San Agustín, ses trésors précolombiens et sa nature luxuriante

Pour partir de Popayán, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne c’est qu’il y a la possibilité de changer de vallée, ce qui nous dispense de repasser par Cali. La mauvaise, c’est que c’est une petite route de montagne, en partie non asphaltée, qui passe par un col à plus de 3200 mètres d’altitude et qui n’est desservie que par des minibus. Là, notre oreille interne se réveille et se met en mode « Même pas en rêve! » Mais nous décidons de ne pas l’écouter, de n’en faire qu’à notre tête et nous tentons quand même le coup.

Au terminal des bus, c’est un minibus flambant neuf et super confortable qui nous attend. De quoi nous rassurer jusqu’à ce que nous lisions la notice nous priant de demander des sacs à vomi en cas de mal des transports. Là, notre oreille interne se fâche en mode « Je vous l’avais bien dit bande d’inconscients! » puis se met à bouder nous laissant finalement tranquilles pendant tout le trajet. Il faut dire que nous avons tellement été subjugués par le paysage défilant sous nos yeux que nous n’avons pas eu le temps de nous sentir mal.

NB : Si vous voulez voir à quoi ressemble le paysage le long de la route, nous avons monté un petit réel sur notre page Instagram qui vous en donne un petit aperçu.

La destination finale de notre minibus est Pitalito. La nôtre, c’est San Agustín, un petit village perché plus haut dans la vallée. Mais pas de problème, à la bifurcation des deux routes, un système de taxi est organisé pour les passagers se rendant à San Agustín et c’est compris dans le billet de bus qui coûte 55’000 COP par personne (11,80€ ou 11,05 CHF) Du coup, nous avons été déposés directement devant notre logement et c’est super appréciable!

San Agustín

San Agustín est une petite ville de montagne perchée à 1730 mètres d’altitude entre les sommets verdoyants de la cordillère centrale des Andes. Malgré l’attrait un peu touristique, elle a gardé son âme montagnarde et paysanne. Elle vit principalement des cultures du café et de la canne à sucre. Touristiquement, elle est connue pour ses sites archéologiques datant de 3300 avant notre ère appartenant à la civilisation dite de San Agustín. Avec un nom pareil, très chrétien et hispanique, vous vous doutez bien que ce sont les conquistadors espagnols qui l’ont affublée de ce sobriquet. Mais comme les archéologues n’ont encore aucune idée de son « vrai nom », on continue à l’appeler civilisation de San Agustín.

Après une très blanche Popayán, nous sommes conquis par toutes les couleurs qu’on peut trouver sur les façades des maisons au centre-ville.

Comme toute ville latino-américaine qui se respecte, San Agustín possède son « Parque Central » et sa cathédrale. Mention spéciale pour la maison du curé qui jouxte l’église et qui, avec ses balcons en bois, est juste superbe! Il y a, évidemment, les fameuses lettres où les touristes viennent se prendre en photo. En plus, le nom est trop long! Toutes les lettres ne rentrent pas sur une seule photo! Par contre, elle ont été dessinées sur le modèle précolombien de la région et c’est plutôt original et joli.

Mais San Agustín est surtout très intéressante pour tout ce qui se trouve en dehors de la ville. Elle possède des trésors naturels et archéologiques assez exceptionnels.

NB : Toutes les activités que nous avons effectuées, nous les avons faites en autonomie en partant à pied depuis le centre ville. Si vous ne voulez ou ne pouvez pas marcher, il y a la possibilité de prendre un taxi, une moto-taxi, d’effectuer des balades à cheval ou carrément de contracter des tours. L’office du tourisme ou même votre logement peuvent vous organiser tout ça.

Sentier Masaya

Pour y accéder, il faut prendre la route qui grimpe au nord de San Agustín et après un bon kilomètre, il y a la bifurcation pour le sentier. Tout est super bien indiqué! Attention, ça descend à pic et c’est à flanc de côteau! Mieux vaut s’abstenir si vous avez le vertige! Le sentier descend jusqu’aux rives du Rio Magdalena tout en bas dans la vallée. Nous n’avons pas été jusqu’au bout à cause d’une météo incertaine mais nous avons quand même profité d’une petite balade en forêt et de la superbe vue sur les montagnes verdoyantes des Andes.

Nous avons quand même eu droit à une vue époustouflante sur le canyon du Rio Magdalena qui, avec ses 1540 kilomètres, est le fleuve le plus long du pays. Ici, à San Agustín, nous sommes presque à sa source et il va se jeter dans la mer des Caraïbes. Nous aurons donc sûrement l’occasion de le recroiser durant notre périple colombien.

La Chaquira

Pour y accéder, c’est la même route que pour Masaya sauf que le sentier commence quelques centaines de mètres plus loin. Tout y est également super bien indiqué et, en cas de doute, la population locale vous indiquera le chemin même si vous n’avez rien demandé! Mais c’est fait avec tellement de gentillesse et de bienveillance qu’on veut bien se faire guider même si nous savons parfaitement où nous diriger. Le chemin est assez facile mais il alterne de grosses montées avec des descentes bien raides, de quoi bien nous casser les jambes.

Après quatre kilomètres, nous arrivons enfin au site de la Chaquira. Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines, il faut encore descendre 162 marches pour arriver à notre but final. Ce qui nous attend c’est un amas de pierres gravées avec de magnifiques pétroglyphes datant de l’ère précolombienne. Le lieu servait probablement d’observatoire astronomique dans le but d’observer le soleil afin d’établir un calendrier agricole.

Par contre, nous avons dû, par inadvertance, faire un geste ou dire quelque-chose qu’il ne fallait pas car, pile au moment ou nous posions le pied sur la dernière marche, il a commencé à pleuvoir. Nous avons sûrement dû invoquer la colère des dieux qui se sont vengés en nous arrosant copieusement! Heureusement, nous étions équipés et n’avons pas trop été trempés, la pluie ne durant jamais trop longtemps sous ces latitudes.

En bas des marches, il y a une petite plateforme avec une superbe vue sur le canyon du Rio Madgalena et sur les différentes cascades qui découpent les flancs des montagnes au milieu de la végétation tropicale bien verte et luxuriante.

NB : l’entrée au site est gratuite. Si vous voulez quand même laisser quelque-chose à la communauté indigène qui s’occupe du lieu, vous pouvez acheter des boissons ou de l’artisanat à l’entrée. Les prix ne sont pas surfaits.

Cascade El Cinco

A la base, nous étions partis pour une petite promenade de santé pour nous « reposer » de nos deux marches du jour précédent. Au départ, c’était le cas! Nous sommes partis, cette fois-ci, dans le bas du village en direction du sud-ouest sur une route non asphaltée mais carrossable. Facile, n’est-ce pas? Oui mais ça c’était avant de voir les panneaux qui nous ont indiqué la direction d’une cascade que notre curiosité naturelle nous a poussé à aller voir! Après cinq kilomètres de balade tranquille, nous sommes arrivés à l’entrée du site de la cascade. Nous nous enfonçons donc dans la forêt et, là, ça se corse! Le chemin est un peu scabreux, un peu glissant à cause des pluies de la veille et il faut traverser les cours d’eau sur des ponts de fortune! De bonnes chaussures de marches sont indispensables pour accéder à la cascade!

L’entrée du site coûte 5000 COP par personne (1,05€ ou 1 CHF). Cet argent va directement à la petite communauté indigène qui s’occupe du site. Ils sont plutôt sympas les gars, ils vous encaissent le prix d’entrée au pied de la cascade, une fois que vous avez passé la partie la plus difficile du chemin. Comme ça, si vous changez d’avis pour cause de vertige ou autre, vous n’avez pas payé d’entrée pour rien! Malgré sa difficulté, le sentier vaut la peine pour toute la faune et la flore qu’on peut y découvrir.

La rencontre trop mignonne du jour

Depuis que nous sommes arrivée en Colombie (et même au Panama!), nous croisons une faune exceptionnelle, principalement des papillons et des oiseaux. La Colombie peut se targuer d’avoir la plus grande biodiversité au monde en ce qui concerne les oiseaux! C’est vrai que nous en avons déjà aperçus des centaines de plusieurs espèces différentes, tous plus beaux les uns que les autres. Malheureusement, ce sont des animaux qui ont la bougeotte et qui se ne se laissent pas trop prendre dans notre objectif.

Mais parfois, il arrive que certains spécimens se laissent quand même prendre en photo, même si c’est de loin. C’est le cas de ce magnifique « gallo de roca » (coq de roche en français) mâle qui est un oiseau assez courant dans toutes les Andes tropicales.

NB : la photo ci-dessous a été recadrée d’où une qualité un peu douteuse. Sorry!

Après toutes ces (belles!) péripéties, nous arrivons enfin au pied de la cascade El Cinco. Certes, ce n’est pas Iguazu, Chiflon ou encore le Rio Celeste mais nous étions seuls au monde dans cet environnement extraordinaire et ça, ça n’a pas de prix. Par seuls au monde nous sous-entendons bien évidemment sans humains, car nous étions loin d’être les seuls êtres vivants dans cette forêt. Il est possible de se baigner au pied de la cascade mais nous n’avions pas nos affaires de bain puisque, rappelez-vous, nous étions censés juste nous balader un peu à la base.

La cascade se dresse sur trois niveaux et il est possible de l’observer sous toutes les coutures grâce à un sentier latéral qui la longe de bas en haut.

Nous continuons notre balade qui n’en est plus trop une par le haut, en passant par les cultures où nous avons une vue sur un autre versant de la cordillère centrale des Andes. Attention, la grimpette est assez conséquente est ça peut être en plein cagnard en cas de beau temps! Une casquette n’est pas de trop! Nous terminons à l’entrée du parque arqueológico où nous avons l’espoir d’attraper le collectivo (sorte de minibus) qui nous ramènera au centre. Manque de bol, nous l’avons loupé pour quelques petites minutes! Nous avons donc dû finir les trois derniers kilomètres à pied. Une petite promenade de santé qu’on disait!

Et devinez ce qu’on y cultive?

Parque arqueológico San Agustín

C’est le gros highlight de San Agustín! Le parc archéologique est en fait une énorme nécropole, une des plus grande de l’Amérique précolombienne, datant de l’époque archaïque (3000 à 1000 avant notre ère) jusqu’à l’époque dite récente (du IXe siècle à la conquête espagnole). Il se trouve à trois kilomètres à l’ouest du centre de San Agustín. Il est possible d’y aller à pied, c’est facile, au bord de la route et ça ne grimpe pas trop. Si vous avez de la chance, comme ce fut notre cas, vous pouvez choper le collectivo qui vous mènera à l’entrée du site pour la modique somme de 2000 COP (0,45€ ou 0,40 CHF).

Mode super timing on : Une fois n’est pas coutume, nous étions dans un timing pratiquement parfait puisque nous étions sur place le dernier vendredi du mois, jour où l’entrée au parc est gratuite! En vrai, nous avons un peu forcé la chance et prolongé notre séjour d’un jour pour que ça marche mais c’est sûrement quelque-chose que nous aurions de toute façon fait en temps normal tellement le coin est incroyable. Sinon, l’entrée du parc coûte 65’000 COP pour les étrangers soit 13, 90 euros ou 13 francs suisses. Nous ne savons pas si ça les vaut mais ça reste le prix moyen d’un site archéologique. Enfin, sachez que le site est fermé le mardi, ce qui signifie que beaucoup de restaurants, de cafés ou de boutiques en villes sont également fermés.

Bosque de las Estatuas

Il y a un petit musée à l’entrée qui expose quelques pièces trouvées sur le site comme des amphores ressemblant fortement à celles que fabriquaient les Romains en Europe à la même époque. Mais les photos étaient interdites à l’intérieur. Commençons donc par le vif du sujet en empruntant le chemin de la forêt des statues. Comme son nom l’indique, c’est une forêt! Mais pas de panique le chemin est super facile. Il est bordé de trente-cinq statues funéraires datant des différentes époques de la culture de San Agustín. Toutes ne sont pas dans le même état de conservation : certains stèles sont bien érodées par le temps tandis que d’autres conservent superbement leurs gravures. Nous trouvons leur design assez rigolo, on dirait des dessins d’enfants.

Les mesitas

Une mesita c’est une clairière. Il y en a trois dans le parc. Seuls les puissants et les nobles avaient le droit d’être enterrés dans ces mesitas. Là, on se rend bien plus compte du caractère funéraire du lieu avec des dizaines de tombes qui ont été excavées. Certaines possèdent encore leurs statues qui sont beaucoup plus grandes que dans le bosque. On voit qu’on avait affaire à de gens importants par ici!

Fuente de Lavapatas

Cette fontaine est un système de canaux sur des pierres gravées avec des figures humaines ou animales. On ne voit plus trop les gravures à cause de l’érosion de la pierre par l’eau. Elle date de l’époque classique (Ier au IXe siècle) et servait de lieu de rituel pour les funérailles. Ce que nous voyons aujourd’hui n’est qu’environ un tiers de toute la fontaine, le reste est resté enfoui sous la végétation.

Alto de Lavapatas

Littéralement, ça signifie le « haut de Lavapatas » et ce n’est pas un mensonge. Depuis la fontaine, il y a une bonne grimpette pour y arriver, et c’est à découvert, donc il n’y a pas beaucoup d’ombre! C’est la nécropole la plus importante du site puisque c’est ici que reposaient les rois et autres figures importantes de la région. Les statues sont y sont également les plus grandes et sont même plutôt de forme phallique.

La récompense de notre grimpette reste quand même la vue sur la cordillère centrale des Andes. Et nous avons eu du bol avec la météo avec une splendide journée ensoleillée!

Nous avons eu un véritable coup de cœur (encore un!) pour San Agustín. Nous avons particulièrement apprécié l’accès facile à la nature pour y faire quelques randonnées. Les Andes nous impressionnent toujours par leur végétation qui recouvrent les montagnes jusqu’à leur sommet même à très haute altitude. Comme nos Alpes nous paraissent grises à côté!

Nous avons quitté la ville avec pas mal de courbatures dans les jambes mais nous avons été ravis et impressionnés par tout ce que nous avons vu, que ce soit au niveau culturel, naturel et surtout aviaire. Le sud de la Colombie nous aura enchantés avec ses paysages, sa culture et sa douceur de vivre. Espérons que la suite sera aussi prometteuse!

Cuenca et Baños, culture et nature dans les Andes équatoriennes

Nous vous avons laissé à Trujillo et voici que nous vous retrouvons déjà en Equateur. Nous avons pris une petite semaine de « vacances » dans la petite station balnéaire de Máncora, au nord du Pérou, avant de nous arrêter à Tumbes, à l’extrême nord du pays afin de voir nos premières mangroves depuis bien longtemps. Le désert laisse enfin la place à une végétation un peu plus dense! Comme ça nous avait manqué!

Depuis Tumbes, il nous faut une petite demi-heure de minibus pour rejoindre la ville frontière d’Aguas Verdes.  De là, nous traversons à pied le pont sur la rivière qui fait office de frontière. D’un côté, le Pérou, de l’autre, l’Equateur, facile n’est-ce pas? Ben non, pas tant que ça car nous sommes entrés clandestinement sur le territoire équatorien vu qu’il n’y a pas de bureau d’immigration. Pour avoir un joli tampon sur notre passeport, nous devons nous rendre à trois kilomètres du centre-ville de Huaquillas (la ville frontière côté Equateur) sur la Panaméricaine au milieu de nulle part. Heureusement, il y a des collectivos (bus urbains) qui nous y emmènent. Le passage de l’immigration est une simple formalité et il n’y avait qu’une dizaine de personnes en attente. Quelle ne fut donc pas notre surprise de croiser un autre couple avec le même passeport rouge à croix blanche que nous! C’étaient deux Zurichois qui avaient embarqué leur van avec, ils ont du coup bien plus galéré que nous pour passer la frontière!

Cuenca

Depuis Huaquillas, il faut environ quatre heures de bus pour arriver à Cuenca, la troisième ville du pays. Cette fois, nous avons définitivement laissé le désert derrière nous et nous roulons à travers une végétation luxuriante et des champs de bananes, l’Equateur étant le premier exportateur mondial de cet emblématique fruit jaune. Mais nous prenons vite de l’altitude et les montagnes bien vertes de pâturages remplis de vaches nous font penser à certains paysages du Jura Vaudois ou des Préalpes fribourgeoises et ça ne nous enchante pas vraiment puisque nous cherchons de l’exotisme. Mais c’est bon signe car si ça nous ennuie encore de voir des paysages ressemblant trop à la Suisse, c’est que nous n’allons pas rentrer de sitôt!

La ville fut fondée en 1557 par Gil Ramirez Dayalos, encore un andalou, sous les ordres du vice-roi du Pérou, qui lui dépendait directement de la couronne espagnole. Le centre historique qui nous reste possède un patrimoine incroyable inscrit à l’UNESCO. Mais, pas de bol pour nous, une bonne partie du centre historique était en travaux de restauration donc la visite fut un peu restreinte. C’est dommage car le surnom de Cuenca est « l’Athènes des Andes » grâce à ses trésors architecturaux et nous aurions bien aimé le découvrir en entier.

Cuenca se situe sur un plateau qui culmine à 2350 mètres d’altitude. Et oui, fini les chaleurs tropicales (😭), ici c’est journées tempérées et nuit très fraîches surtout que les chauffages ne sont pas très monnaie courante par ici et Van la frileuse passe d’assez mauvaises nuits.

Rio Tomebamba

Le Tomebamba est la rivière qui passe à Cuenca. Ce n’est qu’un petit cours d’eau mais il nous fait rêver car son chemin va le mener tout droit en Amazonie! La municipalité a laissé ses rives à la nature et c’est sympa pour éviter le trafic de la ville qui est assez infernal à cause de tous les travaux du centre-ville. Avec l’altitude, la pollution devient pénible à supporter. Il y a même un parc naturel protégé où les habitants se promènent au milieu d’une forêt d’eucalyptus. Après les kilomètres de désert au Pérou, nous sommes trop heureux de revoir du vert et des arbres!

Notre première étape équatorienne fut assez sympa même si nous commençons à en avoir un peu assez des changements d’altitude. Une chose que nous avons particulièrement apprécié c’est que, contrairement au Pérou, nous ne nous sommes pas fait rabattre une seule fois!

Baños de Santa Agua

Nous en avons fait des trajets en bus mais celui-là restera dans les annales de nos pires cauchemars. Déjà les bus sont bien moins confortables qu’au Pérou ou qu’en Argentine, ce qui n’est pas très grave en soi mais quand tu hérites d’un chauffeur kamikaze qui confond les petites routes de montagnes avec un circuit de formule 1, tu commences à vraiment être mal barré. Heureusement, le mal des transports nous a un peu embrouillé les idées et nous ne nous sommes pas rendus compte à 100% du danger que nous courions.  Après sept heures à être ballottés dans ce danger sur roues, nous voici arrivés à Baños, super contents d’être vivants!

Le problème en Equateur, c’est que le gouvernement, sous la pression populaire, a refait toutes les routes du pays, y compris celles de montagne dans les Andes. Ce n’est pas vraiment un problème de refaire des routes mais les chauffeurs se sont retrouvé en confiance sur cette asphalte lisse et toute neuve et roulent comme des malades malgré les virages et les ravins.

Baños est une petite ville perchée à 1840 mètres d’altitude entre Andes et Amazonie, même si le climat est plutôt andin en un peu plus tempéré et un peu plus humide. En gros, en moins glacial. Elle se situe au pied du volcan Tungurahua (5023m.) que personne ne voit jamais car toujours couvert de nuages. Mais comme c’est un volcan actif et assez sympa, il donne à la ville des eaux thermales très chaudes atteignant les 52 degrés (même pour Van c’est trop chaud!) et d’excellente qualité, de quoi bien se réchauffer lors des soirées fraîches. Nous les avons testées et effectivement les bains sont un super endroit pour passer une soirée dans les bains à observer les étoiles.

Gorges de San Martin 

Juste à la sortie de la ville, à une petite vingtaine de minutes à pied du centre-ville, se trouvent les gorges de San Martin. La rivière Pastaza, qui elle aussi nous vient de ce fameux volcan Tungurahua, se fraie un chemin entre d’immenses falaises rocheuses très impressionnantes. D’ailleurs Fabien, sujet au vertige, n’a pas fait le malin sur le pont les surplombant. Nous n’avions pas été au canyon de Colca pour cause de météo, nous avons là notre lot de consolation. Un peu plus loin, un petit chemin se rend jusqu’à la cascade Inés Maria. Ce n’est pas une cascade très impressionnante, ni très haute mais l’environnement au milieu de ces blocs de pierre vaut le détour. Nous étions contents de nous retrouver à marcher en pleine nature, ça nous avait manqué et le chemin de montagne entre la végétation luxuriante nous a enchantés.

Pour les amateurs de « sensations fortes », il y a également un parc aventures avec tyrolienne dans le coin mais nous avons préféré profiter de la nature en faisant une petite randonnée.

Baños fut une étape bien sympathique, nous avons pu profiter de la nature et des bains thermaux, bien agréables après des jours de douches froides.

Pour la suite, si notre bus arrive à bon port et si un anaconda géant ne nous choisit pas comme repas, nous devrions vous donner des nouvelles depuis l’Amazonie.

 

Uyuni et son salar

La trêve de la pluie que nous avons eu la chance d’avoir à Tupiza n’aura pas duré très longtemps. Certes, nous ne sommes pas en saison sèche mais, d’après les locaux, il ne devrait quand même pas pleuvoir autant. Le trajet en bus fut d’ailleurs très épique! A cause des inondations, certaines routes ont été détruites et ce sont sur des chemins de terre de fortune que s’est déroulé une partie du trajet. Nous avons mis plus de neuf heures pour pour effectuer les 197 kilomètres depuis Tupiza pour enfin arriver à la petite ville d’Uyuni, perchée à 3700 mètres d’altitude en plein Altiplano bolivien.

Si aujourd’hui la ville d’Uyuni vit principalement du tourisme, elle doit son existence au chemin de fer qui, dès les années 1870, transportait les divers minerais de la région comme du plomb, de l’étain et même de l’or, jusqu’au Chili. Malheureusement, la Bolivie n’a jamais su concurrencer les marchés internationaux car, contrairement à ses voisins, ses minerais étaient de qualité moyenne. L’industrie minière a peu à peu été abandonnée et la ville d’Uyuni laissée à son triste sort au milieu des montagnes. La découverte récente de grandes quantité de lithium dans le salar d’Uyuni pourrait changer la donne pour les années à venir, surtout avec la demande croissante de batteries électriques. Nous sommes un peu mitigés par cette nouvelle. Certes, ce serait une manne économique indispensable pour cette région très modeste mais nous nous demandons quel impact écologique une telle entreprise pourrait avoir pour le salar et sur l’environnement alentour. Sachant que la Bolivie a une conscience écologique très limitée, nous doutons fortement que les normes environnementales soient respectées en cas d’extraction de lithium à Uyuni.

Pour témoigner de ce passé glorieux, il existe, juste en dehors de la ville, un cimetière de train ou des dizaines de locomotives à vapeur et des wagons ont été abandonnés lors de la faillite de la compagnie suite à l’arrêt de l’exploitation minière au début du XXe siècle. Avec ce paysage lunaire, le temps un peu maussade et ces vieilles machines abandonnées, nous trouvons l’ambiance est un peu macabre.

Bien sûr, l’attraction touristique principale reste le fameux Salar d’Uyuni, le plus grand désert de sel du monde et également le plus connu. Il s’étend sur près de 10’600 kilomètres carré! Il est accessible seulement en 4×4 avec des chauffeurs expérimentés. Nous en avons négocié un assez facilement en ville avec quatre autres personnes, un couple néerlandais et deux copines chiliennes, pour 20USD la journée. Avec la pluie, le salar est recouvert d’une bonne dizaine de centimètres d’eau. Heureusement, notre chauffeur a l’habitude et nous a fourni à tous une paire de bottes en caoutchouc, pas très sexy mais indispensable. Nous le trouvons bien plus beau ainsi avec cet effet miroir dont on n’arrive plus à distinguer où finit la terre et où commence le ciel.

Au milieu du Salar, se dresse un ancien hôtel complètement construit en sel qui fut à plusieurs reprises une étape d’arrivée de la course Paris-Dakar. Aujourd’hui, il ne fait plus que fonction de restaurant en journée, les autorités ayant refusé que des humains y dorment afin de ne pas trop contaminer le site. Déjà que des centaines de 4×4 bien polluants parcourent le salar toute la journée, s’il peut y avoir une petite trêve la nuit, c’est déjà pas mal.

Malheureusement, à cause des inondations de ces dernières semaines, nous n’avons pas pu rejoindre la fameuse île de Pescado. Nous avons quand même décidé d’attendre le coucher de soleil même s’il n’était loin d’être garanti vu le temps incertain. Pour passer le temps, nous sommes retournés au restaurant de sel où nous avons partagé une bonne bouteille de vin bolivien (oui, ça existe!). Le crépuscule a bien fini par arriver et vu le spectacle à couper le souffle du coucher de soleil, nous avons drôlement bien fait d’attendre!

Malgré le fait qu’il faille contracter un tour, tout ce qu’on déteste en général, la découverte du salar fut vraiment un incontournable! Tout ne s’est pas passé comme prévu à cause de la saison des pluies, mais nous trouvons le site bien plus exceptionnel avec l’eau qui fait un effet miroir incroyable, surtout au coucher du soleil! Nous avons eu de la chance de tomber sur d’autres personnes vraiment cool, ce qui nous a fait passer une magnifique journée.

Nous avons eu également une chance inouïe avec la météo! Même si le temps a été un peu mitigé tout le temps, nous sommes restés au sec. Un gros orage a commencé à éclater juste à notre retour en ville! Nous aurions peut-être dû jouer à la loterie!

Mais la chance aura été de courte durée et il se peut fortement que notre idée d’itinéraire soit complètement chamboulée pour cause de météo! Pour la faire courte, ça s’annonce vraiment mal pour la suite de notre périple en Bolivie! Nous avons déjà renoncé au Sud-Lipez et nous allons devoir également renoncer à Potosi et Sucre au vu des pluies diluviennes qu’ils annoncent pendant des jours. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, nous sommes pour l’instant bloqués à Uyuni pour cause de grève et nous réfléchissons sérieusement à rejoindre le Chili sur la côte Pacifique afin d’avoir un temps plus favorable.

Devoir renoncer à la Bolivie, c’est très frustrant car ça a l’air vraiment ouf! D’ailleurs, le peu que nous avons pu voir est déjà un véritable coup de cœur! Mais voilà, les imprévus font aussi partie du voyage et nous devons apprendre à les gérer. De toute façon, s’entêter à continuer malgré la météo ne serait pas très intéressant et ce serait même à la limite de l’irresponsabilité vu les gros risques d’inondation. Nous allons donc plancher sur un plan B et espérer quand même pouvoir rejoindre le Pérou qui est en bonne place sur notre wishlist et que nous ne voudrions pas manquer.

Quoi qu’il en soit, nous gardons tout de même un très bon souvenir de la Bolivie, de sa population et de ses paysages. Bon, pas vraiment de ses soupes de poulet mais nous aurions pu faire abstraction de cette gastronomie un peu cheloue pour pouvoir en découvrir un peu plus. Dans une prochaine vie peut-être…

Randonnées et découvertes à Tupiza : nos premiers pas en Bolivie

Voilà, notre mois passé à Salta en tant que réceptionnistes dans un hostal est déjà terminé! Nous avons des sentiments aigre-doux par rapport à ce départ. Nous étions une super équipe et c’est avec beaucoup d’émotion que nous avons dû prendre congé de toutes les personnes extraordinaires avec qui nous avons travaillé mais aussi partagé des moments de vie. En même temps, nous sommes super heureux et excités de reprendre nos backpacks et de repartir sur les routes pour la suite de notre aventure. Nous avons également très hâte de découvrir un nouveau pays.

Il nous aura fallu une nuit de bus depuis Salta pour rejoindre la frontière bolivienne et nous y avons tellement bien dormi que nous n’avons pas bronché quand nous sommes arrivés à destination! Quand nous nous sommes réveillés, le bus était déjà vide! Nous rassemblons nos affaires en vitesse, et avec le petit coup de stress, nous nous prenons les 3440 mètres d’altitude de la Quiaca, la ville frontière côté argentin, en pleine tronche à sept heures du matin! A peine réveillés et un peu désorientés, nous demandons notre chemin pour la Bolivie à deux femmes du coin qui nous proposent aimablement de les suivre avant de se raviser une minute plus tard car elles, elles passent la frontière illégalement. Mais elles prennent quand même le temps de nous indiquer le chemin du poste frontière légal.

Nous passons la douane à pied (une simple formalité) et nous nous retrouvons tout de suite dans un autre monde. A première vue, la Bolivie semble plus colorée et plus exotique que l’Argentine. Nous nous rendons à la gare de Villazon, la ville frontière côté bolivien cette fois, car nous espérons continuer notre voyage en train. Apparemment, ce n’est pas notre jour car les trains sont tous supprimés en raison de crues exceptionnelles et d’inondations. Nous nous rabattons donc sur le bus qui essaie tant bien que mal d’avancer sur des routes défoncées par la pluie afin de rejoindre notre première étape bolivienne, Tupiza.

Tupiza est une petite ville du sud bolivien, au milieu de la cordillère des Chichas qui porte le nom du peuple autochtone qui vivait dans la région avant l’arrivée des colons. Comme elle n’est perchée « qu’à » 2850 mètres d’altitude, elle constitue une étape de choix pour l’acclimatation à l’altitude. Afin d’habituer notre corps à la haute altitude, nous nous accordons une journée de repos qui constitue à déambuler dans les ruelles de la ville à la recherche de quelques vestiges de l’époque espagnole. Il y en a quelques uns mais pas énormément, les Espagnols ne firent de Tupiza qu’une petite base arrière pour aller explorer le Chili. Nous en profitons également pour faire une petite réserve de feuilles de coca au marché municipal. En général, elles se mâchent mais c’est un cauchemar pour notre dentition et nous les trouvons tellement amères que nous préférons les infuser dans de l’eau chaude à la manière d’un thé, Mais même avec cette façon de faire, c’est un remède miracle contre les symptômes du mal des montagnes.

Cordillera de Chichas

Dès le lendemain, il nous démange déjà de partir à la découverte de ces magnifiques sommets. Ça tombe bien, il est possible de partir en randonnée dans la cordillère toute proche directement depuis la ville, en autonomie, sans prendre un tour organisé et sans que ça nous coûte un centime!

Les Chichas sont une petite cordillère entourant Tupiza au nord et au sud et appartenant aux Andes Centrales, dont la caractéristique principale est la magnifique couleur rouge-grenat de sa roche. Même si nos Alpes ne sont pas aussi grises qu’elle paraissent au premier abord, nous sommes quand même hallucinés par ces montagnes qui déploient de magnifiques couleurs!

Puerta del Diablo

Culminant à 3183 mètres d’altitude, la Puerta del Diablo (porte du diable en français) est une paroi rocheuse que l’érosion à façonné durant des siècles et qui, aujourd’hui, ressemble vaguement à une porte. Nous soupçonnons fortement que la porte fut, en son temps, fermée avec une arche en pierre qui a dû s’effondrer depuis. Nous trouvons la couleur rouge foncé presque bordeaux plus impressionnante que la forme de la roche en elle-même

Canyon des Incas

Nous nous enfonçons au fond de la vallée, appelé Canyon des Incas appelé ainsi car ce serait le chemin qu’empruntaient les Incas afin d’acheminer l’argent qu’ils trouvaient dans la région. Il faut compter approximativement une bonne heure et demie de marche depuis la ville de Tupiza pour arriver au fond du canyon. Mis à part le manque d’oxygène dû à l’altitude et quelques passages un peu étroits, la randonnée n’est pas très difficile. Nous sommes restés bouche bée devant le travail de Dame Nature avec l’érosion!

En plus du paysage incroyable, deux choses nous ont surprises lors de notre promenade à plus de 3000 mètres d’altitude :

  • la chaleur : il fait facilement un bon 25-26 degrés en journée. Il faut dire que nous avons eu de la chance. La pluie a décidé de faire une trêve, il fait un temps splendide et c’est un soleil tropical qui tape. Attention aux coups de soleil et insolations! Même les nuits, bien plus fraîches, ne sont pas si froides. Et c’est Van la frileuse qui le dit! Nous nous attendions à des températures bien plus basses, même pour février!
  • la végétation : certes ce sont principalement des cactus et des arbustes épineux, de la végétation plutôt sèche, mais le paysage est encore bien vert malgré l’altitude. Nous ne sommes pas habitués à autant de verdure à cette altitude dans les Alpes où la végétation s’arrête entre 2000 et 2500 mètres d’altitude.

C’était une première petite rando idéale pour cette altitude. C’était de difficulté moyenne avec pas trop de dénivelé (environ 400 mètres). En tout, il y a environ quinze kilomètres et ça nous a pris environ trois heures aller et retour depuis Tupiza. Par contre, il faut quand même penser à télécharger une carte avant de partir, ce n’est pas super bien indiqué.

Nous avions prévu à la base de rejoindre la Bolivie en faisant le détour par San Pedro et le désert d’Atacama, au Chili, puis nous avons changé d’avis notamment pour des questions de coût. Et puis, nous avions aussi envie de quitter ces pays que nous jugeons trop « européens ».  Vu cette première étape pittoresque, nous ne regrettons aucunement notre choix.