Bornéo : Kota Kinabalu

Pour arriver à Bornéo, nous sommes obligés de passer par Kuala Lumpur. Mais rejoindre la capitale depuis Georgetown fut assez épique.. Les transports publics en Malaisie sont très fiables et d’excellente qualité mais ils sont souvent victimes de leur succès et il est presque impossible d’obtenir un billet de train sans s’y prendre très en avance. Et comme nous ne planifions presque rien en avance, nous avons parfois ce genre de mauvaise surprise. Mais ça fait partie du jeu et nous nous adaptons en cherchant d’autres solutions.

Taiping

La solution en question s’appelle Taiping, une petite ville de l’état du Perak pas très loin d’Ipoh, la capitale de ce dit état. Les destins des deux villes sont d’ailleurs plus ou moins liés par le même passé minier. La ville fut fondée en 1840 par des Chinois grâce aux mines d’étain se trouvant dans les monts Bintang situés à proximité, puis connut un fort déclin à cause de l’arrêt de l’exploitation minière. Exactement comme sa grande sœur! La seule différence c’est que les Chinois n’avaient pas le bon goût des Britanniques en matière d’architecture et Taiping n’a aucun intérêt. Mais ça nous aura au moins permis d’avancer un peu en direction de Kuala Lumpur.

Taiping Lake Gardens

Finalement, les Britanniques ont fini par arriver à Taiping. Il y construisirent même le tout premier jardin municipal sur la péninsule malaise en 1880. Il se caractérise par ses nombreux lacs qui ont été crées dans les anciennes excavations minières. Dans ces étendues d’eau, se prélassent de nombreux poissons, des varans ainsi que des tortues alors que divers échassiers essaient de s’y trouver un casse-croûte. Nous avons également aperçu divers oiseaux dont un magnifique martin-pêcheur, un macaque et de nombreuses libellules multicolores. Finalement notre étape forcée à Taiping n’aura pas été totalement sans intérêt! Nous trouvons ce jardin particulièrement beau, très verdoyant et la vue sur les monts Bintang (non, rien à voir avec la bière balinaise!) est également très jolie.

Kota Kinabalu

Ceux qui nous suivent sur les réseaux sociaux le savent déjà mais la suite de notre voyage s’effectuera au Sri Lanka mais notre vol pour Colombo n’est que le 10 février. Nous nous réjouissons évidemment de découvrir un nouveau pays et nous sommes un peu impatients de commencer cette nouvelle aventure mais en attendant, il reste un coin de Malaisie que nous voulons encore découvrir et que nous n’avons pas visité plus tôt pour cause, notamment, de météo défavorable. C’est l’état de Sabah, au nord-est de l’île de Bornéo.

Nous atterrissons à Kota Kinabalu, porte d’entrée et capitale de l’état de Sabah qui doit son nom au Mont Kinabalu, point culminant de la Malaisie qui s’élève à 4095 mètres d’altitude. La ville a été fondée au XVe siècle et appartenait à l’empire du Brunei. Evidemment, les Britanniques arrivèrent et y établirent un comptoir de leur Compagnie de Bornéo du Nord. Mais de ces époques, il ne reste absolument plus rien puisque la ville, alors sous occupation japonaise, a été complètement détruite lors de la Seconde Guerre Mondiale. Sabah est d’ailleurs l’état malaisien qui a le plus souffert durant ce conflit notamment à cause des Japonais qui étaient particulièrement cruels et esclavagistes. Aujourd’hui, la ville n’offre que très peu d’intérêt, c’est juste un point de départ pour aller explorer les alentours. Son économie repose principalement sur les industries ainsi que sur les organisations de salons internationaux notamment celui de l’ASEAN, la communauté économique de l’Asie du Sud-Est.

Nous arrivons sous une pluie battante, chose courante à Bornéo, et le ciel restera bien gris durant tout notre séjour, nous empêchant d’apercevoir le moindre centimètre du fameux Mont Kinabalu qui domine le coin.

City Mosque

Il y a quand même un lieu d’intérêt à Kota Kinabalu, même s’il est situé à trois kilomètres du centre-ville.  C’est la mosquée municipale. Un vieux tacot datant des années 1960 et servant de bus urbain nous y emmène.  Construite dans les années 1990 sur un lac artificiel contenant un élevage de poissons, c’est la mosquée principale de la ville et la deuxième plus grande mosquée de l’état. Elle a été construite sur le modèle de la mosquée Nabawi de Médine, en Arabie Saoudite. Son dôme bleu est vraiment magnifique même sous le ciel bien gris. Ça donne un petit côté Mille et Une Nuits sous les tropiques.

Front de mer

Vu que la pluie a décidé de faire une pause, nous décidons de rentrer à pied par le front de mer. A cause d’une météo capricieuse, la mer est complètement déchaînée et les îles au large paraissent bien menaçantes. Mais la promenade est agréable sans risque de coups de soleil ni d’insolation contrairement à ce que nous avons vécu sur la péninsule malaise où une canicule et un ensoleillement maximum nous ont empêchés de sortir pendant les heures chaudes de la journée. Il y a un sentier et une piste cyclable aménagés à l’écart du trafic ainsi qu’une pinède abritant une jolie plage. Evidemment, vu la tempête, la baignade est inenvisageable!

Le marché

Malheureusement, les Malaisiens ont cédé aux sirènes des centres commerciaux climatisés, des supermarchés, de la nourriture importée, des plats tout préparés et des emballages sous vide. Mais, oh surprise! A Kota Kinabalu, nous avons trouvé un vrai marché avec de vrais produits locaux et de saison. Si nous sommes arrivés trop tard pour l’arrivage de la pêche du jour, nous avons pu déambuler parmi les étals de fruits et de légumes exotiques. Quel régal de pouvoir admirer toutes ces couleurs et de sentir ces odeurs typiques de l’Asie, notamment celle, très particulière voire nauséabonde, du durian!

Nous ne pensions faire qu’une étape pratique à Kota Kinabalu. Finalement, nous avons trouvé de quoi bien occuper notre journée. Il est vrai que nous avons passé une bonne partie de notre temps au marché ainsi qu’au food-court local. Ben oui, il faut bien se nourrir non? Nous avons quand même eu de la chance car malgré un temps bien couvert et très humide, la pluie nous a quand même laissés tranquilles un bon moment.

Pour la suite, nous continuerons encore plus à l’est où la météo devrait, en théorie, se montrer plus clémente.

Randonnées au Penang National Park

En étudiant la carte de Penang, nous sommes tombés sur une grosse partie verte au nord-ouest de l’île nommée Penang National Park. Il ne nous en a pas fallu plus pour nous motiver! Surtout que le parc est super accessible en transports publics depuis la ville de Georgetown et l’entrée est gratuite! Nous avons donc posé nos sacs à Batu Ferringi, petit village pas très glamour mais relativement proche du parc, avec plein de stands de bouffe (un must!), calme et loin de la frénésie de Georgetown. Il y a même une plage assez calme où l’eau a une température agréable pour la baignade.

Teluk Bahang

A dix minutes de bus de Batu Ferringhi, ou une demi-heure depuis le centre de Georgetown, se trouve Teluk Bahang. C’est juste un petit village de pêcheurs où le temps s’est un peu arrêté mais c’est le point d’entrée du parc national. Avec ses 25 hectares, le Penang National Park est le plus petit parc national de Malaisie mais ça ne l’empêche pas d’être incroyable. A l’entrée, c’est l’organisation à l’américaine (ce n’est pas un reproche, bien au contraire!) avec des rangers qui t’obligent à t’enregistrer pour des raisons de sécurité. Malgré sa taille modeste, le parc abrite plus de 143 espèces d’animaux ainsi que 417 espèces de plantes dont certaines sont endémiques de l’île.

Penang National Park

Au début, nous sommes un peu déçus. Ça ne ressemble pas vraiment à un parc national mais plutôt à une promenade de santé avec un chemin pavé pour touristes chinois en tongs avec des ventilateurs portatifs. Ce n’est pas bien de se moquer mais les Chinois se baladent vraiment comme ça! Nous en prenons quand même plein les yeux en longeant la superbe plage tropicale qui s’étire le long du chemin.

Malgré l’aménagement du lieu et la proximité du village, nous apercevons déjà nos premiers macaques ainsi que des varans qui attendent impatiemment le retour des pêcheurs afin de récupérer quelques restes de la pêche du jour.

Heureusement, la promenade de santé ne dure pas plus que quelques centaines de mètres et, après avoir traversé un joli pont suspendu, nous nous enfonçons gentiment dans la jungle, sur un vrai sentier de forêt, accompagnés de fourmis géantes, d’oiseaux, de papillons énormes et multicolores ainsi que de  libellules tout aussi colorées. Les animaux sont plus difficilement observables mais grâce à leur chant, à leur cri et aux craquements des branches, nous savons qu’ils sont là. Nous sommes toujours impressionnés par la végétation luxuriante de la forêt tropicale. Il en faudra beaucoup pour nous blaser! Le chemin est bien entretenu mais il faut quand même bien faire attention aux racines et, à certains endroits, les cordes sont bienvenues. Mais c’est dans ces conditions que nous préférons effectuer nos randonnées.

Meromictic Lake

Le terme méromictique signifie pour un lac que le mélange des eaux de surface avec les eaux profondes se produit moins d’une fois par an. Là, en saison sèche, le lac est presque totalement asséché, juste un filet d’eau coule gentiment jusqu’à la mer. Il est donc difficile pour l’eau de se mélanger! Mais c’est totalement normal, le lac est dit saisonnier et est alimenté principalement par la mousson. Il n’y a que trois lacs de ce genre en Asie, les deux autres se trouvent dans les Iles Sulawesi, en Indonésie ainsi qu’au Bangladesh.

Kerachut Beach

Après plus de deux heures de marche dans la jungle, juste après le lac méromictique, voici notre récompense : une superbe plage sauvage de sable fin et de mer turquoise! Le paradis! Mais qu’on ne s’y trompe pas! La baignade est loin d’être aussi idyllique : il y a de forts courants sous marins et des méduses venimeuses envahissent les lieux! Nous n’avons même pas essayé d’y tremper un orteil même si ce n’était pas l’envie qui nous manquait. En saison, ce qui n’est pas le cas ici, il est possible d’apercevoir des tortues qui viennent pondre leurs œufs sur la plage.

Comme cette balade nous a enchantés, nous décidons de prolonger notre séjour à Batu Ferringi et de revenir dans le parc afin de d’en découvrir une autre partie. La marche est, cette fois, un peu plus courte car une partie du trail est fermée pour maintenance. Par contre, la randonnée est beaucoup plus pittoresque car le chemin suit la mer ainsi que de superbes plages. Les branches ont craqué sur nos têtes presque tout le long de notre promenade. Il faut croire que toute la communauté de macaques du coin ont décidé de nous honorer de leur présence.

Teluk Aling

Après quand même une bonne heure de marche, voici notre récompense du jour! Encore une magnifique plage sauvage surplombée par la végétation luxuriante de la forêt tropicale où quelques singes et varans se baladent en toute quiétude.  Nous n’avons pas pu aller plus loin à cause de la fermeture du chemin mais nous sommes déjà super heureux de tout ce que nous avons pu découvrir jusqu’ici, surtout que les animaux se sont bien montrés par ici.

Canopy Walkway

Nous nous enfonçons un peu dans la jungle car notre but est de découvrir la canopée. Mais un bon gros orage a passé par là, des arbres sont tombés et la passerelle est impraticable. Tant pis, nous observerons la faune depuis en bas!  Elle ne nous laisse pas sur notre faim : multitudes d’oiseaux et de papillons,  insectes souvent non identifiés, varans dont certains dévorent des crabes plus grands qu’eux, toutes sortes de lézards ainsi que des singes qui profitent de l’absence d’humains pour s’amuser avec ce qui reste de la passerelle. Ici, la végétation est bien plus dense que sur le littoral et, comme il n’y a pas le bruit des vagues à proximité, nous redécouvrons les sons de la forêt.

Encore une fois, la Malaisie nous a prouvé que ses parcs nationaux valent vraiment la peine d’être découverts. Malgré que la totalité du parc ne soit pas ouverte pour différentes raisons, notamment un manque d’entretien que nous déplorons, nous nous en sommes pris encore plein les yeux que ce soit au niveau des paysages, de la faune ou de la flore! Penang ne vaut pas les forêts de Bornéo mais c’est déjà un bon point de départ pour une petite incursion dans la jungle.

Georgetown, entre traditions multiculturelles et vie trépidante moderne

A Ipoh, nous avons cette fois pensé à contrôler la validité de nos billets avant d’embarquer pour le bus. Ouf, ils ont été émis pour la bonne date! Nous mettons un peu plus de deux heures de route dans un véhicule super confortable pour rejoindre Butterworth, la petite ville sur le continent qui fait face à l’île de Penang. De là, il nous faut prendre un ferry pour traverser le chenal qui sépare Georgetown de la péninsule malaise. C’est super facile, que ce soit le train, le bus ou le ferry, tout se trouve dans le même terminal et tout y est superbement indiqué. La traversée nous prend environ vingt minutes et depuis l’embarcation nous pouvons déjà observer la belle vue sur la skyline de Georgetown et sur les montagnes verdoyantes qui la dominent.

Dès que nous posons nos pieds sur Penang, nous sentons tout de suite que l’ambiance est complètement différente du reste du pays. Les Chinois sont clairement en grande majorité. D’ailleurs, l’état de Penang est le seul état de Malaisie à ne pas avoir de majorité malaise. C’est une ville un peu à part, nous ne sommes plus vraiment en Malaisie mais nous ne sommes non plus pas complètement en Chine. L’islam est beaucoup moins présent qu’ailleurs dans la vie quotidienne. Mais en déambulant dans la vieille ville coloniale, nous remarquons vite, qu’à l’instar du reste du pays, Georgetown est une ville très multiculturelle et que les trois principales communautés (Chinois, Malais et Hindous) ont leurs quartiers et leurs traditions culturelles et religieuses sont respectées dans toute la ville.

Centre colonial

La ville a été fondée en 1786 par le capitaine Francis Light au nom de la Compagnie Anglaise des Indes Orientales. Oui, c’est un nom un peu pompeux c’est vrai mais il fallait bien justifier les atrocités coloniales sous un nom un peu plus respectable. Le marin baptisa le lieu Georgetown en l’honneur du roi Georges III qui régnait sur l’Empire Britannique à l’époque. Grâce à son emplacement stratégique à l’entrée du détroit de Malacca, les Anglais en firent rapidement un comptoir très prospère même s’il finit par se faire doubler par Singapour, autre port stratégique également sous domination britannique.

Aujourd’hui, la ville continue de prospérer grâce à l’industrie des semi-conducteurs et aussi un peu grâce au tourisme, notamment en provenance de Chine. Georgetown est connu pour son centre historique riche en bâtiments coloniaux datant de cette faste époque britannique. Il est d’ailleurs inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Certaines maisons ont été superbement rénovées, d’autres moins, mais toutes possèdent un certain charme et il est très plaisant de déambuler à l’ombre, sous leurs arcades, si elles ne sont pas trop encombrées par les scooters, un fléau à Georgetown.

Mosquée Kapitan Keling

Construite par des Indiens musulmans au XIXe siècle, c’est la plus ancienne mosquée de Penang. Elle se situe en plein quartier indien dans une rue peuplée principalement de Tamouls musulmans appelés Chulias. D’ailleurs son nom signifie en malais « capitaine indien ».

Nous étions en train d’admirer ce superbe édifice de loin quand un imam nous invita à rentrer pour visiter l’intérieur de la mosquée. Notre premier réflexe fut de refuser à cause de notre tenue inappropriée mais on nous prêta des habits de circonstance : un sarong pour Fab et une djellaba à capuche pour Van.  A l’intérieur, une bénévole nous fit le tour du propriétaire et nous autorisa même à prendre des photos de la salle de prière! Nous avons appris, entre autres, que tous les musulmans devaient apprendre l’arabe afin de déchiffrer le coran et réciter les prières, que si la salle de prière pour femmes était séparée de celle des hommes c’était pour qu’elles puissent se dévêtir à l’abri des regards pour effectuer leurs ablutions et que les heures de prières étaient calculées par rapport au soleil. Enfin, nous vous dévoilons un secret de moins  en moins bien gardé : avec les technologies actuelles, le muezzin n’est  même plus obligé de grimper au sommet du minaret pour effectuer son appel à la prière, il le fait tranquillement dans une salle de la mosquée à l’aide d’un micro. Nous avons vraiment apprécié la visite et sommes toujours touchés par la tolérance des Malais musulmans et par leur envie de faire connaître leur culture aux étrangers sans vouloir nous rallier à leur cause.

The Jetty

Un des quartiers de Georgetown situé directement sur le chenal qui sépare l’île de Penang du continent, est un petit village de pêcheurs sur pilotis. Si certains de ses habitants, d’origine chinoise pour la plupart, vivent au gré des courants marins pour aller pêcher ou récolter des coquillages à marée basse, d’autres n’ont pas hésité à transformer leur salon en boutique de souvenirs pour touristes. Même si le village n’est pas aussi pittoresque et authentique que Kampong Ayer au Brunei, il offre une belle ouverture sur la mer ainsi qu’un joli point de vue sur le détroit et sur la ville de Butterworth, en face, sur le continent.

Juste à côté de la Jetty, se trouve un énorme food-court où toutes les différentes cuisines de Malaisie et même d’ailleurs sont représentées. Georgetown essaie de rivaliser avec Ipoh pour le titre de capitale malaisienne de la gastronomie. Pour être honnêtes, nous ne saurions donner notre préférence à une de ces deux villes, nous avons trouvé la nourriture succulente partout. Georgetown peut juste se targuer d’avoir son propre laksa, la soupe de nouille malaisienne et plat national. Par contre, nous préférons la variante « Sarawak » avec son curry, même s’il arrache beaucoup plus.

Nous avons adoré la ville de Georgetown, son architecture coloniale, sa tolérance, son multiculturalisme et, bien entendu, sa gastronomie! (#irrécupérables) Nous déplorons juste le trafic anarchique au centre-ville qui rend le centre historique pas du tout piétons friendly et qui lui enlève un peu de charme. Nous avons préféré Malacca, certes plus petite et plus calme mais plus piétonne et où les bâtiments historiques sont plus mis en valeur.

Mais Penang , ce n’est pas que Georgetown, c’est une île qui regorge sûrement de quelques trésors qui valent le détour et nous allons nous atteler à les découvrir ces prochains jours.

Ipoh : entre histoire coloniale, street-art et traditions chinoises

Nous adorons Kuala Lumpur et nous pourrions y rester des semaines sans nous y ennuyer une seule seconde mais nous commençons vraiment à y prendre trop nos aises. Il est donc temps de changer un peu d’horizon et de découvrir encore quelques petits trésors malaisiens. Nous allons donc acheter des billets de train et embarquons dans le convoi à l’heure indiquée sur ces fameux billets à la recherche de nos numéros de siège. Mais nous trouvons deux personnes assises à nos places et, après moult délibérations, nous nous rendons compte qu’on nous a vendu des billets à une date erronée. Mince alors! Comme nous n’avons pas du tout envie de descendre du train et de négocier un échange de billets, nous trouvons deux autres places et essayons de jouer les touristes perdus au cas où on nous demanderait quelque-chose. Mais personne n’a rien vu et nous avons pu voyager tranquillement jusqu’à notre destination : Ipoh. Pour des anciens cheminots comme nous, voyager sans titre de transport valable est un peu une honte mais comme dit le dicton : ce sont les cordonniers les plus mal chaussés. Et promis, nous vérifierons mieux nos billets la prochaine fois!

Centre colonial

Ipoh a été fondée dans les années 1845, en pleine colonisation britannique, au cœur de la Kinta Valley, une vallée fertile. La ville connut un gros boom économique dans les années 1920 – 1930 avec la découverte de gisements de fer dans les montagnes des alentours. Elle fut ensuite brièvement occupée par les Japonais durant la Seconde Guerre Mondiale mais vite reprise par les Anglais. Dans les années 1970, l’exploitation minière commença à montrer des gros signes de faiblesse et Ipoh connut un fort déclin dont elle ne se relèvera jamais totalement. La ville resta un peu abandonnée à elle-même et loin du miracle économique de Kuala Lumpur malgré son emplacement privilégié à mi-chemin entre la capitale et Penang. Donc, ici il n’y a ni gratte-ciels flambant neufs à l’horizon, ni vie urbaine trépidante mais un superbe centre historique colonial relativement bien conservé, au charme suranné où le temps semble s’être arrêté. Il y a même une tour de l’horloge typiquement anglaise dont le carillon mélodieux nous rappelle les beffrois d’Europe du Nord.

Chinatown

La deuxième communauté de Malaisie mais la première à Ipoh et dans l’état du Perak en général, a pris ses quartiers dans Concubine Street et ses voisines appelées respectivement 2nd Concubine Street et 3rd Concubine Street. C’est très rationnel, à la chinoise! On y trouve les échoppes typiques de babioles Made in China ou de médecine traditionnelle, les incontournables stands de street food, et un temple bouddhiste chinois. La cuisine Hokkien (nom donné à la communauté chinoise de Malaisie et de Singapour) d’Ipoh serait d’ailleurs une des meilleures de Malaisie voire du sud-est asiatique. C’est difficile d’avoir un avis objectif car tout est bon dans ce pays quelle que soit la communauté qui cuisine, mais il est vrai que nous nous sommes régalés durant notre petite étape à Ipoh.

Street Art

Ipoh, à l’instar de Georgetown ou Malacca, est connue pour ses grandes fresques murales peintes sur les façades de quelques rues du centre-ville. On y retrouve des scènes de vie quotidienne des différentes communautés ainsi que des peintures un peu plus abstraites et artistiques. C’est d’ailleurs à Ipoh que nous avons trouvé les plus jolies formes de street-art de toute la Malaisie.

Kinta River

La rivière Kinta coule en plein-centre ville d’Ipoh. C’est un coin privilégié des locaux qui y pratiquent la pêche, le cours d’eau étant très poissonneux. Il est possible de s’y promener sur les petits chemins qui bordent ses rives. C’est une vraie oasis de verdure mais surtout d’ombre de fraîcheur car le soleil tapait fort lors de notre passage. Une multitude d’oiseaux et de papillons multicolores se laissent observer dans le coin. Nous sommes toujours hallucinés de la diversité de la faune en milieu urbain en Malaisie! Un superbe pont datant de l’époque coloniale enjambe la rivière dans le centre historique.

Mosquée Panglima Kinta

Avec ses façades blanches immaculées et ses coupoles bleues, nous pourrions nous croire quelque part dans les Cyclades. Eh non, nous sommes bien en Malaisie devant une mosquée construite à la fin du XIXe siècle par un lord local. Elle se situe sur les rives de la Kinta et porte d’ailleurs son nom. Son architecture mixe différents styles notamment colonial britannique, Mughal (indo-islamique comme le Taj Mahal) et néoclassique. C’est une mosquée plutôt modeste pouvant accueillir environ 400 personnes mais nous l’avons trouvé très jolie.

Ipoh a été une étape vraiment sympa et surtout très calme après la trépidante Kuala Lumpur! Nous vous recommandons chaudement une petite étape à Ipoh afin de déambuler dans les ruelles tranquilles du centre historique ou de Chinatown. Bien sûr, plusieurs arrêts dans les différents food-courts de la ville s’imposent, la gastronomie locale étant, à raison, reconnue internationalement. Par contre, ne vous y attardez pas plus que nécessaire. C’est assez petit, ça se visite facilement en une bonne journée et on s’y ennuie assez vite.

Quant à nous, ce pays nous fascine encore plus à chaque découverte et Ipoh n’a pas dérogé à la règle. Nous allons continuer notre route en direction de l’île de Penang et de la ville de Georgetown afin de découvrir encore plus de trésor de Malaisie.

Kuala Lumpur, entre modernité urbaine et nature luxuriante

Nous sommes  passés plusieurs fois par Kuala Lumpur ces quatre derniers mois, entre deux bus, deux avions ou deux trains ou alors pour des raisons un peu pratiques, comme par exemple, nous faire vacciner contre l’encéphalite japonaise. Nous avons profité également de la vie citadine comme aller voir un concert ou un film au cinéma. Et bien entendu, nous avons aussi joué les touristes fascinés par tout ce que cette ville a à nous offrir, puis les habitués en retournant parfois dans nos restos ou cafés de prédilection. Bref, nous avons déjà vécu plusieurs vie à Kuala Lumpur et nous allons vous en raconter quelques facettes.

Kuala Lumpur est la capitale et la plus grande ville de la Malaisie. Elle est peuplée d’environs huit millions d’âmes, quasi la population de notre belle Andalousie sur un territoire bien plus petit! Pourtant, elle a gardé une ambiance très détendue et la population locale est presque aussi relax et tout aussi souriante qu’en province. La ville est super étendue et, à certains endroits, mal plate mais il est très facile et peu onéreux de se déplacer grâce aux différentes lignes de trains, de métro (aérien ou non) et de monorail, et ce n’est pas trop une galère d’être piéton.

Centre historique

Kuala Lumpur possède quelques bâtiments historiques datant de l’époque coloniale britannique dont la mosquée Jamek, la plus ancienne de la ville construite en 1909. Oui, vous avez bien lu mosquée et britannique dans la même phrase! C’est bien un architecte anglais qui a conçu la mosquée.

Le quartier est situé à la confluence des fleuves Gombak et Klang et constitue une petite presque-île un peu plus calme au milieu des gratte-ciels. Malheureusement, il y a pas mal de travaux dans le but d’aménager une promenade piétonne au bord des rivières et l’accès y est un peu scabreux. Mais ce sera super sympa et super safe de s’y promener a pied une fois que tout sera fini!

Edifice Sultan Abdul Samad

Construit entre 1894 et 1897 en l’honneur du sultan Abdul Samad, le sultan du Selangor, un état voisin. Il a été construit pour l’administration britannique de l’époque. L’architecte était anglais mais comme il vécut en Afrique du Nord, il s’inspira de l’architecture mauresque pour concevoir ce bâtiment. Il reste quand même le clocher qui, avec ses quarante mètres de haut, nous rappelle une clock tower soooo british! Lors de l’indépendance, le tout nouvel état de Malaisie y installa sa cour de justice qui, depuis 2005, a été transférée à Putrajaya, le siège du gouvernement. Aujourd’hui, l’édifice abrite les ministères des communications, de l’information et de la culture de Malaisie. La cour intérieure laisse un bel espace sans voiture au cœur de la ville.

KLCC

C’est le cœur moderne de la ville, le quartier des affaires avec ses malls à l’américaine et ses gratte-ciels flambants neufs, dont les fameuses tours Petronas. Véritables emblèmes de la Malaisie, ce sont, avec leurs 452 mètres de hauteur, les plus hautes tours jumelles du monde. Inaugurées en 1998, elles portent le nom du géant pétrolier malaisien Petronas et symbolisent la croissance économique du pays, grâce notamment au pétrole. Petit fun fact : c’est à l’intérieur d’une de ces tours que nous avons reçu notre dose de vaccin contre l’encéphalite japonaise. Bon, ce n’était qu’au cinquième ou sixième étage, rien de bien impressionnant, mais nous les avons vu un peu de l’intérieur!

Derrière les tours, un petit jardin avec des arbres, des fontaines, des bancs et une place de jeu pour enfants a été emménagé. C’est une vraie oasis de fraîcheur dans un climat équatorial qui, parfois, peut vraiment être étouffant, surtout en ville.

Jardin botanique

Comme toute ancienne colonie anglaise qui se respecte, Kuala Lumpur possède son jardin botanique. Il se situe au quartier Sentral, à proximité de la gare ferroviaire. C’est un véritable Central Park de 92 hectares en plein centre-ville. Comme le climat est équatorial, c’est-à-dire très humide, la végétation est luxuriante! Grâce à son relief en collines, le jardin est le paradis des randonneurs ou des cyclistes qui n’ont pas le temps de sortir de la ville. Malgré la vue sur les gratte-ciels, nous avons quand même l’impression d’être sortis de la ville en nous baladant dans le jardin tant l’ambiance est calme. La végétation bien dense étouffe bien les bruits de la circulation et absorbe la pollution.

KL Eco Forest

C’est une forêt équatoriale en plein milieu de la ville, près de la tour de télévision. Il y a un pont suspendu à travers la canopée afin de pouvoir observer les oiseaux. C’est vraiment un coin sympa pour échapper au brouhaha de la ville et en plus, c’est totalement gratuit!

Edit : Aux dernières nouvelles, il y aurait un droit d’entrée à payer, donc c’est une info qui reste à vérifier

Après quelques pas dans cette forêt, nous avons eu la bonne surprise d’apercevoir toute une famille de macaques sauter de branche en branche et très peu farouches. Nous avons aperçu plus de singes en ville de Kuala Lumpur que dans les parcs nationaux de Bornéo, un comble!

Vous pouvez cliquer sur nos photos pour les agrandir et mieux apercevoir ces macaques. Comme la forêt n’est pas très éclairée et que ces petites bébêtes bougent, ils sortent parfois un peu flous. Sorry!

Joyeux Noël

Pour fêter Noël avec nos amis, nous avons improvisé une soirée sushis au pied des tours Petronas tout en admirant le spectacle de jets d’eau et de lumières dans la fontaine de KLCC. Oui, Kuala Lumpur fête Noël puisqu’il y a une minorité catholique dans la communauté chinoise. En général, la Malaisie célèbre toutes les fêtes de ses différentes communauté comme le Ramadan, Deepawali ou encore le Nouvel An Chinois. Il y a une fête qui se termine et la ville prépare déjà la suivante. Nous trouvons cette tolérance et cette propension a tout fêter avec tout le monde vraiment touchante.

Certes un plat de sushis ne respecte pas vraiment nos traditions de Noël mais nous aimons bousculer les traditions et n’en faire qu’à notre tête. Surtout que nous ne sommes pas hyper fans des fêtes de fin d’année en général. Et puis, nous étions tellement bien avec notre plat japonais, dans ce magnifique jardin à contempler le magnifique spectacle au pied des tours Petronas. La température était de 27 degrés. C’est mieux que de sortir emmitouflés pour aller à la messe de minuit en plein hiver, n’est-ce-pas?

Il reste une multitude de choses à voir à Kuala Lumpur, comme Batu Caves par exemple, mais nous y reviendrons plus tard et nous profitons aussi de nos passage pour faire plus des trucs du quotidien et un peu moins jouer les touristes, même si on adore ça.

Kuala Lumpur est devenue en quelque sorte notre pied à terre en Asie du Sud-Est. C’est facile d’accès, facile de s’y déplacer grâce au bon réseau de transports publics, c’est une ville moderne, on y trouve de tout et enfin, c’est relativement bon marché.

Pour la suite, nous n’avons pas encore terminé avec la Malaisie. Vu que le pays nous plaît à fond, autant en profiter pour en découvrir un peu plus.

Malacca entre dolce vita portugaise et saveurs chinoises

Ayant un peu de temps depuis notre départ d’Indonésie avant de rejoindre les parents de Fabien à Phuket, nous avions décidé de nous poser un peu et effectuer un peu de volontariat. Les deux premières semaines se sont vraiment bien passées. Nous nous occupions d’une petite pension, de l’entretien des espaces communs, de l’accueil des clients, d’aider à l’école de cuisine de la propriétaire et même parfois, nous faisions les guides touristiques à travers la ville. Mais petit à petit, sans trop que nous sachions vraiment pourquoi, des petites tensions ont commencé à apparaître entre les différents protagonistes ainsi que quelques malentendus culturels et linguistiques puis un beau matin, tous les volontaires ont été priés de faire leurs bagages et de dégager le plancher! Ma foi, ce sont des choses qui arrivent nous garderons toutefois un excellent souvenir de cette expérience malgré sa fin en eau de boudin. Nous avons eu l’occasion de rencontrer beaucoup de personnes des quatre coins du monde et nous avons pu profiter des attraits touristiques de la ville.

Malacca est le plus ancien port de la péninsule malaise et la ville a été fondée vers 1400, donc avant l’arrivée des Européens. Son endroit stratégique sur le détroit de Malacca a attiré les convoitises de nombreux conquistadors. Aujourd’hui, elle possède un petit patrimoine historique assez intéressant, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, qui retrace des siècles d’histoires et les différentes influences que connut la ville.

Côté Portugal

Les premiers Européens à débarquer à Malacca étaient les Portugais sous l’égide du navigateur Afonso du Albuquerque.. C’était en 1511. Vu la position stratégique de la ville sur le détroit de Malacca, ils y établirent un comptoir et repoussèrent les locaux, du royaume de Johor, hors des frontières de la ville. La colonisation a duré environ 130 ans. Il ne reste que peu de patrimoine de cette époque car les Hollandais sont arrivés après construisant la ville à leur image. Mais il reste le fort, la cathédrale, quelques azulejos, une douceur de vivre toute méditerranéenne et, le plus important, les pasteis de nata!

Musée maritime

Situé dans un magnifique galion portugais reconstitué, le musée raconte les différentes invasions du détroit, par voie maritime évidemment! C’est grâce à ce musée que nous pouvons faire les malins et vous expliquer les différentes époques de Malacca. Il y a aussi une section sur la faune et la flore marine qui se trouvent dans les différentes régions de Malaisie. Du coup, nous rallongeons encore notre grande liste à idées et nous réjouissons de découvrir le littoral de ce pays!

Côté hollandais

En 1641, les Hollandais débarquèrent avec leurs gros sabots, leur gouda, leurs frites et leurs moulins à vent et s’allièrent avec le royaume de Johor plus au sud afin de faire fuir les Portugais et s’emparer de la ville. Evidemment, après la victoire, les locaux de Johor n’eurent plus que leurs yeux pour pleurer et restèrent confinés hors des frontières de la ville, encore une fois. Mais il y a une justice, les Hollandais n’arrivèrent jamais à faire prospérer le port comme les Portugais, qui eux n’arrivèrent jamais au niveau de prospérité du royaume de Johor auparavant. Ça s’appelle le karma! Aujourd’hui, il reste un superbe centre historique bien conservé inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO et, fait très rare en Asie, une bonne partie de la vieille ville est piétonne!

Bukit St-Paul

C’est une colline qui surplombe le centre historique. On y trouve les ruines d’une église hollandaise, un cimetière protestant et quelques bâtiments coloniaux. La vue sur Malacca vaut à elle seule la peine d’y grimper! Promis ce n’est pas trop pénible et c’est assez facile la montée!

Côté Chine

La communauté sino-malaisienne étant très importante en Malaisie (26% de la population), Malacca n’allait pas échapper au fameux Chinatown. A l’instar du reste de la ville, et contrairement aux autres Chinatown, le quartier est vraiment tranquille, conforme à l’ambiance dolce vita toute méditerranéenne de Malacca. Pourtant, à la base, on doit ce quartier aux Anglais qui ont également été très intéressés par la positions stratégique de la ville. Le quartier fait également partie du centre historique protégé par l’UNESCO.

Malacca River

Les rives de la Malacca River sont les coins les plus sympas de la ville. C’est un quartier tranquille, d’artistes et surtout piéton qui a un petit air des bords de la Spree à Berlin. Comme ses consœurs Ipoh et Georgetown, Malacca a son quartier de street art.

Diversité culturelle

La Malaisie est connue pour être multiculturelle. C’est encore plus marqué à Malacca par son histoire. On y trouve des mosquées, des temples chinois, des temples sikhs, des églises catholiques et méthodistes, etc., parfois dans la même rue! Ici, tout le monde vit en liberté, peu importe sa croyance, sa couleur de peau et son habillement. Un bel exemple de tolérance que d’autres feraient bien de suivre!

North Malacca

Lors de notre deuxième séjour, nous avons longé la Malacca River en direction de l’intérieur des terres, et avons découvert un petit quartier bien tranquille, hors des circuits touristiques et un peu naturel avec une  passerelle qui surplombe une petite mangrove.

La rencontre du jour!

Oui, c’est bien un vrai! Et malgré son air impressionnant, ce varan est totalement inoffensif!

Mosquée flottante

Une bonne partie de la ville moderne de Malacca a été construite sur du terrain gagné sur la mer. Et pour la mosquée, elle a été carrément construite sur pilotis dans le détroit de Malacca. Son nom officiel est d’ailleur Masjid Selat qui signifie mosquée du détroit. Elle a été achevée en 2006 et mélange les architectures malaises et moyen-orientales. Nous avons également appris ici que le détroit de Malacca est le plus long du monde, mais aussi le plus fréquenté. C’est le passage obligé entre Singapour et le Golfe Persique et ceci depuis des siècles. On comprend mieux pourquoi Malacca a toujours attiré les convoitises.

Même si l’aventure ne s’est pas vraiment bien terminée, notre expérience à Malacca en tant que volontaires fut néanmoins très bonne et nous n’en partons pas fâchés. Nous garderons un très bon souvenir de cette magnifique ville très riche en culture.

Effectivement, le souvenir que nous avons gardé de cette ville était tellement positif que nous avons décidé d’y refaire un petit tour, en simple touristes cette fois, pour visiter quelques endroits encore méconnus. Evidemment, la présence de la fameuse « Portuguese egg tart » a lourdement penché en faveur de notre retour.

Bornéo : Bintulu et le Similajau National Park

Nous n’avons pas été très actifs ces derniers jours pour cause de crève carabinée (ah quand on aime, on partage tout, surtout les microbes!), de journée dans les transports et de Nouvel An musulman où la Malaisie, d’ordinaire grouillante de vie, était d’un calme mortel pendant une journée. Les jeunes de Kuching ont profité de notre présence en ville pour nous demander de poser pour leur « selfie avec un occidental », exercice auquel nous nous sommes pliés de bonne grâce et dans la bonne humeur!

Mais nous avons quand même fini par sortir de notre mini retraite pour nous bouger un peu. Bintulu se situe à 610 km à l’est de Kuching (oui c’est toujours sur l’île de Bornéo!) et son avantage sur celle-ci c’est qu’elle se situe au bord de la mer, sinon ça reste une ville sans aucun intérêt. S’il y a une ville dans le coin c’est parce qu’il y a de belles réserves de pétrole, pas pour attirer les touristes! Ici ce n’est pas farniente sur le sable blanc, c’est plutôt « fais gaffe c’est infesté de crocodiles »! Mais si nous sommes venus à Bornéo, c’est bien pour voir des petites et moins petites bébêtes, sympas ou pas.

Malgré la présence des crocodiles, la plage est assez sympa, même si ce sont plutôt des martins-pêcheurs et des crabes que nous avons aperçu.

Même en bord de mer la végétation reste luxuriante, notamment avec les cocotiers dignes d’un catalogue de voyage! Par contre pour la plage, c’est pas trop ça…

Taman Tumbina

Il y a la possibilité d’effectuer un trail directement depuis la ville, sans se casser la tête pour trouver des transports publics. Bien sûr, ce n’est pas la grosse jungle profonde, mais c’est accessible, pas assez prestigieux pour les touristes en tongs et gratuit! Ça ne nous a pas empêché d’observer des papillons, des oiseaux, des écureuils, des libellules et même des petits singes, même si tout ce beau monde était bien trop rapide pour l’objectif de l’appareil photo. Comme toujours, nous sommes fascinés par la végétation luxuriante qui se trouve sous ces latitudes.

A notre grande surprise, le chemin n’est quand même pas pour débutants, il est assez technique et les cordes nous sont d’un grand secours dans les passages vraiment escarpés!

Il y a également des petits cours d’eau pour égayer la balade. (en saison des pluies, ils ne sont pas si petits!). S’il il existe des petits ponts de fortune pour en traverser quelques-uns, il faut traverser à gué la plupart d’entre eux.

Ces petites balades nous ont mis en jambe pour la suite car, comme vous l’imaginez sûrement, nous ne nous sommes pas déplacés jusqu’à la ville la moins intéressante de Malaisie, juste pour le plaisir! D’ailleurs s’il y a une ville ici, c’est parce qu’il n’y a pas mal de pétrole et qu’il faut bien loger les ouvriers de l’immense raffinerie toute moche construite en périphérie de la ville.

Similajau National Park

Le Similajau National Park se situe à une trentaine de kilomètres du centre de Bintulu. Evidemment, il ne faut pas songer à trouver des transports publics dans le coin. Heureusement, il existe l’application Grab (Uber pour l’Asie du Sud-Est) qui fonctionne super bien. Comme à chaque fois que nous avons sollicité un Grab, le chauffeur a été super sympa et nous a même donné son numéro pour que nous l’appelions dès que nous avions fini notre randonnée.

Le Similajau couvre près de 90 kilomètres carré de forêt primaire, il fallait bien que nous fassions un petit détour par là!  A notre arrivée, nous avons l’impression d’être dans un parc national à l’américaine, et pour une fois, ce n’est pas un reproche! Nous sommes accueillis par des gens compétents qui se soucient de savoir si nous avons emporté assez d’eau avec nous. Il faut aussi nous enregistrer, indiquer notre destination et donner une heure approximative de retour et essayer de s’y tenir. Les réceptionnistes sont également très serviables. Ce sont eux qui ont appelé notre chauffeur pour qu’il vienne nous chercher.

La balade commence vers un estuaire magnifique et nous sommes directement mis au parfum par des panneaux d’avertissement. Ici c’est infesté de crocodiles et pas n’importe lesquels! Ici se trouvent des crocodiles des estuaires, c’est-à-dire, qu’ils sont à l’aise autant dans l’eau douce que dans l’eau salée. Nous risquons donc de les croiser sur la plage, dans des cours d’eau ou dans les mangroves mais en saison sèche, en général, ils préfèrent le large de la Mer de Chine Méridionale aux cours d’eau à faible débit.

Le trail

Le chemin a l’air tranquille au premier coup d’œil mais à force d’enjamber les racines, d’escalader des rochers, de contourner les arbres tombés sur le sentier , d’éviter les trous, d’être vigilants de ne pas glisser sur les feuilles mortes mouillées et d’être attentifs à certaines petites bestioles pas commodes, le tout sous une chaleur étouffante, ça ne s’avère pas si facile que ça. Mais les paysages sont superbes et très vite, nous apercevons les premiers singes, des macaques ils nous semble. Nous en verrons d’autres durant toute notre randonnées mais ce sont des animaux farouches et ils ont tendance à se cacher dès qu’ils nous repèrent. Et c’est tant mieux, ça signifie qu’ils ne sont pas habitués aux humains et que le coin est vraiment sauvage.

Nous sommes toujours autant fascinés par la végétation luxuriante et comment elle utilise son environnement, voire les autres espèces, pour s’épanouir. La faune est très riche également mais plus difficilement observable. A notre palmarès : des singes, des papillons, des oiseaux, des lézards et des libellules.

Les passerelles

Ici, pas question de traverser les cours d’eau à gué sous peine de réveiller Monsieur Crocodile de sa sieste, même si en cette saison il préfère la mer! Les passerelles  ou les ponts permettent aussi de passer les cours d’eau pendant la saison des pluies lorsque le débit d’eau est très fort et les courants très dangereux.

La mer

En fait, nous ne sommes pas dans la jungle profonde. Vous aurions-nous menti? Non, rassurez-vous, nous sommes dans une forêt côtière. D’ailleurs, le bruit des vagues nous accompagne sur tout le chemin et nous pouvons même, parfois, apercevoir la mer à travers les arbres et nous débouchons sur de jolies petites criques.

Teluk Padok

Après un peu plus d’un kilomètre, nous débouchons sur la plage de Teluk Padok, à nos yeux, le paradis sur terre! La mer turquoise, le sable, non pas blanc, mais jaune or, presque aussi beau et pas âme humaine qui vive! Par contre, il y a de nombreux singes, crabes, bernard-l’hermite ainsi que autres coquillages qui marchent qui peuplent la plage.

Nous aurions pu continuer le sentier sur encore plus de dix kilomètres mais après deux bonnes heures de marche, nous décidons de rebrousser chemin. Nos réserves d’eau ne sont pas inépuisables et randonner dans la jungle est bien plus compliqué et pénible que dans les Alpes. Parole de bons marcheurs!

Nous essayons de rentrer en longeant la côte, en espérant que Monsieur Crocodile et ses acolytes soient bien en train de batifoler au large. La marée est encore assez basse et la plage est dégagée sur un bon kilomètre avant qu’elle nous oblige à nous renfoncer dans la forêt.

Pour le dernier kilomètre, nous trouvons un itinéraire bis, histoire de faire durer le plaisir encore un peu! Ce sentier-ci s’éloigne un peu de la mer et du coup, sans les vagues, nous prenons conscience du nombre d’animaux qui peuplent la forêt grâce à leur chant ou leur cri. D’ailleurs, nous nous demandons toujours à qui peut bien appartenir cet espèce de miaulement bien rauque que nous avons déjà pu entendre au Kubah National Park.

Franchement, c’est un des plus beaux parcs nationaux que nous avons visités. Nous n’avons pas de mots pour décrire ce que nous avons vu tellement c’était grandiose. Nous sommes rentrés dégueulasses et épuisés mais super heureux d’avoir découvert une merveille pareille!

Nous n’en avons encore pas fini avec Bornéo et nous espérons pouvoir encore être scotchés comme nous l’avons été au Similajau!

Kuching et le Kubah National Park, nos premiers pas sur Bornéo

Le retour de Singapour à Kuala Lumpur ne s’est pas fait plus facilement qu’à l’aller, il nous a fallu attendre deux jours un train de libre dans la ville frontière de Johor Bahru, lieu sans intérêt sauf pour les Singapouriens au fort pouvoir d’achat venant faire leurs courses à prix cassés en Malaisie. Nous avons décidé de rejoindre directement Kuala Lumpur sans trop tarder car, vu la difficulté à obtenir des places dans les transports, nous ne voulions pas rater notre vol pour l’île de Bornéo. Nous avons donc passé deux jours dans la capitale malaisienne. Evidemment, il y aura un article sur la capitale malaisienne mais comme nous savons que nous devrons y retourner ultérieurement, nous vous le soumettrons à ce moment-là.

Le Sarawak étant un état semi-autonome, il nous faut passer l’immigration à l’aéroport même si nous venons de la Malaisie péninsulaire. Nous avons donc un tampon de plus sur notre passeport, par contre, le nombre de jours déjà effectué en Malaisie est déduit de l’autorisation de séjour du Sarawak, allez comprendre!

Nous posons nos sacs dans la ville de Kuching, la capitale de l’état du Sarawak et point de départ de nombreux parcs nationaux, les attraits principaux de Bornéo. La ville a été fondée par l’Anglais James Brooke dont nous pouvons encore apercevoir quelques bâtisses coloniales. Sinon la ville est construite de façon anarchique, comme beaucoup de villes en Asie.

L’ambiance est beaucoup plus zen que sur la péninsule qui est déjà très chill à la base. Imaginez donc le niveau de zénitude de Kuching! C’est également moins musulman. Nous pouvons donc ressortir nos shorts et autres tenues plus légères. A l’instar du reste de la Malaisie, Kuching est très multiculturelle avec ses mosquées, ses temples chinois, ses temples sikhs, ou encore ses églises.

La rivière Sarawak

C’est le fleuve qui traverse Kuching et c’est l’endroit le plus sympa de la ville pour flâner grâce à sa longue  promenade entièrement piétonne et sa passerelle futuriste qui permet de rejoindre l’autre rive.

Le bâtiment de l’assemblée législative du Sarawak

Ouvert en 2009, et comme son nom l’indique, c’est le bâtiment où siège l’Assemblée législative du Sarawak. C’est là-dedans qu’on débat et qu’on vote des lois. Pour info, la Malaisie est un état fédéral, comme les Etats-Unis, donc chaque état vote ses propres lois et se gère plus ou moins lui-même. C’est l’emblème de la ville de Kuching avec son architecture moderne mais traditionnelle en même temps. Situé sur un petit promontoire en bord de la rivière Sarawak avec son toit culminant à 114 mètres de hauteur, il se voit depuis n’importe quel quartier de la ville.

Orchid Garden

Il y a une plante qui s’épanouit pleinement dans ce climat équatorial, très chaud et très humide : c’est l’orchidée., une de nos fleurs préférées. La ville de Kuching lui a dédié un jardin. Nous étions censés nous acquitter d’un droit d’entrée, mais les réceptionnistes étaient profondément endormis et nous n’avons pas osé les déranger.

Indian Lane

C’est l’ancien quartier indien de la ville maintenant colonisé par les Chinois. Enfin, ce ne sont plus vraiment des Chinois, ce sont des Hokkiens. Leurs ancêtres étaient originaires du sud de la Chine ou de Hong Kong et ont été amenés en Malaisie par les colons Anglais car ils manquaient de main d’oeuvre. Aujourd’hui, ce sont des Malaisiens comme les autres.

Indian Lane est une petite rue piétonne bordée par d’anciennes maisons colorées.

Nous sommes restés tranquilles à Kuching un peu plus longtemps que prévu car Fab a chopé une bonne crève bien carabinée à cause de l’air conditionné! Rassurez-vous, ça n’a pas duré bien longtemps et, très vite, il s’est remis sur pied prêt à découvrir les trésors naturels de Bornéo!

Kubah National Park

Nous avons choisi le Kubah National Park parce que c’est le plus facile d’accès depuis Kuching. Il se situe à vingt-deux kilomètres du centre ville et peut se rejoindre en bus même si nous avons galéré à en trouver un.

Semenggoh Nature Reserve

Semenggoh est un programme de réhabilitation des orangs-outans, donc c’était un endroit où nous étions susceptibles de les rencontrer. Le centre n’est ouvert qu’une heure le matin et une heure l’après-midi, lors du nourrissage, afin de laisser les animaux tranquilles le plus longtemps possible. Le centre recueille des orangs-outans blessés, les nourrit et les réintroduit à la vie sauvage, tout ça dans une forêt protégée, habitat naturel des singes. Si l’explication des soigneurs était très intéressante, nous n’avons malheureusement pas aperçu les orangs-outans, la pluie s’étant invitée. De plus, en cette saison, la forêt regorge de fruits, les animaux préfèrent donc se nourrir par eux-mêmes. Si nous ne sommes pas déçus de ne pas avoir aperçu les singes, nous sommes conscients que c’est la nature qui décide, nous déplorons le fait d’être stressés par les horaires d’ouverture restreints et de ne pas pouvoir observer la forêt à notre rythme. Mais nous n’allons pas critiquer une institution qui, une une fois n’est pas coutume, préfère s’occuper du bien-être des animaux plutôt que celui des touristes.

Kubah National Park

Nous avons eu une sacrée chance avec la météo avec une journée entièrement bien ensoleillée ce qui est très rare sous des latitudes si basses. Nous n’avons par contre pas été aussi chanceux avec les transports publics, le service de bus qui assurait la liaison depuis Kuching a tout simplement été supprimé définitivement. Nous avons fini par négocier un minibus pour nous rendre à l’entrée du parc.

Le début est assez monotone, c’est une petite route goudronnée qui monte sur environ un kilomètre et demi et qui donne accès aux différents trails. Il y a six chemins de randonnée en tout, de difficulté et de durée différentes, qui sont très bien balisés.

L’étang aux grenouilles

C’est ici que les grenouilles viennent pondre leurs œufs. Nous y avons plutôt aperçu des libellules bleues ou rouges mais il y a vraiment des crapauds, nous les avons entendu conter fleurette à leur belle. Plus loin dans le parc, nous avons aperçu une espèce de grenouille croisée avec un lézard, autant à l’aise sur terre que dans l’eau.

Waterfall Trail

Nous avons choisi ce trail juste pour la récompense à la fin. (une cascade pour ceux qui ne parlent pas anglais.) Nous entrons cette fois vraiment dans la forêt où nous devons enjamber d’immenses racines et passer sur des passerelles en bois qui ont fait leur temps et qui nous paraissent bien branlantes. Mais elles ont tenu le coup!

Kubah est reconnu pour sa flore plutôt que pour sa faune. En effet, nous n’avons pas aperçu beaucoup d’animaux : quelques papillons, des oiseaux, des lézards, des libellules, des fourmis géantes et autres insectes bizarroïdes. Il faut dire que certains touristes indélicats et bruyants, avec des tongs aux pieds et un ventilateur portatif, n’ont pas vraiment compris le concept d’observation de la nature et se croient dans une discothèque, effrayant ainsi la faune sauvage. Nous avons entendu des macaques et un chat sauvage (du moins un animal poussant de gros miaulements graves).

Par contre la flore est incroyable et variée. Il est pratiquement impossible d’apercevoir la canopée tant la forêt et dense et les arbres gigantesques.

La cascade

Après un peu plus d’un kilomètre et demi dans la jungle, nous voici finalement à la cascade. Rien d’extraordinaire comparé à Iguazu ou Chiflon (Oh les blasés!). Franchement, le chemin dans la forêt vaut mille fois plus le coup que cette petite chute d’eau. Il faut préciser que c’est la fin de la saison sèche et les cours d’eau ont un débit très faible.

Pour le retour, nous avons trouvé un itinéraire bis dans la forêt, qui nous a fait faire un détour de presque deux kilomètres mais qui nous a permis d’éviter la route goudronnée et les autres humains! En vrai, nous n’avons rien contre les êtres humains mais ce jour-là, nous avons dû tomber sur les pires d’entre eux. Nous les avions trouvés particulièrement irrespectueux. Le parc est sûrement trop accessible. Donc sur ce coup-là, nous avons été bien contents de nous éloigner un peu de la « civilisation ».

Nous avons enfin entamé les choses sérieuses sur Bornéo et sommes ravis de nous retrouver en pleine nature.

Pour la suite, nous avons un sacré choix mais pour nous y rendre, c’est la croix et la bannière, les transports publics étant limités, voire inexistants (nous avons dû rentrer en stop depuis le Kubah National Park!). Mais comme nous avons plus d’un tour dans notre sac, nous allons bien nous débrouiller pour découvrir encore d’autres merveilles!