Bilan du Sri Lanka

Voici, comme toujours après un séjour dans un pays, notre traditionnel bilan!

En chiffres

Durée du séjour

26 jours. Sachant qu’un visa dure trente jours, nous l’avons bien amorti. Si nous avions eu la possibilité, nous serions restés plus longtemps!

Budget

165’679 roupies sri lankaises soit 930.95 CHF ou 819.30€ ce qui fait une moyenne journalière de 35.80CHF (31.50€). Le Sri Lanka restera le pays le plus « budget friendly » grâce à son niveau de vie très bas. Nous avons aussi tenu le budget en renonçant à la plupart des attractions touristiques (temples, ruines, safaris, etc…) qui sont hors de prix.

Distance parcourue

1030 km de Colombo Aéroport – Negombo – KandySigiriya – Anudharapura – Bentota – GalleTangalle – Matara – Mirissa  – Hikkaduwa – Colombo. En train, en bus et en tuk-tuk.

Provinces traversées

Quatre : province du nord-est, province centrale, province occidentale et province méridionale. (Ils ne se sont pas foulés pour nommer leurs provinces les Sri Lankais!)

Extrêmes d’altitude

Le niveau de la mer sur la côte méridionale et la côte orientale. 500 mètres à Kandy. Rien de bien extraordinaire. Le Sri Lanka n’est de toute façon pas connu pour son altitude.

Extrêmes de températures

29 degrés dans la « fraîcheur » de Kandy, 34 degrés sur la côte méridionale. Tout ce qu’il y a de plus normal sous ces latitudes à cette époque de l’année. (février)

Nombre de maux de transports

Tous nos trajets en bus! La faute plus souvent aux chauffeurs complètement tarés qu’aux routes de montagne que nous n’avons que très peu empruntées.

Coups de cœur / Coups de gueule

Comme d’habitude un petit résumé de nos coups de cœur et de gueule. Nous gardons notre tradition de commencer toujours par le négatif afin de laisser le meilleur pour la fin.

Coups de gueule

Les Sri Lankais sur la route

Nous décernons la palme des fous du volant aux conducteurs du Sri Lanka. Ce sont les pires d’Asie! Queues de poissons, dépassements dangereux, aucun égard pour les piétons, aucune anticipation, coups de freins et de volant violents, etc. Bref, nous avons à plusieurs reprises craint pour notre vie, que ce soit en tant que piétons ou en tant que passagers de bus. Nous n’avons jamais été si contents d’arriver sains et saufs quelque-part. (A part à Baños bien sûr!)

Les villes

Hormis le centre historique de Galle qui est un vrai bijou, les villes (et même les villages) au Sri Lanka sont moches, bruyantes, polluées, en un mot : infernales!

Les chauffeurs de tuk-tuk

Ils sont super pénibles envers les touristes occidentaux et insistent vraiment pour les faire monter sur leur engin. Un « non merci » ne leur suffit pas, il a fallu s’énerver à plusieurs reprises pour qu’ils nous laissent tranquilles car ils ne comprennent pas que quand tu te diriges vers la mer avec tes affaires de plage, tu n’as pas besoin de tuk-tuk pour aller à la gare! En plus, ce sont les usagers de la route les plus dangereux! Par contre, ce sont les seuls qui nous ont vraiment embêtés avec le rabattage. Les rabatteurs existent aussi ailleurs mais ils sont beaucoup plus soft que dans beaucoup d’endroits.

Coups de coeur

Les paysages

Le Sri Lanka est un pays magnifique! Montagnes, végétation tropicale, paysage de rizières, superbes plages, tout y est pour s’en prendre plein les yeux! Espérons que les Sri Lankais s’en rendent compte assez vite et se mettent à protéger tout ça car, pour l’instant, en matière de protection de l’environnement, ce n’est pas terrible.

L’hospitalité sri lankaise

Nous avons chaque fois été accueillis comme des rois avec une tasse de thé ou un jus de fruits frais. En plus, les intérieurs sont pensés pour rester frais et surtout au calme! Même la guesthouse la plus modeste est un vrai havre de paix comparé à l’enfer de l’extérieur.

Les plages

Les plages sont vraiment paradisiaques au Sri Lanka, encore mieux que sur les cartes postales! L’eau est chaude, transparente, et nous avons eu la chance d’observer une faune marine extraordinaire. En tant qu’île de l’océan Indien c’est presque normal mais nous ne nous attendions pas à un tel paradis. Il faut croire que nous ne sommes pas si blasés que ça.

Le thé

Le thé de Ceylan n’a pas volé sa réputation, il est vraiment savoureux! Il fait partie également de l’hospitalité sri lankaise et c’est, entre autre, ce qui nous a fait aimer ce pays.

Bizzareries made in Ceylon

So spicy!

Comment peut-on manger des plats aussi épicés? C’est notre grande question sur ce pays! Et pourtant, nous venons d’Asie du Sud-Est où les plats sont loin d’être fades! En plus, « not spicy » n’a pas la même signification pour un Sri Lankais que pour un occidental! C’est dommage car les produits, surtout les légumes, sont de bonne qualité et n’auraient pas besoin de toutes ces épices. Il y a bien sûr le curry qui, quand il n’arrache pas trop est excellent, mais aussi le poivre noir, et là, c’est le drame! Le poivre est tellement fort ici qu’il enlève toute saveur aux autres aliments, et ça, ce n’est franchement pas bon!

Les tuks-tuks boulangerie

Chaque quartier a son tuk-tuk qui fait sa tournée pour vendre du pain. Et pour être sûr de ne pas le louper, il est accompagné d’une musique qui rappelle « It’s a small world » de Disneyland. Et ça fonctionne! Dès les premières notes de musiques, les habitants se ruent sur le véhicule pour acheter leur livre de pain.

Malgré quelques bémols, le Sri Lanka restera une très belle découverte. Nous nous sommes concentrés sur le sud et l’ouest du pays mais nous prévoyons déjà de découvrir le nord et l’est pour une prochaine escapade. C’est un pays qui ne ressemble à rien de ce que nous avons déjà visité auparavant. Ce n’est déjà plus vraiment l’Asie et nous commençons déjà à percevoir quelques ambiances d’Afrique. Nous avons surtout été fascinés par les paysages qui sont le gros point fort du pays!

Pour la suite, nous changerons complètement de registre puisque nous nous envolerons pour une toute autre partie du monde : le Moyen-Orient.

Colombo et Hikkaduwa, la côte occidentale du Sri Lanka

Nous prenons congé des plages de rêves de la côte sud du Sri Lanka et revenons à des endroits où nous pouvons enfin délaisser les bus de la mort pour le train. Ce n’est pas beaucoup plus confortable, et vu l’état des rails ce n’est sûrement pas moins dangereux, mais au moins, ça ne donne pas envie de vomir et ça avance quand même un peu. Nous faisons un premier petit arrêt dans une petite station balnéaire de la côte occidentale : Hikkaduwa.

Hikkaduwa

Hikkaduwa est la station balnéaire type avec ses plages de rêve, sa vie nocturne trépidante et ses offres d’hôtels quasi infinies allant de l’auberge de backpackers au resorts très haut de gamme. Au XIXe siècle déjà, durant la période coloniale britannique, Hikkaduwa était une station prisée par la haute société de Galle qui venait y faire des « pic nic parties ». Dans les années 1960, l’ambiance changea complètement puisque Hikkaduwa devint un repaire de hippies et obtint même le surnom de « Hippiduwa ». Finalement, tout a fini par se mélanger et aujourd’hui toutes les couches de la société viennent se retrouver sur la superbe plage de la ville.

Le but de cette petite étape était quand même d’observer un peu de faune marine puisque Hikkaduwa possède un petit parc marin riche en corail surtout que Fab est un aficionado du snorkeling. Et nous n’avons pas été déçus. Des bancs entiers de poissons plus beaux les uns que les autres peuplent un petit récif tout près du bord. Il y a évidemment la possibilité de prendre des tours en bateau pour aller voir des coraux plus en profondeur mais nous avons déjà été satisfaits de ce que nous avons vu près du bord.

Les photos suivantes ont été prises en surface avec un appareil normal car nous ne sommes pas équipés pour la photographie sous-marine et sont donc de piètre qualité mais vu ce qui se laisse déjà apercevoir, nous vous laissons imaginer les beautés que nous avons pu observer en snorkeling. Et ça, c’est ce que nous avons vu depuis la plage, à quelques centimètres de profondeur!

Si vous cliquez sur les images ci-dessous, elles s’agrandiront et vous pourrez mieux voir les poissons, même si ça reste des photos de piètre qualité.

Et cerise sur le gâteau…!!

Ça se passe de commentaires, n’est-ce-pas?

Ce n’est pas rare de voir des tortues à Hikkaduwa puisqu’elles viennent pondre leurs oeufs sur la plage. Mais là, nous n’étions pas du tout en saison et nous ne nous attendions pas du tout à cette rencontre. Ce qui a rendu l’instant encore plus magique!

Colombo

Avant de quitter le Sri Lanka, nous voulions quand même voir la plus grande ville du pays! Colombo n’est PLUS la capitale du Sri Lanka depuis les années 1980 mais ça reste le centre économique du pays. Quant au gouvernement, il a été déplacé dans la banlieue sud-est de Colombo à Sri Jayawardenapura (difficile de briller aux quizz avec un nom pareil!) construite de toutes pièces qui est devenue la  nouvelle capitale administrative du Sri Lanka. Cependant, la plupart des ambassades sont quand même restées à Colombo.

Les villes aux Sri Lanka sont un enfer sur terre, Colombo, la plus grande d’entre elles, n’échappe donc pas à la règle. C’est une grande ville étouffante, polluée et saturée par le trafic routier. Il y a bien un projet de métro en discussion mais pour l’instant, rien ne bouge et c’est un véritable enfer, surtout pour les piétons!

Colombo Fort

Colombo Fort est le petit quartier colonial de Colombo. Les premiers à débarquer ici étaient des musulmans au VIIIe siècle prenant en charge le contrôle commercial entre les Cingalais (l’ethnie locale) et le reste du monde. Ils se firent expulser par les Portugais au XVIe siècle. Ces derniers établirent un de leurs fameux comptoirs ainsi qu’un fort pour protéger leur commerce des épices. Colombo devint en quelque sorte la capitale de tous les comptoirs portugais du Sri Lanka et d’Inde.

Les Hollandais débarquèrent en 1638 mais durent tenir un siège épique jusqu’en 1656 pour pouvoir reprendre le fort aux Portugais. Ils utilisèrent ce comptoir comme plateforme pour le commerce maritime des épices pour le compte de la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales.

En 1796, ce sont les Britanniques qui reprirent le contrôle sur le comptoir. Ils y fondèrent une vraie ville et en firent la capitale de leur nouvelle colonie de Ceylan à partir de 1815 quand tous les petits royaumes locaux ont abdiqué sous la domination anglaise. Les quelques bâtiments historiques qui nous restent aujourd’hui datent de cette époque.

Le port

Colombo a toujours été un port durant toute son histoire. Aujourd’hui, c’est le plus grand port du pays et aussi le plus actif. C’est d’ici que partent les Cargos chargés de thé, de cannelle, de caoutchouc, de pierres précieuses, de noix de coco, etc. Il est surplombé d’un joli phare construit en 1951 qui symbolise le Sri Lanka libre et indépendant car c’est un des tout premiers bâtiments érigés après la fin de la colonisation britannique qui eut lieu en 1948. Un stupa bouddhiste domine également le port car Bouddha veille aussi sur les marins.

Colombo n’est de loin pas un incontournable du Sri Lanka! Nous y avons juste passé sur notre route pour l’aéroport car il nous restait juste deux petits jours à tuer. Il nous semblait que nous avions vraiment abusé des plages et du snorkeling et qu’il nous fallait retrouver un peu de culture. Peut-être pas finalement. Le Sri Lanka a bien d’autres choses à offrir que cette grosse ville moche et polluée.

Voilà, c’était déjà notre dernière étape au Sri Lanka, la faute à un visa valable seulement trente jours. La lenteur des transports publics ne nous a pas aidé à optimiser notre temps de séjour comme nous le voulions à la base. C’est aussi ça le voyage. Nous serons obligés de considérer un retour sur cette magnifique île notamment pour en découvrir le nord et l’est. En attendant, il est temps de penser au départ vers de nouvelles aventures!

Découverte des Plages du Sud du Sri Lanka

Notre but premier était d’aller visiter la région d’Ella et ses plantations de thé, mais depuis Kandy, tous les trains étaient complets pour les trois semaines suivantes. Nous avions donc comme projet de rejoindre Ella par la route depuis le sud. Mais les vieux bus inconfortables sri lankais et surtout leurs chauffeurs complètement tarés au volant nous en ont dissuadé. Nous souffrons tous les deux d’un mal des transports carabiné (un comble pour des voyageurs!) et nous n’avons pas eu le courage d’affronter la route de montagne jusqu’à Ella.

Nous sommes donc restés sur la côte au sud du pays à profiter de la beauté des plages de l’océan Indien. Il y a pire comme lot de consolation, n’est-ce pas? Nous nous sommes arrêtés dans divers villages balnéaires. Chacun a son caractère et chaque plage est différente. Par contre, il faut se contenter des paysages côtiers superbes, le Sri Lanka n’étant pas connu pour l’esthétisme de ses lieux de villégiature.

Tangalle

Ici c’est une longue plage de sable fin qui s’étend sur des kilomètres! C’est le village le plus calme car il est construit à l’abri de la route principale où se déroule un trafic infernal à toute heure de la journée! Par contre, pour la baignade, ce n’est pas le coin le plus agréable : la côte est battue par les vents et Tangalle est particulièrement exposée donc les courants marins sont très forts. D’ailleurs, la végétation est typique d’un cap plutôt que d’une côte tropicale. La côte sud du Sri Lanka est au milieu de l’océan Indien et il n’y a aucune terre au large pour atténuer les vents. La terre la plus proche est le continent Antarctique  à des milliers de kilomètres plus au sud!

Tangalle se trouve également au bord d’une magnifique lagune où pousse une mangrove extraordinaire!

Matara

Matara est la grande ville du sud et comme toute ville au Sri Lanka, hormis Galle, c’est moche, sale, bruyant, pollué et infernal. Ce sont les Portugais qui sont venus établir un comptoir ici afin d’avoir la mainmise sur tout le sud de l’île. On y voit encore aujourd’hui les restes du fort amélioré par la suite par les Anglais. Il est d’ailleurs surmonté d’une tour de l’horloge so british et attenant à un terrain de cricket, sport so british également  mais très populaire au Sri Lanka.

Eglise Ste-Marie

La minorité catholique est très présente dans le sud du pays, on y trouve des églises partout! La faute aux premiers colons portugais! Matara ne déroge pas à la règle et l’église Ste-Marie abrite également un couvent et une école pour filles.

Parawi Duwa

C’est une petite île où se dresse un temple bouddhiste. On y accède par une petite passerelle piétonne qui a vraiment fait son temps. La rouille à abîmé le fer au point d’y laisser plusieurs trous! Ils doivent vraiment avoir confiance en Bouddha pour laisser la passerelle dans un état pareil! Une fois passé la passerelle de la mort, on nous prête des habits adéquats et on nous invite à visiter le temple, à peu près du même état que la passerelle, pour une fois en haut, essayer de nous délester de 500 roupies! Pour le Sri Lanka, c’est excessif et vu l’état de délabrement avancé du lieu, c’est carrément du vol! Nous ne demandons pas notre reste et rebroussons chemin.

Matara Beach

Malgré son statut de ville moche et sans intérêt, Matara possède une plage digne de ce nom! L’avantage de se trouver en ville, c’est qu’elle est complètement déserte, hormis quelques surfeurs venus caresser de la vague pas trop violente et un chien tombé fou amoureux des chaussures à Fabien et qui nous a suivi durant presque toute notre promenade.

Mirissa

Nous quittons la ville de Matara pour la station balnéaire de Mirissa. Ici c’est vraiment ambiance vacances avec ses hôtels, ses bars de plage et ses restaurants. Mais ça reste bon enfant, ce n’est pas encore le tourisme de masse comme en Thaïlande et il est possible, même avec notre budget de backpakers, de siroter un cocktail et de prendre un repas sur la plage. Seul bémol, pour rejoindre la plage depuis le village, il faut traverser la grande route principale infernale à nos risques et périls! Mais ça vaut le coup! La plage est vraiment magnifique. En ce qui nous concerne, c’est un véritable coup de cœur

Coconut Garden

Comme son nom ne l’indique pas, Coconut Garden est un piton rocheux posé sur la mer à très peu de profondeur. Il est facilement accessible à pied et il est possible d’y grimper. Depuis le sommet, la vue sur la plage et l’océan Indien est époustouflante.

Le lagon

Comme ça ne suffit pas à Mirissa d’être élue, par nos soins, plus belle plage du sud, elle nous offre en plus un magnifique lagon au pied de Coconut Garden.Vu la clarté de l’eau et tout ce que nous pouvons voir à la surface, nous vous laissons imaginer les merveilles que nous avons découvert en nous adonnant au snorkelling!

Midigama

Changement radical d’ambiance à Midigama! Ici c’est un petit village de pêcheurs qui vit au rythme des marées et du séchage du poisson. Le tourisme y est moins présent que dans les autres station balnéaires et la mentalité y est beaucoup plus relax.

Côté plage, c’est également tout petit mais vraiment très joli. C’est un coin apprécié des surfeurs aguerris car les courants forts forment de jolis rouleaux. Par contre, c’est complètement déconseillé pour la baignade.

Finalement, avec tous ces trésors sur la côte, nous ne regrettons nullement notre route de montagne pour Ella! Les plages sont magnifiques, l’eau est turquoise et surtout à température agréable pour la baignade, et c’est Van la frileuse qui le dit! Nous sommes en plein paysage de carte postale! D’ailleurs les Maldives et leurs plages de rêves ne sont pas très loin au large mais elles sont complètement hors budget pour nous.

Il nous reste encore quelques jours au Sri Lanka qui devraient, en théorie, se dérouler sur la Côte Ouest. Quoi qu’il en soit, nous nous réjouissons de découvrir encore quelques merveilles que nous réserve ce magnifique pays!

Galle, un joyau colonial au bord de l’Océan Indien

Notre séjour à l’intérieur des terres était vraiment sympa et très instructif mais il nous tardait de retrouver l’océan. Même si nous sommes nés dans les Alpes, nous ne pouvons renier notre côté méditerranéen très prononcé. Il nous faut donc revoir la mer assez régulièrement pour ne pas sombrer dans une profonde déprime. Oui, nous sommes vraiment graves!

Nous embarquons à bord du train Express, qui porte le nom d’Express juste pour faire joli, pas pour sa rapidité! Nous passons six longues heures à être secoués de toutes parts mais nous voyons quand même des paysages sublimes par la fenêtre. Depuis Colombo, la ligne de chemin de fer longe toute la côte de l’océan Indien et, au coucher du soleil, nous en prenons plein les yeux! Il a juste fallu oublier notre carrière passée dans la sécurité ferroviaire sinon nous n’aurions jamais osé monter dans le train et encore moins y rester!

Nous débarquons d’abord à Bentota, une petite station balnéaire sur la côte sud-ouest afin de profiter de la plage et de la douceur de vivre. Le village n’a pas vraiment d’intérêt et est beaucoup trop germanophone à notre goût. Nous n’avons rien contre les Allemands à part leur côté trop carré, mais quand tout est écrit dans la langue de Goethe, ça nous rappelle les traumatismes des cours d’allemand que nous avons dû endurer pendant nos années scolaires. Par contre, la longue plage de sable fin vaut vraiment le détour et la température de l’océan est vraiment agréable.

Galle

A une bonne heure de train de Bentota, se trouve Galle (il faut prononcer Goal, à l’anglaise) à l’extrême sud-ouest du pays. Les Portugais (encore eux!) ayant découvert l’emplacement idéal du lieu ont décidé d’y installer un comptoir et en firent le plus grand port de l’île de l’époque. Le nerf de la guerre était toujours la cannelle pour les pasteis de nata! Puis les Hollandais (encore eux!) ont chassé les précédents afin de s’y installer et enfin, les Anglais (encore eux!) s’y sont installés et ont annexé tout le Sri Lanka à l’empire britannique. Grâce à cette histoire très riche et mouvementée, nous pouvons, encore aujourd’hui, admirer le superbe centre-ville colonial ainsi que les remparts de l’ancien fort, le tout inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Centre historique

Le centre-ville dégage une atmosphère toute européenne avec ses cafés et ses maisons coloniales basses, hollandaises pour la plupart même si les influences anglaises et portugaises se devinent également. La ville a été superbement restaurée après avoir été fortement touchée par le tsunami de 2004 qui fit des milliers de victimes et de nombreux dégâts. Heureusement qu’il reste le trafic infernal des rickshaws et les fils électriques tirés de manière anarchique pour nous rappeler que nous sommes bien en Asie du Sud!

All Saints Church

Cette église anglicane a été construite en 1871, en pleine époque britannique. Elle fait très campagne anglaise avec son architecture gothique victorien et se dresse telle un géant au milieu des constructions plutôt basses de la ville. On s’attendrait presque à y voir sortir la famille royale britannique!

Eglise réformée hollandaise

Les Hollandais avaient emmené avec eux le protestantisme et avaient réussi à convertir quelques autochtones à leur confession. Aujourd’hui, cette religion a pratiquement disparu de l’île. Les protestants se sont soit expatriés, soit convertis au catholicisme. Cette église, construite en 1755, dans le style baroque colonial à la mode à l’époque, est un des derniers vestiges du protestantisme au Sri Lanka.

Le fort

Tout le centre historique, situé sur un cap, est entouré de remparts appelés sobrement « le fort ». Nous devons les toutes premières fortifications aux Portugais, en 1588. Au XVIIe siècle, les Hollandais entreprirent de renforcer les remparts. C’est ce que nous pouvons encore observer aujourd’hui. Galle est la plus grande ville fortifiée construite par des Européens en Asie.  Il y a une belle promenade qui fait le tour du fort où nous pouvons observer les murailles qui sont superbement conservées ou restaurées!

Déjà, le patrimoine historique de la ville de Galle est vraiment de ouf! Mais en plus, la ville se situe sur un cap s’avançant dans l’Océan Indien. Imaginez donc un peu la vue sur les eaux turquoises et les récifs de corail lors d’une promenade sur les remparts!

Le phare

A la fin de la promenade sur les remparts, nous arrivons au phare. Relativement récent, il a été érigé en 1938. Pourtant, c’est le phare le plus ancien encore en activité du pays! C’est un des derniers héritages de l’époque britannique puisque le Sri Lanka a obtenu son indépendance dix ans plus tard, en 1948. Avec ses 26 mètres de haut, il est plutôt modeste mais il est quand même situé dans un des endroit les plus ouf que nous ayons visité!

La Playa

En plus d’avoir un fort et un centre-ville exceptionnels, Galle possède une superbe plage! Certes, elle est petite et coincée entre les murailles, mais elle en jette! C’est la typique plage tropicale de carte postale avec le sable blanc, l’eau turquoise et qui est bordée par une superbe végétation luxuriante!

Bonus!

Galle possède un patrimoine historique de ouf, une forteresse de malade, une situation privilégiée sur l’océan Indien ainsi qu’une petite plage de rêve. Nous aurions pu nous arrêter là. Mais non, nous sommes sortis au crépuscule pour admirer un superbe coucher de soleil!

Nous avons eu un vrai coup de cœur pour Galle malgré son côté touristique. Les villes sri lankaises sont construites anarchiquement, sans logique et ne ressemblent vraiment à rien! Trouver un centre historique superbe au milieu de remparts bien conservés et au bord de l’Océan Indien a été une belle surprise pour nous!

Il y a néanmoins un bémol, et pas des moindres! Contrairement à Malacca, les Portugais sont partis avec la cannelle mais sans laisser la recette des pasteis de nata (les fameuses pâtisseries à tomber) et les Hollandais en ont profité pour refiler leur Gouda que seuls eux considèrent comme du fromage! Les Sri Lankais ont vraiment perdu au change sur ce coup-là! Mais Galle est déjà gagnante sur tous les autres aspect qu’il fallait quand même lui laisser un petit point négatif.

L’ancienne ville royale de Sigiriya

Nous délaissons le train pour un bus des années 1960 à la carrosserie rutilante mais au confort spartiate. Nous ne sommes pas vraiment rassurés par la conduite sportive des Sri Lankais. Après trois petites heures de route et un changement à Dambulla, nous voici à Sigiriya.

Sigiriya est un site archéologique majeur au Sri Lanka et c’est celui-ci que nous avons choisi de visiter malgré le prix d’entrée excessif. L’entrée coûte trente dollars et est uniquement payable en cash, en dollars américains. Par rapport au niveau de vie d’ici, c’est carrément du vol! Surtout quand nous savons que nous payons 120 fois le prix d’un autochtone! Nous n’avons rien contre le fait que les locaux puissent accéder à leurs trésors nationaux à bon prix, nous trouvons même ça plutôt normal mais une différence pareille, c’est juste prendre les touristes pour des portemonnaies sur pattes et rien d’autre! Bref, ce sera sûrement le seul site de ce genre que nous visiterons dans ce pays à cause, notamment, des prix prohibitifs pratiqués un peu partout, alors autant être positif et en profiter au maximum! Nous avons décidé de venir en connaissance de cause donc nous allons arrêter de polémiquer sur le prix d’entrée.

La première chose qui nous frappe et nous fascine en entrant dans le site, c’est l’environnement. Nous sommes dans une magnifique jungle à la végétation luxuriante où se dressent d’énormes rochers qui défient les lois de la gravité et de l’érosion. Le site date du Ve siècle et représente tout un complexe de temples et de palais construits sous les ordres du roi Kassapa Ier. Il est couramment considéré comme la huitième merveille du monde et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Est-ce que Sigiriya mérite tant d’éloges? C’est ce que nous allons voir avec cet article!

Water Gardens

Nous entrons dans le vif du sujet par les jardins. Ce qui frappe ici, c’est qu’il y avait un système d’irrigation en eau très complexe et très avancé pour l’époque même si, grâce aux pluies tropicales, l’eau ne manquait pas trop sous ces latitudes. Ce sont d’ailleurs les vestiges les plus anciens de jardins dans toute l’Asie. Aujourd’hui, nous pouvons aisément observer les bassins remplis d’eau et apprécier le sens de l’esthétisme avec lequel ils ont été pensés.

Le Rocher du Lion

C’est le véritable emblème du Sri Lanka! Ce promontoire rocheux haut de 350 mètres sert de fondation au palais de Kassapa Ier. Vous l’aurez deviné, le clou du spectacle s’y trouve au sommet! Alors on se motive, on chausse nos baskets, on s’assure d’avoir assez d’eau à cause du climat tropical et on y va!

La montée

Il faut venir à bout d’environ 1200 marches pour accéder au sommet du Rocher du Lion. Mais comme il y a du monde et que l’escalier sert de goulet d’étranglement, ça n’avance pas bien vite et ça s’apparente plus à une promenade de santé qu’à une bonne grimpette. Quoique la chaleur humide des Tropiques peut être traitre et le soleil se montre assez généreux et tape fort! Des marches et des passerelles ont été construites à flanc de rocher et nous pouvons déjà avoir un petit aperçu de la vue qui nous attend en haut. Par contre, si vous êtes sujets au vertige (ce qui n’est pas du tout notre cas), mieux vaut vous abstenir car la paroi est vraiment abrupte et la vue sur le vide vraiment impressionnante!

Au milieu de l’ascension, nous entrons dans une grotte dont les parois sont couvertes de peintures rupestres représentant des femmes nues appelées « Les Demoiselles de Sigiriya ». Voilà où Picasso a puisé son inspiration pour « Les Demoiselles d’Avignon! » Dans un souci de conservation, il est interdit de prendre les fresques en photo. Afin de ne pas frustrer les touristes lambdas comme nous avides de photos, une reproduction des peintures se trouvent dans le musée, très intéressant soit dit en passant, qu’on visite juste après avoir acheté nos entrées au guichet.

Le palais du roi

Au sommet du rocher se dresse le palais du roi, résidence luxueuse du monarque Kassapa Ier. C’était une prouesse architecturale pour l’époque. Pour rappel, le site date du Ve siècle. L’endroit était irrigué en eau courante alors que la source se trouvait dans la plaine, 350 mètres plus bas. Le palais possédait une grande piscine d’environ cent mètres carré et qui est encore bien conservée aujourd’hui. Nous avons bien aimé la construction en terrasse qui suit le relief du rocher.

La vue

Evidemment, après toute cette montée, nous étions en droit de nous attendre à une belle vue. Nous n’avons pas été déçus! Un panorama à 360 degrés de jungles, de lacs et de montagnes à couper le souffle! Nous pouvons également bien observer l’architecture des Water Gardens que nous avons visités juste avant. Au niveau des paysages, le Sri Lanka est sur notre liste des plus beaux pays visités! Climat tropical humide oblige, les montagnes au loin sont un peu obstruées par la brume. C’est dommage car elles ont vraiment l’air magnifique!

Tout au long de notre visite, nous avons été accompagnés par les habitants des lieux. Attention tout de même aux singes!, Contrairement à d’autres sites de ce genre, ils restent plutôt indifférents à l’activité humaine mais ils restent quand même peu farouches et peuvent potentiellement vous attaquer et vous mordre si vous avez de la nourriture sur vous. Nous sommes vaccinés contre la rage mais nous ne tenons pas à tester la morsure de singe!

C’était vraiment une belle visite, malgré le prix d’entrée. Mis à part les escaliers qui sont un vrai goulet d’étranglement et qui sont blindés de monde, le site est assez grand avec beaucoup d’espace, même au sommet du Rocher du Lion et nous n’avons pas été dérangés par l’afflux touristique. Malgré notre esprit très critique, nous devons reconnaître que Sigiriya est un incontournable du Sri Lanka! Nous avons littéralement adoré l’endroit!

Pour la suite, il y a plusieurs opportunités qui s’offrent à nous mais ce sera sûrement au bord de l’océan, l’appel de la mer commence à se faire entendre très fort. Et nous sommes sur une île après tout!

Negombo & Kandy, nos premières impressions sri lankaises

Après presque six mois incroyables passés en Asie du Sud-Est, il nous est venu l’envie de découvrir de nouveaux horizons. Notre choix s’est porté sur le Sri Lanka, pays relativement accessible avec un visa facile à obtenir et qui était sur notre wishlist depuis le début.

Nous atterrissons donc à l’aéroport de Colombo, principale porte d’entrée du pays.

Negombo

Negombo est la grande ville située à proximité de l’aéroport international. Nous n’avions, à la base, pas vraiment prévu de traîner dans le coin mais un hôte Couchsurfing a gentiment proposé de nous héberger et il habite à quelques stations de train depuis Negombo. Ça nous paraissait une bonne idée de rester par là en attendant.

Nous profitons donc de notre première journée pour visiter Negombo. Super bien située à neuf kilomètres de l’aéroport et à une petite quarantaine de kilomètres de Colombo, la plus grande ville du pays, Negombo est surtout connue depuis des siècles pour la culture de la cannelle. Au tout début du XVIe siècle, les Portugais débarquèrent et y firent un comptoir. C’est normal, ils avaient besoin de la cannelle pour leurs pasteis de nata! Mais ils entrèrent vite en conflit avec le roi de Kandy qui ne vit pas d’un bon œil leur installation sur l’île. Il demanda aux Hollandais de l’aide pour récupérer ce bout de territoire. Ces derniers débarquèrent en 1646 et n’eurent pas trop de difficultés à reprendre la ville aux Portugais. Mais ils ne restituèrent pas Negombo au roi de Kandy comme prévu. Il s’y installèrent, construisirent un fort (image numéro 2 dans la galerie ci-dessous) et prirent à leur compte le commerce de la cannelle. Euh, nous espérons que ce n’était pas pour en mettre sur leurs frites ou sur leur gouda! Enfin, les Britanniques finirent eux aussi par débarquer en 1796 sur une terre quasi abandonnée par les Européens, le commerce de la cannelle étant fortement en déclin. Pendant leur colonisation se développèrent les cultures de cacao, de café, et bien évidemment, british style oblige, de thé.

Le patrimoine colonial qui domine aujourd’hui est constitué de quelques maisons datant de l’époque Hollandaise ainsi que leur fort construit en 1672.

Port de pêche et marché aux poissons

L’économie de Negombo est basée essentiellement sur la pêche. C’est d’ailleurs le plus gros port de pêche de la côte occidentale du Sri Lanka. On doit cet état de fait aux Anglais qui ont commencé à faire du commerce de produits de la mer au XIXe siècle. Tous les matins, le marché est approvisionné des plus beaux spécimens de poissons et de fruits de mer. La plage est dédiée au séchage et au salage des poissons. L’ambiance est très particulière. D’ailleurs nous avons plus l’impression d’être en Afrique qu’en Asie mais nous sommes émerveillés par toutes ces petites embarcations multicolores.

Eglise Ste-Marie

Après l’Afrique, nous avons l’impression ici d’être revenus en Amérique du Sud avec cette église de style néoclassique construite en 1920. Si les Hollandais ont laissé leur architecture, les Portugais ont, quant à eux, laissé une grande ferveur catholique. Negombo est d’ailleurs joliment surnommée « Little Rome » à cause des nombreuses églises qu’on peut trouver en ville.

Kandy

Après avoir pris congé de notre hôte Ruwan dans les alentours de Negombo, c’est à bord d’un train, moyen de transport incontournable au Sri Lanka, que nous prenons un peu d’altitude au milieu de paysages de montagnes et de rizières magnifiques. Après trois heures de secousses sur rail, nous arrivons à Kandy, située à 116 km de Colombo au milieu de l’île. Son altitude est de 500 mètres, ce n’est pas énorme, mais c’est assez pour perdre quelques degrés et de jouir de la fraîcheur. Fraîcheur toute relative, la température atteint quand même trente degrés mais une petite brise atténue bien la chaleur et c’est bien moins suffoquant qu’en plaine.

Kandy, ancienne capitale du Sri Lanka, et actuelle capitale religieuse, est une ville de pèlerinage pour les bouddhistes. Elle a su garder son indépendance vis à vis des Portugais puis des Hollandais durant des siècles. Mais en 1815, elle dut se soumettre aux Britanniques qui prirent possession de toute l’île de Ceylan (l’actuel Sri Lanka).

Aujourd’hui, ils reste quelques superbes bâtiments coloniaux. Le centre-ville est d’ailleurs inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Nous croisons nos premiers rickshaws, ces petits bolides typiques du sous-continent indien qui nous donnent parfois quelques sueurs froides mais qui font partie de l’âme des villes indiennes et sri-lankaises.

Nous avons volé quelques photos du temple de la Dent de Bouddha datant du XVIe siècle depuis l’extérieur des grilles. Nous n’y sommes pas entrés car c’était blindé de monde et qu’à nos yeux, ça ne valait pas les dix dollars d’entrée. Nous avons constaté que l’architecture s’inspire plus du Tibet ou du Népal que de la Thaïlande ou du Cambodge.

Le temple est super connu pour conserver une dent de Bouddha. Cette relique a été pendant longtemps super importante sur le plan politique puisque celui qui la détenait, détenait le pouvoir sur le pays. Ça a été le cas puisque Kandy a été la capitale du pays jusqu’en 1815. Aujourd’hui, elle conserve la dent mais plus aucun pouvoir, à part celui de tondre les touristes.

L’église St-Paul

Construite en 1853, cette église anglicane est un véritable OVNI dans l’environnement sri-lankais. Avec son style gothique typique des campagnes anglaises, elle détonne un peu dans la végétation tropicale.

Kandy Lake

C’est l’endroit le plus agréable et aéré de la ville. Malgré ses airs de lac de Côme, cette étendue d’eau est complètement artificielle et a été construite en 1807 par le roi de l’époque. Depuis, pas mal de poissons et d’oiseaux sont venus peupler ce plan d’eau et les autorités ont décidé de les protéger, notamment, en interdisant la pêche. Nous avons trouvé très drôle de retrouver une faune connue de nos régions comme des canards, même s’ils sont un peu différents de chez nous. Nous avons retrouvé aussi, pour la première fois depuis notre arrivée en Asie, des pélicans. Les touristes s’entassant dans le temple, il est aisé de faire le tour du lac à pied en ne croisant pas grand monde.

Nous qui voulions du changement, nous avons été servis! Le Sri Lanka ne ressemble en rien à ce que nous connaissons. Nous avons un premier bon feeling avec le pays et ses habitants! Nous avons visité deux endroits forts différents l’un de l’autre mais vraiment fascinants. Nous nous réjouissons de découvrir les autres merveilles que nous réserve ce fabuleux pays!

Bilan de la Malaisie

Ce bilan concerne nos visites en Malaisie en tant que voyageurs. Il ne parle pas de notre confinement près de Georgetown où nous avons passé trois mois en total lockdown dans un premier temps, puis dans l’impossibilité de sortir de l’état de Penang à cause de la crise du Covid-19.

Ça fait presque une année que nous avons, pour la première fois, posé le pied en Malaisie et depuis nous vous avons bombardé d’articles, il était donc temps de changer d’horizon mais pas avant d’avoir dressé notre traditionnel bilan!

En chiffres

Durée du séjour

208 jours, effectués en sept fois, ce qui fait environ sept mois en tout!

Budget

27’461 Ringgits (6450 CHF / 5926€) soit une moyenne de 31 CHF (28,40€) par jour. Nous sommes amplement dans notre budget grâce à un super rapport qualité/prix en Malaisie car nous ne nous sommes privés de rien. Dans le budget, en plus des éternels bouffe/transports/logement,  il y a les vols internes pour Bornéo, plusieurs entrées à des parcs nationaux, des loisirs comme le cinéma, le coiffeur et le concert des Guns and Roses ainsi qu’une visite chez le médecin pour nous faire vacciner contre l’encéphalite japonaise et un détartrage chez le dentiste. Ce low budget s’explique principalement par nos semaines de volontariat où nous avons drastiquement réduit les dépenses et gagné quelques pourboires.

Distance parcourue

11’703 km de Kuala-Lumpur à Singapour, puis Kuala Lumpur  – KuchingBintuluMiri – frontière du Brunei – retour à Kuching – frontière indonésienne. Kuala Lumpur – Malacca – Kuala Lumpur – Cameron Highlands – Kuala Lumpur. Kuala Lumpur – Langkawi et retour. Kuala Lumpur – IpohPenang – Taiping – Kuala Lumpur. Kuala Lumpur – Kota KinabaluSandakan – Kuala Lumpur. Et enfin Kuala Lumpur – Seremban – Cabo Rachado – Seremban – Kuala Lumpur – Putrajaya. Kuala Lumpur – Johor Bahru – Kuala Lumpur – KuantanCherating – Sungai Kolok (frontière thaï)

Tout ça en vols internes (pour Bornéo et Langkawi), trains, bus, ferry, et Grab (l’Uber local).

Etats traversés

12 :  Sélangor, Negeri Sembilan, Malacca, Johor, Sarawak, Sabah, Perak, Penang, Kedah, Pahang, Terrenganu et Kelantan ainsi que deux territoires fédéraux : Kuala Lumpur et Putrajaya.

Extrêmes d’altitude

1900 mètres dans les Cameron Highlands et le niveau de la mer sur les côtes et les îles.

Extrêmes de températures

18 degrés sous la pluie dans les Cameron Highlands, 36 degrés sur toute la Malaisie péninsulaire entre janvier et février sous un soleil de plomb.

Nos plats préférés

Le laksa (soupe du Sarawak au lait de coco, piment, crevettes, poulet, nouilles de riz, carottes, pak choi, etc). Le roti telur pour le petit déjeuner (crêpe à base de farine de lentilles aux oeufs qu’on trempe dans des sauces plus ou moins épicées).

Mots en malais appris

Les incontournables bonjour (Selamat Pagi!) et merci.(Terimah Kasih) Sinon tous les mots concernant la nourriture! Mais sûrement avec un accent pourri vu les éclats de rire que nous avons généré en essayant de parler malais!

Volontariats

Deux. Un dans une guesthouse à Malacca duquel nous nous sommes faits virer et un deuxième dans un resto-bar à Cherating où on nous a demandé de rester un peu plus longtemps.

Coups de cœur / Coups de gueule

Voici, nos coups de cœur et nos coups de gueule pour la Malaisie.  Comme d’habitude, nous commençons par le pire pour finir par le meilleur!

Coups de gueule!

Les plantations de palmiers à huile

C’est un véritable fléau en Malaisie. Des kilomètres carrés de forêts tropicales ont été rasées pour ces plantations! Tout ça pour avoir du Nutella sur nos tartines et des cosmétiques sur nos visages! Nous avons vu quelques campagnes qui prônaient le « sans huile de palme » mais ça reste vraiment anecdotique et ça n’empêche pas les bulldozers d’écraser tout sur leur passage pour laisser la place aux palmiers à huile.

Coups de cœur!

Le multiculturalisme

La Malaisie à trois communautés principales : les Malais, les Chinois (appelés ici Hokkien) et les Hindous, plus quelques autres minorités. Tout ceci crée un melting pot de cultures, d’ethnies, de couleurs, de religion, de nourriture, etc. Nous avons eu plusieurs fois l’impression de voyager dans plusieurs pays en même temps!

La tolérance

Grâce au multiculturalisme évoqué plus haut, les Malaisiens ont l’habitude de croiser des gens d’autres cultures ou d’autres ethnies et tout le monde est accepté tel qu’il est. L’homme blanc est très bien reçu peu importe son habillement et ses croyances et, fait assez rare en Asie, il n’est pas pris pour un porte-monnaie sur pattes! Nous avons été plusieurs fois invités dans des mosquées malgré une tenue inappropriée, on nous a simplement prêté des habits.

La population locale

Les Malaisiens, bien qu’un peu timides au premier abord, sont très accueillants et surtout, très souriants! La Malaisie est le vrai pays du sourire! Pour preuve : même les Chinois ont le sourire en Malaisie et n’ont pas leur traditionnelle poker face! La population locale maîtrise l’anglais et aime beaucoup échanger avec les visiteurs étrangers.

Les parcs nationaux

Autant à Bornéo qu’en Malaisie péninsulaire, nous avons été bluffés par les parcs nationaux. Souvent crées sur le modèle américain avec enregistrement à l’entrée et rangers qui s’assurent du bon fonctionnement du parc. Les sentiers sont très bien indiqués et bien entretenus et les animaux sont assez facilement observables car correctement protégés.

La faune

Bornéo a une faune endémique extraordinaire et même dans les parcs nationaux du continent, nous avons pu observer des animaux incroyables! Mais pas seulement! Même en milieu urbain, il n’est pas rare de croiser des singes, des papillons, des varans et des oiseaux multicolores!

Villes vertes

On doit les parcs urbains et les jardins botaniques à la colonisation anglaise et les Malaisiens ont gardé cette tradition après l’indépendance. Et c’est tant mieux! Les villes respirent et il y a toujours un petit havre de paix  dans la nature, loin du trafic et à l’ombre des arbres, tout en ne sortant pas du centre-ville!

La gastronomie

Là aussi, les différentes cultures se retrouvent dans l’assiette! C’est savoureux, coloré, varié et parfois très épicé!

Les plages

La Malaisie n’est pas très connue pour ces plages et pourtant, elles n’ont pas beaucoup à envier à celles du sud de la Thaïlande. Mais nous ça nous arrange bien que les touristes restent en Thaïlande! Et encore, nous parlons des plages que nous avons vues. Nous n’avons pas été sur les îles de l’est de la péninsule malaise. Il paraît que ce sont les plus ouf du pays!

Bizarreries malaisiennes

Les rishaws de Malacca

Les rishaws sont des tuk-tuk mais à vélo. Ceux de Malacca sont décorés de manière super kitsch et diffusent de la musique tout aussi kitsch. Les touristes singapouriens et coréens en raffolent. Au début, nous avions trouvé ça assez amusant mais, à la longue, c’est vite devenu insupportable!

L’hymne national

Avant de pouvoir profiter d’un concert, il faut d’abord écouter l’hymne national. D’ailleurs, afin de s’assurer que tout le monde se tait et écoute, il est annoncé trois fois! Par contre, nous avons pu constater que les Malaisiens n’était pas plus doués que nous, Suisses, pour connaître les paroles l’hymne national! Heureusement, en Espagne, nous n’avons pas ce problème. Notre hymne ne comporte aucune parole!

Les toilettes labyrinthes

A chaque fois qu’il y a des toilettes publiques, il faut toujours traverser un dédale de couloir avant de pouvoir y accéder. Nous n’avons pas vraiment compris la pertinence du truc. Mais bon, à la fin, il y a en général des toilettes propres. C’est tout ce que nous demandons.

Le durian

C’est un fruit qui pousse dans toute l’Asie du Sud-Est et qui a la particularité de dégager une odeur vraiment nauséabonde : un mélange entre de la pourriture et les égouts. A manger ce n’est pas beaucoup mieux, on dirait de l’oignon pas frais! Mais en Malaisie, ils ont poussé le vice à le nommer fruit national! Il existe même des concours du plus beau durian et certains spécimens se vendent jusqu’à 100o$ pièce!  Heureusement que la fleur nationale c’est l’hibiscus, c’est beaucoup plus glamour!

Les jours fériés

Grâce à ses différentes cultures, la Malaisie observe une quantité invraisemblable de jours fériés. En plus, si le jour en question tombe un dimanche (ou un vendredi dans les états conservateurs du nord-est), il est reporté au jour ouvrable suivant. Durant notre séjour nous avons assisté aux deux fêtes nationales (pourquoi s’en contenter d’une seule?), au Nouvel An musulman, à Deepawali (Nouvel An hindou), à Noël, au Nouvel An occidental ainsi qu’au Nouvel An Chinois. Et à chaque fête, les villes se parent de superbes décorations!

La Malaisie à été bien plus qu’un coup de cœur pour nous! La vie y est bon marché mais les infrastructures sont au top. C’est super safe, les gens sont super accueillants, c’est encore épargné par le tourisme de masse et c’est très facile de sortir des sentiers battus. Nous y avons trouvé notre compte dans la nature, dans la culture ainsi que dans les activités citadines. Pays à recommander sans modération!

Autour de Kuala Lumpur : Batu Caves & Putrajaya

Notre séjour en Malaisie touchant à sa fin, nous en avons profité pour visiter quelques sites à proximité de Kuala Lumpur. Nous en avons également profité pour y passer le Nouvel An Chinois au son de la danse du Lion et des pétards. Nous avons surtout constaté que la communauté chinoise a déserté la ville pour profiter de ses vacances et célébrer l’entrée dans l’année du cochon en famille. Nous avons trouvé une capitale presque vide et plus calme que d’habitude mais avec quand même une petite ambiance festive pour ceux qui sont restés en ville.

Nous en avons profité également pour sortir du centre de la capitale pour aller découvrir des alentours qui , à nos yeux, valent le temps d’une petite visite.

Batu Caves

Dans la banlieue nord de Kuala Lumpur, à une dizaine de kilomètres du centre ville, se dresse le plus grand sanctuaire hindou en dehors de l’Inde : Batu Caves.  Vu que c’est facile d’accès avec le train de banlieue et gratuit, nous en avons profité pour y aller faire un tour. Malheureusement, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu la même idée et la gare d’arrivée est déjà saturée tellement il y a de monde.

A la base, dans les années 1860, ce sont des paysans chinois qui exploitaient la grotte afin d’en extraire le guano, un mélange d’excréments d’oiseaux et de chauves-souris utilisé comme fertilisant. Certes, ce n’est pas très appétissant mais ce n’est sûrement pas pire que les produits chimiques qu’on utilise aujourd’hui. Ensuite, ce sont des commerçants tamouls qui sont arrivés et fondèrent un lieu de culte dédié à Murugan, le dieu de l’armée divine. C’est lui qui est représentée par l’immense statue dorée haute de 43 mètres et qui garde l’entrée des escaliers qui permettent l’accès aux grottes.

A peine sortis de la gare, nous sommes tout de suite mis dans l’ambiance avec ces immenses falaises karstiques vieilles de plus de 200 millions d’années super impressionnantes et les différentes statues de divinités hindoues.

La grotte

Il faut grimper 271 marches pour accéder à la grotte. Outre les temples et diverses statues, on y trouve également des chauve-souris et des macaques crabiers. Ces derniers étant habitués aux touristes sont très peu farouches, donc dangereux, toujours à quémander de la nourriture. Nous avons beau être vaccinés contre la rage, nous ne tenons pas à tester la morsure de singe! Mais une fois arrivés à l’intérieur de la grotte, nous oublions ces petits désagréments simiesques. Nous sommes fascinés, impressionnés et un peu déroutés aussi. Avec ses cent mètres de hauteur, ces cent mètres de longueurs, ces trente mètres de largeur et ses deux cents mètres de profondeur, la grotte est superbe et surtout énorme! C’est un véritable trésor géologique mais nous avons encore un peu de peine avec tout ce kitch indien. Nous savons que chaque statue a une signification particulière pour les Hindous et nous ne voulons pas blasphémer mais, dans ce trésor naturel, nous aurions apprécié un peu de sobriété.

Nous avons été impressionnés plus par la roche karstique que par les temples en eux-mêmes, c’est juste une question de goût. Il faut quand même reconnaître que c’est assez fou d’avoir construit tout ce sanctuaire avec tous ces petits détails architecturaux dans un endroit pareil! Et ça nous permet également d’approcher d’un peu plus près la culture de l’Inde, pays que nous ne connaissons pas encore.

Putrajaya

Nous changeons radicalement de décor par rapport à Batu Caves. Putrajaya est la capitale administrative de la Malaisie, c’est-à-dire que le gouvernement et tous les ministères se trouvent dans cette ville. Cette ville nouvelle, inaugurée en 2003, est sortie tout droit de l’imagination de l’ancien premier ministre afin de désengorger Kuala Lumpur. Elle est idéalement située dans une vallée verdoyante au climat agréable, à mi-chemin entre Kuala Lumpur et l’aéroport international et est desservie justement par le train de l’aéroport.

Persiaran Perdana

Persiaran Perdara est le boulevard principal de Putrajaya. C’est ici que se trouvent tous les ministères de la Malaisie. Le boulevard commence sur le magnifique pont Putra Bridge, d’architecture islamique, et court jusqu’à la résidence du Premier Ministre dans une symétrie toute stalinienne. A noter que le choix architectural n’est pas dû au hasard ou juste à l’esthétique. Malgré un multiculturalisme important, la Malaisie reste un pays musulman et seuls les citoyens de cette confession, en général issus de l’ethnie malaise, ont le droit d’exercer des métiers en rapport avec les fonctions gouvernementales. Toutes ces détails arabisants dans les monuments sont là pour souligner l’importance de l’islam dans le pays.

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Perdana Putra

Ce bâtiment, également d’architecture islamique, qui domine la ville sur sa colline est la résidence ainsi que les bureaux du Premier Ministre, c’est donc ici que se trouve le gouvernement de la Malaisie. A noter que le pays est une monarchie constitutionnelle, comme le Royaume-Uni par exemple. C’est donc le Premier Ministre qui gouverne le pays.

Taman Botani

Même après son indépendance, la Malaisie a gardé le concept très britannique de jardin botanique dans ses villes. Putrajaya n’échappe donc pas à la règle malgré son statut de ville nouvelle. Et c’est tant mieux! Malgré le côté bien rangé et bien propret du parc, la faune locale est venue y établir ses quartiers : oiseaux, papillons, tortues, macaques, libellules, etc. Ça reste tout de même quelque-chose entièrement façonné par la main de l’homme mais, sachant qu’auparavant, à cette même place, il y avait des kilomètres carrés de plantations de palmiers à huile, ce jardin botanique contribue à un petit retour à la nature.

Pavillon marocain

Lors de notre balade dans le jardin botanique, nous sommes tombé sur cette petite Alhambra miniature. C’est en fait un pavillon marocain érigé en l’honneur des excellentes relations diplomatiques entre le Maroc et la Malaisie. Son architecture est typiquement mudéjar et ne dénoterait pas dans une médina comme Fès ou Marrakech. Même des palmiers dattiers y ont été plantés pour faire plus vrai!

Putra Mosque

La mosquée de Putrajaya est le premier édifice de la ville a avoir été achevé, c’était en 1999. Son minaret mesure 116 mètres de haut et elle peut accueillir jusqu’à 10’000 fidèles. Malheureusement, nous sommes arrivés en pleine prière du vendredi et nous n’avons pas pu approcher. Mais nous avons quand même pu constater qu’elle est magnifique! Nous adorons sa couleur rose qui contraste joliment avec le vert profond de la végétation.

Cyberjaya

Cyberjaya est la Silicon Valley malaisienne avec ses institutions universitaires, informatiques, technologiques et de médecine de pointe. Le but était de rivaliser avec la vraie Silicon Valley américaine mais, entre temps, la crise économique asiatique est passés par là. Néanmoins, le secteur reprend peu à peu des forces et si, à terme, la Malaisie pourrait dépendre économiquement de Cyberjaya plutôt que du pétrole et de l’huile de palme ça pourrait être bénéfique.

Bien sûr, pour une productivité maximale, il faut que les employés de toutes ces entreprises se sentent bien! C’est pourquoi qu’un immense parc urbain a été emménagé. Plus sauvage que le jardin botanique de Putrajaya, il est essentiellement composé de marécages. Environnement qui nous rappelle fortement les Everglades, les alligators en moins, les varans en plus.

C’était très sympa de voir une fois une ville construite de toutes pièces à l’aube du XXIe siècle. Même si l’ambiance rappelle un peu Disneyland ou un autre parc d’attractions, l’âme de la ville reste toute malaisienne avec ses parcs, ses appels à la prière et ses food courts.

Voilà, c’était notre ultime étape en Malaisie, cette fois nous quittons le pays pour de bon, en tout cas pour ce périple. Nous allons traverser la mer d’Andaman pour de nouvelles aventures au Sri Lanka!

Seremban et Cabo Rachado

Écourter notre séjour à Sabah pour cause de météo c’est une chose, mais trouver de quoi nous occuper jusqu’au 10 février en Malaisie péninsulaire c’en est une autre! Nous ne voulions pas trop nous éloigner de Kuala Lumpur car les trajets prennent vite du temps et nous voulions revoir la mer. Nous venons d’un canton montagnard et pourtant, nous sommes toujours irrésistiblement attirés par la mer! Port Dickson, station balnéaire pour les habitants de la capitale, aurait fait un bon compromis mais les hébergements sont hors de prix, c’est pourquoi nous nous sommes rabattus sur Seremban.

Seremban est la capitale de l’état de Negeri Sembilan, elle est située à 54 kilomètres de Kuala Lumpur et à environ trente kilomètres de la côte, le compromis idéal pour nous! En plus, la ville est accessible et super bien desservie avec les trains de banlieue depuis la gare « Sentral » de KL. Nous ne nous attendions pas à grand chose, notre but était juste de pouvoir dormir pas cher! Pourtant, Seremban s’avère être une petite ville, certes sans grand intérêt, mais agréable, à taille humaine avec quelques vestiges coloniaux et, multiculturalisme oblige, divers temples, mosquées et églises, et surtout, des stands de bouffe!

Taman Tasik

Comme toutes les villes de Malaisie ayant connu la colonisation britannique, Seremban possède son jardin municipal avec ses plantes tropicales, ses étangs et ses promenades agréables au calme et, pourtant, en plein centre-ville. Taman Tasik signifie en malais, le jardin des lacs, même s’il n’y en a pas beaucoup comparé à Taiping. On peut y observer des écureuils, des tortues, des libellules et une variété incroyable d’oiseaux multicolores. Les étangs étaient à la base dédiés à la pêche mais les autorités ont finalement décidé d’y interdire cette activité afin de préserver les espèces qui y vivent.

Cabo Rachado

C’est la raison pour laquelle nous avons atterri dans cette région méconnue! Dès que nous voyons une étendue verte sur une carte, nous fonçons! Bon, là nous avons dû nous débrouiller et faire sans les transports publics mais en Malaisie, l’application Grab, l’Uber local, fonctionne très bien.

Cabo Rachado ça sonne drôlement latin comme nom, ne trouvez-vous pas? En effet, c’est du portugais! C’est une petite péninsule terminée par un cap où les Portugais, lors de la colonisation de Malacca, y construisirent un phare afin d’avoir le contrôle sur tout le détroit. D’ailleurs, aujourd’hui encore, le territoire de la péninsule est une exclave de l’état de Malacca. Il y a une dense forêt tropicale de plus de 157 hectares servant d’aire de repos aux oiseaux migrateurs qui passent l’hiver sur l’île de Sumatra et qui viennent y reprendre des forces avant, respectivement après la traversée du détroit de Malacca. Mais même hors période de migrations, nous pouvons observer une multitude d’oiseaux multicolores, des papillons, des écureuils et un grand nombre de macaques.

Le phare

A l’extrémité du cap se trouve évidemment un phare. Celui d’origine datait du XVIe siècle et avait été érigé par les Portugais afin de surveiller tout le détroit de Malacca. C’était le premier phare construit en Malaisie. Le phare actuel date de 1863, en pleine ère britannique et mesure vingt-quatre mètres de hauteur. Depuis 1990, il est accompagné d’un radar à avion car la péninsule se trouve en pleine zone d’approche de l’aéroport international de Kuala Lumpur. D’ailleurs, le cap et la forêt se voient très bien depuis le hublot de l’avion lors de la phase d’atterrissage. Le promontoire où se trouve le phare offre une superbe vue sur le détroit et nous avons juste pu deviner le relief de l’île de Sumatra, située en face à trente-huit kilomètres de là.

Pantai Cremin

Depuis le phare, nous descendons droit en direction de la mer au milieu de la forêt et nous débouchons sur une superbe plage de sable blanc. Si ce n’est pas le paradis, ça y ressemble fortement! Surtout qu’il n’y a absolument personne! Vu la clarté de l’eau, nous n’avons pas pu nous empêcher d’improviser une baignade, surtout que l’eau est aussi chaude que des bains thermaux et que nous n’avons pas vu de bébêtes chelous genre méduses ou crocodiles. Il est sûr que cet endroit fera son entrée dans notre top cinq des plus belles plages de notre tour du monde!

Retour par la côte

Nous rentrons par un petit chemin dans une forêt côtière qui débouche de temps en temps sur de superbes plages et petites criques.

La mangrove

Pour terminer le trail, il faut traverser une magnifique mangrove. Là, ça se corse! Le chemin n’est plus vraiment tracé, il faut faire attention de ne pas s’enfoncer dans la vase et ça grouille de crabes. Et nous ne voulons pas abîmer cet écosystème fragile et tellement indispensable pour protéger le littoral et pour en empêcher son érosion. Nous avons été peut-être un peu trop têtus en voulant à tout prix traverser la mangrove. Honnêtement, il aurait sûrement mieux valu retourner en arrière par la forêt. Mais bon, nous sommes toujours plus intelligents après. Quoi qu’il en soit, la mangrove est magnifique et il vaut la peine d’y jeter un coup d’œil même si vous êtes assez raisonnables pour ne pas la traverser.

Pour cette étape, rien n’était prévu, ça a été décidé à l’arrache à la dernière minute après avoir juste jeté un coup d’œil sur une carte. Finalement, nous sommes tombés sur un petit bijou, comme ça nous est souvent arrivé dans ces cas là! Nous ne regrettons pas une seconde d’avoir laissé tomber Sabah pour revenir en Malaisie péninsulaire car le soleil est vraiment au rendez-vous et, même s’il fait très chaud, c’est bien agréable de ne pas se retrouver sous des trombes d’eau! Et sans ces mésaventures météorologiques, nous n’aurions jamais découvert ce sanctuaire à oiseaux loin des gros circuits touristiques.

Pour la suite, nous remettrons notre casquette de citadins pendant quelques jours car c’est le Nouvel An Chinois et nous aimerions profiter de Kuala Lumpur pour assister aux festivités et effectuer quelques achats avant de nous envoler vers de nouvelles aventures.

Bornéo : Sandakan et la réserve de Sepilok

Malgré un trajet de 330 kilomètres en direction du sud-est, la météo n’est pas disposée à se montrer plus clémente. D’ailleurs, notre périple en bus s’est passé sous une pluie torrentielle qui n’a pas arrêté de la journée, ça ne nous était plus arrivé depuis Rio, il y a presque quinze mois! Ajoutez à cela une route complètement défoncée et un chauffeur qui se prend pour un pilote de rallye et nous avons le trio gagnant! Heureusement, nous finissons quand même par arriver à Sandakan sains et saufs, c’est le plus important même si nous sommes un peu sonnés par le mal des transports.

Sandakan est la deuxième ville de l’état de Sabah mais elle a un caractère bien plus provincial que Kota Kinabalu. Elle se situe sur la mer de Sulu, sur la côte est de Bornéo et les Philippines ne sont qu’à quelques encablures au large. Par contre, prendre la mer de ce côté est un peu dangereux à cause des pirates qui sévissent dans le coin. La ville en elle-même n’est pas extraordinaire, c’est plutôt un point de départ pour les réserves et les spots de snorkeling alentours. Il y a tout de même un front de mer assez sympa qui s’anime à la nuit tombée avec des terrasses où il fait bon s’installer pour manger ainsi que les fameux bars à karaoké typiques de l’Asie du Sud-Est.

Sandakan était, à l’instar du reste de Bornéo et d’une bonne partie de l’Asie du Sud-Est, occupée par les Japonais pendant la Seconde Guerre Mondiale. C’était un camp où étaient emprisonnés des soldats britanniques et australiens qui vivaient dans des conditions pas trop déplorables vu le contexte, sachant que les Nippons n’étaient pas des enfants de chœur à cet époque! Cependant, le lieu devint vite trop exposé à un éventuel débarquement des Alliés et les Japonais décidèrent de transférer les prisonniers à Ranau, à 220 kilomètres dans les terres, en les faisant marcher jour et nuit dans la jungle hostile. Seul six soldats australiens qui s’étaient enfuis survécurent à cette marche de la mort. Aujourd’hui, un escalier de mille marches, au milieu d’une petite forêt urbaine,  suit les premiers mètres de ce fameux périple et commémore ce sombre épisode de l’histoire.

Sepilok Rainforest Discovery Center

A Sepilok, un petit village à ving-cinq kilomètres de Sandakan, se trouve un centre de réhabilitation des orangs-outans du même genre de celui que nous avions été voir dans le Sarawak. Les heures de visites y sont très restrictives afin de ne pas trop déranger les singes. Nous saluons le geste mais nous, dans la nature, nous aimons prendre notre temps pour tout observer. C’est pourquoi nous avons choisi de visiter la réserve située juste à côté.

Le centre a une vocation éducative afin de sensibiliser la population, surtout les jeunes, à la richesse de la forêt primaire et à l’importance de la protéger. Une démarche vraiment nécessaire à nos yeux surtout quand on sait que l’état de Sabah est le premier exportateur d’huile de palme en Malaisie et que la déforestation pour la culture des palmiers à huile a déjà pris des proportions énormes. La Malaisie commence à comprendre tout gentiment la richesse de son patrimoine naturel. Elle commence à prendre quelques mesures pour la sauvegarde des forêts et de la planète, même si ça reste anecdotique. Nous avons particulièrement apprécié les panneaux explicatifs car ça nous a permis de mettre des noms sur certains animaux que nous avons pu observer.

Evidemment, la pluie est venue jouer les trouble-fêtes mais ce n’est pas très grave, nous sommes bien équipés. Et puis, la forêt sous la pluie c’est très beau, ça déploie toutes ses couleurs et ça sent super bon! Et comme il n’y a pas beaucoup de tarés prêts à marcher sous les averses, nous sommes pratiquement les seuls humains dans la réserve! Il faut juste faire attention de ne pas se casser la figure sur le sol très glissant et aux sangsues qui sont de sortie avec ce temps comme Van l’a appris à ses dépends! Mais quand ça s’arrête, les oiseaux et les papillons se réveillent et c’est une explosion de couleurs qui volette entre les arbres, magnifique!

Le lac

La réserve entoure un petit lac qui est traversé par un pont suspendu. Vu le temps tristounet, il n’est pas vraiment possible de voir à travers l’eau mais grâce aux bulles, nous savons qu’il y a des poissons ou autres bébêtes qui nagent dedans. Nous avons cependant aperçu des belles libellules rouges ou vertes ainsi que des superbes échassiers noirs dont nous n’avons aucune idée de quelle espèce il s’agit.

Le Ruddy

C’est un petit cours d’eau qui nous accompagne sur une partie du chemin qui nous permet d’apercevoir des petits batraciens, des libellules ainsi qu’un gros trucs brun qui a fait « plouf », vraisemblablement une loutre. A cause de la pluie, l’eau est bien brune, bien boueuse mais ça n’a pas l’air de déranger toute la faune qui y vit, et c’est tant mieux!

Les géants

Dans la jungle, il y a une catégorie d’arbres qui sont plus grands et plus gros que les autres. On les appelle les géants, tout simplement. Ils grimpent au dessus de la canopée afin de capter plus facilement les rayons du soleil. Certains mesurent jusqu’à 94 mètres de haut! Ils ont aussi au sol d’énormes troncs et d’impressionnantes racines. Si les racines restent hors sol, c’est parce-que la terre est tellement humide et tellement dense qu’elle ne contient pratiquement pas d’oxygène, donc il faut aller la chercher en surface.

Canopy Walkway

Le clou du spectacle c’est la promenade d’environ 360 mètres sur la canopée grâce à diverses passerelles culminant à 10 mètres au dessus du sol permettant d’observer la forêt d’en haut, de voir le sommet de certains grands arbres et d’apercevoir  d’autres espèces animales qui restent en hauteur, notamment des grands oiseaux et des singes. Il y a également trois tours d’observations perchées à 30 mètres de hauteur.

Bonus : les bébêtes

Ce ne sont pas des photos de bonne qualité car les animaux ne posent pas pour l’objectif! Ce sont juste quelques images prises sur le vif et peu représentatives de tout ce que nous avons observé, tellement c’était varié. Si vous cliquez dessus, vous pouvez les agrandir et apercevoir quelques bébêtes.

Nous avons eu vraiment de la chance de pouvoir observer une quantité d’animaux dont :

  • une multitude d’insectes, inconnus pour la plupart
  • des papillons aux couleurs somptueuses
  • des oiseaux de toutes tailles et aux couleurs chatoyantes parmi lesquels nous avons pu reconnaître un serpentaire bacha, des calaos charbonniers, des calaos à corne rouge, des tricholestes crinigers, un trogon de diard et des martins-pêcheurs.
  • un macaque à queue de cochon qui se baladait sur les barrières des passerelles.
  • deux nasiques, les fameux singes endémiques au nez proéminent, mais de loin
  • deux phacochères comme Pumba dans Le Roi Lion
  • un écureuil à oreilles, endémique de Bornéo et, paraît-il, difficile à observer
  • un python malais mais ne vous inquiétez pas! Il dormait profondément dans une racine d’un géant et nous avons bien pris soin de ne pas le réveiller et puis les pythons ne sont pas venimeux.

Van s’est prise une petite sangsue sur le mollet. Ça paraît affreux dit comme ça mais en vérité elle ne l’a même pas sentie. Elle a juste vu comme une sorte de petit ver enroulé sur sa peau. C’est quand elle a essayé de l’enlever alors que la petite bébête s’accrochait fermement qu’elle a compris que c’était une sangsue. Au niveau de la plaie, c’était juste un petit point rouge de rien du tout, indolore, qui a cicatrisé très vite. Il paraît que ces bestioles nous injectent un produit pour fluidifier le sang et qui est encore parfois utilisé en médecine pour stimuler la circulation sanguine. Donc voilé, nous avons testé pour vous la sangsue et ce n’est de loin pas le pire truc qui nous est arrivé lors de ce voyage!

Nous sommes revenus de ces trails trempés, fatigués et bien crades mais vraiment heureux! C’est clairement la plus belle forêt que nous n’ayons jamais vu! Nous en revenons avec des étoiles plein les yeux tellement nous avons découvert une faune et une flore incroyables!

Malheureusement, l’aventure à Sabah s’arrête déjà ici pour cause de mauvaise météo.  Il resterait encore pas mal de trésors à découvrir, notamment les fonds marins mais avec la grisaille et la pluie, c’est inenvisageable. Nous allons retourner sur le continent plus tôt que prévu, la mort dans l’âme car cette partie de Bornéo vaut vraiment le détour. Ce sont des choses qui arrivent et ça fait partie du jeu et, en presque quinze mois de voyage, ce n’est que la deuxième fois que nous changeons nos plans pour des raisons météorologiques. La première fois c’était en Bolivie en février 2018, il y a presque une année. Et sous des latitudes aussi proches que l’Equateur, il y a de fortes chances que ce soit bien arrosé même si officiellement, c’est la « saison sèche ».