Iles Galapagos, le paradis de Darwin

Un voyage aux Galapagos demande pas mal de préparation, c’est très cher, il faut des billets d’avion, de ferrys, des logements, du cash en avance, etc etc… Tout ça pour être refoulés lors de l’enregistrement de nos bagages à l’aéroport! Mais commençons l’histoire par le début!

Deux mois plus tôt…

Van et Fab profitent tranquillement du soleil et de la mer à Arica, une petite ville au nord du Chili quand ils se mettent à discuter de la suite de leur voyage. (c’est leur sujet de conversation préféré!). Très vite, le sujet des Galapagos vient sur le tapis. Sachant qu’un billet d’avion vaut au moins 350$, il faut s’y prendre assez vite pour au moins bénéficier de ce tarif. Le site de la Tame nous sort des prix « étrangers » (Les Equatoriens bénéficiant de prix spéciaux) pour 270$. Ils contrôlent plusieurs fois si la coche « étranger » a bien été cochée et ils réservent leurs billets tout contents et la vie poursuit son cours.

De nos jours…

Van et Fab se rendent tout guillerets à l’aéroport de Guayaquil prêts à vivre cette aventure unique. Ils sont bien en avance car s’enregistrer pour les Galapagos n’est pas un parcours tranquille. Il faut déjà obtenir une carte de transit à 20$ à un guichet spécial. Une fois cette carte obtenue, il faut passer à l’inspection des bagages car il est interdit d’y emmener des fruits, légumes, animaux vivants, etc pour ne pas contaminer le parc national. Une fois l’inspection terminée, les sacs sont plombés et il est enfin autorisé à procéder au check-in. Et là, c’est le drame! On refuse à nos deux globe-trotters l’enregistrement sous prétexte d’un tarif erroné et on les envoie au service clientèle de la Tame où une gentille dame leur explique que c’est bien une erreur du site internet de la compagnie mais que ce ne sera quand même pas possible d’embarquer à ce tarif là et qu’au prix du jour, il faut rajouter 200$ par personne afin de pouvoir monter dans l’avion. Là ça ne va pas être possible, il faut vite trouver une solution. Et c’est là que, Mesdames et Messieurs, les oscars du meilleur acteur et de la meilleure actrice dans un mélodrame aéroportuaire sont décernés à…. Van et Fab! Van se met à pleurer et Fab joue parfaitement le jeu en expliquant que « c’est le voyage de notre vie, notre lune de miel, que nous avons tout calculé au centime près pour pouvoir vivre ce rêve » etc, etc. La dame accepte alors de lancer un coup de fil au siège de la Tame à Quito. Finalement, on leur propose de payer la différence pour obtenir les billets à 350$, le prix plancher. (c’est déjà mieux que les 400$ en plus!).  Avec tout ce qu’ils ont déjà investi dans ce voyage, nos deux aventuriers acceptent en promettant de mener l’affaire plus loin (comme quoi ça sert une protection juridique).  Arrivés au check-in, la compagnie leur fait un petit geste en les surclassant en Bussiness Class. Cette fois plus rien ne les empêchera d’embarquer! Le soulagement est immense, ils étaient presque sûrs jusqu’au dernier moment de ne pas pouvoir partir!

Mais venons-en au sujet qui nous intéresse vraiment, ces fameuses îles Galapagos! Pour des raisons de budget, de timing et d’accessibilité, nous avons choisi les îles de Santa Cruz et de San Cristobal.

Dès l’approche avec l’avion, nous sommes déjà transportés au pays des rêves avec toutes ces petites îles, ces criques découpées et l’eau turquoise digne de la mer des Caraïbes. Nous atterrissons sur l’île de Baltra, une île déserte où ne se trouve que l’aéroport, alimenté à 100% avec des énergies renouvelables. Là il faut encore s’acquitter du droit d’entrée au parc national qui est de 100$ par personne avant de pouvoir récupérer nos bagages.

Baltra et Santa Cruz sont séparées par un petit chenal où des lanchas (petites embarcations) font régulièrement la navette. Rien que pendant la traversée, nous avons déjà aperçu des crabes, des pélicans et autres espèces d’oiseaux ainsi qu’un vie marine très riche. Une fois arrivés sur l’autre rive, un bus nous emmène jusqu’à la ville de Puerto Ayora

Puerto Ayora

C’est la plus grande ville de l’archipel sans en être la capitale. C’est là que se concentrent toutes les infrastructures dédiées au tourisme : restaurants, discothèques, agences pour croisières, magasins de souvenirs, etc… Mais c’est aussi un bon point de chute pour aller explorer les trésors de l’île. Nous pouvons déjà apercevoir les iguanes marins, espèce endémique des Galapagos, se prélassant sur le béton bien chaud afin de se sécher après leur baignade en mer.

La station scientifique Charles Darwin

C’est une station de recherche située à Puerto Ayora qui abrite toute une communauté de scientifiques étudiant la biodiversité unique de l’archipel. Le but de cette station est également de sensibiliser les touristes et les habitants sur l’importance de l’écologie. Il faut dire que, par rapport au reste de l’Amérique latine, les Galapagos sont un exemple écologique et les règles sont très strictes. Mais c’est loin d’être parfait, il y a par exemple, encore beaucoup de véhicules à essences polluants. Les voitures électriques font gentiment leur apparition mais il faudra du temps avant de changer intégralement le parc automobile.  Le but des autorités est de faire disparaître toute énergie fossile à la fin de l’année 2020. La station abrite des tortues géantes typiques de l’archipel ainsi que des lézards terrestres des Galapagos reconnaissables par leur couleur jaune. La principale activité est de récupérer les œufs de tortue afin de faire naître et grandir les petits en toute sécurité. Une fois les tortues autonomes, vers l’âge de trois ou quatre ans, un programme de réinsertion est mis en marche et les animaux retournent à la vie sauvage sur leur île d’origine.

La criée

Tout les matins, l’arrivée des pêcheurs est attendue avec impatience par les habitants, c’est à dire quelques humains, une nuée de pélicans, Madame Otarie, des frégates et même quelques iguanes marins! Il vaut vraiment la peine de se sortir du lit aux aurores pour assister à ce spectacle!

Las Grietas

Pour accéder au chemin des Grietas, il faut prendre un bateau-taxi depuis Puerto Ayora, à condition que Mesdames les otaries veulent bien nous laisser passer, déjà qu’elles prennent toute la place ces coquines!

Le sentier nous mène ensuite jusqu’à la Playa de los Alemanos, petit havre de paix où se prélassent des raies dans les eaux transparentes du Pacifique

Le sentier continue dans une végétation assez sèche de cactus qui entoure un magnifique lagon peuplés d’une multitude d’oiseaux. Nous sommes près de la latitude zéro mais nous trouvons une végétation digne du désert de Sonora! La faute toujours à ce fameux courant de Humboldt, très sec, qui depuis l’Antarctique est assez fort pour rejoindre ces latitudes très basses.

Nous longeons ensuite un petit salar, certes pas aussi spectaculaire que celui d’Uyuni mais sympa quand même. Sa couleur rouge est due à une micro algue riche en beta-carotène. (oui, comme les carottes!)

Enfin, nous arrivons dans le vif du sujet, las Grietas! C’est un canyon impressionnant d’où nous avons une magnifique vue sur la baie de Puerto Ayora. Au fond de ce canyon se trouve un lac d’une eau tellement transparente que nous n’avons pas besoin de masque de snorkelling pour observer la faune marine!

Tortuga Bay

A une petite heure de marche du centre de Puerto Ayora se trouve un véritable paradis sur Terre! Tortuga Bay peut prétendre au titre de plus belle plage du monde avec son sable fin blanc, sa mer turquoise, ses lagons à la faune marine incroyable dont des requins à pointe noire (rassurez-vous, totalement inoffensifs!) et ses mangroves où viennent se reposer les iguanes marins.

Le timing nous a permis de visiter une deuxième île et notre choix s’est porté sur San Cristobal. C’est l’île la plus orientale de tout l’archipel des Galapagos et est bien plus sauvage que Santa Cruz (les habitants aussi!). C’est un vrai paradis pour randonneurs. Par contre, ça se mérite! Deux heures de lancha à la merci des vagues avec un capitaine aussi kamikaze que ses copains chauffeurs de bus dans les Andes ont mis nos estomacs à rude épreuve. Il n’y a que trois Russes biberonnés à la vodka qui ont trouvé le trajet agréable! Après deux heures d’enfer sur mer (au lieu  des deux heures et demies prévues, quand nous disons que le capitaine est fou!), nous voici arrivés à Puerto Baquerizo Moreno, la seule ville de l’île et aussi le chef-lieu de la province des Galapagos. Des centaines d’otaries nous accueillent nous remettant un peu de baume au cœur après cette traversée infernale.

Las Tijeritas

Première randonnée sur San Cristobal. Si au début tout est bien joli et balisé, ça se corse par la suite, le sentier n’étant que des grosses pierres de lave. Mais la vue sur toute la baie de Tijeritas vaut le détour.

La Loberia

C’est un chemin côtier toujours fait de pierres de lave qui nous mène à un promontoire rocheux d’où nous pouvons observer des dauphins, des tortues marines et des fous à pattes rouges.

Tongo Reef

Un autre petit chemin côtier mais beaucoup plus accessible. Il faut juste traverser une aire militaire il faut montrer patte blanche pour y accéder. Si vous dites que vous êtes des randonneurs et que vous voulez juste vous rendre à Tongo Reef, vous ne devriez, normalement, pas avoir de problèmes. Nous y observons des otaries et des iguanes marins.

Après ces belles randonnées, il est temps de penser au retour. Heureusement, la traversée jusqu’à Puerto Ayora est bien plus calme qu’à l’aller. Nous profitons de notre dernière journée pour retourner nous baigner dans les lagons de Tortuga Bay. Puis retour en avion jusqu’à Guayaquil, notre seul « problème » à l’aéroport cette fois-ci était le retard de quatre heures de notre avion.

Ce séjour au Galapagos nous a vraiment plombé le budget mais nous ne regrettons absolument aucune seconde passé sur cet archipel paradisiaque ni aucun centime dépensé. Il n’y a pas de mot pour décrire ce que nous ressentons tellement c’était génial! Il va être très difficile de trouver quelque-chose de mieux!

Pour la suite, nous allons poser nos sacs pendant quatre semaines tout près de Puerto Lopez et nous enfilons de nouveau notre casquette de réceptionniste dans un hostal de bord de mer avant de repartir pour de nouvelles aventures!

Cuenca et Baños, culture et nature dans les Andes équatoriennes

Nous vous avons laissé à Trujillo et voici que nous vous retrouvons déjà en Equateur. Nous avons pris une petite semaine de « vacances » dans la petite station balnéaire de Máncora, au nord du Pérou, avant de nous arrêter à Tumbes, à l’extrême nord du pays afin de voir nos premières mangroves depuis bien longtemps. Le désert laisse enfin la place à une végétation un peu plus dense! Comme ça nous avait manqué!

Depuis Tumbes, il nous faut une petite demi-heure de minibus pour rejoindre la ville frontière d’Aguas Verdes.  De là, nous traversons à pied le pont sur la rivière qui fait office de frontière. D’un côté, le Pérou, de l’autre, l’Equateur, facile n’est-ce pas? Ben non, pas tant que ça car nous sommes entrés clandestinement sur le territoire équatorien vu qu’il n’y a pas de bureau d’immigration. Pour avoir un joli tampon sur notre passeport, nous devons nous rendre à trois kilomètres du centre-ville de Huaquillas (la ville frontière côté Equateur) sur la Panaméricaine au milieu de nulle part. Heureusement, il y a des collectivos (bus urbains) qui nous y emmènent. Le passage de l’immigration est une simple formalité et il n’y avait qu’une dizaine de personnes en attente. Quelle ne fut donc pas notre surprise de croiser un autre couple avec le même passeport rouge à croix blanche que nous! C’étaient deux Zurichois qui avaient embarqué leur van avec, ils ont du coup bien plus galéré que nous pour passer la frontière!

Cuenca

Depuis Huaquillas, il faut environ quatre heures de bus pour arriver à Cuenca, la troisième ville du pays. Cette fois, nous avons définitivement laissé le désert derrière nous et nous roulons à travers une végétation luxuriante et des champs de bananes, l’Equateur étant le premier exportateur mondial de cet emblématique fruit jaune. Mais nous prenons vite de l’altitude et les montagnes bien vertes de pâturages remplis de vaches nous font penser à certains paysages du Jura Vaudois ou des Préalpes fribourgeoises et ça ne nous enchante pas vraiment puisque nous cherchons de l’exotisme. Mais c’est bon signe car si ça nous ennuie encore de voir des paysages ressemblant trop à la Suisse, c’est que nous n’allons pas rentrer de sitôt!

La ville fut fondée en 1557 par Gil Ramirez Dayalos, encore un andalou, sous les ordres du vice-roi du Pérou, qui lui dépendait directement de la couronne espagnole. Le centre historique qui nous reste possède un patrimoine incroyable inscrit à l’UNESCO. Mais, pas de bol pour nous, une bonne partie du centre historique était en travaux de restauration donc la visite fut un peu restreinte. C’est dommage car le surnom de Cuenca est « l’Athènes des Andes » grâce à ses trésors architecturaux et nous aurions bien aimé le découvrir en entier.

Cuenca se situe sur un plateau qui culmine à 2350 mètres d’altitude. Et oui, fini les chaleurs tropicales (😭), ici c’est journées tempérées et nuit très fraîches surtout que les chauffages ne sont pas très monnaie courante par ici et Van la frileuse passe d’assez mauvaises nuits.

Rio Tomebamba

Le Tomebamba est la rivière qui passe à Cuenca. Ce n’est qu’un petit cours d’eau mais il nous fait rêver car son chemin va le mener tout droit en Amazonie! La municipalité a laissé ses rives à la nature et c’est sympa pour éviter le trafic de la ville qui est assez infernal à cause de tous les travaux du centre-ville. Avec l’altitude, la pollution devient pénible à supporter. Il y a même un parc naturel protégé où les habitants se promènent au milieu d’une forêt d’eucalyptus. Après les kilomètres de désert au Pérou, nous sommes trop heureux de revoir du vert et des arbres!

Notre première étape équatorienne fut assez sympa même si nous commençons à en avoir un peu assez des changements d’altitude. Une chose que nous avons particulièrement apprécié c’est que, contrairement au Pérou, nous ne nous sommes pas fait rabattre une seule fois!

Baños de Santa Agua

Nous en avons fait des trajets en bus mais celui-là restera dans les annales de nos pires cauchemars. Déjà les bus sont bien moins confortables qu’au Pérou ou qu’en Argentine, ce qui n’est pas très grave en soi mais quand tu hérites d’un chauffeur kamikaze qui confond les petites routes de montagnes avec un circuit de formule 1, tu commences à vraiment être mal barré. Heureusement, le mal des transports nous a un peu embrouillé les idées et nous ne nous sommes pas rendus compte à 100% du danger que nous courions.  Après sept heures à être ballottés dans ce danger sur roues, nous voici arrivés à Baños, super contents d’être vivants!

Le problème en Equateur, c’est que le gouvernement, sous la pression populaire, a refait toutes les routes du pays, y compris celles de montagne dans les Andes. Ce n’est pas vraiment un problème de refaire des routes mais les chauffeurs se sont retrouvé en confiance sur cette asphalte lisse et toute neuve et roulent comme des malades malgré les virages et les ravins.

Baños est une petite ville perchée à 1840 mètres d’altitude entre Andes et Amazonie, même si le climat est plutôt andin en un peu plus tempéré et un peu plus humide. En gros, en moins glacial. Elle se situe au pied du volcan Tungurahua (5023m.) que personne ne voit jamais car toujours couvert de nuages. Mais comme c’est un volcan actif et assez sympa, il donne à la ville des eaux thermales très chaudes atteignant les 52 degrés (même pour Van c’est trop chaud!) et d’excellente qualité, de quoi bien se réchauffer lors des soirées fraîches. Nous les avons testées et effectivement les bains sont un super endroit pour passer une soirée dans les bains à observer les étoiles.

Gorges de San Martin 

Juste à la sortie de la ville, à une petite vingtaine de minutes à pied du centre-ville, se trouvent les gorges de San Martin. La rivière Pastaza, qui elle aussi nous vient de ce fameux volcan Tungurahua, se fraie un chemin entre d’immenses falaises rocheuses très impressionnantes. D’ailleurs Fabien, sujet au vertige, n’a pas fait le malin sur le pont les surplombant. Nous n’avions pas été au canyon de Colca pour cause de météo, nous avons là notre lot de consolation. Un peu plus loin, un petit chemin se rend jusqu’à la cascade Inés Maria. Ce n’est pas une cascade très impressionnante, ni très haute mais l’environnement au milieu de ces blocs de pierre vaut le détour. Nous étions contents de nous retrouver à marcher en pleine nature, ça nous avait manqué et le chemin de montagne entre la végétation luxuriante nous a enchantés.

Pour les amateurs de « sensations fortes », il y a également un parc aventures avec tyrolienne dans le coin mais nous avons préféré profiter de la nature en faisant une petite randonnée.

Baños fut une étape bien sympathique, nous avons pu profiter de la nature et des bains thermaux, bien agréables après des jours de douches froides.

Pour la suite, si notre bus arrive à bon port et si un anaconda géant ne nous choisit pas comme repas, nous devrions vous donner des nouvelles depuis l’Amazonie.

 

Lima, la capitale du Pérou entre trésors historiques et ambiance cosmopolite

Grâce à notre étape dans la réserve de Paracas, nous nous étions déjà bien rapprochés de Lima donc, une fois n’est pas coutume, nous n’avons pas eu besoin de prendre un bus de nuit au parcours interminable sur des routes de montagne bien trop sinueuses à notre goût. Quel bonheur! Le trajet se passe à plat, sur la Panaméricaine et nous avons mis un peu plus de trois heures pour parcourir les 260 kilomètres qui séparent les deux endroits.

La station de bus est assez excentrée au sud de Lima mais il est assez facile d’y commander un Uber pour se rendre au centre-ville. Il y a également des taxis qui se négocient si vous n’avez pas l’application ou juste pas envie de vous prendre la tête avec ça. Le temps de trajet dépend des heures, le trafic étant très congestionné aux heures de pointe!

Lima, la capitale et plus grande ville du Pérou, est sûrement la ville péruvienne dont nous en avons le plus entendu parler, surtout en mal! De toute façon, nous n’allions pas y couper puisqu’elle se situe en plein sur notre itinéraire en direction du nord. Et puis, par pur esprit de contradiction, nous voulions quand même voir ça de plus près afin de juger si elle mérite sa mauvaise réputation.

Casco historico

L’emplacement où se trouve Lima actuellement était occupé par les civilisations précolombiennes Wari et Ichma. Les Incas vinrent conquérir le lieu au XVe siècle mais ne restèrent pas longtemps puisque les Espagnols, sous l’égide de l’extremeño Francisco Pizzaro, débarquèrent en 1532 et fondèrent la ville en 1535. De cette époque, nous reste un superbe centre historique inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO (encore un!) Nous avions lu que la ville coloniale était dans un véritable état de délabrement et qu’elle faisait peine à voir. Nous ne savons pas de quand datent ces infos car nous avons vu des magnifiques bâtiments superbement restaurés. Cerise sur le gâteau : une bonne partie du centre a été transformée en zone piétonne! Fait rare en Amérique Latine. C’est très agréable car avec ses treize millions d’habitants, Lima peut être étouffante et le trafic peut être vraiment infernal.

Plaza San Martin

Ce qui frappe quand on y arrive, c’est la blancheur des bâtiments alentours, sûrement restaurés récemment car vu le trafic, ils ne vont pas rester si blancs bien longtemps! La place a été construite en l’honneur de José de San Martin qui a été un personnage clé dans l’indépendance péruvienne. Elle a été inaugurée en 1921, pile pour le centenaire de l’Indépendance du Pérou vis à vis de la couronne espagnole. Malgré sa construction relativement récente, elle fait partie du centre historique protégé par l’UNESCO. Aujourd’hui, c’est un lieu hautement symbolique pour le peuple péruvien car c’est cette sur place qu’ont lieu toutes les manifestations et autres revendications populaires.

Plaza de Armas

Comme à Arequipa, la place centrale se nomme Plaza de Armas même si on l’appelle communément Plaza Mayor (grand place en français) et c’est vrai qu’elle est très grande cette place. Ici, on est dans du cent pour cent colonial espagnol du XVIe siècle! Les façades sont plutôt jaunes à l’instar d’autres villes coloniales comme Izamal ou Hoi An. Elle est bordée de plusieurs bâtiments administratifs comme le magnifique palais du gouvernement du Pérou, superbe bâtiment néo-baroque. La superbe cathédrale Renaissance espagnole qui borde également la place date de 1535 et a été construite sur le modèle de la cathédrale de Jaén. Ayant été dans cette belle petite ville andalouse, nous confirmons qu’il y ait bien un petit air de famille entre les deux édifices religieux.

District de Rimac

A Rome, on traverse le Tibre (Tevere en italien) et on se retrouve à Trastevere,. En ce qui concerne Lima, il suffit de traverser la rivière Rimac pour se retrouver dans le district de Rimac qui est juste un prolongement du centre historique. Pendant la période coloniale, c’était le premier faubourg de la ville de Lima. La construction du quartier a été inspirée par Triana, le quartier de Séville qu’on rejoint depuis le centre également en traversant un fleuve! Coïncidence? Je ne crois pas! Mis à part les balcons sculptés en bois qui sont typiques du Pérou, nous devons reconnaître que l’architecture ressemble à s’y méprendre à notre belle capitale andalouse!

Miraflores

Nous changeons drastiquement d’ambiance avec le district de Miraflores. Situé directement en surplomb du Pacifique sur d’impressionnantes falaises, Miraflores fait office de quartier chic et branché de Lima. C’est ici qu’on trouve les loyers les plus chers du pays où vivent les Péruviens de classe sociale plus élevée! Il y a également de jolis espaces verts loin du trafic infernal et avec vue sur l’océan. Un vrai bonheur!

Il y a un phénomène météorologique assez particulier ici qui nous suit le long de la côte depuis notre arrivée à Arica : le courant de Humboldt. C’est un courant très froid venu tout droit de l’Antarctique. Avec la chaleur désertique du littoral, ça donne un brouillard assez épais. Dans nos contrées tempérées, on associe plutôt le brouillard à l’automne ou à l’hiver et surtout au froid. A Lima, au contraire, il y a une hausse des températures assez marquée lors des montées de brume. C’est assez déstabilisant! Mais nous finissons par nous y habituer et si nous sommes vraiment dérangés par la météo, il y a assez de bars sympas dans le coin pour se réfugier et boire un bon pisco sur, la liqueur locale.

Finalement Lima a plutôt été un coup de cœur pour nous. Certes, c’est une mégapole de treize millions d’habitants avec tous les désavantages inhérents mais dans l’ensemble ça reste une ville agréable, sûre (à part certains quartiers moins favorisés que nous avons pris soin d’éviter), avec des transports publics (même si peut mieux faire) et de la culture. Paradoxalement, c’est le coin du Pérou où nous avons trouvé les gens les plus accueillants et chaleureux. Nous, qui avons été plutôt déçus sur l’accueil péruvien jusqu’ici, avons apprécié les échanges avec les locaux qui sont plus difficiles ailleurs.

Contrairement à la plupart des voyageurs, nous ne vous déconseillons pas d’aller à Lima, bien au contraire! Bien sûr, c’est une grande ville sud-américaine et il faut y observer les règles élémentaires de prudence, comme partout ailleurs, mais c’est une ville qui vaut la peine au moins pour son centre historique.

Arequipa, la ville blanche au cœur du Pérou

Nous sommes restés plus de temps que prévu à Arica. Nous étions pourtant plus que prêts avec nos sacs empaquetés et nos billets de train en poche. Mais voilà, les soupes de poulets dégueu et à l’hygiène douteuse de Bolivie ont eu raison de notre estomac et nous sommes restés cloués au lit plusieurs jours avec une bonne tourista. Ma foi, c’est le lot de tout voyageur. Heureusement, nous avons fini par nous en remettre et avons pu continuer notre périple en direction du nord.

Sortir du Chili fut bien plus facile et rapide que d’y entrer et les douaniers péruviens n’ont pas fait preuve d’excès de zèle pour nous laisser entrer dans le pays. Il y a juste pour les durées de séjour qu’ils n’arrivent pas à se mettre d’accord : Van a reçu un visa de 60 jours tandis que Fab a eu droit à un visa de 90 jours! Allez savoir pourquoi! En passant la frontière nous avons joué aux Marty McFly puisque nous avons voyagé dans le temps en reculant de deux heures, le fuseau horaire chilien étant bizarrement aligné sur l’argentin.

Notre première étape au Pérou fut Tacna, petite ville sans intérêt mais qui nous aura permis de changer nos premiers soles (oui, on paie en soleils au Pérou!) et de prendre 500 petits mètres depuis le niveau de la mer à Arica avant de remonter dans les hautes altitudes andines. Nous nous sommes quand même arrêtés devant la superbe façade de la cathédrale de Nuestra Señora del Rosario qui, malgré son apparence Renaissance, n’a pas été construite par les Espagnols. Elle date de la fin du XIXe siècle et a été conçue par un bureau d’architectes local directement affilié à la société Eiffel (Oui, ceux de la Tour Eiffel à Paris!)

Nour reprenons un bus tout aussi confortable que ceux que nous avons connu en Argentine. Le trajet nous a pris sept heures mais nous avons traversés les super paysages du désert d’Atacama côté péruvien. Nous n’avons presque pas vu le temps passer!

Arequipa

Arequipa est la deuxième ville du pays après Lima mais elle est beaucoup plus calme que la capitale! Elle dépasse pourtant le million d’habitants! Elle est entourée de volcans que nous peinons à apercevoir à cause des nuages. La ville a été fondée en 1540 par le castillan Garci Manuel de Carbajal dans un lieu déjà habité par les Incas. Son centre-ville, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, mélange d’ailleurs les deux architectures, coloniale espagnole et inca. C’est d’ailleurs un des plus grands centres historiques d’Amérique du Sud (332 hectares!) et son architecture particulière a inspiré d’autres villes comme Cuzco ou Potosi. On parle même d’école architecturale d’Arequipa!

Plaza de Armas

Au Pérou, c’est facile, si tu es perdu dans une ville et que tu en cherches le cœur, demande la Plaza de Armas, toutes les places centrales péruviennes s’appellent ainsi! Celle d’Arequipa est particulièrement belle, toute blanche bordée de superbes bâtiments à arcades appelés en Amérique latine ainsi qu’en Andalousie cabildos. Lors de sa fondation, la place était bordée de bâtiments aux façades colorées, comme dans le reste de la ville mais tout a été bien endommagé en 1844 lors d’un terrible incendie. Lors de la restauration de la place, on laissa les façades blanches. Cette couleur particulière provient du « sillar », une sorte de pierre ponce qui provient directement de la chaîne volcanique qui entoure Arequipa.

La cathédrale est un joyau qui domine la place sur toute sa face nord. C’est le plus grand bâtiment néoclassique de tout le Pérou! Il y a plus de 70 colonnes qui ornent sa façade principale. Elle a été construite à la fin du XVIIe siècle comme le reste du centre historique et restaurée dans un style un peu plus classique après l’incendie de 1844. C’est un des monuments coloniaux les plus impressionnants que nous n’ayons jamais vus!

Couvent Santa Catalina de Siena

Construit en 1579 par le castillan Francisco de Toledo, c’est le plus grand couvent au monde! (plus de 20’000 mètres carré!) Il est, à l’instar de la Plaza de Armas, construit en « sillar », la pierre volcanique blanche ». A l’époque, il accueillait les filles illégitimes, fruit des amours interdits des colons avec les esclaves créoles, qu’on forçait à y entrer afin de les empêcher d’avoir une vie dans la société « normale » et surtout d’avoir des enfants métis! Oui, la colonisation nous laisse des villes historiques d’un patrimoine extraordinaire mais l’histoire est vraiment moche et cruelle! Il pouvait y avoir jusqu’à trois cents femmes et enfants vivant conjointement dans l’enceinte du couvent. Cette pratique a néanmoins été interrompue en 1747 lorsque une nouvelle communauté religieuse y fut fondée. Une quarantaine de sœurs carmélites y vivent encore aujourd’hui dans un relatif isolement. Bien que le couvent se situe au centre-ville, le bâtiment est isolé du reste de l’urbanisation par une immense muraille laissant les habitantes du lieu dans une autarcie quasi totale.

Arequipa n’était, à la base, pas prévue au programme et fait partie de notre itinéraire bis depuis que nous avons quitté prématurément la Bolivie. Nous pensions entrer au Pérou par le lac Titicaca mais la pluie, les grèves et les barrages routiers nous ont fait changer de plans. Mais nous ne regrettons aucunement ce plan B. La ville est superbe, les gens sont sympas et la gastronomie locale est bien meilleure qu’en Bolivie même si nous avons de la peine à comprendre le concept de toujours servir du riz accompagné de pommes de terre. Nous sommes persuadés qu’elle vaut amplement le détour au même titre que Potosi et Sucre que nous avons renoncé à visiter.

Arequipa est le point de départ pour une excursion au Cañon de Colca que nous aurions adoré aller découvrir. Mais voilà, la météo n’est pas beaucoup plus clémente de ce côté-ci des Andes et nous avons dû renoncer à cette visite. Le temps a été tellement gris pendant tout notre séjour que nous n’avons pas aperçu le moindre centimètre d’un volcan. Pourtant, à ce qu’il paraît, il y en a partout tout autour de la ville.

Malgré le temps maussade, Arequipa est une superbe ville à visiter et également un bon palier pour s’acclimater aux hautes altitudes andines puisqu’elle culmine à 2335 mètres.

Voyage en Patagonie: Découverte de Puerto Madryn et de la Péninsule Valdés

Ah la Patagonie… Qui n’a jamais rêvé de grandes escapades en nature en entendant ce nom? Mais tout rêve a un prix et celui de la Patagonie est particulièrement élevé, surtout pour des voyageurs à petit budget comme nous. Du coup il nous a fallu faire un choix et celui-ci s’est porté sur Puerto Madryn.

Nous vous avions laissé à Córdoba, à 1382 kilomètres plus au nord. Vous pensiez bien qu’une telle distance ne se parcourt pas comme ça! Heureusement, l’Argentine possède un système de bus de nuit au top mais il faut rester plus de vingt heures dans le même véhicule. Dans ce cas, nous avons enchaîné deux nuits en bus avec un arrêt au milieu, à Buenos Aires. Vous imaginez bien que nous sommes arrivés à destination pas très frais!

Mais pourquoi avoir choisi Puerto Madryn?
  • Pour la péninsule Valdés. C’est quand même l’argument numéro un!
  • D’après nos recherches et divers témoignages d’autres voyageurs, les paysages du sud et de l’ouest de la Patagonie ressemblent à s’y méprendre aux Alpes suisses. Le but est de voir d’autres paysages que ceux que nous avons contemplés pendant plus de 30 ans! La péninsule Valdés, ça à l’air totalement différent!
  • Pour voir la mer. La dernière fois que nous l’avons vue, c’était à Rio et elle commençait à nous manquer, surtout qu’après, nous ne la verrons plus pendant quelques mois.
  • Parce-que Puerto Madryn se situe à des latitudes encore acceptables et connait un vrai été. (Quoique, pas tous les jours!)

La chacra

Vu le coût de la vie très élevé dans la région, nous avions trouvé un volontariat dans une chacra (mot typiquement argentin qu’on pourrait traduire par maison de campagne) située à Doradillo à douze kilomètres au nord du centre-ville de Puerto Madryn afin d’aider les propriétaires à la récolte dans leur immense champ de lavande en échange du gite et du couvert. Si le gite était presque parfait et nos « patrons » assez sympathiques, nous avons eu plus de peine avec le couvert. Nous n’avions pas le droit à la viande. Il y a 43’431’886 habitants en Argentine dont 43’431’884 gros carnivores, il a fallu que nous tombions sur les deux seuls végétariens au pays de la viande! Nous respectons totalement les valeurs des autres, pas de souci, surtout que la cause est assez noble et que nous essayons également de nous y mettre. Mais après quelques jours à ne manger que du riz et des légumes tout en effectuant des travaux physiques soutenus auxquels nous n’étions pas particulièrement habitués, les premières carences alimentaires se firent vite sentir. Nous avons quand même profité d’une sortie en ville, prétextant un envoi postal,  pour se procurer en catimini un peu de viande et un bon dulce de leche. (la fameuse confiture de lait au bon goût de caramel)

La goutte d’eau a quand même été pour la morale sur le fait que nous utilisons du dentifrice avec du fluor pour nous brosser les dents, mauvais pour la tête et pour la planète, et qu’il faudrait que nous le fabriquions nous-même. Le pire c’est que madame nous lance ses idéaux écologiques au volant de son pick-up 4×4 très polluant et parfaitement inutile, les routes de la région étant plates et dépourvues de neige en hiver.

Une douleur à l’épaule de Fabien suite au travaux aux champs sur une ancienne lésion a fini de nous convaincre de ne pas continuer l’expérience et nous sommes finalement partis après huit jours.

Puerto Madryn

Du coup nous nous retrouvons au centre-ville de Puerto Madryn. La ville est sympa mais pas extraordinaire, construite en carrés, à l’américaine et possédant pas mal de logements et de restaurants pour les touristes venant visiter la péninsule Valdés à proximité. (une bonne centaine de kilomètres quand même la proximité mais à l’échelle argentine, c’est un saut de puce!). L’atout du lieu est sans conteste la plage de sable, immense et magnifique bien que l’eau soit beaucoup trop froide pour la baignade et qu’un nombre hallucinant de méduses géantes vienne s’échouer sur le sable à marée basse. Mais selon les locaux, elles seraient totalement inoffensives. Dans le doute, nous avons préféré les éviter.

Punta Cuevas

A l’extrémité sud de la plage, se troue la Punta Cuevas, avec ses falaises de calcaire et une vue imprenable sur la ville. C’est à cet endroit que sont arrivés les premiers Européens, qui n’étaient, une fois n’est pas coutume dans la région, pas espagnols mais gallois. L’emblème du Pays de Galles trône encore fièrement sur la pointe.

Trève de Noël

Comme il fut impossible de nous trouver un véhicule pendant les fêtes de Noël pour nous rendre à la péninsule Valdés, il nous a fallu attendre le 26 décembre et passer le réveillon de Noël dans notre auberge de jeunesse en ville.

Mais comme les Argentins trouvent toujours une excuse pour se faire un asado (un barbecue), Noël fut une occasion toute trouvée. Nous voilà donc attablés devant ces magnifiques morceaux de viande en compagnie d’autres voyageurs venus des quatre coins de l’Argentine et du monde entier. Et pas de repas de Noël sans le traditionnel pan dulce au dessert qui n’est autre que l’équivalent du panettone italien, en moins bon!

La tradition veut qu’à minuit on ouvre une bouteille de cidre et qu’on s’embrasse sur les deux joues pour se souhaiter un joyeux Noël.

La péninsule Valdés

Elle se mérite cette péninsule! Tout d’abord, il nous faut un véhicule et tous les loueurs de voiture du coin s’accordent pour garder des prix élevés sans se faire une réelle concurrence. Il faut compter une bonne centaine d’euros pour une journée.  Si on rajoute l’essence et le droit d’entrée sur la péninsule, ça nous explose pas mal le budget. Mais nous sommes également en tour du monde pour découvrir quelques coins extraordinaires et il faut parfois casser la tirelire pour y arriver.

Nous voici donc à aligner les kilomètres sur les (trop) longues pistes de la péninsule où quelques guanacos (espèce de lamas à poils dressés qui leur donnent l’air de sortir d’un programme d’essorage d’un lave-linge!) nous sortent de la monotonie de la conduite.

Mais le clou du spectacle reste sur les côtes où nous pouvons apercevoir des otaries à crinières ainsi que des éléphants de mer se reposer lascivement sur la plage. Vu que nous les observons depuis la falaise, les animaux restent assez loin, mais au moins, nous ne perturbons pas leur tranquillité.

Les pingouins de Magellan sont une espèce endémique des côtes sud de l’Argentine et du Chili, ce qui fait de la péninsule Valdés un endroit privilégié pour pouvoir les observer durant leur période de reproduction. Ils sont trop mignons, n’est-ce-pas?

NB : vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir et voir ces jolies petites bébêtes de plus près!

Le coin est également connu pour les baleines mais comme nous n’étions pas du tout en saison, il n’y en avait pas. Mais nous étions parfaitement au courant de la situation.

La péninsule Valdés vaut également le détour pour la beauté de ses paysages, notamment d’impressionnantes falaises qui se jettent dans une mer d’une couleur incroyable!

Certes, les loueurs de voiture exagèrent vraiment en arnaquant les touristes mais la péninsule Valdés et sa faune incroyable méritent amplement une visite et une grosse entorse au budget.

Cette petite incursion en Patagonie sera sûrement le point le plus méridional de notre voyage, en tout cas sur ce continent. Il a fallu faire un choix parmi une multitudes de possibilités et nous ne le regrettons nullement, notre séjour fut vraiment sympa. Nos diverses (mes)aventures nous auront aussi appris à ne pas insister si quelque-chose ne nous convient pas, à oser défendre nos propres intérêts et de faire vraiment ce que nous avons envie.

Forts de ces nouvelles expériences, nous allons continuer notre périple en remontant gentiment vers le nord et bien sûr nous ne manquerons pas de vous tenir au courant.

Parc national des chutes d’Iguazu

Cette fois, les choses sérieuses ont vraiment commencé! Nous commençons vraiment notre périple avec notre première nuit en bus!

Notre but, c’est de rejoindre l’extrême sud du Brésil et plus précisément les magnifiques chutes d’Iguaçu (en portugais) ou Iguazu (en espagnol) qui délimitent la frontière entre le Brésil et l’Argentine. Pour ce faire, nous prenons un bus de nuit qui nous mène en treize longues heures à la ville de Curitiba. Nous nous y arrêtons une nuit afin de ne pas enchaîner les trajets. Nous en profitons pour faire un petit tour au jardin botanique, presque 28 hectares de végétation subtropicale au cœur de la ville.

Après ce mini repos, nous reprenons un bus, de jour cette fois-ci, qui nous emmène en neuf bonnes heures à Foz de Iguaçu, la dernière ville brésilienne avant les chutes et la frontière. Les trajets sont longs, les distances sont énormes mais les bus brésiliens sont très confortables. Nous n’arrivons pas trop cassés à destination.

La ville de Foz de Iguaçu est énorme, étouffante et pas très intéressante. Le parc national se trouve à douze kilomètres du centre-ville. On rejoint l’entrée avec les bus urbains qui sont super pratiques, bon marché et faciles d’utilisation.

Le côté brésilien du parc national offre une vue plus générale et panoramique des chutes que le côté argentin. Ça nous permet d’évaluer un peu la grandeur du site ainsi que la hauteur et le débit des impressionnantes cascade. En tout cas, le site est à couper le souffle, malgré que nous devions le partager avec d’autres touristes. Eh oui, c’est la rançon du succès!

Malgré la proximité de la grande ville et le grand nombre de touristes, nous sommes surpris de voir autant de faune qui vient nous honorer de sa présence comme des coatis, des araignées géantes, des varans et autres lézards ainsi que des papillons. Par contre, ça ne pose pas pour l’objectif ces petites bébêtes. Du coup, nos photos en sortent un peu floues. Nous nous en excusons platement.

Garganta del Diablo

Le clou du spectacle se situe en fin de parcours à la Garganta do Diablo (la gorge du diable en français) où nous pouvons admirer depuis diverses passerelles cet ensemble de chutes d’eau pouvant atteindre 80 mètres de hauteur! Le débit est très fort et nous nous faisons bien rincer! Mais comme le climat est très chaud, ces embruns sont plutôt agréables et bienvenus. A noter que ce site spectaculaire fait office de point frontière entre le Brésil et Argentine.

Parque dos Aves

A l’entrée du parc national, toujours côté brésilien, se trouve le Parque dos Aves (parc des oiseaux) qu’on nous avait conseillé avec raison car, même si rien ne vaut des animaux à l’état sauvage, le parc est vraiment bien aménagé en respectant les habitats et en laissant les animaux en semi-liberté. De plus, le parc participe à divers programmes de réintroduction des espèces dans la nature.

Quand nous pensons à la forêt tropicale, c’est l’image d’un toucan et son énorme bec qui nous vient en tête! Voilà, nous venons donc de voir notre premier toucan en vrai! Il ne nous reste plus qu’à en voir un en vraie liberté une fois!

Nous sommes toujours fascinés par les couleurs des perroquets et nous avons déjà eu la chance inouïe d’en voir en liberté en pleine ville de Rio de Janeiro!

Voilà, notre court séjour au Brésil s’achève sur ces images impressionnantes. Nous vous pondrons quand même un article sur notre bilan dans ce pays mais d’abord, il nous faut traverser la frontière (une simple formalité) pour voir ces merveilles du côté argentin!

Puerto de Iguazu, les chutes côté argentin

Traverser la frontière de Foz de Iguaçu (Brésil) à Puerto Iguazu (Argentine) n’est qu’une simple formalité et chaque pays possède des bus urbains pour relier la ville frontière du poste de douane.

Une fois franchie la frontière argentine, c’est une toute autre ambiance qui nous attend. Il faut dire que Foz do Iguaçu est une grande ville avec tout le stress que ça engendre tandis que Puerto Iguazu n’est qu’une petite bourgade sans prétention. C’est beaucoup plus zen ici. Ne pas avoir la barrière de la langue nous aide aussi à nous sentir plus à l’aise.

Puerto Iguazu a la particularité de se trouver à un point frontière de trois pays (Argentine, Brésil, Paraguay) qui sont séparés par deux rivières (Rio Parana et Rio Iguazu). Ce sont d’ailleurs la rencontre de ces deux rivières avec le relief particulier de la région qui forment les magnifiques chutes.

Bien sûr, les fameuses chutes sont LE truc à voir dans le coin et avec raison. C’est totalement différent du côté brésilien. Là bas, on a plutôt une vue d’ensemble des chutes tandis qu’ici, en Argentine, nous pouvons approcher les cascades et c’est bien plus impressionnant!

Plusieurs parcours sont possibles pour admirer les chutes. Il y a le parcours inférieur qui permet d’être vraiment au pied des chutes! Faites attention à tous vos appareils électroniques ou choses fragiles que vous transporter car vous ne couperez pas à un arrosage en règle! Les embruns y sont assez forts.

Le parcours supérieur se trouve au sommet des chutes juste avant qu’elles se jettent dans le vide. Si vous avez le vertige, il peut être impressionnant de voir le vide depuis les passerelles. Ce n’est pas notre cas mais nous avons quand même préféré les voir depuis en bas, même si on s’y sent tout petit.

Il n’y a pas que les chutes à visiter mais aussi tout un parc national grand de 67’620 hectares fondé en 1934 afin de conserver la biodiversité incroyable du coin. En 2011, les chutes d’Iguazu ont été mise sur la liste des sept merveilles naturelles du monde! Le parc abrite une faune incroyable dont des coatis sur lesquels nous avons flashé. Même de ce côté de la frontière, les animaux ne veulent pas poser pour notre objectif nous laissant des phots bien pourries (Sorry) mais au moins, ils vaquent tranquillement à leurs occupation malgré une forte présence humaine

A l’instar du côté brésilien, le clou du spectacle reste l’impressionnante Garganta del Diablo (gorge du diable en français) et ses chutes d’eau qui peuvent atteindre 80 mètres de hauteur. Les arcs-en-ciel provoqués par les cascades peuvent se voir jusqu’à une distance de sept kilomètres! Cette gorge marque physiquement la frontière entre l’Argentine et le Brésil.

Comme vous pouvez le voir, nous nous sommes pris plein la vue avec cette merveille naturelle. La météo a été plus clémente avec nous côté argentin et le ciel bleu contraste avec la végétation bien verte et les eaux un peu boueuses.

C’est le premier gros highlight de notre tour du monde et il nous semble que, pour une première, nous avons mis la barre super haut! Mais nous sommes confiants en l’avenir et espérons voir d’autres merveilles de la nature dans les mois à venir!