Quetzaltenango / Xela, la ville au pied des volcans

Le trajet pour venir à Quetzaltenango fut assez épique. Il faut dire que depuis Flores, il y a 678 kilomètres et une grande cordillère montagneuse à franchir. Pour la première partie du trajet, nous avons choisi la solution de facilité qui est également la solution la plus économique. Nous avons choisi un shuttle touristique qui nous a pris directement sur l’île et nous a évité de devoir nous rendre au terminal de bus de Santa Elena. Nous avons fait un premier arrêt à Cobán, la capitale guatémaltèque du café. Nous avions prévu d’y rester un peu mais la ville ne nous a pas plu du tout. La pluie, le froid et la pollution dans cette ville en cuvette ne nous ont pas aidé à apprécier l’endroit. Par contre, le café du Guatemala est vraiment très bon et nous sommes très exigeants en café! Il faut juste penser à demander un « espresso » ou un « corto » sinon on vous servira d’office un « americano », le jus de chaussette pour Américains.

Depuis Cobán, nous l’avons joué plus local. Nous nous sommes rendus au terminal des colectivos mais aucun ne couvrait le trajet jusqu’à Quetzaltenango. Il nous fallait quand même avancer un peu. Nous avons choisi la destination Santa Cruz de Quiché car nous trouvions le nom de la ville joli et qu’accessoirement, c’était dans la bonne direction. Nous avons même eu droit aux places tout devant à côté du chauffeur et étions aux premières loges pour voir les quelques kilomètres de routes non asphaltées au sommet d’un col qui nous ont fait comprendre pourquoi la population locale était si croyante. Blague à part, le reste du trajet s’est fait sur des routes à l’état irréprochable. Il a juste pris des plombes car les colectivos s’arrêtent partout et que le relief est mal plat, nous avons passé notre temps à monter puis à redescendre des vallées mais le paysage de montagnes recouvertes de jungle était superbe. Nous avons mis six heures pour parcourir 160 petits kilomètres!

Pour les derniers cent kilomètres, nous avons vécu l’expérience guatémaltèque ultime : le Chicken Bus! Ce sont d’anciens bus scolaires des Etats-Unis repeints avec des couleurs criardes qui roulent à tombeau ouvert sur les routes de montagne. Heureusement que la route n’avait pas l’air dangereuse car nous avons été bien ballotés par un chauffeur se croyant sur une piste de rallye. Il nous a tellement secoué que notre podomètre s’est mis en route. Au Guatemala, il n’y pas besoin de faire vos 10’000 pas, les Chicken Bus s’en chargent pour vous!

Mais au fait pourquoi ce nom? (bus poulet en français) Tout simplement parce-que la population locale a l’habitude de voyager avec des poules. Et c’est vrai, nous avons déjà eu l’occasion de partager nos sièges avec plusieurs de ces volatiles.

Quetzaltenango

Rassurez-vous! Vous n’avez pas besoin de mémoriser ce nom à rallonge car la ville a un surnom officiel : Xela (prononcer Shella) et c’est tellement plus joli. Ce petit nom provient du nom de la ville à l’époque précolombienne qui était Xelaju. C’est la deuxième ville du Guatemala après la capitale et elle est située à près de 2400 mètres d’altitude sur un haut plateau entouré de volcans. En plus de l’espagnol, on y parle le kiche, du nom de la civilisation qui peuplait le coin avant l’arrivée des conquistadors. Nous l’avons entendu et tout ce que nous pouvons vous dire c’est qu’il y a beaucoup de « ch » comme le portugais mais avec un son très guttural comme l’arabe et les plus jeunes le mélangent beaucoup avec le castillan.

Casco historico

Comme presque toutes les villes coloniales fondées par les Espagnols, le centre historique est construit selon un plan en damier. Les rues sont constituées de pavés de basalte, la roche volcanique noire, et sont bordées de magnifiques petites maisons multicolores. Gros bemol : le trafic infernal! Le centre date du XVIe siècle et n’est pas du tout adapté aux automobiles du XXIe siècle et à leur nombre. En plus, à cause de sa situation fermée entre les montagnes et l’altitude, la pollution se ressent beaucoup plus intensément. C’est vraiment dommage car la ville est vraiment très jolie. En tant qu’Européens, nous voyons tout à fait une piétonisation du centre-ville mais pour les Américains, se passer de voiture pour faire quelques mètres à pied, ce n’est pas du tout dans leur philosophie et, malheureusement, pas prêt à rentrer dans les mœurs.

Iglesia San Nicolas et Parque a Benito Juarez

Voici un monstre néogothique de 1899 qui représente bien la ferveur catholique du Guatemala. Elle n’est malheureusement pas mise en valeur car elle se situe à proximité d’un carrefour saturé de trafic. Heureusement, juste en face, il y a des arbres dans le parc Benito Juarez. Il n’est pas énorme mais ça suffit pour se couper quelques minutes du trafic. Le parc a été construit sur le modèle des jardins à la Française et possède un joli monument dédié à la culture aztèque. Fun fact : nous avons remarqué que la végétation ressemble énormément à celle que nous avons vue à proximité du Teide, sur l’île de Tenerife. La terre volcanique sans doute.

Parque a Centro America

C’est le cœur névralgique de Xela. Nous la trouvons très austère avec ses colonnes et ses bâtiments gris qui nous font penser à Genève qui, en tant que ville calviniste, est par définition austère. La place a été originellement fondée par les Espagnols au XVIe siècle en même temps que le casco historico mais elle a été presque entièrement remodelée dans les années 1940-1950, des décennies du tout béton. Ceci explique cela. Elle possède une rotonde construite en l’honneur des héros tombés pour la patrie. Elle est bordée notamment de l’ancienne banque d’Occident, de la mairie et de la maison de la culture. Même la cathédrale de l’Esprit Saint a été remaniée dans ces horribles décennies architecturales, mais c’est parce qu’elle a été bien abîmée par plusieurs tremblements de terre au cours de son histoire. Heureusement, il reste la façade originale, une magnifique œuvre baroque datant de 1532. Le centre de la place se trouve sur une petite esplanade. Enfin un endroit où les voitures ne peuvent pas accéder!

Cimetière central

On nous avait conseillé d’aller visiter le cimetière. Oui, à nous aussi ça nous a fait bizarre au début, nous ne sommes pas du genre à aller troubler le sommeil des défunts. Mais comme nous sommes ouverts d’esprit et surtout très curieux, nous avons quand même été voir. Et nous confirmons! Il vaut la peine d’aller visiter le cimetière central de Xela. Déjà, il est situé dans un parc verdoyant qui nous éloigne du trafic et de la pollution. Ensuite, il est composé de caveaux familiaux colorés dont certains sont vraiment fantaisistes. Dans la tradition guatémaltèque, on n’apporte pas de fleurs sur les tombes mais à boire ou à manger au cas où les proches décédés auraient un petit creux. Sachant cela, Fab songe sérieusement à se faire inhumer dans le coin!

Un cône volcanique à la forme parfaite veille au repos des habitants du lieu. Il s’agit du Santa Maria, le quatrième volcan du pays. Il domine toute la ville du haut de ses 3772 mètres d’altitude mais c’est depuis le cimetière qu’on l’aperçoit le mieux. Nous avons une chance inouïe avec la météo. Le soleil brille, il n’y a pas un nuage et tout est dégagé, ce qui nous donne une vue incroyable sur l’écrin de montagnes qui entoure Xela.

Cerro Baúl

Ce n’est pas parce que nous nous trouvons de l’autre côté de l’Atlantique que nous allons oublier nos petites grimpettes du jour. Celle de Xela nous emmène au sommet du Cerro Baúl, un dôme de lave volcanique qui domine la ville du haut de ses 2650 mètres d’altitude. Le chemin se fait dans une forêt de pins, plutôt sèche pour la latitude, faisant partie de tout un parc national. Ce n’est pas un sentier difficile mais ça grimpe. L’environnement ressemble encore une fois en tout point à l’île de Tenerife, plus précisément aux forêts de résineux situées en dessus de la ville de la Orotava.

Au sommet, comme dans tout pays catholique qui se respecte, nous sommes accueillis par une croix. Il y a une superbe vue sur la ville de Xela qui nous fait réaliser à quelle point elle est tentaculaire. Nous aurions aimé avoir un dégagement de l’autre côté car le paysage des volcans a l’air magnifique mais c’est obstrué par la forêt. Mais avec tout le CO2 à absorber, on ne va quand même pas couper des arbres juste pour une vue aussi jolie soit-elle!

La faune, notamment les oiseaux est également incroyable. Nous nous excusons pour la qualité de la photo ci-dessous, nous sommes pas équipés de téléobjectif mais nous avons quand même réussi à capturer, en image seulement rassurez-vous, ce superbe oiseau bleu marine. Nous n’avons pas réussi à trouver à quelle espèce il appartient mais il est très beau! Une chose est sûre, ce n’est pas un quetzal, l’oiseau emblématique du Guatemala que nous rêvons d’apercevoir un jour mais qui reste très difficile à observer.

Quetzaltenango / Xela a été une très belle découverte sachant que nous ignorions totalement qu’elle existait avant d’arriver dans le pays. Nous déplorons juste le trafic infernal et la pollution. C’est dommage car c’est une très jolie ville dans un environnement naturel extraordinaire où il fait bon aller tester tous les petits cafés et restos qui peuplent le casco historico.

Bref, encore une découverte guatémaltèque qui nous a enchantés. C’est très différents de la jungle de Petén mais tout aussi pittoresque. Si nous continuons dans cette voie, le Guatemala risque bien de trôner en bonne place sur la liste de nos gros coups de cœur.

Les pyramides mayas de Tikal

Nous ne pouvons pas passer au Guatemala sans aller visiter le site archéologique de Tikal qui est la plus grande cité de ce genre du pays mais aussi une des plus importante de tout le monde maya qui s’étend du Mexique au Honduras.

Comme nous vous l’avions mentionné dans notre dernier article, nous avons choisi comme base le petit village de El Remate sur les rives septentrionales du lac Petén Itza mais il est possible de se rendre à Tikal directement depuis Flores. C’est la même route. Nous voulions juste raccourcir un peu les trajets.

Que ce soit depuis Flores ou depuis El Remate, il y a deux façons de se rendre sur le site : en shuttle exprès pour les touristes ou en colectivo qui s’arrête partout mais qui fait plus couleur locale pour deux fois moins cher. Nous avons évidemment choisi la deuxième option même si nous avons dû faire des arrêts pour qu’untel achète des tacos, qu’un autre passe à l’épicerie du village ou encore que le chauffeur salue quelqu’un de sa connaissance! Les prix des colectivos sont de 50 quetzales (6€ ou 5,90 CHF) depuis Flores ou 25 quetzales (3 €ou 2,95 CHF). Il faut compter le double pour les shuttle.

Pour les billets d’entrée (150 quetzales pour les étrangers soit 17,90€ ou 17,80CHF), on nous avait conseillé de les prendre à l’avance à la Banrural de Flores. Nous y avons trouvé tellement de monde que nous avons préféré faire à l’arrache sur place. Attention, les guichets de Tikal ne se trouvent pas à l’entrée du site mais à l’entrée du parc national 17 km plus bas. Pas de souci, les colectivos s’y arrêtent, il y a un check point à passer de toute façon, et vous attendent. En plus, il n’y avait presque personne! A notre avis, nous avons vraiment eu raison de procéder ainsi.

Parc national de Tikal

Tikal ce n’est pas uniquement une cité maya d’envergure, c’est aussi un parc national de près de 58’000 hectares dans la jungle du Petén abritant une biodiversité incroyable. Le site archéologique ne couvre « que » 1600 hectares. Petit fun fact : c’est le tout premier site au monde à avoir été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, c’était en 1979. Donc nous avons une belle forêt humide protégée depuis 44 ans. En 1990, le site a été englobé dans la réserve de biosphère maya couvrant tout le nord du département de Petén ainsi que le sud de l’état du Tabasco au Mexique et une partie de l’ouest du Belize. Sachant que le Guatemala n’est pas le pays le plus protecteur de la nature, c’est une info qui nous redonne un peu du baume au cœur.

Une fois passé l’entrée du site archéologique, il y a un chemin qui mène directement à l’acropole centrale, point névralgique de Tikal. Nous avons préféré prendre les chemins de traverse pour éviter la foule et pour profiter de la nature luxuriante qui s’offre à nous. A part quelques oiseaux, nous n’avons pas vu beaucoup d’animaux, le site est sûrement trop fréquenté par les humains. Mais nous savons qu’ils sont là, nous les entendons bien, notamment les singes hurleurs qui portent vraiment bien leur nom!

La cité de Tikal n’a pas encore dévoilé tous ses secrets et ne les dévoilera sûrement pas. Les fouilles archéologiques ne seront pas étendues dans un souci de protection de la forêt. C’est super pour la protection de l’environnement mais c’est un peu frustrant pour les archéologues.

Mais on peut plus ou moins deviner où se trouvent d’autres temples, pyramides ou autres complexes archéologiques grâce au relief mal plat et inégal de la jungle. D’ailleurs nous non plus nous n’avons pas découvert le site en son intégralité, il est vraiment immense et nous avons également passé du temps à juste flâner dans la nature. Certaines pyramides sont recouvertes de végétation juste de moitié et se dévoilent seulement en leur sommet. C’est le cas de l’impressionnant temple des Inscriptions qui date environ du VIe siècle et qui, en sa partie postérieure, est recouverte d’inscriptions en maya, d’où son nom.

Palacio de las Acanaladuras

Nous sommes ici dans la zone résidentielle de Tikal. Ce palais qui date de l’époque dite du classique tardif (entre les ans 600 et 900 de notre ère), abrite une trentaine de chambres qui contenaient des lits encastrés dans le mur. La bâtisse était entourée de canaux , c’était le système d’eau courante de l’époque.

Le temple V

C’est, à nos yeux la structure architecturale la plus belle de tout le site de Tikal. Cette pyramide aux proportions quasi parfaites mesure 57 mètres de hauteur et daterait du VIIe siècle de notre ère selon la datation au Carbone 14 même si certains détails architecturaux pourrait laisser penser à une époque antérieure. Ce serait le monument funéraire du roi Hasaw Cha’an Kamil ou d’un de ses fils, on y a trouvé des objets d’offrandes à l’intérieur. Le temple serait dédié à Chaac, dieu de la pluie. Malgré ces théories imprécises, comme c’est souvent le cas en archéologique, nous trouvons cette pyramide vraiment stylée. C’est également ce que doit penser Chaac vu qu’il nous a généreusement arrosé de pluie ces derniers temps alors que nous sommes, selon le calendrier, en pleine saison sèche!

Acropole Centrale

Nos pas ont fini par nous emmener à l’acropole centrale qui est le cœur névralgique de la cité de Tikal. En son centre, se trouve la Gran Plaza qui est entourée d’acropoles nommées selon le point cardinal correspondant et deux superbes pyramides qui se font face. Le centre était dédié à la pelote maya. C’est un jeu où deux équipes s’affrontent avec une balle en caoutchouc, matière sacrée pour les Mayas, qui pèse trois kilos et dont le but est de mettre la balle dans le camp adverse en ne la touchant ni avec les mains, ni avec les pieds.

La pyramide avec la pente la plus raide est le temple du Grand Jaguar. Elle a été construite en 734 de notre ère et culmine à la hauteur honorable de 47 mètres. C’est le monument funéraire du roi Ah Cacao. Si monsieur a sa sépulture dans la meilleure place de la ville, c’est amplement mérité! Il a réussi l’exploit dont tout ses prédécesseurs n’osaient rêver. Il a vaincu la grande rivale Calakmul, située à une centaine de kilomètres plus au nord dans l’actuel état mexicain de Campeche. C’était le lieu de cérémonies rituelles et le temple était même considéré comme la porte pour l’au-delà. Il fut un temps où on pouvait visiter l’intérieur de la pyramide mais il y eut beaucoup de touristes, de guides et même des animaux qui y disparurent inexplicablement. Selon la légende, l’esprit de Kamil III, un autre roi de Tikal, y vit encore à l’intérieur et dévore les visiteurs inopportuns. A ce jour, personne n’a d’explications plus rationnelles à ces disparitions mystérieuses.

L’autre pyramide, plus massive mais plus petite (38 mètres de hauteur) est le temple des Masques. Elle doit son nom aux masques sculptés sur ses escaliers. La construction a été ordonnée toujours par Ah Cacao pour sa chère et tendre épouse. (Ah l’amour…) Elle a été en partie restaurée, c’est pourquoi elle a l’air mieux conservée et toute proprette. Sur la face arrière, il y a un escalier qui permet de grimper sur la pyramide afin de profiter de la vue. C’était blindé de monde et on a préféré y renoncer. On aurait dit que tous les visiteurs se soient retrouvés à cet endroit précis. Certes, c’est un vrai goulet d’étranglement mais c’est à croire que les gens viennent à Tikal juste pour grimper sur le temple, prendre un selfie et basta.

L’acropole nord

L’acropole nord date d’une période bien antérieure à celle de la Gran Plaza. (350 avant notre ère environ) C’est un lieu sacré car c’est ici que sont enterrés tous les rois et autres dirigeants qui ont régné sur la cité de Tikal pendant plus de cinq siècles. Les terrasses sur lesquelles on accède aujourd’hui pour profiter de la vue sur la place étaient dédiées au cérémonies rituelles. On y trouve encore quelques stèles avec des écrits sacrés.

Le rendu ne donne pas très bien sur la photo ci-dessous mais nous avons trouvé une petite merveille! Cette magnifique sculpture de masque en stuc est de style dit de Teotihuacan, une immense cité précolombienne près de la ville actuelle de Mexico. Malgré son éloignement, c’était l’allié le plus fiable de Tikal. C’est difficile de donner un ordre de grandeur de cette œuvre puisque nous l’avons observée depuis en haut mais il y a avait un escalier avec des marches pour géants juste à côté, nous l’estimons donc à trois bons mètres de haut.

A propos d’escaliers, il y a une chose qui nous échappe. Les Guatémaltèques, qui sont presque intégralement des descendants des Mayas, sont de taille plutôt petite. Nous doutons fort que leurs ancêtres étaient plus grands. Pourquoi construisaient-ils donc des marches si hautes? Si vous avez un élément de réponse, loufoque ou plausible, faites-le nous savoir, ça nous intéresse!

L’acropole centrale mais qui se trouve au sud

C’est ici que résidait la famille royale de Tikal. Ce complexe contient plus de quarante-cinq appartements et six patios répartis sur deux ou trois étages. Il y avait également des centres administratifs, ce qui explique, en partie, cette exagération de pièces à disposition.

Il y a également, juste au sud, un autre complexe complétant celui-ci qu’on appelle, à propos, acropole sud. Il vient d’être découvert et les fouilles ne font que commencer. On estime sa surface à 22 hectares (contre 1,5 pour l’acropole centrale) donc les archéologues ont encore du job assuré pour plusieurs années!

Le site est tellement énorme que nous n’avons pas eu le temps de tout visiter en profondeur mais nous sommes déjà subjugués par ce que nous avons vu autant par les pyramides que par la jungle environnante. Nous avons même fini par rencontrer quelques coatis vraiment mignons en quête de nourriture. C’est vrai que nous avons aperçus plus d’animaux à El Remate, moins fréquenté par des humains, que dans la jungle de Tikal, comme des oiseaux, des écureuils et même un serpent qui est venu s’introduire dans notre chambre nous causant une belle frayeur. Il s’est avéré que c’était une pauvre petite couleuvre totalement inoffensive mais on ne prend jamais trop de précautions avec ce genre de petite bebêtes.

Tikal est le quatrième site maya que nous visitons après Chichen Itza, Calakmul et Palenque mais c’est clairement le plus grand, le plus intéressant et celui que nous avons préféré, sans dénigrer les trois autres bien entendu! Plus globalement, c’est du niveau d’Angkor Wat au Cambodge ou de Bagan en Birmanie. Nous n’avons pas vraiment été dérangé par la foule, le site est vraiment espacé et nous y avons été en milieu de matinée, après tout le monde et n’avons pas suivi l’itinéraire standard. Nous nous sommes parfois même retrouvés seuls au monde!

Nous qui craignons parfois d’être blasés après toutes ces visites, sachez que ce ne fut pas du tout le cas avec Tikal et que c’est un lieu que nous vous recommandons chaudement.

Flores et el Remate, les perles du lac Petén Itza

Pour venir au Guatemala depuis le Mexique, il y a plusieurs possibilités. L’une d’entre elles consiste à traverser le Belize. C’est une solution que nous avons tout de suite rejetée car nous avons déjà visité ce pays par le passé et c’est super cher, autant pour la vie sur place que pour les taxes aux frontières. Nous avons privilégié le trajet via le Chiapas, un peu plus long mais plus économique et beaucoup plus intéressant au niveau des paysages.

Depuis Mérida, où nous vous avons laissés la dernière fois, nous avons fait une petite étape à Campeche, déjà visitée lors de notre dernier séjour mexicain mais tellement belle que nous n’avons pas hésité à y retourner. De là, il y a des bus directs pour Palenque, ce qui nous avance déjà un bon bout. Nous y avions déjà visité la cité maya et aurions bien aimé voir les sites naturels aux alentours mais la météo est venue jouer les trouble-fêtes. Tant pis, nous avons profité d’une bonne connexion internet pour avancer dans nos jobs, ce qui nous permettra de mieux profiter du Guatemala ensuite.

Depuis Palenque, il faut prendre un colectivo (un minibus pas très confortable) jusqu’à la ville de Tenosique dans l’état du Tabasco qui nous fait penser un peu à ce que nous imaginons du Texas avec ses ranchs, ses vaches, ses cowboys et ses prédicateurs. C’est juste beaucoup plus verdoyant. Mais nous ne sommes pas encore arrivés, il faut prendre encore un autre colectivo qui parcourt les quarante kilomètres restants jusqu’au petit village d’El Ceibo, le point frontière. Sortir du Mexique nous a pris plus de temps que d’y rentrer, nous sommes tombée sur une douanière particulièrement procédurière. L’entrée au Guatemala a été bien plus simple : « Holá, bienvenidos, un sourire, le tampon et basta! » Il faut juste faire attention de ne pas louper le bureau de l’immigration car il est bien caché mais les gens sont tellement affables qu’il suffit de poser la question aux gens du coin pour le trouver.

Au village d’El Ceibo, il y a de quoi changer de l’argent (à la première boutique à droite depuis la frontière le taux est correct) et éventuellement manger un morceau car les colectivos se font rares et il faut attendre avant de continuer plus loin. La station de bus de Flores se trouve à Santa Elena, sur le « continent ». De là, il y a une bonne quinzaine de minutes à marcher jusqu’au pont qui la relie à l’île de Flores mais il est également possible de prendre un tuk-tuk. Comme nous étions accompagnés de deux amis italiens qui ont été nos compagnons de galère de cette journée interminable, nous avons pris l’option taxi que nous avons réussi à négocier sans peine pour un bon prix.

Flores

Arriver à Flores après un long périple pour traverser la frontière est un bon plan. C’est grand comme un mouchoir de poche et c’est super tranquille. Elle est située sur une petite île sur le lac Petén Itza dont on fait le tour à pied en à peine vingt minutes. Nous sommes tombés sous le charme de ses petites maisons colorées et de ses rives du lac. Etant donné sa situation géographique proche de sites comme Tikal et étant un des principaux points d’entrée du Guatemala, nous nous attendions à quelque-chose de beaucoup plus touristique. Certes, il y a quelques touristes mais nous n’avons pas l’impression d’être constamment pris pour des porte-monnaie sur pattes et il n’y a pas de rabatteurs qui essaient de nous vendre des tours. Ce n’est que notre première impression de ce pays mais nous sommes déjà en plein coup de cœur!

Plaza Central

Comme toute ville d’Amérique latine qui se respecte, Flores a sa place centrale avec son église et quelques bâtiments coloniaux. Elle n’est pas aussi pittoresque que ses consœurs mexicaines ou péruviennes mais elle a une particularité assez sympa. Elle est située en hauteur! L’île de Flores est en fait une petite colline et le seul endroit assez grand pour y construire une place, c’est en son sommet. D’ailleurs, le terrain de basket municipal jouxte la place. Ce n’est pas très harmonieux en termes d’architecture. mais c’est le seul endroit assez grand et assez plat pour y accueillir un terrain de sport.

Le lac Petén Itza

Flores est un bijou mais son écrin, le lac Petén Itza n’est pas en reste. C’est le troisième lac naturel en superficie du Guatemala car, oui, c’est un pays de lacs! Le relief à son bord est très doux et peu élevé, ce sont juste des petites collines mais la végétation est luxuriante et abrite une biodiversité très riche! Nous avons trouvé les berges du lac inondées. Les habitants ne savent pas trop pourquoi. Certes, il a énormément plu depuis décembre alors que nous sommes, selon le calendrier, en pleine saison sèche mais pas au point d’avoir des inondations pareilles. Il n’y a pas de rivière qui s’écoule depuis le lac, ça pourrait, en partie, expliquer ce surplus d’eau. Les poules d’eau, les tortues et les poissons n’ont, eux, pas du tout l’air embêtés par cet état de fait. Ils s’approprient sans problème le rab d’espace à leur disposition. Quoi qu’il en soit, le lac donne une douceur de vivre au lieu et se trouve dans un paysage que nous allons sûrement mettre dans notre top des plus beaux.

El Remate

El Remate se situe à l’extrémité orientale du lac Petén Itza. Il n’y a rien a y faire mais le village est situé à proximité du site de Tikal. Bien que la visite du site archéologique puisse facilement se faire depuis Flores (environ soixante kilomètres), nous avons préféré dormir à El Remate pour raccourcir le trajet de moitié. Les distances ne sont pas très longues et les routes sont en bon état mais les colectivos s’arrêtent absolument partout, au point que faire quelques kilomètres prend vite des plombes. Ici, les berges du lac sont beaucoup plus sauvages et la montée des eaux a formé un superbe paysage de marécages.

A la sortie du village de Remate, sur la rive septentrionale du lac, il y a un petit biotope à visiter avec une petite randonnée à effectuer dans la forêt. Comme nous avions déjà effectué des kilomètres de marche dans la jungle à Tikal, nous avons pensé que ce serait redondant et avons fini par y renoncer.

Normalement, nous aurions dû vous parler du site archéologique de Tikal situé tout près mais cet article commence déjà à être bien long et rajouter notre visite des pyramides en ferait un article interminable et indigeste. Mais rassurez-vous, nous allons vous en parler! Nous allons retrousser nos manches et nous mettre au boulot pour vous concocter un autre post traitant de notre passage dans la cité maya. Pour vous faire patienter un peu, (oui, on sait que vous êtes impatients de nous lire!) nous vous donnons déjà un premier aperçu du site avec la photo ci-dessous.

Nous n’avons fait qu’une première étape dans ce pays mais le Guatemala nous a déjà conquis! Les paysages sont superbes, presque aussi fous qu’en Ouganda et les gens sont un peu timides au début mais adorables. Nous nous réjouissons d’en découvrir un peu plus et bien sûr, nous ne manquerons pas de vous partager nos nouvelles aventures.

Izamal, le pueblo magico méconnu du Yucatán

Oui, c’est vrai, nous avions dit dans notre précédent article que nous n’allions pas nous attarder dans le Yucatán. Mais sur la route nous menant à Mérida, nous sommes tombés « par hasard » sur une petite localité appelée Izamal et qui nous paraissait digne d’intérêt. Nous nous sommes dit que nous allions tenter le coup de nous y arrêter ici plutôt qu’à Mérida qui est une grande ville infernale et polluée même si elle possède quelques vestiges coloniaux assez sympas.

Izamal est une toute petite ville du nord de la péninsule du Yucatán distante d’à peine 70 kilomètres de la capitale d’état Mérida. Il est d’ailleurs super facile d’y venir faire une excursion à la journée grâce aux collectivos, des minibus qui partent une fois qu’ils sont pleins. Elle a reçue l’appellation « Pueblo Magico » (village magique) qui est un programme gouvernemental visant à promouvoir des petites villes sans grande importance mais qui possèdent un patrimoine historique remarquable! Est-ce qu’Izamal mérite son statut magique? C’est ce que nous allons vous faire découvrir…

Centre historique

Izamal est surnommée la « Ciudad amarilla » (ville jaune). Il n’y a pas besoin de chercher bien loin pour savoir pourquoi : toutes les maisons du centre historique sont peintes en jaune. On ne sait pas vraiment pourquoi c’est cette couleur qui a été choisie et plusieurs théories circulent à ce sujet. L’une d’elle prétend que le jaune était la couleur sacrée des Mayas car il représentait le maïs et les cultures et par conséquent la vie. C’est une jolie histoire mais sachant que le centre date du XVIe siècle en pleine période coloniale, cette théorie est peu probable. En effet, les conquistadors espagnols n’étaient pas tendres avec les habitants des lieux, allant jusqu’à détruire leurs édifices comme les pyramides afin d’utiliser les pierres pour y construire leurs propres villes. Donc les croyances locales, ils s’en fichaient comme de leur première paire de chaussettes. (Oui, ça existait déjà les chaussettes à l’époque!) Une autre théorie, plus plausible, avance que le jaune est la couleur du Vatican, donc du catholicisme très présent au Mexique. Le pape Jean-Paul II est d’ailleurs venu faire une visite à Izamal en 1993 et les habitants n’en sont pas peu fiers! Cette théorie-là paraît déjà plus plausible.

Quoiqu’il en soit ces petites maisons jaunes sont superbes et malgré l’histoire cruelle qui s’y cache derrière, nous sommes fascinés par cette architecture coloniale vraiment très belle.

Plaza de Zamna

C’est la place principale de la ville comme en trouve partout dans les villes coloniales latino-américaines. Elle a été également construite au XVIe siècle par les Espagnols comme lieu de ralliement pour les pèlerins qui se rendaient au couvent bordant la place. Après l’indépendance elle a été renommée Zamna du nom d’un sacerdoce maya qui aurait fondé la ville de Chichen Itza toute proche. Elle est bordée de jolis bâtiments à arcades évidemment de couleur jaune.

Convento de San Antonio de Padova

C’est le symbole de la ville d’Izamal et son édifice le plus important. Le couvent, fondé par les Franciscains, fut construit entre 1549 et 1561. S’il a l’air de complètement dominer la plaza de Zamna, c’est parce qu’il a été édifié sur une ancienne pyramide maya appellée Pop-hol-Chac qui était la plus grande de la cité et dont les pierres ont été utilisées pour sa construction. Comme le reste de la ville, il arbore cette superbe couleur jaune un peu ocre qui reflète le soleil. L’atrium, c’est-à-dire la cour extérieure avec les arcades, est le deuxième plus grand au monde après celui de la Place Saint-Pierre de Rome. On y célèbre les différentes fêtes religieuses qui ont lieu tout au long de l’année. Encore une fois, l’histoire de ce bâtiment est vraiment moche mais il faut avouer qu’il est superbe. Nous en avons été impressionnés!

Une cité maya

Nous avons beaucoup (trop!) parlé des colons espagnols et de leur architecture mais Izamal a été fondée bien avant leur arrivée, au VIe siècle. C’était même une cité importante de la civilisation maya. Elle était habitée par les Itza, les même qui ont fondé la fameuse Chichen Itza voisine. D’ailleurs le nom Izamal provient du terme maya « Itza » et n’a pas du tout une étymologie castillane.

Le deuxième surnom d’Izamal est « Ciudad de los cerros » (ville des collines) parce qu’avant les fouilles archéologiques, les pyramides mayas étaient enfouies sous terre et formaient des petites collines. Aujourd’hui, plusieurs d’entre elles ont été mises à jour et sont disséminées un peu partout dans la ville. Il faut croire que les Espagnols n’ont pas eu besoin d’une si grande quantité de pierres et c’est tant mieux!

Kinich Kakmo

C’est une des pyramides les plus grandes du Mexique, pas par sa hauteur plutôt modeste, mais par son volume. C’est vrai que c’est un énorme mastodonte de pierre qui est posé sur le sol. Elle est dédiée à Kinich Kakmo une importante divinité du panthéon maya qui représente le soleil. Avec un monument de cette importance, les archéologues pensent qu’Izamal était une des cités mayas les plus importantes du Yucatan.

Le sommet de la pyramide est accessible mais avec prudence, ce qu’il reste de l’escalier est assez scabreux, surtout à la descente! Depuis en haut, on peut se faire une idée de la grandeur du couvent de San Antonio de Padova mais sinon la vue n’est pas ouf, la péninsule du Yucatan est désespéramment plate. Par contre, et c’est une bonne nouvelle, Izamal est coincée entre deux réserves naturelles, il n’y a donc que des arbres à perte de vue!

D’autres pyramides de moindre importance se trouvent également à Izamal. Toutes ne sont pas accessibles et certaines sont bien cachées sous la végétation luxuriante. Nous ne nous attendions pas à déambuler à travers la forêt tropicale urbaine pour découvrir des trésors archéologiques. Ce fut une surprise très agréable et un gros kiff pour nous qui sommes des amoureux de la nature.

En nous promenant autour de ces pyramides, nous avons été frappés par une chose par rapport à notre dernier séjour mexicain qui remonte à 2018, c’est la propreté. Nous avions alors été choqués par les montagnes de déchets, surtout des plastiques, qu’on trouvait absolument partout. Depuis notre arrivée cette année, nous n’en avons pratiquement pas vu. Certes, nous ne sommes qu’au début de notre séjour et les Mexicains sont encore bien accros au plastique mais de voir qu’une opération de nettoyage a eu lieu, voire une certaine sensibilisation à cette problématique, nous donne de l’espoir pour l’avenir. Voilà, nous trouvions important de le souligner et de faire ressortir les petits pas en avant qui sont faits en faveur de l’écologie, même si c’est anecdotique.

Nous voulons juste préciser que toutes les visites que nous avons effectuées à Izamal sont gratuites! C’est une belle bouffée d’air frais économique dans un Mexique touché de plein fouet par l’inflation et où nous avons parfois un peu de mal à maintenir un bon budget.

Izamal mérite amplement son appellation de « Pueblo Magico »! C’est une très belle alternative à la trépidante Mérida et c’est un bon moyen de concilier les deux cultures : les Mayas et les Espagnols, voire trois cultures avec le Mexique contemporain. C’est notre premier gros coup de cœur de ce nouveau séjour mexicain.

Rétrospective et grand bilan de 2022

L’année 2022 touche déjà gentiment à sa fin et comme le veut notre tradition depuis quelques années, nous vous livrons la rétrospective de l’année écoulée. C’est l’occasion pour nous d’en tirer un bilan et, si vous avez le courage de tout lire jusqu’au bout, de vous livrer une belle spoiler alert à la fin de cet article.

Au niveau global, 2022 aura été une année assez pourrie avec notamment la guerre en Ukraine, la crise énergétique, l’inflation, etc… Sans compter les conflits qui s’enlisent comme au Yémen ou en Syrie. Tout ceci nous fait prendre conscience que tout peut basculer et qu’il faut profiter de la vie et chérir chaque petit instant de bonheur qui croise notre route!

Nous profitons de cet article pour vous souhaiter, à toutes et à tous, une merveilleuse année 2023 remplie d’amour, de partage, d’aventures, de petits bonheurs et de tout ce que vous souhaitez!

Janvier

Nous passons le cap de la nouvelle année dans un vrai paradis sur terre. Nous sommes depuis quelques semaines sur l’île de Zanzibar à profiter de ses plages de rêve et de la superbe ville historique de Stone Town. Peu après le Nouvel An, nous retournons sur le continent afin de continuer notre découverte de la Tanzanie. Mais rien ne se passe comme prévu : il faut plus de trois semaines d’attente pour espérer obtenir une place dans le TaZaRa, il devient compliqué de gérer un budget de backpacker et Van se fait finalement voler son téléphone à Dar es Salaam. Nous prenons tout cela comme un signe et nous décidons de ne pas nous entêter. Nous voulons quitter le pays avant d’en être dégoûtés. Nous avançons notre départ pour l’Egypte et passons nos derniers jours en Tanzanie à chiller au bord de l’océan Indien.

A gauche : une felouque à Zanzibar, à droite, les pyramides de Gizeh

Février

A notre plus grande surprise, l’Egypte s’avère être LE coup de cœur de notre trip hivernal 2021-2022. C’est même un de nos plus gros coups de cœur de toute notre vie alors que nous nous attendions à être déçus à cause de stupides préjugés et de « on-dit » que nous avons eu la faiblesse d’écouter. Heureusement qu’ils ne nous ont pas dissuadés d’aller découvrir ce pays merveilleux. Nous avons été fascinés par tous les sites historiques, la vallée du Nil, la mer Rouge, etc. Même l’étouffante ville du Caire a réussi à trouver grâce à nos yeux et nous avons trouvé les égyptiens d’une gentillesse extrême. Malheureusement, un mois de visa ça passe trop vite et nous n’avons pas réussi à prolonger notre autorisation de séjour. Mais, nous nous sommes promis de retourner un jour en Egypte!

A gauche : le temple de Karnak à Louxor, à droite en haut : Assouan et le Nil, à droite en bas : la mer Rouge à Marsa Alam

Comme nous avons avancé notre départ de Tanzanie, il est un peu tôt pour notre retour en Espagne. Nous nous arrêtons donc en Turquie, un autre de nos coups de cœur, afin d’en découvrir un peu plus et espérer profiter de la douceur méditerranéenne de la côte sud.

Mars

Ben c’est loupé pour la douceur méditerranéenne! Une vague de froid inhabituelle enveloppe toute l’Anatolie et nous force à étoffer notre garde-robe hivernale! Malgré ce petit désagrément, nous profitons de la richesse culturelle du sud de la Turquie. La météo nous contraint à nous arrêter quelques temps dans la ville d’Adana que nous finissons par adorer pour sa douceur de vivre, pour sa gastronomie riche et variée et pour son quartier syrien.

A gauche : château d’Anamur, à droite : mosquée d’Adana sous l’orage

Avril

Nous continuons notre exploration turque en nous rendant sur la côte égéenne. C’est super joli et nous profitons de sites sublimes comme Ephèse et Pamukkale hors saison avec peu de monde. Pourtant, nous restons un peu sur notre faim : la région est plus touristique, moins authentique et nous avons moins de connexion avec les gens qui paradoxalement parlent mieux anglais qu’ailleurs. Notre but est de continuer sur la Grèce en prenant le ferry pour Kos depuis Bodrum mais les liaisons maritimes ne sont pas encore ouvertes entre les deux pays. Nous remontons donc sur Istanbul afin de pouvoir rentrer en Espagne. Mais notre séjour se terminera sur une note particulièrement cool! Les parents et la sœur de Van viennent passer quelques jours avec nous dans la métropole stambouliote et profitent par la même occasion de découvrir un nouveau coin du monde pour eux. Oui, chez Van les voyages c’est de famille! Nous profitons de ces quelques lignes pour leur adresser un GRAND MERCI pour les bons moments passés ensemble en Turquie!

A gauche : la façade de la bibliothèque de Celsus à Ephèse, à droite en haut : Pammukale, à droite en bas : la forteresse d’Afyon

Mai

A notre retour, nous chopons le Covid en cadeau de bienvenue! Mais les symptômes sont légers et à part ça, nous reprenons gentiment nos marques dans notre vie espagnole. Nous avons de la paperasse à mettre en ordre, des rencontres professionnelles et personnelles à honorer, pas mal de job mais nous prenons quand même le temps pour profiter un peu de la douceur méditerranéenne printanière. Nous avons également des visites depuis la Suisse! Les parents de Fab ainsi que sa tante et son oncle sont venus passer un week-end à Sagunto où nous avons profité de partager apéros et bonne bouffe. Le hasard a fait que nous avons pu rencontrer nos anciens collègues et à présent amis Valérie et Alex lors d’une de leur escale de croisière. Nous leur avons fait visiter Valencia sur le plan culturel mais, évidemment, également sur le plan culinaire et apéritif! UN GRAND MERCI à toutes ces personnes pour ces très bons moments passés ensemble!

Juin

Juin est toujours un mois chargé car nous fêtons nos anniversaires respectifs ainsi que notre anniversaire de mariage! Cette année, nous avons fêté nos noces de bois! Fab a toujours souhaité voir l’ancienne gare de Canfranc, dans les Pyrénées aragonaises. Nous allons donc passer quelques jours dans la région de Zaragoza. C’est une totale découverte pour nous et le coin est superbe mais nous sommes déçus par l’ambiance et les gens en Aragon. Rien à voir avec l’Espagne ouverte et chaleureuse que nous connaissons! Comme il faut songer à organiser notre retraite estivale, nous nous rendons en Andalousie pour notre anniversaire de mariage dans l’espoir de trouver de quoi nous loger à Séville, une de nos villes espagnoles préférées. Nous y retrouvons la sœur de Van à qui nous faisons subir des kilomètres de marche à travers les ruelles de la capitale andalouse. (SORRY Stéphy et MERCI de ta visite!) Le hasard a voulu que nous nous installions à Jerez de la Frontera, 80 kilomètres plus au sud. C’est plus petit et moins cosmopolite que sa grande voisine plus au nord mais la ville a son charme bien à elle et elle a l’avantage de se trouver qu’à douze petits kilomètres des plages de l’océan Atlantique et de la baie de Cádiz. Nous sommes donc très contents de notre choix!

A gauche : l’ancienne gare internationale de Canfranc, au milieu : centre historique de Jerez de la Frontera, à droite : castillo de Santa Catalina à Cádiz

Juillet

Les premières vagues de chaleur arrivent déjà! Nous avons un record à Jerez de 44 degrés et le record absolu du pays a été atteint un peu plus au nord dans la province de Séville avec 46 degrés. Nous devons également composer avec des nuits dites équatoriales avec des minimas à plus de 28 degrés! Mais en Andalousie, toute la société est organisée pour la chaleur : travaux de nuits, longues heures de sieste entre 13 heures et 19 heures, vie à la playa, vie sociale le soir et la nuit, maisons construites pour garder le frais, etc. Certes, nous avons eu très chaud, mais nous pensons avoir moins souffert qu’en Europe centrale où les vagues de chaleur ont également été terribles et où la société n’y est pas du tout adaptée. Le rythme nous convient très bien, nous profitons de travailler au calme et au relativement frais pendant la sieste pour mieux profiter de l’ambiance et des terrasses en soirée.

Pour fuir la chaleur, nous nous rendons au bord de l’océan Atlantique tout proche où nous avons trouvé notre plage de prédilection à Sanlucar de Barrameda à l’embouchure du Rio Guadalquivir. Nous sommes fascinés par les marées et les lagunes de la baie de Cádiz. C’est un paysage auquel nous ne sommes pas du tout habitués en Méditerranée.

A gauche : lagunes de la baie de Cádiz vers San Fernando, à droite, la Caleta et le castillo San Sebastian de Cádiz

Août

Nous avons encore quelques vaguelettes de chaleur mais, dans l’ensemble, les températures sont un poil moins insupportables qu’en juillet. Nous essayons d’aller explorer un peu l’arrière-pays de notre magnifique province, notamment quelques « pueblos blancos« , les fameux villages blancs qui sont LA carte postale de l’Andalousie. Nous nous habituons plutôt bien à la chaleur et trouvons que toute cette torpeur estivale fait le charme de la région. Nous avons tellement le coup de cœur pour le coin et ses habitants que nous décidons de prolonger notre séjour au delà de l’été.

A gauche : Medina Sidonia, au milieu : Ubrique, à droite : la Iglesia Mayor Priorial d’El Puerto de Santa Maria

Septembre

C’est sûrement le mois le plus agréable pour profiter de l’Andalousie. Nous avons trouvé notre vitesse de croisière entre job, sorties, rencontres et découverte de ce magnifique coin de pays. Nous quittons quand même cette superbe région pendant quelques jours pour Madrid où réside une partie de la famille espagnole de Fab. Nous passons un week-end incroyable à l’espagnole en compagnie des cousines et de la famille élargie! MUCHISIMAS GRACIAS Y UN ABRAZO ENORME A ELL@S!

De retour au pays, nous passons quelques jours dans une partie complètement différente de la province : le détroit de Gibraltar. Evidemment, nous avons passé la frontière pour voir ce petit bout de Royaume-Uni sur Méditerranée mais nous ne sommes pas trop fans de la mentalité britannique et Gibraltar, malgré son ambiance plus sud, ne déroge malheureusement pas à la règle. Par contre, nous avons adoré la ville d’Algeciras. C’est super moche mais les activités portuaires et sa position privilégiée sur le détroit lui donnent une âme à laquelle nous sommes particulièrement sensibles. En tant que passionnés de géographie, nous n’avons évidemment pas manqué de nous arrêter à Tarifa, le point le plus au sud de l’Europe continentale. En rentrant, nous faisons un petit détour par Ronda, super connu pour son canyon et son pont. Malgré son côté touristique, cette dernière découverte est un véritable coup de cœur pour nous!

A gauche : Tarifa, au milieu : une cabine téléphonique soooo british à Gibraltar, à droite : Puente Nuevo à Ronda

Octobre

Nous passons quelques jours en Suisse pour une affaire familiale. Malgré des circonstances pas top nous passons tout de même un agréable séjour notamment grâce à toutes les personnes que nous avons revues. UN TOUT GRAND MERCI à chacune d’entre elles, plus particulièrement les parents de Van qui nous ont gentiment hébergés et généreusement pensé à nous servir l’apéro! En parallèle, nous nous sentons de plus en plus chez nous en Andalousie et décidons d’y prolonger notre sédentarité jusqu’à la fin de l’année.

Novembre

Voilà, l’automne a fini par arriver et avec lui, les pluies. Nous sommes contents de voir enfin arriver un peu d’eau après l’énorme sècheresse de cet été mais nous devons reconnaître que ce temps tristounet nous déprime un peu. Mais nous ne nous avouons pas complètement vaincus pour autant : la pluie dure rarement toute la journée et nous avons un très bon équipement de notre vie antérieure en Suisse où l’hiver est bien plus rude que quelques tempêtes atlantiques. Nous profitons du plan gouvernemental pour combattre l’inflation avec des abonnements de train gratuits. Nous choisissons le trajet JerezSeville car nous adorons passer du temps dans la capitale andalouse, parce que Fab y a des contacts professionnels et également parce que nous ne connaissons que très peu la province sévillane. Cet abonnement nous permettra d’en découvrir un peu plus.

A gauche : Plaza de España, Sevilla, au milieu : la Giralda toujours à Séville, à droite : la localité d’Osuna au milieu des oliviers

Décembre

Nous continuons notre routine andalouse en nous adaptant au mieux aux caprices de la météo. Nous profitons de cette période de l’avent pour aller découvrir les décorations de Noël dans différentes villes de la région! Non, nous n’aimons toujours pas Noël, son hypocrisie, son capitalisme effréné et ses orgies de bouffe. Nous trouvons juste les décorations et les crèches très belles et nous voulons juste en profiter. Et puis, nous ne voulons pas gâcher la fête à ceux qui aiment ça, nous ne sommes pas des haters! Nous fêtons notre « non Noël » sous le soleil et avec des températures printanières qui atteignent même les 25 degrés à Séville! La Saint-Sylvestre a fini par arriver avec les traditionnelles « campanadas », une première pour Van qui a brillamment réussi le test des douze raisins! Le but étant d’ingérer un grain de raisin à chacun des douze coups de minuit.

Que demander de plus pour bien terminer cette belle année?

A gauche : décorations à Jerez de la Frontera, au milieu : le sapin de Noël de Jerez de la Frontera, à droite : les décos de ouf de Málaga

Conclusion

L’année 2022 aura été la plus sédentaire pour nous depuis notre changement de vie en 2017 et pourtant nous avons l’impression d’avoir vécu une année de folie! Et nous ne nous souvenons pas de tout! Notre séjour africain nous a profondément marqués et nous laisse des souvenirs impérissables. Nous en avons beaucoup appris sur nous et gardons les enseignements pour notre vie de tous les jours. Avec l’Andalousie, nous avons également trouvé un lieu de vie où nous nous sentons vraiment bien et où, à chaque départ, nous y laissons un peu de notre âme.

Nous sommes fans de voyages, de découvertes, de rencontres, de bonne bouffe, de culture et de nouveauté. L’année 2022 aura coché toutes les cases même si nous sommes restés presque sept mois au même endroit! Il faut dire que l’Andalousie est historiquement une terre d’explorateurs et est un voyage à elle toute seule! Et nous n’en avons, pour l’instant, découvert qu’une infime partie!

SPOILER ALERT!!

Eh oui! Nous avons une annonce à vous faire! Vous vous doutez sûrement de quoi il s’agit mais nous allons quand même vous le dire en grande pompe!

NOUS ALLONS REPRENDRE NOS BACKPACKS!!!

Malgré le fait que nous soyons très bien dans le sud de l’Espagne, l’envie de repartir sur les routes et de retrouver des climats tropicaux commence vraiment à nous démanger. C’est pourquoi, le 17 janvier, nous nous envolerons pour le Mexique! La Colombie était notre premier choix mais nous n’avons pas trouvé d’offre qui fasse notre bonheur.

Vous avez sûrement remarqué que, pour nous, janvier est déjà tard dans la saison pour partir. Mais c’était voulu pour deux principales raisons :

  • Fab voulait vraiment voir une fois l’ambiance de Noël, hors Covid, en Espagne.
  • Décembre est un des mois les plus chargés professionnellement pour nous et l’année passée, nous avons galéré pour trouver des bonnes connexions internet. Nous avons préféré assurer le coup cette année et partir l’esprit plus léger en janvier.
Mais pourquoi l’Amérique latine et le Mexique en particulier?

L’Amérique latine :

  • Juste par envie de revoir ce continent
  • Même si c’est assez glauque et sanglant, ça fait partie intégrante de l’histoire espagnole
  • Pour la mer des Caraïbes
  • Pour les paysages, les volcans, les forêts tropicales et la faune locale
  • Van prépare activement son Cervantés, elle a donc émis le souhait de rester dans des pays hispanophones

Le Mexique :

  • Nous y avons déjà été deux fois et nous avons adoré ce pays
  • Pour l’instant, c’est notre pays préféré de tout le continent américain
  • Pour la diversité de culture et de paysage
  • Pour les Mexicains, leur accueil, leur chaleur et… leur accent!
  • Pour les tacos, le guacamole, la Corona et autres délices gastronomiques
  • Un visa de 180 jours
  • Pour la possibilité de faire un trip au nord ou au sud selon nos envies.
  • Pour en découvrir un peu plus car nous n’en avons visité qu’une infime partie

Nous n’avons encore aucune idée comment nous allons faire évoluer ce petit trip. Le Guatemala nous attire beaucoup mais nous ne sommes pas fermé à monter sur les USA ou à descendre plus bas en Amérique Centrale. Nous rentrerons en Andalousie normalement avant l’été mais là non plus, rien n’est encore arrêté.

Voilà notre « petite » rétrospective s’arrête là. Bravo si vous avez eu le courage de lire notre pavé jusqu’ici et merci à tous ceux qui nous suivent et qui nous sont fidèles. Nous nous réjouissons de vivre et de partager de nouvelles aventures avec vous en 2023!

Carmona et ses clochers

Les trésors de la province de Séville ont tendance à être éclipsés par la beauté de leur capitale (Séville donc) et par leur éloignement des spots plus touristiques des côtes andalouses. Pourtant, beaucoup d’entre eux valent la peine qu’on s’y attarde un petit peu. Nous vous l’avions démontré la dernière fois avec Osuna, nous allons vous le démontrer à nouveau cette fois avec la petite ville de Carmona.

Carmona est une petite ville sévillane située à une trentaine de kilomètres de la capitale régionale en direction de Córdoba dans la plaine du Guadalquivir. Il y a des bus de la Junta de Andalucia qui partent toutes les heures des gares sévillanes de San Bernardo ou Santa Justa et le trajet dure entre 45 minutes et une heure. Aucune excuse pour zapper le coin lors de votre prochain séjour à Séville!

Il est vrai que ces derniers temps nous nous attardons pas mal dans les environs de la capitale andalouse! La première raison est tout simplement météorologique : il devient de moins en moins agréable à l’approche de l’hiver de se prendre les vents glaciaux de l’Atlantique et accessoirement, l’intérieur de l’Andalousie est presque impossible à visiter pendant les chaleurs estivales. La deuxième raison est que nous profitons des largesses gouvernementales qui nous offrent un abonnement de train gratuit jusqu’à la fin de l’année pour compenser l’inflation. Nous avons choisi le trajet JerezSéville, déjà parce-que nous adorons cette dernière et aussi parce-que ça nous permet d’explorer d’autres coins de notre si belle région.

Casco antiguo

Pour accéder au centre historique, il faut passer par la Puerta de Sevilla. Impossible de la louper, elle est tellement imposante, que c’est la première chose qu’on aperçoit à la sortie du bus! En fait, la porte fait partie de tout un système défensif et d’un alcazar. D’après certaines archives découvertes, les toutes premières fortifications de Carmona dateraient du XIVe AVANT Jésus-Christ et celles qu’on peut encore voir aujourd’hui ont été construites par les Carthaginois (IIIe siècle avant J.-C.!) Imaginez donc toute l’histoire dont est imprégnée la ville! La porte en elle-même date de l’époque romaine mais elle a été transformée par les Omeyyades puis les Almohades (les musulmans andalous entre les IXe et XIIe siècles). On peut d’ailleurs apercevoir la fameuse forme en serrure typiquement arabe. Bref, la porte et ce qu’il reste de l’alcazar sont super impressionnants et c’est un très beau point de départ pour commencer la visite.

Intra-muros, il ne reste plus beaucoup de vestiges de la période musulmane à part quelques petits détails architecturaux. C’est un vrai labyrinthe de petites ruelles qui correspondent à l’ancienne Juderia (le quartier juif). Les maisons, quant à elles, sont typiquement andalouses et datent du XVIIIe siècle et sont blanchies à la chaux comme dans pratiquement toutes les villes de la région. La ville de Carmona est candidate pour une inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO pour son ensemble historique et franchement, elle le mérite amplement, c’est vraiment superbe!

La ville aux mille églises

L’Espagne est un pays catholique, nous ne sommes donc pas surpris de rencontrer des églises mais dans le centre historique de Carmona, il y en a vraiment partout. Nous avons d’ailleurs demandé aux habitants combien il y en a, personne n’a été en mesure de nous répondre, à part un laconique « mucho » (beaucoup!) tellement elles sont nombreuses! C’est sûrement parce qu’ il fallait bien convertir les mosquées lors de la Reconquista et utiliser le budget provenant de l’or pillé en Amérique du Sud lors de la colonisation. Bon, nous parlons du terme générique d’église mais en fait il y a deux couvents, un monastère, des églises paroissiales, des basiliques,… Chaque édifice a une fonction précise au sein du catholicisme mais nous ne sommes pas assez calés, ni assez intéressés par les bondieuseries pour vous en faire un exposé détaillé.

Avec tous ces édifices religieux, la skyline de Carmona est composée essentiellement de clochers et c’est plutôt sympa de les apercevoir au bout d’une petite ruelle. Il y en a pour tous les goûts : des gothiques dans un style bien médiéval ou, nos préférés, des baroques plus colorés qui nous donnent un avant-goût de l’Amérique latine.

Alcazar de Arriba

Son vrai nom est Alcazar del Rey Don Pedro mais on l’appelle plus communément Alcazar de Arriba (Alcazar d’en haut) par analogie à la Puerta de Sevilla qui est « l’Alcazar du bas » à cause de sa situation plus bas dans la ville. L’Alcazar de Arriba se situe effectivement en haut de la ville mais rassurez-vous, nous sommes ici en plein dans la plaine du Guadalquivir le relief est vraiment peu marqué et c’est plus un faux plat constant qu’une vraie grimpette qui vous mènera à la forteresse. Il date évidemment de l’époque musulmane et a été réformé par les Rois Catholiques après la Reconquista dont Don Pedro qui donna son nom à l’édifice. L’extérieur des murailles a été endommagé par deux tremblements de terre successifs et ça se voit encore aujourd’hui, La cour intérieure est, par contre, bien restaurée et abrite un parador, c’est-à-dire un hôtel de luxe dans un cadre historique.

Pour les passionnés de vexillologie (on se la pète avec des termes savants mais en fait nous avons appris ce mot grâce à Sheldon dans Big Bang Theory!), l’étude des drapeaux, l’emblème dans la galerie ci-dessous avec les lions est celui de la région Castille et León qui se situe au nord-ouest de Madrid. Nous n’avons pas trouvé d’explication sur le fait qu’il se retrouve sur un édifice en plein cœur de l’Andalousie mais, à notre avis, vu que la Reconquista s’est faite par les rois castillans, ils ont sûrement voulu poser leur emblème bien en vue après la conquête de la ville.

Iglesia de San Pedro

Encore une église! Celle-ci se trouve extra-muros en face de la puerta de Sevilla et c’est également une des premières choses qu’on remarque à la descente du bus, surtout le campanile qui est bien imposant. L’édifice, de pur style baroque, date du XVe siècle, donc après la Reconquista. Ils ont dû penser à l’époque qu’il n’y avait pas assez d’églises à Carmona et qu’il fallait en rajouter une! Même s’il nous fait penser à un ancien minaret, le clocher date du XVIIIe siècle en pleine époque catholique. On l’appelle la Giraldilla car il a été bâti sur le modèle de la Giralda de Séville qui elle, est effectivement le vestige du minaret de l’ancienne grande mosquée de la ville. Avec la construction de la ville moderne, il est un peu compliqué d’admirer l’église dans toute sa splendeur. C’est dommage car les détails baroques comme la jolie coupole ont vraiment l’air dignes d’intérêt.

La nécropole romaine

A l’ouest de la ville, à environ dix minutes de marche de la Puerta de Sevilla, se trouve une grande nécropole romaine datant des Ier et IIe siècles de notre ère. Ce serait le plus grand monument funéraire romain de la péninsule ibérique, et effectivement, c’est énorme et tout n’a pas encore été découvert. On ne parle pas ici de simples tombes mais de véritables mausolées où on ne se contentait pas seulement d’y enterrer les morts. En effet, les funérailles se célébraient à l’intérieur même du tombeau. Nous parlons de l’époque romaine donc il ne s’agissait pas de simples agapes mais de véritables banquets pour célébrer la mémoire du défunt. Tout était prévu : des salles à manger, des latrines, des cuisines, des salles pour les domestiques, etc…

A noter que le site se trouve dans un joli parc bien arboré et, qu’outre l’intérêt historique, c’est sympa de s’y promener et d’y observer la végétation et les perruches qui s’y abritent. L’entrée au site est gratuit pour les citoyens de l’Union Européenne.

Il y a un bâtiment qui abrite un petite musée exposant les objets trouvés dans la nécropole ainsi que quelques explications intéressantes, notamment sur les banquets. Sur le toit, il y a un mirador qui donne sur un ancien amphithéâtre romain, le premier découvert en Espagne. On ne peut pas y accéder de près et son état de conservation n’est pas top. On peut également avoir un bon aperçu de la ville de Carmona avec ses clochers et ses murailles mais la météo n’était pas vraiment avec nous. On est loin de l’image de carte postale mais il y a quand même certains jours, surtout en hiver, où le soleil ne brille pas en Andalousie!

Nous sommes super contents d’avoir accès à cet abonnement de train gratuit! La province de Séville, bien que très différente que celle de Cádiz où nous vivons, a l’air de regorger de coins sympas! En plus décembre approche à grand pas et les villes andalouses vont s’illuminer pour Noël! Nous avons hâte d’aller découvrir ces symphonies de lumières, même si ce sera un peu limité cette année, sobriété énergétique oblige.

Osuna, le coeur de l’Andalousie rurale

La province de Séville n’a aucun village sous l’appellation officielle « pueblos blancos », c’est à dire, les fameux villages blancs. Pourtant, elle possède également quelques petits trésors perdus dans sa campagne. C’est le cas de la petite ville d’Osuna que nous allons vous faire découvrir dans cet article.

Osuna se situe presque au coeur géographique de l’Andalousie au milieu des champs d’oliviers et la fabrication d’huile d’olive reste sa principale ressource économique. Le paysage qui l’entoure est le cliché parfait de la carte postale du sud de l’Espagne. Elle se trouve à un carrefour stratégique de voies de communication et est facilement accessible par la route ou par le train sur la ligne SévilleMalaga. Nous avons choisi ce dernier moyen de transport pour nous y rendre, déjà par conviction écologique et puis parce-que nous avons reçu des points RENFE (les chemins de fer espagnols) que nous devons utiliser avant la fin de l’année. Nous n’avons pas besoin d’excuse pour partir en vadrouille mais puisque la RENFE a décidé de se montrer généreuse, ce serait bête de ne pas en profiter!

Le Centre historique

Le centre historique date de ce qu’on appelle la Renaissance sévillane. C’est la période qui coïncide avec la conquête du Nouveau Monde (XVIe siècle) et qui a apporté beaucoup de richesse à la ville de Séville, alors siège des colonies, et à sa région. Rien de bien nouveau par rapport aux autres localités andalouses : ce sont toujours les maisons blanchies à la chaux, des édifices religieux et quelques détails baroques. Mais, c’est toujours autant joli et c’est toujours un plaisir de déambuler dans les petites ruelles et de découvrir des détails architecturaux ou de discuter avec les anciens du villages qui sont de vraies encyclopédies vivantes.

Plaza Mayor

Elle est plutôt petite pour une Plaza Mayor (littéralement Grand-Place) mais elle contient quelques-uns des édifices les plus emblématiques d’Osuna. Parmi eux, le couvent de la Concepción, l’Ayutamiento (la mairie) et ses arcades ainsi que le casino de style architectural moitié andalou, moitié art-nouveau. De là, on peut apercevoir la collégiale qui domine toute la place depuis la ville haute.

Calle San Pedro

Du XVIe au XIXe siècle, la ville était dirigée par les ducs d’Osuna, une famille noble très importante en Espagne, et accessoirement très riche. Lors de la Renaissance, il firent construire la calle San Pedro, une rue bordée d’édifices andalous aux détails architecturaux baroques. Ce n’est pas si original pour l’Andalousie nous direz-vous. Sauf que là, ils se sont vraiment lâchés sur le baroque. Tout le faste des villes comme Florence ou Vienne se retrouvent sur quelques bâtiments dans une ruelle au milieu de la campagne sévillane! C’est certes très joli mais quand même un poil chargé parfois. Il y a même la Giralda de Séville qui s’est incrustée dans le décor. Saurez-vous la retrouver dans la galerie ci-dessous?

La ville haute

On l’appelle ville haute car le quartier surplombe un peu le centre historique mais dans les faits, nous sommes dans une plaine bien plate juste arrondie par quelques petites collines. Donc la grimpette pour y accéder s’apparente plus à du faux plat qu’à une vraie montée, c’est vraiment accessible à tous. Les ducs d’Osuna ont profité de ce vague relief à l’époque pour édifier quelques bâtiments emblématiques symbole de leur pouvoir et de leur richesse. On y trouve également les traces d’un passé plus ancien comme l’ancienne muraille romaine, l’ancien château médiéval ou un ermitage mais il n’en reste que de vagues ruines. Il y a également un théâtre romain mais nous n’avons pas pu y accéder parce-que c’était tout simplement fermé. Visiter Osuna un lundi hors saison n’était peut-être pas l’idée du siècle.

Iglesia Colegial de Nuestra Señora de la Asunción

C’est ce mastodonte un peu austère qui domine la Plaza Mayor dans le centre historique. Cet édifice date du XVe siècle, comme la plupart des bâtiments de la ville, mais est construit sur l’ancienne église du château qui avait été détruite par un incendie deux siècles auparavant. Si l’extérieur reste très sobre, il paraît que l’intérieur regorge d’œuvres très baroques d’artistes locaux toutes plus belles les unes que les autres. Mais là aussi nous sommes tombés sur un jour de fermeture. Fun fact : quelques scènes de la cinquième saison de la série Game of Thrones ont été tournée dans l’enceinte de la collégiale. Le musée d’Osuna situé dans le centre historique dédié une de ses salles à une exposition très intéressante sur le tournage de la série dans la ville.

L’Université d’Osuna

Osuna était prospère grâce notamment à la culture des oliviers mais souffrait un peu de sa réputation rurale et paysanne vis à vis de Séville, plus citadine et érudite. En 1548, on décida donc de fonder une université, grâce aux deniers des ducs d’Osuna, pour montrer à la grande ville que les paysans d’Osuna avaient également un cerveau! Le bâtiment a été intégralement construit à cet usage même si les deux minarets peuvent laisser penser à un héritage de la période musulmane. Malgré la Reconquista, il était de bon goût à l’époque d’orner les nouvelles constructions de détails piqués à l’architecture mudéjare. L’université était très prestigieuse et même Cervantes, l’écrivain espagnol le plus connu, en parle dans quelques-unes de ses œuvres. Elle a accueilli des milliers d’étudiants pendant près de trois siècles avant de fermer définitivement ses portes en 1824 où tout l’enseignement supérieur a été centralisé dans les capitales provinciales. En 1995, elle a finalement réouvert ses portes et accueille les facs de commerce et des sciences de la santé de l’université de Séville.

Hors de la ville

Si vous avez un peu de temps, il vaut la peine, depuis la ville haute, de sortir de l’urbanisation et de se promener sur les sentiers alentours. Ce sont des balades très faciles et c’est presque à plat. Avec les champs d’oliviers, c’est LA carte postale typique de l’Andalousie rurale.

La nécropole

Nous allons être honnêtes. Si ce n’était pas indiqué, nous n’aurions jamais deviné que ce site est une ancienne nécropole car l’état de conservation n’est pas top. Les archéologues y ont découverts des objets appartenant indubitablement à l’Epoque Romaine même si certains signes laissent à penser que la nécropole a également été utilisés par leurs successeurs, les Wisigoths. Le site ne serait qu’un petit aperçu de tout un complexe funéraire qui n’a pas encore été découvert.

Coto de las Canteras

Les locaux appellent ce site la Petra de l’Andalousie. Cette comparaison nous paraît un peu surfaite mais comme nous n’y avons pas encore été, nous serons obligés de nous rendre en Jordanie dans le seul but de vérifier cette information. (Arf, l’excuse à deux balles!) En fait, ce sont des carrières dont la pierre a été extraite au fil des siècles pour construire les différents édifices de la ville d’Osuna. Elles ont été actives depuis l’époque des Ibères jusqu’au milieu du XXe siècle. Le bâtiment administratif des carrières avait été construit dans la roche tel une maison troglodytique. Il se visite mais uniquement le week-end.

L’extraction de la roche a laissé un superbe paysage sur le versant des collines du piémont sub-bétique. Avec cette roche couleur ocre, ce paysage taillé au burin et ces cactus, nous aurons plus tendance à comparer tout ça à l’Arizona plutôt qu’à la Jordanie, mais ce n’est qu’un avis personnel. Quoiqu’il en soit, c’est une très jolie balade à faire à pied depuis Osuna.

Même si le relief n’est pas très élevé, monter ces petites collines nous permet quand même de profiter d’une jolie vue sur Osuna et ses champs d’oliviers. Malgré un climat très doux, l’automne est quand même là et le soleil a parfois tendance à se cacher derrière une belle couche nuageuse rendant les photos un peu tristounettes.

Si vous voulez voir le cœur de l’Andalousie, Osuna est une très bonne option. Elle a gardé son caractère très terrien, très rural tout en étant très accueillante envers les visiteurs de passage. Une bonne grosse journée de visite peut suffire, il faudrait en ajouter une deuxième pour bien se promener dans les alentours. Ce fut encore un gros coup de cœur pour nous, c’est une ville très accessible qui a beaucoup à offrir tout en étant légèrement en dehors des grandes routes touristiques. C’est un endroit que nous recommandons chaudement!

Ronda et ses ponts

Ce ne sont pas les villages blancs qui manquent en Andalousie mais il y en un qui a l’air de sortir du lot, c’est celui de Ronda. Comme il est bien desservi par les transports publics, nous décidons d’aller vérifier s’il mérite vraiment sa réputation.

Quelques petits conseils pour visiter Ronda
  • Venez si possible en transports publics. Ronda est très bien desservie par les bus, un peu moins par le train mais tout à fait faisable depuis Algeciras ou Malaga. En voiture, c’est la galère! Il n’y a pas de véritable parking digne de ce nom et circuler dans les ruelles de la ville est un véritable cauchemar.
  • Munissez-vous de bonnes chaussures. Ceci est valable pour toutes les villes d’Andalousie mais plus particulièrement pour Ronda. C’est très mal plat et les ruelles sont pavées de cailloux super mignons mais peu agréables pour la plante des pieds. Enfin, les sentiers pour aller admirer le Puente Nuevo depuis en bas sont en terre battue, raides et un peu glissants.
  • Essayer d’y dormir au moins une nuit. Il y a toute une gamme de logements pour tous les budgets et ça vous permettra de profiter de la ville hors des heures de grande fréquentation touristiques dues aux visites à la journée depuis la Costa del Sol.
  • Sortez de la vieille ville juste de quelques mètres pour vous restaurer. Les bistrots sont moins pittoresques mais les tapas sont à tomber et les prix beaucoup plus raisonnables. Nous avons d’ailleurs l’adresse d’une œnothèque vraiment sympa avec des vins du terroir et de super petits plats. N’hésitez pas à nous contacter, nous vous donnerons le contact avec plaisir.

Une situation géographique particulière

Ronda est située sur les versants est des montagnes de la Sierra de Grazalema, une petite chaîne de montagnes appartenant aux cordillères bétiques, qui sépare les provinces de Cádiz et de Málaga. La ville est située sur une énorme faille appelée Tajo de Ronda. C’est un canyon impressionnant d’une centaine de mètres de profondeur au fond duquel s’écoule le Rio Guadalevin. Une partie des maisons de Ronda se trouve au bord de cette faille et il faut avouer que c’est assez impressionnant. Les falaises sont quasi à la verticale et seuls quelques cactus ou quelques figuiers osent s’y accrocher. D’ailleurs, il est fort dommage qu’il soit impossible de vous transmettre les odeurs car un figuier réchauffé par le soleil sent super bon, à condition d’aimer les figues bien sûr!

Autre fun fact géographique, Ronda se situe aux antipodes exactes de la ville d’Auckland en Nouvelle-Zélande.

Une cité fortifiée

Ce sont les Romains qui, les premiers, construisirent des fortifications après avoir chassé les Carthaginois du lieu. Les murailles qui nous restent aujourd’hui ont été édifiées par les Arabes entre le Xe et le XIe siècles et ont été modifiées par la suite notamment par le roi Charles V. Malgré une longue histoire musulmane, il n’y a pas beaucoup d’autres monuments que les remparts qui nous rappellent cette époque à Ronda.

Barrio San Francisco

San Francisco est le centre historique qui se trouve à l’intérieur des remparts. Il correspond à l’ancienne médina de l’époque musulmane. Ronda appartient à la province de Málaga pourtant beaucoup de choses ici nous rappellent Granada comme les ruelles mal plates pavées de cailloux inconfortables, les maisons blanchies à la chaux ainsi que les vendeurs de thé à la menthe marocain et de pâtisseries orientales. Ce qui est logique vu que la ville appartenait au royaume de Grenade, la dernière partie arabe de la péninsule ibérique ayant résisté à la Reconquista jusqu’à la fin du XVe siècle. Sachant cela, nous nous attendions à découvrir plus d’architecture mudéjare dans le quartier. A part les remparts, un minaret et quelques détails sur quelques bâtiments religieux, il ne reste plus grand chose de cette époque faste. Ceci s’explique sûrement par l’effondrement économique que connut Ronda après la Reconquista et l’intolérance religieuse qui en découla (les musulmans et les juifs durent fuir la ville ou se convertir au catholicisme) fit que beaucoup d’édifices rappelant la religion musulmane furent détruits. La ville ne connut un regain économique qu’au XVIIIe siècle et les maisons andalouses qui bordent les ruelles datent de cette époque.

Malgré cette histoire pas très jolie, le quartier de San Francisco est vraiment pittoresque et ça reste un régal pour les yeux de déambuler à travers ses petites ruelles.

El Mercadillo

Le Mercadillo est le quartier qui se situe sur l’autre rive du Rio Guadalevin par rapport à la ville fortifiée du quartier de San Francisco. C’est la « ville nouvelle » construite au XVIIIe siècle (même si certains bâtiments sont plus anciens) lors du regain économique de la ville dû notamment à l’agriculture et aux richesses rapportées des colonies. Les rues sont plus droites et plus larges que dans la médina mais les maisons andalouses et les différents palais ou édifices religieux sont tout aussi pittoresques.

Plaza del Socorro

Cette magnifique place du Socorro bordée par l’église du même nom est le coeur névralgique du Mercadillo. Les bâtiments sont plutôt modernistes et datent du début du XXe siècle, après la guerre d’Indépendance contre les Français. La statue en son centre représentant Hercule avec ses deux lions ainsi que les couleurs vertes et blanches sont tout simplement l’emblème et les couleurs de l’Andalousie.

El Puente Nuevo

Voici le clou du spectacle de Ronda! On l’appelle Puente Nuevo (pont neuf) par rapport aux autres ponts plus anciens qui traversent le Rio Guadalevin. Cette prouesse architecturale complètement ouf date du XVIIIe siècle (1793) et fut pendant plus d’un siècle, avec ses 98 mètres de haut, le pont le plus haut du monde! Il permet de relier les anciens quartiers de San Francisco avec la ville nouvelle en traversant le Tajo de Ronda. En son centre, on peut apercevoir une petite fenêtre. C’était une prison construite là parce-que, à cette hauteur, c’était très compliqué, voire impossible pour un prisonnier de s’échapper. Aujourd’hui, c’est un petit centre d’interprétation de l’histoire du pont.

Le plus fou est d’emprunter le sentier qui descend dans la gorge afin d’admirer le pont depuis dessous et d’en mesurer l’impressionnante prouesse architecturale, surtout pour l’époque. Attention, la descente n’est pas une sinécure : ce n’est pas un trail de haute montagne mais c’est quand même raide un peu glissant et surtout, il y a des hordes de touristes dont certains ont apparemment oublié de prendre les règles élémentaires de politesse dans leurs valises. Evidemment, nous ne faisons pas une généralité et avec beaucoup d’entre eux, ça se passe merveilleusement bien mais il y en a d’autres qui n’hésitent pas à pousser ou à courir juste pour un selfie et avec le vide, les cailloux et les branches d’arbres, ça peut vite provoquer quelques petites catastrophes.

Mais nous avons réussi à faire abstraction de ces petits désagrément pour profiter de la vue exceptionnelle sur le pont et sur la gorge et il faut avouer que nous avons été très impressionnés.

Au pied du pont, le Rio Guadalevin forme une petite cascade et, même si ce n’est pas Iguazu, c’est super joli.

Jardines de Cuenca

C’est plus une promenade qu’un véritable jardin même si on y trouve quelques palmiers ainsi que des rosiers. La particularité du lieu est d’être suspendu à flanc de falaise sur les gorges du Guadalevin. Si vous êtes sujets au vertige, abstenez-vous de faire la balade, c’est vraiment au-dessus du vide et très impressionnant! Malheureusement, ces jardins ont une réputation un peu macabre. Il y a, chaque année, des dizaines de personnes qui s’y jettent dans le vide afin de mettre fin à leurs jours. Le nom Cuenca vient sûrement de la ville du même nom, en Castille-la-Manche, car elle possède également des maisons suspendues à flanc de falaises. Encore un lieu à rajouter à notre interminable liste d’idées!

Puente Viejo

On l’appelle Puente Viejo (vieux pont) par analogie au Puente Nuevo (pont neuf). Il se situe au pied des jardins de Cuenca. Il a été construit par les arabes comme chemin d’accès à la médina mais certains éléments laissent à penser qu’il y avait déjà un pont romain bien avant. Il est certes moins pittoresque que son homologue plus récent et bien plus impressionnant mais il a l’avantage d’être beaucoup moins fréquenté!

L’autre clou du spectacle

L’avantage d’avoir une ville construite sur des falaises c’est qu’il y a plein de miradors pour observer la vue. Bien entendu, plus on s’éloigne du Puente Nuevo moins ils sont fréquentés! Malheureusement, l’Andalousie a vraiment souffert de la sècheresse cet été et ça se voit mais le paysage sur la Sierra de Grazalema reste époustouflant!

Vu d’en bas

Vu que nous avons pris la peine de descendre les jardins de Cuenca, autant en profiter pour faire une petite balade dans les champs d’oliviers! Plus andalou, tu meurs! Et nous avons bien fait! La vue de Ronda depuis le pied des remparts est tout aussi pittoresque que tout ce que nous avons vu jusqu’à présent dans cette ville incroyable!

Nous avons eu un véritable coup de coeur pour Ronda et c’est une chose à laquelle nous ne nous attendions pas du tout! Nous savions le grand potentiel touristique de la ville et pensions que ce serait infernal et que ça gâcherait une partie du plaisir. A part vers le Puente Nuevo, ce n’est pas le cas. Il y a beaucoup de cars remplis de touristes venant de la Costa del Sol qui s’arrêtent juste le temps de prendre une photo du pont et basta. Le reste de la ville a certes son lot de visiteurs étrangers mais n’est pas complètement étouffé par le tourisme de masse et a réussi à garder son âme typiquement andalouse et nous avons été particulièrement conquis par ce dernier point… et par les vins locaux aussi!

Tarifa, dernier point avant l’Afrique

Il y a deux raisons principales pour lesquelles nous voulions nous rendre à Tarifa. La première est sa situation géographique particulière et vous commencez à le savoir que nous sommes férus de géographie. La deuxième, c’est son nom. Tarifa avec ses sonorités arabisantes nous évoque l’âge d’or du royaume d’Al-Andalus et promet une petite incursion dans l’Histoire. Mais est-ce que Tarifa tient-elle vraiment ses promesses? C’est ce que nous allons voir plus bas.

L’arrivée à Tarifa déçoit un peu. Sur la route principale s’alignent des dizaines de magasins de sports dédiés principalement au surf et à ses dérivés. C’est vrai qu’avec la situation privilégiée de la ville sur le détroit de Gibraltar qui reçoit les courants de la Méditerranée et de l’Océan Atlantique, ça promet de belles vagues. Mais il ne faut pas s’arrêter sur le côté très station balnéaire de Tarifa car la localité a bien d’autres choses à offrir comme le château de Guzman el Bueno, une forteresse almohade du Xe siècle qui ceinture encore aujourd’hui une partie de la vieille ville.

Centre de Tarifa

Tarifa n’est de loin pas la ville la plus pittoresque d’Andalousie mais les ruelles du centre historique possèdent quand même un certain charme! A cause de sa position stratégique sur le détroit de Gibraltar, elle a attiré les convoitises de nombreux royaumes même si son histoire reste très similaire aux autres régions du sud de la péninsule ibérique, c’est à dire les Ibères, les Romains / Carthaginois, les Wisigoths, les Arabes puis la Reconquista en 1292. Avec la prise de Gibraltar par les Anglais en 1704, Tarifa devint un poste stratégique pour l’armée et la marine espagnoles. Aujourd’hui, la ville est devenue très touristique mais comme elle attire une majorité de surfeurs et autres sportifs de la mer, l’ambiance est très chill et reste somme toute très bon enfant.

Plazuela del Viento

Elle porte bien son nom cette place puisqu’elle est particulièrement exposée aux courants forts du détroit! Cette jolie petite esplanade a été construite par les Arabes avec la forteresse mais les maisons typiques blanchies à la chaux qui la bordent datent d’après la Reconquista (XVIIe siècle environ) et, avec les bancs en azulejos, nous rappellent que nous sommes bien en Andalousie et qu’il faut encore traverser le détroit pour arriver enfin sur le continent africain.

Mais le clou du spectacle reste la vue côté mer, où par beau temps on peut nettement apercevoir les côtes marocaines de l’autre côté du détroit. Mais être aussi près de l’Afrique (quatorze petits kilomètres seulement) et du désert du Sahara nous soumet à un régime de calima (Ah les bons souvenirs de Tenerife!) et nous brouille un peu la vue. Nous avons quand même essayé de prendre quelques photos mais ce n’est pas très concluant. Nous devrons donc nous sacrifier pour traverser le détroit afin d’aller voir tout ça de plus près. C’est d’ailleurs dans nos projets mais pour un peu plus tard, nous n’en avons pas fini avec l’Andalousie qui est devenue ces derniers mois notre véritable terre de cœur.

La Pointe de Tarifa

Comme nous l’avons mentionné en début d’article, notre principal intérêt pour Tarifa est son emplacement géographique et c’est plus particulièrement cette pointe qui nous intéresse! En réalité c’est une petite île où se trouvent un fort et un phare mais ils ne sont pas accessibles au grand public. Il y a un isthme qui relie cette îlot au continent et il est possible de se promener sur la chaussée d’accès. C’est assez fou car à droite viennent se fracasser les vagues de l’Océan Atlantique tandis qu’à gauche on trouve les eaux plus calmes de la mer Méditerranée. Tarifa est baignée par deux mers bien distinctes! Déjà ça, ce n’est pas rien! Et ce n’est pas tout! L’extrémité du cap est le point le plus méridional de l’Europe continentale*! En tant que grand passionnés de cartes et de points géographiques particuliers nous ne pouvions décemment pas laisser passer ça!!

*Par Europe continentale nous entendons la partie « continent » européen sans les îles. Sinon le point le plus méridional d’Europe se trouve à Gavdos, une petite île grecque située à une quarantaine de kilomètres au sud de la Crète. Tandis que pour l’Union Européenne, le sud extrême se trouve à la Restinga, sur l’île d’El Hierro, dans les Canaries, toujours en Espagne donc. Avec tous ces points, notre liste à idées n’est pas prête de cesser de se rallonger!

Côté terre, la pointe de Tarifa est surplombée par le château de Santa Catalina sur la colline du même nom. Nous ne pouvons pas y accéder à cause de travaux et c’est bien dommage car c’est un beau témoignage de l’histoire de la Guerre Civile Espagnole. L’édifice a été construit comme bâtiment défensif en 1933 avant d’être bombardé par les Républicains en 1936. Il fut reconstruit dans les années 1940 en pleine Seconde Guerre Mondiale et a été affublé des fameux bunkers qu’on peut encore trouver un peu partout en Espagne. Bon, pour ces derniers, nous les avons juste aperçu entre les palissades de chantier, mais ils sont bien là!

La Playa

Pour la playa, c’est du côté Atlantique que ça se passe. Il y en a bien une du côté Méditerranée pour ceux qui n’aiment pas les courants mais c’est vraiment tout mini. Elle se nomme d’ailleurs « Playa Chica », la petite plage. Le côté mer est plutôt réservé aux départs de ferries pour Tanger et au port de pêche, le détroit regorgeant de poissons.

Donc la « vraie » plage borde l’océan et il faut avouer qu’elle en jette! Ce sont presque huit kilomètres de sable fin, un peu malmenés par le vent c’est vrai, qui s’étendent le long d’une eau turquoise presque digne de la Mer Rouge! Et pour ne rien gâcher, le paysage de montagnes surplombant la playa est juste magnifique. Le tout fait partie de la réserve naturelle du détroit de Gibraltar qui abrite quelques espèces de faune et de flore endémiques. En plus, il paraît que plus on se dirige vers l’ouest, plus les plages sont belles! Promis, nous ne manquerons pas d’aller vérifier tout ça de plus près!

Par contre, avec les forts courants du détroit, rester sur le sable peut être désagréable et même dangereux, l’air y est constamment rafraîchi et on ne sent pas forcément les forts rayons du soleil sur la peau. Pour la baignade, ce n’est pas beaucoup mieux, c’est beaucoup plus adapté pour le wind-surf ou d’autres sports avec une planche de surf. En plus, l’eau est glacée, et c’est Fab le même pas frileux qui le dit!

Si vous êtes dans le coin, il peut valoir la peine de s’arrêter une petite journée à Tarifa. Si vous êtes des adeptes de coins pittoresques, préférez plutôt la route des villages blancs. Par contre, si vous êtes des fans de surf, planche à voile, kite-surf, etc.. Foncez! Le coin y est idéal pour la pratique de ces sports et l’ambiance de la station balnéaire est vraiment sympa!

Gibraltar : british style sur Méditerranée

Nous avons beaucoup été du côté de l’Atlantique ces derniers temps pour des raisons purement pratiques puisque l’océan ne se situe qu’à douze petits kilomètres de notre lieu d’habitation à Jerez. Cette fois, nous nous rendons un petit plus à l’est, du côté méditerranéen de la force.

Algeciras

Algeciras ne se situe qu’à une petite centaine de kilomètres au sud-est de Jerez mais les deux villes sont mal reliées entre elles par les transports publics. Nous avons d’ailleurs dû faire le trajet en BlaBlaCar. A propos de la ville d’Algeciras, circulez, il n’y a rien à voir! C’est super moche mais c’est une bonne base pour se déplacer ailleurs dans la baie. C’est le plus grand port d’Espagne et le quatrième d’Europe grâce à sa position stratégique sur le détroit de Gibraltar. Malgré le manque total d’intérêt touristique dans la ville, nous avons adoré le coin, surtout pour l’ambiance marquée par les voyages à travers le détroit. Nous ne sommes plus vraiment en Espagne, pas encore tout à fait au Maroc mais dans un espèce de melting pot où les habitants côtoient les gens de passage qui voyagent en ferry entre les deux continents. Ces différentes cultures, langues et histoires dotent Algeciras d’une âme unique que nous affectionnons tout particulièrement.

Gibraltar

Pour accéder à Gibraltar, il faut passer par la petite ville frontière de la Linea de la Concepcion. Il y a des bus toutes les trente minutes depuis Algeciras qui nous déposent à la station de bus à proximité de la douane. Si vous êtes en voiture, garez-là également du côté espagnol, la ville de Gibraltar n’est pas du tout adaptée aux voitures et les parkings y sont rares. Si vous voulez tout de même y faire le plein d’essence, moins cher côté anglais, il y a un rond-point juste après la station service qui vous permettra de retourner à la Linea pour vous garer.

La ville de la Linea de la Concepcion est aussi inintéressante que sa voisine Algeciras sauf pour sa plage qui vaut vraiment le détour et qui offre une superbe vue sur le rocher de Gibraltar.

Gibraltar appartenant au Royaume-Uni, il faut donc traverser une frontière depuis l’Espagne. Rassurez-vous, depuis le Brexit, le passage en douane s’est bien adouci.

Euh Van et Fab là je crois que le vin de Jerez a bien dû vous monter à la tête car un des but du Brexit est justement de NE PAS adoucir le passage à la frontière!

Eh bien, pour Gibraltar le Brexit a justement eu l’effet inverse, après d’âpres négociations entre Londres et Madrid of course! En effet, Gibraltar aurait perdu l’accès au marché commun de l’UE duquel il dépend énormément vu sa situation géographique. En plus, plus de 15’000 frontaliers passent la frontière chaque jour pour travailler à Gibraltar, plus quelques touristes comme nous, des automobilistes profitant du bas prix de l’essence ainsi que de fins gastronomes voulant profiter de l’exquise cuisine anglaise. Nan, pour le dernier point on déconne, bien sûr!

Un accord a finalement été conclu entre l’Espagne et le Royaume-Uni permettant la libre circulation des personnes et des marchandises entre les deux entités. Du coup, le passage d’un pays à l’autre n’est qu’une simple formalité. Imaginez le bordel à la douane sans cet accord! Oui c’est vrai, ça arrive parfois lorsque les douaniers espagnols font preuve d’excès de zèle à cause des revendications territoriales de leur gouvernement. On nous contrôle quand même nos passeports mais c’est surtout pour s’assurer que nous avons le « bon faciès » et le bon passeport. C’est horrible de dire ça comme ça mais c’est la cruelle vérité!

Une fois passé la douane, il reste une petite formalité à accomplir. Traverser la piste de l’aéroport… à pied! Bon ce n’est pas un gros hub avec plein de trafic non plus, il y a juste quelques vols quotidiens pour Londres et des barrières qui bloquent le passage en cas de décollage ou d’atterrissage d’un avion. Quand on a un territoire grand comme un mouchoir de poche, il faut optimiser l’espace et c’est plutôt bien foutu, à condition d’avoir des pilotes chevronnés car entre le rocher, la baie et la mer Méditerranée, ce ne doit pas être la piste la plus facile à appréhender!

Evidemment, entre la douane et les installations aéroportuaires, nous n’avons pas été autorisés à prendre des photos…

En fait, pourquoi Gibraltar est-il britannique?

A la base, l’histoire de Gibraltar ne diffère pas de celle de l’Andalousie. C’est à dire qu’elle a été sous domination musulmane avant la Reconquista espagnole. Mais, en 1704, pendant la guerre de succession d’Espagne, les Britanniques s’emparèrent de ce petit territoire. Le traité d’Utrecht qui signa la fin de la guerre en 1713 reconnut officiellement le Rocher comme propriété du Royaume-Uni. Bien évidemment, les Espagnols ont essayé à plusieurs reprises, et essaient toujours, de reconquérir le territoire, sans succès. Les habitants, quant à eux, ont toujours souhaité rester britanniques. C’est assez logique : nous avons remarqué que les gens à Gibraltar sont autant espagnols que le pudding.

Mais le Brexit pourrait changer la donne…. Gibraltar a souhaité, à une grande majorité, rester dans l’UE et n’exclut pas totalement une sortie du Royaume-Uni. De là à dire que la couronne espagnole va récupérer le rocher… Affaire à suivre…

Manque de bol, nous avons complètement zappé que le jour de notre virée à Gibraltar coïncidait avec les funérailles de la Reine Elisabeth II. Du coup, nous avons trouvé porte close à peu près partout sauf dans quelques pubs. Sur la place centrale, un écran géant rediffusait la messe d’enterrement de la monarque en direct depuis Westminster. Décidément, nous avons le don des mauvais timings! Ce n’est pas la première fois que ce genre de mésaventure nous arrive.

C’est également pour cette raison que nous avons renoncé à la montée en télécabine sur le rocher. (Et aussi pour les 18 £ soit 20,50€ ou 19,85 CHF) En effet, c’étaitt une des seules choses ouvertes en ville en ce jour de deuil national et c’était blindé de monde. En plus la météo était mitigée : couverture nuageuse le matin et calima l’après-midi, la vue n’aurait de toute façon pas été optimale.

Le centre-ville

La ville de Gibraltar se trouve au pied de son rocher sur la côte ouest, côté baie, donc à l’abri du vent qui peut parfois souffler violemment depuis le détroit. Pas de doute, nous sommes bien au Royaume-Uni avec ses pubs, son architecture victorienne et ses restos de « fish and chips ». Mais les parois abruptes du rocher, les constructions à flanc de coteau, le mini territoire, l’humidité de l’air et la végétation subtropicale nous rappellent Hong Kong qui, rappelons-le, était également une colonie anglaise jusqu’en 1997.

Et s’ils nous reste quelques doutes sur le fait que nous soyons bien au Royaume-Uni, nous avons des preuves ci-dessous! Bon d’accord le « Look left » (regardez à gauche) est un peu louche. Mais c’est parce-qu’à Gibraltar on roule à droite, comme dans le reste de l’Europe continentale.

Alameda Botanical Gardens

S’il y a bien quelque-chose qu’il faut laisser aux Britanniques, ce sont les jardins botaniques! Bon celui de Gibraltar n’est pas le plus pittoresque mais il a fallu composer avec le relief très mal plat du territoire. Et puis, après avoir vu celui de Kuala Lumpur et surtout celui de Singapour (tous deux fondés par les Anglais), il y a de quoi être blasé. Le climat étant très humide à cause des montagnes de la baie bloquant les nuages et également très doux, le jardin se dote d’une très belle végétation subtropicale (plus de 1900 espèces de plantes!) qui nous manque parfois. Nous retrouvons également les fameux dragons des Canaries. A Tenerife, on nous a bassiné avec ces dragons sur le fait qu’on en trouverait jamais ailleurs. Nous n’en avons jamais autant vus depuis que nous sommes en Andalousie!

Catalan Bay

Comme nous n’avons pas grimpé sur le rocher, nous l’avons contourné. Vu d’en bas, c’est un immense monolithe de calcaire haut de 426 mètres. Bien qu’il paraisse isolé, il fait partie des cordillères bétiques, trois chaînes de montagnes qui traversent la péninsule ibérique du sud-est au sud-ouest, en gros d’Alicante à Cádiz. Au sommet, on y trouve des grottes, les restes d’un fort et… des macaques! C’est la seule colonie de singes sauvages en Europe et une légende raconte que tant qu’ils y resteront, le rocher restera britannique.

Au pied de l’autre versant du rocher, se trouve Catalan Bay, surnommée affectueusement « la Caleta ». C’est le côté balnéaire de Gibraltar avec ses petites maisons colorées et sa petite plage plus adaptée à la pratique du surf qu’à la baignade. Malheureusement, ce côté idyllique ne va pas durer. Une marina et des buildings très moches sont déjà en cours de construction, alors qu’il y en a déjà côté baie, laissant les habitants légitimement très en colère!

Si vous avez de très bons yeux, vous pourrez deviner sur la première photo, une partie des côtes africaines. Ce ne sera pas facile car nous n’avons pas un zoom assez performant pour bien les faire ressortir et l’air est un peu flou à cause de la calima. Même nous qui les avons vues « en vrai » et qui savons où regarder, nous avons du mal à les retrouver sur la photo.

C’était sympa d’avoir fait une journée à Gibraltar et d’avoir, pour un temps, changé de pays. Mais nous ne sommes pas des fans du Royaume-Uni en général. Nos précédents séjour chez la Perfide Albion ne nous ont pas du tout enchantés et ce petit bout de territoire n’aura pas changé la donne. Nous n’avons même pas trouvé la douceur méditerranéenne à laquelle nous nous attendions un peu. Nous nous sommes bien marrés avec tous ces clichés « so british » mais ça s’arrête là. Nous ne sommes pas du tout à l’aise avec la froideur des gens et leur air très guindé. Et ils n’ont même pas une gastronomie digne de ce nom pour compenser un peu!

Vous ne verrez donc pas de sitôt d’autres articles sur le Royaume-Uni, à moins que nous ayons l’opportunité une fois de nous prélasser sur le sable fin des plages des Iles Vierges. C’est permis de rêver, non?