Bilan du Pérou

Après avoir traversé le Pérou du sud au nord durant plus d’un mois, il est temps de vous livrer notre traditionnel bilan.

En chiffres

Durée du séjour

33 jours, juste un peu plus d’un mois

Budget

4794 soles (1397 CHF / 1193,50€) soit 145,20 soles par jour (42,30 CHF / 36€). Nous avons plus qu’atteint notre objectif des 50 euros par jour grâce au bas coût de la vie car nous nous sommes vraiment fait plaisir. A part quelques activités surcotées, le Pérou est vraiment un pays « backpack friendly » au niveau du budget.

Distance parcourue

3461 kilomètres de Los Palos (frontière chilienne) – Tacna – ArequipaCuzco – sites archéologiques en dessus de Cuzco – Cuzco – Ica – Huacachina – Ica – Paracas – Virée à vélo sur la péninsule de Paracas – Paracas – LimaTrujillo  – Chan Chan – Huanchaco – Trujillo – Chiclayo – Piura – Màncora – Tumbes -Puerto Pizaro – Tumbes – Aguas Verdes (frontière équatorienne). Tout ça en bus, à pied, en moto-taxi, en vélo, en taxi collectif et en bus urbain.

Départements traversés

 14 (Tacna, Moquegua, Arequipa, Cuzco, Apurimac, Ayacucho, Ica, Huancavelica, Lima, Ancash, La Libertad, Lambayeque, Piura et Tumbes)

Extrêmes d’altitude

Le niveau de la mer à Paracas et Máncora et 3700 mètres sur les sites archéologiques surplombant Cuzco. La différence est énorme mais une fois que nous sommes redescendus en plaine, nous ne sommes pas remonté en altitude et n’avons pas eu de changements incessant. En altitude, nous avions les feuilles de coca qui nous ont bien aidé à atténuer les symptômes du mal des montagnes.

Extrêmes de température

15 petits degrés par temps couvert à Cuzco, 32 degrés sur la playa à Máncora. Tout ce qu’il y a de plus normal pour la saison et les différentes altitudes.

Plazas de Armas vues

Sept, soit le nombre de villes visitées. Les Péruviens ne sont pas très originaux dans l’appellation de leurs places centrales!

Coupures d’eau et d’electricité

Cinq. (Oui, nous avons eu l’idée saugrenue de les compter!) L’une va souvent avec l’autre vu que les pompes à eau sont électriques. Du coup, pas de douche, lavage de dents à l’eau minérale, utilisation restreinte des toilettes, pas de recharge pour nos appareils électriques,… Donc nous allons nous balader sinon il nous reste nos liseuses, en espérant que les batteries soient pleines et que nous avions eu du wifi avant pour charger des livres.

Les plus et les moins

Nous commençons comme toujours par le négatif, histoire de finir en positif!

Les moins

Les rabatteurs

Au Pérou, on te rabat pour tout et n’importe quoi, ça en devient pénible. C’est aussi le premier pays depuis notre départ où il y a autant de rabatteurs. Nous n’avons sûrement pas l’habitude. Nous essayons de les rembarrer avec un peu d’humour comme on pourrait le faire au Maghreb mais ici, ça tombe complètement à plat. Il faut savoir qu’au Pérou, le touriste est vraiment pris pour un porte-monnaie sur pattes et c’est tout.

Ni bof, ni top

Les Péruviens

Nous avons sûrement été trop gâtés en Argentine et en Uruguay mais les Péruviens ne nous ont pas laissé un souvenir impérissable. Oui, nous avons rencontré des gens sympas mais nous avons vraiment dû briser la glace avant. Et ce n’est pas un problème de langue puisque Fabien maîtrise l’espagnol et que même Van ne se débrouille pas trop mal. Même pour essayer de nous arnaquer les gens restent froids! Aussi invraisemblable que ça puisse paraître, nous avons rencontré les gens les plus chaleureux à Lima, grosse métropole de plus de treize millions d’habitants. Bref, ça ne restera pas le peuple avec qui nous avons le plus d’affinités.

La gastronomie

Ce n’est pas mauvais mais ça ne nous titille pas plus les papilles que ça, sauf pour le ceviche à condition qu’ils n’abusent pas trop du leche de tigre, la sauce super piquante dans laquelle ils marinent le poisson. Nous ne comprenons pas très bien non plus le concept de servir, en accompagnement, du riz ET des patates. Nous nous passerions bien d’un des deux pour le remplacer par quelques légumes.

Trop bien

Le coût de la vie

Ce n’est pas pour jouer les petits riches à fort pouvoir d’achat mais il est bien agréable de ne pas toujours devoir tout comparer afin de pouvoir tenir le budget. Nous avons profité de services bon marché comme le coiffeur ou le cinéma.

Les paysages

Même si à la fin nous avons commencé à avoir un peu marre du désert côtier, il faut avouer que les paysages sont fabuleux dans toutes les régions du pays. Il faudrait juste que les Péruviens s’en rendent compte et commencent à les protéger sérieusement.

Les transports

Très bons marchés, faciles d’utilisation, modernes et fiables, c’est un vrai bonheur de les utiliser malgré certaines routes de montagnes trop sinueuses pour nos pauvres oreilles internes. Le seul problème c’est que nous serons trop bien habitués!

Bizarreries péruviennes

Les klaxons

Une fois dans sa voiture, le conducteur péruvien doit avoir un aimant dans sa main qui l’attire irrésistiblement sur son klaxon. Ça klaxonne pour tout, même quand il n’y a personne, même sur la Panaméricaine au milieu du désert au point de faire passer les Napolitains pour des gens zens au volant! La seule occasion où nous n’avons entendu aucun klaxon, c’était lors d’un cortège de mariage!

Le climat

Dans les Andes, c’est encore un climat « normal » de montagne, bien que beaucoup trop froid pour Van. La seule chose qui nous a hallucinés c’est de voir de la végétation luxuriante jusqu’à 4000 mètres d’altitude. Sur la côte c’est autre chose. Il y a d’un côté le désert, chaud et aride. Juste derrière, les hauts sommets andins forment une barrière naturelle pour les nuages. L’océan Pacifique est balayé par le courant de Humboldt, un courant froid venu d’Antarctique qui apporte énormément d’humidité. Donc quand tout ça se rencontre, tu te retrouves avec un brouillard à couper au couteau digne d’un hiver dans le Nord Vaudois et une humidité qui approche les 100% mais il fait 28 degrés! Bon, après avoir passé sept mois à Tenerife, nous trouvons finalement que le climat péruvien n’est pas si chelou que ça.

Pour Van, le Pérou était un rêve depuis sa plus tendre enfance quand elle a découvert les « Aventures d’Alice chez les Incas », un livre de la bibliothèque verte. (Oui, ça fait très années 1990 tout ça!) Elle avait sûrement trop d’attentes car elle n’y a pas vraiment trouvé son bonheur. Certes c’est un pays magnifique, aux paysages incroyables et à l’histoire fascinante mais elle n’a pas croché avec la population locale. Le pays est devenu trop touristique à notre goût et y a perdu une partie de son âme.

Pour la suite, rendez-vous dans un bien plus petit pays mais qui nous semble tout aussi intéressant : l’Equateur.

Trujillo, Huanchaco et le site archéologique de Chan Chan

Rejoindre Trujillo depuis Lima c’est facile, c’est une nuit de bus sur la Panaméricaine. Pas de routes de montagnes avec des virages qui mettent notre oreille interne et notre estomac à rude épreuve à supporter!. Mais tout ne se passe pas sans heurts! Notre bus est tombé en panne en plein désert au milieu de la nuit. Pour Van, ce n’était pas si mal finalement. Qui dit bus en panne dit air conditionné en panne et avec la chaleur, Van la Frileuse est restée endormie du sommeil du juste pendant que le personnel s’affairait à nous trouver un bus de remplacement et que les autres passagers commençaient à s’agiter. Elle n’a juste pas tout compris quand Fab l’a réveillée à trois heures du matin pour prendre ses affaires et changer de véhicule. Le seul hic c’est que nous n’avons pas pu avertir notre hôte à Trujillo de nos quatre heures de retard et qu’il n’a pas pu nous attendre. Mais il avait tout prévu avec la voisine qui est venu nous ouvrir à notre arrivée. Ouf, tout est bien qui finit bien!

Trujillo

Fondée au XVIe siècle par l’Espagnol Diego de Almagro, Trujillo a été nommée en l’honneur de son compatriote, le grand conquistador Francisco Pizarro natif de la ville du même nom en Estrémadure, région occidentale d’Espagne. Elle a été plusieurs fois capitale du Pérou avant de définitivement céder sa place à Lima.

Aujourd’hui, il en reste un magnifique centre historique qui s’étend sur plus de 133 hectares avec ses ruelles en damiers chères aux conquistadors espagnols. Bien qu’elle porte le nom d’une ville du nord de l’Estrémadure, Trujillo possède plutôt une architecture coloniale d’inspiration andalouse. Ses petites maisonnettes basses aux façades très colorées nous rappellent plutôt certains centre historique mexicains, notamment Campeche.

Trujillo est surnommée la ville du printemps éternel. Il est vrai qu’avec un climat désertique, très ensoleillé mais atténué par le courant de Humboldt de l’océan Pacifique situé à quelques kilomètres, l’ambiance est très printanière!

Plaza de Armas

Nous sommes toujours au Pérou donc la place centrale s’appelle toujours Plaza de Armas. C’est l’endroit le plus ancien de la ville coloniale et date de 1534. A part au Mexique, c’est la place la plus colorée que nous n’ayons jamais vue. La cathédrale qui domine la place date, elle, du XVIIe siècle et sa façade arbore une superbe couleur jaune qu’on trouve dans plusieurs villes d’origine espagnole dont le centre historique de Lima ou le pueblo magico d’Izamal. Elle est trop mignonne avec ses petites coupoles arrondies sur ses deux clochers!

C’est sur cette place qu’en 1820 eut lieu la proclamation d’indépendance de Trujillo vis à vis de la couronne castillane. Proclamation qui s’en est suivi d’autres dans diverses villes du pays. Le Pérou obtint finalement, par la force, son indépendance en 1821.

Aujourd’hui, c’est le lieu de diverses manifestations dont les plus importantes sont le Corpus Christi (la Fête-Dieu) en mai ou juin, la commémoration de la proclamation d’indépendance le 29 juillet ou encore le concours de sapins de Noël en décembre.

Chan Chan

Chan Chan est un site archéologique du royaume de Chimor qui date d’avant le royaume Inca. (VIIe et VIIIe siècles environ) Il est situé à quelques kilomètres de Trujillo sur la route en direction de l’océan Pacifique. Il suffit de prendre le petit bus urbain qui va à Huanchaco et demander au chauffeur : il vous arrêtera directement à l’entrée du site.

Chan Chan est une ancienne cité construite en adobe, la plus grande d’Amérique latine, une des plus grandes du monde (plus de vingt hectares et jusqu’à 30’000 habitants au temps de sa splendeur!) et une des rares aussi près de l’océan. D’ailleurs il y a de gros problèmes d’érosion dû au phénomène el Niño et aux pluies en découlant. Donc le site est en partie couvert de tôle pour essayer de le protéger au mieux. Les alentours désertiques et les constructions en brique sèche typique des climats arides nous donnent plus l’impression d’être en Egypte qu’au Pérou!

Le site n’est pas en super état. Outre l’aspect météorologique que nous avons cité plus haut, la ville a été entièrement pillée et mise à sac par les conquistadors espagnols à la recherche d’un trésor. Mais ils ne trouvèrent rien d’intéressant, ce qui ne les a pas empêcher de décimer la population locale. Le site a été inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO pour le protéger le mieux possible des aléas climatiques.

Huanchaco

Huanchaco est la station balnéaire rattachée à la municipalité de Trujillo. On y accède d’ailleurs avec le bus urbain. C’était une cité portuaire très importante durant les époques Chimu et Moche, des civilisations pré-Incas. Aujourd’hui, c’est une réserve mondiale du surf et elle accueille, à ce titre diverses compétitions mondiales renommées. C’est d’ailleurs la première ville latino américaine à avoir obtenu cette distinction! C’est le courant de Humboldt (encore lui!) qui apporte de belles vagues et qui permet la pratique de ce sport dans la région. Par contre, pour la baignade tranquille, ce n’est pas trop l’endroit idéal.

Une des particularité de Huanchaco, c’est le caballito : une embarcation de quatre ou cinq mètres de long avec une grande pointe à l’avant, fabriquée avec des feuilles de totora, une sorte de roseau local. Les Moches l’utilisaient pour la pêche il y a plus de trois mille ans déjà! Certains pêcheurs locaux perpétuent la tradition en utlisant ces caballitos. D’autres ont essayé de taquiner la vague avec, exactement comme avec une planche de surf, et, il paraît que le résultat est assez concluant.

Après la trépidante Lima, il est agréable de goûter au calme d’une petite ville de province. Même si Trujillo reste la troisième ville du Pérou et compte plus d’un million d’habitants! Mais ça ne se ressent pas trop. Nous sommes également contents d’avoir retrouver un budget correct , les prix de la capitale étant plus élevés que la moyenne péruvienne. Nous continuons gentiment notre route en direction du Nord et sommes quand même étonnés de cette immense côte désertique qui semble ne pas vouloir finir. Certes, les paysages sont superbes mais la végétation luxuriante tropicale, voire même la végétation tout court, commence à nous manquer et il nous tarde gentiment de retrouver des climats tropicaux plus humides.

Lima, la capitale du Pérou entre trésors historiques et ambiance cosmopolite

Grâce à notre étape dans la réserve de Paracas, nous nous étions déjà bien rapprochés de Lima donc, une fois n’est pas coutume, nous n’avons pas eu besoin de prendre un bus de nuit au parcours interminable sur des routes de montagne bien trop sinueuses à notre goût. Quel bonheur! Le trajet se passe à plat, sur la Panaméricaine et nous avons mis un peu plus de trois heures pour parcourir les 260 kilomètres qui séparent les deux endroits.

La station de bus est assez excentrée au sud de Lima mais il est assez facile d’y commander un Uber pour se rendre au centre-ville. Il y a également des taxis qui se négocient si vous n’avez pas l’application ou juste pas envie de vous prendre la tête avec ça. Le temps de trajet dépend des heures, le trafic étant très congestionné aux heures de pointe!

Lima, la capitale et plus grande ville du Pérou, est sûrement la ville péruvienne dont nous en avons le plus entendu parler, surtout en mal! De toute façon, nous n’allions pas y couper puisqu’elle se situe en plein sur notre itinéraire en direction du nord. Et puis, par pur esprit de contradiction, nous voulions quand même voir ça de plus près afin de juger si elle mérite sa mauvaise réputation.

Casco historico

L’emplacement où se trouve Lima actuellement était occupé par les civilisations précolombiennes Wari et Ichma. Les Incas vinrent conquérir le lieu au XVe siècle mais ne restèrent pas longtemps puisque les Espagnols, sous l’égide de l’extremeño Francisco Pizzaro, débarquèrent en 1532 et fondèrent la ville en 1535. De cette époque, nous reste un superbe centre historique inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO (encore un!) Nous avions lu que la ville coloniale était dans un véritable état de délabrement et qu’elle faisait peine à voir. Nous ne savons pas de quand datent ces infos car nous avons vu des magnifiques bâtiments superbement restaurés. Cerise sur le gâteau : une bonne partie du centre a été transformée en zone piétonne! Fait rare en Amérique Latine. C’est très agréable car avec ses treize millions d’habitants, Lima peut être étouffante et le trafic peut être vraiment infernal.

Plaza San Martin

Ce qui frappe quand on y arrive, c’est la blancheur des bâtiments alentours, sûrement restaurés récemment car vu le trafic, ils ne vont pas rester si blancs bien longtemps! La place a été construite en l’honneur de José de San Martin qui a été un personnage clé dans l’indépendance péruvienne. Elle a été inaugurée en 1921, pile pour le centenaire de l’Indépendance du Pérou vis à vis de la couronne espagnole. Malgré sa construction relativement récente, elle fait partie du centre historique protégé par l’UNESCO. Aujourd’hui, c’est un lieu hautement symbolique pour le peuple péruvien car c’est cette sur place qu’ont lieu toutes les manifestations et autres revendications populaires.

Plaza de Armas

Comme à Arequipa, la place centrale se nomme Plaza de Armas même si on l’appelle communément Plaza Mayor (grand place en français) et c’est vrai qu’elle est très grande cette place. Ici, on est dans du cent pour cent colonial espagnol du XVIe siècle! Les façades sont plutôt jaunes à l’instar d’autres villes coloniales comme Izamal ou Hoi An. Elle est bordée de plusieurs bâtiments administratifs comme le magnifique palais du gouvernement du Pérou, superbe bâtiment néo-baroque. La superbe cathédrale Renaissance espagnole qui borde également la place date de 1535 et a été construite sur le modèle de la cathédrale de Jaén. Ayant été dans cette belle petite ville andalouse, nous confirmons qu’il y ait bien un petit air de famille entre les deux édifices religieux.

District de Rimac

A Rome, on traverse le Tibre (Tevere en italien) et on se retrouve à Trastevere,. En ce qui concerne Lima, il suffit de traverser la rivière Rimac pour se retrouver dans le district de Rimac qui est juste un prolongement du centre historique. Pendant la période coloniale, c’était le premier faubourg de la ville de Lima. La construction du quartier a été inspirée par Triana, le quartier de Séville qu’on rejoint depuis le centre également en traversant un fleuve! Coïncidence? Je ne crois pas! Mis à part les balcons sculptés en bois qui sont typiques du Pérou, nous devons reconnaître que l’architecture ressemble à s’y méprendre à notre belle capitale andalouse!

Miraflores

Nous changeons drastiquement d’ambiance avec le district de Miraflores. Situé directement en surplomb du Pacifique sur d’impressionnantes falaises, Miraflores fait office de quartier chic et branché de Lima. C’est ici qu’on trouve les loyers les plus chers du pays où vivent les Péruviens de classe sociale plus élevée! Il y a également de jolis espaces verts loin du trafic infernal et avec vue sur l’océan. Un vrai bonheur!

Il y a un phénomène météorologique assez particulier ici qui nous suit le long de la côte depuis notre arrivée à Arica : le courant de Humboldt. C’est un courant très froid venu tout droit de l’Antarctique. Avec la chaleur désertique du littoral, ça donne un brouillard assez épais. Dans nos contrées tempérées, on associe plutôt le brouillard à l’automne ou à l’hiver et surtout au froid. A Lima, au contraire, il y a une hausse des températures assez marquée lors des montées de brume. C’est assez déstabilisant! Mais nous finissons par nous y habituer et si nous sommes vraiment dérangés par la météo, il y a assez de bars sympas dans le coin pour se réfugier et boire un bon pisco sur, la liqueur locale.

Finalement Lima a plutôt été un coup de cœur pour nous. Certes, c’est une mégapole de treize millions d’habitants avec tous les désavantages inhérents mais dans l’ensemble ça reste une ville agréable, sûre (à part certains quartiers moins favorisés que nous avons pris soin d’éviter), avec des transports publics (même si peut mieux faire) et de la culture. Paradoxalement, c’est le coin du Pérou où nous avons trouvé les gens les plus accueillants et chaleureux. Nous, qui avons été plutôt déçus sur l’accueil péruvien jusqu’ici, avons apprécié les échanges avec les locaux qui sont plus difficiles ailleurs.

Contrairement à la plupart des voyageurs, nous ne vous déconseillons pas d’aller à Lima, bien au contraire! Bien sûr, c’est une grande ville sud-américaine et il faut y observer les règles élémentaires de prudence, comme partout ailleurs, mais c’est une ville qui vaut la peine au moins pour son centre historique.

Oasis de Huacachina et Réserve de Paracas : Beautés désertiques

Descendre plus de trois mille mètres depuis Cuzco ne fut pas une sinécure tant les virages de la route nous ont fait passer une nuit épouvantable dans notre bus toutefois doté d’un très bon confort. Et pourtant, nous ne sommes pas les plus à plaindre : d’autres passagers ont été bien plus malades que nous! Nous avons été bercés par les bruits de vomi d’autres voyageurs qui ont bien morflé, les pauvres. Mais le lever de soleil sur les montagnes du désert de Nazca valait le coup d’œil et les petits désagréments du voyage surtout que, généralement, nous ne sommes jamais réveillés à des heures aussi indues! Par contre, devoir enjamber les sacs à vomi transparents pour sortir du bus ce n’est pas très appétissant comme début de journée.

Huacachina

Nous débarquons à Ica, qui avec ses motos taxi klaxonnant sans répit et sa chaleur écrasante nous rappelle un peu Bangkok. Mais la comparaison s’arrête là! La ville n’a rien d’intéressant à part quelques bars sympas où déguster un bon pisco sour, un cocktail à base d’eau de vie de vin et de citron vert qui vient de la ville de Pisco, pas très loin d’Ica.

Si nous nous sommes arrêtés à Ica, ce n’est pas pour abuser des cocktails locaux aussi bons soient-ils mais pour aller à l’oasis de Huacachina située à quelques kilomètres du centre-ville. Pour y aller, il suffit de négocier un tuk-tuk qui vous y emmènera pour quelques soles. Ce petit lac au milieu des dunes du désert de Nazca est la deuxième oasis du continent américain après San Pedro de Atacama dans le désert du même nom au Chili. Fabien s’y est même essayé au sandboard, c’est comme du snowboard mais sur le sable. Le coin pourrait être idyllique s’il n’y avait pas des dizaines de quads super polluants en train d’arpenter les dunes transportant des touristes américains en mal de sensations fortes.

L’eau du lac aurait des propriétés thermales mais nous étions tellement cassés de notre trajet en bus que nous n’avons pas pensé à prendre les maillots de bain avec nous pour faire trempette. Nous nous sommes contentés de chiller sur le sable en contemplant la ceinture de végétation qui survit grâce à la pointe d’humidité qui provient du lac.

Paracas

Notre but étant de rejoindre l’océan Pacifique, nous continuons notre route jusqu’à Paracas, petite station balnéaire très touristique dans le désert de Nazca, connue pour sa réserve du même nom. En plus du tourisme, Paracas vit de la pêche et d’une petite activité portuaire. Malgré le côté touristique, nous avons trouvé Paracas encore assez agréable! A moins que ce soit le bonheur d’avoir retrouvé la mer qui a faussé notre jugement!

Réserve de Paracas

Nous délaissons les îles Ballestas, visiblement trop touristiques vu le nombre impressionnant de bateaux remplis de touristes qui y vont chaque matin, pour nous rendre dans la réserve de Paracas en elle-même. Pour bien profiter du paysage et par souci d’écologie, nous décidons de louer des vélos. Il y a plein de petites échoppes de location dans la ville et c’est vraiment bon marché. De mémoire, deux vélos pour une journée nous ont coûté environ cinq euros. Utiliser lesdits vélos s’avère un peu plus ardu : le terrain est mal plat,  l’air du désert est vraiment très sec, il y a un vent à décorner des bœufs, de face bien sûr, et, évidemment, il n’y a pas un seul coin d’ombre. Nous avons de la peine. Van surtout! Fab, lui, inverse les rôles par rapport aux Andes et prend un peu sa revanche sur le mal des montagnes. Heureusement, en récompense de nos efforts, les paysages sont vraiment à couper le souffle!

La réserve est située dans un des coins les plus désertiques du Pérou! Pas étonnant que nous peinons un peu avec nos vélos! Elle a été créée dans le but de protéger les espèces marines ainsi que les oiseaux qui peuplent le coin. Grâce à ses courants, dont le fameux méchant de Humboldt qui nous apporte du froid, l’eau est riche en plancton est attire une faune marine très diversifiée.

Les courants du Pacifique n’apportent pas qu’une faune magnifique, ils façonnent le continent formant de magnifiques falaises se jetant dans l’océan. Grâce à la géologie très variée de la région (volcans, déserts, etc), chaque plage possède du sable de couleur différente dont une vraiment rouge qu’on dirait presque du sang!

Bonus

Comme à chaque fois que nous nous trouvons sur la côte Pacifique, donc à l’ouest sur ce continent, nous profitons des magnifiques couchers de soleil! Celui de Paracas ne vaut pas le superbe sunset que nous avons vu à Arica mais se poser sur la playa après une longue journée de vélo avec un pisco sour à la main en observant les couleurs du crépuscule, ça vaut quand même son pesant de cacahuètes!

Cette petite étape nous aura fait nous rendre compte combien la côte péruvienne est désertique et le climat super sec! Nous connaissions, bien entendu, l’existence du désert de Nazca. Nous ne nous rendions juste pas compte de son immensité et nous ne pensions pas qu’il bordait également l’océan Pacifique. Ce sont juste nos pauvres petites bronches qui ont un peu de mal à s’adapter. Fab, qui adore les déserts, est aux anges! Van, elle, préfère les forêts mais elle doit bien reconnaître que le paysage de dunes et de roches façonnées par l’érosion est à couper le souffle!

Même si le Pérou est plus connu côté montagne avec ses sites dans les Andes que pour sa côte Pacifique, cette dernière n’en est pas moins impressionnante. C’est également une très bonne solution de repli quand il pleut trop dans les Andes. C’est d’ailleurs le problème de ce pays, les climats sont tellement différents qu’on tombe à coup sûr sur une mauvaise saison quelque part! Mais nous sommes assez fatalistes à ce sujet et nous nous adaptons assez facilement, quitte à, parfois, devoir faire des choix et renoncer à certaines choses, pour mieux en découvrir d’autres!

Le fait d’être arrivé sur la côte nous a également mis sur la Panaméricaine, la fameuse route qui traverse toute l’Amérique de la Patagonie à l’Alaska. Nous allons la suivre un petit bout en direction du nord afin de poursuivre nos aventures.

Découverte de Cuzco : Voyage au cœur de l’Empire Inca

Nous prenons encore de la hauteur sur une route chaotique avec beaucoup trop de virages à notre goût. Nous subissons un mal des transports carabiné, un comble pour des voyageurs, et malgré des bus de nuit super confortables, le trajet ne se passe pas vraiment bien. Après une mauvaise nuit, nous pouvons enfin poser nos sacs dans la mythique ville de Cuzco perchée à 3400 mètres d’altitude. Heureusement, pour contrer le mal des montagnes, qui contre toute attente touche beaucoup plus Fab que Van, nous avons toujours nos feuilles de coca achetées en Bolivie sur nous. Au lieu de les mâcher, nous les infusons dans de l’eau bouillie, comme du thé. C’est beaucoup moins amer et ça nous pète moins les dents mais ça fonctionne du tonnerre contre les désagréments liés à l’altitude!

Cuzco est connue pour avoir été la capitale de l’empire inca et même après la colonisation espagnole, elle resta un carrefour commercial important avant de finalement céder la place de capitale à Lima, mieux située au bord de l’océan Pacifique. Dans le centre historique, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO et superbement conservé, on peut encore y admirer pas mal de vestiges. En effet, les conquistadors espagnols ont construit un bon nombre de leurs maisons coloniales sur les murs incas déjà existants et le résultat est juste bluffant! Ce mélange architectural particulier fait de Cuzco une ville unique dans le monde des villes coloniales.

Carnaval

Nous débarquons complètement par hasard en plein dimanche de carnaval pour assister au cortège sur la Plaza de Armas. Costumes traditionnels indiens colorés, musique et danse folkloriques égaient notre après-midi mais il nous faut aussi subir les bombes à eau et les sprays à mousse! Heureusement, la météo est de la partie et, malgré l’altitude, le soleil tape et la température atteint bien vingt-cinq degrés, nous séchons relativement vite!

Plaza de Armas

Sous l’empire inca, c’était le centre administratif et religieux de la ville, puis les conquistadors sont arrivés avec leur cathédrale, leurs églises et leurs maisons à arcades, les fameux cabildos. Le baroque est super présent sur les façades des édifices religieux, comme c’était la mode à l’époque. Par contre, les autres bâtiments sont plus sobres et nous adorons leurs balcons en bois qui nous rappellent ceux que nous avons vu dans la ville de La Orotava, à Tenerife. C’est sur cette place que les Espagnols exécutèrent Tupac Amaru II, le dernier chef inca.  L’histoire de la colonisation espagnole est vraiment horrible mais il faut reconnaître que le patrimoine que nous pouvons observer aujourd’hui est magnifique et cette place reste une des plus belles d’Amérique du Sud.

Les sites incas

Sur les collines qui surplombent Cuzco (3700 mètres les collines quand même!), se trouvent divers sites archéologiques datant de l’empire inca. Ces sites se méritent, il faut monter à pied deux bons kilomètres depuis le centre historique de Cuzco. Les chemins sont super faciles et il y a des escaliers mais il ne faut pas sous-estimer les effets de l’altitude! L’oxygène se fait rare par ici! Mais le jeu en vaut vraiment la chandelle!

Sacsayhuaman

Sacsa quoi?? Nous sommes ici en pays inca donc on parle le quechua. Mais pas de panique, les Péruviens ont trouvé un moyen mnémotechnique imparable pour qu’on se souvienne du nom du site, ils l’appellent « sexy woman »! Ah oui, c’est vrai que ça se ressemble phonétiquement! Sacsayhuaman était une forteresse dont il en reste aujourd’hui les murs en forme de zigzag. Il faut dire que les murs incas contiennent leur part de mystère : les blocs en pierre sont imbriqués les uns dans les autres sans rien pour les tenir et nous ne savons toujours pas comment ont été transportés ces immenses blocs, la roue n’existant pas dans l’Amérique précolombienne. Le site surplombe Cuzco, ce qui nous donne une vue extraordinaire sur la ville.

Qenko

Situé juste après Sacsayhuaman, Qenko était un sanctuaire où se déroulaient toutes les cérémonies religieuses incas. C’est assez impressionnant de se promener entre les immenses blocs de pierres dont les passages laissent tout juste la place pour une personne assez menue.

Pukapukara

Il aurait fallu marcher près de quatre kilomètres depuis Quenko pour rejoindre Pukapukara mais le Pérou étant un pays organisé, un colectivo (bus urbain en forme de minibus) relie les deux sites. Pukapukara était une forteresse militaire qui servait à la défense de la ville de Cuzco située en contrebas. Il faut reconnaître que l’enceinte extérieure du fort est superbement conservée et le promontoire rocheux sur lequel elle a été construite est un lieu bien stratégique.

Tambomachay

Tambomachay, situé juste en face de Pukapukara, était un lieu de sacrifice. Il y a encore des fontaines en activité qui nous montrent le système d’irrigation de l’époque. C’est le plus impressionnant et le mieux conservé des quatre sites incas qui surplombent la ville de Cuzco et, en ce qui nous concerne, c’est notre préféré.

Il y a une chose qui nous a fascinés lors de ces visites, c’est la végétation bien luxuriante alors que nous nous situons à 3700 mètres d’altitude! Certes, nous sommes en pleine zone tropicale et les pluies sont abondantes, surtout en cette saison, mais tant de verdure si haut, c’est quelque-chose de totalement nouveau pour nous qui sommes habitués aux sommets gris et dénudés de nos Alpes dès qu’on dépasse 2000 mètres d’altitude.

Et le Macchu Picchu dans tout ça?

Et ben non! Nous n’irons pas au Macchu Picchu!

WHAT??? C’est le highlight du Pérou et on se permet de le bouder?

Après plusieurs tergiversations, nous avons décidé d’y renoncer pour diverses raisons. Nous n’avons pas envie de crever le budget pour se retrouver au milieu de troupeaux de touristes sur un site surfréquenté alors que d’autres sites (presque) tout aussi pittoresques sont bien moins chers, bien moins fréquentés et plus faciles d’accès. (La preuve avec les sites à Cuzco!) Nous louperons peut-être quelque-chose mais nous assumons! De plus, nous avons décidé de casser notre tirelire pour un autre projet qui nous tient particulièrement à cœur  mais il vous faudra attendre avril pour en savoir un peu plus!

Nous sommes tout de même très contents d’avoir fait le détour pour Cuzco. Malgré son côté très touristique, la ville est très belle et les sites archéologiques valent amplement l’effort de la grimpette. Nous sommes néanmoins content de retrouver des altitudes plus raisonnables et la chaleur qui va avec même si nous devons encore subir les routes du montagne!

Arequipa, la ville blanche au cœur du Pérou

Nous sommes restés plus de temps que prévu à Arica. Nous étions pourtant plus que prêts avec nos sacs empaquetés et nos billets de train en poche. Mais voilà, les soupes de poulets dégueu et l’hygiène douteuse de la Bolivie ont eu raison de notre estomac et nous sommes restés cloués au lit plusieurs jours avec une bonne tourista. Ma foi, c’est le lot de tout voyageur. Heureusement, nous avons fini par nous en remettre et avons pu continuer notre périple en direction du nord.

Sortir du Chili fut bien plus facile et rapide que d’y entrer et les douaniers péruviens n’ont pas fait preuve d’excès de zèle pour nous laisser entrer dans le pays. Il y a juste pour les durées de séjour qu’ils n’arrivent pas à se mettre d’accord : Van a reçu un visa de 60 jours tandis que Fab a eu droit à un visa de 90 jours! Allez savoir pourquoi! En passant la frontière nous avons joué aux Marty McFly puisque nous avons voyagé dans le temps en reculant de deux heures, le fuseau horaire chilien étant bizarrement aligné sur l’argentin.

Notre première étape au Pérou fut Tacna, petite ville sans intérêt mais qui nous aura permis de changer nos premiers soles (oui, on paie en soleils au Pérou!) et de prendre cinq cents petits mètres depuis le niveau de la mer à Arica avant de remonter dans les hautes altitudes andines. Nous nous sommes quand même arrêtés devant la superbe façade de la cathédrale de Nuestra Señora del Rosario qui, malgré son apparence Renaissance, n’a pas été construite par les Espagnols. Elle date de la fin du XIXe siècle et a été conçue par un bureau d’architectes local directement affilié à la société Eiffel (Oui, ceux de la Tour Eiffel à Paris!)

Nour reprenons un bus tout aussi confortable que ceux que nous avons connu en Argentine. Le trajet nous a pris sept heures mais nous avons traversés les super paysages du désert d’Atacama côté péruvien. Nous n’avons presque pas vu le temps passer!

Arequipa

Arequipa est la deuxième ville du pays après Lima mais elle est beaucoup plus calme que la capitale! Elle dépasse pourtant le million d’habitants! Elle est entourée de volcans que nous peinons à apercevoir à cause des nuages. La ville a été fondée en 1540 par le castillan Garci Manuel de Carbajal dans un lieu déjà habité par les Incas. Son centre-ville, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, mélange d’ailleurs les deux architectures, coloniale espagnole et inca. C’est d’ailleurs un des plus grands centres historiques d’Amérique du Sud (332 hectares!) et son architecture particulière a inspiré d’autres villes comme Cuzco ou Potosi. On parle même d’école architecturale d’Arequipa!

Plaza de Armas

Au Pérou, c’est facile, si tu es perdu dans une ville et que tu en cherches le cœur, demande la Plaza de Armas, toutes les places centrales péruviennes s’appellent ainsi! Celle d’Arequipa est particulièrement belle, toute blanche bordée de superbes bâtiments à arcades, appelés en Amérique latine ainsi qu’en Andalousie, cabildos. Lors de sa fondation, la place était bordée de bâtiments aux façades colorées, comme dans le reste de la ville mais tout a été bien endommagé en 1844 lors d’un terrible incendie. Lors de la restauration de la place, on laissa les façades blanches. Cette couleur particulière provient du « sillar », une sorte de pierre ponce qui provient directement de la chaîne volcanique qui entoure Arequipa.

La cathédrale est un joyau qui domine la place sur toute sa face nord. C’est le plus grand bâtiment néoclassique de tout le Pérou! Il y a plus de 70 colonnes qui ornent sa façade principale. Elle a été construite à la fin du XVIIe siècle comme le reste du centre historique et restaurée dans un style un peu plus classique après l’incendie de 1844. C’est un des monuments coloniaux les plus impressionnants que nous n’ayons jamais vus!

Couvent Santa Catalina de Siena

Construit en 1579 par le castillan Francisco de Toledo, c’est le plus grand couvent au monde! (plus de 20’000 mètres carré!) Il est, à l’instar de la Plaza de Armas, construit en « sillar », la pierre volcanique blanche ». A l’époque, il accueillait les filles illégitimes, fruit des amours interdits des colons avec les esclaves créoles, qu’on forçait à y entrer afin de les empêcher d’avoir une vie dans la société « normale » et surtout d’avoir des enfants métis! Oui, la colonisation nous laisse des villes historiques d’un patrimoine extraordinaire mais l’histoire est vraiment moche et cruelle! Il pouvait y avoir jusqu’à trois cents femmes et enfants vivant conjointement dans l’enceinte du couvent. Cette pratique a néanmoins été interrompue en 1747 lorsque une nouvelle communauté religieuse y fut fondée. Une quarantaine de sœurs carmélites y vivent encore aujourd’hui dans un relatif isolement. Bien que le couvent se situe au centre-ville, le bâtiment est isolé du reste de l’urbanisation par une immense muraille laissant les habitantes du lieu dans une autarcie quasi totale.

Arequipa n’était, à la base, pas prévue au programme et fait partie de notre itinéraire bis depuis que nous avons quitté prématurément la Bolivie. Nous pensions entrer au Pérou par le lac Titicaca mais la pluie, les grèves et les barrages routiers nous ont fait changer de plans. Mais nous ne regrettons aucunement ce plan B. La ville est superbe, les gens sont sympas et la gastronomie locale est bien meilleure qu’en Bolivie même si nous avons de la peine à comprendre le concept de toujours servir du riz accompagné de pommes de terre. Nous sommes persuadés qu’elle vaut amplement le détour au même titre que Potosi et Sucre que nous avons renoncé à visiter.

Arequipa est le point de départ pour une excursion au Cañon de Colca que nous aurions adoré aller découvrir. Mais voilà, la météo n’est pas beaucoup plus clémente de ce côté-ci des Andes et nous avons dû renoncer à cette visite. Le temps a été tellement gris pendant tout notre séjour que nous n’avons pas aperçu le moindre centimètre d’un volcan. Pourtant, à ce qu’il paraît, il y en a partout tout autour de la ville.

Malgré le temps maussade, Arequipa est une superbe ville à visiter et également un bon palier pour s’acclimater aux hautes altitudes andines puisqu’elle culmine à 2335 mètres.

Notre plan B à Arica, notre seule étape chilienne

La météo catastrophique, les inondations et les blocages de route par les grévistes ont eu raison de notre séjour en Bolivie et de notre entrée au Pérou par le lac Titicaca. C’est dommage car nous commencions vraiment à apprécier ce pays et que nous mourrions d’envie d’en découvrir un peu plus. Mais voilà, c’est le lot des voyages au long cours et nous savions qu’il fallait, une fois ou l’autre, avoir recours à un plan B. C’est notre premier changement de programme après presque trois mois de voyage, ça nous fait un peu bizarre et il nous faut apprendre à gérer cette petite frustration et ce sentiment de gâchis. Ce ne sera sûrement pas notre dernier alors autant s’y habituer et voir le côté positif plutôt que de nous apitoyer sur ce qui « aurait pu » ou « aurait dû » se passer.

C’est donc à regret que nous quittons la Bolivie et ses merveilles pour nous rendre au soleil au Chili mais déjà sur la route, dès les premiers kilomètres, nous attend un lot de consolation de taille : les paysages fabuleux du désert d’Atacama avec ses étendues de sel, ses lagunes, ses flamants roses et ses hauts volcans aux sommets enneigés au lever du jour car nous avons dû partir d’Uyuni à quatre heures du matin!

C’est au milieu de ces paysages sublimes, au milieu de nulle part, à 3700 mètres d’altitude que se trouve la frontière. Si sortir de la Bolivie fut une formalité malgré les 15 bolivianos (2 CHF / 1.75€) de bakchich à payer pour pouvoir quitter le pays, rentrer au Chili fut une autre paire de manches tellement les douaniers font preuve d’excès de zèle. Le contrôle minutieux des passeports, la fouille complète de tous les bagages et le passage du bus aux rayons X nous aura pris trois heures quarante-cinq! Avec la fatigue, la frustration d’avoir dû abandonner la Bolivie plus tôt que prévu et le froid, nous commençons à trouver l’attente insupportable! Malgré toutes les précautions prises de la part des douaniers, nous avons quand même réussi à passer illégalement un sachet de feuilles de coca que nous avions pris soin de planquer sous notre siège mais que nous étions prêts à abandonner au cas où il aurait été découvert.

Après une petite escale à Calama, ville sans intérêt mais qui nous aura permis de changer nos premiers pesos et de nous restaurer, nous reprenons un bus de nuit jusqu’à Arica où nous arrivons complètement crevés après plus de vingt-quatre heures de voyage.

Arica

Arica est une petite ville située à l’extrême nord du Chili, dans le désert d’Atacama, au bord de l’océan Pacifique à une petite vingtaine de kilomètres au sud de la frontière péruvienne. Elle ne possède pas un patrimoine architectural extraordinaire mais elle est colorée et ça compense un peu le manque d’arbres des alentours. Arica vit principalement de ses activités portuaires qui servent également à la Bolivie puisque cette dernière ne possède pas d’ouverture maritime. Elle jouit également d’une position privilégiée sur la Panaméricaine reliant le Chili au Pérou. On la surnomme d’ailleurs très joliment la Puerta del Norte (la porte du nord en français)

Le Morro

Le Morro est un promontoire rocheux de 130 mètres de hauteur qui surplombe la ville au sud et qui consiste un beau terrain de jeu pour notre grimpette du jour. Sur son sommet se trouvent le Christ-Roi symbolisant l’amitié entre le Chili et le Pérou ainsi que la tombe du soldat inconnu. D’en haut, il y a une vue superbe sur Arica et ses environs. Nous savions que la ville se trouvait en bordure du désert d’Atacama mais nous n’imaginions pas les dunes de sable arriver aussi près du centre et de l’océan. C’est assez impressionnant!

La plage

Arica possède une longue plage de près de sept kilomètres de long avec du sable fin rouge et noir provenant directement des volcans du désert d’Atacama ainsi que quelques spots de surf ou windsurf intéressants. Pour la baignade, c’est une autre paire de manches! Les courants sont très forts et Van s’y est congelée rien qu’en y trempant un orteil! La faute au courant de Humboldt, un méchant courant qui nous vient tout droit de l’Antarctique et qui remonte le long de la côte Pacifique jusqu’au nord de l’Equateur. Pour la bronzette, c’est agréable mais attention aux coups de soleil, ça tape fort par ici et avec le vent constant, on ne le sent pas forcément!

Malgré cet attrait de plages, Arica n’a pas cédé aux sirènes du tourisme balnéaire avec ses hôtels de luxe, le bétonnage de la côte et des discothèques ouvertes jusqu’au petit matin. Elle est restée une petite ville de province où la plage est utilisée surtout par la population locale et les mouettes et où il fait bon vivre. Il y a juste quelques bars sympas en bord de mer mais rien d’ostentatoire.

Le port

Malgré son importance vitale pour l’économie de la région, le port est vraiment le coin le plus sympa de la ville avec ses bateaux de pêche colorés et ses marchés aux poissons où on y sert des ceviches à tomber. Le retour des pêcheurs est attendu avec impatience surtout par les mouettes, les pélicans, et même par des otaries qui espèrent aussi avoir leur part du gâteau.

Bonus!

L’avantage d’être de ce côté du continent c’est que l’océan se trouve à l’ouest. Et qui dit ouest, dit couchers de soleil! Celui d’Arica nous a donné une palette de couleurs incroyable!

Cette toute petite incursion au Chili fut pour nous une très bonne surprise. Si le passage en douane nous a un peu rebuté et nous a donné une première image un peu négative du pays, pour le reste, ce n’est que du bonheur! Les gens sont chaleureux et, pour l’instant, c’est le pays où nous avons le mieux mangé depuis le début de notre périple. (#ceviche) Nous avons profité de températures bien agréables, du soleil et de l’océan! Nous avons enfin pu, après trois mois d’attente, manger du poisson et des fruits de mer! Ce sera notre seule étape chilienne puisque nous continuerons au Pérou pour la suite, mais ça restera un très bon souvenir de voyage!

Découverte du Salar d’Uyuni : Entre Aventure et Imprévus

La trêve de la pluie que nous avons eu la chance d’avoir à Tupiza n’aura pas duré très longtemps. Certes, nous ne sommes pas en saison sèche mais, d’après les locaux, il ne devrait quand même pas pleuvoir autant. Le trajet en bus fut d’ailleurs très épique! A cause des inondations, certaines routes ont été détruites et ce sont sur des chemins de terre de fortune que s’est déroulé une partie du trajet. Nous avons mis plus de neuf heures pour pour effectuer les 197 kilomètres depuis Tupiza pour enfin arriver à la petite ville d’Uyuni, perchée à 3700 mètres d’altitude au coeur de l’Altiplano bolivien.

Si aujourd’hui la ville d’Uyuni vit principalement du tourisme, elle doit son existence au chemin de fer qui, dès les années 1870, transportait les divers minerais de la région comme du plomb, de l’étain et même de l’or, jusqu’au Chili. Malheureusement, la Bolivie n’a jamais su concurrencer les marchés internationaux car, contrairement à ses voisins, ses minerais étaient de qualité moyenne. L’industrie minière a peu à peu été abandonnée et la ville d’Uyuni laissée à son triste sort au milieu des montagnes. La découverte récente de grandes quantités de lithium dans le salar d’Uyuni pourrait changer la donne pour les années à venir, surtout avec la demande croissante de batteries électriques pour les véhicules ou nos appareils électroniques. Nous sommes un peu mitigés par cette nouvelle. Certes, ce serait une manne économique indispensable pour cette région très modeste mais nous nous demandons quel impact écologique une telle entreprise pourrait avoir pour le salar et sur l’environnement alentour. Sachant que la Bolivie a une conscience écologique très limitée, nous doutons fortement que les normes environnementales soient respectées en cas d’extraction de lithium à Uyuni.

Pour témoigner de ce passé glorieux, il existe, juste en dehors de la ville, un cimetière de train ou des dizaines de locomotives à vapeur et des wagons ont été abandonnés lors de la faillite de la compagnie suite à l’arrêt de l’exploitation minière au début du XXe siècle. Avec ce paysage lunaire, le temps un peu maussade et ces vieilles machines abandonnées, nous trouvons l’ambiance est un peu macabre.

Bien sûr, l’attraction touristique principale reste le fameux Salar d’Uyuni, le plus grand désert de sel du monde et également le plus connu. Il s’étend sur près de 10’600 kilomètres carré! Il est accessible seulement en 4×4 avec des chauffeurs expérimentés. Nous en avons négocié un, assez facilement, en ville, avec quatre autres personnes, un couple néerlandais et deux copines chiliennes, pour 20USD la journée. Avec la pluie, le salar est recouvert d’une bonne dizaine de centimètres d’eau. Heureusement, notre chauffeur a l’habitude et nous a fourni à tous une paire de bottes en caoutchouc, pas très sexy mais indispensable. Nous le trouvons bien plus beau ainsi avec cet effet miroir dont on n’arrive plus à distinguer où finit la terre et où commence le ciel.

Au milieu du Salar, se dresse un ancien hôtel complètement construit en sel qui fut à plusieurs reprises une étape d’arrivée de la course Paris-Dakar. Aujourd’hui, il ne fait plus que fonction de restaurant en journée, les autorités ayant refusé que des humains y dorment afin de ne pas trop contaminer le site. Déjà que des centaines de 4×4 bien polluants parcourent le salar toute la journée, s’il peut y avoir une petite trêve la nuit, c’est déjà pas mal.

Malheureusement, à cause des inondations de ces dernières semaines, nous n’avons pas pu rejoindre la fameuse île de Pescado. Nous avons quand même décidé d’attendre le coucher de soleil même s’il n’était loin d’être garanti vu le temps incertain. Pour passer le temps, nous sommes retournés au restaurant de sel où nous avons partagé une bonne bouteille de vin bolivien (oui, ça existe!). Le crépuscule a bien fini par arriver et vu le spectacle à couper le souffle du coucher de soleil, nous avons drôlement bien fait d’attendre!

Malgré le fait qu’il faille contracter un tour, tout ce qu’on déteste en général, la découverte du salar fut vraiment un incontournable! Tout ne s’est pas passé comme prévu à cause de la saison des pluies, mais nous trouvons le site bien plus exceptionnel avec l’eau qui fait un effet miroir incroyable, surtout au coucher du soleil! Nous avons eu de la chance de tomber sur d’autres personnes vraiment cool, ce qui nous a fait passer une magnifique journée.

Nous avons eu également une chance inouïe avec la météo! Même si le temps a été un peu mitigé tout le temps, nous sommes restés au sec. Un gros orage a commencé à éclater juste à notre retour en ville! Nous aurions peut-être dû jouer à la loterie!

Mais la chance aura été de courte durée et il se peut fortement que notre idée d’itinéraire soit complètement chamboulée pour cause de météo! Pour la faire courte, ça s’annonce vraiment mal pour la suite de notre périple en Bolivie! Nous avons déjà renoncé au Sud-Lipez et nous allons devoir également renoncer à Potosi et Sucre au vu des pluies diluviennes qu’ils annoncent pendant des jours. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, nous sommes pour l’instant bloqués à Uyuni pour cause de grève et nous réfléchissons sérieusement à rejoindre le Chili sur la côte Pacifique afin d’avoir un temps plus favorable.

Devoir renoncer à la Bolivie, c’est très frustrant car ça a l’air vraiment ouf! D’ailleurs, le peu que nous avons pu voir est déjà un véritable coup de cœur! Mais voilà, les imprévus font aussi partie du voyage et nous devons apprendre à les gérer. De toute façon, s’entêter à continuer malgré la météo ne serait pas très intéressant et ce serait même à la limite de l’irresponsabilité vu les gros risques d’inondation. Nous allons donc plancher sur un plan B et espérer quand même pouvoir rejoindre le Pérou qui est en bonne place sur notre wishlist et que nous ne voudrions pas manquer.

Quoi qu’il en soit, nous gardons tout de même un très bon souvenir de la Bolivie, de sa population et de ses paysages. Bon, pas vraiment de ses soupes de poulet mais nous aurions pu faire abstraction de cette gastronomie un peu cheloue pour pouvoir en découvrir un peu plus. Dans une prochaine vie peut-être…

Randonnées et découvertes à Tupiza : nos premiers pas en Bolivie

Voilà, notre mois passé à Salta en tant que réceptionnistes dans un hostal est déjà terminé! Nous avons des sentiments aigre-doux par rapport à ce départ. Nous étions une super équipe et c’est avec beaucoup d’émotion que nous avons dû prendre congé de toutes les personnes extraordinaires avec qui nous avons travaillé mais aussi partagé des moments de vie. En même temps, nous sommes super heureux et excités de reprendre nos backpacks et de repartir sur les routes pour la suite de notre aventure. Nous avons également très hâte de découvrir un nouveau pays.

Il nous aura fallu une nuit de bus depuis Salta pour rejoindre la frontière bolivienne et nous y avons tellement bien dormi que nous n’avons pas bronché quand nous sommes arrivés à destination! Quand nous nous sommes réveillés, le bus était déjà vide! Nous rassemblons donc nos affaires en vitesse, et avec le petit coup de stress, nous nous prenons les 3440 mètres d’altitude de la Quiaca, la ville frontière côté argentin, en pleine tronche à sept heures du matin! A peine réveillés et un peu désorientés, nous demandons notre chemin pour la Bolivie à deux femmes du coin qui nous proposent aimablement de les suivre avant de se raviser une minute plus tard car elles, elles passent la frontière illégalement. Mais elles prennent quand même le temps de nous indiquer le chemin du poste frontière légal.

Nous passons la douane à pied (une simple formalité) et nous nous retrouvons tout de suite dans un autre monde. A première vue, la Bolivie semble plus colorée et plus exotique que l’Argentine. Nous nous rendons à la gare de Villazon, la ville frontière côté bolivien cette fois, car nous espérons continuer notre voyage en train. Apparemment, ce n’est pas notre jour car les trains sont tous supprimés en raison de crues exceptionnelles et d’inondations. Nous nous rabattons donc sur le bus qui essaie tant bien que mal d’avancer sur des routes défoncées par la pluie afin de rejoindre notre première étape bolivienne, Tupiza.

Tupiza

Tupiza est une petite ville du sud bolivien, au milieu de la cordillère des Chichas qui porte le nom du peuple autochtone qui vivait dans la région avant l’arrivée des colons. Comme elle n’est perchée « qu’à » 2850 mètres d’altitude, elle constitue une étape de choix pour l’acclimatation à l’altitude. Afin d’habituer notre corps à la haute altitude, nous nous accordons une journée de repos qui constitue à déambuler dans les ruelles de la ville à la recherche de quelques vestiges de l’époque espagnole. Il y en a quelques uns mais pas énormément, les Espagnols ne firent de Tupiza qu’une petite base arrière pour aller explorer le Chili. Nous en profitons également pour faire une petite réserve de feuilles de coca au marché municipal. En général, elles se mâchent mais c’est un cauchemar pour notre dentition et nous les trouvons tellement amères que nous préférons les infuser dans de l’eau chaude à la manière d’un thé, Mais même avec cette façon de faire, c’est un remède miracle contre les symptômes du mal des montagnes.

Cordillera de Chichas

Dès le lendemain, il nous démange déjà de partir à la découverte de ces magnifiques sommets. Ça tombe bien, il est possible de partir en randonnée dans la cordillère toute proche directement depuis la ville, en autonomie, sans prendre un tour organisé et sans que ça nous coûte un centime!

Les Chichas sont une petite cordillère entourant Tupiza au nord et au sud et appartenant aux Andes Centrales, dont la caractéristique principale est la magnifique couleur rouge-grenat de sa roche. Même si nos Alpes ne sont pas aussi grises qu’elle paraissent au premier abord, nous sommes quand même hallucinés par ces montagnes qui déploient de magnifiques couleurs!

Puerta del Diablo

Culminant à 3183 mètres d’altitude, la Puerta del Diablo (porte du diable en français) est une paroi rocheuse que l’érosion à façonné durant des siècles et qui, aujourd’hui, ressemble vaguement à une porte. Nous soupçonnons fortement que la porte fut, en son temps, fermée avec une arche en pierre qui a dû s’effondrer depuis. Nous trouvons la couleur rouge foncé presque bordeaux plus impressionnante que la forme de la roche en elle-même

Canyon des Incas

Nous nous enfonçons au fond de la vallée, appelé Canyon des Incas appelé ainsi car ce serait le chemin qu’empruntaient les Incas afin d’acheminer l’argent qu’ils trouvaient dans la région. Il faut compter approximativement une bonne heure et demie de marche depuis la ville de Tupiza pour arriver au fond du canyon. Mis à part le manque d’oxygène dû à l’altitude et quelques passages un peu étroits, la randonnée n’est pas très difficile. Nous sommes restés bouche bée devant le travail de Dame Nature avec l’érosion!

En plus du paysage incroyable, deux choses nous ont surprises lors de notre promenade à plus de trois mille mètres d’altitude :

  • la chaleur : la température atteint allègrement les 25-26 degrés en journée. Il faut dire que nous avons eu de la chance. La pluie a décidé de faire une trêve, il fait un temps splendide et c’est un soleil tropical qui tape. Attention aux coups de soleil et aux insolations! Même les nuits, bien plus fraîches, ne sont pas si froides. Et c’est Van la frileuse qui le dit! Nous nous attendions à des températures bien plus basses, même pour février!
  • la végétation : certes ce sont principalement des cactus et des arbustes épineux, de la végétation plutôt sèche, mais le paysage est encore bien vert malgré l’altitude. Nous ne sommes pas habitués à autant de verdure à cette altitude dans les Alpes où la végétation s’arrête entre 2000 et 2500 mètres d’altitude.

C’était une première petite rando idéale pour cette altitude. C’était de difficulté moyenne avec pas trop de dénivelé (environ 400 mètres). En tout, il y a environ quinze kilomètres et ça nous a pris environ trois heures aller et retour depuis Tupiza. Par contre, il faut quand même penser à télécharger une carte avant de partir, ce n’est pas super bien indiqué.

Nous avions prévu à la base de rejoindre la Bolivie depuis l’Argentine en faisant le détour par San Pedro et le désert d’Atacama, au Chili, puis nous avons changé d’avis notamment pour des questions de coût. Et puis, nous avions aussi envie de quitter ces pays que nous jugeons trop « européens ».  Vu cette première étape pittoresque, nous ne regrettons aucunement notre choix.

Bilan de l’Argentine

Après plus de deux mois passés dans cet immense pays, il est temps de dresser notre traditionnel bilan.

En chiffres

Durée du séjour

68 jours ou neuf semaines et demie pour ceux qui ont la réf! En gros, un peu plus de deux mois. Et nous n’avons découvert qu’une infime partie de cet immense pays.

Budget

67’034 ARS (pesos argentins) soit 2766€ ou 3210 CHF ce qui fait une moyenne journalière de 987 ARS (40,6€ / 47 CHF). Notre objectif de budget est atteint mais c’est surtout grâce à nos divers volontariats. A noter que le peso argentin est très instable et l’inflation constante, ces chiffres sont sûrement déjà obsolètes à l’heure de cette publication!

Distance parcourue

8264 kilomètres de Puerto Iguazu – Buenos-Aires, puis de Libertador San Martin (frontière uruguayenne) – CórdobaCosquin – Córdoba – Buenos Aires – Puerto Madryn – péninsule Valdés – Puerto Madryn – Buenos Aires – SaltaCafayate – La Quiaca (frontière bolivienne) Le tout en bus, en train, en minibus, en voiture de location et en buquebus (ferry) pour traverser le Rio de la Plata entre Buenos Aires et Colonia del Sacramento.

Provinces traversées

Treize : Missiones, Corrientes, Entre Rios, Buenos Aires, district fédéral, Santa Fe, Cordoba, Rio Negro, Chubut, Santiago del Estero, Tucuman, Salta et Jujuy.

Extrêmes d’altitude

‘- 35 mètres (oui, il y a bien le signe moins!) dans les dépressions salines de la péninsule Valdés et 3442 mètres à la Quiaca tout au nord du pays à la frontière bolivienne. C’est un bel exemple des différences d’altitude dans le pays.

Extrêmes de températures

18 degrés sous un vent du sud-ouest glacial sur la péninsule Valdés que ne renierait pas Tenerife et 39 degrés lors de la canicule du Nouvel An à Buenos Aires. L’Argentine traverse des zones climatiques totalement différentes que nous aurions pu avoir tout et n’importe quoi en terme de météo.

Nombre de volontariats

Trois. « Faiseurs d’ordre » dans une résidence étudiante à Córdoba nous faisant nous sentir très vieux, collaborateurs dans une chacra (entre une ferme et une maison de campagne) au nord de Puerto Madryn et réceptionnistes dans un hostel à Salta.

Coups de gueule / Coups de cœur

Comme d’habitude nous commençons par ce que nous avons le moins apprécié ainsi nous finirons ce bilan sur une note positive

Les moins

L’argent

C’est une vraie galère en Argentine. Le coût de la vie est exorbitant et retirer de l’argent est digne du parcours du combattant. Il n’est pas rare de devoir attendre plus de trois quarts d’heure dans la file pour atteindre un distributeur qui a de fortes chances de se retrouver en rupture de stock de liquide. Nous avons payé jusqu’à 185 ARS (8.80 CHF / 7.60€) de frais de retrait perçus directement par l’état argentin. (merci la corruption!) et les plafonds s’élèvent à 2000 ARS (95.80 CHF / 82.50 €), 3000 ARS (143.70 CHF / 123.80 €) si on a de la chance. Une façon de contourner tout ça est d’utiliser la carte de crédit qui nous prend une commission dérisoire mais, évidemment, la plupart des établissements et des attractions touristiques comme les chutes d’Iguazu n’acceptent que le cash. Nous en avons plusieurs fois perdu notre latin et surtout notre patience!

La pampa

 C’est tout plat, c’est monotone et ça dure sur des centaines et des centaines de kilomètres. Inutile de vous dire que nos longs trajets en bus n’ont pas été très passionnants. Et nous avons un mal de transports carabiné qui nous empêche de lire pendant les trajets.

La pollution à Córdoba

Ce n’est pas au point du Caire mais avec sa situation en cuvette, la ville de Córdoba garde la pollution juste en dessus de nos têtes et c’est parfois difficilement supportable, surtout avec la chaleur estivale.

La non-conscience écologique

Nous ne voulons pas jouer les moralisateurs car nous sommes bien conscients de ne pas être de bons petits écolos même si nous essayons de limiter notre empreinte carbone au maximum mais pour un pays du niveau de l’Argentine le je-m’en-foutisme écologique nous a quand même interpellé. Il n’y a aucune énergie renouvelable, les gens possèdent des pick-ups 4×4 super polluants sans en avoir une réelle utilité, les lignes de train se désaffectent peu à peu au profit de la route, le tri des déchets est inexistant, etc… La faute notamment à un gouvernement corrompu jusqu’à la moelle qui se soucie plus de toucher des pots de vin que de sauver la planète ainsi qu’à un accès trop aisé au pétrole grâce aux réserves du sous-sol patagonien.

On a kiffé!

L’accent argentin

 Il faut se faire à la prononciation en « ch » si particulière et aux quelques termes qui changent du castillan de base mais c’est tellement beau à l’oreille. A part les Porteños qui parlent un peu plus rapidement, les Argentins parlent lentement avec un accent chantant et un langage raffiné, de quoi faire passer les espagnols pour des ch’tis! Il paraîtrait pourtant qu’ils parlent le castillan le plus difficile de toute l’Amérique du Sud, donc ce sera une vraie promenade de santé de pratiquer la langue de Cervantés plus au nord.

La viande

Surtout le bœuf!  L’Argentine mérite amplement sa réputation de pays de la viande! Nous y avons goûté des morceaux vraiment savoureux! Vu l’impact écologique de la consommation de viande, nous essayons de réduire drastiquement nos repas carnés!

Le dulce de leche

C’est de la confiture de lait et ça a un goût de caramel! C’est totalement régressif et anti diététique mais dieu que c’est bon!

Le vin

Van n’apprécie pas trop le Malbec, le principal cépage argentin surtout cultivé dans la région de Mendoza, qu’elle juge trop acide mais pour les autres cépages, elle signe tout de suite! Nous qui sommes restés un mois à Salta, nous avons dégusté avec plaisir de délicieux Cabernet Sauvignon cultivés dans la région.

La population locale

Nous avons vraiment trouvé les Argentins extraordinaires. Il sont très chaleureux! Toujours prêts à te rendre service, ils sont également très ouverts d’esprit et très curieux envers les étrangers. C’est la première fois que nous parlons autant de la Suisse et de comment on y vit et nos interlocuteurs sont vraiment intéressés par nos explications. Si nous devions citer le point fort de ce pays, ce serait sans hésiter l’accueil fabuleux des Argentins!

Les paysages andins

Principalement les quebradas au nord du pays qui nous changent complètement des Alpes. Après nous être désespérément languis de relief, ce fut un réel plaisir de retrouver des montagnes. Qu’elles soient couvertes de forêt humide ou au contraire arides et façonnées par l’érosion, c’est un réel plaisir pour les yeux

La qualité des transports

Surtout les bus de nuit qui sont vraiment pensés pour couvrir les distances énormes. Ce n’est pas bon marché, mais c’est confortable (nous y avons vraiment passé de bonnes nuits de sommeil!) et fiable. Nous sommes conscients que nous trouverons pas cette qualité de transport dans d’autres pays!

Là, ils ne sont pas comme nous!

On ne critique pas le pape!

Pour ceux qui, comme nous, ne suivent pas vraiment les actualités du Vatican, sachez que le pape François Ier qui officiait pendant notre séjour était argentin. Il faisait et fait encore la fierté de son peuple, encore plus que Messi et Maradona réunis! On nous a demandé plusieurs fois ce que nous pensions du pape et nous avons senti que la réponse attendue se devait d’être positive. Du coup, nous nous sommes renseignés sur internet sur ses prises de positions afin d’éviter de paraître trop incultes sur la question!

L’apéro favori des Argentins est le Fernet Branca

Le Fernet Branca est un alcool fort italien bien dégueu à base d’herbes. C’est le genre de digestif qu’on prend quand on a mal à l’estomac et que tous les autres remèdes de grand-mère n’ont pas fonctionné. En Argentine, cette espèce de mixture est un apéro très populaire et très apprécié. Certaines fois, on le mélange avec du Coca-Cola pour en faire un cocktail que nous trouvons particulièrement mauvais. Déjà que le maté n’est pas la boisson du siècle, avec le Fernet, on touche vraiment le fond!

Le jeu d’échecs

Rien d’extraordinaire, ce n’est qu’un jeu d’échecs avec les mêmes règles qu’en Europe sauf que les pions sont remplacés par des figurines qui représentent, d’un côté les conquistadors espagnols, et de l’autre côté les guerriers incas.

La façon de certains argentin de boire le vin rouge

Nous avons pris certains Argentins en flagrant délit de gâchis de vin rouge! Certains mettent des glaçons dans leur verre de vin rouge tandis que d’autres le mélange avec du Coca-Cola! Nous sommes sûrement un peu trop puristes mais ce genre de mélange nous fait littéralement hurler.

Conclusion

L’Argentine est un pays à plusieurs facettes et malheureusement, ce sont les pires que nous apercevons en premier, il faut vraiment passer outre ces problèmes d’argent et de corruption pour en apprécier les points positifs. Combien de fois ne nous sommes-nous pas dit que nous allions prendre le premier transport disponible pour quitter ce pays pourri? Et souvent, juste après, nous tombions dans un coin vraiment sympa ou nous rencontrions des personnes juste extraordinaires qui nous ont montré que, finalement, ce pays n’est pas si pourri que ça.