Découverte du Salar d’Uyuni : Entre Aventure et Imprévus

La trêve de la pluie que nous avons eu la chance d’avoir à Tupiza n’aura pas duré très longtemps. Certes, nous ne sommes pas en saison sèche mais, d’après les locaux, il ne devrait quand même pas pleuvoir autant. Le trajet en bus fut d’ailleurs très épique! A cause des inondations, certaines routes ont été détruites et ce sont sur des chemins de terre de fortune que s’est déroulé une partie du trajet. Nous avons mis plus de neuf heures pour pour effectuer les 197 kilomètres depuis Tupiza pour enfin arriver à la petite ville d’Uyuni, perchée à 3700 mètres d’altitude au coeur de l’Altiplano bolivien.

Si aujourd’hui la ville d’Uyuni vit principalement du tourisme, elle doit son existence au chemin de fer qui, dès les années 1870, transportait les divers minerais de la région comme du plomb, de l’étain et même de l’or, jusqu’au Chili. Malheureusement, la Bolivie n’a jamais su concurrencer les marchés internationaux car, contrairement à ses voisins, ses minerais étaient de qualité moyenne. L’industrie minière a peu à peu été abandonnée et la ville d’Uyuni laissée à son triste sort au milieu des montagnes. La découverte récente de grandes quantités de lithium dans le salar d’Uyuni pourrait changer la donne pour les années à venir, surtout avec la demande croissante de batteries électriques pour les véhicules ou nos appareils électroniques. Nous sommes un peu mitigés par cette nouvelle. Certes, ce serait une manne économique indispensable pour cette région très modeste mais nous nous demandons quel impact écologique une telle entreprise pourrait avoir pour le salar et sur l’environnement alentour. Sachant que la Bolivie a une conscience écologique très limitée, nous doutons fortement que les normes environnementales soient respectées en cas d’extraction de lithium à Uyuni.

Pour témoigner de ce passé glorieux, il existe, juste en dehors de la ville, un cimetière de train ou des dizaines de locomotives à vapeur et des wagons ont été abandonnés lors de la faillite de la compagnie suite à l’arrêt de l’exploitation minière au début du XXe siècle. Avec ce paysage lunaire, le temps un peu maussade et ces vieilles machines abandonnées, nous trouvons l’ambiance est un peu macabre.

Bien sûr, l’attraction touristique principale reste le fameux Salar d’Uyuni, le plus grand désert de sel du monde et également le plus connu. Il s’étend sur près de 10’600 kilomètres carré! Il est accessible seulement en 4×4 avec des chauffeurs expérimentés. Nous en avons négocié un, assez facilement, en ville, avec quatre autres personnes, un couple néerlandais et deux copines chiliennes, pour 20USD la journée. Avec la pluie, le salar est recouvert d’une bonne dizaine de centimètres d’eau. Heureusement, notre chauffeur a l’habitude et nous a fourni à tous une paire de bottes en caoutchouc, pas très sexy mais indispensable. Nous le trouvons bien plus beau ainsi avec cet effet miroir dont on n’arrive plus à distinguer où finit la terre et où commence le ciel.

Au milieu du Salar, se dresse un ancien hôtel complètement construit en sel qui fut à plusieurs reprises une étape d’arrivée de la course Paris-Dakar. Aujourd’hui, il ne fait plus que fonction de restaurant en journée, les autorités ayant refusé que des humains y dorment afin de ne pas trop contaminer le site. Déjà que des centaines de 4×4 bien polluants parcourent le salar toute la journée, s’il peut y avoir une petite trêve la nuit, c’est déjà pas mal.

Malheureusement, à cause des inondations de ces dernières semaines, nous n’avons pas pu rejoindre la fameuse île de Pescado. Nous avons quand même décidé d’attendre le coucher de soleil même s’il n’était loin d’être garanti vu le temps incertain. Pour passer le temps, nous sommes retournés au restaurant de sel où nous avons partagé une bonne bouteille de vin bolivien (oui, ça existe!). Le crépuscule a bien fini par arriver et vu le spectacle à couper le souffle du coucher de soleil, nous avons drôlement bien fait d’attendre!

Malgré le fait qu’il faille contracter un tour, tout ce qu’on déteste en général, la découverte du salar fut vraiment un incontournable! Tout ne s’est pas passé comme prévu à cause de la saison des pluies, mais nous trouvons le site bien plus exceptionnel avec l’eau qui fait un effet miroir incroyable, surtout au coucher du soleil! Nous avons eu de la chance de tomber sur d’autres personnes vraiment cool, ce qui nous a fait passer une magnifique journée.

Nous avons eu également une chance inouïe avec la météo! Même si le temps a été un peu mitigé tout le temps, nous sommes restés au sec. Un gros orage a commencé à éclater juste à notre retour en ville! Nous aurions peut-être dû jouer à la loterie!

Mais la chance aura été de courte durée et il se peut fortement que notre idée d’itinéraire soit complètement chamboulée pour cause de météo! Pour la faire courte, ça s’annonce vraiment mal pour la suite de notre périple en Bolivie! Nous avons déjà renoncé au Sud-Lipez et nous allons devoir également renoncer à Potosi et Sucre au vu des pluies diluviennes qu’ils annoncent pendant des jours. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, nous sommes pour l’instant bloqués à Uyuni pour cause de grève et nous réfléchissons sérieusement à rejoindre le Chili sur la côte Pacifique afin d’avoir un temps plus favorable.

Devoir renoncer à la Bolivie, c’est très frustrant car ça a l’air vraiment ouf! D’ailleurs, le peu que nous avons pu voir est déjà un véritable coup de cœur! Mais voilà, les imprévus font aussi partie du voyage et nous devons apprendre à les gérer. De toute façon, s’entêter à continuer malgré la météo ne serait pas très intéressant et ce serait même à la limite de l’irresponsabilité vu les gros risques d’inondation. Nous allons donc plancher sur un plan B et espérer quand même pouvoir rejoindre le Pérou qui est en bonne place sur notre wishlist et que nous ne voudrions pas manquer.

Quoi qu’il en soit, nous gardons tout de même un très bon souvenir de la Bolivie, de sa population et de ses paysages. Bon, pas vraiment de ses soupes de poulet mais nous aurions pu faire abstraction de cette gastronomie un peu cheloue pour pouvoir en découvrir un peu plus. Dans une prochaine vie peut-être…

Randonnées et découvertes à Tupiza : nos premiers pas en Bolivie

Voilà, notre mois passé à Salta en tant que réceptionnistes dans un hostal est déjà terminé! Nous avons des sentiments aigre-doux par rapport à ce départ. Nous étions une super équipe et c’est avec beaucoup d’émotion que nous avons dû prendre congé de toutes les personnes extraordinaires avec qui nous avons travaillé mais aussi partagé des moments de vie. En même temps, nous sommes super heureux et excités de reprendre nos backpacks et de repartir sur les routes pour la suite de notre aventure. Nous avons également très hâte de découvrir un nouveau pays.

Il nous aura fallu une nuit de bus depuis Salta pour rejoindre la frontière bolivienne et nous y avons tellement bien dormi que nous n’avons pas bronché quand nous sommes arrivés à destination! Quand nous nous sommes réveillés, le bus était déjà vide! Nous rassemblons donc nos affaires en vitesse, et avec le petit coup de stress, nous nous prenons les 3440 mètres d’altitude de la Quiaca, la ville frontière côté argentin, en pleine tronche à sept heures du matin! A peine réveillés et un peu désorientés, nous demandons notre chemin pour la Bolivie à deux femmes du coin qui nous proposent aimablement de les suivre avant de se raviser une minute plus tard car elles, elles passent la frontière illégalement. Mais elles prennent quand même le temps de nous indiquer le chemin du poste frontière légal.

Nous passons la douane à pied (une simple formalité) et nous nous retrouvons tout de suite dans un autre monde. A première vue, la Bolivie semble plus colorée et plus exotique que l’Argentine. Nous nous rendons à la gare de Villazon, la ville frontière côté bolivien cette fois, car nous espérons continuer notre voyage en train. Apparemment, ce n’est pas notre jour car les trains sont tous supprimés en raison de crues exceptionnelles et d’inondations. Nous nous rabattons donc sur le bus qui essaie tant bien que mal d’avancer sur des routes défoncées par la pluie afin de rejoindre notre première étape bolivienne, Tupiza.

Tupiza

Tupiza est une petite ville du sud bolivien, au milieu de la cordillère des Chichas qui porte le nom du peuple autochtone qui vivait dans la région avant l’arrivée des colons. Comme elle n’est perchée « qu’à » 2850 mètres d’altitude, elle constitue une étape de choix pour l’acclimatation à l’altitude. Afin d’habituer notre corps à la haute altitude, nous nous accordons une journée de repos qui constitue à déambuler dans les ruelles de la ville à la recherche de quelques vestiges de l’époque espagnole. Il y en a quelques uns mais pas énormément, les Espagnols ne firent de Tupiza qu’une petite base arrière pour aller explorer le Chili. Nous en profitons également pour faire une petite réserve de feuilles de coca au marché municipal. En général, elles se mâchent mais c’est un cauchemar pour notre dentition et nous les trouvons tellement amères que nous préférons les infuser dans de l’eau chaude à la manière d’un thé, Mais même avec cette façon de faire, c’est un remède miracle contre les symptômes du mal des montagnes.

Cordillera de Chichas

Dès le lendemain, il nous démange déjà de partir à la découverte de ces magnifiques sommets. Ça tombe bien, il est possible de partir en randonnée dans la cordillère toute proche directement depuis la ville, en autonomie, sans prendre un tour organisé et sans que ça nous coûte un centime!

Les Chichas sont une petite cordillère entourant Tupiza au nord et au sud et appartenant aux Andes Centrales, dont la caractéristique principale est la magnifique couleur rouge-grenat de sa roche. Même si nos Alpes ne sont pas aussi grises qu’elle paraissent au premier abord, nous sommes quand même hallucinés par ces montagnes qui déploient de magnifiques couleurs!

Puerta del Diablo

Culminant à 3183 mètres d’altitude, la Puerta del Diablo (porte du diable en français) est une paroi rocheuse que l’érosion à façonné durant des siècles et qui, aujourd’hui, ressemble vaguement à une porte. Nous soupçonnons fortement que la porte fut, en son temps, fermée avec une arche en pierre qui a dû s’effondrer depuis. Nous trouvons la couleur rouge foncé presque bordeaux plus impressionnante que la forme de la roche en elle-même

Canyon des Incas

Nous nous enfonçons au fond de la vallée, appelé Canyon des Incas appelé ainsi car ce serait le chemin qu’empruntaient les Incas afin d’acheminer l’argent qu’ils trouvaient dans la région. Il faut compter approximativement une bonne heure et demie de marche depuis la ville de Tupiza pour arriver au fond du canyon. Mis à part le manque d’oxygène dû à l’altitude et quelques passages un peu étroits, la randonnée n’est pas très difficile. Nous sommes restés bouche bée devant le travail de Dame Nature avec l’érosion!

En plus du paysage incroyable, deux choses nous ont surprises lors de notre promenade à plus de trois mille mètres d’altitude :

  • la chaleur : la température atteint allègrement les 25-26 degrés en journée. Il faut dire que nous avons eu de la chance. La pluie a décidé de faire une trêve, il fait un temps splendide et c’est un soleil tropical qui tape. Attention aux coups de soleil et aux insolations! Même les nuits, bien plus fraîches, ne sont pas si froides. Et c’est Van la frileuse qui le dit! Nous nous attendions à des températures bien plus basses, même pour février!
  • la végétation : certes ce sont principalement des cactus et des arbustes épineux, de la végétation plutôt sèche, mais le paysage est encore bien vert malgré l’altitude. Nous ne sommes pas habitués à autant de verdure à cette altitude dans les Alpes où la végétation s’arrête entre 2000 et 2500 mètres d’altitude.

C’était une première petite rando idéale pour cette altitude. C’était de difficulté moyenne avec pas trop de dénivelé (environ 400 mètres). En tout, il y a environ quinze kilomètres et ça nous a pris environ trois heures aller et retour depuis Tupiza. Par contre, il faut quand même penser à télécharger une carte avant de partir, ce n’est pas super bien indiqué.

Nous avions prévu à la base de rejoindre la Bolivie depuis l’Argentine en faisant le détour par San Pedro et le désert d’Atacama, au Chili, puis nous avons changé d’avis notamment pour des questions de coût. Et puis, nous avions aussi envie de quitter ces pays que nous jugeons trop « européens ».  Vu cette première étape pittoresque, nous ne regrettons aucunement notre choix.

Bilan de l’Argentine

Après plus de deux mois passés dans cet immense pays, il est temps de dresser notre traditionnel bilan.

En chiffres

Durée du séjour

68 jours ou neuf semaines et demie pour ceux qui ont la réf! En gros, un peu plus de deux mois. Et nous n’avons découvert qu’une infime partie de cet immense pays.

Budget

67’034 ARS (pesos argentins) soit 2766€ ou 3210 CHF ce qui fait une moyenne journalière de 987 ARS (40,6€ / 47 CHF). Notre objectif de budget est atteint mais c’est surtout grâce à nos divers volontariats. A noter que le peso argentin est très instable et l’inflation constante, ces chiffres sont sûrement déjà obsolètes à l’heure de cette publication!

Distance parcourue

8264 kilomètres de Puerto Iguazu – Buenos-Aires, puis de Libertador San Martin (frontière uruguayenne) – Córdoba – Cosquin – Córdoba – Buenos Aires – Puerto Madryn – péninsule Valdés – Puerto Madryn – Buenos Aires – Salta – Cafayate – La Quiaca (frontière bolivienne) Le tout en bus, en train, en minibus, en voiture de location et en buquebus (ferry) pour traverser le Rio de la Plata entre Buenos Aires et Colonia del Sacramento.

Provinces traversées

Treize : Missiones, Corrientes, Entre Rios, Buenos Aires, district fédéral, Santa Fe, Cordoba, Rio Negro, Chubut, Santiago del Estero, Tucuman, Salta et Jujuy.

Extrêmes d’altitude

‘- 35 mètres (oui, il y a bien le signe moins!) dans les dépressions salines de la péninsule Valdés et 3442 mètres à la Quiaca tout au nord du pays à la frontière bolivienne. C’est un bel exemple des différences d’altitude dans le pays.

Extrêmes de températures

18 degrés sous un vent du sud-ouest glacial sur la péninsule Valdés que ne renierait pas Tenerife et 39 degrés lors de la canicule du Nouvel An à Buenos Aires. L’Argentine traverse des zones climatiques totalement différentes que nous aurions pu avoir tout et n’importe quoi en terme de météo.

Nombre de volontariats

Trois. « Faiseurs d’ordre » dans une résidence étudiante à Córdoba nous faisant nous sentir très vieux, collaborateurs dans une chacra (entre une ferme et une maison de campagne) au nord de Puerto Madryn et réceptionnistes dans un hostel à Salta.

Coups de gueule / Coups de cœur

Comme d’habitude nous commençons par ce que nous avons le moins apprécié ainsi nous finirons ce bilan sur une note positive

Les moins

L’argent

C’est une vraie galère en Argentine. Le coût de la vie est exorbitant et retirer de l’argent est digne du parcours du combattant. Il n’est pas rare de devoir attendre plus de trois quarts d’heure dans la file pour atteindre un distributeur qui a de fortes chances de se retrouver en rupture de stock de liquide. Nous avons payé jusqu’à 185 ARS (8.80 CHF / 7.60€) de frais de retrait perçus directement par l’état argentin. (merci la corruption!) et les plafonds s’élèvent à 2000 ARS (95.80 CHF / 82.50 €), 3000 ARS (143.70 CHF / 123.80 €) si on a de la chance. Une façon de contourner tout ça est d’utiliser la carte de crédit qui nous prend une commission dérisoire mais, évidemment, la plupart des établissements et des attractions touristiques comme les chutes d’Iguazu n’acceptent que le cash. Nous en avons plusieurs fois perdu notre latin et surtout notre patience!

La pampa

 C’est tout plat, c’est monotone et ça dure sur des centaines et des centaines de kilomètres. Inutile de vous dire que nos longs trajets en bus n’ont pas été très passionnants. Et nous avons un mal de transports carabiné qui nous empêche de lire pendant les trajets.

La pollution à Córdoba

Ce n’est pas au point du Caire mais avec sa situation en cuvette, la ville de Córdoba garde la pollution juste en dessus de nos têtes et c’est parfois difficilement supportable, surtout avec la chaleur estivale.

La non-conscience écologique

Nous ne voulons pas jouer les moralisateurs car nous sommes bien conscients de ne pas être de bons petits écolos même si nous essayons de limiter notre empreinte carbone au maximum mais pour un pays du niveau de l’Argentine le je-m’en-foutisme écologique nous a quand même interpellé. Il n’y a aucune énergie renouvelable, les gens possèdent des pick-ups 4×4 super polluants sans en avoir une réelle utilité, les lignes de train se désaffectent peu à peu au profit de la route, le tri des déchets est inexistant, etc… La faute notamment à un gouvernement corrompu jusqu’à la moelle qui se soucie plus de toucher des pots de vin que de sauver la planète ainsi qu’à un accès trop aisé au pétrole grâce aux réserves du sous-sol patagonien.

On a kiffé!

L’accent argentin

 Il faut se faire à la prononciation en « ch » si particulière et aux quelques termes qui changent du castillan de base mais c’est tellement beau à l’oreille. A part les Porteños qui parlent un peu plus rapidement, les Argentins parlent lentement avec un accent chantant et un langage raffiné, de quoi faire passer les espagnols pour des ch’tis! Il paraîtrait pourtant qu’ils parlent le castillan le plus difficile de toute l’Amérique du Sud, donc ce sera une vraie promenade de santé de pratiquer la langue de Cervantés plus au nord.

La viande

Surtout le bœuf!  L’Argentine mérite amplement sa réputation de pays de la viande! Nous y avons goûté des morceaux vraiment savoureux! Vu l’impact écologique de la consommation de viande, nous essayons de réduire drastiquement nos repas carnés!

Le dulce de leche

C’est de la confiture de lait et ça a un goût de caramel! C’est totalement régressif et anti diététique mais dieu que c’est bon!

Le vin

Van n’apprécie pas trop le Malbec, le principal cépage argentin surtout cultivé dans la région de Mendoza, qu’elle juge trop acide mais pour les autres cépages, elle signe tout de suite! Nous qui sommes restés un mois à Salta, nous avons dégusté avec plaisir de délicieux Cabernet Sauvignon cultivés dans la région.

La population locale

Nous avons vraiment trouvé les Argentins extraordinaires. Il sont très chaleureux! Toujours prêts à te rendre service, ils sont également très ouverts d’esprit et très curieux envers les étrangers. C’est la première fois que nous parlons autant de la Suisse et de comment on y vit et nos interlocuteurs sont vraiment intéressés par nos explications. Si nous devions citer le point fort de ce pays, ce serait sans hésiter l’accueil fabuleux des Argentins!

Les paysages andins

Principalement les quebradas au nord du pays qui nous changent complètement des Alpes. Après nous être désespérément languis de relief, ce fut un réel plaisir de retrouver des montagnes. Qu’elles soient couvertes de forêt humide ou au contraire arides et façonnées par l’érosion, c’est un réel plaisir pour les yeux

La qualité des transports

Surtout les bus de nuit qui sont vraiment pensés pour couvrir les distances énormes. Ce n’est pas bon marché, mais c’est confortable (nous y avons vraiment passé de bonnes nuits de sommeil!) et fiable. Nous sommes conscients que nous trouverons pas cette qualité de transport dans d’autres pays!

Là, ils ne sont pas comme nous!

On ne critique pas le pape!

Pour ceux qui, comme nous, ne suivent pas vraiment les actualités du Vatican, sachez que le pape François Ier qui officiait pendant notre séjour était argentin. Il faisait et fait encore la fierté de son peuple, encore plus que Messi et Maradona réunis! On nous a demandé plusieurs fois ce que nous pensions du pape et nous avons senti que la réponse attendue se devait d’être positive. Du coup, nous nous sommes renseignés sur internet sur ses prises de positions afin d’éviter de paraître trop incultes sur la question!

L’apéro favori des Argentins est le Fernet Branca

Le Fernet Branca est un alcool fort italien bien dégueu à base d’herbes. C’est le genre de digestif qu’on prend quand on a mal à l’estomac et que tous les autres remèdes de grand-mère n’ont pas fonctionné. En Argentine, cette espèce de mixture est un apéro très populaire et très apprécié. Certaines fois, on le mélange avec du Coca-Cola pour en faire un cocktail que nous trouvons particulièrement mauvais. Déjà que le maté n’est pas la boisson du siècle, avec le Fernet, on touche vraiment le fond!

Le jeu d’échecs

Rien d’extraordinaire, ce n’est qu’un jeu d’échecs avec les mêmes règles qu’en Europe sauf que les pions sont remplacés par des figurines qui représentent, d’un côté les conquistadors espagnols, et de l’autre côté les guerriers incas.

La façon de certains argentin de boire le vin rouge

Nous avons pris certains Argentins en flagrant délit de gâchis de vin rouge! Certains mettent des glaçons dans leur verre de vin rouge tandis que d’autres le mélange avec du Coca-Cola! Nous sommes sûrement un peu trop puristes mais ce genre de mélange nous fait littéralement hurler.

Conclusion

L’Argentine est un pays à plusieurs facettes et malheureusement, ce sont les pires que nous apercevons en premier, il faut vraiment passer outre ces problèmes d’argent et de corruption pour en apprécier les points positifs. Combien de fois ne nous sommes-nous pas dit que nous allions prendre le premier transport disponible pour quitter ce pays pourri? Et souvent, juste après, nous tombions dans un coin vraiment sympa ou nous rencontrions des personnes juste extraordinaires qui nous ont montré que, finalement, ce pays n’est pas si pourri que ça.

Les Joyaux de Salta et exploration du Nord-Ouest Andin dans la quebrada de las Conchas

Salta aura une saveur particulière dans notre séjour argentin. Nous y sommes restés près d’un mois en travaillant dans un hostel de la ville où nous avons passé de très bons moments riches en expériences professionnelles et surtout humaines. Nous savons maintenant que si nous devons travailler dans l’hôtellerie, nous sommes tout à fait capables de le faire!

Nous avons quand même pris le temps, lors de notre temps libre, de déambuler dans la ville afin d’en connaître son essence. Idéalement située sur un plateau fertile, au pied des Andes Orientales, Salta est également un point de départ idéal pour explorer le Nord Ouest Andin.

Casco historico

Surnommée, à juste titre,  la linda ou la hermosa (la belle), Salta se targue de posséder le plus grand nombre de bâtiments coloniaux de toute l’Argentine, et en superbe état de conservation! Elle a été, bien sûr, fondée par les Espagnols en 1576 dans le but de chasser les Guaranis, les tribus indiennes indigènes mais aussi pour constituer une ville étape sur la longue route qui reliait Buenos Aires à Lima, les deux plus importantes ville de la vice-royauté du Pérou.

Idéalement située sur un plateau fertile, au pied des Andes Orientales, c’est un point de départ idéal pour explorer le Nord Ouest Andin.

Le cabildo

En Argentine et en Amérique Latine en général, le cabildo désigne un bâtiment colonial espagnol en arcades. On en trouve également en Andalousie où le nom a exactement la même signification. En gros, ce sont les Andalous qui ont exporté le concept dans leurs colonies en Amérique Latine.  Celui de Salta, situé sur la splendide Plaza de Nueve de Julio, la place centrale de la ville, est le mieux conservé de toute le pays et abrite le musée historique du Nord que nous avons visité juste pour pouvoir pénétrer dans le bâtiment!

Couvent San Francisco

Véritable emblème de Salta, l’église fut construite en 1625 pour l’ordre des franciscains établi à Salta. Le campanile, construit en 1877, est avec ses 54 mètres, le plus haut d’Argentine. Décidément Salta est la ville de tous les superlatifs! Nous on adore sa façade rouge qui nous rappelle les couleurs de notre belle Séville. Et nous devons reconnaître qu’elle est super impressionnante cette église mais bien trop grande pour pouvoir la photographier correctement! (Sorry!)

Cerro San Bernardo

C’est un petit sommet culminant à 1400 mètres d’altitude (rien du tout à l’échelle andine!) qui surplombe la ville de Salta. Il est accessible par un télécabine partant directement du centre-ville, mais il y a la possibilité de monter à pied par un petit chemin dans la forêt, ce qui, à nos yeux, est beaucoup plus sympa. Surtout qu’avec le climat subtropical humide, la végétation commence à être vraiment très belle. C’est un joli coin de nature en ville et du sommet la vue sur Salta et ses environs est imprenable!

Parque San Martin

C’est un parc urbain construit en 1905 avec un petit lac artificiel donnant à la ville un petit point d’eau, Salta n’ayant pas de cours d’eau naturel au centre ville. C’est un moyen de voir un peu de verdure sans avoir besoin de monter au Cerro San Bernardo.

San Lorenzo

On pourrait qualifier San Lorenzo de banlieue chic de Salta avec ses petites villas bien proprettes, mais ce qui fait vraiment son charme, c’est sa quebrada, même si ce n’est pas la plus impressionnante de la région. Ici nous attend une jolie petite marche en forêt humide de montagne avec, au bout, un mirador qui nous donne une jolie vue sur tout le plateau de Salta. Mais ça se mérite! Déjà, il faut grimper (mais nous on aime ça grimpette!) et il faut se débrouiller pour traverser la rivière sans pont et sans gué dans une eau est super froide! Le climat est tellement humide que l’herbe pousse partout, même sur les arbres! Nous nous serions vraiment crus dans une forêt mythique du genre Brocéliande, ou plus rationnel, dans l’Anaga, en plus chaud. Encore un joli coin de nature à quelques kilomètres en bus depuis le centre ville. San Lorenzo est d’ailleurs accessible avec les bus urbains de Salta.

Excursion dans la Quebrada de las Conchas

Un des avantages de travailler dans un hostel dans un coin touristique c’est d’être en contact avec les Tours Operators du coin pour les excursions aux alentours et lorsqu’il leur manquent juste deux personnes pour remplir leur minibus, ils nous proposent d’y participer gratuitement. Vu la difficulté de se rendre par nos propres moyens et vu le coût exorbitant, nous n’avons pas hésité une seconde quand on nous a proposé une virée à Cafayate même si a la base les tours en groupe ce n’est pas trop notre truc.

Cette petite excursion se mérite, le départ est à sept heures tapantes du matin! Il est vrai que la ville de Cafayate, notre but du jour n’est pas à côté. Elle se situe à 189 kilomètres de Salta et même si, pour les Argentins, cette distance n’est qu’un petit saut de puce, le trajet ne se fait pas en cinq minutes! La route passe par la superbe « Quebrada de las Conchas » et le paysage est tellement grandiose que nous ne voyons pas le temps passer.

Mais qu’est-ce qu’une Quebrada? C’est une immense gorge formée par des milliers d’années d’érosion. Ceux qui ont quelques notions d’espagnol auront remarqué que « conchas » signifie coquillages, alors que nous sommes en plein nord-ouest andin à des centaines de kilomètres de l’océan! Le nom a été donné suite aux nombreux fossiles de coquillages qui ont été retrouvé dans la Quebrada lorsque l’océan arrivait encore dans la région de Salta, il y a quinze ou vingt millions d’années.

Garganta del Diablo

La gorge du diable en français (oui pour ceux qui ont suivi, il y en a aussi une à Iguazu!). C’est une façade rocheuse qui a été formée par une ancienne cascade qui a érodé les rochers. Malheureusement, dans ces tours, on ne choisit pas quand on s’arrête et la façade était en plein contre-jour. (Sorry!)

Anfiteatro

C’est la petite sœur géologique de la Garganta del Diablo et ne se situe que quelques kilomètres plus bas. Elle forme un amphithéâtre naturel (d’où son nom!) et jouit d’une acoustique exceptionnelle!

Cafayate

C’est une petite ville sans grand intérêt architectural. Elle connue surtout pour être le point de départ de la Quebrada et une grande étape de la fameuse route 40 (une partie de la Panaméricaine) pour Cachi. L’économie principale et la viticulture avec des vignobles de montagne dont les plus hauts se situent à 2800 mètres d’altitude.

Les bodegas

Qui dit tour dit visites et ici, culture de la vigne oblige, ce sont les bodegas (caves) qui sont à l’honneur. Si nous n’apprenons rien de nouveau sur la fabrication du vin car nous venons d’une région viticole, la dégustation en fin de parcours est grandement appréciée. Contrairement à Mendoza, le cépage phare n’est pas le Malbec mais le Cabernet Sauvignon, bien meilleur à notre goût! Dans les vins blancs, c’est le Torrontes qui est à l’honneur. Il ressemble fortement au muscat de nos latitudes.

La brea

L’arbre le plus courant de la quebrada est le Parkinsonia praecox, plus connu par son petit nom « brea ». Il a la particularité d’être complètement vert, tronc y compris. Au printemps, pendant la floraison, il déploie une quantité de petites fleurs jaunes. Mais nous sommes déjà trop avancés dans la saison pour pouvoir les observer. C’est un arbre qui se plait particulièrement dans toutes les zones arides du continent américain.

Nous rentrons à Salta par le même itinéraire mais malheureusement le temps se gâte un peu. Mais restons positif, ce ciel gris fait ressortir la roche rouge d’une autre manière que quand il fait beau et que le ciel est bleu! Nous en profitons quand même pour aller saluer nos amis les lamas!

Conclusion

Comme dit plus haut, nous ne sommes pas très fans de ces tours mais celui-là s’est bien déroulé. Il faut dire que nous avions un guide qui savait captiver son auditoire et qui nous a expliqué pas mal de choses intéressantes sur toute la province de Salta sans être trop pompeux. Comme dans tout groupe, il y a une foule de caractères différents mais nous avons trouvé quelques personnes sympas avec qui discuter. Nous avons également apprécié de nous faire conduire car ça nous a fait une journée à près de quatre cents kilomètres, les distances argentines étant énormes!

Evidemment, le nord-ouest andin ne s’arrête pas à cette quebrada mais les excursions sont tellement chères et les distances énormes que nous préférons nous concentrer sur notre volontariat pour mieux aller découvrir la Bolivie ensuite. Nous sommes impatients de connaître ce nouveau pays qui nous paraît déjà plus roots.

Nous sommes vraiment contents d’avoir passé un mois à Salta car c’est l’endroit que nous avons préféré en Argentine. Pour la première fois depuis notre départ, nous avons vraiment l’impression d’être en Amérique du Sud. La ville est superbe, à taille humaine, mais assez grande pour avoir de quoi s’occuper. Nous sommes enfin arrivés dans les Andes car, après des kilomètres parcourus dans la pampa plate et monotone, les montagnes commençaient vraiment à nous manquer. Nous avons également rencontrés des gens extraordinaires, que ce soit des autochtones ou des voyageurs de passage. Nous sommes donc maintenant remontés à bloc pour la poursuite de notre voyage qui se fera en Bolivie.

Buenos Aires : la dynamique capitale argentine à l’ambiance européenne

Avant de vous emmenez avec nous dans ces nouvelles aventures, nous profitons de ce premier article de l’année pour vous adresser nos meilleurs vœux pour 2018 et pour vous remercier d’être déjà si nombreux à nous suivre!

Fab voulait absolument faire un trajet en train. Bon, nous ne sommes clairement pas sur le bon continent pour un « rail trip » mais l’Argentine compte quand même quelques modestes lignes de train dont une qui relie Bahia Blanca à la capitale. Depuis Puerto Madryn, il nous faut quand même passer une grosse nuit de bus pour rejoindre Bahia Blanca où nous arrivons de bon matin. Nous avons une bonne journée à attendre car le train circule également de nuit. Heureusement, le personnel de la gare super sympa a accepté de nous garder les backpacks. Bahia Blanca n’est pas très intéressante et nous sommes déjà fatigués de notre voyage depuis la Patagonie, le temps passe très lentement. Mais l’heure de départ approche et nous pouvons enfin embarquer dans le train où nous passons une deuxième nuit de voyage dans un compartiment super climatisé sur des sièges très inconfortables. Bref l’expérience n’est pas très concluante. Un lot de consolation nous attend toutefois à l’arrivée, la superbe gare du Retiro à Buenos Aires et son architecture néoclassique même si nous sommes bien trop fatigués pour l’apprécier à sa juste valeur.

Passer la période du Nouvel An à Buenos Aires est un bon plan : les tarifs de logements sont très bas (chose rare en Argentine!) et la ville est complètement vide et super calme. Il faut juste s’attendre à ce que certaines choses soient fermées. Mais le temps en cette fin d’année et superbe et nous nous contentons de flâner dans cette belle ville vidée du trafic et d’une partie de ses habitants.

Du coup, nous avons remis notre casquette de citadins pendant quelques jours et sommes partis à la découverte des trésors que cache cette ville.

Casco Historico

C’est le centre névralgique de la ville et nous rappelle un peu le Paris chic avec ses grands boulevards et ses immeubles Haussmanniens.  Nous y trouvons la fameuse Plaza de Mayo bordée de la cathédrale et de la maison du  gouverneur surnommée la Casa Rosada à cause de sa couleur. Au centre de la Plaza de la República, se trouve l’obélisque construit en 1936 pour commémorer les quatre cents ans de la fondation de la ville.

Palermo et ses parcs

Palermo et un quartier situé au nord de la ville réputé pour ses nombreux espaces verts, véritable poumon de Buenos Aires mais aussi pour ses restaurants branchés et son ambiance assez éclectique. Nous avons préféré passer notre temps dans le parc Tres de Febrero à profiter de la verdure.

Chinatown

En véritable amoureux de l’Asie, il nous était impensable de quitter la ville sans passer par le quartier chinois, repaire des immigrés coréens, chinois et taïwanais. Ici, ça se résume à une seule rue et c’est très aseptisé à l’Argentine, mais ça nous aura permis de nous offrir une jolie parenthèse exotique et surtout culinaire. A part la viande et quelques empanadas, la cuisine argentine n’a rien de fou.

San Telmo

C’est un des plus anciens quartiers de Buenos Aires. C’est un véritable petit Barcelone avec ses petites ruelles, ses façades coloniales, ses terrasses, ses bars à tapas et ses détails architecturaux modernistes que ne renierait pas la capitale catalane. C’est ici qu’on trouve la plus grande concentration de cuisine étrangère d’Argentine, l’exotisme culinaire n’étant pas très courant dans le pays. Quartier tranquille la journée, il s’anime dès la nuit tombée pour devenir un lieu branché où les Porteños (petit nom qu’on donne aux habitants de Buenos Aires) se retrouvent pour manger ou boire un verre dans une ambiance très chaleureuse.

La Boca

La Boca est un quartier populaire de Buenos Aires où se sont installés les migrants italiens arrivés au XIXe siècle. Il est mondialement connu pour ses maisons en tôle peintes avec des couleurs vives reconnaissables de loin mais aussi pour son équipe de foot, le Boca Junior. Une partie du quartier a cédé aux sirènes de l’attrait touristique avec boutiques de souvenirs, restaurants hors de prix et faux danseurs de tango et a donc perdu un peu de son âme. Mais toutes ces couleurs restent quand même un plaisir pour les yeux. En dehors du noyau très touristique, la Boca reste un quartier populaire et un peu craignos. Faites attention à vos affaires et ne vous y aventurez pas une fois la nuit tombée. Mais les Porteños sont très affables et ne manqueront pas de vous donner mille recommandations pour visiter ce quartier.

Puerto Madero

C’est le quartier moderne de Buenos Aires avec ses gratte-ciels flambant neufs, sa marina et ses restaurants chics que ne renierait pas une ville plus anglo-saxonne comme Miami ou Melbourne. Sa position privilégiée sur le Rio de la Plata attire les convoitises et les prix de l’immobilier s’envolent permettant seulement à une classe très privilégiée de profiter du lieu.

Reserva Ecológica Costanera Sur

Situé entre Puerto Madero et le Rio de la Plata, cet espace vert de 350 hectares doit son existence à la construction des autoroutes urbaines des années 1970-1980. Ça paraît paradoxal, non? Pourtant, les décombres de la destruction des bâtiments pour laisser de l’espace à ces fameuses autoroutes ont été déposés dans le Rio de la Plata créant un terrain gagné sur le fleuve qui était voué à l’urbanisation. Mais le site fut ensuite laissé à l’abandon et la nature reprit ses droits devenant un terrain privilégié pour les oiseaux migrateurs. Suite à cela, les autorités décidèrent de créer une réserve écologique, véritable havre de paix à deux pas du centre ville.

Jardin botanique

Si vous n’en avez pas assez des espaces verts de Buenos Aires, il y a encore sept hectares de verdure en pleine ville ou se trouvent plus de cinq mille espèces de plantes représentant tous les habitats de la planète. C’est un peu plus structuré que le reste des parcs de la ville mais la visite est intéressante et nous ne boudons pas notre plaisir de voir des arbres.

Buenos Aires fut vraiment une bonne surprise! La ville est très belle, les quartiers historiques sont admirablement conservés et il existe une multitude de parcs et d’espaces verts qui nous permettent de respirer dans cette mégapole de quinze millions d’habitants. Le calme que nous avons rencontré pendant la période du Nouvel An n’est sûrement pas représentatif du quotidien de la ville, mais nous y avons passé un séjour super agréable à déambuler de quartiers en quartiers.

Voyage en Patagonie: Découverte de Puerto Madryn et de la Péninsule Valdés

Ah la Patagonie… Qui n’a jamais rêvé de grandes escapades en nature en entendant ce nom? Mais tout rêve a un prix et celui de la Patagonie est particulièrement élevé, surtout pour des voyageurs à petit budget comme nous. Du coup il nous a fallu faire un choix et celui-ci s’est porté sur Puerto Madryn.

Nous vous avions laissé à Córdoba, à 1382 kilomètres plus au nord. Vous pensiez bien qu’une telle distance ne se parcourt pas comme ça! Heureusement, l’Argentine possède un système de bus de nuit au top mais il faut rester plus de vingt heures dans le même véhicule. Dans ce cas, nous avons enchaîné deux nuits en bus avec un arrêt au milieu, à Buenos Aires. Vous imaginez bien que nous sommes arrivés à destination pas très frais!

Mais pourquoi avons-nous choisi Puerto Madryn?
  • Pour la péninsule Valdés. C’est quand même l’argument numéro un! Vous comprendrez très vite pourquoi en admirant nos photos plus bas.
  • D’après nos recherches et divers témoignages d’autres voyageurs, les paysages du sud et de l’ouest de la Patagonie ressemblent à s’y méprendre aux Alpes suisses. Le but est de voir d’autres paysages que ceux que nous avons contemplés pendant plus de 30 ans! La péninsule Valdés, ça à l’air totalement différent!
  • Pour voir la mer. La dernière fois que nous l’avons vue, c’était à Rio et elle commençait à nous manquer, surtout qu’après, nous ne la verrons plus pendant quelques mois.
  • Parce-que Puerto Madryn se situe à des latitudes encore acceptables et connait un vrai été. (Quoique, pas tous les jours!)

La chacra

Vu le coût de la vie très élevé dans la région, nous avions trouvé un volontariat dans une chacra (mot typiquement argentin qu’on pourrait traduire par maison de campagne) située à Doradillo à douze kilomètres au nord du centre-ville de Puerto Madryn afin d’aider les propriétaires à la récolte dans leur immense champ de lavande en échange du gite et du couvert. Si le gite était presque parfait et nos « patrons » assez sympathiques, nous avons eu plus de peine avec le couvert. Nous n’avions pas le droit à la viande. Il y a 43’431’886 habitants en Argentine dont 43’431’884 gros carnivores, il a fallu que nous tombions sur les deux seuls végétariens au pays de la viande! Nous respectons totalement les valeurs des autres, pas de souci, surtout que la cause est assez noble et que nous essayons également de nous y mettre. Mais après quelques jours à ne manger que du riz et des légumes tout en effectuant des travaux physiques soutenus auxquels nous n’étions pas particulièrement habitués, les premières carences alimentaires se firent vite sentir. Nous avons quand même profité d’une sortie en ville, prétextant un envoi postal,  pour se procurer en catimini un peu de viande et un bon dulce de leche. (la fameuse confiture de lait au bon goût de caramel)

La goutte d’eau a quand même été pour la morale sur le fait que nous utilisons du dentifrice avec du fluor pour nous brosser les dents, mauvais pour la tête et pour la planète, et qu’il faudrait que nous le fabriquions nous-même. Le pire c’est que madame nous lance ses idéaux écologiques au volant de son pick-up 4×4 très polluant et parfaitement inutile, les routes de la région étant plates et dépourvues de neige en hiver.

Une douleur à l’épaule de Fabien suite au travaux aux champs sur une ancienne lésion a fini de nous convaincre de ne pas continuer l’expérience et nous sommes finalement partis après huit jours.

Puerto Madryn

Du coup nous nous retrouvons au centre-ville de Puerto Madryn. La ville est sympa mais pas extraordinaire, construite en carrés, à l’américaine. Elle possède surtout pas mal de logements et de restaurants pour les touristes venant visiter la péninsule Valdés à proximité. (une bonne centaine de kilomètres quand même la proximité mais à l’échelle argentine, c’est un saut de puce!). L’atout du lieu est sans conteste la plage de sable, immense et magnifique bien que l’eau soit beaucoup trop froide pour la baignade et qu’un nombre hallucinant de méduses géantes vienne s’échouer sur le sable à marée basse. Mais selon les locaux, elles seraient totalement inoffensives. Dans le doute, nous avons préféré les éviter même si nous avons vu des enfants jouer avec sans qu’il y ait eu de conséquences fâcheuses.

Punta Cuevas

A l’extrémité sud de la plage, se troue la Punta Cuevas, avec ses falaises de calcaire et une vue imprenable sur la ville. C’est à cet endroit que sont arrivés les premiers Européens, qui n’étaient, une fois n’est pas coutume dans la région, pas espagnols mais gallois. L’emblème du Pays de Galles trône encore fièrement sur la pointe.

Trève de Noël

Comme il fut impossible de nous trouver un véhicule pendant les fêtes de Noël pour nous rendre à la péninsule Valdés, il nous a fallu attendre le 26 décembre et passer le réveillon de Noël dans notre auberge de jeunesse en ville.

Mais comme les Argentins trouvent toujours une excuse pour se faire un asado (un barbecue), Noël fut une occasion toute trouvée. Nous voilà donc attablés devant ces magnifiques morceaux de viande en compagnie d’autres voyageurs venus des quatre coins de l’Argentine et du monde entier. Et pas de repas de Noël sans le traditionnel pan dulce au dessert qui n’est autre que l’équivalent du panettone italien, en moins bon!

La tradition veut qu’à minuit on ouvre une bouteille de cidre et qu’on s’embrasse sur les deux joues pour se souhaiter un joyeux Noël.

La péninsule Valdés

Elle se mérite cette péninsule! Tout d’abord, il nous faut un véhicule et tous les loueurs de voiture du coin s’accordent pour garder des prix élevés sans se faire une réelle concurrence. Il faut compter une bonne centaine d’euros pour une journée.  Si on rajoute l’essence et le droit d’entrée sur la péninsule, ça nous explose pas mal le budget. Mais nous sommes également en tour du monde pour découvrir quelques coins extraordinaires et il faut parfois casser la tirelire pour y arriver.

Nous voici donc à aligner les kilomètres sur les (trop) longues pistes de la péninsule où quelques guanacos (espèce de lamas à poils dressés qui leur donnent l’air de sortir d’un programme d’essorage d’un lave-linge!) nous sortent de la monotonie de la conduite.

Vous pouvez agrandir les photos ci-dessous en cliquant dessus afin d’apercevoir ces fameux guanacos!

Mais le clou du spectacle reste sur les côtes où nous pouvons apercevoir des otaries à crinières ainsi que des éléphants de mer se reposer lascivement sur la plage. Vu que nous les observons depuis la falaise, les animaux restent assez loin, mais au moins, nous ne perturbons pas leur tranquillité.

Les pingouins de Magellan sont une espèce endémique des côtes sud de l’Argentine et du Chili, ce qui fait de la péninsule Valdés un endroit privilégié pour pouvoir les observer durant leur période de reproduction. Ils sont trop mignons, n’est-ce-pas?

NB : vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir et voir ces jolies petites bébêtes de plus près!

Le coin est également connu pour les baleines mais comme nous n’étions pas du tout en saison, il n’y en avait pas. Mais nous étions parfaitement au courant de la situation.

La péninsule Valdés vaut également le détour pour la beauté de ses paysages, notamment d’impressionnantes falaises qui se jettent dans une mer d’une couleur incroyable!

Certes, les loueurs de voiture exagèrent vraiment en arnaquant les touristes mais la péninsule Valdés et sa faune incroyable méritent amplement une visite et une grosse entorse au budget.

Cette petite incursion en Patagonie sera sûrement le point le plus méridional de notre voyage, en tout cas sur ce continent. Il a fallu faire un choix parmi une multitudes de possibilités et nous ne le regrettons nullement, notre séjour fut vraiment sympa. Nos diverses (mes)aventures nous auront aussi appris à ne pas insister si quelque-chose ne nous convient pas, à oser défendre nos propres intérêts et de faire vraiment ce que nous avons envie.

Forts de ces nouvelles expériences, nous allons continuer notre périple en remontant gentiment vers le nord et bien sûr nous ne manquerons pas de vous tenir au courant.

Córdoba (Argentine) et la vie estudiantine

NB : Dans cet article nous parlons bien de Córdoba, la deuxième ville d’Argentine. Si c’est Córdoba (ou Cordoue) dans notre belle Andalousie que vous cherchez, pas de panique, l’article sur ce sujet se trouve ici.

Depuis Montevideo, nous avons trouvé assez facilement un bus de nuit pour nous ramener en Argentine. Mais nous avons quand même eu quelques petites mésaventures. Nous étions installés bien confortablement sur nos sièges à déguster notre vermouth généreusement offert par la compagnie de bus quand, soudain, un peu après être sortis de la capitale, nous entendîmes un gros « boum »! Un projectile non identifié est tombé sur le bus et a cassé une vitre. Heureusement, c’était la vitre qui donnait sur l’escalier qui montait à l’étage. Il n’y a eu aucun blessé, juste des dégâts matériels. Malgré le peu de gravité, le bus ne pouvait décemment pas continuer sa route. Nous avons dû débarquer presque au milieu de nulle part, récupérer nos backpacks et attendre le bus de remplacement. Nous n’avons pas été totalement perdants dans l’affaire puisqu’une fois installés dans notre deuxième bus, on nous ressert l’apéro! Le retard pris nous fait traverser la frontière argentino-uruguayenne au milieu de la nuit mais ce ne fut qu’une simple formalité et l’endroit nous a paru super safe. Bref, après ce petit contretemps somme toute pas si grave, nous finissons tout de même par arriver à destination : Cordoba, la deuxième ville d’Argentine.

Nous y restons une dizaine de jours car nous avons trouvé un volontariat dans une résidence d’étudiants. L’ambiance est jeune et sympa mais nous prenons conscience douloureusement que nous avons passé l’âge de l’insouciance étudiante. Mais l’expérience est concluante et tout se passe très bien. Grâce à toutes les universités, Cordoba est une ville jeune, dynamique, pleine de bars sympas et super progressiste dans une Argentine polarisée et parfois un peu trop pieuse et rétrograde.

La ville a été fondée en 1573 par un sévillan (encore un andalou!), un certain Jeromino Luis de Cabrera afin de protéger les Espagnols des attaques des Indigènes. WTF les gars? C’est vous qui venez massacrer la population autochtone! Il ne faut pas vous étonner s’il y a de la défense en retour! Même si l’histoire est vraiment très moche, comme souvent quand on parle de la colonisation, il reste aujourd’hui un petit centre historique avec les fameuses ruelles en damiers chères aux Espagnols. Après l’indépendance, Córdoba a même été deux fois promue au rang de capitale du pays, une fois en 1806 car les Anglais ont essayé d’attaquer les alentours du Rio de la Plata où se trouve Buenos Aires, et une deuxième fois en 1955 pendant un coup d’état militaire.

Iglesia del Sagrado Corazón

Impossible de passer à côté de ce monstre néogothique un peu trop kitch à notre goût lors d’une balade à Córdoba! Cette église a été construite entre 1926 et 1934 lors de l’arrivée des premiers capucins dans la région. Son petit surnom est d’ailleurs Iglesia de los Capuchinos qui signifie tout simplement en français « église des capucins ». Bon on avoue, elle est peut-être un peu énorme mais les différents marbres de couleurs rose et violette son quand même super stylés! Il est juste impossible à faire un cadrage correct pour les photos et c’est super frustrant car il y a quand même quelques détails incroyables! (Sorry!)

Catedral de Nuestra Señora de la Asunción

C’est la plus vieille construction coloniale encore en fonction de toute l’Argentine. Elle domine la Plaza San Martín, la place centrale de sa superbe architecture baroque. Les travaux débutèrent en 1582 mais l’église ne fut consacrée qu’en 1706. Tous les jolis détails baroques ont été rajoutés par après durant le XVIIe siècle, âge d’or de la Renaissance.

C’est également le seul bâtiment un peu joli et qui sort du lot. Córdoba n’est franchement pas une ville très pittoresque. Le trafic infernal n’aide pas non plus à la flânerie. Nous avons peut-être loupé quelques autres trucs sympa par manque de motivation à nous promener dans ce bordel ambiant.

Pour être honnêtes, Córdoba ne nous a pas laissé un souvenir impérissable. Ce que nous allons retenir c’est les très bons contacts que nous avons eus avec les étudiants ainsi qu’avec d’autres habitants de la ville. La ville n’est pas très jolie et est congestionnée par le trafic. En plus, elle se situe dans une cuvette ce qui fait que la pollution atmosphérique reste en dessus de nos têtes et l’air y est difficilement respirable surtout avec la chaleur subtropicale de ce début d’été.

Ce n’est pas vraiment un endroit que nous vous recommandons. Nous préférons de loin l’autre Córdoba, l’andalouse qui elle, possède un vrai centre historique avec plein de trésors à découvrir.

Cette fois, il est temps de nous mettre en route pour de bon en direction du sud! Nous sommes attendus de pied ferme à Puerto Madryn pour un volontariat et il nous faut au moins deux jours de bus pour y parvenir! Nous ne voudrions pas arriver en retard, notre réputation suisse en prendrait un coup! Mais ne vous inquiétez pas! Nous avons quand même prévu un peu de marge!

Bilan de l’Uruguay

Voici un petit résumé de notre petite parenthèse, pas du tout prévue à la base, en Uruguay mais qui mérite tout de même un désormais traditionnel bilan.

En chiffres

Durée du séjour

Neuf jours. Ce n’est pas énorme mais ça n’aurait pas mérité beaucoup plus.

Distance parcourue

492 kilomètres de Colonia de Sacramento – Montevideo – Fray Bentos (frontière avec l’Argentine) le tout en bus. Pour arriver à Colonia depuis Buenos Aires, nous avons traversé le Rio de la Plata en buquebus, le petit nom donné au ferry qui relie les deux villes.

Départements traversés

Cinq : Colonia, San José, Montevideo, Soriano et Rio Negro

Extrêmes d’altitude

23 mètres à Fray Bentos et 43 mètres à Montevideo. Ce n’est pas vraiment des altitudes auxquelles on peut s’y attendre quand on pense à l’Amérique du Sud mais même ce continent à ses Pays-Bas puisque le point culminant du pays ne s’élève qu’à 513 petits mètres d’altitude. Depuis les fenêtres des bus, nous avons d’ailleurs trouvé le paysage très plat et très monotone.

Extrêmes de températures

19 petits degrés sous le vent à Montevideo et 27 degrés lors d’une belle journée printanière à Colonia del Sacramento. De vraies températures de printemps!

Budget

15’500 pesos uruguayens soit 450€ ou 526 CHF ce qui fait une moyenne journalière de 50€ ou 58CHF. Nous sommes un poil au dessus de notre budget mais nous nous sommes offert des places de concert à Montevideo. Quoi qu’il en soit, l’Uruguay reste tout de même un pays relativement cher.

Coups de geule / coups de cœur

Voici maintenant la partie la plus intéressante du bilan. Comme d’habitude, nous commençons par les points négatifs afin de finir sur une note plus positive!

Les moins

Le coût de la vie

Il atteint bien le niveau européen pour certaines choses. C’est très compliqué à tenir un budget de backpacker. On appelle l’Uruguay la Suisse de l’Amérique du Sud. Nous pensions que c’était surtout pour son calme, sa démocratie et sa stabilité politique. Et ce sont des faits qui sont véridique. Mais ce petit surnom peut également faire référence au coût de la vie qui nous a fait pas mal galérer!

Les plus

La population locale

Les Uruguayens sont chaleureux, affables et super zens! D’ailleurs ils n’ont pas vraiment le tempérament latin tellement ils sont calmes mais ça n’enlève en rien leur gentillesse et leur sens de l’entraide.  Bien sûr, parler la langue du lieu aide beaucoup pour la communication avec les locaux même si leur accent, similaire à l’argentin, est parfois un peu déroutant. Nous avons vraiment été très touchés par la population locale vraiment extraordinaire.

La façon de parler espagnol

C’est très similaire à l’accent argentin avec les fameuses prononciations en « ch » très particulières, les « vos », les « b » qui se prennent pour des « v » et l’accent tonique un peu à l’italienne. On appelle d’ailleurs cette façon de parler très officiellement le « Rioplatense », du Rio de la Plata, l’énorme fleuve / bras de mer qui sépare l’Argentine de l’Uruguay. Ce n’est pas toujours évident à comprendre surtout pour une débutante comme Van mais c’est un vrai plaisir pour les oreilles!

La viande

Il paraît qu’en Uruguay il y a neuf millions de vaches pour seulement trois millions d’habitants, de quoi se nourrir de steaks quelques années! La viande est vraiment savoureuse et relativement bon marché vu le coût de la vie du lieu. Nous sommes bien conscients que de manger beaucoup de viande rouge fait exploser notre emprunte carbone et consomme énormément d’eau. Même si nous ne sommes pas (encore) végétariens, nous essayons quand même de baisser drastiquement notre consommation de produits animaux.

Le vin

 L’Uruguay n’a rien à envier à son grand voisin argentin en matière de vin. On y trouve surtout le Tannat, cépage originaire à la base du sud-ouest de la France mais cultivé aujourd’hui principalement en Amérique du sud. C’est un vin rouge bien tannique mais assez doux qui se marie à merveille avec les plats de viande rouge incontournables en Uruguay. En ce qui nous concerne, nous le préférons au Malbec argentin que nous trouvons un peu trop acide.

Le café

Le premier bon café depuis notre arrivée sur le continent. Il n’égalera jamais un bon espresso italien mais, comparé au café trop amer brésilien et celui carrément imbuvable de l’Argentine, il se laisse déguster facilement.

Bizarreries à l’Uruguayenne

Tout le monde s’appelle « mi amor »

Même quand on se fâche avec quelqu’un! Après tout, pourquoi pas, c’est toujours mieux qu’une insulte bien vulgaire. A noter que le « mi amor » espagnol est un peu moins profond que le « mon amour » français.

Les heures de repas, c’est sacré!

C’est très mal vu et même impossible de manger en dehors des heures de repas officielles. Le repas de midi se prend entre midi et 13 heures. A 13h10, personne ne va vous servir à manger, c’est trop tard! Il ne vous restera plus qu’à attendre sagement l’heure du prochain repas. Et dire que nous avons quitté la Suisse car nous la trouvions beaucoup trop rigide, elle a beaucoup à apprendre de l’Uruguay sur ce coup-là!

L’accessoire mode incontournable

C’est un thermos avec tout le matériel pour se préparer un maté, la boisson traditionnelle d’Argentine et d’Uruguay, qui s’apparente à une espèce de thé super amer. Certains ont tout leur attirail dans un panier prévu à cet effet tandis que d’autres se promènent fièrement le thermos sous le bras! Le maté est né en Argentine où il est très populaire mais c’est en Uruguay qu’on le met encore plus à l’honneur et où la tradition du partage de cette boisson emblématique est la plus forte.

Franchement, l’Uruguay fut une belle surprise! Et dire qu’à la base ce petit pays n’était pas du tout sur notre itinéraire et nous arrivions à peine à le situer sur une carte. Bien sûr, avec son style de vie à l’européenne, l’Uruguay n’est pas un pays très dépaysant mais nous avons eu du plaisir à en découvrir une petite partie et de partager un peu de quotidien avec ses habitants qui sont vraiment adorables.

Colonia del Sacramento et Montevideo. Petit détour par l’Uruguay

C’est un peu par hasard que nous avons atterri en Uruguay, ce n’était absolument pas sur notre itinéraire, ni prévu au programme. C’était d’ailleurs un pays dont nous avions à peine entendu parler auparavant! Vu que nous avons un peu d’avance sur notre timing avant notre rendez-vous à Puerto Madryn à la mi-décembre, nous avons trouvé un volontariat via la plateforme HelpX dans une chacra (le petit nom donné à la maison de campagne en Argentine et en Uruguay) pour nous passer un peu le temps. Mais voilà, l’expérience ne s’est pas du tout montrée concluante à cause en gros d’un conflit entre deux soeurs et s’est terminée bien plus tôt que prévu. Nous ne nous en sommes pas plus formalisés que ça et avons profité de notre temps libre pour découvrir un peu de ce petit pays un peu méconnu.

Colonia del Sacramento

Pour situer un peu, Colonia del Sacramento se trouve en face de Buenos Aires sur l’autre rive du Rio de la Plata, le fleuve le plus large du monde. Entre les deux rives, il y a plus de trente kilomètres! Cette particularité fait que nous ne voyons pas l’autre rive et nous fait croire que nous sommes en bord de mer, alors que ce n’est pas du tout le cas. Il y a même des plages de sable, certes pas paradisiaques mais elles renforcent le caractère maritime du lieu.

Le moyen le plus facile de se rendre à Colonia de Sacramento depuis l’Argentine, c’est de prendre le ferry, qu’ici on appelle joliment Buquebus, depuis Buenos Aires afin de traverser le Rio de la Plata. Mais attention, il vaut mieux prendre ses billets à l’avance sur internet car les billets sont soumis aux prix de marché. Nous avons fait l’erreur de débarquer au port la fleur au fusil et d’acheter nos billets à la dernière au comptoir! Ça nous a couté un rein! Une bonne soixantaine d’euros pour un petite heure et quart de traversée ça fait un peu mal, surtout que nous sommes censés tenir un budget de backpacker!

Le centre historique colonial mélange les influences portugaises et espagnoles. En effet ce sont les Portugais qui sont arrivés en premier pour y établir un comptoir et une forteresse militaire afin de protéger le Rio de la Plata. Mais les Espagnols avaient eux aussi ce territoire à l’œil et voulaient l’incorporer à leur déjà immense vice-royauté du Pérou qui à son apogée comprenait tout l’actuel territoire hispanophone d’Amérique du Sud. Le problème fut réglé pacifiquement en 1494 grâce au traité de Tordesillas qui partagea équitablement tous les territoires conquis entre les deux puissances coloniales.

Petit fun fact : l’original de ce fameux traité de Tordesillas se trouve dans notre belle Séville, dans le bâtiment de « Archivio de Indias » juste à côté de la cathédrale. Les visites y sont gratuites.

Aujourd’hui, l’ambiance du centre historique est restée toute méditerranéenne avec son climat subtropical, son espagnol chantant, ses petites ruelles et ses terrasses en bord de fleuve. La vielle-ville a été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Nous déplorons juste qu’elle n’ait pas été rendue aux piétons.

Colonia del Sacramento est vraiment bucolique est beaucoup plus calme que sa voisine de l’autre rive, Buenos Aires. Par contre, nous ne savons pas si le jeu vaut la chandelle de traverser à la journée depuis la capitale argentine. La traversée reste quand même assez chère et il y a déjà bien assez à faire à Buenos Aires.

Montevideo

Nous n’allions quand même pas rester en Uruguay sans visiter sa capitale Montevideo. Elle ne se trouve qu’à trois petites heures de route de Colonia de Sacramento. Par contre, c’est assez monotone, le paysage étant tout plat. Eh non, l’Amérique du Sud ce n’est pas que les hauts sommets des Andes!

Ce qui nous frappe en arrivant c’est le calme de la ville. C’est pourtant la plus grande ville du pays et son principal port. Nous n’avons pas l’impression d’être dans une capitale d’un million et demi d’habitants tant l’ambiance est zen. Le fait que la ville soit pas mal boisée renforce encore cette impression. Elle ferait partie des trente villes les plus sûres du monde! Nous ne savons pas si c’est vraiment vrai mais nous devons reconnaître que ça ne paraît pas craindre beaucoup par ici!

Les habitants aussi sont super accueillants, ils sont reconnaissables à leur panier qu’ils transportent afin d’avoir toujours sur eux le matériel nécessaire pour préparer un maté, une sorte de thé un peu amer et la boisson nationale d’Argentine et d’Uruguay.

Ce sont les Espagnols qui construisirent ce que nous voyons encore de la vieille ville aujourd’hui. Ils voulaient empêcher une éventuelle avancée des Portugais qui s’étaient déjà installés à Colonia del Sacramento. Après l’Indépendance, Montevideo devint la capitale de la toute jeune Uruguay et devint ainsi la capitale la plus méridionale du continent américain! Oui, Buenos Aires est un poil plus au nord!

Aujourd’hui, les ruelles suivent toujours le plan en damier cher aux conquistadors du XVIIe siècle. La douceur méditerranéenne, les céramiques, l’architecture baroque ainsi que la blancheur des façades nous rappelle un peu notre belle Andalousie. Le maté remplace juste notre tinto de verano mais nous devons avouer que cette boissons emblématique sud-américaine, n’a pas du tout trouvé grâce à nos yeux! Nous la trouvons beaucoup trop amère!

Petit bonus : Grâce à la situation de Montevideo sur l’embouchure du Rio de la Plata, nous avons eu droit à un magnifique coucher de soleil!

Nous avons longuement hésité à pousser jusqu’à Cabo Polonia, sur la côte est du pays mais nous avons fini par y renoncer! Il nous faut quand même penser à rentrer en Argentine et l’Uruguay reste un pays très cher. Nous avons un peu de peine à tenir le budget.

Nous sommes quand même contents d’avoir effectué ce petit détour uruguayen. Certes, ce n’est pas le coin le plus pittoresque du monde mais nous avons vraiment été touchés par la chaleur et la gentillesse des locaux. Nous avons été quand même frappé par le côté très européen. Nous nous attendions à quelque-chose d’un peu plus « exotique ». Mais la découverte de ce continent ne s’arrête pas ici et nous avons espoir de voir quelque-chose qui nous sort plus de notre zone de confort ces prochaines semaines ou ces prochains mois!

Parc national des chutes d’Iguazu

Cette fois, les choses sérieuses ont vraiment commencé! Nous commençons vraiment notre périple avec notre première nuit en bus!

Notre but, c’est de rejoindre l’extrême sud du Brésil et plus précisément les magnifiques chutes d’Iguaçu (en portugais) ou Iguazu (en espagnol) qui délimitent la frontière entre le Brésil et l’Argentine. Pour ce faire, nous prenons un bus de nuit qui nous mène en treize longues heures à la ville de Curitiba. Nous nous y arrêtons une nuit afin de ne pas enchaîner les trajets. Nous en profitons pour faire un petit tour au jardin botanique, presque 28 hectares de végétation subtropicale au cœur de la ville.

Après ce mini repos, nous reprenons un bus, de jour cette fois-ci, qui nous emmène en neuf bonnes heures à Foz de Iguaçu, la dernière ville brésilienne avant les chutes et la frontière. Les trajets sont longs, les distances sont énormes mais les bus brésiliens sont très confortables. Nous n’arrivons pas trop cassés à destination.

La ville de Foz de Iguaçu est énorme, étouffante et pas très intéressante. Le parc national se trouve à douze kilomètres du centre-ville. On rejoint l’entrée avec les bus urbains qui sont super pratiques, bon marché et faciles d’utilisation.

Le côté brésilien du parc national offre une vue plus générale et panoramique des chutes que le côté argentin. Ça nous permet d’évaluer un peu la grandeur du site ainsi que la hauteur et le débit des impressionnantes cascade. En tout cas, le site est à couper le souffle, malgré que nous devions le partager avec d’autres touristes. Eh oui, c’est la rançon du succès!

Malgré la proximité de la grande ville et le grand nombre de touristes, nous sommes surpris de voir autant de faune qui vient nous honorer de sa présence comme des coatis, des araignées géantes, des varans et autres lézards ainsi que des papillons. Par contre, ça ne pose pas pour l’objectif ces petites bébêtes. Du coup, nos photos en sortent un peu floues. Nous nous en excusons platement.

Garganta del Diablo

Le clou du spectacle se situe en fin de parcours à la Garganta do Diablo (la gorge du diable en français) où nous pouvons admirer depuis diverses passerelles cet ensemble de chutes d’eau pouvant atteindre 80 mètres de hauteur! Le débit est très fort et nous nous faisons bien rincer! Mais comme le climat est très chaud, ces embruns sont plutôt agréables et bienvenus. A noter que ce site spectaculaire fait office de point frontière entre le Brésil et Argentine.

Parque dos Aves

A l’entrée du parc national, toujours côté brésilien, se trouve le Parque dos Aves (parc des oiseaux) qu’on nous avait conseillé avec raison car, même si rien ne vaut des animaux à l’état sauvage, le parc est vraiment bien aménagé en respectant les habitats et en laissant les animaux en semi-liberté. De plus, le parc participe à divers programmes de réintroduction des espèces dans la nature.

Quand nous pensons à la forêt tropicale, c’est l’image d’un toucan et son énorme bec qui nous vient en tête! Voilà, nous venons donc de voir notre premier toucan en vrai! Il ne nous reste plus qu’à en voir un en vraie liberté une fois!

Nous sommes toujours fascinés par les couleurs des perroquets et nous avons déjà eu la chance inouïe d’en voir en liberté en pleine ville de Rio de Janeiro!

Voilà, notre court séjour au Brésil s’achève sur ces images impressionnantes. Nous vous pondrons quand même un article sur notre bilan dans ce pays mais d’abord, il nous faut traverser la frontière (une simple formalité) pour voir ces merveilles du côté argentin!

Puerto de Iguazu, les chutes côté argentin

Traverser la frontière de Foz de Iguaçu (Brésil) à Puerto Iguazu (Argentine) n’est qu’une simple formalité et chaque pays possède des bus urbains pour relier la ville frontière du poste de douane.

Une fois franchie la frontière argentine, c’est une toute autre ambiance qui nous attend. Il faut dire que Foz do Iguaçu est une grande ville avec tout le stress que ça engendre tandis que Puerto Iguazu n’est qu’une petite bourgade sans prétention. C’est beaucoup plus zen ici. Ne pas avoir la barrière de la langue nous aide aussi à nous sentir plus à l’aise.

Puerto Iguazu a la particularité de se trouver à un point frontière de trois pays (Argentine, Brésil, Paraguay) qui sont séparés par deux rivières (Rio Parana et Rio Iguazu). Ce sont d’ailleurs la rencontre de ces deux rivières avec le relief particulier de la région qui forment les magnifiques chutes.

Bien sûr, les fameuses chutes sont LE truc à voir dans le coin et avec raison. C’est totalement différent du côté brésilien. Là bas, on a plutôt une vue d’ensemble des chutes tandis qu’ici, en Argentine, nous pouvons approcher les cascades et c’est bien plus impressionnant!

Plusieurs parcours sont possibles pour admirer les chutes. Il y a le parcours inférieur qui permet d’être vraiment au pied des chutes! Faites attention à tous vos appareils électroniques ou choses fragiles que vous transporter car vous ne couperez pas à un arrosage en règle! Les embruns y sont assez forts.

Le parcours supérieur se trouve au sommet des chutes juste avant qu’elles se jettent dans le vide. Si vous avez le vertige, il peut être impressionnant de voir le vide depuis les passerelles. Ce n’est pas notre cas mais nous avons quand même préféré les voir depuis en bas, même si on s’y sent tout petit.

Il n’y a pas que les chutes à visiter mais aussi tout un parc national grand de 67’620 hectares fondé en 1934 afin de conserver la biodiversité incroyable du coin. En 2011, les chutes d’Iguazu ont été mise sur la liste des sept merveilles naturelles du monde! Le parc abrite une faune incroyable dont des coatis sur lesquels nous avons flashé. Même de ce côté de la frontière, les animaux ne veulent pas poser pour notre objectif nous laissant des phots bien pourries (Sorry) mais au moins, ils vaquent tranquillement à leurs occupation malgré une forte présence humaine

A l’instar du côté brésilien, le clou du spectacle reste l’impressionnante Garganta del Diablo (gorge du diable en français) et ses chutes d’eau qui peuvent atteindre 80 mètres de hauteur. Les arcs-en-ciel provoqués par les cascades peuvent se voir jusqu’à une distance de sept kilomètres! Cette gorge marque physiquement la frontière entre l’Argentine et le Brésil.

Comme vous pouvez le voir, nous nous sommes pris plein la vue avec cette merveille naturelle. La météo a été plus clémente avec nous côté argentin et le ciel bleu contraste avec la végétation bien verte et les eaux un peu boueuses.

C’est le premier gros highlight de notre tour du monde et il nous semble que, pour une première, nous avons mis la barre super haut! Mais nous sommes confiants en l’avenir et espérons voir d’autres merveilles de la nature dans les mois à venir!