Cartagena de Indias, d’un passé glorieux à un présent plein de contrastes

Bien que nous soyons déjà dans le bon département, nous avons quand même dû partir aux aurores depuis Santa Cruz de Mompox pour arriver à des heures décentes à Cartagena. Malgré une route plate aux milieu des marais du Rio Magdalena, le trajet nous a quand même pris presque sept heures! Une fois arrivés au terminal de bus, assez pourri pour une ville de cette ampleur, nous ne sommes pas au bout de nos peines. Le centre-ville se trouve à quinze kilomètres de là. Il y a des bus urbains mais nous avons choisi la solution de facilité en contractant un Uber. Ça nous a quand même pris encore une heure pour arriver à notre logement à cause du trafic infernal mais nous sommes super contents d’être enfin d’arrivés au bord de la mer.

Casco Antiguo

La baie de Cartagena fut découverte en 1502 par le sévillan Rodrigo de Bastidas mais c’est le cartographe Juan de la Cosa qui proposa directement à la reine Isabel de nommer la baie ainsi car elle ressemble à celle de Cartagena en Espagne, près de Murcia. Sachant que cette dernière tire son nom de Carthage, la ville antique près de l’actuelle Tunis, imaginez un peu toute l’histoire qu’il y a derrière! Et devinez les deux villes qui se trouvent sur notre liste à idées du coup!

La ville en tant que telle à été fondée en 1533 par le madrilène Pedro de Herrera avec l’aide de compatriotes d’Andalousie et d’Extrémadure. Ça explique pourquoi nous avons eu parfois l’impression d’être revenus dans notre chère ville ou bien à Cádiz! Durant l’époque coloniale, Cartagena était le plus grand port de toute l’Amérique Espagnole et le plus prospère avec sa voisine panaméenne de Portobelo. C’était le point de départ principal des navires transportant toutes les richesses spoliées à destination de la couronne de Castille via les ports de Séville et de Cádiz.

Evidemment, tant de succès et de prospérité attire les convoitises! En 1741 débarquèrent les Anglais prêts à assiéger la ville mais ont vite dû se replier en Jamaïque à cause de la défense espagnole et surtout à cause d’une épidémie de fièvre jaune qui leur fit perdre une bonne partie de leurs effectifs.

Les fortifications

Mettre les Anglais en déroute c’est bien, mais il faut se prémunir d’autres attaques qui ne vont pas tarder à arriver. C’est pourquoi tout un système défensif a été construit au XVIIIe siècle pour protéger la ville. Et ce fut un succès! Francis Drake himself s’y est cassé les dents, les pirates aussi, de même que les Français! Les seuls à avoir eu raison des Espagnols, ce sont les indépendantistes. Ils proclamèrent une première fois l’Indépendance le 11 novembre 1811 mais perdirent les combats en 1815 après une guerre sanglante. Finalement, en 1821, Cartagena, comme le reste de la Grande Colombie, obtint enfin son indépendance après un siège éprouvant et une quasi destruction de la ville.

Aujourd’hui, on peut se promener sur une partie des remparts qui ont été superbement restaurés. La ressemblance est d’ailleurs troublante avec les forteresses de Portobelo. Normal! Elles datent de la même époque et ont été construites dans le même contexte historique! Il faut juste y faire attention au soleil car le chemin est à découvert et, avec l’agréable brise marine qui souffle, on ne se rend pas forcément compte que ça cogne fort.

Plaza de la Paz / Torre del Reloj

C’est le point d’entrée au centre historique. La porte d’accès est flanquée d’une magnifique tour de l’horloge datant du XVIIIe siècle qui peut faire un bon point de repère si vous êtes perdus dans le labyrinthe de ruelles. De l’autre côté de la porte, se trouve la magnifique Plaza de los Coches de forme triangulaire avec une statue de Pedro de Herrera, le fondateur de la ville, en son centre. Si vous passez par là en décembre, n’oubliez pas votre lettre au Père Noël car la boîte aux lettres pour le Pôle Nord se trouve sur la place.

Les ruelles du centre historique

Le centre historique ainsi que tout le système de fortifications sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est amplement mérité car c’est juste exceptionnel mais ça attire beaucoup (trop) de monde! En plus, le centre n’est pas du tout piéton. Entre tous les touristes et les voitures qui essaient de passer dans les rues étroites, c’est un peu le bordel. C’est le premier endroit en Colombie, après deux mois de voyage dans le pays, que nous avons vu transformé en « Gringoland » avec ses énormes échoppes de babioles « Made in China », ses restaurants de burgers aseptisés et ses Boutique Hotels. Mais il faut reconnaître que ça en jette! Nous sommes juste un peu étonnés par la hauteur de certains bâtiments. En général, les villes coloniales possèdent de petites maisons de plein pied ou éventuellement avec un deuxième étage. Là, certaines en possèdent trois voire quatre! Nous supposons que c’était un signe de richesse puisque c’était une des villes les plus prospères du royaume. Du coup, la ville ressemble plus à Séville qu’à d’autres villes similaires comme Campeche ou Panama.

Catedral de Santa Catalina de Alejandria

Là aussi ça ressemble plus à un couvent qu’on pourrait trouver en Espagne qu’à une cathédrale latino-américaine. Elle a d’ailleurs été construite, en 1577. sur le modèle de l’Escurial, un grand monastère près de Madrid. Elle se trouve sur la plaza de la Proclamación bordée par un superbe cabildo de couleur jaune. Sa façade principale jaune et rouge est magnifique mais un peu coincée dans une petite ruelle. A notre passage, elle était ouverte pour une messe. Nous nous sommes faufilés dans un groupe d’Américains pour y prendre furtivement une photo même si nous nous sommes assez vite fait grillés!

Plaza de la Aduana

C’est la plus grande et la plus ancienne place de Cartagena. Elle s’appelle ainsi car elle est bordée par le bâtiment de la douane. Donc, si vous débarquez en bateau en Colombie via le port de Cartagena, c’est dans le superbe bâtiment blanc aux arcades qui ressemble à la Plaza Chica de Zafra que vous devrez aller faire timbrer votre passeport. Il y a même une statue de Christophe Colomb qui trône encore sur la place même si en ce mois de décembre, elle est éclipsée par les décorations de Noël. Il faut croire qu’ici on n’en veut pas trop à l’explorateur d’avoir débarqué et entamé le processus infernal de colonisation.

Castillo San Felipe de Barajas

Pour aller au château, il faut sortir du centre historique et prendre le pont qui traverse la lagune. Mais c’est impossible de le louper tellement il est massif! Il fut construit en 1540 sur une petite colline (cerro San Lázaro) qui domine stratégiquement la ville de quarante mètres. Mais c’est surtout au XVIIIe siècle, après diverses tentatives d’attaques de la part des Anglais, qu’il prit cette forme de mastodonte impénétrable. Il est possible d’y effectuer une visite pour 30’000 pesos (6,60€ / 6,15 CHF) mais nous y avons renoncé à cause de la chaleur. Le site est en plein cagnard et le soleil cogne vraiment fort. Et puis, pour être honnêtes, nous le trouvons moche ce château même si nous savons pertinemment qu’il a été construit uniquement dans un but défensif et pas esthétique.

Getsemani

Rome a son Trastevere, Séville a son Triana, Cartagena a son Getsemani! C’est le quartier le plus cool de Cartagena. Il est situé en dehors des remparts de l’autre côté du Parque del Centenario. Pendant l’époque coloniale, c’était l’endroit ou on parquait les esclaves récemment arrivés d’Afrique. Cette ghettoïsation de la population noire et asservie leur a permis de s’organiser et se mettre ensemble pour réclamer leur affranchissement. La population de Getsemani a d’ailleurs joué un rôle super important dans les insurrections de 1811 pour l’indépendance.

Aujourd’hui, l’ambiance caribéenne est beaucoup plus présente que dans le centre historique aseptisé. Mais, il ne faut pas se leurrer, le quartier est en cours de gentrification et le tourisme commence à avoir raison de son authenticité. Nous avons tout de même bien aimé le côté un peu plus défraîchi, moins propret et les peintures murales dont certaines sont de véritables œuvres d’art. C’est également le coin pour profiter des terrasses dans la relative fraîcheur du soir.

Bocagrande

C’est le nouveau quartier de gratte-ciels qui ressemble à Miami en beaucoup plus bling-bling (oui, c’est possible!) On nous avait dit qu’il fallait y aller pour la plage. Au risque de paraître vraiment blasés, elle n’est pas terrible cette plage. Outre des alignées moches de parasols qu’on loue à prix d’or, le sable est grisâtre, l’eau aussi à cause de la lagune toute proche et les courants sont forts. Pour une ambiance similaire, autant aller à Cancún. La bouffe y est meilleure et la plage vraiment plus belle!

Convento de la Popa

Nous avons quand même trouvé de quoi effectuer notre grimpette du jour! En vrai, nous avons triché et nous avons pris un Uber car le soleil cognait vraiment trop fort et le sommet se trouve quand même à sept kilomètres du centre historique. Mais nous sommes redescendus à pieds en suivant le chemin de croix à l’envers du coup!

Le couvent de la Popa fut construit entre 1607 et 1612 après que la Vierge ait apparu à un religieux du coin lui ordonnant d’ériger un lieu de culte sur le cerro de la Popa. Il fut la cible de convoitises notamment de la part des pirates car, à cause de sa situation dominant la ville, l’édifice semblait une forteresse qu’il fallait à tout prix aller conquérir. Mais Cartagena ayant un système de défense quasi infaillible, la colline ne fut jamais prise. C’est à l’indépendance que ça se corse. Simón Bolivar, le héros de l’indépendance, en fit son quartier général durant la guerre, ce qui obligea les moines a quitter les lieux. Le bâtiment fut transformé en prison et en arsenal militaire. Ce n’est qu’en 1961 que le couvent alors en état de ruines, fut rétrocédé aux moines Augustins qui le restaurèrent et en firent un petit musée religieux. Il se visite encore aujourd’hui pour 14’000 pesos (3,05€ ou 2,90 CHF).

Nous avons été subjugués par le cloître, un superbe patio intérieur avec deux étages d’arcades que ne renierait pas n’importe quel bâtiment andalou de ce genre!

Vous vous doutez bien que si nous sommes montés jusque là, c’est que nous avions une idée derrière la tête! Bien vu! Nous avons profité de la situation pour admirer la superbe vue sur Cartagena, la lagune, l’île de Tierra Bomba, le port, les gratte-ciels de Bocagrande et sur le Castillo San Felipe Barajas. Le centre historique est un peu loin même si on devine quand même la coupole de la cathédrale. Les gratte-ciels dans la baie ont un petit air de Hong Kong, la brume en moins. Vous ne trouvez pas?

Mignonnerie du jour

Pour nous rendre au centre historique de Getsemani où nous logeons, nous avons pour habitude de traverser le Parque del Centenario juste pour pouvoir profiter de l’ombre bienvenue que nous offrent les arbres. Quelle ne fut pas notre surprise de voir, dans une ville aussi animée et bruyante, quelques spécimens de faune locale. Il y a, évidemment, les éternels iguanes peu farouches mais aussi quelques singes Titis bien trop vifs pour notre objectif photographique. Mais le must du must, c’est que nous avons aperçu des paresseux! Ces petites bêtes trop mignonnes qui profitent d’une « slow life » sur les branches des arbres.

A gauche : un iguane qui a l’air d’avoir ses entrées dans toutes les cuisines des restos de la ville. A droite : Monsieur Paresseux qui fait ses acrobaties. Vous pouvez cliquez sur les images pour les agrandir.

C’est la première fois depuis notre arrivée en Colombie il y a deux mois que nous ne sommes pas à cent pour cent enchantés de notre séjour. Oui, Cartagena est vraiment magnifique et possède un centre historique de ouf mais nous la trouvons « too much ». Il y a trop de monde, c’est trop aseptisé dans le centre, c’est trop touristique, c’est trop le bordel avec le trafic, c’est trop américanisé, c’est trop bling-bling à Bocagrande, les gens sont trop agressifs, la clim est trop forte à l’intérieur, il y a trop d’inégalités sociales, etc… Ça nous fait penser un peu à Barcelone : une ville géniale avec une histoire, une culture, un patrimoine et un environnement de ouf mais trop bien connectée avec les pays du nord qui viennent y faire la fête à bas prix et rendent l’endroit insupportable.

En fait, nous ne reconnaissons pas la Colombie à Cartagena et ça nous attriste un peu. Nous sommes juste très contents de ne pas avoir commencé notre voyage dans le pays ici car nous aurions été beaucoup moins motivés à découvrir le reste!

Evidemment, nous ne vous recommandons aucunement de zapper Cartagena lors d’un voyage en Colombie! Elle reste, malgré tout, une des plus belles villes coloniales que nous n’ayons jamais vues, tous continents confondus.

Santa Cruz de Mompox, la belle endormie au bord du Rio Magdalena

Après nos petits déboires de logements à Medellín, nous avons dû nous lever aux aurores à Santa Fe de Antioquia pour être sûrs de ne pas louper notre bus qui partait depuis le Terminal Norte. Heureusement, notre timing était bon et nous avons pu continuer notre route sans encombres.

Une bonne journée de bus plus tard, nous nous sommes arrêtés pour la nuit dans la petite ville d’Aguachica où il n’y a rien à voir à part des décorations de Noël trop chargées digne de Las Vegas. Nous sommes tombés sur une fête de nous savons pas trop quoi où la ville a été bruyante et animée toute la nuit! Les festivités ont quand même dû s’arrêter à six heures du matin pour laisser les gens aller à la messe. C’est donc pas très frais que nous entamons notre deuxième journée de voyage dans un minibus au confort très relatif. A la mi-journée, nous arrivons à la localité de El Banco où nous avons loupé notre correspondance et où le prochain bus part trois heures plus tard. Le coin est un peu chelou et nous ne sommes pas très enchantés de devoir y poireauter des heures. Heureusement, nous trouvons un service de taxi qui accepte de nous emmener tout de suite à destination, 70 kilomètres plus loin, pour 30’000 pesos (6,50€ ou 6 CHF) par personne.

Le trajet a été un peu long et épique sous une chaleur écrasante mais nous avons fait une belle avancée de près de sept cents kilomètres dans notre périple. Nous sommes fin prêts pour découvrir une toute nouvelle région.

Santa Cruz de Mompox

Nous arrivons enfin dans la petite ville de Santa Cruz de Mompox! Elle se situe sur une île du Rio Magdalena au milieu d’une savane tropicale. Autant le dire, au milieu de nulle part! La ville digne de ce nom la plus proche est Cartagena de Indias à près de six heures de route de là! Si les Espagnols fondèrent une ville à cet endroit, c’est qu’il y avait de l’or, évidemment! Aujourd’hui encore, on travaille ce métal précieux pour en faire de magnifiques bijoux en filigranes. Mais ces objets ne sont pas à la portée de toutes les bourses, malheureusement.

NB : Pour en savoir un peu plus sur l’histoire de l’or à Mompox et dans le Bolivar en général, il y a le musée e l’or dans le centre historique de Cartagena. Il n’est pas très grand mais il est gratuit, assez intéressant et surtout, il y fait frais!

Casco historico

Santa Cruz de Mompox a été fondée en 1540 par Juan de Santa Cruz qui donna son nom à la ville. Le nom Mompox vient du cacique (un chef amérindien local) Mompoj. Ça s’écrit aussi Mompós mais dans tous les cas, ça se prononce Mompoo, à l’andalouse! D’ailleurs l’accent local est assez similaire à celui de notre belle région notamment dans la tendance à aspirer les « s ».

La ville fut très prospère durant l’époque coloniale, grâce à l’or, évidemment, mais aussi au limon déposé par le Rio Magdalena qui permit de fabriquer des ustensiles, des outils, de la vaisselle, de la poterie, etc… Mompox était également un grand centre de l’Inquisition, cette pratique de cathos intégristes qui condamnaient ceux « qui ne pensaient pas comme il faut » en les accusant de chiromancie, de blasphème, de sorcellerie ou encore d’hérésie.

Le 6 août 1810 eut lieu une première insurrection pour l’indépendance mais elle fut vite réprimée par les colons. Mais trois ans plus tard, Simón Bolivar himself, le grand seigneur de l’indépendance colombienne vint prêter main forte à la population locale avec succès.

Aujourd’hui, Mompox conserve un centre historique fabuleux classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ses ateliers d’orfèvrerie et une véritable douceur de vivre.

Plaza de la Concepción

C’est la place principale de Santa Cruz de Mompox et le premier endroit à avoir l’aspect d’une ville en 1541 juste après la fondation de la cité. Elle est bordée par la cathédrale de l’Immaculée Conception, par l’ancien marché et par de magnifiques maisons à arcades. Le jaune et le blanc des façades nous rappellent notre belle Andalousie. Il y a plein de terrasses sympas mais mieux vaut y aller une fois la nuit tombée car le climat est très chaud et le soleil cogne très fort.

Le Malécon

Les plus belles maisons de Mompox se trouvent sur le Malécon. La restauration des façades est irréprochable, il y a des cafés sympas et des terrasses avec vue sur le fleuve. Le meilleur moment pour y flâner est vers dix-sept heures quand le soleil commence à descendre. La température devient agréable et il y a une superbe lumière du soir. La promenade a été aménagée pour les piétons. Mais en Colombie, un scooter est apparemment considéré comme un piéton.

Rio Magdalena

Si on vous parle de Malécon, c’est qu’il y a un plan d’eau à proximité! Vous l’avez reconnu? C’est le Rio Magdalena! Rassurez-vous, nous aussi nous avons eu du mal à le reconnaître! Il était tellement étroit à San Agustín et ressemblait à un torrent de montagne! Ça grandit trop vite ces petits! Ici, c’est le vrai fleuve tropical, assez profond pour être navigable et qui possède plusieurs bras faisant de la région de superbes paysages de marais avec la faune qui va avec. Un truc qui nous a halluciné, et fait super plaisir aussi, c’est que l’autre rive du rio est complètement sauvage et la faune s’en donne à cœur joie! Elle prend même la peine d’effectuer la traversée pour venir nous dire bonjour! Ce qui nous permet d’observer des spécimens absolument incroyables!

Iglesia Santa Bárbara

En continuant notre balade sur le malécon, nous tombons sur la place de Santa Bárbara. Impossible de la louper avec son église du même nom flanquée d’une magnifique tour baroque digne d’une façade viennoise. Elle date de 1613 et rend hommage à la légende de Santa Bárbara, une jeune turque convertie au christianisme par amour et qui se fit décapiter pour ça. Le château d’Alicante a été construit selon la même légende.

Fun fact : sur la place, nous avons trouvé une capsule temporelle, une boîte avec des objets contemporains destinés au futur. Elle a été scellée en 2014 et doit être ouverte le 6 août 2110 date du tricentenaire de la déclaration d’indépendance. Nous étions parfaitement au courant de ce concept mais c’est la première fois que nous en voyons une en vrai!

Cementero de Mompox

Non, nous ne nous sommes pas mis au tourisme funéraire mais on nous a dit de passer au cimetière. Il se trouve un peu en retrait du centre historique mais fait encore partie du patrimoine historique inscrit à l’UNESCO. Il est d’une blancheur immaculée à en faire mal aux yeux! Ce qui est frappant, c’est que les inégalités sociales sont présentes jusque dans la mort. On voit tout de suite ceux qui ont les moyens de se payer des tombes ostentatoires ou pas!

Mompox est une superbe ville mais un peu difficile d’accès. Il faut vraiment vouloir y aller, on n’atterrit pas là par hasard. Et c’est tant mieux! Ça trie un peu les touristes. Du coup, ça reste super calme! Il faut juste faire super attention à la chaleur. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le Rio Magdalena n’apporte aucun air et le climat tropical peut être bien étouffant.

Nous sommes trop contents d’avoir payé de notre personne en transports pour venir jusqu’ici car Santa Cruz de Mompox sera encore un coup de cœur de notre voyage colombien!

Salento et les superbes paysages de l’Eje Cafetero

Chiller pendant une semaine entre désert et village paisible au bord de rivière c’est bien mais il faut bien rejoindre la civilisation un jour notamment pour retirer de l’argent à un distributeur automatique.

En plus, notre départ de Villavieja tombait en plein pendant le pont de la Toussaint qui s’est fêtée le 4 novembre cette année. Non, les Colombiens n’ont pas leur propre fête de la Toussaint, c’est le 1er novembre comme dans tout pays catholique qui se respecte. Mais ici, ils reportent systématiquement le jour férié au lundi suivant pour que ça fasse un pont. Pourtant, le 1er novembre est tombé un vendredi mais ils n’ont quand même pas dérogé à la règle. Bref, tout ça pour vous dire que nous avons attendu sagement que le week-end prolongé se termine avant de commencer notre aventure dans le fameux « Eje Cafetero »

Ibagué

Nous nous sommes posés à Ibagué, la capitale du département de Tolima. Circulez, il n’y a rien à voir! Ce n’est pas l’enfer sur terre comme à Neiva mais ça n’a aucun intérêt sauf quelques restos sympas avec une cuisine un peu plus créative que le traditionnel riz-poulet-arepas-patacones.

Jardin bótanico San Jorge

Nous avons quand même trouvé un coin super sympa à Ibagué! C’est le jardin botanique. Il se trouve sur les hauteurs de la ville, sur les pentes des premières montagnes de la cordillère centrale. Nous avons utilisé les bus urbains pour nous y rendre. Ils sont reconnaissables à leur couleur orange. Nous ne savons pas trop comment ils fonctionnent, nous les avons utilisés à l’arrache en nous aidant de maps.me. Tout ce que nous pouvons vous affirmer, c’est qu’un trajet coûte 2700 pesos (0,55€ ou 0,50 CHF).

C’est un parc de soixante hectares qui possède une partie jardin botanique traditionnel avec des plantes du monde entier, des arbres fruitiers et des plantes médicinales. C’est également, dans sa partie haute, une réserve naturelle dans une forêt dite sub-andine, une forêt tropicale des Andes d’altitude moyenne (1200 mètres environ). Au sommet, après une belle grimpette d’une bonne demi-heure, il y a un mirador sur la ville d’Ibagué.

L’entrée coûte 15’000 pesos (3,10€ ou 2,90 CHF) et franchement, ça les vaut! Le parc est superbe! Nous n’avons pas l’impression d’être en ville. C’est un des plus beaux jardins botaniques que nous ayons vu après celui de Singapour. Donc on est sur du très haut niveau!

Pour accéder à l’Eje Cafetero depuis le sud-est où nous sommes, il faut obligatoirement passer par la ville d’Armenia, la capitale du département de Quindio. Depuis Ibagué, c’est un minibus qui nous y emmène via une superbe route de montagne franchissant un col à 3200 mètres d’altitude. La route est en bon état mais il y a plein de virages et des énormes camions qui confondent l’endroit avec une piste de rallye. Notre oreille interne n’a pas trop apprécié le voyage. Heureusement, ce n’était pas trop long et deux heures et demi plus tard, nous étions arrivés sains et saufs à Armenia. De là, des bus desservent toutes les localités de l’Eje Cafetero.

Pijao

Nous commençons notre découverte de l’Eje Cafetero, la fameuse zone du café de Colombie, par le village de Pijao situé à une heure de route au sud d’Armenia. C’est une toute petite localité de quelques rues, une place centrale, quelques cafés et des petites maisons colorées toutes mignonnes. C’est le seul endroit de tout le continent américain à avoir reçu le label « cittaslow » de l’italien « città » (ville) et de l’anglais « slow » (lent). C’est une association dont les villes membres s’engagent au ralentissement du rythme de vie des citoyens dans le but de leur offrir une meilleure qualité de vie. Nous confirmons! Le rythme de vie est vraiment tranquille et Pijao mérite amplement son label!

Nous avons choisi Pijao surtout pour son environnement et la facilité d’accès aux sentiers de randonnée. Evidemment, la pluie est venue jouer les trouble-fête mais nous avons quand même bénéficié d’un temps sec assez longtemps pour aller faire quelques petites marches dans la forêt alentour. Tous les sentiers ne se valent pas : ça va de la petite route en gravier super accessible au chemin de forêt un peu scabreux avec les mêmes ponts de fortune qu’à San Agustín. Bien sûr, nous avons une préférence pour ces derniers même si parfois, ça fait du bien de faire une petite promenade de santé pas trop difficile. Dans tous les cas, les paysages sont à couper le souffle, la forêt est trop belle, surtout après la pluie et nous n’en revenons toujours pas de toute la faune locale que nous pouvons observer!

Filandia

Quelle idée de passer par un village dont le nom ressemble à un « n » près à un pays du nord! Le climat ne nous semble d’ailleurs pas très différent! Pour y accéder depuis Pijao nous avons dû repasser par Armenia pour des raisons géographiques. Nous nous y sommes arrêtés pour faire une lessive mais si c’était à refaire, nous y renoncerions. Mieux vaut avoir des habits crades que d’aller à Armenia! C’est super moche et nous ne nous y sommes pas sentis super en sécurité.

A la base, nous voulions directement aller à Salento, juste en face dans la vallée, puis juste faire un day trip à Filandia. Mais week-end prolongé oblige (oui, encore un!), nous avons trouvé de meilleures offres hôtelières dans cette dernière. Par contre, nous avons débarqué un dimanche, c’était blindé de monde et nous avons tout de suite senti que nous sommes arrivés dans un coin beaucoup plus touristique même si le tourisme reste avant tout local.

Filandia se trouve en plein dans la cordillère centrale à 1923 mètres d’altitude en plein « Eje Cafetero », la zone du café. Elle a été fondée au XIXe siècle, non pas par les Espagnols qui avaient déjà perdu leurs colonies en Amérique latine, mais par des colons d’Antioquia, le département où se trouve Medellín, la deuxième ville de Colombie. C’est à ces derniers qu’on doit ces jolies petites maisons aux façades et aux balcons colorés dont nous sommes super fans! Filandia regorge de jolis petits cafés où il fait bon déguster, bien sûr, le café local mais aussi de bons chocolats chauds, des pâtisseries ou encore un café arrosé d’aguardiente, une liqueur d’anis locale.

Avec sa position à flanc de côteau dans la cordillère centrale, FIlandia offre de nombreux miradors avec une vue époustouflante sur les paysages alentours et même jusqu’à la ville de Pereira tout en bas dans la vallée. Nous n’avons pas vraiment eu de bol avec le temps, du coup nos photos sont un peu tristounettes et nous avons loupé le coucher de soleil qui, selon les dires des locaux, est incontournable.

Salento

Salento se trouve sur l’autre versant de la vallée par rapport à Filandia. Il y a des jeeps Willis qui font la navette et qui partent toutes les heures de la place centrale. Le gars qui vend les billets est surement le type le plus antipathique et de mauvaise foi de Colombie. Il nous dit très froidement que la route est fermée, que la première jeep part à midi et que, non, nous ne pouvons pas acheter les billets en avance. (C’était environ dix heures du matin). Nous revenons donc plus tard avec nos sacs prêts au départ mais là il nous dit que la jeep est complète et qu’il fallait acheter les billets avant et que la prochaine part dans une heure! Ah il s’est bien foutu de nous!

De frustration, nous prenons nos sacs et allons prendre le minibus pour Armenia qui nous dépose au croisement des deux routes puis nous chopons un autre bus pour Salento. Là, nous avons eu des chauffeurs super sympas et des passagers qui se sont proposés de nous aider avec nos sacs. Ça c’est la Colombie que nous connaissons avec des gens vraiment adorables et serviables. L’épisode du vieux bougon de Filandia est un cas isolé et nous n’allons pas nous attarder dessus mais il mérite cette mauvaise pub!

Nous redoutions un peu d’aller à Salento. Le village est réputé super touristique. C’est vrai qu’il l’est. C’est d’ailleurs l’endroit où nous avons croisé le plus d’Européens. Certes, il y a plein de boutiques de souvenirs et les restaurants sont un peu plus internationaux. Mais ce dernier point n’est pas si négatif pour nous. Si vous saviez quel plaisir nous avons eu de manger un plat avec des légumes et autre chose que du riz blanc sec, des patacones et du poulet! C’est vrai que certains puristes pourraient crier au « manque d’authenticité » mais ce n’est pas notre cas. Malgré tout, nous trouvons qu’il y a de meilleures vibes à Salento qu’à Filandia. Nous ne pouvons pas expliquer pourquoi, c’est juste un ressenti. Nous avons tellement adoré l’endroit que nous avons même prolongé notre séjour de quelques jours!

Salento a été fondée au XIXe siècle par les même colons d’Antioquia que Filandia sur ordre de Simon Bolivar himself, le leader de l’indépendance de la Grande Colombie, c’est à dire, les territoires actuels de la Colombie, du Venezuela, de l’Equateur et du Panama. Ici aussi ce sont de petites ruelles, malheureusement pas piétonnes, bordées des typiques maisons aux façades et aux balcons colorés. La rue la plus connue est la « Calle Real » et c’est un vrai attrape-touristes avec une alignée de restos et de boutiques de souvenirs. Mais, elle était en travaux, ce qui en a un peu gêné l’accès. Du coup, nous nous sommes contentés du reste du village qui nous paraît bien moins surfait. Ça a sûrement contribué au fait que nous ayons bien apprécié Salento.

A l’instar de Filandia, Salento possède plusieurs miradors. Ils se méritent : soit il y a une flopée de marches à grimper, soit il faut emprunter la route très boueuse qui va en direction de Toche ou soit il faut suivre la petite route de Palestina. Ça reste tout de même de jolies marches accessibles directement depuis le village de Salento dans un nature luxuriante. A chaque fois, la vue sur la cordillère centrale des Andes est assez spectaculaire!

La rencontre du jour

C’est un momoto diademado (merci Google!) appelé ainsi à cause du ‘diadème » turquoise qu’il arbore sur sa tête. C’est un oiseau assez commun du Mexique à la Colombie en passant par l’Amérique centrale et il se plaît particulièrement dans les plantations de café. Nous avons eu la chance de l’apercevoir plusieurs fois lors de nos différentes grimpettes aux miradors! Quelle belle récompense de nos efforts!

Ce ne sont pas les espèces d’oiseaux qui manquent dans l’Eje Cafetero et ils sont tous plus beaux les uns que les autres mais ces petites bébêtes se laissent rarement photographier.

Valle de Cocora

La Valle de Cocora est sûrement un des paysages les plus connus de Colombie. C’est même devenu tellement connu que tous les voyageurs, instagrammeurs, youtubeurs, influenceurs etc conseillent de se rendre plutôt à la Carbonera un peu plus loin. Ce serait plus sauvage, plus « authentique » et moins touristique. Du coup, maintenant tout le monde veut s’y rendre! A Salento, il y avait tellement de monde pour prendre une jeep pour la Carbonera que nous avons finalement opté pour la Valle de Cocora.

Depuis Salento, les jeeps Willis partent toutes les heures à la demie du Parque Principal. On vous y vendra directement des billets aller-retour pour 10’000 pesos (2,10€ ou 2 CHF).

Un fois arrivés sur place, nous nous demandons quand même si nous n’aurions pas mieux fait d’aller à la Carbonera finalement. C’est quand même un peu Disneyland avec les boutiques de souvenirs, les balades à cheval, les chemins super aménagés et les coins à selfies. Surtout que nous avons choisi le chemin des miradors, celui de tout au fond de la vallée, pour ne pas à avoir à se farcir la grande montée du premier sentier qui grimpe jusqu’à plus de 3000 mètres d’altitude.

Mais plus nous avançons, plus notre scepticisme disparaît! Le sentier commence à ressembler à un vrai sentier et la plupart des touristes restent sur la petite boucle super aménagée et sur les plateformes à selfies. Le sentier reste tout de même très facile et la montée est assez douce même si nous atteignons finalement les 2800 mètres d’altitude. Il faut juste faire attention à la boue qui rend le sol très glissant.

La Valle de Cocora est connue pour ses immenses palmiers de cire. Les plus grands d’entre eux peuvent atteindre 70 mètres de haut. Comme leur nom l’indique, leur tronc fabrique de la cire qui est notamment utilisée pour la fabrication de bougies. Contrairement aux autres palmiers qui préfèrent le chaud et la plaine, les palmiers de cire se plaisent dans les montagnes à une altitude comprise entre 2000 et 3000 mètres. Malheureusement, à cause de leur surexploitation, de la déforestation et de leur durée de croissance très longue (presque cinquante ans!), cette espèce est en danger d’extinction. Mais plusieurs organismes de protections se démènent pour les protéger et entament de lourds programmes de reforestation.

Vous avez sûrement déjà vu passer des photos de ces fameux palmiers mais plutôt sous un beau ciel bleu. Cette année, nous devons compter avec l’arrivée de « la Niña », le phénomène de refroidissement des eaux de l’océan Pacifique qui nous amène beaucoup d’humidité et des températures bien fraîches. Donc nous avons droit à un temps bien brumeux. Mais les palmiers qui se découpent dans la brume donnent un air mystique au lieu et nous, on adore!

Nous avons tellement adoré l’ambiance avec la brume que nous nous sommes même amusés à prendre des photos en noir et blanc! On se croirait presque dans un film de Hitchcock, vous ne trouvez pas?

Nous ne saurons pas si, effectivement, la Carbonera est mieux mais nous avons adoré notre petit trek dans la Valle de Cocora. Une fois les gros spots à selfies passés, il n’y a plus trop de monde et avons profité de cette belle balade en nature. La faune observée y est d’ailleurs assez incroyable!

Et le café colombien alors?

Il y a plein de fincas dans l’Eje cafetero principalement aux alentours de Salento qui proposent des « coffee tours » qui vous expliquent tous le processus de fabrication du café. Nous n’y avons pas été car nous avons déjà vu quelque chose de très similaire en Equateur et au Guatemala. Mais sachez que ça existe, il y a l’embarras du choix!

Nous n’allons pas nous faire des amis mais nous ne trouvons pas le café colombien très bon! En fait, les meilleurs grains des meilleures variétés de café sont réservés exclusivement à l’exportation! En Colombie, il reste juste le café de base qui n’est franchement pas bon. D’ailleurs, pourquoi croyez-vous qu’il est courant de l’arroser de rhum, de bourbon ou d’aguardiente?

Petit fun fact : en Colombie, le petit café noir de base s’appelle « tinto ». C’est un mot qu’en Espagne on utilise pour désigner le vin rouge. Imaginez donc un peu notre tête notre premier matin dans le pays, à peine sortis du lit, quand on nous propose gentiment un « tinto »!

On nous avait prévenu que l’Eje Cafetero était fou! Ce n’était pas un mensonge et pourtant, nous n’en avons vu qu’une petite partie. Nous n’avons pas été super gâtés par la météo qui nous a apporté de l’humidité et du froid mais nous avons réussi à échapper à la pluie la plupart du temps pour quand même profiter des activités en plein air.

Contrairement à la plupart des voyageurs, c’est le village de Salento qui nous a le plus plu mais il paraît que nous y étions en basse saison, nous n’avons donc pas trop été dérangés par les activités touristiques. Nous avons été fascinés par la Valle de Cocora, ses hauts palmiers de cire et ses paysages de ouf! D’une manière plus générale, l’Eje Cafetero nous aura enchantés par sa douceur de vivre, ses façades colorées, son accès facile à la nature, sa faune, sa flore et par la gentillesse de ses habitants.

San Agustín, ses trésors précolombiens et sa nature luxuriante

Pour partir de Popayán, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne c’est qu’il y a la possibilité de changer de vallée, ce qui nous dispense de repasser par Cali. La mauvaise, c’est que c’est une petite route de montagne, en partie non asphaltée, qui passe par un col à plus de 3200 mètres d’altitude et qui n’est desservie que par des minibus. Là, notre oreille interne se réveille et se met en mode « Même pas en rêve! » Mais nous décidons de ne pas l’écouter, de n’en faire qu’à notre tête et nous tentons quand même le coup.

Au terminal des bus, c’est un minibus flambant neuf et super confortable qui nous attend. De quoi nous rassurer jusqu’à ce que nous lisions la notice nous priant de demander des sacs à vomi en cas de mal des transports. Là, notre oreille interne se fâche en mode « Je vous l’avais bien dit bande d’inconscients! » puis se met à bouder nous laissant finalement tranquilles pendant tout le trajet. Il faut dire que nous avons tellement été subjugués par le paysage défilant sous nos yeux que nous n’avons pas eu le temps de nous sentir mal.

NB : Si vous voulez voir à quoi ressemble le paysage le long de la route, nous avons monté un petit réel sur notre page Instagram qui vous en donne un petit aperçu.

La destination finale de notre minibus est Pitalito. La nôtre, c’est San Agustín, un petit village perché plus haut dans la vallée. Mais pas de problème, à la bifurcation des deux routes, un système de taxi est organisé pour les passagers se rendant à San Agustín et c’est compris dans le billet de bus qui coûte 55’000 COP par personne (11,80€ ou 11,05 CHF) Du coup, nous avons été déposés directement devant notre logement et c’est super appréciable!

San Agustín

San Agustín est une petite ville de montagne perchée à 1730 mètres d’altitude entre les sommets verdoyants de la cordillère centrale des Andes. Malgré l’attrait un peu touristique, elle a gardé son âme montagnarde et paysanne. Elle vit principalement des cultures du café et de la canne à sucre. Touristiquement, elle est connue pour ses sites archéologiques datant de 3300 avant notre ère appartenant à la civilisation dite de San Agustín. Avec un nom pareil, très chrétien et hispanique, vous vous doutez bien que ce sont les conquistadors espagnols qui l’ont affublée de ce sobriquet. Mais comme les archéologues n’ont encore aucune idée de son « vrai nom », on continue à l’appeler civilisation de San Agustín.

Après une très blanche Popayán, nous sommes conquis par toutes les couleurs qu’on peut trouver sur les façades des maisons au centre-ville.

Comme toute ville latino-américaine qui se respecte, San Agustín possède son « Parque Central » et sa cathédrale. Mention spéciale pour la maison du curé qui jouxte l’église et qui, avec ses balcons en bois, est juste superbe! Il y a, évidemment, les fameuses lettres où les touristes viennent se prendre en photo. En plus, le nom est trop long! Toutes les lettres ne rentrent pas sur une seule photo! Par contre, elle ont été dessinées sur le modèle précolombien de la région et c’est plutôt original et joli.

Mais San Agustín est surtout très intéressante pour tout ce qui se trouve en dehors de la ville. Elle possède des trésors naturels et archéologiques assez exceptionnels.

NB : Toutes les activités que nous avons effectuées, nous les avons faites en autonomie en partant à pied depuis le centre ville. Si vous ne voulez ou ne pouvez pas marcher, il y a la possibilité de prendre un taxi, une moto-taxi, d’effectuer des balades à cheval ou carrément de contracter des tours. L’office du tourisme ou même votre logement peuvent vous organiser tout ça.

Sentier Masaya

Pour y accéder, il faut prendre la route qui grimpe au nord de San Agustín et après un bon kilomètre, il y a la bifurcation pour le sentier. Tout est super bien indiqué! Attention, ça descend à pic et c’est à flanc de côteau! Mieux vaut s’abstenir si vous avez le vertige! Le sentier descend jusqu’aux rives du Rio Magdalena tout en bas dans la vallée. Nous n’avons pas été jusqu’au bout à cause d’une météo incertaine mais nous avons quand même profité d’une petite balade en forêt et de la superbe vue sur les montagnes verdoyantes des Andes.

Nous avons quand même eu droit à une vue époustouflante sur le canyon du Rio Magdalena qui, avec ses 1540 kilomètres, est le fleuve le plus long du pays. Ici, à San Agustín, nous sommes presque à sa source et il va se jeter dans la mer des Caraïbes. Nous aurons donc sûrement l’occasion de le recroiser durant notre périple colombien.

La Chaquira

Pour y accéder, c’est la même route que pour Masaya sauf que le sentier commence quelques centaines de mètres plus loin. Tout y est également super bien indiqué et, en cas de doute, la population locale vous indiquera le chemin même si vous n’avez rien demandé! Mais c’est fait avec tellement de gentillesse et de bienveillance qu’on veut bien se faire guider même si nous savons parfaitement où nous diriger. Le chemin est assez facile mais il alterne de grosses montées avec des descentes bien raides, de quoi bien nous casser les jambes.

Après quatre kilomètres, nous arrivons enfin au site de la Chaquira. Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines, il faut encore descendre 162 marches pour arriver à notre but final. Ce qui nous attend c’est un amas de pierres gravées avec de magnifiques pétroglyphes datant de l’ère précolombienne. Le lieu servait probablement d’observatoire astronomique dans le but d’observer le soleil afin d’établir un calendrier agricole.

Par contre, nous avons dû, par inadvertance, faire un geste ou dire quelque-chose qu’il ne fallait pas car, pile au moment ou nous posions le pied sur la dernière marche, il a commencé à pleuvoir. Nous avons sûrement dû invoquer la colère des dieux qui se sont vengés en nous arrosant copieusement! Heureusement, nous étions équipés et n’avons pas trop été trempés, la pluie ne durant jamais trop longtemps sous ces latitudes.

En bas des marches, il y a une petite plateforme avec une superbe vue sur le canyon du Rio Madgalena et sur les différentes cascades qui découpent les flancs des montagnes au milieu de la végétation tropicale bien verte et luxuriante.

NB : l’entrée au site est gratuite. Si vous voulez quand même laisser quelque-chose à la communauté indigène qui s’occupe du lieu, vous pouvez acheter des boissons ou de l’artisanat à l’entrée. Les prix ne sont pas surfaits.

Cascade El Cinco

A la base, nous étions partis pour une petite promenade de santé pour nous « reposer » de nos deux marches du jour précédent. Au départ, c’était le cas! Nous sommes partis, cette fois-ci, dans le bas du village en direction du sud-ouest sur une route non asphaltée mais carrossable. Facile, n’est-ce pas? Oui mais ça c’était avant de voir les panneaux qui nous ont indiqué la direction d’une cascade que notre curiosité naturelle nous a poussé à aller voir! Après cinq kilomètres de balade tranquille, nous sommes arrivés à l’entrée du site de la cascade. Nous nous enfonçons donc dans la forêt et, là, ça se corse! Le chemin est un peu scabreux, un peu glissant à cause des pluies de la veille et il faut traverser les cours d’eau sur des ponts de fortune! De bonnes chaussures de marches sont indispensables pour accéder à la cascade!

L’entrée du site coûte 5000 COP par personne (1,05€ ou 1 CHF). Cet argent va directement à la petite communauté indigène qui s’occupe du site. Ils sont plutôt sympas les gars, ils vous encaissent le prix d’entrée au pied de la cascade, une fois que vous avez passé la partie la plus difficile du chemin. Comme ça, si vous changez d’avis pour cause de vertige ou autre, vous n’avez pas payé d’entrée pour rien! Malgré sa difficulté, le sentier vaut la peine pour toute la faune et la flore qu’on peut y découvrir.

La rencontre trop mignonne du jour

Depuis que nous sommes arrivée en Colombie (et même au Panama!), nous croisons une faune exceptionnelle, principalement des papillons et des oiseaux. La Colombie peut se targuer d’avoir la plus grande biodiversité au monde en ce qui concerne les oiseaux! C’est vrai que nous en avons déjà aperçus des centaines de plusieurs espèces différentes, tous plus beaux les uns que les autres. Malheureusement, ce sont des animaux qui ont la bougeotte et qui se ne se laissent pas trop prendre dans notre objectif.

Mais parfois, il arrive que certains spécimens se laissent quand même prendre en photo, même si c’est de loin. C’est le cas de ce magnifique « gallo de roca » (coq de roche en français) mâle qui est un oiseau assez courant dans toutes les Andes tropicales.

NB : la photo ci-dessous a été recadrée d’où une qualité un peu douteuse. Sorry!

Après toutes ces (belles!) péripéties, nous arrivons enfin au pied de la cascade El Cinco. Certes, ce n’est pas Iguazu, Chiflon ou encore le Rio Celeste mais nous étions seuls au monde dans cet environnement extraordinaire et ça, ça n’a pas de prix. Par seuls au monde nous sous-entendons bien évidemment sans humains, car nous étions loin d’être les seuls êtres vivants dans cette forêt. Il est possible de se baigner au pied de la cascade mais nous n’avions pas nos affaires de bain puisque, rappelez-vous, nous étions censés juste nous balader un peu à la base.

La cascade se dresse sur trois niveaux et il est possible de l’observer sous toutes les coutures grâce à un sentier latéral qui la longe de bas en haut.

Nous continuons notre balade qui n’en est plus trop une par le haut, en passant par les cultures où nous avons une vue sur un autre versant de la cordillère centrale des Andes. Attention, la grimpette est assez conséquente est ça peut être en plein cagnard en cas de beau temps! Une casquette n’est pas de trop! Nous terminons à l’entrée du parque arqueológico où nous avons l’espoir d’attraper le collectivo (sorte de minibus) qui nous ramènera au centre. Manque de bol, nous l’avons loupé pour quelques petites minutes! Nous avons donc dû finir les trois derniers kilomètres à pied. Une petite promenade de santé qu’on disait!

Et devinez ce qu’on y cultive?

Parque arqueológico San Agustín

C’est le gros highlight de San Agustín! Le parc archéologique est en fait une énorme nécropole, une des plus grande de l’Amérique précolombienne, datant de l’époque archaïque (3000 à 1000 avant notre ère) jusqu’à l’époque dite récente (du IXe siècle à la conquête espagnole). Il se trouve à trois kilomètres à l’ouest du centre de San Agustín. Il est possible d’y aller à pied, c’est facile, au bord de la route et ça ne grimpe pas trop. Si vous avez de la chance, comme ce fut notre cas, vous pouvez choper le collectivo qui vous mènera à l’entrée du site pour la modique somme de 2000 COP (0,45€ ou 0,40 CHF).

Mode super timing on : Une fois n’est pas coutume, nous étions dans un timing pratiquement parfait puisque nous étions sur place le dernier vendredi du mois, jour où l’entrée au parc est gratuite! En vrai, nous avons un peu forcé la chance et prolongé notre séjour d’un jour pour que ça marche mais c’est sûrement quelque-chose que nous aurions de toute façon fait en temps normal tellement le coin est incroyable. Sinon, l’entrée du parc coûte 65’000 COP pour les étrangers soit 13, 90 euros ou 13 francs suisses. Nous ne savons pas si ça les vaut mais ça reste le prix moyen d’un site archéologique. Enfin, sachez que le site est fermé le mardi, ce qui signifie que beaucoup de restaurants, de cafés ou de boutiques en villes sont également fermés.

Bosque de las Estatuas

Il y a un petit musée à l’entrée qui expose quelques pièces trouvées sur le site comme des amphores ressemblant fortement à celles que fabriquaient les Romains en Europe à la même époque. Mais les photos étaient interdites à l’intérieur. Commençons donc par le vif du sujet en empruntant le chemin de la forêt des statues. Comme son nom l’indique, c’est une forêt! Mais pas de panique le chemin est super facile. Il est bordé de trente-cinq statues funéraires datant des différentes époques de la culture de San Agustín. Toutes ne sont pas dans le même état de conservation : certains stèles sont bien érodées par le temps tandis que d’autres conservent superbement leurs gravures. Nous trouvons leur design assez rigolo, on dirait des dessins d’enfants.

Les mesitas

Une mesita c’est une clairière. Il y en a trois dans le parc. Seuls les puissants et les nobles avaient le droit d’être enterrés dans ces mesitas. Là, on se rend bien plus compte du caractère funéraire du lieu avec des dizaines de tombes qui ont été excavées. Certaines possèdent encore leurs statues qui sont beaucoup plus grandes que dans le bosque. On voit qu’on avait affaire à de gens importants par ici!

Fuente de Lavapatas

Cette fontaine est un système de canaux sur des pierres gravées avec des figures humaines ou animales. On ne voit plus trop les gravures à cause de l’érosion de la pierre par l’eau. Elle date de l’époque classique (Ier au IXe siècle) et servait de lieu de rituel pour les funérailles. Ce que nous voyons aujourd’hui n’est qu’environ un tiers de toute la fontaine, le reste est resté enfoui sous la végétation.

Alto de Lavapatas

Littéralement, ça signifie le « haut de Lavapatas » et ce n’est pas un mensonge. Depuis la fontaine, il y a une bonne grimpette pour y arriver, et c’est à découvert, donc il n’y a pas beaucoup d’ombre! C’est la nécropole la plus importante du site puisque c’est ici que reposaient les rois et autres figures importantes de la région. Les statues sont y sont également les plus grandes et sont même plutôt de forme phallique.

La récompense de notre grimpette reste quand même la vue sur la cordillère centrale des Andes. Et nous avons eu du bol avec la météo avec une splendide journée ensoleillée!

Nous avons eu un véritable coup de cœur (encore un!) pour San Agustín. Nous avons particulièrement apprécié l’accès facile à la nature pour y faire quelques randonnées. Les Andes nous impressionnent toujours par leur végétation qui recouvrent les montagnes jusqu’à leur sommet même à très haute altitude. Comme nos Alpes nous paraissent grises à côté!

Nous avons quitté la ville avec pas mal de courbatures dans les jambes mais nous avons été ravis et impressionnés par tout ce que nous avons vu, que ce soit au niveau culturel, naturel et surtout aviaire. Le sud de la Colombie nous aura enchantés avec ses paysages, sa culture et sa douceur de vivre. Espérons que la suite sera aussi prometteuse!

Salamanca, la plus vieille ville étudiante d’Espagne

Après un superbe été passé dans notre belle andalouse et sur les plages de Cádiz, il est temps pour nous d’effectuer notre rentrée et de partir à la découverte d’autres coins de notre beau pays.

Notre curiosité nous a poussés, une fois n’est pas coutume, tout droit en direction du nord dans la communauté autonome de Castille-et-León, une région qui était totalement méconnue pour Van. Le choix de Salamanca ne s’est pas fait au hasard, la ville est reconnue pour son université et son patrimoine architectural médiéval intéressant.

Nous avons choisi le bus pour nous y rendre. Ça nous paraissait logique vu que depuis Séville, l’autoroute va tout droit en direction du nord en empruntant le tracé de l’ancienne voie romaine « Via de la Plata ». Ce que nous n’avions pas prévu, c’est que le bus en question dessert tous les petits bleds d’Estrémadure! Nous n’avons rien contre l’Estrémadure, au contraire, c’est notre deuxième région d’Espagne préférée après l’Andalousie, mais là, nous aurions quand même préféré avancer un peu plus vite! Bref, la prochaine fois nous prendrons le train même s’il faut passer par Madrid et y changer de gare.

Mais nous n’allons pas nous décourager à cause d’un trop long trajet de bus et nous sommes toujours motivés à aller découvrir cette nouvelle ville.

Le centre historique

Salamanca possède une histoire très riche et a été habitée par les Ibères dès le premier millénaire avant notre ère. Elle a été conquise par le carthaginois Hanibal avant d’être prise par les Romains qui l’ont intégrée à leur province de Lusitania avec le Portugal et la Galice. D’ailleurs, la frontière portugaise est à une petite centaine de kilomètres de là à la hauteur de Porto à peu près et les habitants ont déjà, dans leur accent, une façon de bien appuyer les « S » presque comme des « ch » qui nous rappelle les sonorités lusophones de nos voisins.

Ensuite Salamanca fut prise par les Alains, un peuple barbare venu de Perse qui conquit toute la Lusitanie après la chute de l’empire romain. Mais l’endroit ne les intéressa pas, pas plus qu’aux Wisigoths venus après eux. Salamanca fut peu à peu abandonnée à son triste sort. Les Arabes sont passés par là également mais ne montrèrent pas plus d’enthousiasme que leurs prédécesseurs. De toute façon, ces derniers ne restèrent pas longtemps dans le coin puisque la Reconquista eut lieu en 939 déjà. Là, les choses commencèrent à changer et la ville se repeupla gentiment et Salamanca devint rapidement une des villes les plus importantes du royaume de León.

Le centre historique date en partie de cette époque avec ses petites ruelles et ses maisonnettes datant du Haut-Moyen-Age. Le tout est bien concentré dans ce qui reste des remparts, bien conservé et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est un peu la Córdoba du Nord. C’est une architecture qui n’existe pas dans le sud puisqu’à cette période, la région était conquise par les musulmans qui nous ont laissé leur superbe architecture mudéjar. C’était d’ailleurs le but de notre virée de voir une architecture et une histoire différente de celle que nous voyons tous les jours.

Plaza Mayor

Nous devons avouer qu’elle nous a un peu laissés sur notre faim cette Plaza Mayor. C’est vrai, qu’à notre passage la feria locale était en train de se préparer et une énorme scène était en train d’être montée au centre de la place. Oui, malgré la pause estivale, nous sommes toujours les rois des timings chelous! Ça ne nous a pas aidés à apprécier la place à sa juste valeur. Mais ce n’est pas la principale raison de notre petite déception. Certes, la place est objectivement vraiment jolie avec son style baroque du XVIIIe siècle et ses arcades mais nous la trouvons trop carrée, trop uniforme. Elle a été commandée telle quelle à un architecte local et n’a pas été bordée de bâtiments bâtis à l’arrache au fil des siècles. Ceci explique sûrement cela. Nous préférons les places un peu plus biscornues et WTF comme à Cáceres.

Nous ne pouvons pas mettre non plus cette petite déception sur le compte de notre chauvinisme andalou puisque le concept de Plaza Mayor est typiquement castillan et n’existe pas en Andalousie. Même si en vrai notre Plaza de España reste la plus belle, on est d’accord!

La Casa de las Conchas

En français, elle s’appelle la maison des coquillages et on peut aisément comprendre pourquoi! Ses façades sont recouvertes de plus de trois cents coquilles Saint-Jacques. A part cette fantaisie décorative, le bâtiment est un édifice médiéval typique de style gothique tardif qui a été construit entre 1493 et 1517 pour une noble famille locale. On ne sait pas vraiment pourquoi ces coquillages ont été choisis pour orner la façade mais il y a deux légendes, plus ou moins plausibles, qui circulent en ville à ce sujet. La première est que la famille qui fit construire la maison appartenait à l’ordre de Santiago (Saint-Jacques), un ordre religieux et militaire du royaume de León qui avait pour mission de protéger les pèlerins des chemins de Compostelle mais aussi d’expulser les non-catholiques de la péninsule ibérique et dont l’emblème était la coquille Saint-Jacques. L’autre légende, plus romantique, raconte que le fils du propriétaire de la maison fit poser ces décos par amour pour sa femme dont les armoiries de sa famille contenaient des coquillages. Aujourd’hui, l’édifice appartient à la municipalité de Salamanca et abrite une bibliothèque. Il y a pire comme endroit pour s’adonner au plaisir de la lecture!

La Clerencia

Juste en face de la Casa de las Conchas, se dresse la Clerencia et sa magnifique façade baroque! Construite au XVIIe siècle, elle abritait le collège de la Compagnie de Jésus (les Jésuites). Aujourd’hui, elle abrite l’université pontificale de Salamanca, une université catholique privée. Malheureusement, la Clerencia et la Casa de las Conchas se font face dans une ruelle très étroite et il est difficile d’observer les deux édifices à leur juste valeur. (voir notre première photo de la galerie ci-dessus pour vous faire idée de la proximité des bâtiments)

Les cathédrales

Salamanca possède deux cathédrales une vieille (vieja) et une nouvelle (nueva). Bon, il est très difficile de les différencier parce que la nouvelle à été, en partie, construite sur l’ancienne après que cette dernière ait été bien endommagée par le tremblement de terre de Lisbonne en 1755. En gros, la partie arrière de style roman est la « catedral vieja » qui date du XIe siècle, et le reste, plus grand de style gothico-Renaissance qui date des XVIIe et XVIIIe siècles, est la « catedral nueva ». L’ensemble est vraiment joli avec ses différents styles architecturaux et comme tout a été bâti sur une petite esplanade, on le voit de loin. Ce qui fait un très bon repère quand on se perd dans le dédale de ruelles du centre historique.

L’université

Non, nous ne sommes pas venus à Salamanca reprendre nos études car nous avons un projet encore plus fou que celui d’apprendre de nouvelles choses pour le mois d’octobre! Si nous vous en parlons c’est parce que, déjà, les différentes facultés de la ville se trouvent dans des édifices historiques vraiment remarquables. Ensuite, Salamanca peut se targuer d’avoir la plus vieille université d’Espagne et la deuxième d’Europe après Bologne, en Italie. Elle a été fondée en 1218. Oui, ils sont studieux les gens du sud! Enfin, l’université a reçu de prestigieux élèves comme le navigateur Hernan Cortés ou l’écrivain Miguel de Cervantes, le Molière espagnol. Christophe Colomb y est même venu préparer une partie de son expédition qui le mena à la découverte de l’Amérique. Paradoxalement, c’est également à l’intérieur de ces murs qu’ont été discutés la mise en place de droits pour les indigènes du Nouveau Monde. On y a également accueilli la première femme étudiante du monde, Beatriz Galindo qui était une dame de compagnie de la reine Isabel et on y a crée la première grammaire du castillan en 1492. Rien que ça!

Aujourd’hui, l’université de Salamanca reste très prisée des étudiants locaux et internationaux et la municipalité en tire la plupart de ses revenus. L’ambiance en ville est d’ailleurs très cool, très jeune et très dynamique. Nous avions un peu peur, avant de venir dans le nord, de retrouver l’ambiance de Zaragoza très froide. Heureusement, ça n’a pas du tout été le cas. Certes, les gens n’ont pas l’exagération des Andalous mais ils restent ouverts et très sympas!

Les archives de la Guerre Civile

Nous y sommes rentrés pour nous protéger du froid. Oui, vous avez bien lu, du froid! Le matin de notre départ, il y avait un vent glacial à décorner des bœufs et c’était beaucoup trop tôt pour aller boire l’apéro. Donc nous avons été nous abreuver d’histoire plutôt que de pinard local, très bon soit dit en passant! Nous n’y avons pas pris de photo à l’intérieur, même si c’est autorisé, car les documents de propagande de l’époque que nous y avons trouvés sont super nauséabonds et nous savons que la population espagnole est encore très mal à l’aise avec cette partie de son histoire. Mais ça reste très intéressant même si nous avons été hallucinés par certains écrits de l’époque, de la part des deux camps.

Il y a une partie dédiée à la loge maçonnique de Salamanca qui, comme toutes les sociétés de francs-maçons, a été persécutée par le régime de Franco.

L’entrée est gratuite et il y a des visites guidées à certaines heures. Malheureusement pour nous, elle étaient complètes ce jour-là. Mieux vaut s’y inscrire à l’avance.

Le pont romain

Il faut sortir de l’enceinte de la vieille ville pour observer le seul vestige romain encore visible à Salamanca. Ce magnifique pont date du Ier siècle mais a dû subir plusieurs campagnes de restauration au cours des siècles à cause des crues du Rio Tormes, la rivière qui traverse Salamanca. C’était un important passage de la Via de la Plata, une voie romaine d’Hispanie occidentale reliant Augusta Emerita (Mérida) à Austurica Augusta (Astorga) et qui est aujourd’hui un des itinéraires des chemins de Compostelle. La plus-value de ce pont c’est qu’il donne une vue incroyable sur les cathédrales qui dominent la ville.

Nous avons bien fait de nous bouger à 460 kilomètres au nord de notre belle Séville et de subir un interminable trajet en bus ainsi qu’un vent glacial du nord! Salamanca est vraiment une très belle ville avec un patrimoine historique incroyable. Nous vous recommandons plutôt d’y accéder par Madrid à environ deux heures de bus ou de train. L’Espagne n’a pas que des plages et des bars à tapas à offrir mais aussi ce genre de petites villes où il fait bon d’y passer quelques jours.

Visite de la cathédrale Santa Maria de la Sede de Sevilla et de sa Giralda

Ça fait des mois, voire plus, que nous vous promettons un article sur notre belle ville Séville. Désolés si nous vous avons donné de faux espoirs, mais c’est encore « Work in progress » et ça ne sera pas pour cette fois encore. Rassurez-vous, l’article est en cours d’écriture et il avance, à la sévillane certes, mais il avance quand même. Nous nous sommes juste rendus compte que nous avons tellement de choses à dire sur notre ville que nous n’allons pas pouvoir le faire en une seule fois, ce serait beaucoup trop long et indigeste. Alors nous allons scinder et vous proposer plusieurs articles sur des sujets précis de Séville. Aujourd’hui, nous allons vous emmener en visite dans notre belle cathédrale.

NB : n’hésitez pas à nous dire si vous aimez cette façon de faire ou si vous préférez n’avoir qu’un seul gros article à lire en une fois!

La cathédrale

La cathédrale se trouve en plein cœur du centre historique de Séville juste à côté de l’alcazar. Sa Giralda se voit de loin et le bâtiment est tellement énorme qu’il est impossible de le louper même en ayant abusé de la manzanilla! Non, à Séville une manzanilla (camomille en français) n’est pas une infusion mais un vin blanc local sec mais quand même un peu licoreux très prisé des locaux même si en vrai il vient de Sanlúcar de Barrameda, 90 kilomètres plus au sud, à l’embouchure du Guadalquivir, le fleuve qui traverse notre ville.

Mais revenons à nos moutons ou plutôt à notre cathédrale! De toute façon, il ne faut pas abuser de la manzanilla surtout par les chaleurs estivales sous peine de se retrouver avec un mal de tête carabiné! (C’est du vécu!) Et l’abus d’alcool est dangereux pour la santé!

Ce monstre gothique qui s’étend sur plus de 11’500 mètres carré est la plus grande cathédrale d’Espagne, la deuxième plus grande cathédrale gothique du monde après Milan mais juste à quelques mètres carrés près ainsi qu’une des plus grandes du monde chrétien en général. Oui, on se la pète un peu avec notre cathédrale, mais elle en jette vraiment, n’est-ce pas? Sa construction commença à la fin du XIVe siècle et dura plus d’un siècle. On remarque d’ailleurs bien les évolutions architecturales entre le gothique, le style Renaissance et le baroque. A cet emplacement, il y avait la mosquée principale d’ Ishbiliya, le petit nom de Séville durant le califat almohade, c’est-à-dire, l’époque musulmane. Il en subsiste aujourd’hui la Giralda, le campanile de style mudéjar qui en était le minaret. C’est une tour de 104 mètres de haut, le plus haut clocher du pays, qui a été construite sur le modèle de la mosquée Koutoubia de Marrakech. Ayant été à Marrakech, nous confirmons la ressemblance troublante! Un clocher de style Renaissance a été rajouté au XVIe siècle lors de la conversion de la mosquée en cathédrale.

Notre cathédrale est tellement ouf qu’elle a été inscrite, avec l’alcazar et les archives des Indes, au patrimoine mondial de l’UNESCO!

Notre Giralda a également servi de modèle à la tour Hassan de Rabat. Bon, cette dernière n’a jamais été achevée mais il faut reconnaître qu’il y a un air de ressemblance, ne trouvez-vous pas?

A gauche, notre Giralda sévillane, à droite, la tour Hassan de Rabat.

L’intérieur

Nous avons usé plusieurs fois de nos passe-droits de résidents pour visiter l’intérieur de la cathédrale gratuitement. L’entrée pour les touristes coûte douze euros et nous vous conseillons de prendre vos billets à l’avance sur internet afin de ne pas devoir faire la queue, souvent en plein cagnard, pour accéder à l’intérieur du monument.

Si vous pensez trouver des traces de l’ancienne mosquée, passez votre chemin et allez plutôt visiter la mezquita de Córdoba, qui elle a gardé son architecture mudéjare magnifique. Ici à Séville, c’est du gothique, puis du baroque sur chaque centimètre carré de la cathédrale. Dans la nef principale, il n’y a plus aucun vestige architectural de l’époque musulmane.

La nef centrale est énorme. Elle n’a pas la forme d’abside comme une cathédrale gothique traditionnelle mais plutôt d’un énorme carré. Rappelons-nous, nous sommes dans un ancienne mosquée même si ça ne se voit plus trop, d’où cette forme un peu particulière. La hauteur est impressionnante et le plafond possède les voutes typiques de l’architecture gothique.

Capilla Mayor

La grande chapelle se trouve au centre de la nef centrale et est reconnaissable grâce à son énorme retable doré. Cette magnifique œuvre d’art commencée en 1481 mesure vingt-six mètres de haut, dix-huit mètres de large et cinq mètres de profondeur et serait le plus grand retable de toute la chrétienté. Sa superficie atteindrait les quatre cents mètres carrés et il a fallu plus de 80 ans pour terminer les travaux. Oui, elle se la pète vraiment cette cathédrale! L’accès à la chapelle en elle-même n’est pas possible mais il vaut quand même la peine de s’en approcher le plus possible afin d’admirer tous les détails architecturaux incroyables.

Le choeur

En face de la grande chapelle, se trouve le choeur qui est tout aussi impressionnant. La structure en bois date de 1523 et possède un style déjà plus Renaissance. Quant à l’orgue, il date de 1901 en remplacement de l’ancien qui s’était effondré quelques années auparavant mais le meuble en bois dans lequel il est encastré date de 1724.

Les chapelles latérales

Comme toute cathédrale digne de ce nom, celle de Séville possède une multitude de chapelles latérales toutes plus belles les unes que les autres. Certaines possèdent même des tombeaux de certains monarques espagnols ou de célèbres hommes d’églises. Il y a de nombreux tableaux magnifiques de la Renaissance, parfois de la part de parfaits inconnus, mais plus généralement d’illustres peintres flamands, espagnols comme Francisco de Goya de Zaragoza ou encore plus locaux comme Murillo, notre Michel-Ange local. Pour des vrais amateurs d’art, les tableaux des chapelles doivent être exceptionnels mais nous devons reconnaître que n’avons pas (encore) été sensibilisés à la peinture et que nous sommes très incultes en la matière. Nous sommes juste capables de dire si nous trouvons un tableau joli ou non.

Les sacristies et le trésor

Après avoir traversé un patio qui pourrait nous rappeler la mosquée, on délaisse complètement le gothique pour nous retrouver dans des salles cent pour cent baroques. C’est là qu’est exposé le trésor composé d’innombrables pièces en or et en argent finement sculptées. Ces objets sont magnifiques mais il ne faut pas oublier qu’on les doit quand même au pillage d’or dans les colonies. Séville était la première à se servir puisque c’était le port d’arrivée des navires arrivant depuis le Nouveau-Monde. A ce titre, elle possède donc un des plus beau et plus riche trésor d’Espagne.

Le tombeau de Christophe Colomb

Certes, Christophe Colomb était génois mais il a surtout travaillé pour le Royaume d’Espagne tout au long de sa vie. L’explorateur est mort en 1502 mais ce tombeau ne date que de 1899. Il a d’abord été enterré à Valladolid, une petite ville au nord-ouest de Madrid, qui est le lieu de son décès. Puis, son corps a été transféré une première fois à Séville, puis à Santo Domingo, puis à La Havane. Après l’indépendance de Cuba, les Cubains consentirent à restituer les restes de Christophe Colomb à l’Espagne. Le choix de la cathédrale de Séville se fit assez facilement : la ville étant un avant poste important du Nouveau Monde du temps de l’empire espagnol, il était logique que celui qui l’a découvert soit enterré ici.

Patio de los naranjos

Ce patio est le plus grand espace qui nous reste de l’ancienne mosquée. Nous devons avouer qu’il nous a un peu déçus. C’est vrai que l’intérieur de la cathédrale est tellement grandiose que ce patio fait un peu pâle figure avec sa petite fontaine et son alignée d’orangers. C’est un peu dommage car c’est de là qu’on sort de l’édifice, du coup on laisse le plus décevant pour la fin.

La Giralda

Bon, nous, nous avons un peu triché dans l’ordre de la visite et avons gardé le meilleur de la cathédrale pour la fin : la grimpette sur la Giralda! Nous sommes ici sur le minaret de l’ancienne mosquée qui date du XIIe siècle et qui possède encore quelques vestiges d’architecture mudejar. Par contre, au sommet, c’est un vrai clocher catholique qui nous attend et qui a été rajouté au XVIe siècle. La montée en rampe et en pente douce qui existe encore aujourd’hui est d’époque musulmane et a été conçue pour pouvoir accéder au sommet avec des chevaux.

La vue

Le clou du spectacle reste la vue que nous avons sur la ville et sur le toit de la cathédrale depuis le sommet! Les détails gothiques du sommet du bâtiment sont juste incroyables! Avec le soleil écrasant de l’été et les façades blanchies à la chaux, nous nous imaginons sans peine dans une ville nord-africaine. Seules les coupoles et les clochers des églises nous rappellent que nous sommes en terres catholiques. Voir notre ville d’en haut nous a donné une belle piqûre de rappel sur la chance que nous avons de vivre dans magnifique endroit comme celui-ci.

Malgré son gigantisme, la cathédrale n’est qu’une toute petite partie de tout ce qu’il y a à voir à Séville. Même si nous y passons devant plusieurs fois par semaine, nous sommes toujours impressionnés par ce monstre qui trône fièrement en plein centre historique et encore plus chaque fois que nous pénétrons à l’intérieur et que nous découvrons les œuvres d’art incroyables. A chaque visite, nous découvrons des nouveaux détails.

Nous espérons que cette première petite mise en bouche vous aura donné envie d’en découvrir un peu plus sur notre magnifique ville. Nous allons essayer de ne pas trop tarder avant de publier d’autres articles sur la ville. Mais ce n’est pas évident. Déjà, nous sommes conscients de manquer cruellement d’objectivité. Ensuite, nous avons trop de choses à dire pour que ça reste cohérent et facile à lire. Enfin, à force de connaître la ville, nous commençons à devenir un peu perfectionnistes sur ce que nous voulons vous raconter. Mais promis, nous allons essayer de faire un travail sur nous et vous livrer très bientôt d’autres aventures sévillanes!

Les trésors historiques peu connus de la province de Córdoba

Quand on voyage à travers l’Andalousie, un des gros highlights est, à juste titre, la ville de Córdoba avec sa mezquita, son pont romain et son magnifique centre historique. Malheureusement, on a tendance à oublier que toute la province, à l’instar de l’Andalousie toute entière, regorge de trésors qu’il vaut la peine d’aller découvrir. Nous avons été voir deux d’entre eux situés à quelques encablures du centre-ville.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, nous allons juste faire une petite mise en garde météorologique! Toute la région de Córdoba est surnommée « la olla de España », c’est-à-dire la casserole de l’Espagne. Et ce n’est pas usurpé! En été, il fait des chaleurs torrides, l’air est très sec, le soleil brûle et les températures atteignent souvent les 45 degrés. Ce n’est pas du tout idéal pour les activités que nous allons vous proposer ci-dessous! Nous y avons été début février et avons eu la chance d’avoir des journées quasi printanières mais les meilleures périodes restent quand même le printemps ou l’automne.

Almodovar del Rio

Si vous êtes dans le train entre Sevilla et Córdoba, vous remarquerez à une vingtaine de kilomètres avant d’arriver à Cordoue, sur la gauche dans le sens de marche, un magnifique château sur un énorme promontoire rocheux. C’est le château d’Almodovar del Rio qui surplombe le village du même nom. Bien que la ligne de chemin de fer passe littéralement sous le château, il ne s’y arrête pas. Il faut prendre le bus depuis Córdoba pour accéder au lieu. Le village en lui même n’a rien de ouf. Il est blanc comme n’importe quel village andalou mais sans rien de pittoresque. Il est un peu endormi au milieu de la campagne mais les habitants sont habitués et ravis d’accueillir les touristes venant visiter le château, surtout en hiver où tout est très calme.

Le château

Vous vous doutez sûrement que si nous sommes venus jusqu’ici, c’est pour effectuer la grimpette jusqu’au château! Il faut compter un bon quart d’heure de marche depuis l’arrêt de bus. Certes, ça grimpe un peu mais c’est en pente douce et tout est goudronné, il n’y a rien de difficile. La visite du château en elle-même est plus difficile avec toutes les marches qu’il y a à monter et à descendre mais ça vaut le coup! Le prix d’entrée est de 10 euros.

L’histoire du château est assez similaire à celle du reste de l’Andalousie. Sur le promontoire rocheux qu’on appelle « El Redondo », c’est-à-dire le rond à cause de sa forme circulaire, il y avait déjà un oppidum fortifié du temps des Ibères et des Tartessos, des civilisations antiques du sud de la péninsule ibérique. Le lieu devint vite prospère grâce à la culture des céréales, de l’élaboration de l’huile d’olive et de l’exploitation des mines d’argent. Les Omeyyades (les fondateurs musulmans d’Al-Andalus, l’Andalousie musulmane, originaires de Damas) développèrent encore plus la région depuis l’an 740 même si plusieurs guéguerres internes firent passer Al Mudawar (le nom arabe d’Almodovar à l’époque) du califat de Cordoue à la taïfa de Carmona avant de la faire passer sous contrôle de la cour almohade de Séville.

En 1240, en pleine Reconquista, le château passa sous contrôle du Royaume de Castille et fut la propriété de divers comtes, seigneurs ou marquis locaux avant d’être peu à peu abandonné. En 1901, le propriétaire de l’époque décida de le restaurer avec l’aide d’un architecte local. Malheureusement, ni l’un ni l’autre n’eurent la possibilité de voir l’œuvre achevée pour cause de décès. Mais les travaux continuèrent à titre posthume jusqu’en 1936, date de l’éclatement de la Guerre Civile. Aujourd’hui, le château appartient à un marquis local mais est mis à la disposition de la municipalité pour permettre les visites à des touristes lambdas comme nous, certains tournages de films ou encore l’organisation de joutes médiévales.

Il faut compter une bonne grosse demi-journée de visite pour pouvoir profiter pleinement du château. Il est possible de monter sur toutes les tours et la promenade sur les remparts prend du temps. Nous n’avons pas compté les marches que nous avons montées respectivement descendues mais il y en avait beaucoup! Les salles intérieures sont très intéressantes et contiennent quelques objets archéologiques de différentes époques trouvés sur le site. Nous sommes bien évidemment descendus dans les cachots où Van a même essayé d’y oublier Fab mais celui-ci, malin, a réussi à s’échapper!

Avec une grimpette pareille et la promenade sur les remparts, vous imaginez bien la vue que nous avons pu avoir! En effet, il y a un superbe panorama sur la plaine agricole, le village d’Almodovar del Rio et les montagnes de la Sierra Morena. Le promontoire sur lequel se dresse le château se trouve dans un méandre du Rio Guadalquivir, oui le même qui traverse Córdoba, Séville et qui va se jeter dans l’Atlantique à Sanlúcar de Barrameda. Mais malgré cette météo splendide, nous sommes quand même en hiver et le fleuve se drape d’un magnifique nuage de brume.

Si vous êtes fans de châteaux et de tout ce qui touche au Moyen-Age, Almodovar del Rio peut être un but de visite vraiment sympa. Si en voyant nos photos, vous avez eu l’impression de reconnaître un lieu familier, c’est normal surtout si vous avez suivi assidument la série Game of Thrones. En effet, une partie de la septième saison y a été tournée et le château a donné vie au décor de Highgarden, le siège de la maison des Tyrell.

Madinat az-Zahra

Madinat az-Zahra se situe encore plus près de Córdoba qu’Almodovar del Rio. Le site ne se situe qu’à huit petits kilomètres du centre ville. Il y a deux moyens de s’y rendre par les transports publics. Il y a un bus spécial pour le site qui part devant l’Alcazar et qui coûte neuf euros l’aller-retour. Pour les horaires et les billets, il faut se rendre à l’office du tourisme qui se trouve devant la Mezquita. Nous avons choisi l’option plus locale et plus économique avec le bus urbain qui part de la Avenida de America. Chaque trajet nous a coûté quarante centimes mais nous sommes titulaires de la carte des transports d’Andalousie. Mais même sans la carte, ça reste très avantageux.

Le bus touristique vous déposera dans le parking du centre des visiteurs tandis que le bus urbain vous déposera quelques centaines de mètres plus bas sur la grande route à l’intersection de la petite route de campagne qui mène au site. Il vaut la peine de s’arrêter au centre des visiteurs où les explications sur l’histoire de Madinat az-Zahra sont très intéressantes. Le site archéologique en lui-même se situe à deux kilomètres de là juste au pied de la Sierra Morena. Des bus font la navette pour trois euros l’aller-retour mais il est tout à fait possible de s’y rendre à pieds. Quant à l’entrée du site, elle est gratuite si vous êtes citoyens de l’Union Européenne. Elle vous coûtera 1,50€ le cas échéant.

La particularité de Madinat az-Zahra est que son histoire est à cent pour cent arabe. Elle n’existait pas avant l’arrivée des Omeyyades et a été abandonnée avant la Reconquista. La construction de la ville date des années 936-940. Mais l’histoire commence presque deux siècles plus tôt à plus de cinq mille kilomètres plus à l’est. A Damas, les Omeyyades se font vaincre par les Abassides qui prirent le contrôle de tout l’empire musulman depuis leur nouvelle capitale Bagdad. Suite à cela, le sultan Abderraman Ier, un Omeyyade, proclama l’indépendance de l’émirat de Cordoue faisant de sa capitale la ville la plus prospère et la plus avancée d’Europe à l’époque. Au même moment à Ifriqiya (la Tunisie et le nord-ouest de la Lybie), les Fatimides, grands ennemis des Omeyyades d’Andalousie, fondèrent leur propre califat tout aussi prospère. Afin de montrer leur supériorité, les califes de Córdoba décidèrent de fonder une nouvelle ville avec des palais, des jardins, une grande mosquée et des bains. Voilà comment est née Madinat az-Zahra.

Ce projet a tellement bien fonctionné et la ville devint si prospère qu’elle commença a faire de l’ombre à sa grande sœur Córdoba. Tous ces petits conflits interne mena à une terrible guerre civile entre 1010 et 1013 avec comme conséquence la dislocation de l’émirat de Cordoue en petites taïfas régionales ainsi que la destruction de la ville de Madinat az-Zahra. Le site a été laissé à l’abandon jusqu’en 1911 où on y commença une campagne de fouilles archéologiques. Depuis 2018, le complexe archéologique est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le grand portique

On accède au site par le nord mais la vraie porte d’entrée de la ville se trouve à l’est avec ce grand portique qui donnait accès à l’alcazar. A la base, il y avait quinze arches sur deux niveaux qui s’élevaient à près de dix mètres de haut. Aujourd’hui, il n’en reste plus que quatre et le deuxième étage à complètement disparu mais nous pouvons déjà imaginer la grandeur de l’édifice! Le but de Madinat az-Zahra était d’en mettre plein la vue et il semblerait que l’objectif ait été atteint avant même de franchir l’entrée de la ville!

La maison de Yafar

Vu que la ville a été détruite, le site n’est pas dans un très bon état de conservation et il est rare d’y voir des façades encore debout. Il y a une exception avec la maison de Yafar et ses superbes arches mauresques même si on doit, en partie, sa beauté à une minutieuse restauration dans les années 2000. La maison appartenait à Yafar al-Siqlabi, d’où son nom, qui était premier ministre de la ville. Elle possédait trois patios, un espace officiel et un espace privé avec plusieurs chambres et salles de bains ainsi que des espaces pour les domestiques. C’était le plus grand édifice d’habitation de la ville même si aujourd’hui, il est difficile de s’en faire une idée de la grandeur avec juste ce tas de ruines qui reste.

Ce n’est évidemment pas la seule maison de Madinat az-Zahra mais c’est la plus reconnaissable de toutes avec sa façades. Les autres sont soit dans un état déplorable ou soit inaccessibles pour cause de danger, de travaux de restaurations ou de fouilles archéologiques.

La basilique supérieure

Eh non, ce n’est PAS une basilique malgré son nom. On l’appelle ainsi parce qu’elle a été construite en croix, comme une basilique et parce que les archéologues n’ont pas encore trouvé quelle était la fonction exacte de cet édifice. Pour l’instant, les théories penchent pour une fonction plutôt militaire ou alors pour un palais de vizirs. Quoi qu’il en soit, c’est le bâtiment le plus beau et le mieux conservé de tout le site. Il surplombe le reste de la ville en étant presque accroché aux premières pentes de la Sierra Morena. Mention spéciale pour les superbes arches typiquement mudéjars qui se tiennent encore fièrement debout après toutes ces années.

Madinat az-Zahra est une visite qu’il vaut la peine de faire depuis Córdoba et c’est, à notre connaissance, le seul site uniquement d’influence arabe de toute l’Europe. Evidemment, si notre affirmation est fausse et que nous trouvons un autre endroit de ce genre, nous nous empresserons d’aller le découvrir!

Si vous aimez randonner, la Sierra Morena est très accessible est propose plusieurs itinéraires de balades. Nous y avons été dégourdir nos gambettes mais nous retournerons explorer tout ça ultérieurement.

Evidemment, la province de Córdoba ne s’arrête pas à sa capitale et aux deux sites que nous venons de vous faire découvrir mais c’est déjà une belle première approche. En ce qui nous concerne, nous avons été conquis et ça nous donne une belle alternative aux provinces plus touristiques tournées vers la mer comme Cádiz ou Málaga.

Cordoue, la petite Jérusalem andalouse

Avant d’attaquer cet article, nous allons juste faire une petite mise au point linguistique sur notre titre. En effet, nous préférons généralement utiliser le nom des villes dans leur langue originale, surtout si elle est latine, mais comme nous avons déjà un article intitulé Córdoba, sur la ville du même nom en Argentine, nous voulions éviter toute confusion.

Voilà, ces considérations linguistiques étant réglées, nous pouvons entrer dans le vif du sujet : la visite de la belle ville de Cordoue (ou Córdoba si vous préférez).

Córdoba, c’est la carte postale typique de l’Andalousie : des maisons de type andalou blanchies à la chaux, de l’architecture mudéjare à chaque coin de rue, une juderia (quartier juif), un climat semi-désertique, des patios fleuris et un centre historique de ouf.

Cette fois, nous inversons les rôles par rapport à Grenade, c’est Van qui avait visité la ville en coup de vent, toujours en 2006 (on ne rajeunit pas!) tandis que Fab avait pris plus de temps sur place et eut un véritable coup de cœur pour Córdoba.

Le Centre historique

Le centre historique, un des plus grands d’Europe et le deuxième d’Espagne après Séville, est un véritable musée à ciel ouvert! Pour cause, Córdoba a été la capitale d’Al-Andalus, le royaume arabe de la péninsule ibérique, au temps de sa splendeur. La vieille ville a d’ailleurs été inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Il suffit juste de déambuler à travers les petites ruelles bordées de maisons blanchies à la chaux pour découvrir des milliers de trésors architecturaux ou décoratifs. Par contre, ayant visité la ville en temps de Covid-19, beaucoup d’édifices sont fermés ou ouvert sur rendez-vous avec des horaires très restreints.

Plaza de la Corredera

Et non, ce n’est pas la Plaza Mayor de Madrid même si la ressemblance est troublante! C’est une énorme place de 113 mètres de long et de 55 mètres de large qui date du XVIIe siècle. C’est un architecte de Salamanca (Castille-et-León, nord de l’Espagne) Antonio Ramos Valdés qui conçut les dessins de la place. Voilà pourquoi, elle ressemble beaucoup à certaines grandes places de villes du nord de la péninsule ibérique. Aujourd’hui, elle est principalement utilisée pour des manifestations festives (hors Covid, évidemment!)

Le temple romain

Déjà à l’époque romaine, Córdoba était une ville importante puisqu’elle était la capitale de la province d’Hispanie Ultérieure qui couvrait grosso modo l’actuelle Andalousie ainsi que l’Algarve. (sud du Portugal) A la place de ces superbes colonnes corinthiennes en marbre devait se trouver la mairie. Mais lors de sa construction dans les années 1950, les vestiges d’un temple romain apparurent faisant stopper les travaux. Le temple date de l’époque des empereurs Claude et Domitien. Córdoba regorgerait de ruines romaines mais elles n’ont pas encore fait l’objet de fouilles archéologiques.

Le musée archéologique

En plein cœur du centre historique, à l’emplacement même de l’ancien théâtre romain, se trouve le musée archéologique complètement rénové entre 2020 et 2021. On y trouve de superbes pièces datant de la préhistoire (les Ibères), de l’époque romaine, de l’époque d’Al-Andalus ainsi que des premières années de la Reconquista. C’est super intéressant et ça retrace une bonne partie de l’histoire de la province de Córdoba. En plus, l’entrée est gratuite pour les ressortissants de l’Union Européenne!

Petit fun fact : une partie des pièces ont été récupérées à la suite d’un coup de filet de la police locale qui a démantelé un grand réseau de recel de pièces historiques dans toute la région!

Le pont romain

Le pont d’origine date, comme son nom l’indique de l’époque romaine, plus ou moins de l’an 45 avant notre ère. Mais il fut détruit au Xe siècle. Les califes maures (les musulmans donc) le reconstruisirent quasiment à l’identique. Le pont eut droit à plusieurs rénovations à travers les siècles depuis la Reconquista (la conquête catholique du sud de l’Espagne dès le XIIIe siècle) jusqu’en 2008. Il traverse le Guadalquivir, le cinquième fleuve de la péninsule ibérique et le plus important d’Andalousie. Sur la rive gauche, on accède au pont par la Torre Calahorra, une superbe tour fortifiée datant du XII. Lors d’une rénovation au XVIIIe siècle, les catholiques y ajoutèrent une statue de l’archange Raphael. En plus d’être vraiment beau, cet ouvrage offre un superbe point de vue sur la Mezquita, le centre historique et la Sierra Morena en arrière-plan.

Les moulins du Guadalquivir

Le long du Rio Guadalquivir, dans toute la province de Córdoba, se trouvent les vestiges de quelques moulins datant de l’époque romaine jusqu’au XVe siècle. Vu le climat aride de la région, la farine était considérée comme l’or blanc à l’époque. Certains moulins ont été restaurés mais la plupart ont volontairement été privés de rénovations car diverses espèces d’oiseaux en ont fait leur lieu de villégiature et les autorités ont décidé de reconvertir ces lieux en réserves naturelles.

Côté Arabe

Pendant la période musulmane, Córdoba prit encore de l’importance en devenant la capitale du califat de Cordoue qui, du temps de sa splendeur, comprenait les territoires actuels du sud de la Catalogne, l’Aragon, la Castille-la-Manche, la Communauté Valencienne, la région de Murcia, l’Andalousie, l’Estrémadure, les Baléares, la partie sud du Portugal depuis Porto, toute la pointe de Tanger ainsi que Melilla. De quoi bien se la péter! Les califes de Cordoue appartenaient à une branche des Omeyyades, des gars de Damas qui ont régné sur tout le monde arabe pendant des siècles! Rien que ça!

Aujourd’hui, une bonne partie du centre historique garde des témoignages architecturaux de cette époque faste.

La mezquita

C’est le bâtiment emblématique de Córdoba! Mezquita signifie mosquée en espagnol. Donc c’est encore une cathédrale construite sur une mosquée. Mais pas seulement! A la base, c’était un temple romain dédié au dieu Janus qui était le dieu des commencement, des fins, des choix et des portes. (Oui, les Romains avaient un rapport particulier avec les portes!). A la chute de l’empire, les Wisigoths (des espèces de barbares germaniques venus conquérir la péninsule ibérique) en ont fait une cathédrale catholique dédiée à St-Vincent vers 584. Ce n’est qu’en 714 que l’église fut transformée en mosquée et de manière plutôt pacifique puisque les musulmans signèrent un accord avec les Wisigoths leur permettant d’exproprier la cathédrale. La première mosquée fut achevée en 786 mais fut agrandie trois fois jusqu’en 987. Elle devint alors la deuxième plus grande mosquée du monde après celle de la Mecque! Lors de la Reconquista, en 1236, le roi Ferdinand III de Castille en refit une cathédrale de culte catholique qui est encore en vigueur aujourd’hui même si des commissions islamiques revendiquent le droit aux musulmans d’y prier, ce qui est, pour l’instant, formellement interdit.

Ce qui est vraiment fou avec ce bâtiment, c’est que l’architecture arabe n’a pas été détruite ou cachée durant la Reconquista, les catholiques y ajoutèrent juste quelques détails baroques typiques de l’époque. On peut y observer le mélange de ces deux styles totalement différents comme, par exemple, une porte de forme islamique ornée d’une fresque de la Renaissance racontant un passage de la Bible.

Le patio des orangers

C’est la cour intérieure de la mezquita et on y trouve, comme son nom l’indique des orangers, mais aussi des cyprès. A l’époque musulmane, c’était la salle des ablutions mais elle était également utilisée comme medersa (sorte d’école coranique) pour les enseignements islamiques ainsi que pour les jugements de la charia. C’est du patio qu’on a la plus belle perspective sur le clocher haut de cinquante quatre mètres. Oui, c’est l’ancien minaret de la mosquée mais comme il a été en partie détruit au XVIIe siècle lors de la transformation de l’édifice en cathédrale, ça ne se voit plus trop contrairement à la Giralda de Séville.

L’accès au patio se fait librement, il n’y a pas besoin d’acheter les tickets d’entrée pour la mosquée.

L’intérieur

Malgré plusieurs séjours à Córdoba, nous n’avions pas eu l’occasion de visiter l’intérieur de la mezquita avant cet hiver 2024. Soit c’était fermé pour cause de feria, soit c’était en pleine rénovation, soit c’était limité pour cause de Covid-19. Nous sommes toujours les spécialistes des mauvais timings!

Bref nous avons finalement découvert ce joyau architectural de l’intérieur pour un prix d’entrée de 13 euros.

L’intérieur est une grande salle hypostyle (salle couverte soutenue par des colonnes) comme une grande partie des temples égyptiens. A Cordoba, rien ne nous rappelle les pharaons mais plutôt les émirs, les souks, les épices et les appels à la prière. Toutes ces colonnes et arcades en forme typique de serrure sont impressionnantes et donnent une perspective incroyable. La salle est énorme et doit être bien fraîche durant les grosses chaleurs estivales. Lors de notre visite hivernale, nous avons eu froid malgré des températures très douces à l’extérieur. Si vous venez en hiver, pensez à prendre une couche supplémentaire!

L’ensemble possèderait plus de 850 colonnes qui formeraient pas moins de onze nefs. Nous n’avons pas compté mais nous confirmons que c’est immense!

Malgré cet héritage musulman bien présent vous devez quand même vous douter que les catholiques n’ont pas laissé cette mosquée telle quelle lors de la Reconquista! Effectivement, au XVIIe siècle, la mezquita a subi quelques transformations, et pas des moindres! Le baroque était à la mode et les architectes de l’époque en ont, à notre avis, un peu abusé! Pourtant, nous adorons le baroque! Certes, un peu partout en Europe, la Renaissance a un peu exagéré avec les fioritures et les peintures mais là c’est vraiment abusé! Le contraste est vraiment saisissant et nous n’étions pas prêts!

Objectivement, c’est quand même superbe et certains détails sont dignes de travail d’orfèvre. Nous avons juste eu l’impression de visiter deux édifices complètement différents. Sachant que plusieurs rois de Castille ont leur sépulture à l’intérieur des chapelles, nous imaginons que les artistes aient dû mettre le paquet pour la déco!

N’oublions pas les juifs!

Nous pourrions presque comparer Córdoba à Jérusalem tant les trois religions monothéistes ont joué un rôle important dans la culture de la ville. Les juifs séfarades (ceux originaires de la péninsule ibérique) étaient installés à Cordoue depuis l’époque romaine déjà. Ils ont vécu en plus ou moins bonne entente avec les musulmans mais c’était chacun son quartier! Les juifs étaient alors repoussés à l’extérieur du centre-ville. Ils ont pu regagner leurs anciens quartiers du centre-historique, appelés la Juderia, avec l’arrivée de Ferdinand III de Castille et la Reconquista. Mais le couperet tombe en 1492 avec le décret de l’Alhambra où les rois catholiques signent le bannissement de toutes les communautés juives (et toutes les autres non catholiques) de leur royaume. Décret qui ne fut abrogé qu’en 1967! Aujourd’hui, il ne reste juste quelques vestiges de la communauté juive dont la synagogue.

La synagogue date du XIVe siècle et a été construite dans le style mudéjar. D’ailleurs, si ce n’était pas indiqué, jamais nous n’aurions deviné que c’était une synagogue! Après l’expulsion des juifs, le bâtiment fut utilisé comme hôpital pour les patients atteints de la rage. C’est une des trois seules synagogues d’avant le décret de l’Alhambra encore existante en Espagne, les deux autres se trouvant à Toledo.

L’Alcazar des rois chrétiens

Il y avait une ancienne forteresse mauresque à cet emplacement mais il n’en reste pratiquement plus rien. L’alcazar actuelle date complètement de l’époque catholique (1328 environ) et a été renforcée pendant les diverses guerres qu’a connu le royaume d’Espagne. Sous le règne d’Isabelle la Catholique, le palais sert de tribunal à l’Inquisition et des salles d’interrogatoire et de torture y sont aménagées. C’est également dans ce bâtiment que Christophe Colomb s’est entretenu, à la même époque, avec le couple royal au sujet de l’expédition qui devait l’emmener en Amérique. (Et dire qu’à ce moment, il pensait rejoindre les Indes!) Au XIXe siècle, l’édifice devint une prison avant de devenir un bien historique sous la dictature franquiste.

Les patios

S’il y a bien quelque-chose dont Córdoba est fière, en plus de tout ce que nous venons de parler, ce sont ses patios! Un patio, c’est une petite cour intérieure, souvent avec une fontaine dans son centre, ornée d’arcades, de mosaïques et de fleurs. C’est typique de l’architecture de Cordoue et c’est un vrai havre de fraîcheur lors des températures caniculaires qui sont fréquentes dans la région.

S’il y a une activité à faire à Córdoba (mais avec discrétion!), c’est de jeter un coup d’œil furtivement dans chaque ouverture de porte ou de fenêtre car il y a souvent un magnifique patio à l’intérieur même si la maison paraît modeste au premier abord.

La fiesta de los patios

Chaque année pendant la deuxième semaine du mois de mai, se déroule la fête des patios. Plus d’une cinquantaine de maisons du centre historique ouvrent leurs patios au public pour cette occasion. Il y a même un concours du patio le mieux décoré et le mieux fleuri de Córdoba. Nous ne savons pas sur quels critères se base le jury pour l’attribution des prix car, à nos yeux, ils sont tous plus beaux les uns des autres. La plante star est le géranium planté dans des petits pots traditionnels accrochés à la paroi mais il y a également un grande variété de fleurs qui y est représentée.

Cette fête attire beaucoup de monde. L’UNESCO l’a d’ailleurs inscrite sur le site de son patrimoine culturel immatériel. Nous vous conseillons d’y aller pendant les jours de semaine et pendant l’ouverture du matin soit entre onze et quatorze heures. La visite des patios est gratuite mais vous pouvez laisser quelques pièces de monnaie si ça vous a particulièrement plu.

Gastronomie locale

Córdoba a un centre historique de ouf et une histoire richissime mais ça ne lui suffit pas. Il faut en plus qu’elle ait sa propre gastronomie! Il a bien fallu que nous aillions voir ça de plus près surtout qu’elle a l’air plus créative que la cuisine espagnole. Nous avons testé pour vous :

– Le salmorejo córdobes : c’est une variante du gazpacho andalou (oui, Córdoba doit avoir son propre gazpacho). C’est une soupe de tomate froide à l’ail et à l’huile d’olive épaissie par de la mie de pain qui lui donne une texture crémeuse. On la sert en général avec des miettes d’oeufs durs et des petits carrés de jamon ibérico. (le jambon cru espagnol). C’est super bon et super frais pour les chaudes journées d’été qui dure presque toute l’année à Córdoba.

– La mazamorra cordobés : le houmous local sauf que les pois chiches sont remplacés par des amandes. C’est servi avec de l’huile d’olive et des raisins secs. Ça se marie parfaitement bien avec les « picos » andalou qu’on vous sert avec le pain dans chaque restaurant d’Andalousie.

– Le pastel de Córdoba : une pâtisserie qui nous rappelle les saveurs du Moyen-Orient avec sa farce de fruits confits et sa cannelle. En général, elle se mange le 17 novembre lors de la fête patronale de la ville. C’est un régal pour nos papilles gustatives mais, pour notre indice glycémique, euh… mieux vaut ne pas savoir!

Nous n’avons pas tout goûté mais à Córdoba, on peut trouver des aubergines du calife (caramélisées au miel), du flamenquin (une sorte de cordon bleu) et, quelque-chose qui ne nous attire pas trop, du rabo de toro (oui, c’est bien de la queue de taureau!)

Waw! Nous en avons pris plein les yeux et les papilles durant nos différentes visites de Córdoba! Ce n’est pas aussi grandiose que Séville ou pittoresque que Granada (quoique!) mais la ville mérite amplement qu’on s’y arrête quelques jours. Voire plus pour découvrir les alentours, mais ça, nous vous en parlerons plus tard.

Córdoba est une visite à faire lors d’un séjour en Andalousie. Elle se visite parfaitement à la journée depuis Séville ou Málaga grâce aux trains à grande vitesse qui la relient à ces deux villes en moins d’une heure. Elle a un caractère plus de l’arrière pays et plus villageois comparé à ses deux grandes sœurs mais elle ne manque pas de charme et d’histoire.

Casablanca et la cité portugaise d’El Jadida

Depuis Rabat, nous continuons notre route encore plus au sud! Que voulez-vous, c’est notre point cardinal préféré! Nous ne changeons pas une équipe qui gagne et reprenons notre moyen de transport préféré et le plus pratique au Maroc : le train. Il y a évidemment l’Al Boraq (le TGV marocain) qui relie les deux plus grandes villes du pays en un temps record mais nous avons choisi l’option slow travel avec le train de banlieue qui nous a amenés à destination en un peu plus d’une heure.

Comme pour la capitale, il y a la subtilité des gares à Casablanca. La gare principale est Casa-Voyageurs qui est la gare TGV et qui est excentrée. Si vous voulez être près du centre, la gare appropriée est Casa-Port mais qui n’est pas desservie par la ligne à grande vitesse. Au pire, il y a un très bon réseau de tram qui vous emmènera au centre depuis Casa-Voyageurs.

Notre but se situe encore plus au sud mais il est plus pratique est meilleur marché de dormir à Casablanca. C’est la plus grande ville du pays ainsi que son centre financier le plus important. C’est également la plus grande ville du Maghreb et la cinquième d’Afrique. Elle n’a pas bonne réputation au niveau touristique car, comparé à toutes les merveilles que compte le Maroc, elle n’offre que très peu d’intérêt. Casablanca a été bombardée presque entièrement lors des insurrections de 1907 et a été reconstruite au cours du XXe siècle dans un style moderniste assez moche. Rien à voir avec les joyaux architecturaux des villes impériales qui font la renommée du Royaume Chérifien!

Mais vous nous connaissez : tant que ce n’est pas trop craignos, nous adorons allez fouiner dans tout ce qui a mauvaise réputation!

Place Mohamed V

Nous commençons notre visite en passant par l’impressionnante place Mohamed V. Elle se situe au cœur du quartier administratif de Casablanca. Elle a été érigée juste après la Première Guerre Mondiale par les Français au début de leur protectorat sur le Maroc. Ce n’est pas la place la plus pittoresque que nous ayons vue mais c’est un endroit où la population locale (et tous les pigeons de la région apparemment!) vient flâner au coucher du soleil et l’ambiance y est assez sympa.

Parc de la Ligue Arabe

Casablanca est une grande ville un peu étouffante. Nous avons donc été contents d’y avoir trouvé un parc avec un peu de verdure. Ce parc de trente hectares a été aménagé par les Français en 1921. A l’époque, il s’appelait Lyauthey en l’honneur du maréchal Hubert Lyauthey qui fut un des acteurs principaux de la colonisation du royaume chérifien. Après l’indépendance, il prit le nom de la Ligue Arabe.

En bordure du parc, se dresse l’église du Sacré-Cœur érigée en 1930, toujours par les Français évidemment, dans un joli style art-déco. Sa façade est d’une blancheur immaculée comme beaucoup de bâtiments de la ville. Elle a été désacralisée et accueille aujourd’hui des expositions et des manifestations culturelles.

La médina

Même si ça ne vaut de loin pas Fès ou Rabat, Casablanca possède une modeste médina qui vaut le détour. C’est l’endroit idéal si vous voulez voir un vrai souk, c’est-à-dire un marché complètement anarchique où on y vend des denrées alimentaires, des habits ou de l’huile d’argan à la criée et pas des stands « d’objets artisanaux locaux made in China ». D’ailleurs, en tant que rares touristes nous n’intéressons pas trop les vendeurs et nous traversons la vieille ville sans être trop dérangés.

La médina se trouve à l’emplacement de l’ancienne ville portugaise et de l’ancien quartier juif. On peut y voir les restes de la muraille qui entourait la ville sur quatre kilomètres. Bref, Casablanca ne vaut pas le détour pour sa médina mais si vous y êtes déjà, allez y faire un tour, vous y trouverez un peu de Maroc « authentique ».

Grande mosquée Hassan II

S’il y a bien un incontournable à Casablanca, c’est la mosquée Hassan II! Elle date de 1993, a été érigée en partie sur l’océan et occupe un espace de plus de neuf hectares! Elle est nommée d’après Hassan II, le précédent roi et père du roi actuel et son minaret culmine à plus de deux cents mètres. C’est une des plus grandes mosquées du monde! Le minaret est d’ailleurs le plus haut du monde. Sa salle de prière peut accueillir 25’000 fidèles et l’esplanade plus de 80’000 personnes. En un mot : impressionnant!

La couleur dominante de la mosquée est le vert, couleur de l’islam qui a été utilisée dans les mosaïques décoratives que nous trouvons particulièrement belles.

Un des points de vue sympa sur la mosquée est la corniche, une jolie promenade au bord de la mer. Ça permet aussi de prendre un peu d’air marin et d’échapper à la pollution de la ville. Mais en ce mois de novembre, malgré une météo assez clémente et ensoleillée, l’océan Atlantique est déchaîné et nous recevons des embruns vraiment glacés! D’ailleurs, la mosquée elle même souffre de l’humidité et des caprices de l’océan et son entretien s’avère un vrai défi.

El Jadida

Si nous nous sommes arrêtés à Casablanca, c’est pour aller visiter El Jadida située à une centaine de kilomètres plus au sud. Les deux villes sont très bien reliées par le train et il faut compter une heure et demie de trajet. Par contre, la gare d’El Jadida est située à cinq kilomètres de la forteresse et il n’y a pas de transports publics. Evidemment, une horde de taxi vous attend à l’arrivée du train et c’est sûrement assez facile à négocier mais nous décidons d’y aller à pied, c’est tout plat et il y a des trottoirs partout. Pour le retour, nous avons trouvé, après moult recherches, un bus qui nous a rapproché de la gare mais nous avons quand même dû parcourir le dernier kilomètre à pied.

La cité portugaise de Mazagão

El Jadida a été fondée par les Portugais au XVIe siècle sous le nom Mazagão francisé en Mazagan. Toute la cité entourée par les remparts est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les bâtiments datent de la Renaissance portugaise dans un style dit manuélien, du nom de Manuel Ier, roi du Portugal de l’époque. L’ensemble est un peu défraîchi mais ne manque pas de charme, bien au contraire! Le coin n’a pas encore succombé au tourisme de masse et le centre n’a pas été transformé en musée et en Airbnb. La population locale est vraiment adorable et toute contente de pratiquer un peu de français avec nous. Même les enfants nous accueillent avec des joyeux « Bonjour »! Nous avons d’ailleurs été hallucinés par leur très bon niveau dans la langue de Molière alors que certains d’entre eux doivent avoir juste huit ans!

Les lieux de culte

Une des particularités de la cité d’El Jadida c’est que, sur la place centrale, la grande mosquée fait face à l’église catholique Notre-Dame de l’Assomption. Cette dernière date du XVIe siècle comme le reste de la cité et possède l’architecture typique de la Renaissance Portugaise. Elle est encore en activité aujourd’hui et la messe y est parfois donnée en français. Quant à la mosquée, elle a été construite au début du XIXe siècle après le départ des Portugais.

Cette place est un très bel exemple de tolérance religieuse.

Les remparts

La cité d’El Jadida est, encore aujourd’hui, entourée de remparts superbement conservés. On les doit évidemment aux Portugais qui ont fortifié la ville dès sa construction au XVIe siècle. Le truc vraiment cool à faire c’est de se promener sur la muraille d’où on a une superbe vue sur la vieille ville, sur le port et sur l’océan Atlantique.

Nous avons eu un véritable coup de cœur pour El Jadida! Même si c’est assez petit et ne nécessite qu’une petite journée de visite, ça vaut amplement le détour. Casablanca nous a bien plu aussi. Certes ce n’est pas pittoresque mais la ville a une vraie âme et nous y avons été sensibles.

El Jadida sera le point le plus méridional de notre trip marocain. Nous avions pensé descendre jusqu’à Marrakech. Le festival du film qui fait monter les prix des logements, un estomac un peu en vrac et un timing un peu serré nous y ont fait finalement renoncer. Nous avons décidé de rentrer au bercail. D’ailleurs, nous avons testé pour vous : Casablanca – Séville se fait parfaitement en une journée par voie terrestre. Départ à 11 heures tapantes de la gare de Casa-Voyageurs et arrivée à 19 heures à la station de bus de Plaza de Armas. Bon, nous avons eu un gros coup de stress à Tanger car notre TGV avait une heure de retard ce qui a bien réduit notre marge de manœuvre. Mais nous avons finalement pu prendre notre ferry comme prévu et rentrer sans encombre dans notre chère capitale andalouse.

Rabat, entre dynamisme moderne et traditions séculaires

Nous quittons Fès et la montagne sans trop de regrets avec notre moyen de transport préféré : le train. Cette fois, le trajet n’est pas trop long et le train relativement confortable. Nous sommes par contre hallucinés par le paysage : avec ses collines recouvertes d’oliviers, la région ressemble à s’y méprendre à notre Andalousie de tous les jours! Nous ne sommes pas encore assez au sud pour voir les magnifiques paysages désertiques qui font la renommée du Maroc.

Petite info pratique pour le train : si vous voulez visiter la ville demandez un billet pour la gare de Rabat-Ville qui est assez bien centrée, sinon on aura tendance à vous vendre un titre de transport pour Rabat-Agdal qui est la gare TGV et qui est un peu excentrée. Ça ne change pas vraiment le prix du ticket mais ça pourrait vous induire en erreur.

Arrivés à Rabat, l’ambiance change complètement! La douceur de l’océan Atlantique nous fait déjà gagner quelques degrés et c’est bien agréable en ce mois de novembre. Nous sommes ici dans la capitale du royaume et ça se voit. Même le quartier de la gare est beau, propre, agréable et tout neuf. Des deniers que perçoit le royaume chérifien, c’est Rabat qui se sert en premier!

La médina et le souk

Toute la partie historique de Rabat est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Contrairement à notre attente, le quartier du souk n’est pas trop touristique et il ne s’y vend pas des babioles pour touristes mais plutôt des affaires de tous les jours pour les locaux. Les stands de bouffe ont également la part belle par ici. La médina date du Xe siècle et a été fondée par les Almoravides, les mêmes qui occupaient l’Andalousie à l’époque musulmane, mais elle ne prit son essor qu’au XIIIe siècle. Malgré la fraîcheur du mois de novembre, le rythme de vie dans la médina ressemble beaucoup à nos étés andalous. C’est très calme pendant la journée, voire même fermé à certains endroits pour mieux se réveiller entre les deux appels à la prière du coucher du soleil. Le seul hic est qu’il est difficile de se repérer dans les ruelles bordées de façades blanchies à la chaux, nous avons l’impression qu’elles se ressemblent toutes!

La kasbah des Oudayas

Cette splendide forteresse qui surplombe l’océan Atlantique nous vient également des Almoravides et date du XIIe siècle. Mais ce sont les Almohades, une tribu berbère à qui on doit notamment nos alcazars de Séville et de Jerez de la Frontera, qui en firent une place militaire forte et qui envoyèrent des soldats continuer la conquête de la péninsule ibérique. Au XVIIe siècle, le roi Philippe III expulsa tous les musulmans d’Espagne dont une bonne partie vint se réfugier à l’intérieur de la kasbah. Les nouveaux venus en firent un état indépendant : la république de Bouregreg du nom du fleuve au pied des remparts qui, aujourd’hui, sépare la ville de Rabat à celle de Salé. Cette république était un repaire de corsaires et de pirates qui venaient vendre des prisonniers chrétiens. Les remparts sont d’une conservation incroyable et l’architecture almohade, bien que familière pour nous, est juste magnifique.

Borj es-Squala

Adossé à la kasbah des Oudayas, ce bâtiment militaire pourrait nous faire penser à certaines de nos forteresses espagnoles comme à Cádiz. Il y a un peu de cette influence puisque une bonne partie des musulmans ayant fui l’Andalousie après la Reconquista sont venus se réfugier à Rabat. Mais en vrai, ce fortin est typiquement arabe, en témoignent la forme de ses créneaux . Il date du XVIIe siècle et fut érigé par la dynastie Alaouite, la famille qui règne encore sur le Maroc de nos jours.

L’intérieur de la kasbah

L’intérieur de la kasbah est un peu plus aseptisée pour les touristes et possède quelques magasins de souvenirs. Mais franchement, ce n’est pas du tout exagéré et les vendeurs nous laissent tranquilles. Avec l’air de l’océan tout proche, se promener dans les petites ruelles est beaucoup moins oppressant qu’à Fès et nous sommes autant émerveillés par tous les détails architecturaux, notamment les nombreuses portes qui ont cette forme de serrure typiquement islamique.

Le clou du spectacle

Se promener sur les remparts permet aussi d’avoir une superbe vue sur l’océan Atlantique, sur l’embouchure du fleuve Bouregreg et sur l’autre rive, la ville de Salé, qui sert un peu de station balnéaire de Rabat. Nous sommes en novembre donc les ombres sont très allongées et l’océan est un peu tourmenté mais ça n’enlève rien à la beauté de la vue.

Le jardin d’essais botaniques

Vous commencez à nous connaître : dès que nous découvrons une tâche verte sur une carte, nous allons voir ça de plus près! Ce jardin a été fondé en 1991 par l’institut agronomique et vétérinaire du Maroc dans le but de conserver des espèces rares ou menacées du pays. Il y a plus de 700 espèces endémiques, sur plus de 3000 au total, réparties dans les diverses zones du jardin. Même si Rabat n’est pas du tout étouffante, ça fait quand même un bien fou de se promener au milieu des arbres sans aucun véhicule à proximité.

La tour Hassan

C’est LE symbole de la ville de Rabat! A la fin du XIIe siècle, le sultan Yacoub El Mansour, un peu mégalo sur les bords, projetait de construire la plus grande mosquée du monde. Mais il mourut en 1199 et son projet resta inachevé. En plus, le grand tremblement de terre de Lisbonne de 1755 détruisit une bonne partie de ce qui avait été construit. Aujourd’hui, il nous reste l’esplanade avec les ruines des colonnes qui devaient soutenir la mosquée ainsi que la tour inachevée qui se dresse quand même à quarante-quatre mètres de hauteur. Si ce minaret vous semble familier, c’est normal! Ses modèles ont été la mosquée Koutoubia de Marrakech ainsi que notre seule et unique Giralda de Séville! Il paraît même qu’il y a exactement les mêmes rampes d’accès à l’intérieur afin de permettre au muezzin de se rendre au sommet à cheval afin de faire ses appels à la prière.

Malgré l’inachèvement de la mosquée et les ruines, le lieu est encore utilisé comme lieu de culte aujourd’hui. Nous sommes d’ailleurs arrivés un vendredi juste après la grande prière et nous avons vu des centaines de fidèles sortir de l’esplanade par les deux petites portes que compte le complexe. Oui, nous avons toujours le don des timings chelous!

Au nord de l’esplanade se dresse un magnifique bâtiment d’architecture islamique. C’est le mausolée royal ou reposent les dépouilles du roi Mohammed V (le grand-père du roi actuel), le prince Moulay Abdallah (l’oncle du roi actuel) ainsi que le roi Hassan II (le père du roi actuel).

Rabat a été notre gros coup de cœur du Maroc. Nous avons été séduits par la richesse du patrimoine historique mais aussi par le dynamisme de la ville moderne. Rabat est une petite capitale, ce n’est que la deuxième ville du pays après Casablanca, et il y règne une douceur de vivre assez agréable. La ville est ouverte sur l’océan, elle n’est ni étouffante, ni congestionnée par le trafic. Il est très facile d’y être piéton. Pourtant, la ville est également moderne, dynamique avec une offre culturelle intéressante et les habitants sont vraiment adorables. A notre avis, Rabat est une étape incontournable de tout voyage dans le royaume chérifien.