Granada, l’Albayzin et autres merveilles mudéjars

Lorsque nous avons fait nos sacs pour notre petit trip vers Alicante , nous n’avions pas du tout prévu de nous retrouver aussi loin. Mais puisque nous étions déjà à Murcia, autant continuer plus au sud. Surtout qu’octobre est la meilleure saison pour visiter l’Andalousie, que Fab est super fan de l’architecture mudéjare, que cette année (2020), dû aux circonstances actuelles, ce n’est pas blindé de touristes et que la région a été la deuxième communauté autonome d’Espagne (après la Communauté Valencienne!) à sortir de la zone rouge pour les cas de Covid-19. Nous ne pouvions décemment pas ignorer tous ces signes du destin! Nous avons atterri à Granada (ou Grenade en français) car il y avait la meilleure offre de transports. Avec les paysages grandioses de la région de Murcia et de l’est de l’Andalousie, nous n’avons rien vu passer des cinq heures de bus qui séparent les deux villes.

Le nom de la ville provient bien de la grenade (le fruit, pas la bombe!) qui se plait bien dans cet environnement semi-aride où les journées restent bien chaudes mais où les nuits sont froides. D’ailleurs, actuellement, c’est le début de la saison des grenades et nous nous en donnons à cœur joie à savourer ce joli et délicieux fruit rouge. En plus, c’est bourré d’antioxydants et c’est très bon pour la santé! Oui, avec Van & Fab, on commence avec de l’étymologie avant de finir immanquablement par parler de bouffe! Nous sommes irrécupérables!

Granada est une ville que nous avons déjà visitée auparavant, mais il y a longtemps. Fab y est passé en coup de vent il y a bien quinze ans mais la météo était exécrable et la ville ne lui a pas laissé un souvenir impérissable. Quant à Van, elle y a passé quelques jours en 2006 et mis à part un superbe centre historique, elle en garde un souvenir de ville infernale à la circulation anarchique, genre Saigon. Heureusement, les deniers de l’Union Européenne et des urbanistes au top sont passés par là et ont rendu la ville bien plus agréables avec un tram en site propre, des pistes cyclables, une circulation automobile limitée, etc…

Avec la Covid 19, il faut tout prévoir à l’avance.

Et comme nous ne prévoyons rien, nous n’avons pas pu visiter l’Alhambra. Ce magnifique palais hispano-arabe du XIVe siècle est le plus prestigieux témoin de la période musulmane en Espagne. Déjà en temps normal, les visites sont limitées dans un souci de conservation de l’édifice. Avec la Covid-19, c’est encore plus restrictif : il faut se munir du pass d’entrée bien en avance sur internet. Ce que nous n’avons évidemment pas fait puisque, jusqu’au dernier moment, nous n’avions aucune idée de l’endroit où nous allions atterrir. Et comme notre séjour à Grenade coïncidait avec un week-end, c’était plus que mort pour obtenir des billets. Petite consolation, ça nous aura permis d’éviter d’exploser le budget car l’entrée coûte quand même 14€ par personne! Pour l’intérieur de la cathédrale, c’est exactement le même topo!

Pour une fois, nous allons vous donner un conseil que nous ne donnons en général JAMAIS! (Au contraire!) Si vous pensez visiter Grenade en ces temps de « nouvelle normalité », prévoyez toutes vos visites de monuments à l’avance! Ce n’est pas très rock and roll mais ça vous évitera de mauvaises surprises. Et même en temps normal, essayez d’anticiper un peu si vous voulez avoir une chance d’accéder aux palais nasrides

Quant à nous, nous avons profité pour visiter le reste de la ville de Grenade qui n’a de loin pas que l’Alhambra à offrir.

Edit 2023 : La crise Covid étant passée nous avons enfin pris le temps de visiter l’Alhambra! Mais en voulant rajouter un paragraphe à cet article, nous nous sommes rendus compte que ça commençait vraiment à être long. Du coup, nous avons écrit un article entier sur ce monument que vous pouvez trouver ici.

La ville basse

La ville basse a été construite après la conquête espagnole sur les musulmans même s’il y existe quand même, quelques édifices de l’époque arabe. Les façades sont colorées et les églises bien catholiques. Le quartier a été construit à la Renaissance et nous rappelle quelques villes sud-américaines comme Salta, Cuzco, Antigua ou encore Quito, fondées à la même époque par les conquistadores espagnols et qui ont également un environnement montagnard. Même si en vrai, Granada est la moins montagnarde de toutes!

Cathédrale de l’Incarnation

Elle n’est pas aussi grande que celle de Murcia, (quoique…) mais elle est tout aussi impressionnante. Dans tous les cas, les deux peuvent concourir pour le titre de plus belle cathédrale d’Espagne! Après Sevilla, of course! Elle date du XVIe siècle et serait la première église du pays à être construite dans un style Renaissance même si des détails baroques et gothiques sont visibles. Une fois n’est pas coutume, elle n’a PAS été construite sur le site d’une ancienne mosquée. Le campanile est particulièrement balèze, il domine d’au moins trois étages toutes les maisons environnantes.

Corral del Carbon

C’est un ancien caravansérail nazari (pas nazi!!) construit au XIVe siècle. Il se situe dans la basse ville car les caravanes ne pouvaient pas vraiment emprunter les petites ruelles bien étroites et en pente de l’Albayzin. Avec l’arrivée des catholiques, le lieu fut transformé en cour à charbon, d’où son nom mais l’architecture arabe n’a pas été dénaturée. C’est le seul caravansérail encore conservé d’Espagne.

Marché Alcaiceria

Encore un vestige de la période arabe dans la Basse Ville. A l’origine c’était la foire de la soie et aux épices. Le marché, ou Grand Bazar, a été construit au XVe siècle mais a été détruit dans un incendie au XIXe siècle. Une réplique a été reconstruite mais à la moitié de la taille originale. Aujourd’hui, il abrite des magasins de souvenirs.

L’Albayzin

Voici le quartier antique de Grenade qui n’aurait pratiquement pas changé depuis l’époque musulmane. Il se caractérise par un labyrinthe de petites ruelles bordées par des maisons typiques andalouses blanchies à la chaux. Pour en profiter, il suffit de déambuler au hasard dans les petites ruelles du quartier. Mais munissez vous de bonnes chaussures! Le quartier est mal plat et les petites rues sont pavées de pierres inégales. C’est très esthétique mais c’est un enfer pour marcher. Donc laissez vos talons aiguilles ou vos tongs dans l’armoire et chaussez de bonnes baskets!

Le quartier est, avec l’Alhambra, inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO et possède, comme on peut s’y attendre, quelques exemples d’architecture mudéjar.

La cerise sur le gâteau est le Mirador San Nicolas au sommet du quartier de l’Albayzin d’où il y a une vue incroyable sur l’Alhambra, la Sierra Nevada même si elle porte mal son nom en cette saison (nevada signifie enneigée) et sur la basse ville de Grenade.

Casa del Chapiz

Voilà à quoi ressemble une maison typique de l’Albayzin du XVIe siècle avec son patio et son jardin. Elle est idéalement située juste en face de l’Alhambra. Depuis 1932, la maison abrite le siège des études arabes.

Bañuelo

C’étaient les bains arabes de l’Albaycin. Ils se situent tout en bas du quartier au bord du Rio Darro. Ils datent du XIe siècle mais ont été construits sur les restes de thermes romains.

La mezquita mayor

Malgré son emplacement de choix dans l’Albayzin, en plein quartier musulman donc, cette mosquée ne date que de 2003! C’est la première mosquée construite depuis la conquête catholique de la ville en 1492. Elle a été construite selon le style blanc andalou du quartier mais reste très modeste. Après avoir vu les mosquées de ouf de Mascate et d’Abou Dabi, nous trouvons toutes les autres mosquées modestes. Par contre, la vue sur l’Alhambra n’a rien à envier à son voisin le Mirador de San Nicolas.

Le truc vraiment sympa de la mosquée c’est le mec qui tient son stand de thé à la menthe marocain et qui le sert dans des verres traditionnels. Santé!

Nous ne nous attendions pas à une mauvaise surprise en venant à Granada puisque nous y sommes déjà venu auparavant. Van qui avait déjà visité l’Alhambra à l’époque n’a pas été trop déçue de ne pas pouvoir y retourner et Fab a finalement trouvé son compte dans l’Albaycin. Donc, nous livrons un bilan plus que positif de notre week-end à Grenade.

Cette première incursion en Andalousie nous a motivé à pousser le vice plus loin et à aller (re)découvrir cette belle région. Nous allons redescendre en plaine, même si Grenade avec ses 800 mètres d’altitude ne se trouve pas vraiment en montagne. Un de nos buts (à Van surtout!) est de retrouver des températures estivales. A Granada les températures sont agréables en journée au soleil (24 degrés) mais les nuits et les matins sont très frais (8 petits degrés). Mais des pics à 32 degrés sont attendus au milieu de semaine et nous ne voudrions pas manquer ça!

Elche, la plus grande palmeraie d’Europe et son mystère médiéval

Ce qu’il y a de bien avec Alicante, c’est qu’elle est située dans une région où il y a une multitude de choses à découvrir. Il suffit de prendre le train! Mais pour ça, il faut se rendre à la gare. Comme nous ne logeons pas directement au centre-ville, nous nous rendons à la petite halte de San Gabriel au sud du centre-ville plus proche qu’Alicante Terminal, la gare centrale. Nous n’avons pas pour habitude de vous parler des gares, surtout qu’en Espagne elle sont, en général, peu dignes d’intérêt mais quand celle-ci est située en bord de mer, ça vaut le coup d’œil!

Notre but du jour est de nous rendre à Elche, accessible en quinze minutes d’Alicante avec le Cercanias (le TER ou S-Bahn espagnol).

Nous avons trouvé Alicante très calme. Elche, c’est cent fois plus tranquille! C’est quand même en partie à cause de la pandémie de Covid 19. Pourtant, c’est la troisième ville de toute la Communauté Valencienne! Si vous aimez les villes dynamiques pour faire la fête, passez votre chemin! Par contre, si vous êtes férus d’histoire et fascinés par les Mille et Une Nuits, foncez!

Centre historique

Ici, il saute au yeux que le sud de la péninsule ibérique a un passé arabe! L’architecture islamique y est encore très présente! Certaines places nous ramènent au Maroc. Pourtant, la ville a un passé très multiculturel. Ce sont les Ibères qui les premiers s’y sont installé, suivi des Carthaginois, des Romains, des Wisigoths, des Arabes et enfin des Castillans. Vu l’ambiance du centre-ville, nous sentons que nous nous sommes rapprochés un peu de l’Andalousie.

La Dame d’Elche

A notre arrivée dans le centre historique, nous sommes accueillis par une femme au look un peu particulier, la Dame d’Elche. Ce n’est pas une personnalité connue mais juste une sculpture. Mais pas n’importe laquelle! C’est sûrement l’œuvre d’art hispanique la plus ancienne (Ve siècle avant J-C). Cette statue haute de 56 centimètres a été découverte en très bon état de conservation sur le site romain d’Elche, à deux kilomètres du centre-ville. Il y a une cavité dans le buste qui servait probablement a y introduire des reliques, des objets sacrés ou des offrandes. L’œuvre originale se trouve au musée archéologique national de Madrid mais on peut observer des reproductions dans le centre-ville et au musée archéologique local.

Le Mystère d’Elche

Le Mystère d’Elche, ou Festa, est une représentation théâtrale qui se tient chaque année au mois d’août dans la basilique. Elle se joue en valencien et en latin. Elle a été créée au XIIIe ou XVe siècle (tout le monde n’arrive pas à se mettre d’accord sur la date d’origine) et possédait des droits spéciaux car, selon le Concile de Trente, il était interdit de jouer une pièce de théâtre dans des églises. Chaque personnage était incarné par des hommes car il était interdit, à l’époque, aux femmes de prendre part à des représentations de ce genre. Cette pièce est unique en son genre car elle a été jouée sans interruption depuis sa création au Moyen-Age jusqu’à aujourd’hui. Elle a même eu lieu en cette année de pandémie, mais, évidemment, sous des conditions particulières. Grâce à son histoire et son caractère uniques, elle figure sur la liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO.

La basilique Santa Maria

L’histoire se répète, la basilique a été construite sur les ruines de l’ancienne mosquée. La première église chrétienne, de style gothique, a été construite en 1265 lors de la conquête de la ville par Jaime I (oui, encore lui!) Le bâtiment actuel date des XVIIe et XVIIIe siècles et est de style baroque espagnol. Pour être francs, nous n’avions pas vraiment capté l’architecture baroque car, à part pour le portail sur la façade d’entrée, la basilique est plutôt sobre et de style bien médiéval. Rien à voir avec Vienne ou les villes italiennes où le baroque est beaucoup plus chargé.

Palais d’Altamira

La première partie du palais a été construite par les Arabes dès les XIIe siècle. Ensuite, il fut agrandi au XVe siècle par Guttiere de Cardenas, le premier seigneur catholique de la ville qui en fit sa résidence principale. Pendant la Guerre Civile Espagnole, il a été utilisé comme camp de concentration pour Républicains. Elche, comme sa voisine Alicante et toute la Communauté Valencienne, a été une résistante républicaine jusqu’à la victoire des Franquistes.

Le musée archéologique

Il se trouve à l’intérieur du palais d’Altamira et couvre toutes les époques depuis la période Ibérique. Les vestiges proviennent de diverses fouilles archéologiques situées dans les alentours d’Elche. Il est intéressant sans être trop pompeux. Il vaut la peine d’y jeter un coup d’œil surtout que l’entrée est gratuite! Nous ne l’avons pas mentionné dans nos précédents articles (ouh les vilains!) mais l’accès à la culture est très facile et peu couteux en Espagne. Pour l’instant, nous n’avons pas déboursé un centime pour une visite culturelle, un musée, un site archéologique, un château, etc…. Voilà, il valait la peine de le préciser. C’est peut-être juste des mesures prises pendant la pandémie et ne seront sûrement pas reconduites mais pour l’instant, nous en profitons.

Un des intérêts du musée est de pouvoir découvrir la cour intérieure du palais d’Altamira. On peut même y apercevoir les vestiges d’un ancien aqueduc romain!

Les remparts

Le clou de la visite reste la balade sur les remparts supérieurs du palais d’Altamira. De là, il y a une superbe vue sur le centre-ville, la basilique Santa Maria et la palmeraie.

La palmeraie

C’est la raison principale de notre trip à Elche, même si le centre historique mérite à lui seul la visite. Avec ses 500 hectares, c’est la plus grande palmeraie d’Europe et même une des plus grandes du monde. Elle possède plus de 200’000 palmiers de plusieurs espèces mais aussi des cactus, des rosiers, des citronniers et d’autres espèces tropicales. Ce sont les Carthaginois qui trouvèrent un terrain propice à la culture du palmier-dattier, le climat de la région étant semi-aride. Les Romains qui arrivèrent par après y prirent bien soin. Les Arabes agrandirent la plantation et y installèrent un système d’irrigation. Depuis le Moyen-Age, la palmeraie fait l’objet de diverses lois de protection. Finalement, en l’an 2000, l’UNESCO la met sur sa liste du patrimoine mondial. Nous avons adoré déambuler à travers les différentes espèces de palmiers. Nous ne nous y connaissons rien mais nous vouons un culte à ces arbres juste parce qu’ils nous rappellent le soleil et les climats chauds.

Aujourd’hui, la culture de dattes est plutôt modeste. La palmeraie a plutôt un intérêt touristique et paysager. D’ailleurs, le parc a été aménagé avec des fontaines, des bancs, des étangs, etc tout en gardant le style arabisant typique du sud de l’Espagne. L’effet est plutôt réussi, nous arrivons presque à croire que nous sommes en Afrique du Nord.

Elche vaut vraiment la peine qu’on lui consacre un peu de temps, et pas uniquement pour la palmeraie! Elle n’est située qu’à une petite vingtaine de kilomètres d’Alicante et est super accessible que ce soit par la route ou par le rail. Même l’aéroport d’Alicante se trouve à proximité! Une journée de visite suffit amplement même en prenant tout son temps.

Pour la suite, nous allons nous rapprocher de la côte pour découvrir d’autres facettes du sud de la Communauté Valencienne.

Jaipur, la Pink City

Pour venir à Jaipur depuis Ajmer, nous avons, cette fois-ci, prévu le coup! Nous avons réservé nos billets de train en avance! Mais ça ne nous a pas empêché de devoir trouver une place de fortune au milieu de nos sacs et d’arriver avec plus d’une heure de retard. Nous passons une bonne partie de notre séjour indien sur le quai de la gare à attendre notre train! Et dire qu’en Europe on se plaint pour cinq minutes de retard! Il y a de quoi relativiser. Mais bon, notre convoi a bien fini par arriver et nous emmener à bon port, c’est-à-dire Jaipur.

Jaipur, en un mot, c’est l’enfer! Capitale du Rajasthan, c’est une ville tentaculaire de plus de trois millions d’habitants au trafic infernal. Les travaux du métro n’arrangent pas à fluidifier le trafic et, lors de notre arrivée, les rues étaient remplies de manifestants pour les élections présidentielles. Imaginez un peu le chaos! Et pourtant, avec son architecture, ses palais, ses arcades, ses échoppes, ses odeurs de curry et ses vaches, la ville possède tout de même un certain charme.

Pink City

Jaipur est surnommée Pink City (la ville rose en français) en raison de la couleur de ses façades. Mais ce n’est pas d’origine. En 1876, une visite officielle du prince Albert, mari de la reine Victoria d’Angleterre, est prévue. Pour cette occasion, toute la ville est entièrement repeinte, le rose étant la couleur de bienvenue en Inde. Finalement, les autorités trouvèrent que cette couleur était trop stylée et décidèrent de la garder. Grâce à ça, la ville est aujourd’hui inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

City Palace

Au milieu du brouhaha de la ville, se dresse le City Palace, tout un complexe de palais construits entre 1729 et le XXe siècle. Nous n’avons pas été visiter l’intérieur car pour chaque salle, une entrée supplémentaire est demandée et il faut également payer un permis pour prendre des photos. Bref, une grosse arnaque! Nous nous sommes contentés de faire le tour. Ici le rose cède sa place et c’est plutôt le jaune qui domine. Nous trouvons son architecture très belle.

Jai Niwas Garden

Derrière le City Palace, se trouvent les jardins Jai Niwas. Ce n’est pas très pittoresque et c’est entretenu à l’Indienne, c’est-à-dire au strict minimum mais un endroit avec des arbres et sans voitures en pleine ville en Inde mérite que nous nous y attardons! Surtout que les températures dépassent allègrement les quarante degrés et que nous sommes désespérément en recherche d’ombre. Il y a également quelques bâtiments dignes d’intérêt dans le parc.

Hawa Mahal

C’est sûrement l’édifice le plus connu de Jaipur, voir du Rajasthan. D’ailleurs, à l’instar du Taj Mahal, nous nous attendions à quelque-chose de bien plus grand. Le Hawa Mahal, palais des Vents en français, est un bâtiment de cinq étages en forme de pyramide construit en grès rouge en 1799. Il mesure quinze mètres de haut et mélange les architectures mogholes et radjpoutes comme beaucoup de monuments de la ville. Il est vraiment superbe mais se trouve en bord d’une route très circulante. C’est difficile de s’y approcher ou d’avoir un peu de recul pour bien l’admirer. C’est dommage mais, malheureusement en Inde, c’est souvent comme ça.

Côté pile, le palais arbore une architecture plus sobre et privilégie une couleur jaune, comme le City Palace voisin. Il donne sur une petite ruelle piétonne bien agréable, loin du trafic. Oui, à Jaipur, il y a un parc ET une rue piétonne! C’est tellement rare en Inde qu’il vaut la peine de le mentionner! Mais nous aurions préféré voir la façade principale donner sur la rue piétonne.

Jaipur sera déjà notre dernière étape en Inde. Nous commençons à saturer de ce pays vraiment too much et préférons partir avant d’en être vraiment dégoûtés. Certes, tout n’a pas été négatif, loin de là, mais là nous sommes fatigués du choc culturel constant. Le fait de passer la plupart de notre temps dans les transports, ou à la gare en train de les attendre, pour finalement pas grand chose a fini également par nous décourager. Les températures constantes de plus de quarante degrés dans le nord ont également penché dans la balance de notre décision de partir.

Nous avons donné une deuxième chance à l’Inde quand nous étions à Goa, nous ne lui en donnerons pas une troisième, en tout cas pas maintenant. Nous ne regrettons pas du tout notre séjour indien mais nous nous réjouissons de quitter le pays. C’est un pays tellement intense qu’il nous a épuisés psychologiquement! C’est sur ces sentiments mitigés que nous allons essayer de vous livrer un bilan avant de nous envoler vers de nouvelles aventures.

Galle, un joyau colonial au bord de l’Océan Indien

Notre séjour à l’intérieur des terres était vraiment sympa et très instructif mais il nous tardait de retrouver l’océan. Même si nous sommes nés dans les Alpes, nous ne pouvons renier notre côté méditerranéen très prononcé. Il nous faut donc revoir la mer assez régulièrement pour ne pas sombrer dans une profonde déprime. Oui, nous sommes vraiment graves!

Nous embarquons à bord du train Express, qui porte le nom d’Express juste pour faire joli, pas pour sa rapidité! Nous passons six longues heures à être secoués de toutes parts mais nous voyons quand même des paysages sublimes par la fenêtre. Depuis Colombo, la ligne de chemin de fer longe toute la côte de l’océan Indien et, au coucher du soleil, nous en prenons plein les yeux! Il a juste fallu oublier notre carrière passée dans la sécurité ferroviaire sinon nous n’aurions jamais osé monter dans le train et encore moins y rester!

Nous débarquons d’abord à Bentota, une petite station balnéaire sur la côte sud-ouest afin de profiter de la plage et de la douceur de vivre. Le village n’a pas vraiment d’intérêt et est beaucoup trop germanophone à notre goût. Nous n’avons rien contre les Allemands à part leur côté trop carré, mais quand tout est écrit dans la langue de Goethe, ça nous rappelle les traumatismes des cours d’allemand que nous avons dû endurer pendant nos années scolaires. Par contre, la longue plage de sable fin vaut vraiment le détour et la température de l’océan est vraiment agréable.

Galle

A une bonne heure de train de Bentota, se trouve Galle (il faut prononcer Goal, à l’anglaise) à l’extrême sud-ouest du pays. Les Portugais (encore eux!) ayant découvert l’emplacement idéal du lieu ont décidé d’y installer un comptoir et en firent le plus grand port de l’île de l’époque. Le nerf de la guerre était toujours la cannelle pour les pasteis de nata! Puis les Hollandais (encore eux!) ont chassé les précédents afin de s’y installer et enfin, les Anglais (encore eux!) s’y sont installés et ont annexé tout le Sri Lanka à l’empire britannique. Grâce à cette histoire très riche et mouvementée, nous pouvons, encore aujourd’hui, admirer le superbe centre-ville colonial ainsi que les remparts de l’ancien fort, le tout inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Centre historique

Le centre-ville dégage une atmosphère toute européenne avec ses cafés et ses maisons coloniales basses, hollandaises pour la plupart même si les influences anglaises et portugaises se devinent également. La ville a été superbement restaurée après avoir été fortement touchée par le tsunami de 2004 qui fit des milliers de victimes et de nombreux dégâts. Heureusement qu’il reste le trafic infernal des rickshaws et les fils électriques tirés de manière anarchique pour nous rappeler que nous sommes bien en Asie du Sud!

All Saints Church

Cette église anglicane a été construite en 1871, en pleine époque britannique. Elle fait très campagne anglaise avec son architecture gothique victorien et se dresse telle un géant au milieu des constructions plutôt basses de la ville. On s’attendrait presque à y voir sortir la famille royale britannique!

Eglise réformée hollandaise

Les Hollandais avaient emmené avec eux le protestantisme et avaient réussi à convertir quelques autochtones à leur confession. Aujourd’hui, cette religion a pratiquement disparu de l’île. Les protestants se sont soit expatriés, soit convertis au catholicisme. Cette église, construite en 1755, dans le style baroque colonial à la mode à l’époque, est un des derniers vestiges du protestantisme au Sri Lanka.

Le fort

Tout le centre historique, situé sur un cap, est entouré de remparts appelés sobrement « le fort ». Nous devons les toutes premières fortifications aux Portugais, en 1588. Au XVIIe siècle, les Hollandais entreprirent de renforcer les remparts. C’est ce que nous pouvons encore observer aujourd’hui. Galle est la plus grande ville fortifiée construite par des Européens en Asie.  Il y a une belle promenade qui fait le tour du fort où nous pouvons observer les murailles qui sont superbement conservées ou restaurées!

Déjà, le patrimoine historique de la ville de Galle est vraiment de ouf! Mais en plus, la ville se situe sur un cap s’avançant dans l’Océan Indien. Imaginez donc un peu la vue sur les eaux turquoises et les récifs de corail lors d’une promenade sur les remparts!

Le phare

A la fin de la promenade sur les remparts, nous arrivons au phare. Relativement récent, il a été érigé en 1938. Pourtant, c’est le phare le plus ancien encore en activité du pays! C’est un des derniers héritages de l’époque britannique puisque le Sri Lanka a obtenu son indépendance dix ans plus tard, en 1948. Avec ses 26 mètres de haut, il est plutôt modeste mais il est quand même situé dans un des endroit les plus ouf que nous ayons visité!

La Playa

En plus d’avoir un fort et un centre-ville exceptionnels, Galle possède une superbe plage! Certes, elle est petite et coincée entre les murailles, mais elle en jette! C’est la typique plage tropicale de carte postale avec le sable blanc, l’eau turquoise et qui est bordée par une superbe végétation luxuriante!

Bonus!

Galle possède un patrimoine historique de ouf, une forteresse de malade, une situation privilégiée sur l’océan Indien ainsi qu’une petite plage de rêve. Nous aurions pu nous arrêter là. Mais non, nous sommes sortis au crépuscule pour admirer un superbe coucher de soleil!

Nous avons eu un vrai coup de cœur pour Galle malgré son côté touristique. Les villes sri lankaises sont construites anarchiquement, sans logique et ne ressemblent vraiment à rien! Trouver un centre historique superbe au milieu de remparts bien conservés et au bord de l’Océan Indien a été une belle surprise pour nous!

Il y a néanmoins un bémol, et pas des moindres! Contrairement à Malacca, les Portugais sont partis avec la cannelle mais sans laisser la recette des pasteis de nata (les fameuses pâtisseries à tomber) et les Hollandais en ont profité pour refiler leur Gouda que seuls eux considèrent comme du fromage! Les Sri Lankais ont vraiment perdu au change sur ce coup-là! Mais Galle est déjà gagnante sur tous les autres aspect qu’il fallait quand même lui laisser un petit point négatif.

L’ancienne ville royale de Sigiriya

Nous délaissons le train pour un bus des années 1960 à la carrosserie rutilante mais au confort spartiate. Nous ne sommes pas vraiment rassurés par la conduite sportive des Sri Lankais. Après trois petites heures de route et un changement à Dambulla, nous voici à Sigiriya.

Sigiriya est un site archéologique majeur au Sri Lanka et c’est celui-ci que nous avons choisi de visiter malgré le prix d’entrée excessif. L’entrée coûte trente dollars et est uniquement payable en cash, en dollars américains. Par rapport au niveau de vie d’ici, c’est carrément du vol! Surtout quand nous savons que nous payons 120 fois le prix d’un autochtone! Nous n’avons rien contre le fait que les locaux puissent accéder à leurs trésors nationaux à bon prix, nous trouvons même ça plutôt normal mais une différence pareille, c’est juste prendre les touristes pour des portemonnaies sur pattes et rien d’autre! Bref, ce sera sûrement le seul site de ce genre que nous visiterons dans ce pays à cause, notamment, des prix prohibitifs pratiqués un peu partout, alors autant être positif et en profiter au maximum! Nous avons décidé de venir en connaissance de cause donc nous allons arrêter de polémiquer sur le prix d’entrée.

La première chose qui nous frappe et nous fascine en entrant dans le site, c’est l’environnement. Nous sommes dans une magnifique jungle à la végétation luxuriante où se dressent d’énormes rochers qui défient les lois de la gravité et de l’érosion. Le site date du Ve siècle et représente tout un complexe de temples et de palais construits sous les ordres du roi Kassapa Ier. Il est couramment considéré comme la huitième merveille du monde et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Est-ce que Sigiriya mérite tant d’éloges? C’est ce que nous allons voir avec cet article!

Water Gardens

Nous entrons dans le vif du sujet par les jardins. Ce qui frappe ici, c’est qu’il y avait un système d’irrigation en eau très complexe et très avancé pour l’époque même si, grâce aux pluies tropicales, l’eau ne manquait pas trop sous ces latitudes. Ce sont d’ailleurs les vestiges les plus anciens de jardins dans toute l’Asie. Aujourd’hui, nous pouvons aisément observer les bassins remplis d’eau et apprécier le sens de l’esthétisme avec lequel ils ont été pensés.

Le Rocher du Lion

C’est le véritable emblème du Sri Lanka! Ce promontoire rocheux haut de 350 mètres sert de fondation au palais de Kassapa Ier. Vous l’aurez deviné, le clou du spectacle s’y trouve au sommet! Alors on se motive, on chausse nos baskets, on s’assure d’avoir assez d’eau à cause du climat tropical et on y va!

La montée

Il faut venir à bout d’environ 1200 marches pour accéder au sommet du Rocher du Lion. Mais comme il y a du monde et que l’escalier sert de goulet d’étranglement, ça n’avance pas bien vite et ça s’apparente plus à une promenade de santé qu’à une bonne grimpette. Quoique la chaleur humide des Tropiques peut être traitre et le soleil se montre assez généreux et tape fort! Des marches et des passerelles ont été construites à flanc de rocher et nous pouvons déjà avoir un petit aperçu de la vue qui nous attend en haut. Par contre, si vous êtes sujets au vertige (ce qui n’est pas du tout notre cas), mieux vaut vous abstenir car la paroi est vraiment abrupte et la vue sur le vide vraiment impressionnante!

Au milieu de l’ascension, nous entrons dans une grotte dont les parois sont couvertes de peintures rupestres représentant des femmes nues appelées « Les Demoiselles de Sigiriya ». Voilà où Picasso a puisé son inspiration pour « Les Demoiselles d’Avignon! » Dans un souci de conservation, il est interdit de prendre les fresques en photo. Afin de ne pas frustrer les touristes lambdas comme nous avides de photos, une reproduction des peintures se trouvent dans le musée, très intéressant soit dit en passant, qu’on visite juste après avoir acheté nos entrées au guichet.

Le palais du roi

Au sommet du rocher se dresse le palais du roi, résidence luxueuse du monarque Kassapa Ier. C’était une prouesse architecturale pour l’époque. Pour rappel, le site date du Ve siècle. L’endroit était irrigué en eau courante alors que la source se trouvait dans la plaine, 350 mètres plus bas. Le palais possédait une grande piscine d’environ cent mètres carré et qui est encore bien conservée aujourd’hui. Nous avons bien aimé la construction en terrasse qui suit le relief du rocher.

La vue

Evidemment, après toute cette montée, nous étions en droit de nous attendre à une belle vue. Nous n’avons pas été déçus! Un panorama à 360 degrés de jungles, de lacs et de montagnes à couper le souffle! Nous pouvons également bien observer l’architecture des Water Gardens que nous avons visités juste avant. Au niveau des paysages, le Sri Lanka est sur notre liste des plus beaux pays visités! Climat tropical humide oblige, les montagnes au loin sont un peu obstruées par la brume. C’est dommage car elles ont vraiment l’air magnifique!

Tout au long de notre visite, nous avons été accompagnés par les habitants des lieux. Attention tout de même aux singes!, Contrairement à d’autres sites de ce genre, ils restent plutôt indifférents à l’activité humaine mais ils restent quand même peu farouches et peuvent potentiellement vous attaquer et vous mordre si vous avez de la nourriture sur vous. Nous sommes vaccinés contre la rage mais nous ne tenons pas à tester la morsure de singe!

C’était vraiment une belle visite, malgré le prix d’entrée. Mis à part les escaliers qui sont un vrai goulet d’étranglement et qui sont blindés de monde, le site est assez grand avec beaucoup d’espace, même au sommet du Rocher du Lion et nous n’avons pas été dérangés par l’afflux touristique. Malgré notre esprit très critique, nous devons reconnaître que Sigiriya est un incontournable du Sri Lanka! Nous avons littéralement adoré l’endroit!

Pour la suite, il y a plusieurs opportunités qui s’offrent à nous mais ce sera sûrement au bord de l’océan, l’appel de la mer commence à se faire entendre très fort. Et nous sommes sur une île après tout!

Luang Prabang : french touch sur le Mékong

Nous changeons de pays pour quelques jours afin de pouvoir bénéficier plus tard d’un nouveau visa thaï gratuit de trente jours. Nous avons choisi de transiter par le Laos parce que la frontière n’est qu’à deux heures de route de Chiang Rai et aussi parce que, juste pour nous, ressortissants suisses, il existe une exemption de visa gratuite pour le Laos pour quinze jours. Pour une fois que notre beau passeport rouge à croix blanche nous donne des avantages, autant en profiter!

C’est un vieux rafiot des années 1960 qui nous sert de bus, mais au moins, il n’y a pas l’air conditionné qui nous congèle! Et c’est parti pour deux heures de route au milieu des rizières, des montagnes et des petits villages aux temples somptueux! Le temps semble s’être arrêté. Nous sommes loin de la trépidante Bangkok et des plages bondées du sud.

Arrivés à Chiang Khong, la ville frontière côté thaïlandais, il faut encore prendre un tuk-tuk jusqu’à la douane pour se faire tamponner le passeport pour la sortie du territoire. De là, c’est un bus qui passe le Pont de l’Amitié entre les deux pays et qui traverse Monsieur le Mékong himself! La particularité de ce pont, c’est qu’il change de sens de circulation! En Thaïlande, on roule à gauche, au Laos, ancienne colonie française, on roule à droite. L’entrée au Laos est une simple formalité mais il faut encore une fois affréter un tuk-tuk pour enfin arriver à la ville frontière de Houayxai.

Houayxai

C’est la ville frontière typique, mais plutôt tranquille, avec ses guesthouses et ses bureaux de change. Nous y passons tout de même une nuit afin de prendre le temps de nous familiariser avec ce nouveau pays, ses coutumes, sa monnaie et sa gastronomie. Et puis, nous devons de toute façon attendre le lendemain car un nouveau moyen de transport nous attend pour nous mener à notre destination finale : Luang Prabang

Vat Jom Khao Manilat

A l’instar de la Thaïlande, la religion dominante au Laos est le bouddhisme, malgré le communisme qui essaie, sans trop de succès, de gommer toute croyance spirituelle. Il est donc tout à fait logique d’y trouver un somptueux temple. Il se mérite! Comme il se trouve sur une colline dominant la ville, il faut monter une volée de marches pour y accéder. Le plus pénible n’est pas la montée en elle-même mais le climat tropical chaud et humide. Mais une fois en haut, on oublie ces petites contrariétés de rien du tout. La vue sur le Mékong est magnifique et l’architecture du temple vaut le détour.

Sur le Mékong : de Houayxai à Luang Prabang

Une fois n’est pas coutume, nous prenons le bateau pour rejoindre notre destination. Il faut deux jours de navigation et passer une nuit à Pak Beng pour arriver enfin à Luang Prabang, les bateaux ayant l’interdiction de naviguer sur le Mékong de nuit. C’est un excellent moyen de transport : il y a de l’espace, c’est bien plus facile de se lever que dans un bus, il y a de l’air frais, la navigation est vraiment tranquille, aucun risque de mal de mer même pour nous et même en lisant et, cerise sur le gâteau, les paysages sont vraiment somptueux. Et puis le Mékong reste quand même un fleuve mythique. Se dire que nous y avons navigué c’est quand même ouf, n’est-ce pas?

Luang Prabang

Luang Prabang est une petite ville fort agréable et la capitale culturelle du Laos. Son centre-ville, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO est vraiment sympa avec ses maisons coloniales, ses cafés à la française et ses temples somptueux. Elle a été la capitale royale du Lan Xang qui signifie en français « Royaume du Million d’Eléphants ». Trop mignon, n’est-ce-pas? Mais l’histoire est moins mignonne pour cette pauvre petite ville. En 1773 Luang Prabang est pillée par les Birmans. L’année suivante, la ville fraîchement reconstruite est détruite par un incendie pendant les célébrations du Nouvel An Lao. Au XIXe siècle, ce sont les Chinois qui laissent la ville exsangue avant de laisser la place au Royaume de Siam (l’actuelle Thaïlande) qui vient carrément occuper les lieux. Enfin, en 1893, ce sont les Français qui viennent imposer leur protectorat sur tout le Laos et certains officiers vinrent même s’installer à Luang Prabang juste parce qu’ils trouvaient la ville très jolie. Ils n’étaient pas très sympas les Français mais ils avaient du goût!

En 1989, la ville ouvre ses portes au tourisme et entreprend une grande campagne de restauration de ses quartiers historiques. Malgré l’afflux de visiteurs étrangers, Luang Prabang reste une ville zen où il fait bon vivre à proximité du Mékong qui traverse des paysages somptueux.

Les temples

La ferveur religieuse est tellement présente que plus d’un tiers de la surface de la ville est occupée par des temples bouddhistes, pour le plus grand plaisir de nos yeux. La plupart d’entre eux date de l’époque royale et sont tellement beaux que même les communistes au pouvoir n’ont pas osé y toucher.

Mékong et Nam Khan

Luang Prabang se situe sur les rives de la rivière Nam Khan et du fleuve Mékong. Il y a donc de jolies promenades en bord de rivière. En plus, ça donne à la ville une vraie oasis de fraîcheur et de verdure, sans parler du paysage montagneux au loin, vraiment magnifique.

Colline Phousi

En plein cœur de Luang Prabang se dresse le mont Phousi, une colline sacrée dominant la ville de 150 mètres. Il faut gravir 300 marches pour parvenir au sommet et le chemin est jalonné de petits temples et autres monuments dédiés à Bouddha au milieu d’une végétation luxuriante.

Wat That Chomsi

Au sommet de la colline se dressent un petit temple, le Wat That Chomsi, ainsi que son superbe stupa doré haut de 24 mètres construits en 1904. D’ici, nous jouissons également d’une superbe vue sur Luang Prabang, le Mékong et les montagnes alentours.

Le chemin des Bouddhas

Pour redescendre de la colline, nous empruntons le chemin sur l’autre versant. Il est bordé de dizaines de statues dorées de Bouddha à différents stades de sa vie.

Nous avons eu un véritable coup de foudre pour Luang Prabang! Elle n’a pas volé son titre de capitale culturelle et est juste superbe! Nous avons adoré son architecture coloniale, ses temples, son ambiance tranquille et son environnement montagneux.

Ce qui devait être un petit passage au Laos pour des raisons de visas se révèle finalement un véritable coup de cœur. Ce petit pays au milieu de l’Asie du Sud-Est est une véritable perle et mérite vraiment à être connu. Ça tombe bien, il nous reste encore quelques jours pour en découvrir un peu plus.

Les ruines mayas de Palenque dans la magnifique jungle du Chiapas

Nous avons enfin réussi à atteindre notre but! Souvenez-vous : nous étions censés avoir un bus direct pour nous emmener à Palenque depuis Campeche. Mais le bus en question était complet pour plusieurs jours et nous avons dû effectuer un itinéraire bis via Ciudad del Carmen et San Cristóbal de las Casas. Nous ne sommes pas mécontents d’avoir découvert quelques trésors en plus du Golfe du Mexique et du Chiapas mais nous commençons vraiment à trépigner d’aller enfin explorer les pyramides mayas de Palenque. Nous espérons juste que tout ce détour en ait valu la peine!

Palenque est une cité maya impressionnante située dans le sud du Chiapas. Elle a été abandonnée bien avant l’arrivée des conquistadors (XVe siècle), ce qui explique le bon état de conservation du site ainsi que la végétation luxuriante qui entoure les monuments.

Le Palais

C’est le plus grand édifice de Palenque. Les archéologues n’arrivent pas à se mettre d’accord si le bâtiment était à vocation résidentielle ou administrative. Nous pouvons accéder à la galerie qui fait le tour du Palais, d’où nous avons une superbe vue sur les pyramides environnantes. L’édifice possède également une tour qui servait très probablement d’observatoire.

Le Temple des Inscriptions

C’est le bâtiment phare du site de Palenque. C’est une pyramide haute de vingt mètres qui était le monument funéraire du roi K’inich Janaab’Pakal I. Vu sa fragilité, nous ne pouvons accéder qu’à l’ancienne crypte. A déconseiller aux claustrophobes!

Groupe  de la croix

C’est une place où se trouve le Temple de la Croix, le Temple du Soleil et le Temple de la Croix Feuillue. Ces trois temples ont été consacrés le même jour. Ces trois divinités forment une triade sacrée faisant de la place, le lieu spirituel de l’ancienne ville de Palenque. L’accès au pyramides nous permet d’admirer la vue sur le Palais.

La forêt des Temples

Un peu plus au nord de la place de la Croix, en s’enfonçant un petit peu dans la jungle, se trouve un groupe de temples. Les archéologues, ne pouvant spécifier précisément à quelle divinité étaient consacrés les différents temples, se contentèrent de leur attribuer un numéro. Nous n’en saurons donc pas plus. Par contre, une chose dont nous sommes certains, c’est que vu la hauteur des marches, les Mayas étaient des gens de grande taille! Nous avons fait notre sport rien qu’en montant les escaliers! Surtout Van et sa petite taille!

Terrain de jeu de pelote maya

Ici se trouvent les ruines d’un terrain de jeu de pelote maya. Le but était de mettre une balle dans un anneau situé à trois mètres de hauteur sans utiliser ni les mains ni les pieds.  A la fin de la partie, l’équipe gagnante était offerte en sacrifice aux différents dieux mayas. Finalement, miser tout son salaire au poker n’est pas si grisant que ça en comparaison. Ca paraît fou et inhumain à notre époque mais avoir l’honneur de servir de sacrifice aux dieux était un véritable privilège pour les Mayas.

Le Temple du Comte

Il est nommé ainsi car c’est ici que séjournait le comte Jean-Frédéric Waldeck, un personnage français un peu fantaisiste du XIXe siècle qui s’était installé ici pour dessiner et peindre les pyramides mayas. C’est un des édifices les mieux conservés de Palenque mais, à nos yeux, pas le plus impressionnant.

Le quartier des chauves-souris

A l’écart des principaux édifices du site, se trouve le quartier des chauves-souris, construit à la dernière époque de Palenque. Il faisait office de nouveau quartier. Le coin vaut le détour non pas pour les ruines, mais pour la jungle environnante.

La jungle

L’un des gros atouts de Palenque, c’est sa nature de jungle sauvage. Les archéologues ont mis à jour moins de dix pour cent de la totalité du site, le reste étant enfoui sous des tonnes de végétation. Une situation qui ne devrait pas changer à l’avenir car le gouvernement mexicain a créé un parc national dans le but de préserver la forêt. C’est con pour les archéologues mais c’est bien pour la nature, surtout que, en général,  le Mexique a tendance à être un désastre écologique!

Sentier Motiepà

En dehors du site archéologique mais à l’intérieur du parc national de Palenque se trouve le sentier Motiepà. En tant qu’amoureux de la forêt tropicale, nous n’allions pas manquer ça! C’est une jolie immersion en pleine nature où nous étions accompagnés d’oiseaux et de papillons multicolores. C’est un sentier de forêt donc sachez que c’est plus difficile que le chemin pour les pyramides.

Nous ne regrettons pas une seconde d’avoir traversé tout le sud du Mexique pour arriver à Palenque. Nous nous attendions à quelque-chose de beaucoup plus touristique (Merci la saison des pluies!) et de beaucoup plus cher! Nous avons été impressionnés par la nature sauvage environnante. Si vous passez un jour par le Mexique, c’est un endroit que nous vous recommandons chaudement!

Vallée du Rio Bascan

Vu qu’il nous restait une journée au Chiapas, notre but était de nous rendre à Agua Azul mais notre hôte nous l’a déconseillé : c’est cher et super touristique. En plus, le tremblement de terre de septembre 2017 a tassé la majorité des cascades. A la place, il nous parle de la vallée du Rio Bascan, plus modeste mais beaucoup moins touristique, bon marché et facile d’accès, même s’il faut se farcir des chauffeurs un peu fous à l’arrière d’un pick-up!

La promenade commence dans une jungle luxuriante où nous sommes accompagnés par des libellules, des papillons, des oiseaux et des lézards, tous plus beaux les uns que les autres avec leurs magnifiques couleurs!

Rio Bascan

C’est une rivière qui traverse le nord du Chiapas et qui a la particularité d’avoir une eau très claire. Nous avons été très impressionnés car, la veille, un gros orage a éclaté. Nous nous attendions à trouver de l’eau bien boueuse. Que nenni! L’eau est restée propre est transparente pour notre plus grand bonheur!

Les cascades

Ce sont les cascades qui donnent le vrai intérêt à la balade! Certes ce n’est pas Niagara, Iguazu, ou encore celles de Chiflon plus à l’ouest, mais c’est vraiment joli. L’eau est vraiment très claire et les formations karstiques valent vraiment le détour.

C’est sur ces superbes images que nous prenons congé du Chiapas, à nos yeux le plus bel état du Mexique! A part le petit bémol de San Cristóbal de las Casas beaucoup trop touristique à notre goût, ce état du sud nous aura enchanté avec sa culture, ses sites archéologiques, son chocolat et sa nature exubérante.

Le Chiapas est un état immense et nous savons que nous n’avons découvert qu’une infime partie mais le temps commence à filer et nous devons songer à partir si nous voulons prendre notre vol qui traversera le Pacifique pour nous emmener en Asie.

San Cristóbal de las Casas, la capitale culturelle du Chiapas

Arriver dans le Chiapas se mérite! Nous avons normalement pris notre bus à Ciudad del Carmen mais arrivés au checkpoint de la frontière d’état, nous sommes bloqués par une grève. Heureusement que le chauffeur a eu la présence d’esprit de contacter son collègue de l’autre côté du barrage afin de procéder à un échange de passagers.  Nous voici donc avec notre sac sur le dos, à midi en plein cagnard à traverser la frontière entre l’état de Campeche et celui du Tabasco (rien à voir avec la sauce piquante qui elle, vient de Louisiane) sur environ un kilomètre et  demi afin de changer de bus. Mais traverser un paysage magnifique de mangroves nous file la pêche et nous apprécions le système D des chauffeurs nous permettant de poursuivre notre route. Finalement nous arrivons avec à peine une heure de retard à notre étape du jour, Villahermosa, capitale du Tabasco, qui n’a de « hermosa » (joli) que le nom.

La suite du voyage se poursuit sans encombre et nous arrivons à Tuxtla Guttierez, la capitale du Chiapas, qui n’a que très peu d’intérêt mais c’est une bonne base pour découvrir une partie des alentours.

Chiapa de Corzo

A la base, nous voulions nous rendre au canyon de Sumidero. Pour cela, il faut rejoindre les débarcadères du village de Chiapa de Corzo situés à seize kilomètres de la ville de Tuxtla. Arrivés sur place, nous trouvons facilement les bateaux, véritables usines à touristes, navigant à tombeau ouvert afin d’effectuer le plus de courses possibles et d’être rentables au maximum! Bref, très peu pour nous, nous préférons y renoncer.

Par contre, nous profitons de flâner dans le charmant village de Chiapa de Corzo qui, une fois en dehors du quartier dédié au tourisme, s’avère très joli, calme et authentique. Nous sommes toujours aussi fans de ces petites maisons colorées!

Chiapa de Corzo fait d’ailleurs partie des Pueblos Magicos (villages magiques en français). C’est un programme du gouvernement mexicain qui met en valeurs des coins pas très connus mais qui ont un patrimoine naturel ou culturel, qui mérite le détour. Il y en a 132 dans tout le Mexique, autant vous dire que nous n’avons pas fini de revenir dans ce merveilleux pays!

Même si c’est un petit village, il est construit selon le plan espagnol en damier avec sa place centrale, appelée ici Plaza de Armas, ses bâtiments en arcades et sa cathédrale qu’on trouve très stylée en rouge et blanc!

Une chose qui nous avait manquée dans le Yucatán, désespéramment plat, c’était du relief. La région de Tuxtla est bien vallonnée avec des montagnes couvertes d’une luxuriante végétation tropicale. Après avoir passé pas mal de temps en ville, il est bien agréable de se retrouver un peu dans la nature.

Finalement, c’est en nous rendant dans un coin pour les touristes que nous avons réussi, encore une fois, à sortir des sentiers battus. Malgré notre changement de plan de dernière minute, nous avons découvert une petite perle bien authentiquement mexicaine!

San Cristóbal de las Casas

Comme le reste de l’hémisphère nord, le Mexique connaît une canicule et surtout une sécheresse sans précédent, alors que nous sommes censés être en plein dans la saison des pluies. Heureusement, il existe des montagnes dans le Chiapas afin de prendre un peu (beaucoup!) d’altitude et perdre quelques degrés.

Depuis la ville de Tuxtla Guttierez, la capitale d’état où nous étions légèrement en train de suffoquer, même si nous sommes, en général, plutôt fans du chaud, il y a des colectivos qui nous emmènent fréquemment à San Cristobal pour 60 pesos ( 3,10€ ou 3 CHF) et le trajet dure à peu près une heure. La distance est super courte sachant que nous passons de 500 mètres d’altitude à plus de 2200 mètres! Nous perdons également près de vingt degrés. Même en cherchant de la fraîcheur, le choc thermique est assez violent et le manque d’oxygène dû à l’altitude commence déjà à se faire sentir.

Le centre historique

San Cristóbal de las Casas est connue pour être la capitale culturelle du Chiapas. C’est vrai qu’elle possède un superbe centre historique super coloré et assez étendu. La ville fut fondée par l’Espagnol Diego de Mazariegos en 1528 qui en fit la capitale du Chiapas jusqu’en 1834, date à laquelle on lui préféra Tuxtla pour cette fonction. La rivalité entre les deux villes fut tellement violente que le lieu de capitale changea quatre fois au cours du XIXe siècle avant de s’installer définitivement à Tuxtla, plus centrale et plus accessible car en plaine. San Cristóbal de las Casas peut se targuer d’être une des toutes premières villes d’origine européenne à avoir été fondée sur le continent américain. Les architectes mirent le paquet à l’époque pour marquer le coup car le patrimoine historique qui nous reste est assez ouf! Malheureusement, en septembre 2017, un tremblement de terre de 8,2 sur l’échelle de Richter endommagea une bonne partie des bâtiments du centre historique qui sont encore en cours de reconstruction ou rénovation, donc couvert d’échafaudages.

Plaza del 31 Marzo

C’est la place centrale de San Cristóbal de las Casas bordée des bâtiments municipaux à arcades qu’on nomme en Amérique Latine ou en Andalousie cabildos. C’est le lieu de rencontre des habitants et surtout des touristes qui viennent écouter parfois des concerts de marimba, un instrument de musique typique du Chiapas qui ressemble fortement à un xylophone. Sur la place, se dresse également la cathédrale San Cristóbal Martir construite en 1528, en même temps que la fondation de la ville. Nous adorons sa façade jaune et rouge très mexicaine. Elle a été une des premières cathédrales catholiques du Nouveau Monde, et, à ce titre, elle a été consacrée par le Pape Paul II himself! Vu l’époque, se déplacer depuis le Vatican était une vraie expédition et il fallait vraiment valoir la peine pour faire déplacer le pape! La papamobile n’existait pas encore!

Eglise de la Guadalupe et ses escaliers

Il faut monter un immense escalier bordé d’une forêt de pins pour y accéder depuis le centre historique. C’est ici qu’ont lieu les nombreuses processions lors des différentes fêtes de la ville. Malgré son style baroque espagnol, l’église date de 1835, après l’indépendance donc. Pour rappel, l’Indépendance du Mexique vis à vis de la couronne espagnole date de 1821. A cause de sa position en hauteur, c’est le bâtiment de la ville qui a le plus souffert du tremblement de terre de 2017. Le site est d’ailleurs en plein travaux et nous ne pouvons pas y accéder en entier. Malgré ces petits tracas, la vue sur la ville de San Cristobal de las Casas et sur les montagnes du Chiapas est superbe.

Réserve de Moxviquil

C’est vrai que Moxviquil sonne comme un nom de médicament qu’on s’attend plus à trouver dans une pharmacie que dans une forêt. Pourtant, c’est une réserve de 80 hectares qui porte ce nom aux consonnances un peu étranges qui nous vient directement des Mayas. Elle se trouve au nord de la ville, sur les premiers contreforts de la Sierra de Chiapas et est accessible à pieds depuis le centre-ville. Il y a un sentier d’un peu moins de deux kilomètres qui fait une boucle au milieu des pins. C’est bien balisé et ce n’est pas très compliqué si vous avez l’habitude de marcher en forêt. Il est possible d’y aller en autonomie et l’entrée est gratuite, mais il y a aussi la possibilité de faire la balade avec un guide. C’est un véritable havre de paix car la ville de San Cristóbal de las Casas peut parfois être étouffante, il y a toujours beaucoup de monde. Si vous êtes à la bonne saison, ou mauvaise car celle des pluies, vous aurez la chance d’apercevoir quelques orchidées qui ont l’air de se plaire sur les troncs des pins.

Veillez à prendre un imperméable et quelques couches pour entreprendre la balade. La forêt se trouve à 2500 mètres d’altitude en pleine zone tropicale humide où les pluies ne sont pas rares. En cas d’averse, les températures ont tendance à baisser drastiquement!

Malgré ces images de cartes postales et ces couleurs typiquement mexicaines que nous adorons, nous allons faire une conclusion brutale en vous disant que nous n’avons pas vraiment aimé la ville de San Cristóbal de las Casas! Oui, c’est le genre de ville que nous affectionnons en général, mais pas ici. Nous ne remettons pas en cause la beauté du centre historique, loin de là! Nous trouvons juste que la ville s’est vendue au tourisme de masse et en a perdu son âme. C’est plein de boutiques de souvenirs, d’agences de voyage pour des tours dans les environs, de restaurants internationaux sans âme avec des « tourist menu » en anglais et de rabatteurs. Ce n’est pas l’image que nous avons du Mexique et pourtant, nous venons depuis la péninsule du Yucatán qui est également prise d’assaut par les touristes mais qui, paradoxalement, n’a pas totalement perdu son âme.

Non, nous ne vous déconseillons pas forcément de vous rendre à San Cristóbal de las Casas car le patrimoine architectural est vraiment intéressant mais si vous voulez quelque-chose de plus local ou dans son jus, passez votre chemin. Ce ne sont pas les « pueblos magicos » et les villes coloniales qui manquent au Mexique!

Campeche : une des seules villes fortifiées d’Amérique et les pyramides d’Edzna

Quand on pense à la péninsule du Yucatan, on pense en premier à Cancun et à la côte de la mer des Caraïbes avec ses plages de rêve. Ensuite on pense à quelques sites historiques comme Mérida et Chichen Itza. La partie située sur le Golfe du Mexique est un peu la grande oubliée des voyageurs. C’est vrai que c’est un peu isolé du reste des highlights de la région et qu’il faut effectuer un détour de presque 500 kilomètres pour s’y rendre. C’est un peu compliqué d’insérer ça dans un circuit logique depuis la Riviera Maya surtout si le but est de continuer vers le sud sur le Belize ou Palenque. Comme vous le savez déjà, nous ne faisons presque rien de logique et absolument rien comme tout le monde donc ce détour, nous l’avons fait! De notre plein gré en plus! La première fois par simple curiosité car ce que nous avions trouvé sur le net avait l’air vraiment cool, les trois fois suivantes en connaissance de cause! Mais qu’a donc Campeche de si bien pour que nous y retournions à chaque fois? Réponse dans l’article ci-dessous.

Les remparts

Campeche peut se targuer d’être une des seules villes fortifiées des Amériques et d’avoir encore une partie de ses remparts ainsi que ses bastions d’une conservation irréprochable. Deux points d’accès sont encore debout aujourd’hui, la « Puerta del Mar » (porte de la mer) qui se situe côté mer (Sans blague!) et la « Puerta de Tierra » (porte de la terre) qui se situe côté terre. (Qui l’eût cru?) Les deux portes sont reliées par la Calle 59, une rue piétonne qui est le cœur du centre historique mais également le coin le plus touristique. La muraille a été construite entre la fin du XVIIe et le début du XVIIIe siècle afin de protéger la ville des pirates qui sévissaient à cette époque là dans le golfe du Mexique.

Le centre colonial

Le nom Campeche nous vient directement du Maya « Kaanpech » qui signifie lieu de serpents et de tiques. Euh, ça ne donne pas vraiment envie de s’y attarder tout ça! Depuis la ville s’appelle officiellement San Francisco de Campeche car son fondateur, un sévillan, (nous le mentionnons uniquement par pur chauvinisme andalou!) s’appelait Francisco de Montejo y León qu’on surnommait « El Mozo », le jeune. C’est vrai qu’il n’avait que 32 ans quand il fonda la ville en 1540 sur ordre direct du roi d’Espagne de l’époque Charles Quint. La ville ne connut jamais un vrai âge d’or. Elle vivotait du commerce maritime tout en essayant de repousser les incessantes attaques de pirates. Pourtant, le centre historique que nous voyons aujourd’hui et qui est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO est d’une richesse incroyable! Nous en sommes tombés amoureux dès les premières minutes passées à arpenter les ruelles en damier bordées de petites maisons colorées toutes plus belles les unes des autres.

Plaza de la Independencia

Campeche n’échappe pas à la règle de la fameuse place centrale, ici appelée Plaza de la Independencia ou plus communément « zocalo » petit nom typiquement mexicain pour désigner la grand place. Elle a été construite également en 1540 comme le reste de la ville sur une place qui était restée vide pendant l’ère précolombienne. Si le centre historique nous a subjugué, cette place nous a carrément laissés sans voix! Elle est bordée de superbes bâtiments coloniaux dont un magnifique cabildo de couleur rouge. Elle est surplombée par la stupéfiante cathédrale de Nuestra Señora de la Purísima Concepción construite à la fin du XVIIe et début du XVIIIe siècle dans le plus pur style baroque – néoclassique espagnol.

Baluarte de San Carlos

C’est le bastion situé au sud-est de la ville fortifiée. Il doit son nom au roi Carlos II d’Espagne. Il date du XVIIe siècle comme le reste des fortifications. Aujourd’hui, il abrite un petit musée gratuit sur l’histoire de la ville. On y trouve une maquette du Campeche du XVIIIe siècle, la clé de la ville, les cachots où on emprisonnait les pirates ainsi que des infos intéressantes sur l’histoire de la conquête espagnole et de la vie quotidienne entre colonisation et piraterie.

Barrio de San Roman

Situé au sud-ouest du centre historique, en dehors de la muraille, le quartier de San Roman est l’ancien quartier de pêcheurs de Campeche. La mer se trouve d’ailleurs à proximité. Aujourd’hui, c’est le quartier le plus populaire de la ville et clairement le dernier à recevoir les fonds de l’UNESCO pour sa restauration. Mais nous avons vu des chantiers se mettre en place, ça sera sûrement pour ces prochains mois ou prochaines années. Le centre du quartier est marqué par l’église du même nom datant du XVIe siècle et qui, bien que magnifique, mériterait une belle cure de jouvence.

Le Malécon

Bien que la ville ne soit pas tournée vers la mer à cause des fortifications, il existe tout de même un malécon qui longe le Golfe du Mexique. Vu que la température est de 37 degrés et qu’il n’y a pas un coin d’ombre, nous ne nous y attardons pas, préférant l’ombre des remparts.

Barrio San Francisco

C’est un quartier qui se situe à l’ouest du noyau historique, en dehors des remparts. C’est le plus ancien quartier de Campeche et il était le plus peuplé pendant l’époque Maya. Pendant l’époque coloniale, ce sont les franciscains qui s’y établirent, d’où le nom et y bâtirent un petit couvent dans le but de convertir les indigènes au culte catholique. Le couvent existe encore aujourd’hui et il est reconnaissable grâce à sa superbe façade rouge tirant sur le bordeaux. Si le centre de Campeche n’est déjà pas étouffé par les touristes, le quartier de San Francisco est carrément boudé. Certes, il n’est pas restauré comme le centre et possède moins d’attraits touristiques mais il fait moins « musée » et est resté dans son jus. Il mérite amplement une visite surtout qu’il n’est qu’à quelques minutes à pied de la Plaza de la Independencia.

Baluarte de Santiago

Il marque la limite entre le quartier de San Francisco et le centre historique. C’est le plus récent de tous les bastions construits à Campeche durant l’époque coloniale puisqu’il ne date que du début du XVIIIe siècle. Mais ce fut un des plus actif dans la défense de la ville contre les attaques de pirates. Aujourd’hui, il abrite un petit jardin botanique. (entrée 15 pesos soit 0,80€ ou 0.75CHF) Il se compose de plantes qu’on trouve dans l’état de Campeche. Ce n’est pas le jardin le plus fou que nous ayons vu et il est assez petit mais nous trouvons l’idée de réaménagement du bastion assez originale.

Edzna

Puisque nous sommes de retour dans le monde maya, nous décidons d’aller visiter quelques pyramides. Le site d’Edzna se situe à 61 kilomètres de Campeche en direction du centre de la péninsule du Yucatan. Il y a des colectivos qui partent du marché et qui nous déposent directement à l’entrée du site (45 pesos par personne et par trajet soit 2,40€ ou 2,35 CHF). L’entrée du site, quant à elle, coûte 90 pesos (4,80€ ou 4,70 CHF).

La ville d’Edzna fut fondée aux environs de 400 avant notre ère par la sous-ethnie des Itza, ceux de Chichen Itza, pour être totalement abandonnée en 1450 à cause des conquistadors, des maladies et de la surpopulation. A son apogée, elle compta plus de 25’000 habitants. Elle survécut pendant ces mille ans grâce à un ingénieux système d’irrigation qui récupérait les eaux de pluie. La cité aurait une surface de près de 25 kilomètres carrés mais il n’y a que la partie centrale qui a été mis au jour. Le site se paie une belle campagne de fouilles et il est peuplé d’archéologues qui fouillent, nettoient des objets, font des moulages, prennent des mesures, débattent entre eux, etc. Tous ces travaux sont autant fascinant à observer que le site en lui-même!

La place centrale

Comme toute cité maya qui se respecte, Edzna possède sa place centrale bordée des bâtiments les plus importants de la ville. Nous avons pu tester encore une fois en tapant des mains que les Mayas savaient gérer l’acoustique, elle est irréprochable. Parmi les édifices les plus notables il y a le palais des Ambassadeurs, le terrain de pelote maya ainsi que la plateforme des Couteaux que nous n’avons pas pu observer de près à cause des fouilles.

L’acropole centrale

C’est une grande place surélevée située au nord de la place centrale. On y accède d’ailleurs par un grand escalier depuis cette dernière. C’était le lieu sacré d’Edzna où on y pratiquait les différents cultes ainsi que les sacrifices. Les bâtiments les plus emblématiques du lieu sont le Temple du Nord et le magnifique Bâtiment aux Cinq Etages qui porte bien son nom puisqu’il possède cinq étages. Il possédait de nombreuses chambres qu’on peut deviner encore aujourd’hui. La forme un peu bizarre en son sommet était un temple.

Même si le climat est plutôt sec, Edzna se trouve tout de même au milieu de la jungle. Certes, ça ne vaut pas celle du Petén au Guatemala mais nous avons quand même pu profiter d’une faune assez riche. Non, il n’y a pas que des iguanes mais ce sont les seuls spécimens à plus ou moins se laisser photographier.

Certes, Edzna n’a pas la grandeur et la richesse archéologique de ses sœurs Tikal, Calakmul ou encore Palenque mais elle contient quand même quelques vestiges intéressants. Nous l’avons préférée à Chichen Itza, que nous avons trouvé beaucoup trop disneylandisée à l’intention des Gringos de Cancun. Nous avons également bien aimé voir les archéologues s’activer sur le site. Leur travail nous fascine.

Nous en avons vu des villes coloniales, toutes plus belles les unes que les autres mais Campeche a un charme spécial avec ses remparts, ses couleurs et sa douceur de vivre. Nous y sommes venus quatre fois et nous en sommes tombés amoureux quatre fois également! C’est, à nos yeux, la plus belle ville de tout le continent américain! Rien que ça! Même Antigua, notre dernier coup de cœur en date ne la surpasse pas. Il faut dire que Campeche a un atout qui compte beaucoup pour nous, elle est située au bord de la mer! Et malgré le fait qu’elle ne soit pas directement tournée vers elle, elle dégage tout de même une ambiance très maritime qu’on adore et que nous retrouvons parfois à Cadiz, une de nos villes préférées d’Andalousie.

Nous savons que se rendre à Campeche peut valoir un détour considérable surtout si votre durée de séjour au Mexique n’est pas extensible mais franchement, réfléchissez-y à deux fois avant de le zapper complètement, c’est un véritable trésor qui vaut amplement qu’on s’y attarde.

Everglades national park

Après avoir visité une Floride un peu trop urbanisée à notre goût, nous avions envie de quelque-chose de plus naturel. D’ailleurs, un road-trip aux Etats-Unis doit vraiment passer par un parc national, c’est obligé! Ça tombe bien, le sud de la Floride possède une énorme zone humide subtropicale à l’écosystème unique au monde sur plus de 6100 kilomètres carré qui couvre toute la partie sud de la péninsule floridienne. Le parc se trouve dans une zone qui fait la transition entre le climat subtropical et tropical, c’est pourquoi la faune et la flore est si particulière. Cette zone, vous l’aurez deviné, est le parc national des Everglades.

L’entrée du parc coûte 25$ par voiture et reste valable pendant sept jours. C’est vraiment un prix plus que correct dans un pays où tout est cher! Nous n’avons pas pris les hydroglisseurs qui naviguent sur les canaux car ils nous semblent bien trop bruyants pour laisser en paix la faune locale.

Le parc national des Everglades en été, ce n’est pas du tout la bonne saison : les moustiques prolifèrent, la chaleur est écrasante et les orages tropicaux sont nombreux. Par contre, la végétation est luxuriante, les marécages sont inondés et les touristes sont restés sous des latitudes plus tempérées ou dans les grands centres commerciaux climatisés de Miami.  Comme nous avons une tolérance élevée à la chaleur, que nous adorons les orages et que les moustiques, depuis l’Equateur, ne nous font plus peur, c’est la saison idéale pour nous! Surtout depuis que nous avons découvert que la végétation tropicale et subtropicale est beaucoup plus belle et verdoyante après la pluie et dégage une très bonne odeur.

Les marécages

Les Everglades sont connus pour abriter des marécages où prolifèrent des crocodiles (les plus gros qui ont toujours l’air de dormir) et des alligators (plus petits, plus fins et qui ont l’air plus agile) . C’est d’ailleurs l’intérêt principal du parc. Mais ils ne sont pas seuls, il y a aussi des tortues marines, des centaines de poissons, des hérons, des sauterelles bariolées, des ibis blancs et une multitudes d’autres espèces que nous n’avons pas été fichus d’identifier. Nous avons eu l’occasion d’observer une faune variée mais trop loin ou trop rapide pour être photographiée. En tout cas, nous sommes fans de ces marécages ornés de nénuphars dans lesquels nous essayons de deviner qui s’y cache dans leurs profondeurs. Nous avons vu des photos prises en hiver où les marécages sont asséchés. Nous vous assurons qu’ils sont bien plus beaux quand ils sont remplis d’eau!

La forêt tropicale

Les Everglades possèdent des kilomètres carré de forêt tropicale abritant une faune stupéfiante. C’est une forêt très jeune puisqu’elle se reconstruit gentiment depuis le passage de l’ouragan Andrew en 1992 qui a pratiquement tout détruit sur son passage. Comme à Puyo, nous sommes impressionnés à quel point la nature reprend ses droits et se reconstruit quand on lui laisse la possibilité et cela en seulement un quart de siècle! Espérons que nous pourrions assister à d’autres miracles naturels de ce genre à l’avenir.

Les mangroves

Sur la côte, les Everglades peuvent compter sur les mangroves comme rempart naturel contre les assauts de l’océan et des ouragans. Malheureusement, la tempête Irma a passé par là en septembre 2017 et les pauvres ont vraiment souffert! Il faudra plusieurs années avant que la nature resplendisse à nouveau, s’il n’y a pas d’autres catastrophes naturelles d’ici là! Sachant que la Floride sera une des premières régions touchées en cas de montée des eaux due au réchauffement climatique, la bonne santé de cet écosystème est primordiale à la survie du littoral. Malheureusement, nous ne sommes pas sûrs que les locaux, surtout les promoteurs immobiliers, aient conscience de cette urgence climatique et écologique.

Les lamantins

Dans la Florida Bay, à l’extrême sud des Everglades vivent quelques lamantins des Caraïbes. C’est la plus grande espèce de lamantin au monde! Malheureusement, c’est une espèce en voie d’extinction et seulement à cause de nous, les humains, puisqu’il n’a presque pas de prédateurs. Nous avons eu la chance d’en apercevoir un qui barbotait tranquillement à l’extrême sud du parc.

Big Cypress national preserve

La réserve de Big Cypress ne fait pas officiellement partie du parc national des Everglades. Du coup, on peut rajouter 2900 kilomètres carré d’espaces naturels dans la région. Comme son nom l’indique, Big Cypress est une forêt de cyprès où vit la communauté indienne Micosukee qui s’occupe du parc et de sa préservation. Il y a également beaucoup de marécages, bien inondés en été, où vivent des dizaines de crocodiles et alligators, c’est d’ailleurs dans ce coin que nous en avons aperçus le plus.

Oasis Point

Vu qu’il nous restait un peu de temps, nous nous sommes arrêtés à Oasis Point qui est en fait le centre des visiteurs de Big Cypress National Park, déjà heureux de tout ce que nous avons vu et sans attente particulière. Quelle bonne idée! C’est l’endroit où nous avons vu des alligators de près ainsi qu’une riche faune aquatique. Une très belle façon de terminer l’exploration du parc!

Les Everglades resteront LA grosse bonne surprise de ce petit séjour américain. Nous qui cherchions de la nature,  nous n’avions pas été déçus. Nous avons été épatés par la diversité des écosystèmes et par la clarté de l’eau des marécages.

Nous avons beaucoup entendu parler des parcs nationaux aux Etats-Unis. Vu notre budget et notre timing, nous n’allons pas en visiter d’autres, du moins sur ce voyage. En tant qu’amoureux des zones humides, nous sommes super heureux de ce choix des Everglades. Les Américains ont une très bonne réputation pour la gestion des parcs nationaux et notre petite expérience en Floride nous démontre qu’elle n’est pas du tout usurpée.

Voilà, notre petit séjour en Floride touche à sa fin. Nous avons vraiment beaucoup de peine à maintenir un budget correct par ici. Nous allons donc plancher sur un plan B. Mais avant de quitter le pays, il nous reste une petite étape qui tenait à cœur à Van.