Les pyramides mayas de Tikal

Nous ne pouvons pas passer au Guatemala sans aller visiter le site archéologique de Tikal qui est la plus grande cité de ce genre du pays mais aussi une des plus importante de tout le monde maya qui s’étend du Mexique au Honduras.

Comme nous vous l’avions mentionné dans notre dernier article, nous avons choisi comme base le petit village de El Remate sur les rives septentrionales du lac Petén Itza mais il est possible de se rendre à Tikal directement depuis Flores. C’est la même route. Nous voulions juste raccourcir un peu les trajets.

Que ce soit depuis Flores ou depuis El Remate, il y a deux façons de se rendre sur le site : en shuttle exprès pour les touristes ou en colectivo qui s’arrête partout mais qui fait plus couleur locale pour deux fois moins cher. Nous avons évidemment choisi la deuxième option même si nous avons dû faire des arrêts pour qu’untel achète des tacos, qu’un autre passe à l’épicerie du village ou encore que le chauffeur salue quelqu’un de sa connaissance! Les prix des colectivos sont de 50 quetzales (6€ ou 5,90 CHF) depuis Flores ou 25 quetzales (3 €ou 2,95 CHF). Il faut compter le double pour les shuttle.

Pour les billets d’entrée (150 quetzales pour les étrangers soit 17,90€ ou 17,80CHF), on nous avait conseillé de les prendre à l’avance à la Banrural de Flores. Nous y avons trouvé tellement de monde que nous avons préféré faire à l’arrache sur place. Attention, les guichets de Tikal ne se trouvent pas à l’entrée du site mais à l’entrée du parc national 17 km plus bas. Pas de souci, les colectivos s’y arrêtent, il y a un check point à passer de toute façon, et vous attendent. En plus, il n’y avait presque personne! A notre avis, nous avons vraiment eu raison de procéder ainsi.

Parc national de Tikal

Tikal ce n’est pas uniquement une cité maya d’envergure, c’est aussi un parc national de près de 58’000 hectares dans la jungle du Petén abritant une biodiversité incroyable. Le site archéologique ne couvre « que » 1600 hectares. Petit fun fact : c’est le tout premier site au monde à avoir été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, c’était en 1979. Donc nous avons une belle forêt humide protégée depuis 44 ans. En 1990, le site a été englobé dans la réserve de biosphère maya couvrant tout le nord du département de Petén ainsi que le sud de l’état du Tabasco au Mexique et une partie de l’ouest du Belize. Sachant que le Guatemala n’est pas le pays le plus protecteur de la nature, c’est une info qui nous redonne un peu du baume au cœur.

Une fois passé l’entrée du site archéologique, il y a un chemin qui mène directement à l’acropole centrale, point névralgique de Tikal. Nous avons préféré prendre les chemins de traverse pour éviter la foule et pour profiter de la nature luxuriante qui s’offre à nous. A part quelques oiseaux, nous n’avons pas vu beaucoup d’animaux, le site est sûrement trop fréquenté par les humains. Mais nous savons qu’ils sont là, nous les entendons bien, notamment les singes hurleurs qui portent vraiment bien leur nom!

La cité de Tikal n’a pas encore dévoilé tous ses secrets et ne les dévoilera sûrement pas. Les fouilles archéologiques ne seront pas étendues dans un souci de protection de la forêt. C’est super pour la protection de l’environnement mais c’est un peu frustrant pour les archéologues.

Mais on peut plus ou moins deviner où se trouvent d’autres temples, pyramides ou autres complexes archéologiques grâce au relief mal plat et inégal de la jungle. D’ailleurs nous non plus nous n’avons pas découvert le site en son intégralité, il est vraiment immense et nous avons également passé du temps à juste flâner dans la nature. Certaines pyramides sont recouvertes de végétation juste de moitié et se dévoilent seulement en leur sommet. C’est le cas de l’impressionnant temple des Inscriptions qui date environ du VIe siècle et qui, en sa partie postérieure, est recouverte d’inscriptions en maya, d’où son nom.

Palacio de las Acanaladuras

Nous sommes ici dans la zone résidentielle de Tikal. Ce palais qui date de l’époque dite du classique tardif (entre les ans 600 et 900 de notre ère), abrite une trentaine de chambres qui contenaient des lits encastrés dans le mur. La bâtisse était entourée de canaux , c’était le système d’eau courante de l’époque.

Le temple V

C’est, à nos yeux la structure architecturale la plus belle de tout le site de Tikal. Cette pyramide aux proportions quasi parfaites mesure 57 mètres de hauteur et daterait du VIIe siècle de notre ère selon la datation au Carbone 14 même si certains détails architecturaux pourrait laisser penser à une époque antérieure. Ce serait le monument funéraire du roi Hasaw Cha’an Kamil ou d’un de ses fils, on y a trouvé des objets d’offrandes à l’intérieur. Le temple serait dédié à Chaac, dieu de la pluie. Malgré ces théories imprécises, comme c’est souvent le cas en archéologique, nous trouvons cette pyramide vraiment stylée. C’est également ce que doit penser Chaac vu qu’il nous a généreusement arrosé de pluie ces derniers temps alors que nous sommes, selon le calendrier, en pleine saison sèche!

Acropole Centrale

Nos pas ont fini par nous emmener à l’acropole centrale qui est le cœur névralgique de la cité de Tikal. En son centre, se trouve la Gran Plaza qui est entourée d’acropoles nommées selon le point cardinal correspondant et deux superbes pyramides qui se font face. Le centre était dédié à la pelote maya. C’est un jeu où deux équipes s’affrontent avec une balle en caoutchouc, matière sacrée pour les Mayas, qui pèse trois kilos et dont le but est de mettre la balle dans le camp adverse en ne la touchant ni avec les mains, ni avec les pieds.

La pyramide avec la pente la plus raide est le temple du Grand Jaguar. Elle a été construite en 734 de notre ère et culmine à la hauteur honorable de 47 mètres. C’est le monument funéraire du roi Ah Cacao. Si monsieur a sa sépulture dans la meilleure place de la ville, c’est amplement mérité! Il a réussi l’exploit dont tout ses prédécesseurs n’osaient rêver. Il a vaincu la grande rivale Calakmul, située à une centaine de kilomètres plus au nord dans l’actuel état mexicain de Campeche. C’était le lieu de cérémonies rituelles et le temple était même considéré comme la porte pour l’au-delà. Il fut un temps où on pouvait visiter l’intérieur de la pyramide mais il y eut beaucoup de touristes, de guides et même des animaux qui y disparurent inexplicablement. Selon la légende, l’esprit de Kamil III, un autre roi de Tikal, y vit encore à l’intérieur et dévore les visiteurs inopportuns. A ce jour, personne n’a d’explications plus rationnelles à ces disparitions mystérieuses.

L’autre pyramide, plus massive mais plus petite (38 mètres de hauteur) est le temple des Masques. Elle doit son nom aux masques sculptés sur ses escaliers. La construction a été ordonnée toujours par Ah Cacao pour sa chère et tendre épouse. (Ah l’amour…) Elle a été en partie restaurée, c’est pourquoi elle a l’air mieux conservée et toute proprette. Sur la face arrière, il y a un escalier qui permet de grimper sur la pyramide afin de profiter de la vue. C’était blindé de monde et on a préféré y renoncer. On aurait dit que tous les visiteurs se soient retrouvés à cet endroit précis. Certes, c’est un vrai goulet d’étranglement mais c’est à croire que les gens viennent à Tikal juste pour grimper sur le temple, prendre un selfie et basta.

L’acropole nord

L’acropole nord date d’une période bien antérieure à celle de la Gran Plaza. (350 avant notre ère environ) C’est un lieu sacré car c’est ici que sont enterrés tous les rois et autres dirigeants qui ont régné sur la cité de Tikal pendant plus de cinq siècles. Les terrasses sur lesquelles on accède aujourd’hui pour profiter de la vue sur la place étaient dédiées au cérémonies rituelles. On y trouve encore quelques stèles avec des écrits sacrés.

Le rendu ne donne pas très bien sur la photo ci-dessous mais nous avons trouvé une petite merveille! Cette magnifique sculpture de masque en stuc est de style dit de Teotihuacan, une immense cité précolombienne près de la ville actuelle de Mexico. Malgré son éloignement, c’était l’allié le plus fiable de Tikal. C’est difficile de donner un ordre de grandeur de cette œuvre puisque nous l’avons observée depuis en haut mais il y a avait un escalier avec des marches pour géants juste à côté, nous l’estimons donc à trois bons mètres de haut.

A propos d’escaliers, il y a une chose qui nous échappe. Les Guatémaltèques, qui sont presque intégralement des descendants des Mayas, sont de taille plutôt petite. Nous doutons fort que leurs ancêtres étaient plus grands. Pourquoi construisaient-ils donc des marches si hautes? Si vous avez un élément de réponse, loufoque ou plausible, faites-le nous savoir, ça nous intéresse!

L’acropole centrale mais qui se trouve au sud

C’est ici que résidait la famille royale de Tikal. Ce complexe contient plus de quarante-cinq appartements et six patios répartis sur deux ou trois étages. Il y avait également des centres administratifs, ce qui explique, en partie, cette exagération de pièces à disposition.

Il y a également, juste au sud, un autre complexe complétant celui-ci qu’on appelle, à propos, acropole sud. Il vient d’être découvert et les fouilles ne font que commencer. On estime sa surface à 22 hectares (contre 1,5 pour l’acropole centrale) donc les archéologues ont encore du job assuré pour plusieurs années!

Le site est tellement énorme que nous n’avons pas eu le temps de tout visiter en profondeur mais nous sommes déjà subjugués par ce que nous avons vu autant par les pyramides que par la jungle environnante. Nous avons même fini par rencontrer quelques coatis vraiment mignons en quête de nourriture. C’est vrai que nous avons aperçus plus d’animaux à El Remate, moins fréquenté par des humains, que dans la jungle de Tikal, comme des oiseaux, des écureuils et même un serpent qui est venu s’introduire dans notre chambre nous causant une belle frayeur. Il s’est avéré que c’était une pauvre petite couleuvre totalement inoffensive mais on ne prend jamais trop de précautions avec ce genre de petite bebêtes.

Tikal est le quatrième site maya que nous visitons après Chichen Itza, Calakmul et Palenque mais c’est clairement le plus grand, le plus intéressant et celui que nous avons préféré, sans dénigrer les trois autres bien entendu! Plus globalement, c’est du niveau d’Angkor Wat au Cambodge ou de Bagan en Birmanie. Nous n’avons pas vraiment été dérangé par la foule, le site est vraiment espacé et nous y avons été en milieu de matinée, après tout le monde et n’avons pas suivi l’itinéraire standard. Nous nous sommes parfois même retrouvés seuls au monde!

Nous qui craignons parfois d’être blasés après toutes ces visites, sachez que ce ne fut pas du tout le cas avec Tikal et que c’est un lieu que nous vous recommandons chaudement.

Bornéo : Sandakan et la réserve de Sepilok

Malgré un trajet de 330 kilomètres en direction du sud-est, la météo n’est pas disposée à se montrer plus clémente. D’ailleurs, notre périple en bus s’est passé sous une pluie torrentielle qui n’a pas arrêté de la journée, ça ne nous était plus arrivé depuis Rio, il y a presque quinze mois! Ajoutez à cela une route complètement défoncée et un chauffeur qui se prend pour un pilote de rallye et nous avons le trio gagnant! Heureusement, nous finissons quand même par arriver à Sandakan sains et saufs, c’est le plus important même si nous sommes un peu sonnés par le mal des transports.

Sandakan est la deuxième ville de l’état de Sabah mais elle a un caractère bien plus provincial que Kota Kinabalu. Elle se situe sur la mer de Sulu, sur la côte est de Bornéo et les Philippines ne sont qu’à quelques encablures au large. Par contre, prendre la mer de ce côté est un peu dangereux à cause des pirates qui sévissent dans le coin. La ville en elle-même n’est pas extraordinaire, c’est plutôt un point de départ pour les réserves et les spots de snorkeling alentours. Il y a tout de même un front de mer assez sympa qui s’anime à la nuit tombée avec des terrasses où il fait bon s’installer pour manger ainsi que les fameux bars à karaoké typiques de l’Asie du Sud-Est.

Sandakan était, à l’instar du reste de Bornéo et d’une bonne partie de l’Asie du Sud-Est, occupée par les Japonais pendant la Seconde Guerre Mondiale. C’était un camp où étaient emprisonnés des soldats britanniques et australiens qui vivaient dans des conditions pas trop déplorables vu le contexte, sachant que les Nippons n’étaient pas des enfants de chœur à cet époque! Cependant, le lieu devint vite trop exposé à un éventuel débarquement des Alliés et les Japonais décidèrent de transférer les prisonniers à Ranau, à 220 kilomètres dans les terres, en les faisant marcher jour et nuit dans la jungle hostile. Seul six soldats australiens qui s’étaient enfuis survécurent à cette marche de la mort. Aujourd’hui, un escalier de mille marches, au milieu d’une petite forêt urbaine,  suit les premiers mètres de ce fameux périple et commémore ce sombre épisode de l’histoire.

Sepilok Rainforest Discovery Center

A Sepilok, un petit village à ving-cinq kilomètres de Sandakan, se trouve un centre de réhabilitation des orangs-outans du même genre de celui que nous avions été voir dans le Sarawak. Les heures de visites y sont très restrictives afin de ne pas trop déranger les singes. Nous saluons le geste mais nous, dans la nature, nous aimons prendre notre temps pour tout observer. C’est pourquoi nous avons choisi de visiter la réserve située juste à côté.

Le centre a une vocation éducative afin de sensibiliser la population, surtout les jeunes, à la richesse de la forêt primaire et à l’importance de la protéger. Une démarche vraiment nécessaire à nos yeux surtout quand on sait que l’état de Sabah est le premier exportateur d’huile de palme en Malaisie et que la déforestation pour la culture des palmiers à huile a déjà pris des proportions énormes. La Malaisie commence à comprendre tout gentiment la richesse de son patrimoine naturel. Elle commence à prendre quelques mesures pour la sauvegarde des forêts et de la planète, même si ça reste anecdotique. Nous avons particulièrement apprécié les panneaux explicatifs car ça nous a permis de mettre des noms sur certains animaux que nous avons pu observer.

Evidemment, la pluie est venue jouer les trouble-fêtes mais ce n’est pas très grave, nous sommes bien équipés. Et puis, la forêt sous la pluie c’est très beau, ça déploie toutes ses couleurs et ça sent super bon! Et comme il n’y a pas beaucoup de tarés prêts à marcher sous les averses, nous sommes pratiquement les seuls humains dans la réserve! Il faut juste faire attention de ne pas se casser la figure sur le sol très glissant et aux sangsues qui sont de sortie avec ce temps comme Van l’a appris à ses dépends! Mais quand ça s’arrête, les oiseaux et les papillons se réveillent et c’est une explosion de couleurs qui volette entre les arbres, magnifique!

Le lac

La réserve entoure un petit lac qui est traversé par un pont suspendu. Vu le temps tristounet, il n’est pas vraiment possible de voir à travers l’eau mais grâce aux bulles, nous savons qu’il y a des poissons ou autres bébêtes qui nagent dedans. Nous avons cependant aperçu des belles libellules rouges ou vertes ainsi que des superbes échassiers noirs dont nous n’avons aucune idée de quelle espèce il s’agit.

Le Ruddy

C’est un petit cours d’eau qui nous accompagne sur une partie du chemin qui nous permet d’apercevoir des petits batraciens, des libellules ainsi qu’un gros trucs brun qui a fait « plouf », vraisemblablement une loutre. A cause de la pluie, l’eau est bien brune, bien boueuse mais ça n’a pas l’air de déranger toute la faune qui y vit, et c’est tant mieux!

Les géants

Dans la jungle, il y a une catégorie d’arbres qui sont plus grands et plus gros que les autres. On les appelle les géants, tout simplement. Ils grimpent au dessus de la canopée afin de capter plus facilement les rayons du soleil. Certains mesurent jusqu’à 94 mètres de haut! Ils ont aussi au sol d’énormes troncs et d’impressionnantes racines. Si les racines restent hors sol, c’est parce-que la terre est tellement humide et tellement dense qu’elle ne contient pratiquement pas d’oxygène, donc il faut aller la chercher en surface.

Canopy Walkway

Le clou du spectacle c’est la promenade d’environ 360 mètres sur la canopée grâce à diverses passerelles culminant à 10 mètres au dessus du sol permettant d’observer la forêt d’en haut, de voir le sommet de certains grands arbres et d’apercevoir  d’autres espèces animales qui restent en hauteur, notamment des grands oiseaux et des singes. Il y a également trois tours d’observations perchées à 30 mètres de hauteur.

Bonus : les bébêtes

Ce ne sont pas des photos de bonne qualité car les animaux ne posent pas pour l’objectif! Ce sont juste quelques images prises sur le vif et peu représentatives de tout ce que nous avons observé, tellement c’était varié. Si vous cliquez dessus, vous pouvez les agrandir et apercevoir quelques bébêtes.

Nous avons eu vraiment de la chance de pouvoir observer une quantité d’animaux dont :

  • une multitude d’insectes, inconnus pour la plupart
  • des papillons aux couleurs somptueuses
  • des oiseaux de toutes tailles et aux couleurs chatoyantes parmi lesquels nous avons pu reconnaître un serpentaire bacha, des calaos charbonniers, des calaos à corne rouge, des tricholestes crinigers, un trogon de diard et des martins-pêcheurs.
  • un macaque à queue de cochon qui se baladait sur les barrières des passerelles.
  • deux nasiques, les fameux singes endémiques au nez proéminent, mais de loin
  • deux phacochères comme Pumba dans Le Roi Lion
  • un écureuil à oreilles, endémique de Bornéo et, paraît-il, difficile à observer
  • un python malais mais ne vous inquiétez pas! Il dormait profondément dans une racine d’un géant et nous avons bien pris soin de ne pas le réveiller et puis les pythons ne sont pas venimeux.

Van s’est prise une petite sangsue sur le mollet. Ça paraît affreux dit comme ça mais en vérité elle ne l’a même pas sentie. Elle a juste vu comme une sorte de petit ver enroulé sur sa peau. C’est quand elle a essayé de l’enlever alors que la petite bébête s’accrochait fermement qu’elle a compris que c’était une sangsue. Au niveau de la plaie, c’était juste un petit point rouge de rien du tout, indolore, qui a cicatrisé très vite. Il paraît que ces bestioles nous injectent un produit pour fluidifier le sang et qui est encore parfois utilisé en médecine pour stimuler la circulation sanguine. Donc voilé, nous avons testé pour vous la sangsue et ce n’est de loin pas le pire truc qui nous est arrivé lors de ce voyage!

Nous sommes revenus de ces trails trempés, fatigués et bien crades mais vraiment heureux! C’est clairement la plus belle forêt que nous n’ayons jamais vu! Nous en revenons avec des étoiles plein les yeux tellement nous avons découvert une faune et une flore incroyables!

Malheureusement, l’aventure à Sabah s’arrête déjà ici pour cause de mauvaise météo.  Il resterait encore pas mal de trésors à découvrir, notamment les fonds marins mais avec la grisaille et la pluie, c’est inenvisageable. Nous allons retourner sur le continent plus tôt que prévu, la mort dans l’âme car cette partie de Bornéo vaut vraiment le détour. Ce sont des choses qui arrivent et ça fait partie du jeu et, en presque quinze mois de voyage, ce n’est que la deuxième fois que nous changeons nos plans pour des raisons météorologiques. La première fois c’était en Bolivie en février 2018, il y a presque une année. Et sous des latitudes aussi proches que l’Equateur, il y a de fortes chances que ce soit bien arrosé même si officiellement, c’est la « saison sèche ».

Randonnées au Penang National Park

En étudiant la carte de Penang, nous sommes tombés sur une grosse partie verte au nord-ouest de l’île nommée Penang National Park. Il ne nous en a pas fallu plus pour nous motiver! Surtout que le parc est super accessible en transports publics depuis la ville de Georgetown et l’entrée est gratuite! Nous avons donc posé nos sacs à Batu Ferringi, petit village pas très glamour mais relativement proche du parc, avec plein de stands de bouffe (un must!), calme et loin de la frénésie de Georgetown. Il y a même une plage assez calme où l’eau a une température agréable pour la baignade.

Teluk Bahang

A dix minutes de bus de Batu Ferringhi, ou une demi-heure depuis le centre de Georgetown, se trouve Teluk Bahang. C’est juste un petit village de pêcheurs où le temps s’est un peu arrêté mais c’est le point d’entrée du parc national. Avec ses 25 hectares, le Penang National Park est le plus petit parc national de Malaisie mais ça ne l’empêche pas d’être incroyable. A l’entrée, c’est l’organisation à l’américaine (ce n’est pas un reproche, bien au contraire!) avec des rangers qui t’obligent à t’enregistrer pour des raisons de sécurité. Malgré sa taille modeste, le parc abrite plus de 143 espèces d’animaux ainsi que 417 espèces de plantes dont certaines sont endémiques de l’île.

Penang National Park

Au début, nous sommes un peu déçus. Ça ne ressemble pas vraiment à un parc national mais plutôt à une promenade de santé avec un chemin pavé pour touristes chinois en tongs avec des ventilateurs portatifs. Ce n’est pas bien de se moquer mais les Chinois se baladent vraiment comme ça! Nous en prenons quand même plein les yeux en longeant la superbe plage tropicale qui s’étire le long du chemin.

Malgré l’aménagement du lieu et la proximité du village, nous apercevons déjà nos premiers macaques ainsi que des varans qui attendent impatiemment le retour des pêcheurs afin de récupérer quelques restes de la pêche du jour.

Heureusement, la promenade de santé ne dure pas plus que quelques centaines de mètres et, après avoir traversé un joli pont suspendu, nous nous enfonçons gentiment dans la jungle, sur un vrai sentier de forêt, accompagnés de fourmis géantes, d’oiseaux, de papillons énormes et multicolores ainsi que de  libellules tout aussi colorées. Les animaux sont plus difficilement observables mais grâce à leur chant, à leur cri et aux craquements des branches, nous savons qu’ils sont là. Nous sommes toujours impressionnés par la végétation luxuriante de la forêt tropicale. Il en faudra beaucoup pour nous blaser! Le chemin est bien entretenu mais il faut quand même bien faire attention aux racines et, à certains endroits, les cordes sont bienvenues. Mais c’est dans ces conditions que nous préférons effectuer nos randonnées.

Meromictic Lake

Le terme méromictique signifie pour un lac que le mélange des eaux de surface avec les eaux profondes se produit moins d’une fois par an. Là, en saison sèche, le lac est presque totalement asséché, juste un filet d’eau coule gentiment jusqu’à la mer. Il est donc difficile pour l’eau de se mélanger! Mais c’est totalement normal, le lac est dit saisonnier et est alimenté principalement par la mousson. Il n’y a que trois lacs de ce genre en Asie, les deux autres se trouvent dans les Iles Sulawesi, en Indonésie ainsi qu’au Bangladesh.

Kerachut Beach

Après plus de deux heures de marche dans la jungle, juste après le lac méromictique, voici notre récompense : une superbe plage sauvage de sable fin et de mer turquoise! Le paradis! Mais qu’on ne s’y trompe pas! La baignade est loin d’être aussi idyllique : il y a de forts courants sous marins et des méduses venimeuses envahissent les lieux! Nous n’avons même pas essayé d’y tremper un orteil même si ce n’était pas l’envie qui nous manquait. En saison, ce qui n’est pas le cas ici, il est possible d’apercevoir des tortues qui viennent pondre leurs œufs sur la plage.

Comme cette balade nous a enchantés, nous décidons de prolonger notre séjour à Batu Ferringi et de revenir dans le parc afin de d’en découvrir une autre partie. La marche est, cette fois, un peu plus courte car une partie du trail est fermée pour maintenance. Par contre, la randonnée est beaucoup plus pittoresque car le chemin suit la mer ainsi que de superbes plages. Les branches ont craqué sur nos têtes presque tout le long de notre promenade. Il faut croire que toute la communauté de macaques du coin ont décidé de nous honorer de leur présence.

Teluk Aling

Après quand même une bonne heure de marche, voici notre récompense du jour! Encore une magnifique plage sauvage surplombée par la végétation luxuriante de la forêt tropicale où quelques singes et varans se baladent en toute quiétude.  Nous n’avons pas pu aller plus loin à cause de la fermeture du chemin mais nous sommes déjà super heureux de tout ce que nous avons pu découvrir jusqu’ici, surtout que les animaux se sont bien montrés par ici.

Canopy Walkway

Nous nous enfonçons un peu dans la jungle car notre but est de découvrir la canopée. Mais un bon gros orage a passé par là, des arbres sont tombés et la passerelle est impraticable. Tant pis, nous observerons la faune depuis en bas!  Elle ne nous laisse pas sur notre faim : multitudes d’oiseaux et de papillons,  insectes souvent non identifiés, varans dont certains dévorent des crabes plus grands qu’eux, toutes sortes de lézards ainsi que des singes qui profitent de l’absence d’humains pour s’amuser avec ce qui reste de la passerelle. Ici, la végétation est bien plus dense que sur le littoral et, comme il n’y a pas le bruit des vagues à proximité, nous redécouvrons les sons de la forêt.

Encore une fois, la Malaisie nous a prouvé que ses parcs nationaux valent vraiment la peine d’être découverts. Malgré que la totalité du parc ne soit pas ouverte pour différentes raisons, notamment un manque d’entretien que nous déplorons, nous nous en sommes pris encore plein les yeux que ce soit au niveau des paysages, de la faune ou de la flore! Penang ne vaut pas les forêts de Bornéo mais c’est déjà un bon point de départ pour une petite incursion dans la jungle.

Kuching et le Kubah National Park, nos premiers pas sur Bornéo

Le retour de Singapour à Kuala Lumpur ne s’est pas fait plus facilement qu’à l’aller, il nous a fallu attendre deux jours un train de libre dans la ville frontière de Johor Bahru, lieu sans intérêt sauf pour les Singapouriens au fort pouvoir d’achat venant faire leurs courses à prix cassés en Malaisie. Nous avons décidé de rejoindre directement Kuala Lumpur sans trop tarder car, vu la difficulté à obtenir des places dans les transports, nous ne voulions pas rater notre vol pour l’île de Bornéo. Nous avons donc passé deux jours dans la capitale malaisienne. Evidemment, il y aura un article sur la capitale malaisienne mais comme nous savons que nous devrons y retourner ultérieurement, nous vous le soumettrons à ce moment-là.

Le Sarawak étant un état semi-autonome, il nous faut passer l’immigration à l’aéroport même si nous venons de la Malaisie péninsulaire. Nous avons donc un tampon de plus sur notre passeport, par contre, le nombre de jours déjà effectué en Malaisie est déduit de l’autorisation de séjour du Sarawak, allez comprendre!

Nous posons nos sacs dans la ville de Kuching, la capitale de l’état du Sarawak et point de départ de nombreux parcs nationaux, les attraits principaux de Bornéo. La ville a été fondée par l’Anglais James Brooke dont nous pouvons encore apercevoir quelques bâtisses coloniales. Sinon la ville est construite de façon anarchique, comme beaucoup de villes en Asie.

L’ambiance est beaucoup plus zen que sur la péninsule qui est déjà très chill à la base. Imaginez donc le niveau de zénitude de Kuching! C’est également moins musulman. Nous pouvons donc ressortir nos shorts et autres tenues plus légères. A l’instar du reste de la Malaisie, Kuching est très multiculturelle avec ses mosquées, ses temples chinois, ses temples sikhs, ou encore ses églises.

La rivière Sarawak

C’est le fleuve qui traverse Kuching et c’est l’endroit le plus sympa de la ville pour flâner grâce à sa longue  promenade entièrement piétonne et sa passerelle futuriste qui permet de rejoindre l’autre rive.

Le bâtiment de l’assemblée législative du Sarawak

Ouvert en 2009, et comme son nom l’indique, c’est le bâtiment où siège l’Assemblée législative du Sarawak. C’est là-dedans qu’on débat et qu’on vote des lois. Pour info, la Malaisie est un état fédéral, comme les Etats-Unis, donc chaque état vote ses propres lois et se gère plus ou moins lui-même. C’est l’emblème de la ville de Kuching avec son architecture moderne mais traditionnelle en même temps. Situé sur un petit promontoire en bord de la rivière Sarawak avec son toit culminant à 114 mètres de hauteur, il se voit depuis n’importe quel quartier de la ville.

Orchid Garden

Il y a une plante qui s’épanouit pleinement dans ce climat équatorial, très chaud et très humide : c’est l’orchidée., une de nos fleurs préférées. La ville de Kuching lui a dédié un jardin. Nous étions censés nous acquitter d’un droit d’entrée, mais les réceptionnistes étaient profondément endormis et nous n’avons pas osé les déranger.

Indian Lane

C’est l’ancien quartier indien de la ville maintenant colonisé par les Chinois. Enfin, ce ne sont plus vraiment des Chinois, ce sont des Hokkiens. Leurs ancêtres étaient originaires du sud de la Chine ou de Hong Kong et ont été amenés en Malaisie par les colons Anglais car ils manquaient de main d’oeuvre. Aujourd’hui, ce sont des Malaisiens comme les autres.

Indian Lane est une petite rue piétonne bordée par d’anciennes maisons colorées.

Nous sommes restés tranquilles à Kuching un peu plus longtemps que prévu car Fab a chopé une bonne crève bien carabinée à cause de l’air conditionné! Rassurez-vous, ça n’a pas duré bien longtemps et, très vite, il s’est remis sur pied prêt à découvrir les trésors naturels de Bornéo!

Kubah National Park

Nous avons choisi le Kubah National Park parce que c’est le plus facile d’accès depuis Kuching. Il se situe à vingt-deux kilomètres du centre ville et peut se rejoindre en bus même si nous avons galéré à en trouver un.

Semenggoh Nature Reserve

Semenggoh est un programme de réhabilitation des orangs-outans, donc c’était un endroit où nous étions susceptibles de les rencontrer. Le centre n’est ouvert qu’une heure le matin et une heure l’après-midi, lors du nourrissage, afin de laisser les animaux tranquilles le plus longtemps possible. Le centre recueille des orangs-outans blessés, les nourrit et les réintroduit à la vie sauvage, tout ça dans une forêt protégée, habitat naturel des singes. Si l’explication des soigneurs était très intéressante, nous n’avons malheureusement pas aperçu les orangs-outans, la pluie s’étant invitée. De plus, en cette saison, la forêt regorge de fruits, les animaux préfèrent donc se nourrir par eux-mêmes. Si nous ne sommes pas déçus de ne pas avoir aperçu les singes, nous sommes conscients que c’est la nature qui décide, nous déplorons le fait d’être stressés par les horaires d’ouverture restreints et de ne pas pouvoir observer la forêt à notre rythme. Mais nous n’allons pas critiquer une institution qui, une une fois n’est pas coutume, préfère s’occuper du bien-être des animaux plutôt que celui des touristes.

Kubah National Park

Nous avons eu une sacrée chance avec la météo avec une journée entièrement bien ensoleillée ce qui est très rare sous des latitudes si basses. Nous n’avons par contre pas été aussi chanceux avec les transports publics, le service de bus qui assurait la liaison depuis Kuching a tout simplement été supprimé définitivement. Nous avons fini par négocier un minibus pour nous rendre à l’entrée du parc.

Le début est assez monotone, c’est une petite route goudronnée qui monte sur environ un kilomètre et demi et qui donne accès aux différents trails. Il y a six chemins de randonnée en tout, de difficulté et de durée différentes, qui sont très bien balisés.

L’étang aux grenouilles

C’est ici que les grenouilles viennent pondre leurs œufs. Nous y avons plutôt aperçu des libellules bleues ou rouges mais il y a vraiment des crapauds, nous les avons entendu conter fleurette à leur belle. Plus loin dans le parc, nous avons aperçu une espèce de grenouille croisée avec un lézard, autant à l’aise sur terre que dans l’eau.

Waterfall Trail

Nous avons choisi ce trail juste pour la récompense à la fin. (une cascade pour ceux qui ne parlent pas anglais.) Nous entrons cette fois vraiment dans la forêt où nous devons enjamber d’immenses racines et passer sur des passerelles en bois qui ont fait leur temps et qui nous paraissent bien branlantes. Mais elles ont tenu le coup!

Kubah est reconnu pour sa flore plutôt que pour sa faune. En effet, nous n’avons pas aperçu beaucoup d’animaux : quelques papillons, des oiseaux, des lézards, des libellules, des fourmis géantes et autres insectes bizarroïdes. Il faut dire que certains touristes indélicats et bruyants, avec des tongs aux pieds et un ventilateur portatif, n’ont pas vraiment compris le concept d’observation de la nature et se croient dans une discothèque, effrayant ainsi la faune sauvage. Nous avons entendu des macaques et un chat sauvage (du moins un animal poussant de gros miaulements graves).

Par contre la flore est incroyable et variée. Il est pratiquement impossible d’apercevoir la canopée tant la forêt et dense et les arbres gigantesques.

La cascade

Après un peu plus d’un kilomètre et demi dans la jungle, nous voici finalement à la cascade. Rien d’extraordinaire comparé à Iguazu ou Chiflon (Oh les blasés!). Franchement, le chemin dans la forêt vaut mille fois plus le coup que cette petite chute d’eau. Il faut préciser que c’est la fin de la saison sèche et les cours d’eau ont un débit très faible.

Pour le retour, nous avons trouvé un itinéraire bis dans la forêt, qui nous a fait faire un détour de presque deux kilomètres mais qui nous a permis d’éviter la route goudronnée et les autres humains! En vrai, nous n’avons rien contre les êtres humains mais ce jour-là, nous avons dû tomber sur les pires d’entre eux. Nous les avions trouvés particulièrement irrespectueux. Le parc est sûrement trop accessible. Donc sur ce coup-là, nous avons été bien contents de nous éloigner un peu de la « civilisation ».

Nous avons enfin entamé les choses sérieuses sur Bornéo et sommes ravis de nous retrouver en pleine nature.

Pour la suite, nous avons un sacré choix mais pour nous y rendre, c’est la croix et la bannière, les transports publics étant limités, voire inexistants (nous avons dû rentrer en stop depuis le Kubah National Park!). Mais comme nous avons plus d’un tour dans notre sac, nous allons bien nous débrouiller pour découvrir encore d’autres merveilles!

Les ruines mayas de Palenque dans la magnifique jungle du Chiapas

Nous avons enfin réussi à atteindre notre but! Souvenez-vous : nous étions censés avoir un bus direct pour nous emmener à Palenque depuis Campeche. Mais le bus en question était complet pour plusieurs jours et nous avons dû effectuer un itinéraire bis via Ciudad del Carmen et San Cristóbal de las Casas. Nous ne sommes pas mécontents d’avoir découvert quelques trésors en plus du Golfe du Mexique et du Chiapas mais nous commençons vraiment à trépigner d’aller enfin explorer les pyramides mayas de Palenque. Nous espérons juste que tout ce détour en ait valu la peine!

Palenque est une cité maya impressionnante située dans le sud du Chiapas. Elle a été abandonnée bien avant l’arrivée des conquistadors (XVe siècle), ce qui explique le bon état de conservation du site ainsi que la végétation luxuriante qui entoure les monuments.

Le Palais

C’est le plus grand édifice de Palenque. Les archéologues n’arrivent pas à se mettre d’accord si le bâtiment était à vocation résidentielle ou administrative. Nous pouvons accéder à la galerie qui fait le tour du Palais, d’où nous avons une superbe vue sur les pyramides environnantes. L’édifice possède également une tour qui servait très probablement d’observatoire.

Le Temple des Inscriptions

C’est le bâtiment phare du site de Palenque. C’est une pyramide haute de vingt mètres qui était le monument funéraire du roi K’inich Janaab’Pakal I. Vu sa fragilité, nous ne pouvons accéder qu’à l’ancienne crypte. A déconseiller aux claustrophobes!

Groupe  de la croix

C’est une place où se trouve le Temple de la Croix, le Temple du Soleil et le Temple de la Croix Feuillue. Ces trois temples ont été consacrés le même jour. Ces trois divinités forment une triade sacrée faisant de la place, le lieu spirituel de l’ancienne ville de Palenque. L’accès au pyramides nous permet d’admirer la vue sur le Palais.

La forêt des Temples

Un peu plus au nord de la place de la Croix, en s’enfonçant un petit peu dans la jungle, se trouve un groupe de temples. Les archéologues, ne pouvant spécifier précisément à quelle divinité étaient consacrés les différents temples, se contentèrent de leur attribuer un numéro. Nous n’en saurons donc pas plus. Par contre, une chose dont nous sommes certains, c’est que vu la hauteur des marches, les Mayas étaient des gens de grande taille! Nous avons fait notre sport rien qu’en montant les escaliers! Surtout Van et sa petite taille!

Terrain de jeu de pelote maya

Ici se trouvent les ruines d’un terrain de jeu de pelote maya. Le but était de mettre une balle dans un anneau situé à trois mètres de hauteur sans utiliser ni les mains ni les pieds.  A la fin de la partie, l’équipe gagnante était offerte en sacrifice aux différents dieux mayas. Finalement, miser tout son salaire au poker n’est pas si grisant que ça en comparaison. Ca paraît fou et inhumain à notre époque mais avoir l’honneur de servir de sacrifice aux dieux était un véritable privilège pour les Mayas.

Le Temple du Comte

Il est nommé ainsi car c’est ici que séjournait le comte Jean-Frédéric Waldeck, un personnage français un peu fantaisiste du XIXe siècle qui s’était installé ici pour dessiner et peindre les pyramides mayas. C’est un des édifices les mieux conservés de Palenque mais, à nos yeux, pas le plus impressionnant.

Le quartier des chauves-souris

A l’écart des principaux édifices du site, se trouve le quartier des chauves-souris, construit à la dernière époque de Palenque. Il faisait office de nouveau quartier. Le coin vaut le détour non pas pour les ruines, mais pour la jungle environnante.

La jungle

L’un des gros atouts de Palenque, c’est sa nature de jungle sauvage. Les archéologues ont mis à jour moins de dix pour cent de la totalité du site, le reste étant enfoui sous des tonnes de végétation. Une situation qui ne devrait pas changer à l’avenir car le gouvernement mexicain a créé un parc national dans le but de préserver la forêt. C’est con pour les archéologues mais c’est bien pour la nature, surtout que, en général,  le Mexique a tendance à être un désastre écologique!

Sentier Motiepà

En dehors du site archéologique mais à l’intérieur du parc national de Palenque se trouve le sentier Motiepà. En tant qu’amoureux de la forêt tropicale, nous n’allions pas manquer ça! C’est une jolie immersion en pleine nature où nous étions accompagnés d’oiseaux et de papillons multicolores. C’est un sentier de forêt donc sachez que c’est plus difficile que le chemin pour les pyramides.

Nous ne regrettons pas une seconde d’avoir traversé tout le sud du Mexique pour arriver à Palenque. Nous nous attendions à quelque-chose de beaucoup plus touristique (Merci la saison des pluies!) et de beaucoup plus cher! Nous avons été impressionnés par la nature sauvage environnante. Si vous passez un jour par le Mexique, c’est un endroit que nous vous recommandons chaudement!

Vallée du Rio Bascan

Vu qu’il nous restait une journée au Chiapas, notre but était de nous rendre à Agua Azul mais notre hôte nous l’a déconseillé : c’est cher et super touristique. En plus, le tremblement de terre de septembre 2017 a tassé la majorité des cascades. A la place, il nous parle de la vallée du Rio Bascan, plus modeste mais beaucoup moins touristique, bon marché et facile d’accès, même s’il faut se farcir des chauffeurs un peu fous à l’arrière d’un pick-up!

La promenade commence dans une jungle luxuriante où nous sommes accompagnés par des libellules, des papillons, des oiseaux et des lézards, tous plus beaux les uns que les autres avec leurs magnifiques couleurs!

Rio Bascan

C’est une rivière qui traverse le nord du Chiapas et qui a la particularité d’avoir une eau très claire. Nous avons été très impressionnés car, la veille, un gros orage a éclaté. Nous nous attendions à trouver de l’eau bien boueuse. Que nenni! L’eau est restée propre est transparente pour notre plus grand bonheur!

Les cascades

Ce sont les cascades qui donnent le vrai intérêt à la balade! Certes ce n’est pas Niagara, Iguazu, ou encore celles de Chiflon plus à l’ouest, mais c’est vraiment joli. L’eau est vraiment très claire et les formations karstiques valent vraiment le détour.

C’est sur ces superbes images que nous prenons congé du Chiapas, à nos yeux le plus bel état du Mexique! A part le petit bémol de San Cristóbal de las Casas beaucoup trop touristique à notre goût, ce état du sud nous aura enchanté avec sa culture, ses sites archéologiques, son chocolat et sa nature exubérante.

Le Chiapas est un état immense et nous savons que nous n’avons découvert qu’une infime partie mais le temps commence à filer et nous devons songer à partir si nous voulons prendre notre vol qui traversera le Pacifique pour nous emmener en Asie.