Ronda et ses ponts

Ce ne sont pas les villages blancs qui manquent en Andalousie mais il y en un qui ressort souvent, c’est celui de Ronda. Comme il est bien desservi par les transports publics, nous décidons d’aller vérifier s’il mérite vraiment sa réputation.

Arco de San Felipe et Puente Viejo
Quelques petits conseils pour visiter Ronda
  • Venez si possible en transports publics. Ronda est très bien desservie par les bus, un peu moins par le train mais tout à fait faisable depuis Algeciras ou Malaga. En voiture, c’est la galère! Il n’y a pas de véritable parking digne de ce nom et circuler dans les ruelles de la ville est un véritable cauchemar.
  • Munissez-vous de bonnes chaussures. Ceci est valable pour toutes les villes d’Andalousie mais plus particulièrement pour Ronda. C’est très mal plat et les ruelles sont pavées de cailloux super mignons mais peu agréables pour la plante des pieds. Enfin, les sentiers pour aller admirer le Puente Nuevo depuis en bas sont en terre battue, raides et un peu glissants.
  • Essayer d’y dormir au moins une nuit. Il y a toute une gamme de logements pour tous les budgets et ça vous permettra de profiter de la ville hors des heures de grande fréquentation touristiques dues aux visites à la journée depuis la Costa del Sol.
  • Sortez de la vieille ville juste de quelques mètres pour vous restaurer. Les bistrots sont moins pittoresques mais les tapas sont à tomber et les prix beaucoup plus raisonnables. Nous avons d’ailleurs l’adresse d’une œnothèque vraiment sympa avec des vins du terroir et de super petits plats. N’hésitez pas à nous contacter, nous vous donnerons le contact avec plaisir.
Petite douceur marocaine pour rappeler l’histoire musulmane de Ronda

Une situation géographique particulière

Les gorges du Rio Guadalevin

Ronda est située sur les versants est des montagnes de la Sierra de Grazalema, une petite chaîne de montagnes appartenant aux cordillères bétiques, qui sépare les provinces de Cadiz et de Malaga. La ville est située sur une énorme faille appelée Tajo de Ronda. C’est un canyon impressionnant d’une centaine de mètres de profondeur au fond duquel s’écoule le Rio Guadalevin. Une partie des maisons de Ronda se trouvent au bord de cette faille et il faut avouer que c’est assez impressionnant. Les falaises sont quasi à la verticales et seuls quelques cactus ou quelques figuiers osent s’y accrocher. D’ailleurs, il est fort dommage qu’il soit impossible de vous transmettre les odeurs car un figuier réchauffé par le soleil sent super bon, à condition d’aimer les figues bien sûr!

Autre fun fact géographique, Ronda se situe aux antipodes exactes de la ville d’Auckland en Nouvelle-Zélande.

Une cité fortifiée

Puerta de Almocabar

Ce sont les Romains qui, les premiers, construisirent des fortifications après avoir chassé les Carthaginois du lieu. Les murailles qui nous restent aujourd’hui ont été édifiée par les Arabes entre le Xe et le XIe siècles et ont été modifiée par la suite notamment par le roi Charles V. Malgré une longue histoire musulmane, il n’y a pas beaucoup d’autres monuments que les remparts qui nous rappellent cette époque à Ronda.

Barrio San Francisco

San Francisco est le centre historique qui se trouve à l’intérieur des remparts. Il correspond à l’ancienne médina de l’époque musulmane. Ronda appartient à la province de Malaga pourtant beaucoup de choses ici nous rappellent Granada comme les ruelles mal plates pavées de cailloux inconfortables, les maisons blanchies à la chaux ainsi que les vendeurs de thé à la menthe marocain et de pâtisseries orientales. Ce qui est logique vu que la ville appartenait au royaume de Grenade, la dernière partie arabe de la péninsule ibérique ayant résisté à la Reconquista jusqu’à la fin du XVe siècle. Sachant cela, nous nous attendions à découvrir plus d’architecture mudéjare dans le quartier. A part les remparts, un minaret et quelques détails sur quelques bâtiments religieux, il ne reste plus grand chose de cette époque faste. Ceci s’explique sûrement par l’effondrement économique que connut Ronda après la Reconquista et l’intolérance religieuse qui en découla (les musulmans et les juifs durent fuir la ville ou se convertir au catholicisme) fit que beaucoup d’édifices rappelant la religion musulmane furent détruits. La ville ne connut un regain économique qu’au XVIIIe siècle et les maisons andalouses qui bordent les ruelles datent de cette époque.

Malgré cette histoire pas très jolie, le quartier de San Francisco est vraiment pittoresque et ça reste un régal pour les yeux de déambuler à travers ses petites ruelles.

El Mercadillo

Iglesia de la Merced

Le Mercadillo est le quartier qui se situe sur l’autre rive du Rio Guadalevin par rapport à la ville fortifiée du quartier de San Francisco. C’est la « ville nouvelle » construite au XVIIIe siècle (même si certains bâtiments sont plus anciens) lors du regain économique de la ville dû notamment à l’agriculture et aux richesses rapportées des colonies. Les rues sont plus droites et plus larges que dans la médina mais les maisons andalouses et les différents palais ou édifices religieux sont tout aussi pittoresques.

Plaza del Socorro

Cette magnifique place du Socorro bordée par l’église du même nom est le coeur névralgique du Mercadillo. Les bâtiments sont plutôt modernistes et datent du début du XXe siècle, après la guerre d’Indépendance contre les Français. La statue en son centre avec les deux lions et les couleurs vertes et blanches est tout simplement l’emblème de l’Andalousie.

El Puente Nuevo

Voici le clou du spectacle de Ronda! On l’appelle Puente Nuevo (pont neuf) par rapport aux autres ponts plus anciens qui traversent le Rio Guadalevin. Cette prouesse architecturale complètement ouf date du XVIIIe siècle (1793) et fut pendant plus d’un siècle, avec ses 98 mètres de haut, le pont le plus haut du monde! Il permet de relier les anciens quartiers de San Francisco avec la ville nouvelle en traversant le Tajo de Ronda. En son centre, on peut apercevoir une petite fenêtre. C’était une prison construite là parce-que, à cette hauteur, c’était très compliqué, voire impossible pour un prisonnier de s’échapper. Aujourd’hui, c’est un petit centre d’interprétation de l’histoire du pont.

Le plus fou est d’emprunter le sentier qui descend dans la gorge afin d’admirer le pont depuis dessous et d’en mesurer l’impressionnante prouesse architecturale, surtout pour l’époque. Attention, la descente n’est pas une sinécure : ce n’est pas un trail de haute montagne mais c’est quand même raide un peu glissant et surtout, il y a des hordes de touristes dont certains ont apparemment oublié de prendre les règles élémentaires de politesse dans leurs valises. Evidemment, nous ne faisons pas une généralité et avec beaucoup d’entre eux, ça se passe merveilleusement bien mais il y en a d’autres qui n’hésitent pas à pousser ou à courir juste pour un selfie et avec le vide, les cailloux et les branches d’arbres, ça peut vite provoquer quelques petites catastrophes.

Mais nous avons réussi à faire abstraction de ces petits désagrément pour profiter de la vue exceptionnelle sur le pont et sur la gorge et il faut avouer que nous avons été très impressionnés.

Au pied du pont, le Rio Guadalevin forme une petite cascade et, même si ce n’est pas Iguazu, c’est super joli.

Jardines de Cuenca

C’est plus une promenade qu’un véritable jardin même si on y trouve quelques palmiers ainsi que des rosiers. La particularité du lieu est d’être suspendu à flanc de falaise sur les gorges du Guadalevin. Si vous êtes sujets au vertige, abstenez vous de faire la balade, c’est vraiment au dessus du vide et très impressionnant! Malheureusement, ces jardins ont une réputation un peu macabre. Il y a, chaque année, des dizaines personnes qui s’y jettent dans le vide afin de mettre fin à leurs jours. Le nom Cuenca vient sûrement de la ville du même nom, en Castille-la-Manche, car elle possède également des maisons suspendues à flanc de falaises. Encore une idée à rajouter à notre interminable liste!

Puente Viejo

On l’appelle Puente Viejo (vieux pont) par analogie au Puente Nuevo (pont neuf). Il se situe au pied des jardins de Cuenca. Il a été construit par les arabes comme chemin d’accès à la médina mais certains éléments laissent à penser qu’il y avait déjà un pont romain bien avant. Il est certes moins pittoresque que son homologue plus récent et bien plus impressionnant mais il a l’avantage d’être beaucoup moins fréquenté!

L’autre clou du spectacle

L’avantage d’avoir une ville construite sur des falaises c’est qu’il y a plein de miradors pour observer la vue. Bien entendu, plus on s’éloigne du Puente Nuevo moins ils sont fréquentés! Malheureusement, l’Andalousie a vraiment souffert de la sècheresse cet été et ça se voit mais le paysage sur la Sierra de Grazalema reste époustouflant!

Vu d’en bas

Vu que nous avons pris la peine de descendre les jardins de Cuenca, autant en profiter pour faire une petite balade dans les champs d’oliviers! Plus andalou, tu meurs! Et nous avons bien fait! La vue de Ronda depuis le pied des remparts est tout aussi pittoresque que tout ce que nous avons vu jusqu’à présent dans cette ville incroyable!

Nous avons eu un véritable coup de coeur pour Ronda et c’est une chose à laquelle nous ne nous attendions pas du tout! Nous savions le grand potentiel touristique de la ville et pensions que ce serait infernal et que ça gâcherait une partie du plaisir. A part vers le Puente Nuevo, ce n’est pas le cas. Il y a beaucoup de cars remplis de touristes venant de la Costa del Sol qui s’arrêtent juste le temps de prendre une photo du pont et basta. Le reste de la ville a certes son lot de visiteurs étrangers mais n’est pas complètement étouffé par le tourisme de masse et a réussi à garder son âme typiquement andalouse et nous avons été particulièrement conquis par ce dernier point… et par les vins locaux aussi!

Tarifa

Il y a deux raisons principales pour lesquelles nous voulions nous rendre à Tarifa. La première est sa situation géographique particulière et vous commencez à le savoir que nous sommes férus de géographie. La deuxième, c’est son nom. Tarifa avec ses sonorités arabisantes nous évoque l’âge d’or du royaume d’Al-Andalus et promet une petite incursion dans l’Histoire. Mais est-ce que Tarifa tient-elle vraiment ses promesses? C’est ce que nous allons voir plus bas.

Tarifa côté Méditerranée

L’arrivée à Tarifa déçoit un peu. Sur la route principale s’alignent des dizaines de magasins de sports dédiés principalement au surf et à ses dérivés. C’est vrai qu’avec la situation privilégiée de la ville sur le détroit qui reçoit les courants de la Méditerranée et de l’Océan Atlantique, ça promet de belles vagues. Mais il ne faut pas s’arrêter sur le côté très station balnéaire de Tarifa car la localité a quelques autres choses à offrir comme le château de Guzman el Bueno, une forteresse almohade du Xe siècle qui ceinture encore aujourd’hui une partie de la vieille ville.

Centre de Tarifa

Tarifa n’est de loin pas la ville la plus pittoresque d’Andalousie mais les ruelles du centre historique possèdent quand même un certain charme! Par de sa position stratégique sur le détroit de Gibraltar, elle a attiré les convoitises de nombreux royaume même si son histoire reste très similaire aux autres régions du sud de la péninsule ibérique, c’est à dire les Ibères, les Romains / Carthaginois, les Wisigoths, les Arabes puis la Reconquista en 1292. Avec la prise de Gibraltar par les Anglais en 1704, Tarifa devint un poste stratégique pour l’armée et la marine espagnoles. Aujourd’hui, la ville est devenue très touristique mais comme elle attire une majorité de surfeurs et autres sportifs de la mer, l’ambiance est très chill et reste somme toute très bon enfant.

Plazuela del Viento

Cette jolie petite esplanade a été construite par les Arabes avec la forteresse mais les maisons typiques blanchies à la chaux qui la bordent datent d’après la Reconquista (XVIIe siècle environ) et, avec les bancs en azulejos, nous rappellent que nous sommes bien en Andalousie et qu’il faut encore traverser le détroit pour arriver enfin sur le continent africain.

Mais le clou du spectacle reste la vue côté mer, où par beau temps on peut nettement apercevoir les côtes marocaines de l’autre côté du détroit. Mais être aussi près de l’Afrique (14 petits kilomètres seulement) et du désert du Sahara nous soumet à un régime de calima (Ah les bons souvenirs de Tenerife!) et nous brouille un peu la vue. Nous avons quand même essayé de prendre quelques photos mais ce n’est pas très concluant. Nous devrons donc nous sacrifier pour traverser le détroit afin d’aller voir tout ça de plus près. C’est d’ailleurs dans nos projets mais pour un peu plus tard, nous n’en avons pas fini avec l’Andalousie qui est devenue ces derniers mois notre véritable terre de cœur.

La Pointe de Tarifa
Admirez cette couleur de flotte!

Comme nous l’avons mentionné en début d’article, notre principal intérêt pour Tarifa est son emplacement géographique et c’est plus particulièrement cette pointe qui nous intéresse! En réalité c’est une petite île, reliée au continent par un isthme, où se trouvent un fort et un phare mais ils ne sont pas accessibles au grand public. Par contre, il est possible de se promener sur la chaussée d’accès et c’est assez fou car à droite viennent se fracasser les vagues de l’Océan Atlantique tandis qu’à gauche on trouve les eaux plus calmes de la mer Méditerranée. Tarifa est baignée par deux mers bien distinctes! Déjà ça, ce n’est pas rien! Et ce n’est pas tout! L’extrémité du cap est le point le plus méridional de l’Europe continentale*! En tant que grand passionnés de cartes et de points géographiques particuliers nous ne pouvions décemment pas laisser passer ça!!

*Par Europe continentale nous entendons la partie « continent » européen sans les îles. Sinon le point le plus méridional se trouve à Gavdos, une petite île grecque située à 40 kilomètres au sud de la Crète. Tandis que pour l’Union Européenne, le sud extrême se trouve à la Restinga, sur El Hierro, dans les Canaries, toujours en Espagne donc. Avec tous ces points, notre liste à idées n’est pas prête de cesser de se rallonger!

Côté terre, la pointe de Tarifa est surplombée par le château de Santa Catalina sur la colline du même nom. Nous ne pouvons pas y accéder à cause de travaux et c’est bien dommage car c’est un beau témoignage de l’histoire de la Guerre Civile Espagnole. L’édifice a été construit comme bâtiment défensif en 1933 avant d’être bombardé par les Républicains en 1936. Il fut reconstruit dans les années 1940 en pleine Seconde Guerre Mondiale et a été affublé des fameux bunkers qu’on peut encore trouver un peu partout en Espagne. Bon, pour ces derniers, nous les avons juste aperçu entre les palissades de chantier, mais ils sont bien là!

La Playa

Pour la playa, c’est du côté Atlantique que ça se passe. Il y en a bien une du côté Méditerranée pour ceux qui n’aiment pas les courants mais c’est vraiment tout mini. Elle se nomme d’ailleurs « Playa Chica », la petite plage. Le côté mer est plutôt réservé aux départs de ferries pour Tanger et au port de pêche, le détroit regorgeant de poissons.

Donc la « vraie » plage borde l’océan et il faut avouer qu’elle en jette! Ce sont presque 8 kilomètres de sable fin, un peu malmené par le vent c’est vrai, qui s’étendent le long d’une eau turquoise presque digne de la Mer Rouge! Et pour ne rien gâcher, le paysage de montagnes surplombant la playa est juste magnifique. Le tout fait partie de la réserve naturelle du détroit de Gibraltar qui abrite quelques espèces de faune et de flore endémiques. En plus, il paraît que plus on se dirige vers l’ouest, plus les plages sont belles! Promis, nous ne manquerons pas d’aller vérifier tout ça de plus près!

Par contre, avec les forts courants du détroit, rester sur le sable peut être désagréable et même dangereux, l’air y est constamment rafraîchi et on ne sent pas forcément les forts rayons du soleil sur la peau. Pour la baignade, ce n’est pas beaucoup mieux, c’est beaucoup plus adapté pour le wind-surf ou d’autres sports avec une planche de surf. En plus, l’eau est glacée, et c’est Fab le même pas frileux qui le dit!

Si vous êtes dans le coin, il peut valoir la peine de s’arrêter une petite journée à Tarifa. Si vous êtes des adeptes de coins pittoresques, préférez plutôt la route des villages blancs. Par contre, si vous êtes des fans de surf, planche à voile, kite-surf, etc.. Foncez! Le coin y est idéal pour la pratique de ces sports et l’ambiance de la station balnéaire est vraiment sympa!

Baie de Cadiz : Puerto Real

Nous n’étions pas censés vous offrir encore un article sur la baie de Cadiz de sitôt. En effet, nous avions un autre but de balade plus au nord à un endroit que nous n’allons pas spoiler car nous allons tout de même vous le faire découvrir plus tard. Mais voilà, nous sommes en plein « puente de agosto », les vacances d’été espagnoles de la mi-août et quand nous sommes arrivés à la gare de Jerez pour prendre nos billets, nous avons découvert que le train que nous voulions prendre était complet. En soi, c’est plutôt une bonne nouvelle, ça signifie que beaucoup de monde utilise les transports publics plutôt que la voiture et peut-être que ça motivera la RENFE (les chemins de fer espagnols) à étoffer son offre. En tout cas, nous l’espérons très fort!

Bref, nous n’allions pas nous laisser abattre par ce petit contretemps et comme nous n’avions pas envie d’attendre deux heures le train suivant, nous l’avons pris dans l’autre sens, en direction de Cadiz. Nous avons déjà découvert plein d’endroits fabuleux de la baie de Cadiz mais il en manquait un que nous n’avons pas pris en compte plus tôt car il nous semblait moins intéressant. C’est Puerto Real, situé entre Puerto de Santa Maria et la ville de Cadiz. Voilà, nous avons donc trouvé notre plan B!

L’Ayuntamiento de Puerto Real

La ville de Puerto Real a été fondée par les rois catholiques à la fin du XVe siècle, d’où son nom. (Port Royal en français). Mais les alentours étaient déjà habités depuis le néolithique. C’est à l’époque romaine que la région connut son apogée grâce à la baie qui offrait un port naturel d’où partait l’or des mines de la Sierra Morena a destination de Rome, la capitale de l’empire. C’était également le départ de la Via Augusta qui reliait Rome à Cadiz via les Pyrénées et qui est encore utilisé aujourd’hui comme point de départ pour le chemin de pèlerinage de St-Jacques de Compostelle. De toute cette époque faste, il ne reste aujourd’hui que les vestiges d’un four datant du Ier siècle.

Le centre historique

A la chute de l’empire romain, les lieux ont été complètement désertés et abandonnés à leur triste sort jusqu’à la deuxième Reconquista au XVe siècle. Les Arabes ont complètement boudé le coin donc il n’y a aucun vestige mudéjar à Puerto Real. Quant aux Rois Catholiques, ils avaient besoin d’un endroit stratégique ouvert sur la mer pour aller reconquérir le Royaume de Grenade, le dernier bastion musulman encore en activité sur la péninsule ibérique. C’est pourquoi ils fondèrent la ville de Puerto Real qui devint vite une place de commerce importante avec le Nouveau Monde. Elle se développa encore au cours des XVIIIe et XIXe siècle grâce à la construction navale et le centre historique date de cette époque avec les maisons typiques de la baie de Cadiz blanchies à la chaux. Le chantier naval est encore en activité aujourd’hui et participe activement à la bonne santé économique de la ville.

Cathédrale de San Sebastian

Elle est vraiment pas ouf la cathédrale, il faut le reconnaître. C’est un simple bâtiment du XVIe siècle avec un clocher et une petite coupole, le tout blanchi à la chaux. Les villes andalouses nous ont habitués à bien mieux, d’où notre petite déception. Comme la porte était ouverte, nous avons quand même été guigner à l’intérieur. Ça paraît tout autant épuré et sobre qu’à l’extérieur au premier abord mais c’est sans compter sur les petites chapelles superbement décorées dont une dédiée à Notre Dame de Lourdes qui n’est autre que la Sainte Patronne de la ville! N’oubliez pas que ce sont les Rois Catholiques qui ont fondé la ville, il leur fallait une patronne digne de ce nom!

Playa de la Cachucha

Puerto Real possède sa propre plage mais pour la baignade, ce n’est vraiment pas le top! Elle est située dans la baie côté port, ce n’est pas très glamour et elle est très exposée aux marées. On est plutôt sur de la lagune vaseuse que sur de la plage de rêve! Pour cela, il faut aller à Valdelagrana juste plus au nord où la plage est bien plus belle mais le village bien plus moche, c’est un peu le Benidorm local. Par contre, la Cachucha est un lieu idéal, surtout à marée basse, pour observer la faune locale notamment les crabes et les oiseaux. D’ailleurs, nous avons l’impression que ces derniers ont fait un retour en force dans la région en ce mois d’août. Nous en avons vu beaucoup plus que ces derniers mois, pour notre plus grand bonheur!

Pinar las Canteras

En tant qu’amoureux des arbres, nous n’allons pas partir de Puerto Real sans faire un détour par la pinède. Certes, ce n’est pas une forêt tropicale comme on les aime mais c’est déjà un très joli lot de consolation. Les 25 hectares de cette pinède étaient occupés, du XVIe au XIXe siècle, par une carrière dont la pierre a servi à la construction de nombreux édifices de la région dont la majestueuse cathédrale de Séville. Ensuite le site a été abandonné et la nature a repris peu à peu ses droits. La municipalité de Puerto Real a racheté le terrain au début du XXe siècle et a participé à la reforestation du lieu. Ce ne sont pas les forêts de pins qui manquent en Andalousie et dans tout le bassin méditerranéen mais celle-ci est incontestablement une des plus belles!

Petit fun fact : en Andalousie, une clairière se dit « patio », exactement comme les cours intérieures typiques de la région et plus particulièrement de la ville de Cordoba. Ici on est 100% Andalou jusqu’au fin fond des forêts!

Pays catholique oblige, nous sommes accueillis au milieu de la forêt comme il se doit par la Patronne herself! En effet, une petite grotte a été construite pour abriter une statue de Notre Dame de Lourdes, la patronne de la ville.

Effectivement, Puerto Real n’est pas le point le plus pittoresque de la baie et ce n’est pas le coin que nous vous recommanderions en premier, sauf pour la pinède. Par contre, c’est le coin idéal pour fuir les touristes surtout pendant la saison estivale!

Nous avons beaucoup aimé son ambiance assez tranquille et son esprit très « Bahia de Cadiz ». Il y a une âme particulière dans la baie entre les lagunes, les activités portuaires, les salines et la grandeur de Cadiz que nous sommes incapable de décrire précisément mais qui est unique au monde et qui nous fait juste nous sentir bien.

Promis, la prochaine fois nous essaierons de vous emmener dans un autre coin que la baie. Nous sommes d’ailleurs déjà en train de travailler sur d’autres articles. Donc, restez attentifs, d’autres aventures vont suivre très bientôt….

Sanlucar de Barrameda

Pour être honnêtes, la première fois que nous nous sommes déplacés jusqu’à Sanlucar, c’était juste pour la playa. En effet, c’est l’endroit le plus pratique et le plus court depuis notre quartier à Jerez pour nous rendre sur le littoral. Mais après plusieurs journées passés là-bas à lézarder sur la plage, à parler avec les locaux et à nous rendre au centre-ville pour manger des tapas, il a bien fallu nous rendre à l’évidence que nous devions troquer nos tongs contre une paire de basket pour aller découvrir Sanlucar autrement que par ses chiringuitos. (le petit nom des bars de plages en Espagne)

On s’est quand même bougé de là pour vous faire découvrir Sanlucar!

Sanlucar de Barrameda est située sur la côte Atlantique à l’embouchure du Guadalquivir, le fleuve le plus important d’Andalousie. Son histoire est similaire au reste de l’Andalousie est elle connut également l’occupation musulmane jusqu’au XIIIe siècle. Mais ça devient vraiment intéressant depuis le XVe siècle avec les grands explorateurs et la découverte du Nouveau Monde. C’est d’ici qu’est parti Christophe Colomb en 1498 pour son troisième voyage à destination des Amériques, même s’il était toujours persuadé d’arriver aux Indes. Plus tard, en 1504, c’est au tour d’Hernan Cortés, conquistador du Mexique, d’embarquer à Sanlucar. En 1519, c’est au tour de Fernand de Magellan himself de hisser les voiles pour partir en tour du monde qu’il n’achèvera pas. Il fut malheureusement tué aux Philippines mais une partie de sa flotte reviendra trois ans plus tard en ayant bien effectué le tour de la Terre.

Oui c’est vrai, ces périples ont débouché sur la conquête du continent américain et ensuite sur la colonisation et c’est vraiment une histoire horrible dont l’Espagne n’a pas à être fière mais il faut avouer que ces voyages à la découverte de territoires totalement inconnus à l’époque ont de quoi fasciner notre âme de voyageurs!

La ville se développa donc au XVIe siècle en devenant une plateforme portuaire d’importance pour les traversées de l’Atlantique. Le centre historique est typique de cette époque avec ses ruelles bordées de maisons andalouses blanchies à la chaux.

Plaza del Cabildo

C’est le cœur névralgique de la ville. Elle date du XVe siècle mais a été plusieurs fois remaniée au cours des siècles. La preuve avec les bâtiments qui la bordent qui sont tous de style architectural différent! Aujourd’hui, ses belles terrasses attirent les touristes venant faire une pause de leurs activités de la plage. Pourtant, une fois n’est pas coutume, nous ne vous déconseillons pas de vous y rendre! Bien au contraire! Les restos sont vraiment sympas, pas surfaits du tout et il n’est, bien entendu, pas interdit d’y venir hors saison. C’est ici, avec Chipiona à quelques kilomètres de là, que vous dégusterez le meilleur choco (la seiche) d’Espagne. Ceux qui maitrisent la langue de Cervantes savent que « seiche » se dit « sepia » en castillan. C’est vrai, mais pas dans la province de Cadiz où on utilise le terme typiquement gaditano (de Cadiz) de « choco ».

Castillo de Santiago

Il est rare de voir des châteaux typiquement médiévaux en Espagne du Sud à cause de l’occupation musulmane qui a laissé de beaux vestiges de palais arabes dans la région. Sanlucar est donc une exception avec sa forteresse de style gothique tardif construit entre 1477 et 1478. Son emplacement correspond bien à l’ancienne citadelle mudéjare mais il n’en reste absolument rien aujourd’hui. C’est depuis ce château que la reine Isabelle la catholique, la reine d’Espagne au XVe siècle aussi connue et emblématique que la reine Victoria au Royaume-Uni, a vu la mer pour la première fois.

Palacio de Orleans y Borbon

Ah nous avons fini par le trouver notre palais mudéjar! Même si c’est un faux car construit au XIXe siècle! C’était courant à l’époque de reconstituer le style mudéjar en Andalousie. La région ayant perdu de sa superbe avec la décolonisation, il fallait bien mettre un peu de faste pour se rappeler des temps un peu meilleurs. Il appartenait à la famille Orleans y Borbon (logique!), une famille noble franco-espagnole dont la partie « Borbon » est la branche de la famille royale encore sur le trône d’Espagne actuellement. Aujourd’hui il appartient à la ville de Sanlucar et abrite la mairie ainsi qu’une cave. Ce palais est grandiose et vraiment superbe mais aurait bien besoin d’une bonne rénovation!

Il vaut la peine de faire le tour du palais car à l’arrière on y trouve un joli jardin tropical même s’il souffre lui aussi d’un manque de restauration. Le climat doux du sud de l’Andalousie et la proximité de l’océan offrent un climat propice pour y faire pousser des espèces de plantes tropicales. C’est un bon compromis pour nous car, parfois, la végétation luxuriante des Tropiques nous manque énormément. Il y a également les fameux dragons des Canaries qui ont l’air de bien s’y plaire dans la région. D’ailleurs, il nous semble en avoir vu plus dans la baie de Cadiz qu’à Tenerife!

Vous prendrez bien une camomille?

Mais non on rigole! Nous n’allons pas vous parler d’une infusion même si « manzanilla » signifie vraiment « camomille ». Dans les provinces de Séville et de Cadiz, la manzanilla est un vin et plus particulièrement à Sanlucar où il a droit à une appellation d’origine contrôlée. C’est un vin blanc assez sec et très oxydé qui se boit surtout pour l’apéritif et dont les caves font partie du paysage de la ville. Il y a d’ailleurs une bonne odeur de raisin fermenté dans l’air lors des fortes chaleurs estivales.

Si vous êtes dans le sud de l’Andalousie et que vous voulez vraiment un thé à la camomille, précisez bien que vous aimeriez une infusion sinon on vous servira un verre de vin! SAUF à Jerez, où la manzanilla se dit « Tio Pepe » du nom de la cave la plus importante de la ville et où on vous fera remarquer avec une mauvaise foi typiquement espagnole que la « manzanilla » c’est du thé!

La playa!!

Nous avons quand même découvert Sanlucar grâce à sa playa! Avec les vagues de chaleurs successives que nous avons connu en ce début d’été, nous avons été super contents de nous baigner dans l’océan Atlantique pour nous rafraîchir. Oui même Van la frileuse! Bon d’accord, nous sommes dans l’estuaire du Guadalquivir et pas en plein océan, l’eau y est un peu plus tempérée, c’est vrai.

Pour être honnêtes, ce n’est pas la plage la plus pittoresque de la côte Atlantique andalouse mais nous, nous l’aimons bien car elle est proche et elle est sujette à de fortes marées et ce phénomène nous fascine au plus haut point.

C’est quand même la classe d’avoir un coin comme Sanlucar à une vingtaine de minute de bus de notre maison! En plus, en pleine canicule, on y perd facilement 5 ou 6 degrés par rapport à Jerez.

Et ce n’est pas tout! Il y a encore un coin encore bien plus fou en face du Guadalquivir que nous n’allons découvrir qu’à l’automne à cause de la migration des oiseaux! On l’aperçoit bien depuis la plage de Sanlucar et nous donne chaque fois envie de traverser l’estuaire. C’est le parc national de la Doñana et nous n’allons bien sûr pas quitter la région avant d’aller visiter cette merveille de la nature!

Tortosa

Lors de notre trip à Zaragoza, nous avons étudié plusieurs itinéraires bis pour le retour à Sagunto. Finalement, nous sommes rentrés par l’itinéraire standard pour cause de disponibilité de transports publics mais, dans notre idée de trajet par la vallée de l’Ebre, nous sommes tombés sur la ville de Tortosa et avons découvert que le coin était facilement accessible pour une excursion d’une journée depuis notre fief valencien.

Comme notre déménagement pour notre nouveau lieu d’habitation estival approche, nous avons profité d’être encore dans la région pour prendre un billet de train et de partir à la découverte de cette petite ville catalane.

Vue de la cathédrale depuis le château

Tortosa se situe à l’extrême sud de la Catalogne entre le delta de l’Ebre et le massif d’Els Ports, à deux petites heures de train de Sagunto sur la ligne Valence – Barcelone. Elle est donc coincée dans une petite cuvette à la merci de l’humidité de l’air qui provient du delta. Avec un air bien chaud et bien moite, nous nous croyons plus dans la plaine du Mékong que dans le bassin Méditerranéen mais ça ne nous a pas déplu de redécouvrir les sensations climatiques que nous avons eues dans les divers pays tropicaux que nous avons visités.

L’Ebre qui traverse la ville de Tortosa

En parlant de l’Ebre, oui, le même qu’à Zaragoza, il est d’une importance capitale pour la ville de Tortosa. Son delta, situé juste en dehors de la ville, constitue le grenier à riz de la Catalogne et irrigue également beaucoup d’autres cultures, ce qui permet à Tortosa de jouir d’une relative bonne santé économique et de ne pas trop dépendre de sa grande sœur et capitale de province Tarragona.

Il est possible de louer un vélo pour se rendre dans le delta, c’est tout plat, proche, facile d’accès et c’est un superbe coin pour observer les oiseaux! Nous ne l’avons pas fait par manque de temps mais ça figure sur notre longuissime liste de choses à voir même si nous avons déjà quelque chose de très similaire avec l’Albufera.

Centre historique

Malgré sa taille modeste, Tortosa possède un centre historique digne de ce nom! L’ambiance est déjà toute catalane avec des hautes maisons typiques à persiennes, une architecture gothique et quelques exemples du modernisme catalan. Fab prétend que la Catalgone c’est un peu l’Italie de l’Espagne. En effet, ça se tient : c’est plus raffiné,plus esthétique, la gastronomie est plus fine et l’accent est plus chantant quand ça parle castillan. D’ailleurs le catalan et l’italien sont deux langues très similaires pour leur grammaire et leur prononciation.

Comme partout en Espagne, Tortosa a une histoire très riche depuis l’époque ibérique. Malheureusement pour elle, elle fut assiégée plus souvent qu’à son tour à travers les époques, notamment par les Français. Elle connut un essor non négligeable au début du XXe siècle mais tout fut anéanti lors de la Guerre Civile Espagnole (1936-1939) où la ville a été pratiquement détruite à 100% par les bombardements. A cause de sa situation un peu isolée du reste de la Catalogne, elle fut ensuite un peu oubliée et reléguée au rang de simple ville de province tandis que sa rivale Tarragona, un peu mieux située obtint le statut de capitale provinciale et connut une meilleure renaissance.

Heureusement, le XXIe siècle a fini par arriver avec son amour de l’histoire et de la culture (et quelques deniers de l’Union Européenne aussi) et le centre historique a été complètement rénové et rendu aux piétons. Grâce à sa proximité avec le parc naturel du delta de l’Ebre, les montagnes et la mer, Tortosa connaît un petit regain touristique sans pour autant être étouffé par le tourisme de masse comme à Barcelone ou sur la Costa Brava.

Cathédrale Santa Marta
La cathédrale vue du château

Ce monstre gothique surplombant l’Ebre est la cathédrale Santa Marta construite entre les XIVe et XVIe siècles. Vue d’en haut, elle paraît particulièrement massive à cause de son toit plat s’étalant sur trois niveaux. Elle se situe au cœur du centre médiéval au pied de la forteresse où le décor nous permet aisément de nous imaginer la vie au Moyen-Age. Pourtant, du côté du fleuve, une surprise de taille nous attend! La façade tournée sur l’Ebre est du plus pur style baroque que ne renierait pas une ville comme Florence! Comme la construction a duré plusieurs siècles, la cathédrale a gentiment évolué selon les courants architecturaux de l’époque. Malgré sa forme originale, nous avons trouvé l’édifice vraiment très beau et majestueux.

L’ancien abattoir municipal

Difficile à croire que cet ensemble de bâtiments super classe était destiné à l’abattage d’animaux. Et pourtant, c’est bien l’ancien abattoir de la ville construit sur un terrain gagné sur l’Ebre. Le style architectural paraît mudéjar au premier abord. Que nenni, c’est du pur modernisme datant de 1908 mais, au début du XXe siècle, c’était à la mode de s’inspirer de l’époque arabe comme, pour prendre un exemple connu, la Place d’Espagne à Séville. Aujourd’hui, le complexe abrite l’office du tourisme et le musée de Tortosa.

Système de fortifications

Tortosa possède encore une partie impressionnante de sa forteresse qui surplombe la ville et l’Ebre du haut d’une colline de 59 mètres. Ce sont les Romains qui édifièrent les premières murailles mais ce sont les musulmans qui en firent une véritable forteresse sous l’ordre de Abd-al-Rahman III, le calife de Cordoba himself! Durant la Reconquista, Tortosa a été conquise par le comte Raimond-Bérenger IV de Barcelone et la forteresse a été remise au mains des Templiers. Aujourd’hui, les remparts peuvent faire l’objet d’une balade vraiment sympa dans les pins à l’écart de l’agitation, pas si frénétique, de la ville

Château de la Zuda

Dans la forteresse sur la partie la plus élevée du promontoire rocheux, se dresse évidemment un château! Pendant les premiers siècles de son existence, il avait un usage strictement militaire. Au XIIIe siècle, le roi Jaime Ier d’Aragon, oui notre fameux Jaime Ier même si en Catalogne on l’appelle Jaume, en fit sa résidence favorite. C’est d’ici même qu’il prépara la Reconquista du nord de la Communauté Valencienne. Aujourd’hui, le château abrite un parador, un hôtel de luxe qui a la particularité de se trouver dans un cadre historique.

La cerise sur la gâteau reste quand même la vue époustouflante que nous avons depuis soit les remparts, soit la cour du château, sur Tortosa, son centre historique, sa cathédrale « plate », l’Ebre, le delta et le massif d’Els Ports.

Même si elle n’est pas aussi pittoresque que sa grande sœur Tarragona (quoique!), Tortosa mérite amplement une journée de visite, voire plus pour sa nature environnante. Nous sommes très contents d’avoir fait une petite incursion en Catalogne, une région que nous adorons mais dans laquelle nous nous rendons trop peu à notre goût. Il nous faudra penser à remédier à cette injustice mais nous avons déjà une tonne d’autres projets sur le feu.

En parlant de projets, nous sommes en plein préparatifs pour notre grand départ le 13 juin (oui, c’est tout de suite!) pour notre lieu de villégiature pour cet été , voire plus si affinités. Comme nous sommes un peu joueurs, nous n’allons rien spoiler et vous laisser la surprise. Vous avez sans doute déjà compris dans notre paragraphe précédent que ce ne sera pas la Catalogne. Mais, dans notre grande bonté d’âme, nous avons laissé un petit indice dans cet article même s’il est très subtil et pas facile à dénicher. Le trouverez-vous quand même? Si oui, n’hésitez pas à nous envoyer la réponse!

Huesca et Canfranc

Zaragoza est une superbe ville mais la région Aragon a beaucoup d’autres choses à offrir. Nous n’aurons pas le temps de tous les découvrir car nous planchons déjà sur nos projets estivaux qui sont, pour l’instant, assez prometteurs mais il y a déjà quelques pépites facilement accessibles que nous avons été explorer.

Un magnifique artefact dans le centre-ville de Huesca

Huesca

Place de la cathédrale

Rejoindre la petite ville de Huesca depuis Zaragoza, c’est facile. C’est accessible en une petite heure de train depuis la capitale régionale. Par contre, ce n’est pas le trajet le plus bucolique qui soit : c’est affreusement plat et il y a une énorme zone industrielle qui semble ne jamais vouloir prendre fin. Peu à peu, l’urbanisation laisse place à d’immenses champs de blé à perte de vue. Apparemment, la province de Huesca est le grenier à blé de l’Espagne. On se croirait plus dans les plaines du Midwest qu’à quelques encablures des Pyrénées.

Huesca est une petite ville encore située dans la plaine de Zaragoza mais d’où on peut déjà apercevoir les premiers versants des Pyrénées. La population locale n’est pas plus chaleureuse que dans la capitale. Ma foi, c’est le nord. Voilà, passer pour des touristes en Espagne pour cause de « trop du sud » ça c’est fait. Mais ce n’est de loin pas le pire : il fait plus de 35 degrés, il y a une vrai torpeur estivale et l’heure de la sieste n’est même pas respectée! WTF??

Plaza Universidad
Centre historique

Malgré sa mentalité un peu bizarre, Huesca possède un magnifique centre historique. On y retrouve toujours ces hautes maisons aux fenêtres rectangulaires mais le cœur de la ville est resté très médiéval. Contrairement à Zaragoza ou d’autres villes d’Aragon comme Teruel, il n’y a pas d’art mudejar à Huesca car la période arabe a duré moins d’un siècle. La ville est assiégée par Louis le Pieux, roi d’Aquitaine et fils de Charlemagne dès l’an 797 déjà avant d’être conquise, en 1096, par Pierre Ier d’Aragon qui en fit la capitale du premier royaume d’Aragon élargi.

Nous avons été frappé par le nombre d’églises alors que la ville n’est vraiment énorme! Nous avions fait le même constat à Orihuela tout au sud de la Communauté Valencienne mais là-bas les gens ont l’air de s’en ficher comme de leur première paire de chaussettes tandis que dans la région le catholicisme a l’air d’être beaucoup plus respecté. Nous n’avons pas de preuve formelle pour étayer notre théorie, c’est juste une forte impression, mais ça pourrait expliquer la mentalité un peu plus fermée des Aragonais. Tout ce que nous avons trouvé à ce sujet est le fait que les rois d’Aragon sont surnommés « Rois Catholiques ». Ceci est dû au fait que ce sont eux qui ont initié la Reconquista qui a chassé les Arabes de la péninsule ibérique ou qui les a forcé à se convertir au christianisme et qui a permis à l’Espagne de redevenir catholique.

Cathédrale Seo de Santa Maria

Le clou du spectacle d’une visite à Huesca est indubitablement la cathédrale. Elle se situe au sommet d’une petite colline sur la Plaza de la Catédral (sans blague!) et a été construite entre les XIIIe et XIVe siècles dans le plus pur style gothique. Architecturalement, les deux plus grandes villes d’Aragon se complètent bien : Zaragoza la baroque mudéjar et Huesca la gothique!

Huesca est une jolie petite étape en Aragon et nous avons adoré son caractère encore très médiéval. Une petite journée de visite suffit amplement surtout que la ville est bien desservie depuis Zaragoza.

Canfranc

L’ancienne gare internationale et les sommets pyrénéens

Vu que nous avons déjà effectué un sacré trajet en direction du nord et que nous nous sommes approchés des Pyrénées, autant pousser le vice encore plus loin! Surtout qu’il y a une superbe ligne de chemin de fer depuis Huesca qui traverse des paysages somptueux dont les Mallos de Riglos, d’impressionnantes formations géologiques qui dateraient d’il y a 23 millions d’année et dont nous avons essayé d’en faire une vidéo potable sur nos stories instagram. Le trajet dure 2 heures 30 depuis Huesca, respectivement 3 heures 30 depuis Zaragoza mais le temps passe vite à regarder par la fenêtre. Nous en avons fait des voyages en train dans notre vie mais celui-là mérite une jolie place dans notre top 5 des trajets les plus bucoliques!

Superbe paysage pyrénéen en direction de Somport

Canfranc est située au cœur des Pyrénées, tout au nord de l’Aragon à quelques encablures de la frontière française située 7 kilomètres plus haut sur le col de Somport, ou au milieu du tunnel routier qui passe sous la montagne. C’est une station de montagne typique avec ses maisons en pierre et ses bâtiments pour colonies de vacances mais qui dégage tout de même une ambiance de bout du monde. Perché à 1200 mètres d’altitude, le village bénéficie d’un climat assez doux malgré sa situation en fond de vallée. Ceci est dû à sa situation sur le versant sud de la chaîne de montagne.

Gare internationale de Canfranc

Ce superbe bâtiment néoclassique aux dimensions hors norme est l’ancienne gare internationale de Canfranc. C’était le point frontière sur la ligne ferroviaire Pau – Zaragoza. Le bâtiment de la gare est aussi grand que la gare Saint-Lazare de Paris mais se trouve dans un bled perdu au fin fond des Pyrénées. La ligne a été inaugurée en 1928 mais a atteint son apogée au début des années 1940 à la réouverture de la frontière franco-espagnole car les gares frontières d’Irun (côté Atlantique) et de Port Bou (côté Méditerranée) ont été détruites durant la Guerre Civile Espagnole. Une intense activité du trafic marchandise a eu lieu pendant la Deuxième Guerre Mondiale pour le transport de minerai de fer et de tungstène depuis une Espagne « neutre » pour l’Allemagne nazie. En échange, les Allemands envoient de l’or aux Espagnols. La ligne est aussi utilisée par des Juifs et des Résistants fuyant la France.

Le trafic des voyageurs n’a jamais vraiment connu de grand succès. Le trajet était long et il fallait obligatoirement changer de train à Canfranc à cause des formalités douanières et la différence d’écartement des rails entre la France et l’Espagne. Ce dernier à son propre écartement qui pose encore parfois quelques problèmes aujourd’hui malgré les travaux de mise aux normes européennes pour les lignes à grande vitesse.

La ligne transfrontalière a définitivement été fermée côté français en 1970 après un accident de train provoquant la destruction d’un pont près du village de Lescun. Aujourd’hui, divers riverains excédés par le trafic de camions et associations réclament une remise en service de la ligne. Mais s’il y a bien un gros défaut de la France au niveau ferroviaire, c’est de s’en foutre complètement des petites lignes régionales. C’est vraiment dommage car il y aurait un vrai potentiel touristique.

Côté espagnol, la ligne est toujours en service même si ce n’est que pour deux trains par jour. Le bâtiment de la gare est, quant à lui, en plein chantier de rénovation, d’où nos photos bien pourries, sorry… A terme, il devrait accueillir un hôtel de luxe ainsi qu’un petit musée retraçant l’histoire de la ligne. Les Espagnols ont toujours espoir de voir le trafic transfrontalier reprendre un jour.

Tunnel ferroviaire de Somport

C’est dans ce tunnel que les trains franchissaient la frontière franco-espagnole lors de l’exploitation de la ligne ferroviaire Pau – Zaragoza. Il a été achevé en 1915 soit 13 ans avant l’inauguration de la ligne et est encore en état de fonctionnement aujourd’hui.En attendant une hypothétique réouverture de la ligne ferroviaire, il constitue le tunnel d’évacuation et de secours pour le tunnel routier de Somport.

Si vous regardez attentivement le bas relief situé en dessus de l’entrée du tunnel, vous pouvez remarquer qu’il a l’air de manquer quelque-chose entre les deux lions. Ce n’est pas qu’une impression! Il y avait, à cet emplacement, un bouclier orné de l’aigle de Saint-Jean symbole de l’Espagne franquiste. Même si Franco est mort en 1975 et son régime fasciste avec, son emblème n’a été enlevé qu’en 2019!

Côté nature

Nous ne nous sommes quand même pas farci sept heures de train aller-retour juste pour une gare! Quoique pour Fab l’argument ferroviaire aurait suffi. Nous sommes dans les Pyrénées et sur le chemin de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle autant aller voir ce que la nature nous réserve. Nous qui avons grandi dans les Alpes, il nous semble logique de voir des pins et des sapins à cette altitude. Oui, il y en a mais plus haut et pas en majorité. Nous traversons plutôt une superbe forêt de feuillus qui déploie de jolies couleurs vert tendre du printemps.

Les bunkers de Franco

Lors de notre petite rando, nous sommes tombés sur plusieurs bunkers qui ne datent pas, comme on pourrait le supposer, de la Guerre Civile Espagnole (1936-1939) mais de juste après, dans les années 1940! Les bunkers de Canfranc font partie d’une large ligne de défense de près de 2000 édifices qui court tout le long des Pyrénées. Officiellement, le général Franco, le dictateur sanguinaire et complètement taré qui a malheureusement gagné la guerre civile, craignait une invasion des Allemands. En réalité, il craignait surtout des troupes anti-franquistes exilées qui se serait formées et organisées de l’autre côté de la frontière. Finalement, la menace s’est avérée inexistante et ces bunkers n’ont jamais été utilisés. Ils ont néanmoins été scrupuleusement entretenus jusque dans les années 1960 puis laissés à l’abandon à la merci de la végétation. C’est un incendie de forêt dans les Pyrénées catalanes en 2012 qui a permis de redécouvrir certains bâtiments. D’autres ont ensuite été mis à jour dans un but purement touristique et historique.

Nous savons que l’Espagne regorge d’histoire dans n’importe laquelle de ses régions mais nous ne nous attendions pas à en trouver une aussi fascinante dans une vallée presque perdue des Pyrénées. Et nous n’avons fait que de la survoler! Canfranc est un endroit vraiment idéal pour ceux, comme nous, qui aiment mixer la nature avec des visites culturelles.

Zaragoza

Nous avons osé!! Nous nous sommes éloignés de plus de 15 kilomètres de notre chère Méditerranée! Certes, nous nous languissons déjà de notre belle bleue mais nous sommes super contents de reprendre nos sacs quelques jours et de partir à la découverte de quelque-chose de nouveau!

Souvenez-vous, il y a presque deux ans, quand nous avons débarqué en Espagne en pleine épidémie de Covid, nous avons emprunté la ligne de train qui parcourt la vallée de la Palancia pour aller découvrir les régions de Segorbe et de Jerica. Le train en question traverse ensuite la communauté autonome d’Aragon jusqu’à Zaragoza, sa capitale. Mais à l’époque, l’Aragon était en rouge au niveau épidémique et nous avons dû nous contenter de notre belle Communauté Valencienne. Nous nous étions alors fait la promesse de nous rendre une fois jusqu’au terminus. Et comme les promesses sont faites pour être tenues, nous avons pris nos sacs à dos et des billets de trains et sommes partis à l’aventure. Voilà comment nous est venue l’idée d’aller traîner nos baskets à Zaragoza.

NB : Si vous voulez voir à quoi ressemble le paysage depuis le train, rendez vous sur notre page Instagram sous l’onglet « Trip to Aragon » afin de visionner nos petites vidéos.

Le pont de pierre sur le Rio Ebro

Zaragoza est la cinquième ville d’Espagne et sûrement la mieux située du pays. Elle se trouve exactement à mi-chemin entre Madrid et Barcelone, les deux grandes métropoles espagnoles et profite économiquement de sa situation privilégiée. Elle est traversée par l’Ebre, le deuxième plus long fleuve du pays.

L’Ebre, le pont de pierre datant du XVe siècle et le clocher de la Seo.

Centre historique

Le marché et ce qui reste des murailles romaines

Zaragoza a une histoire très riche qui remonte à la période des Ibères, les hommes de l’âge de Bronze de la péninsule ibérique. Puis, comme à peu près partout en Espagne, les Romains sont arrivés puis les Wisigoths avant de céder la place aux Arabes. Zaragoza a même eu droit à son propre taïfa (royaume musulman) créé lors du délitement du califat de Cordoba. Il en reste aujourd’hui de superbes vestiges de l’architecture mudéjar qui sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Pour rappel, mudéjar est le style architectural des Arabes de la péninsule ibérique.

architecture mudéjar

Mais l’histoire ne s’arrête pas là! Le royaume d’Aragon, qui occupe à l’époque le territoire des Pyrénées un peu plus au nord, songe sérieusement à s’étendre vers le sud et chasse progressivement les Arabes de la région. C’est le début de la Reconquista, c’est à dire la reconquête catholique de la péninsule ibérique. C’est une période faste pour Zaragoza qui devient capitale du royaume. Le sang noble des rois d’Aragon est d’ailleurs très recherché. Le roi Ferdinand II d’Aragon a, en épousant Isabelle de Castille, scellé une alliance posant les bases de l’actuel royaume d’Espagne. Mais ce n’est pas tout, on retrouve la lignée des Aragon dans la monarchie du Portugal (quand c’en était une) et même chez les Tudor, la maison royale anglaise du XV au XVIIe siècle. Voilà, en très résumé la fastueuse histoire de Zaragoza.

Basilique Santa Engracia du XVIe siècle

De toute cette histoire, il en reste quelques vestiges. On les trouve dans le centre historique que nous trouvons un peu modeste pour une ville de cette importance. Surtout qu’en dehors des vieux quartiers, Zaragoza est assez moche, l’affreuse décennie architecturale des années 1970 n’a pas défiguré uniquement le littoral méditerranéen, toute la péninsule y a eu droit! On y trouve des maisons colorées aux hautes fenêtres rectangulaires typiques du centre-nord de l’Espagne. Il est vraiment agréable de s’y perdre à l’ombre de ses ruelles pendant la torpeur estivale. Gros point positif : tout est presque entièrement piéton!

Plaza del Pilar

Nous en avons vu des places mais celle-ci est vraiment impressionnante! C’est une des plus grandes places piétonnes d’Europe et sûrement du monde car le concept de zone piétonne reste très européen. Elle n’est pas très large mais impressionne plutôt par sa longueur. Elle est entourée de la cathédrale du même nom, de la mairie, de la cathédrale de la Seo ainsi que du musée consacrée au peintre Francisco Goya, un enfant du pays.

Cathédrale Notre-Dame du Pilar

Cette superbe basilique baroque a été construite entre le XVIIe et le XVIIIe siècle et est consacrée à la Vierge du Pilar qui est la patronne de la Guarda Civil (le corps national de gendarmerie) et de l’hispanité. (tout ce qui se rapporte à la langue et à la culture espagnoles) Elle est super impressionnante même si elle ne fait pas partie des plus grandes cathédrales d’Espagne. (la plus grande se trouve à Séville , juste pour la petite info). Elle paraît énorme car elle se situe sur une grande place bien dégagée, ce qui n’est pas très courant en Espagne. Nous, on adore les coupoles garnies de tuiles colorées.

Pour bien observer la cathédrale, il est sympa de se rendre sur le pont de pierre ainsi que sur la rive gauche de l’Ebre. De l’autre côté de la rivière, le quartier est super moche mais la promenade est sympa sous l’ombre bienvenue des arbres et donne un point de vue vraiment joli sur la basilique.

Catedrale de la Seo

Son nom complet est la cathédrale du Saint-Sauveur mais on la surnomme affectueusement la Seo. Contrairement à la basilique du Pilar qui a été construite entièrement par les rois catholiques, la Seo a été érigée sur l’ancienne mosquée du XIIe siècle, comme c’est souvent le cas en Espagne. A première vue, elle a tout de l’église classique avec sa superbe façade baroque et son clocher typiquement aragonais. Mais en se rendant du côté de la façade orientale, nous découvrons de magnifiques décorations de style mudéjar. Le contraste entre les deux styles architecturaux est stupéfiant mais d’un charme incroyable. Elle est située à l’extrémité de la place du Pilar et fait office de « frontière » entre le centre historique et le quartier de la Magdalena.

Euh Van et Fab, vous avez fumé la moquette ou quoi? Vous nous avez présenté deux cathédrales!

Non, nous n’avons pas fumé la moquette, ni autre substance illicite d’ailleurs et nous ne sommes pas encore complètement séniles. Zaragoza est bien la seule ville au monde à posséder deux cathédrales! En gros, ça date de l’époque de la Reconquista. La basilique du Pilar a été construite par les catholiques comme lieu de culte et a été consacrée cathédrale de la ville. Pour la Seo, c’est lors de sa transformation de mosquée en église catholique qu’elle a été consacrée comme cathédrale. Et comme il n’y avait qu’un administrateur pour gérer les deux églises, personne n’y a rien trouvé à redire. La situation est restée telle quelle jusqu’à aujourd’hui et rien n’est prévu à l’avenir pour changer le statut d’un des deux édifices.

La Magdalena

Le barrio de la Magdalena est le vieux quartier populaire de Zaragoza. Il n’est pas aussi propret que le centre historique mais il est plein de charme et, contrairement au reste de la ville, il possède une âme. C’est également dans ce quartier que se trouvent les tavernes servant des tapas typiques d’Aragon. En son centre, trône la jolie petite église de Santa Maria Magdalena avec son superbe clocher de style mudéjar mais, comme beaucoup de vieux quartiers, les ruelles sont trop étroites pour qu’on puisse observer l’édifice à sa juste valeur.

Palais de l’Aljaferia

On dirait presque un château de dessin animé avec ces petites tourelles toutes mignonnes. Pourtant, ce palais du XIe siècle est le témoignage de la splendeur du taïfa de Zaragoza. Nous pouvons bien deviner l’architecture arabe qui nous rappellent certains forts du sultanat d’Oman. Tout n’est pas d’origine, l’édifice ayant été l’objet d’une énorme restauration durant le XXe siècle, mais la visite vaut le détour pour les vestiges architecturaux arabes puis aragonais que nous pouvons observer à l’intérieur.

Aujourd’hui, le palais abrite le parlement d’Aragon donc il n’est pas possible de le visiter durant les sessions parlementaires ou lors de visites de personnalités politiques. La meilleure façon d’assurer votre visite est de la réserver sur internet sous ce lien. Le ticket (5€) se paiera quand même au guichet d’entrée mais au moins vous serez sûrs de pouvoir accéder au palais.

Le patio mudéjar

Dès l’entrée, nous entrons dans le monde magique des Mille et Une Nuits grâce à ce superbe patio aux colonnes d’architecture typiquement mudéjare. En son centre, il y a quelques orangers qui subissent bravement le climat parfois rude de l’hiver aragonais. Le coin sud-est possède une petite mosquée orientée en direction de la Mecque.

Palais des Rois Catholiques

Au XVe siècle, les rois catholiques agrandirent le palais déjà existant dans un pur style médiéval tardif. Les pièces sont beaucoup plus épurées que le patio mudéjar. C’est ce que nous disions avant de lever la tête et de découvrir les plafonds les plus fous que nous ayons jamais vu! Aujourd’hui, cette partie de l’édifice est dédié au parlement.

Comme nous l’avons déjà mentionné, le palais de l’Aljaferia est le siège du parlement d’Aragon. Mais quelle ne fut pas notre surprise en découvrant que l’hémicycle était ouvert et que les visites y étaient autorisées. Certes, ce n’est pas la Moncloa (le palais présidentiel à Madrid) mais c’est quand même la salle où se prennent les décisions pour toute la communauté autonome d’Aragon! Ce n’est pas rien! C’est la première fois que nous avons la possibilité de visiter un hémicycle de ce genre et ça ne doit pas être très courant car les autres visiteurs dans la salle étaient tout autant hallucinés que nous d’avoir pu y accéder!

La superbe tapisserie sur la paroi de l’hémicycle représente les armoiries d’Aragon.

Rio Ebro

Le pont de pierre enjambant le Rio Ebro

Zaragoza est traversée par le Rio Ebro, ou Ebre en français. La ville était d’ailleurs un important port fluvial durant l’Epoque Romaine quand les embarcations étaient encore assez petites pour pouvoir naviguer sur le fleuve. Aujourd’hui, la navigation est impossible sauf en canoé. L’Ebre est le deuxième plus long fleuve du pays après le Tage mais vient en première position pour un fleuve se situant entièrement sur sol espagnol, le Tage traversant une partie du Portugal. Il prend sa source dans les montagnes de Cantabrie et traverse le nord de la péninsule ibérique d’ouest en est avant de se jeter dans la Méditerranée au sud de la ville de Tarragone dans une magnifique zone naturelle du delta de l’Ebre que nous avons mis sur notre looooooooongue liste de choses à voir.

Dans le centre-ville, une partie des rives de l’Ebre sont laissées plus ou moins à l’état naturel et sont un endroit privilégié pour la nidification de plusieurs espèces d’oiseaux.

Zaragoza est une très belle ville riche en culture, en architecture et en histoire. Nous vous recommandons chaudement une visite culturelle dans le coin. Par contre, si vous cherchez la chaleur espagnole des gens, passez votre chemin et privilégiez les villes méditerranéennes. Ici c’est le nord! La population locale n’est pas souriante, avenante, bienveillante et chaleureuse comme c’est le cas plus au sud. Nous avons débarqué avec notre exubérance et notre joie de vivre à la Valencienne et avons vite été refroidis. Nous avons vraiment l’impression d’arriver comme un cheveu dans la soupe et d’être pris pour des extra-terrestres. Ce qui nous a un peu rassuré, c’est de remarquer que les autres touristes du « sud » ont exactement le même problème que nous!

Malgré ce bémol, nous sommes quand même contents d’avoir découvert un autre coin d’Espagne et d’avoir appris un autre pan de son histoire.

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