Permuteran, notre arrivée sur Bali

Avant d’entamer cet article, nous tenons à remercier toutes les personnes qui, par différentes voies de communication, se sont inquiétées ou tout simplement nous ont demandé de prendre soin de nous suite au séisme puis au tsunami qui ont dévasté la région de Palu, à Sulawesi vendredi. MERCI A VOUS! Merci également à ceux qui le font régulièrement sans raison particulière. Nous sommes vraiment très touchés. En ce qui nous concerne, nous avons toujours été assez éloignés de l’île des Célèbes donc hors de danger. Il nous semble d’ailleurs qu’à l’heure de la catastrophe, nous étions dans l’avion.

C’est un deuxième gros coup dur pour l’Indonésie, juste deux mois après qu’un terrible tremblement de terre ait terrassé l’île de Lombok. Nous sommes profondément attristés par la nouvelle et de tout cœur avec les victimes, leurs proches, ainsi qu’avec les sauveteurs et les ONG qui œuvrent dans des conditions vraiment pas top. Nous profitons d’écrire quelques lignes afin de leur rendre un petit hommage…

Ce qui est embêtant avec l’Indonésie, c’est que nous n’avons qu’un visa de trente jours pour visiter un immense pays éclaté en plusieurs milliers d’îles. Il faut donc faire des choix. Notre première idée était de rejoindre l’île de Belitung par voie maritime mais la tâche était plus compliquée que prévu. Nous devions donc nous rabattre sur l’avion. Nous avons trouvé un chouette vol de Pontianak à Surabaya au nord-est de l’île de Java et de là, nous avions la possibilité de visiter Java ou de rejoindre Bali par voie terrestre et maritime. Fabien commençant à se languir du snorkeling, nous choisissons donc Bali en premier lieu. Le reste dépendra du temps qu’il nous restera sur notre visa.

Le train

Surabaya. deuxième ville d’Indonésie, est autant bordélique et bouchonnée que Pontianak, nous ne nous y attardons pas et nous rendons directement à la gare acheter des billets de train, que nous obtenons facilement. Si les faubourgs de la ville sont inintéressants, le paysage de campagne qui défile ensuite est beaucoup plus sympa avec des rizières, parfois en terrasses s’il y a du relief. Les plantations de riz sont beaucoup plus structurées que les villes dans ce pays!

Le ferry

Après six heures de train au milieu des paysages javanais, nous arrivons avec une ponctualité irréprochable à Banyuwangi, sur le détroit de Bali. C’est ici que nous prenons le ferry pour rejoindre l’île des Dieux. Le trajet est relativement court, mais nous n’avons pas vraiment le temps de nous rendre compte de grand chose, pratiquement tous les passagers nous ont sollicités pour les traditionnels selfies, vu que nous étions les seuls Occidentaux à bord. C’est toujours un exercice auquel nous nous plions avec plaisir. Quoi de plus gratifiant que d’offrir un petit instant de joie à quelqu’un?

Le paysage côté Java
Le Paysage côté Bali

A peine arrivés à terre, nous sommes harcelés, comme toujours, par les chauffeurs de taxi qui viennent te chercher alors que tu n’as même pas encore débarqué! Une fois débarrassés de ces enquiquineurs, l’ambiance change totalement. Nous laissons l’islam pour l’hindouisme balinais et son architecture spécifique. La végétation change aussi : après trois mois de saison sèche, nous avons plus l’impression d’être au bord de la Méditerranée au mois d’août pendant une canicule que sur une île tropicale. Quel contraste après la végétation très luxuriante de Bornéo!

Pemuteran

Les étapes balinaises ont été décidées selon les spots de snorkelling. Nous commençons par Permuteran, au nord-ouest de l’île. C’est un petit village de pêcheurs qui n’a encore pas trop cédé aux sirènes du tourisme de masse et les locaux te lancent des « Hello » par plaisir et non pas pour te vendre n’importe quoi. Comme partout à Bali, à Permuteran l’hindouisme est partout, même dans les jardins des maisons! Il y a des temples, des statues, des offrandes dans chaque coin du village et nous trouvons ça super joli.

La Playa

C’est une longue plage de sable noir typique des îles volcaniques et l’eau a une température plus qu’agréable. Le corail avait quasiment disparu du coin à cause du phénomène El Niño et de la pêche à la dynamite qui a été interdite depuis. Mais bonne nouvelle dans ce pays écologiquement catastrophique, il y a des « jardiniers du récif » qui pratiquent la reforestation des coraux avec le procédé Biorock. C’est un procédé qui consiste à fixer des coraux morts sur des structures en métal et d’y injecter des électrolyses à faible voltage afin que du calcaire se forme pour solidifier le corail. Et ça ne fonctionne pas trop mal. Certes, les coraux n’ont pas vraiment récupéré de jolies couleurs par contre la faune recommence à peupler les récifs. Il n’y a pas une énorme population mais par contre, les espèces sont très variées. Il faut faire très attention car le récif est à très faible profondeur et il est possible de l’abîmer par inadvertance en posant le pied dessus. Il faut aussi faire attention à nous car, nous avons testé pour vous, le corail ça coupe! Et après la coupure démange pendant des semaines! Si le paysage sous-marin est très beau, la surface n’a pas beaucoup à lui envier avec sa superbe plage surplombée par de magnifiques montagnes!

La colline

Comme l’air marin nous a filé la pêche, nous décidons de grimper la colline qui, à notre connaissance, n’a pas de nom afin de prendre de la hauteur et d’observer le paysage. C’est une petite montée qui dure à peine une heure et nous sommes accompagnés par des poules, des hirondelles et même des vaches (pas touche! Elles sont sacrées ici!) pour nous motiver.

Au milieu du parcours, nous ne coupons pas traditionnel temple hindouiste!

Ceci n’est PAS une croix gammée!

En fait oui, c’en est une mais elle n’a pas une sombre signification comme on a tendance à le penser en Europe suite à notre histoire. C’est une swastika, le symbole du bien-être et de la chance pour les Hindous et ceci depuis les millénaires, bien avant que les nazis se l’approprient comme symbole de leurs sombres desseins.

Le sommet

Il y a une jolie vue sur la baie depuis le sommet et théoriquement, un superbe coucher de soleil. Mais les nuages étaient au rendez-vous donc pas terrible le sunset. Mais nous ne regrettons pas d’être montés, c’était sympa de prendre un peu de hauteur.

Très belle découverte pour cette première étape balinaise. Nous redoutons un peu la suite car nous savons pertinemment que l’île est très touristique et que nous risquons de ne plus trouver des petits havres de paix tels que Pemuteran.

Bornéo : Pontianak et la latitude zéro

Depuis notre arrivée en Asie, il était convenu depuis longtemps que nous allions passer par l’Indonésie, un pays que Van a déjà visité en partie par le passé et qui a toujours attiré Fab. Depuis Bornéo, il y avait deux moyens de s’y rendre. Soit il fallait repasser par Kuala Lumpur afin de reprendre un vol pour une destination indonésienne, ce qui aurait été une aberration géographique et surtout écologique. Soit il fallait retraverser le Sarawak pour se rendre à Pontianak et depuis là, prendre un ferry ou un vol interne pour n’importe quel endroit du pays. C’est évidemment la deuxième option que nous avons choisie.

Donc depuis le Brunei, nous avons repassé la frontière malaisienne, une formalité encore plus simple qu’à l’aller, les Malaisiens ne contrôlant pas les bagages. Il est quand même difficile d’importer des marchandises illégales depuis le Brunei, tout y est interdit!

Miri

Nous faisons une petite étape à Miri, juste après la frontière depuis le Brunei. C’est la capitale malaisienne du pétrole, de grandes réserves d’or noir se trouvent au large de la mer de Chine Méridionale. Mais la ville n’a aucun attrait touristique, si ce n’est sa plage mais, comme partout dans la région, il faut faire attention aux crocodiles!

Depuis Miri, nous goûtons de nouveau aux joies des bus de nuit, ça ne nous était plus arrivé depuis le Pérou! Si le trajet ne s’est pas trop mal passé, nous sommes quand même nostalgiques du confort des bus sud-américains, c’était le top du top!

Nous nous arrêtons une nuit pour une petite étape à Kuching afin de couper un peu le trajet et c’est reparti pour un trajet en bus, de jour cette fois-ci, en direction de Pontianak. Nous nous arrêtons au milieu de la jungle afin de passer la frontière, une petite formalité, où nous décernons la palme du meilleur accueil aux douaniers indonésiens! Et pourtant, les douaniers malaisiens et singapouriens avaient déjà placé la barre très haut avec leur sourire et leur affabilité.

Nous remarquons tout de suite la différence du niveau de vie d’un pays à l’autre, l’Indonésie est vraiment plus pauvre. Le nombre de scooters par contre est hallucinant et leurs conducteurs semblent avoir un code de la route bien à eux!

Pontianak

Une fois arrivés à la station de bus de Pontianak, nous sommes littéralement harcelés par les chauffeurs de taxis, il y en a même un qui nous a suivi jusqu’aux toilettes, et en plus ils essaient d’appliquer des tarifs prohibitifs sous le seul prétexte que nous sommes des blancs, donc des porte-monnaie sur pattes! Heureusement, une femme dont le mari est venu la chercher au terminal des bus, nous propose de nous déposer au centre-ville et nous apprend nos premiers mots d’indonésien, portant principalement sur la nourriture. Décidément, ils ne pensent qu’à bouffer dans ce coin du monde!

Pontianak est une ville typique d’un pays d’Asie en voie de développement : urbanisme anarchique, circulation congestionnée, code de la route pas respecté, invasion de scooters, pollution, etc. Etre piéton ici est digne du parcours du combattant! S’il y a des trottoirs, ils sont défoncés, sinon il faut faire attention à la circulation, aux chèvres au bord de la route, aux déchets, aux flaques d’eau dues aux nombreuses pluies, tout en répondant aux nombreux « Hello! » que nous lancent les locaux à cinq sur un scooter! C’est la capitale du Kalimantan Occidental (Kalimantan veut dire Bornéo en indonésien) et l’économie est principalement portuaire.

Cathédrale Saint-Joseph

Il y a une minorité chrétienne en Indonésie (environ dix pour cent), mais en général, ils pratiquent leur religion clandestinement, les Chrétiens étant persécutés par la majorité musulmane. Mais ici, à Pontianak et sur Bornéo en général, l’islam est modéré et tolérant et il a été autorisé d’y construire une cathédrale catholique. Elle a été construite en 1908 sur le modèle des églises baroques italiennes. On doit la présence du christianisme sur Bornéo aux Portugais, encore eux! Oui, ils sont même venus jusqu’ici! D’ailleurs Bornéo est un nom dérivé du Portugais, les locaux appellent l’île Kalimantan.

Point Zéro

Pontianak se trouve à la latitude zéro pile sur la ligne de l’Equateur! Il y a un monument qui se trouve à l’endroit où des chercheurs néerlandais avaient trouvé le point de l’Equateur. Si à Quito c’était plutôt frais pour cause d’altitude, ici nous n’avons aucune peine à croire que nous sommes à une si basse latitude : temps très chaud, très lourd et très humide. Le monument actuel a été construit en 1990 sur un dôme qui recouvre le monument original, construit en 1928, afin de le protéger. A l’intérieur se trouve donc le monument original ainsi que quelques explications sur la ligne de l’Equateur, Bornéo et l’Indonésie en général. Malheureusement, notre indonésien est vraiment trop sommaire pour comprendre toutes ces explications et rien n’a été traduit en anglais.

Petite anecdote amusante, la hasard a voulu que nous nous retrouvons ici lors de l’équinoxe de septembre, quasi en milieu de journée, et les ombres sont quasiment inexistantes, le soleil étant à la verticale.

Rockstars

Les quelques occidentaux que nous avons croisés sur la partie malaisienne de Bornéo ont complètement disparu du paysage côté indonésien. Nous sommes donc les seuls blancs sur plus de trois millions de personnes et nous ne passons pas inaperçus! D’ailleurs nous nous faisons souvent arrêter par les gens pour poser pour des selfies, le must de la cool attitude ici est d’être sur une photo avec un Occidental. C’est un exercice auquel nous nous plions, évidemment, avec plaisir. Comme quoi, il suffit parfois de donner quelques secondes de son temps et un sourire pour égayer la journée de quelqu’un.

Notre première idée était de quitter Bornéo en ferry pour l’île de Belitung. Mais ça s’avère beaucoup plus difficile que prévu. Nous n’avons pu obtenir aucune information fiable, il y a plusieurs sons de cloches et un éventuel départ n’est absolument pas garanti. Nous avons donc décidé de nous rabattre sur l’avion qui nous emmènera sur l’île de Java où il sera beaucoup plus facile de voyager et d’où nous continuerons nos aventures!

Bornéo : petite escapade à Brunei

Lors de notre périple sur Bornéo, nous avons découvert sur la carte, à l’est de l’état malais du Sarawak où nous étions, un minuscule territoire du nom de Brunei. Nous en avions entendu parler comme l’un des pays les plus riches et mégalos du monde. Notre curiosité dévorante nous a poussé à passer la frontière (une petite formalité) et à venir découvrir ce petit coin de pays.

Si ce petit pays subsiste entre les deux grand géants qui occupent l’île de Bornéo que sont la Malaisie et l’Indonésie, c’est parce-que ce sultanat existe depuis des Millénaires. Seuls les Britanniques ont réussi à lui mettre la main dessus et en faire un protectorat au début du XXe siècle. Le pays accéda à son indépendance assez tard pour la région, en 1984, à cause de bisbilles internes et des répressions anglaises. Depuis, c’est un sultan qui dirige le pays de façon autoritaire et pas très démocratique.

L’ambiance ne change pas beaucoup de la Malaisie, le Brunei étant, à la base de culture malaise. Il y a juste la jungle (75% du territoire) qui est beaucoup plus luxuriante, le Brunei n’ayant pas procédé à la déforestation pour la culture d’huile de palme, préférant se concentrer sur ses immenses réserves de pétrole. Du coup, les autorités se sont rendu compte de l’immense patrimoine naturel et elles ont décidé de créer des parcs nationaux plutôt que des plantations de palmiers à huile. L’islam est beaucoup plus présent, le Brunei pratique la charia pour les ressortissants de confession musulmane et l’alcool est strictement interdit. D’ailleurs, pour la petite anecdote, nous sommes devenus « Tonton et Tata » durant nos 48 heures sur le territoire brunéien et nous avons dû fêter la naissance de notre nièce au thé! Mauvais timing!

Bandar Seri Begawan

Quel nom pompeux pour une si petite capitale! En malais, le nom signifie « ville bénie » et a été choisi par le père du sultan actuel en 1970. Il n’a pas été étouffé par la modestie, lui! Le centre ville ne fait même pas trois rues et tout est super calme, encore pire qu’en Suisse un dimanche! Après l’animation et l’anarchie urbaine du reste de l’Asie, c’est un vrai choc culturel! Une autre curiosité du lieu, c’est que tout est écrit en arabe alors que personne ne parle un seul mot arabe! C’est juste un caprice du sultan qui a ordonné que la langue de l’islam soit présente partout et ici, on ne discute pas les ordres du sultan!

Mosquée Omar Ali Saiffudin

Construite en 1958, elle porte le nom du Sultan qui en a ordonné la construction. Le même qui a choisi le nom de la ville! Là, nous commençons à prendre conscience de la richesse du pays et où passe l’argent du pétrole. Les marbres ont été importés directement de Carrare et le dôme est en or 24 carats! Un peu mégalo le sultan! Mais il faut reconnaître que c’est magnifique et que l’ambiance des Mille et Une Nuits est bien reconstituée. Comme le pays est plus ou moins tolérant avec les visiteurs de passage, il est possible en tant que non-musulman de visiter l’intérieur de la mosquée à condition d’enfiler la tenue adéquate, fournie à l’entrée. Les photos sont interdites à l’intérieur, dommage car c’est autant splendide qu’à l’extérieur! Nous avons été accueillis par un imam vraiment sympa qui était amusé du fait que nous venons également d’un petit pays, même si en pratique, la Suisse est huit fois plus grande que le Brunei! Il nous a même expliqué comment se procurer de la bière au marché noir! Oui, nous aussi ça nous a fait halluciner! Mais nous ne sommes pas venu ici pour contourner les lois et nous pouvons très bien nous passer d’alcool pendant quelques jours. Certains nous considèrent comme aventuriers mais nous n’allons quand même pas pousser le vice à aller tester les prisons de Brunei, même pas pour un apéro!

Mosquée Jame’Asr Hassanil

Inaugurée en 1994, c’est la plus grande mosquée du pays et les Brunéiens en sont très fiers. Elle a été commandée par le sultan actuel qui en fit don à sa population. Ce procédé est assez courant dans les monarchies islamiques. Elle possède 29 magnifiques dômes dorés ainsi que quatre minarets de 58 mètres de hauteur. Chaque détail architectural a été étudié avec soin.

Nous avons fini par nous y rendre sur l’insistance des locaux pour qui c’est un incontournable. Nous devons avouer qu’ils avaient raison! Le bâtiment est magnifique et aucun détail architectural ou ornemental n’est laissé au hasard!

Ici aussi la visite pour les non-musulmans est permise, toujours avec la tenue adéquate fournie à l’entrée mais on nous confisque toutes nous affaires pour être sûr que nous ne prenions pas de photos volées de l’intérieur! En vrai, on nous les mets juste dans un casier.

Les jardins sont également magnifiques et construits symétriquement à la mosquée sur un terrain couvrant plus de vingt hectares de superficie. Un véritable havre de calme et de paix parfait pour la méditation, même si la très calme Bandar Seri Begawan n’aurait pas besoin de ce genre d’endroit de tranquillité.

Kampong Ayer

En face de Bandar Seri Begawan, de l’autre côté du fleuve Brunei, se trouve Kampong Ayer, le plus grand village sur pilotis du monde. On y accède par une petite barque à moteur pour la modique somme de 1$ du Brunei la traversée. (0.70€ ou 0.65CHF) Le village compte quand même 39’000 habitants mais le temps s’y est arrêté. Les rares locaux que nous rencontrons s’arrêtent pour nous dire bonjour! C’est un vrai village autonome avec sa police, sa mosquée et sa caserne avec ses bateaux-pompiers. La seule chose qui vient troubler le silence, ce sont les jeunes, cousins des chauffeurs de bus équatoriens, navigant à tombeau ouvert sur leur petite embarcation à moteur. Il faut dire que les distractions sont rares par ici et l’essence est bon marché, ils s’amusent comme ils peuvent.

Nous avons longuement hésité à nous rendre au parc national Ulu-Temburong mais c’est assez cher et il faut impérativement contracter un tour. Très peu pour nous! Et il serait étonnant que les animaux se montrent avec un troupeau de touristes! Nous y avons donc renoncé, surtout que la Malaisie nous a déjà pas mal gâtés de ce côté-là! Nous avons quand même reçu un lot de consolation : un macaque venu voir en ville si la nourriture humaine est meilleure que la sienne.

En étant sur l’île de Bornéo, un passage au Brunei vaut la peine. C’est assez surréaliste comme territoire et les gens sont encore plus accueillants que leurs voisins malais ou indonésiens. Si, si, c’est possible! Mais il ne faut pas s’y attarder, c’est très petit, assez cher et on s’y ennuie assez vite.

Pour la suite, nous franchirons de nouveau la frontière malaisienne et continuerons notre exploration de Bornéo.

Bornéo : Bintulu et le Similajau National Park

Nous n’avons pas été très actifs ces derniers jours pour cause de crève carabinée (ah quand on aime, on partage tout, surtout les microbes!), de journée dans les transports et de Nouvel An musulman où la Malaisie, d’ordinaire grouillante de vie, était d’un calme mortel pendant une journée. Les jeunes de Kuching ont profité de notre présence en ville pour nous demander de poser pour leur « selfie avec un occidental », exercice auquel nous nous sommes pliés de bonne grâce et dans la bonne humeur!

Mais nous avons quand même fini par sortir de notre mini retraite pour nous bouger un peu. Bintulu se situe à 610 km à l’est de Kuching (oui c’est toujours sur l’île de Bornéo!) et son avantage sur celle-ci c’est qu’elle se situe au bord de la mer, sinon ça reste une ville sans aucun intérêt. S’il y a une ville dans le coin c’est parce qu’il y a de belles réserves de pétrole, pas pour attirer les touristes! Ici ce n’est pas farniente sur le sable blanc, c’est plutôt « fais gaffe c’est infesté de crocodiles »! Mais si nous sommes venus à Bornéo, c’est bien pour voir des petites et moins petites bébêtes, sympas ou pas.

Malgré la présence des crocodiles, la plage est assez sympa, même si ce sont plutôt des martins-pêcheurs et des crabes que nous avons aperçu.

Même en bord de mer la végétation reste luxuriante, notamment avec les cocotiers dignes d’un catalogue de voyage! Par contre pour la plage, c’est pas trop ça…

Taman Tumbina

Il y a la possibilité d’effectuer un trail directement depuis la ville, sans se casser la tête pour trouver des transports publics. Bien sûr, ce n’est pas la grosse jungle profonde, mais c’est accessible, pas assez prestigieux pour les touristes en tongs et gratuit! Ça ne nous a pas empêché d’observer des papillons, des oiseaux, des écureuils, des libellules et même des petits singes, même si tout ce beau monde était bien trop rapide pour l’objectif de l’appareil photo. Comme toujours, nous sommes fascinés par la végétation luxuriante qui se trouve sous ces latitudes.

A notre grande surprise, le chemin n’est quand même pas pour débutants, il est assez technique et les cordes nous sont d’un grand secours dans les passages vraiment escarpés!

Il y a également des petits cours d’eau pour égayer la balade. (en saison des pluies, ils ne sont pas si petits!). S’il il existe des petits ponts de fortune pour en traverser quelques-uns, il faut traverser à gué la plupart d’entre eux.

Ces petites balades nous ont mis en jambe pour la suite car, comme vous l’imaginez sûrement, nous ne nous sommes pas déplacés jusqu’à la ville la moins intéressante de Malaisie, juste pour le plaisir! D’ailleurs s’il y a une ville ici, c’est parce qu’il n’y a pas mal de pétrole et qu’il faut bien loger les ouvriers de l’immense raffinerie toute moche construite en périphérie de la ville.

Similajau National Park

Le Similajau National Park se situe à une trentaine de kilomètres du centre de Bintulu. Evidemment, il ne faut pas songer à trouver des transports publics dans le coin. Heureusement, il existe l’application Grab (Uber pour l’Asie du Sud-Est) qui fonctionne super bien. Comme à chaque fois que nous avons sollicité un Grab, le chauffeur a été super sympa et nous a même donné son numéro pour que nous l’appelions dès que nous avions fini notre randonnée.

Le Similajau couvre près de 90 kilomètres carré de forêt primaire, il fallait bien que nous fassions un petit détour par là!  A notre arrivée, nous avons l’impression d’être dans un parc national à l’américaine, et pour une fois, ce n’est pas un reproche! Nous sommes accueillis par des gens compétents qui se soucient de savoir si nous avons emporté assez d’eau avec nous. Il faut aussi nous enregistrer, indiquer notre destination et donner une heure approximative de retour et essayer de s’y tenir. Les réceptionnistes sont également très serviables. Ce sont eux qui ont appelé notre chauffeur pour qu’il vienne nous chercher.

La balade commence vers un estuaire magnifique et nous sommes directement mis au parfum par des panneaux d’avertissement. Ici c’est infesté de crocodiles et pas n’importe lesquels! Ici se trouvent des crocodiles des estuaires, c’est-à-dire, qu’ils sont à l’aise autant dans l’eau douce que dans l’eau salée. Nous risquons donc de les croiser sur la plage, dans des cours d’eau ou dans les mangroves mais en saison sèche, en général, ils préfèrent le large de la Mer de Chine Méridionale aux cours d’eau à faible débit.

Le trail

Le chemin a l’air tranquille au premier coup d’œil mais à force d’enjamber les racines, d’escalader des rochers, de contourner les arbres tombés sur le sentier , d’éviter les trous, d’être vigilants de ne pas glisser sur les feuilles mortes mouillées et d’être attentifs à certaines petites bestioles pas commodes, le tout sous une chaleur étouffante, ça ne s’avère pas si facile que ça. Mais les paysages sont superbes et très vite, nous apercevons les premiers singes, des macaques ils nous semble. Nous en verrons d’autres durant toute notre randonnées mais ce sont des animaux farouches et ils ont tendance à se cacher dès qu’ils nous repèrent. Et c’est tant mieux, ça signifie qu’ils ne sont pas habitués aux humains et que le coin est vraiment sauvage.

Nous sommes toujours autant fascinés par la végétation luxuriante et comment elle utilise son environnement, voire les autres espèces, pour s’épanouir. La faune est très riche également mais plus difficilement observable. A notre palmarès : des singes, des papillons, des oiseaux, des lézards et des libellules.

Les passerelles

Ici, pas question de traverser les cours d’eau à gué sous peine de réveiller Monsieur Crocodile de sa sieste, même si en cette saison il préfère la mer! Les passerelles  ou les ponts permettent aussi de passer les cours d’eau pendant la saison des pluies lorsque le débit d’eau est très fort et les courants très dangereux.

La mer

En fait, nous ne sommes pas dans la jungle profonde. Vous aurions-nous menti? Non, rassurez-vous, nous sommes dans une forêt côtière. D’ailleurs, le bruit des vagues nous accompagne sur tout le chemin et nous pouvons même, parfois, apercevoir la mer à travers les arbres et nous débouchons sur de jolies petites criques.

Teluk Padok

Après un peu plus d’un kilomètre, nous débouchons sur la plage de Teluk Padok, à nos yeux, le paradis sur terre! La mer turquoise, le sable, non pas blanc, mais jaune or, presque aussi beau et pas âme humaine qui vive! Par contre, il y a de nombreux singes, crabes, bernard-l’hermite ainsi que autres coquillages qui marchent qui peuplent la plage.

Nous aurions pu continuer le sentier sur encore plus de dix kilomètres mais après deux bonnes heures de marche, nous décidons de rebrousser chemin. Nos réserves d’eau ne sont pas inépuisables et randonner dans la jungle est bien plus compliqué et pénible que dans les Alpes. Parole de bons marcheurs!

Nous essayons de rentrer en longeant la côte, en espérant que Monsieur Crocodile et ses acolytes soient bien en train de batifoler au large. La marée est encore assez basse et la plage est dégagée sur un bon kilomètre avant qu’elle nous oblige à nous renfoncer dans la forêt.

Pour le dernier kilomètre, nous trouvons un itinéraire bis, histoire de faire durer le plaisir encore un peu! Ce sentier-ci s’éloigne un peu de la mer et du coup, sans les vagues, nous prenons conscience du nombre d’animaux qui peuplent la forêt grâce à leur chant ou leur cri. D’ailleurs, nous nous demandons toujours à qui peut bien appartenir cet espèce de miaulement bien rauque que nous avons déjà pu entendre au Kubah National Park.

Franchement, c’est un des plus beaux parcs nationaux que nous avons visités. Nous n’avons pas de mots pour décrire ce que nous avons vu tellement c’était grandiose. Nous sommes rentrés dégueulasses et épuisés mais super heureux d’avoir découvert une merveille pareille!

Nous n’en avons encore pas fini avec Bornéo et nous espérons pouvoir encore être scotchés comme nous l’avons été au Similajau!

Kuching et le Kubah National Park, nos premiers pas sur Bornéo

Le retour de Singapour à Kuala Lumpur ne s’est pas fait plus facilement qu’à l’aller, il nous a fallu attendre deux jours un train de libre dans la ville frontière de Johor Bahru, lieu sans intérêt sauf pour les Singapouriens au fort pouvoir d’achat venant faire leurs courses à prix cassés en Malaisie. Nous avons décidé de rejoindre directement Kuala Lumpur sans trop tarder car, vu la difficulté à obtenir des places dans les transports, nous ne voulions pas rater notre vol pour l’île de Bornéo. Nous avons donc passé deux jours dans la capitale malaisienne. Evidemment, il y aura un article sur la capitale malaisienne mais comme nous savons que nous devrons y retourner ultérieurement, nous vous le soumettrons à ce moment-là.

Le Sarawak étant un état semi-autonome, il nous faut passer l’immigration à l’aéroport même si nous venons de la Malaisie péninsulaire. Nous avons donc un tampon de plus sur notre passeport, par contre, le nombre de jours déjà effectué en Malaisie est déduit de l’autorisation de séjour du Sarawak, allez comprendre!

Nous posons nos sacs dans la ville de Kuching, la capitale de l’état du Sarawak et point de départ de nombreux parcs nationaux, les attraits principaux de Bornéo. La ville a été fondée par l’Anglais James Brooke dont nous pouvons encore apercevoir quelques bâtisses coloniales. Sinon la ville est construite de façon anarchique, comme beaucoup de villes en Asie.

L’ambiance est beaucoup plus zen que sur la péninsule qui est déjà très chill à la base. Imaginez donc le niveau de zénitude de Kuching! C’est également moins musulman. Nous pouvons donc ressortir nos shorts et autres tenues plus légères. A l’instar du reste de la Malaisie, Kuching est très multiculturelle avec ses mosquées, ses temples chinois, ses temples sikhs, ou encore ses églises.

La rivière Sarawak

C’est le fleuve qui traverse Kuching et c’est l’endroit le plus sympa de la ville pour flâner grâce à sa longue  promenade entièrement piétonne et sa passerelle futuriste qui permet de rejoindre l’autre rive.

Le bâtiment de l’assemblée législative du Sarawak

Ouvert en 2009, et comme son nom l’indique, c’est le bâtiment où siège l’Assemblée législative du Sarawak. C’est là-dedans qu’on débat et qu’on vote des lois. Pour info, la Malaisie est un état fédéral, comme les Etats-Unis, donc chaque état vote ses propres lois et se gère plus ou moins lui-même. C’est l’emblème de la ville de Kuching avec son architecture moderne mais traditionnelle en même temps. Situé sur un petit promontoire en bord de la rivière Sarawak avec son toit culminant à 114 mètres de hauteur, il se voit depuis n’importe quel quartier de la ville.

Orchid Garden

Il y a une plante qui s’épanouit pleinement dans ce climat équatorial, très chaud et très humide : c’est l’orchidée., une de nos fleurs préférées. La ville de Kuching lui a dédié un jardin. Nous étions censés nous acquitter d’un droit d’entrée, mais les réceptionnistes étaient profondément endormis et nous n’avons pas osé les déranger.

Indian Lane

C’est l’ancien quartier indien de la ville maintenant colonisé par les Chinois. Enfin, ce ne sont plus vraiment des Chinois, ce sont des Hokkiens. Leurs ancêtres étaient originaires du sud de la Chine ou de Hong Kong et ont été amenés en Malaisie par les colons Anglais car ils manquaient de main d’oeuvre. Aujourd’hui, ce sont des Malaisiens comme les autres.

Indian Lane est une petite rue piétonne bordée par d’anciennes maisons colorées.

Nous sommes restés tranquilles à Kuching un peu plus longtemps que prévu car Fab a chopé une bonne crève bien carabinée à cause de l’air conditionné! Rassurez-vous, ça n’a pas duré bien longtemps et, très vite, il s’est remis sur pied prêt à découvrir les trésors naturels de Bornéo!

Kubah National Park

Nous avons choisi le Kubah National Park parce que c’est le plus facile d’accès depuis Kuching. Il se situe à vingt-deux kilomètres du centre ville et peut se rejoindre en bus même si nous avons galéré à en trouver un.

Semenggoh Nature Reserve

Semenggoh est un programme de réhabilitation des orangs-outans, donc c’était un endroit où nous étions susceptibles de les rencontrer. Le centre n’est ouvert qu’une heure le matin et une heure l’après-midi, lors du nourrissage, afin de laisser les animaux tranquilles le plus longtemps possible. Le centre recueille des orangs-outans blessés, les nourrit et les réintroduit à la vie sauvage, tout ça dans une forêt protégée, habitat naturel des singes. Si l’explication des soigneurs était très intéressante, nous n’avons malheureusement pas aperçu les orangs-outans, la pluie s’étant invitée. De plus, en cette saison, la forêt regorge de fruits, les animaux préfèrent donc se nourrir par eux-mêmes. Si nous ne sommes pas déçus de ne pas avoir aperçu les singes, nous sommes conscients que c’est la nature qui décide, nous déplorons le fait d’être stressés par les horaires d’ouverture restreints et de ne pas pouvoir observer la forêt à notre rythme. Mais nous n’allons pas critiquer une institution qui, une une fois n’est pas coutume, préfère s’occuper du bien-être des animaux plutôt que celui des touristes.

Kubah National Park

Nous avons eu une sacrée chance avec la météo avec une journée entièrement bien ensoleillée ce qui est très rare sous des latitudes si basses. Nous n’avons par contre pas été aussi chanceux avec les transports publics, le service de bus qui assurait la liaison depuis Kuching a tout simplement été supprimé définitivement. Nous avons fini par négocier un minibus pour nous rendre à l’entrée du parc.

Le début est assez monotone, c’est une petite route goudronnée qui monte sur environ un kilomètre et demi et qui donne accès aux différents trails. Il y a six chemins de randonnée en tout, de difficulté et de durée différentes, qui sont très bien balisés.

L’étang aux grenouilles

C’est ici que les grenouilles viennent pondre leurs œufs. Nous y avons plutôt aperçu des libellules bleues ou rouges mais il y a vraiment des crapauds, nous les avons entendu conter fleurette à leur belle. Plus loin dans le parc, nous avons aperçu une espèce de grenouille croisée avec un lézard, autant à l’aise sur terre que dans l’eau.

Waterfall Trail

Nous avons choisi ce trail juste pour la récompense à la fin. (une cascade pour ceux qui ne parlent pas anglais.) Nous entrons cette fois vraiment dans la forêt où nous devons enjamber d’immenses racines et passer sur des passerelles en bois qui ont fait leur temps et qui nous paraissent bien branlantes. Mais elles ont tenu le coup!

Kubah est reconnu pour sa flore plutôt que pour sa faune. En effet, nous n’avons pas aperçu beaucoup d’animaux : quelques papillons, des oiseaux, des lézards, des libellules, des fourmis géantes et autres insectes bizarroïdes. Il faut dire que certains touristes indélicats et bruyants, avec des tongs aux pieds et un ventilateur portatif, n’ont pas vraiment compris le concept d’observation de la nature et se croient dans une discothèque, effrayant ainsi la faune sauvage. Nous avons entendu des macaques et un chat sauvage (du moins un animal poussant de gros miaulements graves).

Par contre la flore est incroyable et variée. Il est pratiquement impossible d’apercevoir la canopée tant la forêt et dense et les arbres gigantesques.

La cascade

Après un peu plus d’un kilomètre et demi dans la jungle, nous voici finalement à la cascade. Rien d’extraordinaire comparé à Iguazu ou Chiflon (Oh les blasés!). Franchement, le chemin dans la forêt vaut mille fois plus le coup que cette petite chute d’eau. Il faut préciser que c’est la fin de la saison sèche et les cours d’eau ont un débit très faible.

Pour le retour, nous avons trouvé un itinéraire bis dans la forêt, qui nous a fait faire un détour de presque deux kilomètres mais qui nous a permis d’éviter la route goudronnée et les autres humains! En vrai, nous n’avons rien contre les êtres humains mais ce jour-là, nous avons dû tomber sur les pires d’entre eux. Nous les avions trouvés particulièrement irrespectueux. Le parc est sûrement trop accessible. Donc sur ce coup-là, nous avons été bien contents de nous éloigner un peu de la « civilisation ».

Nous avons enfin entamé les choses sérieuses sur Bornéo et sommes ravis de nous retrouver en pleine nature.

Pour la suite, nous avons un sacré choix mais pour nous y rendre, c’est la croix et la bannière, les transports publics étant limités, voire inexistants (nous avons dû rentrer en stop depuis le Kubah National Park!). Mais comme nous avons plus d’un tour dans notre sac, nous allons bien nous débrouiller pour découvrir encore d’autres merveilles!

Bilan de Singapour

Ce petit séjour à Singapour était juste une mini étape dans notre tour du monde mais il nous a quand même fourni une bonne excuse pour nous plier à notre traditionnel bilan.

En chiffres

Durée du séjour

Quatre jours. Ça suffit pour y voir les incontournables mais il y aurait de quoi rester un peu plus longtemps.

Budget

270,80 SGD (dollar de Singapour) soit 191,20 CHF (170€) ce qui nous fait une moyenne journalière de 47,80 CHF (42,50€). Eh oui, il est possible de s’en sortir à Singapour à moins de 50 euros par jour, à condition de ne pas être pénible pour le logement! Et encore, même si nous avons dû nous rabattre sur des dortoirs, les hostals sont souvent très bien situés, hyper propres et nous offrent le petit-déjeuner. La nourriture dans les hawkers centers, le petit nom typiquement singapourien des food courts, et les transports sont très bon marché et la plupart des activités sont gratuites! Donc cette petite escapade improvisée ne nous aura pas plombé le budget.

Extrêmes d’altitude

Le niveau de la mer, nous avons quand même grimpé jusqu’à trente mètres au jardin botanique! C’est Singapour pas le Népal!

Extrêmes de températures

Ça n’a pas beaucoup varié, entre 30 et 32 degrés. Pour la petite anecdote météorologique, Singapour est réputée très pluvieuse à cause de sa proximité avec l’Equateur. Nous n’avons pas eu une goutte d’eau durant ces quatre jours mais il est vrai que nous avons une bonne étoile météo qui nous suit souvent depuis presque 300 jours. Mais nous avons quand même bien senti l’humidité ambiante même si elle n’a jamais atteint les niveaux hallucinants de Hong Kong!

Les tops et les flops

Comme d’habitude, nous allons commencer par le négatif, inexistant sur ce coup-là, pour finir sur une note la plus positive possible!

Les flops

Nous sommes toujours en train de chercher quelque chose de négatif à mettre sur ce bilan!

On a kiffé!!

La gastronomie

Comme partout en Asie la nourriture est excellente, mais à Singapour ça va encore plus loin. La population est littéralement obsédée par la bouffe On peut manger partout à n’importe quelle heure de la journée ou de la nuit et de tout! Souvent, c’est d’un rapport qualité / prix inégalable! Et quand tu croises quelqu’un dans la rue, au lieu de te parler de la météo, il va te parler de ce qu’il a mangé à midi. Ici, la vie ne vaut la peine d’être vécue qu’à la condition de bien manger.

Le melting pot des cultures

A Singapour, tu peux être blanc, noir, jaune ou métis, tu peux t’habiller en minijupe, en niqab, en sari ou en combinaison de ski, tu peux croire en Dieu, Allah, Bouddha, Jéovah, au rock n’roll ou aux extraterrestres, tout le monde s’en fout complètement! A part dans les temples, mais c’est plutôt logique. Toute personne trouve sa place, peu importe sa couleur de peau ou ses croyances et toutes les cultures se mélangent. Présenté ainsi, ça fait un peu monde des Bisounours et pourtant, ce monde de tolérance existe bel et bien!

La volonté écologique

Bien sûr, Singapour reste une ville avec tous les problèmes écologiques inhérents. Mais les autorités ont décidé de prendre le problème à bras le corps et de transformer la ville en cité-jardin. Tous les nouveaux immeubles construits  doivent être complètement alimentés par des énergies renouvelables et doivent posséder des murs végétaux. Les taxes pour posséder une voiture sont très élevées afin d’encourager les gens à utiliser les transports publics, vraiment bien foutus et bon marché. Chaque espace est un prétexte pour planter des arbres. Malheureusement, l’Indonésie et la Malaisie, toutes proches, procèdent à la culture sur brûlis et le ciel singapourien est également pollué par la fumée. Malgré cela, Singapour ne baisse pas les bras et continue sur sa lancée écologique.

Les transports publics

C’est le top du top! Il y en a partout et souvent. C’est rapide, bon marché. moderne et d’une propreté irréprochable!

Bizarreries singapouriennes

Les lois farfelues

Si Singapour est une ville sûre, propre et prospère, c’est parce-que tout ou presque y est interdit et les amendes pour les contrevenants sont très salées! Il est notamment interdit de manger et boire dans le métro ainsi que d’y transporter des durians, mais vu l’odeur immonde de ces fruits, c’est compréhensible! Mâcher du chewing-gum est également interdit. Et dans les extrêmes liberticides, l’homosexualité est interdite. Certains délits peuvent même être passibles de coups de bâton!

Vous l’avez sûrement compris, nous avons littéralement adoré Singapour! Il faut dire qu’elle a tous les atouts de ville idéale, malgré quelques lois farfelues. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que des milliers d’européens choisissent de s’y expatrier!

Pour la suite, nous continuons notre périple à travers la Malaisie, mais il est très difficile de trouver de la disponibilité dans les transports, donc nous ferons selon le destin mais quelque-chose de vraiment sympa se profile pour la semaine prochaine…

Singapour et ses quartiers

L’arrivée à Singapour ne s’est pas faite d’une façon très logique et surtout elle n’était pas prévue! Notre but premier était de visiter la côte est de la Malaisie pour cause de saison idéale. Depuis Hong Kong, nous prenons donc un vol pour Kuala Lumpur où nous profitons d’une escale express (nous visiterons la ville plus tard), pour nous faire vacciner contre l’encéphalite japonaise, le système de santé malaisien étant au top et bon marché.

Ensuite, pour vivre l’aventure asiatique jusqu’au bout, nous décidons d’emprunter le train! Nous quittons le centre ville de Kuala Lumpur et ses hauts gratte-ciels pour ses faubourgs où se succèdent mosquées, temples hindous, temples bouddhistes, temples taoïstes et même églises catholiques, témoins d’une Malaisie tolérante et très multiculturelle. Très vite, la nature reprend ses droits avec ses paysages de jungle et de montagnes verdoyantes, mais malheureusement, nous traversons également des hectares de plantations de palmiers à huile, un des gros fléaux de la déforestation dans la région.

Nous devons effectuer un petit arrêt à la localité de Gemas pour changer de train où nous profitons également du temps d’attente pour nous restaurer et c’est reparti pour la petite ville de Kluang où nous faisons étape pour la nuit. La ville est sans intérêt mais c’est un bon point de départ pour la côte est.

Le but du jour était de prendre un bus pour Mersing puis un bateau pour l’île de Tioman, mais une fois arrivés à la station d’autobus, on nous annonce que tout est archi complet. Il nous faut donc changer de plan. Un coup d’œil sur la carte (enfin sur maps.me, nous vivons avec notre temps!) nous montre que Kluang est déjà bien au sud et qu’il ne manque que deux petites heures pour rejoindre Johor Bahru, la ville frontière avec Singapour. Le train ayant encore des places disponibles, nous n’hésitons pas très longtemps et partons à la découverte de la cité-état!

Singapour

Depuis Johor Bahru, il y a des trains qui traversent le détroit jusqu’à l’île de Singapour. Ils circulent uniquement le matin dans ce sens car ils sont fait pour les frontaliers malaisiens qui vont travailler à Singapour. C’est super pratique et le trajet dure à peine cinq minutes mais les trains sont très vite pris d’assaut. Sinon, il y a également des bus qui circulent fréquemment et toute la journée. Dans les deux cas, ils s’arrêtent à la douane de Woodlands. D’ici là, il est facile de prendre le métro pour n’importe quel quartier de la ville.

Little India

La ville de Singapour est connue pour ses différents quartiers ethniques. Comme son nom l’indique, Little India abrite la communauté indienne. Ici, ce sont des petites maisons coloniales colorées d’où s’échappent des bonnes odeurs d’épices. Beaucoup de femmes portent encore le sari, on y admire les temples avec leurs figurines super kitsch et on y mange de la cuisine indienne (la vraie qui arrache, pas l’aseptisée servie en Europe!), le tout dans une ambiance très Bollywoood! La seule différence entre Little India et la vraie Inde, c’est la propreté. Même si le quartier est un peu moins aseptisé que le reste de la ville, on reste quand même à Singapour où tout est super méga propre.

Arab Street et environs

Si les maisons coloniales sont toujours présentes, nous changeons complètement d’ambiance! Nous sommes ici en plein quartier musulman. En général la communauté musulmane de Singapour est principalement composée de Malais mais l’architecture nous rappelle plutôt le Moyen-Orient avec ses coupoles dorées, ses restaurants libanais et ses cafés turcs. Par contre, il n’y a aucune trace d’un souk, tout est bien propret et bien rangé à la singapourienne!

Le clou du spectacle d’Arab Street est la mosquée du Sultan qui nous transporte immédiatement dans le monde des Mille et Une Nuits! Elle a été construite entre 1924 et 1932 et a été baptisée en hommage au Sultan Hussain, shah de Johor, l’état qui se situe à l’extrême sud de la Malaisie, en face de l’île de Singapour de l’autre côté du détroit.

Botanic Garden

Comme toute ancienne colonie anglaise qui se respecte, Singapour a son jardin botanique. Et comme Singapour se veut de donner une image de ville-jardin, une bonne partie des fonds publics sont dédiés à son entretien, et il faut reconnaître que c’est plutôt réussi! C’est même tellement bien réussi que l’UNESCO a tenu à le mettre sur sa liste du patrimoine mondial. C’est une immense étendue de verdure (63 hectares) au milieu de la ville et les arbres y sont plantés de sorte que le bruit du trafic ne s’entende pas. Il y a plusieurs sections ou différents habitats y sont représentés. Avec le climat équatorial et l’humidité ambiante, la végétation est bien verte et luxuriante.

Il n’y a pas que les Singapouriens ou les touristes en manque de nature qui apprécient le parc. Une faune relativement diversifiée y a élu domicile comme des oiseaux, des papillons, des écureuils, des tortues, des cygnes noirs, des varans, etc…

Downtown

C’est le quartier des affaires qui ressemble à n’importe quel quartier d’affaires de n’importe quelle ville avec des gratte-ciel. Au centre de celui-ci, se trouve un véritable OVNI, le Lau Pa Sat. C’est un food-court où à l’heure des repas se croisent toutes sortes de personnes : des cadres dynamiques, des touristes, des expats, des femmes de ménage, des familles, etc. Tout le monde peut y trouver son compte dans des stands servant de la nourriture variée pour des prix assez bas pour le quartier. Ce temple de la gastronomie se trouve dans l’ancien marché aux poissons construit au XIXe siècle par les Anglais dans une architecture toute victorienne.

Marina Bay

Au sud du Downtown, à l’embouchure de la Singapore River, se trouve le quartier moderne de Marina Bay. Le bâtiment symbole de la baie est le Marina Bay Sands, un hôtel de luxe composé de trois hautes tours reliées entre elles par le toit par une coque de bateau. Autre symbole : le merlion, contraction des mots anglais mermaid (sirène) et lion. Cet animal légendaire est l’emblème de Singapour. Le bâtiment plus bas que les autres à la forme elliptique en peu bizarre (photos 2 et 4 dans la galerie ci-dessous) est le théâtre national. Inauguré en 2002, il a été construit sur le modèle d’un durian, ce fameux fruit typique de la région dont l’odeur nauséabonde rappelle un peu un mélange de pourriture et d’égouts.

Gardens by the Bay

De l’autre côté du Marina Bay Sands, sur un terrain gagné sur la mer, se trouvent les Gardens by the Bay, grands de 101 hectares, qui s’inscrivent dans le concept de la ville-jardin. Ce jardin se veut résolument futuriste, non seulement pour son design, mais aussi pour son écologie. En effet, les arbres artificiels abritent des panneaux solaires qui servent aux éclairages la nuit ainsi que tout un système de recyclage de l’eau.

Encore une fois, nous ne sommes pas déçus de notre plan B, même si nous savions à quoi nous attendre, Van ayant déjà fait escale plusieurs fois à Singapour. La ville est vraiment très sympa. idéale pour la découverte!

Malgré son côté très grande ville, Singapour n’est pas du tout étouffante, ni congestionnée par le trafic. Le fait d’en avoir fait une ville jardin lui a donné plein d’espaces verts et c’est très agréable. Même si ce n’est pas forcément pour ce genre de villes que nous sommes venus en Asie, nous avons adoré Singapour et nous allons sûrement repasser dès que l’occasion s’y représentera.

Bilan de Hong Kong

Nous avons changé de continent mais pas d’habitudes! Nous vous livrons donc notre traditionnel bilan, sur Hong Kong.

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet nous allons commencer ce bilan en essayant de répondre à la question que certains d’entre vous nous ont posée : 

Mais Hong Kong, c’est la Chine ou pas?

Hong Kong était une colonie anglaise jusqu’en 1997, date à laquelle elle fut rétrocédée à la Chine. Donc, oui, Hong Kong c’est la Chine. Pour preuve :

  • On y parle le cantonnais, une langue du sud de la Chine.
  • On y mange de la cuisine chinoise, pour notre plus grand bonheur!
  • La médecine traditionnelle chinoise y est encore beaucoup pratiquée
  • Les Hongkongais sont majoritairement taoïstes, une des religions chinoises.
  • Les Hongkongais vivent en 4716 et c’est l’année du chien.

Mais, les Britanniques ont signé la rétrocession du territoire à la Chine à la condition que Hong Kong soit une région administrative spéciale au moins jusqu’en 2047. Ce qui veut dire :

  • Elle garde son autonomie financière, sa propre bourse, ses propres banques et sa propre monnaie. (le dollar hongkongais)
  • Elle a son propre gouvernement. Il existe plusieurs partis dont des prochinois, des indépendantistes et des partisans du statut quo.
  • Elle émet ses propres passeports et a son propre système d’immigration. Contrairement à la Chine, nous n’avons pas besoin de visa pour Hong Kong.
  • Sa deuxième langue officielle reste l’anglais, bien qu’en pratique très peu de gens la maîtrisent.
  • Elle a ses propres immatriculations, des plaques blanches à l’avant, jaunes à l’arrière à gros caractères semblables à celles du Royaume-Uni

Donc Hong Kong c’est la Chine, mais avec des conditions spéciales.

Edit : Cet article date de 2018 et depuis il y a eu la pandémie de Covid 19, les fortes répressions de la part du gouvernement chinois, des manifestations qui ont plutôt fonctionné au début mais qui ont vite été réprimées par les autorités par la suite. Pékin exerce de plus en plus de contrôle sur ce territoire et essaie d’y étouffer les avancées démocratiques ainsi que certaines libertés comme celle de la presse ou tout simplement la liberté d’expression. Ce sont évidemment des faits que nous déplorons et qui nous attristent énormément et nous devons, la mort dans l’âme, nous résigner à ce que le mantra « un pays, deux systèmes » cher à Margaret Thatcher ait pris un sérieux coup de plomb dans l’aile. N’étant pas retournés à Hong Kong depuis, nous ignorons quelle est la situation actuellement.

Après ces explications bien savantes, il est temps de commencer le bilan pour de vrai!

Durée du séjour

Six jours. Le temps de nous remettre de notre jet lag depuis les Etats-Unis. Il y aurait de quoi rester plus longtemps mais notre budget n’y aurait pas survécu.

Budget

3589 HKD (dollar de Honk Kong) soit 450 CHF (395,70€) ce qui fait 64,20 CHF (56,45€) par jour. Plus de la moitié du budget est parti pour le logement, très cher dû au manque de place, affreusement petit et de qualité douteuse. Pour tout le reste (transports, bouffe, etc), Hong Kong reste une destination relativement bon marché.

Distance parcourue

145 km, de l’aéroport à Kowloon, jusqu’au Devil’s Peak, jusqu’au Victoria Peak et balade jusqu’à Kennedy Town,  en métro, ferry, tram à impériale, funiculaire, bus à impériale et à pied. Autant de moyen de transports différents sur un territoire qui tient dans un mouchoir de poche, c’est presque un exploit!

Extrêmes d’altitude

Le niveau de la mer à Victoria Harbour et 554 mètres au sommet du Victoria Peak

Extrêmes de températures

Rien de bien extraordinaire, ça stagnait entre 31 et 33 degrés. C’est plutôt le taux d’humidité qui a été très impressionnant.

Litres de transpiration perdus

De quoi faire fleurir un désert tellement il faisait lourd. Même en Amazonie ce n’était pas aussi humide!

Tops et flops

Voici la partie la plus intéressante de ce bilan. Malgré le changement de continent, nous allons garder notre tradition de mettre le négatif en premier, histoire de finir sur une note positive

Les moins

Les rabatteurs pakistanais

Dès qu’ils voient que tu es blanc, ils t’alpaguent dans la rue pour essayer de te refiler leur camelote et sont très insistants!

On a kiffé!

Les transports publics

Ils sont super faciles d’utilisation, très bons marché et ils desservent n’importe quel coin paumé du territoire! L’Amérique ne nous avait pas habitué à ça!

Les randonnées

Quelle idée de se rendre à Hong Kong pour randonner! Et pourtant, le territoire possède des trails de différents difficultés tous très bien balisés et faciles d’accès. Il faut dire que la nature a gâté ce petit coin de pays avec ses pics et sa végétation luxuriante.

La population locale

Il y a plus de sept millions d’habitants sur un territoire d’à peine plus de 2000 kilomètres carré qui vivent à douze dans un minuscule appartement, les trottoirs sont souvent bondés, il y a plus de 80% d’humidité toute l’année et pourtant les gens restent zens! Ils sont également très courtois même s’ils ne parlent pas forcément anglais et ont le sourire très facile. Sûrement un exemple à suivre.

La gastronomie

Si le paradis existe, on doit y servir de la cuisine chinoise! (bon ok, italienne aussi!) La variante hongkongaise ressemble beaucoup à la cuisine cantonaise avec comme spécialité principale les dim sum, raviolis à pâte de riz cuits à la vapeur ou grillés servis dans un plat en bambou!

L’accès facilité aux toilettes publiques

Et en plus, elles sont propres et gratuites! Dans le même ordre d’idées, il y a des fontaines d’eau potable fraiche partout! Ce n’est pas très roots mais quelquefois les petits services de ce genre font du bien!

Chinoiseries hongkongaise

Les échafaudages en bambou

Il y a des gratte-ciels futuristes en construction et pourtant les échafaudages sont en bambou! S’ils sont utilisés c’est qu’ils ont sûrement fait leurs preuves mais pour nous, ils paraissent terriblement anachroniques!

La discipline

Malgré la densité énorme de population, les gens restent extrêmement disciplinés. Ils font la queue pour le bus, le métro, prendre à manger, etc sans bousculade. Ils attendent patiemment au passage clouté que le petit bonhomme passe au vert. Nous qui avions pris l’habitude de traverser à l’arrache entre les voitures, nous avons bien dû nous mettre au pas!

Les escalators qui parlent

Ils sont bilingues en plus, ils parlent en chinois et en anglais pour te dire de bien te tenir à la barrière .

Hong Kong a été pour nous un très gros kif! Et il y a sûrement encore plein de choses à découvrir! Le plus surprenant est de voir comment la ville allie urbanisation et nature ainsi que tradition et modernité, un vrai yin et yang chinois! Ce n’est pas notre premier voyage en Asie mais à chaque fois nous nous y sentons trop bien. Nous nous réjouissons de découvrir un peu plus de ce fascinant continent!

Ile de Hong Kong et Victoria Peak

Pour se rendre à la City de Hong Kong depuis Kowloon, il suffit de traverser le Victoria Harbour, le petit nom qu’on donne à la baie qui a été nommée en l’honneur de la reine Victoria. C’est tout à fait possible de le faire grâce aux deux lignes de métro qui traversent grâce à un tunnel sous la baie. Mais la vraie expérience hongkongaise est de prendre le Star Ferry, un vieux rafiot des années 1950 mais plein de charme qui relie Kowloon à l’île de Hong Kong toutes les quinze minutes. L’Octopus Card est également valable pour les bateaux et la traversée ne vous coûtera que quelques centimes. En plus, s’il n’y a pas trop de brume, la vue est superbe!

L’arrivée du ferry se fait en plein cœur du centre financier. Nous remarquons un vrai changement par rapport à Kowloon qui est un quartier beaucoup plus populaire. Les gratte-ciels sont flambant neufs, les rues sont beaucoup plus propres et tout respire la richesse. Par contre, la densité de population n’a pas l’air beaucoup plus basse!

Hong Kong Park

A l’instar de Kowloon, Hong Kong possède aussi son parc urbain qui s’étend sur plus de huit hectares où les habitants et les hommes (ou femmes!) d’affaires viennent prendre l’air ou faire du sport au milieu d’une végétation luxuriante au bord de lacs artificiels. Le parc actuel a été ouvert en 1991 mais il a été emménagé sur un ancien jardin de l’époque victorienne. Tout est bien ordonné comme seuls les Anglais savaient le faire. Nous on adore les petits arrangements décoratifs un peu kitch typiquement hongkongais comme cette théière géante d’un rouge improbable! (Notre dernière image dans la galerie ci-dessous)

La volière

Sur les hauteurs du parc, se trouve une immense volière où nous avons passé des heures à observer des centaines d’espèces d’oiseaux originaires de toute l’Asie du Sud-Est. Ce magnifique oiseau blanc avec son masque bleu est un étourneau de Rotschild. (Rien à voir avec la baronne du même nom!) Il nous vient directement de Bali dont c’est un emblème mais aussi, malheureusement, une espèce en voie d’extinction. Il se plait assez bien dans la moiteur de l’été hongkongais. Il y a bien sûr des centaines d’autres oiseaux mais ces étourneaux sont les moins farouches et ce sont les seuls que nous avons réussi à reconnaître.

Les trams

A l’instar du Star Ferry, les trams à impériale nous viennent directement de la colonisation britannique et datent, pour les plus ancien de 1904. Ils font totalement partie du folklore hongkongais et semble un peu anachroniques au milieu des gratte-ciels flambant neufs du Financial Center. Ce sont d’ailleurs les seuls trams à deux niveau du monde! La ligne suit le nord de l’île de Hong Kong d’est en ouest. Ça n’avance pas mais c’est une belle façon de découvrir la ville depuis l’étage supérieur et la population est très attachée à ce mode de transport qui reste super bon marché par rapport au métro.  La légende raconte même que l’économie de la région se mesure au nombre de publicités sur la carrosserie des trams. Plus il y en a, plus riche est le territoire! Seule concession à la modernité : l’Octopus Card, qui peut être utilisée comme moyen de paiement.

Victoria Peak

Avec ses 552 mètres d’altitude, le Victoria Peak est le point culminant de l’île de Hong Kong.  Pour y accéder, il existe un funiculaire, communément appelé Peak Tram, qui nous y amène. Le funi est encore plus ancien que le tram puisqu’il date de 1888. C’est d’ailleurs le plus ancien de tout le continent asiatique. Avec la jungle et la pente, imaginez un peu la vraie prouesse technique que c’était pour l’époque!

Au sommet, il y a une terrasse panoramique pour touristes que nous prenons soin d’éviter.  Par contre, il y a un circuit de 2,8 kilomètres, appelé Morning Trail qui y fait le tour. Le sentier est plat et accessible à tous! C’est au milieu d’une végétation très luxuriante, d’oiseaux, de papillons et d’araignées géantes que nous partons à la découverte de ce sentier. Difficile de croire que nous sommes toujours à Hong Kong, une des villes les plus densément peuplées au monde!

Le clou du spectacle reste la vue sur la baie de Hong Kong et les gratte-ciels sur le Financial Center, mais vu l’humidité ambiante, Madame la brume est de la partie. Si le côté mystique qu’elle donne à la ville nous fascine, pour la vue et les photos, ce n’est pas le top. (Sorry!) Mais c’est plus original que les photos parfaites et super retouchées qui se trouvent sur Google!

Comme nous étions bien lancés dans notre marche, nous décidons de redescendre à pied via l’Old Peak Road. La descente est super raide mais nous profitons encore de cette végétation fascinante avant de rejoindre le brouhaha de la ville.

Pour notre première étape asiatique, c’était un combo gagnant! Nous avons été fascinés par ce petit bout de territoire. La ville côtoie la nature, les traditions côtoient la modernité à la manière très chinoise du yin et du yang. Un vrai coup de cœur!

Hong Kong, Kowloon et Devil’s Peak, nos premiers pas en terre asiatique

Ça y est! Nous avons enfin traversé le Pacifique! Ça fait plusieurs mois que nous préparons cette partie orientale du voyage et, même si nous avons trop kiffé notre aventure en Amérique Latine, nous nous réjouissons de passer du temps sur ce continent qu’on adore, surtout en termes gastronomiques!

Si le vol s’est parfaitement bien déroulé, la gestion du jetlag fut un autre problème! En effet, avec un départ à midi en direction de l’est nous volons uniquement de jour pour arriver à 18 heures… le jour d’après! Il nous a manqué une nuit! C’est un voyage digne de Retour vers le Futur sauf que dans la version 2018, la fameuse DeLorean est remplacée par un Airbus A350 flambant neuf de la compagnie Hong Kong Airlines. Du coup nous sommes sur le pied de guerre à quatre heures du matin, nous qui ne sommes absolument pas des lève-tôt! Mais ça nous a permis d’assister aux cours de tai-chi avec les vieux du quartier dans le parc.

Pour nous remettre du décalage horaire, nous commençons par explorer gentiment Kowloon, le quartier le plus proche de la cage à poule qui nous sert de logement. C’est ça Hong Kong, il manque tellement de place que les gens s’entassent dans des minuscules chambres dans des gratte-ciels hors d’âge. Kowloon se situe au nord de l’île de Hong Kong, sur la partie continentale, et concentre la plus grande densité de population de la ville, jusqu’à 40’000 habitants au km2! Tout est donc construit en hauteur. C’est aussi le quartier le plus populaire avec ses petites échoppes et ses étals de street food.

Kowloon Park

Hong Kong était une colonie anglaise jusqu’en 1997 et ce qui est bien avec les Anglais, c’est qu’ils adorent les jardins et qu’ils ont doté leurs villes coloniales d’immenses parcs urbains. Kowloon n’échappe donc pas à la règle avec son parc de plus de treize hectares! C’est une vraie oasis de verdure tropicale au milieu des gratte-ciels. C’est ici que les habitants du coin qui habitent dans des appartements minuscules manque de place oblige, viennent se ressourcer en pratiquant le tai-chi, le yoga ou profitent simplement de se promener.

Temple de Yau Ma Tei

C’est un temple taoïste parmi les centaines que compte la ville. Les taoïstes sont super tolérants et acceptent sans problème les étrangers dans leurs temples. Les fidèles y brûlent des bâtons d’encens pendant qu’ils effectuent leurs prières.

East Tsim Sha Tsui Promenade

A l’extrémité de la péninsule de Kowloon, se trouve East Tsim Sha Tsui, une promenade connue pour son splendide panorama sur la skyline de Hong Kong. Malheureusement, elle est en travaux et il faudra s’en contenter d’une toute petite partie. Ici se trouve également la tour de l’horloge, de style typiquement anglais, à l’emplacement de l’ancienne gare de l’express Canton – Hong Kong.

Randonnée sur Devil’s Peak

Sortir des sentiers battus à Hong Kong c’est facile! Il suffit de prendre le métro! Et pour prendre le métro, il faut se munir d’une carte Octupus et la charger avec quelques dollars (de Hong Kong les dollars, of course!) au Seven Eleven du coin. Pour ceux qui connaissent Londres, c’est exactement le même système que la Oyster Card. L’Octopus Card peut également être utilisée comme moyen de paiement dans quelques magasins ou restaurants hongkongais.

Les transports publics sont tellement modernes et bien organisés que même les coins les plus improbables du territoire sont desservis au moins par un bus. Nous n’avions vraiment pas été habitués à ça sur le continent américain!

Lei Yue Mun

Après environ quarante minutes de métro, l’ambiance change totalement de Kowloon et nous avons l’impression d’avoir voyagé dans le temps d’au moins cinquante ans. Les gratte-ciels sont certes toujours présents de l’autre côté de la baie, manque de place oblige mais nous débarquons à Lei Yue Mun  dans un village de pêcheurs figé dans le temps. Les fruits de mer et poissons pêchés sont directement apportés au marché local qui approvisionne les restaurants des alentours. Les habitants vivent modestement, mais contrairement à la majorité de la population hongkongaise, ils ont le privilège de posséder leur propre maison d’un seul étage.

Wilson Trail et Devil’s Peak

Aussi fou que ça puisse paraître, nature et Hong Kong sont deux mots qui ne sont pas incompatibles. Comme nous en avons un peu marre de rester « coincés » entre d’immenses tours de béton, nous décidons de randonner un peu en nature en empruntant le Wilson Trail, un sentier qui part juste à la sortie de Lei Yue Mun de au milieu d’une végétation très luxuriante, de papillons, d’oiseaux et de libellules. Nous avons même dérangé deux petits phacochères qui passaient par là!

Le but du jour est de rejoindre le sommet du Devil’s Peak, culminant à 222 mètres d’altitude. C’était un repaire de pirates puis de l’armée britannique afin de surveiller le passage de navires en mer de Chine Méridionale. Le sommet porte bien son nom (pointe du Diable) car, avec un taux d’humidité approchant les 100% et une chaleur torride, la montée était presque digne de l’enfer! Mais ce pacte avec le diable valait le coup pour la vue depuis le sommet, même si une brume persistante était au rendez-vous, comme souvent à Hong Kong, à cause de cette fichue humidité de l’air.

Ce qui est fascinant à Hong Kong, c’est que malgré une densité de population énorme, une des plus importantes du monde, il y a toujours des endroits où se retrouver en pleine nature! Les trails sont faciles d’accès et super bien balisés. Si la brume gâche un peu la vue, elle permet d’avoir une végétation très luxuriante, ce qui permet à la ville de respirer et d’échapper au pics de pollution.

Nous sommes super contents d’avoir atterri à Hong Kong! Certes, ça nous plombe un peu le budget surtout pour le logement mais nous avons vraiment l’impression d’être arrivés au cœur de l’Asie avec sa street food, ses sonorités exotiques, ses sourires et sa technologie un peu kitch. Nous allons bien sûr traverser la baie pour aller découvrir ce qui se trouve sur l’île de Hong Kong!