Assouan, sa cataracte, sa corniche, l’île Elephantine et le lac Nasser

Depuis Louxor, nous privilégions encore une fois notre moyen de transport favori, c’est-à-dire le train. Mais notre convoi est annoncé avec « peut-être » trente minutes, une heure ou cinq heures de retard. Quand un train arrive à quai (celui de plus de trois heures plus tôt!), nous voyons bien qu’il a l’air bien plus classe que l’habituel mais on nous confirme que nous pouvons embarquer sans problème avec nos billets. Evidemment, une fois à l’intérieur, il faut nous acquitter d’un supplément VIP. Bref, c’est à l’égyptienne…

Le paysage est bien plus cool que notre précédent trajet, nous longeons le Nil sur presque la totalité du trajet. Par contre, la plaine fertile est réduite à peau de chagrin, le désert est beaucoup plus présent. D’ailleurs Assouan est une des villes les plus arides du monde et une des plus ensoleillées également. Mais, manque de bol, nous arrivons lors d’une vague de froid inhabituelle. Si la journée les températures sont encore agréables et atteignent allègrement les vingt degrés, la nuit, elles sont juste glaciales (six ou sept degrés, glagla!) et, bien sûr, l’Egypte étant habituellement un pays chaud, rien n’est prévu pour le froid, surtout pas du chauffage. Heureusement, la chaleur présente une bonne partie de l’année fait des Egyptiens des gens frileux et nous avons droit à des couvertures de compétition pour dormir.

A l’instar de Louxor, la ville d’Assouan n’a que très peu à offrir si ce n’est un souk mais bien aseptisé pour les touristes. Par contre, elle se situe à la hauteur de la première cataracte du Nil. Normalement, une cataracte signifie une chute d’eau, mais pas en Egypte. C’est un encombrement rocheux qui forme quelques rapides sur le Nil et rend sa navigation un peu dangereuse. Surtout, ça forme des paysages incroyables et, rien que pour ça, il vaut la peine de faire une petite étape à Assouan.

Ile Elephantine

Juste en face du centre-ville d’Assouan, se trouve ce petit paradis égyptien. Ici, le temps s’est arrêté : il n’y a aucun véhicule à moteur et la vie s’écoule paisiblement dans les petites ruelles en terre battue entre les enfants qui jouent et les chèvres qui se promènent. Nous avons été conquis par les façades colorées des maisons typiques nubiennes. Des maisons quoi? Non, cette fois ce n’est pas un mot grec. Nubien vient de Nubie, une région antique qui va d’Assouan jusqu’à Khartoum, au Soudan dont la civilisation nous a laissé quelques sites archéologiques, une culture encore vivante aujourd’hui et un des meilleurs cafés du monde.

Malgré ce que son nom pourrait laisser penser, il n’y a aucun pachyderme sur l’île. Le substantif Elephantine proviendrait des énormes rochers gris qui forment la première cataracte et font penser à des éléphants.

L’île Elephantine est facilement accessible avec des petits bateaux qui font la navette depuis les quais du Nil. Il y a trois différents débarcadères, suivant l’endroit où on veut se rendre. Certains rabatteurs essaient de nous convaincre qu’il faut impérativement contracter un tour en felouque, les bateaux traditionnels avec leur voile à l’avant, pour y accéder. Ce qui est évidemment faux. Et pour vous dire la vérité, les felouques sont beaucoup plus stylées à Zanzibar!

Pour vous donner un point de repère : que ce soit à Louxor ou à Assouan, chaque traversée du Nil coûte 5 livres (0.28€ ou 0.30CHF) ni plus, ni moins. Si on vous demande plus, c’est qu’on essaie de vous entuber.

A l’extrémité sud de l’île, il y a quelques ruines d’un ancien temple dédié à Khnoum, le dieu des cataractes. Dans la mythologie égyptienne, c’est lui qui contrôlait les différentes crues du Nil.

Pour les fans d’Agatha Christie

Ce majestueux bâtiment situé sur la corniche est le Old Cataract Hotel, un palace construit en 1902 et inauguré en présence de Winston Churchill himself. Mais que vient faire la romancière anglaise là-dedans? Ben écrire pardi! Le deuxième mari d’Agatha Christie était archéologue et l’écrivaine l’a suivi dans plusieurs de ses missions, dont une se trouvait à Assouan. Elle a écrit son célèbre « Mort sur le Nil » sur la terrasse de l’hôtel et une suite porte encore son nom.

Van, en tant que grande fan de la reine du crime, aurait bien voulu s’asseoir sur la terrasse et siroter un café en observant le paysage mais, juste pour avoir le droit d’accéder dans l’enceinte de l’hôtel, il faut débourser 300 livres (17,10€ ou 17,75CHF) par personne. Supposant que dans ce genre d’endroit le café doit déjà coûter un bras, nous trouvons cette pratique vraiment exagérée!

Barrage d’Assouan

A la base, nous étions motivés à aller à Abou Simbel, plus au sud. Les conditions d’accès sont compliquées mais aurait été jouables, par contre, les prix pratiqués sur place sont prohibitifs. Et en étudiant bien, nous avons découvert que les temples sont creusés dans la roche. Même si les façades extérieures ont l’air incroyables, Van et sa claustrophobie ne sont toujours pas motivées à aller s’y enfermer à l’intérieur. Nous ne pensons pas, dans ces conditions, que le jeu en vaut la chandelle, et il si il la vaut, tant pis pour nous!

Malgré ce renoncement, nous sommes bien motivés à aller découvrir le lac Nasser. C’est pourquoi nous nous rendons au barrage d’Assouan, un peu plus au sud de la ville. Pour y accéder, c’est super facile, il y a un système de minibus sur le même principe que les dallas-dallas tanzaniens. Le barrage que nous avons vu est en fait le vieux barrage, érigé en 1902 afin de réguler les crues du Nil. Il mesure 36 mètres de haut pour 1950 mètres de longueur. Il n’est pas possible de se promener dessus à pieds mais nous avons grimpé sur la colline pour avoir une vue sur le barrage et sur le lac Nasser.

Vous devez vous douter que s’il y a un vieux barrage, il doit y avoir un nouveau barrage! Et c’est le cas! Nous aurions bien voulu nous y rendre mais les militaires présents nous ont un peu dissuadés. Il faut dire que le barrage est un point stratégique pour l’Egpyte, notamment parce-qu’il fournit la majorité de l’électricité égyptienne et est sûrement l’endroit le plus surveillé du pays. Nous l’avons juste aperçu au sommet des collines surplombant le lac Nasser.

Le haut-barrage d’Assouan (111 mètres de hauteur) a fait couler beaucoup d’encre depuis sa construction et en fait couler encore beaucoup aujourd’hui. A la base, ce sont les Américains et les Britanniques qui devaient financer le barrage mais, pour des raisons encore obscures aujourd’hui, ça ne s’est pas fait. Le président Nasser décide donc de nationaliser le canal de Suez pour financer les travaux, ce qui a pour conséquence de déclencher une guerre entre l’Egypte, Israël, la Grande-Bretagne et la France. Finalement, ce sera l’URSS qui financera l’ouvrage. Ceci se passe dans les années 1960 donc en pleine Guerre Froide, nous imaginons sans peine le bordel diplomatique que ça a dû engendrer.

La construction du barrage a engendré pas mal de problèmes autres que géopolitiques. Les temples d’Abou Simbel et de Philae ont été déplacés pierre par pierre afin d’échapper aux inondations mais beaucoup d’autres sites archéologiques ont été perdus à jamais. Ecologiquement, le barrage a également été une catastrophe : à cause de l’eau stagnante, des parasites se sont développés dans le lac Nasser, la sècheresse de l’air fait évaporer quatorze pour cent du débit du Nil, il y eut de forts impacts sur la faune locale, etc… Sans compter un déplacement massif des populations. Mais voilà, à l’époque, ces conséquences n’ont pas été étudiées au préalable, la construction du barrage a surtout servi à la propagande soviétique et à renforcer la popularité du président Nasser.

Le lac Nasser (oui, du nom du président de l’époque!) est le lac de retenue qui s’est formé après l’inondation de la plaine du Nil à la construction du barrage. A voir ce paysage magnifique du lac et de ses collines arides, difficile d’imaginer que nous sommes face à une des plus grandes catastrophes écologiques du XXe siècle.

West Bank

Comme nous avons renoncé à Abou Simbel, il nous reste du temps! Sur les conseils d’un autre voyageur de notre guesthouse venu d’Alexandrie, nous nous rendons sur la rive ouest du Nil. Là aussi, traverser n’est qu’une simple formalité, il faut juste se rendre à l’embarcadère qui se trouve en face de la gare et la traversée coûte toujours cinq livres.

Le temps ne s’est pas autant arrêté que sur l’île Elephantine mais l’ambiance est déjà totalement différente que dans le centre d’Assouan, la culture nubienne est beaucoup plus présente. C’est aussi un bon point pour observer les paysages du désert libyque.

Qubbet el-Hawa

Qubbet el-Hawa est le nom de la magnifique colline rocheuse couverte de sable que nous voyons depuis Assouan. Elle abrite une superbe nécropole datant de l’Ancien Empire (troisième millénaire avant notre ère) avec des tombes de différents dignitaires locaux. Le site n’est pas dans un état de conservation irréprochable mais est quand même incroyable, un petit Pétra local mais hors des sentiers touristiques.

A l’époque gréco-romaine, une église copte y a été ajoutée. Il en reste quelques vestiges aujourd’hui dont une partie de fresque.

Il vaut la peine de grimper au sommet de la colline à environ 130 mètres d’altitude. Ce n’est pas le chemin le plus facile entre le sable et la caillasse mais ce n’est pas très long. Une ancienne petite chapelle copte nous attend en haut.

Evidemment, toute grimpette mérite une récompense mais ici, elle est de taille! Une vue à 360 degrés à couper le souffle sur Assouan, le Nil, l’île Elephantine et la première cataracte!

Qubbet el-Hawa est sûrement le secret le mieux gardé d’Assouan. Pour nous, Il aura été un véritable coup de cœur! C’est un site que nous vous recommandons à cent pour cent si vous êtes de passage dans la région.

Assouan possède probablement un des environnements les plus fous d’Egypte. Par contre, nous n’avons pas du tout aimé l’ambiance de la ville et c’est la première fois depuis notre arrivée dans le pays que nous avons l’impression de n’être que des porte-monnaie sur pattes. Toute la journée on nous bassine avec des taxis, des tours en felouques, des balades en calèche, etc… et il n’y a même pas de petits cafés ou de restos sympas. Il faut reconnaître que Louxor nous avait particulièrement gâtés avec ses petites terrasses sur le Nil et son nombre réduit de rabatteurs d’où notre déception pour Assouan. Nous garderons en souvenir la beauté des paysages.

Louxor et le temple de Karnak

Il existe un train de nuit qui suit la vallée du Nil et qui relie le Caire à Assouan mais nous avons choisi de voyager de jour afin de profiter du paysage. Ou plutôt devrions-nous dire, du non-paysage. Nous traversons pendant des heures la banlieue du Caire qui est vraiment moche, crade et délabrée. Ensuite, ce sont des champs et des palmiers dattiers à perte de vue dans un paysage désespérément plat. Nous savions que la vallée du Nil était très fertile mais nous ne pensions pas voir autant de vert. Il nous faut attendre Assiout pour enfin apercevoir quelques montagnes mais c’est à ce moment là que la nuit a décidé de tomber.

Les trains égyptiens sont vraiment confortables et le trajet se passe bien malgré une ponctualité vraiment défaillante. Nous arrivons à Louxor avec plus de trois heures et demie de retard mais ça n’a pas l’air de déranger grand monde.

La ville de Louxor en elle-même n’est pas extraordinaire. Il y a juste la promenade au bord du Nil qui est assez sympa. Mais elle est déjà mille fois plus agréable à vivre que Le Caire. Elle se situe à l’emplacement de l’ancienne Thèbes, qui était une ville importante de l’Egypte antique dès la XIe dynastie, ce qui laisse entrevoir des visites archéologiques intéressantes et instructives.

Temple d’Amon ou temple de Louxor

Nous ne sommes pas rentrés à l’intérieur car nous ne sommes pas assez assidus pour visiter tous les temples égyptiens et puis notre budget visite n’est pas illimité. Mais il se voit en grande partie depuis l’extérieur et se situe en plein cœur de Louxor, impossible de le louper. Il a été construit pendant la XVIIIe dynastie (entre 1500 et 1200 avant Jésus-Christ) et est dédié au dieu Amon, une des principales divinités du panthéon égyptien qui, dans la mythologie, a accédé au rang de roi des dieux de Thèbes.

Karnak

Pour accéder au temple de Karnak depuis le centre de Louxor, c’est facile! Il suffit de longer le Nil en direction du nord sur un peu plus d’un kilomètre et demi. C’est facilement accessible à pied et c’est tout plat. Le site est vraiment très touristique et, mauvais timing, nous arrivons au même moment que de nombreux groupes venus à la journée depuis Hurghada. Pourtant nous sommes arrivés assez tôt, ils ont dû partir au milieu de la nuit les pauvres! Heureusement pour nous, ils se concentrent uniquement sur la partie centrale du temple. Nous avons donc commencé notre visite par les annexes, aussi incroyables que les parties principales, et avons bénéficié d’une certaine tranquillité.

Karnak est le plus grand complexe religieux de toute l’Antiquité et comprend trois enceintes étendues sur plus de deux kilomètres carrés. Il est impossible de résumer l’histoire de ce temple car elle s’étend sur plus de deux mille ans. Il est consacré à la triade thébaine, un groupe de trois dieux composé d’Amon (oui le même qu’avant!), l’époux, de Mout, l’épouse qui symbolise les valeurs maternelles et de Khonsou, leur fils qui est le dieu de la lune. Le site fait l’objet de fouilles quasiment ininterrompues depuis le XIXe siècle et continue de donner du fil à retordre aux archéologues.

Salle hypostyle

Une salle hypostyle est une salle fermée par un plafond qui est soutenu par des colonnes. Celle de Karnak est sûrement la plus célèbre de toutes et s’étend sur plus de cinq mille mètres carrés! Même si le toit a été presque entièrement détruit, les 134 colonnes sont toujours là avec leurs dix mètres de circonférence et leurs 24 mètres de haut. Vues d’en bas, elle sont super impressionnantes et nous nous sentons tout petits, surtout Van qui n’est pas bien grande! La salle a été construite bien après l’édification du temple, sous le règne de Séthi Ier. (-1294 à -1279) Les décorations ont été décidée par son fils, Ramsès II et sont, pour la plupart, encore visibles aujourd’hui. Nous avons vraiment été scotchés par cette salle, surtout en sachant que ces colonnes s’y dressent fièrement depuis plus de 3200 ans!

Le dromos

Oui, nous avons décidé de vous bombarder de noms grecs dans cet article! Dans l’Egypte antique, un dromos est une allée, généralement bordée de sphinx, reliant un temple soit à une autre temple, soit aux berges du Nil. Celui de Karnak, initialement long de deux kilomètres et demi, le relie au temple d’Amon mais il a partiellement disparu sous la ville moderne de Louxor. Il est bordé d’environ sept cents sphinx mais ils ont bien morflé avec le temps les pauvres!

Les hiéroglyphes

Par hiéroglyphes nous entendons, bien sûr, le système d’écriture de l’Egpyte antique, pas les pattes de mouches de Fab! Cette écriture est apparue à la fin du IVe millénaire avant notre ère et a été utilisée jusqu’à l’Epoque Romaine. Mais il faudra attendre le XIXe siècle et la découverte de la pierre de Rosette avant de pouvoir déchiffrer tous ces signes. Nous nous attendions bien évidemment à en voir quelques-uns, nous sommes aussi venus pour ça, mais nous ne pensions pas à les voir aussi bien conservés! Certains ont même toujours leur couleur d’origine! Nous sommes impressionnées par la finesse des gravures!

Le lac sacré

C’est notre endroit préféré de Karnak. Vous nous connaissez, dès qu’il y a un plan d’eau, nous sommes contents! En plus, les autres touristes ne prennent pas le temps de faire le tour du lac, nous sommes seuls au monde! Selon les croyances de l’époque, le lac sacré proviendrait directement du Noun, qui dans la mythologie égyptienne est un grand océan qui aurait créé le monde, un peu comme Dieu dans les religions monothéistes. Un nilomètre a été construit à l’intérieur du lac. Un nilo quoi? Vous allez enrichir votre vocabulaire grâce à nous! Un nilomètre est un puits avec une échelle graduée qui, à l’époque, servait à mesurer le niveau d’eau lors des crues du Nil. Il vaut la peine de se rendre au bord du lac juste pour le point de vue qu’il donne sur l’ensemble du temple de Karnak.

La Vallée des Rois

Là, non plus nous ne rentrons pas à l’intérieur de la nécropole car Van n’aime toujours pas les espaces clos surtout quand il y a des mètres de montagne au-dessus de sa tête!

Nous nous rendons cette fois sur la rive occidentale du Nil et, même si nous ne visitons pas le site, nous nous y rendons juste pour les paysages. La Vallée des Rois se trouve à cinq kilomètres de Louxor. Le truc sympa est de s’y rendre en vélo, c’est presque tout plat, la route est belle et il y a peu de trafic. Nous avions envie de marcher, nous nous y sommes donc rendus à pied. Nous traversons des champs de cultures dont le vert contraste fortement avec l’aridité de la montagne qui les surplombe.

Sur notre route, nous sommes accueillis par deux statues géantes. Ce sont les colosses de Memnon. Elles se situaient à l’entrée du temple d’Amenhotep III aujourd’hui disparu. Les colosses ont été retrouvés couchés par terre sur le dos et une gigantesque campagne de redressage a eu lieu en 2014. Imaginez un peu l’ampleur de la tâche, sachant que ces monstres de pierres mesurent environ 18 mètres et qu’ils pèsent plus de 1300 tonnes et que bien sûr, il ne fallait pas les abîmer!

La Vallée des Rois est une faille dans le désert de Libye qui abrite les hypogées de nombreux pharaons du Nouvel Empire. Des hypo quoi? Des hypogées. C’est encore une fois un mot grec qui signifie tombe creusée dans la roche. C’est ici qu’en 1922 Howard Carter découvrit la fameuse tombe de Toutânkhamon lors d’une campagne de fouilles archéologique qui devint célèbre pour sa découverte mais aussi pour ses galères. La nécropole est creusée dans la montagne Al-Qum (470 mètres d’altitude) qui signifie tout simplement La Cime. Elle a été choisie car elle évoque vaguement la forme d’une pyramide. Toutes les tombes n’ont pas encore été mises à jour et le site emploie encore de nombreux archéologues tentant d’y découvrir d’autres secrets.

Un peu plus au sud, se trouve une autre nécropole similaire, la Vallée des Reines qui abrite les hypogées des épouses et des filles de pharaons.

Louxor aura été une étape vraiment sympa. Nous avons été impressionnés par tout ce que nous avons vu : le Nil, les sites archéologiques et les paysages. Et surtout, nous avons mangé le meilleur sandwich aux falafels de notre vie!

Le Caire et les pyramides de Gizeh

L’Egypte, c’était un rêve de gosse pour Van depuis qu’elle a étudié l’histoire les pharaons à l’école. Mais elle n’avait jamais osé franchir le pas jusqu’à présent de peur que la réalité ne soit pas aussi cool que ses attentes. Quant à Fab, il est fasciné par les paysages du désert. C’est donc logique que l’Egypte ait une place de choix dans notre petit trip africain. Nous espérons juste que nos espoirs ne soient pas trop déçus.

Comme nous l’avions déjà mentionné, notre but était de rejoindre l’Egypte par voie terrestre depuis la Tanzanie mais la situation politique s’est entre temps dégradée en Ethiopie et au Soudan nous forçant à revoir nos plans. Nous avons dû, la mort dans l’âme nous rabattre sur l’avion.

Le Caire

Comme nous sommes arrivés par avion, notre aventure égyptienne commence donc au Caire, la capitale du pays. C’est une mégapole de 21 millions d’habitants et ça se ressent, le trafic est infernal et la qualité de l’air est vraiment mauvaise. Mais malgré son apparence de gigantesque jungle de béton, il y a quand même quelques trésors qui valent la peine qu’on s’y arrête.

Place Tahrir

Ce n’est pas la place la plus pittoresque du monde mais c’est un endroit vraiment symbolique au Caire et le cœur névralgique de la ville. Si le nom vous dit quelque-chose c’est parce qu’elle a été au centre de l’actualité en 2011. C’est sur cette place qu’ont eu lieu les manifestations du printemps arabe égyptien conduisant à la démission du dictateur Hosni Moubarak. Mais la joie sera de courte durée car en 2013, l’armée reprend le pouvoir après un coup d’état et, sans être réellement une dictature, l’Egypte est encore loin de la démocratie et peine à se trouver une stabilité politique.

Le Nil

Après avoir observé sa source à Jinja, au bord du lac Victoria, nous retrouvons sa majesté le Nil plus de 6000 kilomètres plus au nord. Il traverse la ville en son centre et heureusement qu’il existe! Le Caire manque cruellement d’espaces verts, cette étendue d’eau consiste un petit espace respiratoire dans cet enfer de gaz d’échappement.

Centre historique

Le Caire est une des plus vieilles villes du monde islamique. Elle a été fondée au Xe siècle et a atteint son âge d’or au XIVe siècle sous l’empire des Omeyyades, les mêmes qu’en Andalousie. Voilà pourquoi l’architecture de certains bâtiments nous rappellent Cordoue! Aujourd’hui, il reste quelques trésors, inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, que nous nous sommes empressés d’aller découvrir. La vieille ville est un entrelacs de petites ruelles un peu figées dans le temps. Les maisons avec leurs balcons en bois typiquement arabes sont vraiment délabrées mais ont un charme fou. La Disneylandisation n’a pas passé par là et la vie se déroule tranquillement entre les marchés et les petites terrasses de cafés. Le quartier est dominé par la forteresse de Saladin datant du XIIe siècle.

En déambulant dans ce bordel organisé, nous avons découvert des trésors d’architecture typiquement islamique. Nous avons remarqué que les édifices religieux ont eu droit à une bien meilleure restauration que le reste du quartier.

Le quartier copte

Bon déjà, ça veut dire quoi copte? Les Coptes sont autochtones d’Afrique du Nord, principalement d’Egypte, et arabophones sauf qu’ils sont chrétiens. Mis à part une toute petite minorité de catholiques et d’évangéliques, ils font partie de l’église orthodoxe mais avec quelques spécificités. Les rites sont les mêmes mais la doctrine varie un peu. Jusqu’au XVIIe siècle, les Coptes avaient leur propre langue : le copte mais aujourd’hui, ce n’est plus qu’une langue liturgique comme le latin en Europe. En Egypte, les Coptes représenteraient entre dix et quinze pour cent de la population, leur nombre exact n’est pas connu. Nous aimerions pouvoir vous dire que la cohabitation avec la majorité musulmane se passe dans une harmonie totale. Malheureusement, c’est loin d’être le cas. Les Coptes sont souvent victimes d’attentats meurtriers visant leur communauté. Leurs églises sont d’ailleurs toujours gardées par une armada de gardes de sécurité armés jusqu’aux dents.

Dans le vieux Caire, il y a tout un quartier copte datant du déclin des religions pharaoniques jusqu’à l’arrivée de l’islam, époque où l’Egypte était majoritairement chrétienne. Le quartier s’organise autour des ruines de l’ancien fort de Babylone et est constitué de différentes églises datant du Ve au IXe siècle. Il y a également la synagogue Ben Ezra, la plus ancienne de la ville mais elle est actuellement fermée pour travaux. Nous ne pensions pas visiter autant d’églises chrétiennes en arrivant dans une des plus grandes villes musulmanes du monde!

Gizeh

Nous n’allions pas rester au Caire sans aller faire un petit tour sur la nécropole de Gizeh. Nous ne savions pas trop à quoi nous attendre car le site est méga touristique et est connu pour être la cible de rabatteurs en tout genre. Avec le développement de l’agglomération cairote, la ville de Gizeh s’est construite jusqu’au pied des pyramides. Ce dernier point est vrai mais nous nous attendions à pire, la nécropole se trouve sur une colline et il y a beaucoup d’espace, la ville se contente de rester au pied de la colline. L’avantage de la proximité de la ville, c’est que le site est facilement accessible en métro puis en bus urbain.

L’entrée principale se trouve en bas, où se trouve le Sphinx. Nous n’avons pas fait exprès mais nous sommes rentrés sur le site par une entrée moins importante, à côté de la pyramide de Khéops et il s’est avéré que c’est un super bon plan : tous les guides et les rabatteurs attendent les touristes à l’entrée principale et nous avons eu une paix royale!

Les deux plus grandes pyramides ainsi que quelques tombeaux se visitent également, moyennant un petit supplément. Nous nous sommes contentés de voir les monuments depuis l’extérieur seulement car Van souffre de claustrophobie et ne se voyait pas coincée dans ces lieux clos.

Pyramide de Khéops

Khéops est la plus grande des pyramides de Gizeh et fut, pendant des siècles, la plus grande construction humaine au monde. C’est la seule des sept merveilles du monde antique a avoir survécu jusqu’à nos jours. Elle mesure 137 mètres de haut mais avant l’érosion et l’usure du temps, elle grimpait jusqu’à 147 mètres! Une vraie prouesse pour l’époque sachant que la construction date d’environ de 2560 avant Jésus-Christ! Madame a donc plus de 4500 ans, normal qu’elle se soit un peu affaissée avec le temps. Elle abrite le supposé tombeau du pharaon Khéops. Cette pyramide est sûrement un des monuments antiques les plus fouillés et étudié au monde et pourtant, elle n’a pas encore dévoilé tous ses secrets!

Khépren

La deuxième pyramide s’appelle Khéphren du nom du pharaon dont le tombeau est à l’intérieur. Pharaon qui n’est autre que le fils de Khéops. Elle est facilement reconnaissable car son sommet est encore recouvert d’un morceau de calcaire. Elle ne mesure « que » 147 mètres. Cette « petite » taille est un acte volontaire car la pyramide ne devait pas faire de l’ombre à sa grande sœur Khéops.

Mykérinos

Cette petite pyramide toute mimi se nomme Mykérinos selon le pharaon qui a succédé à Khéphren. Elle mesure quand même 63 mètres la petiote, ce qui est déjà pas mal même si son volume est deux fois inférieur à celle de Khéops! Les archéologues ont découvert que l’édifice était inachevé et en ont conclu que le souverain est décédé pendant sa construction.

Le Sphinx

Pour être francs, nous nous attendions à quelque-chose de bien plus impressionnant avec le Sphinx. C’est parce-que les pyramides situées juste derrière lui sont vraiment imposantes qu’il fait un petit peu pâle figure à côté. Pourtant, il mesure bien vingt mètres de hauteur dont une bonne partie rien que pour les pattes! Les archéologues peinent à se mettre d’accord pour savoir si la tête du Sphinx représente Khéops ou son fils Khéphren. Le nez manquant n’est pas dû à l’érosion mais bien à une détérioration humaine. Cette dégradation daterait du XIVe siècle et serait due à un soufi (une sorte de religieux islamique) qui voulait détruire ce qu’il considérait comme une idole païenne. N’importe quoi! Tout le monde sait bien que c’est Obélix qui a détruit le nez du Sphinx en voulant grimper dessus! #noussachons .

Le Caire aura été une première étape égyptienne bien sympa! Malgré sa jungle de béton tentaculaire et très moche, elle cache de véritables trésors. Nous aurions pu y rester des semaines et faire de nouvelles découvertes chaque jour. Nous aurions bien aimé visiter le musée égyptien mais nous avons un peu trop traîné dans nos visites du centre historique et nous sommes déjà en possession d’un billet de train pour la suite, nous ne prolongerons donc pas notre séjour pour ça.

Nous avons adoré le Caire mais nous sommes super content de partir pour le sud. Nous espérons pouvoir grappiller quelques degrés, car après la Tanzanie, nous sommes en plein choc thermique. Nous nous réjouissons également de fuir la pollution de la ville qui est difficilement supportable, et pourtant nous sommes en hiver! Nous n’osons pas imaginer la ville pendant les chaleurs estivales et les pics de pollution!

Bilan de la Tanzanie

Dans notre dernier article, nous vous disions vouloir explorer la Tanzanie encore un peu. Alors pourquoi venons-nous déjà avec notre bilan? Tout simplement car nous avons changé d’avis! Nous sommes un peu fatigués de la difficulté à voyager en autonomie dans ce pays. Finalement, c’était moins compliqué en Ouganda. A notre retour de Zanzibar sur le continent, tout à été de travers. Nous voulions prendre le Tazara, une ligne de chemin de fer qui parcourt le sud-ouest du pays, mais il y avait trois semaines d’attente. Nous n’avons pas trouvé de bus pour nous rendre sur la côte plus au nord. Nous avons vraiment galéré pour trouver un ATM qui fonctionne. Nous pensions également nous rendre à Kilwa sur la côte sud mais le fait de devoir débourser 40$ par personne pour accéder aux ruines et de devoir, en plus, prendre un guide nous a vite refroidi. Même le Taj Mahal n’est pas autant un attrape-touristes! Le coup de grâce nous a été donné quand Van s’est fait voler son smartphone dans le bus à Dar-es-Salaam! Attention, nous ne sommes pas du tout en train d’insinuer que tous les Tanzaniens sont des voleurs! Nous avons juste été victimes d’un habile pickpocket dans une grande ville et c’est typiquement le genre de mésaventure qui aurait pu nous arriver n’importe où dans le monde, y compris en Europe. Mais ce cumul de petites galères nous a fait comprendre que les planètes ne veulent pas s’aligner pour nous en Tanzanie et qu’il est temps de quitter le pays avant d’en être vraiment dégoûtés. Nous avons donc pris un vol pour ailleurs et nous avons passé les deux semaines d’attente avant notre départ sur les magnifiques plages à Kigamboni au sud de Dar es Salaam à profiter de la vie et à élaborer plein de nouveaux projets. Ces derniers jours plus tranquilles nous auront finalement permis de voir la Tanzanie sous un meilleur jour et de partir sur une note positive.

Maintenant que vous savez tout, nous pouvons vraiment passer à la partie bilan!

Comment voyage-t-on en Tanzanie en temps de Covid?

En théorie, il faut montrer un test PCR négatif de moins de 96 heures pour entrer en Tanzanie. Nous avons essayé de le faire à Masaka, dernière ville ougandaise avant la frontière mais, sans symptômes, on nous l’a refusé. On nous a indiqué que tout était organisé pour les tests directement à la frontière. D’autres voyageurs passés avant nous (et même après!) nous ont confirmé cet état de fait. Mais à notre passage, personne ne nous a fait de test et personne ne nous a rien demandé si ce n’est notre certificat de vaccination contre la fièvre jaune mais ça n’a rien à voir avec le Covid. Nous avons montré notre pass sanitaire et apparemment ça a suffi. Nous avons traversé la frontière un dimanche, jour du Seigneur super respecté dans la communauté chrétienne, ça explique sûrement l’absence de personnel pour nous curer le nez. Donc si vous comptez vous rendre en Tanzanie prochainement, sachez que le test PCR est exigé, il y a peu de chances que vous passiez entre les gouttes.

A l’intérieur du pays, c’est open bar, il n’y a aucune mesure prise contre la propagation du virus. En Tanzanie, le Covid n’existe pas! Nous n’avons aucune idée si c’est une stratégie pertinente, nous ne sommes pas médecins, mais de vivre sans aucune contrainte sanitaire, c’est quand même le pied! Nous qui pensions bien nous adapter aux différentes mesures prises, nous nous sommes vite rendus compte que ça nous affectait quand même psychologiquement. Nous avons vécu deux mois dans « le monde d’avant » et nous avions presque oublié combien il était cool!

C’est pendant notre séjour tanzanien que l’Afrique du Sud a annoncé la découverte du variant Omicron. Nous n’avons, évidemment, pas été épargnés. Nous n’avons pas été testés mais nous avons présenté tous les symptômes de ce nouveau variant durant une semaine. D’ailleurs, pendant tout le mois de décembre, ça toussait et ça reniflait beaucoup, partout en Tanzanie. Tout le pays a dû être infecté. Mais ça s’est arrêté comme c’est venu durant la première semaine de janvier. Nous avons donc bon espoir que la vague que subit l’Europe actuellement va aussi finir par descendre.

Pour un pays qui vit dans le déni de la pandémie, nous nous sommes bien étendus sur le sujet du Covid! Passons plutôt aux choses sérieuses et plus intéressantes du bilan.

En chiffres

Durée du séjour

61 jours. Pile deux mois! Nous aurons quand même utilisé les deux tiers de nos visas.

Budget

5’916’456TSH (shilling tanzanien) soit 2348 CHF ou 2260€ ce qui nous fait une moyenne journalière de 96’991 TSH (38,51 CHF ou 37,05€) Nous avons un bon budget mais parce que nous avons laissé tombé les activités touristiques et parce que, sur la fin, nous n’avons très peu bougé.

Sont compris dans ce budget, en plus des logements, des transports et de la bouffe, les visas (50$ par personne) et une carte SIM locale indispensable avec 12GB d’internet que nous avons renouvelés après un mois (40’000 TSH soit 15,20€ ou 15,85 CHF)

Distance parcourue

1941 kilomètres. De Mutukula (frontière ougandaise) – Bukoba – Mwanza – Singida – Arusha – Moshi – Dar-es-Salaam – Zanzibar – Dar-es-Salaam – Kigamboni – Dar-es-Salaam. Principalement en bus mais aussi en ferry, en tuk-tuk , en dalla-dalla et même en traversier entre Dar-es-Salaam et Kigamboni. Traverser le lac Victoria entre Bukoba et Mwanza nous a fait gagner environ 240 kilomètres mais nous avons « perdu » plus de 430 kilomètres entre Mwanza et Arusha en passant par Singida car la route contourne l’immense parc national du Serengeti.

Régions traversées

Dix : Kagera, Mwanza, Shinyanga, Singinda, Arusha, Kilimandjaro, Tanga, Pwani, Dar-es-Salaam ainsi que la région semi-autonome de Zanzibar.

Extrêmes d’altitude

Le niveau de la mer au bord de l’Océan Indien et à Zanzibar et 1400 mètres à Arusha. Même si nous ne l’avons pas gravi, nous avons eu la chance d’apercevoir le Kilimandjaro, le plus haut point de toute l’Afrique qui culmine fièrement à 5895 mètres d’altitude.

Extrêmes de températures

26 degrés dans un climat tempéré par l’altitude à Arusha et 35 degrés sous le soleil écrasant de janvier à Dar-es-Salaam. Des températures normales et de saison sous ces latitudes.

Nous coups de gueule et coups de cœur

Evidemment, la Tanzanie ne nous a pas laissés indifférents. Comme de coutume, nous finirons par le meilleur!

Coups de gueule

La difficulté de voyager en autonomie : Nous comprenons amplement qu’on ne nous laisse pas taquiner du lion dans la savane à nos risques et périls mais cette mentalité de nous coller un guide sur le dos pour tout, ça commence à nous gonfler et ça coûte une blinde. Pour une bonne partie des activités, même anodines comme visiter quelques ruines, il faut contracter un tour et nous détestons cette façon de faire. C’est la principale raison qui nous a décidé à écourter notre séjour tanzanien.

Les rabatteurs à Moshi : En général, en Tanzanie, les rabatteurs ne sont pas trop énervants et passent vite à autre chose quand on leur dit non. Sauf à Moshi, pour une raison qui nous échappe totalement. Nous n’avons jamais vu autant d’agressivité chez l’être humain! Les Balinais sont des Bisounours en comparaison!

La station de bus de Mwanza : Nous n’avons jamais vu une telle foire d’empoigne! Les gens se bousculaient et venaient carrément en troupeau nous aborder pour nous vendre un billet de bus ou autre chose comme des boissons, des babioles et même un appartement!

Le réseau internet : Les Tanzaniens utilisent très peu internet et ça se ressent. Nous n’avons jamais autant galéré pour trouver du Wifi et encore faut-il qui fonctionne. Nous nous sommes procurés une carte SIM avec des GB internet mais là aussi, la 4G ne fonctionne que très aléatoirement, surtout à Zanzibar. Nous avons souvent dû nous rabattre sur des cafés qui offrait du Wifi mais c’est souvent bruyant et d’un confort moyen pour travailler même si la terrasse donnant sur l’océan ferait des photos (que nous n’avons même pas pensé à prendre!) parfaites sur Instagram. Bref, la Tanzanie n’est pas la meilleure destination pour les nomades digitaux.

C’est cool mais exaspérant à la fois!

La lenteur : Oui, c’est bien nous qui prônons la lenteur, le fait de prendre le temps, le no stress, le slow travel, etc… Ben sur ce coup là, les Tanzaniens nous battent à plate couture au point d’en devenir exaspérants. Tout prend des plombes, en particulier dans les transports et notre patience, pourtant assez grande, est parfois mise à rude épreuve. Nos propos sont sûrement dictés par une pointe de jalousie car ce qu’il reste d’occidental pressé en nous aimerait bien être aussi cool et détendu qu’eux.

Coups de cœur

Les gens : Ah enfin la chaleur africaine qui nous avait manqué en Ouganda! La population locale est très avenante sans être envahissante et très souriante. Le niveau d’anglais est très bon, il est donc facile de communiquer. Les enfants nous lancent souvent des « Hello », des « Jambo » (Hello en swahili) ou encore des Karibu (bienvenue) et sont vraiment contents quand nous leur rendons leur salut, surtout avec notre swahili très hésitant. Les gens sont relativement honnêtes. Certes, ils pratiquent souvent le « Mzungu Price » mais c’est rarement exagéré et c’est de bonne guerre. Une fois un prix négocié, ils s’y tiennent et n’essaient jamais de nous soutirer quelques shillings de plus. Nous nous heurtons parfois aux différences culturelles mais dans l’ensemble, nous avons un bon feeling avec les Tanzaniens.

La bouffe : Rien de très nouveau par rapport à l’Ouganda mais ça reste très bon. La cuisine est toujours influencée par le sous-continent indien pour notre plus grand bonheur! Nous avons savouré de délicieux currys! Nous avons profité des avocats et des mangues qui poussent en abondance et qui ont un goût exceptionnel! Dans les restos, les plats sont toujours préparés à la minute, ça implique un temps d’attente interminable mais le résultat est souvent à la hauteur des espérances. Nous avons juste pris l’habitude d’emporter nos liseuses avec nous chaque fois que nous allons manger quelque-part. Le temps paraît ainsi moins long et le personnel ne stresse pas à essayer de nous servir au plus vite. Les végétariens trouverons également leur bonheur, il y a des plats sans viande absolument partout!

Le plastique, ce n’est pas fantastique! Enfin un pays qui a réussi à interdire les sacs en plastique sur son territoire! Nous saluons la mesure en espérant que d’autres pays s’en inspirent. (C’est déjà le cas du Kenya). Nous n’avons jamais été pris pour des extraterrestres en allant au marché avec nos gourdes, nos tups et nos sacs en tissu, et ça c’est rare, même en Europe! Nous n’avons jamais vu un gobelet en plastique jetable, tous les cafés sont servis dans des vraies tasses. Les boissons sont, en grande majorité, conditionnées dans des bouteilles en verre. Bien sûr, ces quelques mesures restent anodines et il y a encore du boulot au niveau écologique, comme partout, mais il y a déjà une certaine motivation et nous partons du principe que chaque petit pas doit être mis en avant. Grâce à tout ça et à une mentalité de recyclage bien ancrée, le pays est très propre et il y a vraiment très peu de déchets qui traînent par terre.

Le café : La Tanzanie ne fait pas partie des grands producteurs de café mais la caféiculture reste tout de même une part importante de son économie. Et surtout, il est excellent! Et nous sommes très exigeants en café! Pour le savourer pleinement, il existe une multitude de petits cafés cosy où il fait bon se poser au calme et au frais.

Dar-es-Salaam et son multiculturalisme : Nous avons bien été échaudés par Kampala, la capitale de l’Ouganda et une des pires villes que nous connaissons, nous pensions donc que Dar-es-Salaam allait être du même acabit. A tort! Non, ce n’est pas la ville la plus agréable du monde et fait partie de ces grandes métropoles construites anarchiquement mais tout n’est pas à jeter. Déjà, elle se situe au bord de la mer, un gros atout à nos yeux. Ensuite, elle possède une multitude de magnifiques édifices coloniaux dont la plupart abritent des ministères, des cours de justice ou des ambassades. Pour cette raison, nous n’avons pas pu prendre de photos, ni du superbe front de mer à cause de la présence d’une base militaire. Les Tanzaniens ne sont déjà pas super à l’aise avec les photos en temps normal, ils sont carrément sur les dents quand il s’agit de « lieux sensibles ». Enfin, un vrai melting pot de cultures s’y concentre. C’est une ville avec une ambiance bien africaine mais dont les influences indiennes et arabes sont très présentes. Les autres pays du continent y sont aussi bien représentés avec, notamment, des communautés d’Ethiopiens, de Somaliens et de Comoriens. Ces derniers nous ont d’ailleurs souvent interpellé juste pour le plaisir d’échanger quelques mots dans la langue de Molière avec nous.

Zanzibar : Nous avons débarqué à Zanzibar sans trop d’attente. Nous pensions trouver quelque-chose de très dénaturé soumis au tourisme de masse. Il paraît que c’est le cas au nord de l’île mais nous n’avons pas été vérifier de peur de perdre nos belles illusions. Les plages de l’est font partie des plus belles que nous n’ayons jamais vues : le sable est blanc, l’eau est cristalline, les plages sont sauvages et il n’y a pas d’alignées d’hôtels en béton qui longent la côte. Quant à Stone Town, elle vaut amplement une visite pour son magnifique petit centre historique. Zanzibar restera un énorme coup de cœur, tous nos voyages confondus.

Conclusion

Finalement, nous n’avons pas dressé un bilan si négatif de la Tanzanie malgré notre décision d’écourter notre séjour. Nous sommes contents de ne pas partir fâchés, ce n’était pas le but. C’est juste que nous avons fait notre temps et nous voulions surtout arrêter de nous énerver sur des choses que nous ne pouvons pas changer. Nous ne recommandons pas cette destination en mode backpack, c’est quasiment mission impossible mais pour du tourisme un peu plus standard avec un meilleur budget, nous vous encourageons à découvrir ce magnifique pays.

Spoiler Alert!

Comme vous avez pris le temps de lire notre pavé, nous vous dévoilons la suite de nos aventures. Si tout se passe comme prévu, nous devrons vous donner nos prochaines news depuis Le Caire. L’Egypte était sur notre liste depuis le début, nous étions même censés, à la base, la rejoindre par voie terrestre depuis l’Afrique de l’Est mais les différentes situations politiques en Ethiopie et au Soudan en ont décidé autrement. Ce projet est vite tombé à l’eau et c’est pourquoi ensuite nous avions décidé de traîner un peu en Tanzanie avant de partir pour le pays des Pharaons. Nous avons juste avancé notre départ d’un petit mois.

Nous nous réjouissons de cette nouvelle aventure en espérant que ce fichu virus ne viennent pas jouer les trouble-fêtes et bien évidemment nous ne manquerons pas de partager nos expériences avec vous!

Grand bilan et rétrospective 2021

L’année passée, nous vous avons proposé un bilan de l’année 2020 car, avec la situation pandémique mondiale, elle avait été vraiment bizarre pour nous, comme pour tout le monde. L’article avait cartonné et nous avons eu de bons retours. Nous avons donc décidé de nous plier au jeu de la rétrospective encore une fois cette année.

La situation n’est pas revenue « à la normale » en 2021 et nous avons dû plusieurs fois nous adapter aux restrictions et aux mesures sanitaires. L’année passée, nous vous avons livré le bilan dans un état d’esprit en demi-teinte. Qu’en est-il de cette année? Embarquez donc dans la machine à remonter le temps de Van et Fab et vous saurez tout!

Janvier

Nous commençons l’année avec le moral un peu dans les chaussettes. Nous sommes dans le sud de Tenerife , les restrictions anti-Covid sont super strictes et les tempêtes hivernales nous apportent des fortes pluies et des températures bien fraîches tout droit venues de l’Atlantique. Avec le recul, janvier aura été notre mois le plus déprimant de 2021. Notre lot de consolation sera notre accès à Netflix et nous avons pu rattraper une partie des plus de trois ans de retard dans les films et les séries.

Février

Heureusement, sous des latitudes comme les Canaries, l’hiver ne dure jamais très longtemps. Les premières fleurs commencent à montrer le bout de leur nez et le soleil recommence à briller et, comme un bonheur ne vient jamais seul, les restrictions s’assouplissent un peu et nous pouvons continuer nos explorations du sud et de l’est de Tenerife. Nous avons juste droit à un fort épisode de calima (c’est le scirocco qui nous apporte de la chaleur ainsi que du sable du Sahara qui reste en suspension dans l’air provoquant une épaisse brume et des problèmes respiratoires) qui dure trois jours mais qui fait bien remonter les températures.

Dans la galerie ci-dessous, le village de San Miguel de Tajao et son arche

Mars

Nous reprenons nos sacs pour les poser dans le nord de l’île, à Puerto de la Cruz. La porte d’entrée de la maison où nous logeons donne directement sur l’océan et nous sommes vraiment tombés sur des colocataires en or! Ce sera sûrement la coloc de notre vie! Et dire qu’à la base nous avions accepté la chambre juste parce-que la propriétaire avait tapissé une paroi du hall d’entrée avec une carte du monde! (#irrécupérables!) Nous découvrons une Tenerife complètement différente, beaucoup plus humide et à la végétation beaucoup plus luxuriante, pour notre plus grand bonheur! Aux premiers rayons de soleil, nous nous rendons dans l’Anaga, un massif recouvert de forêts de laurisylve typique de la région qui deviendra un de nos coups de cœur sur Tenerife.

A gauche Puerto de la Cruz, à droite la forêt de l’Anaga

Avril

C’est clairement le plus beau mois que nous avons eu à Tenerife. Le printemps s’est bien installé dans un superbe déploiement de couleurs et le soleil est au rendez-vous! Nous profitons de cette météo bien clémente pour nous offrir un abonnement de guaguas (le petit nom qu’on donne aux bus aux Canaries) afin de découvrir encore d’autres merveilles de l’île. Nous continuons notre exploration de l’Anaga et découvrons Masca et le massif de Teno qui sera encore un de nos coups de cœur. Evidemment, nous allons également voir sa Majesté le Teide, le point culminant de l’île mais aussi de toute l’Espagne. Nous montons également à San Cristobal de la Laguna dont le centre-ville est inscrit au patrimoine de l’UNESCO mais, contre toute attente, le coin ne nous plaît pas du tout! Certes, le centre historique vaut le coup d’œil mais nous avons trouvé l’âme de la ville un peu bizarre. Et ça n’a pourtant rien à voir avec le climat, réputé le plus pourri des Canaries, car nous avons réussi à y aller un jour de grand beau. Nous avons de loin préféré Garachico, un petit village du nord-ouest plein de charme qui figure sur la liste des plus beaux villages d’Espagne et c’est totalement justifié!

A gauche le Teide, à droite en haut Garachico, à droite en bas Masca

Mai

Après cette jolie parenthèse hivernale, nous étions bien motivés à rentrer sur la péninsule mais les restrictions de déplacement entre les Communautés Autonomes espagnoles ne sont toujours pas levées. Nous devons nous résoudre à rester un mois de plus à Puerto de la Cruz et c’est clairement le mois de trop. Bien sûr, nous profitons à fond de la compagnie de nos colocataires et ça n’a pas de prix mais beaucoup de choses, surtout administratives, nous attendent dans notre fief à Puerto de Sagunto. Pour couronner le tout, la météo ne nous aide pas du tout. Après un mois d’avril extraordinaire, le mois de mai est tout pourri avec beaucoup de grisaille et de pluie. Nous rongeons notre frein et profitons du bon wifi de l’appartement pour avancer dans nos projets professionnels.

Juin

Youpie! L’état d’alarme a été levé en Espagne et nous pouvons enfin rentrer sur la péninsule! Nous sommes tellement contents de retrouver notre Méditerranée! Certes elle est beaucoup moins impressionnante et sauvage que l’Atlantique mais c’est notre mer, ça ne s’explique pas! Mais pas le temps de flâner à la plage, nous avons un gros mois qui nous attend! Finalement, notre travail acharné, nos longues attentes, nos demandes de documents et nos prises de tête ont enfin porté leurs fruits! Nous sommes officiellement résidents espagnols à Puerto de Sagunto ce qui signifie qu’en cas de pandémie ou autre crise, nous pourrons nous y rendre sans problème! Nous sommes tellement heureux d’avoir trouvé un pays où nous nous sentons, contre toute attente, enfin chez nous!

Juillet

Nous devons libérer l’appartement afin que la famille de Fab puisse y profiter pour leurs vacances d’été. Nous reprenons donc nos sacs pour les poser à Alicante pour le mois de juillet. Le choix de cette ville s’est imposé assez facilement car nous avons eu un coup de cœur pour l’ambiance de la ville lors de notre passage l’automne précédent. Nos colocataires sont vraiment chelous mais l’appartement se situe au cinquième étage dans une vieille bâtisse pleine de charme qui donne directement sur l’esplanade et le port de plaisance! Il aurait été difficile de trouver mieux! La famille de Van vient nous dire bonjour pendant leurs vacances et découvrent les joies des vagues de chaleur estivales typique du sud de l’Espagne. (un bon 45 degrés!). Nous profitons de notre séjour pour découvrir des coins méconnus du sud de la Communauté Valencienne qui diffère totalement de la région de Valence où nous habitons.

A gauche Alicante, à droite Villena

Août

Nous rentrons dans notre fief valencien où nous retrouvons les parents de Fab. Oui, nous en voyons du monde en cet été 2021! Nous sommes enfin convoqués pour la première dose du vaccin. Nous avions, jusqu-là, été trop jeunes pour prétendre recevoir notre injection, l’Espagne procédant par tranche d’âge. Nous avons donc la joie de vous annoncer que nous faisons encore partie des jeunes! Après deux mois bien chargés autant professionnellement que personnellement, nous sommes contents de lever un peu le pied et de profiter enfin de l’été espagnol et de la playa.

Septembre

Nous commençons septembre de manière festive avec « Las Fallas ». C’est une fête typiquement valencienne qui se tient normalement en mars autour de la St-Joseph car c’est la fête des charpentiers. Wikipédia vous expliquera beaucoup mieux que nous les tenants et les aboutissants de cette fête. Covid oblige, les festivités ont été annulées deux années de suite mais, en 2021, elles ont été reportées en septembre. Nous recevons enfin notre pass sanitaire avec la deuxième dose du vaccin et, avec l’assouplissement des formalités d’entrées de certains pays, nous décidons, un peu à la dernière minute, de reprendre nos backpacks pour refaire un petit tour. L’idée nous trottait dans la tête depuis plusieurs mois mais avec la situation sanitaire nous n’osions plus trop espérer. L’Amérique Centrale nous semblait assez prometteuse et facile à voyager en temps de Covid mais, suite à un bug informatique, nous n’arrivons pas à régler nos billets d’avion pour le Mexique. Nous le prenons comme un signe et finalement nous partons sur l’est.

A gauche, Plovdiv en Bulgarie, à droite Edirne en Turquie

Octobre

Octobre sera dédié à la découverte de la Turquie qui se révèlera être un de nos gros coup de cœur au même titre que la Malaisie. Nous découvrons principalement le sud du pays pour des raisons climatiques et profitons de la douceur méditerranéenne. Mais nous avons déjà mis sur notre liste le reste du pays pour des saisons plus clémentes! Tout nous plait ici, les paysages, la nature, les villes, la culture, les sites archéologiques, les gens vraiment adorables et, bien sûr, la bouffe! Nous avons tellement bien vendu le pays que tous nos proches rêvent d’y aller. Jamais nous n’avions autant fait l’unanimité auprès de nos connaissances pour une de nos destinations!

A gauche, quartier de Galata à Istanbul, à droite Kars sur la côte lycienne

Novembre

Le temps commence bien à se rafraîchir en Turquie, il est temps de nous envoler vers des climats plus cléments. Nous pensions à un premier temps à l’Egypte puis finalement, nous trouvons une offre imbattable pour Entebbe, en Ouganda. L’Afrique nous titille depuis un moment déjà. Nous avons ensuite le projet de rejoindre l’Egypte par voie terrestre. Projet qui n’aboutira pas pour cause de conflits armés en Ethiopie et de coup d’état au Soudan. L’Ouganda n’est pas du tout le pays auquel nous avions pensé en premier car il n’est pas connu pour être « backpackers friendly ». Nous y arrivons donc sans vraiment de préparation préalable mais, une fois le premier choc culturel passé, nous nous habituons assez vite et les galères deviennent de moins en moins difficiles à gérer. Le pays nous fascine par ses paysages fabuleux, sûrement les plus beaux que nous n’ayons jamais vus! Nous qui sommes fascinés par les points géographiques emblématiques avons été bien servis! Nous avons pu découvrir la source du Nil à Jinja, et avons, pour la troisième fois de notre vie, traversé à pieds la ligne de l’Equateur.

A gauche, le lac Bunyonyi, à gauche, un macaque vervet

Décembre

Il faut avouer que ce dernier mois de l’année aura été très riche. Trente jours sur un visa passent très vite et il nous faut déjà penser à quitter l’Ouganda. Nous passons en Tanzanie, une de nos destinations rêvées où nous sommes super bien accueillis dès la frontière! Nous commençons par le nord où nous découvrons des paysages fabuleux comme le lac Victoria à Mwanza , des lagunes salées, la savane, la forêt tropicale près d’Arusha et bien sûr, le Kilimandjaro himself qui n’est autre que la plus grande montagne d’Afrique! Au même moment, l’Afrique du Sud annonce le variant Omicron et effectivement, quelques symptômes caractéristiques de ce fichu virus nous contraint à l’isolement pendant quelques jours à Dar-es-Salaam. Heureusement, en ce qui nous concerne, ce ne sera qu’une petite grippette. Une fois remis, nous traversons enfin vers Zanzibar où nous posons nos sacs pour toute la fin de l’année. Nous galérons pour trouver un bon wifi pour travailler mais ce désagrément est vite compensé par la beauté de la plage et le charme de la vieille ville de Stone Town. Zanzibar sera un de nos gros coup de cœur de toute notre vie de nomades et nous n’aurions pu trouver un meilleur endroit pour bien terminer l’année!

A gauche le Kilimandjaro et à droite Zanzibar

Conclusion

Cette année 2021 aura été variée, pleine de rencontres, riche en émotions, un peu imparfaite mais tellement « nous »! En tout cas, nous sommes dans un bien meilleur état d’esprit qu’à la même période l’année passée même si l’avenir reste un peu incertain. Nous avons dû, bien sûr, nous adapter aux circonstances mais nous ne nous en sommes pas trop mal sortis. Certaines remises en question ont été nécessaires, elles ne nous ont pas vraiment fait du bien sur le moment, mais nous savons qu’à terme, elles nous serons bénéfiques. Nous avons surtout l’immense joie d’avoir trouvé en Espagne un pays dans lequel nous nous sentons enfin chez nous car, au risque d’en froisser certains, ce n’était pas du tout le cas en Suisse. Bref, nous tirons plutôt un bilan positif de cette année 2021 même si ce n’était pas gagné d’avance.

Et en 2022?

Nous sommes toujours en train de profiter de notre petit trip en Afrique et planchons pour un retour chez nous, en Espagne, pour le mois d’avril ou mai. Si tout va bien, nous allons nous installer dans une autre région d’ici le mois de juin. Notre visa tanzanien est valable jusqu’à mi-février et nous comptons bien en profiter le plus longtemps possible. Il nous reste encore pas mal de choses à découvrir dans ce pays et nous nous réjouissons de reprendre la route même si ça implique de quitter l’océan indien pour quelques temps. Notre projet de rejoindre l’Egypte par voie terrestre est, pour cette fois, complètement mort et enterré. La situation devient vraiment catastrophique en Ethiopie avec divers conflits armés et la situation n’est pas terrible non plus au Soudan après le coup d’état militaire. Nous avons pensé descendre au sud mais Omicron vient changer la donne également, il devient difficile de rentrer en Europe depuis un pays d’Afrique Australe. En plus, le Zimbabwe n’a pas rouvert ses frontières terrestres, ce qui implique devoir zapper les chutes Victoria. Nous avons décidé de garder l’Afrique Australe pour un autre voyage et nous consacrer cette fois-ci à l’Afrique de l’Est. Nous gardons un tout petit espoir sur la réouverture des frontières terrestres du Rwanda, un autre pays qui nous attire, sinon, nous trouverons bien un plan B, ou C, ou D… Pour la suite de 2022, nous n’avons pas de gros projets par peur de devoir encore y renoncer à cause de la crise sanitaire mais nous fourmillons de petites idées qui nous semblent assez réalisables pour l’instant. Nous sommes un peu frustrés de ne pas pouvoir plancher sur quelque chose de grand (pas seulement des voyages mais des projets plus perso également) et en même temps nous sommes contents de prendre la vie comme elle vient et de saisir les opportunités quand elles se présentent. Nous allons garder l’esprit ouvert et, si vous avez des idées à nous soumettre, n’hésitez pas, nous les étudierons avec plaisir!

En attendant, nous vous souhaitons à tous la meilleure année 2022 possible! Que le bonheur fasse partie de votre quotidien et que vos rêves puissent se réaliser!

Zanzibar, la perle de l’Océan Indien

Assez vite, nous nous sommes mis d’accord sur le fait de nous poser quelque-part pour passer les fêtes de fin d’année. Déjà, parce-que voyager à Noël en pleine haute saison n’est pas une sinécure, ensuite, parce-que décembre est un gros mois professionnel pour nous, tout doit être bouclé avant la fin de l’année. Donc nous devons pouvoir rester de longues heures sur notre ordinateur.

Zanzibar s’est imposé assez rapidement comme choix. C’était une étape logique dans notre itinéraire et nous mourrions d’envie de découvrir si les plages de sable blanc et les cocotiers étaient bien réels. Mais tout ne s’est pas déroulé complètement comme sur des roulettes. A notre arrivée à Dar-es-Salaam, Omicron est venu jouer les trouble-fêtes. Nous ne sommes pas sûrs à cent pout cent de sa culpabilité mais vu les symptômes que nous avons eu, il y a de fortes chances que Monsieur se soit invité dans notre organisme. (Pas de panique, nous avons eu les symptômes d’une bonne crève mais rien de bien méchant!) Mais dans un pays qui renie totalement le Covid, il est impossible de se faire tester à proximité. Dans le doute, nous avons différé notre traversée sur Zanzibar et sommes restés à l’isolement quelques jours, ce qui nous a quand même permis d’avancer dans notre job.

Une fois remis du méchant virus, nous sommes partis à l’assaut du port de Dar-es-Salaam. Oui à l’assaut car c’est une véritable foire d’empoigne! Entre les rabatteurs et la cohue aux différents contrôles, nous ne savons toujours pas comment nous avons réussi à nous faufiler avec nos sacs pour embarquer. Le terminal des ferries est idéalement situé en plein centre-ville mais les différentes compagnies de navigation profitent de la manne touristique de Zanzibar. La traversée coûte entre 30 et 35 USD (convertibles en shillings tanzaniens mais il faut bien contrôler le taux de change du jour!) ce qui est quand même douze fois plus cher que le prix demandé aux Tanzaniens et c’est vraiment onéreux pour la Tanzanie. Tout ça pour souffrir du mal de mer! Heureusement, la traversée est bouclée en à peine deux petites heures.

Zanzibar est en fait un archipel et une région semi-autonome de la Tanzanie. Nous avons d’ailleurs dû repasser une immigration à l’arrivée du ferry. Elle est composée de l’île de Pemba au nord, et au sud, de l’île que tout le monde appelle à tort Zanzibar mais qui, en réalité, se nomme Unguja. C’est sur cette dernière que nous avons posé nos sacs quelques temps. Lors de la décolonisation, en 1964, Zanzibar fut incorporée à la République du Tanganyika pour former la Tanzanie actuelle. Pour la petite histoire, Tanzanie est un mot valise qui comprend le « Tan » de TANganyika et le « zan » de ZANzibar.

Bon promis, nous vous laissons tranquilles avec nos petites leçons d’histoire et de géopolitique et allons passer aux choses sérieuses, c’est-à dire la découverte d’une partie de cette petite île.

Stone Town

Le vomito express qui nous sert de ferry nous fait débarquer directement à Stone Town qui est le vieux quartier de Zanzibar. Oui, car cette fois la ville principale de l’île et la capitale de la région s’appelle vraiment Zanzibar. Ceux qui maîtrisent l’anglais auront remarqué que Stone Town signifie « ville de pierre ». Ce surnom est dû aux façades des vieilles maisons construites en pierre de corail.

Stone Town est une magnifique ville coloniale donnant sur l’Océan Indien sur la côte ouest de l’île. Ici, contrairement au continent à majorité chrétienne, c’est l’islam qui domine et ça se ressent tout de suite à l’arrivée, c’est très conservateur. Les femmes sont d’ailleurs priées de se « vêtir décemment ». On doit la présence de cette religion au sultanat d’Oman qui a colonisé l’archipel au XIXe siècle. Evidemment, les Anglais sont aussi passés par là et y ont créé le port ainsi qu’un gigantesque marché aux esclaves, un des principaux de l’Afrique de l’Est. C’est bien le problème avec ces anciennes colonies, le patrimoine historique est incroyable mais il y a trop souvent une histoire horrible derrière. Aujourd’hui, on trouve un mélange d’influences britannique et arabe, un peu comme à Georgetown, et c’est vraiment sympa! L’entretien et la conservation du centre historique sont loin d’être parfaits, la faute à un énorme manque de moyens, mais les façades défraîchies et le bois usé des balcons ont un charme fou sous le soleil tropical.

Les portes sculptées

Non, nous n’avons pas commencé à faire une fixette sur les portes mais il faut reconnaître que ces magnifiques portes sculptées nous ont quand même tapé dans l’œil. Pour cause, il y en aurait plus de cinq cents rien qu’à Stone Town! La tradition voulait que, lors de la construction d’une maison, on posait la porte en premier. Une belle porte laissait présager une belle bâtisse. C’est encore le cas aujourd’hui même si ce sont des portes provisoires qui sont posées. Ce genre de portes est encore fabriqué aujourd’hui, toujours à la main au ciseau à bois et au maillet.

Old Fort

C’est le plus vieux bâtiment de Zanzibar. Il a été construit en 1699 par les Omanais après avoir chassé les Portugais. Oui, car ces derniers ont essayé d’y établir un comptoir comme à Galle , Goa ou encore à Malacca mais les Arabes ne le leur ont pas laissé le temps. Il est stratégiquement situé sur le front de mer et de magnifiques cocotiers ornent sa façade. Il a ensuite été utilisé comme lieu de garnison, comme prison et même comme club de femmes dans les années 1950. Aujourd’hui, il accueille divers festivals dont le festival international du film de Zanzibar.

Cathédrale St-Joseph

Malgré toutes les mosquées présentes à Stone Town, nous avons, lors de notre première nuit en ville, été réveillés non pas par les appels à la prière mais par les cloches de la cathédrale! C’est un comble, n’est-ce pas? On doit cette magnifique architecture néo romane aux Français à l’initiative de missionnaires, également français, qui étaient venus prêcher la bonne parole à Zanzibar. D’ailleurs, les architectes se seraient vaguement inspirés de la cathédrale de Marseille pour ériger cette cathédrale. Ce gros mastodonte de la fin du XIXe siècle domine tout un quartier et, à l’instar de quelques villes espagnoles que nous avons visitées, est coincé au milieu du labyrinthe des ruelles et est difficilement observable dans toute sa splendeur.

La playa

Non, les plages de rêves sous les cocotiers à Zanzibar ne se trouvent PAS à Stone Town! Mais la ville possède quand même sa petite plage dominée par quelques bâtiments coloniaux. Ce n’est pas la pire plage que nous ayons vue mais, comme la ville est de taille modeste, les activités portuaires sont proches et rompent la quiétude du lieu.

Côte est d’Unguja

Nous avons adoré parcourir et souvent nous perdre dans les ruelles de Stone Town et d’y découvrir son histoire et sa culture mais nous nous sommes quand même déplacés jusqu’ici pour la playa. Avec tout le rêve qu’on nous a vendu sur les plages de l’archipel, il fallait bien que nous aillons vérifier ça par nous même!

La côte est se situe à une cinquantaine de kilomètres de Stone Town qui elle est située sur la côte ouest. Pour traverser l’île, il faut prendre un dalla-dalla local qui part du grand marché situé juste en dehors des remparts. C’est exactement le même principe que sur le continent.

Jambiani

Jambiani est un ancien village de pêcheurs qui a gardé tout son charme. Il y a quelques petits hôtels disséminés dans la localité mais le coin n’a pas cédé aux sirènes du tourisme de masse à notre grande surprise. La plage est vraiment très belle même s’il y a plein d’algues. Ce ne sont heureusement pas les grosses sargasses puantes que nous avons eues au Mexique, mais juste de petites herbettes vertes. A Jambiani, on cultive les algues et les femmes viennent les récolter lors des marées basses. C’est une activité économique importante car elle emploie plus de 15’000 personnes et elle exporte plus de 11’000 tonnes de ces petites herbettes par an principalement au Japon et en Norvège qui les utilisent dans les industries cosmétique et alimentaire. Ces cultures attirent une faune importante comme des crabes, des ibis, des sternes, des grues, des oursins et même des coquillages qui marchent que nous adorons aller admirer lorsque l’eau s’est retirée.

Paje

Paje, à quatre kilomètres plus au nord, est un peu plus tournée vers le tourisme qu’à Jambiani. Pas énormément non plus, il y a juste plus de cafés et de bar et c’est plus propice pour faire la fête. Nous les avons bien apprécié ces cafés, dotés d’internet, pour bosser un peu car trouver du wifi dans les logements c’est mission impossible et la 4G ne fonctionne que très aléatoirement dans le coin. La plage est aussi plus idyllique car sans les fermes à algues.

Nous confirmons, la playa à Zanzibar est digne d’une carte postale, l’eau est vraiment chaude et transparente! Il faut juste s’adapter aux marées pour la baignade mais ce n’est pas vraiment un désagrément dans un paradis pareil.

LA playa de rêve

Malgré tout ce que nous venons de vous montrer, nous avons trouvé quelque-chose d’encore plus idyllique! Elle se situe entre Jambiani et Paje mais à plusieurs centaines de mètres au large. C’est un banc de sable qui ne se découvre qu’à marée basse! A part quelques kite-surfeurs, le coin est vraiment désert. Petit revers de la médaille, car il en faut bien un, la marée est basse pendant les heures les plus chaudes de la journée et le soleil cogne particulièrement fort malgré des latitudes proches de l’Equateur. Nous en avons vu des plages dont certaines nous ont vraiment impressionnés mais celle-ci restera très bien placée dans le top 3 de nos plages préférées.

Nous sommes vraiment ravis d’avoir posé nos sacs à Zanzibar pour la période des fêtes. Certes, ce n’est pas le coin idéal pour les nomades digitaux et nous avons galéré pour trouver du wifi qui fonctionne mais, vu le paradis, le jeu en valait la chandelle. Nous avons été surpris de ne pas trouver de gros complexes touristiques et nous espérons ne jamais en trouver à l’avenir. La population locale est vraiment cool, souriante et avenante et les enfants nous lancent souvent des « Hello » ou des « Jambo » en éclatant de rire. Même les rabatteurs ne sont pas trop agaçants. La nourriture est excellente et les marchés regorgent de délicieux fruits tropicaux.

Malgré ses imperfections, Zanzibar restera un de nos plus gros coup de cœur de toute notre vie de nomade.

Arusha & Moshi, au pied du Kilimandjaro

Partir de Mwanza n’a pas été une sinécure. Déjà, la station de bus se trouve à onze kilomètres à l’ouest de la ville. Mais ça, ce n’est rien, il y a des dalla-dallas qui s’y rendent, toujours à prix fixes pas spécial « muzungus ». C’est sur place que ça se corse. Déjà, c’est un peu le bordel car il y a un nouveau terminal de bus en travaux et que tout est disséminé n’importe comment dans le village. Ensuite, nous nous sommes littéralement fait harcelés par les gens du coin, particulièrement agressifs, qui ont essayé de nous refiler tout et n’importe quoi. Il y en a même un qui a brandi un plan en essayant de nous vendre un appartement! Bref, après presque deux heures à galérer dans cet enfer, nous trouvons enfin un bus qui va en direction du sud et qui part « maintenant », c’est-à-dire dans quarante-cinq minutes.

Singida

Si on regarde sur une carte, Mwanza et Arusha sont à peu près à la même hauteur. Mais, il y a le parc national du Serengeti au milieu qu’il faut contourner. Ce qui nous fait faire un détour par le sud d’environ quatre cents kilomètres. Nous saluons quand même le fait que les autorités aient refusé de construire une route dans une réserve protégée. Nous voilà donc partis pour huit heures de route dans un bus au confort relatif avec du hip-hop à plein volume. Jamais nous n’avons autant apprécié nos écouteurs et notre abonnement Spotify. Le paysage est d’une monotonie déprimante, il n’y a pas le moindre relief à l’horizon sauf sur les 80 derniers kilomètres mais nous sommes trop cuits par le voyage pour en profiter. Mais le pire de tout, c’est l’absence de pauses pour se dégourdir les jambes. Nous nous sommes même fait engueulés car nous avons profité d’un arrêt pour vite courir aux toilettes. Le chauffeur, lui n’a pris aucune pause sur tout le trajet, pas très rassurant pour la sécurité routière tout ça!

Après cette journée de bus qui nous a semblé interminable, nous arrivons enfin dans la petite ville de Singida, au centre du pays. Comme nous ne sommes pas motivés à enchaîner sur une deuxième journée de bus, nous y restons une nuit de plus. La ville en elle-même n’a absolument rien d’intéressant à offrir si ce n’est du calme mais elle possède une magnifique lagune d’eau salée, une sorte d’Albufera locale, autour de laquelle il est agréable de s’y promener et d’y observer les différentes espèces d’oiseaux qui y nichent.

Partir de Singida est bien plus aisé qu’à Mwanza! Le terminal de bus ressemble vraiment à un terminal de bus, les rabatteurs sont beaucoup moins insistants et nous trouvons tout de suite un bus pour Arusha qui n’attend pas trois plombes avant de partir. Ce trajet-ci est un peu plus court, nous n’en avons « que » pour six heures de route avec un paysage un peu plus intéressant et une vraie pause au milieu du trajet! Nous nous préparons psychologiquement à affronter la horde de vendeurs en tout genre qui ne risqueront pas de nous louper à notre arrivée à Arusha, la ville ayant un grand potentiel touristique. Tout ça, pour rien! La station de bus est calme et nous réussissons, nous ne savons pas trop comment, à passer inaperçus. Nous avons juste entendu un « Hello my friend! » mais qui n’a pas insisté.

Arusha

Arusha est super connue pour être la porte d’entrée des parcs nationaux comme le Serengeti ou le Ngorongoro que nous n’irons pas visiter pour des questions de budget et d’allergie aux tours organisés car il est interdit de s’y rendre en autonomie. En plus, toutes ces alignées de gros 4×4 polluants remplis de touristes nous font douter de la protection de la nature même si nous comprenons parfaitement l’envie de voir les animaux de la savane.

La ville en elle-même n’est pas folle mais l’ambiance est vraiment sympa avec ses petits cafés branchés. Les gens sont assez calmes et nous nous faisons finalement très peu harceler pour des taxis, des safaris ou autres tours et si c’est le cas, ce n’est pas du tout insistant. Nous avons eu des échos comme quoi c’était bien pire. Peut-être que nous recommençons à nous habituer au rabattage et que notre seuil de tolérance augmente. En tout cas, nous trouvons qu’à Arusha, ce n’est pas du tout dérangeant, nous pouvons marcher des kilomètres sans nous faire arrêter.

Themi River

L’autre bonne surprise d’Arusha, ce sont ses espaces verts! Nous avons trouvé une jolie forêt tropicale au bord de la Themi River sans sortir des limites de la ville. C’est une vraie oasis de nature loin du tumulte et du trafic urbains qui sont parfois assez intenses. Nous y étions seuls au monde, enfin en parlant d’humains car l’endroit grouille de vie animale. Il y a de magnifiques rapaces que nous n’avons pas pu identifier qui y vivent. Si vous observez bien notre galerie photos (que vous pouvez agrandir en cliquant dessus), vous y trouverez un magnifique singe colobe noir caché dans les arbres.

Duluti Lake

Comme les alentours d’Arusha ont l’air sympa, nous prenons un dalla-dalla pour parcourir les quatorze kilomètres qui la séparent de la localité de Tengeru. De là, un sentier dans la forêt nous mène au lac Duluti. Nous sommes d’ailleurs assez étonnés de la végétation luxuriante dans le coin. Après avoir traversé des kilomètres de savanes semi-arides, nous ne pensions pas nous retrouver pratiquement dans la jungle mais nous sommes ravis que ce soit le cas. Le lac Duluti est un lac de cratère typique de la vallée du Rift et un véritable sanctuaire à oiseaux. Il a le mérite d’être totalement hors des sentiers touristiques. Comme quoi en Tanzanie, il est possible de sortir des sentiers battus en autonomie et en transports publics.

A la base, nous sommes venus à Tengeru pour observer le mont Méru, le Teide local. Ce volcan culminant à 4565 mètres d’altitude est le deuxième sommet le plus haut de Tanzanie et le quatrième plus haut du continent africain. Il est encore considéré comme actif même si sa dernière éruption remonte à plus d’un siècle. Mais voilà, Monsieur a décidé de bouder derrière les nuages et nous avons juste pu deviner sa base.

Moshi

Nous effectuons encore une étape dans la petite ville de Moshi située seulement à 80 kilomètres à l’est d’Arusha. Le transport en bus n’est qu’une simple formalité. A l’instar d’Arusha, on nous laisse sortir du terminal des bus sans problème mais c’est en ville que ça se corse. Les rabatteurs sont beaucoup plus agressifs qu’ailleurs et commencent vite à nous taper sur le système! Dommage, car la ville de Moshi pourrait être agréable avec ses petits cafés et ses multitudes d’espaces verts.

Nous avons fait le déplacement juste pour LUI!

Nous avons failli le louper pour cause de couche nuageuse persistante. Nous sommes actuellement dans ce qu’on appelle communément par ici la « petite saison des pluies » et même si nous ne sommes pas trop embêtés par les précipitations, les nuages sont bien présents. Heureusement, le soleil finit par se montrer chassant les nuages et nous pouvons enfin l’observer dans toute sa splendeur!

Mesdames et Messieurs, voici sa majesté le Kilimandjaro!

Ce stratovolcan est tout simplement le point culminant de la Tanzanie, mais aussi de tout le continent africain! Nous n’allions quand même pas passer dans le coin sans tenter d’apercevoir ce sommet emblématique culminant à l’altitude honorable de 5895 mètres! Par contre, nous n’effectuerons pas son ascension, nous ne sommes pas du tout équipés pour ce genre de « balade », ne sommes toujours pas motivés à contracter des tours organisés.

Une autre raison d’avoir fait le détour par le nord-est du pays, c’était de prendre le train jusqu’à Dar-es-Salaam mais voilà, les couchettes à six sont non mixtes et nous n’avions pas le courage d’effectuer les quarante heures de trajets dans ces conditions. Nous verrons si nous privatiserons un compartiment entier pour le Tazara dans le sud du pays. Mais ceci est encore de la musique d’avenir, il nous reste plein de choses à découvrir encore en Tanzanie et du temps sur notre visa.

Même sans les safaris, il valait le coup de passer dans la région. La nature y est omniprésente et il y a quelques balades à faire en autonomie. Si nous n’avons pas été voir les parcs nationaux, c’est parce-qu’il fallait faire des choix, notamment pour des questions de budget, et les nôtres se sont portés sur d’autres projets plus au sud. Il restera juste à voir ce que la situation sanitaire nous permettra de faire.

Mwanza, le lac Victoria côté Tanzanie

Depuis Kabale, nous avons trouvé un bus de ligne, certes au confort douteux, mais bien mieux qu’un matatu pour la ville de Masaka à une petite centaine de kilomètres de la frontière tanzanienne. Au moins cette fois, nous avons pu parcourir trois cents kilomètres en une seule journée.

L’arrêt à Masaka, encore une ville ougandaise sans aucun intérêt, avait juste pour but de trouver un test PCR afin de sortir de l’Ouganda, respectivement de rentrer en Tanzanie. Peine perdue, à l’hôpital, ils ne le pratiquent qu’en cas de symptômes et nous n’avons rien trouvé ailleurs en ville. De plus, on nous a dit qu’il y avait une tente pour faire les tests directement à la frontière.

Nous nous rendons donc à Mutukula, un village séparé en deux par la frontière, la fleur au fusil sans test PCR et sans e-visa. Nous comptons sur le « visa on arrival ». L’immigration des deux pays se trouve dans le même bâtiment après le no man’s land séparant les deux états. L’ambiance change tout de suite! Après la méfiance des Ougandais, nous avons les camionneurs tanzaniens en attente à la douane qui nous lancent des « Hello, welcome to Tanzania! » ou des « Karibu » qui signifie bienvenue en swahili, ça fait plaisir! Mais, il n’y a pas la moindre trace d’une tente pour effectuer des tests PCR.

Côté ougandais, nous devons juste remplir un formulaire de sortie on nous donne notre tampon de sortie sans autre forme de procès. Côté tanzanien, on nous demande notre certificat de vaccination de la fièvre jaune puis le « Covid certificate ». Nous avons donné notre certificat européen de vaccination Covid-19 et c’est passé comme une lettre à la poste! Ce n’était pas notre but de nous soustraire aux tests, mais nous n’allions pas insister non plus!

Pour le visa à l’arrivée, il n’y a pas eu le moindre problème non plus! Nous sommes tombés sur un des douaniers les plus sympas de notre vie. Et nous en avons passé des frontières! Il nous a même mis le tampon d’entrée avant que nous allions payer notre visa à la caisse! Le passeport espagnol aide beaucoup! Nous avons déjà remarqué que l’Espagne ouvre beaucoup plus de portes que la Suisse auprès des gens lorsque nous voyageons, notamment grâce au championnat de foot, surtout le Barça mais aussi parce-que c’est un pays plus grand, plus connu et que ses ressortissants ont, en général, la réputation d’être plus sympas et ouverts.

Mutukula n’étant qu’un petit village au milieu de nulle part, nous ne nous attardons pas. Pour ce faire, il nous faut reprendre encore un matatu, qu’on appelle dalla-dalla en Tanzanie. Mais oh surprise! Les prix sont fixes et ne sont pas montés artificiellement pour les « muzungus »! En plus, le receveur exige que nous ayons les meilleurs places du fond! Nous n’en demandions pas tant! Après deux petites heures de trajet, sur des routes en bon état, nous arrivons dans la petite ville de Bukoba, sur la côte est du lac Victoria.

Comme nous sommes arrivés en Tanzanie un dimanche, jour du Seigneur, nous restons la journée de lundi à Bukoba afin de changer nos shillings ougandais (peu concluant vu les taux de changes) et d’acheter une carte SIM locale. Ce dernier point a été vraiment épique et nous a pris plus d’une heure et demie! Il faut dire qu’à Bukoba ils ne voient pas beaucoup d’étrangers et introduire notre passeport dans leur système informatique n’a pas été une sinécure. Mais comme nous ne quittions la ville que le soir, ça nous a passé un peu le temps et nous avons bien rigolé.

Car oui, nous voyageons de nuit! Mais pas par la route, par le lac! Il y a un ferry qui relie Bukoba à la ville de Mwanza, sur la rive sud du lac Victoria. C’est beaucoup plus pratique que par la route car une bonne partie du trajet se fait sur des pistes et il faut de toute façon traverser un bras du lac en ferry. Economiquement, ça vaut le coup également. Nous voulons prendre des couchettes mais elles sont complètes pour les trois prochains jours et nous n’avons pas vraiment envie de végéter à Bukoba. Nous nous rabattons sur la troisième classe. Franchement, ce n’est pas terrible. Outre l’inconfort, nous sommes incommodés par la chaleur (nous sommes tout devant dans la cale avec juste quelques petits hublots qui donnent un semblant d’air), les odeurs de pétrole et des toilettes ainsi que par la propension de la population locale à ne pas dormir la nuit! Après neuf heures d’une mauvaise nuit, mais d’une navigation assez paisible, nous voici enfin à Mwanza!

Mwanza

Mwanza n’a aucun intérêt touristique et est construite assez anarchiquement pourtant elle est déjà beaucoup moins invivable que toutes les villes ougandaises dans lesquelles nous nous sommes arrêtés. Nous avons également augmenté légèrement notre espérance de vie en traversant la route. C’est la deuxième ville de Tanzanie après Dar es Salaam pourtant elle a tout d’une petite ville de province. Ce qui nous rassure pour la suite, nous ne redouterons moins les passages dans les villes qu’en Ouganda. Elle vit principalement de la pêche et des activités portuaires, elle est au cœur de la principale route commerciale entre l’Ouganda, la Tanzanie et le Kenya.

Mwanza se trouve dans un environnement naturel assez fascinant. D’énormes blocs de granite façonnés par l’érosion émergent des collines environnantes et la place a été assez laissée à la nature pour que nous puissions nous y promener à pied assez facilement.

Avec les rochers réchauffés par le soleil, ça prolifère de lézards. C’est là que nous avons rencontré notre pote « Agama mwanzae » (Merci Google et Wikipédia!). Il s’appelle ainsi car c’est à Mwanza qu’il a été découvert même s’il a des représentants de son espèce également au Rwanda et au Kenya. Nous le trouvons très beau avec sa robe rose et violette. Oui, on parle de « lui » car c’est un mâle. La femelle est juste d’un brun quelconque.

Le lac Victoria (encore lui!)

La ville de Mwanza est tournée vers le lac Victoria qui, rappelons-le, est le plus grand lac d’Afrique et la deuxième étendue d’eau douce du monde. C’est d’ailleurs l’endroit où, à nos yeux, il est le plus mis en valeur avec des promenades et des points de vues depuis les collines même si ces derniers ont tendance à disparaître avec la constructions d’hôtels de luxe « lake view ». Au large, des dizaines de petits îlots viennent embellir le paysage.

Bismarck rock

A proximité de la plage, cet immense bloc de granite émergeant du lac Victoria est l’emblème de la ville de Mwanza. Evidemment, , comme tout se paie par ici, il faudra débourser 1000 shillings (0,39€ ou 0,41CHF) pour s’en approcher. Mais il est très bien visible depuis le bord de la route. Encore une fois, le travail de la nature et de l’érosion est incroyable!

Nous avons même pu bien apercevoir une colonie de marabouts, ces fameux oiseaux mi-vautours, mi-cigognes. Nous nous demandons toujours comment un si grand corps peut tenir sur deux pattes toutes fines. Mais comme la nature fait bien les choses, c’est sûrement prévu pour.

Mwanza ne sera sûrement pas le souvenir le plus impérissable de Tanzanie mais nous y avons tout de même trouvé notre compte. Commencer par un endroit pas du tout touristique nous a fait découvrir une partie méconnue du pays. C’est aussi reposant de ne pas se faire rabattre tout le temps pour un taxi ou pour des tours. On nous interpelle souvent juste pour nous dire « Hello » et nous y répondons avec plaisir, mais sinon les gens nous foutent relativement la paix. Cette situation risque de changer dans nos prochaines destinations mais nous y sommes préparés et nous y avons déjà été confrontés par le passé, nous devrions vite nous y réhabituer.

Bilan de l’Ouganda

Avant d’entamer ce bilan, nous tenons à mettre au point deux ou trois petites choses :

L’Ouganda n’est pas du tout un pays fait pour le backpack et il ne s’en cache pas. Il vise plutôt un tourisme « all inclusive » , haut de gamme avec chauffeur privé et tours organisés par des agences. Nous avons parfois galéré à trouver ce que nous cherchions, notamment dans les hébergements.

L’Ouganda n’était pas notre premier choix de destination notamment à cause du point ci-dessus. C’est l’offre aérienne qui nous a finalement décidé pour ce pays. Nous sommes donc arrivés presque à l’arrache sans avoir une idée précise de ce que nous voulions ou de ce que nous pouvions voir contrairement à d’autres pays voisins.

C’est notre tout premier voyage en Afrique subsaharienne, nous sommes complètement novices sur ce continent. Nous sommes peut-être en choc culturel. Si nous devions récrire ce bilan dans quelques mois avec plus d’expérience, il serait probablement totalement différent.

Voilà, ces quelques point mis à plat, nous allons pouvoir passer aux choses sérieuses!

Comment voyage-t-on en Ouganda en temps de Covid?

Pour rentrer sur le territoire, il faut être muni d’un test PCR négatif de moins de 72 heures. Il faut refaire un test à l’arrivée. Comme nous sommes arrivés par voie aérienne, tout était parfaitement organisé à l’aéroport d’Entebbe. Le résultat est donné dans l’heure.

Le port du masque est censé être obligatoire à l’intérieur mais en pratique ça reste très aléatoire même si nous avons vu plusieurs personnes se faire remettre à l’ordre.

La capacité des moyens de transports n’est autorisée qu’à cinquante pour cent. C’est super respecté entre Entebbe et Kampala, un peu moins dès qu’on s’éloigne de la capitale. Les chauffeurs de matatus (les minibus qui fonctionne comme des taxis collectifs) n’hésitent pas à éviter les checkpoints ou à corrompre les agents de police pour pouvoir remplir leur véhicule.

Il y a un confinement nocturne de 19 heures jusqu’à 5 heures 30 du matin. On nous a dit qu’en tant que touristes nous pouvons courber le couvre-feu. Ce que nous n’avons pas fait. Même si nous soupçonnons fortement les autorités de faire preuve d’excès de zèle plutôt que de prendre de vraies mesures anti-covid, nous ne voulons pas de passe-droit juste parce-que nous sommes blancs. Nous avons juste organisé nos journées autrement. De toute façon, il fait nuit à 19 heures et il vaut mieux rester à l’abri sous une moustiquaire, le risque de paludisme n’est pas à prendre à la légère. Nous avons ainsi eu le temps de passer nos soirées à bosser sur l’ordi, bien plus de ce que nous avions prévu à la base, ce qui nous permettra de lever un peu le pied plus tard.

Bon, nous avons fini de parler de cette fichue pandémie, passons maintenant au vrai bilan!

En chiffres

Durée du séjour

18 jours

Budget

3’168’365 shillings soit 823,75 CHF ou 785,75€ ce qui fait une moyenne de 45,59 CHF ou 43,64€. Nous sommes dans une moyenne haute mais nous le savions, et nous sommes quand même dans notre budget!

En plus des logements, de la bouffe et des transports, sont compris dans ce budget les visas (50$ par personne), les test PCR effectués à Istanbul pour rentrer sur le territoire ougandais (17o TL par personne soit 13,40€ ou 14 CHF), les tests PCR à l’arrivée (30$ par personne) et une carte SIM (indispensable!) avec 20 Go d’internet (52000 UGX soit 12,90€ ou 13,50 CHF).

Distance parcourue

1367 kilomètres. De l’aéroport d’Entebbe à Kampala – Jinja – Kampala – Fort Portal – Kikorongo – Mbarara – Kabale – Masaka – Mutukula (frontière tanzanienne). Le tout en matatu, en bus, en boda-boda (moto-taxi) et même à pied pour revenir des crater lakes ou du lac Bunyonyi.

Extrêmes d’altitude

928 mètres dans la savane à Kikorongo et 2200 mètres sur les hauteurs du lac Bunyonyi . L’Ouganda se trouve sur un haut plateau et l’altitude moyenne des rives du lac Victoria se situe entre 1200 et 1300 mètres. Donc il n’y a rien d’exceptionnel dans ces altitudes.

Extrême de températures

20 petits degrés sous l’orage à Kabale, à 2000 mètres d’altitude il fait vite frais. 29 degrés lors d’une éclaircie à Fort Portal. Vu l’altitude (1523 mètres) et l’humidité du climat, c’est relativement élevé. L’Ouganda a climat équatorial mais qui est très tempéré (voir carrément frais pour nous, surtout la nuit!) par l’altitude.

LE point zéro!

A Kikorongo, nous avons franchi la ligne de l’Equateur passant dans l’hémisphère sud par la même occasion. C’est notre troisième point zéro après Quito en Equateur (logique!) et Pontianak en Indonésie!

Si on a pas de Rolex à 50 ans c’est qu’on a raté sa vie!

Ouf, nous n’avons pas raté notre vie nous avons eu une dizaine de rolex! Sauf qu’en Ouganda un rolex, c’est un snack! C’est une variante du pain chapati indien (la pâte est plus souple qu’en Inde et on y incorpore des carottes râpées et des oignons avant cuisson), une omelette est posée sur le pain, on y ajoute au milieu en général des légumes sautés mais aussi des champignons ou des avocats et on roule le tout tel un wrap. Le mot rolex vient de la mauvaise prononciation du mot anglais « rolled egg » (œuf roulé). C’est le plat national ougandais et il se décline en des milliers de recettes différentes pour la farce. Nous on y a totalement adhéré!

Coups de gueule / coups de cœur

L’Ouganda ne nous a pas laissés indifférents, loin de là. Comme d’habitude, nous commençons par les choses négatives, histoire de finir avec optimisme.

Coups de gueule

Kampala

Jamais nous n’avons vu une ville autant infernale! Kampala est un enfer sur terre avec sa boue, sa poussière, ses quartiers construits anarchiquement sur les différentes collines et son trafic infernal! Saïgon ressemble à un havre de paix à côté et Yangon également! Si c’était à refaire, nous snoberions totalement la capitale, c’est vraiment sans intérêt.

Les transports

Il faut reconnaître que nous avons été particulièrement gâtés ailleurs. Les routes sont en général en bon état mais on y roule avec des véhicules hors d’âge à tombeau ouvert! Une fois, dans un bus, les suspensions étaient tellement HS et ça secouait tellement que le podomètre de Van s’est mis en marche! Pour effectuer vos 10’000 pas en Ouganda, prenez le bus! Les bus de ligne sont en général fiables à condition de ne pas avoir d’horaire. Les matatus sont pratiques pour des distances de moins de deux cents kilomètres et desservent les petits villages mais ils sont d’une lenteur exaspérante, même pour nous, car ils attendent à chaque fois d’être plein avant de partir et, à chaque fois qu’ils déposent quelqu’un, c’est reparti pour l’attente. C’est très inconfortable, il n’y a pas la place pour les sacs et nous sommes tombés sur certains chauffeurs pas très honnêtes avec lesquels il a fallu toujours négocier et ne pas se faire arnaquer. Les bodas bodas, sorte de motos-taxis, sont faits pour les courtes distances. Au premier abord, ce sont les plus énervants car les chauffeurs viennent toujours nous harceler pour avoir une course mais une fois que c’est négocié, ils ne discutent plus le prix. Le premier que nous avons pris a failli nous faire mourir de peur mais nous étions tombés sur un chauffeur particulièrement kamikaze et sur une piste vraiment défoncée. Ensuite, ça c’est beaucoup mieux passé et nous avons quand même été contents de les avoir à disposition.

Mi-figue, mi-raisin

Les gens

Mis à part quelques abrutis, comme il en existe partout ailleurs, nous n’avons rien à reprocher au peuple ougandais. Mais nous n’avons pas eu le coup de cœur non plus. Pour leur défense, la Turquie avait mis la barre hyper haut dans ce domaine! Nous les trouvons très méfiants, pas seulement vis à vis de nous mais de tout le monde et ils sont carrément hostiles dès qu’ils voient un appareil photo. Ceci s’explique peut-être par la vague d’attentats qui secoue la capitale ces temps. Ils ont été revendiqués par l’Etat Islamique et ça creuse le fossé entre les différentes communautés religieuses et nous le ressentons fortement.

Il y a juste dans les restaurants, même dans les gargotes les plus modestes, où les gens sont très souriants et où le service est irréprochable. Il y a évidemment des rabatteurs mais nous avons connu bien pire ailleurs. Ce sont les enfants qui nous ont laissé les plus beaux souvenirs. Ils sont très souriants et lancent des « Hello » à la volée dès qu’ils nous aperçoivent. Certains ont même crié de joie quand nous leur avons répondu! Comme quoi, un « Hello », un sourire et un petit signe de la main peut égayer une journée. Bien sûr, certains d’entre eux ont bien appris à mendier, poussés par des adultes, mais ce n’est pas la norme. La communication se fait, en général, facilement en anglais mais nous ressentons parfois une barrière culturelle. Nous savons pertinemment que tous n’ont pas eu la chance d’aller à l’école et d’être sensibilisés à l’ouverture sur autrui. Bref, pas notre meilleur souvenir, mais pas le pire non plus.

Coups de cœur

Les paysages

Certes, nous n’avons pas encore de points de comparaison sur ce continent mais nous trouvons que l’Ouganda mérite amplement son surnom de « Perle de l’Afrique ». Il y a des collines verdoyantes, des montagnes, des forêts tropicales, des cultures en terrasses et des savanes typiquement africaines! La lenteur et l’inconfort des transports ont largement été compensés par le panorama qui défilait sous nos yeux! Nous mettons officiellement l’Ouganda en tête de la liste des plus beaux pays que nous avons visités!

C’est très vert

On doit évidemment tout ce vert au climat équatorial bien humide et aux pluies qui arrosent abondamment le pays mais aussi à la faible urbanisation. La population est concentrée dans les villes, certes moches, poussiéreuses et infernales, mais une fois en dehors, c’est place à la nature ou aux cultures. Nous avons parcourus des kilomètres de no man’s land avec juste la forêt ou la savane comme compagnie.

La gastronomie

C’est la grosse bonne surprise de l’Ouganda. En fait, nous n’avions pas d’idées préconçues partant du principe de manger ce qu’il y a. Et le « ce qu’il y a  » est rempli de bonnes choses. La cuisine est très influencée par l’Inde (cuisine à laquelle nous vouons presque un culte!) car il y a eu une forte immigration en provenance du sous-continent dans les années 1930. Nous avons dégusté de savoureux currys, des dosas, du dahl et du paneer. Nous avons fait le plein de légumineuses et de bons légumes. Grâce à son climat tempéré par l’altitude et ses pluies, l’Ouganda cultive une quantité de produits. Les marchés sont colorés et font plaisir à voir : fruits tropicaux, avocats, carottes, légumes méditerranéens, des dizaines de sortes de lentilles, etc… Nous nous sommes faits de savoureux guacamoles. Ce n’était pas la raison première de notre visite, mais c’est un argument de poids pour l’Ouganda.

Le non gaspillage

On doit ce dernier point aux circonstances et au manque de moyens et non pas à une réelle volonté malheureusement. Les gens ont appris à économiser l’eau, à recycler et à réutiliser les déchets. D’ailleurs, nous nous étions attendus à voir des montagnes de déchets comme nous en avons pu en voir ailleurs. Encore un préjugé à la c** sur le continent africain! Certes, il y en a quand même mais ce n’est pas si choquant. Nous avons même vu des panneaux interdisant le littering avec amendes à la clé. A part dans le quartier des expats de Kampala, il n’y a pas un supermarché avec un stock incroyable de produits. Nous n’avons pas vu une seule climatisation! Déjà, nous n’aimons pas ça et c’est un facteur important du réchauffement climatique. On s’en passe très bien, on transpire juste un peu plus c’est tout. Ça nous remet pas mal les pendules à l’heure nous qui avons toujours connu l’eau courante et l’électricité à toute épreuve. Nous avons dû composer avec les différentes coupures d’eau et d’électricité. C’est parfois un peu contraignant, surtout pour l’eau, mais les gens y sont habitués et ont l’habitude d’utiliser des génératrices ou d’aller chercher de l’eau au puits.

Les oiseaux

L’Ouganda est un vrai paradis pour les oiseaux. Nous en avons vu plus ces quelques semaines que durant toute notre vie! Même en Malaisie il n’y en avait pas autant! Il y en a pour tous les goûts : des grands, des petits, des rapaces, des échassiers, de toutes les couleurs, etc. Bref, nous en avons pris plein les yeux avec ces petites (et moins petites) bébêtes.

Choc culturel

Un pays hyper militarisé

Il y a des militaires et des checkpoints partout! Nous n’en avions jamais vu autant. Chaque intersection, chaque magasin même petit, chaque ATM, chaque parking à son militaire armé de son fusil pour « accueillir » les visiteurs et chasser les indésirables. La récente vague d’attentats met un peu tout le monde à cran. Pas étonnant que la population vire un peu parano!

Muzungu

C’est un terme d’origine bantoue signifiant vagabond mais qui est utilisé aujourd’hui en swahili pour nommer l’homme blanc. Il peut être utilisé comme une insulte, une éloge ou une boutade, tout dépend du ton utilisé. Nous nous sommes bien évidemment fait traités de muzungu des trois manières différentes mais avec une prédominance pour la dernière!

La lenteur

Pourtant nous prônons la lenteur, le slow travel et la slow life! Nous ne savons pas si c’est notre retour en Occident l’année passée qui nous a fait passer à un rythme plus rapide sans que nous nous en apercevions ou si vraiment tout est d’une lenteur exaspérante en Ouganda mais ça nous frappe. Nous avons l’impression d’avoir passé une bonne partie de notre séjour à attendre qu’on nous serve nos assiettes, sur les transports, que le gars devant nous veuille bien avancer, qu’on nous attribue notre chambre où juste qu’une personne veuille bien répondre à nos questions. Nous savons maintenant pourquoi nous avons investis dans nos liseuses qui se sont avérées de véritables alliées pendant ces longues heures d’attente.

Le dimanche matin

Il ne faut pas espérer faire une grasse matinée le dimanche en Ouganda. C’est le jour du Seigneur et on nous le fait savoir dès le lever du soleil, vers six heures et demies! La majorité chrétienne du pays qui est composée de catholiques, d’évangélistes, de pentecôtistes, de baptistes et même de témoins de Jéhovah, alterne chants religieux et prédications directement dans la rue. Certes, c’est entraînant et rempli de joie de vivre mais nous sommes sûrs que leur ami imaginaire là-haut peut attendre des heures plus convenables, non?

Fab a reçu plusieurs propositions d’achat pour Van

La femme blanche est une marchandise de choix pour la minorité musulmane du pays. La première fois que nous avons entendu « I want to buy your wife » (Je veux acheter ta femme) nous avons bien rigolé avant de nous rendre compte que les mecs étaient vraiment sérieux! Ils étaient vraiment tous déterminés à littéralement acheter Van pour la donner en mariage à un homme de la communauté. Une fois, un chiffre a même été avancé : 100’000 shillings (24,80€ ou 26 CHF) ce qui n’est pas rien en Ouganda. Nous avons vraiment blessé des gens en refusant leurs propositions, même avec diplomatie. Ce n’était évidemment pas notre but en en sommes vraiment désolés mais Fab n’allait quand même pas laisser Van se marier à un autre que lui sans rien dire!

Ainsi s’achève notre bilan de l’Ouganda. Nous sommes conscients qu’il est bien gratiné et nous nous excusons pour le pavé (ou pas!) mais ce coin est une véritable découverte pour nous et nous n’avons pas encore tout assimilé ou digéré ce que nous avons vu et vécu. Peut-être devrions-nous y revenir d’ici quelques mois et en parler avec plus de recul.

Kabale et le lac Bunyonyi en traversant la ligne de l’Equateur

Pour partir de Fort Portal, nous choisissons de nouveau les bus de ligne plus rapides et plus confortables que les matatus et surtout à prix fixes. Mais voilà, après deux heures d’attente au terminal des bus, c’est un véhicule super bondé qui nous attend. Nous devons finalement nous résoudre à aller négocier une place dans un matatu. Mais le trajet ne se passe pas trop mal et le paysage est toujours autant à couper le souffle! Peu à peu, les montagnes verdoyantes cèdent la place à une savane typiquement africaine mais tout aussi verdoyante car il pleut beaucoup par ici.

Kikorongo

Nous effectuons une petite étape dans le village de Kikorongo, un hameau au milieu de nulle part dans la savane à proximité du fameux parc national Queen Elizabeth que nous n’irons pas visiter pour des questions de budget. Mais le paysage aux alentours mérite amplement notre arrêt malgré l’orage!

Nous aurions pu nous arrêter à la ville de Kasese, à une quinzaine de kilomètres plus au nord plutôt que dans ce bled perdu dans la savane mais nous commençons à en avoir soupé des villes ougandaises, généralement infernales et sans intérêt et il y avait un point où nous souhaitions passer. Ce n’est pas n’importe quel point, c’est LE point zéro! Après l’Amérique à Quito et l’Asie à Pontianak, nous avons encore une fois la chance de traverser la ligne de l’Equateur en Afrique! Certes, il n’y a qu’un simple panneau qui signale la latitude zéro mais c’est déjà ça, surtout pour nous qui sommes des fans des points géographiques de ce genre. Il y a un monument plus important sur la route entre Kampala et Masaka mais il n’est pas du tout sur notre itinéraire et comme les transports prennent trois plombes, nous n’avons pas du tout le temps d’y faire le détour.

Malgré notre position géographique un peu éloignée, nous négocions très rapidement un matatu. Manque de bol, nous tombons sur le gros mafieux du coin. Nous commençons déjà à être un peu méfiants quand il essaie d’esquiver les checkpoints de police car il y a trop de monde dans son minibus, les capacités n’étant autorisées qu’à cinquante pour cent en temps de Covid, ou pire quand il corrompt directement les agents de police. Effectivement, à notre arrivée, il essaie de nous soutirer 5000 UGX de plus chacun que le prix négocié et essaie même de nous enfermer dans son véhicule lorsque nous refusons. Il a quand même fini par nous libérer quand il a vu que nous étions très énervés et qu’il n’allait pas avoir le dessus sur nous. C’est vraiment nul d’en arriver là, mais certains sont d’une petitesse sans nom quand il s’agit de soutirer de l’argent à des muzungus (terme plus ou moins flatteur pour désigner l’homme blanc).

Cette mésaventure ne nous a quand même pas enlevé le fait d’avoir traversé un des plus beaux paysages de notre vie. Comme la route traverse le parc national Queen Elizabeth, nous avons eu la chance inouïe d’apercevoir quelques animaux : éléphants, gazelles, babouins, antilopes, et même deux rhinocéros! Nous roulions juste trop vite pour pouvoir les photographier mais c’était quand même incroyable de pouvoir les voir sans contracter un tour!

Notre étape du jour se déroule dans la ville de Mbarrara. C’est presque autant infernal que Kampala et nous avons ressenti de très mauvaises vibes avec les gens. C’est bien la première fois que nous avons envie de fuir tout le monde! Ceci s’explique sûrement par le fait que Mbarrara est le parent pauvre de l’Ouganda perdue dans le sud-ouest du pays loin de la capitale et que même les différents trafics avec la République Démocratique du Congo voisine ne suffisent pas à faire vivre tout le monde décemment. C’est pressés de repartir que nous nous rendons le lendemain au terminal de bus pour continuer notre périple en direction du sud. Notre bus de 11 heures finit par arriver à… 12h40! Mais il paraît que les premières soixante minutes ne sont pas considérées comme du retard en Ouganda. Mais le trajet se déroule bien, le bus est confortable et nous finissons enfin par arriver à notre but, Kabale à l’extrême sud du pays, à quelques encablures de la frontière rwandaise.

Résultat des courses : trois jours pour parcourir à peine trois cents kilomètres!

Kabale

L’ambiance à Kabale est beaucoup plus cool qu’à Mbarrara même si elle est tout aussi moche. C’est une petite ville de montagne perchée à 2000 mètres d’altitude dans l’extrême sud du pays à dix-huit kilomètres de la frontière rwandaise.

Mais nous ne sommes pas venus jusqu’à Kabale pour rester en ville. Le coin est entouré de verdoyantes collines qui sont d’anciens volcans bien éteints. Nous avons même pu profiter d’effectuer une vraie randonnée, activité peu encouragée dans ces contrées. Pour ce faire, nous avons retenté l’expérience du boda boda pour parcourir les neuf kilomètres qui séparent Kabale de notre but. Mais cette expérience-ci ne fut pas si mauvaise, le chauffeur n’était pas du tout un kamikaze de la route et la piste empruntée ne comportait que peu de bosses ou nids de poule. Nous avons quand même fait le retour en ville à pied, plus par intérêt pour la marche que pour éviter de remonter sur ces engins de la mort. Et nous avons bien fait, nous avons traversés les plus beaux paysages que nous n’ayons jamais vus!

Lac Bunyonyi

Voici le clou du spectacle et le vrai but d’avoir parcouru tous ces kilomètres. Le lac Bunyonyi, ses côtes découpées et ses 29 îles. A la base, c’était une vallée où coulait une rivière. Mais un beau jour, un volcan s’est énervé crachant une belle coulée de lave bloquant le débit de l’eau et formant un lac de retenue, sorte de barrage naturel. Le résultat est stupéfiant! Non content d’être un des plus beaux, le lac Bunyonyi est aussi un des plus sûrs d’Afrique pour la baignade car il n’y a ni crocodiles, ni hippopotames et ni parasites responsables de la bilharziose, une maladie chelou et mortelle causée par la baignade en eau douce dans les zones tropicales. Le vrai risque est de choper une pneumonie car nous sommes à plus de 2000 mètres d’altitude et l’eau est froide! La température de l’air peut également être très fraîche surtout que le climat équatorial est très pluvieux! Nous n’avons, évidemment, pas testé la température de l’eau préférant prendre de la hauteur afin de profiter du panorama à couper le souffle malgré la brume. Même si les collines sont façonnées par la main de l’homme, les cultures en terrasses donnent un énorme charme au paysage.

Logiquement, nous aurions pu continuer la route vers le sud et traverser le Rwanda et c’est ce que nous aurions bien voulu faire. Mais les frontières terrestres rwandaises sont toujours fermées aux touristes étrangers pour cause de Covid-19. Il nous faudra donc redescendre à Masaka, vers le lac Victoria d’où nous nous rendrons sur la Tanzanie.

Oui, nous allons gentiment quitter l’Ouganda. L’extrême lenteur des transports et la courte validité du visa ne nous permettent pas d’explorer autant que nous le voudrions. Nous devons encore prévoir des tests PCR pour sortir du pays, respectivement pour rentrer en Tanzanie, nous ne pouvons donc pas nous permettre d’être trop limite sur le timing pour la fin de notre autorisation de séjour.