Quito et la latitude zéro

Nous quittons à regret la chaude et luxuriante Amazonie pour la très fraîche Quito. Le trajet fut magnifique dans une végétation tropicale fascinante surplombée par de hauts volcans et par chance, nous n’avons pas eu de chauffeur kamikaze cette fois, même si les lacets des routes de montagnes ont mis notre estomac à dure épreuve. Fichue oreille interne! Arrivés dans les faubourgs de Quito, c’est une autre jungle qui nous attend, des kilomètres carrés de béton entassés dans une vallée et prenant de plus en plus de place sur les flancs des montagnes. Après presque une semaine en forêt à ne parler quasiment qu’à des singes, des papillons et des oiseaux, c’est un choc et c’est avec appréhension que nous posons le pied dans cette métropole gigantesque même si, malgré son statut de capitale, ce n’est que la deuxième ville du pays.

Le terminal de bus de Quitumbe se trouve tout au sud de la ville, il nous reste donc une petite heure de bus urbain pour rejoindre le centre-ville. Mais le système de transport public est assez bien fait, facile d’utilisation et très bon marché. Mais les chauffeurs sont de la famille de l’autre kamikaze et les rues de Quito ne sont ni droites, ni plates, ni refaites. Ce n’est donc pas une partie de plaisir de voyager sur la route dans ce pays surtout pour nous qui souffrons à chaque fois d’un mal des transports carabiné.

Centre historique

La ville aurait été fondée autour de 1030 avant notre ère pendant l’empire Inca mais il n’y a pas beaucoup de vestiges qui ont été trouvés qui pourraient confirmer cette théorie. La première date qui est sûre et certaine, c’est 1534, date de l’arrivée des conquistadors espagnols et plus précisément de Sebastían de Belalcázar, un natif de Cordoue (encore un Andalou!) qui fonda la ville. Le centre historique qui nous reste aujourd’hui serait le plus grand et le mieux conservé de toute l’Amérique latine, il est d’ailleurs inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est d’ailleurs la toute première ville conjointement à Cracovie à y être inscrite. C’est vrai qu’il est agréable de se promener dans ces petites rues en pente au milieu de ces maisons colorées. Malheureusement, sous ces latitudes, la pluie se fait fréquente et, à cause de l’altitude, (2850 m.), les températures chutent dès qu’il n’y a plus de soleil. Mais la ville regorge de petits cafés vraiment sympas où il fait bon d’y rentrer se réchauffer avec une bonne boisson chaude.

Plaza Grande

Egalement appelée Plaza de la Independencia, c’est la place centrale de la ville. Construite comme toutes les grandes places coloniales, elle est notamment bordée par la cathédrale métropolitaine et par l’hôtel de ville. Elle date du XVIe siècle et c’est le seul endroit plus ou moins plat de toute la ville. Nous n’avons malheureusement pas pu nous attarder sous peine de nous faire rincer et congeler par une forte averse.

Basilica del Voto Nacional

Véritable monstre néogothique au cœur de la ville, la basilique fut achevée en 1987 après un siècle de travaux et démontre bien la ferveur catholique encore très présente en Amérique latine. Elle a même été bénie par le pape Jean-Paul II! C’est le plus grand édifice de ce genre sur tout le continent américain. Il est encore plus grand que la cathédrale St-Patrick de New York qui, avec Notre-Dame de Paris, a servi de modèle pour sa construction. Le style gothique est tellement bien respecté que nous ne voyons pas au premier coup d’œil que cet édifice date seulement de la fin du XXe siècle.

Mitad del Mundo

Dans la banlieue nord de Quito, à treize kilomètres du centre-ville, se trouve la petite ville de Mitad del Mundo (milieu du monde) qui a la particularité de se trouver à la latitude zéro, sur la ligne de l’Equateur. Il y a un monument marquant le point zéro mais aussi tout un pôle muséal parlant de la ligne de l’Equateur mais aussi du pays en général.  Le site a été construit pour reconstituer un petit village qui nous rappelle un peu les Outlets en Italie. Bien sûr, il y a les inévitables restaurants à touristes et boutiques de souvenirs mais les parties musées sont très intéressantes et très variées. Nous pensions faire notre petit tour, prendre quelques photos du monument puis rentrer en ville. Finalement, nous y avons passé la journée! L’entrée coûte 5$ et franchement, ça les vaut!

Le monument du milieu du monde se trouve pile au point zéro. A l’intérieur se trouve un musée interactif sur le magnétisme et la gravité de la Terre ainsi que des expositions sur diverses communautés indiennes du pays. Au sommet, se trouve un mirador d’où on peut observer le site ainsi que les volcans alentours.

Un peu partout sur site, se trouvent des flèches donnant la direction de différentes villes du monde ainsi que la distance en miles et en kilomètres. Ce sont juste des panneaux mais comme nous sommes de grands passionnés de géographie et de voyage, nous avons passé une bonne partie de notre temps à rêver des différentes destinations inscrites sur les flèches.

L’Equateur est le premier exportateur mondial du cacao et fabrique même son propre chocolat même s’il ne sera jamais aussi bon que le chocolat suisse! Pour une fois que nous faisons du chauvinisme suisse, laissez-nous en profiter un peu! Une partie du site est consacré à la culture de ce produit. Comme vous pouvez le voir sur notre galerie photo, nous avons surtout été fascinés par les cartes. (#fousdegéo)

La bière artisanale a aussi sa place en Equateur! Mais vu le climat frais des Andes, nous préférons nous rabattre sur des boissons chaudes comme le chocolat.

Un village a été recrée avec diverses habitations traditionnelles de plusieurs communautés indiennes qui, en général, habitent plutôt en Amazonie, à l’est du pays.

Quito est une ville qui vaut largement le détour, d’autant que c’est un passage obligé pour rejoindre la côte depuis l’Amazonie. En tant que passionnés de géographie, nous avons adoré notre visite à la Mitad del Mundo pour traverser la ligne équatoriale. Ce que nous retiendrons surtout, c’est d’avoir posé le pied sur la latitude zéro! Quoique Fab se souviendra également du chocolat!

Malgré notre mini incursion dans l’hémisphère nord, la suite de notre voyage se passera encore un moment dans l’hémisphère sud, nous n’en avons encore pas fini avec ce coin de pays. Après avoir affronté encore une fois l’altitude et des températures fraîches, nous nous réjouissons de retrouver la côte, surtout que nous sommes bien plus portés sur la mer que sur la montagne. (de bons petits Suisses, nous? 😂😂) Ça n’empêche pas le fait que nous avons apprécié notre petit séjour dans la capitale.

Tena et Puyo: Voyage au Coeur de l’Amazonie

Depuis Baños, qui se situe déjà sur le versant oriental des Andes, du bon côté donc, il ne nous faut pas plus de deux heures de bus pour rejoindre Puyo. Heureusement pour nous, le trajet a été bien moins chaotique que la dernière fois, et le chauffeur n’a pas confondu la route avec un circuit de course automobile! Nous sentons que nous avons totalement changé d’environnement, l’atmosphère se fait plus lourde, plus humide, plus chaude (enfin!) et la végétation est très dense et très luxuriante. Bienvenue en Amazonie!

Pour nous, l’Amazonie avec ses forêts verdoyantes et luxuriantes, ses fleuves mythiques et ses espèces animales exotiques nous ont fait rêver depuis notre plus tendre enfance. Maintenant que le rêve est devenu réalité, espérons ne pas être déçus à force d’avoir trop idéalisé cet endroit! Nous sommes en tout cas gonflés à bloc et prêts à ouvrir nos yeux sur tout ce que la nature a à nous offrir!

Puyo

Puyo n’est pas une ville très pittoresque, c’est une ville moderne fondée au début du XXe siècle où on a préféré le pratique à l’esthétisme. Mais la proximité de la forêt tropicale et les cafés et bars au centre-ville en font une destination agréable dans une végétation luxuriante. Un paseo (promenade) longe la rivière, nommée également Puyo, au milieu de la végétation tropicale où on peut déjà apercevoir quelques espèces d’oiseaux ou de papillons qui nous en mettent plein les yeux. Puyo se situe à 950 mètres d’altitude, ce qui signifie que la nature est un « entre deux » entre la plaine vraiment très chaude et la montagne plutôt fraîche.

Parque etnobotànico Omaere

A Puyo, sur l’autre rive du Rio Puyo, se trouve le parc etnobotanique Omaere accessible grâce à une jolie petite passerelle qui enjambe la rivière. Il fut fondé en 1993, sur une surface de quinze hectares qui était dédiée aux pâturages et à la culture intensive de canne à sucre. Deux Français, un Américain et des populations indigènes comme les Guaranis et les Chuars entreprirent de planter des arbres endémiques sur cette surface et il est impressionnant de voir, après un petit quart de siècle, à quel point la nature a repris ses droits. José, notre guide appartenant à la communauté indienne des Chuars, nous explique les différentes vertus médicinales des plantes qu’on peut trouver dans la forêt ainsi que les traditions de son peuple. C’est fou comme la médecine occidentale nous a un peu éloignés des plantes et de leurs vertus! Malheureusement, un bon gros orage tropical nous force à interrompre la visite. Ça nous aura permis de mettre à l’épreuve notre matériel contre la pluie qui a passé le test haut la main! Et puis, nous trouvons que la forêt tropicale (ou équatoriale ici) est bien plus belle sous la pluie et juste après l’averse quand tout est encore humide. En plus, ça sent hyper bon!

Tena

Nous continuons notre descente et nous pénétrons encore plus profondément dans l’Amazonie. Après un court trajet en bus d’environ une heure et demie, sur une route droite et pas dangereuse (oui, nous sommes toujours traumatisés de notre trajet dans les Andes depuis Cuenca!), nous voici à Tena. Comme Puyo, Tena n’a rien de très pittoresque mais elle est très bien située au milieu de la forêt équatoriale. Sa principale économie est la culture de la cannelle, de quoi titiller nos papilles de gourmands! De nombreux sentiers, partant directement de la ville nous permettent de randonner en pleine nature luxuriante et en totale autonomie. Notre rythme de marche n’est pas très rapide mais ce n’est pas de notre faute! Il y a bien trop de choses à observer : une jolie fleur, des oiseaux et des papillons multicolores, des singes-écureuils, des insectes bizarres, des poissons dans la rivière, etc. Après des mois passés dans le désert, c’est un vrai plaisir de se retrouver au milieu de la verdure, à sentir l’odeur de la forêt et à écouter tous ses bruits!

Si vous cliquez sur les images ci-dessous pour les agrandir, vous risquez d’apercevoir quelques petits singes-écureuils, même s’ils sont un peu flous. Sorry!

Misahualli

A une petite vingtaine de kilomètres de Tena, se trouve Misahualli, une petite bourgade connue pour pouvoir naviguer sur le Rio Napo. Il est vrai que la forêt est bien plus belle vue depuis la rivière. Mais grosse déception! Le site est complètement dédié au tourisme. Les bateaux naviguent à tombeau ouvert afin de faire le plus de courses possibles alors que pour observer la nature, il faut prendre son temps et faire le moins de bruit possible. Les locaux nous rabattent tous les deux mètres et ne cherchent juste qu’à nous soutirer quelques dollars. Il y a des alignées de lodges et de restaurants à touristes. Bref, c’est vraiment limite comme façon de faire. Ça n’a strictement rien à voir avec l’Equateur que nous connaissons et que nous commençons vraiment à apprécier et où les gens sont très sympas. Seul point positif : nous avons trouvé une fabrique de chocolat artisanal même s’il n’arrive pas à la hauteur de notre bon chocolat suisse! Bref, Misahualli ne vaut vraiment pas le détour, surtout qu’il y a, à nos yeux, tout pour nous satisfaire à Tena.

Mis à part le petit bémol Misahualli, nous avons vraiment passé un excellent séjour en Amazonie. Notre rêve de gosse n’a pas été trop gâché par la réalité de terrain! Nous qui sommes des amoureux de la nature, avons trouvé notre bonheur au milieu de la forêt, de sa faune et de sa flore incroyables Nous avons trouvé une nature relativement préservée et, pour la première fois sur ce continent, nous avons gentiment commencé à entendre parler d’écologie et de protection de l’environnement. C’est loin d’être parfait et il y a encore une tonne de travail à faire, surtout que, mauvaise nouvelle, le sous-sol amazonien riche en pétrole attise les convoitises de gros groupes industriels de la région et d’ailleurs. Mais ça fait plaisir de voir que les mentalités commencent peu à peu à évoluer et que la population prend peu à peu conscience du patrimoine naturel à protéger.

Cuenca et Baños, culture et nature dans les Andes équatoriennes

Nous vous avons laissé à Trujillo et voici que nous vous retrouvons déjà en Equateur. Nous avons pris une petite semaine de « vacances » dans la petite station balnéaire de Máncora, au nord du Pérou, avant de nous arrêter à Tumbes, à l’extrême nord du pays afin de voir nos premières mangroves depuis bien longtemps. Le désert laisse enfin la place à une végétation un peu plus dense! Comme ça nous avait manqué!

Depuis Tumbes, il nous faut une petite demi-heure de minibus pour rejoindre la ville frontière d’Aguas Verdes.  De là, nous traversons à pied le pont sur la rivière qui fait office de frontière. D’un côté, le Pérou, de l’autre, l’Equateur, facile n’est-ce pas? Ben non, pas tant que ça car nous sommes entrés clandestinement sur le territoire équatorien vu qu’il n’y a pas de bureau d’immigration. Pour avoir un joli tampon sur notre passeport, nous devons nous rendre à trois kilomètres du centre-ville de Huaquillas (la ville frontière côté Equateur) sur la Panaméricaine au milieu de nulle part. Heureusement, il y a des collectivos (bus urbains) qui nous y emmènent. Le passage de l’immigration est une simple formalité et il n’y avait qu’une dizaine de personnes en attente. Quelle ne fut donc pas notre surprise de croiser un autre couple avec le même passeport rouge à croix blanche que nous! C’étaient deux Zurichois qui avaient embarqué leur van avec, ils ont du coup bien plus galéré que nous pour passer la frontière!

Cuenca

Depuis Huaquillas, il faut environ quatre heures de bus pour arriver à Cuenca, la troisième ville du pays. Cette fois, nous avons définitivement laissé le désert derrière nous et nous roulons à travers une végétation luxuriante et des champs de bananes, l’Equateur étant le premier exportateur mondial de cet emblématique fruit jaune. Mais nous prenons vite de l’altitude et les montagnes bien vertes de pâturages remplis de vaches nous font penser à certains paysages du Jura Vaudois ou des Préalpes fribourgeoises et ça ne nous enchante pas vraiment puisque nous cherchons de l’exotisme. Mais c’est bon signe car si ça nous ennuie encore de voir des paysages ressemblant trop à la Suisse, c’est que nous n’allons pas rentrer de sitôt!

La ville fut fondée en 1557 par Gil Ramirez Dávalos, encore un andalou, sous les ordres du vice-roi du Pérou, qui lui dépendait directement de la couronne espagnole. Le centre historique qui nous reste possède un patrimoine incroyable inscrit à l’UNESCO. Mais, pas de bol pour nous, une bonne partie du centre historique était en travaux de restauration donc la visite fut un peu restreinte. C’est dommage car le surnom de Cuenca est « l’Athènes des Andes » grâce à ses trésors architecturaux et nous aurions bien aimé le découvrir en entier.

Cuenca se situe sur un plateau qui culmine à 2350 mètres d’altitude. Et oui, fini les chaleurs tropicales (😭), ici c’est journées tempérées et nuit très fraîches surtout que les chauffages ne sont pas très monnaie courante par ici et Van la frileuse passe d’assez mauvaises nuits.

Rio Tomebamba

Le Tomebamba est la rivière qui passe à Cuenca. Ce n’est qu’un petit cours d’eau mais il nous fait rêver car son chemin va le mener tout droit en Amazonie! La municipalité a laissé ses rives à la nature et c’est sympa pour éviter le trafic de la ville qui est assez infernal à cause de tous les travaux du centre-ville. Avec l’altitude, la pollution devient pénible à supporter. Il y a même un parc naturel protégé où les habitants se promènent au milieu d’une forêt d’eucalyptus. Après les kilomètres de désert au Pérou, nous sommes trop heureux de revoir du vert et des arbres!

Notre première étape équatorienne fut assez sympa même si nous commençons à en avoir un peu assez des changements d’altitude. Une chose que nous avons particulièrement apprécié c’est que, contrairement au Pérou, nous ne nous sommes pas fait rabattre une seule fois!

Baños de Santa Agua

Nous en avons fait des trajets en bus mais celui entre Cuenca et Baños restera dans les annales de nos pires cauchemars. Déjà les bus sont bien moins confortables qu’au Pérou ou qu’en Argentine, ce qui n’est pas très grave en soi mais quand tu hérites d’un chauffeur kamikaze qui confond les petites routes de montagnes avec un circuit de formule 1, tu commences à vraiment être mal barré. Heureusement, le mal des transports nous a un peu embrouillé les idées et nous ne nous sommes pas rendus compte à 100% du danger que nous courions.  Après sept heures à être ballottés dans ce danger sur roues, nous voici arrivés à Baños, super contents d’être vivants!

Le problème en Equateur, c’est que le gouvernement, sous la pression populaire, a refait toutes les routes du pays, y compris celles de montagne dans les Andes. Ce n’est pas vraiment un problème de refaire des routes mais les chauffeurs se sont retrouvé en confiance sur cette asphalte lisse et toute neuve et roulent comme des malades malgré les virages et les ravins.

Baños est une petite ville perchée à 1840 mètres d’altitude entre Andes et Amazonie, même si le climat est plutôt andin en un peu plus tempéré et un peu plus humide. En gros, moins glacial. Elle se situe au pied du volcan Tungurahua (5023m.) que personne ne voit jamais car toujours couvert de nuages. Mais comme c’est un volcan actif et assez sympa, il donne à la ville des eaux thermales très chaudes atteignant les 52 degrés (même pour Van c’est trop chaud!) et d’excellente qualité, de quoi bien se réchauffer lors des soirées fraîches. Nous les avons testées et effectivement les bains sont un super endroit pour passer une soirée dans les bains à observer les étoiles.

Gorges de San Martin 

Juste à la sortie de la ville, à une petite vingtaine de minutes à pied du centre-ville, se trouvent les gorges de San Martin. La rivière Pastaza, qui elle aussi nous vient de ce fameux volcan Tungurahua, se fraie un chemin entre d’immenses falaises rocheuses très impressionnantes. D’ailleurs Fabien, sujet au vertige, n’a pas fait le malin sur le pont les surplombant. Nous n’avions pas été au canyon de Colca pour cause de météo, nous avons là notre lot de consolation. Un peu plus loin, un petit chemin se rend jusqu’à la cascade Inés Maria. Ce n’est pas une cascade très impressionnante, ni très haute mais l’environnement au milieu de ces blocs de pierre vaut le détour. Nous étions contents de nous retrouver à marcher en pleine nature, ça nous avait manqué et le chemin de montagne entre la végétation luxuriante nous a enchantés.

Pour les amateurs de « sensations fortes », il y a également un parc aventures avec tyrolienne dans le coin mais nous avons préféré profiter de la nature en faisant une petite randonnée.

Baños fut une étape bien sympathique, nous avons pu profiter de la nature et des bains thermaux, bien agréables après des jours de douches froides.

Pour la suite, si notre bus arrive à bon port et si un anaconda géant ne nous choisit pas comme repas, nous devrions vous donner des nouvelles depuis l’Amazonie.

 

Bilan du Pérou

Après avoir traversé le Pérou du sud au nord durant plus d’un mois, il est temps de vous livrer notre traditionnel bilan.

En chiffres

Durée du séjour

33 jours, juste un peu plus d’un mois

Budget

4794 soles (1397 CHF / 1193,50€) soit 145,20 soles par jour (42,30 CHF / 36€). Nous avons plus qu’atteint notre objectif des 50 euros par jour grâce au bas coût de la vie car nous nous sommes vraiment fait plaisir. A part quelques activités surcotées, le Pérou est vraiment un pays « backpack friendly » au niveau du budget.

Distance parcourue

3461 kilomètres de Los Palos (frontière chilienne) – Tacna – Arequipa – Cuzco – sites archéologiques en dessus de Cuzco – Cuzco – Ica – Huacachina – Ica – Paracas – Virée à vélo sur la péninsule de Paracas – Paracas – Lima – Trujillo  – Chan Chan – Huanchaco – Trujillo – Chiclayo – Piura – Màncora – Tumbes -Puerto Pizaro – Tumbes – Aguas Verdes (frontière équatorienne). Tout ça en bus, à pied, en moto-taxi, en vélo, en taxi collectif et en bus urbain.

Départements traversés

 14 (Tacna, Moquegua, Arequipa, Cuzco, Apurimac, Ayacucho, Ica, Huancavelica, Lima, Ancash, La Libertad, Lambayeque, Piura et Tumbes)

Extrêmes d’altitude

Le niveau de la mer à Paracas et Máncora et 3700 mètres sur les sites archéologiques surplombant Cuzco. La différence est énorme mais une fois que nous sommes redescendus en plaine, nous ne sommes pas remonté en altitude et n’avons pas eu de changements incessant. En altitude, nous avions les feuilles de coca qui nous ont bien aidé à atténuer les symptômes du mal des montagnes.

Extrêmes de température

15 petits degrés par temps couvert à Cuzco, 32 degrés sur la playa à Máncora. Tout ce qu’il y a de plus normal pour la saison et les différentes altitudes.

Plazas de Armas vues

Sept, soit le nombre de villes visitées. Les Péruviens ne sont pas très originaux dans l’appellation de leurs places centrales!

Coupures d’eau et d’electricité

Cinq. (Oui, nous avons eu l’idée saugrenue de les compter!) L’une va souvent avec l’autre vu que les pompes à eau sont électriques. Du coup, pas de douche, lavage de dents à l’eau minérale, utilisation restreinte des toilettes, pas de recharge pour nos appareils électriques,… Donc nous allons nous balader sinon il nous reste nos liseuses, en espérant que les batteries soient pleines et que nous avions eu du wifi avant pour charger des livres.

Les plus et les moins

Nous commençons comme toujours par le négatif, histoire de finir en positif!

Les moins

Les rabatteurs

Au Pérou, on te rabat pour tout et n’importe quoi, ça en devient pénible. C’est aussi le premier pays depuis notre départ où il y a autant de rabatteurs. Nous n’avons sûrement pas l’habitude. Nous essayons de les rembarrer avec un peu d’humour comme on pourrait le faire au Maghreb mais ici, ça tombe complètement à plat. Il faut savoir qu’au Pérou, le touriste est vraiment pris pour un porte-monnaie sur pattes et c’est tout.

Ni bof, ni top

Les Péruviens

Nous avons sûrement été trop gâtés en Argentine et en Uruguay mais les Péruviens ne nous ont pas laissé un souvenir impérissable. Oui, nous avons rencontré des gens sympas mais nous avons vraiment dû briser la glace avant. Et ce n’est pas un problème de langue puisque Fabien maîtrise l’espagnol et que même Van ne se débrouille pas trop mal. Même pour essayer de nous arnaquer les gens restent froids! Aussi invraisemblable que ça puisse paraître, nous avons rencontré les gens les plus chaleureux à Lima, grosse métropole de plus de treize millions d’habitants. Bref, ça ne restera pas le peuple avec qui nous avons le plus d’affinités.

La gastronomie

Ce n’est pas mauvais mais ça ne nous titille pas plus les papilles que ça, sauf pour le ceviche à condition qu’ils n’abusent pas trop du leche de tigre, la sauce super piquante dans laquelle ils marinent le poisson. Nous ne comprenons pas très bien non plus le concept de servir, en accompagnement, du riz ET des patates. Nous nous passerions bien d’un des deux pour le remplacer par quelques légumes.

Trop bien

Le coût de la vie

Ce n’est pas pour jouer les petits riches à fort pouvoir d’achat mais il est bien agréable de ne pas toujours devoir tout comparer afin de pouvoir tenir le budget. Nous avons profité de services bon marché comme le coiffeur ou le cinéma.

Les paysages

Même si à la fin nous avons commencé à avoir un peu marre du désert côtier, il faut avouer que les paysages sont fabuleux dans toutes les régions du pays. Il faudrait juste que les Péruviens s’en rendent compte et commencent à les protéger sérieusement.

Les transports

Très bons marchés, faciles d’utilisation, modernes et fiables, c’est un vrai bonheur de les utiliser malgré certaines routes de montagnes trop sinueuses pour nos pauvres oreilles internes. Le seul problème c’est que nous serons trop bien habitués!

Bizarreries péruviennes

Les klaxons

Une fois dans sa voiture, le conducteur péruvien doit avoir un aimant dans sa main qui l’attire irrésistiblement sur son klaxon. Ça klaxonne pour tout, même quand il n’y a personne, même sur la Panaméricaine au milieu du désert au point de faire passer les Napolitains pour des gens zens au volant! La seule occasion où nous n’avons entendu aucun klaxon, c’était lors d’un cortège de mariage!

Le climat

Dans les Andes, c’est encore un climat « normal » de montagne, bien que beaucoup trop froid pour Van. La seule chose qui nous a hallucinés c’est de voir de la végétation luxuriante jusqu’à 4000 mètres d’altitude. Sur la côte c’est autre chose. Il y a d’un côté le désert, chaud et aride. Juste derrière, les hauts sommets andins forment une barrière naturelle pour les nuages. L’océan Pacifique est balayé par le courant de Humboldt, un courant froid venu d’Antarctique qui apporte énormément d’humidité. Donc quand tout ça se rencontre, tu te retrouves avec un brouillard à couper au couteau digne d’un hiver dans le Nord Vaudois et une humidité qui approche les 100% mais il fait 28 degrés! Bon, après avoir passé sept mois à Tenerife, nous trouvons finalement que le climat péruvien n’est pas si chelou que ça.

Pour Van, le Pérou était un rêve depuis sa plus tendre enfance quand elle a découvert les « Aventures d’Alice chez les Incas », un livre de la bibliothèque verte. (Oui, ça fait très années 1990 tout ça!) Elle avait sûrement trop d’attentes car elle n’y a pas vraiment trouvé son bonheur. Certes c’est un pays magnifique, aux paysages incroyables et à l’histoire fascinante mais elle n’a pas croché avec la population locale. Le pays est devenu trop touristique à notre goût et y a perdu une partie de son âme.

Pour la suite, rendez-vous dans un bien plus petit pays mais qui nous semble tout aussi intéressant : l’Equateur.

Trujillo, Huanchaco et le site archéologique de Chan Chan

Rejoindre Trujillo depuis Lima c’est facile, c’est une nuit de bus sur la Panaméricaine. Pas de routes de montagnes avec des virages qui mettent notre oreille interne et notre estomac à rude épreuve à supporter!. Mais tout ne se passe pas sans heurts! Notre bus est tombé en panne en plein désert au milieu de la nuit. Pour Van, ce n’était pas si mal finalement. Qui dit bus en panne dit air conditionné en panne et avec la chaleur, Van la Frileuse est restée endormie du sommeil du juste pendant que le personnel s’affairait à nous trouver un bus de remplacement et que les autres passagers commençaient à s’agiter. Elle n’a juste pas tout compris quand Fab l’a réveillée à trois heures du matin pour prendre ses affaires et changer de véhicule. Le seul hic c’est que nous n’avons pas pu avertir notre hôte à Trujillo de nos quatre heures de retard et qu’il n’a pas pu nous attendre. Mais il avait tout prévu avec la voisine qui est venu nous ouvrir à notre arrivée. Ouf, tout est bien qui finit bien!

Trujillo

Fondée au XVIe siècle par l’Espagnol Diego de Almagro, Trujillo a été nommée en l’honneur de son compatriote, le grand conquistador Francisco Pizarro natif de la ville du même nom en Estrémadure, région occidentale d’Espagne. Elle a été plusieurs fois capitale du Pérou avant de définitivement céder sa place à Lima.

Aujourd’hui, il en reste un magnifique centre historique qui s’étend sur plus de 133 hectares avec ses ruelles en damiers chères aux conquistadors espagnols. Bien qu’elle porte le nom d’une ville du nord de l’Estrémadure, Trujillo possède plutôt une architecture coloniale d’inspiration andalouse. Ses petites maisonnettes basses aux façades très colorées nous rappellent plutôt certains centre historique mexicains, notamment Campeche.

Trujillo est surnommée la ville du printemps éternel. Il est vrai qu’avec un climat désertique, très ensoleillé mais atténué par le courant de Humboldt de l’océan Pacifique situé à quelques kilomètres, l’ambiance est très printanière!

Plaza de Armas

Nous sommes toujours au Pérou donc la place centrale s’appelle toujours Plaza de Armas. C’est l’endroit le plus ancien de la ville coloniale et date de 1534. A part au Mexique, c’est la place la plus colorée que nous n’ayons jamais vue. La cathédrale qui domine la place date, elle, du XVIIe siècle et sa façade arbore une superbe couleur jaune qu’on trouve dans plusieurs villes d’origine espagnole dont le centre historique de Lima ou le pueblo magico d’Izamal. Elle est trop mignonne avec ses petites coupoles arrondies sur ses deux clochers!

C’est sur cette place qu’en 1820 eut lieu la proclamation d’indépendance de Trujillo vis à vis de la couronne castillane. Proclamation qui s’en est suivi d’autres dans diverses villes du pays. Le Pérou obtint finalement, par la force, son indépendance en 1821.

Aujourd’hui, c’est le lieu de diverses manifestations dont les plus importantes sont le Corpus Christi (la Fête-Dieu) en mai ou juin, la commémoration de la proclamation d’indépendance le 29 juillet ou encore le concours de sapins de Noël en décembre.

Chan Chan

Chan Chan est un site archéologique du royaume de Chimor qui date d’avant le royaume Inca. (VIIe et VIIIe siècles environ) Il est situé à quelques kilomètres de Trujillo sur la route en direction de l’océan Pacifique. Il suffit de prendre le petit bus urbain qui va à Huanchaco et demander au chauffeur : il vous arrêtera directement à l’entrée du site.

Chan Chan est une ancienne cité construite en adobe, la plus grande d’Amérique latine, une des plus grandes du monde (plus de vingt hectares et jusqu’à 30’000 habitants au temps de sa splendeur!) et une des rares aussi près de l’océan. D’ailleurs il y a de gros problèmes d’érosion dû au phénomène el Niño et aux pluies en découlant. Donc le site est en partie couvert de tôle pour essayer de le protéger au mieux. Les alentours désertiques et les constructions en brique sèche typique des climats arides nous donnent plus l’impression d’être en Egypte qu’au Pérou!

Le site n’est pas en super état. Outre l’aspect météorologique que nous avons cité plus haut, la ville a été entièrement pillée et mise à sac par les conquistadors espagnols à la recherche d’un trésor. Mais ils ne trouvèrent rien d’intéressant, ce qui ne les a pas empêcher de décimer la population locale. Le site a été inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO pour le protéger le mieux possible des aléas climatiques.

Huanchaco

Huanchaco est la station balnéaire rattachée à la municipalité de Trujillo. On y accède d’ailleurs avec le bus urbain. C’était une cité portuaire très importante durant les époques Chimu et Moche, des civilisations pré-Incas. Aujourd’hui, c’est une réserve mondiale du surf et elle accueille, à ce titre diverses compétitions mondiales renommées. C’est d’ailleurs la première ville latino américaine à avoir obtenu cette distinction! C’est le courant de Humboldt (encore lui!) qui apporte de belles vagues et qui permet la pratique de ce sport dans la région. Par contre, pour la baignade tranquille, ce n’est pas trop l’endroit idéal.

Une des particularité de Huanchaco, c’est le caballito : une embarcation de quatre ou cinq mètres de long avec une grande pointe à l’avant, fabriquée avec des feuilles de totora, une sorte de roseau local. Les Moches l’utilisaient pour la pêche il y a plus de trois mille ans déjà! Certains pêcheurs locaux perpétuent la tradition en utlisant ces caballitos. D’autres ont essayé de taquiner la vague avec, exactement comme avec une planche de surf, et, il paraît que le résultat est assez concluant.

Après la trépidante Lima, il est agréable de goûter au calme d’une petite ville de province. Même si Trujillo reste la troisième ville du Pérou et compte plus d’un million d’habitants! Mais ça ne se ressent pas trop. Nous sommes également contents d’avoir retrouver un budget correct , les prix de la capitale étant plus élevés que la moyenne péruvienne. Nous continuons gentiment notre route en direction du Nord et sommes quand même étonnés de cette immense côte désertique qui semble ne pas vouloir finir. Certes, les paysages sont superbes mais la végétation luxuriante tropicale, voire même la végétation tout court, commence à nous manquer et il nous tarde gentiment de retrouver des climats tropicaux plus humides.

Lima, la capitale du Pérou entre trésors historiques et ambiance cosmopolite

Grâce à notre étape dans la réserve de Paracas, nous nous étions déjà bien rapprochés de Lima donc, une fois n’est pas coutume, nous n’avons pas eu besoin de prendre un bus de nuit au parcours interminable sur des routes de montagne bien trop sinueuses à notre goût. Quel bonheur! Le trajet se passe à plat, sur la Panaméricaine et nous avons mis un peu plus de trois heures pour parcourir les 260 kilomètres qui séparent les deux endroits.

La station de bus est assez excentrée au sud de Lima mais il est assez facile d’y commander un Uber pour se rendre au centre-ville. Il y a également des taxis qui se négocient si vous n’avez pas l’application ou juste pas envie de vous prendre la tête avec ça. Le temps de trajet dépend des heures, le trafic étant très congestionné aux heures de pointe!

Lima, la capitale et plus grande ville du Pérou, est sûrement la ville péruvienne dont nous en avons le plus entendu parler, surtout en mal! De toute façon, nous n’allions pas y couper puisqu’elle se situe en plein sur notre itinéraire en direction du nord. Et puis, par pur esprit de contradiction, nous voulions quand même voir ça de plus près afin de juger si elle mérite sa mauvaise réputation.

Casco historico

L’emplacement où se trouve Lima actuellement était occupé par les civilisations précolombiennes Wari et Ichma. Les Incas vinrent conquérir le lieu au XVe siècle mais ne restèrent pas longtemps puisque les Espagnols, sous l’égide de l’extremeño Francisco Pizzaro, débarquèrent en 1532 et fondèrent la ville en 1535. De cette époque, nous reste un superbe centre historique inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO (encore un!) Nous avions lu que la ville coloniale était dans un véritable état de délabrement et qu’elle faisait peine à voir. Nous ne savons pas de quand datent ces infos car nous avons vu des magnifiques bâtiments superbement restaurés. Cerise sur le gâteau : une bonne partie du centre a été transformée en zone piétonne! Fait rare en Amérique Latine. C’est très agréable car avec ses treize millions d’habitants, Lima peut être étouffante et le trafic peut être vraiment infernal.

Plaza San Martin

Ce qui frappe quand on y arrive, c’est la blancheur des bâtiments alentours, sûrement restaurés récemment car vu le trafic, ils ne vont pas rester si blancs bien longtemps! La place a été construite en l’honneur de José de San Martin qui a été un personnage clé dans l’indépendance péruvienne. Elle a été inaugurée en 1921, pile pour le centenaire de l’Indépendance du Pérou vis à vis de la couronne espagnole. Malgré sa construction relativement récente, elle fait partie du centre historique protégé par l’UNESCO. Aujourd’hui, c’est un lieu hautement symbolique pour le peuple péruvien car c’est cette sur place qu’ont lieu toutes les manifestations et autres revendications populaires.

Plaza de Armas

Comme à Arequipa, la place centrale se nomme Plaza de Armas même si on l’appelle communément Plaza Mayor (grand place en français) et c’est vrai qu’elle est très grande cette place. Ici, on est dans du cent pour cent colonial espagnol du XVIe siècle! Les façades sont plutôt jaunes à l’instar d’autres villes coloniales comme Izamal ou Hoi An. Elle est bordée de plusieurs bâtiments administratifs comme le magnifique palais du gouvernement du Pérou, superbe bâtiment néo-baroque. La superbe cathédrale Renaissance espagnole qui borde également la place date de 1535 et a été construite sur le modèle de la cathédrale de Jaén. Ayant été dans cette belle petite ville andalouse, nous confirmons qu’il y ait bien un petit air de famille entre les deux édifices religieux.

District de Rimac

A Rome, on traverse le Tibre (Tevere en italien) et on se retrouve à Trastevere,. En ce qui concerne Lima, il suffit de traverser la rivière Rimac pour se retrouver dans le district de Rimac qui est juste un prolongement du centre historique. Pendant la période coloniale, c’était le premier faubourg de la ville de Lima. La construction du quartier a été inspirée par Triana, le quartier de Séville qu’on rejoint depuis le centre également en traversant un fleuve! Coïncidence? Je ne crois pas! Mis à part les balcons sculptés en bois qui sont typiques du Pérou, nous devons reconnaître que l’architecture ressemble à s’y méprendre à notre belle capitale andalouse!

Miraflores

Nous changeons drastiquement d’ambiance avec le district de Miraflores. Situé directement en surplomb du Pacifique sur d’impressionnantes falaises, Miraflores fait office de quartier chic et branché de Lima. C’est ici qu’on trouve les loyers les plus chers du pays où vivent les Péruviens de classe sociale plus élevée! Il y a également de jolis espaces verts loin du trafic infernal et avec vue sur l’océan. Un vrai bonheur!

Il y a un phénomène météorologique assez particulier ici qui nous suit le long de la côte depuis notre arrivée à Arica : le courant de Humboldt. C’est un courant très froid venu tout droit de l’Antarctique. Avec la chaleur désertique du littoral, ça donne un brouillard assez épais. Dans nos contrées tempérées, on associe plutôt le brouillard à l’automne ou à l’hiver et surtout au froid. A Lima, au contraire, il y a une hausse des températures assez marquée lors des montées de brume. C’est assez déstabilisant! Mais nous finissons par nous y habituer et si nous sommes vraiment dérangés par la météo, il y a assez de bars sympas dans le coin pour se réfugier et boire un bon pisco sur, la liqueur locale.

Finalement Lima a plutôt été un coup de cœur pour nous. Certes, c’est une mégapole de treize millions d’habitants avec tous les désavantages inhérents mais dans l’ensemble ça reste une ville agréable, sûre (à part certains quartiers moins favorisés que nous avons pris soin d’éviter), avec des transports publics (même si peut mieux faire) et de la culture. Paradoxalement, c’est le coin du Pérou où nous avons trouvé les gens les plus accueillants et chaleureux. Nous, qui avons été plutôt déçus sur l’accueil péruvien jusqu’ici, avons apprécié les échanges avec les locaux qui sont plus difficiles ailleurs.

Contrairement à la plupart des voyageurs, nous ne vous déconseillons pas d’aller à Lima, bien au contraire! Bien sûr, c’est une grande ville sud-américaine et il faut y observer les règles élémentaires de prudence, comme partout ailleurs, mais c’est une ville qui vaut la peine au moins pour son centre historique.

Oasis de Huacachina et Réserve de Paracas : Beautés désertiques

Descendre plus de trois mille mètres depuis Cuzco ne fut pas une sinécure tant les virages de la route nous ont fait passer une nuit épouvantable dans notre bus toutefois doté d’un très bon confort. Et pourtant, nous ne sommes pas les plus à plaindre : d’autres passagers ont été bien plus malades que nous! Nous avons été bercés par les bruits de vomi d’autres voyageurs qui ont bien morflé, les pauvres. Mais le lever de soleil sur les montagnes du désert de Nazca valait le coup d’œil et les petits désagréments du voyage surtout que, généralement, nous ne sommes jamais réveillés à des heures aussi indues! Par contre, devoir enjamber les sacs à vomi transparents pour sortir du bus ce n’est pas très appétissant comme début de journée.

Huacachina

Nous débarquons à Ica, qui avec ses motos taxi klaxonnant sans répit et sa chaleur écrasante nous rappelle un peu Bangkok. Mais la comparaison s’arrête là! La ville n’a rien d’intéressant à part quelques bars sympas où déguster un bon pisco sour, un cocktail à base d’eau de vie de vin et de citron vert qui vient de la ville de Pisco, pas très loin d’Ica.

Si nous nous sommes arrêtés à Ica, ce n’est pas pour abuser des cocktails locaux aussi bons soient-ils mais pour aller à l’oasis de Huacachina située à quelques kilomètres du centre-ville. Pour y aller, il suffit de négocier un tuk-tuk qui vous y emmènera pour quelques soles. Ce petit lac au milieu des dunes du désert de Nazca est la deuxième oasis du continent américain après San Pedro de Atacama dans le désert du même nom au Chili. Fabien s’y est même essayé au sandboard, c’est comme du snowboard mais sur le sable. Le coin pourrait être idyllique s’il n’y avait pas des dizaines de quads super polluants en train d’arpenter les dunes transportant des touristes américains en mal de sensations fortes.

L’eau du lac aurait des propriétés thermales mais nous étions tellement cassés de notre trajet en bus que nous n’avons pas pensé à prendre les maillots de bain avec nous pour faire trempette. Nous nous sommes contentés de chiller sur le sable en contemplant la ceinture de végétation qui survit grâce à la pointe d’humidité qui provient du lac.

Paracas

Notre but étant de rejoindre l’océan Pacifique, nous continuons notre route jusqu’à Paracas, petite station balnéaire très touristique dans le désert de Nazca, connue pour sa réserve du même nom. En plus du tourisme, Paracas vit de la pêche et d’une petite activité portuaire. Malgré le côté touristique, nous avons trouvé Paracas encore assez agréable! A moins que ce soit le bonheur d’avoir retrouvé la mer qui a faussé notre jugement!

Réserve de Paracas

Nous délaissons les îles Ballestas, visiblement trop touristiques vu le nombre impressionnant de bateaux remplis de touristes qui y vont chaque matin, pour nous rendre dans la réserve de Paracas en elle-même. Pour bien profiter du paysage et par souci d’écologie, nous décidons de louer des vélos. Il y a plein de petites échoppes de location dans la ville et c’est vraiment bon marché. De mémoire, deux vélos pour une journée nous ont coûté environ cinq euros. Utiliser lesdits vélos s’avère un peu plus ardu : le terrain est mal plat,  l’air du désert est vraiment très sec, il y a un vent à décorner des bœufs, de face bien sûr, et, évidemment, il n’y a pas un seul coin d’ombre. Nous avons de la peine. Van surtout! Fab, lui, inverse les rôles par rapport aux Andes et prend un peu sa revanche sur le mal des montagnes. Heureusement, en récompense de nos efforts, les paysages sont vraiment à couper le souffle!

La réserve est située dans un des coins les plus désertiques du Pérou! Pas étonnant que nous peinons un peu avec nos vélos! Elle a été créée dans le but de protéger les espèces marines ainsi que les oiseaux qui peuplent le coin. Grâce à ses courants, dont le fameux méchant de Humboldt qui nous apporte du froid, l’eau est riche en plancton est attire une faune marine très diversifiée.

Les courants du Pacifique n’apportent pas qu’une faune magnifique, ils façonnent le continent formant de magnifiques falaises se jetant dans l’océan. Grâce à la géologie très variée de la région (volcans, déserts, etc), chaque plage possède du sable de couleur différente dont une vraiment rouge qu’on dirait presque du sang!

Bonus

Comme à chaque fois que nous nous trouvons sur la côte Pacifique, donc à l’ouest sur ce continent, nous profitons des magnifiques couchers de soleil! Celui de Paracas ne vaut pas le superbe sunset que nous avons vu à Arica mais se poser sur la playa après une longue journée de vélo avec un pisco sour à la main en observant les couleurs du crépuscule, ça vaut quand même son pesant de cacahuètes!

Cette petite étape nous aura fait nous rendre compte combien la côte péruvienne est désertique et le climat super sec! Nous connaissions, bien entendu, l’existence du désert de Nazca. Nous ne nous rendions juste pas compte de son immensité et nous ne pensions pas qu’il bordait également l’océan Pacifique. Ce sont juste nos pauvres petites bronches qui ont un peu de mal à s’adapter. Fab, qui adore les déserts, est aux anges! Van, elle, préfère les forêts mais elle doit bien reconnaître que le paysage de dunes et de roches façonnées par l’érosion est à couper le souffle!

Même si le Pérou est plus connu côté montagne avec ses sites dans les Andes que pour sa côte Pacifique, cette dernière n’en est pas moins impressionnante. C’est également une très bonne solution de repli quand il pleut trop dans les Andes. C’est d’ailleurs le problème de ce pays, les climats sont tellement différents qu’on tombe à coup sûr sur une mauvaise saison quelque part! Mais nous sommes assez fatalistes à ce sujet et nous nous adaptons assez facilement, quitte à, parfois, devoir faire des choix et renoncer à certaines choses, pour mieux en découvrir d’autres!

Le fait d’être arrivé sur la côte nous a également mis sur la Panaméricaine, la fameuse route qui traverse toute l’Amérique de la Patagonie à l’Alaska. Nous allons la suivre un petit bout en direction du nord afin de poursuivre nos aventures.

Découverte de Cuzco : Voyage au cœur de l’Empire Inca

Nous prenons encore de la hauteur sur une route chaotique avec beaucoup trop de virages à notre goût. Nous subissons un mal des transports carabiné, un comble pour des voyageurs, et malgré des bus de nuit super confortables, le trajet ne se passe pas vraiment bien. Après une mauvaise nuit, nous pouvons enfin poser nos sacs dans la mythique ville de Cuzco perchée à 3400 mètres d’altitude. Heureusement, pour contrer le mal des montagnes, qui contre toute attente touche beaucoup plus Fab que Van, nous avons toujours nos feuilles de coca achetées en Bolivie sur nous. Au lieu de les mâcher, nous les infusons dans de l’eau bouillie, comme du thé. C’est beaucoup moins amer et ça nous pète moins les dents mais ça fonctionne du tonnerre contre les désagréments liés à l’altitude!

Cuzco est connue pour avoir été la capitale de l’empire inca et même après la colonisation espagnole, elle resta un carrefour commercial important avant de finalement céder la place de capitale à Lima, mieux située au bord de l’océan Pacifique. Dans le centre historique, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO et superbement conservé, on peut encore y admirer pas mal de vestiges. En effet, les conquistadors espagnols ont construit un bon nombre de leurs maisons coloniales sur les murs incas déjà existants et le résultat est juste bluffant! Ce mélange architectural particulier fait de Cuzco une ville unique dans le monde des villes coloniales.

Carnaval

Nous débarquons complètement par hasard en plein dimanche de carnaval pour assister au cortège sur la Plaza de Armas. Costumes traditionnels indiens colorés, musique et danse folkloriques égaient notre après-midi mais il nous faut aussi subir les bombes à eau et les sprays à mousse! Heureusement, la météo est de la partie et, malgré l’altitude, le soleil tape et la température atteint bien vingt-cinq degrés, nous séchons relativement vite!

Plaza de Armas

Sous l’empire inca, c’était le centre administratif et religieux de la ville, puis les conquistadors sont arrivés avec leur cathédrale, leurs églises et leurs maisons à arcades, les fameux cabildos. Le baroque est super présent sur les façades des édifices religieux, comme c’était la mode à l’époque. Par contre, les autres bâtiments sont plus sobres et nous adorons leurs balcons en bois qui nous rappellent ceux que nous avons vu dans la ville de La Orotava, à Tenerife. C’est sur cette place que les Espagnols exécutèrent Tupac Amaru II, le dernier chef inca.  L’histoire de la colonisation espagnole est vraiment horrible mais il faut reconnaître que le patrimoine que nous pouvons observer aujourd’hui est magnifique et cette place reste une des plus belles d’Amérique du Sud.

Les sites incas

Sur les collines qui surplombent Cuzco (3700 mètres les collines quand même!), se trouvent divers sites archéologiques datant de l’empire inca. Ces sites se méritent, il faut monter à pied deux bons kilomètres depuis le centre historique de Cuzco. Les chemins sont super faciles et il y a des escaliers mais il ne faut pas sous-estimer les effets de l’altitude! L’oxygène se fait rare par ici! Mais le jeu en vaut vraiment la chandelle!

Sacsayhuaman

Sacsa quoi?? Nous sommes ici en pays inca donc on parle le quechua. Mais pas de panique, les Péruviens ont trouvé un moyen mnémotechnique imparable pour qu’on se souvienne du nom du site, ils l’appellent « sexy woman »! Ah oui, c’est vrai que ça se ressemble phonétiquement! Sacsayhuaman était une forteresse dont il en reste aujourd’hui les murs en forme de zigzag. Il faut dire que les murs incas contiennent leur part de mystère : les blocs en pierre sont imbriqués les uns dans les autres sans rien pour les tenir et nous ne savons toujours pas comment ont été transportés ces immenses blocs, la roue n’existant pas dans l’Amérique précolombienne. Le site surplombe Cuzco, ce qui nous donne une vue extraordinaire sur la ville.

Qenko

Situé juste après Sacsayhuaman, Qenko était un sanctuaire où se déroulaient toutes les cérémonies religieuses incas. C’est assez impressionnant de se promener entre les immenses blocs de pierres dont les passages laissent tout juste la place pour une personne assez menue.

Pukapukara

Il aurait fallu marcher près de quatre kilomètres depuis Quenko pour rejoindre Pukapukara mais le Pérou étant un pays organisé, un colectivo (bus urbain en forme de minibus) relie les deux sites. Pukapukara était une forteresse militaire qui servait à la défense de la ville de Cuzco située en contrebas. Il faut reconnaître que l’enceinte extérieure du fort est superbement conservée et le promontoire rocheux sur lequel elle a été construite est un lieu bien stratégique.

Tambomachay

Tambomachay, situé juste en face de Pukapukara, était un lieu de sacrifice. Il y a encore des fontaines en activité qui nous montrent le système d’irrigation de l’époque. C’est le plus impressionnant et le mieux conservé des quatre sites incas qui surplombent la ville de Cuzco et, en ce qui nous concerne, c’est notre préféré.

Il y a une chose qui nous a fascinés lors de ces visites, c’est la végétation bien luxuriante alors que nous nous situons à 3700 mètres d’altitude! Certes, nous sommes en pleine zone tropicale et les pluies sont abondantes, surtout en cette saison, mais tant de verdure si haut, c’est quelque-chose de totalement nouveau pour nous qui sommes habitués aux sommets gris et dénudés de nos Alpes dès qu’on dépasse 2000 mètres d’altitude.

Et le Macchu Picchu dans tout ça?

Et ben non! Nous n’irons pas au Macchu Picchu!

WHAT??? C’est le highlight du Pérou et on se permet de le bouder?

Après plusieurs tergiversations, nous avons décidé d’y renoncer pour diverses raisons. Nous n’avons pas envie de crever le budget pour se retrouver au milieu de troupeaux de touristes sur un site surfréquenté alors que d’autres sites (presque) tout aussi pittoresques sont bien moins chers, bien moins fréquentés et plus faciles d’accès. (La preuve avec les sites à Cuzco!) Nous louperons peut-être quelque-chose mais nous assumons! De plus, nous avons décidé de casser notre tirelire pour un autre projet qui nous tient particulièrement à cœur  mais il vous faudra attendre avril pour en savoir un peu plus!

Nous sommes tout de même très contents d’avoir fait le détour pour Cuzco. Malgré son côté très touristique, la ville est très belle et les sites archéologiques valent amplement l’effort de la grimpette. Nous sommes néanmoins content de retrouver des altitudes plus raisonnables et la chaleur qui va avec même si nous devons encore subir les routes du montagne!

Arequipa, la ville blanche au cœur du Pérou

Nous sommes restés plus de temps que prévu à Arica. Nous étions pourtant plus que prêts avec nos sacs empaquetés et nos billets de train en poche. Mais voilà, les soupes de poulets dégueu et l’hygiène douteuse de la Bolivie ont eu raison de notre estomac et nous sommes restés cloués au lit plusieurs jours avec une bonne tourista. Ma foi, c’est le lot de tout voyageur. Heureusement, nous avons fini par nous en remettre et avons pu continuer notre périple en direction du nord.

Sortir du Chili fut bien plus facile et rapide que d’y entrer et les douaniers péruviens n’ont pas fait preuve d’excès de zèle pour nous laisser entrer dans le pays. Il y a juste pour les durées de séjour qu’ils n’arrivent pas à se mettre d’accord : Van a reçu un visa de 60 jours tandis que Fab a eu droit à un visa de 90 jours! Allez savoir pourquoi! En passant la frontière nous avons joué aux Marty McFly puisque nous avons voyagé dans le temps en reculant de deux heures, le fuseau horaire chilien étant bizarrement aligné sur l’argentin.

Notre première étape au Pérou fut Tacna, petite ville sans intérêt mais qui nous aura permis de changer nos premiers soles (oui, on paie en soleils au Pérou!) et de prendre cinq cents petits mètres depuis le niveau de la mer à Arica avant de remonter dans les hautes altitudes andines. Nous nous sommes quand même arrêtés devant la superbe façade de la cathédrale de Nuestra Señora del Rosario qui, malgré son apparence Renaissance, n’a pas été construite par les Espagnols. Elle date de la fin du XIXe siècle et a été conçue par un bureau d’architectes local directement affilié à la société Eiffel (Oui, ceux de la Tour Eiffel à Paris!)

Nour reprenons un bus tout aussi confortable que ceux que nous avons connu en Argentine. Le trajet nous a pris sept heures mais nous avons traversés les super paysages du désert d’Atacama côté péruvien. Nous n’avons presque pas vu le temps passer!

Arequipa

Arequipa est la deuxième ville du pays après Lima mais elle est beaucoup plus calme que la capitale! Elle dépasse pourtant le million d’habitants! Elle est entourée de volcans que nous peinons à apercevoir à cause des nuages. La ville a été fondée en 1540 par le castillan Garci Manuel de Carbajal dans un lieu déjà habité par les Incas. Son centre-ville, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, mélange d’ailleurs les deux architectures, coloniale espagnole et inca. C’est d’ailleurs un des plus grands centres historiques d’Amérique du Sud (332 hectares!) et son architecture particulière a inspiré d’autres villes comme Cuzco ou Potosi. On parle même d’école architecturale d’Arequipa!

Plaza de Armas

Au Pérou, c’est facile, si tu es perdu dans une ville et que tu en cherches le cœur, demande la Plaza de Armas, toutes les places centrales péruviennes s’appellent ainsi! Celle d’Arequipa est particulièrement belle, toute blanche bordée de superbes bâtiments à arcades, appelés en Amérique latine ainsi qu’en Andalousie, cabildos. Lors de sa fondation, la place était bordée de bâtiments aux façades colorées, comme dans le reste de la ville mais tout a été bien endommagé en 1844 lors d’un terrible incendie. Lors de la restauration de la place, on laissa les façades blanches. Cette couleur particulière provient du « sillar », une sorte de pierre ponce qui provient directement de la chaîne volcanique qui entoure Arequipa.

La cathédrale est un joyau qui domine la place sur toute sa face nord. C’est le plus grand bâtiment néoclassique de tout le Pérou! Il y a plus de 70 colonnes qui ornent sa façade principale. Elle a été construite à la fin du XVIIe siècle comme le reste du centre historique et restaurée dans un style un peu plus classique après l’incendie de 1844. C’est un des monuments coloniaux les plus impressionnants que nous n’ayons jamais vus!

Couvent Santa Catalina de Siena

Construit en 1579 par le castillan Francisco de Toledo, c’est le plus grand couvent au monde! (plus de 20’000 mètres carré!) Il est, à l’instar de la Plaza de Armas, construit en « sillar », la pierre volcanique blanche ». A l’époque, il accueillait les filles illégitimes, fruit des amours interdits des colons avec les esclaves créoles, qu’on forçait à y entrer afin de les empêcher d’avoir une vie dans la société « normale » et surtout d’avoir des enfants métis! Oui, la colonisation nous laisse des villes historiques d’un patrimoine extraordinaire mais l’histoire est vraiment moche et cruelle! Il pouvait y avoir jusqu’à trois cents femmes et enfants vivant conjointement dans l’enceinte du couvent. Cette pratique a néanmoins été interrompue en 1747 lorsque une nouvelle communauté religieuse y fut fondée. Une quarantaine de sœurs carmélites y vivent encore aujourd’hui dans un relatif isolement. Bien que le couvent se situe au centre-ville, le bâtiment est isolé du reste de l’urbanisation par une immense muraille laissant les habitantes du lieu dans une autarcie quasi totale.

Arequipa n’était, à la base, pas prévue au programme et fait partie de notre itinéraire bis depuis que nous avons quitté prématurément la Bolivie. Nous pensions entrer au Pérou par le lac Titicaca mais la pluie, les grèves et les barrages routiers nous ont fait changer de plans. Mais nous ne regrettons aucunement ce plan B. La ville est superbe, les gens sont sympas et la gastronomie locale est bien meilleure qu’en Bolivie même si nous avons de la peine à comprendre le concept de toujours servir du riz accompagné de pommes de terre. Nous sommes persuadés qu’elle vaut amplement le détour au même titre que Potosi et Sucre que nous avons renoncé à visiter.

Arequipa est le point de départ pour une excursion au Cañon de Colca que nous aurions adoré aller découvrir. Mais voilà, la météo n’est pas beaucoup plus clémente de ce côté-ci des Andes et nous avons dû renoncer à cette visite. Le temps a été tellement gris pendant tout notre séjour que nous n’avons pas aperçu le moindre centimètre d’un volcan. Pourtant, à ce qu’il paraît, il y en a partout tout autour de la ville.

Malgré le temps maussade, Arequipa est une superbe ville à visiter et également un bon palier pour s’acclimater aux hautes altitudes andines puisqu’elle culmine à 2335 mètres.

Notre plan B à Arica, notre seule étape chilienne

La météo catastrophique, les inondations et les blocages de route par les grévistes ont eu raison de notre séjour en Bolivie et de notre entrée au Pérou par le lac Titicaca. C’est dommage car nous commencions vraiment à apprécier ce pays et que nous mourrions d’envie d’en découvrir un peu plus. Mais voilà, c’est le lot des voyages au long cours et nous savions qu’il fallait, une fois ou l’autre, avoir recours à un plan B. C’est notre premier changement de programme après presque trois mois de voyage, ça nous fait un peu bizarre et il nous faut apprendre à gérer cette petite frustration et ce sentiment de gâchis. Ce ne sera sûrement pas notre dernier alors autant s’y habituer et voir le côté positif plutôt que de nous apitoyer sur ce qui « aurait pu » ou « aurait dû » se passer.

C’est donc à regret que nous quittons la Bolivie et ses merveilles pour nous rendre au soleil au Chili mais déjà sur la route, dès les premiers kilomètres, nous attend un lot de consolation de taille : les paysages fabuleux du désert d’Atacama avec ses étendues de sel, ses lagunes, ses flamants roses et ses hauts volcans aux sommets enneigés au lever du jour car nous avons dû partir d’Uyuni à quatre heures du matin!

C’est au milieu de ces paysages sublimes, au milieu de nulle part, à 3700 mètres d’altitude que se trouve la frontière. Si sortir de la Bolivie fut une formalité malgré les 15 bolivianos (2 CHF / 1.75€) de bakchich à payer pour pouvoir quitter le pays, rentrer au Chili fut une autre paire de manches tellement les douaniers font preuve d’excès de zèle. Le contrôle minutieux des passeports, la fouille complète de tous les bagages et le passage du bus aux rayons X nous aura pris trois heures quarante-cinq! Avec la fatigue, la frustration d’avoir dû abandonner la Bolivie plus tôt que prévu et le froid, nous commençons à trouver l’attente insupportable! Malgré toutes les précautions prises de la part des douaniers, nous avons quand même réussi à passer illégalement un sachet de feuilles de coca que nous avions pris soin de planquer sous notre siège mais que nous étions prêts à abandonner au cas où il aurait été découvert.

Après une petite escale à Calama, ville sans intérêt mais qui nous aura permis de changer nos premiers pesos et de nous restaurer, nous reprenons un bus de nuit jusqu’à Arica où nous arrivons complètement crevés après plus de vingt-quatre heures de voyage.

Arica

Arica est une petite ville située à l’extrême nord du Chili, dans le désert d’Atacama, au bord de l’océan Pacifique à une petite vingtaine de kilomètres au sud de la frontière péruvienne. Elle ne possède pas un patrimoine architectural extraordinaire mais elle est colorée et ça compense un peu le manque d’arbres des alentours. Arica vit principalement de ses activités portuaires qui servent également à la Bolivie puisque cette dernière ne possède pas d’ouverture maritime. Elle jouit également d’une position privilégiée sur la Panaméricaine reliant le Chili au Pérou. On la surnomme d’ailleurs très joliment la Puerta del Norte (la porte du nord en français)

Le Morro

Le Morro est un promontoire rocheux de 130 mètres de hauteur qui surplombe la ville au sud et qui consiste un beau terrain de jeu pour notre grimpette du jour. Sur son sommet se trouvent le Christ-Roi symbolisant l’amitié entre le Chili et le Pérou ainsi que la tombe du soldat inconnu. D’en haut, il y a une vue superbe sur Arica et ses environs. Nous savions que la ville se trouvait en bordure du désert d’Atacama mais nous n’imaginions pas les dunes de sable arriver aussi près du centre et de l’océan. C’est assez impressionnant!

La plage

Arica possède une longue plage de près de sept kilomètres de long avec du sable fin rouge et noir provenant directement des volcans du désert d’Atacama ainsi que quelques spots de surf ou windsurf intéressants. Pour la baignade, c’est une autre paire de manches! Les courants sont très forts et Van s’y est congelée rien qu’en y trempant un orteil! La faute au courant de Humboldt, un méchant courant qui nous vient tout droit de l’Antarctique et qui remonte le long de la côte Pacifique jusqu’au nord de l’Equateur. Pour la bronzette, c’est agréable mais attention aux coups de soleil, ça tape fort par ici et avec le vent constant, on ne le sent pas forcément!

Malgré cet attrait de plages, Arica n’a pas cédé aux sirènes du tourisme balnéaire avec ses hôtels de luxe, le bétonnage de la côte et des discothèques ouvertes jusqu’au petit matin. Elle est restée une petite ville de province où la plage est utilisée surtout par la population locale et les mouettes et où il fait bon vivre. Il y a juste quelques bars sympas en bord de mer mais rien d’ostentatoire.

Le port

Malgré son importance vitale pour l’économie de la région, le port est vraiment le coin le plus sympa de la ville avec ses bateaux de pêche colorés et ses marchés aux poissons où on y sert des ceviches à tomber. Le retour des pêcheurs est attendu avec impatience surtout par les mouettes, les pélicans, et même par des otaries qui espèrent aussi avoir leur part du gâteau.

Bonus!

L’avantage d’être de ce côté du continent c’est que l’océan se trouve à l’ouest. Et qui dit ouest, dit couchers de soleil! Celui d’Arica nous a donné une palette de couleurs incroyable!

Cette toute petite incursion au Chili fut pour nous une très bonne surprise. Si le passage en douane nous a un peu rebuté et nous a donné une première image un peu négative du pays, pour le reste, ce n’est que du bonheur! Les gens sont chaleureux et, pour l’instant, c’est le pays où nous avons le mieux mangé depuis le début de notre périple. (#ceviche) Nous avons profité de températures bien agréables, du soleil et de l’océan! Nous avons enfin pu, après trois mois d’attente, manger du poisson et des fruits de mer! Ce sera notre seule étape chilienne puisque nous continuerons au Pérou pour la suite, mais ça restera un très bon souvenir de voyage!