Fort Portal et les crater lakes

Entre Jinja et Fort Portal, il nous fallait trouver une étape afin de couper le trajet mais il était hors de question de nous arrêter à Kampala, véritable enfer sur terre. Nous avons donc fait escale à Entebbe, l’ancienne capitale du pays située trente kilomètres plus à l’ouest. La ville n’est pas extraordinaire malgré sa situation sur une presqu’île du lac Victoria. Là non plus on ne dirait pas que nous sommes au bord de la deuxième étendue d’eau douce du monde car une multitude d’îles et de péninsules cachent l’horizon.

Entebbe botanical gardens

En regardant sur la carte, nous avons découvert une belle étendue verte sur les rives du lac Victoria. Il fallait absolument que nous allions voir de quoi il en retournait!

Le jardin botanique d’Entebbe a été fondé par les Anglais en 1898 et s’étend sur plus de quarante hectares. Ce n’est pas un jardin à l’européenne bien propret, la végétation est laissée à l’état sauvage, et c’est tant mieux! Une multitude d’oiseaux et des singes colobus peuplent les lieux. Nous avons particulièrement aimé le jardin aux épices où le staff très sympa nous a fait découvrir et sentir les différentes plantes à épices qui y poussent.

Fort Portal

Nous n’échappons pas à Kampala car c’est de là que partent les lignes de bus pour Fort Portal et nous n’allions pas faire trois cents kilomètres en matatu, les minibus collectifs inconfortables même s’ils sont super pratiques sur des courtes distances. Pour rejoindre le terminal de bus, il nous faut traverser le marché de Kampala et c’est l’enfer dans l’enfer. Les stands sont montés sur le trottoir qui n’est déjà pas grand en temps normal, c’est bondé et les gens deviennent agressifs pour vendre quelque-chose. Van a même reçu des coups dans le bras de la part de certains marchands qui cherchaient à attirer son attention. Mais heureusement, ce que nous avons vécu là n’est pas du tout représentatif de l’Ouganda, les gens sont, en général, beaucoup plus calmes et respectueux.

Il nous faut quand même presque une heure pour traverser ce bordel et arriver à la station d’autobus. Ici, il n’y a pas d’horaire, les bus partent quand ils sont pleins. Coup de bol! Le bus pour Fort Portal est prêt au départ et attend juste deux derniers passagers afin de pouvoir partir! Ces deux personnes, c’est nous! Et en plus, il reste les deux meilleures places à l’avant vers la porte! Il nous faut juste partager nos sièges avec nos sacs mais c’est déjà bien plus confortable que les matatus.

Les paysages traversés sont juste incroyables entre collines vertes, pâturages, plantations de bananes, forêt équatoriale, plantations de thé, etc… presque au point de nous faire oublier la conduite vraiment très sportive du chauffeur! Les cinq heures de trajet passent assez vite et nous arrivons à Fort Portal, à l’ouest du pays, juste à temps pour rejoindre notre hostel avant la pluie!

Petit aparté sur le logement

Normalement, nous ne faisons jamais de pub sur les logements car les offres changent en fonction des dates et parce que ce n’est pas le but de ce blog. Nous ne sommes pas une agence de voyage! Mais nous faisons ici une exception car le concept nous plaît énormément. Nous sommes descendus au YES hostal (YES pour Youth Encouragement Services). C’est un hostal pour backpackers tout ce qu’il y a de traditionnel avec ses dortoirs, ses chambres privées et sa partie commune pour les rencontres. Il y a également la possibilité d’y prendre ses repas pour des prix vraiment corrects et prendre son petit-déjeuner dans le jardin avec tous les oiseaux est vraiment incroyable! Mais le vrai plus est que tous les bénéfices vont dans un programme pour aider les orphelins et les enfants vulnérables de tout le district pour leur permettre d’être scolarisés ou d’avoir accès au soins médicaux, entre autres. Evidemment, nous faisons cette petite pub totalement gratuitement. Nous avons juste été touchés par le dynamisme, la joie de vivre et la volonté des managers et avons trouvé pertinent d’en parler. Pour plus d’infos : https://www.yesuganda.org/yes-hostel/

La ville de Fort Portal n’a vraiment rien d’extraordinaire mais elle est entourée d’un véritable écrin de verdure et c’est vraiment agréable. Elle est perchée à 1523 mètres d’altitude et vit essentiellement de la culture de bananes et de thé.

Saka Lake

La vraie curiosité de la région ce sont les lacs. Mais ce ne sont pas de simples lacs. Nous sommes ici dans un champ volcanique de la vallée du Grand Rift occidental dont les explosions éruptives d’il y a plusieurs millions d’années ont formé des cratères qui se sont petit à petit remplis d’eau.

Le lac Saka se situe à sept kilomètres du centre de Fort Portal à 1591 mètres d’altitude. Pour nous y rendre, nous négocions un boda boda, un moto-taxi. C’est génial pour les sensations fortes mais pour la sécurité routière, on repassera. Déjà, les casques, il ne faut pas y penser, ensuite, les chauffeurs roulent comme des malades sur des pistes complètement défoncées! Inutile de préciser que nous avons effectué le trajet du retour à pied! Finalement, les scooteristes de Saigon sont un vrai exemple de sécurité routière!

Bref, nous sommes bien contents d’être arrivés vivants et une fois au bord du lac, nous oublions vite nos mésaventures routières. Ce qui nous plaît particulièrement c’est que les rives du lac, mis à part une ou deux petites exploitations agricoles, sont complètement sauvages. Nous sommes hallucinés du nombres d’oiseaux qui nichent dans les environs. Nous étions déjà impressionnés par toutes les espèces aviaires qui vivent au bord du lac Victoria mais ici dans l’ouest, il y en a 100 fois plus, tous plus beaux les uns que les autres, mais très peu disposés à poser pour notre objectif.

Monts Rwenzori

Les magnifiques montagnes qu’on aperçoit parfois entre les nuages sur nos photos sont les monts Rwenzori. C’est une toute petite chaîne de montagnes (120 kilomètres de long sur 65 kilomètres de large) mais c’est un coin très important pour la biodiversité du centre de l’Afrique. Quelque part sous les nuages, un peu plus au sud, se dresse, à 5109 mètres d’altitude, le pic Margherita sur le mont Stanley. C’est évidemment le point culminant d’Ouganda mais aussi de la République Démocratique du Congo voisine, la frontière ne se trouvant qu’à trente kilomètres à vol d’oiseau de Fort Portal. C’est également la troisième montagne d’Afrique après le Kilimandjaro et le mont Kenya et une des seules du continent à posséder des glaciers. C’est tellement une chaîne de montagnes de ouf pour ses paysages, ses microclimats et sa biodiversité que l’UNESCO l’a inscrite sur sa liste du patrimoine mondial! C’est vrai qu’elles sont très belles, c’est juste dommage qu’elles soient souvent dans la brume mais c’est grâce au climat équatorial très humide qu’il y a une flore et une faune extraordinaires.

Le lac Saka n’est pas le seul lac de cratère du coin mais nous n’avons pas le cœur assez accroché pour tout parcourir en boda boda. Nous avons préféré faire les sept kilomètres du retour en ville à pied à travers les champs, les collines et les forêts d’eucalyptus. Et puis, ce genre de lac se trouve également ailleurs en Ouganda, nous risquons sûrement d’en voir d’autres sans forcément mettre notre vie en péril sur les pistes ougandaises.

Nous avons été enchantés par les paysages que nous avons rencontrés dans ce coin de pays. Pour la suite, nous devrions continuer vers le sud mais ça dépendra de plusieurs paramètres comme les transports et les offres hôtelières. Nous devons aussi faire attention aux distances qui ont tendance à être très longues et à ne pas nous faire avoir par l’expiration de notre visa.

Jinja et la source du Nil

L’Afrique a longtemps été pour nous un rêve inaccessible. Ce n’est pas bon marché, pas idéal pour le backpack et difficilement planifiable dans un tour du monde. Avec l’épidémie de Coronavirus et notre retour en Europe, nous nous sommes dit que c’était peut-être l’occasion d’aller découvrir ce continent qui nous fascinait depuis longtemps.

Nous n’avons délibérément placé aucune attente dans ce voyage. Déjà, nous nous donnons le droit de ne pas aimer ce coin du monde et de décamper si vraiment ça ne nous plait pas. Ensuite, nous voulons déconstruire certains préjugés que nous pourrions avoir en tant qu’Occidentaux. Nous voulons aller à la rencontre des populations locales, comme nous l’avons fait partout ailleurs et, si l’occasion nous est présentée, profiter de la nature. Nous n’allons pas passer notre temps à courir les safaris ou faire d’autres activités touristiques, ce n’est pas notre but.

L’Ouganda n’était pas forcément en premier sur notre liste car c’est un pays qui s’est plus tourné vers un tourisme haut de gamme. Mais certains backpackers y sont venus avant nous et s’en sont bien sortis et l’offre aérienne était vraiment alléchante depuis la Turquie. Nous y avons vu un signe du destin. Et puis ce serait inconvenant de bouder un pays surnommé la « perle de l’Afrique »!

Nous avions dans l’idée de découvrir l’Afrique de l’est en attendant que l’Ethiopie rouvre ses frontières, qui sont fermées à cause de l’épidémie, puis de remonter par voie terrestre jusqu’en Egypte et même jusqu’en Israël ou la Jordanie. Mais, deux jours après l’achat de nos billets d’avion, un coup d’état a éclaté au Soudan rendant ce périple irréalisable. Mais ce ne sont pas les idées qui nous manquent et nous élaborons déjà de nouveaux projets de voyage dans ce coin du monde.

Nous nous sommes arrêtés à Kampala, la capitale du pays. Franchement, ce n’était pas l’idée du siècle! C’est super pollué, congestionné par le trafic, super flippant pour traverser la route et très moche! On est loin de la perle de l’Afrique là! Mais nous avons trouvé des restos pour nous familiariser avec la cuisine est-africaine et ça promet de bonnes surprises gustatives! Mais il n’y a vraiment rien de plus à retenir de Kampala, c’est une ville infernale à fuir à tout prix!

Jinja

Nous quittons Kampala sans aucun regret. Nous négocions un matatu, un minibus qui fonctionne comme un taxi collectif pour effectuer les cinquante kilomètres qui la sépare de Jinja. Ce n’est pas super confortable mais les routes sont en bon état, ça avance assez vite. En plus, à cause de la Covid-19, les transports ne sont autorisés qu’à la moitié de leurs capacités, donc nous avons de la place, pour nous et pour nos sacs. Arrivés à Jinja, l’ambiance est beaucoup plus calme, pour notre plus grand bonheur! Pourtant, c’est le deuxième centre économique du pays. C’est une petite bourgade tranquille sur les rives du lac Victoria dont le centre-ville, construit en damier par les Anglais, mélange les influences britanniques, indiennes et africaines.

Sa majesté le Nil!

Si nous sommes venus jusqu’à Jinja, c’est pour une raison bien précise! Nous qui sommes fascinés par les points géographiques, nous sommes servis car ici se trouve la source du Nil, le deuxième plus long fleuve du monde (6700 kilomètres!) et un des plus emblématiques. C’est vrai quand on parle du Nil, généralement on pense à l’Egypte et au désert. Pourtant, c’est bien le Nil que nous voyons entouré de mangroves et de végétation équatoriale. Cette source-ci est celle du Nil Blanc, même si en Ouganda on l’appelle le Nil Victoria car il s’écoule depuis le lac du même nom. Le Nil Bleu, quant à lui, prend sa source dans le lac Tana en Ethiopie. (Et voilà, nous venons de rallonger notre liste à idées!) Les deux fleuves se rencontrent plus de 2600 kilomètres plus au nord, à Khartoum au Soudan.

Après l’enfer de Kampala, nous sommes vraiment heureux de voir ce petit coin de nature surtout que c’est un véritable sanctuaire à oiseaux. Nous ne savons pas combien d’espèces nous avons vues tellement il y en a! Nous avons observé la source du Nil depuis le « Nile Source Gardens » sur la rive ouest, moins touristique que sur la rive est. D’ailleurs nous étions les seuls humains dans le jardin, mais de loin pas les seuls êtres vivants! Il y a un monument dédié à John Hanning Speke, un explorateur anglais du XIXe siècle, qui a découvert le lac Victoria et la source du Nil.

Et voici la source du Nil vue depuis la rive est

Lac Victoria

Il n’y a pas que le Nil qui vaille la peine qu’on s’y attarde à Jinja. Les rives du lac Victoria sont superbes avec leur relief très doux de collines vertes. Nous on adore en tout cas! Quand les Anglais ont débarqué au XIXe siècle, ils ont dû reconnaître quelques régions de leur mère patrie! C’est le plus grand lac d’Afrique et le deuxième plus grand lac d’eau douce du monde après le lac Supérieur en Amérique du Nord! C’est vrai, ça ne se voit pas trop ici car Jinja est bien cachée dans une baie mais sa superficie équivaut à peu près à celle de la Géorgie. (le pays du Caucase pas l’état Américain!)

Une faune incroyable!

L’Ouganda a une faune absolument incroyable! Nous n’étions même pas sortis de l’enceinte de l’aéroport d’Entebbe que nous avons déjà pu voir une dizaine d’espèces d’oiseaux exotiques! Du côté de Jinja nous avons pu voir des singes vervets, des marabouts (de gros échassiers de la famille des cigognes), des ibis hagedash, des tisserands (petits oiseaux jaunes et noirs), des oiseaux zèbres (ils ne s’appellent sûrement pas comme ça mais ils ont le plumage comme les zèbres!), des grues, des libellules immenses, des espèces d’oiseaux de toutes les couleurs, des papillons tous plus beaux les uns que les autres, des araignées géantes et d’autres animaux non identifiés. Bref, nous en avons pris plein les yeux et nous ne nous sommes pas encore rendus en pleine nature!

Jinja sera notre étape la plus orientale d’Ouganda. Quand nous avons découvert qu’il y avait la source du Nil nous n’avons pas hésité à faire le détour! Et nous ne sommes pas déçus! Les paysages sont incroyables et nous sommes hallucinés de tous les animaux que nous avons déjà pu observer!

Ce premier contact avec le continent africain a plutôt été positif, à part Kampala. Ce n’est pas plus roots que l’Inde, voire même que le Cambodge. Nous retrouvons des sourires et des « Hello » que nous n’avons plus eu depuis l’Asie et qui nous touchent toujours autant. Par contre, nous retrouvons les inégalités sociales et nous les trouvons particulièrement flagrantes, surtout dans la capitale. Mais nous savons que nous allons ressortir grandis de ce voyage et sommes, pour l’instant, super motivés à continuer l’aventure.

Bilan de la Turquie

Nos séjours en Turquie sont déjà derrière nous, voici donc venu le temps du traditionnel bilan. Comme nous y avons été à deux reprises, en automne 2021 et au début 2022 dans le cadre du même long voyage, nous n’avons fait qu’un seul bilan mais nous avons séparé les données chiffrées pour une meilleure visibilité et également pour voir notre évolution.

En temps de Covid, on y voyage comment?
En 2021

Nous avons reçus nos deux doses de vaccins donc nous avons pu entrer en Turquie sans test PCR. Nous avons dû remplir un formulaire de santé sur internet (https://register.health.gov.tr/) au terme duquel nous avons reçu un code HES qui est couplé avec notre numéro de passeport. Ce code nous est demandé à chaque fois que nous achetons un billet de transport, pour entrer dans un centre commercial et lors de prise de logement. Pour les transports urbains qui disposent d’une carte magnétique, il faut activer cette carte sur internet avec le code HES avant de pouvoir l’utiliser. Pas de panique, si vous n’avez pas internet, vous trouverez facilement quelqu’un qui aura la gentillesse de le faire pour vous.

Comme un peu partout, le port du masque est obligatoire à l’intérieur mais pas à l’extérieur. Pas de pass sanitaire pour les bars, cafés ou restaurants.

Pour les logements, c’est un peu plus strict même via Airbnb. On nous a à chaque fois demandé le code HES ou le pass sanitaire ou les deux. On nous prend en général la température (Bonne nouvelle, nous n’avons pas eu de fièvre jusqu’à présent!) et une fois, on nous a même littéralement aspergé de gel hydroalcoolique!

La population locale respecte bien les règles et les gestes barrières, les touristes, un peu moins, mais il y a des remises à l’ordre. En règle générale, ça se passe plutôt bien.

Pour effectuer un test PCR : dans les zones touristiques d’Istanbul ou Antalya, on en propose presque partout. Sinon, il faut se rendre dans un hôpital. Nous avons effectué le nôtre à l’hôpital de Haydarpaşa derrière la gare du même nom dans le district de Kadiköy à Istanbul. Nous avons juste un peu galéré pour nous faire comprendre car l’anglais y est pratiquement inexistant surtout quand on nous a envoyé à la morgue payer nos tests.(En fait la caisse se trouve juste à côté de l’entrée de la morgue!) Sinon, tout s’est bien passé, nous avons eu les résultats le soir même et avons payé 170 TL par personne (16,20 CHF / 15,30€) ce qui est dans la moyenne puisque nous avions lu qu’il fallait compter entre 150 et 200 livres. Et bonne nouvelle! Nos résultats sont négatifs, l’aventure va continuer!

En 2022

Le pass vaccinal est toujours obligatoire pour rentrer en Turquie. En février, nous avons dû remplir de nouveau le formulaire afin d’obtenir le HES Code mais en avril, il n’était plus en vigueur.

Le port du masque reste obligatoire dans les transports et les centre commerciaux. Dans les cafés et restaurants, il n’est obligatoire que pour le personnel.

Pour les logements, les contrôles se sont bien relâchés. Contrairement à l’automne passé, pour les logements, personne ne nous a rien demandé.

Bon assez parlé de cette satanée pandémie, passons aux choses sérieuses!

En chiffres

Durée du séjour

En 2021 : 38 jours soit environ cinq semaines.

En 2022 : 55 jours soit presque deux mois

Au total : 93 jours, un peu plus de trois mois. Avec ce long séjour, nous devons attendre au moins six mois avant de pouvoir bénéficier à nouveau d’un séjour de 90 jours, donc vous ne nous verrez pas en Turquie de sitôt. Mais plus tard…. qui sait?

Budget

En 2021: 13700 livres turques ou « lira » (1307CHF / 1234,95€) soit 360 TL par jour (34,35CHF / 32,45€). Nous devons une partie de ce budget de warrior à la dépréciation de la livre turque et à des taux de change hyper avantageux. Mais, en règle générale, la Turquie nous offre de très bons rapports qualité/prix dans tous les domaines.

En 2022 : 33220 TL soit 2109CHF ou 2080€ ce qui fait une moyenne journalière de 604TL (38,35CHF ou 37,80€) Si vous êtes fort en maths, vous aurez remarqué que le taux de change n’est pas du tout le même! Ceci est dû à la forte dévaluation de la livre turque.

Il est difficile de faire une moyenne de budget qui tienne la route pour la Turquie car la situation économique a fortement changé. La livre turque n’arrête pas de dégringoler mais les prix ont bien entendu grimpé. En tant que touriste venant d’un pays à la monnaie stable, nous ne voyons pas trop la différence mais les locaux doivent vivre avec une inflation de près de 60%.

Distance parcourue

En 2021 : 2546 kilomètres. De Kapitan Adreevo (frontière bulgare) – Edirne – Istanbul – Konya – Alanya – Sidé – Manavgat – Antalya – Fethiye – Ölüdeniz – Kaş – Demre – Antalya et retour sur Istanbul. Tout ça en bus, en train, en dolmuz et même en ferry pour traverser le Bosphore. Bon, ce dernier était pour le fun car il est tout à fait possible de le traverser en train avec le Marmaray.

En 2022 : 2766 kilomètres d’Antalya – Anamur – Adana – Konya – Izmir – Ephèse – Bodrum – Pamukkale – Afyon – Eskisehir – Istanbul. En bus, train, dolmus et ferry. A notre grande surprise, notre moyenne kilométrique est plus basse cette fois-ci. Peut-être à cause de la météo qui nous a parfois forcés à rester plus longtemps que prévu au même endroit.

Au total : 5312 kilomètres, une bagatelle à l’échelle du pays!

Extrêmes d’altitude

En 2021 : le niveau de la mer sur la côte quand ce n’était pas trop mal plat. 1800 mètres au col de Çatmakaya sur la route entre Konya et Alanya. C’est assez modeste pour la Turquie.

En 2022 : toujours le niveau de la mer sur les côtes. 1240 mètres au sommet du promontoire rocheux sur lequel se trouve le château d’Afyon.

Extrêmes de températures

En 2021 : 17 petits degrés à Konya lors de belles mais fraîches journées d’automne (et même sept petits degrés pendant la nuit, heureusement, nous avions de bonnes couettes bien chaudes). 29 degrés lors d’un bel arrière-été méditerranéen à Alanya.

En 2022 : -1 degré (oui, il y a le signe moins devant le 1!) à Konya. Heureusement, ce n’était que pour quelques heures entre deux trains. 27 degrés à Pamukkale, le soleil tapant bien sur le blanc étincelant du travertin.

Evidemment, la saison n’étant pas la même, on ne peut décemment pas comparer les températures d’une fois à l’autre. En 2021, les températures étaient parfaitement normales pour la saison. En ce début 2022, c’est une autre histoire. En février, il faisait bon ( plus de vingt degrés en journée sur la côte méditerranéenne) mais une vague inhabituelle de froid est venue nous embêter en mars et même jusqu’à début avril avec vents du nord glaciaux et tempêtes de neige y compris à basse altitude.

Bref, nous avons compris la leçon, nous ne compterons plus sur une éventuelle douceur méditerranéenne avant le mois de mai. L’hiver prochain, nous serons sous les Tropiques, même si nous n’avons encore aucune idée du lieu!

Distance parcourue sur la voie lycienne

En 2021: environ 28 kilomètres, à pied évidemment.

En 2022 : zéro kilomètre. Nous n’avons pas été dans la région de la voie lycienne et de toute façon, la météo ne nous aurait pas permis de randonner.

Nombre de baklavas engloutis

En 2021 : Chuuuuuttttt!!

En 2022 : pas mieux!

Coups de cœur / Coups de gueule

Voici, comme toujours, nos impressions sur notre séjour en Turquie. Nous ne dérogeons pas à la règle de commencer par le négatif afin de finir en beauté.

Pas top

Des laveries inexistantes : Oui, nous avons quand même quelques problèmes existentiels comme trouver où laver nos habits. En Turquie, c’est la galère pour trouver une laverie, même dans les grandes villes. Apparemment, tout le monde possède sa propre machine à laver. Heureusement, nous avons deux mains et assez d’huile de coude pour nettoyer nos fringues à la main, surtout que l’eau chaude n’est pas un problème. C’est un peu plus embêtant pour le séchage en hiver.

Trop bien!

Les gens : C’est de notoriété publique que les Turcs sont foncièrement gentils. Nous confirmons! Ils sont juste adorables! (parfois trop!) Ils sont ouverts, curieux, toujours prêts à donner un coup de main, chaleureux et souriants. La mentalité ne change pas beaucoup des pays du sud de l’Europe au bord de la Méditerranée mais avec une petite touche d’exotisme en plus. C’est sûrement le peuple le plus honnête que nous connaissons : on nous a parfois rendu de l’argent que nous ne savions même pas avoir payé en trop et nous n’avions jamais eu peur pour nos affaires dans le bus ou ailleurs. Nous avons juste été un peu étonné par le peu de pratique de l’anglais en dehors d’Istanbul mais finalement, ce n’est pas un problème, nous réussissons toujours à communiquer. Et essayer de sortir quelques mots de turc, même mal prononcés, suffit à désamorcer une éventuelle petite timidité de départ.

La gastronomie : La cuisine turque c’est un mélange, très réussi, entre Méditerranée et Moyen-Orient. Les produits méditerranéens sont apprêtés à merveille avec des épices un peu plus orientales, notamment le poivre rose qui nous a réconcilié avec le poivre après notre traumatisme du Sri-Lanka. Beaucoup de plats sont préparés au four à bois, même les œufs du matin, et ont de ce fait une saveur particulière. Côté dessert, nous avons littéralement fondus pour les baklavas, ces petites douceurs composées de pâte filo, de pistaches, de noix, de sirop et de miel. Le café turc est également excellent à condition d’aimer le café bien fort. Bref, nous nous sommes vraiment régalés durant notre séjour.

Les paysages : Il nous semble que les quelques photos que nous avons publiées parlent d’elles-mêmes…

Les transports : Voyager en Turquie, c’est super facile! Tout est desservi par les transports publics. C’est fiable, confortable, relativement bon marché et à bonne fréquence. Il faut juste s’y prendre en avance pour le train car il est souvent victime de son succès et très vite complet. Les grandes villes comme Istanbul , Antalya ou Izmir sont super bien dotées en transports urbains.

La voie lycienne : Elle est super bien balisée, il y a des points d’eau pour les randonneurs et elle traverse un paysage sublime. Un vrai bonheur de faire un trek dans ces conditions!

Bizarreries turques

Les arrivées d’eau sont parfois montées à l’envers : Partout dans le monde, dans un robinet, l’eau froide est à droite et l’eau chaude est à gauche. Ben en Turquie, c’est en général le contraire! Parfois, il y a les couleurs, bleu ou rouge, qui indiquent la température de l’eau qui sont « du bon côté » mais l’eau arrive quand même à l’envers! Imaginez Van la frileuse voulant profiter d’une bonne douche chaude après une journée fraîche à Konya et qui se retrouve sous un jet d’eau glacée!

Nous ne nous attendions pas à être déçus de la Turquie, Van avait déjà adoré Istanbul il y a huit ans et tous les retours de voyageurs que nous avons sur ce pays sont super positifs. Mais nous ne nous attendions pas à avoir un tel coup de cœur! Nous commençons notre périple vraiment très fort. La Turquie a placé la barre très haut! Et nous n’en avons vu qu’une infime partie. Nos proches et amis ont également été conquis par ce que nous avons publié, jamais auparavant un pays n’avait autant fait l’unanimité parmi notre entourage! Certains y ont même déjà réservé leurs prochaines vacances!

Il paraît que l’est du pays est encore mille fois plus ouf! Si nous n’y sommes pas allés cette fois, c’est tout simplement à cause de la saison trop tardive. Évidemment, nous l’avons placé en très bonne place sur notre loooooongue wishlist et il est plus que probable qu’une fois à une meilleure saison, nous vous redonnerons des nouvelles d’ailleurs en Turquie…

Randonnées et découvertes sur la voie lycienne : de Fethiye à Demre

Pour une raison qui nous échappe, parcourir la côte lycienne en transports publics se fait plus facilement dans le sens ouest-est. Pas de bol, nous sommes du côté est. Depuis Antalya, nous prenons donc un bus qui nous emmène directement à Fethiye, du côté ouest donc. Par directement, nous entendons un bus qui passe « tout droit » dans les terres au lieu de suivre la côte qui s’avance sur plusieurs kilomètres en mer Méditerranée. Mais ce n’est pas si direct que ça, l’arrière-pays est très montagneux, nous roulons sur de petites routes de montagne et il nous faut franchir un col à plus de 1500 mètres d’altitude. Mais le paysage est pittoresque et nous ne voyons presque pas passer les quatre heures de trajet que nous avons mis pour parcourir les 192 kilomètres qui séparent les deux villes.

La côte lycienne, c’est quoi au juste?

C’est une côte de près de cinq cents kilomètres située en mer Méditerranée et en mer Egée. On doit son nom à la Lycie, une région antique de l’Anatolie. Les Lyciens étaient des pirates originaires de Crète qui se sont installés dans la région et se sont rarement assimilés aux grands empires qui dominaient le bassin méditerranéen dans l’Antiquité. Elle a ensuite été une province romaine de la Grèce Antique, puis byzantine avant de passer sous domination ottomane. Malgré les différentes dominations de l’histoire, les villages côtiers sont restés grecs orthodoxes jusqu’en 1923, date du Traité de Lausanne qui définit les frontières de la Turquie actuelle après la chute de l’empire ottoman suite à la Première Guerre Mondiale. Aujourd’hui, il reste pas mal de sites archéologiques de la Lycie et surtout, la voie lycienne, qui est un chemin de grande randonnée de plus de quatre cents kilomètres entre Antalya et Fethiye. Nous n’allons pas parcourir toute la voie à pied, nous ne sommes pas équipés pour de si grandes randonnées, mais nous allons quand même en découvrir quelques tronçons.

Fethiye

Fethiye sera donc notre point de départ de la côte lycienne. Elle se situe au bord de la mer Egée mais dans une baie bien profonde et montagneuse fermée par une île, nous avons plus l’impression d’être au bord d’un lac car nous n’apercevons pas du tout la ligne d’horizon typique des bords de mer. Le paysage nous rappelle d’ailleurs le Bouveret à l’extrémité est du lac Léman. La ville en elle-même n’est pas ouf, le bord de mer est rempli de yachts comme à St-Tropez. C’est la première fois depuis notre arrivée en Turquie qu’un lieu nous laisse un peu sur notre faim. Mais nous avons tellement vu des choses extraordinaires que quand c’est un peu moins bien, ça se remarque tout de suite.

Les tombeaux

Une fois n’est pas coutume, notre grimpette du jour ne nous emmène pas à un château mais à des tombeaux. Ces tombes lyciennes creusées dans la roche datent du IVe siècle et il y aurait même quelques lieutenants d’Alexandre le Grand qui y reposent.

Au sommet, il y a quand même une forteresse ou ce qu’il en reste. Elle date de l’époque des croisades et appartenait à l’Ordre des Chevaliers de Saint-Jean. Le site n’est pas sécurisé et il est strictement interdit de grimper sur le promontoire rocheux pour aller voir ça de plus près.

Ölüdeniz

Ölüdeniz se divise en deux parties : mer et montagne. Côté montagne, c’est un petit village perché à trois cents mètres d’altitude. Venant des Alpes, perché et trois cents mètres ça ne veut absolument rien dire mais dans le sud de la Turquie, ces trois cents petits mètres font la différence par rapport au littoral surtout que le relief est très escarpé. Le village en lui-même n’est pas fou et il est complètement dédié aux touristes anglais. Les prix sont affichés en pounds, les pubs anglais sont disséminés un peu partout dans la localité et, le pire du pire, la plupart des restaurants proposent de la gastronomie anglaise! WTF? C’est un énorme gâchis surtout que la cuisine turque est vraiment excellente! Malgré tout ses défauts, Ölüdeniz village est un point de départ idéal pour randonner sur la voie lycienne.

Côté mer, c’est tout autant touristique mais il y a le lagon bleu, appelé ainsi pour ses eaux calmes et cristallines, qui vaut le coup d’œil.

Nous avons préféré chausser nos baskets et parcourir une partie de la voie lycienne en dessus d’Ölüdeniz. Nous traversons une superbe forêt de pins dans une réserve naturelle à laquelle appartient également le lagon bleu. Nous avons vu une quantité incroyable d’oiseaux dont la plupart des espèces nous est inconnue. Ce sont sûrement des espèces endémiques de l’est méditerranéen. Le clou du spectacle est la vue incroyable depuis le chemin sur la mer Egée et ses côtes très découpées.

Kayaköy

La voie lycienne est plus qu’un chemin de grande randonnée. C’est une région chargée d’histoire de l’Antiquité à nos jours. Kayaköy en est un bel exemple. C’était un village grec appelé Livissi jusqu’à la chute de l’empire ottoman quand tous les grecs chrétiens furent expulsés d’Anatolie dans les années 1920. Le village a été ensuite partiellement repeuplé par les Turcs jusqu’en 1957 quand un séisme en détruisit une bonne partie impliquant l’abandon complet du village. Nous pensions juste trouver quelques ruines disséminées mais c’est un grand village qui s’offre à nous occupant deux flancs de montagnes. Il possédait même un petit château et une jolie église orthodoxe datant du XIXe siècle mais dont l’accès est interdit pour des raisons de sécurité. C’est un peu surréaliste de déambuler dans les anciennes ruelles de cette ville fantôme, nous avons un peu l’impression de débarquer après l’apocalypse.

Kaş

Nous continuons notre exploration de la côte par une superbe route surplombant la Méditerranée et ses îles pour enfin arriver à la petite ville de Kaş (à prononcer comme Cash). Le coin est dédié au tourisme mais à petite échelle, ce n’est pas trop gênant. A cause du relief très escarpé, il n’y a pas de longue plage de sable, ça élimine déjà le tourisme de masse balnéaire. Ici, les visiteurs viennent principalement pour la plongée et pour la randonnée. Il faut dire que le paysage de cette côte très montagneuse et très découpée est juste superbe. Cerise sur le gâteau, toute la zone autour de Kaş est classée réserve marine : la pêche y est interdite, les gros bateaux y sont interdits et la plongée y est autorisée mais à des conditions très strictes.

Théâtre Antiphellos

Il est même possible de trouver un peu de culture à Kaş, à juste cinq cents mètres en dehors de la ville. Cet amphithéâtre daterait du Ier siècle avant Jésus-Christ en pleine période grecque. Il a été restauré afin de pouvoir accueillir diverses représentations théâtrales. Le plus impressionnant est sa situation entre forêt de pins et une des baies de Kaş.

Big Pebble Beach

Il faut creuser un peu pour trouver cette petite merveille car elle se situe à un bon kilomètre du centre-ville de Kaş. Ce n’est pas la plage en elle-même qui est impressionnante car ce sont des galets, comme souvent dans la région, mais les falaises de calcaires qui se jettent dans une eau cristalline que ne renierait pas la mer des Caraïbes. Grâce à sa situation bien protégée dans la baie, la mer est très calme ce qui en fait un lieu idéal pour la pratique du paddle.

Nous profitons de notre passage à Kaş pour tester un autre tronçon de la voie lycienne. Le chemin est un peu scabreux par endroits, il faut escalader des rochers ou s’agripper à une corde. Nous, on adore ça mais nous comprenons aisément que ce n’est pas donné à tout le monde. L’environnement est assez sympa entre baies découpée, falaises de calcaires et forêts de pins. En chemin, nous pouvons observer quelques tombeaux lyciens dont certains sont creusés dans la roche.

Pour changer, nous sommes toujours autant fascinés par la vue qui s’offre à nous! Ce qui rend le chemin encore plus dangereux car comment se concentrer sur nos pas avec un panorama pareil!

Bilal’s Beach

Notre randonnée nous mène à Bilal’s Beach, perdue au fond d’une baie accessible seulement à pied ou par bateau. Une vraie ambiance paisible de bout du monde nous y attend même s’il y a quelques bungalows aménagés pour touristes en quête de calme. L’eau y est tellement claire que nous avons pu distinguer une riche faune marine juste en observant l’eau depuis un des pontons.

Demre

La ville de Demre est beaucoup moins pittoresque que Kaş et elle n’est pas du tout tournée sur la mer, pourtant toute proche. Elle est entourée d’un véritable océan de plastique, l’agriculture sous serre étant la principale ressource économique du coin. Et ça se ressent, la ville est un peu figée dans le temps, un peu conservatrice et il y a très peu de jeunes qui préfèrent émigrer dans la dynamique Antalya. Demre vaut quand même le détour pour ses sites aux alentours.

Demre Kuş Cenneti

Lors de notre arrivée sur Demre par la route, nous avons surplombé une belle zone humide typique de Méditerranée. Il nous fallait absolument aller voir ça de plus près. Le Kuş Cenneti (paradis des oiseaux en turc) se trouve à trois petits kilomètres du centre de Demre et y accéder est très facile, c’est tout plat (pour une fois!) et sur des routes peu fréquentées.

Dans cet Albufera turc, on y compte jusqu’à 149 espèces d’oiseaux. Nous en avons aperçus plusieurs dont des flamands roses, des ibis, des grues et des martins-pêcheurs. Le paysage côtier est complètement différent du reste de la côte lycienne. Le relief y est tout autant découpé mais les montagnes ne se jettent pas directement dans la mer. Il y a une belle zone de lagunes et d’étangs entre les deux.

Andriake

Dans cette superbe zone humide se trouvent les ruines de la cité d’Andriake qui était le port de la ville antique de Myra (Demre à l’époque de la civilisation lycienne) On peut y reconnaître l’agora (l’équivalent grec du forum romain), deux églises et des bains thermaux. Le site n’est pas d’une conservation remarquable mais l’environnement compense totalement cet état de fait.

Myra

Un peu en dehors au nord de Demre, se trouve le site de l’ancienne cité de Myra dont il reste principalement le théâtre et la nécropole. C’était une ville importante autant à l’ère lycienne qu’à l’époque romaine. Le théâtre a été construit par les Grecs, il reste d’ailleurs encore des inscriptions en grec ainsi que des masques de tragédie grecque gravés dans le marbre, mais il a été détruit par un tremblement de terre en l’an 141. Les Romains en construisirent un plus grand sur les ruines de l’ancien. Lors de notre visite, deux femmes ont entamé des chants lyriques afin de tester l’acoustique du lieu et nous avons été impressionnés par la qualité du son qui se répand dans chaque coin de l’édifice.

La nécropole

On date cette magnifique nécropole au Ve siècle avant Jésus-Christ. La plupart des tombes sont directement creusées dans la roche, une vraie prouesse pour l’époque! Les tombeaux étaient décorés par une représentation du défunt, de ses parents et de ses amis. Avec le relief méga accidenté, nous sommes assez scotché par la beauté et la finesse de cette architecture datant de plusieurs millénaires!

C’est avec Demre que se termine notre superbe boucle sur la côte lycienne qui nous a vraiment impressionnés par son paysage et son histoire. Notre coup de cœur a été pour la région de Kaş mais toute la côte mérite une visite. Et nous n’en avons vu qu’une petite partie!

Notre séjour en Turquie touchant gentiment à sa fin, nous retournerons ensuite sur Antalya puis sur Istanbul d’où nous nous envolerons vers de nouvelles aventures. Si tout se déroule comme prévu, ce sera le 3 novembre. Nous profiterons des quelques jours qui nous restent pour préparer la suite et notamment nous soumettre à un test PCR dont le résultat décidera si nous pourrons vraiment nous envoler vers d’autres cieux. Et évidemment, nous vous préparerons notre traditionnel bilan sur notre séjour dans ce magnifique pays.

Antalya la dynamique du sud méditerranéen

Nous avons fortement hésité à nous arrêter à Antalya. Nous en avons un peu parlé autour de nous et la population locale n’est pas tendre avec cette ville car il n’y a pas de plage, contrairement aux alentours. Pour nous, c’est plutôt le côté grande ville qui nous freine un peu, il y a plus de deux millions d’habitants, le double de Valence, et nous venons de passer du temps dans la mégapole d’Istanbul. Le fait qu’il n’y ait pas la playa ne nous gêne pas plus que ça, nous en avons déjà bien profité et, si tout se passe bien, nous en profiterons encore plus loin. Une promenade en bord de mer nous suffit amplement.

Comme Antalya est sur notre route, nous décidons tout de même de nous y arrêter, quitte à en repartir aussitôt si vraiment ça ne nous plaît pas. Mais nos quelques recherches sur la ville nous ont montré deux ou trois petites choses à explorer. Pour nous, Antalya n’était qu’une destination pour vols charters en provenance d’Europe du Nord. Aurions-nous dû passer notre chemin? C’est ce que nous allons découvrir…

Antalya se trouve au fond d’une étroite baie qu’on pourrait presque qualifier de fjord, du genre Kotor au Montenegro. Le paysage montagneux en face de la ville rappelle fortement le lac Majeur ou le lac de Côme dans le nord de l’Italie. Au fond de la baie se trouve une grande paroi rocheuse appelée simplement « La Grande Falaise ». Les locaux avaient raison : il n’y a effectivement pas de plage mais ce paysage de rochers est juste incroyable et l’eau est limpide malgré le temps couvert.

Kaleiçi

Kaleiçi est le centre historique d’Antalya. On y accède par la porte d’Hadrien qui a été construite en l’an 130 en l’honneur de l’empereur romain du même nom lors de sa visite à Attaleia (le nom romain d’Antalya). Pour la petite anecdote, Hadrien était presque un de nos compatriotes sévillans puisqu’il et né à Italica, juste à côte de notre belle capitale andalouse. Entre les IV et Ve siècles, les Byzantins construisirent une forteresse et une double enceinte encore visibles en partie aujourd’hui. Les maisons à l’intérieur des remparts sont typiquement ottomanes. Tout n’a pas été complètement restauré, nous déambulons entre ruines et bâtiments fraîchement rénovés, c’est assez rigolo. Mais l’ensemble est vraiment joli même si certains on cédé aux sirènes du tourisme en ouvrant des boutiques de souvenirs made in China ou des restaurants à burgers . Mais à part ça le quartier est agréable et, surtout, il est presque entièrement piéton, ce qui renforce la sensation de calme.

Le vieux port

Au pied de la forteresse, caché dans une crique et coincé entre deux falaises, se trouve le vieux port qui a été construit également à l’époque byzantine. Aujourd’hui c’est un petit port de plaisance bordé par des restaurants chics, des bars branchés et des discothèques.

Mosquée Yvliminare

Cette mosquée à coupoles a été construite en 1230 par les seldjoukides (ceux des mausolées à Konya) afin de célébrer leur victoire sur l’empire byzantin. C’est une des plus anciennes mosquées de ce genre dans toute l’Anatolie. Le minaret strié et orné de céramiques bleu de perse (enfin, ce qu’il en reste) est encore aujourd’hui l’emblème de la ville. La mosquée se situe au nord de centre historique sur un petit promontoire qui surplombe la baie d’Antalya.

En dehors de son centre historique somme toute assez petit, Antalya est, certes beaucoup moins pittoresque, mais beaucoup plus sympa. C’est une ville jeune, étudiante et dynamique où abondent cafés, terrasses et tous types de restaurants dans une dolce vita toute méditerranéenne qu’on adore. Il y a également une petite communauté syrienne qui a fui la guerre et qui s’est installé à Antalya en ouvrant des restaurants où on peut déguster les meilleurs houmous de la ville!

Plage Konyaalti

Notre curiosité naturelle nous a poussé à aller à la découverte de ce qui se trouve derrière les falaises. En vrai, c’est surtout Fab qui voulait faire un tour dans le tram vintage qui longe la vieille ville. Ce n’est pas un tram touristique, ça fait partie du réseau de transports publics de la ville. C’est juste du matériel roulant historique comme à Milan ou Lisbonne. Nous nous rendons donc au terminus dudit tram qui se trouve au musée d’Antalya flambant neuf que nous ne visitons pas pour cause de météo trop belle. Et que voyons-nous? La plage! Nous aurait-on menti? Pas totalement car, en effet, les plages sur la côte en dehors d’Antalya sont beaucoup plus belles même si depuis en haut, Konyaalti ressemble à Copacabana avec ses pains de sucre. Mais la comparaison s’arrête là, c’est une plage de galets, très peu agréable pour les promenades ou la bronzette, à moins de posséder une chaise longue. Par contre, grâce à une situation privilégiée, très protégée dans la baie, l’eau est assez chaude pour la baignade une bonne partie de l’année et, comme il n’y a presque pas de courant, c’est idéal pour la pratique du paddle et les alentours sont beaucoup moins urbanisés qu’à Rio!

Le truc vraiment sympa est la forêt de pins derrière la plage au pied des falaises. propice à la promenade. Nous sommes toujours en pleine ville mais la roche calcaire atténue les bruits du trafic qu’il pourrait y avoir plus haut. Seul le chant des oiseaux nous accompagne pendant notre petite marche.

Nous avons, encore une fois, bien fait d’écouter notre instinct et nous ne regrettons pas une seule seconde de nous être arrêtés à Antalya. Certes, ce n’est de loin pas le coin pittoresque de la côte méditerranéenne mais nous avons aimé l’âme de la ville avec son petit centre historique, ses falaises impressionnantes, son dynamisme étudiant et ses restos bigarrés. A moins que vous ayez vraiment un timing serré, nous vous recommandons de passer au moins une journée à Antalya juste pour son atmosphère très cool.

Alanya, sa citadelle, ses environs et le site archéologique de Sidé

Nos aventures ferroviaires sont déjà terminées mais les trajets en bus sont tout autant confortables et le paysage depuis Konya est, encore une fois, pittoresque! Après cinq heures de voyage, une traversée des montagnes et un gain de plus de dix degrés, nous voici enfin sur la côte méditerranéenne pour notre plus grand bonheur!

Kleopatra Beach

Au premier abord, Alanya n’est qu’une quelconque station balnéaire avec ses alignées d’hôtels, de bars, de restaurants, de chaises longues et ses hordes de touristes russes. Mais elle se situe dans une baie protégée et pittoresque au pied des Monts Taurus

Il paraîtrait que la reine Cléopâtre herself est venue se baigner dans le coin d’où le nom de la plage. Elle a sûrement dû en profiter de se faire un gommage car le sable est vraiment grossier. En plus, le rivage est en pente, ce n’est pas vraiment idéal pour les longues promenades sur le sable que nous affectionnons tant. Par contre, l’eau est vraiment claire et la température est encore bien agréable pour la baignade, et c’est Van la Frileuse qui le dit! Et pour marcher, la municipalité a pensé à tout puisqu’elle a aménagé un long chemin piéton ainsi que des jardins en bord de mer, loin de la grande route et de son trafic.

La citadelle

Evidemment, nous ne nous sommes pas arrêtés à Alanya uniquement pour la playa, mais également pour sa culture. Et puis, ce n’est pas parce-que nous ne sommes plus en Espagne que nous devons renoncer à notre petite grimpette du jour! Mais pour ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas grimper la colline, pas de panique, il y a un télécabine qui vous emmène au sommet! Nous, nous préférons y monter à pied, pas pour des raisons de budget car le prix est encore relativement raisonnable pour ce genre d’attraction (20 TL la montée soit 1,90€ ou 2,05 CHF et 39 TL l’aller-retour soit 3,75€ ou 4 CHF), mais pour le plaisir de faire travailler nos gambettes. La citadelle culmine à 250 mètres et le chemin d’accès est assez facile. Nous marchons à l’ombre des maisons du quartier à flanc de côteau d’Alanya et ensuite dans une magnifique forêt de pins, ce n’est donc jamais en plein cagnard. Déjà, la vue sur la ville et sur Kleopatra Beach est époustouflante

Si nous faisons abstraction des boutiques de souvenirs, la forteresse au sommet vaut amplement l’effort fourni! La muraille date du XIIIe siècle et mesure près de sept kilomètres de long en épousant le relief très escarpé de la colline. Ils ont dû rigoler pour construire tout ça à l’époque! Alanya appartenait au sultanat de Roum, le même que celui des mausolées de Konya, dont la ville était un avant-poste sur la Méditerranée. A l’intérieur de la citadelle il y a, outre les fameuses boutiques, un petit musée, une mosquée, quelques cafés et surtout, une vue à couper le souffle! Avec le temps ensoleillé et splendide que nous avons, la Grande Bleue est vraiment super calme et ressemble à un vrai lac sans la moindre petite vaguelette!

Le port et la Tour Rouge

Nous décidons de descendre la colline par l’autre versant, c’est-à-dire à l’est et nous avons trop raison car ce côté-ci est encore plus pittoresque qu’à l’ouest! Nous nous rendons mieux compte de la longueur des fortifications et la vue sur le port et sur les Monts Taurus est vraiment incroyable. La tour au pied de la citadelle fait partie de l’ensemble défensif, elle est juste plus emblématique à cause de sa couleur rouge. Dans le port, nous apercevons de magnifiques galions reconstitués. Ils sont utilisés comme discothèques flottantes pour touristes en mal de divertissements mais nous les trouvons tout de même assez majestueux.

Dim çayi

Nous profitons d’une météo superbe pour nous éloigner un petit peu de la mer (mais pas trop, hein! Juste huit petits kilomètres!) afin de découvrir l’arrière pays et de faire quelques pas. Le Dim çayi est un barrage (oui, en anglais ça fait Dim Dam!) de 134 mètres de haut construit en 2008 sur la rivière Dim afin de fournir de l’électricité à toute la région d’Alanya. Le lac de retenue au sommet du barrage nous offre un paysage magnifique au milieu de montagnes verdoyantes. Malheureusement, toute l’étendue d’eau est entourée par un grillage pour éviter tout accident et les piétons doivent rester sur la route. Au pied du barrage, dans la rivière, se trouvent ce qu’on appellent des « Piknik restaurants » avec des tables basses et des petits fauteuils qui rappellent l’ambiance d’un pique-nique tout en se faisant servir comme dans un restaurant. Nous trouvons le concept un peu kitch mais pas totalement dénué d’intérêt.

Pour y accéder depuis le centre-ville, il suffit de prendre un dolmuz, ce qui signifie minibus en turc même si à Alanya, ça s’apparente plus à un bus urbain.

Sidé

Le système de transports public étant vraiment top et bien organisé en Turquie, nous parcourons les 64 kilomètres qui séparent Alanya de Sidé en dolmuz. Il faut juste effectuer un changement dans la petite ville de Manavgat.

Old town

Side possède un mini-centre historique même s’il a été bien « Disneylandisé » pour l’industrie touristique. Il est quand même tout mignon avec ses petites maisons ottomanes en bois même si les constructions nous rappelle un peu des chalets de montagnes. C’est fou, après des années à parcourir le monde et à prôner la tolérance et l’ouverture d’esprit, notre cerveau reste parfois tellement formaté pour certaines choses même si, ici, il ne s’agit que d’architecture. Elles ont bien le droit de profiter de la douceur méditerranéenne ces maisons-chalets, non mais! Une des particularité c’est que le sol d’une bonne partie du quartier est en verre afin de pouvoir observer les ruines de l’antique Sidé sous nos pieds.

Le site archéologique

Le site antique se situe sur un promontoire rocheux qui s’avance dans la mer Méditerranée. Ce ne sont pas les vestiges les mieux conservés que nous ayons vus mais le décor entre mer et champs d’oliviers vaut le coup d’œil. Se promener entre nature et vieilles pierres est bien agréable surtout que l’espace est grand, nous ne subissons jamais la foule. Quelques bas-reliefs sont encore visibles et nous pouvons en déduire qu’à Sidé, il y avait des sculpteurs hors pair!

On en sait très peu sur la fondation de la ville. On sait qu’elle prit de l’importance pendant l’empire achéménide, un empire perse qui couvrait tout le Golfe Persique ainsi que la Méditerranée orientale avant de se soumettre à Alexandre le Grand, donc à la Grèce antique en 333 avant Jésus-Christ. Elle déclina pendant l’Empire Romain avant de connaître un petit redressement à l’époque byzantine (V-VIe siècles). On y voit d’ailleurs les ruines des toutes premières basiliques chrétiennes. La cité a complètement été abandonnée pendant les raids arabes du VIIe siècle. Voilà pourquoi la conservation du site n’est pas optimale. Cependant, il y a encore des fouilles archéologiques en cours ainsi que des travaux de restauration sponsorisés par un gros complexe hôtelier du coin.

Temple d’Apollon

Le clou de la visite est le temple d’Apollon dont les vestiges dominent la mer Méditerranée. Il doit dater du règne d’Alexandre le Grand puisque, rappelons-le, Apollon faisait partie de la mythologie grecque. C’était le dieu des arts, du chant, de la musique, de la beauté masculine, de la poésie et de la lumière. Les habitants de Side devaient particulièrement aimer les arts s’ils lui ont dédié un temple dans le plus bel endroit de la ville! Athena (la déesse grecque de la guerre) devait également être appréciée puisque son temple y était construit à proximité mais il n’en reste presque plus rien aujourd’hui.

Autant Alanya que Sidé possèdent un musée archéologique. Ils ont l’air intéressant mais nous sommes tellement contents d’avoir du soleil et des températures estivales que nous n’avons pas vraiment envie de nous enfermer dans un musée!

Manavgat waterfalls

Vu que nous sommes dans le coin, nous profitons d’aller jeter un coup d’œil au cascades de Manavgat sur la rivière du même nom. Franchement, nous aurions pu nous en passer! Le coin a été aménagé rien que pour les touristes avec cafés et chaînes de fast-food à gogo et la cascade en elle-même n’est pas très impressionnante. Bon, il est vrai qu’après avoir vu Iguazu, il y a de quoi être blasé! C’est plutôt la clarté et la couleur de l’eau qui nous a fascinés.

Comme il n’y a que trois kilomètres jusqu’au centre ville de Manavgat, nous décidons de rentrer à pied plutôt que de reprendre le dolmuz. Nous longeons la rivière dans un endroit beaucoup plus sauvage. Nous sommes d’ailleurs seuls au monde. Si l’eau est vraiment belle, il est fortement déconseillé d’y nager, les courants sont vraiment forts et dangereux et accessoirement, l’eau est froide (Oui, Van a testé pour vous en y trempant sa main!) Nous marchons également à travers les champs d’oliviers et de grenadiers. Ces derniers regorgent de belle grenades mûrissant au soleil en cette saison.

Ce petit coin de Turquie nous aura donné de la nature, de la culture, de l’histoire, la mer, des températures estivales, des rencontres incroyables et des plats savoureux. Que demander de plus? Nous avons vraiment été enchantés par tout ce que nous avons vu, appris, ressenti ou goûté! Espérons que la suite nous donnera également quelques bonnes surprises….

Pour finir encore plus en beauté, voici un magnifique coucher de soleil sur la Méditerranée vu depuis Alanya!

Konya et ses mausolées

Pour sortir d’Istanbul, nous avons encore une fois choisi le train pour ne pas avoir à nous farcir les bouchons qui sont fréquents dans cette mégapole. C’est du moins l’argument que Fab a avancé pour convaincre Van d’utiliser ce moyen de transport. Depuis la gare de Sogütlüçesme (à vos souhaits!), la gare du côté asiatique pour les destinations en direction de l’est, deux choix s’offrent à nous : Ankara et Konya. Nous trouvons Ankara trop au nord, trop dans les montagnes et trop fraîche et Konya… aussi! Nous choisissons quand même cette dernière car elle se situe un peu plus près de la côte méditerranéenne pour la suite de notre voyage.

Même avec le train, il faut près de deux heures pour sortir d’Istanbul tellement la ville est tentaculaire! Nous longeons ensuite la mer de Marmara qui ressemble plus à un grand lac, voire à un fjord à son extrémité vers Izmit. Le trajet se déroule ensuite pas mal dans des tunnels, c’est une ligne à grande vitesse et la Turquie est aussi mal plate que Tenerife, il faut bien franchir toutes ces montagnes! Mais entre les tunnels, les paysages que nous traversons sont splendides! Ils ressemblent parfois à la Toscane, parfois à l’Ardèche et parfois à l’Andalousie. Et, vers la fin, quand ça commence à devenir monotone, nous avons droit à un magnifique coucher de soleil! Nous ne voyons pas passer les cinq heures de train! Que demander de plus? Juste quelques degrés à notre arrivée à Konya peut-être…

Mais notre belle aventure en transports ne s’arrête pas là! A notre arrivée, juste devant la gare, nous trouvons tout de suite le bus qui nous emmène au quartier où se situe notre logement. Mais pour acheter le billet, ça se corse, il faut une carte spécial de transport urbain, que nous n’avons évidemment pas! Le chauffeur de bus nous embarque quand même et refuse catégoriquement que nous lui payons le moindre centime! Encore une fois, nous sommes hallucinés et touchés par la bienveillance de la population locale.

Comme Konya nous paraît digne d’intérêt, nous en profitons pour y faire une petite étape. Elle se situe au centre-sud de la Turquie sur un plateau culminant à 1020 mètres d’altitude. C’est une ville étudiante, jeune et dynamique mais elle est bien plus conservatrice qu’Istanbul! Mais ce n’est pas l’Arabie Saoudite non plus, il faut juste éviter de sortir en shorts! Mais au mois d’octobre, il fait bien assez frais pour porter des vêtements longs! L’ambiance est vraiment chill avec ses nombreux parcs et ses nombreuses zones piétonnes. Nous n’avons pas du tout l’impression de nous trouver dans une grande ville de plus de deux millions d’habitants.

Centre historique

Konya a une histoire très riche qui remonte à l’âge de Cuivre (vers 3000 avant Jésus-Christ). Elle a même été une capitale d’un sultanat qui couvrait une bonne partie de l’Anatolie de l’ouest. En 1392, elle a été annexée à l’empire ottoman et c’est cette époque qui prédomine dans le centre historique avec ses petites maisons en bois typiques. Le quartier est animé par des boutiques où on y vend de tout et surtout n’importe quoi, par les salons de thé et par les mosquées dont les minarets effectuent l’appel à la prière cinq fois par jour.

Konya Kent Meydani

Elle fait un peu surréaliste cette énorme place avec son immense statue et son futur musée de la céramique. Elle a presque un air soviétique avec son immense vide. Ce qui est encore plus étonnant est que sur la partie ouest de la place, se trouvent les divers bâtiments municipaux de Konya dans de jolies petites maisons ottomanes. On dirait presque du faux, mais pourtant tout est bien réel.

Mosquée Haciveyszade

Cette grande mosquée est de la plus pure architecture classique ottomane pourtant, elle n’a été construite qu’entre 1986 et 1996. Elle possède deux minarets qui sont les plus hauts de la région, ils mesurent 78 mètres de haut et se voient depuis pratiquement toute la ville. Le bâtiment principal n’est pas en reste puisqu’il peut accueillir jusqu’à 4500 personnes. En ce qui nous concerne, nous l’avons juste trouvée magnifique!

Mevlana

A l’instar d’Istanbul, Konya possède également son esplanade à mosquées même si elle est de taille bien plus modeste. A droite, c’est la mosquée du sultan Selim construite en 1570 dans le plus pur style ottoman. A gauche, c’est le mausolée de Jalal ad-Din Muhammad Rumi, le fondateur de l’ordre des derviches tourneurs. Les derviches sont des danseurs de sama, danse traditionnelle d’Anatolie, habillés d’une longue robe blanche et qui tournent comme des toupies. La construction de l’édifice date de 1231 quand Konya était la capitale du sultanat seldjoukide d’Iconium, mais des agrandissements eurent lieu jusqu’en 1854. Au centre, il y a normalement un grand dôme conique tapissé de faïence turquoise mais il est actuellement couvert d’échafaudages.

Mosquée d’Ala’ad-Dîn

Cette mosquée se situe sur une colline, véritable oasis de verdure au centre de Konya, qui était la citadelle de la ville lors de la période seldjoukide. Elle porte d’ailleurs le nom d’un éminent sultan de l’époque. Ici, c’est la même histoire qu’en Espagne mais à l’envers. Le site était occupé par une basilique chrétienne jusqu’en 1080 date où l’édifice a été transformé en mosquée. Le complexe abrite les mausolées de huit sultans, tous de la même dynastie.

Konya vaut la peine qu’on s’y arrête un peu même s’il n’y a pas besoin d’y passer trop de temps. Le centre-ville est assez petit et tout est bien aménagé pour les piétons, c’est super facile de se déplacer à pied. Nous sommes les seuls touristes occidentaux en ville et pourtant, avec nos physiques méditerranéens, nous passons relativement inaperçus. Ce n’est que quand ils comprennent que nous ne parlons pas un mot de turc que les locaux se rendent compte que nous ne sommes pas du coin. Jamais nous n’aurions pensé nous fondre si facilement dans la masse en Turquie.

Pour la suite, notre première idée était de descendre sur Adana et de poursuivre vers le sud-est à Gaziantep et dans la province de Hatay mais en découvrant sur la carte que la frontière syrienne est assez proche, nous avons quand même jeté un coup d’œil sur les différents sites des affaires étrangères. En effet, le coin est fortement déconseillé pas forcément pour cause d’insécurité mais parce-que deux étrangers qui se baladent par voie terrestre à proximité de la Syrie peuvent être soupçonnés de tenter de passer la frontière pour y faire le Djihad. C’est le genre d’ennuis que nous préférons éviter!

Nous allons tout de même descendre vers le sud afin de retrouver la mer et des températures un peu plus estivales!

Istanbul, entre Orient et Occident

Une fois n’est pas coutume, nous n’avons pas passé la frontière sans encombre. Il fut un temps, pas si lointain, où une ligne de train régulière reliait la Bulgarie à la Turquie. Mais voilà, un méchant coronavirus a passé par là et le service ferroviaire a été interrompu pour les voyageurs. A la gare de Plovdiv, on nous a renseigné que le train allait seulement jusqu’à la ville de Svilengrad, à une vingtaine de kilomètres de la Turquie, et qu’ensuite, un minibus desservait le dernier village bulgare et ça s’est avéré être la vérité.

Donc, de bon matin, nous embarquons à bord dudit train et parcourons une plaine très monotone et interminable, surtout que le convoi s’arrête à tous les bleds improbables. Ceux qui connaissent la ligne de la Broye savent parfaitement de quoi nous parlons! Une fois débarqués à la gare de Svilengrad, un gros bâtiment de béton très moche datant de l’ère soviétique, nous devons encore attendre une bonne heure, au milieu de nulle part, qu’un bus urbain veuille bien nous emmener au centre-ville. Là, ça ne s’arrange pas : Svilengrad est sûrement la ville la plus déprimante qu’il nous ait été donné de voir. Le sud-est de la Bulgarie est vraiment le coin oublié du pays et de l’Union européenne. Seul l’autoroute qui constitue le principal axe entre l’Europe et le Proche-Orient est flambant neuve et très fréquentée. Heureusement, nous ne tardons pas à trouver le fameux minibus qui va nous emmener au point frontière qui s’appelle Kapitan Andreevo et qui est constitué d’une petite église entourée d’une dizaine de maisons. Les villageois sont tellement hallucinés de voir des étrangers dans leur mini bourgade qu’ils sortent sur le pas de leur porte pour nous saluer!

Nous récupérons nos backpacks et entreprenons de traverser la frontière. Côté bulgare, ça ne pose pas de problème même si nous nous sommes fait contrôler notre passeport trois fois! Côté turc, ça se corse! On nous refuse l’entrée! Au début, nous ne comprenons absolument pas pourquoi, le douanier ne parlant pas un traitre mot d’anglais. Finalement, il s’avère qu’il est strictement interdit de traverser la frontière à pied! Ah, la tuile! Surtout que nous ne sommes pas du tout motivés à refaire le chemin inverse dans le no man’s land bulgare. Heureusement, la gentillesse des Turcs n’est plus à prouver. Les douaniers nous ont aidé à négocier avec un chauffeur de bus de voyage pour nous inscrire sur la liste des passagers et en attendant, ils nous ont offert le thé. Et dans le bus dans lequel nous nous sommes incrustés, l’accompagnatrice nous a offert à boire et des gâteaux. Si tous les problèmes se résolvent ainsi en Turquie, notre séjour dans ce pays promet d’être vraiment cool!

Nous en avons traversé des frontières et dans des contrées bien plus lointaines mais cette traversée là restera sans doute la plus mémorable et la plus surréaliste. Surtout que ce n’est pas n’importe quelle frontière! Grâce à sa position stratégique entre Orient et Occident, c’est la deuxième frontière la plus fréquentée au monde, la première étant Tijuana – San Diego. Donc c’est un point frontalier de ouf! Et nous qui étions tranquillement en train de boire le thé et de causer avec les douaniers du côté turc en attendant qu’un bus veuille bien nous embarquer!

Edirne

Avec toutes ces péripéties, nous sommes arrivés à Edirne, la première ville de Turquie bien plus tard que prévu! Edirne est une ville frontière typique dans le bon sens du terme. Elle est dynamique, ouverte et internationale. Elle ne se situe non seulement à proximité de la Bulgarie, mais également de la Grèce! D’ailleurs tout est écrit en trois langues, ce qui nous fait une belle jambe vu que nous n’en maîtrisons aucune des trois et que l’anglais se fait très rare. Mais ce n’est pas si grave, les Turcs sont tellement avenants que nous trouvons toujours un moyen de communiquer. Ce premier contact avec le pays nous rend très optimistes sur la suite de nos aventures!

Istanbul

Comme Fabien tenait à voyager en train, il n’y avait pas d’autres choix de destination qu’Istanbul depuis Edirne. Mais ça nous convient très bien de visiter cet endroit en premier. Van était déjà venue à Istanbul il y a environ huit ans et avait eu, à l’époque, un véritable coup de cœur pour la ville! C’était une destination qui n’était pas prévue car elle avait changé de plan à la dernière minute pour cause de météo! Comme quoi même avant le voyage en backpack, les plans B étaient déjà de bonnes surprises!

Istanbul est la plus grande ville de Turquie mais ce n’est PAS la capitale. Elle a la particularité de se situer sur deux continents différents, l’Europe et l’Asie juste séparés par le Bosphore, un fleuve qui pourrait ressembler à n’importe quel fleuve de n’importe quelle ville! Istanbul a surtout une histoire incroyable : c’était la capitale de l’empire romain d’Orient sous le nom de Byzance puis du gigantesque et puissant empire ottoman sous le nom de Constantinople. Donc, il y a de quoi bien passer quelques jours à déambuler parmi les divers quartiers historiques de la ville.

Sultanhamet

C’est le noyau historique d’Istanbul et c’est dans ce quartier que sont disséminés les différents monuments emblématiques de la vieille ville ainsi que les maisons typiquement ottomanes en bois. C’est un endroit idéal pour flâner et pour s’arrêter dans un petit salon de thé pour commander un « çay » servi dans de jolis petits verres tulipes en dégustant quelques baklavas, une pâtisserie typique turque faite de pâte feuilletée, de pistache, de miel, de pâte de noix et de sirop de rose. Spoiler alert : les baklavas sont une tuerie pour le palais! Au centre du quartier, se trouve la fameuse esplanade des mosquées, cœur névralgique de l’ancienne cité. Pas de bol, une grande campagne de restauration est en cours et une bonne partie des monuments sont cachés par des échafaudages.

Le grand bazar

En Turquie, le bazar est l’équivalent du souk pour les Arabes. Celui d’Istanbul est un des plus grand du monde. Il occupe 65 rues intérieures auxquelles on y accède par 21 portes différentes. De quoi bien s’y perdre! La partie la plus ancienne a été construite en 1455 mais c’est au XVIe siècle qu’il fut agrandi sous le règne de Soliman le Magnifique, un des sultans les plus éminents de l’empire ottoman. Après, l’histoire est moins cool, le bazar a souffert des tremblements de terre et des incendies mais il a été reconstruit à chaque fois! Aujourd’hui, le but du bazar est de refourguer de la camelote aux touristes de passage mais il vaut quand même la peine d’y faire un tour pour l’architecture, l’ambiance et les fresques.

Bazar égyptien

C’est le deuxième marché couvert d’Istanbul après le grand bazar. On l’appelle également le marché aux épices car on y vend des épices (Sans blague!). On peut aussi y trouver du thé, dont le fameux thé à la pomme turc (une autre tuerie gustative!) et les fameux verres tulipes dans lesquels on y sert ce fameux thé. Il est encore plus aseptisé et touristique que le grand bazar mais les différentes odeurs d’épices nous transportent, avec un peu d’imagination, dans un caravansérail des Mille Et Une Nuits.

La Mosquée Bleue

Son nom officiel est « Mosquée de Sultanhamet » mais on la surnomme la mosquée bleue en raison de la couleur de ses céramiques, qui sont…bleues. (Logique!) Elle a été construite au XVIIe siècle sous le règne du Sultan Ahmet (d’où le nom!). Elle se visite gratuitement hors heures de prière et avec une tenue adéquate. Malheureusement, la mosquée est en plein travaux et couverte d’échafaudage, nous n’avons pas pu en apercevoir grand chose. C’est dommage car c’est un édifice vraiment magnifique!

Sainte-Sophie

Voilà le monument le plus connu d’Istanbul et même de Turquie, la basilique Sainte-Sophie ou Ayasofia. Elle a été construite à l’époque byzantine au IVe siècle et était donc chrétienne. Elle a été modifiée et agrandie à diverses époques avant de devenir une mosquée en 1453 sous le règne de Mehmet II surnommé le conquérant. (C’est un peu le Jaime Ier de l’empire ottoman!) En 1934, Mustafa Kemal Atatürk, le premier président de la République de Turquie (c’est à dire la Turquie actuelle) décide de supprimer son statut de lieu de culte afin d’en faire un musée et d’y rendre l’accès possible à tout le monde, toutes religions confondues. En 2020, elle retrouve son statut de mosquée. L’histoire de Sainte-Sophie ressemble à celle de la Mezquita de Cordoba mais à l’envers! D’ailleurs, on peut observer à la fois des fresques byzantines et des décorations islamiques. Bien qu’elle ait retrouvé son statut religieux, la mosquée se visite facilement. Il faut juste se déchausser et d’avoir une tenue adéquate mais ça vaut vraiment la peine de faire ces petits efforts. Des foulards en papier sont distribués à l’entrée mais il faut être vêtu en long. Comme ce n’est plus un musée, l’édifice a retrouvé sa gratuité. Par hasard, nous sommes arrivés à l’heure de la prière mais on nous (avec les autres touristes présents) a laissé y assister depuis notre coin réservé aux non-musulmans of course! Malgré nos nombreuses visites dans des mosquées, ce moment particulier était une vraie première pour nous!

Galata

Sur l’autre rive de la Corne d’Or, la rivière qui traverse le côté européen d’Istanbul, se trouve le quartier de Galata. C’était une colonie gênoise entre le XIIIe et le XVe siècle et ça se ressent encore aujourd’hui dans l’architecture. Le monument le plus emblématique du quartier est la tour de Galata, haute de 67 mètres, qui était une des tours de garde des remparts. Dans le coin, on trouve la fameuse Istiklal Caddesi, énorme artère piétonne bordée de grands magasins et de quelques ambassades prestigieuses. L’ancien quartier médiéval est lui plus bohème, c’est un repaire d’artistes. Depuis Sultanhamet, on rejoint Galata par le pont de Galata (facile!) d’où il y a une superbe vue sur les deux rives de la Corne d’Or.

Le Bosphore

Il faut quand même que nous vous parlons du fleuve qui traverse Istanbul surtout que ce n’est pas n’importe quel fleuve! C’est celui qui relie la mer de Marmara à la mer Noire dont c’est le seul point d’accès. C’est aussi celui qui sépare le continent européen du continent asiatique. C’est un passage très dangereux car très fréquenté entre les ferries urbains, les grands cargos et les bateaux de plaisance. En plus, les courants sont traitres. (Nous confirmons, nous avons subi le vent glacial et insupportable d’Istanbul!). Malgré toutes ces particularités, il n’est long que de 32 kilomètres.

Le grand bâtiment entouré d’échafaudages (décidément, nous n’avons pas de bol avec les monuments!) est la gare de Haydarpasa. Elle se trouve sur la rive asiatique du Bosphore. C’était le terminus ouest du chemin de fer de Bagdad (Istanbul – Adana – Alep – Bagdad) et du chemin de fer du Hedjaz ( Istanbul – Adana – Damas – Médine) qui devaient traverser des paysages incroyables! Mais vu la situation en Syrie et en Irak, le trafic ferroviaire a été interrompu vers ces destinations et la gare de Haydarpasa n’est plus qu’un monument historique de plus.

Comme si ça ne suffisait pas de voir des travaux partout, nous subissons en plus les affres de la météo et une pluie battante s’est mise à tomber pendant notre traversée du Bosphore, d’où ces photos toutes sombres et tristounettes. (Sorry!)

Il y a plein d’autres incontournables à Istanbul que nous n’avons pas visités pour différentes raisons. De toute façon, une vie ne suffirait pas pour tout voir. Nous avons délibérément renoncé au palais de Topkapi pour des raisons de budget (150 TL soit 14,60€ ou 15,75 CHF auxquels il faut rajouter 100 TL soit 9,75€ ou 10,50 CHF pour accéder au harem). Nous préférons visiter quelques sites archéologiques plus au sud, surtout qu’une partie du palais est inaccessible pour cause de travaux. Mais si vous aimez l’ambiance des Mille Et Une Nuits une visite peut valoir la peine.

Nous avons également renoncé à la citerne-basilique pour cause de claustrophobie. Van n’est vraiment pas à l’aise dans les lieux clos. De toute façon, d’après nos infos, elle serait fermée temporairement pour cause de travaux.

Les îles Adalar (ou îles des Princes) n’ont pas eu l’honneur de notre visite pour des raisons météorologiques. C’est dommage car elles valent le coup et ça coûte le prix d’une simple traversée en ferry. Ce sont quatre petites îles dans la mer de Marmara qui appartiennent à la municipalité d’Istanbul mais dont l’ambiance n’a rien à voir. C’est dolce vita méditerranéenne à l’ombre des pinèdes ou dans des petites criques protégées. Donc si vous êtes de passage à Istanbul, qu’il fait beau et que vous avez une journée, foncez-y! A l’époque, Van y avait aperçu une colonie de dauphins.

Nous aurions évidemment pu rester plus longtemps à Istanbul mais le temps pluvieux et frais a fini par nous en dissuader. Nous allons essayer d’aller plus au sud chercher un peu de soleil. Notre bonne étoile météo s’est mise en grève sur ce coup-là! Espérons qu’elle se rattrapera plus tard…

Plovdiv, la Rome des Balkans à l’ambiance ottomane

Ça y est! Après une année et demi de pause, nous avons enfin repris nos sacs pour arpenter une partie de notre magnifique planète! Nous avons un peu de peine à réaliser que nous sommes vraiment partis mais nous sommes hyper heureux et motivés à commencer cette nouvelle aventure!

Le choix de la Bulgarie pour commencer notre périple a été fait un peu au hasard. Nous avions pensé à la base nous envoler pour le Mexique pour ensuite descendre l’Amérique Centrale mais au moment de réserver nos vols, le système de paiement de la compagnie aérienne a planté. Nous y avons vu un signe et avons cherché un autre itinéraire. Au même moment, la Turquie a annoncé ouvrir ses frontières sans restriction aux personnes vaccinées. Encore un signe du destin! Notre étape en Bulgarie est due au fait que Sofia est plus accessible depuis Valence qu’Istanbul.

Nous ne nous sommes pas attardés à Sofia pour des raisons météorologiques. Le temps annoncé sur Plovdiv pour le week-end était vraiment estival et, culturellement, la deuxième ville du pays nous paraissait plus intéressante. C’est également l’occasion de nous rapprocher un peu de la Turquie qui est notre but pour le prochain mois. Nous avons donc commencé notre séjour par un trajet en train, ce qui nous a permis de découvrir les paysages du sud-ouest de la Bulgarie. En fait, ce n’est pas très dépaysant, ça ressemble beaucoup au plateau suisse. Par contre, c’est beaucoup moins urbanisé et nous avons parcouru des kilomètres sans voir une construction humaine et c’est plutôt une bonne surprise! Avec l’entrée de la Bulgarie dans l’Union Européenne, nous avons pensé que le pays se serait bien occidentalisé et aseptisé. Que nenni! Bien sûr, le capitalisme est entré par la grande porte comme presque partout, surtout dans les centres urbains mais pour le reste, les vestiges de l’ancien bloc de l’est sont encore bien présents. Nous avons été étonnés de tous les bâtiments soviétiques que nous avons vu, dont beaucoup sont abandonnés à leur triste sort. Avec l’alphabet cyrillique, nous nous croyons parfois dans l’ex-URSS! C’est glauque et fascinant à la fois! Glauque parce-que déjà c’est super moche et déprimant comme architecture, et aussi parce-que l’histoire n’était pas très cool pendant la Guerre Froide de ce côté -ci du rideau de fer. Fascinant parce-que c’est toute une partie de l’histoire européenne du XXe siècle qui nous contemple.

Plovdiv

Plovdiv est la deuxième ville de Bulgarie pourtant on dirait plutôt un gros village. Elle se situe au sud du pays et bénéficie d’un climat assez doux. Vous comprenez maintenant mieux pourquoi elle nous a attirés! L’ambiance ressemble d’ailleurs un peu à l’Italie du Nord avec ses cafés et ses jolies terrasses qui s’alignent dans les ruelles de la ville basse. L’architecture est plutôt typique de l’Europe de l’est avec ses façades baroques colorées du XIXe siècle. La Turquie s’invite également mais dans la gastronomies avec ses nombreux kebabs! D’ailleurs un petits conseil si vous voulez y goûter la cuisine turque : les portions sont tellement énormes que commander un plat pour deux personnes est amplement suffisant!

Mosquée Dzhumaya

Il n’y a pas que des vestiges de l’ère soviétique en Bulgarie (heureusement!) mais aussi de l’empire ottoman qui s’étendait jusqu’aux actuelles Serbie et Pologne. Cette mosquée du XVe siècle en est un magnifique exemple. Elle est encore en activité aujourd’hui pour la communauté turque assez importante à Plovdiv. La façade nord est ornée de balcons en bois sculpté typiques ottomans. D’ailleurs, la petite ruelle attenant à la mosquée est d’ambiance plus turque que bulgare avec ses petits cafés servant le fameux thé à la pomme dans les verres tulipes.

Plovdiv thrace

Plovdiv est la ville européenne la plus ancienne encore peuplée à ce jour. Elle aurait été fondée durant l’époque mycénienne au IIe millénaire avant Jésus-Christ. Elle connut son apogée à l’époque romaine quand elle devint capitale de la province de Thrace qui occupait le sud-est de la Bulgarie, la partie européenne de la Turquie ainsi que l’extrême nord-est de la Grèce. De nombreux vestiges de cette époque sont disséminés dans la ville ce qui fait de Plovdiv, une petite Rome des Balkans. Le monument le plus emblématique est le théâtre romain qui date du IIe siècle. Il est encore utilisé aujourd’hui pour diverses représentations culturelles.

Centre historique

Le centre historique est construit sur trois petites collines qui dominent la plaine de Thrace. Il possède quelques monuments antiques comme le théâtre romain mais le plus pittoresque reste l’ensemble de maisons typiques et colorées datant de l’époque dite de la Renaissance bulgare (XVIIIe-XIXe siècle). Le quartier est vraiment chou avec ses ruelles pavées, les fameuses façades vraiment jolies et les petites églises orthodoxes.

Avec Plovdiv, nous avons vraiment bien commencé notre périple! Nous avons eu une chance incroyable avec le temps qui s’est montrée très estival (29 degrés!). Nous qui avions prévu des vestes et des habits chauds pour cette première étape, nous avons dû sortir les shorts et la crème solaire, pour notre plus grand bonheur! Apparemment, notre bonne étoile météo a encore décidé de nous suivre sur ce coup là mais nous n’allons quand même pas trop tenter le diable. Les prévisions pour les prochains jours sont très automnales dans les Balkans tandis que la Turquie devrait nous donner du soleil et des températures encore douces. Voilà pourquoi nous allons zapper, pour l’instant, la Bulgarie afin de nous concentrer sur une partie de la Turquie. L’autre raison c’est la gastronomie car, franchement, ce n’est pas fou par ici. Non, nous n’allons pas arrêter de sitôt de vous parler de bouffe!

Nous n’avons pas vraiment eu le temps de nous faire une idée précise de la Bulgarie en seulement un week-end. Nous avons l’impression que le pays se cherche un peu entre l’Europe Occidentale et la Russie. Nous avons vraiment pensé que le pays serait plus « européanisé » mais nous ne sommes pas déçus que ce ne soit pas le cas, c’est plus dépaysant ainsi. Peu de personnes parlent anglais donc la communication n’est pas très simple, mais c’est super rigolo surtout que nous galérons pas mal à essayer de déchiffrer l’écriture cyrillique. C’est un pays qui vaut sûrement la peine de creuser un peu plus, mais à la belle saison!

Villena, ses couleurs chatoyantes et son château arabe dans l’arrière-pays d’Alicante

Pour cette nouvelle découverte, nous voulions nous éloigner un peu de la côte. Rassurez-vous, nous n’en avons pas marre de la mer, loin de là mais la saison touristique bat son plein et les plages bondées, ça commence à nous gaver un peu. Quoiqu’il en soit, l’arrière pays de la province d’Alicante a l’air assez sympa et nous avions de toute façon prévu d’aller l’explorer un petit peu. Lors de nos recherches, nous sommes tombés sur la petite ville de Villena facilement accessible en trois quarts d’heure depuis Alicante avec le train.

Villena est une petite bourgade bien tranquille dans la vallée du Vinalopo culminant à 500 mètres d’altitude. Oui, c’est vrai, pour nous qui avons vécu dans les Alpes suisses, 500 mètres c’est la plaine! Mais, depuis le littoral et sa chaleur étouffante de juillet, nous pouvons déjà apprécier les quelques petits degrés de perdus. Bien que la ville se situe encore dans la Communauté Valencienne, nous sentons bien l’influence de la Mancha. D’ailleurs, la « frontière » avec la communauté autonome de Castilla-la-Mancha ne se situe qu’à une petite dizaine de kilomètres. La langue valencienne a aussi disparu des radars, on ne parle que le castillan dans la région.

Mais le plus important à retenir est que la vallée de Vinalopo est le principal vignoble de la province d’Alicante. Le terroir aride et minéral de la région, ainsi que le climat chaud et ensoleillé, donnent des vins bien charpentés que nous apprécions particulièrement.

Théâtre Chapi

Dès la sortie de la gare, nous tombons sur ce superbe bâtiment de style néoclassique qui surplombe la place. C’est le théâtre Chapi, baptisé ainsi en l’honneur du compositeur Ruperto Chapi, un enfant du pays. Il a été construit sur le site de l’ancien théâtre détruit par un incendie et a été inauguré en 1925. Malgré son style mudéjar, la façade arrière ne date pas de la période arabe mais bien des années 1920. Aujourd’hui, c’est un des théâtres les plus importants de la Communauté Valencienne (hors période de Covid-19 bien sûr!)

Centre historique

Nous ne sommes plus du tout dans le style valencien ou méditerranéen mais plutôt dans les couleurs des villes coloniales du Mexique, notamment Valladolid ou Campeche, même si la torpeur estivale reste très espagnole. Le centre historique encore visible aujourd’hui date des XVI et XVII siècles en pleine période de conquête des Amériques, d’où la ressemblance avec les villes coloniales latino-américaines. Bien que la vieille ville date d’après la « Reconquista » catholique, Villena a été habitée en premier par les Wisigoths puis par les Arabes. Ces derniers ont fortifié la ville en l’entourant de remparts, mais il n’en reste plus rien aujourd’hui. C’est un réel plaisir de déambuler dans ces petites ruelles, surtout que tous les touristes sont restés bien sagement en bord de mer!

Iglesia de Santiago

Si les ruelles très colorées du centre historique nous ont subjugués, les églises, elles, nous ont plus laissés sur notre faim. L’église de Santiago, la plus importante d’entre elles, est vraiment très sobre. Elle date du XVe siècle et a été construite dans le style gothique valencien. Une fois, n’est pas coutume, elle ne se situe pas sur le site d’une ancienne mosquée. Ici aussi on s’éloigne de Valence, l’édifice ne possède pas une de ses fameuse coupoles de tuiles bleues typique de la région et il n’y en a pas une seule dans toute la ville.

Plaza Mayor

Même si Plaza Mayor signifie littéralement « Grand-Place », celle de Villena est de taille très modeste mais elle suit le modèle très castillan des Plazas Mayores espagnoles. Là aussi on est plus sur une influence de la Mancha que de Valence. Elle date du XIVe siècle et servait pour les réunions du conseil municipal à l’époque. La petite fontaine semi-circulaire a été rajoutée au XIXe siècle. Nous lui trouvons un charme fou et c’est très sympa d’y trainer durant l’heure de la sieste quand tout est vide est un peu endormi.

Château de la Atalaya

Si le centre historique date de l’époque chrétienne, le château, lui, est typiquement de l’époque arabe. Certains forts que nous avons vu à Oman avaient exactement le même style architectural. Il a effectivement été construit au XIIe siècle en pleine époque musulmane. L’édifice est superbement conservé et a bénéficié d’une restauration irréprochable, un vrai château de contes de féés! Malheureusement, il n’est ouvert que certains jours à certaines heures pour des visites guidées. Evidemment, nous n’y étions ni le bon jour ni à la bonne heure! Encore une fois, nous sommes maudits avec nos timings. Mais, même depuis l’extérieur, c’est vraiment un château qui en jette!

Même si nous avons dû nous contenter de l’extérieur, l’esplanade du château offre déjà une superbe vue sur le centre historique! Mêmes si les façades nous ont rappelés les couleurs des superbes villes mexicaines, les toits, eux, possèdent des tuiles typiquement méditerranéennes.

Serra de la Vila

Comme il ne fait pas assez chaud, (ben oui, en « altitude » il ne fait que 32 petits degrés!) nous décidons de grimper dans la petite garrigue typiquement méditerranéenne qui surplombe la ville afin de nous mettre un peu dans le dur. Bon, nous avons quand même profité de l’ombre bienvenue des pins. Mais ce petit effort en vaut la peine car la vue sur Villena et sur le paysage de la Mancha est vraiment sympa!

Nous avons vraiment eu fin nez de nous éloigner des sentiers battus pour nous retrouver dans l’arrière-pays! Villena a vraiment été une méga bonne surprise! Un centre historique digne des villes coloniales latino-américaines surplombé d’un château tout droit sorti d’un conte des Mille et Une Nuits! C’est fou! Même à l’échelle espagnole d’aujourd’hui, la ville est à un carrefour d’influences : ce n’est plus vraiment Valence mais il en reste quelques traces et la Mancha n’est vraiment plus très loin! Un gros coup de cœur que nous vous recommandons chaudement si vous passez dans le coin!

Quant à nous, nous allons quand même retourner au bord de la Grande Bleue, il ne faudrait pas que nous nous habituions trop à l’arrière-pays!