Yangon et sa fameuse pagode Shwedagon

Depuis Bagan, nous retrouvons les joies du bus de nuit, de la climatisation à outrance et surtout des routes défoncées. Nous mettons le cap droit au sud afin de nous rendre dans la capitale économique et la plus grande ville du pays, Yangon.

Nous avons hésité sur l’orthographe à adopter pour le nom de la ville car, oui, il y en a plusieurs! Après quelques recherches, nous avons choisi celle qui se rapproche le plus de la prononciation locale. Rangoon est l’orthographe officielle anglophone et était le nom officiel de la ville pendant la colonisation. Le nom est parfois francisé en Rangoun mais nous trouvons cette dernière façon de faire très moche. Bref, à Rome, faisons comme les Romains, en Birmanie, parlons birman, même si ce n’est que pour un seul mot! Donc, ce sera Yangon!

Yangon était a capitale de la Birmanie pendant la colonisation anglaise puis après l’indépendance jusqu’en 2007, date à laquelle la junte militaire au pouvoir a décidé de déplacer la capitale trois cents kilomètres plus au nord à Naypyidaw, une ville construite de toutes pièces pour l’occasion. Cependant, elle en reste la capitale économique et la plupart des ambassades sont restées à Yangon.

Ville coloniale

Il paraïtrait que Yangon est la ville qui possède le plus de bâtiments coloniaux de toute l’Asie du Sud-Est. Mais, malheureusement, ça ne se remarque pas au premier coup d’œil tant nombre d’édifices sont complètement délabrés, laissés à leur triste sort et coincés entre des constructions plus modernes et vraiment moches. Le gouvernement a d’autres chats à fouetter que de rénover les vieux quartiers et, après l’indépendance, il y a eu une vraie volonté dans le pays d’effacer toute trace des Anglais. Certes, nous comprenons un peu cette volonté car l’histoire coloniale était vraiment cruelle et dégueulasse mais nous trouvons quand même dommage tout ce patrimoine historique laissé à l’abandon. Et puis, effacer toute trace du passé ne va pas changer le cours de l’histoire. Nous trouvons important qu’elle soit conservée et transmise afin de ne pas réitérer les mêmes erreurs que nos ancêtres. Mais c’est sûrement un point de vue d’Occidentaux instruits et privilégiés et la priorité des Birmans se trouve sûrement ailleurs.

Lac Kandawgyi

C’est un lac artificiel dont le nom signifie « Grand lac royal » qui est situé en plein centre-ville. Il a été aménagé par les Anglais pour alimenter la ville en eau. Sa surface est de 61 hectares et il est bordé par un parc de 28 hectares. C’est une vraie oasis de calme et de verdure loin de l’enfer de la ville. L’emblème du lac est le Karaweik, une magnifique réplique d’une barge royale posée sur l’eau qui représente un oiseau mythique de Birmanie. Malheureusement, le site est en travaux donc il est impossible de flâner dans le parc. Pour la petite anecdote, le Karaweik est également l’emblème de la bière Myanmar.

Bogyoke Market

C’était le marché central durant la période coloniale. Aujourd’hui, c’est surtout un attrape-touristes! Il a été construit en 1926 par les Britanniques et fait partie du patrimoine colonial de Yangon. Il est un peu moins laissé à l’abandon que le reste des bâtiments historiques. A l’intérieur et dans les ruelles adjacentes se suivent des boutiques de souvenirs, d’antiquités et de joaillerie « government registered ». Nous ne savons pas ce que sous-entend exactement cette appellation mais, en général, si ça implique le gouvernement, ce n’est jamais bon.

Shwedagon Pagoda

Même si nous avons vu des centaines de pagodes depuis notre arrivée en Birmanie, nous décidons tout de même d’aller visiter la fameuse Shwedagon Pagoda qui est le plus grand centre religieux du pays. De nuit, elle est illuminée et on l’aperçoit depuis tous les quartiers de la ville! Mais on n’y rentre pas aussi facilement : il faut une tenue correcte (facile!), se délester de 10’000 kyats par personne (6,50 CHF / 5,95€, mais ça les vaut!) et passer au détecteur de métaux. Le site est blindé de monde mais 90 pour cent des visiteurs sont des Birmans venus des quatre coins du pays, même les plus reculés, pour prier et honorer Bouddha . C’est sûrement important pour eux car ils ont revêtus leurs plus beaux habits et sont tous très beaux et très élégants avec leur longyis colorés. La visite nous a pris trois plombes car, en tant que blancs, nous avons été souvent sollicités pour des selfies, exercice auquel nous nous soumettons toujours avec plaisir.

La pagode, qui date du XIVe siècle, repose sur une plate-forme de marbre de presque six hectares construite sur la Singuttara hill, une colline haute de 112 mètres ce qui permet au complexe de dominer toute la ville de Yangon. Elle compte 72 stupas . Nous pensions en avoir soupé des pagodes après avoir déjà passé quelques semaines en Birmanie mais là, nous sommes subjugués par la beauté du lieu. Impossible d’être blasé par un monument pareil!

Bouddha

Le complexe abriterait plus de 2000 statues de Bouddha mesurant de quelques centimètres à plusieurs mètres de hauteur. Nous ne les avons pas comptées mais nous confirmons qu’il y en a vraiment partout et qu’ils sont tous plus beaux les uns des autres!

Le stupa central

C’est un énorme stupa haut de 98 mètres recouvert de milliers de feuilles d’or importées directement de Mandalay. Il est entouré par 64 « petites » pagodes, également constituées de feuilles d’or. Sur la flèche ou se situe le hti (la petite ombrelle au sommet), sont accrochées plus de 1480 clochettes en or ou en argent qui tintent dès qu’il y a un peu de vent et la mélodie y provenant est vraiment très jolie.

Hormis la pagode qui nous en a mis plein les yeux et sa vie nocturne, Yangon ne nous aura pas vraiment marqués. Nous ne sommes définitivement pas fans des grandes villes birmanes. Ce n’est même pas à cause de la pollution, de l’enfer d’être piéton ou du trafic infernal, c’est courant en Asie et nous avons l’habitude. Notre manque d’enthousiasme vis à vis de Rangon et Mandalay, les deux grandes villes, vient plutôt du fait que nous n’avons pas réussi à leur trouver une âme.

Bagan et ses innombrables temples

Nous quittons Mandalay et sa pollution sans regrets pour nous retrouver, cinq heures de bus plus tard, à Bagan. En réalité, nous sommes à la station de bus au milieu de nulle part en train de nous faire harceler par des chauffeurs de taxi à peine sortis du bus. Mais nous ne cèderons pas! Nous prenons nos sacs et partons à la recherche d’un tuk-tuk au bord de la route qui nous coûte pratiquement la moitié du prix d’un taxi.

Les pass d’entrée à Bagan

Nous avons trouvé des informations contradictoires à propos de ces fameux pass d’entrée. Si tout le monde s’accorde pour le prix : 25’000 kyats (c’est effectivement le prix que nous avons payé), chacun a un son de cloche différent concernant la durée de validité. Certains parlent de cinq jours, d’autres affirment que depuis 2018 ce n’est valable plus que trois jours. D’autres encore ont réussi à avoir cinq jours après la nouvelle mise en vigueur. Bref, nous n’étions pas beaucoup avancés lors de notre arrivée au checkpoint pour acheter nos billets. Nous avons obtenu, sans rien demander, un pass valable cinq jours (5x 24 heures pour être précis.) et nous sommes super contents de cet état de fait car pour nous, ce n’est pas de trop pour profiter pleinement du site.

Bagan

Ces petits soucis de pass réglés, nous pouvons enfin profiter du site en question. Comme les étrangers n’ont pas le droit de conduire un véhicule motorisé en Birmanie, nous louons un e-bike, un scooter électrique. Heureusement que nous sommes dans une immense plaine bien plate car ce n’est pas bien puissant comme véhicule et ça n’avance pas très vite! Certes, nous ne sommes pas super pressés mais nous voulons quand même un peu optimiser notre temps afin de bien profiter de l’immensité du site.

Bagan est un site archéologique grand de cinquante kilomètres carrés et comptant environ 2830 temples plus ou moins bien conservés. Nous ne les avons, évidemment, pas tous visités! En 1975, un fort tremblement de terre a fait pas mal de dégâts mais le gouvernement birman, avec l’aide de de donateurs, a entrepris une vaste campagne de restauration dans les années 1990. Bagan était la capitale du royaume de Pagan le premier empire birman et les temples datent du IXe au XVe siècles.

Nous n’avons pas préparé d’itinéraire précis pour nos visites. Nous avons préféré nous perdre dans la campagne et nous arrêter où bon nous semble.

Gubyauk Nge Temple

C’est un petit temple construit en 1198 sous le règne du roi Nadaungmyar. Les murs d’enceinte ont complètement disparus mais  il reste quelques stupas dont certains bas-reliefs son conservés. Chaque stupa possède à l’intérieur sa statue de Bouddha dans un état relativement bon.

Iza Gawna Pagoda

Ici, c’est un temple encore en activité donc il faut se déchausser et s’habiller en long pour avoir le droit d’y accéder! Pas de souci, nous avons prévu les sarongs! Le bâtiment principal est magnifique avec ses sculptures et ses pointes dorées. Vu que c’est un temple fréquenté, nous sommes déçus de constater que des marchands de souvenirs ont envahi l’enceinte du temple alors que c’est censé être un lieu de recueillement.

Winido Temple

C’est un groupe de temples construits vers 1243 et qui sont aujourd’hui en partie enfouis sous la végétation. Certains stupas sont mieux conservés que d’autres. C’est un des temples les plus sympas à visiter car il faut traverser la savane et ça rebute pas mal de monde. Du coup, nous sommes complètement seuls.

Phai Thone Zu Temple

Ce temple est reconnaissable grâce à l’alignement de ses trois stupas identiques sur son bâtiment principal. En réalité, ce sont trois temples différents qui sont reliés entre eux par un couloir. Il date des années 1200 mais n’a jamais été achevé, il n’a jamais été peint et n’a jamais possédé de stucs extérieurs.

Thisa Wadi Temple

Datant de 1334, c’est un des derniers temples construits à Bagan avant l’invasion mongole venue du nord. Le bâtiment principal a été en partie rénové car il avait bien souffert des différents tremblements de terre, Bagan se trouvant sur une énorme faille sismique.

Temple 1122-E

Certains temples n’ont pas encore dévoilé leur histoire et n’ont, par conséquent, pas de nom. Afin de les répertorier, les archéologues leur ont attribué un numéro. Ce petit temple se trouve non loin du village de New Bagan et est d’une conservation exemplaire pour un pauvre petit temple anonyme.

Tamani Monastery

C’est un complexe monastique encore en activité malgré la dégradation des bâtiments. Les moines y vivent et y pratiquent l’agriculture. Les moines y vivent dans des conditions vraiment spartiates pour la Birmanie car, en général, c’est une tranche de la population bien vue du pouvoir et qui obtient quelques avantages par rapport à la population civile, très modeste.

Temple 1226

Encore un pauvre temple anonyme! La cour et le mur d’enceinte sont d’une conservation irréprochable! Le bâtiment principal, bien qu’il ait conservé pratiquement tous ses bas-reliefs, s’est complètement affaissé suite aux divers séismes survenus dans la région. Quelques Bouddhas à l’intérieur, eux, n’ont pas bougé. Il est donc impossible de les voir à cause de la différence de niveau.

Guni Temple

Une fois n’est pas coutume, ce temple n’a pas été érigé pour un roi mais pour une reine! (Girl Power Mode on!) Elle s’appelait Pwasaw et vivait au XIIIe siècle. C’est un complexe séparé en deux parties, une au nord et une au sud mais qui appartenait à la même enceinte.  A l’intérieur, quelques peintures murales sont encore visibles.

Dhammayangyi Temple

C’est le plus grand temple de Bagan et c’est aussi le seul à arborer une forme pyramidale. Il a été construit entre 1167 et 1170. A cette époque, le roi Narathu a accédé au trône en assassinant son père et il aurait fait construire cet immense temple pour se faire pardonner. L’histoire ne dit pas s’il a finalement pu obtenir son pardon. Le bâtiment est superbement conservé et il est encore possible d’apercevoir les peintures d’époque à l’intérieur.

Kyauk Myat Maw Pagoda

Cet ensemble de temples du XIIe siècle est en pleine cure de jouvence. Le stupa principal esst d’ailleurs protégé par un échafaudage en bambou. L’avantage, c’est qu’on le reconnait de loin et il nous permet de nous repérer un peu parmi cette imensité de temples. Les dépendances ont, quant à elles, déjà bénéficié des rénovations.

Law Ka Ou Shaung Temple

Ce temple datant du milieu du XIIe siècle, conserve encore des gravures et des peintures d’époque. Il est idéalement situé au milieu de la plaine de Bagan et offre une vue panoramique des alentours

Mye bon tha

Pour voir ce temple, il faut bien s’enfoncer dans la campagne. On en sait très peu sur cet ensemble si ce n’est qu’il est de style Brahma et probablement construit entre les XIe et XIIIe siècles.  La cure de jouvence a passé par là et certains endroits ont même eu droit à une reconstruction totale. Un choix que nous ne trouvons pas vraiment judicieux car, à notre avis, ça enlève tout le charme des vieux temples et donne une impression de fake.

Ta Wet temple

Il faut vraiment prendre des chemins de traverse pour trouver ce temple! Mais au moins, nous avons une paix royale! Les bâtiments sont un peu affaissés mais c’est un des seuls endroits à Bagan où nous pouvons observer des Bouddhas dorés.

Temple 820

Encore un temple anonyme! Nous sommes toujours en rase campagne et ce temple nous a tapé dans l’œil à cause de ses différents stupas qui forment un magnifique jeu de coupoles telle une basilique.

Hsin Phyu Shin Monastic Complex

Comme son nom l’indique, ce complexe était un monastère. Construit au XIVe siècle, son architecture est d’inspiration indienne. La conservation du site est moyenne mais nous pouvons encore observer les bassins qui servaient à la pisciculture.

Temple 843

Encore un temple anonyme et c’est bien dommage car l’ensemble est vraiment magnifique et nous aurions aimé en savoir plus.  Mention spéciale pour les « Triplés », trois stupas construits à l’identique où les Bouddhas à l’intérieur portent exactement la même tenue de fête.

Temple 761

Plus nous nous enfonçons dans la campagne, plus les temples ne sont que de simples numéros et moins nous en apprenons.  Celui-là est magnifique malgré sa façade avant complètement affaissée. De loin, le bâtiment ressemble à une basilique.

Temple 1689

Ce temple se situe tout près du village d’Old Bagan et pourtant, il n’a toujours pas dévoilé ses secrets. Il a comme particularité de toujours conserver du stuc blanc sur certaines de ses façades. 

Tha Gya Pone Temple

C’est un temple du XIIIe siècle. La conservation du bâtiment principal n’est pas terrible mais les stupas aux alentours valent le détour.

Bulethee Stupa

C’est un des ensembles de stupas les plus importants de Bagan. Il y a deux stupas principaux, un en parfait état de conservation, et le deuxième auquel il manque la pointe.

Khe Minga Temple

C’est un des ensembles les plus sympas de Bagan.  C’est un immense complexe datant du XIIe siècle. Certains stupas sont d’origine, d’autres ont été restaurés ou carrément reconstruits. Il reste quand même quelques dégâts causés par les différents tremblements de terre.

Shwe Nan Yin Taw Monastic Complex

Ce monastère du XIIe siècle n’est pas dans un état de conservation irréprochable mais nous pouvons déjà nous faire une idée de l’immensité de ce complexe. Il y a une dizaine de bâtiments où logeaient les moines, des temples et bien sûr, les indispensables stupas.

Thatbyinnyu Temple

Avec ses 65 mètres de haut, c’est le plus haut temple de Bagan Construit en 1144, il servit de modèle pour de nombreux temples birmans.  Les murs sont encore recouverts de stuc et blanchis à la chaux.  Un long couloir permet de faire le tour à l’intérieur où nous pouvons bénéficier d’une relative fraîcheur.

Yin Ma Na Phaya

C’est un petit temple du XIIe siècle entouré de ses stupas au milieu des champs de maïs. A l’intérieur, il ne reste plus qu’un seul Bouddha mais nous pouvons observer des peintures assez bien conservées.

Dhamma Ya Zika Pagoda

Il est reconnaissable de loin ce temple avec son immense stupa doré!  Il fut construit en 1196 et était dédié à la justice et au devoir.  La base du stupa repose sur cinq grandes terrasses pentagonales en briques. L’ensemble est bien conservé et possède un charme fou!

Min O Chan Tha Temple

C’est un monastère encore en activité qui a été construit en 1112. Ce sont surtout les stupas blancs recouverts de chaux qui ont attiré notre attention.

Ananda Temple

Et nous gardons le meilleur pour la fin! Ce temple construit en 1091 et était dédié à la sagesse infinie de Bouddha. Selon la légende, l’architecture du temple aurait été inspirée par le récit de moines venus d’Inde décrivant les édifices de chez eux. Une restauration complète a eu lieu en 2016 et c’est plutôt réussi. Tout est encore étincelant!

Waw! Bagan est vraiment incroyable! Nous en avons pris plein les yeux durant nos quatre jours de visite! Nous sommes juste un peu déçus de ne pas trouver beaucoup d’infos sur l’histoire des temples. Il n’y a pas grand-chose écrit en anglais, la langue de l’ancienne puissance coloniale étant tout juste tolérée, et même sur internet l’info se fait rare. Nous aurions bien aimé voir les levers/couchers de soleil mais en cette saison humide les nuages sont trop présents, donc c’est râpé. Mais en basse saison, il n’y a pratiquement personne et c’est très agréable. Malgré cela, Bagan reste un incontournable de la Birmanie. 

Lac Taungthaman et U Bein Bridge

Il paraît qu’il vaut la peine de prendre du temps pour découvrir les alentours de Mandalay. Tant mieux car nous avons une journée à tuer avant de reprendre notre route vers d’autres aventures birmanes! Notre première idée était de visiter les anciennes villes royales de Sagaing et d’Inwa, sur l’autre rive du fleuve Irrawady. Mais, après plusieurs recherches, ça s’avère assez cher et nous n’avons pas très envie de puiser dans le budget pour une énième visite de pagodes. En plus, après avoir subi le smog insupportable en ville, nous avions désespéramment besoin de sortir de cet enfer et de retrouver un peu de nature!

A Mandalay, nous négocions assez facilement un taxi collectif qui est en fait une camionnette aménagée avec des bancs à l’arrière. Notre véhicule est rempli de moines dans lequel nous sommes pratiquement les seuls civils. Après une petite demi-heure de trajet, il nous dépose à Amarapura. Le village en lui-même n’est pas super intéressant même s’il possède quelques magnifiques pagodes, qui sont sûrement plus nombreuses que les habitants. Pourtant, l’industrie textile est très prospère à Amarapura. C’est d’ailleurs ici qu’est fabriqué le longyi, une sorte de sarong traditionnel birman.

Quand nous interprétons maps.me d’une manière très personnelle!

Après avoir traversé le village à pied, nous sommes arrivés dans ce quartier de pêcheurs complètement par erreur! Nous nous sommes perdus mais c’est sûrement une des plus belles bourdes de notre vie! Ici, nous sommes dans la Birmanie profonde où le temps s’est arrêté. Les habitants des lieux étaient d’ailleurs vraiment désemparés de voir débarquer des étrangers. Il ne faut pas oublier que le pays était l’un des plus fermés du monde jusqu’à il y a peu et que les Birmans n’étaient malheureusement pas ouverts sur le monde extérieur. Mais ce n’est pas de leur faute! C’est la junte militaire qui leur a imposé ça! Que ça paraît loin Mandalay et le XXIe siècle! Pourtant, nous avons parcouru à peine plus de dix kilomètres depuis le centre-ville.

U Bein Bridge

Nous finissons tout de même par retrouver notre chemin. Nous ne nous sommes pas trompés de beaucoup, juste de quelques centaines de mètres mais qui ont suffi pour nous emmener dans un autre monde! Nous finissons donc par rejoindre notre principal but de la journée : le pont U Bein. C’est un pont construit en teck, un bois courant des forêts tropicales. Avec ses 1200 mètres et c’est 1060 piliers, c’est le plus long pont de ce genre au monde! En 1849, la capitale birmane a été transférée d’Amarapura à Mandalay et des milliers de colonnes de teck ont été abandonnées à leur triste sort quelques mois jusqu’à ce qu’un certain Maung Bein eut la brillante idée de les utiliser pour y construire un pont sur le lac Taungthaman.

Le site est superbe mais ne vous fiez pas au ciel bleu et aux eaux du lac. C’est méga pollué! Entre le smog de la ville de Mandalay située à une dizaine de kilomètres de là et l’industrie textile qui déverse ses déchets dans le lac, nous vous laissons imaginer l’état des lieux! Sachant qu’il n’y a aucune politique environnementale dans le pays, ce n’est pas prêt de s’améliorer. C’est dommage car la Birmanie possède des coins de nature extraordinaires et c’est vraiment triste de ne pas en prendre un peu soin.

Une fois le pont traversé, nous retrouvons un petit village dédié aux touristes avec des cafés et des échoppes de souvenirs. Evidemment, tout village birman qui se respecte, même minuscule et vendu au tourisme, se doit de posséder sa propre pagode. Il faut reconnaître qu’elle est très jolie et nous apprécions son caractère modeste. Oui, après les autres pagodes que nous ayons vues jusqu’à présent depuis notre arrivée en Birmanie, ce temple-ci paraît vraiment simple et modeste!

Après un aller-retour sur le pont, nous continuons notre balade sur les rives du lac afin de profiter de l’air hors de la ville même s’il n’est pas beaucoup plus sain. Pourtant, nous avons quand même l’impression trompeuse d’être loin de Mandalay, de sont atmosphère irrespirable, de son trafic infernal et de son humidité suffocante.

Monastère Maha Ganayon Kyaung

C’est un des monastères les plus importants du pays et sûrement l’un des plus kitsch également. Déjà, il est peint presque intégralement en doré, la couleur du bonheur et de la bonne santé dans le bouddhisme. Ce qui n’a rien de surprenant en Birmanie. Ensuite, il y a plein de statues géantes dont un énorme Bouddha couché. Enfin, la superficie du temple doit au moins équivaloir à celle du lac! Nous sommes fascinés par cette architecture et par tous les détails décoratifs mais, en même temps, nous trouvons cela affligeant. Nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à tout cet argent investi dans les différents temples alors que la population locale vit très modestement. Nous sommes également conscients que les moines bouddhistes sont à la botte de la junte militaire. Pour des gens censés apporter la paix et la sérénité, c’est franchement répugnant. Certes, nous sommes conscients que c’est un point de vue d’Occidentaux laïcs et que les Birmans ont un rapport beaucoup plus privilégié avec la religion mais nous restons tout de même convaincus que cet argent pourrait être investi ailleurs comme, par exemple, dans l’éducation, l’environnement ou encore la santé.

Pahtodawgyi Pagoda

C’est un temple érigé en 1819 pour le roi Bagiydaw. Situé sur la rive nord du lac Taungthaman, sa caractéristique principale est son immense stupa en marbre d’un blanc étincelant visible depuis toutes les autres rives du lac. Vu la pollution ambiante, le stupa est sûrement repeint et ripoliné fréquemment vu sa blancheur immaculée!

Toutes les pagodes que nous avons visitées sont accessibles gratuitement. Il faut juste porter une tenue appropriée, se déchausser quand c’est nécessaire et ne pas pointer ses pieds vers les représentations de Bouddha.

Nous avons trouvé le lac Taungthaman vraiment magnifique, le U Bein Bridge vraiment cool et avons apprécié le calme qui règne en ces lieux. Nous sommes persuadés d’avoir fait un bon choix sur les différentes choses à voir dans les alentours de Mandalay!

Mandalay, l’ancienne capitale royale de Birmanie

Une fois enfin arrivés à Thazi après notre interminable journée de train depuis Kalaw,  nous ne sommes pas au bout de nos peines. Nous devons trouver un endroit pour passer la nuit avant de continuer notre route tôt le lendemain matin. Finalement, ça se fera sans trop de difficultés. Ce qui est plus difficile, c’est le réveil le lendemain matin : à quatre heures, c’est diane debout! Notre train part à cinq heures et c’est le dernier de la journée, nous ne voudrions pas le louper! Mais en pratique, nous nous sommes levés à des heures indécentes juste pour attendre à la gare jusqu’à sept heures et demies que notre convoi veuille bien arriver! Heureusement, le trajet n’est pas très long et nous n’arrivons pas trop tard à destination.

Au premier abord, Mandalay n’est vraiment pas très glamour! C’est très pollué, la circulation est infernale, c’est moche et il est impossible de marcher sur les trottoirs tellement ils sont encombrés! Difficile à croire que c’était l’ancienne capitale royale de Birmanie jusqu’en 1885! C’est la deuxième ville de Birmanie après Yangon et la capitale du centre du pays. C’est ici que sont fabriquées les fameuses feuilles d’or que les bouddhistes collent sur les statues de Bouddha lors de leurs rituels. Les hommes tapent à la masse pendant plus de six heures par jour, les pauvres, pour aplatir les lingots d’or afin d’en faire la feuille la plus fine possible. Vu la ferveur religieuse des Birmans, c’est un secteur encore plein d’avenir qui ne connaît pas la crise!

Le marché

La plaine de l’Irrawaddy, le fleuve qui coule à Mandalay et qui traverse la Birmanie du nord au sud, est très fertile. Il est donc normal de retrouver de magnifiques fruits et légumes sur les étals de la ville. Nous avons beau être dans la deuxième agglomération du pays, le marché se construit à l’arrache avec les moyens du bord dont des vieux parasols dans les différentes ruelles de la ville. Par contre, voir tous ces magnifiques produits est un vrai régal pour les yeux! Dommage que la gastronomie birmane ne sache pas les mettre en valeur.

Ein Daw Yar Pagoda

Nous ne rentrerons pas à l’intérieur de ce temple car nous n’avons pas la tenue appropriée, mais aussi parce-que nous n’avons ni le budget ni l’envie de visiter toutes les pagodes du pays qui se comptent par centaines de milliers. De toute façon, les différents stupas dorés se voient très bien de l’extérieur. L’ensemble a été construit en 1847 pour le roi Pagan Min.

Cathédrale du Sacré-Coeur

L’architecture et la couleur font très anglicans mais les drapeaux jaunes et blancs ornés des clés du Vatican flottent à l’entrée, nous sommes donc bien dans une église catholique. Cette église a été construite en 1890 par les Missions étrangères de Paris. Encore aujourd’hui, la messe est célébrée tous les jours, en birman, et même en anglais le week-end!

Nous avons été étonnés de voir un catholicisme très présent à Mandalay. En fait, il y aurait plus de 20’000 catholiques dans la région.  La faute aux Portugais (encore eux!) venus dans la région pour y établir quelques comptoirs commerciaux dont leurs descendants les Bayingyis ont gardé la religion de leurs ancêtres, mais pas les pasteis de nata malheureusement. Il y a également quelques catholiques dans la communauté chinoise qui est venue du Yunnan au début du XXe siècle.

Le fort

Si vous observez un plan de Mandalay, vous remarquerez un immense carré qui fait pratiquement la moitié de la ville! C’est le fort qui abritait l’ancien palais royal jusqu’en 1860. Les murs d’enceinte, hauts de neuf mètres et dont l’épaisseur atteint trois mètres, sont très bien conservés. Il n’y a qu’une toute petite partie qui se visite, une sorte de réplique de l’ancien palais. Tout le reste est réservé pour l’armée. Nous nous sommes contentés de longer la muraille sur quelques kilomètres et de profiter du point d’eau pour s’éloigner un peu de la pollution de la ville.

Parenthèse culturelle : il y a du vin en Birmanie!

Aythaya, à ne pas confondre avec Ayutthaya, est un petit village non loin du lac Inle où un couple d’allemand a fait le pari un peu fou de planter un vignoble. Ce n’était pas gagné d’avance car le climat est vraiment humide par ici et beaucoup de cépages, notamment méditerranéens, ne se sont pas du tout adaptés. Mais il y a quand même eu des survivants comme le Sauvignon, la Sirah, le Muscat ou le Dornfelder, des cépages qui se plaisent dans les climats improbables du nord des Alpes. Si l’assemblage Sirah-Dornfelder (vin rouge) nous a laissé dubitatifs car trop acide à notre goût ,le Sirah-Muscat en rosé nous a déjà plus convaincus. Il ne nous reste plus qu’à goûter le vin blanc!

Mandalay Hill

Comme son nom l’indique, Mandalay Hill est une colline culminant à 224 mètres au dessus de la ville. C’est un lieu de pèlerinage important pour les bouddhistes depuis presque deux siècles. Elle se mérite car il faut gravir une volée de marches pour accéder au sommet. C’est une belle mise à l’épreuve pour notre système immunitaire car la montée s’effectue pieds nus même si le sol est vraiment crade car pour Bouddha, il faut impérativement se déchausser! Il faut bien compter quarante-cinq bonnes minutes pour arriver en haut mais en chemin, il y a plusieurs autels dédiés à Bouddhas pour nous encourager. Les bouddhistes doivent probablement s’y arrêter prier ce qui rend leur montée moins pénible. Nous nous y sommes arrêtés pour prendre des photos. Ça compte, non?

Au sommet, nous pouvons observer la vue sur Mandalay, l’Irrawaddy et la plaine aux alentours. C’est sûrement magnifique par temps clair mais avec les nuages et surtout le smog, c’est pas terrible. Nous pouvons quand même constater l’immensité du fort qui couvre la moitié de la surface de la ville! Nous sommes super surpris de voir autant de vert, car, quand nous sommes en bas, en ville, nous avons l’impression d’être entourés d’une jungle de béton.

Pagode Sutaungpyei

C’est la récompense ultime pour avoir grimpé jusqu’au sommet! Cette pagode est un superbe temple bouddhiste, bien qu’un peu trop clinquant à notre goût. Les arcades lui donnent un air de caravansérail des Mille et Une Nuits mais la comparaison s’arrête là, les stupas et les différentes statues nous rappellent que nous sommes bien au pays de Bouddha. Entre la vue et la visite du temple, il vaut vraiment la peine de se salir les pieds pour grimper sur la colline.

Mandalay est une ville qui ne s’apprécie pas du premier coup. Il faut creuser un peu pour en découvrir quelques trésors. Et peu à peu, la ville dévoile ses charmes. Seul gros bémol : la pollution! C’est tellement extrême que l’air est difficilement respirable! Mis à part ça, il vaut la peine d’y passer quelques jours.

Kalaw perle birmane au milieu des montagnes

Nous avons traîné un peu pour continuer notre périple à cause d’une crève carabinée, mais sans gravité, qui nous a fait différer notre départ de Thaïlande. Depuis Sukhothai, le trajet se fait dans un minibus totalement inconfortable mais ça ne dure que trois heures et les paysages sont superbes. Nous arrivons à Mae Sot, ville frontière sans intérêt mais nous rencontrons déjà les premiers Birmans au marché.

Depuis le centre-ville de Mae Sot, il faut prendre un taxi collectif pour se rendre à la frontière mais c’est facile et bon marché. Une fois notre tampon de sortie sur notre passeport, une simple formalité, il faut traverser le Pont de l’Amitié à pieds. C’est un pont à deux voies et un trottoir enjambant une rivière, tout ce qui a de plus banal si ce n’est qu’il faut changer de piste au milieu! En Thaïlande on roule à gauche, en Birmanie on roule à droite. Pour cela, il a été mis en place un système de feux archaïques aidé par un agent de circulation mais tout ce que ça provoque, ce sont des monstres embouteillages et un concert de klaxons insupportable.

Nous avions obtenu notre e-visa en ligne au préalable, donc passer la frontière birmane est une simple formalité, on ne nous pose aucune question! C’est surtout parce-que les douaniers ne parlent pas un seul mot d’anglais! Nous restons un peu sur Myawaddy histoire de bien récupérer de notre crève et de tâter le pouls de ce nouveau pays. C’est sans grand intérêt mais il y a une vraie ambiance de bout du monde typique des villes frontières. Il n’y a absolument rien qui n’est écrit en anglais ou au moins en caractères latins et c’est la galère pour nous faire comprendre! Nous commençons déjà à regretter les bons petits plats thaïs. Bref, l’aventure commence…

Kalaw

Kalaw n’était pas forcément notre première idée de destination mais nous avons vite compris qu’en Birmanie, il fallait saisir les opportunités de transports quand il y en avait. Nous voilà donc partis pour vingt heures de route dont une bonne partie de nuit! Heureusement, les bus sont neufs et confortables même si nous nous serions bien passé de l’air conditionné! Par contre, pour l’état des routes, il faudra repasser! Mais au moins, nous ne risquons pas grand chose niveau accident car il est impossible de rouler à plus de vingt kilomètres / heure sur des nids de poule pareils même pour le plus kamikaze des chauffeurs.

Kalaw est un petit village vraiment tranquille au milieu des montagnes, perché à 1300 mètres d’altitude non loin du très connu lac Inle.

Si le village n’est pas exceptionnel en soi, nous avons été ravis de retrouver de la végétation de montagne, notamment des pins, lors de nos promenades dans les alentours. Nous nous attendions à un climat plus humide.

Temples bouddhistes

En Birmanie, le bouddhisme est vraiment présent partout, encore plus qu’en Thaïlande. Il est donc normal de croiser des temples à chaque coin de rue. Les stupas (ou pagodes) peintes en doré sont typiques du pays. Certes nous avons eu notre lot de temples en Thaïlande mais ceux de Birmanie sont uniques avec leurs dorures. Nous n’en sommes, pour l’instant, pas encore blasés.

Thein Thaug Pagoda

Il se mérite ce temple! Comme il se situe sur une colline surplombant la ville, il faut grimper une bonne volée de marches pour y accéder. Mais cette petite promenade en nature va bien nous revigorer après notre bonne crève! Au sommet, nous ne sommes pas déçus et trouvons la pagode en forme de pyramide originale.

Nous avons également profité pour nous balader sur les divers sentiers de la colline afin de profiter de la vue et de la « fraîcheur » montagnarde. Par fraîcheur, nous entendons 24-25 degrés mais pour les Tropiques c’est frais! Nous n’avons plus eu des températures aussi basses depuis Oman ce printemps!

Nous avons eu la chance d’être présents un jour de marché car celui-ci ne se déroule que tous les cinq jours, calculés sur la base du calendrier bouddhiste. Les étals sont faits avec les moyens du bord et des tentes de fortune protègent les marchandises de la pluie. Il y a un petit côté andin avec ce marché montagnard! Nous en profitons pour acheter quelques fruits car nous commençons à comprendre que la gastronomie birmane, ça ne va pas être terrible.

L’idée d’effectuer le trek jusqu’au lac Inle nous avait bien titillés mais de voir des hordes de touristes embarquer en troupeau dans des camionnettes les menant au départ du chemin nous a calmés. Pour nous, la randonnée c’est d’être calme à observer la nature, ceci n’est pas vraiment compatible avec des grands groupes. Tout ça nous a valu une grande remise en question et des heures de discussions mais finalement nous sommes arrivés à prendre une décision importante : NOUS N’IRONS PAS AU LAC INLE!

MAIS POURQUOI? Après de longues recherches et après avoir pris d’autres avis, le lac Inle nous paraît vraiment trop touristique. Pour profiter des villages flottants, il faut impérativement contracter un bateau à prix touriste non négociable qui te fait faire le tour de toutes les boutiques d’artisanat existantes. En plus, les pêcheurs sur le trajet touristique sont juste là pour faire joli. Comme ce ne sont pas les villages flottants qui manquent en Asie du Sud-Est, nous renonçons à ce highlight. Nous garderons en souvenir le moins pittoresque Kampong Ayer au Brunei mais qui est beaucoup plus resté dans son jus. Mais rassurez-vous, à la place, nous avons tenté une expérience beaucoup plus funky…

En train de Kalaw à Thazi

Voilà un endroit vraiment pas touristique! Nous étions les deux seuls étrangers de tout le train! Nous avons décidé de tester les chemins de fer birmans en empruntant la jolie ligne de montagne entre Kalaw et Thazi. C’est une ligne qui traverse la jungle et les rizières et qui descend en zigzag jusqu’en plaine. Il y a, aux extrémités, des gares en cul-de-sac afin de faire changer de direction au train et de modérer la déclivité. C’est sûrement une des plus belles lignes que nous n’ayons jamais empruntées!

Lors du passage des trains, les gares deviennent le centre névralgique du village et les quais se transforment en véritables marchés. Nous avons vraiment eu l’impression d’être transposés dans un documentaire d’ARTE!

Cette première étape birmane nous a beaucoup plu! Il faudra juste apprendre à être encore moins pressé qu’ailleurs avec les transports! Pour preuve : notre joli trajet en train a duré sept heures… pour parcourir 190 kilomètres!

Sukhothai, la première capitale du royaume de Siam

Nous vous avons laissés à Phetchaburi et nous vous retrouvons presque 600 kilomètres plus au nord! Mais rassurez-vous! Nous n’avons pas avalé cette longue distance d’une seule traite même si nous aurions pu le faire en une seule nuit. Nous nous sommes arrêtés à Bangkok, notamment pour renouveler du matériel. Nous ne nous y sommes pas attardés car nous avons déjà eu l’occasion à plusieurs reprises de visiter la ville par le passé et nous allons y retourner prochainement afin de demander notre visa à l’ambassade du Vietnam. Nous avons juste profité des bonnes vibes de cette ville que nous adorons malgré ses nombreux défauts.

Afin de couper un peu le trajet, nous nous sommes également arrêtés à Ayutthaya, bien plus tranquille que la capitale. De là, un train nous a emmené à Phitsanulok à environ soixante kilomètres de notre but. Un petit trajet en bus et nous voilà enfin à Sukhothai! Enfin, pas tout à fait. Nous sommes arrivés à New Sukhothai, une ville moche et sans intérêt mais c’est tout de même là que nous logerons. Notre point d’intérêt est le parc archéologique de Old Sukhothai situé à quatorze kilomètres de la nouvelle ville mais tout est bien organisé et il y a des « Wooden bus » qui nous emmènent fréquemment à l’entrée du site.

Old Sukhothai

Sukhothai fut fondée en 1238 après que la région se soit affranchie du royaume d’Angkor. Oui celui qui a ces superbes temples dans la jungle au Cambodge! Elle fut la toute première capitale du royaume de Siam (ancien nom de la Thaïlande) mettant fin à la domination khmère sur la région. Elle connut son apogée au XIVe siècle avant d’être peu à peu laissée à l’abandon dès le début du XVIe siècle. Aujourd’hui, il en reste des ruines, plus ou moins bien conservées situées dans un parc archéologique inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO et divisé en cinq zones. Nous nous contentons de la zone centrale où se trouve la plus grande concentration de temples car c’est déjà énorme et il fait une chaleur écrasante en ce mois de septembre particulièrement sec. Une toute petite partie des temples a été découverte, il y en aurait encore des dizaines d’autres enfouis sous la végétation.

Wat Traphang Thong

Juste avant l’entrée du site archéologique en lui-même, sur une petite île entre deux bras de la rivière Yom, se trouve le Wat Traphang Thong, un monastère relativement moderne, habité encore aujourd’hui par des moines. Seul le stupa en briques est d’origine, il daterait du XIIIe ou XIVe siècle.

Le parc historique

Ce qui nous frappe quand nous entrons dans le parc, c’est la nature omniprésente qui donne une impression de calme et de sérénité. Le site est bâti autour de lacs et de canaux alimentés par les eaux de la rivière Yom. Il y a également beaucoup d’arbres qui nous donnent une ombre bienvenue, le soleil se montrant particulièrement généreux pour un mois de septembre.

Wat Mai

C’est assez paradoxal car Wat Mai signifie temple neuf et celui-ci paraît extrêmement vieux. C’est en tout cas le temple le moins bien conservé de tout le site. Il ne reste que quelques colonnes qui se tiennent péniblement debout en essayant de défier le temps qui passe. Il ne date pourtant « que » du XIVe siècle soit un siècle après la fondation de Sukhothai, en plein âge d’or de la ville.

Wat Chana Songkhram

Ce temple date du XVe siècle. Aujourd’hui, il n’en reste pas grand chose si ce n’est son superbe chedi (ou stupa) de style architectural typique de l’époque de Sukhothai. L’environnement est juste superbe avec tous ces arbres!

Monument au roi Ramkhamhaeng

Voilà quelque-chose qui nous change un peu des temples en ruines! Ce monument d’un goût un peu douteux est dédié au roi Ramkhamhaeng qui a régné de 1279 à 1317 sur Sukhothai. Il a réussi à agrandir son royaume en conquérant des régions voisines et serait l’inventeur de l’alphabet thaï. Voilà pourquoi un monument lui est consacré à l’intérieur du site historique. Ici, le respect est de rigueur car le crime de lèse-majesté est punissable en Thaïlande, même envers un roi disparu depuis des siècles!

Wat Sra Sri

Construit dans un style sri-lankais, ce temple est situé sur une île, en retrait du reste du site, ce qui lui a valu d’être protégé des pilleurs, mais pas de l’érosion , ni des intempéries, malheureusement. Encore aujourd’hui, ça reste l’endroit le plus tranquille de Sukhothai même si nous n’avons pas à nous plaindre de l’affluence puisque nous sommes en pleine basse saison. Le bouddha en stuc blanc vaut particulièrement le coup d’œil même si ce n’est qu’une reconstitution datant du XXe siècle.

Wat Tra Phang Ngoen

Ce petit temple construit au XIVe siècle représente parfaitement le style architectural de Sukhothai. Il ne possède pas de mur d’enceinte car il est naturellement protégé par des lacs et des canaux. Il est célèbre pour son Bouddha blanc qui domine le lac.

Wat Mahathat

C’est le temple le plus grand et le plus important de Sukhothai. Il possèderait pas moins de deux cents stupas! Nous ne nous sommes pas amusés à les compter, mais nous confirmons qu’il y en a beaucoup! Et certains ne sont peut-être plus debout aujourd’hui. C’est également le temple mieux conservé de tout le site. Bouddha y est représenté sous toutes les coutures et il reste de beaux vestiges de sculptures et de bas reliefs.

Nous avons littéralement adoré cette étape et nous avons trouvé le site encore plus sympa qu’Ayutthaya! Le fait d’être au vert sans trop de monde nous a beaucoup aidé à apprécier l’endroit. Nous nous attendions à quelque-chose de beaucoup plus touristique même si nous savons que septembre est plutôt la basse saison en Thaïlande! Nous avons également eu de la chance avec la météo, bien qu’il fasse très chaud, puisque normalement il devrait pleuvoir beaucoup plus!

Pour la suite, nous allons continuer notre périple un peu plus au nord et, en principe, vous devriez avoir de nos nouvelles depuis un nouveau pays!

Phetchaburi et ses nombreux temples bouddhistes

Après avoir bien profité des îles du Golfe de Thaïlande, il était temps de rejoindre le continent afin de continuer notre périple, même s’il a fallu supporter encore un trajet en bateau! Mais la mer n’était pas trop agitée et nos estomacs ont plus ou moins tenu le coup. Nous avons débarqué à Chumphon, une ville complètement sans intérêt, où nous avons passé la nuit pour prendre notre train aux aurores le lendemain matin. Heureusement, il n’était pas trop en retard (une petite vingtaine de minutes, une broutille pour la Thaïlande!) et nous n’avions pas eu l’impression de nous être levés à des heures indécentes pour rien.

Il pleut des cordes mais le temps est assez clair pour observer le paysage de montagnes karstiques, de jungle et de rizières. Grâce à toute cette eau, la végétation est luxuriante et après quelques heures, le soleil daigne enfin se montrer.

Après cinq heures de trajet, nous voilà enfin arrivés à Phetchaburi, une petite ville de province située environ à 160 kilomètres au sud de Bangkok. C’est vraiment tranquille et il y a très peu de touristes. Nous galérons juste pour nous faire comprendre car personne ne parle un traitre mot d’anglais ici, ce qui n’empêche pas la population locale d’être très affable et aux petits soins pour nous.

Phetchaburi est une des plus anciennes villes de Thaïlande et aurait été fondée durant la période Dvaravati (VIe siècle environ). C’était une forteresse royale d’importance même pendant les périodes de Sukhotai et d’Ayutthaya dont elle connut le même destin funeste puisqu’elle fut, comme ses deux grandes sœurs, attaquée et saccagée par les Birmans au XVIIIe siècle.

Aujourd’hui Phetchaburi est une ville étudiante prestigieuse et possède plein d’universités spécialisée dans plusieurs domaines mais elle est surtout connue pour la quantité de temples bouddhistes, tous plus beaux les uns que les autres, qu’on peut trouver dans toute la ville.

Les temples

Comme mentionné précedemment, Phetchaburi est connue pour ses nombreux temples bouddhistes, tous plus beaux les uns des autres. Il y en a absolument partout! Chaque rue en possède au mois quatre ou cinq! Rien ne vaut le vélo pour aller les découvrir car la ville est toute plate, sans trop de trafic, et notre guesthouse nous en met à disposition gratuitement. Nous ne les avons de loin pas tous visités car il y en aurait pour des semaines et vu la courte durée du visa thaï (seulement trente petits jours), nous ne pouvons pas nous permettre de traîner même si nous aurions adoré nous poser quelques temps dans ce genre de petite ville.

Phra Nakon Khiri Park

C’est un parc municipal dans lequel se trouvent quelques monuments d’architecture traditionnelle bâtis sur une petite colline. Le tout a été construit en 1860 en l’honneur du roi Mongkut ou Rama IV. Les Anglais n’étant pas passés par là, les jardins ne sont pas aussi beaux qu’en Malaisie mais c’est agréable d’avoir un petit espace vert en pleine ville.

Wat Sra Bua

Ce petit temple n’est pas le plus pittoresque de la ville même si nous aimons sa simplicité et son côté miniature tout mignon. Il a la particularité d’être le temple le plus vieux de Phetchaburi. Il date de la période du royaume d’Ayutthaya. (1629-1758)

Wat Bun Thawee

Nous nous arrêtons dans ce complexe où nous sommes directement accueillis par des moines habitant le lieu. En plus de l’entretien des jardins, ils s’occupent d’une pisciculture située à proximité. Nous avons été invités à participer au rituel bouddhiste, c’est-à-dire à brûler des bâtons d’encens et à coller des feuilles d’or sur des statues de Bouddha. Mais avec nos mains moites de transpiration à cause du climat chaud et humide, nous avons plus décoré nos doigts d’or que les statues! Malgré tout, nous avons été touchés de l’invitation et de l’ouverture d’esprit des locaux à notre égard.

Wat Khoi

C’est sûrement le temple le plus impressionnant de la ville malgré son côté très kitsch. Il est relativement moderne avec son allure de château de Disney. On dirait presque un gâteau d’anniversaire géant! Certains détails nous rappellent le temple blanc de Chiang Rai, en moins fou. Le jardin vaut le détour avec ses statues et ses gravures en bas-relief.

Wat Mahathat Worawihan

Ce temple là se reconnaît de loin avec ses cinq prangs (colonnes sculptées) blanc qui se découpent dans le ciel même quand il est un peu nuageux. Le plus haut, celui du milieu, mesure quarante-deux mètres de haut et contient des reliques de Bouddha. Ce qui en fait le temple le plus sacré de la ville et de toute la région. En ce qui nous concerne, c’est celui que nous trouvons le plus beau. Il doit être régulièrement ripoliné car le blanc des prangs est immaculé!

Khao Luang Cave

Si nous nous sommes arrêtés à Phetchaburi, c’est principalement pour visiter ce site qui se trouve à trois kilomètres du centre-ville. Mais ça se mérite! Il faut grimper une belle colline et nos vélos de ville à une seule vitesse ne sont pas du tout adaptés à la montée qui est, somme toute, assez raide. Mais le jeu en vaut la chandelle! C’est un temple bouddhiste construit dans une impressionnante grotte sous le règne du roi Mongkut ou Rama IV entre 1861 et 1868. L’éclairage dans la grotte est bien réfléchi et met bien en valeur toutes les statues de Bouddha. Tout le complexe est inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO et on comprend aisément pourquoi!

Et pour clore cette belle visite, rien de tel qu’un Bouddha couché!

Phetchaburi aura été un véritable coup de cœur! Nous pensions trouver quelque-chose de beaucoup plus touristique. Il est vrai que septembre tombe en pleine basse saison mais la ville semble relativement calme toute l’année. Nous avons eu une chance inouïe avec la météo! Nous n’avons pas vu une goutte de pluie alors que nous sommes dans le mois qui est censé être le plus pluvieux! Nous avons juste bien transpiré sous l’humidité ambiante mais pour nous, le climat tropical n’est pas un problème.

Nous avons fait le plein de spiritualité avec cette petite étape bien sympa, nous méritons maintenant d’aller nous encanailler à Bangkok!

Koh Phangan / Koh Tao, les perles du Golfe de Thaïlande

Comme nous avons prolongé notre séjour à Cherating, nous avons dû zapper les îles paradisiaques de l’est de la Malaisie. Il fallait donc nous rattraper en Thaïlande! Pour des questions météorologiques et de nouveauté, nous nous sommes tournés du côté du Golfe de Thaïlande. Nous avons tout de suite éliminé Koh Samui qui nous semblait vraiment trop touristique. Le hasard a fait que notre ami Francisco, l’Argentin accro au maté avec qui nous avons partagé quatre semaines de volontariat en juillet, était à Koh Phangan. Nous avons donc décidé de le rejoindre et de découvrir en même temps cette petite île.

Mais rejoindre Koh Phangan ça se mérite. Depuis Songkhla, il nous a fallu retourner à Hat Yai pour prendre le train, une petite formalité. Mais à la gare, ça se complique, notre train a plus de deux heures de retard. Comme notre dernière expérience ferroviaire remonte à l’Inde, nous trouvons les gares thaïes vraiment très calmes. Nous arrivons finalement à Surat Thani même s’il est tard. Le lendemain, c’est reparti pour une journée de transport car le départ des ferries se trouve à Donsak, à 80 kilomètres plus au nord. Mais vu le potentiel touristique des îles, il est facile de trouver un bus.

A Donsak, nous apercevons déjà les roches karstiques si typiques du sud de la Thaïlande. La traversée en ferry se déroule très bien : la mer est calme et nous avons une place à l’extérieur. Nous n’avons donc pas souffert du mal de mer et avons pu profiter du paysage.

Koh Phangan

Nous débarquons à Thong Sala, le village principal de l’île. C’est une station balnéaire typique avec ses cafés, ses restaurants, ses bars, ses guesthouses et, comme nous sommes en Thaïlande, ses salons de massage. Il faut toutefois noter la présence du marché de nuit, notre QG pour les repas du soir, où se trouvent toutes sortes de plats locaux, certes aseptisés pour les Occidentaux, mais savoureux et à petits prix.

La playa

Thong Sala possède sa plage. Ce n’est pas la plus pittoresque de l’île mais elle se défend pas mal avec son sable corallien et ses eaux turquoises. De plus, elle s’étend sur des kilomètres, de quoi remplir des heures de balade. Nos pieds vous le confirment! Elle est idéale pour la baignade car elle se situe dans le chenal qui sépare Koh Phangan de Koh Samui et elle est protégée des courants.

Centre de l’île

Rien de tel qu’un scooter pour découvrir les recoins de cette petite île. La météo est un peu capricieuse mais nous sommes bien équipés et, de toute façon, c’est sous la pluie que la forêt tropicale est la plus belle. Koh Phangan est bien vallonnée et les routes n’ont rien à envier à celles qu’on peut trouver dans les Alpes, il y a de jolies côtes. Le paysage de montagnes recouvertes de jungle est magnifique et parfois, il nous semble que la mer est loin. Nous avons été ravis de retrouver la végétation luxuriante des Tropiques avec ses papillons et ses oiseaux multicolores.

Ao Thong Nai Pan Noi

Une fois redescendus de nos montagnes, nous nous retrouvons au nord-est de l’ile. Ici aussi il y a un petit village avec toutes les infrastructures pour touristes occidentaux mais la plage avec ses gros blocs de granit vaut le détour.

Haad Than Sadet

C’est sûrement la plus belle plage de l’île. Nous sommes ici au point le plus à l’est accessible pour l’humain, le reste est laissé à la nature et à l’état sauvage et fait partie d’un parc national protégé. C’est tellement rare ce genre de mesures environnementales en Thaïlande qu’il vaut la peine de le souligner! Un vrai petit paradis!

Haad Rin

C’est à Haad Rin, à la pointe sud-est de l’île, que se déroulent les fameuses Full Moon Party connues dans le monde entier! La fête de la pleine lune où de nombreux occidentaux viennent se biturer à bas prix! Bref, le genre de truc que nous fuyons comme la peste.  Sinon le village n’a pas grand intérêt, c’est un Thong Sala miniature.

Bouddha

Même dans un endroit touristique, nous restons en Thaïlande , un pays profondément pieux, et de nombreux temples bouddhistes sont disséminés un peu partout sur l’île au bord de la route. Le vert intense de la végétation luxuriante se marie parfaitement avec les couleurs vive des temples.

Haad Chaloklum

Nous sommes ici à l’extrême nord de Koh Phangan. Il y a une belle plage de sable fin au pied de montagnes recouvertes de forêt tropicale. Nous sommes également loin du chef-lieu de l’île et de sa vie un peu plus animée. Il y règne une vraie atmosphère de bout du monde.

Malgré un côté assez touristique duquel nous étions parfaitement au courant avant de venir, nous avons apprécié notre séjour sur Koh Phangan en compagnie de notre pote Francisco. La météo n’a pas été au top mais elle n’a pas été trop horrible non plus mais c’est de saison. Ce n’est pas la Thaïlande authentique mais, par rapport aux îles de la mer d’Andaman, nous avons trouvé ici un havre de paix relativement bon marché et sans trop de touristes. Nous nous attendions à bien pire donc nous sommes plutôt contents de notre choix.

Koh Tao

Après de longues discussions autour d’un pad thai, d’un mango sticky rice ou encore d’autres délices de Thaïlande, nous sommes parvenus à la conclusion que nous n’étions pas obligés de retourner sur le continent pour continuer notre route vers le nord. Nous pouvions très bien emprunter un itinéraire maritime en faisant escale sur la petite île de Koh Tao.

Avec son relatif isolement, Koh Tao était utilisée comme île prison, l’océan étant un rempart naturel contre les évasions. Puis, quand le pénitencier fut abandonné, des familles du continent vinrent s’installer, d’abord pour planter des cocotiers afin de fabriquer de l’huile de coco, puis pour construire d’horribles infrastructures touristiques. Nous ne sommes pas du tout partisans du « c’était mieux avant » mais nous sommes persuadés que nous aurions préféré le temps de l’huile de coco. En plus ça sent super bon!

Une petite heure et demie de ferry suffit pour rejoindre Koh Tao depuis Koh Phangan mais la mer n’est pas très calme et le mal de mer nous guette rapidement. Mais l’approche magnifique de l’île nous fait vite oublier nos petits tracas d’oreille interne!

Nous débarquons à Mae Haad, le village principal de l’île. Sans grande surprise, tout est dédié au tourisme : bars, restaurants, auberges, salons de massages, etc. Sans oublier les nombreux centres de plongée car les fonds marins de Koh Tao sont connus dans le monde entier. C’est une véritable foire d’empoigne et un crève-cœur pour nous. L’île est complètement dénaturée.

Koh Tao Temple

Sur les hauteurs de Mae Haad, se dresse un magnifique temple bouddhiste sobrement appelé Koh Tao Temple. C’est un havre de paix et de sérénité loin de la frénésie touristique du littoral. Heureusement qu’il nous reste la spiritualité pour nous éloigner du tourisme de masse même si, à la base, nous sommes des athées convaincus.

Sairee Beach

C’est une magnifique plage qui s’étend au nord de Mae Haad. Tous les ingrédients pour une plage de rêve sont réunis : eau turquoise et transparente, température de l’eau agréable et sable fin. La vue sur l’îlot de Naang Yuan ne gâche en rien le paysage. Mais le côté paradisiaque s’arrête là! Au bord de la plage, s’alignent sans interruption des bars, des restaurants et des hôtels qui se font une concurrence féroce pour savoir qui a la meilleure vue sur la mer.

Promenade côtière du sud-ouest

Nous avons galéré pour trouver des sentiers de promenade sur cette île, les Thaïs n’étant pas fans de la marche et les touristes venant principalement pour la plongée et faire la fête. Nous avons finalement fini par en dégoter un le long de la côte sud ouest avec une vue époustouflante sur les eaux turquoise du Golfe de Thaïlande. En plus, nous étions vraiment seuls au monde!

Nous sommes également passés par une petite forêt tropicale à la végétation luxuriante à observer une multitude de papillons de toutes les couleurs.

Koh Tao est un véritable petit bijou mais elle est malheureusement gangrenée par le tourisme de masse. Contre toute attente, Koh Phangan, bien que plus grande et possédant plus d’infrastructures, est beaucoup moins touristique et elle a notre préférence pour cette raison.

Nous ne regrettons pas du tout d’avoir fait le détour par Koh Tao car cette île est vraiment pittoresque mais il est temps de rejoindre la Thaïlande continentale et de découvrir autre chose, pas forcément plus authentique mais au moins culturel.

Songkhla, la douceur de l’extrême sud de la Thaïlande

Après sept semaines de volontariat dans notre bar de Cherating, nous retrouvons les joies du bus de nuit. Mais notre véhicule était confortable et l’air conditionné n’était pas réglé sur trop froid. Nous avons donc passé une nuit relativement bonne et, à six heures du matin, nous sommes déjà arrivés à la frontière entre la Malaisie et la Thaïlande. L’immigration thaï a pris un peu de temps car le douanier n’avait jamais entendu parler de la Suisse et il pensait  que nous venions d’un pays obscur qui nécessitait un visa. Une fois notre passeport enfin tamponné, nous nous mettons en route pour la gare où nous attend un train qui part dans les cinq minutes. Manque de bol, nous ne possédons pas un seul bath (la monnaie locale de Thaïlande) et les bureaux de change ne sont pas encore ouverts. Heureusement, nous avons pu corrompre le contrôleur avec des ringgits (la monnaie malaisienne) et embarquer dans le convoi pour Hat Yai.

Dès notre embarquement dans le train, nous sentons tout de suite que nous avons changé de pays. Ici nous trouvons des banquettes en bois, de la climatisation naturelle par les fenêtres grandes ouvertes et des vendeurs ambulants. Les mosquées cèdent peu à peu la place aux magnifiques temples bouddhistes typiques de la Thaïlande.

Petit arrêt à Hat Yai afin de changer de moyen de transport pour prendre un minibus et nous arrivons enfin à notre première étape : Songkhla!

Songkhla

Si nous avons atterri à Songkhla, c’est grâce à Jackie, une Thaï installée à Cherating originaire de la ville qui nous a conseillé d’y passer. Comme la ville est géographiquement bien située pour la suite de notre périple, nous avons suivi son conseil.

Songkhla est une petite ville bien tranquille pour la Thaïlande, située sur une lagune entre la Mer de Chine Méridionale et le le lac Songkhla, le plus grand lac naturel du pays. Jusqu’au XVIIe siècle, Songkhla était une principauté indépendante appelée Singora mais a été finalement rattachée au Royaume de Siam, l’actuelle Thaïlande. Il reste une petite partie des anciennes fortifications de la ville qui date de cette époque.

C’est à Songkhla que le 8 décembre 1941 débarquèrent les troupes japonaises marquant le début de la campagne de Malaisie. Ils y envahirent toute la péninsule jusqu’à Singapour. Si la date vous dit quelque-chose, c’est normal, c’est exactement le même jour que l’attaque de Pearl Harbor, toujours par l’armée impériale japonaise! Les Japonais étaient des guerriers cruels et sans cœur mais ils étaient organisés et savaient soigner leurs entrées!

Old Town

Aujourd’hui, et depuis la deuxième moitié du XXe siècle, ce sont les Chinois (encore eux!) qui ont pris possession du centre historique. C’est un véritable petit Chinatown vraiment sympa avec ses vieilles maisons chinoises, ses lampions rouges, ses temples et ses délicieuses soupes de nouilles. Nous sommes les seuls Occidentaux à déambuler dans les rues et, à part quelques touristes asiatiques, il n’y a pas d’étrangers. Les locaux sont sympas et pas du tout du genre à nous harceler pour nous vendre tout et n’importe quoi. C’est une Thaïlande tranquille dont nous n’avons pas vraiment l’habitude, mais c’est comme ça que le pays nous plaît!

A l’instar de quelques villes malaisiennes comme Ipoh, Georgetown ou encore Malacca, le centre historique de Songkhla regorge de Street Art et certaines fresques sont vraiment bien faites! De véritables œuvres d’art à ciel ouvert!

Le port

Côté lac, juste derrière Old Town, se trouve un des ports les plus importants de l’est de la péninsule malaise et de l’isthme de Kra, cette bande de terre un peu tordue qui relie la Malaisie péninsulaire au reste de l’Asie du Sud-Est. Les activités portuaires sont principalement tournées vers la pêche.

Temples bouddhistes

Partout en Thaïlande, il est possible d’observer des temples bouddhistes plus beaux les uns que les autres. Songkhla ne fait pas exception à la règle, il y a pratiquement un temple, voire plus, par rue!

Samila Beach

Songkhla ne se contente pas d’être une ville sympa, elle se targue de posséder une plage de rêve. Sable blanc, eaux turquoises et chaudes, îles karstiques, il est difficile de croire que nous sommes en pleine ville! C’est un véritable bol d’air qui s’étend sur plusieurs kilomètres. Lors de notre passage, le soleil cognait vraiment fort et il était impossible de rester sur le sable sans se brûler les pieds! Nous ne nous y sommes pas attardés de peur de prendre une insolation et des gros coups de soleil. Malgré cela, ça restera quand même une plage paradisiaque.

Tang Kuan Hill

En plein centre de la ville, se dresse la colline de Tang Kuan d’une petite centaine de mètres de hauteur. Il y a un funiculaire qui monte au sommet mais nous préférons prendre les escaliers afin de profiter d’une petite promenade en nature. C’est facile avec des escaliers et en plus, c’est superbement décoré.

Pavillon Rama IV

A mi-chemin, nous découvrons le pavillon dont la construction a été ordonnée par le roi Rama IV himself, le roi du Siam au XIXe siècle. Nous supposons que le monarque a choisi cet endroit pour jouir de la superbe vue sur le lac de Songkla et nous ne pouvons qu’approuver son choix!

Royal Pagoda

Arrivés au sommet, nous sommes accueillis par des singes et par un serpent que nous avons dérangé de sa sieste sur les escaliers. Heureusement, ce dernier ne nous en a pas trop voulu car avec sa couleur brun-rouge, nous doutons fortement qu’il soit inoffensif! Nous sommes à peine une dizaine de personnes au sommet, il y a plus de singes que d’humains! Si nous avons fait l’effort de monter, c’est pour découvrir la pagode royale, un stupa blanc surmonté d’une flèche dorée qui domine la ville. Et bien sûr, Bouddha qui est à l’honneur avec les différentes statues à son effigie que nous pouvons trouver un peu partout.

Evidemment, la vue sur Songkhla est incroyable!

Songkhla est un conseil que nous avons bien fait de suivre! C’est une ville tranquille, agréable à vivre, pas du tout touristique et, grâce à sa situation lagunaire, peu polluée! Ou du moins, nous ne sommes pas incommodés par la pollution atmosphérique. Nous qui déplorons que la Thaïlande ait vendu son âme au tourisme de masse, nous avons été vraiment surpris en bien de trouver ce genre de trésor.

Quant à la suite, ça se passera toujours à l’est mais l’ambiance sera beaucoup plus insulaire.

Volontariat à Cherating, un village tranquille sur la côte est de la Malaisie

Dans le cadre de notre volontariat dans un bar, nous avons atterri à Cherating, un petit village vraiment tranquille sur la côte est de la Malaisie au bord de la Mer de Chine Méridionale. Il n’y a pas énormément de choses à faire à part profiter de la superbe plage, mais les habitants sont tellement adorables que nous avons vite tissé des liens sociaux. Le travail au bar nous a aussi pris pas mal de temps donc finalement, nous ne nous sommes pas trop ennuyés même si nous nous réjouissons fortement de repartir à l’aventure!

Alors Cherating, c’était comment?

  • Une communauté adorable où l’entraide et la bonne humeur sont de rigueur
  • Un super staff au bar
  • Un patron complètement allumé mais un très bon chef
  • Une plage superbe qui change d’aspect tous les jours selon les courants et les marées
  • Des orages de ouf!
  • Diego, Oreo et Nancy, trois chiens un peu fous mais adorables qui ont parfaitement joué leur rôle de chiens de garde devant notre bungalow
  • Lilo, six ans et Jaja, quatre ans, les rayons de soleil du bar
  • Des milliards de grains de sable qui s’infiltrent absolument partout
  • Des kilos de vaisselle portés ainsi que des centaines de bouteilles de bières
  • Des milliers de pas sur le sable à servir des clients
  • Une invasion de Français et autres francophones (ce n’est pas un reproche mais ça nous a hallucinés comme ils sont tous arrivés en même temps!)
  • Des rencontres extraordinaires avec des personnes de toutes nationalités
  • quatre kilos de maté inséparables de notre collègue argentin, Francisco
  • Un crabe sauvé des griffes de Diego. Nous avons d’ailleurs été hallucinés du flair du chien capable de sentir un crabe à plus d’un mètre de profondeur dans le sable
  • Un énorme varan sauvé des assauts de nos trois amis à amis pattes
  • Deux bébés tortues relâchées dans la mer
  • Des dizaines de kilos de plastique ramassés sur la plage avec l’association Trash Hero
  • Une communauté de singes faisant office de réveil matin et de vide poubelles
  • Un toucan aperçu dans un arbre
  • Quelques verres cassés
  • Plusieurs « Birthday Party ». Normal, neuf mois avant c’est la mousson, il faut bien que les gens s’occupent!
  • Une tourelle en brique construite de nos propres mains. Aux dernières nouvelles, elle tient toujours debout!
  • Devoir manger du durian comme cadeau de départ!
  • Des fous rires à la pelle

Les perles du bar

A force de côtoyer des clients, il y a forcément quelques petites perles qui ressortent, ce qui nous a valu de grand moments de franches rigolades. En voici un petit aperçu:

  • Sur la plage, nous avions une petite place pour faire un feu dans le but de s’y réunir en buvant quelques bières et en chantant quelques chansons jouées à la guitare. En voyant cela, une cliente nous a demandé si nous nous adonnions à des cultes sataniques!
  • Plusieurs personnes nous ont commandé de la bière tempérée! (WTF?)
  • En discutant avec des compatriotes : « Surtout ne rentrez pas en Suisse, c’est toujours aussi nul! »
  • Van, à la caisse avec des francophones, se concentre pour dire 95 à la française (quatre-vingt-quinze donc) et le client qui ne comprend pas « parce-que chez nous on dit nonante-cinq! »
  • « Vous avez de la chance d’être Suisses car, au moins, il n’y a pas la mer! » (Mais vas-y, nous te laissons la place!)
  • Le client que nous ne retrouvons pas pour lui servir le repas qu’il a commandé. Après une recherche minutieuse, nous le retrouvons dans le bar d’à côté! Pourtant, c’est difficile de confondre, il y a un vide d’au moins cent mètres qui sépare les deux bars!
  • Ceux qui commandent, qui paient et qui partent avant de recevoir leur assiette! (Et une pizza gratuite pour le staff!)
  • « Il est frais votre saumon? » (Oui, avec le réchauffement climatique, les saumons ont décidé de s’adapter et de venir se prélasser sous les tropiques!)
  • « Risque-t-on de tomber malade en mangeant chez vous? (Oui, notre mission secrète est de vous empoisonner!)
  • Alors que nous nous activons derrière le bar : « Vous bossez ici? » (Non, nous tournons un film!)
  • Celle qui se prend un simple plat de pâtes mais qui commande un super steak pour son chien (Après l’enfant-roi, le chien-roi!)
  • Devoir fermer le bar plus tôt pour pouvoir aller fêter l’anniversaire du propriétaire du bar voisin!
  • Quand des Québécois traduisent littéralement ce qu’il y a sur la carte et que nous sommes incapables de les comprendre! (Euh, finalement, tu ne veux pas parler anglais?)
  • Celui qui demande une réduction car il prend ses bières à l’emporter! (Dans un bar, tu prends de toute façon tes bières à l’emporter!)
  • Celle qui demande des glaçons dans sa bière (WTF??)
  • Notre collègue Bot tout fier de sortir quelques mots de coréen à une cliente coréenne en voulant lui dire « Bonjour, comment vas-tu? » Mais en réalité, il lui a dit « je t’aime »! La cliente a superbement réagi en lui répondant du tac au tac : « Me too, I love you! » Gros malaise pour lui, le pauvre, mais gros fou rire pour nous!
  • « Les numéros à côté du menu, ce sont les prix? » (Non, c’est le prochain tirage du loto!)
  • Une table avec un gros panneau réservé au milieu. « C’est réservé? » (Non c’est juste pour la déco!) et quand nous répondons par l’affirmative « Mais pouvons-nous nous asseoir quand même? » (A ton avis?)
  • « Peut-on payer en euros? » (Non, seulement en anciens francs!)

Nous avons vraiment passé de bons moments à Cherating. D’ailleurs, notre volontariat devait initialement se terminer le 31 juillet. Nous avons accepté de rempiler pour trois semaines de plus, tellement l’expérience était géniale! Comme quoi, nous arrivons à ne pas nous faire virer des volontariats! (Cf Malacca!)

Malgré cette expérience extraordinaire que nous ne sommes pas prêts d’oublier, nous sommes tout de même impatients de reprendre nos sacs et de crapahuter à travers l’Asie du Sud-Est. Nous allons mettre le cap au nord (mais pas trop hein!) dans le but de rejoindre le Vietnam avant les fêtes de Noël. Pour le faire, nous avons quatre mois et un seul impératif : ne pas prendre l’avion!