Vall d’Uixo, sur les traces de la Guerre Civile Espagnole

En préparant notre précédent article sur Jérica, nous sommes tombés sur plusieurs références à la Guerre Civile Espagnole qui a conduit à une des pires dictatures d’Europe occidentale du XXe siècle. En creusant un peu plus, nous avons découvert qu’il était possible d’en voir quelques vestiges dans la Communauté Valencienne, plus précisément au Vall d’Uixo. En plus, ce n’est qu’à dix-huit kilomètres au nord-ouest de Sagunto et facilement accessible en bus, à condition de mettre le réveil de bonne heure le matin. Nous ne sommes pas des gens très matinaux mais quand c’est pour la bonne cause, nous savons trouver de la motivation à nous lever le matin. Oui, la découverte d’un coin sympa c’est une bonne cause à nos yeux!

Mais de quoi parle-t-on en mentionnant la Guerre Civile Espagnole?

Ben d’une guerre pardi! Plus sérieusement, nous allons essayer de vous en faire un bref résumé en quelques lignes car c’est un gros morceau de l’histoire d’Espagne et nous ne sommes pas encore très calés sur le sujet.

En 1931, fut proclamée la Deuxième République Espagnole, plutôt orientée politiquement à gauche, afin de mettre fin à une monarchie qui ne satisfaisait personne. Mais les années 1930 étaient des années de crise économique en Espagne comme dans toute l’Europe et des troubles sociaux commencèrent à éclater. C’est dans ce climat de tension que des nationalistes ont préparé de longue date un coup d’état militaire qui devait avoir lieu le 18 juillet 1936. Mais il a été mis en échec par la République en place. C’est suite à cet événement qu’éclata une terrible et sanglante guerre civile entre les Républicains (ceux de gauche et d’extrême gauche loyaux au gouvernement en place) et les Nationalistes. (ceux de droite et d’extrême droite sous les ordres du Général Franco).

La Communauté Valencienne resta loyale à la République pendant toute la durée de la guerre. Valence devint même capitale d’Espagne après la chute de Madrid. Les provinces de Valence et de Castellón furent les derniers territoires résistants, contrôlés par la République avant l’arrivée des rebelles nationalistes.

La fin de l’histoire est connue, ce sont les troupes nationalistes du Général Franco qui ont gagné plongeant le pays dans une cruelle dictature qui perdura pendant près de quarante ans.

C’est le dernier conflit que connut l’Espagne puisque le pays était officiellement neutre pendant la Seconde Guerre Mondiale. Mais ça c’est une autre histoire, mais pas moins intéressante…

Vall d’Uixo

Non, l’orthographe n’est pas cheloue, c’est du Valencien. En gros, c’est comme du Catalan sauf qu’il y a plein de « X »! C’est une petite ville nichée dans la Vallée du Belcaire entre mer et montagnes au pied des premiers sommets de la Sierra de Espada. L’histoire est la même que partout dans la région : les Ibères, les Romains, les Arabes puis les Aragonais s’y succédèrent. Mais la ville a été presque entièrement détruite pendant la Guerre Civile Espagnole malgré le fait qu’elle ait résisté aux rebelles presque jusqu’à la fin. Et ça se voit! La ville a souffert de l’urbanisation anarchique du milieu du XXe siècle et n’a vraiment aucun charme.

Des peuples anciens, il ne reste plus que les vestiges d’une petite nécropole hispano-wisigothe. Elle n’a été découverte que très récemment. Les archéologues ont trouvé huit fosses ainsi que les ossements de 66 personnes. On suppose qu’elle date du VII siècle avant J-C.

Iglesia del Santo Angel Custodio

C’est le seul bâtiment historique encore debout et en bon état de la ville. Comme les petites ruelles médiévales ont toutes disparu après la reconstruction de Vall d’Uixo, l’église a droit à sa propre place et n’est pas coincée au cœur d’un centre historique trop petit pour elle. Elle a été construite entre les XVII et XVIII, donc assez tard, et est de styles baroque et néoclassique, un fait assez rare dans une région plutôt habituée au gothique valencien. Elle est reconnaissable de loin grâce à sa magnifique coupole en tuiles bleues typique de la région.

Aqueduc de San José y Alcudia

Cet aqueduc date de l’époque romaine même s’il a été dévié plusieurs fois au Moyen-Age à la suite des différentes étapes du développement de la ville. Il a été entretenu et restauré plusieurs fois à travers les siècles et a servi à l’irrigation des cultures jusque dans les années 1950.

Colline de la Cova

Ce n’est pas cette fois que nous allons échapper à notre traditionnelle grimpette. Tant mieux, car nous adorons ça même si 135 petits mètres de dénivelé restent une petite balade pour nous! Mais le paysage de roche, de maquis et de pinède est vraiment sympa et apporte une petite touche de difficulté à la promenade.

En chemin, nous croisons quelques grottes qui ont servi de refuges aux Républicains pendant l’assaut des troupes nationalistes durant la Guerre Civile Espagnole.

Et évidemment, au sommet, nous jouissons de la superbe vue sur Vall d’Uixo, la Sierra d’Espada et la mer Méditerranée.

La ligne XYZ

Mais nous n’avons pas fait l’effort de grimper à travers le maquis pour rien! Notre but était de voir les vestiges de cette forteresse qui ne date ni de la période arabe ni du Moyen-Age mais… de 1938! C’est une ligne de défense construite par les Républicains pour défendre la région des assauts des nationalistes pendant la Guerre Civile Espagnole. Et ça a en partie fonctionné puisque la région a été la dernière à résister aux troupes du Général Franco. Pourtant, même pour l’époque, elle est de construction sommaire : pierre et ciment, un peu de béton pour les bunkers. Elle part des rives de la mer Méditerranée à Almenara (juste au sud de Vall d’Uixo) et traverse les provinces de Castellón et de Teruel avant de terminer à Santa Cruz de Moya dans la province de Cuenca (Castilla-la-Mancha). Le but étant de protéger la ville de Valence puisqu’elle était, par circonstance, devenue capitale d’Espagne. Après la guerre, Franco fit démanteler toutes les installations défensives ne laissant que les murs.

Rio Belcaire

La montée à la colline de Cova ne nous ayant pas suffi, nous avons trouvé une autre balade dans le Rio Belcaire. Oui, vous avez bien lu, DANS le Rio Belcaire. Le sentier se trouve effectivement dans le lit de la rivière. Mais rassurez-vous, le cours d’eau est asséché à cause de la sécheresse, grand fléau en Méditerranée et de l’utilisation de ses eaux pour assainir les nappes phréatiques des environs. Bon, il faut quand même éviter de s’y rendre pendant les grandes pluies d’automne ou de printemps! Et attention aux chevilles! Le sol est fait de galets et ce n’est pas stable du tout!

Nous y accédons par les grottes de San Josep mais comme c’est un site méga touristique et comme Van n’est pas du tout à l’aise dans les lieux clos, nous passons notre chemin. Mais si vous passez par là et que vous êtes intéressé par un lac souterrain et la spéléologie, sachez que ce site existe, surtout que les grottes ont l’air quand même sympa.

Marcher dans le lit du rio Belcaire nous permet d’admirer les falaises de calcaire qui nous dominent telles le Grand Canyon. La Communauté Valencienne c’est un peu l’Arizona avec un peu plus de végétation et une gastronomie bien meilleure!

Et, oh surprise, nous retrouvons un autre portion de notre ami l’aqueduc romain de San José y Alcudia!

Encore une super découverte à deux pas de chez nous! Et c’est un endroit que nous ne connaissions absolument pas avant de faire quelques recherches pour notre article sur Jérica! D’ailleurs, en faisant d’autres recherches pour étayer cet article, notamment sur la ligne XYZ, nous avons encore trouvé d’autres coins à explorer dans la région, rallongeant par la même occasion notre liste à idées!

Jérica et sa tour mudéjare

Après notre coup de cœur pour Segorbe, nous avions vraiment envie d’explorer un peu plus cette magnifique vallée de la Palancia. Mais nous avons attendu que les grosses chaleurs de cette fin août cessent un peu car, oui nous aimons le chaud, mais marcher à quarante degrés sous un soleil de plomb, ce n’est pas idéal. Comme les températures ont fini par bien se rafraîchir, nous avons rechaussé nos baskets et sommes partis à l’aventure! Par « températures fraîches », nous entendons un bon 28 degrés. Nous sommes en Méditerranée, il ne faut pas trop pousser dans la fraîcheur quand même!

Nous avons repris la pittoresque ligne de train qui relie Valence à Teruel puis Zaragoza et nous avons été un peu plus loin de notre périple tout en restant dans les limites de la Communauté Valencienne, Covid-19 oblige. Nous nous sommes arrêtés dans la petite localité de Jérica, située au pied de la Sierra de Espadan, plus très loin de la frontière avec l’Aragon.

Jérica

Jérica nous séduit par ses petites ruelles et son caractère qui est resté très médiéval grâce à quelques maisons en pierre bien conservées. Mais le village a d’abord été musulman, comme c’est souvent le cas dans la région. D’ailleurs, le nom « Jérica » nous vient directement de l’arabe et signifie « flanc oriental d’une montagne ». Par contre, la conquête catholique s’est faite un peu plus tôt qu’ailleurs dans la région, au XIe siècle déjà. Nous devons la conquête de Jérica à Rodrigo Diaz de Vivar, un célébre leader militaire de Castille plus connu sous son surnom de « Cid ». Pour la petite histoire, Cid est également un nom arabe qui signifie « seigneur ». Malgré cette prise de pouvoir chrétienne, les musulmans ne furent pas expulsés avant le XVIIe siècle. Le fameux Jaime I est également passé par là pour conquérir la ville afin de l’offrir à son fils Jaime II pour en faire un petit royaume indépendant et une zone franche. Une situation qui perdura jusqu’au XVe siècle quand Jérica fut finalement rattachée à la couronne espagnole.

Santa Agueda la Nueva

Enfin un bâtiment religieux qui n’est pas coincé au milieu de minuscules ruelles! Cette église a même droit à sa propre place : la « Plaza de la Iglesia » et se laisse observer des passants. Elle a été construite en 1385 sous le règne des rois d’Aragon et est de style typique gothique valencien. Pendant la Guerre Civile Espagnole (1936-1939), elle a été très abîmée et a dû être détruite pour être reconstruite intégralement à l’identique quelques années plus tard grâce à la Direction générale des régions dévastées mise en place par le général Franco à la fin de la guerre. C’est un peu difficile à avaler qu’on doit cette superbe reconstruction au pire dictateur que l’Espagne ait connu mais au moins, le patrimoine historique a pu revivre.

Torre mudéjar de las Campanas

Difficile de louper cet édifice qui domine totalement le village! Cette superbe tour octogonale a été construite en 1616 sur la base d’une autre tour antérieure qui date de l’époque romaine. La petite forteresse à son pied date du XIXe siècle et a été construite comme muraille défensive pendant les guerres carlistes. Elle est de style mudéjar (ou maure) qui est le terme qui détermine les musulmans qui sont restés en Espagne après la conquête catholique dont l’art est unique en son genre. Cette tour est le seul édifice de ce style qui nous reste dans toute la Communauté Valencienne.

Le château

Jérica ne déroge pas à la règle du château sur la colline. Ce sera donc notre grimpette du jour! Mais l’effort en vaut la peine. Nous traversons une superbe pinède qui domine les petites gorges du rio Palancia et la Sierra de Espadan nous toise avec son relief incroyable!

Au sommet, il ne reste qu’une petite tour appelée judicieusement « la Torreta » (petite tour, tiens donc!). Jérica était un endroit stratégique dans le couloir qui relie Valence à Teruel, il était donc logique qu’une forteresse y trouve sa place. La construction du château date du XVe siècle et a vu défiler les divers rois d’Aragon. Il a été détruit pendant les guerres carlistes du XIXe siècles mais la destruction du château a permis de mettre à jour des vestiges archéologiques remontant jusqu’à l’Epoque Romaine. Au pied du château, se trouvent les ruines de l’ermitage de San Roque datant de la même époque et connaissant le même destin.

La Vuelta de la Hoz

C’est une petite réserve naturelle toute proche du centre du village. Elle fait partie du parc naturel de la Sierra de Espadan qui couvre toute la région. C’est idéal pour observer les immenses paroi de roche calcaire façonnée par l’érosion. C’est le meilleur endroit de toute la Communauté Valencienne pour observer la faune et la flore de montagne méditerranéenne. Nous avons d’ailleurs pu apercevoir quelques beaux spécimens de rapaces ainsi qu’une maman chamois avec son petit.

Le Rio Palancia

La réserve naturelle de la Vuelta de Hoz est en plein cœur de la Vallée du Rio Palancia. Ce petit fleuve, long de 85 kilomètres prend sa source dans la Sierra del Toro, un peu plus à l’est pour se jeter dans la mer Mediterranée entre Sagunto et Canet, même si, en cette saison, il s’assèche lors de son arrivée en plaine. A Jérica, il forme une petite gorge dans la Sierra de Espadan avant de retrouver un aspect totalement sauvage.

Notre petite randonnée du jour

La petite balade de la Vuelta de la Hoz nous ayant mis en appétit, nous décidons d’aller explorer, avec nos jambes, encore un peu plus cette vallée vraiment sympa. Nous commençons notre tour à travers des oliviers centenaires dont les champs sont arrosés grâce à un système d’irrigation qui ne sont pas sans rappeler les fameux bisses valaisans.

Le paysage se fait ensuite plus sec : une vraie garrigue méditerranéenne! Mais l’érosion a fait un superbe travail sur les roches calcaires de la région!

Quelques petites grottes viennent égayer un peu le paysage à l’instar des « Cuevas de Gallur ». Ce sont juste des particularités géographiques, elles n’ont pas été creusées par l’homme pour un usage particulier.

Enfin, ayant plus ou moins résisté à l’assaut du temps et des divers conflits, se dresse, au milieu de nulle part, une petite tour arabe datant du XIIe siècle et sobrement appelée « La Torre » (la tour).

Viver

Notre balade nous emmène au petit village voisin de Viver. Il est moins pittoresque que Jérica mais ses petites ruelles bordées de façades blanches immaculées nous donne déjà un avant-goût d’Andalousie. Sinon l’histoire reste la même : les arabes, Jaime I puis la couronne espagnole. Le village a presque entièrement été détruit lors de la Guerre Civile (1936-1939) car c’était un haut lieu de combats entre les Franquistes et les Républicains.

Viver ne possédant pas de gare, nous avons dû retourner à pied à Jérica pour pouvoir prendre notre train du retour. Mais dans un panorama pareil, ça ne nous a pas gêné le moins du monde! Le timing ne nous a juste pas permis d’explorer plus en profondeur le village. Mais comme ce ne sera sûrement pas notre dernier passage dans le coin, nous y reviendrons sûrement…

Nous sommes bien contents d’avoir suivi notre instinct pour aller découvrir cette belle vallée plus en profondeur! Le mois de septembre s’annonce propice à ce genre de petites escapades. Nous avons d’ailleurs des tonnes d’idées en réserve et comptons bien profiter des trésors que nous offre cette magnifique région dans les jours à venir.

Segorbe, un trésor caché de l’arrière-pays valencien

Une fois n’est pas coutume, nous nous éloignons de la côte pour nous enfoncer du côté de la Sierra de Calderona, la petite chaîne de montagne qui domine la plaine de la Huerta. Pour nous y rendre, nous empruntons la jolie ligne de chemin de fer Valence – Huesca. D’ailleurs en découvrant les lieux d’arrêt du train comme Teruel ou Zaragoza, notre esprit de voyageur est au taquet et meurt d’envie d’aller découvrir ces endroits pleins de promesses. Mais la Covid-19 est toujours là et l’Aragon en est une des région d’Espagne les plus touchées. Nous nous contentons donc de rester dans notre belle Communauté Valencienne qui nous en met déjà plein les yeux.

Segorbe

Après vingt-cinq minutes de train, nous changeons complètement de décor et arrivons dans la magnifique petite ville de Segorbe. Elle est idéalement située dans la vallée de la Palancia, à mi-chemin entre l’Aragon et la côte méditerranéenne. D’ailleurs, c’est à Segorbe que le roi Jaime I (Nous vous expliquons qui il est ici) arrivé d’Aragon, a établi sa base pour aller conquérir Valence. Malgré sa position centrale dans la région, Segorbe ne fait pas partie de la zone linguistique valencienne, on n’y parle que le castillan.

Le centre historique et ses petites ruelles typiques du sud de l’Europe témoignent du riche passé multiculturel de la ville. S’y sont succédé les Ibères, les Arabes, les Aragonais puis enfin les Valenciens. La guerre civile espagnole (1936-1939) a mis à mal le patrimoine culturel de la ville mais une énorme campagne de restauration a eu lieu dans les années 1990 donnant au lieu une idée de sa splendeur passée.

Anciennes fortifications

Il y a encore de beaux restes de la cité fortifiée d’antan. La muraille la plus ancienne date d’avant le XIIe siècle, en pleine période musulmane. Le centre historique regorge d’anciennes portes, elles aussi d’origines islamiques. Quant aux tours, elles sont plus récentes (XIV-XVe siècles) et la plus grande d’entre elle, la tour de la prison, mesure 21,3 mètres de haut. Une belle prouesse pour l’époque.

La cathédrale-basilique

Coincée dans les petites ruelles de la vieille-ville, l’énorme cathédrale de style gothique valencien a de la peine à dévoiler toute sa splendeur. (d’où le cadrage super pourri des photos, sorry…) Sa forme est un peu particulière car elle épouse les formes du relief et de l’ancienne muraille. Comme souvent en Espagne, elle a été construite sur les restes d’une ancienne mosquée. Elle date du XIIIe siècle et a été agrandie au XVIIIe siècle.

L’aqueduc

Le premier aqueduc de Segorbe fut construit au XIe siècle en pleine période arabe pour acheminer l’eau du Rio Palancia dans le village. Celui qui est visible aujourd’hui date du XVe siècle et a été bâti sur les ruines de l’ancien. Au XIXe siècle, il a été coupé en son centre afin de laisser passer la route. Un canal en métal a été construit pour relier les deux parties qui ont été sectionnées.

Castillo de la Estrella

Encore une fois, nous n’avons pas pu manquer l’occasion de grimper sur la colline qui domine la ville et qui s’appelle monte de Sopeña. Au sommet, on y trouve le castillo de la Estrella (Château de l’Etoile en français) qui a très probablement été construit sur une ancienne nécropole ibérique. La première construction, comme le reste de la ville, date du XIe siècle durant le règne musulman mais atteignit sa splendeur au XVe siècle quand Segorbe était un carrefour commercial important. Son déclin commença au XVIe siècle avec la construction de la « ville moderne » et du palais ducal (l’actuelle mairie) plus bas. Il connut un regain d’intérêt et un agrandissement au XIXe siècle pendant les guerres carlistes (plusieurs guerres ayant eu lieu en Espagne au XIXe siècle dont les enjeux étaient la conquête du trône royal). D’ailleurs, les fortifications encore visibles aujourd’hui datent de cette époque. Malheureusement, lors de notre passage, le site était fermé pour travaux de rénovation, nous avons dû nous contenter d’une petite partie des extérieurs.

La fermeture du château ne nous a pas empêchés d’admirer la superbe vue sur Segorbe, sa cathédrale, qu’on distingue beaucoup mieux depuis en haut que depuis les ruelles de la ville, et sur tout le paysage de la Sierra de Calderona.

Fuente de los 50 caños

Il nous faut sortir un peu de Segorbe et marcher un petit kilomètre en descendant en direction de la rivière pour découvrir cette magnifique fontaine et ses cinquante robinets, comme son nom l’indique. Chaque robinet est surmonté d’un emblème, un pour chaque province espagnole. Pour la petite leçon de géopolitique (oui, on se la pète un peu), l’Espagne est divisée en 17 communautés autonomes qui sont, elles, divisées en provinces. La Communauté Valencienne compte trois provinces : Valence, Castellon de la Plana et Alicante.

Petite randonnée de Segorbe à Navajas

Au mois d’août, ce n’est franchement pas le bon plan car le soleil cogne et il n’y a pas une once de courant. Mais nous sommes équipés de casquettes, d’une bonne crème solaire et d’une bonne réserve d’eau et il en faut beaucoup plus pour nous arrêter, surtout que nous sommes des amoureux de la chaleur. Quoique, avec 38 degrés, c’est quand même limite. Au moins, nous ne croisons personne en chemin. C’est l’idéal en temps de Covid et ça nous permet d’enlever les masques quelques instants. La balade commence dans les cultures d’arbres fruitiers. Il y a de quoi satisfaire tous les goûts : olives, figues, grenades, oranges, diverses variétés de prunes, poires, etc… Ensuite, le chemin traverse un maquis typiquement méditerranéen et un relief de calcaire où l’érosion a fait un superbe travail.

Salto de la Novia

Après l’effort, le réconfort! Et pas n’importe lequel! Une superbe cascade de plus de trente mètres de hauteur se jette dans le Rio Palancia et nous donne une fraîcheur bienvenue. Mais nous ne sommes pas seuls à vouloir profiter d’un répit pendant cette canicule, le coin est très fréquenté, surtout par des baigneurs. Mais malgré le monde, le coin vaut le détour.

La suite de la balade se fait dans des conditions beaucoup plus agréables puisque nous nous enfonçons dans la forêt bien ombragée qui longe le Rio Palancia. Là aussi, nous pouvons admirer le travail de Dame Nature sur la roche calcaire très friable du coin.

Le long du chemin, nous rencontrons une dizaine de petites fontaines du même style que la Fuente de los 50 caños mais en plus petit. L’eau y est puisée directement depuis le Rio Palancia tout proche. Elles faisaient office de puits à l’époque. Malheureusement pour nous, l’eau n’y est pas potable et nous ne pouvons pas remplir nos gourdes. Nous avons été pourtant prévoyant avec l’eau (quatre litres pour une marche d’à peine plus d’une heure) mais il fait tellement chaud et sec que nos réserves commencent déjà à s’amenuiser.

Navajas

Après un peu plus d’une heure de marche et des litres de transpiration perdus, nous voici arrivé au petit village de Navajas. C’est tout petit et il n’y a pas grand chose à voir mais nous trouvons tout de même une jolie terrasse à l’ombre pour boire une boisson fraîche bien méritée avant de prendre le train du retour.

C’est encore un véritable petit trésor que nous avons déniché là. L’arrière-pays valencien est tout aussi intéressant que le littoral, voire plus. Nous avons pu faire coïncider culture et nature comme on aime tout en étant en dehors des gros circuits touristiques. Nous allons d’ailleurs mettre tout en œuvre pour faire d’autres découvertes de ce genre.

El Puig de Santa Maria et son monastère royal

Depuis que nous nous sommes posés dans la région du Levante, nous sommes toujours à la recherche de coins sympas dans la Communauté Valencienne. Lors de nos longues heures passés à prospecter, nous avons déniché un village qui avait l’air de valoir le détour situeé seulement à deux arrêts plus au sud sur la ligne de Cercanias qui va à Valence.

El Puig de Santa Maria (à prononcer Poudje car c’est du valencien) est un petit village situé à équidistance de Valence et de Sagunto. C’est un véritable havre de paix dans la torpeur estivale où nous avons été accueillis comme des rois, les touristes étrangers se faisant vraiment rares cette année à cause de la pandémie de Covid 19. Les ruelles endormies et les façades des maisons blanchies à la chaux nous donnent déjà un petit avant goût de « pueblos blancos » (villages blancs typiques d’Andalousie) andalous même si la culture, la langue et les coupoles de tuiles bleues sont typiquement valenciennes.

Colline de la Pata

Vous nous connaissez, dès qu’il y a une colline à escalader, nous répondons présents! La colline de la Pata est la plus grande de la ville car, oui, il y en a plusieurs. A son sommet, on y trouve les ruines du château de Jaime I. En parlant de ruines, ce sont juste quelques cailloux éparpillés par terre qui sont parvenus jusqu’à nous. C’est bien dommage car l’histoire de cette forteresse est vraiment intéressante. Elle fut construite au XIe siècle par les Arabes. Pour rappel, à cette époque, l’Espagne du sud était musulmane. Mais au XIIIe siècle, un jeune roi fougueux venu d’Aragon du nom de Jaime I, surnommé « el conquistador » (le conquérant en français) vint conquérir la région et chasser les musulmans. Très vite, il céda le territoire à un local, Arnau de Cardona car, après avoir conquis les Baléares, il devait encore aller conquérir la région de Murcia. Rien que ça! Ensuite, se déroula la guerre des Pedros, tout simplement car elle impliqua quatre Pedro différents qui tous occupèrent le château : Pedro el Ceremonioso, Pedro de Jérica, Pedro Boïl et Pedro IV d’Aragon. Ils n’étaient pas très inspirés pour les prénoms à l’époque! Finalement, le dernier, Pedro IV d’Aragon ordonna la destruction de l’édifice, d’où les trois pauvres pierres en croix observables aujourd’hui.

Malgré un site historique plutôt maigre en vestiges, nous ne sommes pas déçus d’avoir fait l’effort de grimper cette petite colline car la vue vaut à elle seule le détour. Le panorama s’étend sur le village d’El Puig, sur la Huerta (la grande plaine fertile qui entoure Valence), sur la Sierra de Calderona, sur la mer Méditerranée, jusqu’à Sagunto au nord et jusqu’à Valence au sud.

Colline Santa Barbara

Nous vous avions bien dit qu’il n’y avait pas qu’une seule colline au Puig! Etant plus petite que sa voisine, la Pata, la colline de Santa Barbara n’offre pas une vue de ouf sur les alentours. Par contre, une magnifique pinède ainsi que quelques oliviers bordent ses flancs. Pas de doute, nous sommes bien en région méditerranéenne! Et c’est tant mieux car le soleil tape fort et nous avons besoin de ces arbres pour nous faire un peu d’ombre! Pour y monter, nous empruntons le « Chemin des Poèmes », car il y a quelques poèmes de poètes locaux, en castillan ou en valencien, affichés au bord du sentier.

A son sommet, se trouve le tout petit ermitage de Santa Barbara, bien mieux conservé que le château. Il a été construit au XVIIIe siècle, en l’honneur de Santa Barbara, la patronne des travailleurs.

Monastère royal

Ce mastodonte est le bâtiment emblème du village. Le monastère royal, également appelé monastère de Santa Maria, a été construit sur ordre de Jaime I, le fameux roi conquistador, dans le but de convertir la population locale au catholicisme. D’ailleurs, la Vierge du Puig a été, pendant des siècles, considérée comme la patronne de tout le royaume de Valence, dont le territoire correspond plus ou moins à la Communauté Valencienne actuelle. Elle est encore fêtée aujourd’hui, chaque année, le 9 octobre. Si vous êtes déjà venus dans la région et si vous vous êtes demandés (comme nous!) pourquoi tout se référait au 9 octobre, maintenant vous savez! Le bâtiment est de style Renaissance avec quatre tours défensives à chaque coin. L’église attenante est, elle, de style gothique. Pourtant, tout date de la même époque (XIIIe – XIVe siècle). L’emplacement du monastère n’est pas un hasard. Les musulmans avaient décrété cette petite colline libre de foi. Jaime I en a profité pour s’approprier le lieu afin d’asseoir la suprématie catholique. Aujourd’hui, le site est fréquemment visité par la famille royale espagnole. Il possède deux héliports, un pour le roi, un pour la reine. Si le couple royal se promène dans deux hélicoptères différents, ce n’est pas pour se la péter, ni pour éviter les disputes conjugales mais pour garantir la gouvernance du pays en cas de crash d’un des deux appareils. L’Espagne est une monarchie parlementaire et le roi a parfois son mot à dire en politique, principalement en ce qui concerne le Senat. Même si le pays ne s’arrêterait pas complètement de tourner sans son monarque, ce serait un peu embêtant que toute la famille royale périsse dans un crash. Il n’y aurait plus personne pour prononcer le fameux discours du Nouvel An ou pour soutenir « La Roja », notre équipe nationale de football, lors des compétitions internationales.

El Puig de Santa Maria est un bel exemple de l’Espagne rurale avec ses ruelles, sa torpeur estivale, ses heures de sieste et son bâtiment religieux autour duquel toute la vie du village s’organise. Pourtant, nous ne sommes qu’à une dizaine de kilomètres de Valence qui est la troisième ville du pays et qui est bien plus dynamique!

C’est le genre de coin un peu hors des sentiers battus que nous affectionnons particulièrement et qui, en Europe, sont encore assez faciles d’accès. Même si nous savons pertinemment que nous devons ce calme en partie à la crise du Covid-19.

Castellón de la Plana et le méridien de Greenwich

En étudiant de plus près la carte de la Communauté Valencienne, nous remarquons qu’il y a un point assez important dans le quart nord de celle-ci, qui nous est pratiquement inconnu et au fort joli nom : Castellón de la Plana. C’est le genre de coin, loin des lieux touristiques, que nous affectionnons de découvrir. Pour ce faire, nous utilisons un transport public que nous apprécions particulièrement : le train. Depuis Sagunto, il suffit de quarante minutes de Cercanias ou plutôt de Rodalies en Valencien (l’équivalent du TER français ou de la S-Bahn suisse) pour nous rendre à notre but du jour.

Castellón de la Plana n’est qu’une petite capitale de province mais quand même la quatrième ville de la Communauté Valencienne. Vu sa situation au nord de la région, l’ambiance catalane est très présente. Elle n’a pas la beauté de sa grande voisine du sud, Valence ni le potentiel touristique d’Alicante, et notre arrivée nous laisse un peu dubitatifs, ce n’est pas vraiment fou. Par contre, ce qui nous frappe, c’est une vraie douceur de vivre très méditerranéenne et très agréable, même en dehors des heures de sieste. (de 14 heures à 17 heures environ, un peu plus en plein été). Mais à force de déambuler dans les ruelles, nous réussissons quand même à trouver des sites dignes d’intérêt et finissons même par trouver du charme à cette ville, de prime abord, ordinaire.

Plaza Mayor

C’est clairement l’atout charme de la ville! En Espagne, il est courant de nommer la place principale, Plaza Mayor (Grande Place). Castellón de la Plana ne fait pas exception à la règle et aurait tort de se priver d’un nom aussi grandiloquent car ce lieu est vraiment de toute beauté même s’il n’est pas aussi grand que son nom pourrait laisser à supposer. Elle est bordée par le bâtiment du marché central et par l’Ayutamento (la mairie), une superbe bâtisse de style baroque construite entre les XVIIe et XVIIIe siècles.

Cocathédrale Santa Maria

Située également sur la Plaza Mayor, cette magnifique cathédrale de style gothique valencien date du XIVe siècle. Mais il ne reste en réalité que peu de vestiges de cette époque car l’édifice fut presque entièrement détruit pendant la guerre civile espagnole en 1936. Il faut reconnaître que la reconstruction est assez réussie! Sa particularité réside dans son campanile (ou clocher si vous préférez), complètement séparé du bâtiment principal, surnommé ici El Fadri (aucune idée si ce nom a une signification précise, nous ne nous sommes pas encore mis au valencien). Cette tour octogonale, haute de 58 mètres, date du XVe siècle et possède quatre étages : une salle de l’horloge, une prison, le logement du sonneur de cloche et la salle des cloches. Une vraie prouesse architecturale pour l’époque!

Parque Ribalta

Il faisait déjà chaud en Espagne bien avant le réchauffement climatique! Il est donc courant de trouver, dans chaque ville, un parc avec de hauts arbres accordant une ombre bienvenue. Le parc de la Ribalta a été conçu à la fin du XIXe siècle, lors de l’essor industriel de Castellón de la Plana. Il a été construit aux abords de la gare, qui ne se trouve plus du tout au même endroit aujourd’hui, afin de montrer aux voyageurs du chemin de fer la bonne santé économique de la ville. Il est vrai qu’après une bonne journée de visite sous la chaleur du mois d’août, c’est agréable de se poser sur un de ces magnifiques bancs en céramique nous donnant un avant-goût d’Andalousie.

Parc du méridien

Il se mérite ce coin! Il faut marcher cinquante minutes depuis le centre-ville pour y arriver. Mais il en faut bien plus pour nous décourager, surtout que nous avions oublié à quel point il est vraiment facile d’être piéton en Europe! Mais nous n’avons pas fait tout ce trajet juste pour un parc, même si c’est une zone écologique de végétation humide de Méditerranée ainsi qu’un sanctuaire pour la faune locale. Le but de notre quête, comme vous l’avez sûrement deviné grâce au titre de ce paragraphe, c’est le méridien de Greenwich. Le seul et unique! Le point zéro de longitude! Le point de départ pour tous les fuseaux horaire du monde! Mais pas seulement! Nous sommes au point exact où il croise le quarantième parallèle nord. Du pain béni pour des passionnées de points géographiques comme nous! Au XIXe siècle, plusieurs scientifiques internationaux se sont installés à Castellón de la Plana pour étudier ce fameux point, mais il n’a été découvert qu’en 1988. Par contre, bien que l’Espagne soit alignée sur ce fameux méridien, son heure, elle, est alignée sur celle de…. Berlin! La faute à Franco, grand dictateur fou espagnol qui a dirigé le pays d’une main de fer de 1936 à 1975 et qui, bien qu’officiellement neutre durant la Seconde Guerre Mondiale, s’est acoquiné en douce avec l’Allemagne nazie au point d’adopter son fuseau horaire.

Basilique Santa Maria del Lleido

C’est en nous rendant au parc du Méridien que nous sommes tombés presque par hasard sur ce petit bijou. Cette petite église au milieu de nulle part a quand même été consacrée basilique par le pape Jean-Paul II en 1983 car c’est un des hauts lieux du culte à la Vierge Marie. C’est également une étape importante d’un des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle et les pèlerins peuvent même prétendre à une bénédiction deux fois par jour. Si l’extérieur est typiquement de style valencien assez épuré (XIVe puis XVIIe siècles), l’intérieur est décoré beaucoup plus richement, avec un style plutôt baroque italien.

Castellón de la Plana est typiquement la ville qui ne paie pas de mine au premier abord mais qui dévoile petit à petit ses quelques trésors à celui qui sait observer. C’est exactement le genre de lieu que nous affectionnons tout particulièrement, hors des sentiers battus, car nous y trouvons souvent une âme, une authenticité et peu de touristes. Une bonne journée suffit pour la visiter mais nous vous recommandons chaudement un petit détour dans le coin.

Sagunto, sa juderia, son château et sa playa

Nous vous l’annoncions depuis des mois! Cette fois, ça y est! Nous sommes enfin arrivés en terre hispanique! Pour y arriver, nous avons choisi le train par conviction écologique, mais aussi parce-que nous étions bien chargés vu que nous avons pris toutes nos affaires restées en Suisse. Il nous reste encore quelques petites tracasseries administratives mais dans l’ensemble, nous sommes bien installés.

Nous avons également profité de jouer les touristes pour vous présenter le lieu où nous avons posé nos sacs le temps que la situation due à la Covid-19 se décante.

Mais, c’est où Sagunto?

En Espagne! (Sans blague!) Sagunto est une petite bourgade à vingt-cinq kilomètres au nord de la ville de Valence sur la côte méditerranéenne. Plus de 60’000 habitants quand même la petite bourgade, mais à l’échelle espagnole, c’est un village. A l’échelle suisse, c’est une mégapole! C’est le fief familial de Fabien où sa maman et ses tantes possèdent un appartement près de la plage. (Un grand MERCI à elles de nous laisser l’occuper!) A première vue, ça ressemble à une station balnéaire sans intérêt mais, en y regardant de plus près et en s’éloignant de la plage, il y a quelques sites dignes d’intérêt.

Sagunto

Sagunto se divise en deux centres urbains distincts : Sagunto, à flanc de colline où se trouvent la gare, le centre historique et le château et Puerto de Sagunto, sur le littoral, où se trouvent le port, les grands centres commerciaux, la zone industrielle et la station balnéaire.

Le centre historique

Il faut s’éloigner du quartier peu reluisant de la gare en direction des collines pour trouver ce petit bijou. On y retrouve la torpeur espagnole d’un après-midi ensoleillé durant l’heure de la sieste. C’est un vrai labyrinthe de petites ruelles dont le tracé n’a pas du tout changé depuis le Moyen-Age. Au cœur du quartier, se trouve la Juderia, le quartier juif dont les habitants avaient une grande influence sur la prospérité commerciale de Sagunto, qui s’appelait à l’époque médiévale Morvedre. Au centre, se dresse, tel un géant, la cathédrale Santa Maria, un monstre de style gothique valencien bâti au XIVe siècle sur le site d’une ancienne mosquée. Ces changements d’affectation de lieux sacrés ne sont pas rares, la très catholique Espagne a un passé religieux très multiculturel.

Le théâtre romain

Sagunto n’a pas attendu l’arrivée des juifs pour être un grand centre névralgique de la côte méditerranéenne. C’était déjà le cas à l’époque romaine quand « Saguntum », le nom latin de Sagunto, était une grande capitale régionale. En témoigne le théâtre romain, construit sous Tibère au Ier siècle de notre ère. Dans les années 1990, une grande campagne de restauration a été lancée afin de redonner vie au lieu en y créant une scène où sont joués des concerts ou des pièces de théâtre. (hors Covid, bien sûr!) dans un style très XXIe siècle. La restauration n’a pas été au goût de tout le monde et a créé de vives polémiques, l’affaire a même été portée devant les tribunaux. Tandis que certains ont applaudi l’audace architecturale, d’autres, plus puristes, ont crié au scandale….

Le château

Le château de Sagunto est en fait une immense forteresse qui s’étend sur deux collines surplombant la ville et toute la plaine aux alentours. Il a été bâti au Xe siècle sur le site du forum romain et sur l’ancien village du peuple ibère. Les murs extérieurs encore debout datent de l’époque musulmane. A l’intérieur, ce ne sont plus que des ruines mais on peut y découvrir le passage des différents peuples (Ibères, Romains, Arabes, Wisigoths,…) qui ont habité le coin à travers les siècles. La ville a été prise dans tous les conflits qui ont ravagé la péninsule ibérique à l’époque médiévale et le château a pas mal morflé à chacun d’eux, d’où un état de conservation assez mauvais.

La nécropole juive

Au pied des remparts, on peut apercevoir des petites cavernes creusées dans la roche. Ce sont tout simplement les caveaux d’un ancien cimetière juif. Pendant la guerre civile espagnole, ces petites grottes ont servi d’abris aux réfugiés.

Et la vue qui en jette!

Si construire des châteaux sur les collines était, à l’époque, une stratégie de défense, nous profitons aujourd’hui, en temps de paix, de la superbe vue que nous offre le site. Le panorama s’étend de la mer méditerranée, à la Huerta (la plaine fertile qui entoure Valence) jusqu’aux magnifiques montagnes de la Sierra Calderona. Nous ne regrettons aucunement le petit effort qu’il faut faire pour grimper jusqu’à la forteresse.

Puerto de Sagunto

Pour être honnête, c’est beaucoup moins glamour que le vieux village à flanc de montagne. C’est une station balnéaire qui a été montée de toutes pièces lors de la démocratisation du tourisme de masse. Malheureusement, l’Espagne a aussi connu le massacre architectural des décennies 1960-1970, surtout sur le littoral. Mais en fouinant un peu, nous avons réussi à trouver une histoire et quelques pépites (très!) bien cachées.

Passé industriel

En 1917, une compagnie minière s’installa dans les parages afin d’y extraire divers métaux, principalement du fer. Elle y construisit un port ainsi que divers ateliers de réparation de bateaux. Avec le nombre d’emplois crées, une petite communauté prit ses quartiers dans les environs et fonda le village de Puerto de Sagunto qui connut son apogée dans les années 1920 avec l’industrie sidérurgique. Apogée qui se poursuivit durant la Guerre Civile Espagnole puis la Seconde Guerre Mondiale grâce au transport maritime des oranges. Cet âge d’or continua jusque dans les années 1980. Aujourd’hui, il reste quelques vestiges architecturaux de cette époque comme des anciens bâtiments industriels, un quartier ouvrier et des villas.

Eglise Nuestra Senora de Begonia

C’est sûrement le plus bel exemple de l’âge d’or de Puerto de Sagunto. Cette petite église baroque a été construite en 1929 sur le modèle de celle de Bilbao, une partie des nouveaux venus pour travailler dans les usines sidérurgiques venait du Pays Basque. L’architecture classique n’est pas sans rappeler les années glorieuses de la conquête espagnole en Amérique latine.

La playa

L’attrait principal de Puerto de Sagunto au XXIe siècle reste quand même la plage. Cette année, nous avons une chance incroyable car la mer est turquoise et le sable, même s’il n’est pas blanc, est vraiment fin. Fab, qui est venu pratiquement chaque année depuis son enfance, ne se souvient pas d’y avoir vu une mer aussi belle.

Finalement, notre lieu de villégiature s’avère être une vraie perle culturelle dans un environnement assez sympa!

Pour conclure, nous avons une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise est que le Coronavirus est toujours là, principalement dans les régions de la Catalogne et d’Aragon et que, suite à ça, nous n’allons pas trop crapahuter à travers toute l’Espagne. La bonne nouvelle est qu’apparemment, la Communauté Valencienne où on recense relativement peu de cas de Covid, regorge de ce genre de petits trésors et que nous sommes très motivés à aller les découvrir.

Bilan de notre séjour suisse

Notre retour forcé en terres helvétiques n’aura finalement pas duré si long que ça. Le temps aura passé relativement vite entre notre quarantaine, les rencontres avec les proches, les tracas administratifs, les kilomètres de randonnées dans nos belles Alpes et la préparation de notre nouvelle vie d’expats en Espagne. Nous avons également avancé notre départ de plus de deux semaines car, recrudescence de Covid-19 oblige (encore!), nous ne savons pas si les frontières vont encore rester ouvertes longtemps.

Nous allons essayer de dresser un de nos traditionnels bilans de ces deux derniers mois un peu particuliers pour nous.

En chiffres

Durée du séjour

56 jours, presque deux mois.

Distance parcourue

Environ 2500 km grâce à notre vaillante « Lechuga » (notre voiture gentiment prêtée par nos amis, merci encore à eux!!) qui a bravé les routes de montagnes, ainsi que plusieurs centaines de kilomètres à pied dans nos belles Alpes Valaisannes. Promis, la prochaine fois, nous essaierons de penser à télécharger une application podomètre!

Cantons traversés

Quatre : Genève, Vaud, Valais, Fribourg. Notez quand même que nous avons bien pris soin d’éviter la Suisse Allemande!

Extrêmes de températures

9 degrés lors de la superbe météo automnale de début juin, 32 degrés lors de belles journées estivales dans la vallée du Rhône. Bref, un été typique suisse.

Extrêmes d’altitudes

373 mètres à Genève (non, il n’y a pas la mer en Suisse, snif!), 2436 mètres à la Grande-Dixence.

Nombres de bisses parcourus

Huit : bisse Vieux, bisse du Milieu, bisse d’en Bas, bisse de Saxon, bisse de Chervé, bisse de Clavau, bisse du Ro, bisse de Vex.

Nombre de randonnées

Pas assez à notre goût mais la météo pourrie du mois de juin, notre job et nos divers rendez-vous ont pas mal piétiné sur notre emploi du temps.

Nombre d’apéros et de bouffes

Trop pour notre petit foie habitué à manger sainement! Mais c’était bien sympa!

Nombre de nouveaux venus rencontrés dans nos familles respectives

Six : un neveu, une nièce, un neveu à quatre pattes et trois petits cousins.

Et alors? Comment ça s’est passé??

En deux mots : relativement bien. Nous nous attendions à pire. Nous avons lu des billets d’autres voyageurs sur leur retour au bercail et la tendance est à l’euphorie au début de retrouver les proches et certaines bonnes choses du quotidien avant de sombrer dans une déprime du retour. Pour nous, à cause des circonstances particulières liée à la Covid, c’est exactement le contraire qui s’est produit. Nous nous sommes retrouvés seuls, en quarantaine sous une météo digne d’un automne pourri. Nous avons vraiment passé de sales quarts d’heure psychologiques. Puis, les quatorze jours ont fini par passer, l’été s’est enfin installé et nous avons pu rencontrer du monde. D’ailleurs, les invitations ont été tellement nombreuses que nous avons dû tenir un agenda! Mais nous avons vraiment passé de bons moments avec des gens que nous n’avions pas revu depuis plus de deux ans, voire plus pour certains. Nous profitons de cet article pour remercier tous ceux qui ont partagé un moment avec nous durant notre séjour en Suisse!

Malgré quelques tracasseries administratives bien embêtantes, nous plonger dans la préparation de notre nouvelle vie nous a filé la pêche et nous a bien boosté le moral!

Les trucs de ouf qui nous ont marqué lors de notre retour en Suisse

Parce-que nous nous sommes habitués à d’autres façons de vivre, à d’autres coutumes, à d’autres climats que nous avons totalement hallucinés en reprenant quelques habitudes typiquement suisses ou européennes. A prendre avec humour…

Il ne fait jamais nuit dans ce pays!

La faute au solstice d’été et à une position géographique bien trop septentrionale à notre goût! A cinq heures et demie du matin, il fait grand jour! A 22 heures, il fait toujours jour! Le crépuscule dure trois plombes! Nous qui étions habitués à l’interrupteur jour/nuit des Tropiques et à la nuit noire dès 19 heures, voire plus tôt à certains endroits, nous avons été complètement déphasés par tant de lumière du jour.

Il n’y a pas un déchet par terre!

C’est plutôt une bonne nouvelle! Les montagnes de déchets que nous avons vues un peu partout dans le monde ont fait partie de nos plus grandes déceptions de voyageurs. Donc de voir des paysages vierges de tout plastique, c’est un réel bonheur!

On peut traverser la route sans craindre pour sa vie!

Déjà, il y a des passages piétons et en plus les voitures s’arrêtent pour nous laisser traverser. Parfois, il y a même des feux rouges, et c’est respecté! Nous qui étions devenus experts pour esquiver les scooters au Vietnam ou en Thaïlande, nous avons dû apprendre à nous discipliner.

Le coût de la vie

Y a-t-il vraiment des gens ici qui arrivent à vivre sans devoir vendre tous leurs organes?

Il est impossible de rater un plat!

Il y a 12 degrés différents de chaleur sur la cuisinière et le four possède une multitude de programmes de cuisson! Souvent, en voyage, nous avions juste le choix entre la grande flamme ou la très grande flamme des cuisinières à gaz hors d’âge.

La randonnée, c’est dans les gènes de chaque Suisse!

Du coup, c’est facile d’accès, bien balisé et surtout, c’est gratuit! Il y en a pour tous les goûts : de la petite balade tranquille au trek de haute montagne. Revers de la médaille, les sentiers sont devenus de vraies autoroutes surpeuplées.

L’accueil et le sourire à la Suisse

No comment! Mais nous nous sommes pris une sacrée baffe!

Le négativisme ambiant

A croire que se plaindre est le sport national.

Quel accent!

Vous aussi vous trouvez que les Vaudois parlent avec le nez? Comment ça le dîner est le repas de midi? Nous sommes à Nendaz et pas « en haut à Ninde », même si c’est en Valais!

Nous avons dû trop côtoyer de Français durant notre périple car nos beaux accents régionaux nous font bien marrer.

Le choix hallucinant de sortes de pâtes au supermarché

Pour Van qui est « pasta addict », c’est le paradis! Plus sérieusement, le choix presque infini de tous les produits nous laisse dubitatifs. Nous ne comprenons plus cette tendance à la surconsommation.

La bonne eau pure des Alpes Valaisannes

Pas besoin d’acheter des bouteilles en plastique d’eau minérale, l’eau est potable partout, sauf mention contraire. Il est facile de remplir nos gourdes dans presque n’importe quelle fontaine. Par contre, elle est super calcaire et nous devons utiliser une tonne de crème hydratante après chaque douche pour ne pas arborer une belle peau de serpent!

Beau pays mais sec!

C’est une expression typiquement valaisanne qui signifie que c’est l’heure de l’apéro, que les verres n’ont pas été remplis et qu’il commence à faire soif! Mais nous pouvons également utiliser cette expression au sens littéral car, par beau temps, le taux d’humidité n’excède pas 20% et, après un climat tropical bien humide (plus de 85%), nos bronches souffrent de la sécheresse.

Comment ça c’est fermé le dimanche?

Et en plus, on ne peut même pas manger à n’importe quelle heure!!

Sérieusement, vous mangez le riz avec une fourchette?

Essayer avec une cuillère, c’est beaucoup plus facile!

Ça ne vous a pas manqué la fondue?

Question posée à peu près un million de fois depuis notre retour. Sérieusement, quand il fait 35 degrés sous un soleil de plomb et une humidité de plus de 85%, avez-vous vraiment envie d’une fondue? Non? Ben nous non plus! Et pour être totalement honnête, la fondue c’est juste du pain trop sec avec du fromage trop cuit.

Next stop : España!!

Nous vous l’avions déjà annoncé dans notre précédent article, notre prochaine étape sera l’Espagne. Nous nous installerons à Puerto de Sagunto, dans le fief familial à Fab, en attendant de voir comment va évoluer la pandémie de Coronavirus. Vu la quantité de bagages que nous avons et notre petite fibre écologique, nous y descendrons en train via Valence (en France), Perpignan et Barcelone.

Mais c’est où Puerto de Sagunto?

A un peu plus de 1200 kilomètres de la Suisse. Plus précisément, c’est à 25 kilomètres au nord de Valence (en Espagne cette fois), la troisième ville du pays sur la côte méditerranéenne. Bref, il y a bien pire comme endroit! Surtout que, selon Google Maps, nous ne logerons qu’à 130 mètres de la mer!

Nous espérons pouvoir profiter de (re)découvrir ce coin de pays si la Covid-19 nous laisse un peu tranquille. Nous n’avons pas d’autres projets pour l’instant car nous n’avons aucune idée de l’évolution de la situation dans les prochains mois à venir. A court terme ce sera playa, un peu de tourisme en terre hispanique, randonner sur les différents GR du pays, installer une bonne connexion internet si nous voulons continuer nos activités en ligne et trouver un chauffage pour l’hiver pour Van la frileuse.

Nous ne manquerons pas de partager avec vous nos nouvelles aventures et si vous pensez vous rendre en Espagne, n’hésitez pas à nous faire signe!

Retour en Suisse et nouveau départ

Voilà presque un mois que nous sommes de retour en Suisse, retour qui s’est déroulé dans des conditions un peu particulières. Nous allons vous raconter tous les états d’âmes que nous avons connus et par lesquels nous passons encore maintenant et, en fin d’article, nous allons parler d’avenir avec notre nouveau projet en préparation.

Un retour, ça se prépare

Tous les voyageurs au long cours vous le diront : préparez votre retour, ça permettra d’amortir la chute. Sauf que notre retour n’était pas du tout prévu! Nous étions bien partis dans notre vie de nomades mais voilà, un méchant virus a changé la donne. Avec la fermeture des frontières et la galère pour renouveler notre visa en Malaisie, nous n’avons pas eu d’autres choix que de rentrer en Suisse. Un retour de voyage au long cours, ce n’est jamais évident, mais quand il n’est ni prévu, ni souhaité, c’est moralement difficile à accepter même si nous savions dès le départ que ce ne serait qu’une situation provisoire.

Pas de grandes retrouvailles…

Le point positif d’un retour, c’est de pouvoir revoir ses proches. Mais Covid-19 oblige, nous avons dû observer une période de quarantaine avant les retrouvailles. Mais nous nous sommes rattrapés après les quatorze jours réglementaires. Nous avons pu rencontrer les nouveaux membres de nos familles : notre nièce Lucie même si elle a été moyennement enthousiaste à voir son « Tonton Ayent », notre neveu à quatre pattes Barney et rendez-vous est pris pour faire la connaissance de notre neveu Samuel. Nous sommes ravis que la vie ait suivi son cours pour les personnes restées ici pendant notre absence car notre première impression à notre arrivée a été que rien n’a changé en deux ans et demi… sauf le présentateur vedette du téléjournal!

Il nous reste encore du monde à voir avant notre départ. Nous sommes tellement sollicités que nous avons dû ouvrir un agenda pour nous organiser! Nous qui avions pris l’habitude de vivre au jour le jour… Nous ne nous plaignons pas, nous sommes vraiment ravis de revoir nos proches et amis! Ils profitent juste de nous voir quand ils en ont l’occasion vu que nous leur avons déjà annoncé notre prochain départ.

Quand la météo s’en mèle…

Quand nous nous sommes résignés à prendre nos billets de retour, nous avons relativisé en nous disant que nous avions de la chance de rentrer au mois de juin et pas en plein hiver. Sauf que cette année, la météo des deux premières semaines de juin était digne d’un mois de novembre! Surtout en altitude où nous sommes! Notre moral, qui n’était déjà pas bien haut, en a pris un coup! Nous guettions la moindre éclaircie pour aller faire une petite marche entre deux averses emmitouflés sous des couches d’habits tant nous étions en choc thermique. L’avantage de ce temps pourri c’est qu’il n’y avait absolument personne sur les sentiers. C’était parfait pour la distanciation sociale. Heureusement, l’été a fini par arriver amenant avec lui le soleil et des températures supérieures à trente degrés. Tout ce que nous aimons!

Retour au métro, boulot, dodo???

Non!!! Surtout pas!!! Sur ce coup là, nous sommes particulièrement chanceux. Grâce à nos petits boulots en ligne, nous pouvons couvrir nos frais sans puiser dans nos économies. Il suffit juste d’une bonne connexion internet. Nous pouvons travailler à notre rythme aux horaires que nous souhaitons. C’est une situation qui nous convient à merveille même si ne pas se tuer à la tâche pour un « vrai travail » bien rémunéré est socialement inacceptable en Suisse.

Nous avons également la chance de loger dans l’appartement des parents de Fab (un grand MERCI à eux!!) qu’ils possèdent à Haute-Nendaz, une station de montagne des Alpes Valaisannes. L’ambiance est plus cool qu’en ville car c’est un lieu dédié aux loisirs : ski en hiver, randonnées en été. Nous sommes peu happés par le stress permanent de la vie à l’occidentale même si nous nous rendons parfaitement compte d’être en décalage total avec la population locale.

Nous profitons d’être proche de la nature pour effectuer des kilomètres de randonnée, surtout depuis le retour du soleil. Grâce à nos heures passées dans la jungle tropicale, nous avons pris l’habitude d’observer les animaux ce qui nous permet maintenant de reconnaître les espèces locales qui peuplent nos Alpes. Nous redécouvrons notre pays avec nos yeux de touristes. Chose que nous avions rarement le temps de faire auparavant.

Déprimés nous?

Il y a des hauts et des bas. Nous avons la chance de n’être que de passage et de plancher sur de nouveaux projets. Mais avec le tourbillon des retrouvailles, des démarches administratives et de la vie en général, nous avons l’impression que ces deux ans et demi ont été balayés d’un revers de la main. Nous sommes conscients que chacun a sa vie et que nos choix ne concernent que nous. Nous ne cherchons pas non plus à être compris dans notre démarche mais parfois, nous nous sentons isolés sur notre planète de globe-trotteurs. Heureusement, nous gardons le contact avec d’autres voyageurs rencontrés au cours de notre long périple et nous nous remontons le moral mutuellement.

Rassurez-vous, ces déprimes sont passagères et nous sommes super motivés à continuer l’aventure. C’est ce qui nous fait tenir. Les petites merveilles que nous avons rameneés comme du curry malais ou du masala chaï nous rappellent nos meilleures moments en Asie et nous mettent un peu de baume au cœur.

Mais parlons plutôt d’avenir!

Nous vous promettons des news depuis des semaines. Enfin les voici!

Nous allons reprendre la route en direction….. (attention, roulement de tambour!!!)…. L’Espagne!

Vous vous imaginiez sûrement quelque-chose de plus exotique comme les steppes mongoles ou la savane africaine mais nous ne sommes pas encore au clair avec la possible évolution de l’épidémie de Covid-19.

Le choix de l’Espagne n’est pas un hasard, c’est le deuxième pays d’origine de Fab. Comme nous n’avons pas beaucoup d’espoir de voyager cette année, toujours à cause de ce satané virus, nous nous y installerons en attendant des jours meilleurs. Nous avions annoncé le 15 août comme date de départ, ce sera sûrement avant. Nous espérons avoir tort mais nous sentons arriver une deuxième vague de Covid-19 et nous ne voulons pas rester bloqués en Suisse en cas de nouvelle fermeture des frontières. Comme l’Espagne se trouve dans l’espace Schengen, nous n’aurons pas de problème de visa en cas de deuxième confinement.

Même si ce n’est pas un pays inconnu pour nous, l’Espagne nous offrira encore beaucoup de choses à découvrir. L’hiver y est un peu moins rude qu’en Suisse et en plus, une bonne partie est au bord de la mer!

Ensuite, nous suivrons de près l’évolution de la situation pour poursuivre nos aventures. Nous avons un infime espoir de pouvoir passer l’hiver sous les cieux plus cléments du Maroc.

Notre grand projet pour le futur est le continent africain, que nous ne connaissons pratiquement pas et qui nous fait rêver. Mais pour l’instant, ça reste de la musique d’avenir…

Bilan du confinement et fin d’une aventure

Si vous nous avez suivis sur les différents réseaux sociaux, vous n’êtes pas sans savoir que nous sommes, malheureusement, de retour en Suisse. Nous avons pris la décision du retour la mort dans l’âme après plus de deux mois et demi de confinement en Malaisie. Nous allons vous raconter les détails de notre retour mais avant, voici un petit bilan de notre lockdown.

En chiffres

Durée du confinement

79 jours dont 51 jours de confinement total avec autorisation de sortie seulement pour faire les courses.

Lieu du confinement

Batu Ferringhi sur l’île de Penang, au nord-ouest de la Malaisie, à onze kilomètres au nord de la ville de Georgetown.

Budget

7635 Ringgit (1714,30 CHF / 1578€) soit une moyenne journalière de 21,70 CHF (20€). Le confinement a fait du bien au porte-monnaie!

Distance parcourue

414 km de Batu Ferringhi à l’aéroport de Kuala Lumpur pour prendre notre vol. Sinon, 300 mètres pour aller faire les courses.

Extrêmes d’altitude

Le niveau de la mer à la plage de Batu Ferringhi, 66 mètres en ville de Kuala Lumpur

Extrêmes de température

36 degrés au soleil et 28 degrés sous l’orage. A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous sommes en train de nous les geler en Suisse avec dix petits degrés et nous nous demandons qu’est-ce que nous foutons là!

Pourquoi avoir pris la décision de rentrer en Suisse?

Vous vous en doutez sûrement, ce n’est pas de gaieté de cœur que nous avons pris la décision de rentrer. Mais voilà, notre visa arrivait à terme trois jours après la fin du confinement, prévu pour le 9 juin et nous n’avions aucune garantie de possibilité de prolongement. L’immigration malaisienne a communiqué plusieurs informations contradictoires sur le sujet. La Malaisie a un gros problème avec les travailleurs illégaux, généralement en provenance d’Indonésie, d’Inde, du Sri Lanka ou de Birmanie, qui y viennent gagner de l’argent au noir avec un visa de touriste. Ce sont ces travailleurs qui sont à l’origine de la plupart des clusters de Covid 19 du pays, d’où la très grande réticence des autorités à prolonger les visas des étrangers.

Quitter le pays pour se rendre chez ses voisins n’était pas possible, les frontières étant toujours fermées, au moins jusqu’en juillet. En revanche, l’Europe commençait à annoncer des prochaines ouvertures de frontières.

Quand KLM a ouvert des vols pour l’Europe à prix abordables, nous n’avons pas hésité longtemps. Surtout que la compagnie dessert l’aéroport de Genève. Nous ne voulions absolument pas atterrir à Zurich : c’est presque à trois-cents kilomètres d’où nous logeons, l’aéroport est vraiment glauque et c’est plein de Suisses-Allemands!

Mais il faut déjà se rendre à Kuala Lumpur….

Une fois les billets d’avion achetés, nous ne sommes pas au bout de nos peines. Outre le fait que nous sommes en profonde dépression, nous devons obtenir un permis pour nous rendre à Kuala Lumpur. Les voyages inter-états sont toujours interdits. Heureusement, l’ambassade de Suisse est au taquet (merci à elle!) et nous pond une jolie lettre bien diplomatique qui justifie notre déplacement. Il faut juste la faire tamponner par la police locale, exercice finalement assez marrant vu la nonchalance et la sympathie des policiers malaisiens. Nous nous sommes également rendus à Butterworth, la ville en face de Georgetown sur le continent, pour acheter les billets de train après avoir dû nous enregistrer à plusieurs endroits et après avoir passé tous les contrôles sanitaires dont la prise de température, Covid 19 oblige.

Et c’est parti!

Voyager en Malaisie en temps de Covid, ce n’est vraiment pas marrant. Le pays, connu pour l’accueil et le sourire de sa population, sa street-food et son ambiance chaleureuse semble bien tristounet avec ses échoppes fermées et la distanciation sociale. Mais l’épidémie est vraiment prise au sérieux : il n’y a qu’une place sur deux attribuée dans le train, notre température est contrôlée partout, nous avons dû prendre notre petit-déjeuner à deux extrémités d’une grande table et l’aéroport de Kuala Lumpur est vide! Nous étions d’ailleurs une petite quinzaine à embarquer dans un énorme B787. Mais, lors de notre escale à Bangkok, ça se gâte : l’avion est presque plein. Quant à notre arrivée en Europe, à Amsterdam puis à Genève, c’est encore pire! A croire que la pandémie n’a jamais existé, tout le monde se fiche des gestes barrières.

Welcome to Switzerland!

Rentrer en temps d’épidémie, c’est vraiment bizarre. Nous nous sommes mis en quarantaine volontaire pour ne pas contaminer nos proches, donc pas encore de grandes retrouvailles. Par chance, nous pouvons bénéficier de l’appartement des parents à Fab (un grand merci à eux!) à Haute-Nendaz, au cœur des Alpes valaisannes et des sentiers de randonnées tout proches encore déserts en cette saison. Nous avons juste revu nos amis téméraires, Seb, Delphine, Eloane et Petit Fabien car ils nous ont très gentiment mis à disposition un voiture. (Un grand merci à eux également!) Mais devoir refuser un câlin aux enfants pour ne pas risquer de les contaminer est juste inhumain.

Nous avons eu de la chance d’arriver avec le soleil qui nous a permis d’effectuer une première petite randonnée mais ça n’a pas duré! La météo est actuellement bien automnale avec de la pluie et des températures glaciales, surtout à 1400 mètres d’altitudes où nous sommes. Le climat tropical nous manque énormément. Nous retrouvons la joie de nous emmitoufler sous le duvet pour regarder la télé, ce qui n’aide pas notre moral.

Alors, cette fois c’est la fin?

Nous avons géographiquement bouclé notre tour du monde mais nous planchons déjà sur de prochaines aventures! Les deux prochains mois devraient se passer en Suisse afin de profiter de nos proches et, espérons-le, d’un vrai été. Nos amis vont d’ailleurs tenter de traverser le Rhône pour passer quelques jours en Valais avec nous. C’est un acte très courageux pour des Vaudois, le Vietnam à côté, ce n’est rien!

Ensuite, c’est la situation sanitaire qui va décider. Nous ne pensons pas qu’il sera possible de voyager comme avant en 2020. Nous planchons, dans un premier temps, sur l’Europe du Sud où les hivers sont moins rigoureux. Nous avons déjà une idée qui n’attend qu’à être concrétisée. Restez attentifs, des annonces vont suivre très prochainement! Et le blog continuera à vivre!

Nous nous réjouissons de repartir sur un projet tout neuf tout en étant les « nouveaux nous » après deux ans et demi de voyage!

Voyage et écologie. Où en sommes-nous ?

C’est un sujet qui nous tient vraiment à cœur dans notre voyage car nous avons été témoin, plus souvent qu’à notre tour, de l’impact désastreux que l’être humain (nous y compris) a sur notre pauvre petite planète.

Notre pause forcée en Malaisie due aux circonstances actuelles nous a fait encore plus réfléchir à notre emprunte carbone dans ce voyage et dans notre vie en général. Nous avons conscience d’avoir été très mauvais écologiquement même si depuis plusieurs mois, nous essayons d’inverser la tendance. Sachant que le tourisme produit près de huit pour cent des gaz à effet de serre, il est temps de se remettre en question.

Nous allons commencer par faire notre mea culpa, de reprendre les points où nous avons été très mauvais et de trouver des solutions pour être plus éco-responsables.

Mauvais points

L’avion

C’est sûrement le point sur lequel nous avons été le plus mauvais. Nous avons souvent cédé à la facilité que procure ce moyen de transport et à son faible coût, surtout en Asie. Nous avons également été victimes de nos erreurs d’appréciation comme au Moyen-Orien où ils ne délivrent pas de visa iranien aux non-résidents et où il nous a fallu quitter Oman en avion ou au Vietnam où laisser nos amis à Hô Chi Minh Ville pour rejoindre juste après les parents de Fab à Hanoi, à 1700 kilomètres plus au nord, n’était pas l’idée du siècle. Bref, nous ne sommes vraiment pas fiers de nous sur ce coup là.

Mais nous essayons de nous améliorer. Nous avons parcouru l’Amérique du Sud, du Brésil à l’Equateur via la Patagonie argentine uniquement par voie terrestre ainsi que de la Malaisie au Vietnam via la Thaïlande, la Birmanie et le Cambodge. Nous sommes conscients que nous pouvons faire beaucoup mieux.

Notre but est bien sûr de ne plus prendre l’avion. Nous sommes même prêts à subir notre mal de mer carabiné pour cela! Mais voilà, l’épidémie de Covid 19 est arrivée avec ses fermetures des frontières et, si nous n’arrivons pas à prolonger notre visa malaisien en juin, il nous faudra changer d’horizon et quitter le pays, sûrement par voie aérienne. A moins qu’un pays voisin ouvre ses frontières d’ici là…

Le véhicule individuel, le tuk-tuk ou Grab

En général, nous privilégions les transports en commun. Mais quand ceux-ci font défaut, il faut bien trouver des solutions alternatives. Si les distances ne dépassent pas quelques kilomètres, nous nous y rendons à pied. Même si ça ne nous est pas arrivé souvent, nous avons parfois eu recours à la location de voiture (Argentine, Floride, Oman) ou de scooter (Thaïlande, Birmanie, Mexique) car nous n’avions pas d’autre option. En Malaisie et en Indonésie Grab est très pratique où il n’y a pas de transports publics mais ça reste un trajet en voiture. Bref, là aussi nous pouvons mieux faire.

Le logement

Le budget ne nous permet pas de faire la fine bouche au niveau du logement et nous ne sommes pas dans les coulisses pour voir comment se passe la gestion des déchets ou la consommation d’électricité. Et comme nous utilisons le wifi, nous sommes encore une fois très mauvais écologiquement. La seule chose que nous utilisons très parcimonieusement, mais pas seulement pour des raisons écologiques, c’est l’air conditionné.

L’huile de palme

C’est un véritable fléau en Malaisie et en Indonésie et les plantations de palmiers à huile sont responsables d’une déforestation de masse dans la région et de la disparition de l’habitat de l’orang-outan. Le problème c’est qu’il y en a partout! Même si nous ne consommons pas de pâte à tartiner et de biscuits industriels, nous n’échappons pas à l’huile de palme qu’on trouve dans pratiquement tous les plats.

Point positif : cuisiner nous-même pendant le confinement nous a permis d’éviter cette m**** d’huile de palme.

Point positif bis : Aussi paradoxal que ça puisse paraître, la Malaisie commence, tout gentiment, à lancer des campagnes anti huile de palme.

Evidemment, notre emprunte carbone s’alourdit avec des choses dont nous avons à peine conscience. Par exemple, nous ne savons pas comment sont fabriqués nos habits ni d’ou provient la nourriture qu’on nous sert dans les petites gargotes. A 2€ le plat, ça ne vient sûrement pas de l’agriculture bio éco-responsable du coin.

Si vous nous avez lu jusqu’ici, vous avez remarqué que notre bilan carbone n’est pas joli-joli… Rassurez-vous, nous en sommes conscients! C’est pourquoi nous essayons, par quelques petites mesures, d’améliorer les choses à notre niveau.

C’est déjà mieux

Le slow travel

C’est facile pour nous qui avons du temps et que maintenant nous avons freiné nos ardeurs du début de voyage. Ce n’est pas applicable si vous avez juste deux semaines de vacances. Nous avons remarqué avec la visite des parents de Fab qui voulaient découvrir le Vietnam en trois semaines que nous avons émis plus de CO2 à ce moment-là que pendant les six mois précédents. Le fait de se poser quelques jours à un endroit et d’utiliser des transports publics, lents et terrestres peut réduire considérablement l’emprunte carbone. Ce n’est pas le seul avantage : le slow travel est propice aux belles rencontres. Evidemment, avec le lockdown, nous sommes en arrêt depuis deux mois et jusqu’au 9 juin au minimum, nous baissons encore nos émissions de CO2

La marche

Tout ce que nous pouvons effectuer à pied, nous le faisons. Ça nous permet parfois de ne pas utiliser un trajet en grab ou en tuk-tuk. En plus, c’est bon pour la santé! Bien sûr, dans le respect de la nature! Nous ne sortons pas des sentiers dans les parcs nationaux et nous efforçons de ne laisser aucune trace de notre passage si ce n’est quelques litres de transpiration.

Fab serait bien partant pour un trip à vélo, ce qui serait une bonne alternative écologique au voyage.

Le plastique, ce n’est pas fantastique

Le plastique est sûrement l’ennemi contre lequel nous nous battons le plus assidûment. C’est aussi l’impact qui est le plus visible pour l’environnement puisque nous en voyons traîner à peu près partout. Nous sommes équipés de gourdes, de boites et de petits sac à dos pour faire nos courses ou prendre de la nourriture à emporter dans les stands de rue. Par contre, nous sommes souvent confrontés à une incompréhension totale. Nous devons parfois insister et hausser le ton pour refuser un contenant en plastique à usage unique.

Point positif : la Thaïlande compte interdire tout plastique à usage unique sur son territoire et la décision a fait mouche dans l’esprit des Thaïs. Avant, quand nous refusions un sachet en plastique, nous nous heurtions à l’incompréhension des gens, maintenant, on nous remercie chaleureusement. Preuve que les mentalités changent.

Réduire drastiquement notre consommation de viande et de poisson

On ne devient pas végétarien du jour au lendemain mais l’idée fait gentiment son chemin sachant comment se passe la surpêche, l’élevage intensif ainsi que la déforestation et la consommation d’eau que cela engendre. Notre premier déclic se passa en Inde. Les Hindous considèrent les animaux comme sacrés et ne les mangent pas. Nous avons donc passé cinq semaines à nous régaler de nourriture végétarienne et nous avons très bien survécu. Il est vrai que la cuisine indienne est particulièrement savoureuse et que l’absence de viande ne saute pas aux yeux. Mais ça nous a permis de remettre en question notre mode de consommation. Au Vietnam, nous avons découvert des petits restaurants végans à petit prix où nous nous sommes régalés. A présent que nous sommes confinés, nous cuisinons des plats végétariens qui nous font découvrir de nouvelles recettes. Nous ne ressentons pas de manque et nous portons à merveille! Par contre, nous ne voulons pas tomber dans l’extrême. Nous sommes parfois invités à partager des repas avec des locaux ayant le cœur sur la main, nous n’allons pas refuser notre assiette sous prétexte qu’il y a de la viande, question de respect.

Notre trousse de toilette

Elle a encore besoin d’être optimisée mais elle s’est déjà bien améliorée. Déjà, en mode backpack, nous (Van surtout!) utilisons beaucoup moins de cosmétiques qu’avant. Nous préférons le savon solide au gel douche et ça prend beaucoup moins de place. Un oeuf et des huiles essentielles remplacent aisément un shampoing. C’est sans paraben, nos cheveux nous disent merci et les lavages sont moins fréquents, donc moins de consommation d’eau. Un vrai cercle vertueux. La citronnelle fait un très bon anti-moustique et, comme la nature fait très bien les choses, notre corps s’est habitué au climat tropical et les piqûres se font de plus en plus rares. La seule chose dont nous ne pouvons faire l’impasse avec nos peaux de caucasiens, c’est la crème solaire. Même les crèmes éco-friendly sont vendues dans des bouteilles en plastique. Mais nous n’en mettons pas avant de nous baigner pour ne pas abîmer les coraux et nous essayons de nous protéger avec un t-shirt et une casquette.

Montrer l’exemple

En Asie, pour une raison qui nous échappe, l’homme blanc occidental est considéré comme un demi-dieu qu’il faut imiter. Autant mettre cette idolâtrie à profit. Et parfois, ça marche. A Cherating, nous avons été ramasser les déchets sur la plage avec l’association Trash Hero dont nous portions le t-shirt jaune bien voyant pour nous faire reconnaître. Nous avons été étonnés par le nombre de félicitations et de remerciements que nous avons reçus de la part des locaux dont certains qui sont venus nous rejoindre par la suite. Nous essayons également d’expliquer aux locaux nos petites mesures écologiques comme refuser un sachet en plastique sans pour autant les juger où vouloir à tout prix les rallier à notre cause.

Point positif : depuis que nous avons découvert Trash Hero l’année passée à Cherating, une dizaine d’antennes régionales se sont créées en Malaisie.

Restons positifs!

Nous savons parfaitement que notre planète est dans un sale état et que nous courrons à la catastrophe avec le réchauffement climatique mais plutôt que de nous plaindre, nous préférons relever les mesures prises à différents niveau pour protéger l’environnement.

  • L’électricité des îles Galapagos provient exclusivement d’énergies renouvelables
  • Le metromover de Miami, sorte de petit métro aérien, totalement gratuit afin d’encourager les gens à ne pas engorger le centre-ville de voitures.
  • La régénération du corail dans le nord de Bali
  • Les dimanches sans voitures à Jakarta
  • Kochi en Inde, la ville la plus écolo (à part Singapour) que nous avons visitée (énergie solaire, tri des déchets, campagnes de sensibilisation, etc)
  • L’absence de trafic et des transports publics au top à Singapour
  • La plage de Maya Bay en Thaïlande fermée aux touristes pour laisser la faune marine en paix.
  • Un quart du territoire du Cambodge est classé parc national
  • La gestion des parcs nationaux en Malaisie
  • Toutes les forêts du Brunei classées réserves naturelles et l’absence de plantation de palmiers à huile

Ce sont des petites mesures que nous prenons à notre échelle selon notre conscience et nos valeurs et ça n’engage que nous. Nous ne voulons juger personne et n’avons pas le but de convertir l’humanité à notre cause. Nous prônons la liberté individuelle, la tolérance et le respect. A nous d’en faire part également. Nous pourrions éventuellement être intéressés à nous engager dans un organisme écologique si c’est compatible avec notre addiction au voyage.

Nous sommes conscients de ne pas être parfaits et que nous avons encore du boulot pour nous améliorer. D’ailleurs, si vous avez d’autres idées ou des astuces à nous proposer à ce sujet, faites-le nous savoir, ça nous intéresse!