Autour de Kuala Lumpur : Batu Caves & Putrajaya

Notre séjour en Malaisie touchant à sa fin, nous en avons profité pour visiter quelques sites à proximité de Kuala Lumpur. Nous en avons également profité pour y passer le Nouvel An Chinois au son de la danse du Lion et des pétards. Nous avons surtout constaté que la communauté chinoise a déserté la ville pour profiter de ses vacances et célébrer l’entrée dans l’année du cochon en famille. Nous avons trouvé une capitale presque vide et plus calme que d’habitude mais avec quand même une petite ambiance festive pour ceux qui sont restés en ville.

Nous en avons profité également pour sortir du centre de la capitale pour aller découvrir des alentours qui , à nos yeux, valent le temps d’une petite visite.

Batu Caves

Dans la banlieue nord de Kuala Lumpur, à une dizaine de kilomètres du centre ville, se dresse le plus grand sanctuaire hindou en dehors de l’Inde : Batu Caves.  Vu que c’est facile d’accès avec le train de banlieue et gratuit, nous en avons profité pour y aller faire un tour. Malheureusement, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu la même idée et la gare d’arrivée est déjà saturée tellement il y a de monde.

A la base, dans les années 1860, ce sont des paysans chinois qui exploitaient la grotte afin d’en extraire le guano, un mélange d’excréments d’oiseaux et de chauves-souris utilisé comme fertilisant. Certes, ce n’est pas très appétissant mais ce n’est sûrement pas pire que les produits chimiques qu’on utilise aujourd’hui. Ensuite, ce sont des commerçants tamouls qui sont arrivés et fondèrent un lieu de culte dédié à Murugan, le dieu de l’armée divine. C’est lui qui est représentée par l’immense statue dorée haute de 43 mètres et qui garde l’entrée des escaliers qui permettent l’accès aux grottes.

A peine sortis de la gare, nous sommes tout de suite mis dans l’ambiance avec ces immenses falaises karstiques vieilles de plus de 200 millions d’années super impressionnantes et les différentes statues de divinités hindoues.

La grotte

Il faut grimper 271 marches pour accéder à la grotte. Outre les temples et diverses statues, on y trouve également des chauve-souris et des macaques crabiers. Ces derniers étant habitués aux touristes sont très peu farouches, donc dangereux, toujours à quémander de la nourriture. Nous avons beau être vaccinés contre la rage, nous ne tenons pas à tester la morsure de singe! Mais une fois arrivés à l’intérieur de la grotte, nous oublions ces petits désagréments simiesques. Nous sommes fascinés, impressionnés et un peu déroutés aussi. Avec ses cent mètres de hauteur, ces cent mètres de longueurs, ces trente mètres de largeur et ses deux cents mètres de profondeur, la grotte est superbe et surtout énorme! C’est un véritable trésor géologique mais nous avons encore un peu de peine avec tout ce kitch indien. Nous savons que chaque statue a une signification particulière pour les Hindous et nous ne voulons pas blasphémer mais, dans ce trésor naturel, nous aurions apprécié un peu de sobriété.

Nous avons été impressionnés plus par la roche karstique que par les temples en eux-mêmes, c’est juste une question de goût. Il faut quand même reconnaître que c’est assez fou d’avoir construit tout ce sanctuaire avec tous ces petits détails architecturaux dans un endroit pareil! Et ça nous permet également d’approcher d’un peu plus près la culture de l’Inde, pays que nous ne connaissons pas encore.

Putrajaya

Nous changeons radicalement de décor par rapport à Batu Caves. Putrajaya est la capitale administrative de la Malaisie, c’est-à-dire que le gouvernement et tous les ministères se trouvent dans cette ville. Cette ville nouvelle, inaugurée en 2003, est sortie tout droit de l’imagination de l’ancien premier ministre afin de désengorger Kuala Lumpur. Elle est idéalement située dans une vallée verdoyante au climat agréable, à mi-chemin entre Kuala Lumpur et l’aéroport international et est desservie justement par le train de l’aéroport.

Persiaran Perdana

Persiaran Perdara est le boulevard principal de Putrajaya. C’est ici que se trouvent tous les ministères de la Malaisie. Le boulevard commence sur le magnifique pont Putra Bridge, d’architecture islamique, et court jusqu’à la résidence du Premier Ministre dans une symétrie toute stalinienne. A noter que le choix architectural n’est pas dû au hasard ou juste à l’esthétique. Malgré un multiculturalisme important, la Malaisie reste un pays musulman et seuls les citoyens de cette confession, en général issus de l’ethnie malaise, ont le droit d’exercer des métiers en rapport avec les fonctions gouvernementales. Toutes ces détails arabisants dans les monuments sont là pour souligner l’importance de l’islam dans le pays.

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Perdana Putra

Ce bâtiment, également d’architecture islamique, qui domine la ville sur sa colline est la résidence ainsi que les bureaux du Premier Ministre, c’est donc ici que se trouve le gouvernement de la Malaisie. A noter que le pays est une monarchie constitutionnelle, comme le Royaume-Uni par exemple. C’est donc le Premier Ministre qui gouverne le pays.

Taman Botani

Même après son indépendance, la Malaisie a gardé le concept très britannique de jardin botanique dans ses villes. Putrajaya n’échappe donc pas à la règle malgré son statut de ville nouvelle. Et c’est tant mieux! Malgré le côté bien rangé et bien propret du parc, la faune locale est venue y établir ses quartiers : oiseaux, papillons, tortues, macaques, libellules, etc. Ça reste tout de même quelque-chose entièrement façonné par la main de l’homme mais, sachant qu’auparavant, à cette même place, il y avait des kilomètres carrés de plantations de palmiers à huile, ce jardin botanique contribue à un petit retour à la nature.

Pavillon marocain

Lors de notre balade dans le jardin botanique, nous sommes tombé sur cette petite Alhambra miniature. C’est en fait un pavillon marocain érigé en l’honneur des excellentes relations diplomatiques entre le Maroc et la Malaisie. Son architecture est typiquement mudéjar et ne dénoterait pas dans une médina comme Fès ou Marrakech. Même des palmiers dattiers y ont été plantés pour faire plus vrai!

Putra Mosque

La mosquée de Putrajaya est le premier édifice de la ville a avoir été achevé, c’était en 1999. Son minaret mesure 116 mètres de haut et elle peut accueillir jusqu’à 10’000 fidèles. Malheureusement, nous sommes arrivés en pleine prière du vendredi et nous n’avons pas pu approcher. Mais nous avons quand même pu constater qu’elle est magnifique! Nous adorons sa couleur rose qui contraste joliment avec le vert profond de la végétation.

Cyberjaya

Cyberjaya est la Silicon Valley malaisienne avec ses institutions universitaires, informatiques, technologiques et de médecine de pointe. Le but était de rivaliser avec la vraie Silicon Valley américaine mais, entre temps, la crise économique asiatique est passés par là. Néanmoins, le secteur reprend peu à peu des forces et si, à terme, la Malaisie pourrait dépendre économiquement de Cyberjaya plutôt que du pétrole et de l’huile de palme ça pourrait être bénéfique.

Bien sûr, pour une productivité maximale, il faut que les employés de toutes ces entreprises se sentent bien! C’est pourquoi qu’un immense parc urbain a été emménagé. Plus sauvage que le jardin botanique de Putrajaya, il est essentiellement composé de marécages. Environnement qui nous rappelle fortement les Everglades, les alligators en moins, les varans en plus.

C’était très sympa de voir une fois une ville construite de toutes pièces à l’aube du XXIe siècle. Même si l’ambiance rappelle un peu Disneyland ou un autre parc d’attractions, l’âme de la ville reste toute malaisienne avec ses parcs, ses appels à la prière et ses food courts.

Voilà, c’était notre ultime étape en Malaisie, cette fois nous quittons le pays pour de bon, en tout cas pour ce périple. Nous allons traverser la mer d’Andaman pour de nouvelles aventures au Sri Lanka!

Seremban et Cabo Rachado

Écourter notre séjour à Sabah pour cause de météo c’est une chose, mais trouver de quoi nous occuper jusqu’au 10 février en Malaisie péninsulaire c’en est une autre! Nous ne voulions pas trop nous éloigner de Kuala Lumpur car les trajets prennent vite du temps et nous voulions revoir la mer. Nous venons d’un canton montagnard et pourtant, nous sommes toujours irrésistiblement attirés par la mer! Port Dickson, station balnéaire pour les habitants de la capitale, aurait fait un bon compromis mais les hébergements sont hors de prix, c’est pourquoi nous nous sommes rabattus sur Seremban.

Seremban est la capitale de l’état de Negeri Sembilan, elle est située à 54 kilomètres de Kuala Lumpur et à environ trente kilomètres de la côte, le compromis idéal pour nous! En plus, la ville est accessible et super bien desservie avec les trains de banlieue depuis la gare « Sentral » de KL. Nous ne nous attendions pas à grand chose, notre but était juste de pouvoir dormir pas cher! Pourtant, Seremban s’avère être une petite ville, certes sans grand intérêt, mais agréable, à taille humaine avec quelques vestiges coloniaux et, multiculturalisme oblige, divers temples, mosquées et églises, et surtout, des stands de bouffe!

Taman Tasik

Comme toutes les villes de Malaisie ayant connu la colonisation britannique, Seremban possède son jardin municipal avec ses plantes tropicales, ses étangs et ses promenades agréables au calme et, pourtant, en plein centre-ville. Taman Tasik signifie en malais, le jardin des lacs, même s’il n’y en a pas beaucoup comparé à Taiping. On peut y observer des écureuils, des tortues, des libellules et une variété incroyable d’oiseaux multicolores. Les étangs étaient à la base dédiés à la pêche mais les autorités ont finalement décidé d’y interdire cette activité afin de préserver les espèces qui y vivent.

Cabo Rachado

C’est la raison pour laquelle nous avons atterri dans cette région méconnue! Dès que nous voyons une étendue verte sur une carte, nous fonçons! Bon, là nous avons dû nous débrouiller et faire sans les transports publics mais en Malaisie, l’application Grab, l’Uber local, fonctionne très bien.

Cabo Rachado ça sonne drôlement latin comme nom, ne trouvez-vous pas? En effet, c’est du portugais! C’est une petite péninsule terminée par un cap où les Portugais, lors de la colonisation de Malacca, y construisirent un phare afin d’avoir le contrôle sur tout le détroit. D’ailleurs, aujourd’hui encore, le territoire de la péninsule est une exclave de l’état de Malacca. Il y a une dense forêt tropicale de plus de 157 hectares servant d’aire de repos aux oiseaux migrateurs qui passent l’hiver sur l’île de Sumatra et qui viennent y reprendre des forces avant, respectivement après la traversée du détroit de Malacca. Mais même hors période de migrations, nous pouvons observer une multitude d’oiseaux multicolores, des papillons, des écureuils et un grand nombre de macaques.

Le phare

A l’extrémité du cap se trouve évidemment un phare. Celui d’origine datait du XVIe siècle et avait été érigé par les Portugais afin de surveiller tout le détroit de Malacca. C’était le premier phare construit en Malaisie. Le phare actuel date de 1863, en pleine ère britannique et mesure vingt-quatre mètres de hauteur. Depuis 1990, il est accompagné d’un radar à avion car la péninsule se trouve en pleine zone d’approche de l’aéroport international de Kuala Lumpur. D’ailleurs, le cap et la forêt se voient très bien depuis le hublot de l’avion lors de la phase d’atterrissage. Le promontoire où se trouve le phare offre une superbe vue sur le détroit et nous avons juste pu deviner le relief de l’île de Sumatra, située en face à trente-huit kilomètres de là.

Pantai Cremin

Depuis le phare, nous descendons droit en direction de la mer au milieu de la forêt et nous débouchons sur une superbe plage de sable blanc. Si ce n’est pas le paradis, ça y ressemble fortement! Surtout qu’il n’y a absolument personne! Vu la clarté de l’eau, nous n’avons pas pu nous empêcher d’improviser une baignade, surtout que l’eau est aussi chaude que des bains thermaux et que nous n’avons pas vu de bébêtes chelous genre méduses ou crocodiles. Il est sûr que cet endroit fera son entrée dans notre top cinq des plus belles plages de notre tour du monde!

Retour par la côte

Nous rentrons par un petit chemin dans une forêt côtière qui débouche de temps en temps sur de superbes plages et petites criques.

La mangrove

Pour terminer le trail, il faut traverser une magnifique mangrove. Là, ça se corse! Le chemin n’est plus vraiment tracé, il faut faire attention de ne pas s’enfoncer dans la vase et ça grouille de crabes. Et nous ne voulons pas abîmer cet écosystème fragile et tellement indispensable pour protéger le littoral et pour en empêcher son érosion. Nous avons été peut-être un peu trop têtus en voulant à tout prix traverser la mangrove. Honnêtement, il aurait sûrement mieux valu retourner en arrière par la forêt. Mais bon, nous sommes toujours plus intelligents après. Quoi qu’il en soit, la mangrove est magnifique et il vaut la peine d’y jeter un coup d’œil même si vous êtes assez raisonnables pour ne pas la traverser.

Pour cette étape, rien n’était prévu, ça a été décidé à l’arrache à la dernière minute après avoir juste jeté un coup d’œil sur une carte. Finalement, nous sommes tombés sur un petit bijou, comme ça nous est souvent arrivé dans ces cas là! Nous ne regrettons pas une seconde d’avoir laissé tomber Sabah pour revenir en Malaisie péninsulaire car le soleil est vraiment au rendez-vous et, même s’il fait très chaud, c’est bien agréable de ne pas se retrouver sous des trombes d’eau! Et sans ces mésaventures météorologiques, nous n’aurions jamais découvert ce sanctuaire à oiseaux loin des gros circuits touristiques.

Pour la suite, nous remettrons notre casquette de citadins pendant quelques jours car c’est le Nouvel An Chinois et nous aimerions profiter de Kuala Lumpur pour assister aux festivités et effectuer quelques achats avant de nous envoler vers de nouvelles aventures.

Bornéo : Sandakan et la réserve de Sepilok

Malgré un trajet de 330 kilomètres en direction du sud-est, la météo n’est pas disposée à se montrer plus clémente. D’ailleurs, notre périple en bus s’est passé sous une pluie torrentielle qui n’a pas arrêté de la journée, ça ne nous était plus arrivé depuis Rio, il y a presque quinze mois! Ajoutez à cela une route complètement défoncée et un chauffeur qui se prend pour un pilote de rallye et nous avons le trio gagnant! Heureusement, nous finissons quand même par arriver à Sandakan sains et saufs, c’est le plus important même si nous sommes un peu sonnés par le mal des transports.

Sandakan est la deuxième ville de l’état de Sabah mais elle a un caractère bien plus provincial que Kota Kinabalu. Elle se situe sur la mer de Sulu, sur la côte est de Bornéo et les Philippines ne sont qu’à quelques encablures au large. Par contre, prendre la mer de ce côté est un peu dangereux à cause des pirates qui sévissent dans le coin. La ville en elle-même n’est pas extraordinaire, c’est plutôt un point de départ pour les réserves et les spots de snorkeling alentours. Il y a tout de même un front de mer assez sympa qui s’anime à la nuit tombée avec des terrasses où il fait bon s’installer pour manger ainsi que les fameux bars à karaoké typiques de l’Asie du Sud-Est.

Sandakan était, à l’instar du reste de Bornéo et d’une bonne partie de l’Asie du Sud-Est, occupée par les Japonais pendant la Seconde Guerre Mondiale. C’était un camp où étaient emprisonnés des soldats britanniques et australiens qui vivaient dans des conditions pas trop déplorables vu le contexte, sachant que les Nippons n’étaient pas des enfants de chœur à cet époque! Cependant, le lieu devint vite trop exposé à un éventuel débarquement des Alliés et les Japonais décidèrent de transférer les prisonniers à Ranau, à 220 kilomètres dans les terres, en les faisant marcher jour et nuit dans la jungle hostile. Seul six soldats australiens qui s’étaient enfuis survécurent à cette marche de la mort. Aujourd’hui, un escalier de mille marches, au milieu d’une petite forêt urbaine,  suit les premiers mètres de ce fameux périple et commémore ce sombre épisode de l’histoire.

Sepilok Rainforest Discovery Center

A Sepilok, un petit village à ving-cinq kilomètres de Sandakan, se trouve un centre de réhabilitation des orangs-outans du même genre de celui que nous avions été voir dans le Sarawak. Les heures de visites y sont très restrictives afin de ne pas trop déranger les singes. Nous saluons le geste mais nous, dans la nature, nous aimons prendre notre temps pour tout observer. C’est pourquoi nous avons choisi de visiter la réserve située juste à côté.

Le centre a une vocation éducative afin de sensibiliser la population, surtout les jeunes, à la richesse de la forêt primaire et à l’importance de la protéger. Une démarche vraiment nécessaire à nos yeux surtout quand on sait que l’état de Sabah est le premier exportateur d’huile de palme en Malaisie et que la déforestation pour la culture des palmiers à huile a déjà pris des proportions énormes. La Malaisie commence à comprendre tout gentiment la richesse de son patrimoine naturel. Elle commence à prendre quelques mesures pour la sauvegarde des forêts et de la planète, même si ça reste anecdotique. Nous avons particulièrement apprécié les panneaux explicatifs car ça nous a permis de mettre des noms sur certains animaux que nous avons pu observer.

Evidemment, la pluie est venue jouer les trouble-fêtes mais ce n’est pas très grave, nous sommes bien équipés. Et puis, la forêt sous la pluie c’est très beau, ça déploie toutes ses couleurs et ça sent super bon! Et comme il n’y a pas beaucoup de tarés prêts à marcher sous les averses, nous sommes pratiquement les seuls humains dans la réserve! Il faut juste faire attention de ne pas se casser la figure sur le sol très glissant et aux sangsues qui sont de sortie avec ce temps comme Van l’a appris à ses dépends! Mais quand ça s’arrête, les oiseaux et les papillons se réveillent et c’est une explosion de couleurs qui volette entre les arbres, magnifique!

Le lac

La réserve entoure un petit lac qui est traversé par un pont suspendu. Vu le temps tristounet, il n’est pas vraiment possible de voir à travers l’eau mais grâce aux bulles, nous savons qu’il y a des poissons ou autres bébêtes qui nagent dedans. Nous avons cependant aperçu des belles libellules rouges ou vertes ainsi que des superbes échassiers noirs dont nous n’avons aucune idée de quelle espèce il s’agit.

Le Ruddy

C’est un petit cours d’eau qui nous accompagne sur une partie du chemin qui nous permet d’apercevoir des petits batraciens, des libellules ainsi qu’un gros trucs brun qui a fait « plouf », vraisemblablement une loutre. A cause de la pluie, l’eau est bien brune, bien boueuse mais ça n’a pas l’air de déranger toute la faune qui y vit, et c’est tant mieux!

Les géants

Dans la jungle, il y a une catégorie d’arbres qui sont plus grands et plus gros que les autres. On les appelle les géants, tout simplement. Ils grimpent au dessus de la canopée afin de capter plus facilement les rayons du soleil. Certains mesurent jusqu’à 94 mètres de haut! Ils ont aussi au sol d’énormes troncs et d’impressionnantes racines. Si les racines restent hors sol, c’est parce-que la terre est tellement humide et tellement dense qu’elle ne contient pratiquement pas d’oxygène, donc il faut aller la chercher en surface.

Canopy Walkway

Le clou du spectacle c’est la promenade d’environ 360 mètres sur la canopée grâce à diverses passerelles culminant à 10 mètres au dessus du sol permettant d’observer la forêt d’en haut, de voir le sommet de certains grands arbres et d’apercevoir  d’autres espèces animales qui restent en hauteur, notamment des grands oiseaux et des singes. Il y a également trois tours d’observations perchées à 30 mètres de hauteur.

Bonus : les bébêtes

Ce ne sont pas des photos de bonne qualité car les animaux ne posent pas pour l’objectif! Ce sont juste quelques images prises sur le vif et peu représentatives de tout ce que nous avons observé, tellement c’était varié. Si vous cliquez dessus, vous pouvez les agrandir et apercevoir quelques bébêtes.

Nous avons eu vraiment de la chance de pouvoir observer une quantité d’animaux dont :

  • une multitude d’insectes, inconnus pour la plupart
  • des papillons aux couleurs somptueuses
  • des oiseaux de toutes tailles et aux couleurs chatoyantes parmi lesquels nous avons pu reconnaître un serpentaire bacha, des calaos charbonniers, des calaos à corne rouge, des tricholestes crinigers, un trogon de diard et des martins-pêcheurs.
  • un macaque à queue de cochon qui se baladait sur les barrières des passerelles.
  • deux nasiques, les fameux singes endémiques au nez proéminent, mais de loin
  • deux phacochères comme Pumba dans Le Roi Lion
  • un écureuil à oreilles, endémique de Bornéo et, paraît-il, difficile à observer
  • un python malais mais ne vous inquiétez pas! Il dormait profondément dans une racine d’un géant et nous avons bien pris soin de ne pas le réveiller et puis les pythons ne sont pas venimeux.

Van s’est prise une petite sangsue sur le mollet. Ça paraît affreux dit comme ça mais en vérité elle ne l’a même pas sentie. Elle a juste vu comme une sorte de petit ver enroulé sur sa peau. C’est quand elle a essayé de l’enlever alors que la petite bébête s’accrochait fermement qu’elle a compris que c’était une sangsue. Au niveau de la plaie, c’était juste un petit point rouge de rien du tout, indolore, qui a cicatrisé très vite. Il paraît que ces bestioles nous injectent un produit pour fluidifier le sang et qui est encore parfois utilisé en médecine pour stimuler la circulation sanguine. Donc voilé, nous avons testé pour vous la sangsue et ce n’est de loin pas le pire truc qui nous est arrivé lors de ce voyage!

Nous sommes revenus de ces trails trempés, fatigués et bien crades mais vraiment heureux! C’est clairement la plus belle forêt que nous n’ayons jamais vu! Nous en revenons avec des étoiles plein les yeux tellement nous avons découvert une faune et une flore incroyables!

Malheureusement, l’aventure à Sabah s’arrête déjà ici pour cause de mauvaise météo.  Il resterait encore pas mal de trésors à découvrir, notamment les fonds marins mais avec la grisaille et la pluie, c’est inenvisageable. Nous allons retourner sur le continent plus tôt que prévu, la mort dans l’âme car cette partie de Bornéo vaut vraiment le détour. Ce sont des choses qui arrivent et ça fait partie du jeu et, en presque quinze mois de voyage, ce n’est que la deuxième fois que nous changeons nos plans pour des raisons météorologiques. La première fois c’était en Bolivie en février 2018, il y a presque une année. Et sous des latitudes aussi proches que l’Equateur, il y a de fortes chances que ce soit bien arrosé même si officiellement, c’est la « saison sèche ».

Bornéo : Kota Kinabalu

Pour arriver à Bornéo, nous sommes obligés de passer par Kuala Lumpur. Mais rejoindre la capitale depuis Georgetown fut assez épique.. Les transports publics en Malaisie sont très fiables et d’excellente qualité mais ils sont souvent victimes de leur succès et il est presque impossible d’obtenir un billet de train sans s’y prendre très en avance. Et comme nous ne planifions presque rien en avance, nous avons parfois ce genre de mauvaise surprise. Mais ça fait partie du jeu et nous nous adaptons en cherchant d’autres solutions.

Taiping

La solution en question s’appelle Taiping, une petite ville de l’état du Perak pas très loin d’Ipoh, la capitale de ce dit état. Les destins des deux villes sont d’ailleurs plus ou moins liés par le même passé minier. La ville fut fondée en 1840 par des Chinois grâce aux mines d’étain se trouvant dans les monts Bintang situés à proximité, puis connut un fort déclin à cause de l’arrêt de l’exploitation minière. Exactement comme sa grande sœur! La seule différence c’est que les Chinois n’avaient pas le bon goût des Britanniques en matière d’architecture et Taiping n’a aucun intérêt. Mais ça nous aura au moins permis d’avancer un peu en direction de Kuala Lumpur.

Taiping Lake Gardens

Finalement, les Britanniques ont fini par arriver à Taiping. Il y construisirent même le tout premier jardin municipal sur la péninsule malaise en 1880. Il se caractérise par ses nombreux lacs qui ont été crées dans les anciennes excavations minières. Dans ces étendues d’eau, se prélassent de nombreux poissons, des varans ainsi que des tortues alors que divers échassiers essaient de s’y trouver un casse-croûte. Nous avons également aperçu divers oiseaux dont un magnifique martin-pêcheur, un macaque et de nombreuses libellules multicolores. Finalement notre étape forcée à Taiping n’aura pas été totalement sans intérêt! Nous trouvons ce jardin particulièrement beau, très verdoyant et la vue sur les monts Bintang (non, rien à voir avec la bière balinaise!) est également très jolie.

Kota Kinabalu

Ceux qui nous suivent sur les réseaux sociaux le savent déjà mais la suite de notre voyage s’effectuera au Sri Lanka mais notre vol pour Colombo n’est que le 10 février. Nous nous réjouissons évidemment de découvrir un nouveau pays et nous sommes un peu impatients de commencer cette nouvelle aventure mais en attendant, il reste un coin de Malaisie que nous voulons encore découvrir et que nous n’avons pas visité plus tôt pour cause, notamment, de météo défavorable. C’est l’état de Sabah, au nord-est de l’île de Bornéo.

Nous atterrissons à Kota Kinabalu, porte d’entrée et capitale de l’état de Sabah qui doit son nom au Mont Kinabalu, point culminant de la Malaisie qui s’élève à 4095 mètres d’altitude. La ville a été fondée au XVe siècle et appartenait à l’empire du Brunei. Evidemment, les Britanniques arrivèrent et y établirent un comptoir de leur Compagnie de Bornéo du Nord. Mais de ces époques, il ne reste absolument plus rien puisque la ville, alors sous occupation japonaise, a été complètement détruite lors de la Seconde Guerre Mondiale. Sabah est d’ailleurs l’état malaisien qui a le plus souffert durant ce conflit notamment à cause des Japonais qui étaient particulièrement cruels et esclavagistes. Aujourd’hui, la ville n’offre que très peu d’intérêt, c’est juste un point de départ pour aller explorer les alentours. Son économie repose principalement sur les industries ainsi que sur les organisations de salons internationaux notamment celui de l’ASEAN, la communauté économique de l’Asie du Sud-Est.

Nous arrivons sous une pluie battante, chose courante à Bornéo, et le ciel restera bien gris durant tout notre séjour, nous empêchant d’apercevoir le moindre centimètre du fameux Mont Kinabalu qui domine le coin.

City Mosque

Il y a quand même un lieu d’intérêt à Kota Kinabalu, même s’il est situé à trois kilomètres du centre-ville.  C’est la mosquée municipale. Un vieux tacot datant des années 1960 et servant de bus urbain nous y emmène.  Construite dans les années 1990 sur un lac artificiel contenant un élevage de poissons, c’est la mosquée principale de la ville et la deuxième plus grande mosquée de l’état. Elle a été construite sur le modèle de la mosquée Nabawi de Médine, en Arabie Saoudite. Son dôme bleu est vraiment magnifique même sous le ciel bien gris. Ça donne un petit côté Mille et Une Nuits sous les tropiques.

Front de mer

Vu que la pluie a décidé de faire une pause, nous décidons de rentrer à pied par le front de mer. A cause d’une météo capricieuse, la mer est complètement déchaînée et les îles au large paraissent bien menaçantes. Mais la promenade est agréable sans risque de coups de soleil ni d’insolation contrairement à ce que nous avons vécu sur la péninsule malaise où une canicule et un ensoleillement maximum nous ont empêchés de sortir pendant les heures chaudes de la journée. Il y a un sentier et une piste cyclable aménagés à l’écart du trafic ainsi qu’une pinède abritant une jolie plage. Evidemment, vu la tempête, la baignade est inenvisageable!

Le marché

Malheureusement, les Malaisiens ont cédé aux sirènes des centres commerciaux climatisés, des supermarchés, de la nourriture importée, des plats tout préparés et des emballages sous vide. Mais, oh surprise! A Kota Kinabalu, nous avons trouvé un vrai marché avec de vrais produits locaux et de saison. Si nous sommes arrivés trop tard pour l’arrivage de la pêche du jour, nous avons pu déambuler parmi les étals de fruits et de légumes exotiques. Quel régal de pouvoir admirer toutes ces couleurs et de sentir ces odeurs typiques de l’Asie, notamment celle, très particulière voire nauséabonde, du durian!

Nous ne pensions faire qu’une étape pratique à Kota Kinabalu. Finalement, nous avons trouvé de quoi bien occuper notre journée. Il est vrai que nous avons passé une bonne partie de notre temps au marché ainsi qu’au food-court local. Ben oui, il faut bien se nourrir non? Nous avons quand même eu de la chance car malgré un temps bien couvert et très humide, la pluie nous a quand même laissés tranquilles un bon moment.

Pour la suite, nous continuerons encore plus à l’est où la météo devrait, en théorie, se montrer plus clémente.

Randonnées au Penang National Park

En étudiant la carte de Penang, nous sommes tombés sur une grosse partie verte au nord-ouest de l’île nommée Penang National Park. Il ne nous en a pas fallu plus pour nous motiver! Surtout que le parc est super accessible en transports publics depuis la ville de Georgetown et l’entrée est gratuite! Nous avons donc posé nos sacs à Batu Ferringi, petit village pas très glamour mais relativement proche du parc, avec plein de stands de bouffe (un must!), calme et loin de la frénésie de Georgetown. Il y a même une plage assez calme où l’eau a une température agréable pour la baignade.

Teluk Bahang

A dix minutes de bus de Batu Ferringhi, ou une demi-heure depuis le centre de Georgetown, se trouve Teluk Bahang. C’est juste un petit village de pêcheurs où le temps s’est un peu arrêté mais c’est le point d’entrée du parc national. Avec ses 25 hectares, le Penang National Park est le plus petit parc national de Malaisie mais ça ne l’empêche pas d’être incroyable. A l’entrée, c’est l’organisation à l’américaine (ce n’est pas un reproche, bien au contraire!) avec des rangers qui t’obligent à t’enregistrer pour des raisons de sécurité. Malgré sa taille modeste, le parc abrite plus de 143 espèces d’animaux ainsi que 417 espèces de plantes dont certaines sont endémiques de l’île.

Penang National Park

Au début, nous sommes un peu déçus. Ça ne ressemble pas vraiment à un parc national mais plutôt à une promenade de santé avec un chemin pavé pour touristes chinois en tongs avec des ventilateurs portatifs. Ce n’est pas bien de se moquer mais les Chinois se baladent vraiment comme ça! Nous en prenons quand même plein les yeux en longeant la superbe plage tropicale qui s’étire le long du chemin.

Malgré l’aménagement du lieu et la proximité du village, nous apercevons déjà nos premiers macaques ainsi que des varans qui attendent impatiemment le retour des pêcheurs afin de récupérer quelques restes de la pêche du jour.

Heureusement, la promenade de santé ne dure pas plus que quelques centaines de mètres et, après avoir traversé un joli pont suspendu, nous nous enfonçons gentiment dans la jungle, sur un vrai sentier de forêt, accompagnés de fourmis géantes, d’oiseaux, de papillons énormes et multicolores ainsi que de  libellules tout aussi colorées. Les animaux sont plus difficilement observables mais grâce à leur chant, à leur cri et aux craquements des branches, nous savons qu’ils sont là. Nous sommes toujours impressionnés par la végétation luxuriante de la forêt tropicale. Il en faudra beaucoup pour nous blaser! Le chemin est bien entretenu mais il faut quand même bien faire attention aux racines et, à certains endroits, les cordes sont bienvenues. Mais c’est dans ces conditions que nous préférons effectuer nos randonnées.

Meromictic Lake

Le terme méromictique signifie pour un lac que le mélange des eaux de surface avec les eaux profondes se produit moins d’une fois par an. Là, en saison sèche, le lac est presque totalement asséché, juste un filet d’eau coule gentiment jusqu’à la mer. Il est donc difficile pour l’eau de se mélanger! Mais c’est totalement normal, le lac est dit saisonnier et est alimenté principalement par la mousson. Il n’y a que trois lacs de ce genre en Asie, les deux autres se trouvent dans les Iles Sulawesi, en Indonésie ainsi qu’au Bangladesh.

Kerachut Beach

Après plus de deux heures de marche dans la jungle, juste après le lac méromictique, voici notre récompense : une superbe plage sauvage de sable fin et de mer turquoise! Le paradis! Mais qu’on ne s’y trompe pas! La baignade est loin d’être aussi idyllique : il y a de forts courants sous marins et des méduses venimeuses envahissent les lieux! Nous n’avons même pas essayé d’y tremper un orteil même si ce n’était pas l’envie qui nous manquait. En saison, ce qui n’est pas le cas ici, il est possible d’apercevoir des tortues qui viennent pondre leurs œufs sur la plage.

Comme cette balade nous a enchantés, nous décidons de prolonger notre séjour à Batu Ferringi et de revenir dans le parc afin de d’en découvrir une autre partie. La marche est, cette fois, un peu plus courte car une partie du trail est fermée pour maintenance. Par contre, la randonnée est beaucoup plus pittoresque car le chemin suit la mer ainsi que de superbes plages. Les branches ont craqué sur nos têtes presque tout le long de notre promenade. Il faut croire que toute la communauté de macaques du coin ont décidé de nous honorer de leur présence.

Teluk Aling

Après quand même une bonne heure de marche, voici notre récompense du jour! Encore une magnifique plage sauvage surplombée par la végétation luxuriante de la forêt tropicale où quelques singes et varans se baladent en toute quiétude.  Nous n’avons pas pu aller plus loin à cause de la fermeture du chemin mais nous sommes déjà super heureux de tout ce que nous avons pu découvrir jusqu’ici, surtout que les animaux se sont bien montrés par ici.

Canopy Walkway

Nous nous enfonçons un peu dans la jungle car notre but est de découvrir la canopée. Mais un bon gros orage a passé par là, des arbres sont tombés et la passerelle est impraticable. Tant pis, nous observerons la faune depuis en bas!  Elle ne nous laisse pas sur notre faim : multitudes d’oiseaux et de papillons,  insectes souvent non identifiés, varans dont certains dévorent des crabes plus grands qu’eux, toutes sortes de lézards ainsi que des singes qui profitent de l’absence d’humains pour s’amuser avec ce qui reste de la passerelle. Ici, la végétation est bien plus dense que sur le littoral et, comme il n’y a pas le bruit des vagues à proximité, nous redécouvrons les sons de la forêt.

Encore une fois, la Malaisie nous a prouvé que ses parcs nationaux valent vraiment la peine d’être découverts. Malgré que la totalité du parc ne soit pas ouverte pour différentes raisons, notamment un manque d’entretien que nous déplorons, nous nous en sommes pris encore plein les yeux que ce soit au niveau des paysages, de la faune ou de la flore! Penang ne vaut pas les forêts de Bornéo mais c’est déjà un bon point de départ pour une petite incursion dans la jungle.

Georgetown, entre traditions multiculturelles et vie trépidante moderne

A Ipoh, nous avons cette fois pensé à contrôler la validité de nos billets avant d’embarquer pour le bus. Ouf, ils ont été émis pour la bonne date! Nous mettons un peu plus de deux heures de route dans un véhicule super confortable pour rejoindre Butterworth, la petite ville sur le continent qui fait face à l’île de Penang. De là, il nous faut prendre un ferry pour traverser le chenal qui sépare Georgetown de la péninsule malaise. C’est super facile, que ce soit le train, le bus ou le ferry, tout se trouve dans le même terminal et tout y est superbement indiqué. La traversée nous prend environ vingt minutes et depuis l’embarcation nous pouvons déjà observer la belle vue sur la skyline de Georgetown et sur les montagnes verdoyantes qui la dominent.

Dès que nous posons nos pieds sur Penang, nous sentons tout de suite que l’ambiance est complètement différente du reste du pays. Les Chinois sont clairement en grande majorité. D’ailleurs, l’état de Penang est le seul état de Malaisie à ne pas avoir de majorité malaise. C’est une ville un peu à part, nous ne sommes plus vraiment en Malaisie mais nous ne sommes non plus pas complètement en Chine. L’islam est beaucoup moins présent qu’ailleurs dans la vie quotidienne. Mais en déambulant dans la vieille ville coloniale, nous remarquons vite, qu’à l’instar du reste du pays, Georgetown est une ville très multiculturelle et que les trois principales communautés (Chinois, Malais et Hindous) ont leurs quartiers et leurs traditions culturelles et religieuses sont respectées dans toute la ville.

Centre colonial

La ville a été fondée en 1786 par le capitaine Francis Light au nom de la Compagnie Anglaise des Indes Orientales. Oui, c’est un nom un peu pompeux c’est vrai mais il fallait bien justifier les atrocités coloniales sous un nom un peu plus respectable. Le marin baptisa le lieu Georgetown en l’honneur du roi Georges III qui régnait sur l’Empire Britannique à l’époque. Grâce à son emplacement stratégique à l’entrée du détroit de Malacca, les Anglais en firent rapidement un comptoir très prospère même s’il finit par se faire doubler par Singapour, autre port stratégique également sous domination britannique.

Aujourd’hui, la ville continue de prospérer grâce à l’industrie des semi-conducteurs et aussi un peu grâce au tourisme, notamment en provenance de Chine. Georgetown est connu pour son centre historique riche en bâtiments coloniaux datant de cette faste époque britannique. Il est d’ailleurs inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Certaines maisons ont été superbement rénovées, d’autres moins, mais toutes possèdent un certain charme et il est très plaisant de déambuler à l’ombre, sous leurs arcades, si elles ne sont pas trop encombrées par les scooters, un fléau à Georgetown.

Mosquée Kapitan Keling

Construite par des Indiens musulmans au XIXe siècle, c’est la plus ancienne mosquée de Penang. Elle se situe en plein quartier indien dans une rue peuplée principalement de Tamouls musulmans appelés Chulias. D’ailleurs son nom signifie en malais « capitaine indien ».

Nous étions en train d’admirer ce superbe édifice de loin quand un imam nous invita à rentrer pour visiter l’intérieur de la mosquée. Notre premier réflexe fut de refuser à cause de notre tenue inappropriée mais on nous prêta des habits de circonstance : un sarong pour Fab et une djellaba à capuche pour Van.  A l’intérieur, une bénévole nous fit le tour du propriétaire et nous autorisa même à prendre des photos de la salle de prière! Nous avons appris, entre autres, que tous les musulmans devaient apprendre l’arabe afin de déchiffrer le coran et réciter les prières, que si la salle de prière pour femmes était séparée de celle des hommes c’était pour qu’elles puissent se dévêtir à l’abri des regards pour effectuer leurs ablutions et que les heures de prières étaient calculées par rapport au soleil. Enfin, nous vous dévoilons un secret de moins  en moins bien gardé : avec les technologies actuelles, le muezzin n’est  même plus obligé de grimper au sommet du minaret pour effectuer son appel à la prière, il le fait tranquillement dans une salle de la mosquée à l’aide d’un micro. Nous avons vraiment apprécié la visite et sommes toujours touchés par la tolérance des Malais musulmans et par leur envie de faire connaître leur culture aux étrangers sans vouloir nous rallier à leur cause.

The Jetty

Un des quartiers de Georgetown situé directement sur le chenal qui sépare l’île de Penang du continent, est un petit village de pêcheurs sur pilotis. Si certains de ses habitants, d’origine chinoise pour la plupart, vivent au gré des courants marins pour aller pêcher ou récolter des coquillages à marée basse, d’autres n’ont pas hésité à transformer leur salon en boutique de souvenirs pour touristes. Même si le village n’est pas aussi pittoresque et authentique que Kampong Ayer au Brunei, il offre une belle ouverture sur la mer ainsi qu’un joli point de vue sur le détroit et sur la ville de Butterworth, en face, sur le continent.

Juste à côté de la Jetty, se trouve un énorme food-court où toutes les différentes cuisines de Malaisie et même d’ailleurs sont représentées. Georgetown essaie de rivaliser avec Ipoh pour le titre de capitale malaisienne de la gastronomie. Pour être honnêtes, nous ne saurions donner notre préférence à une de ces deux villes, nous avons trouvé la nourriture succulente partout. Georgetown peut juste se targuer d’avoir son propre laksa, la soupe de nouille malaisienne et plat national. Par contre, nous préférons la variante « Sarawak » avec son curry, même s’il arrache beaucoup plus.

Nous avons adoré la ville de Georgetown, son architecture coloniale, sa tolérance, son multiculturalisme et, bien entendu, sa gastronomie! (#irrécupérables) Nous déplorons juste le trafic anarchique au centre-ville qui rend le centre historique pas du tout piétons friendly et qui lui enlève un peu de charme. Nous avons préféré Malacca, certes plus petite et plus calme mais plus piétonne et où les bâtiments historiques sont plus mis en valeur.

Mais Penang , ce n’est pas que Georgetown, c’est une île qui regorge sûrement de quelques trésors qui valent le détour et nous allons nous atteler à les découvrir ces prochains jours.

Ipoh : entre histoire coloniale, street-art et traditions chinoises

Nous adorons Kuala Lumpur et nous pourrions y rester des semaines sans nous y ennuyer une seule seconde mais nous commençons vraiment à y prendre trop nos aises. Il est donc temps de changer un peu d’horizon et de découvrir encore quelques petits trésors malaisiens. Nous allons donc acheter des billets de train et embarquons dans le convoi à l’heure indiquée sur ces fameux billets à la recherche de nos numéros de siège. Mais nous trouvons deux personnes assises à nos places et, après moult délibérations, nous nous rendons compte qu’on nous a vendu des billets à une date erronée. Mince alors! Comme nous n’avons pas du tout envie de descendre du train et de négocier un échange de billets, nous trouvons deux autres places et essayons de jouer les touristes perdus au cas où on nous demanderait quelque-chose. Mais personne n’a rien vu et nous avons pu voyager tranquillement jusqu’à notre destination : Ipoh. Pour des anciens cheminots comme nous, voyager sans titre de transport valable est un peu une honte mais comme dit le dicton : ce sont les cordonniers les plus mal chaussés. Et promis, nous vérifierons mieux nos billets la prochaine fois!

Centre colonial

Ipoh a été fondée dans les années 1845, en pleine colonisation britannique, au cœur de la Kinta Valley, une vallée fertile. La ville connut un gros boom économique dans les années 1920 – 1930 avec la découverte de gisements de fer dans les montagnes des alentours. Elle fut ensuite brièvement occupée par les Japonais durant la Seconde Guerre Mondiale mais vite reprise par les Anglais. Dans les années 1970, l’exploitation minière commença à montrer des gros signes de faiblesse et Ipoh connut un fort déclin dont elle ne se relèvera jamais totalement. La ville resta un peu abandonnée à elle-même et loin du miracle économique de Kuala Lumpur malgré son emplacement privilégié à mi-chemin entre la capitale et Penang. Donc, ici il n’y a ni gratte-ciels flambant neufs à l’horizon, ni vie urbaine trépidante mais un superbe centre historique colonial relativement bien conservé, au charme suranné où le temps semble s’être arrêté. Il y a même une tour de l’horloge typiquement anglaise dont le carillon mélodieux nous rappelle les beffrois d’Europe du Nord.

Chinatown

La deuxième communauté de Malaisie mais la première à Ipoh et dans l’état du Perak en général, a pris ses quartiers dans Concubine Street et ses voisines appelées respectivement 2nd Concubine Street et 3rd Concubine Street. C’est très rationnel, à la chinoise! On y trouve les échoppes typiques de babioles Made in China ou de médecine traditionnelle, les incontournables stands de street food, et un temple bouddhiste chinois. La cuisine Hokkien (nom donné à la communauté chinoise de Malaisie et de Singapour) d’Ipoh serait d’ailleurs une des meilleures de Malaisie voire du sud-est asiatique. C’est difficile d’avoir un avis objectif car tout est bon dans ce pays quelle que soit la communauté qui cuisine, mais il est vrai que nous nous sommes régalés durant notre petite étape à Ipoh.

Street Art

Ipoh, à l’instar de Georgetown ou Malacca, est connue pour ses grandes fresques murales peintes sur les façades de quelques rues du centre-ville. On y retrouve des scènes de vie quotidienne des différentes communautés ainsi que des peintures un peu plus abstraites et artistiques. C’est d’ailleurs à Ipoh que nous avons trouvé les plus jolies formes de street-art de toute la Malaisie.

Kinta River

La rivière Kinta coule en plein-centre ville d’Ipoh. C’est un coin privilégié des locaux qui y pratiquent la pêche, le cours d’eau étant très poissonneux. Il est possible de s’y promener sur les petits chemins qui bordent ses rives. C’est une vraie oasis de verdure mais surtout d’ombre de fraîcheur car le soleil tapait fort lors de notre passage. Une multitude d’oiseaux et de papillons multicolores se laissent observer dans le coin. Nous sommes toujours hallucinés de la diversité de la faune en milieu urbain en Malaisie! Un superbe pont datant de l’époque coloniale enjambe la rivière dans le centre historique.

Mosquée Panglima Kinta

Avec ses façades blanches immaculées et ses coupoles bleues, nous pourrions nous croire quelque part dans les Cyclades. Eh non, nous sommes bien en Malaisie devant une mosquée construite à la fin du XIXe siècle par un lord local. Elle se situe sur les rives de la Kinta et porte d’ailleurs son nom. Son architecture mixe différents styles notamment colonial britannique, Mughal (indo-islamique comme le Taj Mahal) et néoclassique. C’est une mosquée plutôt modeste pouvant accueillir environ 400 personnes mais nous l’avons trouvé très jolie.

Ipoh a été une étape vraiment sympa et surtout très calme après la trépidante Kuala Lumpur! Nous vous recommandons chaudement une petite étape à Ipoh afin de déambuler dans les ruelles tranquilles du centre historique ou de Chinatown. Bien sûr, plusieurs arrêts dans les différents food-courts de la ville s’imposent, la gastronomie locale étant, à raison, reconnue internationalement. Par contre, ne vous y attardez pas plus que nécessaire. C’est assez petit, ça se visite facilement en une bonne journée et on s’y ennuie assez vite.

Quant à nous, ce pays nous fascine encore plus à chaque découverte et Ipoh n’a pas dérogé à la règle. Nous allons continuer notre route en direction de l’île de Penang et de la ville de Georgetown afin de découvrir encore plus de trésor de Malaisie.

Kuala Lumpur, entre modernité urbaine et nature luxuriante

Nous sommes  passés plusieurs fois par Kuala Lumpur ces quatre derniers mois, entre deux bus, deux avions ou deux trains ou alors pour des raisons un peu pratiques, comme par exemple, nous faire vacciner contre l’encéphalite japonaise. Nous avons profité également de la vie citadine comme aller voir un concert ou un film au cinéma. Et bien entendu, nous avons aussi joué les touristes fascinés par tout ce que cette ville a à nous offrir, puis les habitués en retournant parfois dans nos restos ou cafés de prédilection. Bref, nous avons déjà vécu plusieurs vie à Kuala Lumpur et nous allons vous en raconter quelques facettes.

Kuala Lumpur est la capitale et la plus grande ville de la Malaisie. Elle est peuplée d’environs huit millions d’âmes, quasi la population de notre belle Andalousie sur un territoire bien plus petit! Pourtant, elle a gardé une ambiance très détendue et la population locale est presque aussi relax et tout aussi souriante qu’en province. La ville est super étendue et, à certains endroits, mal plate mais il est très facile et peu onéreux de se déplacer grâce aux différentes lignes de trains, de métro (aérien ou non) et de monorail, et ce n’est pas trop une galère d’être piéton.

Centre historique

Kuala Lumpur possède quelques bâtiments historiques datant de l’époque coloniale britannique dont la mosquée Jamek, la plus ancienne de la ville construite en 1909. Oui, vous avez bien lu mosquée et britannique dans la même phrase! C’est bien un architecte anglais qui a conçu la mosquée.

Le quartier est situé à la confluence des fleuves Gombak et Klang et constitue une petite presque-île un peu plus calme au milieu des gratte-ciels. Malheureusement, il y a pas mal de travaux dans le but d’aménager une promenade piétonne au bord des rivières et l’accès y est un peu scabreux. Mais ce sera super sympa et super safe de s’y promener a pied une fois que tout sera fini!

Edifice Sultan Abdul Samad

Construit entre 1894 et 1897 en l’honneur du sultan Abdul Samad, le sultan du Selangor, un état voisin. Il a été construit pour l’administration britannique de l’époque. L’architecte était anglais mais comme il vécut en Afrique du Nord, il s’inspira de l’architecture mauresque pour concevoir ce bâtiment. Il reste quand même le clocher qui, avec ses quarante mètres de haut, nous rappelle une clock tower soooo british! Lors de l’indépendance, le tout nouvel état de Malaisie y installa sa cour de justice qui, depuis 2005, a été transférée à Putrajaya, le siège du gouvernement. Aujourd’hui, l’édifice abrite les ministères des communications, de l’information et de la culture de Malaisie. La cour intérieure laisse un bel espace sans voiture au cœur de la ville.

KLCC

C’est le cœur moderne de la ville, le quartier des affaires avec ses malls à l’américaine et ses gratte-ciels flambants neufs, dont les fameuses tours Petronas. Véritables emblèmes de la Malaisie, ce sont, avec leurs 452 mètres de hauteur, les plus hautes tours jumelles du monde. Inaugurées en 1998, elles portent le nom du géant pétrolier malaisien Petronas et symbolisent la croissance économique du pays, grâce notamment au pétrole. Petit fun fact : c’est à l’intérieur d’une de ces tours que nous avons reçu notre dose de vaccin contre l’encéphalite japonaise. Bon, ce n’était qu’au cinquième ou sixième étage, rien de bien impressionnant, mais nous les avons vu un peu de l’intérieur!

Derrière les tours, un petit jardin avec des arbres, des fontaines, des bancs et une place de jeu pour enfants a été emménagé. C’est une vraie oasis de fraîcheur dans un climat équatorial qui, parfois, peut vraiment être étouffant, surtout en ville.

Jardin botanique

Comme toute ancienne colonie anglaise qui se respecte, Kuala Lumpur possède son jardin botanique. Il se situe au quartier Sentral, à proximité de la gare ferroviaire. C’est un véritable Central Park de 92 hectares en plein centre-ville. Comme le climat est équatorial, c’est-à-dire très humide, la végétation est luxuriante! Grâce à son relief en collines, le jardin est le paradis des randonneurs ou des cyclistes qui n’ont pas le temps de sortir de la ville. Malgré la vue sur les gratte-ciels, nous avons quand même l’impression d’être sortis de la ville en nous baladant dans le jardin tant l’ambiance est calme. La végétation bien dense étouffe bien les bruits de la circulation et absorbe la pollution.

KL Eco Forest

C’est une forêt équatoriale en plein milieu de la ville, près de la tour de télévision. Il y a un pont suspendu à travers la canopée afin de pouvoir observer les oiseaux. C’est vraiment un coin sympa pour échapper au brouhaha de la ville et en plus, c’est totalement gratuit!

Edit : Aux dernières nouvelles, il y aurait un droit d’entrée à payer, donc c’est une info qui reste à vérifier

Après quelques pas dans cette forêt, nous avons eu la bonne surprise d’apercevoir toute une famille de macaques sauter de branche en branche et très peu farouches. Nous avons aperçu plus de singes en ville de Kuala Lumpur que dans les parcs nationaux de Bornéo, un comble!

Vous pouvez cliquer sur nos photos pour les agrandir et mieux apercevoir ces macaques. Comme la forêt n’est pas très éclairée et que ces petites bébêtes bougent, ils sortent parfois un peu flous. Sorry!

Joyeux Noël

Pour fêter Noël avec nos amis, nous avons improvisé une soirée sushis au pied des tours Petronas tout en admirant le spectacle de jets d’eau et de lumières dans la fontaine de KLCC. Oui, Kuala Lumpur fête Noël puisqu’il y a une minorité catholique dans la communauté chinoise. En général, la Malaisie célèbre toutes les fêtes de ses différentes communauté comme le Ramadan, Deepawali ou encore le Nouvel An Chinois. Il y a une fête qui se termine et la ville prépare déjà la suivante. Nous trouvons cette tolérance et cette propension a tout fêter avec tout le monde vraiment touchante.

Certes un plat de sushis ne respecte pas vraiment nos traditions de Noël mais nous aimons bousculer les traditions et n’en faire qu’à notre tête. Surtout que nous ne sommes pas hyper fans des fêtes de fin d’année en général. Et puis, nous étions tellement bien avec notre plat japonais, dans ce magnifique jardin à contempler le magnifique spectacle au pied des tours Petronas. La température était de 27 degrés. C’est mieux que de sortir emmitouflés pour aller à la messe de minuit en plein hiver, n’est-ce-pas?

Il reste une multitude de choses à voir à Kuala Lumpur, comme Batu Caves par exemple, mais nous y reviendrons plus tard et nous profitons aussi de nos passage pour faire plus des trucs du quotidien et un peu moins jouer les touristes, même si on adore ça.

Kuala Lumpur est devenue en quelque sorte notre pied à terre en Asie du Sud-Est. C’est facile d’accès, facile de s’y déplacer grâce au bon réseau de transports publics, c’est une ville moderne, on y trouve de tout et enfin, c’est relativement bon marché.

Pour la suite, nous n’avons pas encore terminé avec la Malaisie. Vu que le pays nous plaît à fond, autant en profiter pour en découvrir un peu plus.

Bilan de la Thaïlande

Après cinq séjour dans le pays, il est temps de vous livrer notre bilan de la Thaïlande. C’est sûrement un des bilans qui a été le plus difficile à écrire. La Thaïlande peut offrir le pire comme le meilleur et nous ne savons pas totalement comment nous positionner par rapport à ça.

En chiffres

Durée du séjour

90 jours répartis sur cinq séjours, soit environ un total de trois mois

Budget

Suite à une mise à jour inopinée de nos données, nous avons perdus tout notre budget mais selon nos estimations et nos souvenirs, nous avons une moyenne de 38 CHF (34,45€) par jour. Lors de notre dernier séjour de 16 jours : 16’648 bahts (491,30CHF  / 463,85€) soit 30,70 CHF (29€) par jour. Nous avons bénéficié d’un taux de change exceptionnellement bas.

Distance parcourue

8397,5km de Phuket – Chiang Rai – Chiang Khong puis de Nong Khai – Udon Thani – Ayutthaya – Don Mueang – Krabi – Koh Phi Phi puis de Sungai Kolok (frontière malaisienne) – Songkhla -Hat Yai – Surat Thani – Koh Phangan – Koh Tao – Chumpon – Phetchaburi – Bangkok – Sukhothai – Mae Sot (frontière birmane). Enfin de Mae Sot – Tak – Bangkok – Sri Racha – Koh Sichang – Sri Racha – Pattaya – Koh Larn – Pattaya – Chachoengsao – Ban Khlong Luk (frontière cambodgienne). De Padang Besar – Kanchanaburi – Nam Tok – Kanchanaburi – Prachuap Kiri Khan et retour sur Padang Besar (frontière malaisienne).

Provinces traversées

35 : Phuket, Chiang Rai, Nong Khai, Udon Thani, Khonkaen, Nakhon Ratchasima, Chaiyaphum, Lopburi, Saraburi, Ayutthaya, Pathum Thani, Krabi, Narrathiwat, Pattani, Songkhla, Nakhon Si Thammarat, Surat Thani, Chumpon, Prachuap Kiri Khan, Petchaburi, Ratchaburi, Bangkok, Suphanbari, Chainat, Uthai Thani, Nakhon Sawan, Kamphaeng Phet, Sukhothai, Tak, Chachonengsao, Chonburi, Sa Kaeo.

Extrêmes d’altitude

Le niveau de la mer sur le littoral de la mer d’Andaman ainsi que dans le Golfe de Thaïlande et 390 mètres à Chiang Rai, rien de bien impressionnant.

Extrêmes de température

26 degrés sous la pluie à Koh Phi Phi et 41 degrés sous un soleil de plomb dans la région de Kanchanaburi. C’est la troisième fois que nous dépassons les 40 degrés après la Floride et le nord de l’Inde.

Nos plats préférés

Le pad thai aux crevettes et le mango sticky rice

Coups de coeur / Coups de gueule

Comme d’habitude, nous vous lâchons le négatif en premier afin de finir par le meilleur!

Les moins

Les rabatteurs

La Thaïlande détient la palme des rabatteurs les plus énervants! Finalement au Pérou et à Bali ce n’était pas si terrible que ça. Et ils avaient déjà placé la barre très haut! Il faut quand même préciser que nous sommes rentrés dans le pays soit depuis la Malaisie, soit depuis le Laos, deux pays où on nous fout une paix royale, le réveil était d’autant plus brutal.

Le tourisme de masse

Nous sommes aussi des touristes, il ne faut pas se leurrer et égoïstement nous aimerions bien avoir quelques endroits rien que pour nous. Nous savons bien que ce n’est pas possible et que tout le monde a le droit de voyager mais la Thaïlande a vraiment vendu son âme au diable pour le tourisme. Constructions anarchiques au détriment de l’esthétisme et de l’environnement, prix surfaits, arnaques et tourisme sexuel sont monnaie courante. Et bien sûr le farang (l’étranger) est automatiquement considéré comme un porte-monnaie sur pattes par la population locale.

Les fils électrique

Ce doit être une des conséquences du surdéveloppement rapide et anarchique de la Thaïlande. C’est super moche de voir ces fils enchevêtrés n’importe comment et certains fils sont mal gainés, mal fixés et pendent par terre et c’est vraiment dangereux en cas de forte pluie. Nous avons vu beaucoup de pays bien plus modestes prendre meilleur soin de leurs installations électriques.

Les frais bancaires

A  chaque retrait d’argent avec une carte bancaire étrangère l’état thaïlandais nous prend 220 bahts (6,70 CHF / 5,90€) et comme les cartes de crédit ne sont de loin pas acceptées partout, il faut effectuer plusieurs retraits. Au niveau monétaire, c’est le pire pays après l’Argentine. Heureusement que le coût de la vie est relativement bas et compense un peu ses frais exorbitants.

On a kiffé!!

La gastronomie

Nous ne sommes pas très originaux de toujours vous parler de bouffe à chaque bilan mais la Thaïlande ne fait pas exception à la règle asiatique. Petit détail de rien du tout : c’est la bouffe la plus épicée que nous ayons goûtée de tout notre tour du monde! Donc Attention! Les currys sont super appétissants mais ils arrachent!

La playa

Nous comprenons totalement l’engouement pour le sud de la Thaïlande car il y a vraiment de belles plages de cartes postales au sable blanc et aux eaux chaudes et transparentes.

Les distributeurs d’eau

La Thaïlande commence tout gentiment mais sûrement à déclarer la guerre au plastique. Une des mesures prises est d’installer un peu partout des distributeurs d’eau potable. Comme c’est très économique (en général 1 bath pour 1,5 litre d’eau), ça incite la population à ne pas acheter des bouteilles d’eau en plastique. Autre point positif, les sachets en plastique ne sont plus donnés automatiquement dans les Seven Eleven ou autres petits shops du genre.

Bizarreries à la Thaï

Le crime de lèse-majesté

En Thaïlande, critiquer le roi, sa famille ou même son chien est passible jusqu’à 37 ans d’emprisonnement ferme! D’ailleurs, chaque famille possède au moins un immense portrait du monarque dans son foyer et lui porte allégeance chaque jour et ceci malgré le fait que le roi actuel n’est que très moyennement apprécié de la population.

Beaucoup de tourisme mais très peu d’anglais

La Thaïlande est un des pays les plus touristiques d’Asie mais un des moins doué en anglais. A quelques exceptions près, nous avons toujours dû nous faire comprendre avec les mains. Autre fait amusant : certains Thaïs ne connaissent que les chiffres en anglais juste pour pouvoir indiquer le prix de leur marchandise!

L’hymne national

Le matin à huit heures, à midi et le soir à 18 heures, se joue l’hymne national. Dès les premières notes, tout le monde s’arrête et se tait par respect. C’est très marrant, c’est comme une vidéo qu’on met sur pause.

Il nous aura fallu presque trois mois et des coins improbables pour nous réconcilier un peu avec la Thaïlande. Une fois passés les gros spots touristiques, c’est un pays très calme, magnifique, à la population agréable. Malgré cela, il manque une certaine fraîcheur qu’on peut trouver dans les différents pays voisins. Nous apprécions la Thaïlande mais ce ne sera jamais le gros coup de cœur absolu ni notre pays préféré d’Asie du Sud-Est.

 

Ayutthaya et les temples de l’ancienne capitale du Siam

Après notre petite incursion laotienne, nous sommes revenus en Thaïlande en traversant le Mékong par la ville d’Udorn Thani près de Ventiane. Le but était de voyager en train. Les trains en Thaïlande sont fiables, bon marché et relativement confortables. Seul point négatif : l’air conditionné est réglé sur glacial, à tel point que nous avons dû sortir nos sacs de couchage pour nous y emmitoufler à l’intérieur. Pour la petite anecdote, deux touristes sont montés dans le train à une gare intermédiaire et ont vraiment bien rigolé en nous voyant emmitouflés comme pour une expédition au Pôle Nord. Quinze minutes plus tard, ils avaient également sorti leurs sacs de couchage pour se protéger du froid!

Comme nous ne voulions pas nous arrêter à Bangkok pour diverses raisons, notamment le manque de temps, nous sommes descendus 80 kilomètres avant la capitale, dans la petite ville d’Ayutthaya.

Ayutthaya

Pour rejoindre Ayutthaya, où que vous soyez en Thaïlande, nous vous recommandons chaudement le train. La ville se trouve sur les principales lignes de chemins de fer reliant Bangkok au nord ou au nord-est du pays. Depuis la capitale, le trajet dure un peu plus d’une heure. Ce serait faisable à la journée, mais les horaires de train sont très relatifs en Thaïlande.

Ayutthaya était l’ancienne capitale du royaume de Siam et comptait parmi les villes les plus prospères du monde. Mais toute bonne chose a une fin et l’armée birmane est arrivée en 1767 et a tout saccagé sur son passage. La ville a ensuite été abandonnée au profit de Bangkok, la nouvelle capitale. Il reste aujourd’hui de somptueuses ruines de ce glorieux passé dans un parc archéologique inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Nous avons eu beaucoup de chance car nous avons débarqué un jour où l’entrée à tous les temples était gratuite.

Le parc archéologique se trouve sur une île formée par les rivières Chao Praya et Pa Sak au milieu de la végétation et est jalonné de lacs et de canaux. Pour y accéder depuis la gare, il faut emprunter le traversier qui traverse le Chao Praya. Tout est indiqué mais c’est pratiquement tout droit depuis la descente du train.

L’environnement du parc donne une ambiance nature et calme au lieu malgré le fait que nous nous trouvons en plein centre-ville. Mais attention : un temple même en ruines reste un temple, donc une tenue correcte est exigée! Le personnel est plutôt pointilleux sur le sujet, surtout si vous êtes une femme! Prévoyez donc un sarong et quelque-chose pour couvrir vos épaules.

Le top pour visiter le parc reste le vélo! C’est tout plat! N’oubliez juste pas qu’en Thaïlande, on roule à gauche! Il y a des loueurs de bicyclette un peu partout en ville. Le tarif à la journée se monte à environ 50 baths (1,30€ ou 1,25CHF)

Wat Langkadum

C’est un petit temple de moindre importance dont il ne reste plus grand chose aujourd’hui. Seul le stupa reste dans un état de conservation correct. Il est bien situé à proximité d’arbres qui nous donnent de l’ombre bienvenue et un peu en dehors des sentiers battus.

Wat Phong

Ce temple, situé en bord de khlong (petit canal), aurait été la résidence des moines d’Ayutthaya. Ils y tenaient un marché jusqu’à ce qu’ils en soient chassés par l’armée birmane. Il n’en reste pas grand chose si ce n’est le stupa, qui a connu une grande campagne de rénovation un peu hasardeuse dans les années 1990.

Wat Ratcha Burana

C’est un temple bouddhiste construit en 1424 et sa pagode centrale, originellement recouverte de stuc, reste la mieux conservée du site. Sa construction a été ordonnée par le roi Borommarachathirat II pour servir de mausolée à ses deux frères morts au combat. Il paraît qu’au temps de la splendeur d’Ayutthaya, ce temple était le plus beau de la ville.

Wat Phra Ram

Nous sommes ici au cœur de l’île où se trouve tout le complexe archéologique. Ce temple a été construit en hommage au roi Ramathibodi, le premier monarque d’Ayutthaya, à sa mort aux alentours de 1370 à l’endroit exact de sa crémation Il possède une immense pagode centrale qui s’aperçoit de loin et conserve encore de nombreuses stupas en plus ou moins bon état.

Wat Phrasisanpeth

Construit au XVème siècle, c’est le temple le plus important et le plus sacré d’Ayutthaya. Il a même servi de modèle au Wat Phra Kaew de Bangkok! Il servait de temple royal, c’est-à-dire que seule la famille royale y avait accès. Il est reconnaissable par ses trois grand stupas blancs alignés, résultat d’une restauration hasardeuse dans les années 1970. Le temple contenait des précieuses images de Bouddha qui ont été transférées au Wat Pho de Bangkok car, après l’attaque des Birmans, le temple étant trop abîmé pour pouvoir être reconstruit.

Wat Wora Chettha Ram

Construit à la fin du XVIème siècle pour la crémation du roi Naresuan, ce petit temple est coincé et un peu dissimulé entre ses grands voisins plus imposants et il est très facile de le louper. Heureusement que nous l’avons trouvé car c’est ici que se trouvent les Bouddhas les mieux conservés de toute la ville.

Wat Mahathat

Construit à la fin du XIVème siècle, c’est le temple le plus ancien de la ville. C’était le temple royal avant la construction du Wat Phrasisanpeth. Maintenant ce n’est plus qu’un gros tas de ruines mais il reste néanmoins célèbre à cause d’une tête de Bouddha prise entre les racines d’un arbre. Personne ne sait vraiment comment elle est arrivée là mais l’explication la plus plausible est qu’elle serait tombée pendant le pillage d’Ayutthaya par les Birmans, qu’elle aurait roulé au pied de cet arbre et que les racines l’auraient protégée durant toutes ces années. Mais les autres Bouddhas du temples valent aussi le détour et sont souvent moins prisés des touristes.

Nous n’avons évidemment pas visité tous les temples d’Ayutthaya! Une vie ne suffirait pas à tous les voir! Mais nous avons déjà eu un bel aperçu de ce que pouvait être la ville du temps de sa splendeur.

Ayutthaya a vraiment été une petite étape sympa. Nous avons eu l’impression qu’il n’y avait pas trop de monde, mais l’espace est énorme, nous ne nous sommes peut-être pas rendu compte de la fréquentation. Déambuler à travers ces ruines fut vraiment agréable et on a kiffé de faire un peu de vélo. C’était une très bonne alternative à Bangkok. C’était beaucoup plus calme, plus culturel, moins stressant et moins touristique.

Pour la suite nous continuons encore et toujours notre route vers le sud car nous sommes toujours attendus de pied ferme à Koh Phi Phi.