Les Joyaux de Salta et exploration du Nord-Ouest Andin dans la quebrada de las Conchas

Salta aura une saveur particulière dans notre séjour argentin. Nous y sommes restés près d’un mois en travaillant dans un hostel de la ville où nous avons passé de très bons moments riches en expériences professionnelles et surtout humaines. Nous savons maintenant que si nous devons travailler dans l’hôtellerie, nous sommes tout à fait capables de le faire!

Nous avons quand même pris le temps, lors de notre temps libre, de déambuler dans la ville afin d’en connaître son essence. Idéalement située sur un plateau fertile, au pied des Andes Orientales, Salta est également un point de départ idéal pour explorer le Nord Ouest Andin.

Casco historico

Surnommée, à juste titre,  la linda ou la hermosa (la belle), Salta se targue de posséder le plus grand nombre de bâtiments coloniaux de toute l’Argentine, et en superbe état de conservation! Elle a été, bien sûr, fondée par les Espagnols en 1576 dans le but de chasser les Guaranis, les tribus indiennes indigènes mais aussi pour constituer une ville étape sur la longue route qui reliait Buenos Aires à Lima, les deux plus importantes ville de la vice-royauté du Pérou.

Idéalement située sur un plateau fertile, au pied des Andes Orientales, c’est un point de départ idéal pour explorer le Nord Ouest Andin.

Le cabildo

En Argentine et en Amérique Latine en général, le cabildo désigne un bâtiment colonial espagnol en arcades. On en trouve également en Andalousie où le nom a exactement la même signification. En gros, ce sont les Andalous qui ont exporté le concept dans leurs colonies en Amérique Latine.  Celui de Salta, situé sur la splendide Plaza de Nueve de Julio, la place centrale de la ville, est le mieux conservé de toute le pays et abrite le musée historique du Nord que nous avons visité juste pour pouvoir pénétrer dans le bâtiment!

Couvent San Francisco

Véritable emblème de Salta, l’église fut construite en 1625 pour l’ordre des franciscains établi à Salta. Le campanile, construit en 1877, est avec ses 54 mètres, le plus haut d’Argentine. Décidément Salta est la ville de tous les superlatifs! Nous on adore sa façade rouge qui nous rappelle les couleurs de notre belle Séville. Et nous devons reconnaître qu’elle est super impressionnante cette église mais bien trop grande pour pouvoir la photographier correctement! (Sorry!)

Cerro San Bernardo

C’est un petit sommet culminant à 1400 mètres d’altitude (rien du tout à l’échelle andine!) qui surplombe la ville de Salta. Il est accessible par un télécabine partant directement du centre-ville, mais il y a la possibilité de monter à pied par un petit chemin dans la forêt, ce qui, à nos yeux, est beaucoup plus sympa. Surtout qu’avec le climat subtropical humide, la végétation commence à être vraiment très belle. C’est un joli coin de nature en ville et du sommet la vue sur Salta et ses environs est imprenable!

Parque San Martin

C’est un parc urbain construit en 1905 avec un petit lac artificiel donnant à la ville un petit point d’eau, Salta n’ayant pas de cours d’eau naturel au centre ville. C’est un moyen de voir un peu de verdure sans avoir besoin de monter au Cerro San Bernardo.

San Lorenzo

On pourrait qualifier San Lorenzo de banlieue chic de Salta avec ses petites villas bien proprettes, mais ce qui fait vraiment son charme, c’est sa quebrada, même si ce n’est pas la plus impressionnante de la région. Ici nous attend une jolie petite marche en forêt humide de montagne avec, au bout, un mirador qui nous donne une jolie vue sur tout le plateau de Salta. Mais ça se mérite! Déjà, il faut grimper (mais nous on aime ça grimpette!) et il faut se débrouiller pour traverser la rivière sans pont et sans gué dans une eau est super froide! Le climat est tellement humide que l’herbe pousse partout, même sur les arbres! Nous nous serions vraiment crus dans une forêt mythique du genre Brocéliande, ou plus rationnel, dans l’Anaga, en plus chaud. Encore un joli coin de nature à quelques kilomètres en bus depuis le centre ville. San Lorenzo est d’ailleurs accessible avec les bus urbains de Salta.

Excursion dans la Quebrada de las Conchas

Un des avantages de travailler dans un hostel dans un coin touristique c’est d’être en contact avec les Tours Operators du coin pour les excursions aux alentours et lorsqu’il leur manquent juste deux personnes pour remplir leur minibus, ils nous proposent d’y participer gratuitement. Vu la difficulté de se rendre par nos propres moyens et vu le coût exorbitant, nous n’avons pas hésité une seconde quand on nous a proposé une virée à Cafayate même si a la base les tours en groupe ce n’est pas trop notre truc.

Cette petite excursion se mérite, le départ est à sept heures tapantes du matin! Il est vrai que la ville de Cafayate, notre but du jour n’est pas à côté. Elle se situe à 189 kilomètres de Salta et même si, pour les Argentins, cette distance n’est qu’un petit saut de puce, le trajet ne se fait pas en cinq minutes! La route passe par la superbe « Quebrada de las Conchas » et le paysage est tellement grandiose que nous ne voyons pas le temps passer.

Mais qu’est-ce qu’une Quebrada? C’est une immense gorge formée par des milliers d’années d’érosion. Ceux qui ont quelques notions d’espagnol auront remarqué que « conchas » signifie coquillages, alors que nous sommes en plein nord-ouest andin à des centaines de kilomètres de l’océan! Le nom a été donné suite aux nombreux fossiles de coquillages qui ont été retrouvé dans la Quebrada lorsque l’océan arrivait encore dans la région de Salta, il y a quinze ou vingt millions d’années.

Garganta del Diablo

La gorge du diable en français (oui pour ceux qui ont suivi, il y en a aussi une à Iguazu!). C’est une façade rocheuse qui a été formée par une ancienne cascade qui a érodé les rochers. Malheureusement, dans ces tours, on ne choisit pas quand on s’arrête et la façade était en plein contre-jour. (Sorry!)

Anfiteatro

C’est la petite sœur géologique de la Garganta del Diablo et ne se situe que quelques kilomètres plus bas. Elle forme un amphithéâtre naturel (d’où son nom!) et jouit d’une acoustique exceptionnelle!

Cafayate

C’est une petite ville sans grand intérêt architectural. Elle connue surtout pour être le point de départ de la Quebrada et une grande étape de la fameuse route 40 (une partie de la Panaméricaine) pour Cachi. L’économie principale et la viticulture avec des vignobles de montagne dont les plus hauts se situent à 2800 mètres d’altitude.

Les bodegas

Qui dit tour dit visites et ici, culture de la vigne oblige, ce sont les bodegas (caves) qui sont à l’honneur. Si nous n’apprenons rien de nouveau sur la fabrication du vin car nous venons d’une région viticole, la dégustation en fin de parcours est grandement appréciée. Contrairement à Mendoza, le cépage phare n’est pas le Malbec mais le Cabernet Sauvignon, bien meilleur à notre goût! Dans les vins blancs, c’est le Torrontes qui est à l’honneur. Il ressemble fortement au muscat de nos latitudes.

La brea

L’arbre le plus courant de la quebrada est le Parkinsonia praecox, plus connu par son petit nom « brea ». Il a la particularité d’être complètement vert, tronc y compris. Au printemps, pendant la floraison, il déploie une quantité de petites fleurs jaunes. Mais nous sommes déjà trop avancés dans la saison pour pouvoir les observer. C’est un arbre qui se plait particulièrement dans toutes les zones arides du continent américain.

Nous rentrons à Salta par le même itinéraire mais malheureusement le temps se gâte un peu. Mais restons positif, ce ciel gris fait ressortir la roche rouge d’une autre manière que quand il fait beau et que le ciel est bleu! Nous en profitons quand même pour aller saluer nos amis les lamas!

Conclusion

Comme dit plus haut, nous ne sommes pas très fans de ces tours mais celui-là s’est bien déroulé. Il faut dire que nous avions un guide qui savait captiver son auditoire et qui nous a expliqué pas mal de choses intéressantes sur toute la province de Salta sans être trop pompeux. Comme dans tout groupe, il y a une foule de caractères différents mais nous avons trouvé quelques personnes sympas avec qui discuter. Nous avons également apprécié de nous faire conduire car ça nous a fait une journée à près de quatre cents kilomètres, les distances argentines étant énormes!

Evidemment, le nord-ouest andin ne s’arrête pas à cette quebrada mais les excursions sont tellement chères et les distances énormes que nous préférons nous concentrer sur notre volontariat pour mieux aller découvrir la Bolivie ensuite. Nous sommes impatients de connaître ce nouveau pays qui nous paraît déjà plus roots.

Nous sommes vraiment contents d’avoir passé un mois à Salta car c’est l’endroit que nous avons préféré en Argentine. Pour la première fois depuis notre départ, nous avons vraiment l’impression d’être en Amérique du Sud. La ville est superbe, à taille humaine, mais assez grande pour avoir de quoi s’occuper. Nous sommes enfin arrivés dans les Andes car, après des kilomètres parcourus dans la pampa plate et monotone, les montagnes commençaient vraiment à nous manquer. Nous avons également rencontrés des gens extraordinaires, que ce soit des autochtones ou des voyageurs de passage. Nous sommes donc maintenant remontés à bloc pour la poursuite de notre voyage qui se fera en Bolivie.

Buenos Aires : la dynamique capitale argentine à l’ambiance européenne

Avant de vous emmenez avec nous dans ces nouvelles aventures, nous profitons de ce premier article de l’année pour vous adresser nos meilleurs vœux pour 2018 et pour vous remercier d’être déjà si nombreux à nous suivre!

Fab voulait absolument faire un trajet en train. Bon, nous ne sommes clairement pas sur le bon continent pour un « rail trip » mais l’Argentine compte quand même quelques modestes lignes de train dont une qui relie Bahia Blanca à la capitale. Depuis Puerto Madryn, il nous faut quand même passer une grosse nuit de bus pour rejoindre Bahia Blanca où nous arrivons de bon matin. Nous avons une bonne journée à attendre car le train circule également de nuit. Heureusement, le personnel de la gare super sympa a accepté de nous garder les backpacks. Bahia Blanca n’est pas très intéressante et nous sommes déjà fatigués de notre voyage depuis la Patagonie, le temps passe très lentement. Mais l’heure de départ approche et nous pouvons enfin embarquer dans le train où nous passons une deuxième nuit de voyage dans un compartiment super climatisé sur des sièges très inconfortables. Bref l’expérience n’est pas très concluante. Un lot de consolation nous attend toutefois à l’arrivée, la superbe gare du Retiro à Buenos Aires et son architecture néoclassique même si nous sommes bien trop fatigués pour l’apprécier à sa juste valeur.

Passer la période du Nouvel An à Buenos Aires est un bon plan : les tarifs de logements sont très bas (chose rare en Argentine!) et la ville est complètement vide et super calme. Il faut juste s’attendre à ce que certaines choses soient fermées. Mais le temps en cette fin d’année et superbe et nous nous contentons de flâner dans cette belle ville vidée du trafic et d’une partie de ses habitants.

Du coup, nous avons remis notre casquette de citadins pendant quelques jours et sommes partis à la découverte des trésors que cache cette ville.

Casco Historico

C’est le centre névralgique de la ville et nous rappelle un peu le Paris chic avec ses grands boulevards et ses immeubles Haussmanniens.  Nous y trouvons la fameuse Plaza de Mayo bordée de la cathédrale et de la maison du  gouverneur surnommée la Casa Rosada à cause de sa couleur. Au centre de la Plaza de la República, se trouve l’obélisque construit en 1936 pour commémorer les quatre cents ans de la fondation de la ville.

Palermo et ses parcs

Palermo et un quartier situé au nord de la ville réputé pour ses nombreux espaces verts, véritable poumon de Buenos Aires mais aussi pour ses restaurants branchés et son ambiance assez éclectique. Nous avons préféré passer notre temps dans le parc Tres de Febrero à profiter de la verdure.

Chinatown

En véritable amoureux de l’Asie, il nous était impensable de quitter la ville sans passer par le quartier chinois, repaire des immigrés coréens, chinois et taïwanais. Ici, ça se résume à une seule rue et c’est très aseptisé à l’Argentine, mais ça nous aura permis de nous offrir une jolie parenthèse exotique et surtout culinaire. A part la viande et quelques empanadas, la cuisine argentine n’a rien de fou.

San Telmo

C’est un des plus anciens quartiers de Buenos Aires. C’est un véritable petit Barcelone avec ses petites ruelles, ses façades coloniales, ses terrasses, ses bars à tapas et ses détails architecturaux modernistes que ne renierait pas la capitale catalane. C’est ici qu’on trouve la plus grande concentration de cuisine étrangère d’Argentine, l’exotisme culinaire n’étant pas très courant dans le pays. Quartier tranquille la journée, il s’anime dès la nuit tombée pour devenir un lieu branché où les Porteños (petit nom qu’on donne aux habitants de Buenos Aires) se retrouvent pour manger ou boire un verre dans une ambiance très chaleureuse.

La Boca

La Boca est un quartier populaire de Buenos Aires où se sont installés les migrants italiens arrivés au XIXe siècle. Il est mondialement connu pour ses maisons en tôle peintes avec des couleurs vives reconnaissables de loin mais aussi pour son équipe de foot, le Boca Junior. Une partie du quartier a cédé aux sirènes de l’attrait touristique avec boutiques de souvenirs, restaurants hors de prix et faux danseurs de tango et a donc perdu un peu de son âme. Mais toutes ces couleurs restent quand même un plaisir pour les yeux. En dehors du noyau très touristique, la Boca reste un quartier populaire et un peu craignos. Faites attention à vos affaires et ne vous y aventurez pas une fois la nuit tombée. Mais les Porteños sont très affables et ne manqueront pas de vous donner mille recommandations pour visiter ce quartier.

Puerto Madero

C’est le quartier moderne de Buenos Aires avec ses gratte-ciels flambant neufs, sa marina et ses restaurants chics que ne renierait pas une ville plus anglo-saxonne comme Miami ou Melbourne. Sa position privilégiée sur le Rio de la Plata attire les convoitises et les prix de l’immobilier s’envolent permettant seulement à une classe très privilégiée de profiter du lieu.

Reserva Ecológica Costanera Sur

Situé entre Puerto Madero et le Rio de la Plata, cet espace vert de 350 hectares doit son existence à la construction des autoroutes urbaines des années 1970-1980. Ça paraît paradoxal, non? Pourtant, les décombres de la destruction des bâtiments pour laisser de l’espace à ces fameuses autoroutes ont été déposés dans le Rio de la Plata créant un terrain gagné sur le fleuve qui était voué à l’urbanisation. Mais le site fut ensuite laissé à l’abandon et la nature reprit ses droits devenant un terrain privilégié pour les oiseaux migrateurs. Suite à cela, les autorités décidèrent de créer une réserve écologique, véritable havre de paix à deux pas du centre ville.

Jardin botanique

Si vous n’en avez pas assez des espaces verts de Buenos Aires, il y a encore sept hectares de verdure en pleine ville ou se trouvent plus de cinq mille espèces de plantes représentant tous les habitats de la planète. C’est un peu plus structuré que le reste des parcs de la ville mais la visite est intéressante et nous ne boudons pas notre plaisir de voir des arbres.

Buenos Aires fut vraiment une bonne surprise! La ville est très belle, les quartiers historiques sont admirablement conservés et il existe une multitude de parcs et d’espaces verts qui nous permettent de respirer dans cette mégapole de quinze millions d’habitants. Le calme que nous avons rencontré pendant la période du Nouvel An n’est sûrement pas représentatif du quotidien de la ville, mais nous y avons passé un séjour super agréable à déambuler de quartiers en quartiers.

Voyage en Patagonie: Découverte de Puerto Madryn et de la Péninsule Valdés

Ah la Patagonie… Qui n’a jamais rêvé de grandes escapades en nature en entendant ce nom? Mais tout rêve a un prix et celui de la Patagonie est particulièrement élevé, surtout pour des voyageurs à petit budget comme nous. Du coup il nous a fallu faire un choix et celui-ci s’est porté sur Puerto Madryn.

Nous vous avions laissé à Córdoba, à 1382 kilomètres plus au nord. Vous pensiez bien qu’une telle distance ne se parcourt pas comme ça! Heureusement, l’Argentine possède un système de bus de nuit au top mais il faut rester plus de vingt heures dans le même véhicule. Dans ce cas, nous avons enchaîné deux nuits en bus avec un arrêt au milieu, à Buenos Aires. Vous imaginez bien que nous sommes arrivés à destination pas très frais!

Mais pourquoi avons-nous choisi Puerto Madryn?
  • Pour la péninsule Valdés. C’est quand même l’argument numéro un! Vous comprendrez très vite pourquoi en admirant nos photos plus bas.
  • D’après nos recherches et divers témoignages d’autres voyageurs, les paysages du sud et de l’ouest de la Patagonie ressemblent à s’y méprendre aux Alpes suisses. Le but est de voir d’autres paysages que ceux que nous avons contemplés pendant plus de 30 ans! La péninsule Valdés, ça à l’air totalement différent!
  • Pour voir la mer. La dernière fois que nous l’avons vue, c’était à Rio et elle commençait à nous manquer, surtout qu’après, nous ne la verrons plus pendant quelques mois.
  • Parce-que Puerto Madryn se situe à des latitudes encore acceptables et connait un vrai été. (Quoique, pas tous les jours!)

La chacra

Vu le coût de la vie très élevé dans la région, nous avions trouvé un volontariat dans une chacra (mot typiquement argentin qu’on pourrait traduire par maison de campagne) située à Doradillo à douze kilomètres au nord du centre-ville de Puerto Madryn afin d’aider les propriétaires à la récolte dans leur immense champ de lavande en échange du gite et du couvert. Si le gite était presque parfait et nos « patrons » assez sympathiques, nous avons eu plus de peine avec le couvert. Nous n’avions pas le droit à la viande. Il y a 43’431’886 habitants en Argentine dont 43’431’884 gros carnivores, il a fallu que nous tombions sur les deux seuls végétariens au pays de la viande! Nous respectons totalement les valeurs des autres, pas de souci, surtout que la cause est assez noble et que nous essayons également de nous y mettre. Mais après quelques jours à ne manger que du riz et des légumes tout en effectuant des travaux physiques soutenus auxquels nous n’étions pas particulièrement habitués, les premières carences alimentaires se firent vite sentir. Nous avons quand même profité d’une sortie en ville, prétextant un envoi postal,  pour se procurer en catimini un peu de viande et un bon dulce de leche. (la fameuse confiture de lait au bon goût de caramel)

La goutte d’eau a quand même été pour la morale sur le fait que nous utilisons du dentifrice avec du fluor pour nous brosser les dents, mauvais pour la tête et pour la planète, et qu’il faudrait que nous le fabriquions nous-même. Le pire c’est que madame nous lance ses idéaux écologiques au volant de son pick-up 4×4 très polluant et parfaitement inutile, les routes de la région étant plates et dépourvues de neige en hiver.

Une douleur à l’épaule de Fabien suite au travaux aux champs sur une ancienne lésion a fini de nous convaincre de ne pas continuer l’expérience et nous sommes finalement partis après huit jours.

Puerto Madryn

Du coup nous nous retrouvons au centre-ville de Puerto Madryn. La ville est sympa mais pas extraordinaire, construite en carrés, à l’américaine. Elle possède surtout pas mal de logements et de restaurants pour les touristes venant visiter la péninsule Valdés à proximité. (une bonne centaine de kilomètres quand même la proximité mais à l’échelle argentine, c’est un saut de puce!). L’atout du lieu est sans conteste la plage de sable, immense et magnifique bien que l’eau soit beaucoup trop froide pour la baignade et qu’un nombre hallucinant de méduses géantes vienne s’échouer sur le sable à marée basse. Mais selon les locaux, elles seraient totalement inoffensives. Dans le doute, nous avons préféré les éviter même si nous avons vu des enfants jouer avec sans qu’il y ait eu de conséquences fâcheuses.

Punta Cuevas

A l’extrémité sud de la plage, se troue la Punta Cuevas, avec ses falaises de calcaire et une vue imprenable sur la ville. C’est à cet endroit que sont arrivés les premiers Européens, qui n’étaient, une fois n’est pas coutume dans la région, pas espagnols mais gallois. L’emblème du Pays de Galles trône encore fièrement sur la pointe.

Trève de Noël

Comme il fut impossible de nous trouver un véhicule pendant les fêtes de Noël pour nous rendre à la péninsule Valdés, il nous a fallu attendre le 26 décembre et passer le réveillon de Noël dans notre auberge de jeunesse en ville.

Mais comme les Argentins trouvent toujours une excuse pour se faire un asado (un barbecue), Noël fut une occasion toute trouvée. Nous voilà donc attablés devant ces magnifiques morceaux de viande en compagnie d’autres voyageurs venus des quatre coins de l’Argentine et du monde entier. Et pas de repas de Noël sans le traditionnel pan dulce au dessert qui n’est autre que l’équivalent du panettone italien, en moins bon!

La tradition veut qu’à minuit on ouvre une bouteille de cidre et qu’on s’embrasse sur les deux joues pour se souhaiter un joyeux Noël.

La péninsule Valdés

Elle se mérite cette péninsule! Tout d’abord, il nous faut un véhicule et tous les loueurs de voiture du coin s’accordent pour garder des prix élevés sans se faire une réelle concurrence. Il faut compter une bonne centaine d’euros pour une journée.  Si on rajoute l’essence et le droit d’entrée sur la péninsule, ça nous explose pas mal le budget. Mais nous sommes également en tour du monde pour découvrir quelques coins extraordinaires et il faut parfois casser la tirelire pour y arriver.

Nous voici donc à aligner les kilomètres sur les (trop) longues pistes de la péninsule où quelques guanacos (espèce de lamas à poils dressés qui leur donnent l’air de sortir d’un programme d’essorage d’un lave-linge!) nous sortent de la monotonie de la conduite.

Vous pouvez agrandir les photos ci-dessous en cliquant dessus afin d’apercevoir ces fameux guanacos!

Mais le clou du spectacle reste sur les côtes où nous pouvons apercevoir des otaries à crinières ainsi que des éléphants de mer se reposer lascivement sur la plage. Vu que nous les observons depuis la falaise, les animaux restent assez loin, mais au moins, nous ne perturbons pas leur tranquillité.

Les pingouins de Magellan sont une espèce endémique des côtes sud de l’Argentine et du Chili, ce qui fait de la péninsule Valdés un endroit privilégié pour pouvoir les observer durant leur période de reproduction. Ils sont trop mignons, n’est-ce-pas?

NB : vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir et voir ces jolies petites bébêtes de plus près!

Le coin est également connu pour les baleines mais comme nous n’étions pas du tout en saison, il n’y en avait pas. Mais nous étions parfaitement au courant de la situation.

La péninsule Valdés vaut également le détour pour la beauté de ses paysages, notamment d’impressionnantes falaises qui se jettent dans une mer d’une couleur incroyable!

Certes, les loueurs de voiture exagèrent vraiment en arnaquant les touristes mais la péninsule Valdés et sa faune incroyable méritent amplement une visite et une grosse entorse au budget.

Cette petite incursion en Patagonie sera sûrement le point le plus méridional de notre voyage, en tout cas sur ce continent. Il a fallu faire un choix parmi une multitudes de possibilités et nous ne le regrettons nullement, notre séjour fut vraiment sympa. Nos diverses (mes)aventures nous auront aussi appris à ne pas insister si quelque-chose ne nous convient pas, à oser défendre nos propres intérêts et de faire vraiment ce que nous avons envie.

Forts de ces nouvelles expériences, nous allons continuer notre périple en remontant gentiment vers le nord et bien sûr nous ne manquerons pas de vous tenir au courant.

Córdoba (Argentine) et la vie estudiantine

NB : Dans cet article nous parlons bien de Córdoba, la deuxième ville d’Argentine. Si c’est Córdoba (ou Cordoue) dans notre belle Andalousie que vous cherchez, pas de panique, l’article sur ce sujet se trouve ici.

Depuis Montevideo, nous avons trouvé assez facilement un bus de nuit pour nous ramener en Argentine. Mais nous avons quand même eu quelques petites mésaventures. Nous étions installés bien confortablement sur nos sièges à déguster notre vermouth généreusement offert par la compagnie de bus quand, soudain, un peu après être sortis de la capitale, nous entendîmes un gros « boum »! Un projectile non identifié est tombé sur le bus et a cassé une vitre. Heureusement, c’était la vitre qui donnait sur l’escalier qui montait à l’étage. Il n’y a eu aucun blessé, juste des dégâts matériels. Malgré le peu de gravité, le bus ne pouvait décemment pas continuer sa route. Nous avons dû débarquer presque au milieu de nulle part, récupérer nos backpacks et attendre le bus de remplacement. Nous n’avons pas été totalement perdants dans l’affaire puisqu’une fois installés dans notre deuxième bus, on nous ressert l’apéro! Le retard pris nous fait traverser la frontière argentino-uruguayenne au milieu de la nuit mais ce ne fut qu’une simple formalité et l’endroit nous a paru super safe. Bref, après ce petit contretemps somme toute pas si grave, nous finissons tout de même par arriver à destination : Cordoba, la deuxième ville d’Argentine.

Nous y restons une dizaine de jours car nous avons trouvé un volontariat dans une résidence d’étudiants. L’ambiance est jeune et sympa mais nous prenons conscience douloureusement que nous avons passé l’âge de l’insouciance étudiante. Mais l’expérience est concluante et tout se passe très bien. Grâce à toutes les universités, Cordoba est une ville jeune, dynamique, pleine de bars sympas et super progressiste dans une Argentine polarisée et parfois un peu trop pieuse et rétrograde.

La ville a été fondée en 1573 par un sévillan (encore un andalou!), un certain Jeromino Luis de Cabrera afin de protéger les Espagnols des attaques des Indigènes. WTF les gars? C’est vous qui venez massacrer la population autochtone! Il ne faut pas vous étonner s’il y a de la défense en retour! Même si l’histoire est vraiment très moche, comme souvent quand on parle de la colonisation, il reste aujourd’hui un petit centre historique avec les fameuses ruelles en damiers chères aux Espagnols. Après l’indépendance, Córdoba a même été deux fois promue au rang de capitale du pays, une fois en 1806 car les Anglais ont essayé d’attaquer les alentours du Rio de la Plata où se trouve Buenos Aires, et une deuxième fois en 1955 pendant un coup d’état militaire.

Iglesia del Sagrado Corazón

Impossible de passer à côté de ce monstre néogothique un peu trop kitch à notre goût lors d’une balade à Córdoba! Cette église a été construite entre 1926 et 1934 lors de l’arrivée des premiers capucins dans la région. Son petit surnom est d’ailleurs Iglesia de los Capuchinos qui signifie tout simplement en français « église des capucins ». Bon on avoue, elle est peut-être un peu énorme mais les différents marbres de couleurs rose et violette son quand même super stylés! Il est juste impossible à faire un cadrage correct pour les photos et c’est super frustrant car il y a quand même quelques détails incroyables! (Sorry!)

Catedral de Nuestra Señora de la Asunción

C’est la plus vieille construction coloniale encore en fonction de toute l’Argentine. Elle domine la Plaza San Martín, la place centrale de sa superbe architecture baroque. Les travaux débutèrent en 1582 mais l’église ne fut consacrée qu’en 1706. Tous les jolis détails baroques ont été rajoutés par après durant le XVIIe siècle, âge d’or de la Renaissance.

C’est également le seul bâtiment un peu joli et qui sort du lot. Córdoba n’est franchement pas une ville très pittoresque. Le trafic infernal n’aide pas non plus à la flânerie. Nous avons peut-être loupé quelques autres trucs sympa par manque de motivation à nous promener dans ce bordel ambiant.

Pour être honnêtes, Córdoba ne nous a pas laissé un souvenir impérissable. Ce que nous allons retenir c’est les très bons contacts que nous avons eus avec les étudiants ainsi qu’avec d’autres habitants de la ville. La ville n’est pas très jolie et est congestionnée par le trafic. En plus, elle se situe dans une cuvette ce qui fait que la pollution atmosphérique reste en dessus de nos têtes et l’air y est difficilement respirable surtout avec la chaleur subtropicale de ce début d’été.

Ce n’est pas vraiment un endroit que nous vous recommandons. Nous préférons de loin l’autre Córdoba, l’andalouse qui elle, possède un vrai centre historique avec plein de trésors à découvrir.

Cette fois, il est temps de nous mettre en route pour de bon en direction du sud! Nous sommes attendus de pied ferme à Puerto Madryn pour un volontariat et il nous faut au moins deux jours de bus pour y parvenir! Nous ne voudrions pas arriver en retard, notre réputation suisse en prendrait un coup! Mais ne vous inquiétez pas! Nous avons quand même prévu un peu de marge!

Bilan de l’Uruguay

Voici un petit résumé de notre petite parenthèse, pas du tout prévue à la base, en Uruguay mais qui mérite tout de même un désormais traditionnel bilan.

En chiffres

Durée du séjour

Neuf jours. Ce n’est pas énorme mais ça n’aurait pas mérité beaucoup plus.

Distance parcourue

492 kilomètres de Colonia de SacramentoMontevideo – Fray Bentos (frontière avec l’Argentine) le tout en bus. Pour arriver à Colonia depuis Buenos Aires, nous avons traversé le Rio de la Plata en buquebus, le petit nom donné au ferry qui relie les deux villes.

Départements traversés

Cinq : Colonia, San José, Montevideo, Soriano et Rio Negro

Extrêmes d’altitude

23 mètres à Fray Bentos et 43 mètres à Montevideo. Ce n’est pas vraiment des altitudes auxquelles on peut s’y attendre quand on pense à l’Amérique du Sud mais même ce continent à ses Pays-Bas puisque le point culminant du pays ne s’élève qu’à 513 petits mètres d’altitude. Depuis les fenêtres des bus, nous avons d’ailleurs trouvé le paysage très plat et très monotone.

Extrêmes de températures

19 petits degrés sous le vent à Montevideo et 27 degrés lors d’une belle journée printanière à Colonia del Sacramento. De vraies températures de printemps!

Budget

15’500 pesos uruguayens soit 450€ ou 526 CHF ce qui fait une moyenne journalière de 50€ ou 58CHF. Nous sommes un poil au dessus de notre budget mais nous nous sommes offert des places de concert à Montevideo. Quoi qu’il en soit, l’Uruguay reste tout de même un pays relativement cher.

Coups de geule / coups de cœur

Voici maintenant la partie la plus intéressante du bilan. Comme d’habitude, nous commençons par les points négatifs afin de finir sur une note plus positive!

Les moins

Le coût de la vie

Il atteint bien le niveau européen pour certaines choses. C’est très compliqué à tenir un budget de backpacker. On appelle l’Uruguay la Suisse de l’Amérique du Sud. Nous pensions que c’était surtout pour son calme, sa démocratie et sa stabilité politique. Et ce sont des faits qui sont véridique. Mais ce petit surnom peut également faire référence au coût de la vie qui nous a fait pas mal galérer!

Les plus

La population locale

Les Uruguayens sont chaleureux, affables et super zens! D’ailleurs ils n’ont pas vraiment le tempérament latin tellement ils sont calmes mais ça n’enlève en rien leur gentillesse et leur sens de l’entraide.  Bien sûr, parler la langue du lieu aide beaucoup pour la communication avec les locaux même si leur accent, similaire à l’argentin, est parfois un peu déroutant. Nous avons vraiment été très touchés par la population locale vraiment extraordinaire.

La façon de parler espagnol

C’est très similaire à l’accent argentin avec les fameuses prononciations en « ch » très particulières, les « vos », les « b » qui se prennent pour des « v » et l’accent tonique un peu à l’italienne. On appelle d’ailleurs cette façon de parler très officiellement le « Rioplatense », du Rio de la Plata, l’énorme fleuve / bras de mer qui sépare l’Argentine de l’Uruguay. Ce n’est pas toujours évident à comprendre surtout pour une débutante comme Van mais c’est un vrai plaisir pour les oreilles!

La viande

Il paraît qu’en Uruguay il y a neuf millions de vaches pour seulement trois millions d’habitants, de quoi se nourrir de steaks quelques années! La viande est vraiment savoureuse et relativement bon marché vu le coût de la vie du lieu. Nous sommes bien conscients que de manger beaucoup de viande rouge fait exploser notre emprunte carbone et consomme énormément d’eau. Même si nous ne sommes pas (encore) végétariens, nous essayons quand même de baisser drastiquement notre consommation de produits animaux.

Le vin

 L’Uruguay n’a rien à envier à son grand voisin argentin en matière de vin. On y trouve surtout le Tannat, cépage originaire à la base du sud-ouest de la France mais cultivé aujourd’hui principalement en Amérique du sud. C’est un vin rouge bien tannique mais assez doux qui se marie à merveille avec les plats de viande rouge incontournables en Uruguay. En ce qui nous concerne, nous le préférons au Malbec argentin que nous trouvons un peu trop acide.

Le café

Le premier bon café depuis notre arrivée sur le continent. Il n’égalera jamais un bon espresso italien mais, comparé au café trop amer brésilien et celui carrément imbuvable de l’Argentine, il se laisse déguster facilement.

Bizarreries à l’Uruguayenne

Tout le monde s’appelle « mi amor »

Même quand on se fâche avec quelqu’un! Après tout, pourquoi pas, c’est toujours mieux qu’une insulte bien vulgaire. A noter que le « mi amor » espagnol est un peu moins profond que le « mon amour » français.

Les heures de repas, c’est sacré!

C’est très mal vu et même impossible de manger en dehors des heures de repas officielles. Le repas de midi se prend entre midi et 13 heures. A 13h10, personne ne va vous servir à manger, c’est trop tard! Il ne vous restera plus qu’à attendre sagement l’heure du prochain repas. Et dire que nous avons quitté la Suisse car nous la trouvions beaucoup trop rigide, elle a beaucoup à apprendre de l’Uruguay sur ce coup-là!

L’accessoire mode incontournable

C’est un thermos avec tout le matériel pour se préparer un maté, la boisson traditionnelle d’Argentine et d’Uruguay, qui s’apparente à une espèce de thé super amer. Certains ont tout leur attirail dans un panier prévu à cet effet tandis que d’autres se promènent fièrement le thermos sous le bras! Le maté est né en Argentine où il est très populaire mais c’est en Uruguay qu’on le met encore plus à l’honneur et où la tradition du partage de cette boisson emblématique est la plus forte.

Franchement, l’Uruguay fut une belle surprise! Et dire qu’à la base ce petit pays n’était pas du tout sur notre itinéraire et nous arrivions à peine à le situer sur une carte. Bien sûr, avec son style de vie à l’européenne, l’Uruguay n’est pas un pays très dépaysant mais nous avons eu du plaisir à en découvrir une petite partie et de partager un peu de quotidien avec ses habitants qui sont vraiment adorables.

Colonia del Sacramento et Montevideo. Petit détour par l’Uruguay

C’est un peu par hasard que nous avons atterri en Uruguay, ce n’était absolument pas sur notre itinéraire, ni prévu au programme. C’était d’ailleurs un pays dont nous avions à peine entendu parler auparavant! Vu que nous avons un peu d’avance sur notre timing avant notre rendez-vous à Puerto Madryn à la mi-décembre, nous avons trouvé un volontariat via la plateforme HelpX dans une chacra (le petit nom donné à la maison de campagne en Argentine et en Uruguay) pour nous passer un peu le temps. Mais voilà, l’expérience ne s’est pas du tout montrée concluante à cause en gros d’un conflit entre deux soeurs et s’est terminée bien plus tôt que prévu. Nous ne nous en sommes pas plus formalisés que ça et avons profité de notre temps libre pour découvrir un peu de ce petit pays un peu méconnu.

Colonia del Sacramento

Pour situer un peu, Colonia del Sacramento se trouve en face de Buenos Aires sur l’autre rive du Rio de la Plata, le fleuve le plus large du monde. Entre les deux rives, il y a plus de trente kilomètres! Cette particularité fait que nous ne voyons pas l’autre rive et nous fait croire que nous sommes en bord de mer, alors que ce n’est pas du tout le cas. Il y a même des plages de sable, certes pas paradisiaques mais elles renforcent le caractère maritime du lieu.

Le moyen le plus facile de se rendre à Colonia de Sacramento depuis l’Argentine, c’est de prendre le ferry, qu’ici on appelle joliment Buquebus, depuis Buenos Aires afin de traverser le Rio de la Plata. Mais attention, il vaut mieux prendre ses billets à l’avance sur internet car les billets sont soumis aux prix de marché. Nous avons fait l’erreur de débarquer au port la fleur au fusil et d’acheter nos billets à la dernière au comptoir! Ça nous a couté un rein! Une bonne soixantaine d’euros pour un petite heure et quart de traversée ça fait un peu mal, surtout que nous sommes censés tenir un budget de backpacker!

Le centre historique colonial mélange les influences portugaises et espagnoles. En effet ce sont les Portugais qui sont arrivés en premier pour y établir un comptoir et une forteresse militaire afin de protéger le Rio de la Plata. Mais les Espagnols avaient eux aussi ce territoire à l’œil et voulaient l’incorporer à leur déjà immense vice-royauté du Pérou qui à son apogée comprenait tout l’actuel territoire hispanophone d’Amérique du Sud. Le problème fut réglé pacifiquement en 1494 grâce au traité de Tordesillas qui partagea équitablement tous les territoires conquis entre les deux puissances coloniales.

Petit fun fact : l’original de ce fameux traité de Tordesillas se trouve dans notre belle Séville, dans le bâtiment de « Archivio de Indias » juste à côté de la cathédrale. Les visites y sont gratuites.

Aujourd’hui, l’ambiance du centre historique est restée toute méditerranéenne avec son climat subtropical, son espagnol chantant, ses petites ruelles et ses terrasses en bord de fleuve. La vielle-ville a été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Nous déplorons juste qu’elle n’ait pas été rendue aux piétons.

Colonia del Sacramento est vraiment bucolique est beaucoup plus calme que sa voisine de l’autre rive, Buenos Aires. Par contre, nous ne savons pas si le jeu vaut la chandelle de traverser à la journée depuis la capitale argentine. La traversée reste quand même assez chère et il y a déjà bien assez à faire à Buenos Aires.

Montevideo

Nous n’allions quand même pas rester en Uruguay sans visiter sa capitale Montevideo. Elle ne se trouve qu’à trois petites heures de route de Colonia de Sacramento. Par contre, c’est assez monotone, le paysage étant tout plat. Eh non, l’Amérique du Sud ce n’est pas que les hauts sommets des Andes!

Ce qui nous frappe en arrivant c’est le calme de la ville. C’est pourtant la plus grande ville du pays et son principal port. Nous n’avons pas l’impression d’être dans une capitale d’un million et demi d’habitants tant l’ambiance est zen. Le fait que la ville soit pas mal boisée renforce encore cette impression. Elle ferait partie des trente villes les plus sûres du monde! Nous ne savons pas si c’est vraiment vrai mais nous devons reconnaître que ça ne paraît pas craindre beaucoup par ici!

Les habitants aussi sont super accueillants, ils sont reconnaissables à leur panier qu’ils transportent afin d’avoir toujours sur eux le matériel nécessaire pour préparer un maté, une sorte de thé un peu amer et la boisson nationale d’Argentine et d’Uruguay.

Ce sont les Espagnols qui construisirent ce que nous voyons encore de la vieille ville aujourd’hui. Ils voulaient empêcher une éventuelle avancée des Portugais qui s’étaient déjà installés à Colonia del Sacramento. Après l’Indépendance, Montevideo devint la capitale de la toute jeune Uruguay et devint ainsi la capitale la plus méridionale du continent américain! Oui, Buenos Aires est un poil plus au nord!

Aujourd’hui, les ruelles suivent toujours le plan en damier cher aux conquistadors du XVIIe siècle. La douceur méditerranéenne, les céramiques, l’architecture baroque ainsi que la blancheur des façades nous rappelle un peu notre belle Andalousie. Le maté remplace juste notre tinto de verano mais nous devons avouer que cette boissons emblématique sud-américaine, n’a pas du tout trouvé grâce à nos yeux! Nous la trouvons beaucoup trop amère!

Petit bonus : Grâce à la situation de Montevideo sur l’embouchure du Rio de la Plata, nous avons eu droit à un magnifique coucher de soleil!

Nous avons longuement hésité à pousser jusqu’à Cabo Polonia, sur la côte est du pays mais nous avons fini par y renoncer! Il nous faut quand même penser à rentrer en Argentine et l’Uruguay reste un pays très cher. Nous avons un peu de peine à tenir le budget.

Nous sommes quand même contents d’avoir effectué ce petit détour uruguayen. Certes, ce n’est pas le coin le plus pittoresque du monde mais nous avons vraiment été touchés par la chaleur et la gentillesse des locaux. Nous avons été quand même frappé par le côté très européen. Nous nous attendions à quelque-chose d’un peu plus « exotique ». Mais la découverte de ce continent ne s’arrête pas ici et nous avons espoir de voir quelque-chose qui nous sort plus de notre zone de confort ces prochaines semaines ou ces prochains mois!

Parc national des chutes d’Iguazu

Cette fois, les choses sérieuses ont vraiment commencé! Nous commençons vraiment notre périple avec notre première nuit en bus!

Notre but, c’est de rejoindre l’extrême sud du Brésil et plus précisément les magnifiques chutes d’Iguaçu (en portugais) ou Iguazu (en espagnol) qui délimitent la frontière entre le Brésil et l’Argentine. Pour ce faire, nous prenons un bus de nuit qui nous mène en treize longues heures à la ville de Curitiba. Nous nous y arrêtons une nuit afin de ne pas enchaîner les trajets. Nous en profitons pour faire un petit tour au jardin botanique, presque 28 hectares de végétation subtropicale au cœur de la ville.

Après ce mini repos, nous reprenons un bus, de jour cette fois-ci, qui nous emmène en neuf bonnes heures à Foz de Iguaçu, la dernière ville brésilienne avant les chutes et la frontière. Les trajets sont longs, les distances sont énormes mais les bus brésiliens sont très confortables. Nous n’arrivons pas trop cassés à destination.

La ville de Foz de Iguaçu est énorme, étouffante et pas très intéressante. Le parc national se trouve à douze kilomètres du centre-ville. On rejoint l’entrée avec les bus urbains qui sont super pratiques, bon marché et faciles d’utilisation.

Le côté brésilien du parc national offre une vue plus générale et panoramique des chutes que le côté argentin. Ça nous permet d’évaluer un peu la grandeur du site ainsi que la hauteur et le débit des impressionnantes cascade. En tout cas, le site est à couper le souffle, malgré que nous devions le partager avec d’autres touristes. Eh oui, c’est la rançon du succès!

Malgré la proximité de la grande ville et le grand nombre de touristes, nous sommes surpris de voir autant de faune qui vient nous honorer de sa présence comme des coatis, des araignées géantes, des varans et autres lézards ainsi que des papillons. Par contre, ça ne pose pas pour l’objectif ces petites bébêtes. Du coup, nos photos en sortent un peu floues. Nous nous en excusons platement.

Garganta del Diablo

Le clou du spectacle se situe en fin de parcours à la Garganta do Diablo (la gorge du diable en français) où nous pouvons admirer depuis diverses passerelles cet ensemble de chutes d’eau pouvant atteindre 80 mètres de hauteur! Le débit est très fort et nous nous faisons bien rincer! Mais comme le climat est très chaud, ces embruns sont plutôt agréables et bienvenus. A noter que ce site spectaculaire fait office de point frontière entre le Brésil et Argentine.

Parque dos Aves

A l’entrée du parc national, toujours côté brésilien, se trouve le Parque dos Aves (parc des oiseaux) qu’on nous avait conseillé avec raison car, même si rien ne vaut des animaux à l’état sauvage, le parc est vraiment bien aménagé en respectant les habitats et en laissant les animaux en semi-liberté. De plus, le parc participe à divers programmes de réintroduction des espèces dans la nature.

Quand nous pensons à la forêt tropicale, c’est l’image d’un toucan et son énorme bec qui nous vient en tête! Voilà, nous venons donc de voir notre premier toucan en vrai! Il ne nous reste plus qu’à en voir un en vraie liberté une fois!

Nous sommes toujours fascinés par les couleurs des perroquets et nous avons déjà eu la chance inouïe d’en voir en liberté en pleine ville de Rio de Janeiro!

Voilà, notre court séjour au Brésil s’achève sur ces images impressionnantes. Nous vous pondrons quand même un article sur notre bilan dans ce pays mais d’abord, il nous faut traverser la frontière (une simple formalité) pour voir ces merveilles du côté argentin!

Puerto de Iguazu, les chutes côté argentin

Traverser la frontière de Foz de Iguaçu (Brésil) à Puerto Iguazu (Argentine) n’est qu’une simple formalité et chaque pays possède des bus urbains pour relier la ville frontière du poste de douane.

Une fois franchie la frontière argentine, c’est une toute autre ambiance qui nous attend. Il faut dire que Foz do Iguaçu est une grande ville avec tout le stress que ça engendre tandis que Puerto Iguazu n’est qu’une petite bourgade sans prétention. C’est beaucoup plus zen ici. Ne pas avoir la barrière de la langue nous aide aussi à nous sentir plus à l’aise.

Puerto Iguazu a la particularité de se trouver à un point frontière de trois pays (Argentine, Brésil, Paraguay) qui sont séparés par deux rivières (Rio Parana et Rio Iguazu). Ce sont d’ailleurs la rencontre de ces deux rivières avec le relief particulier de la région qui forment les magnifiques chutes.

Bien sûr, les fameuses chutes sont LE truc à voir dans le coin et avec raison. C’est totalement différent du côté brésilien. Là bas, on a plutôt une vue d’ensemble des chutes tandis qu’ici, en Argentine, nous pouvons approcher les cascades et c’est bien plus impressionnant!

Plusieurs parcours sont possibles pour admirer les chutes. Il y a le parcours inférieur qui permet d’être vraiment au pied des chutes! Faites attention à tous vos appareils électroniques ou choses fragiles que vous transporter car vous ne couperez pas à un arrosage en règle! Les embruns y sont assez forts.

Le parcours supérieur se trouve au sommet des chutes juste avant qu’elles se jettent dans le vide. Si vous avez le vertige, il peut être impressionnant de voir le vide depuis les passerelles. Ce n’est pas notre cas mais nous avons quand même préféré les voir depuis en bas, même si on s’y sent tout petit.

Il n’y a pas que les chutes à visiter mais aussi tout un parc national grand de 67’620 hectares fondé en 1934 afin de conserver la biodiversité incroyable du coin. En 2011, les chutes d’Iguazu ont été mise sur la liste des sept merveilles naturelles du monde! Le parc abrite une faune incroyable dont des coatis sur lesquels nous avons flashé. Même de ce côté de la frontière, les animaux ne veulent pas poser pour notre objectif nous laissant des phots bien pourries (Sorry) mais au moins, ils vaquent tranquillement à leurs occupation malgré une forte présence humaine

A l’instar du côté brésilien, le clou du spectacle reste l’impressionnante Garganta del Diablo (gorge du diable en français) et ses chutes d’eau qui peuvent atteindre 80 mètres de hauteur. Les arcs-en-ciel provoqués par les cascades peuvent se voir jusqu’à une distance de sept kilomètres! Cette gorge marque physiquement la frontière entre l’Argentine et le Brésil.

Comme vous pouvez le voir, nous nous sommes pris plein la vue avec cette merveille naturelle. La météo a été plus clémente avec nous côté argentin et le ciel bleu contraste avec la végétation bien verte et les eaux un peu boueuses.

C’est le premier gros highlight de notre tour du monde et il nous semble que, pour une première, nous avons mis la barre super haut! Mais nous sommes confiants en l’avenir et espérons voir d’autres merveilles de la nature dans les mois à venir!

Bilan du Brésil

Voici déjà notre tout premier bilan de pays! Nous sommes bien conscients de n’avoir parcouru qu’une infime partie de cet immense pays (le cinquième plus grand du monde!) et de n’y avoir passé que très peu de temps mais nous tenons a vous faire un petit bilan de ce que nous avons vu. Ce n’est pas la vérité absolue et c’est juste notre ressenti et ça ne se réfère pas forcément à l’entier du Brésil.

En chiffres

Durée du séjour

Huit jours. Ce n’est rien du tout pour un si grand pays mais le Brésil était juste notre point de départ pour descendre plus au sud.

Distance parcourue

1481 kilomètres, ça paraît déjà beaucoup mais ce n’est même pas un saut de puce pour le Brésil! De Rio de Janeiro – Curitiba – Foz de Iguaçu – frontière avec l’Argentine. Le tout en bus.

Etats traversés

Trois. Rio de Janeiro, Sao Paulo et le Parana

Extrêmes d’altitude

Le niveau de la mer à Copacabana et Ipanema, les plages de Rio de Janeiro et 935 mètres à Curitiba. Rien de bien méchant. De toute façon, le Brésil ne fait pas partie des pays sud-américains avec les sommets les plus hauts.

Extrêmes de températures

23 degrés un jour bien pluvieux à Rio et 32 degrés sous le soleil, toujours à Rio. Des températures de début d’été subtropical tout à fait normales.

Budget

2124R$ (réais brésiliens) soit 551€ ou 645 CHF ce qui fait une moyenne de 68€ ou 80CHF par jour. Nous sommes bien au dessus du budget que nous avons fixé à 50 CHF journaliers mais les transports, les entrées à Iguaçu, le haut coût de la vie ainsi qu’un séjour très court nous ont fait exploser le budget.

Mots de portugais appris

une bonne trentaine mais la prononciation nous a donné du fil à retordre! Il nous semble que c’est très différent que le portugais du Portugal.

Mots de portugais compris

Aucun, leur accent n’est vraiment pas facile à comprendre pour des non lusophones comme nous.

Les tops et les flops

Nous allons dans le vif du sujet en vous faisant part de nos coups de gueule et coups de cœur. Nous allons commencer par le négatif histoire de finir sur une note positive.

Les moins

La culture gastronomique

Ce n’est pas que la cuisine brésilienne soit mauvaise, c’est juste que c’est gras, lourd et roboratif. Tout est frit ou en pâte feuilletée bien épaisse. Ça pourrait encore se comprendre s’il y avait un climat polaire mais sous les Tropiques, ça passe moyen. En plus, la malbouffe est reine ici, même dans un supermarché le paquet de biscuit XXL coûte bien moins cher que des bananes. D’ailleurs ça se voit assez vite, les Brésiliens sont plus en chair que les Européens. Bref la cuisine brésilienne ne nous laissera pas un souvenir impérissable.

Les transports publics à Rio

Nous avons voulu jouer aux bons petits citoyens en utilisant les transports en commun,  mal nous en a pris! Rio possède pourtant un métro et un tram tout neufs, héritage des Jeux Olympiques 2016, mais la tarification est tellement compliquée que nous en avons perdu notre latin : appareils qui ne rendent pas la monnaie, il faut acheter une carte à recharger mais qu’on ne peut pas rendre à la fin, s’il n’y a pas un montant minimum on perd le solde de la carte, etc. Bref, pas de quoi inciter les Cariocas à lâcher leur voiture, malheureusement.

Le coût de la vie

Il est aussi élevé qu’en Europe, quelquefois les prix atteignent ceux de la Suisse alors que nous savons pertinemment que les salaires ne suivent pas toujours, Du coup, nous comprenons mieux les inégalités sociales, vrai fléau au Brésil.

On a kiffé!

La nature

Elle est omniprésente partout même en ville. Les Brésiliens aiment les arbres et les espaces verts et ça fait du bien à nos poumons. Nous entendons parler des déforestations massives en Amazonie et nous savons que c’est une vraie catastrophe environnementale mais le peu qu’il nous a été donné de voir dans le sud du pays, c’est une nature préservée et des humains qui la respectent.

Les dimanches sans voiture à Rio

C’est franchement la classe! Les Cariocas se réapproprient les rues à pied, à vélo et en roller et ça donne tout de suite une ambiance de vacances. Sans compter que la planète souffle un peu grâce à ces mesures anecdotiques certes, mais néanmoins nécessaires.

Les bus urbains à Foz de Iguaçu

Ici c’est facile. Les destinations et les numéros de ligne sont bien indiqués, il y a des receveurs dans les bus qui rendent la monnaie et si, par chance, il y en a pas, ben le bus est gratuit! En plus , les fréquences sont élevées.

La propreté

Le Brésil est vraiment super clean (voire aseptisé). Nous pouvons utiliser les toilettes publiques sans craindre de choper une maladie qu’on croyait disparue depuis des siècles, il n’y a pas un papier par terre et les propriétaires de chiens n’oublient jamais de ramasser les crottes sur les trottoirs. Nous savons bien que ce n’est pas partout comme ça, alors nous en profitons un peu.

La caïpirinhas

C’est la seule chose de bon marché au Brésil! Nous nous demandons d’ailleurs si les autorités brésiliennes soutiennent l’alcool et la malbouffe afin d’avoir des morts précoces et de ne pas payer de retraites! En tout cas, elles sont bonnes et adaptées au climat tropical!

Bref un séjour en demi-teinte pour nous, mais, comme déjà dit, nous n’avons qu’un minuscule aperçu du pays. Le Brésil restera quand même le pays à nous avoir presque dégoûté de la bouffe et à avoir réussi à nous faire rêver de légumes! Mais il restera tout de même le premier pays de notre tour du monde sur lequel nous avons mis un pied et pour ça, il restera inoubliable pour nous!

Nous aurions sûrement dû y rester un peu plus et découvrir d’autres régions mais voilà, nous ne sommes pas du tout à la bonne saison et aimerons profiter de l’été argentin qui commence gentiment. En plus, nous devons être à la mi-décembre à Puerto Madryn, il nous faut donc gentiment songer à avancer un petit peu.

Rio de Janeiro et ses plages

Voilà ça y est!! Nous avons enfin démarré notre tour du monde que nous préparons depuis des mois! Nous avons encore un peu de peine à réaliser que nous sommes partis pour de vrai mais nous sommes super heureux, super motivés et curieux de découvrir tout ce que va nous amener ce périple!

Si nous avons atterri à Rio, c’est simplement parce que nous avons trouvé l’offre aérienne la plus intéressante pour rejoindre le continent sud-américain. D’ailleurs, le Brésil n’était même pas sur notre liste, à tort peut-être. De plus, ce n’est pas la bonne période : la saison des pluies approchant sous les Tropiques de l’hémisphère sud. Il nous faudra donc assez vite prendre la direction du sud afin de profiter de l’été austral des zones tempérées.

Mais en attendant, puisque nous sommes à Rio, autant en profiter! Surtout que nous avons atterri en plein coucher de soleil sur la baie! Nous avons vu cette beauté comme un signe du destin et voulons croire que notre voyage commence sous les meilleurs auspices!

Rio de Janeiro est la deuxième ville du Brésil après Sao Paulo est c’est sûrement la plus connue grâce notamment à ses plages, ses paysages de pain de sucre, son carnaval mais aussi ses faces sombres comme ses favelas. Contrairement à ce que beaucoup de personnes croient, ce n’est PAS la capitale du Brésil. Elle se trouve à Brasilia, une ville nouvelle sortie de nulle part dans les années 1960 et qui se trouve au centre du pays.

Nous avons trouvé la ville vraiment agréable, la nature est vraiment omniprésente partout, c’est assez inhabituel pour une métropole de cette ampleur. D’ailleurs, Rio possède une des deux seules forêts primaires en milieu urbain! L’autre se trouve à Singapour. Le premier jour nous avons pu apercevoir deux perroquets, un écureuil, quelques varans ou gros lézards y ressemblant et des dizaines de ouistitis tout ça sans quitter le périmètre de la ville. Nous ne savons pas si c’est suite aux Jeux Olympiques, mais les piétons et les cyclistes ont la part belle : grands trottoirs larges, pistes cyclables, systême de vélibs, facilités pour traverser la routes, etc. Du coup, nous en marchons des kilomètres et notre podomètre s’affole!

Les Playas

Qui dit Rio de Janeiro pense obligatoirement aux célèbres plages de Copacabana et d’Ipanema. En effet, elles sont vraiment belles. Ce sont sûrement les plus belles plages du monde en milieu urbain! Nous avons même assisté à un dimanche sans voitures dans ces deux quartiers ou tous les Cariocas (petit nom donné aux habitants de Rio) sortent leurs baskets, leurs rollers, leur vélo et leur maillot de bain et se réapproprient la ville avec la mobilité douce et donnent au coin un vrai air de station balnéaire vraiment cool, limite hippie. Mais ça reste l’océan Atlantique battu par les vents. La température de l’eau reste très froide, surtout pour Van la Frileuse, et seuls les plus courageux osent s’y baigner.

Nous avons trouvé trop sympa les vendeurs de Caïpirinhas sur la plage. Elles sont servies généreusement et restent très bon marché pour une ville chère comme Rio. Même une bouteille d’eau n’est pas si bon marché!

Vu la configuration particulière de la baie de Rio, très profonde et entourée de montagnes, la ville disposait de plusieurs forts aux endroits stratégiques afin de se protéger. Les premiers ont été construits par les Portugais du temps de la colonisation car la ville de Rio était une place stratégique pour le commerce entre le Brésil, les colonies portugaises d’Afrique et le Royaume du Portugal. Ces forteresses font encore aujourd’hui office de base militaire et sont encore gardées par l’armée brésilienne.

Ville coloniale

Avant l’arrivée des Européens, le site était occupés par des Amérindiens venus d’Amazonie mais le site n’a jamais été important pour ces tribus. Ce sont les explorateurs portugais Gaspar de Lemos et Gonçalo Coelho qui y accostèrent pour la première fois en 1502. Ils étaient accompagnés d’Amerigo Vespucci, le Florentin qui comprit que Christophe Colomb avait découvert un nouveau continent et qui donna ensuite son nom au dit continent. Les Portugais commencèrent à faire du troc avec les autochtones avant de les réduire à l’esclavage. Ils firent de Rio la capitale de leur colonie sur le sol américain.

Le centre historique regorge de bâtiments à l’architecture Renaissance Portugaise datant du XVIIe siècle. La conservation et la restaurations des monuments sont inégales mais il vaut quand même la peine d’aller y faire un petit tour. On y retrouve, au sol, les célèbres mosaïques noires et blanches qui nous rappellent avec plaisir Lisbonne ou d’autres villes portugaises.

Par contre, si vous voulez voir quelque-chose de vraiment moche, rendez vous à la cathédrale : une hérésie des années 1970 (1976 pour être précis) et même pas restaurée en plus! Pourtant, l’idée de base était de rendre hommage aux peuples indigènes de l’époque précolombienne avec cette forme pyramidale mais ça a vraiment mal vieilli. Et nous ne sommes même pas sûrs que les indigènes aient apprécié le geste!

Escalier Selaron

Une attraction majeure du centre de Rio reste l’escalier Selaròn. Il y a pas moins de 215 marches ornées de carreaux de faïence de 120 pays différents Il a été construit à l’occasion de la coupe du monde de 1994. Il vaut la peine de s’attarder pour y observer les petites céramiques car certaines sont vraiment très belles, d’autres plutôt drôles et originales. Nous y avons passé plus d’une demi-journée à observer les carreaux venant des quatre coins du monde!

Nous ne sommes pas montés sur le Pain de Sucre, au Corcovado car c’était tout simplement blindé de monde et, comme nous commençons notre périple, nous avons un budget à tenir.

Dans l’ensemble, Rio nous a plutôt enchantés, surtout que nous n’en attendions pas grand chose. Pour utiliser une expression bien de chez nous : nous avons été déçus en bien! Nous n’avons pas ressenti une once d’insécurité mais nous sommes restés prudents en évitant les favelas et de montrer tout signe extérieur de richesse.

Pourquoi un tour du monde?

 

POURQUOI PARTIR FAIRE UN TOUR DU MONDE ?
That’s the question…

tdm

Parce-que nous sommes fous, tarés, dingues et complètement à la masse ?
Nous ne sommes pas du tout experts en psychologie pour bien répondre à cette question mais il se pourrait (au conditionnel bien sûr !) qu’un soupçon de folie soit à l’origine de ce projet.

folie

 

Parce-que nous sommes courageux ?
Pas plus de ceux qui élèvent des enfants, entretiennent une maison, et se lèvent tous les matins pour aller bosser.

courageux

Parce-que nous avons le virus du voyage ?
Oh que oui ! Un virus super puissant et totalement incurable !

virus

 

Parce-que nous avons tout plein d’argent ?
Absolument pas !! D’ailleurs nous nous sommes inscrits à des projets de volontariats contre le gite et le couvert comme Wwoofing, Workaway, Helpx, etc afin d’économiser le plus possible. De plus, nous visiterons en majorité des pays au niveau de vie bien moins élevé que chez nous. Nous avons également vendus tout nos biens pour financer en partie ce grand voyage. Et puis nous allons nous enrichir c’est sûr, mais pas avec de l’argent !

Picsou

Parce-que nous sommes des fainéants et nous ne voulons pas travailler ?
Bien au contraire ! Nous allons mettre la main à la pâte dans des projets tels que Wwoofing, HelpX ou encore Workaway dans le but, certes, d’économiser de l’argent, mais aussi de pouvoir toucher à d’autres domaines que les nôtres, acquérir un peu d’expérience et rencontrer des gens lors de leurs activités de tous les jours. Mais pour cela, il faudra se lever de son hamac et s’’activer un peu !

fainéant

Parce-que nous voulons fuir l’hiver et le froid ?
Là, c’est Van qui plaide coupable, elle qui ne supporte pas les températures inférieures à 25 degrés. Mais c’est aussi une question pratique : vous nous imaginez porter tout un équipement d’hiver dans un sac à dos ? Donc nous voyagerons en tenant compte des saisons.

frileuse

 

Parce-que nous voulons profiter de notre vie de couple ?
Trois fois oui ! Nous travaillions tous les deux en horaires irréguliers et nous pouvions passer des semaines entières en nous croisant à peine. D’ailleurs c’est en cherchant des solutions à ce problème que, petit à petit, nous est venue l’idée d’entreprendre un grand voyage les deux. Du coup, nous prenons le risque de ne plus nous supporter !

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Parce-que nous voulons goûter toutes les cuisines du monde ?
Nous voilà démasqués ! Notre deuxième passion est la cuisine, autant derrière les fourneaux que les pieds sous la table. Nous nous sentons donc obligés d’élargir nos horizons gastronomiques (et œnologiques bien sûr) !

gourmand

Pour prendre le temps de vivre ?
Absolument ! Durant ce voyage, nous n’aurons aucun impératif de temps. Un trajet durera le temps qu’il durera, personne ne se plaindra d’un quelconque retard ! Nous apprendrons également à nous écouter (faim, fatigue, etc) et s’il nous faut une semaine de repos à la playa, et bien nous nous l’accorderons !

pressé

Par goût du défi ?
Ce n’est pas le but premier mais nous savons qu’il y en aura. Nous devrons apprendre à galérer un peu et à gérer des imprévus. Nous serons 24h/24 ensemble dans des environnements qui ne nous seront pas familiers à devoir gérer la fatigue, les coups de blues, les petits soucis de santé, une pluie tropicale qui surgit sans crier gare, des autochtones pas toujours bienveillants, les difficultés à se faire comprendre, les phobies, le mal du pays et une multitudes de choses dont nous ne soupçonnons pas encore l’existence. Mais nous sommes motivés à relever tous les défis que ce voyage mettra sur notre route !

défi

Pour s’en mettre plein les yeux ?
Ça ne fait aucun doute ! Il y a bien sûr les paysages de cartes postales (Qui n’a jamais rêvé du Macchu Picchu, des chutes Victoria ou d’Ayers Rock ?) mais pas seulement ! Nous voulons nous en mettre plein les yeux en sortant un peu des sentiers battus : découvrir une petite crique isolée et déserte, apercevoir un koala entre les feuilles d’un eucalyptus, surprendre les sourires timides des autochtones, sentir les effluves d’un marché (même ceux des durians !), voir les Vietnamiennes dans leur plus beaux atours pour le Têt, etc, etc.

pleinlesyeux

Parce-que nous sommes des extra-terrestres inadaptés à cette société occidentale de consommation ?
Ça c’est certain ! Nous ne comprenons pas les valeurs typiquement suisses (voire européo-américaines) du travail, de l’argent et de la réussite. Il est fort probable que nous ne nous adapterions pas mieux à une autre société mais ça vaut le coup de voir comment ça se passe ailleurs. Dans tous les cas, nous apprendrons beaucoup de choses, que ce soit sur nous-mêmes, sur les différents peuples, la géographie et sur comment font les Asiatiques pour supporter l’odeur du durian !

extraterrestre