du nord dans la communauté autonome de Castille-et-León, une région qui était totalement méconnue pour Van. Le choix de Salamanca ne s’est pas fait au hasard, la ville est reconnue pour son université et son patrimoine architectural médiéval intéressant.

Nous avons choisi le bus pour nous y rendre. Ça nous paraissait logique vu que depuis Séville, l’autoroute va tout droit en direction du nord en empruntant le tracé de l’ancienne voie romaine « Via de la Plata ». Ce que nous n’avions pas prévu, c’est que le bus en question dessert tous les petits bleds d’Estrémadure! Nous n’avons rien contre l’Estrémadure, au contraire, c’est notre deuxième région d’Espagne préférée après l’Andalousie, mais là, nous aurions quand même préféré avancer un peu plus vite! Bref, la prochaine fois nous prendrons le train même s’il faut passer par Madrid et y changer de gare.

Mais nous n’allons pas nous décourager à cause d’un trop long trajet de bus et nous sommes toujours motivés à aller découvrir cette nouvelle ville.

Le centre historique

Salamanca possède une histoire très riche et a été habitée par les Ibères dès le premier millénaire avant notre ère. Elle a été conquise par le carthaginois Hanibal avant d’être prise par les Romains qui l’ont intégrée à leur province de Lusitania avec le Portugal et la Galice. D’ailleurs, la frontière portugaise est à une petite centaine de kilomètres de là à la hauteur de Porto à peu près et les habitants ont déjà, dans leur accent, une façon de bien appuyer les « S » presque comme des « ch » qui nous rappelle les sonorités lusophones de nos voisins.

Ensuite Salamanca fut prise par les Alains, un peuple barbare venu de Perse qui conquit toute la Lusitanie après la chute de l’empire romain. Mais l’endroit ne les intéressa pas, pas plus qu’aux Wisigoths venus après eux. Salamanca fut peu à peu abandonnée à son triste sort. Les Arabes sont passés par là également mais ne montrèrent pas plus d’enthousiasme que leurs prédécesseurs. De toute façon, ces derniers ne restèrent pas longtemps dans le coin puisque la Reconquista eut lieu en 939 déjà. Là, les choses commencèrent à changer et la ville se repeupla gentiment et Salamanca devint rapidement une des villes les plus importantes du royaume de León.

Le centre historique date en partie de cette époque avec ses petites ruelles et ses maisonnettes datant du Haut-Moyen-Age. Le tout est bien concentré dans ce qui reste des remparts, bien conservé et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est un peu la Córdoba du Nord. C’est une architecture qui n’existe pas dans le sud puisqu’à cette période, la région était conquise par les musulmans qui nous ont laissé leur superbe architecture mudéjar. C’était d’ailleurs le but de notre virée de voir une architecture et une histoire différente de celle que nous voyons tous les jours.

Plaza Mayor

Nous devons avouer qu’elle nous a un peu laissés sur notre faim cette Plaza Mayor. C’est vrai, qu’à notre passage la feria locale était en train de se préparer et une énorme scène était en train d’être montée au centre de la place. Oui, malgré la pause estivale, nous sommes toujours les rois des timings chelous! Ça ne nous a pas aidés à apprécier la place à sa juste valeur. Mais ce n’est pas la principale raison de notre petite déception. Certes, la place est objectivement vraiment jolie avec son style baroque du XVIIIe siècle et ses arcades mais nous la trouvons trop carrée, trop uniforme. Elle a été commandée telle quelle à un architecte local et n’a pas été bordée de bâtiments bâtis à l’arrache au fil des siècles. Ceci explique sûrement cela. Nous préférons les places un peu plus biscornues et WTF comme à Cáceres.

Nous ne pouvons pas mettre non plus cette petite déception sur le compte de notre chauvinisme andalou puisque le concept de Plaza Mayor est typiquement castillan et n’existe pas en Andalousie. Même si en vrai notre Plaza de España reste la plus belle, on est d’accord!

La Casa de las Conchas

En français, elle s’appelle la maison des coquillages et on peut aisément comprendre pourquoi! Ses façades sont recouvertes de plus de trois cents coquilles Saint-Jacques. A part cette fantaisie décorative, le bâtiment est un édifice médiéval typique de style gothique tardif qui a été construit entre 1493 et 1517 pour une noble famille locale. On ne sait pas vraiment pourquoi ces coquillages ont été choisis pour orner la façade mais il y a deux légendes, plus ou moins plausibles, qui circulent en ville à ce sujet. La première est que la famille qui fit construire la maison appartenait à l’ordre de Santiago (Saint-Jacques), un ordre religieux et militaire du royaume de León qui avait pour mission de protéger les pèlerins des chemins de Compostelle mais aussi d’expulser les non-catholiques de la péninsule ibérique et dont l’emblème était la coquille Saint-Jacques. L’autre légende, plus romantique, raconte que le fils du propriétaire de la maison fit poser ces décos par amour pour sa femme dont les armoiries de sa famille contenaient des coquillages. Aujourd’hui, l’édifice appartient à la municipalité de Salamanca et abrite une bibliothèque. Il y a pire comme endroit pour s’adonner au plaisir de la lecture!

La Clerencia

Juste en face de la Casa de las Conchas, se dresse la Clerencia et sa magnifique façade baroque! Construite au XVIIe siècle, elle abritait le collège de la Compagnie de Jésus (les Jésuites). Aujourd’hui, elle abrite l’université pontificale de Salamanca, une université catholique privée. Malheureusement, la Clerencia et la Casa de las Conchas se font face dans une ruelle très étroite et il est difficile d’observer les deux édifices à leur juste valeur. (voir notre deuxième photo de la galerie ci-dessus pour vous faire idée de la proximité des bâtiments)

Les cathédrales

Salamanca possède deux cathédrales une vieille (vieja) et une nouvelle (nueva). Bon, il est très difficile de les différencier parce que la nouvelle à été, en partie, construite sur l’ancienne après que cette dernière ait été bien endommagée par le tremblement de terre de Lisbonne en 1755. En gros, la partie arrière de style roman est la « catedral vieja » qui date du XIe siècle, et le reste, plus grand de style gothico-Renaissance qui date des XVIIe et XVIIIe siècles, est la « catedral nueva ». L’ensemble est vraiment joli avec ses différents styles architecturaux et comme tout a été bâti sur une petite esplanade, on le voit de loin. Ce qui fait un très bon repère quand on se perd dans le dédale de ruelles du centre historique.

L’université

Non, nous ne sommes pas venus à Salamanca reprendre nos études car nous avons un projet encore plus fou que celui d’apprendre de nouvelles choses pour le mois d’octobre! Si nous vous en parlons c’est parce que, déjà, les différentes facultés de la ville se trouvent dans des édifices historiques vraiment remarquables. Ensuite, Salamanca peut se targuer d’avoir la plus vieille université d’Espagne et la deuxième d’Europe après Bologne, en Italie. Elle a été fondée en 1218. Oui, ils sont studieux les gens du sud! Enfin, l’université a reçu de prestigieux élèves comme le navigateur Hernan Cortés ou l’écrivain Miguel de Cervantes, le Molière espagnol. Christophe Colomb y est même venu préparer une partie de son expédition qui le mena à la découverte de l’Amérique. Paradoxalement, c’est également à l’intérieur de ces murs qu’ont été discutés la mise en place de droits pour les indigènes du Nouveau Monde. On y a également accueilli la première femme étudiante du monde, Beatriz Galindo qui était une dame de compagnie de la reine Isabel et on y a crée la première grammaire du castillan en 1492. Rien que ça!

Aujourd’hui, l’université de Salamanca reste très prisée des étudiants locaux et internationaux et la municipalité en tire la plupart de ses revenus. L’ambiance en ville est d’ailleurs très cool, très jeune et très dynamique. Nous avions un peu peur, avant de venir dans le nord, de retrouver l’ambiance de Zaragoza très froide. Heureusement, ça n’a pas du tout été le cas. Certes, les gens n’ont pas l’exagération des Andalous mais ils restent ouverts et très sympas!

Les archives de la Guerre Civile

Nous y sommes rentrés pour nous protéger du froid. Oui, vous avez bien lu, du froid! Le matin de notre départ, il y avait un vent glacial à décorner des bœufs et c’était beaucoup trop tôt pour aller boire l’apéro. Donc nous avons été nous abreuver d’histoire plutôt que de pinard local, très bon soit dit en passant! Nous n’y avons pas pris de photo à l’intérieur, même si c’est autorisé, car les documents de propagande de l’époque que nous y avons trouvés sont super nauséabonds et nous savons que la population espagnole est encore très mal à l’aise avec cette partie de son histoire. Mais ça reste très intéressant même si nous avons été hallucinés par certains écrits de l’époque, de la part des deux camps.

Il y a une partie dédiée à la loge maçonnique de Salamanca qui, comme toutes les sociétés de francs-maçons, a été persécutée par le régime de Franco.

L’entrée est gratuite et il y a des visites guidées à certaines heures. Malheureusement pour nous, elle étaient complètes ce jour-là. Mieux vaut s’y inscrire à l’avance.

Le pont romain

Il faut sortir de l’enceinte de la vieille ville pour observer le seul vestige romain encore visible à Salamanca. Ce magnifique pont date du Ier siècle mais a dû subir plusieurs campagnes de restauration au cours des siècles à cause des crues du Rio Tormes, la rivière qui traverse Salamanca. C’était un important passage de la Via de la Plata, une voie romaine d’Hispanie occidentale reliant Augusta Emerita (Mérida) à Austurica Augusta (Astorga) et qui est aujourd’hui un des itinéraires des chemins de Compostelle. La plus-value de ce pont c’est qu’il donne une vue incroyable sur les cathédrales qui dominent la ville.

Nous avons bien fait de nous bouger à 460 kilomètres au nord de notre belle Séville et de subir un interminable trajet en bus ainsi qu’un vent glacial du nord! Salamanca est vraiment une très belle ville avec un patrimoine historique incroyable. Nous vous recommandons plutôt d’y accéder par Madrid à environ deux heures de bus ou de train. L’Espagne n’a pas que des plages et des bars à tapas à offrir mais aussi ce genre de petites villes où il fait bon d’y passer quelques jours.

Visite de la cathédrale Santa Maria de la Sede de Sevilla et de sa Giralda

Ça fait des mois, voire plus, que nous vous promettons un article sur notre belle ville Séville. Désolés si nous vous avons donné de faux espoirs, mais c’est encore « Work in progress » et ça ne sera pas pour cette fois encore. Rassurez-vous, l’article est en cours d’écriture et il avance, à la sévillane certes, mais il avance quand même. Nous nous sommes juste rendus compte que nous avons tellement de choses à dire sur notre ville que nous n’allons pas pouvoir le faire en une seule fois, ce serait beaucoup trop long et indigeste. Alors nous allons scinder et vous proposer plusieurs articles sur des sujets précis de Séville. Aujourd’hui, nous allons vous emmener en visite dans notre belle cathédrale.

NB : n’hésitez pas à nous dire si vous aimez cette façon de faire ou si vous préférez n’avoir qu’un seul gros article à lire en une fois!

La cathédrale

La cathédrale se trouve en plein cœur du centre historique de Séville juste à côté de l’alcazar. Sa Giralda se voit de loin et le bâtiment est tellement énorme qu’il est impossible de le louper même en ayant abusé de la manzanilla! Non, à Séville une manzanilla (camomille en français) n’est pas une infusion mais un vin blanc local sec mais quand même un peu licoreux très prisé des locaux même si en vrai il vient de Sanlúcar de Barrameda, 90 kilomètres plus au sud, à l’embouchure du Guadalquivir, le fleuve qui traverse notre ville.

Mais revenons à nos moutons ou plutôt à notre cathédrale! De toute façon, il ne faut pas abuser de la manzanilla surtout par les chaleurs estivales sous peine de se retrouver avec un mal de tête carabiné! (C’est du vécu!) Et l’abus d’alcool est dangereux pour la santé!

Ce monstre gothique qui s’étend sur plus de 11’500 mètres carré est la plus grande cathédrale d’Espagne, la deuxième plus grande cathédrale gothique du monde après Milan mais juste à quelques mètres carrés près ainsi qu’une des plus grandes du monde chrétien en général. Oui, on se la pète un peu avec notre cathédrale, mais elle en jette vraiment, n’est-ce pas? Sa construction commença à la fin du XIVe siècle et dura plus d’un siècle. On remarque d’ailleurs bien les évolutions architecturales entre le gothique, le style Renaissance et le baroque. A cet emplacement, il y avait la mosquée principale d’ Ishbiliya, le petit nom de Séville durant le califat almohade, c’est-à-dire, l’époque musulmane. Il en subsiste aujourd’hui la Giralda, le campanile de style mudéjar qui en était le minaret. C’est une tour de 104 mètres de haut, le plus haut clocher du pays, qui a été construite sur le modèle de la mosquée Koutoubia de Marrakech. Ayant été à Marrakech, nous confirmons la ressemblance troublante! Un clocher de style Renaissance a été rajouté au XVIe siècle lors de la conversion de la mosquée en cathédrale.

Notre cathédrale est tellement ouf qu’elle a été inscrite, avec l’alcazar et les archives des Indes, au patrimoine mondial de l’UNESCO!

Notre Giralda a également servi de modèle à la tour Hassan de Rabat. Bon, cette dernière n’a jamais été achevée mais il faut reconnaître qu’il y a un air de ressemblance, ne trouvez-vous pas?

A gauche, notre Giralda sévillane, à droite, la tour Hassan de Rabat.

L’intérieur

Nous avons usé plusieurs fois de nos passe-droits de résidents pour visiter l’intérieur de la cathédrale gratuitement. L’entrée pour les touristes coûte douze euros et nous vous conseillons de prendre vos billets à l’avance sur internet afin de ne pas devoir faire la queue, souvent en plein cagnard, pour accéder à l’intérieur du monument.

Si vous pensez trouver des traces de l’ancienne mosquée, passez votre chemin et allez plutôt visiter la mezquita de Córdoba, qui elle a gardé son architecture mudéjare magnifique. Ici à Séville, c’est du gothique, puis du baroque sur chaque centimètre carré de la cathédrale. Dans la nef principale, il n’y a plus aucun vestige architectural de l’époque musulmane.

La nef centrale est énorme. Elle n’a pas la forme d’abside comme une cathédrale gothique traditionnelle mais plutôt d’un énorme carré. Rappelons-nous, nous sommes dans un ancienne mosquée même si ça ne se voit plus trop, d’où cette forme un peu particulière. La hauteur est impressionnante et le plafond possède les voutes typiques de l’architecture gothique.

Capilla Mayor

La grande chapelle se trouve au centre de la nef centrale et est reconnaissable grâce à son énorme retable doré. Cette magnifique œuvre d’art commencée en 1481 mesure vingt-six mètres de haut, dix-huit mètres de large et cinq mètres de profondeur et serait le plus grand retable de toute la chrétienté. Sa superficie atteindrait les quatre cents mètres carrés et il a fallu plus de 80 ans pour terminer les travaux. Oui, elle se la pète vraiment cette cathédrale! L’accès à la chapelle en elle-même n’est pas possible mais il vaut quand même la peine de s’en approcher le plus possible afin d’admirer tous les détails architecturaux incroyables.

Le choeur

En face de la grande chapelle, se trouve le choeur qui est tout aussi impressionnant. La structure en bois date de 1523 et possède un style déjà plus Renaissance. Quant à l’orgue, il date de 1901 en remplacement de l’ancien qui s’était effondré quelques années auparavant mais le meuble en bois dans lequel il est encastré date de 1724.

Les chapelles latérales

Comme toute cathédrale digne de ce nom, celle de Séville possède une multitude de chapelles latérales toutes plus belles les unes que les autres. Certaines possèdent même des tombeaux de certains monarques espagnols ou de célèbres hommes d’églises. Il y a de nombreux tableaux magnifiques de la Renaissance, parfois de la part de parfaits inconnus, mais plus généralement d’illustres peintres flamands, espagnols comme Francisco de Goya de Zaragoza ou encore plus locaux comme Murillo, notre Michel-Ange local. Pour des vrais amateurs d’art, les tableaux des chapelles doivent être exceptionnels mais nous devons reconnaître que n’avons pas (encore) été sensibilisés à la peinture et que nous sommes très incultes en la matière. Nous sommes juste capables de dire si nous trouvons un tableau joli ou non.

Les sacristies et le trésor

Après avoir traversé un patio qui pourrait nous rappeler la mosquée, on délaisse complètement le gothique pour nous retrouver dans des salles cent pour cent baroques. C’est là qu’est exposé le trésor composé d’innombrables pièces en or et en argent finement sculptées. Ces objets sont magnifiques mais il ne faut pas oublier qu’on les doit quand même au pillage d’or dans les colonies. Séville était la première à se servir puisque c’était le port d’arrivée des navires arrivant depuis le Nouveau-Monde. A ce titre, elle possède donc un des plus beau et plus riche trésor d’Espagne.

Le tombeau de Christophe Colomb

Certes, Christophe Colomb était génois mais il a surtout travaillé pour le Royaume d’Espagne tout au long de sa vie. L’explorateur est mort en 1502 mais ce tombeau ne date que de 1899. Il a d’abord été enterré à Valladolid, une petite ville au nord-ouest de Madrid, qui est le lieu de son décès. Puis, son corps a été transféré une première fois à Séville, puis à Santo Domingo, puis à La Havane. Après l’indépendance de Cuba, les Cubains consentirent à restituer les restes de Christophe Colomb à l’Espagne. Le choix de la cathédrale de Séville se fit assez facilement : la ville étant un avant poste important du Nouveau Monde du temps de l’empire espagnol, il était logique que celui qui l’a découvert soit enterré ici.

Patio de los naranjos

Ce patio est le plus grand espace qui nous reste de l’ancienne mosquée. Nous devons avouer qu’il nous a un peu déçus. C’est vrai que l’intérieur de la cathédrale est tellement grandiose que ce patio fait un peu pâle figure avec sa petite fontaine et son alignée d’orangers. C’est un peu dommage car c’est de là qu’on sort de l’édifice, du coup on laisse le plus décevant pour la fin.

La Giralda

Bon, nous, nous avons un peu triché dans l’ordre de la visite et avons gardé le meilleur de la cathédrale pour la fin : la grimpette sur la Giralda! Nous sommes ici sur le minaret de l’ancienne mosquée qui date du XIIe siècle et qui possède encore quelques vestiges d’architecture mudejar. Par contre, au sommet, c’est un vrai clocher catholique qui nous attend et qui a été rajouté au XVIe siècle. La montée en rampe et en pente douce qui existe encore aujourd’hui est d’époque musulmane et a été conçue pour pouvoir accéder au sommet avec des chevaux.

La vue

Le clou du spectacle reste la vue que nous avons sur la ville et sur le toit de la cathédrale depuis le sommet! Les détails gothiques du sommet du bâtiment sont juste incroyables! Avec le soleil écrasant de l’été et les façades blanchies à la chaux, nous nous imaginons sans peine dans une ville nord-africaine. Seules les coupoles et les clochers des églises nous rappellent que nous sommes en terres catholiques. Voir notre ville d’en haut nous a donné une belle piqûre de rappel sur la chance que nous avons de vivre dans magnifique endroit comme celui-ci.

Malgré son gigantisme, la cathédrale n’est qu’une toute petite partie de tout ce qu’il y a à voir à Séville. Même si nous y passons devant plusieurs fois par semaine, nous sommes toujours impressionnés par ce monstre qui trône fièrement en plein centre historique et encore plus chaque fois que nous pénétrons à l’intérieur et que nous découvrons les œuvres d’art incroyables. A chaque visite, nous découvrons des nouveaux détails.

Nous espérons que cette première petite mise en bouche vous aura donné envie d’en découvrir un peu plus sur notre magnifique ville. Nous allons essayer de ne pas trop tarder avant de publier d’autres articles sur la ville. Mais ce n’est pas évident. Déjà, nous sommes conscients de manquer cruellement d’objectivité. Ensuite, nous avons trop de choses à dire pour que ça reste cohérent et facile à lire. Enfin, à force de connaître la ville, nous commençons à devenir un peu perfectionnistes sur ce que nous voulons vous raconter. Mais promis, nous allons essayer de faire un travail sur nous et vous livrer très bientôt d’autres aventures sévillanes!

Almería et le Cabo de Gata

Malgré tous ces mois passés en Andalousie, il nous restait une province dans laquelle nous n’avions encore jamais mis les pieds. Cette province, c’est Almería, située à l’extrême sud-est de la région. Nous avons profité de prendre quelques jours dans la douceur du mois de juin pour aller réparer cet « oubli » et découvrir ce nouvel endroit.

Si nous n’y avons pas été plus tôt, c’est parce-que le coin est un peu isolé et assez loin. Entre Séville et Almería, il y a 415 kilomètres! C’est presque l’équivalent d’un Paris-Lyon! Autant vous dire qu’on n’y fait pas un petit aller-retour vite fait! On ne s’en rend pas forcément compte du premier coup mais l’Andalousie est énorme, très montagneuse et les distances très longues. Ce n’est qu’une région espagnole mais elle est plus étendue que certains pays comme l’Autriche ou la Tchéquie!

Le point faible de la province d’Almería, c’est son isolement. C’est un peu un cul de sac et elle ne se trouve pas du tout sur les voies de communication principales de l’Espagne. Les deux villes qui desservent le mieux Almería avec le bus sont Málaga par la côte ou Granada par l’autoroute qui traverse le désert de Tabernas. Depuis Séville, c’est la deuxième option la plus directe. Nous avons donc traversé Tabernas qui peut se targuer d’être le seul désert d’Europe. Les paysages sont superbes et ont été le lieu de nombreux tournages, notamment de westerns spaghettis, dans les années 1960-1970. Parmi les grands films qui y ont été tournés, on peut citer Lawrence d’Arabie, Cléopâtre ou encore Indiana Jones. Aujourd’hui, l’âge d’or de Tabernas a un peu passé mais quelques films récents y ont quand même été tournés comme Assassin’s Creed ou encore le dernier Terminator. Les studios de cinéma se visitent évidemment mais ce sera pour une autre fois en ce qui nous concerne. Le climat de l’Andalousie étant presque infernal à la belle saison, nous gardons cette virée pour un prochain hiver.

Après avoir traversé le désert de Tabernas, nous avons pris la résolution de ne plus jamais nous plaindre que Séville est un désert! Oui, ça nous arrive les mauvais jours! Certes, avec son air sec, ses étés torrides et ses nuits d’hivers glaciales, la plaine du Guadalquivir est officiellement classée en climat semi-désertique. Pourtant, nous avons quand même quelques précipitations en hiver, même si pas assez, de la végétation, des prairies verdoyantes au printemps et parfois un air atlantique plus humide! Rien à voir avec les paysages désolés et les cactus des environs d’Almería.

Almería

Nous allons être francs, Almería n’est pas vraiment ce qu’on pourrait qualifier de jolie ville. Bon, il faut reconnaître qu’en Andalousie on place la barre très haut sur ce sujet. D’ailleurs, nous n’avons pas trouvé Almería très andalouse, elle ressemble plutôt à Alicante avec ses alentours arides, sa forteresse dominant la ville et son ouverture sur la Méditerranée. Elle a juste, à notre avis, un petit air nord-africain en plus.

Almería a été fondée par les Arabes à la fin du Xe siècle et devint même le port le plus important de tout le califat de Cordoue. Elle connut bien entendu la Reconquista et fut incorporée à la couronne de Castille en 1489. Et là, tout est parti en vrille! Entre les tremblements de terre, la peste et les attaques incessantes des pirates, Almería connut une vraie descente aux enfers. Cette disgrâce prit fin à la toute fin du XIXe siècle avec l’essor de l’industrie de l’extraction minière ainsi qu’avec les exportation du raisin de Ohanes, une variété locale. Aujourd’hui, Almería est tristement connue pour ses « océans de plastique », des kilomètres carrés de serres où sont cultivés intensivement fruits et légumes pour être exportés, hors saison, en Europe du Nord.

Ce qui reste du centre historique ce sont plutôt les constructions dues au regain économique du XIXe siècle avec de grands bâtiments d’architecture néoclassique.

Plaza Vieja

Cette place ne se trouve pas facilement. Comme à Guadix, on y accède par un petit passage un peu dérobé entre deux bâtiments. Cette place date du XIXe siècle et a été fondée sur l’emplacement de l’ancien souk de la période musulmane. Malgré sa construction tardive, la place possède de jolis cabildos, ces fameux bâtiments à arcades typiquement andalous qu’on retrouve beaucoup dans les villes coloniales d’Amérique Latine. On y trouve notamment l’Ayuntamiento (la mairie) ou encore le monument aux martyrs de la liberté. Ce dernier est une superbe colonne de marbre de dix-sept mètres de haut. Elle a été érigée en 1868 en l’honneur de quelques combattants qui ont lutté contre le pouvoir despotique du roi Fernando VII avant d’être fusillés. Ce monument a été détruit par le dictateur Franco avant d’être reconstruit en 1988 sous la pression populaire.

Catedral de la Encarnación

Ce n’est pas une cathédrale mais plutôt un gros bloc de pierre posé au milieu de la ville! C’était une d’ailleurs une cathédrale-forteresse, la seule d’Espagne, construite au XVIe siècle dans un style gothique tardif très épuré. A part quelques fioritures baroques rajoutées par après, le tout est très sobre et surtout très massif. Nous ne la trouvons pas très jolie en fait mais depuis que nous habitons dans une ville qui possède une des plus belles cathédrales du monde, nous sommes devenus très pénibles en la matière. Ce que nous trouvons sympa par contre, ce sont les palmiers sur la place qui donnent un côté très « sud profond » au lieu.

Cable Inglés

Encore un héritage de l’âge d’or de l’industrie minière d’Almería! C’est un ancien pont ferroviaire datant de 1904 qui reliait la gare d’Almería au port afin de transporter le fer extrait des mines des montagnes alentours pour le charger facilement sur des bateaux afin de l’exporter dans toute l’Europe. Mais pourquoi l’appeler Ingles (anglais)? Tout simplement parce que les concessions minières de la région appartenaient aux Britanniques. C’est presque le même qu’à Huelva sauf qu’ici on ne peut pas s’y promener dessus et encore moins l’utiliser comme plongeoir!

L’Alcazaba

Ah il nous reste quand même quelque-chose de la période arabe! Cette superbe alcazaba surplombe la ville d’Almería juste de quelques mètres, la grimpette n’est pas trop pénible. Malheureusement pour nous, Madame s’offre une grosse cure de jouvence et est à moitié couverte d’échafaudages. Le chantier bat son plein, beaucoup d’ouvriers s’activent et de grosses grues travaillent à la restauration de cette gigantesque forteresse. Rassurez-vous, on peut quand même accéder à l’intérieur des murailles. C’est même gratuit si vous êtes ressortissants de l’Union Européenne.

Cette alcazaba est une des plus importantes de la péninsule ibérique et comptabilise plus de 1430 mètres de remparts. Elle n’est surpassée que par Badajoz qui, elle, possède la plus grande alcazaba d’Europe. Elle a été construite au IXe siècle avant la fondation de la ville afin de défendre le califat de Cordoue contre les attaques normandes.

La première cour intérieure

Aucun doute, l’ambiance arabe transpire par tous les pores de cette première cour. On y trouve des aljibes (un système de citernes typiquement arabe afin d’assurer l’alimentation du complexe en eau), une reconstitution d’une maison arabe, des portes en forme de serrures, des bains ainsi que des jardins, sortes de mini Generalife, en moins pittoresques bien sûr! Il y a des parcelles de jardins qui paraissent plus proprettes, plus modernes un peu à la française. C’est normal, ça a été aménagé récemment afin de camoufler le bordel engendré par les différentes fouilles archéologiques. C’est plutôt bien fait et ça ne dénature encore pas trop l’endroit.

La cour supérieure

Là, pas de doute, nous sommes passé du côté catholique de la force! Après la prise d’Almería, les rois catholiques commencèrent la construction du château sur l’alcazaba déjà existante afin de répondre au mieux aux besoins de l’époque en matière d’artillerie. Adieu les jolis jardins, ici, tout est fonctionnel : tour de garde, salle des canons, meurtrières, etc. On est dans un vrai château-fort médiéval comme on en trouve beaucoup en Europe Occidentale et dans les films de capes et d’épées. C’est la première partie de la forteresse à avoir été restaurée, nous ne sommes donc pas « dérangés » par le chantier.

Evidemment, la cour supérieure de l’alcazaba nous offre une superbe vue sur Almería. Les montagnes en arrière plan dans la brume appartiennent au Cabo de Gata. Les alentours arides nous rappellent le Maroc et renforcent l’ambiance africaine de la ville.

D’ailleurs en parlant d’Afrique, vous voulez une anecdote? Saviez-vous qu’officiellement Almería est à cheval sur deux continents? Certes, ce n’est pas aussi évident et fou qu’à Istanbul mais ça n’en reste pas moins vrai. Il y a, au large des côtes marocaines près de la ville de Nador, un petit îlot volcanique appelé « Isla de Alborán » qui appartient à la ville d’Almería. Quand nous pensions avoir déjà débarqué en Afrique, nous n’avions pas si tort finalement.

Cerro San Cristóbal

C’est un petit promontoire rocheux en face de celui de l’alcazaba ou on peut encore observer les remparts entourant la ville à l’époque musulmane. La grimpette n’est pas très difficile mais tout est également en chantier par ici, il y a beaucoup de caillasse et de poussière. De là, il y a une superbe vue sur l’alcazaba.

Sur notre première photo ci-dessus, il y a, à droite de la muraille, un monument du « Sacré-Cœur de Jésus » construite en marbre en 1928. Ce qui nous a hallucinés, c’est la ressemblance troublante avec l’ancienne chapelle copte sur la colline de West Bank à Assouan, sans la statue de Jésus dessus.

A gauche, le monument d’Almería, à droite celui d’Assouan.Troublant n’est-ce pas? Nous n’avons juste pas pu nous approcher plus près du monument à Almería pour cause de travaux.

Cabo de Gata

C’était le principal but de notre virée en Andalousie Orientale. Le cap se situe à une trentaine de kilomètres à l’est d’Almería. Depuis la station de bus de la ville, il suffit de prendre le bus pour le Cabo de Gata. Il faut juste bien faire attention aux horaires, surtout pour le retour car il n’y en a pas souvent. Le trajet dure une petite heure et longe la mer, c’est assez joli. Le terminus se trouve à l’entrée du petit hameau de la Fabriquilla où se trouve une jolie petite plage au sable un peu grossier mais aux eaux cristallines. Le paysage désertique, les eaux turquoises et les petites maisons aux couleurs pastels nous ont rappelé la mer Rouge en Egypte. Par contre, avec les courants venant du détroit de Gibraltar tout proche, l’eau reste très froide!

De là, il reste trois kilomètres pour arriver à la pointe du Cabo de Gata. Si vous êtes véhiculés, c’est facile, la route va jusqu’au bout. Sinon, il vous faudra faire travailler vos mollets! Il y a un petit chemin de l’autre côté de la glissière qui suit la route. Si vous ne voulez pas marcher dans la caillasse ou si vous avez peur du vide, vous pouvez aisément marcher sur la route, c’est assez large et il n’y a pas beaucoup de trafic.

Plus nous avançons, plus nous avons l’impression d’être de retour à Tenerife! Il y a d’impressionnantes montagnes arides d’origine volcanique qui se jettent directement dans la mer avec une pointe au bout sur lequel se dresse un phare. C’est un peu la Punta de Teno n’est-ce-pas? La seule différence c’est la mer! A Tenerife c’est un Atlantique généralement déchaîné qui vient s’éclater contre les falaises, tandis qu’ici, c’est une Méditerranée toute calme, mais presque aussi froide, que nous pouvons observer.

A gauche, le Cabo de Gata, à droite la Punta de Teno, là aussi la ressemblance est troublante!

Toute la zone fait partie du parc naturel du Cabo de Gata – Níjar qui couvre, sur presque 50’000 hectares, l’extrémité est de la côte méditerranéenne andalouse. Le parc compte le massif volcanique, quelques salines et une importante réserve marine. Sachant qu’une bonne partie de la province est couverte de ce qu’on appelle « l’océan de plastique », des hectares de serres où on y exploite des personnes précarisées pour envoyer toutes sortes de fruits et légumes au reste de l’Europe et hors saison en plus, ça fait du bien de trouver cet espace naturel protégé et encore sauvage.

Le phare du Cabo de Gata

A l’époque romaine, le Cabo de Gata était appelé Cap de Vénus en hommage à leur déesse de l’amour. C’est mignon n’est-ce-pas? Le nom actuel provient de l’arabe « Al-Qabta » qui signifie tout simplement « le cap ». Il est dominé par le Cerro de la Testa culminant à 343 mètres d’altitude. Venant des Alpes, c’est une hauteur dérisoire, ça correspond grosso modo à l’altitude de Genève, mais quand ça se jette directement dans la mer, c’est déjà beaucoup plus impressionnant! La pointe du cap culmine, elle, déjà à cinquante mètres d’altitude et est surmontée d’un phare haut de dix-huit mètres qui a été mis en service en 1863.

Petit fun fact géographique : le Cabo de Gata est le point le plus au sud-est de toute la péninsule ibérique et sépare la mer d’Alborán (le petit nom donné à la mer entre le Cabo de Gata, le cap Fegalo près de la ville d’Oran, en Algérie et le détroit de Gibraltar) du reste de la Méditerranée. Nous qui sommes des férus de points géographiques nous étions évidemment aux anges

Nous avons beaucoup aimé notre petit séjour à Almería malgré une tempête de vent qui nous a un peu tapé sur le système. Nous avons été impressionnés par l’aridité des environs. Certes, nous connaissions l’existence du désert de Tabernas mais nous pensions que l’office du tourisme exagérait un peu pour se la péter et pour attirer les touristes. Mais non, c’est bien un vrai désert de roches sans aucune végétation! Du coup, il semblerait que le seul environnement naturel qui manque en Andalousie, c’est la jungle!

Même si la ville d’Almería en elle-même n’a rien de vraiment pittoresque les alentours sont assez intéressants, pas trop touristiques et les plages sont mille fois plus belles que sur la Costa del Sol!